0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
32 vues24 pages

Balantes

Le document présente une étude approfondie des Balantes Brassa Bungue de la région de Tombali en Guinée-Bissau, en mettant en lumière leur histoire, leur organisation sociale et leur culture. Les Balantes, experts en riziculture et connus pour leur insoumission à l'autorité, ont une origine complexe résultant de migrations et de brassages ethniques. L'auteur, ayant vécu parmi eux, synthétise des connaissances empiriques et des recherches antérieures pour offrir une vision détaillée de cette civilisation riche et dynamique.

Transféré par

medsaintdiatta
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
32 vues24 pages

Balantes

Le document présente une étude approfondie des Balantes Brassa Bungue de la région de Tombali en Guinée-Bissau, en mettant en lumière leur histoire, leur organisation sociale et leur culture. Les Balantes, experts en riziculture et connus pour leur insoumission à l'autorité, ont une origine complexe résultant de migrations et de brassages ethniques. L'auteur, ayant vécu parmi eux, synthétise des connaissances empiriques et des recherches antérieures pour offrir une vision détaillée de cette civilisation riche et dynamique.

Transféré par

medsaintdiatta
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES

Faculté de Philosophie et Lettres

Licence spéciale en civilisations africaines

Séminaire du cours d’introduction aux Civilisations Africaines

Professeur [Link] MARET

LES BALANTES BRASSA BUNGUE

de la région de Tombali, Guinée-Bissau.

Par Bruno KESTEMONT

BRUXELLES, mars 1989


TABLE DES MATIERES

TABLE DES MATIERES 1

INTRODUCTION 2

LES BALANTES 3
Caractéristigues principales 3
Population 3
Localisation 3
Origine 3
Histoire 4
Sous-groupes 6

LES BALANTES BRASSA BUNGUE DE TOMBALI 7


organisation sociale 7
Les rapports de réciprocité 8
Le deuil 9
L'éducation 10
Garçons 10
Les filles 12
Conclusions 14
Culture/art 15
Musique 15
Fêtes 16
Mythologie/religion 16
La riziculture balante 18
Le progrès balante 21
Le progrès endogène 21
Evolution d'origine exogène 21
Conclusion 22
Evolution culturelle 22

CONCLUSION GENERALE 23

ILLUSTRATIONS 24

BIBLIOGRAPHIE 26
AVERTISSEMENT

C'est comme ingénieur agronome que j'ai travaillé pour OXFAM Belgique dans le volet "crédit
villageois" du "projet intégré de Caboxanque" de mars 85 à août 87.
Mon mandat n'était donc pas l'anthropologie.

Mais la dynamique du projet impliquant la participation de la population, j'ai dû par la force des
choses et par intérêt personnel m'intéresser au fonctionnement de la société balante comme de celle
des autres ethnies de la région.

C'est dans un village balante (Caboxanque) que j'ai vécu; c'est donc avec eux que j'ai tout
naturellement le plus sympathisé.

Mais une simple approche empirique et non structurée ne suffit pas à connaître une civilisation dans
toute sa complexité.

J'ai eu la chance de bénéficier dès mon arrivée des informations recueillies notamment par Channah
BENTEIN, historienne de l'art ayant vécu pendant près de 4 ans à Caboxanque, et le Cabinet
d'Etudes Socio-Economique associé au projet.

A partir de 1984, le "Service de Recherche en Milieu Paysan" a considérablement développé ses


activités notamment dans l'étude de l'agriculture balante.

En 1986, nous avons reçu la visite d'un anthropologue indianiste, Dominique TEMPLE, à qui j'ai
servi d'interprète et d'informateur pendant un mois, ce qui m'a considérablement aidé à comprendre
certains aspects de la philosophie balante.

Enfin, de retour en Belgique, la réalisation de ce travail m'a permis d'étudier plus en profondeur la
bibliographie consacrée aux Balantes en général, et notamment de découvrir l'étude remarquable
qu'a consacré Diana Lima HANDEM aux Balantes Brassa.

Ce travail est une synthèse de ce que je crois comprendre des Balantes et que j'ai appris soit d'eux-
mêmes, soit de ceux qui s'y sont intéressés.

2
LES BALANTES

Caractéristicrues principales:

Les mots-clés que les Guinéens associent volontiers aux Balantes sont:
-experts en riziculture de mangroves;
-migrations perpétuelles;
-société horizontale et insoumission à tout Etat; résistance culturelle;
-voleurs de bétail.

Mais ces qualificatifs réducteurs ne suffisent pas à cerner la richesse de l'immense édifice culturel
que constitue la société balante. Les pages qui suivent essayent de dégager la partie visible de cet
iceberg.

Population: env.250000.
Les Balantes Brassa, dont je parle ici, sont environ 194000 ou 24% de la
population de la Guinée-Bissau.

Localisation: depuis la Casamance (Sénégal) jusqu'au Sud de la


Guinée-Bissau, principalement sur la région côtière à mangroves. Il semble qu'il y
ait également des Balantes en Guinée-Conakri.

Origine:

Langue vraisemblablement de type I.A.1 "Niger-Congo,Ouest Atlantique II,sous-groupe


"Bak"(DIARA, 1983). Le groupe Bak comprend le Diola, le Balante, le Manjak et suivant certains
le Bijogo. Les Balantes présentent effectivement plusieurs traits de similitude socio-technico-
culturelle avec ces ethnies et notamment les Diolas de Casamance dont l'origine est méconnue. Lors
de la découverte de ces régions par les Portugais au XVe siècle, les Balantes y étaient déjà, dans la
zone appelée "Terre des Balantes" au Nord du pays.

Ils "auraient" occupé des régions plus orientales avant l'arrivée des Mandingues, mais leur lointaine
origine reste un épais mystère
3
Histoire:

L'Histoire apporte quelques indices sur l'origine de la diversité des sous-groupes balantes actuels.
Il n'y a pas UNE origine connue des Balantes, mais le résultat d'un brassage de populations d'origines
diverses.

XIIIè: Les traditions orales mandingues et balantes-brassas s'accordent à considérer que les Brassas
étaient avec les Soussous le peuple aborigène des plateaux du Fouta-Djalon annexé par l'empire du
Mali, où ils vécurent en paix pendant près de deux siècles.

D'autre part, une partie des guerriers mandingues, du clan des Mané, refusèrent de suivre leur
Empereur dans ses guerres et s'installèrent en Casamance où ils reçurent le nom de "Balanto" ("ceux
gui refusent").

Ils furent ensuite attaqués par les Fulas et se replièrent vers l'actuelle "Terre des Balantes", dans le
Nord de la Guinée-Bissau.

1446:Découverte des côtes guinéennes par un Portugais.

A la fin du XVe siècle, les Fulas envahissent le Fouta-Djalon derrière Coli Teguela et entament
l'islamisation de la région en intégrant les peuples soumis comme esclaves. Ceux qui refusent de se
soumettre émigrent vers la région de Cabu (province mandingue allant de la Gambie à l'actuelle
Guinée-Bissau), d'où ils sont à nouveau refoulés par les Fulas vers la "Terre des Balantes" où vivent
déjà les "Balantes" cités plus haut. Les "Brassa" (terme signifiant "les survivants") s'établissent donc
dans la région et colonisent des terres vierges, tout en s'assimilant aux Balantes locaux.

La plupart des "Balantes" considèrent qu'ils ont un lien de parenté avec les Fulas (de langue pourtant
différente), et il n'est pas impossible qu'ils constituent un peuple d'abord réduit à l'esclavage, puis
affranchi assez rapidement pour se réfugier dans une zone commune, la "terre des Balantes".

XVIè: Comptoirs: commerçants portugais, français, hollandais et anglais viennent commercer


avec les Mandingues du Royaume du Gabu (XV-XVIe) (une partie du Cabu) qui domine la région:
poivre, or, ivoire, esclaves.
Tous les peuples actuels de la région y sont déjà décrits. Les Balantes notamment s'opposent à
l'esclavage. Les Portugais distinguent alors plusieurs sous-groupes de "Balantes" (déjà riziculteurs)
plus ou moins ouverts au commerce, ou carrément hostiles à toute transaction.
Les Balantes Brassa entament des migrations et se répondent sous l'effet de la pression foncière et
démographique, nouant des contacts avec les ethnies d'accueil.

1580:Colonisation portugaise.

XVIII-XIXÈ: guerres saintes menées par les Fulas du Royaume du Fouta Djalon: chute du
Royaume mandingue de Gabu (musulmans jugés encore trop imprégnés d'animisme). Les Fulas sont
cependant arrêtés par les peuples côtiers protégés par leur écosystème enclavé.
Pendant ce temps, les Portugais se disputent la région avec les Français (passage de la Casamance à
la France).

1886:Fixation des frontières de la Guinée Portugaise. Instabilité permanente due à l'insoumission


des peuples côtiers.
Une partie des Balantes Brassa fuit alors le Nord du pays pour aller se battre aux côtés des Beafadas
du Sud contre le colonisateur portugais et ses alliés. On les appelle les Brassas "Bungue" ("ceux qui
sont partis").

Années 1910:"Paix portugaise", avec l'aide de rois locaux, qui noie dans le sang les révoltes
ethniques (les derniers à tomber sont les célèbres Bijagos en 1936).
Les Portugais s'appuient ensuite soit sur les Mandingues, soit sur les Fulas pour maintenir l'ordre
jusqu'à l'indépendance.
Les Balantes Brassa Bungue s'installent en bonne amitié chez les Beafadas.

Vers 1915, certains sont engagés par un colon ("chinois") encore plus au Sud dans la région de
Tombali, en "Terre des Nalus" (ces derniers ne cultivent pas la mangrove) pour y cultiver du riz. Ils
y fondent alors le premier village balante de la région.

Années 1920: "Ne supportant pas le colonialisme" d'une part (travaux forcés), et pour des raisons
foncières d'autre part (famines), une partie des Balantes Brassa fait un bond vers la région de
Tombali.

Cette migration devient de plus en plus massive jusqu'à la guerre de libération nationale (1963-1974)
durant laquelle Balantes et Nalus (entre autres) s'allient pour libérer rapidement cette partie du pays,
par ailleurs dévastée par les bombardements portugais.
(Avec la guerre, une partie de l'armée de libération nationale s'était réfugiée derrière la frontière en
Guinée-Conakry; l'actuelle baisse du régime des pluies favorise à présent la colonisation des côtes de
ce pays par des émigrants balantes).

1974:Indépendance après la chute du régime fasciste au Portugal. Les Balantes restent majoritaires
dans l'armée nationale (env. 30% actuellement).

1980:Coup d'Etat et rupture avec les Iles du Cap-Vert, au profit du Président actuel [Link].
Mécontentement progressif des Balantes qui s'estiment lésés dans le processus de développement: la
plupart des cadres sont en effet (forcément) d'anciens collaborateurs (Fulas, mandingues, Cap-
Verdiens). On investit beaucoup moins dans le Sud du pays, en partie en raison de son enclavement
aggravé par la guerre.

1985:Développement de la. »Secte Jangue-jangue » ou Jang-Jang chez les Balantes Brassa Bungue
(réprimé sévèrement par le pouvoir central).
L'ensemble du régime se durcit. Arrestation de 2000 "conspirateurs", pour la plupart balantes,
soupçonnés de préparer un coup d'Etat. Exécution de six d'entre eux, dont le vice-président (dernier
Balante du gouvernement).

Il y a gros à parier qu'on entendra encore parler des Balantes prochainement


Sous-groupes:

Ces éléments historiques nous ont permis de nous familiariser avec les différentes branches
regroupées sous l'appellation "Balantes", tout en nous présentant progressivement les "insoumis
migrateurs" que sont les Balantes Brassa Bungue de Tombali parmi lesquels j'ai vécu.

Il y a donc actuellement deux groupes principaux:

Le premier groupe est constitué des Berassé (ou Brassa les plus nombreux), les Bravos et les Fora,
tous animistes.

Le deuxième groupe, plus ou moins mandinguisé et islamisés est constitué des Balantes-Mané et des
Cunantes (ou Mansoanca: souvent considérés comme une ethnie différente).

Ces groupes se distinguent par les dialectes, les techniques agriculturales, les types d'habitation, et
les détails de l'organisation sociale.

Certains ont parlé de "balantisation" en invoquant les migrations balantes successives. En fait, il
s'agirait plutôt de "Brassaisation", les "Balantes" (Balantes-Mané) ne constituant finalement qu'une
des premières ethnies ayant accueilli les Brassa en s'assimilant en partie.
Par la force des choses, et vu leur importance relative, il faut maintenant s'accoûtumer à ce que,
lorsqu'on parle des "Balantes", il s'agit surtout typiquement des "Balantes Brassa".

Les Balantes Brassa sont eux-mêmes divisés en deux groupes, les Bungue et les Kuntohe (eux-
mêmes subdivisés en 6 clans) qui ont fait l'objet d'une étude remarquable de [Link].

Il y a des différences entre les Brassa Bungue dans leur terre d'origine au Centre côtier du pays et les
mêmes dans les zones d'immigration récente au Sud du pays: il s'agissait en effet de garder la
cohésion sociale malgré la dispersion géographique; d'autre part les émigrants sont au départ les plus
insoumis à l'Etat central (colonial ou indépendant) et les plus contraints aux arrangements
diplomatiques avec les ethnies d'accueil.
LES BALANTES BRASSA BUNGUE DE TOMBALI:

Ce travail traite surtout des Balantes du Sud du pays qui sont caractérisés par leur origine Brassa
Bungue commune et leur condition de "colons" installés depuis à peine 60-70 ans dans des zones
déjà occupées par d'autres ethnies.

Les conditions de leur immigration en Terre des Nalus expliquent quelques traits particuliers de leur
caractère:

-insoumis à toute forme d'autorité non démocratique; -riziculteurs de mangrove hors-pair; -capables
de pactes et d'échanges transculturelle avec les ethnies d'accueil;
-structure sociale et politique renforcée pour garder la cohésion du groupe malgré l'éloignement des
villages d'origine;
-en contre partie, émergence du mouvement Jangue-Jangue, sorte de révolte des jeunes et des
femmes dont je parlerai plus loin.

Les Brassa Bungue du Sud du pays représentent la majorité des Balantes et une des forces
économiques et politiques que l'Etat ne peut négliger: surproducteurs de riz, artisans de la lutte de
libération nationale, ils sont numériquement importants quoique très mal représentés dans les classes
dirigeantes (peu de diplômés, d'officiers,

Organisation sociale:

Anarchie: les Balantes s'opposent à toute forme d'autorité autre que celle des aînés sur leurs cadets
(gérontocratie démocratique) : ni Etat, ni chefs. Seul un "chef de terre" est reconnu pour les
problèmes fonciers.

Au sein d'un village, c'est le conseil des Anciens qui décide "au consensus".

Il y a cependant une hiérarchie implicite et mouvante qui se base sur la réciprocité et l'expérience:
certains sont plus écoutés que d'autres parce que la majorité leur reconnaît une valeur personnelle ou
un prestige (famille fondatrice du village pour ce qui concerne les problèmes fonciers, héros de
guerre, savoir, sagesse (ancienneté) et surtout savoir-vivre).

Le savoir-vivre comprend le respect des rites, les rapports de réciprocité et le respect des ancêtres
(pas nécessairement l'honnêteté telle que nous la concevons: le vol réglementé fait en effet partie des
traditions obligatoires pour certaines classes d’âge, ce qui vaut aux Balantes la réputation de voleurs
chez les éleveurs de bétail tels que Manjak, Fulas, ...).

En fait, chez les Balantes, le prestige est basé sur la distribution "désintéressée" de ce que l'on
possède. Par contre, si l'on accumule sans redistribuer lors des occasions prévues pour, non
seulement l'on perd son prestige, mais on risque d'être soupçonné de sorcellerie, empoisonne ou tout
simplement dépouillé (vols). La pire des peines pour fautes graves (meurtres, viols) : éjection du
village. Un Balante n'existe que par les autres du moins la société fait en sorte qu'il en soit ainsi.
Cet aspect fondamental de la société balante fait échouer dans l'œuf toute tentative de projet de
développement basé sur l'individualisme, l'accumulation individuelle de richesses et même dans une
certaine mesure la création de besoins secondaires de consommation (et nombreux sont ceux qui
aujourd'hui encore considèrent les Balantes comme hostiles au progrès, alors que nous verrons plus
loin qu'ils sont au contraire à la pointe du progrès s'il répond à leurs critères).

Les rapports de réciprocité:

L'économie est donc basée sur la Réciprocité, quoique l'économie d'échange (troc) subsiste dans les
rapports avec des étrangers.

Le troc peut être réciprocité: accepter d'échanger un produit rare contre un autre peut être un acte de
réciprocité.
Certains produits ont d'ailleurs une valeur d'échange bien déterminée: ainsi le travail du forgeron
(personne d'ethnie différente "invitée" dans le village) est récompensé de préférence par une quantité
établie de riz (réciprocité), mais le forgeron peut faire des extras qu'il facturera à un prix supérieur
(un voyageur de passage paiera "à la tête du client" ou un prix de marché).

La réciprocité intervient à différents niveaux: classes d'âge, familial, interpersonnel, interfamilial,


inter-villageois.

Au niveau des classes d'âge et au niveau familial, un certain nombre d'obligations déterminent les
rapports. Cependant, certaines classes d'âge (N'ghâes) travaillent tour à tour (un à deux jours par
famille maximum), sur "invitation", dans les champs de plusieurs familles, fournissant une main-
d’œuvre importante pour les labours ainsi que pour les travaux collectifs concernant plusieurs
familles le village, voire plusieurs villages (barrages, etc.).

C'est au niveau interfamilial que la réciprocité est la plus omniprésente. Elle favorise le processus
de l'entraide dans les travaux agricoles (on travaille en effet beaucoup plus vite en groupe).
L'entraide n'est pas du tout un échange de bons procédés. Il s'agit bien plus de liens plus ou moins
entretenus entre différentes familles. Ces liens se concrétisent également en offre de cadeaux ou en
invitations aux cérémonies ou "banquets". Il y a même une fête qui n'est rien d'autre qu'une
invitation d'une famille par une autre uniquement pour manger, boire et se divertir (les personnes
étrangères aux deux familles peuvent participer à la fête en payant leurs consommations).

En cas de disette, les familles ayant des surplus sont socialement obligées d'aider ceux qui ont des
problèmes (une calebasse de riz pour des étrangers, plus quand il s'agit de la famille, suivant
[Link]). Le mensonge est d'ailleurs largement utilisé pour se soustraire à cette obligation
pour des étrangers ("je n'ai moi-même pas assez").

Les mariages "arrangés" , avec leur panoplie de rites et de cadeaux spécifiques consacrent également
les liens de réciprocité, ainsi que certaines relations d'adultère (une femme en visite dans son village
natal en profite souvent pour sortir avec un ami de son patrilignage à la demande d'un frère par
exemple.
Le deuil:

Un niveau supérieur de réciprocité se retrouve dans la cérémonie la plus importante dans la vie d'un
initié: le Caafé (deuil d'un vieux).

On distingue les deuils tristes (suite à la mort d'un jeune) qui donnent lieu à une cérémonie
mélancolique assez courte, des deuils joyeux (mort d'un initié chef de famille).

Quand un vieux meurt, on procède à ses funérailles dans l'allégresse mais de manière assez modeste
dans l'immédiat (lavement du mort dans le rio, transport en courant et en chantant, enterrement dans
l'enceinte familiale).

Ce n'est que une ou plusieurs années plus tard, quand il en a les moyens, que le successeur du vieux
à la tête de la famille (un frère ou un fils initiés) organise une immense fête où il invite un maximum
de familles et de parents de villages parfois éloignés grâce au téléphone sans fil qu'est le Bombolom
(tambour à fente).

A cette occasion, la famille sacrifie tout son troupeau (jusqu'à par exemple 40 vaches) et fournit
pendant 3 jours de la nourriture abondante et de l'alcool aux invités. Les familles s'endettent parfois
très fort auprès des autres pour' réaliser cette cérémonie qui a pour effet une redistribution à la
communauté de toutes ses richesses accumulées, consacrant le prestige de la famille.

Des familles amies offrent ou prêtent parfois à cette occasion qui un veau, qui un porc, etc. Recevoir
ainsi de nombreux "prêts" est un signe supplémentaire de "pouvoir de réciprocité" générateur de
prestige.

Pendant trois jours d'affilée, deux gros Bomboloms sacrés se répondent pour communiquer avec les
esprits et avec les initiés de l'assemblée, sous le rythme d'un troisième tambour à fente plus petit (le
résultat est une sorte de chant frappé ininterrompu qui donne le rythme pour les danseurs).

Suivant son inspiration, chaque convive vient danser au milieu de l'arène constituée par l'enceinte
des maisons de la famille; les groupes d'âge, filles ou garçons dans leur costume caractéristique,
viennent à tour de rôle ensemble et courent en chantant dans tout le village. Seuls les différents
groupes en cours d'initiation sont exclus de ces festivités.

Toute la vie du défunt est en fait mimée pendant le Caafé, et c'est l'occasion rêvée pour un visiteur
de passage de faire connaissance avec la majorité des rites et des classes d'âge.

La mort d'une vieille femme peut donner lieu au même cérémonial.

L'éducation

Outre l'apprentissage fait par les parents, les jeunes balantes jouissent de conditions d'éducation en
groupes d'âges favorisant l'intériorisation du système social et la capacité à prendre la relève des
aînés pour la gestion intégrée de la société.

L'éducation se fait donc en classes d'âge


Garçons:

On remarque une particularité quant à la "pré-initiation" du groupe N'ghês et l'initiation


(+circoncision) qui n'a lieu que vers 30-40 ans.

0-5 ans (environ!): N'nidawai (élevés en famille par les femmes);

5-13 (5-7-10-13) N'cuman (subdivisés en Furfat, Inda, N'cuman) habillés de draps bruns
ou gris, sexe couvert hors du foyer. Vie commune. Martyres des
N'ghâe, "ennemis" des filles du même âge.

13-16 (13-15-16) N'ghâe (N'ghâe n'dan, N'ghâe): torse nu, bracelets, se donnent des
apparences de guerriers et nous font penser à nos Punks (très
indépendants, font "ce qu'ils veulent" en groupe, main-d’œuvre
importante. Peuvent parler aux filles sauf à une "amoureuse" attitrée
(platonique + cadeaux). Armés. Solidarité guerrière (bagarres avec
autres villages). Mais ils jurent de ne pas attaquer ou se mettre en
danger !

16-19 N'ghês: leur initiation est considérée comme « la petite initiation » et


dure plusieurs mois pendant lesquels ils sont coquettement habillés
(parapluie et pagne à fleurs, colliers de femmes, tresses, lunettes de
soleil etc.) et ne peuvent absolument rien dire ni faire: ni alcool, ni
danses etc. En revanche, ils sont mis en contact avec des femmes plus
âgées (initiation sexuelle, de force s'il le faut) et ils apprennent à bien
se comporter avec les femmes et les gens en général (respect,
séduction, ...): à chaque erreur de l'un d'entre eux, c'est le groupe qui
doit payer la tournée aux aînés (amendes), comme on fera plus tard
dans la "grande initiation" qui est ici en partie préfigurée.
Ils acquièrent alors la qualité de Jeunes adultes responsables et
respectés. continuent, en tant que N'Ghês ksonhe , à se tresser les
cheveux pendant trois ans, sont appréciés des femmes et peuvent
même se marier avec une femme déjà mariée qui quitte son mari.
Après cette initiation, ils conservent des tresses, boucles d'oreille, et
sont considérés comme attirants pour les femmes.

19-22 Thom (Thom Sohn et Thom N'dan): ne se tressent plus les cheveux.
Sont appelés à des responsabilités familiales (au niveau de leur couple,
de leur foyer: leurs enfants sont considérés comme les enfants du père
C'est l'âge où l'on pratique le plus le vol de vaches ou de porcs dans
d'autres villages (en groupe, cette action n'étant pas sans danger !).

22-30 ou plus Bidoc et Bidoc N'dan: ont alors en général leur propre foyer, mais
leurs enfants restent ceux du chef de famille. De même, toute
nouvelle femme est d'abord la femme de ce dernier.
On reste Bidoc plus ou moins longtemps en fonction des nécessités
de la famille (succession) et des individus (maturité).

Vers 30-40 ans Grande initiation (Fanado) avec la circoncision, après quoi l'on
(rarement moins) devient Lante N'dan (Grand Homme, initié, ou Lambé=chef de
famille).

Cette Grande Initiations a lieu assez rarement (plusieurs années), après des bonnes récoltes et suivant
le conseil des Anciens.

La cérémonie d'initiation est vécue comme la "mort" des jeunes gens puis leur "renaissance" comme
hommes murs aptes à diriger les familles ou la société. C'est en fait un renouveau pour la société
dans son ensemble, qui donne lieu à des fêtes et rites touchant toute la communauté (notamment,
libéralisation des mœurs, inversion temporaire de la hiérarchie sociale etc.).

Les candidats à l'initiation subissent dans le secret du bois sacré différentes épreuves physiques et
psychologiques destinées à leur faire savoir quelle est leur place dans ce monde. Mais l'initiation a
aussi valeur de "jugement dernier" où ils expient leurs fautes passées, avec pratiquement pour unique
défenseur et soutien l'oncle maternel (véritable second père durant la vie). L'Initiation est également
l'occasion de l'apprentissage de certains rites et secrets pour la gestion de la société et la
communication avec les ancêtres (ex: communication par tambour).

Chaque groupe allant au Fanado détermine une succession de classes d'âges parmi les vieux, avec
toujours une autorité croissante, mais surtout au niveau du village cette fois. En fait, l'initiation est
étalée sur plusieurs années, avec un point culminant au début lors de la circoncision et des épreuves
subies dans la nature (2-4 mois, des concours, des fêtes très spectaculaires) suivi de un à 4 ans
d'interdits divers.

Ces coutumes sont en profonde mutation depuis la guerre de libération du pays: certaines restrictions
sont imposées par les administrations, en plus des modifications endogènes.

Retenons qu'il y a 4 groupes d'initiés:

1. N’than-ksonhe (ou N 1 than ghami) : circoncis, mais encore en pleine initiation en fait.
2. N'than-N’nhog: responsables des précédents et de leur apprentissage auprès des plus vieux.
Jouent un peu le rôle de "policiers" dans le village.
3. N'than-N’dghan: adjoints des plus vieux pour la gestion de la société.
4. Behô ([Link]ô):les Sages qui s'occupent, avec l'aide des précédents, de la justice, des
cérémonies religieuses et funèbres et des rapports avec le Conseil des Anciennes (pour les mariages
etc.). La mort d'un Behâ (chef de famille) donne lieu à un Caafé joyeux décrit plus haut.

Les filles:

0-puberté: Enfants, non structurées en groupe (aident la mère): y a probablement au moins 4


sous-classes caractérisées par la participation à des travaux différents.
13-15 N’gbifula, en groupe pour certaines activités;

15-17 :N’gbifula N’gdan: Adolescentes "prêtes à marier":


Un des rôles important de ces deux groupes est la préservation de la virginité. Les Nlgbifula Nlgdan
initient les plus jeunes avant de se marier.

16-20 : Premier mariage (forcé) , consacrant des liens entre des familles, pendant lequel a lieu
l'initiation (par les vieilles et sans excision) pour devenir Nlgbiele (jeune mariée) pendant un an à un
an et demi: cheveux rasés, trois mois entièrement couverte (y compris le visage caché sous un
capuchon), puis un pagne serré sur les seins jusqu'à ce qu'ils tombent pour devenir des "seins de
femme" (pendant 7-8 mois).
Après ce délais ou la naissance d'un premier enfant, deviennent assez indépendantes, et quand
d'autres jeunes filles se marient, elles chantent et dansent pendant deux jours, puis encore après 6
jours: il s'agit en fait de leur passage à la classe des Nlkhata et par la même occasion de leur
émancipation définitive (moment très attendu par les jeunes filles!). En cas de stérilité, la femme
doit cependant attendre 3 ans avant de devenir indépendante.

Il y a d'autres manières de se marier. Ainsi, une vieille femme peut très bien organiser un futur
mariage de son fils avec une fillette à peine née d'une autre famille. Il faut alors offrir par exemple
un pagne à la mère de la fillette, puis renouveler régulièrement des cadeaux divers et entretenir des
relations d'amitié jusqu'au mariage (il peut y avoir concurrence entre plusieurs prétendants pour une
fillette !). La fillette promise passe très jeune dans sa future belle-famille par qui elle sera éduquée
(moyennant cadeaux entretenus à la mère).

Pour décider de la date du mariage officiel, on fait une cérémonie avec un grain de sorgho ou de mil
qui doit germer dans certaines conditions précises. En cas d'échec, on considère qu'il y a eu des
erreurs dans le respect des usages, on consulte les esprits ou un guérisseur (initié spécialisé) qui
indiquent les sacrifices rituels ou les cadeaux supplémentaires à effectuer jusqu'à ce qu'enfin le
mariage puisse avoir lieu.

Les mariages arrangés donnent ainsi lieu à toute une série de rites et de variantes: une fillette n'est
pas nécessairement promise dès son plus jeune âge.

20-30 :N’khata: femmes mariées émancipées: libres; quittent souvent leur premier mari pour réaliser
un mariage d'amour avec un jeune de leur âge (ce qui nécessite- en cas d'opposition - deux tentatives
et le "remboursement" par le second mari des cadeaux offerts par le premier, si ce sont des hommes
de famille différente). Tant que ce "divorce" n'est pas reconnu officiellement, les nouveau-nés
appartiennent à la première famille (en général, le premier-né reste ainsi dans la famille du premier
mari, après quoi le "divorce" est nettement plus facile...).

Remarquons qu'une femme a toute liberté pour partir pendant plusieurs mois "voir sa famille"; ces
escapades lui permettent une certaine infidélité (souvent encouragée par la famille dans le cadre de
relations amicales, comme expliqué plus haut) et la recherche d'un nouveau mari. Quant à ses
enfants, s'ils sont par exemple métissés, cela n'a aucune importance aux yeux du mari: la
descendance a une importance sociale mais pas génétique !).
30-40 Bassan: ont plus d'autorité et aident l'Ancienne. Toutes les premières épouses,
dans une famille élargie, sont Bassan et font partie du Conseil des Femmes de la
famille, contrairement aux hommes qui restent sous l'autorité du Patriarche. Elles
ont les cheveux rasés à la fin de cette phase Bassan.

40- Binin-Bindam (Grandes Femmes, ou N'dolo) : dernière phase; assurent les relations
avec d'autres familles (mariage des enfants, initiation des belles-filles etc.), certaines
coutumes (enterrements, dans le village ... ) et remplacent le Patriarche lors de son
absence ou de sa mort (cérémonies aux esprits de la famille, etc.) en attendant la
succession.

Conclusions:

L'éducation des deux sexes est séparée et se fait suivant une série de classes d'âges où tous les aînés
éduquent tous les cadets.

Cependant, les garçons ont une éducation qui insiste beaucoup plus sur la cohésion du groupe et de
la société, avec une hiérarchie des âges marquée et ininterrompue (même les plus vieux sont sous la
domination des Ancêtres, ce qui leur permet d'ailleurs un certain détachement comme Sages).

Chez les femmes, cette hiérarchie verticale est moins marquée et une plus grande indépendance est
possible une fois "libérées" par un premier mariage. La solidarité féminine est bien réelle et la
pression des femmes a un rôle non négligeable pour des décisions concernant le village ou la famille
quoique ce soient surtout les Vieux Hommes qui décident. Certains domaines de la vie ne sont
cependant gérés que par les femmes, individuellement ou en commun.

Quant à l'Initiation: il y a plusieurs "initiations" de part et d'autre, avec un moment fort, long et
pénible, qui est pour l'homme le Fanado des Hommes (accompagné de la circoncision) vers 30-40
ans, et pour la femme le premier mariage.

L'initiation sexuelle est faite par des individus plus âgés, pour les garçons comme pour les filles.

Au niveau économique, l'homme est sa vie durant tributaire du groupe: classes d'âge ou famille.
Une fois initié, il n'a pratiquement plus droit à la propriété personnelle, étant responsable de
l'ensemble des biens produits par sa descendance.

La femme, une fois mariée, jouit par contre d'une certaine possibilité d'accumulation individuelle
dans la mesure où ses obligations familiales lui permettent des "extras" (activités économiques ou
cadeaux qu'elle reçoit personnellement).

Culture/art:

L'art chez les Balantes se manifeste surtout dans la musique - et particulièrement les chants - ainsi
que dans une certaine mesure dans l'habillement en ce qui concerne les différentes classes d'âge chez
les hommes. On ne leur connaît pas de sculpture "traditionnelle" élaborée, quoique certaines fêtes
font appel à des figurines ou attributs (montures en bois, sceptres, casques et masques de raphia,
chapeaux à cornes, mitraillette en bois, objets sculptés rituels très simples: croix habillée de tissus
figurant l'ancêtre fêté lors du deuil, sorte de rame de confection grossière etc.).
Pourtant les Balantes connaissent un artisanat "fonctionnel": poterie, ustensiles et outils en bois,
pirogues, etc. Il y a aussi de la broderie et de la pyrogravure décorative sur "planche" (bois d'arare
avec scènes de riziculture) ou sur calebasses.

Les "esprits" de la mythologie existent cependant avec une description assez précise, ce qui a permis
à des artistes modernes d'en sculpter des interprétations concordantes à Bissau. On y retrouve le
vieux sage assis pensant, un chasseur ou guerrier en marche au visage à peine humain, des figures
enchevêtrées avec visages, femmes, serpents, mains, un vieillard cérémoniant dans des buissons etc.

Quant aux fétiches, ils sont constitués de divers objets de la vie courante (poterie miniature, bouts de
tissus, objets métalliques usagés, pièces de monnaie, bourses de raphia, miniatures des objets utilisés
dans les cérémonies, ...

Musique:

Tambour, "bois à fente" ou Bombolom, tambourins violes "balantes", cornes (et même clairon
européen sont les principaux instruments utilisés. Mais l'art du chant polyphonique, utilisant
murmures sifflements, et accompagné ou non de battements des mains des pieds, de baguettes ou des
autres instruments est particulièrement réputé chez les Balantes. Ce sont d'une part des chants
fameux connus de tous, d'autre part

des chants composés au fil des fêtes et événements, voire semi improvisés. Il y a généralement un
ou deux meneurs qui lancent des phrases auxquelles l'assemblée répond sur différents tons suivant
les classes d'âge.

L'adresse comme "meneur de chant" fait partie des épreuves et concours (luttes verbales) participant
à l'initiation des hommes comme des femmes: le vol et les jeux d'esprit sont en effet considérés
comme des indicateurs de l'intelligence que l'on se doit d'acquérir avant la "grande initiation".
Une des caractéristiques des Balantes est de chanter en courant au pas.

Fête:

Cérémonies, banquets, deuils, autant d'occasions qui donnent aux Balantes une grande diversité de
fêtes.
Les chants y jouent toujours un rôle important.
La musique peut être accompagnée de charges, de danses, de lutte et notamment en certaines
occasions de mîmes.
La liste des différentes fêtes est longue à énumérer. Outre les fêtes et chants associés aux divers
événements de la vie (deuils, mariages, initiations, il y a les fêtes de simple distraction, les fêtes de
réciprocité (invitation d'une famille par une autre, avec consommations payantes pour les
"externes"), les fêtes pour le prestige du village ("Canta po ou concours de chant organisé par un
village prospère invitant des villages avoisinants), les fêtes associées au militantisme (parti, secte
Jangue-Jangue) et enfin des fêtes liées aux travaux agricoles.

Une fête sociologiquement intéressante: le "Kussundé".


Cette fête est une sorte de soupape de sécurité pour le système hiérarchique gérontocratique. Il s'agit
de chants et de mîmes pendant lesquelles certaines classes d'âge inférieures peuvent impunément se
moquer des initiés dans tout ce qu'ils ont de plus ridicule ou pervers. Pendant le temps de la fête, ce
sont les aînés qui doivent se soumettre aux fantaisies des plus jeunes (inversion sociale, comme lors
de la grande initiation). Les chants y sont calmes et accompagnés de danses/mîmes parfois en
couple.

Mythologie/religion:

Cet aspect est peu connu (moins à cause du secret que pour des difficultés de traduction du balante
au créole). On y retrouve:

-esprits bienfaisants (sollicités lors des sacrifices: se nourrissent de l'âme des animaux sacrifiés); -
esprits malfaisants (envoyés par les sorciers); -(le mouvement Jangue Jangue incluait la chasse aux
mauvais esprits par différents moyens: fronde, bocaux, incendie des fétiches etc.);
-le riz et la riziculture sont omniprésents; -râle important de la vache;
-râle important des grands arbres, repères d'esprits; chaque jeune balante doit en outre planter
plusieurs arbres qui grandiront avec lui;
-la forêt est extrêmement respectée, de même que la mangrove. -plusieurs animaux sont supposés
envoyés par les esprits pour communiquer avec les vivants: l'arrivée de fourmis, de certains oiseaux
ou insectes etc. sont interprétés

Officiants religieux:

Il y a un esprit par personne (sollicité par elle-seule), et un esprit pour chaque niveau d'organisation
sociale (famille, lignage, village etc.): ce sont en général des ancêtres de plus en plus lointains à la
base du lignage ou de la famille par exemple. Ces esprits/ancêtres sont sollicités par le représentant
de la structure sociale impliquée.

Il y a également des esprits « géographique »: terroir, forêt etc. Ces derniers sont sollicités par le
chef de la famille fondatrice du village (voire par l'ethnie d'accueil).
Celui-ci a donc, au niveau religieux, un rôle assez important.

Mais un personnage socialement très important, entouré d'un véritable réseau d'aidants et
d'informateurs, est le "guérisseur" (Baluberu).
Il est guérisseur au sens large, aussi bien des maladies physiques que psychologiques et surtout
sociales (distinction que nous faisons mais qu'il ne fait d'ailleurs pas: toute maladie a une origine
multiple et est soignée en conséquence). Il joue un râle de devin (interprétation des rêves et d'autres
phénomènes) et de conseiller pour les rites qui doivent être effectués en rapport avec les esprits ou
ancêtres. Il peut être amené à favoriser l'identification de sorciers ou de coupables pour des délits (au
sens large): après enquête et animation sociale épreuve du poison qui peut tuer si le suspect ne dit
pas la vérité (pratique "guère plus utilisée de nos jours") ou bannissement du village.
En fait, les "sorciers" (boucs émissaires !) identifiés pour des faits graves (épidémies etc.)
correspondent le plus souvent à des sujets asociaux et jugés indésirables par le consensus social
(répression indirecte des délits de comportement).

Le guérisseur (au moins un par village) a donc un rôle important et un pouvoir apparent non
négligeable.
Suivant la règle balante de l'équilibre, il faut donc certaines compensations à son pouvoir:
l'accumulation de biens matériels lui est interdite (vit des sacrifices offerts aux esprits), etc. mais
surtout, sa succession n'est pas héréditaire:

Le guérisseur "choisit" (à mon avis, avec l'aide des anciens) des élèves parmi des jeunes
particulièrement prometteurs et assure l'éducation progressive de son successeur. La fonction n'étant
pas héréditaire, on évite une concentration malsaine du "religieux" dans l'une ou l'autre famille pour
sauvegarder l'équilibre général.

Le sujet mériterait sans doute d'être approfondi

La riziculture balante:

Une parfaite maîtrise technique:

Les Balantes maîtrisent parfaitement la riziculture sur sols de mangrove (sols sulfatés acides), là où
les "experts" étrangers n'ont jusqu'à présent pas réussi à faire mieux : les déserts acides générés par
les gros barrages modernes de "récupération de mangroves" sont légions de la Casamance à la
Guinée-Bissau.

Les Balantes du Sud du pays ont une moyenne de rendements dépassant les 1500 Kg de paddy/ha,
année sur année pendant des dizaines d'années sans rotation ni traitements chimiques, autant de faits
exceptionnels en agriculture tropicale, surtout en milieu traditionnel (des experts arrivant pour un
nouveau projet de riziculture me disaient avoir un objectif de 1500 Kg/ha: je leur répondis que leur
objectif était atteint et qu'ils pouvaient rentrer chez eux !). On a même trouvé des rendements en
milieu paysan (meilleurs sols) atteignant 4500 Kg/ha, ce qui fait rêver.

La station de recherche de Caboxanque (région de Tombali) a largement étudié la riziculture de


mangrove pratiquée par les Balantes, dans le but "d'y apporter des améliorations" et de mieux
comprendre l'écologie particulière des sols sulfatés acides. Ce sont des sols à la fois riches, fragiles
et difficiles à travailler (lourds, collants).

Outre les difficultés de mécanisation de la riziculture de mangrove, il faut lutter contre la salinité et
l'acidification irréversible qui apparaît en cas de dessiccation prolongée (acide sulfurique). La
stratégie de gestion de l'eau est en outre différente suivant que l'on se trouve plus ou moins loin du
"rio" (bras de mer), en raison du gradient de salinité, d'acidité et de composition du sol.

Sans entrer dans les détails, signalons qu'il ressort de ces études que les Balantes effectuent les
gestes qu'il faut, quand il faut et où il faut, leurs indicateurs (plantes, aspect du sol, goût) valant les
indicateurs scientifiques (pH-mètre, conductimètre, ...).
Dans certains cas, nous pensions pouvoir donner des conseils aux paysans, notamment sur la période
de transplantation du riz (une transplantation plus précoce, techniquement possible, avancerait la
date de la récolte, diminuant les risques de manque de pluies). La discussion avec les paysans montra
qu'ils savaient très bien qu'il serait préférable de repiquer plus tôt, mais qu'ils ne le faisaient pas en
raison des risques accrus d'attaques par certains insectes et oiseaux.

La seule amélioration (de taille) apportée par le centre de recherche depuis 1979 a été la sélection de
variétés de riz plus résistantes à l'acidité et de cycle plus court (garantie de récolte même en cas de
baisse de la pluviométrie ou de culture dans des conditions limites).
La divulgation de ces variétés s'est ensuite faite automatiquement, sans nécessiter de vulgarisation
(variétés n'impliquant pas de changement de technique): le système d'entraide favorise la divulgation
de nouveautés intéressantes !

La riziculture pratiquée par les Balantes est actuellement largement étudiée (voir bibliographie et
publications en cours à la station de Caboxanque) et je ne m'étendrai pas ici sur les techniques
utilisées (culture en billons avec enfouissement des pailles et introduction exceptionnelle de l'eau de
mer sont les principales techniques de maintient de la fertilité à long terme).

Ce qui est remarquable, c'est d'abord le fait que les Balantes ont acquis un savoir-faire qui optimise à
long terme le rendement par hectare. Or la technique utilisée demande assez bien de main-d’œuvre;
d'habitude, les Africains privilégient le rendement par "homme-jour" de travail (loi du moindre
effort, terrains illimités), au détriment du rendement par hectare cher aux Européens (terrains limités,
travail illimité: machines).

Dans ce cas particulier, l'aspect foncier est déterminant. En effet, la constitution de rizières sur
d'anciennes mangroves demande 10-12 ans, ce qui représente un investissement humain important
(n'oublions pas que comme "immigrants", les Brassa n'avaient pratiquement accès qu'à ces terres
marginales). Les rizières existantes sont dès lors limitées et l'on a intérêt à maintenir et améliorer
leur exploitation au fil du temps, ce qui implique une optimalisation du rendement à l'hectare.

Signalons également une particularité foncière: alors que d'habitude la terre n'appartient à personne
(sauf à celui qui la défriche, momentanément), chez les Balantes, il y a deux phases:

1-barrages faits en commun et répartition équitable des terres récupérées;


2-ces terres valorisées restent une propriété foncière à propriétaire fixe mais pouvant être prêtées
contre gage (vaches) pendant des périodes plus ou moins longues.

En cas de nouveaux venus dans le village, le "chef de terre" (famille fondatrice du village) répartit
entre eux les mangroves encore disponibles ("chacun suivant ses besoins").

En cas de destruction des rizières ([Link]. lors de la guerre d'indépendance), la propriété reste supposée
acquise pour les descendants des premiers défricheurs connus (ce fut une cause de conflits dans
certains projets gouvernementaux où, une fois des rizières reconstituées et des familles installées, les
anciens propriétaires vinrent réclamer leurs terres).

Quant à la disposition des propriétés, elles sont une série de "cordes" partant perpendiculairement du
rio au "plateau" ce qui permet une gestion de l'eau (très importante dans la technologie en question)
individuelle et un partage équitable de l'écosystème (les terres situées le plus près et le plus loin du
rio sont en effet moins bonnes).

Ce système est somme-toute logique et est adopté par les autres ethnies qui se sont mises à la
riziculture de mangrove (Nalus, Soussous, ...) en raison de sa forte productivité et de la pression
démographique qui compromet l'agriculture traditionnelle sur brûlis.

Petite anecdote: tout le labour se faisant à la main (avec une arare parfaitement adaptée à ce travail) ,
et vu la pénurie de main-d’œuvre à ce niveau, il avait été envisagé d'introduire la culture attelée:
refus catégorique des Balantes: non seulement le labour a visiblement un rôle à jouer dans l'Honneur
masculin, mais en plus, les Balantes estiment qu'on ne peut pas faire travailler les vaches vu qu'on
leur demande déjà beaucoup en les sacrifiant lors des cérémonies (de toute façon, la culture attelée
dans les conditions exigées n'auraient pas manqué de soulever des problèmes techniques
importants).

Le progrès balante:

Le progrès endogène:

Mon séjour parmi les Balantes m'a convaincu que l'ensemble des processus individuels et sociaux a
favorisé chez eux l'affinement à l'extrême de techniques adaptées au milieu auquel ils sont
confrontés. Non seulement ces techniques se sont adaptées au milieu, mais elles évoluent avec
l'évolution du milieu (changements climatiques, migrations, ...).

D'autre part, il y a du Nord au Sud, toutes ethnies confondues, un gradient de techniques tout à fait
explicable si l'on prend la peine d'en chercher le pourquoi. Les seuls dysfonctionnements
envisageables a priori quand l'on aborde une société de cultivateurs aussi proviennent à mon avis de
changements trop récents des conditions d'exploitation du milieu (changements climatiques,
démographiques, juridiques, migrations, sédentarisation: il n'y a pas pires désertificateurs que les
Fulas, peuls reconvertis à l'agriculture

Evolution d'origine exogène:

Nous avons réussi à démontrer que les Balantes n'étaient pas hostiles au "progrès" apporté par la
technologie occidentale par la réussite de l'introduction dans les villages de machines décortiqueuses
de riz à moteur. Dans un premier temps, ce type de projet, conçu sous différentes formes, avait
toujours échoué.

C'est quand on a laissé aux villageois le soin de décider du mode de gestion sociale de leur machine
(payée à crédit) que ça a marché: gestion autonome par les femmes, supervision symbolique des
Anciens, manutention et comptabilité par de jeunes lettrés (non rémunérés!) formés d'abord par le
projet, puis par les villages disposant déjà d'une machine.

Après trois ans de fonctionnement, ces machines fonctionnent sans encombre ce qui étonne les
financeurs qui affluent ! De plus, alors que les Balantes sont réputés "malhonnêtes", ce sont eux qui
remboursent les premiers leurs crédits (machine remboursée en 5 mois à 3 ans au lieu des 5 ans
prévus au contrat, dans le but d'acheter d'autres machines de réserve et de faire briller le nom du
village !).

Je pense qu'un projet est accepté ou rejeté (explicitement ou implicitement) par la population quand
il semble intéressant ou dévastateur GLOBALEMENT (la société ne se préoccupe pas que de
rendement économique, sauf si elle y est contrainte: famines, soumission à de généreux donateurs
étrangers, détresse sociale, ...).

J'ai constaté dans d'autres ethnies de la région que certains projets (coopératives de cultivateurs
sélectionnés) donnaient lieu à magouilles et détournements de caisse alors que des projets à structure
sociale endogène (ou plutôt mixte) ne donnaient pas lieu à ces sabotages inconscients.

Conclusion: les Balantes ont une vision intégrée du progrès qui leur est propre, qui dépend des
tensions entre les intérêts individuels et les intérêts collectifs, et qui prend implicitement en compte
les aspects économiques, sociaux, politiques et culturels. Comme tout le monde, ils cherchent à
améliorer leur situation. S'ils semblent parfois fermés à notre "Progrès", ils sont par contre
favorables au Progrès Balante. La technologie moderne peut servir ou non ces objectifs.
Est-ce tellement différent chez nous ?

Evolution culturelle:

Je ne voudrais pas terminer ce travail sans insister sur le fait que non seulement les Balantes
évoluent constamment sur le plan technique mais qu'il y a tout autant de dynamique sur les plans
social, politique , religieux etc. Les variantes régionales dans les traditions devraient suffire à nous
en convaincre.

Je citerai cependant deux exemples édifiants: les rites initiatiques et le mouvement Jangue-Jangue.

-.Les rites initiatiques: on retrouve des éléments franchement européens et récents qui sont
"institutionnalisés" au niveau des rites. Par exemple, le fameux bonnet de laine rouge et jaune que
ne portent que les initiés. Autre exemple: les parapluies à fleur et les lunettes de soleil "sport" des
N'ghês ! Les autres exemples ne manquent pas, y compris en ce qui concerne le déroulement-même
des épreuves d'initiation (lors d'interviews, il n'est pas rare qu'on doive distinguer "ce qui se faisait
avant" de "ce qui se fait maintenant").

- Le mouvement "Jangue-Jangue": c'est une "secte" qui s'est rependue comme la poudre chez les
Balantes du Sud à partir de 1985, malgré l'inquiétude et la répression du gouvernement.
Au départ, essentiellement des femmes et des jeunes qui faisaient la chasse aux mauvais esprits et
prétendaient qu'un "dieu" s'était emparé de leur tête. Apparemment, les "chefs" étaient souvent des
femmes stériles ou lettrées. Résultat spectaculaire: destruction, dans de nombreuses familles, des
fétiches; conversion massive. Quand on demandait à un Balante si "le dieu l'avait aussi pris", il
répondait que "pas encore", mais que "son tour viendrait, comme chez tous les Balantes". Le résultat
tangible a été, via la lutte entre esprits, la satisfaction indirecte de certaines revendications des
femmes et des jeunes (plus de libertés, plus grande participation au pouvoir) ainsi que de menues
transformations de coutumes: utilisation de cuillères, sacrifices sanglants par égorgement au lieu des
traditionnels massacres à la machette, etc.
Ce mouvement a été étudié par des psychiatres de masse et toutes les hypothèses ont été faites
(Vaudou etc.).

Je pense quant à moi qu'une série de circonstances favorisantes a permis l'éclosion d'une "secte"
reprenant des éléments à différentes religions , au hasard et à l'imagination pour favoriser une
"révolution interne" préférable à une déstructuration exogène totale consécutive au malaise balante
généralisé de l'époque (retard de développement par rapport aux autres ethnies, trop grande rigueur
des Vieux par rapport au monde moderne). Les "révolutionnaires" ont utilisé l'arme principale du
pouvoir gérontocratique: le mystique

CONCLUSION GENERALE:

Les Balantes, et en particulier les Balantes Brassa Bungue, sont étonnants à bien des égards.

Ils sont pour le moment particulièrement étudiés en ce qui concerne leur technique éprouvée de
riziculture de mangrove.

Un autre aspect qui a retenu l'attention des chercheurs est leur mode d'organisation politique qui nie
toute hiérarchie autre que celle de l'expérience (l'âge) et se rapproche très fort d'une démocratie
authentique. Toute forme d'Etat supra-villageois non démocratique est combattue ou fui.

Cette société est en particulier extrêmement égalitariste sur le plan matériel: la redistribution est
prévue sous toutes ses formes: réciprocité ou vol: il n'y a de richesse que spirituelle ou relationnelle.

Le vol y est considéré comme un exercice intellectuel valorisant, ce qui ne manque pas de donner
aux Balantes mauvaise réputation!

Enfin, malgré une grande cohésion de leur société et une résistance culturelle rare, les Balantes
Brassa se caractérisent par une ' capacité de migration pacifique hors du commun, jouant sur leur
grande productivité vivrière et leur ardeur au travail et à l'entraide.
Ils sont cependant volontiers près à prendre les armes quand il s'agit de défendre leur indépendance
et leurs valeurs fondamentales démocratiques et égalitaristes !

Quoiqu'il y ait une apparente domination (surtout politique et religieuse) des hommes sur les
femmes, ces dernières jouissent surtout après le mariage - de privilèges leur conférant un statut sinon
égal, au moins équivalent à celui des hommes.

La philosophie balante de recherche de l'harmonie et des compensations dans les relations et les
rapports de force entre individus ou avec la nature (les esprits) peut expliquer en grande partie la
logique de leurs règles de comportement.

Enfin, une des caractéristiques découlant des perpétuels échanges de réciprocité, des incessantes
migrations et de l'absence de tyrannie politique ou économique, est la capacité d'évolution interne et
l'adaptabilité de la société balante tout entière tant sur le plan technique que social.

Ayant des besoins matériels limités, les Balantes restent maîtres de leur destin... et de leur propre
conception du "développement"; pour combien de temps encore ?
Bruxelles, mars 1989

BIBLIOGRAPHIE

BENTEIN, S. (1982-1986), du Gabinete de Estudos Socio-Economicos, DEPA-Caboxanque,

communications personnelles.

BLAZEJEWICZ, D., LUND, R., SCHONNING, K., STEINCKE, S. (1983), "Arquitectura

tradicional, Guiné-Bissau", S.I.D.A., Stockholm, 275 pp.

DE JONG, J.T.V.M. (1987/2), "Jangue Jangue in Guinée-Bissau: een cultuurgebonden syndroom

onder balanta-vrouwen", Tijdschrift voor psychiatrie 29, 86 pp.

C.E.P.I. (1977), "As estructuras sociais balantas", 0 Bombolom n'l, Centro de Educaçâo Popular

Integrada de Tombali, 12 pp.

C.E.P.I. (1978), "As tecnicas tradicionais da cultura do arroz", 0 Bombolom n'2, Centro de Educaçâo

Popular Integrada de Tombali, 16 pp.

DIARA, B. (1983), "Mission d'exploration Mali, Sénégal, Mauritanie, Guinée-Bissau", La

Recherche Linguistique.

HANDEM, D.L. (1986), "Nature et fonctionnement du pouvoir chez les Balanta-Brassa", (thèse de

DEA à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Centre d'Etudes Africaines, PARIS),

Instituto Nacional de Estudo e Pesquisa, collection Kacu Martel, BISSAU.


HOCHET, A.M. (1979), "Etudes socio-économiques de base; doc.6: études socio-économiques de la

région de Tombali et Quinara (première et deuxième parties)".

HOCHET, A.M. (1983), "Paysanneries en attente. Guinée-Bissau", ENDA, Série Etudes et

Recherches n' 79-80.

KESTEMONT, B. (1987), "Crédito e orizicultura de bolanha salgada", in Ie enc. nac. s. orizicultura

de bolanha salgada, MDRP/DEPA, CABOXANQUE, Guinée-Bissau.

P.P.M.C. (1987), "Nota sobre elementos de gestâo da agua e da salinidade no systema balanta de

orizicultura de bolanha", Programa de Pesquisa em Meio Camponês, in I' enc. nacional sobre

pesquisa e orizicultura de bolanha salgada, MDRP/DEPA, CABOXANQUE, Guinée-Bissau.

P.P.M.C. (1987), "Contribuiçâo à compreensâo do systema de produçâo balanta; II, elementos de

sintesa", Programa de Pesquisa em Meio Camponês, in I' enc. nac. s. pesquisa e orizicultura de

bolanha salgada, MDRP/DEPA, CABOXANQUE, Guinée-Bissau.

P.P.M.C. (1987), "Elementos de reflexâo sobre a abordagem socioeconomica da orizicultura de

bolanha salgada a traves do acompanhamento de mâo de obra em duas unidades de produçâo

agricola em Daressalam (Cubucaré)"; Programa de Pesquisa em meio Camponês, in I' enc. nac. s.

pesquisa e orizicultura de bolanha salgada, MDRP/DEPA, CABOXANQUE, Guinée-Bissau.

Serviço de Crédito Caboxanque (1987), "Relatorio annual 198611, MDRP/DEPA, CABOXANQUE,

Guinée-Bissau.
SIDERSKY, P. (1983), "Approche de la riziculture balante (région de Tombali, Guinée-Bissau) 11,

thèse de DEA, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Centre d'Etudes africaines, PARIS,

282 pp.

TEMPLE, D. (1986), --Les économies africaines sont-elles des économies d'échange au de

réciprocité ?", mission d'étude dans le cadre du Programme de Recherche en Milieu Paysan, non

publ.,19pp.

TEMPLE, D. (1987), "Contribuiçâo à comprêensâo do systema de produçâo balanta. Um exemplo


de economia de reciprocidade: a comminidade balanta", in I' enc. nac. s. orizicultura de Bolanha

salgada, MDRP/DEPA, CABOXANQUE, Guinée-Bissau.

VERVOORT, P. (1985), -'Etude agronomique et socio-économique de la riziculture sur des sols de

mangrove dans le secteur de Tite, Quinara, Guinêe-Bîssau", 4 vol., Projet Génie Rural, phase II,

BISSASSEMA, Guinée-Bissau.

Ouvrages généraux illustrés:

EROUART, P. (1988), « La Guinée-Bissau aujourd'hui", éd. j.a., PARIS.

POLIMENI, B., MARROCU,F. (1983), "Guinée-Bissau", Plurigraf, ROME.

RENAUDEAU, M., (1978), "Guinée-Bissau", Delroisse, PARIS.

Une bibliographie plus ancienne (avant 1963) traitant partiellement des Balantes existe également.

Des thèses de DEA et mémoires réalisés à Caboxanque sur les techniques culturales sont en cours de

rédaction (adresse: DEPA, MDRP CP 71 BISSAU).

Vous aimerez peut-être aussi