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EXBI45

Le livre-cahier d'Experts Biologie pour la 4e année guide les élèves à travers l'apprentissage de la biologie, structuré en unités et chapitres avec des activités pratiques et des évaluations. Le chapitre 6 se concentre sur l'évolution à partir d'un ancêtre commun, en explorant la classification des espèces et les ressemblances anatomiques entre elles. Les élèves apprendront à comparer des organismes, interpréter des arbres phylogénétiques et comprendre les relations évolutives entre les espèces.

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Le livre-cahier d'Experts Biologie pour la 4e année guide les élèves à travers l'apprentissage de la biologie, structuré en unités et chapitres avec des activités pratiques et des évaluations. Le chapitre 6 se concentre sur l'évolution à partir d'un ancêtre commun, en explorant la classification des espèces et les ressemblances anatomiques entre elles. Les élèves apprendront à comparer des organismes, interpréter des arbres phylogénétiques et comprendre les relations évolutives entre les espèces.

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Biologie

4
Bienvenue dans le livre-cahier d’Experts Biologie !
Experts t’accompagnera tout le long de l’année dans l’apprentissage des sciences et plus particulièrement
de la biologie.
Pour cette 4e année, la matière de biologie comporte deux unités d’acquis d’apprentissage, divisée en huit
chapitres.

Structure des chapitres

 Introduction au chapitre
Un petit texte te permet d’entrer dans le chapitre, de te
poser les premières questions sur ce qui va être abordé
par la suite.

 Situation – problème
Une situation-problème est présentée à laquelle tu
seras capable de répondre en fin de chapitre. A T

 Les différents points matières du chapitre C


Tu découvres la matière en réalisant des expériences,
en observant, bref, en posant une démarche scientifique. Tu trouveras dans ton livre-cahier
ce sigle.
 Synthèse et schéma-bilan
Quand tu as acquis ces apprentissages, tu réalises une
synthèse de ce que tu as appris. Nous te proposons Connaitre
aussi une synthèse sous la forme d’un schéma.
Tu construis/explicites des ressources.
 Applications
Tu mets en application tout ce que tu as découvert/ Appliquer
appris précédemment.
Tu mets en application tout ce que tu
 Activité de dépassement as appris dans une situation déjà vue.
Une activité qui te permettra de découvrir de nouvelles
choses mais sur laquelle tu ne seras pas interrogé. Transférer

 Évaluation formative Tu mets en application tout ce que


À l’aide d’une situation concrète, tu vérifies tes acquis.
tu as appris mais cette fois, dans une
situation nouvelle.
 Lexique
En fin de chapitre, une place est laissée pour le lexique.
Tu peux le personnaliser et le construire au fur et à Nous n’avons pas l’ambition de faire
mesure. Tu ne dois pas forcément avoir le même que de toi un expert mais de te montrer
ton voisin. le chemin pour y parvenir.
UAA 4
Chapitre 6

L’évolution à partir
d’un ancêtre
commun
En étudiant les structures des organismes vivants,
nous pouvons remarquer des ressemblances et des
divergences. L’analyse de celles-ci nous permet de
comparer, de ranger, de trier et de classer ces orga-
nismes.
Les espèces que nous observons actuellement sont
les résultats de plusieurs milliards d’années d’évolu-
tion à partir d’un ancêtre commun. Nous pouvons les
classer en fonction de leur lien de parenté et, ainsi,
tenter de révéler l’histoire de la vie sur notre Terre.

À la fin de ce chapitre,
tu devras être capable de :
• Comparer des schémas, des planches ana-
Appliquer Transférer
tomiques, des séquences moléculaires...
Connaitre • Lire et interpréter un arbre phylogénétique.

• Comparer l'organisation de membres de


vertébrés et décrire les caractéristiques
probables du membre antérieur de leur
Appliquer Transférer ancêtre commun.
• Établir les correspondances entre un
Connaitre
tableau simple de caractères relatifs à
différentes espèces et l'arbre phylogé-
nétique correspondant.

• Comparer différentes séquences molécu-


Appliquer Transférer

laires (ADN, protéines...) et sérier, en justi-


Connaître
fiant, leur ordre probable d'apparition.
I. Introduction

En observant les êtres vivants qui nous entourent, on ne peut qu'être émerveillé par leur extraordinaire
variabilité. Bien qu'étant tous différents, ils ont aussi de nombreux points communs. Les scientifiques ont
essayé de classer les êtres vivants. Selon quel(s) critère(s) de classement ? C'est ce que nous allons découvrir
dans ce chapitre.

II. Situation-problème

Voici une citation qui peut nous faire réfléchir.

« Il y a peu de différences entre un homme et un autre, mais c'est cette différence qui est tout. »
William James, philosophe américain (1842-1910).

Quelle est justement cette différence ? Dans les chapitres précédents, nous avons décrit la structure de l'ADN.
Ton ADN est unique, sauf si tu as un vrai jumeau. En moyenne, entre deux humains pris au hasard, il n'y a que
0,5 % de différences entre leurs ADN respectifs.

Nous partageons également 95 % de notre ADN avec le


chimpanzé.
Cela veut-il dire que nous sommes des singes ? À partir
de quel pourcentage de différences peut-on parler
d'espèces différentes ? Comment classer ces espèces ?
Nous répondrons à ces questions en fin de chapitre.

III. Organiser le vivant

1. Ranger, trier, classer…


Existe-t-il une différence entre ces termes ? Voici leurs définitions selon le dictionnaire Larousse.

Ranger : Disposer des choses dans un ordre déterminé. Ranger des mots dans l'ordre alphabétique.
Trier : Classer, répartir les différents éléments d'un ensemble en groupes selon quelques critères. Trier le courrier.
Classer : Distinguer dans un ensemble des groupes d'éléments ayant des caractéristiques communes et qui
forment des classes, des catégories. Classer les mots en « verbes », « adjectifs », « noms », etc.

128
6
Prenons un exemple concret. Pendant toute ton enfance, tu accumules dans ta chambre des livres comme
des romans, des biographies, des BD, des dictionnaires, des ouvrages didactiques comme celui que tu tiens en
main actuellement… Si, un jour, tu déménages, tu les mettras tous dans une caisse. Arrivé(e) devant ta nouvelle
bibliothèque, plusieurs choix s’offrent à toi.
• Tu peux les mettre les uns à côté des autres par ordre de taille : tu les ranges.
• Tu peux les regrouper par catégorie (toutes les BD ensemble, par exemple) et, dans chaque groupe, faire d’autres
groupes : dans les BD, tu regroupes tous les Titeuf ensemble, tous les Astérix ensemble, etc. Tu les classes.
• Tu peux les répartir selon un critère, par exemple : livres avec images et livres sans images. Tu les tries.

Voici cinq êtres vivants :

L'homme Libellule Chimpanzé


Taille : 1,7 m Taille : 10 cm Taille : 1,5 m
Espérance de vie : 71 ans Espérance de vie : 5 ans Espérance de vie : 45 ans

Mouette Chauvesouris
Taille : 40 cm Taille : 4 cm
Espérance de vie : 15 ans Espérance de vie : 17 ans

Remarque : Les données fournies sont des moyennes sur l’espèce entière tous sexes confondus.

6 - L’évolution à partir d’un ancêtre commun 129


biologie
XXRange ces animaux par ordre de taille.
...............................................................................................................................................................

XXRange ces animaux par espérance de vie.


...............................................................................................................................................................

XXQu’observes-tu ?
...............................................................................................................................................................

XXTrie ces animaux selon la présence d’ailes.

............................................................. .............................................................

Ailes Pas d'ailes

XXTrie ces animaux selon la présence de mamelles

............................................................. .............................................................

Pas de
Mamelles
mamelles

XXQu’observes-tu ?
...............................................................................................................................................................
...............................................................................................................................................................

XXClasse ces animaux en respectant les critères de chaque cladogramme

plume

mamelle
aile

vertèbre

XXQu’observes-tu ?
...............................................................................................................................................................

130
6

Remarque
Attention, ici nous ne faisons que classer selon des critères choisis. Nous ne sommes pas en train de
classer les espèces selon leurs ancêtres communs. Il ne s’agit pas d’un exercice de phylogénie, mais d’une
application stricte de la définition des différents termes. Les critères choisis sont, comme la présence
d’ailes, ce que l’on appelle des analogies qui ne renseignent pas sur les liens de filiation entre les espèces.

Le fait de ranger, de trier et de classer peut être intéressant. Cela dépend de ce que l’on souhaite réaliser. En
biologie, par exemple, on peut…
• Ranger dans le but de comparer des interactions entre différentes variables. Par exemple, si on veut comparer
la taille de la trompe du papillon en fonction des fleurs qu’il butine. On va alors ranger les fleurs par leur taille
et les papillons par la taille de leur trompe et tenter d’en déduire quelque chose comme ceci : plus la taille
de la fleur visitée est grande plus la trompe des papillons qui la visitent est grande.
• Trier pour identifier des espèces. On dispose de clés de détermination : on identifie des espèces en suivant
une « plan » (une clé) qui reprend un certain nombre de critères.
Voici une clé de détermination pour certains arbres de nos régions.

feuille très grande


Catalpa
feuille + gousse
feuille unique feuille lobée
Chêne
régulière + gland
feuille folioles - petites Robinier
portant composée feuilles rondes (faux-accacia)
des feuilles feuille
fruit en boule Orme
allongée
C'est feuille tronc gris, grande
Peuplier
un arbre dentée feuille taille
triangulaire tronc blanc
Bouleau
caractéristique
forme écailles cône (fruit)
portant des Cyprès
de fusée soudées en boule
aiguilles ou
des écailles forme aiguilles cône (fruit) jaunâtre
Cèdre
de sapin groupées dressé

• Classer pour décrire les liens de parenté qui existent entre les espèces. C’est cette dernière manière qui va
nous intéresser dans la suite de ce chapitre.

Ranger, trier et classer dépendent de critères subjectifs. Il en découle des multitudes de groupes possibles.
Actuellement, la classification des espèces est une partie de la biologie qui a permis d’uniformiser ces groupes,
car elle a « choisi » un critère unique, celui de la filiation. Il y a derrière ce choix une idée très importante : les
espèces dérivent d’autres espèces.

6 - L’évolution à partir d’un ancêtre commun 131


biologie
2. Les espèces dérivent d’autres espèces : un exemple concret (les oiseaux)
Comme tu le verras en détail dans les chapitres suivants, on peut se faire une idée des espèces qui vivaient
sur la Terre en étudiant les fossiles. Un fossile est une trace de vie qui a été préservée dans des roches
sédimentaires : elle a été « emprisonnée » lors de la formation de ces roches. Il est possible aux scientifiques
de dater ces roches et donc ces fossiles. Dans les roches datant de 220 millions d’années, on a répertorié des
« dinosaures » comme des Tyrannosaurus rex mais pas d’oiseaux.

En 1860, on découvre une plume fossilisée En 1876, à Berlin, Jakob Niemeyer découvre ce
d'Archeopteryx datant du Crétacé. Un an plus tard, fossile d'Archeopteryx, qui est beaucoup plus complet.
on découvre ce spécimen, possédant des plumes
mais incomplet.

XXComment décrirais-tu ces deux spécimens ? Ont-ils des structures qui leur permettraient de voler ?

..............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................

Depuis, de nombreux fossiles de dinosaures emplumés ont été découverts. Tous ne savaient pas voler. Nous
parlons de dinosaures, car ils possèdent un certain nombre de caractéristiques propres aux dinosaures, comme
les ailes pourvues de trois doigts griffus, une longue queue osseuse, etc. Nous parlons également d’oiseaux
car ils possèdent d’autres caractéristiques en commun avec le groupe actuel des oiseaux comme la présence
d’ailes emplumées. Cette découverte ne démontre pas qu’il s’agisse de l’ancêtre des oiseaux actuels, mais elle
met en évidence l’existence d’animaux possédant des caractéristiques intermédiaires entre deux groupes
que l’on pensait très différents. Il apparait donc que les oiseaux actuels dérivent des dinosaures, dont ils ont
gardé quelques caractéristiques, appelées des caractères ancestraux, et ils en possèdent de nouvelles qui
leurs sont propres, appelés des caractères dérivés.

132
Remarque :
Les dinosaures sont un groupe qui se compose des dinosaures au sens populaire (en excluant les ptérosaures) ET les oiseaux actuels. Voici un cladogramme
qui permet de comprendre où se classent les oiseaux par rapport aux dinosaures.

Les Oiseaux sont des Dinosaures

6 - L’évolution à partir d’un ancêtre commun


Ptérosaures Sauropodes Tyranosaures Archaeopteryx Oiseaux Microraptor Triceratops Iguanodon Stégosaures Crocodiles
modernes

Oiseaux

Théropodes

Saurischiens Ornithischiens
Dinosaures

Archosaures
En conclusion, les Oiseaux sont des Dinosaures, Saurischiens, Théropodes un peu particuliers.

biologie
6

133
3. Comparaison anatomique entre quelques vertébrés
Voici un texte écrit par Diderot, en 1754, dans son ouvrage Pensées sur l’interprétation de la nature. Diderot
est un grand écrivain français, principalement connu pour avoir supervisé la rédaction de l’« Encyclopédie ».
L’analyse dont nous fait part Diderot peut sembler évidente actuellement, mais pas à son époque, car il n’était
pas encore clairement établi que les espèces dérivaient les unes des autres.

XXLis ce texte et réponds aux questions suivantes.

Document
« Quand on considère le règne animal et que l’on s’aperçoit que, parmi les quadrupèdes, il n’y a pas un qui n’ait
les fonctions et les parties, surtout intérieures, entièrement semblables à un autre quadrupède, ne croirait-on
pas volontiers qu’il n’y a jamais eu qu’un premier animal, prototype de tous les animaux, dont la nature n’a
fait qu’allonger, raccourcir, transformer, multiplier, oblitérer certains organes. »

Remarque : Actuellement, nous préférons le terme tétrapode au terme quadrupède.

Quelle est l’idée maitresse de ce texte ?

..............................................................................................................................................................
.............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................
.............................................................................................................................................................

Peux-tu citer trois tétrapodes qui ont des modes de déplacement différents ?

Aérien : ...................................................................................................................................................
Aquatique : ...............................................................................................................................................
Terrestre : ...............................................................................................................................................

Quels sont les organes principalement impliqués dans la locomotion ?

..............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................
.............................................................................................................................................................

134
6
XXLis ces définitions et colorie les os sur les schémas suivants.

Le radius et l’ulna (anciennement appelé cubitus) constituent les éléments du squelette de l’avant-bras. Ils
sont situés entre l’humérus et la main.
L’humérus constitue le squelette du bras et est situé entre l’omoplate, au niveau de l’épaule, et le radius et
l’ulna, au niveau du coude.
La ceinture scapulaire est composée de l’omoplate et de la clavicule. Elle constitue le squelette de l’épaule.
Les carpes sont les os du poignet. Ils sont situés entre les métacarpes et l’avant-bras (radius-ulna).
Les métacarpes constituent des os de la main et sont situés entre les carpes et les phalanges.
Les phalanges sont les os des « doigts » et sont situés à l’extrémité des membres antérieurs.

Les membres antérieurs des vertébrés tétrapodes

Ceinture Scapulaire
Humérus
Radius et ulna
Carpe
Métacarpe
Phalanges des doigts

XXQue constates-tu ?

..............................................................................................................................................................
.............................................................................................................................................................

6 - L’évolution à partir d’un ancêtre commun 135


biologie
Regardons ce qu’il en est pour un animal qui est
un vertébré mais pas un tétrapode : le cœlacanthe.
Le cœlacanthe est un représentant de ce que l’on
appelle communément les "poissons".

XXColorie les différents os de la même façon


que précédemment.

Le cœlacanthe est un animal qui vit encore actuellement, mais qui possède
beaucoup de caractères en commun avec des fossiles datant de 400 millions
d’années, époque où les tétrapodes n’existaient pas encore. L’un des points
communs avec ces fossiles qui nous intéresse ici est qu’il possède des nageoires
charnues. Il apparait que l’acquisition d’un tel caractère a été cruciale dans la
colonisation par les vertébrés du milieu terrestre. Avant cette période, les vertébrés
connus sont dans les eaux et sont incapables de progresser efficacement sur la
terre ferme. rayons
dermiques
L’ensemble des tétrapodes ont un ancêtre commun. Celui-ci avait des membres
antérieurs qui présentaient une grande similarité avec ceux des cœlacanthes
actuels. Attention, les cœlacanthes ne sont pas cet ancêtre commun. Nous parlons
alors d’un ancêtre commun hypothétique, car nous ne pouvons pas déterminer lequel des fossiles a évolué
pour donner tous les descendants. Nous dressons donc un portrait-robot de celui-ci, que nous pouvons
rechercher dans les fossiles de cette période. Si nous trouvons un fossile se rapprochant très fort de notre
prédiction, celle-ci se trouvera renforcée.
En voici la représentation conventionnelle, qui porte le nom d'arbre phylogénétique ou de cladogramme.

cœlacanthe • L’intersection, ici, représente notre ancêtre


commun hypothétique. On l’appelle un nœud.
En lisant ce genre de schéma de gauche à
droite, nous comprenons que les tétrapodes
et les cœlacanthes ont un ancêtre commun
tétrapodes
qui n’est ni un cœlacanthe, ni un tétrapode.

• Nous pouvons aussi nous intéresser plus en détail à l'arbre phylogénétique des tétrapodes.

grenouille
chauvesouris
tétrapodes

Homme
tortue

pigeon

136
6
Sur un arbre phylogénétique, nous pouvons y indiquer les innovations évolutives. Pour cela, on utilise une
matrice de caractères (les innovations évolutives sont en caractère gras).

Innovations Une seule


Fenêtre
fenêtre
Pouce Quatre temporale
Ailes temporale Plumes
opposable membres dans la
à l’arrière
Espèces mandibule
de l’orbite
Grenouille non non non oui non non
Pigeon oui non non oui oui oui
Humain non oui oui oui non non
Tortue non non non oui oui non
Chauvesouris oui oui oui oui non non

XXPlace les innovations évolutives sur l’arbre suivant.

grenouille

chauvesouris

humain

tortue

pigeon

Comme tu viens de t’en apercevoir, tu as dû indiquer deux fois l’innovation : « ailes ». Pour le pigeon, il s’agit
d’une innovation ainsi que pour la chauvesouris. Ces innovations sont des caractères dérivés dans chaque
cas, mais elles sont apparues indépendamment l’une de l’autre. En effet, il n’y a pas d’ancêtre commun aux
deux espèces qui aurait arboré cette innovation et qui la leur aurait transmise. Il s’agit d’une analogie. Une des
grandes difficultés de la classification phylogénétique est de discerner les analogies des homologies. « Une
homologie est une similarité d’organes ou de parties d’organes chez plusieurs espèces, dont on peut faire le
pari qu’elle est héritée par ascendance commune. »
LECOINTRE Guillaume et co., Comprendre et enseigner la classification du vivant, Éditions Bélin, 2008, page 341.

XXÀ l’aide de ces nouvelles informations, définis une espèce.

..............................................................................................................................................................
.............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................
.............................................................................................................................................................

6 - L’évolution à partir d’un ancêtre commun 137


biologie
XXComplète la définition de l’espèce que nous avions élaborée en troisième.

Définition vue en troisième année


Les espèces sont des groupes de populations naturelles, effectivement ou potentiellement interfécondes. Une
espèce doit pouvoir engendrer une progéniture viable et féconde.

Définition complète
Les espèces sont des groupes de populations naturelles, effectivement ou potentiellement interfécondes.
Une espèce doit pouvoir engendrer une progéniture viable et féconde. ....................................................
..........................................................................................................................................................
..........................................................................................................................................................

4. Comparaison moléculaire entre quelques vertébrés


La partie alpha de l’hémoglobine de différents primates peut être comparée. Prenons l’humain, le chimpanzé,
le gorille et l’orang-outan, chaque lettre représente un acide aminé.

HUMAIN VLSPADKTNV KAAWGKVGAH AGEYGAEALE RMFLSFPTTK TYFPHFDLSH 50


CHIMPANZE VLSPADKTNV KAAWGKVGAH AGEYGAEALE RMFLSFPTTK TYFPHFDLSH 50
GORILLE VLSPADKTNV KAAWGKVGAH AGDYGAEALE RMFLSFPTTK TYFPHFDLSH 50
ORANG-OUTAN VLSPADKTNV KTAWGKVGAH AGDYGAEALE RMFLSFPTTK TYFPHFDLSH 50

HUMAIN GSAQVKGHGK KVADALTNAV AHVDDMPNAL SALSDLHAHK LRVDPVNFKL 100


CHIMPANZE GSAQVKGHGK KVADALTNAV AHVDDMPNAL SALSDLHAHK LRVDPVNFKL 100
GORILLE GSAQVKGHGK KVADALTNAV AHVDDMPNAL SALSDLHAHK LRVDPVNFKL 100
ORANG-OUTAN GSAQVKDHGK KVADALTNAV AHVDDMPNAL SALSDLHAHK LRVDPVNFKL 100

HUMAIN LSHCLLVTLA AHLPAEFTPA VHASLDKFLA SVSTVLTSKY R 141


CHIMPANZE LSHCLLVTLA AHLPAEFTPA VHASLDKFLA SVSTVLTSKY R 141
GORILLE LSHCLLVTLA AHLPAEFTPA VHASLDKFLA SVSTVLTSKY R 141
ORANG-OUTAN LSHCLLVTLA AHLPAEFTPA VHASLDKFLA SVSTVLTSKY R 141

138
6
XXQue constates-tu ?

..............................................................................................................................................................

XXCompte le nombre de différences entre ces espèces.

Humain Chimpanzé Gorille Orang-outan


Humain
Chimpanzé
Gorille
Orang-outan

XXSur base de ce tableau, réalise un arbre phylogénétique.

XXUne fois ce type de classement réalisé, nous pouvons nous demander où se situe un autre primate,
par exemple, le macaque. Surligne les différences.
Comparaison

HUMAIN VLSPADKTNV KAAWGKVGAH AGEYGAEALE RMFLSFPTTK TYFPHFDLSH GSAQVKGHGK


CHIMPANZE VLSPADKTNV KAAWGKVGAH AGEYGAEALE RMFLSFPTTK TYFPHFDLSH GSAQVKGHGK
GORILLE VLSPADKTNV KAAWGKVGAH AGDYGAEALE RMFLSFPTTK TYFPHFDLSH GSAQVKGHGK
ORANG-OUTAN VLSPADKTNV KTAWGKVGAH AGDYGAEALE RMFLSFPTTK TYFPHFDLSH GSAQVKDHGK
MACAQUE VLSPADKSNV KAAWGKVGGH AGEYGAEALE RMFLSFPTTK TYFPHFDLSH GSAQVKGHGK

HUMAIN KVADALTNAV AHVDDMPNAL SALSDLHAHK LRVDPVNFKL LSHCLLVTLA AHLPAEFTPA


CHIMPANZE KVADALTNAV AHVDDMPNAL SALSDLHAHK LRVDPVNFKL LSHCLLVTLA AHLPAEFTPA
GORILLE KVADALTNAV AHVDDMPNAL SALSDLHAHK LRVDPVNFKL LSHCLLVTLA AHLPAEFTPA
ORANG-OUTAN KVADALTNAV AHVDDMPNAL SALSDLHAHK LRVDPVNFKL LSHCLLVTLA AHLPAEFTPA
MACAQUE KVADALTLAV GHVDDMPNAL SALSDLHAHK LRVDPVNFKL LSHCLLVTLA AHLPAEFTPA

HUMAIN VHASLDKFLA SVSTVLTSKY


CHIMPANZE VHASLDKFLA SVSTVLTSKY
GORILLE VHASLDKFLA SVSTVLTSKY
ORANG-OUTAN VHASLDKFLA SVSTVLTSKY
MACAQUE VHASLDKFLA SVSTVLTSKY

6 - L’évolution à partir d’un ancêtre commun 139


biologie
Humain Chimpanzé Gorille Orang-outan Macaque
Humain
Chimpanzé
Gorille
Orang-outan
Macaque

XXSur base de ce tableau, réalise un arbre phylogénétique.

140
6
Ici, nous nous sommes intéressés à des caractères moléculaires pour réaliser notre arbre phylogénétique.
Voici une matrice de caractères anatomiques pour ces mêmes primates.

Fusion prénatale
Queue (1) Bipédie relative (2) entre os scaphoïde et os
central de la main (3)
Chimpanzé non oui oui
Gorille non non oui
Homme non oui oui
Macaque oui non non
Orang-outan non non non

XXRéalise cet arbre phylogénétique en y indiquant les innovations évolutives.

Dans notre étude, nous avons une concordance entre les données moléculaires et les données anatomiques.
Ce n’est pas toujours le cas. Alors, il faut continuer l’étude et essayer d’utiliser plus de caractères. Cela devient,
évidemment, de plus en plus complexe.

6 - L’évolution à partir d’un ancêtre commun 141


biologie
IV. Revenons à notre situation-problème

À la question « Sommes-nous des singes ? », il est difficile de répondre, car il faudrait d’abord définir ce qu’est
un singe. Prenons la définition du Larousse :

Mammifère primate arboricole, fortement encéphalisé, à face souvent glabre. Les singes constituent le sous-
ordre des Simiens.

XXSelon cette définition, sommes-nous des singes ? Pourquoi ?

..............................................................................................................................................................

XXSommes-nous des primates ?


Prenons la définition du Larousse :

Mammifères aux mains généralement préhensiles, aux ongles souvent plats, possédant une denture complète
et un cerveau très développé, tels que les lémuriens, les singes et l'homme.

..............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................

Contrairement à l'usage qui a longtemps prévalu de créer un groupe à part pour l'espèce humaine, celle-ci est
aujourd'hui classée parmi les primates (singes). Ces derniers représentent le groupe le plus étudié du règne
animal. Ce que nous pouvons dire c’est que l’homme est un Animal, Vertébré, Mammifère, Primate, Hominoïde,
Hominidé, Homininé, un Homo et un sapiens.
Homo

Hommes
Homininés
Hominidés

Sapiens

Espèces disparues
Hominoïdes

Chimpanzé
Primate
Mammifère

Gorille

Orang-outan
Vetébré

Macaque
Animal

Cheval

Tortue

Escargot

Framboisier

142
A T
V. Synthèse et schéma-bilan
C

1. Synthèse
..............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................
..............................................................................................................................................................

2. Schéma-bilan

Lamproie

Requin

Sardine

Cœlacanthe

Triton

Lézard

Crocodile

Oiseau

Mammifères

Table des matières Expert 143


biologie
VI. Applications

A T
XX1. À l’aide de la matrice de caractères, indique les innovations évolutives sur l'arbre phylogénétique.
C

Caractère
a b c d e f g h i j k l
Etat du

½ mâchoire

temporales
à plusieurs

mandibule
Vertèbre-
cervicale
Poumon
caractère

muscles
Fenêtre
Amnios

Fosses
Pattes

Gésier

striés
Iris à
Poils

Aile

Œil
chez :

os
Poisson rouge 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Crocodile 1 1 1 1 0 0 1 1 1 1 1 1
Pigeon 1 1 1 1 0 0 1 1 1 1 1 1
Lézard 1 1 1 1 0 0 0 0 0 0 1 1
Tortue 1 1 1 1 0 0 0 0 0 0 0 1
Cheval 1 1 1 1 1 1 0 0 0 0 0 0
Cœlacanthe 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0

Poisson rouge Cœlacanthe Cheval Tortue Lézard Crocodile


Pigeon

0 = caractère ancestral
1 = caractère dérivé

A T
XX2. Analyse l'arbre phylogénétique et réponds aux questions qui suivent.
C

grenouille
chauvesouris

humain
tortue

pigeon

La grenouille est-elle l’ancêtre de la chauvesouris, des humains et des tortues ? Justifie ta réponse.
..............................................................................................................................................................

La chauvesouris est-elle plus proche de l’homme ou des oiseaux ? Justifie ta réponse.


..............................................................................................................................................................
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144
6

A T
XX3. Voici la séquence d’acides aminés de l’opsine bleue qui est un pigment rétinien des cellules à cônes
C
de l’œil chez quelques primates. Réalise une matrice de caractères et un arbre phylogénétique.

Homme RKMSEEEFYL NISSVGPWDG PQYHIAPVWA FYLQAAFMGT VFLIGFPLNA MVLVATLRYK


Gorille RKMSEEEFYL NISSVGPWDG PQYHIAPVWA FYLQAAFMGT VFLIGFPLNA MVLVATLRYK
Bonobo RKMSEEEFYL NISSVGPWDG PQYHIAPVWA FYLQAAFMGT VFLIGFPLNA MVLVATLRYK
Chimpanzé RKMSEEEFYL NISSVGPWDG PQYHIAPVWA FYLQAAFMGT VFLIGFPLNA MVLVATLRYK
Macaque RKMSEEEFYL NISSVKPWDG PQYHIAPVWA FYLQAAFMGT VFLIGFPLNA MVLVATLRYK
Tarsier ---SEEEFYL NISSVGPWDG PQHHLAPVWv FhLQAAFMGV VFSVGIPLNT MVLVATLRYK

Homme KLRQPLNYIL VNVSFGGFLL CIFSVFPVFV ASCNGYFVFG RHVCALEGFL GTVAGLVTGW


Gorille KLRQPLNYIL VNVSFGGFLL CIFSVFPVFV ASCNGYFVFG RHVCALEGFL GTVAGLVTGW
Bonobo KLRQPLNYIL VNVSFGGFLL CIFSVFPVFV ASCNGYFVFG RHVCALEGFL GTVAGLVTGW
Chimpanzé KLRQPLNYIL VNVSFGGFLL CIFSVFPVFV ASCNGYFVFG RHVCALEGFL GTVAGLVTGW
Macaque KLRQPLNYIL VNVSFGGFLL CIFSVFPVFV NSCKGYFVFG RHVCAFEAFL GTVAGLVTGW
Tarsier KLRQPLNYIL VNVSLGGFLL CIFSVLPVFI ASCRGYFVFG RHVCALEGFL GSVAGLVTGW

Homme SLAFLAFERY IVICKPFGNF RFSSKHALTV VLATWTIGIG VSIPPFFGWS RFIPEGLQCS


Gorille SLAFLAFERY IVICKPFGNF RFSSKHALTV VLATWTIGIG VSIPPFFGWS RFIPEGLQCS
Bonobo SLAFLAFERY IVICKPFGNF RFSSKHALTV VLATWTIGIG VSIPPFFGWS RFIPEGLQCS
Chimpanzé SLAFLAFERY IVICKPFGNF RFSSKHALTV VLATWTIGIG VSIPPFFGWS RFIPEGLQCS
Macaque SLAFLAFERY IVICKPFGNF RFSSKHALTV VLATWTIGIG VSIPPFFGWS RFIPEGLQCS
Tarsier SLAFLAFERY IVICKPFGNF RFSSKHALTV VLATWTIGIG VSIPPFFGWS RFIPEGLQCS

Homme CGPDWYTVGT KYRSESYTWF LFIFCFIVPP LSLICFSYTQ LLRALKAVAA QQQESATTQK


Gorille CGPDWYTVGT KYRSESYTWF LFIFCFIVPP LSLICFSYTQ LLRALKAVAA QQQESATTQK
Bonobo CGPDWYTVGT KYRSESYTWF LFIFCFIVPP LSLICFSYTQ LLRALKAVAA QQQESATTQK
Chimpanzé CGPDWYTVGT KYRSESYTWF LFIFCFIVPP LSLICFSYTQ LLRALKAVAA QQQESATTQK
Macaque CGPDWYTVGT KYRSESYTWF LFIFCFIVPP LSLICFSYTQ LLRALKAVAA QQQESATTQK
Tarsier CGPDWYTVDT KYHSEYYTWF LFIFCFIVPP LSLICFSYAQ LLRALKAVAA QQQESATTQK

Homme AEREVSRMVV VMVGSFCVCY VPYAAFAMYM VNNRNHGLDL RLVTIPSFFS KSACIYNPII


Gorille AEREVSRMVV VMVGSFCVCY VPYAAFAMYM VNNRNHGLDL RLVTIPSFFS KSACIYNPII
Bonobo AEREVSRMVV VMVGSFCVCY VPYAAFAMYM VNNRNHGLDL RLVTIPSFFS KSACIYNPII
Chimpanzé AEREVSRMVV VMVGSFCVCY VPYAAFAMYM VNNRNHGLDL RLVTIPSFFS KSACIYNPII
Macaque AEREVSRMVV VMVGSFCVCY VPYAAFAMYM VNNRNHGLDL RLVTIPSFFS KSACIYNPII
Tarsier AEREVSRMVV VMVGSFCVCY VPYAALAMYM VNNQNHGLDL RLVTIPSFFS KSACVYNPII

Homme YCFMNKQFQA CIMKMVCGKA MTDESDTCSS QKTEVSTVSS TQVGPN


Gorille YCFMNKQFQA CIMKMVCGKA MTDESDTCSS QKTEVSTVSS TQVGPN
Bonobo YCFMNKQFQA CIMKMVCGKA MTDESDTCSS QKTEVSTVSS TQVGPN
Chimpanzé YCFMNKQFQA CIMKMVCGKA MTDESDTCSS QKTEVSTVSS TQVGPN
Macaque YCFMNKQFQA HIMKMVCGKA MTDESDISSS QKTEVSTVSS SQVGPN
Tarsier YCFMNKQFQA CIMEMVCGKA MADESDTSSS QKTEVSALSS SQVSPN

Homme Gorille Bonobo Chimpanzé Macaque Tarsier


Homme
Gorille
Bonobo
Chimpanzé
Macaque
Tarsier

6 - L’évolution à partir d’un ancêtre commun 145


biologie
VII. Activité de dépassement

Dans ce chapitre, nous avons tenté de classer le monde vivant. Cette pratique, bien qu’étant tout à fait légitime,
a amené à quelques dérives dans l’histoire des hommes.
En 1684, le médecin et philosophe français François Bernier soutient qu’il existerait quatre races d’hommes.
Il se base sur des critères géographiques et physionomiques. Voici ce qu’il avance (simplification).
• Race première : Européens (y compris les Américains blancs).
• Race seconde : Africains excepté les populations du Nord.
• Race troisième : Orientaux.
• Race quatrième : les Lapons qu’il qualifie de « vilains animaux ».
Bernier ne sera pas le seul. En 1758, Carl von Linné distingue au sein de notre espèce :
• l'homme blanc (Europeaus), « esprit aiguisé et inventif, doux, gouverné par les lois » ;
• le rouge (Americanus), « obstiné, joyeux, libre, respectueux des coutumes » ;
• le jaune (Asiaticus), « hautain, avare, sévère, gouverné par ses opinions » ;
• le noir (Africanus), « rusé, indolent, négligent, gouverné par son caprice ou par la volonté de ses
maitres ».
Johann Friedrich Blumenbach, en 1795, se basant sur les propositions de Linné, affirma qu’il existerait cinq
races :
• la variété caucasienne à peau pâle (l'Europe) ;
• la variété mongole (Chine et Japon) ;
• la variété éthiopienne à peau sombre (Afrique) ;
• la variété américaine ;
• la variété malaise (Polynésiens, Aborigènes...).
Monsieur Blumenbach hiérarchise ces variétés en estimant que certaines dériveraient d’une variété originelle
qui doit être la plus belle ! C’est-à-dire la sienne, évidemment ! Selon lui, la variété caucasienne serait l’originelle
et les autres seraient des dégénérescences par rapport à celle-ci.

Les cinq catégories de crâne selon Blumenbach (de gauche à droite) : la race mongole ou jaune, la race américaine ou rouge
la race caucasienne ou blanche, la race malaise ou marron, la race éthiopienne ou noire.
[BLUMENBACH J.F, De generis humani varietate nativa, Editio tertia, Tab II, 1975].

Nous devons remarquer la subjectivité du critère de classification ! Un critère qui pourrait être considéré
comme plus objectif serait celui de la différence génétique. Qu’en pensent les scientifiques ?

146
6
XXVoici une partie d’un article du Huttington Post. Relève-y les différents arguments qui montrent
qu’il n’existe pas de races dans l’espèce humaine.
Génétique et races, avant l'ADN
L'auteur du XIXe qui vient immédiatement à l'esprit pour ce thème – bien qu'il ne soit pas à proprement parler
un scientifique – est l'écrivain et diplomate français Joseph-Arthur de Gobineau. Son Essai sur l'inégalité des
races humaines (Gobineau, 1853-1855) fit figure de référence durant de nombreuses années et devait en
partie inspirer les théoriciens nazis de la « pureté raciale ». Il y évoque trois races (blanche, noire et jaune)
aux caractéristiques bien distinctes et dont l'inégalité en force, en beauté et en intelligence est « logique,
expliquée, permanente et indélébile ». Bien qu'admettant, à regret et sous l'autorité de l'Église, l'origine unique
de l'humanité, il considère qu'à l'évidence tous les caractères qui définissent les races actuelles sont fixes et
héréditaires et, dans une vision européocentriste sans nuances, conclut à une hiérarchie naturelle et définitive
entre elles.
De manière plus sérieuse, le grand Darwin a traité ce thème dans un ouvrage tardif mais important, La Filiation
de l'homme (The Descent of Man, 1871). Dans son opus majeur, L'Origine des espèces (The Origin of Species,
1859), il avait évité d'évoquer la place de l'homme dans l'évolution, craignant sans doute les réactions d'une
société dominée par la vision biblique de la Genèse. Et c'est seulement douze ans plus tard que, au scandale de
ses contemporains, il ose écrire noir sur blanc que l'homme et le singe doivent avoir des ancêtres communs...
Il aborde à cette occasion la question des races humaines. Il est convaincu que l'humanité constitue une seule
espèce (la question restait discutée à son époque), mais admet l'existence des races, qu'il préfère appeler
« sous-espèces ». Puisque celles-ci descendent d'un ancêtre commun, il se demande comment les différences
observées entre elles ont pu apparaitre. Comme il ne trouve pas de valeur sélective évidente aux particularités
observées, il insiste sur le rôle de la sélection sexuelle (choix des partenaires), dont il existe des exemples
frappants dans le règne animal. Au total, on peut trouver que Darwin ne clarifie guère la question. À sa décharge,
il faut reconnaitre que la génétique était alors embryonnaire (le mot même de gène n'avait pas encore été
inventé), et que l'on sous-estimait gravement l'âge de la Terre (quelques millions d'années au lieu des quatre
milliards aujourd'hui admis), ce qui restreignait d'autant les possibilités d'évolution.
Durant le premier tiers du XXe siècle, la pensée eugéniste et, avec elle, une vision de l'humanité divisée en races,
reste dominante. Les théoriciens nazis de l'hygiène raciale en tirent les conclusions extrêmes que l'on sait,
mais, même dans des pays démocratiques comme les États-Unis, la Suède ou le Danemark, la stérilisation des
« faibles d'esprit » et autres « asociaux » est largement pratiquée. Pourtant, dans le même temps, les travaux
d'anthropométrie et de génétique des populations qui commencent à se développer indiquent la difficulté à
établir des distinctions nettes entre groupes humains, tandis que certains scientifiques, comme l'Américain
Lawrence H. Snyder en 1930, proposent de subdiviser notre espèce en trente races.
Après la Deuxième Guerre mondiale et la découverte de l'énormité des crimes nazis, le racisme est très
largement condamné et la notion même de race devient suspecte. Sur le plan scientifique, on dispose
maintenant d'éléments solides, les groupes sanguins et les groupes HLA. Dans les deux cas, il s'agit de marqueurs
héréditaires très polymorphes, c'est-à-dire existant sous plusieurs formes dans la population humaine, et que
l'on peut repérer par des techniques biochimiques objectives. Il devient alors possible d'étudier de ce point
de vue différentes populations humaines, et les résultats ne tardent pas à battre en brèche l'idée de races
humaines clairement séparées. Il s'avère en effet que quasiment aucun de ces marqueurs ne présente une
forme caractéristique chez un groupe humain particulier : il n'existe pas de groupe sanguin exclusivement
« noir », « européen » ou « asiatique ». Néanmoins, la fréquence des différentes formes varie d'une population
à l'autre : un type HLA rare en Europe peut être assez courant en Asie et vice-versa. On commence ainsi à avoir
une idée de la variabilité génétique humaine au niveau moléculaire et on découvre que la diversité au sein
d'une communauté donnée est bien plus importante que la différence moyenne entre deux groupes humains.

6 - L’évolution à partir d’un ancêtre commun 147


biologie
Cela ne mène pas nécessairement à nier toute diversification génétique entre populations, mais montre en
tout cas que celle-ci n'a pas le caractère exclusif et absolu qui correspondrait à la notion habituelle de race.
Ces résultats, popularisés notamment dans un ouvrage collectif intitulé Le Racisme devant la science (Unesco,
1960), restent néanmoins parcellaires, puisqu'ils ne peuvent s'appuyer que sur les quelques éléments alors
repérables (groupes sanguins et groupes HLA), et que ces derniers ne sont pas obligatoirement représentatifs
de notre patrimoine génétique dans son ensemble.
L'ADN entre en scène
En 1944, Avery, Mc Leod et McCarthy démontraient que l'information génétique est portée par l'ADN. La
détermination de la structure en double hélice de cette molécule, par Watson et Crick en 1953, ouvrait l'ère
de la biologie moléculaire. [...] Le Programme Génome humain, ensemble de recherches coordonnées au niveau
international, fut lancé à l'aube de la décennie 1990. Il aboutit en 2000 à la première ébauche de séquence de
notre patrimoine génétique, ébauche affinée en 2003 (il s'agissait essentiellement de réduire le taux d'erreurs).
Cette séquence indique la suite des trois milliards de bases T, A, G et C contenues dans l'ADN de chacune de
nos cellules. Ce résultat obtenu grâce à des moyens considérables (dix ans de travail pour des centaines de
laboratoires et une dépense totale de plusieurs milliards de dollars) ouvrait la voie à la comparaison des ADN de
différents individus. D'abord limitées à un petit échantillonnage de régions, ces études donnèrent rapidement
une estimation de la diversité génétique de notre espèce : celle-ci apparaissait faible, environ une différence
toutes les mille bases le long de l'ADN lorsque l'on compare deux personnes prises au hasard. On pouvait
ainsi affirmer que l'espèce humaine était « homogène à 99,9 % » : ce chiffre impressionnant fut largement
diffusé et interprété comme la preuve définitive que les races n'existaient pas (et que donc, naturellement,
tout racisme était absurde). Conclusion certes sympathique, mais peut-être un peu rapide : 0,1 % de différence
entre deux personnes, cela représente trois millions de différences entre leurs deux ADN. Selon la manière dont
ces différences sont réparties au sein de la population, elles pourraient parfaitement suffire à y constituer des
groupes distincts... De plus ce chiffre, qui reste encore aujourd'hui couramment mentionné, devait bientôt être
revu à la hausse. Il concerne en fait uniquement les différences ponctuelles dans l'ADN (à un endroit donné
dans un certain chromosome, un G chez Pierre, un T chez Jeanne), et un autre type de variation (présence
en double ou triple exemplaires de petites régions ou au contraire leur absence) s'y surajoute, qui porte la
divergence totale à 0,5 %. En réalité, la question restait ouverte : au tout début des années 2000, une étude
globale de la diversité génétique humaine restait hors de portée du point de vue technique et financier.

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148
6
A T
VIII. Évaluation formative
C

Voici une matrice de caractères reprenant les différences dans l’ADN mitochondrial de différents Homininés
(dont un disparu : les Néanderthaliens).
XXRéalise un arbre phylogénétique sur base de cette matrice. À l’aide de l’arbre, détermine si les
Néanderthaliens sont des « hommes » ou des « singes ».

Chimpanzé
Allemand Italien Français Anglais Néanderthaliens Chimpanzé nain
(bonobo)
Allemand 0 34 24 28 208 ± 1460 ± 1450
Italien 0 24 26 208 ± 1460 ± 1450
Français 0 12 198 ± 1460 ± 1450
Anglais 0 202 ± 1460 ± 1450
Néanderthaliens 0 ± 1460 ± 1450
Chimpanzé 0 673
Chimpanzé nain
0
(bonobo)

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Les différents liens de parenté entre les individus actuels sont identifiés. 20 % /20

Justification correcte de la position des Néanderthaliens. 20 % /20

Justification correcte de la position des chimpanzés. 20 % /20

Justification que les Néanderthaliens sont ou pas des humains a été donnée. 20 % /20

Tout l’arbre est cohérent. 20 % /20

Total 100 % /100

6 - L’évolution à partir d’un ancêtre commun 149


biologie
IX. Construis ton lexique

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