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Combat contre le chevalier double

L'extrait de 'Le chevalier double' de Gautier présente le personnage d'Oluf qui, après avoir vaincu son double maléfique, parvient à gagner l'amour de Brenda. Ce passage illustre les caractéristiques de l'excipit d'une nouvelle fantastique, où la lutte contre un adversaire intérieur est symbolisée par un combat avec son propre spectre. La narration transmet un message sur la nécessité de surmonter ses démons intérieurs pour atteindre l'amour et la réconciliation.

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Combat contre le chevalier double

L'extrait de 'Le chevalier double' de Gautier présente le personnage d'Oluf qui, après avoir vaincu son double maléfique, parvient à gagner l'amour de Brenda. Ce passage illustre les caractéristiques de l'excipit d'une nouvelle fantastique, où la lutte contre un adversaire intérieur est symbolisée par un combat avec son propre spectre. La narration transmet un message sur la nécessité de surmonter ses démons intérieurs pour atteindre l'amour et la réconciliation.

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Séquence III :

Profil : Tronc commun


Activité: lecture méthodique
Support : Le chevalier double, Gautier
Extrait 5 : De : « Seigneur Oluf … A… moitié volant ». pp 90-97

Lien : https://sites.google.com/site/francaislycee/chevalierdouble/illustrations
Durée : 1heure
Compétences ciblées :

Amener l’apprenant { :

Déceler les caractéristiques de l’excipit dans une nouvelle fantastique.


Identifier la morale dans la nouvelle.
Repérer la fonction de la narration.
Identifier la différence entre la nouvelle réaliste et fantastique.

Extrait 5 :
Seigneur Oluf, que vous avez tardé ! j’avais peur que l’ours de la montagne vous eût barré le chemin ou
que les elfes vous eussent invité à danser, dit la jeune châtelaine en faisant asseoir Oluf sur le fauteuil de chêne
dans l’intérieur de la cheminée. Mais pourquoi êtes-vous venu au rendez-vous d’amour avec un compagnon ?
Aviez-vous donc peur de passer tout seul par la forêt ?
— De quel compagnon voulez-vous parler, fleur de mon âme ? dit Oluf très surpris à la jeune châtelaine.

— Du chevalier { l’étoile rouge que vous menez toujours avec vous. Celui qui est né d’un regard du
chanteur bohémien, l’esprit funeste qui vous possède ; défaites-vous du chevalier { l’étoile rouge, ou je
n’écouterai jamais vos propos d’amour ; je ne puis être la femme de deux hommes à la fois. »

Oluf eut beau faire et beau dire, il ne put seulement parvenir à baiser le petit doigt rose de la main de
Brenda ; il s’en alla fort mécontent et résolu { combattre le chevalier { l’étoile rouge s’il pouvait le rencontrer.
Malgré l’accueil sévère de Brenda, Oluf reprit le lendemain la route du château { tourelles en forme de
poivrière : les amoureux ne se rebutent pas aisément.

Tout en cheminant il se disait : « Brenda sans doute est folle ; et que veut-elle dire avec son chevalier à
l’étoile rouge ? »

La tempête était des plus violentes ; la neige tourbillonnait et permettait à peine de distinguer la terre du
ciel. Une spirale de corbeaux, malgré les abois de Fenris et de Murg, qui sautaient en l’air pour les saisir,
tournoyait sinistrement au-dessus du panache d’Oluf. À leur tête était le corbeau luisant comme le jais qui
battait la mesure sur l’épaule du chanteur bohémien.

Fenris et Murg s’arrêtent subitement : leurs naseaux mobiles hument l’air avec inquiétude ; ils subodorent
la présence d’un ennemi. — Ce n’est point un loup ni un renard ; un loup et un renard ne seraient qu’une
bouchée pour ces braves chiens.

Un bruit de pas se fait entendre, et bientôt paraît au détour du chemin un chevalier monté sur un cheval
de grande taille et suivi de deux chiens énormes.
Vous l’auriez pris pour Oluf. Il était armé exactement de même, avec un surcot historié du même blason ;
seulement il portait sur son casque une plume rouge au lieu d’une verte. La route était si étroite qu’il fallait que
l’un des deux chevaliers reculât.

Seigneur Oluf, reculez-vous pour que je passe, dit le chevalier à la visière baissée. Le voyage que je fais
est un long voyage ; on m’attend, il faut que j’arrive.
— Par la moustache de mon père, c’est vous qui reculerez. Je vais { un rendez-vous d’amour, et les
amoureux sont pressés, » répondit Oluf en portant la main sur la garde de son épée.
L’inconnu tira la sienne, et le combat commença. Les épées, en tombant sur les mailles d’acier, en faisaient
jaillir des gerbes d’étincelles pétillantes ; bientôt, quoique d’une trempe supérieure, elles furent ébréchées
comme des scies. On eût pris les combattants, à travers la fumée de leurs chevaux et la brume de leur
respiration haletante, pour deux noirs forgerons acharnés sur un fer rouge. Les chevaux, animés de la même
rage que leurs maîtres, mordaient { belles dents leurs cous veineux, et s’enlevaient des lambeaux de poitrail ; ils
s’agitaient avec des soubresauts furieux, se dressaient sur leurs pieds de derrière, et se servant de leurs sabots
comme de poings fermés, ils se portaient des coups terribles pendant que leurs cavaliers se martelaient
affreusement par-dessus leurs têtes ; les chiens n’étaient qu’une morsure et qu’un hurlement.
Les gouttes de sang, suintant à travers les écailles imbriquées des armures et tombant toutes tièdes sur la
neige, y faisaient de petits trous roses. Au bout de peu d’instants l’on aurait dit un crible, tant les gouttes
tombaient fréquentes et pressées. Les deux chevaliers étaient blessés.

Chose étrange, Oluf sentait les coups qu’il portait au chevalier inconnu ; il souffrait des blessures qu’il faisait et
de celles qu’il recevait : il avait éprouvé un grand froid dans la poitrine, comme d’un fer qui entrerait et
chercherait le cœur, et pourtant sa cuirasse n’était pas faussée { l’endroit du cœur : sa seule blessure était un
coup dans les chairs au bras droit. Singulier duel, où le vainqueur souffrait autant que le vaincu, où donner et
recevoir était une chose indifférente.

Ramassant ses forces, Oluf fit voler d’un revers le terrible heaume de son adversaire. — Ô terreur ! que vit
le fils d’Edwige et de Lodbrog ? il se vit lui-même devant lui : un miroir eût été moins exact. Il s’était battu avec
son propre spectre, avec le chevalier { l’étoile rouge ; le spectre jeta un grand cri et disparut.

La spirale de corbeaux remonta dans le ciel et le brave Oluf continua son chemin ; en revenant le soir à son
château, il portait en croupe la jeune châtelaine, qui cette fois avait bien voulu l’écouter. Le chevalier { l’étoile
rouge n’étant plus l{, elle s’était décidée { laisser tomber de ses lèvres de rose, sur le cœur d'Oluf, cet aveu qui
coûte tant à la pudeur. La nuit était claire et bleue, Oluf leva la tête pour chercher sa double étoile et la faire voir

sa fiancée : il n’y avait plus que la verte, la rouge avait disparu.


En entrant, Brenda, tout heureuse de ce prodige qu’elle attribuait { l’amour, fit remarquer au jeune Oluf
que le jais de ses yeux s’était changé en azur, signe de réconciliation céleste. — Le vieux Lodbrog en sourit
d’aise sous sa moustache blanche au fond de son tombeau ; car, { vrai dire, quoiqu'il n’en eût rien témoigné, les
yeux d’Oluf l’avaient quelquefois fait réfléchir. — L’ombre d’Edwige est toute joyeuse, car l’enfant du noble
seigneur Lodbrog a enfin vaincu l’influence maligne de l’œil orange, du corbeau noir et de l’étoile rouge :
l’homme a terrassé l’incube.

Cette histoire montre comme un seul moment d’oubli, un regard même innocent, peuvent avoir
d’influence.

Jeunes femmes, ne jetez jamais les yeux sur les maîtres chanteurs de Bohême, qui récitent des poésies
enivrantes et diaboliques. Vous, jeunes filles, ne vous fiez qu’{ l’étoile verte ; et vous qui avez le malheur d’être
double, combattez bravement, quand même vous devriez frapper sur vous et vous blesser de votre propre
épée, l’adversaire intérieur, le méchant chevalier.

Si vous demandez qui nous a apporté cette légende de Norwège, c’est un cygne ; un bel oiseau au bec
jaune, qui a traversé le Fiord, moitié nageant, moitié volant.

I- Mise en situation :

Situez le passage dans l’œuvre:

⟶Situation :

Ce passage constitue le dernier extrait de la nouvelle fantastique de Gautier, Le chevalier


double, publiée en 1840.

Après avoir vaincu tous les obstacles et dépassé tous les périls, Oluf parvient à rencontrer Brenda
qui lui demande de se débarrasser de son double afin qu’elle puisse être { lui seul. Chose qu’Oluf a pu
réaliser en vainquant le mal qui le possède. On peut ainsi, considérer cet extrait comme excipit.

A quel type de texte peut-on rattacher ce passage ? Justifiez votre réponse.

⟶Ce passage est à dominante narrative :


******les temps verbaux : passé simple, présent narratif, PQP (cf pp 91, 92, 93, 94…)

******Le discours : rendre les faits réels (cf passage).


Relevez les éléments de l’énonciation contenus dans le discours d’Oluf et de La châtelaine1 (pp 90-91).
⟶Qui parle ?……………………………………..la jeune châtelaine.

A qui ? ………………………………………….. à Oluf.


De quoi ? ……………………………………… de son voyage et surtout de son compagnon (son double p 91).
Où ? ……………………………………………… dans le château (cf p 92)
Quand ? ………………………………………… juste après son arrivée au château.
Comment ? ……………………………………..sévèrement. (cf p 91).

II- Hypothèses de lecture :

Qu’est-ce qui fait de ce passage un excipit de la nouvelle réaliste ?


Quels sont les indices qui montrent que ce passage constitue l’excipit de la
nouvelle fantastique ?
III- Axes de lecture :

1er axe : les indices de l’excipit dans la nouvelle fantastique :


Comment Brenda reçoit-elle Oluf chez-elle ? Pourquoi un tel comportement ?

⟶Elle était très heureuse de le voir, aussi réservée, surprise voire (cf 90) car il a emmené avec lui un
compagnon (cf p 91).

Quels indices linguistiques montrent son attitude (sa surprise) ? Citez le texte.
⟶Brenda utilise beaucoup les phrases interrogatives (cf pp 90-91). Cela montre ses doutes…

Par quoi se termine la rencontre entre les deux amoureux ? Citez le texte.
⟶Brenda exige { Oluf de se débarrasser de son double vu qu’elle ne peut être femme de deux
personnes à la fois (cf p 91).

A quel registre littéraire (tonalité) appartient le discours de Brenda ? Justifiez.

⟶Le discours de Brenda appartient au registre fantastique :


******l’usage des phrases interrogatives.
******l’atmosphère du dialogue est incertaine vu la présence du double d’Oluf que Brenda signale.

******la situation ambiguë dans laquelle se trouve Oluf sans rien comprendre (cf p 91).
******le champ lexical de la peur : cf p 90, …j’avais peur… avez-vous donc peur p 92…. L’esprit funeste p 92…

Comment réagit Oluf aux accusations de Brenda au début ? Que découvre –t-il après ? Comment réagit-il ?
⟶Oluf est déçu devant ces accusations : « Brenda est sans doute folle… p92 » ; mais il finit par
rencontrer rapidement son double et décide de le combattre : «Vous l’auriez pris pour Oluf… p 93…
L’inconnu tira la sienne, et le combat commença… p 93 »

Relevez toutes les figures de style qui permettent d’imaginer la situation dans laquelle se
trouve Oluf et ses compagnons (cheval et chiens).

⟶Parmi les figures de style, trouvons-nous :

****comparaison : « La tempête était des plus violentes… , le corbeau luisant comme le jais…p 92 ,
…ébréchées comme des scies p 93»
****métaphore : « … un loup et un renard ne seraient qu’une bouchée… p 92 »

****hyperbole : « …un cheval de grande taille et suivi de deux chiens énormes p 93,
****énumération : « …ils s’agitaient…, se dressaient…, et se servant… p 94 »
****antithèse : «Singulier duel … où le vainqueur souffrait autant que le vaincu… p 95 »
Remarque :

Relisez le paragraphe suivant :

De : Un bruit de pas se fait entendre…A … le spectre jeta un grand cri et disparut. » pp 92-95.
De quel type de texte est-il question dans cette partie de l’extrait ? Quelle en est sa valeur ?

c’est une composante descriptive. Elle marque une pause dans le récit, en plus de sa valeur
symbolique vu qu’elle cherche { créer une atmosphère de peur, d’angoisse... { cause du
combat…

A quelle tonalité littéraire appartient cette partie du passage ? Citez le texte.


On a le registre fantastique : « cf extrait pour justifier »

Par quoi s’achève le combat entre les deux « Oluf » ? Citez le texte.

⟶Le combat s’achève par la victoire du vrai Oluf (cf p 95)

Peut-on parler alors d’un excipit ? Justifiez votre réponse.

⟶on peut parler d’un excipit puisque on se retrouve devant une situation de stabilité (Le vrai
Oluf, la vraie couleur de ses yeux, les retrouvailles avec Brenda… cf pp 95-96).

2ème axe : La portée symbolique de l’histoire :


Quelle est la fonction de la narration dans cet extrait ? Justifiez par le texte.

⟶Dans cet extrait, la narration a une fonction symbolique. Le narrateur cherche à faire passer
un message au lecteur : « au fond de chaque personne, il y a un mal qu’il faut vaincre » (cf pp
95-96).

Synthèse :

Quelle est la faute qu’Edwige a commise ? Quel est son symbole ?


Quel sens donnez-vous au dédoublement d’Oluf ?

Comment expliquez-vous son combat ?


Que signifie la satisfaction du vieux Comte Lodbrog dans sa tombe ? (p 96).
Lisez le § « Jeunes femmes p 96… le méchant chevalier p 97 » :

*******Quelle explication donnez-vous à ce paragraphe ?

Quelle est la portée symbolique de l’évocation du NORWEGE en tant que pays d’où l’histoire
est parvenue par un cygne ?
IV- Traces écrites :

En quoi cette nouvelle rappelle –t-elle le conte ?


⟶La nouvelle rappelle le conte dans certaines caractéristiques :

***l’unicité de lieu et de l’action.


***le nombre déterminé des personnages.
***la simplicité de l’intrigue.
***la brièveté.

Critères Caractéristiques spécifiques Caractéristiques communes


Genres
Représente le réel du point de ✔
Unicité des lieux d’actions.
vue personnages, lieux, action
et
Conte réaliste fin. ✔
Simplicité de l’intrigue.

∙ Opposition entre le naturel Brièveté.
et
le surnaturel. ✔ Nombre précis des
Nouvelle fantastique ∙ Actions situées dans un lieu personnages.
symbolique (NORWEGE).
Fin sous forme de leçon de
morale. ✔
Vraisemblance.

V- Prolongement :

Proposer le lecture de certaines nouvelles fantastiques provenant de la culture


marocaine.

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