HISTOIRE, ETHIQUE ET DEONTOLOGIE
DE LA PRATIQUE SAGE-FEMME
Thomas DIWAMBANZILA
Chef de Travaux
DESCRIPTIF
Unité d’enseignement : DEVENIR SAGE-FEMME I
Élément constitutif d’UE : Histoire, Ethique et Déontologie de la PSF
Semestre : 1 Crédit : 2 CMI : 15H, TD : 7H, TP : 5H, TPE : 3H
Préalables : Connaissances générales
Objectifs : A la fin de cet ECUE, l’apprenant sera capable de :
1. Décrire la sage-femme ainsi que l’évolution de sa pratique au fil de
temps ;
2. Connaitre l’histoire de l’obstétrique et la Confédération Internationale
de sage-femmes ;
3. Enumérer les droits et responsabilités juridique de la sage-femme,
ainsi que le code de déontologie professionnelle ;
4. Comprendre l’éthique professionnelle et la pratique sage-femme.
Contenu : Chapitre I : Histoire
1.1 Définition de la sage-femme selon l’OMS et l’ICM ;
1.2 Profession Sage-Femmes à travers les époques ;
1.3 Femmes ayant apporté un changement dans l’évolution de la profession
de sage-femme
1.4 Histoire de l’obstétrique ;
1.5 Confédération Internationale de sage-femmes.
Chapitre II : Déontologie et Ethique de la profession
2.1 Exercice de la profession SF ;
2.2 Code de déontologie ;
2.3 Droits, statut global, rôles et responsabilités juridiques de la sage-femme ;
Chapitre III. Éthique professionnelle et la pratique sage-femme.
Compétences visées C1. S’engager professionnellement dans le respect des dimensions déontologiques,
éthiques, légales et réglementaires
C5 : Communiquer de manière appropriée en faveur des cibles SRMNEA ;
Approches Exposé interactif (cadrage théorique sur les concepts et pratiques
pédagogiques particuliers à de la filière) ;
Discussion en groupe ;
Immersion professionnelle (mise en situation) ;
Orientation vers des ressources documentaires.
Modalité d’évaluation Travaux pratiques : évaluation des savoirs et savoirs faire cognitifs ;
Interrogation écrite ;
Examen écrit.
INTRODUCTION
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En étudiant le cours d'Ethique et de Déontologie, les étudiants sage-femmes peuvent développer un
ensemble de compétences essentielles pour leur pratique professionnelle :
1. Compréhension des principes éthiques : Maîtriser les concepts fondamentaux de l'éthique
médicale, tels que l'autonomie, la bienfaisance, la non-malveillance et la justice.
2. Prise de décision éthique : Développer des compétences pour analyser des situations
cliniques complexes et prendre des décisions éthiques éclairées en tenant compte des valeurs
des patientes.
3. Communication éthique : Acquérir des compétences en communication pour discuter de
questions éthiques avec les patientes et leurs familles de manière respectueuse et claire.
4. Soutien à l'autonomie des patientes : Être capable d'accompagner les patientes dans la
prise de décisions concernant leur santé, en respectant leurs souhaits et en les informant de
manière appropriée.
5. Respect de la dignité humaine : Apprendre à traiter chaque patiente avec dignité et respect,
en tenant compte de ses croyances culturelles et personnelles.
6. Connaissance des lois et règlements : Comprendre le cadre légal et déontologique
régissant la profession de sage-femme, y compris les droits et responsabilités des
professionnels de santé.
7. Collaboration interprofessionnelle : Développer des compétences pour travailler en
collaboration avec d'autres professionnels de santé dans un cadre éthique, en respectant les
rôles et les responsabilités de chacun.
8. Sensibilité aux enjeux de santé publique : Comprendre les implications éthiques des
politiques de santé et des pratiques cliniques sur la santé des populations, en tenant compte
des inégalités.
9. Évaluation critique des pratiques : Apprendre à évaluer les pratiques cliniques et les
politiques en matière de soins de santé à la lumière des principes éthiques.
Ces compétences sont fondamentales pour garantir que les sage-femmes pratiquent de manière
éthique, tout en promouvant le bien-être et la dignité des patientes tout au long de leur parcours de
santé reproductive.
Par ailleurs, le cours d'histoire de la profession sage-femme, va permettre aux étudiants sage-
femmes de développer plusieurs compétences précieuses qui enrichissent leur formation et leur
compréhension de la pratique telles que :
1. Connaissance de l'évolution de la profession : Comprendre les origines et l'évolution
historique de la profession sage-femme, ainsi que les changements sociaux, culturels et
politiques qui ont influencé cette évolution.
2. Contexte historique des pratiques obstétricales : Analyser comment les pratiques
obstétricales ont évolué au fil du temps, en tenant compte des traditions culturelles, des
croyances et des avancées scientifiques.
3. Impact des mouvements féministes et sociaux : Reconnaître l'influence des mouvements
féministes et d'autres mouvements sociaux sur la reconnaissance et le statut des sage-
femmes dans la société.
4. Compréhension des défis historiques : Identifier les défis auxquels les sage-femmes ont
été confrontées au cours de l'histoire, notamment la médicalisation de l'accouchement et les
luttes pour le droit de pratiquer.
5. Réflexion critique sur les pratiques contemporaines : Développer une capacité à réfléchir
de manière critique sur les pratiques modernes à la lumière de l'histoire, en identifiant les
leçons à tirer et les erreurs à éviter.
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6. Sensibilité à la diversité culturelle : Apprendre à apprécier les différentes traditions de
soins périnataux à travers le monde, enrichissant ainsi la pratique et l'approche des soins.
7. Promotion des droits des femmes : Comprendre le rôle des sage-femmes dans la
promotion des droits reproductifs des femmes et comment cela a été façonné par l'histoire.
8. Évaluation des politiques de santé : Analyser comment les changements politiques et les
législations ont affecté la pratique sage-femme et les soins aux femmes, ainsi que les
implications pour l'avenir.
9. Inspiration pour la pratique : S'inspirer des figures historiques et des mouvements qui ont
façonné la profession, renforçant l'engagement professionnel et éthique des futures sage-
femmes.
10. Communication et sensibilisation : Développer des compétences en communication pour
partager l'histoire et l'importance de la profession sage-femme avec les patientes et le grand
public, contribuant ainsi à la valorisation du métier.
Ces compétences aident les étudiants à se situer dans un contexte professionnel plus large,
renforçant leur identité et leur engagement en tant que futures sage-femmes.
L’activité de la sage-femme ne se limite pas à des gestes techniques : elle a aussi un rôle relationnel
très important. Elle doit savoir expliquer à la future mère comment vont se dérouler les étapes
successives, la rassurer et associer le père à ce moment important.
Cette profession implique de lourdes responsabilités et des conditions de travail souvent difficiles :
horaires irréguliers, gardes de nuit, stress…Une grande résistance à la fatigue physique et nerveuse
est donc nécessaire.
Connaitre l’histoire de la profession, des codes déontologiques et éthique qui l’entoure, c’est un
préalable incontournable et indispensable sur lequel viendront se dresser les compétences
techniques qui permettront ensemble à la sage-femme de faire face à ses lourdes responsabilités.
CHAPITRE 1. HISTOIRE DE LA PROFESSION SAGE-FEMME
1.1 Définition de la sage-femme selon l’OMS et l’ICM.
1.1.1 Définition de l’OMS
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L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit la sage-femme comme un professionnel de
santé qualifié et formé, dont le rôle est d'accompagner les femmes et les nouveau-nés tout au long
de la grossesse, de l'accouchement et du post-partum, en offrant des soins qui répondent aux besoins
physiques, psychologiques et émotionnels des femmes.
Selon l’OMS, une sage-femme est une personne ayant reçu une formation appropriée pour :
Assurer le suivi de la grossesse, surveiller le développement de la grossesse et identifier les
signes de complications ;
Accompagner l’accouchement, offrir un soutien et des soins pendant le travail,
l'accouchement et après l’accouchement ;
Prendre en charge le post-partum, en surveillant la récupération physique et émotionnelle de
la mère et en surveillant la santé du nouveau-né ;
Offrir des soins néonatals, y compris la prise en charge immédiate du nouveau-né
(réanimation, allaitement, etc.) ;
Apporter des conseils en matière de santé reproductive, y compris sur la planification
familiale et l'éducation à la santé.
L'OMS met également l'accent sur le rôle crucial des sage-femmes dans la réduction de la
mortalité maternelle et néonatale. Les sage-femmes sont considérées comme une ressource
essentielle dans la promotion de la santé des femmes, en particulier dans les régions à faibles
ressources.
« L’OMS considère la sage-femme comme un professionnel de santé qualifié, formé pour
fournir un ensemble complet de soins aux femmes et aux nouveau-nés pendant la grossesse,
l'accouchement et le post-partum, en intervenant en cas de complications et en facilitant un
accouchement sécurisé et respectueux des choix de la patiente ».
1.1.2 Définition selon la Confédération Internationale des Sage-Femmes (ICM)
La Confédération Internationale des Sage-Femmes (ICM) définit la sage-femme de manière
similaire, en insistant sur les compétences éditées par l’ICM, la responsabilité et la capacité de la
sage-femme à exercer dans divers contextes de soins de santé.
L’ICM définit la sage-femme comme :"Un professionnel de santé, qualifié et formé sur bases de
compétences éditées par l’ICM pour fournir des soins de maternité complets, y compris la prise en
charge de la grossesse, du travail, de l'accouchement, du post-partum et des soins néonatals. Elle est
formée pour reconnaître et traiter les complications, identifier les situations de risque et fournir un
soutien psychologique et émotionnel aux femmes et aux familles."
La définition de l'ICM met également en lumière plusieurs aspects importants du rôle de la sage-
femme :
Formation spécialisée : La sage-femme est formée non seulement pour fournir des soins
normaux, mais aussi pour reconnaître les complications et travailler en collaboration avec
d'autres professionnels de santé pour gérer des situations à risque ;
Soins centrés sur la femme : L’ICM insiste sur le fait que la sage-femme doit fournir des
soins respectueux de l'autonomie de la femme et de ses préférences. Cela comprend le
respect de ses choix en matière d'accouchement, de gestion de la douleur, et d'allaitement ;
Indépendance professionnelle et collaboration : La sage-femme travaille en autonomie,
mais dans des situations complexes, elle peut être amenée à collaborer avec des
obstétriciens, des pédiatres et d'autres professionnels de la santé.
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« ICM considère la sage-femme comme une professionnelle de santé formée et qualifiée qui
dispense des soins aux femmes pendant la grossesse, l'accouchement et le post-partum, et qui offre
des soins néonatals. Elle doit avoir la compétence de reconnaître les signes de complications et
d'intervenir de manière appropriée, tout en respectant les droits et les choix des femmes ».
1.1.3 Points communs entre l’OMS et l’ICM
Les définitions de l'OMS et de l'ICM partagent plusieurs points clés :
Accompagnement global des femmes : Les deux organisations soulignent que la sage-
femme joue un rôle essentiel dans l’accompagnement global des femmes tout au long de la
grossesse, de l’accouchement et du post-partum ;
Compétence et formation : Les deux entités insistent sur le fait que la sage-femme doit être
qualifiée et formée pour dispenser des soins appropriés, notamment pour reconnaître et gérer
les complications et apporter des soins néonatals ;
Soins respectueux et centrés sur la patiente : La sage-femme doit fournir des soins
respectueux des choix de la femme et de ses besoins émotionnels et physiques ;
Rôle dans la santé maternelle et néonatale : L’OMS et l’ICM reconnaissent le rôle
fondamental des sage-femmes dans la réduction de la mortalité maternelle et néonatale,
surtout dans les contextes où les ressources sont limitées.
Bref, les définitions proposées par l'OMS et l'ICM soulignent l'importance de la sage-femme
comme un professionnel de santé autonome, capable de fournir des soins globaux et de qualité
aux femmes et aux nouveau-nés. Leur formation et leur rôle sont cruciaux pour garantir une
maternité sécurisée, respectueuse des choix des patientes, et ce, dans le monde entier.
Par ailleurs, certains auteurs estiment que la sage-femme est une personne professionnelle et
responsable qui travaille conjointement avec les femmes pour leur donner un appui essentiel, ainsi
que des conseils et des soins nécessaires au cours de la grossesse, lors de l'accouchement et dans la
période post-partum. Elle doit être en mesure de prendre toute responsabilité lors d'un
accouchement, et de prodiguer les soins nécessaires au nouveau-né et au nourrisson.
Ces soins incluent des mesures préventives, la promotion de l’accouchement normal, le dépistage
des signes de complications, tant chez la mère que chez le bébé, le recours à l'assistance médicale
ou à une assistance d’un autre ordre en cas de besoin, et l'exécution de mesures d'urgence.
La sage-femme joue un rôle important comme conseillère en matière de santé et d'éducation, non
seulement pour les femmes mais aussi au sein de la famille et de la communauté. Son travail devrait
comprendre l'éducation prénatale et la préparation au rôle de parent ; son intervention peut aussi
s'étendre à la santé de la femme, à la santé sexuelle ou reproductive et aux soins aux enfants. La
pratique de sage-femme peut être exercée dans tous les endroits, y compris à domicile, dans la
communauté, en milieu hospitalier ou en clinique, et dans les unités sanitaires.
1.2 Profession Sage-femme à travers les époques
La profession de sage-femme a une histoire longue et complexe, marquée par l’évolution des
connaissances médicales, des pratiques culturelles, des normes sociales, et des rôles de genre.
Depuis les premières formes de soins obstétricaux dans les sociétés anciennes jusqu'à la
reconnaissance actuelle de la sage-femme en tant que professionnelle de santé qualifiée, son
parcours a été influencé par de nombreux facteurs.
Voici un aperçu de l’évolution de la profession de sage-femme à travers les époques :
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1.2.1 Préhistoire et Antiquité : Soins basés sur l'expérience et la tradition
Préhistoire
Dans les sociétés préhistoriques, les premières sage-femmes étaient probablement des femmes
expérimentées, souvent âgées, qui possédaient des connaissances pratiques et traditionnelles
transmises oralement. Ces femmes assuraient l’accouchement dans des contextes
communautaires et étaient considérées comme des figures respectées, mais leur savoir était non
médicalisé et basé sur l’expérience.
Les accouchements se faisaient souvent dans des conditions primitives, et les sage-femmes
utilisaient des remèdes à base de plantes pour soulager la douleur et traiter les complications.
Les accouchements étaient réalisés dans des cadres informels, généralement à domicile, et le rôle
de la sage-femme était primordial pour la survie de la mère et de l’enfant.
Antiquité : Égypte, Grèce et Rome
Les premières formes de médecine obstétrique apparaissent dans l’Antiquité. Les civilisations de
l’Égypte ancienne et de la Grèce antique reconnaissaient l'importance des sage-femmes dans les
soins maternels et néonatals.
Égypte ancienne : Les papyrus médicaux, comme le Papyrus d'Ebers (environ 1500 av.
J.-C.), contiennent des informations sur l’accouchement et la gestion des complications. Les
sage-femmes étaient responsables des accouchements, mais des médecins pouvaient être
consultés en cas de complications graves ;
Grèce antique : Hippocrate (460–370 av. J.-C.) et d'autres philosophes et médecins grecs
ont écrit sur la grossesse, l'accouchement et les soins à apporter aux femmes. Cependant, le
rôle des sage-femmes restait dominant dans l’accompagnement de l’accouchement. La
sage-femme était vue comme la principale experte des accouchements, tandis que les
médecins s'occupaient de certaines pathologies ou interventions chirurgicales ;
Rome antique : A Rome, l’obstétrique se diversifie avec l’introduction de certains
instruments comme les crochets obstétricaux. Les sage-femmes jouaient un rôle clé, mais
étaient souvent assistées par des médecins, surtout pour les cas difficiles.
1.2.2 Moyen Age : Influence religieuse et tradition orale
Au Moyen Age, le rôle des sage-femmes reste central, mais il se heurte aux fortes influences
religieuses et aux croyances superstitieuses.
Rôle religieux : L’Église catholique a souvent supervisé les pratiques médicales et
obstétricales. Les sage-femmes étaient encore majoritairement des femmes issues de la
communauté, souvent formées de manière empirique ou par apprentissage direct, mais les
autorités ecclésiastiques ont parfois cherché à limiter l'influence des sage-femmes, en
imposant des contrôles sur leur pratique ;
Superstitions et croyances : La médecine était influencée par de nombreuses superstitions,
et la sagesse populaire était prépondérante dans les soins d’accouchement. En dépit de cela,
les sage-femmes restaient les principales intervenantes pendant l’accouchement, notamment
dans les campagnes.
1.2.3 Renaissance et Époque Moderne : Avancées anatomiques et médicalisation de la
profession
Avec la Renaissance, de nouveaux savoirs scientifiques et médicaux transforment la manière de
penser et de pratiquer l’obstétrique.
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Découvertes anatomiques : Des personnalités comme André Vésale au 16ème siècle ont
permis des avancées considérables dans la compréhension de l'anatomie humaine, et, pour la
première fois, des observations détaillées du corps féminin pendant la grossesse et
l'accouchement ont eu lieu. Cela a également permis une meilleure formation pour les sage-
femmes, qui pouvaient désormais mieux comprendre les complications liées à
l'accouchement ;
Début de la médicalisation : Alors que les sage-femmes restaient encore les principales
praticiennes des accouchements, les médecins commençaient à s’intéresser aux
accouchements compliqués et à l’obstétrique. Des instruments comme les forceps furent
développés au 17ème siècle par la famille Chamberlen, marquant une avancée significative
dans la gestion des accouchements difficiles ;
Instruments et chirurgie : L’accouchement instrumental devient plus courant. Au début
de l'ère moderne, les sage-femmes avaient encore une grande autonomie dans la gestion de
l'accouchement, mais les médecins intervenaient de plus en plus dans les cas complexes, et
la chirurgie obstétrique prenait son essor.
1.2.4 19ème siècle : Révolution scientifique et professionnalisation
Le 19ème siècle marque une véritable révolution dans la profession de sage-femme, avec
l’émergence de la médecine moderne et des progrès dans l’asepsie.
La formation et la reconnaissance : La formation des sage-femmes devient plus
systématique et scientifique. Des écoles de sage-femmes sont créées, et les sage-femmes
doivent désormais passer un examen pour être reconnues comme professionnelles ;
L’asepsie et l’anesthésie : Des découvertes comme l’asepsie par Ignaz Semmelweis
(1830-1865) et la chloroforme (utilisé comme anesthésique) révolutionnent les pratiques
obstétricales. La réduction de la mortalité maternelle et néonatale devient un objectif central
de la profession ;
Médecins et sage-femmes : Les médecins prennent progressivement le contrôle des
accouchements, en particulier dans les hôpitaux, mais les sage-femmes continuent à jouer un
rôle clé dans la pratique des accouchements à domicile et en milieu rural.
1.2.5 20ème siècle : La médicalisation croissante et les luttes pour l'autonomie
Au 20ème siècle, la profession de sage-femme devient de plus en plus institutionnalisée et
médicalisée, bien que des mouvements aient également émergé pour défendre une approche plus
humanisée de l’accouchement.
Accouchements hospitaliers : L’accouchement hospitalier devient la norme dans de
nombreuses parties du monde, et la profession de sage-femme s’institutionnalise. Les sage-
femmes exercent principalement en milieu hospitalier, où elles travaillent souvent sous la
supervision d’obstétriciens ;
Progrès technologiques : Le développement de l'échographie, de la péridurale et du
monitoring fœtal redéfinit le rôle des sage-femmes et des médecins dans le suivi de la
grossesse et de l’accouchement ;
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Mouvements pour l'autonomie : Malgré la médicalisation croissante, des mouvements de
sage-femmes émergent dans les années 1960 et 1970, particulièrement en Europe et en
Amérique du Nord, prônant une approche plus naturelle et respectueuse de
l’accouchement, ainsi qu'une plus grande autonomie pour les sage-femmes dans leurs
pratiques.
1.2.6 21ème siècle : Humanisation des soins et reconnaissance des sage-femmes comme
professionnelles autonomes
Dans le 21ème siècle, le rôle de la sage-femme est de plus en plus reconnu comme étant autonome,
compétent et essentiel à la santé des femmes et des nouveau-nés.
Accouchement respecté et options alternatives : Le concept d’accouchement respecté se
développe, avec une reconnaissance croissante des droits des femmes à choisir le mode de
leur accouchement. De plus en plus de femmes optent pour des maisons de naissance ou
des accouchements à domicile, souvent avec des sage-femmes qualifiées ;
Autonomie professionnelle : Dans de nombreux pays, les sage-femmes sont désormais
reconnues comme des professionnelles de santé autonomes, avec une formation
spécialisée et un rôle clé dans la gestion de la grossesse, de l'accouchement et du post-
partum. Les politiques de santé publique, telles que celles soutenues par l’OMS et la
Confédération Internationale des Sage-Femmes (ICM), renforcent l’importance des
sage-femmes dans les systèmes de santé modernes.
Bref, l’histoire de la profession de sage-femme est un voyage fascinant à travers le temps, marqué
par des changements sociétaux, médicaux et culturels majeurs. De simples guérisseuses locales, les
sage-femmes sont devenues des professionnelles de santé respectées et reconnues, dont le rôle est
essentiel dans la santé maternelle et néonatale à travers le monde. Leur évolution reflète les
avancées de la médecine et de la société, tout en mettant en lumière l’importance d’un modèle de
soins qui place la femme au centre de l’accouchement, dans le respect de ses choix et de ses
besoins.
1.3 Femmes ayant apporté un changement dans l’évolution dans PSF
La profession de sage-femme a été façonnée non seulement par des découvertes médicales et des
avancées technologiques, mais aussi par des femmes pionnières qui ont milité pour la
reconnaissance de leur rôle et contribué à transformer l’art et la science de l’obstétrique. Ces
femmes ont souvent surmonté des obstacles liés au genre et aux normes sociales de leur époque
pour améliorer les soins aux femmes, aux mères et aux nouveau-nés. Voici quelques-unes des
figures les plus marquantes qui ont joué un rôle clé dans l’évolution de la profession de sage-
femme.
1. Marie-Louise Giraud (1895–1949) - France
Marie-Louise Giraud est une sage-femme et une militante française qui a apporté des contributions
notables dans l'amélioration des conditions d'accouchement et de la formation des sage-femmes en
France au début du 20ème siècle.
Elle a été l'une des premières à sensibiliser le grand public à l'importance de l'éducation prénatale,
de l'hygiène et des soins de santé pour les femmes enceintes. Elle a également travaillé à la
révision des pratiques traditionnelles dans l'accouchement, en privilégiant des méthodes plus
scientifiques et en incitant les autorités sanitaires à inclure des pratiques modernes dans les
maternités.
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2. Mary Breckinridge (1881–1965) - États-Unis
Mary Breckinridge a été l'une des figures pionnières de la maternité rurale et a joué un rôle
déterminant dans l’organisation des soins obstétriques dans les régions rurales des États-Unis,
particulièrement dans le Kentucky, où les soins médicaux étaient largement inaccessibles.
En 1925, elle fonde la Frontier Nursing Service (FNS), une organisation dédiée à fournir des soins
de santé maternels et infantiles dans les zones reculées des Appalaches. Elle est l’une des premières
à former des sage-femmes certifiées dans ces régions, et sa vision de la maternité a permis de
réduire la mortalité maternelle et infantile dans des zones où l'accès aux hôpitaux était limité. Son
travail a mené à une meilleure reconnaissance des sage-femmes aux États-Unis et dans le monde
entier, en particulier dans les communautés rurales.
3. Virginia Apgar (1909–1974) - États-Unis
Bien que Virginia Apgar ne fût pas elle-même sage-femme, son impact sur la profession
obstétricale et la pratique des sage-femmes est indéniable. Médecin anesthésiste pédiatrique, elle est
l'inventrice du test Apgar, une méthode simple et rapide pour évaluer la santé du nouveau-né juste
après la naissance. Ce test, introduit en 1952, est devenu un standard mondial pour surveiller la
condition des nouveau-nés immédiatement après l'accouchement.
Son travail a renforcé la collaboration entre sage-femmes et pédiatres et a contribué à améliorer
les soins postnataux pour les nourrissons. Le test Apgar a joué un rôle central dans la prise en
charge des complications néonatales et a inspiré une plus grande attention à la santé du bébé dès la
naissance, renforçant ainsi l’importance des soins intégrés dans le domaine obstétrical.
4. Francesca S. C. Smiley (1913–2001) - États-Unis
Francesca S. C. Smiley a été une pionnière de la pratique sage-femme dans le milieu hospitalier.
Elle a largement contribué à l’acceptation des sage-femmes dans les hôpitaux et a défendu l’idée
que les sage-femmes devraient être formées et reconnues comme des professionnelles autonomes
dans les soins prénatals et postnatals.
Elle a aussi participé à la reconnaissance légale des sage-femmes et a été l'une des premières à
plaider pour des formations de qualité dans le domaine obstétrical. En 1949, elle a fondé
l’American College of Nurse Midwives (ACNM), contribuant à l’organisation et à la structuration
des sage-femmes aux États-Unis.
5. Agnes K. Kennedy (1902–1983) - Canada
Agnès K. Kennedy a été une sage-femme canadienne qui a grandement influencé la profession en
élevant les standards de la formation des sage-femmes et en soutenant l’intégration des pratiques
traditionnelles dans une approche plus moderne de l’accouchement. Elle a également joué un rôle
majeur dans l’élargissement de la pratique des sage-femmes au Canada, particulièrement en matière
de santé maternelle et infantile.
Elle a contribué à la création de programmes de formation pour les sage-femmes dans plusieurs
régions, y compris en milieu rural. Son travail a eu une influence notable sur les pratiques
obstétricales modernes et la reconnaissance officielle des sage-femmes dans les institutions de santé
au Canada.
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6. Margaret Sanger (1879–1966) - États-Unis
Bien que surtout connue pour son activisme en faveur de la planification familiale et de la
contraception, Margaret Sanger a eu un impact majeur sur les sage-femmes. En militante pour les
droits reproductifs des femmes, elle a ouvert la voie à des discussions plus larges sur la santé
maternelle et les soins prénatals.
Elle a contribué à démocratiser l’accès à la contraception, ce qui a permis aux femmes de mieux
planifier leurs grossesses et d'améliorer ainsi leur santé et celle de leurs enfants. Cela a eu un impact
direct sur la pratique de la sage-femme, en leur offrant des outils pour mieux accompagner les
femmes dans leur parcours de maternité.
7. Ina May Gaskin (née en 1940) - États-Unis
Ina May Gaskin est une sage-femme américaine contemporaine, qui a grandement contribué à la
réhabilitation de l’accouchement naturel et à la promotion des maisons de naissance comme
alternatives aux hôpitaux médicalisés. Elle est une des figures les plus emblématiques du
mouvement pour la renaissance de l'accouchement respecté, notamment grâce à son livre "Ina
May’s Guide to Childbirth", qui est devenu un ouvrage de référence sur les pratiques naturelles
de l’accouchement.
En fondant l’Institute for Midwifery et en pratiquant l’accouchement dans une communauté de
femmes, elle a démontré les bienfaits d’un accouchement plus humain et respectueux, basé sur les
besoins physiques, émotionnels et psychologiques des femmes. Son travail a mis en avant la
compétence des sage-femmes dans un cadre non hospitalier et a contribué à la reconnaissance
croissante des sage-femmes comme des actrices de la santé publique.
8. Elizabeth Garrett Anderson (1836–1917) - Royaume-Uni
Elizabeth Garrett Anderson, bien que surtout connue pour être la première femme à obtenir un
diplôme en médecine au Royaume-Uni, a également joué un rôle clé dans la reconnaissance de la
profession de sage-femme. En tant que médecin et militante féministe, elle a soutenu l’intégration
des sage-femmes dans les hôpitaux et a plaidé pour une formation de qualité pour les femmes dans
le domaine de la médecine et de l'obstétrique. Elle a également travaillé à ouvrir des écoles de sage-
femmes pour permettre aux femmes d'accéder à une formation professionnelle.
Ces femmes ont contribué à la transformation de la profession de sage-femme, que ce soit par
des avancées scientifiques, des réformes dans la formation, ou par la lutte pour des droits de la
femme, la reconnaissance de la profession et la promotion de soins plus respectueux de la maternité.
Leur impact se fait sentir à travers le monde entier, car leurs actions ont permis de reconnaître les
sage-femmes comme des professionnelles de santé essentielles, capables de fournir des soins
sûrs, holistiques et autonomes aux femmes et aux nouveau-nés.
Hormis les femmes citées ci-haut, voici quelques personnages ayant apporté un plus dans l’histoire
de la profession sage-femme :
SIPHRA et PUA
C’est aux chefs de la corporation des sage-femmes égyptiennes SIPHRA et PUA, que pendant la
période de répression contre les hébreux (dès 1320 avant JC) PHARAON donna l’ordre
d’exterminer les enfants males. « Quand vous accoucherez les femmes des Hébreux et que vous les
verrez sur les sièges, si c’est un fils, vous le ferez mourir ; mais si c’est une fille, qu’elle vive ».
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Mais les sage-femmes craignirent Dieu et ne firent pas ce que le roi d’Egypte leur avait dit :
pourquoi avez-vous fait ainsi, et avez-vous laissé vivre les garçons ? Et les sage-femmes
répondirent à PHARAON : c’est que les femmes des Hébreux ne sont point comme les égyptiens
car elles sont vigoureuses ; avant que la sage-femme arrive auprès d’elle, elles ont accouché. Et
Dieu fit du bien aux sage-femmes ; le peuple se multiplia et devint très nombreux. Et parce que les
sage-femmes craignirent Dieu, il fit prospérer leurs maisons.
HYPPOCRATE
A Sparte comme à Athènes, les femmes sont soignées par les sage-femmes qui doivent être de
naissance libre. Ce sont des personnes respectables. Elles devaient, pour exercer ce noble office,
avoir donné des preuves de leur fécondité et en avoir passé l’âge. Ceci pour honorer ARTEMIS,
déesse des accouchements. Encore à l’époque d’HYPPOCRATE, aucune sage-femme n’accouche
d’autres femmes tant qu’elle est encore capable de concevoir et d’enfanter. Cet usage vient dit-on
d’ARTEMIS qui a été chargée de présider aux accouchements sans avoir jamais enfanté.
Elle n’a donc pas permis aux femmes stériles d’être des sage-femmes parce que la nature humaine
est trop faible pour exercer un art dont elle n’a pas l’expérience ; ainsi est-ce aux femmes qui ont
passé l’âge d’enfanter qu’elle a confié cette charge, pour honorer la ressemblance qu’elles ont avec
elle.
SOCRATE
Le plus illustre des philosophes de l’Antiquité s’enorgueillissait d’être le fils d’une très vaillante et
vénérable sage-femme PHENARETE, il comparait la doctrine philosophique à l’art des
accouchements ; il lui donnera de ce fait, le nom de MAIETIQUE.
MOSCHION
MOSCHION, élève de SORANUS, médecin grec et un des rares accoucheurs de son temps, écrit
qu’il existe à Rome deux catégories des sage-femmes, les unes inexpérimentées, qui agissent dans
ce qui est contre nature, c’est à dire dans les cas difficiles. Il est probable que l’on réclamait encore
des sage-femmes d’avoir fait l’expérience de la maternité, mais contrairement à l’opinion répandue,
SORANUS ne l’estime pas exigible, car dit-il « une femme qui a déjà accouché sera moins
compatissante que celle qui n’est pas mère ».
C’est à SORANUS et à MOSCHION que nous sommes redevables de la connaissance de
l’enseignement requis des sage-femmes romaines et de leur niveau intellectuel, en même temps que
celle de la pratique obstétricale, au 1 er siècle de notre ère pour avoir, avec clarté, précision et
classification, rédigé un Traité d’obstétrique.
Madame LA CHAPELLE
Dès le 17e siècle, Madame LA CHAPELLE, consciente de la carence dramatique des matrones,
s’emploie à enseigner celles-ci en faisant son tour de France. Ses passages dans les grandes villes
étaient annoncés par l’Eglise, et son enseignement pratique se faisait sur un mannequin qu’elle
présentait chaque fois. Sous Louis XIV, la grande majorité des femmes, choisissait des sage-
femmes pour les assister. Ainsi en fut-il pour Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII et pour
marie Thérèse, épouse de Louis XIV.
Madame Le Boursier du COUDRAY
Il faut attendre 1757, qu’une sage-femme devenue célèbre, Madame Le Boursier du COUDRAY,
jette un cri d’alarme et se fasse entendre par un appel à plus d’humanité.
CT Thomas DIWAMBANZILA. +243896213386. Histoire, Ethique et Déontologie de la PSF. 12
Madame du Coudray, sage-femme du 18ème siècle, d’une compétence professionnelle remarquable
et nourrie du siècle des lumières, va bouleverser l’enseignement de l’obstétrique pour le bien-être
des femmes et des enfants. Elle formera ainsi sur le territoire français plus de 3000 matrones et
chirurgiens en 25 ans et deviendra le premier pédagogue de l’obstétrique.
Madame du Coudray parle de l’accouchement : « en attendant le moment de délivrer la femme, on
doit la consoler le plus affectueusement possible : son état douloureux y engage ; mais il faut le
faire avec un air de gaieté qui ne lui inspire aucune crainte de danger. Il faut éviter tous les
chicotements à l’oreille, qui ne pourraient que l’inquiéter et lui faire craindre des suites fâcheuses.
On doit lui parler de Dieu et l’engager à le remercier de l’avoir mise hors de péril. Si elle recourt à
des reliques, il faut lui représenter qu’elles seront tout aussi efficace sur le lit voisin qui si on les
posait sur elle-même, ce qui pourrait la gêner…
NAPOLEON
En 1806, NAPOLEON crée la Chaire d’obstétrique, qui sera la première spécialité médicale. Le
premier titulaire en sera BAUDELOCQUE, qui aura la charge de former médecins et sage-
femmes.
1.4 Histoire de l'Obstétrique
L'obstétrique est la spécialité médicale qui s'occupe de la gestion de la grossesse, de
l'accouchement et de la période postnatale, et ses origines remontent à des siècles de pratiques et
d'évolutions scientifiques. L’histoire de l’obstétrique est marquée par des découvertes, des
révolutions dans la compréhension de la physiologie humaine, mais aussi par de profondes
évolutions sociales et culturelles.
1.4.1 Préhistoire et Antiquité : Les premières pratiques obstétricales
Préhistoire
Les premières formes de soin obstétrical remontent à la préhistoire, bien avant la médecine telle que
nous la connaissons aujourd’hui. Les femmes accouchaient généralement seules ou avec l’aide
d’autres femmes, et les accouchements se déroulaient souvent dans des conditions rudimentaires,
sans instruments médicaux. Les sage-femmes, figures importantes de ces premières pratiques,
étaient des femmes qui transmettaient leurs connaissances de génération en génération, souvent de
manière empirique.
Egypte ancienne
L’Égypte ancienne (environ 3000 av. J.-C.) a laissé des traces de soins obstétriques dans les
papyrus médicaux, notamment dans le Papyrus d’Ebers (vers 1550 av. J.-C.), qui contient des
informations sur les maladies et traitements liés à la grossesse et à l'accouchement. Les Égyptiens
employaient des sage-femmes spécialisées dans les accouchements, ainsi que des médicaments à
base de plantes pour soulager les douleurs.
Grèce antique
En Grèce antique, Hippocrate (460–370 av. J.-C.), souvent considéré comme le père de la
médecine moderne, a écrit des traités sur la grossesse et l’accouchement. Il recommandait une
approche rationnelle, basée sur l’observation, et préconisait des pratiques comme l’utilisation de
positions particulières pour l’accouchement. Mais les accouchements étaient encore majoritairement
assistés par des sage-femmes plutôt que des médecins, et les complications étaient souvent fatales.
CT Thomas DIWAMBANZILA. +243896213386. Histoire, Ethique et Déontologie de la PSF. 13
Rome antique
A Rome, le médecin Scribonius Largus (1er siècle de notre ère) a écrit sur les pratiques
obstétricales, et des instruments tels que des spatules et des crochets étaient parfois utilisés pour
extraire les bébés lors d’accouchements difficiles. La médecine obstétrique à cette époque était très
rudimentaire, et la mortalité maternelle et infantile était élevée.
1.4.2 Le Moyen Age : Obstétrique et croyances religieuses
Pendant le Moyen Age, l'obstétrique est marquée par une lente évolution. La pratique obstétricale
reste dominée par les sage-femmes, mais il existe une forte influence de la religion et des croyances
populaires sur la gestion de l’accouchement.
Sage-femmes et assistantes : La plupart des accouchements étaient toujours supervisés par
des sage-femmes ou des femmes de la communauté, et peu de médecins se mêlaient des
accouchements, à moins de complications graves ;
Influence de l'Église : L’Église catholique influençait fortement les soins médicaux, et des
idées superstitieuses régnaient encore, notamment sur les causes des fausses couches ou des
accouchements difficiles. La guérison était souvent vue comme une intervention divine ;
Les instruments : Les instruments chirurgicaux étaient rudimentaires, mais il existe des
preuves de l’utilisation de certains outils, comme le crochet obstétrical pour extraire un
bébé mort, bien que l’asepsie et la compréhension de l’anatomie n’étaient pas encore
développées.
14.3 Renaissance et Époque Moderne : Les premières découvertes médicales
A la Renaissance, les avancées en anatomie et en physiologie permettent de mieux comprendre le
corps humain. Des figures comme André Vésale (1514-1564), médecin et anatomiste, contribuent à
la dissection des cadavres pour étudier la structure interne du corps humain, y compris les organes
reproducteurs féminins.
Le début de la pratique obstétricale médicalisée : En 1537, le médecin Jacques Guillemeau
publie son traité sur l’accouchement, qu’il considère comme une opération nécessitant des soins
médicaux spécialisés. Il préconise l'usage d'instruments tels que les forceps pour assister
l'accouchement, bien que leur utilisation ne soit pas encore courante.
17ème et 18ème siècles : Les premiers progrès scientifiques
Les médecins commencent à s’intéresser de plus en plus à l’accouchement, jusque-là largement du
domaine des sage-femmes. Le rôle des médecins obstétriciens prend de l'importance, notamment
dans les cas d'accouchements compliqués.
Forceps : Le médecin anglais Peter Chamberlen et sa famille de médecins (XVIe-XVIIe
siècles) sont crédités de l'invention des forceps, un instrument qui a transformé les pratiques
obstétricales, permettant d'extraire des bébés en cas de travail difficile sans provoquer de
blessures majeures à la mère ;
Chirurgie obstétricale : A partir du 18ème siècle, l’idée de recourir à la chirurgie pour traiter
les complications obstétricales se répand. Le médecin français François Mauriceau (1637-
1709) est une figure importante de cette période, ayant introduit des techniques modernes
d'accouchement et préconisé des méthodes pour aider les femmes en travail difficile.
19ème siècle : L'asepsie et la modernisation de l'obstétrique
CT Thomas DIWAMBANZILA. +243896213386. Histoire, Ethique et Déontologie de la PSF. 14
Le 19ème siècle marque un tournant décisif dans le développement de l'obstétrique avec les avancées
majeures dans les domaines de la chirurgie, de l'asepsie et de la compréhension des maladies
infectieuses.
Ignaz Semmelweis (1818-1865) a joué un rôle pionnier en introduisant les pratiques
d'asepsie dans les hôpitaux. Semmelweis a observé que les femmes accouchant sous les
mains de médecins qui ne se lavaient pas les mains avant d’intervenir mouraient souvent de
fièvre puerpérale. Il a instauré le lavage des mains avec une solution chlorée, ce qui a
considérablement réduit la mortalité maternelle ;
Louis Pasteur (1822-1895) et Joseph Lister (1827-1912) ont découvert les principes de
l'asepsie et de la stérilisation, qui ont radicalement amélioré la sécurité des interventions
obstétricales, y compris les césariennes ;
Accouchement par césarienne : Les premières césariennes modernes, pratiquées en toute
sécurité, datent du 19ème siècle. Avant cela, la césarienne était rarement pratiquée en raison
de risques élevés, tant pour la mère que pour l'enfant. Au 19e siècle, grâce à l'usage
d'anesthésiques et à la compréhension croissante de l'asepsie, la césarienne est devenue une
option plus sûre.
20ème siècle : Progrès technologiques et médicalisation
Le 20ème siècle est marqué par une médicalisation accrue des accouchements. Les femmes
accouchent de plus en plus dans les hôpitaux, et la prise en charge obstétricale devient de plus en
plus technologiquement avancée.
Anesthésie et péridurale : Le développement de l'anesthésie au 19e siècle et de la
péridurale dans la seconde moitié du 20e siècle a permis de rendre l'accouchement moins
douloureux ;
Suivi médical : Le suivi prénatal et la surveillance des risques sont devenus des standards
essentiels. Les techniques de monitoring fœtal, les échographies et les tests génétiques
permettent une détection plus précoce des complications ;
Accouchement par césarienne : Au 20e siècle, la césarienne devient une procédure
courante dans les hôpitaux du monde entier, utilisée dans des situations d'urgence ou lorsque
les accouchements vaginaux sont impossibles ou risqués.
Le 21ème siècle : L'accouchement humanisé et la révision des pratiques obstétricales
A l’aube du 21ème siècle, les débats autour de la médicalisation de l’accouchement ont suscité un
retour vers des pratiques plus humanisées, où l’autonomie de la femme et la prise en compte de ses
préférences deviennent centrales.
Accouchement à domicile et accouchement respecté : De nombreuses femmes choisissent
aujourd'hui l'accouchement à domicile ou des structures comme les maisons de naissance,
en quête d'une expérience moins médicalisée, tout en bénéficiant de l'accompagnement
d'une sage-femme qualifiée ;
Méthodes alternatives : Des pratiques comme l’hypnobirthing, les accouchements en
eau ou la révision de la place des sage-femmes dans l’assistance à l’accouchement
connaissent un essor dans le monde entier.
L’histoire de l’obstétrique montre une évolution continue, marquée par une tension entre pratiques
traditionnelles, découvertes scientifiques et médicalisation des accouchements. La profession de
sage-femme, les techniques et les approches obstétricales ont progressivement évolué pour offrir
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aux femmes des soins plus sécurisés et plus humains. Cependant, des défis restent à relever,
notamment en termes d’accès équitable aux soins obstétricaux de qualité à l’échelle mondiale.
1.5 La Confédération Internationale des Sage-Femmes (ICM)
La Confédération Internationale des Sage-Femmes (International Confederation of Midwives en
sigle ICM) est une organisation mondiale qui représente les sage-femmes et soutient la profession
au niveau international. Elle joue un rôle essentiel dans la promotion des soins de maternité, de la
santé reproductive et de la reconnaissance de la profession de sage-femme. Depuis sa création, elle
œuvre pour améliorer les conditions de travail des sages-femmes, ainsi que pour améliorer l'accès
aux soins de qualité pour les femmes et les nouveau-nés dans le monde entier.
1.5.1 Historique de la Confédération Internationale des Sage-Femmes (ICM)
Fondation : La Confédération Internationale des Sage-Femmes (ICM) a été fondée en
1954. L'idée de sa création est née d'une volonté de promouvoir l'unité des sage-femmes à
l’échelle mondiale et de créer une organisation internationale qui défende les intérêts de la
profession, tout en assurant des normes élevées de soins dans les domaines de la santé
reproductive, de la grossesse et de l’accouchement ;
Contexte historique : La création de l'ICM est survenue dans un contexte où les sage-
femmes étaient souvent marginalisées par les systèmes de santé, notamment en raison de la
domination des médecins dans les soins obstétricaux. L'ICM a été un acteur clé dans le
processus de reconnaissance de l'importance des sage-femmes dans l'amélioration des soins
maternels et infantiles, particulièrement dans les pays en développement ;
Evolution : Depuis sa fondation, l'ICM a contribué à l'instauration de politiques mondiales
pour améliorer la santé des femmes, en sensibilisant les gouvernements, les organisations
internationales et les professionnels de santé à l’importance de l’engagement des sage-
femmes dans les soins de santé. L'ICM a également été un acteur clé dans le développement
de normes et de standards internationaux pour la pratique de la sage-femme.
1.5.2 Vision de l'ICM
La vision de la Confédération Internationale des Sage-Femmes est claire : "Un monde où toutes
les femmes et leurs nouveau-nés ont accès à des soins de qualité dispensés par des sage-
femmes qualifiées et compétentes".
Cela implique non seulement la promotion des droits des femmes à recevoir des soins adaptés à
leurs besoins tout au long de la grossesse, de l'accouchement et du post-partum, mais aussi
l'amélioration des conditions de travail des sage-femmes et de leur reconnaissance dans le cadre des
systèmes de santé mondiaux.
1.5.3 Objectifs de l'ICM
Les objectifs de l'ICM sont multiples, mais ils peuvent être résumés en quelques grands axes :
Promouvoir la reconnaissance de la profession de sage-femme : L'ICM œuvre pour la
reconnaissance et l'autonomisation des sage-femmes dans le monde entier.
Elle soutient les efforts visant à garantir que les sage-femmes puissent exercer leur profession dans
un cadre légal et réglementé, en accord avec les standards internationaux de qualité et de sécurité.
Améliorer la santé des femmes et des nouveau-nés : Un des objectifs principaux de l'ICM
est de contribuer à la réduction de la mortalité maternelle et néonatale dans le monde, en
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assurant l'accès universel à des soins de maternité de qualité. Elle soutient l'idée que l’accès
aux sage-femmes qualifiées est un facteur clé pour atteindre cet objectif.
Renforcer la formation et la compétence des sage-femmes : L'ICM travaille à
promouvoir l'éducation et la formation continues des sage-femmes. Elle plaide pour la mise
en place de programmes de formation rigoureux, basés sur des normes internationales et
accessibles à toutes les sage-femmes, en particulier dans les pays en développement.
Promouvoir l’équité et l’accès aux soins de santé : L’ICM lutte pour que toutes les
femmes, quel que soit leur statut socio-économique, leur origine géographique ou leur
culture, aient un accès équitable aux soins de maternité. Elle insiste sur la nécessité de
réduire les inégalités d'accès aux soins entre les différentes régions du monde.
Soutenir les politiques de santé publique : L'ICM participe activement à l'élaboration de
politiques de santé publique qui intègrent les sage-femmes comme acteurs centraux dans le
système de santé, en particulier en ce qui concerne les soins maternels et néonatals.
1.5.4 Actions et interventions de l'ICM
Pour atteindre ses objectifs, l'ICM mène un certain nombre d'actions et d'interventions au niveau
mondial, national et local. Voici quelques-unes de ses principales initiatives :
Plaidoyer auprès des gouvernements et des organisations internationales : L'ICM mène
des campagnes de plaidoyer auprès des institutions internationales telles que l'Organisation
Mondiale de la Santé (OMS), les Nations Unies et les gouvernements nationaux pour
encourager l'intégration des sage-femmes dans les systèmes de santé et améliorer les
politiques de santé publique liées aux soins maternels et néonatals ;
Élaboration de normes et de lignes directrices : L'ICM élabore et met à jour
régulièrement des normes et des lignes directrices concernant l'éducation, la pratique et la
déontologie des sage-femmes. Ces standards servent de référence pour les pays et les
institutions éducatives afin de garantir une formation adéquate des sage-femmes et
d’améliorer les soins qu’elles dispensent ;
Organisation de congrès et de conférences mondiales : L'ICM organise régulièrement des
congrès mondiaux qui réunissent des sage-femmes, des chercheurs, des responsables
politiques et des acteurs de la santé afin de partager des connaissances, des recherches et des
bonnes pratiques. Ces événements sont des moments clés pour renforcer la solidarité entre
les sage-femmes du monde entier et pour influencer les politiques de santé à l’échelle
internationale ;
Programmes de formation et de renforcement des capacités : L'ICM met en place des
programmes de formation pour les sage-femmes, en particulier dans les pays en
développement. Ces programmes visent à améliorer les compétences pratiques et théoriques
des sage-femmes pour qu’elles puissent offrir des soins plus sécurisés et plus adaptés aux
besoins des femmes et des enfants.
Projets de sensibilisation et d'éducation communautaire : L'ICM soutient des initiatives
de sensibilisation communautaire pour promouvoir l’importance des sage-femmes dans
les soins de santé, notamment dans les régions rurales et isolées. Elle mène des campagnes
pour encourager les femmes à consulter des sage-femmes pour des soins prénatals,
l’accouchement et le suivi postnatal ;
Recherche et collecte de données : L'ICM soutient la recherche scientifique sur les soins
de maternité et les pratiques des sage-femmes. Elle collabore avec des instituts de recherche
pour collecter des données fiables et actualisées, ce qui permet de mieux comprendre
l'impact des sage-femmes sur la santé des mères et des bébés ;
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Soutien aux associations nationales de sage-femmes : L'ICM collabore avec des
associations nationales de sage-femmes pour renforcer les capacités locales, améliorer la
représentation des sage-femmes dans les politiques publiques et promouvoir des standards
de pratique à l’échelle nationale.
1.5.5 Piliers de l’ICM
Les piliers de l’ICM pour la pratique sage-femme sont :
Formation ;
Règlementation ;
Développement des associations puissantes.
L’ICM joue un rôle fondamental dans la défense et la promotion de la profession de sage-femme au
niveau mondial. Elle œuvre pour garantir que les sage-femmes disposent des ressources et des
compétences nécessaires pour offrir des soins de qualité aux femmes et aux nouveau-nés.
Par son action continue de plaidoyer, de formation, et de mise en place de politiques de santé,
l’ICM contribue à réduire les inégalités en matière de santé maternelle et néonatale et à améliorer
les conditions de vie des femmes partout dans le monde.
1.6 HISTOIRE DE LA PROFESSION SAGE-FEMME EN RDC
1.6.1 Histoire de la profession
L’histoire de la profession de sage-femme en République Démocratique du Congo (RDC) est
marquée par l’évolution des soins de santé maternelle et infantile dans un pays ayant traversé des
périodes de colonisation, d’indépendance, de conflits internes et de défis sociaux. La profession de
sage-femme en RDC a progressé au fil des décennies, confrontée à des défis liés à l'infrastructure, à
la formation et à l'accès aux soins de santé, tout en jouant un rôle clé dans la réduction de la
mortalité maternelle et infantile.
L’époque précoloniale et coloniale (avant 1960)
Avant l’arrivée des colonisateurs européens, les soins obstétricaux en RDC étaient assurés
principalement par des femmes âgées et expérimentées, souvent appelées tradi-praticiennes ou
sage-femmes traditionnelles. Ces femmes possédaient des connaissances transmises oralement,
basées sur l’expérience et les pratiques culturelles locales. Les accouchements se déroulaient
généralement dans un cadre familial ou communautaire, souvent à domicile. Les sage-femmes
traditionnelles utilisaient des remèdes à base de plantes et des pratiques traditionnelles pour
faciliter les accouchements et traiter les complications mineures.
Pendant la période coloniale belge (1908-1960), le système de santé s’est principalement structuré
autour des hôpitaux et des dispensaires missionnaires, qui servaient surtout les populations
urbaines et les régions proches des centres de pouvoir. L’accès aux soins était très limité pour les
populations rurales.
Les sage-femmes formées dans le cadre du système colonial étaient souvent des infirmières
européennes ou des soignantes locales ayant reçu une formation rudimentaire. Ces formations
étaient principalement axées sur les soins de base, et les sage-femmes traditionnelles étaient
souvent écartées des institutions officielles de santé.
CT Thomas DIWAMBANZILA. +243896213386. Histoire, Ethique et Déontologie de la PSF. 18
L’indépendance et la première réforme du système de santé (1960-1970)
Après l’indépendance de la RDC en 1960, le pays a connu une série de réformes politiques,
sociales et économiques. Le système de santé a cherché à s'adapter à la nouvelle réalité nationale. A
cette époque, les soins obstétricaux étaient encore largement dominés par les médecins européens
et les structures missionnaires, tandis que les sage-femmes locales, principalement issues des écoles
de formation dispensaires ou des missions religieuses, commençaient à émerger comme des
figures essentielles dans le suivi des grossesses et les accouchements.
Les sage-femmes étaient chargées principalement des accouchements de routine, tandis que les
complications graves étaient transférées vers les médecins. Cependant, la majorité des
accouchements se faisaient encore à domicile, souvent avec le soutien des sage-femmes
traditionnelles.
A cette époque, des écoles de sage-femmes commencent à se développer, surtout dans les grandes
villes, bien que la formation reste rudimentaire et inégale. Le pays manquait de structures adéquates
et de formation spécialisée, ce qui limitait l'efficacité des sage-femmes dans la gestion des
complications obstétricales.
Période des réformes et mise en place du système national de santé (1970-1990)
Dans les années 1970-1980, sous l’impulsion de l’État congolais, le système de santé publique a été
organisé autour de structures nationales et de politiques de santé publique, notamment après la mise
en place du système de soins de santé primaires (SSP), promu par l’Organisation Mondiale de la
Santé (OMS).
Les sage-femmes ont joué un rôle clé dans la mise en œuvre de ces réformes, particulièrement dans
les zones rurales où l’accès aux hôpitaux était limité. Le gouvernement a lancé des programmes
de formation pour les sage-femmes afin de réduire la mortalité maternelle et infantile, en
augmentant leur capacité à gérer les accouchements normaux, tout en limitant les complications
graves. La formation a commencé à s'institutionnaliser avec la création de centres de formation en
obstétrique et la profession de sage-femme a commencé à se structurer de manière plus formelle.
Cependant, cette période a été marquée par des contradictions : si des progrès ont été réalisés en
matière de formation et de sensibilisation à la santé maternelle, la pratique des sage-femmes est
restée confrontée à des obstacles tels que l'insuffisance des infrastructures, le manque de
médicaments essentiels, et le faible niveau d’investissement dans les régions rurales.
Guerre civile, instabilité et impact sur les soins obstétricaux (1990-2000)
Les années 1990-2000 ont été marquées par l'instabilité politique et les conflits internes en RDC,
notamment les guerres du Congo (1996-2003). Ces événements ont eu un impact dévastateur sur le
système de santé, avec des infrastructures détruites, un manque de personnel soignant et un
éloignement encore plus grand des soins dans les régions rurales.
Pendant cette période de guerre, les sage-femmes se sont retrouvées dans une situation
extrêmement difficile, souvent sans ressources et avec une pression énorme pour gérer les
accouchements dans des conditions précaires. Néanmoins, malgré les défis, elles ont continué à
jouer un rôle crucial en offrant des soins aux femmes enceintes dans des conditions de guerre, en
s’appuyant sur leurs compétences et leur dévouement.
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Certaines organisations humanitaires internationales, telles que Médecins Sans Frontières
(MSF), ont renforcé la formation des sage-femmes dans les zones touchées par les conflits pour
soutenir les soins maternels d’urgence et les accouchements en situation de crise.
Réformes récentes et soutien international (2000-aujourd’hui)
Depuis les années 2000, la RDC a connu des efforts soutenus pour réorganiser et améliorer le
système de santé, soutenus par des organisations internationales, telles que l’OMS, UNFPA,
UNICEF, et des ONGs. Ces efforts ont porté sur l'amélioration de l'accès aux soins, la formation
des sage-femmes, et la réduction des taux de mortalité maternelle et infantile, qui restent parmi
les plus élevés au monde.
a. Professionnalisation de la sage-femme
Au cours des dernières décennies, la profession de sage-femme en RDC a fait des progrès notables.
Des écoles de formation spécialisées ont été mises en place pour enseigner non seulement
l’accouchement, mais aussi des compétences élargies dans la gestion des complications
obstétricales. Le programme de formation des sage-femmes a été réformé pour inclure des cours
sur la gestion des complications comme la prééclampsie, l’hémorragie post-partum, et les soins
néonatals d’urgence.
b. Le rôle des sage-femmes dans le développement des soins de santé
Aujourd'hui, les sage-femmes sont perçues comme des professionnelles de santé essentielles,
capables d’assurer les soins prénatals, les accouchements sécurisés, et les soins postnataux. Elles
jouent un rôle clé dans la réduction de la mortalité maternelle et infantile, en assurant un suivi
régulier des grossesses, en dirigeant les femmes vers les établissements de santé pour des soins
spécialisés en cas de complications, et en dispensant des conseils sur la santé reproductive.
Les efforts de décentralisation des soins de santé ont permis de mieux intégrer les sage-femmes
dans les communautés rurales, où elles sont souvent les seules ressources en matière de soins
obstétricaux.
c. Défis persistants
Malgré ces avancées, des défis majeurs persistent en RDC, notamment :
Le manque d’infrastructures sanitaires adéquates dans les zones rurales ;
L’insuffisance de la rémunération des sage-femmes, qui travaille souvent dans des
conditions précaires ;
L’accès limité à des médicaments et équipements essentiels pour la gestion des
complications ;
La stigmatisation sociale et la marginalisation de la profession de sage-femme, en particulier
dans les zones reculées.
L’histoire de la profession de sage-femme en République Démocratique du Congo reflète un
chemin marqué par des défis politiques, sociaux et économiques. Cependant, malgré les nombreux
obstacles rencontrés, les sage-femmes congolaises ont continué à jouer un rôle central dans les soins
de santé maternelle et infantile. Les efforts continus pour renforcer la formation et la
professionnalisation de la sage-femme en RDC, en partenariat avec des acteurs nationaux et
internationaux, sont essentiels pour améliorer les conditions de santé des femmes et des nouveau-
nés dans ce pays. La reconnaissance de la sage-femme comme un pilier du système de santé est
une étape clé pour relever les défis de la santé maternelle dans le pays
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1.6.2 Histoire de la formation en RDC
C’est vers les années 1970 que la République Démocratique du Congo a commencé à l’Institut
Supérieur des Techniques Médicales ISTM/KINSHASA, la formation apparentée à celle de la
sage-femme. Il s’agissait de la formation de l’infirmière-accoucheuse.
C’est vers les années 1992 que cette filière a été supprimée dans le cursus de formation en RDC
pour ne maintenir la formation de l’accoucheuse qu’au niveau du premier cycle de l’enseignement
supérieur et universitaire c'est-à-dire au niveau de graduat, ayant dans son programme de formation
les cours inscrits au programme de l’infirmier et les cours spécifiques à l’orientation accoucheuse
d’où l’appellation de l’infirmier (e)-accoucheur (se). Etant la plus grande Institution Supérieure
d’Enseignement Techniques Médicales de la RDC, l’ISTM KINSHASA a formé jusque-là plus
4480 infirmiers accoucheurs.
Petit à petit la formation de cette catégorie professionnelle s’est répandue dans différentes
institutions supérieures de formations techniques médicales de la République, évoluant comme une
orientation de la section Sciences Infirmières, et a produit des cadres professionnels qui ont rendu
des services louables à la nation jusqu’à ce jour.
Néanmoins, il faut noter que cette formation telle que programmée et mis en parallèle avec celle des
sage-femmes, se démarquait du jour au jour aux standards et normes internationaux de la formation
des sage-femmes professionnelles édictés par la Confédération Internationale des sage-femmes
(ICM), en collaboration étroite avec l’OMS.
Pour être en phase avec ces standards et normes, la République Démocratique du Congo par le
biais du Ministère de l’Enseignement Supérieur , Universitaire et de la Recherche
Scientifique, avec l’appui technique et financier du Fonds des Nations Unies pour la Population
(UNFPA/RDC), s’est engagé dans le processus de la révision du curriculum de la formation des
accoucheuses pour former des sage-femmes professionnelles qui sont des acteurs de premier plan
dans la lutte contre la mortalité maternelle et infantile dans le monde en général, et en RDC en
particulier.
Juste après intégration du programme sage-femme au bureau de l’UNFPA/RDC en Novembre
2010, un état de lieux sur la formation des accoucheuses en RDC a été conduit par l’ESURS avec
l’appui de l’UNFPA en 2011.
Les résultats de cet état de lieux rapide font apparaitre que les conditions pour l’enseignement de
qualité n’étaient pas réunies et le programme de formation ne répondait plus ni aux besoins de
consommateurs ni aux standards internationaux. Il s’est révélé alors impérieux d’entreprendre une
révision et réforme du programme de formation et des conditions d’enseignement.
Ceci étant réalisé sur un processus d’environ 3 ans sous la coordination technique de l’Institut
Supérieur des Techniques Médicales de Kinshasa (ISTM KINSHASA), et l’appui technique et
financier de l’UNFPA, la RDC dispose aujourd’hui d’un programme de formation sage-femme axé
sur les compétences et conforme aux standards internationaux et spécificités du pays. Pour être en
phase avec ces standards et normes, la République Démocratique du Congo par le biais du
Ministère de l’Enseignement Supérieur, Universitaire et de la Recherche Scientifique, avec l’appui
technique et financier du Fond de Nations Unies pour la Population (UNFPA/DRC), a opté et mise
en place par Arrêté Ministériel N°100/MINESURS/[Link]/BCL/CB/NKA/2013 DU
14/09/2013. Portant révision de certaines dispositions de l’arrêté ministériel
MINESU/CABMIN/067/2004 FIXANT LES PROGRAMMES ET LES DUREES DES ETUDES
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QUI PREPARENT A UN GRADE ACADEMIQUE ; un programme de formation de sage-femmes
axés sur les compétences, répondant aux normes de l’ICM et aux besoins de bénéficiaires en lieu et
place de celui de formation des infirmières-accoucheuses.
Les dispositions de l’arrêté 067/2004 susmentionné sont modifiées et complétées en rendant les
études de l’orientation Accoucheuse « Autonomes » et transformée en une section « Sage-
femme » autonome.
Avec l’appui des partenaires principalement l’UNFPA et NEPI/ICAP, les écoles des formations de
sage-femmes sont en train d’être équipées en matériels techniques didactiques et informations pour
garantir une formation initiale qui conduirait la sage-femme à répondre valablement à ses
responsabilités professionnelles futures.
Pour la formation de la sage-femme professionnelle et compétente, le pays dispose aujourd’hui
d’un :
1. Référentiel de compétences
2. Référentiel de formation
3. Référentiel d’évaluation
En référence aux familles de situations professionnelles (du référentiel de métier) tout en intégrant
les compétences essentielles pour la pratique de base du métier des sage-femmes édictées par la
confédération Internationale des sage-femmes (ICM).
Les compétences essentielles ciblées et retenues pour la sage-femme de la RDC sont au nombre de
7. Pour construire ces outils, les experts du Ministère de l’Enseignement Supérieur, Universitaire et
de la Recherche Scientifique ; ceux du Ministère de la Santé Publique, ceux des Institutions de
formation et les représentants des associations professionnelles, se sont réunis successivement 3 ans
durant en ateliers résidentiel à Kinshasa, Kisantu et Mbanza-ngungu.
En 2019 et 2020, une reforme a été initiée pour basculer à l’arrimage LMD, les experts se sont
retrouvés dans plusieurs endroits pour mettre en place un curricula de sage-femme. Un curricula a
été mis en place pour ce cycle de Licence, Pré-master et Master. Pour la licence, les compétences
essentielles pour la pratique du métier de sage-femme en RDC, ont intégré celles décrites par la
Confédération Internationale des Sage-femmes (ICM). Au terme de la Licence sage-femme, les
apprenants devront faire preuve des compétences suivantes :
Compétence 1. S’engager professionnellement dans le respect des dimensions
déontologiques, éthiques, légales et réglementaires ;
Compétence 2. Gérer les ressources pour l’accomplissement de son travail (sa pratique
professionnel) ;
Compétence 3. Mettre en place une démarche diagnostique en vue de résoudre un problème
de santé posé par la cible SRMNEA ;
Compétence 4. Offrir les services, les soins essentiels, d’urgence et spécifiques
culturellement acceptables par les cibles SRMNEA ;
Compétence 5. Communiquer de manière appropriée en faveur des cibles SRMNEA ;
Compétence 6. Accompagner la femme, le couple et leurs familles dans le vécu des
situations types SRMNEA ;
Compétence 7. Mener des recherches en vue d’améliorer sa pratique.
Ces compétences sont celles que toute sage-femme devrait avoir acquises lors de sa formation avant
l’entrée en service. Elles s’appliquent d’une façon transversale dans les 5 familles de situations
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professionnelles de l’ICM qui décrivent, les contextes des activités d’intégration (pratique sur
mannequin, stages…), que les apprenants de chaque promotion doivent pouvoir gérer :
1. Compétences générales ;
2. Pré-grossesse et soins prénatals ;
3. Soins pendant le travail et l’accouchement ;
4. Soins continus aux femmes et aux n-nés ;
5. Soins d’urgences.
CHAPITRE 2. LA DEONTOLOGIE DE LA PRATIQUE SAGE-FEMME
2.1 Exercice de la profession d’une sage-femme
L’exercice de la profession de sage-femme comporte une série de responsabilités et de tâches
fondamentales liées aux soins de santé maternelle et infantile. En tant que professionnelle de la
santé, la sage-femme intervient dans diverses étapes du parcours reproductif de la femme, allant de
la préconception jusqu'aux soins postnatals, en passant par l'accouchement et le suivi
gynécologique.
Dans le domaine de la santé, il y a 3 classifications des professions de santé à savoir :
1. Professions médicales ;
2. Professions de la pharmacie ;
3. Auxiliaires médicaux (Infirmier, Kinésithérapie, Pédicure-podologue, Ergothérapeute,
Psychomotricien, Orthophoniste, Orthoptiste, Manipulateur en électroradiologie médicale,
Audioprothésiste, Opticien-lunetier, Prothésiste et Orthésiste, Diététicien).
Classification des professions médicales
1. Médecin,
2. Chirurgien-dentiste et
3. Sage-femme
La Sage-femme exerce une profession autonome comme tout autre : Elle réunit les critères d’une
profession :
Une science ;
Un Art ;
Une pratique ;
Une philosophie ;
Un corpus de valeurs partagées entre pairs ;
Une autonomie.
2.2 La Profession de Sage-Femme : Un Art et une Science
La profession de sage-femme est à la fois un art et une science, une combinaison unique qui
nécessite des compétences techniques approfondies, une compréhension des principes biologiques
et médicaux, ainsi qu'une sensibilité et un savoir-faire dans la gestion des aspects émotionnels,
culturels et humains de la maternité.
2.2.1 La profession Sage-Femme en tant que Science
CT Thomas DIWAMBANZILA. +243896213386. Histoire, Ethique et Déontologie de la PSF. 23
a. Fondement scientifique et médical
La science derrière la profession de sage-femme repose sur une connaissance approfondie de la
biologie humaine, de l’anatomie, de la physiologie, et de la pathologie obstétricale. Ces
compétences permettent à la sage-femme de comprendre les mécanismes du travail, de
l’accouchement et du post-partum, ainsi que de détecter les complications potentielles.
Suivi médical de la grossesse : La sage-femme utilise des protocoles scientifiques pour
surveiller le développement de la grossesse, en prenant des mesures telles que la pression
artérielle, la prise de poids, le suivi de la croissance fœtale, et la gestion des tests de
dépistage des maladies ou des infections ;
Compétences techniques : La sage-femme emploie des compétences pratiques et
techniques issues de la médecine pour gérer l'accouchement et les complications. Par
exemple, l’utilisation de dopplers pour écouter le cœur du fœtus, la prise en charge des
hémorragies post-partum, la gestion des médicaments en fonction des besoins médicaux,
ou encore les gestes de secours dans les situations d’urgence obstétricales ;
Connaissances pharmacologiques et cliniques : Elle doit maîtriser l'utilisation de certains
médicaments, comme les analgésiques ou les médicaments administrés en cas de
complications (ex : médicaments pour arrêter une hémorragie, traitement des infections,
etc.), tout en comprenant les risques et les interactions.
b. L’importance des recherches et des données probantes
Les sage-femmes, comme toutes les professionnelles de santé, sont tenues de mettre en pratique des
soins fondés sur des données probantes. Cela signifie qu'elles appliquent des connaissances issues
de la recherche scientifique, des protocoles médicaux et des directives cliniques validés pour assurer
la sécurité et le bien-être de la mère et de l'enfant.
Les formations continues, les publications scientifiques, et les évaluations cliniques permettent à
la sage-femme de rester à jour avec les dernières avancées médicales et de garantir que ses pratiques
respectent les normes internationales de santé.
2.2.2 La profession Sage-Femme en tant qu'Art
a. L’Art de l’accompagnement émotionnel et psychologique
Au-delà de la rigueur scientifique, la profession de sage-femme est également marquée par une
dimension humaine et émotionnelle importante. L’aspect « art » de la sage-femme réside dans sa
capacité à être à l’écoute, empathique et sensible face aux émotions et aux attentes des femmes
enceintes et de leurs familles.
Soutien émotionnel pendant la grossesse et l'accouchement : L’accouchement est une
expérience profondément émotionnelle et souvent stressante. La sage-femme doit faire
preuve de compassion, de patience et de rassurance pour apaiser la peur, gérer l'anxiété de la
parturiente et l’aider à vivre son accouchement de manière positive. Cela peut inclure des
gestes comme des mots réconfortants, un contact physique apaisant (comme une prise en
charge douce), ou la création d'une atmosphère calme et rassurante ;
Gestion de la douleur : Bien que la médecine moderne offre des solutions pharmacologiques
pour la gestion de la douleur, la sage-femme doit aussi être en mesure d’appliquer des
techniques non-médicamenteuses, comme la méthode Lamaze, la respiration et les postures
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d’accouchement, ou d’autres formes de relaxation et de gestion de la douleur qui peuvent
améliorer l’expérience de la parturiente.
b. L’Art de la communication
La sage-femme est aussi une communicante de première ligne. Elle doit savoir adapter son
discours, ses gestes et ses conseils à chaque patiente, en tenant compte de son contexte culturel, de
son niveau d'éducation, et de ses besoins personnels.
Écoute active : Une sage-femme doit être capable de créer une relation de confiance avec la
patiente, en écoutant ses inquiétudes, ses peurs et ses désirs. Cela favorise un
accompagnement personnalisé et soutient la prise de décision partagée, une approche de
soins qui considère les choix de la femme enceinte comme essentiels ;
Conseil et éducation : L’art de l’éducation et du conseil est également fondamental. La sage-
femme guide les femmes et les familles à travers des thèmes complexes comme la grossesse,
l’allaitement, la parentalité, et la contraception, en explorant les croyances culturelles tout en
proposant des conseils adaptés à chaque situation.
c. Adaptabilité et gestion des imprévus
L’accouchement peut parfois être un processus imprévisible. La capacité de la sage-femme à réagir
avec créativité et à adapter ses actions face à des complications imprévues est un aspect
fondamental de l’art de sa profession.
Gestion des urgences : En cas de complication ou de situation d'urgence, la sage-femme doit
être capable de prendre des décisions rapides, de gérer les imprévus tout en restant calme et
en conservant la confiance de la patiente. Par exemple, face à une hémorragie post-partum, à
un problème de présentation du fœtus ou une dystocie des épaules, l’art de la sage-femme
réside dans sa réactivité et sa maîtrise de la situation ;
Adaptation aux besoins individuels : Chaque accouchement est unique, et la sage-femme
doit adapter ses actions en fonction des besoins spécifiques de chaque femme, que ce soit
pour le suivi prénatal, le choix des positions d’accouchement ou l'accompagnement post-
natal.
2.2.3 La Complémentarité de l'Art et de la Science
Les deux dimensions l’art et la science de la profession de sage-femme ne sont pas opposées, mais
complémentaires. La science apporte à la sage-femme les outils techniques et les connaissances
nécessaires pour assurer des soins de qualité et gérer les risques médicaux. En revanche, l’art
permet à la sage-femme d’appliquer ces connaissances dans des contextes humains,
émotionnels et culturels diversifiés, tout en respectant la dignité, les choix et les valeurs de chaque
femme.
Ainsi, la sage-femme est un mélange de compétences techniques et humaines : elle doit posséder
une solide formation scientifique pour intervenir dans les aspects physiopathologiques de la
grossesse et de l’accouchement, tout en cultivant des qualités humaines, empathiques et
interpersonnelles pour accompagner les femmes et leurs familles dans une des expériences les plus
intenses et significatives de leur vie.
La profession de sage-femme est un métier hybride, qui mêle à la fois art et science, et qui se
situe au carrefour de l’expertise technique et de l'accompagnement humain. Pour être une sage-
femme compétente, il faut non seulement maîtriser les bases scientifiques et médicales de la
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grossesse, de l’accouchement et du post-partum, mais aussi faire preuve de sensibilité, de
compassion et de créativité pour accompagner chaque femme de manière personnalisée et
respectueuse. C’est cette combinaison unique qui rend cette profession essentielle dans la société,
en garantissant des soins maternels de qualité tout en préservant l'humain au cœur de
l’accompagnement
La sage-femme exerce donc la profession médicale à compétences définies. Elle appartient à l’art
de guérir et celle est liée au serment d’HIPPOCRATE. Selon leur statut, les sage-femmes relèvent
du régime de protection sociale des professions libérales. La sage-femme est un prestataire de soins
« Elle dépend de l’art de guérir…Elle est dans le prendre soin…ce qui est diffèrent de
soigner »
L’essence même de la profession, c’est l’accouchement et la grossesse physiologique, elle fait un
accompagnement, pas une intervention. Une sage-femme n’est pas prise par l’acte technique, elle
pose un autre regard sur la grossesse et l’accouchement. Son attention (sage-femme) pour la
grossesse et l’accouchement en tant que processus naturel constitue naturellement la base de sa
pratique professionnelle.
Aujourd’hui la médecine considère de moins en moins l’être humain comme une unité de pensée
cognitive et intuitive, d’où une approche « Bio-médicalisation de la grossesse et de
l’accouchement ». La sage-femme, pour sa part, les aborde dans une perspective plus holistique.
Naitre, c’est plus qu’un simple départ biologique du corps de la mère, signifiant l’entrée dans
le monde.
La naissance est un processus psychosomatique caractérisée par une interaction active entre la mère
et l’enfant « les femmes ont le sentiment d’avoir (réussi) leur accouchement lorsque les
accompagnants médicaux restent dans leur rôle et accompagnant la naissance, plutôt que de se
l’accaparer par des gestes médicaux invasifs, ce qui conduit les femmes à se sentir dépossédées de
la mise au monde de leur enfant ». = Regain de l’accouchement naturel= regain de la sage-
femme =
La sage-femme est spécialisée dans son domaine pour traiter, en toute autonomie, des aspects liés à
la physiologie et aux soins de première ligne. Pour les soins considérés à haut risque, elle agit en
considération avec les médecins. L’évolution biologique nous montre que la femme est capable
d’accoucher et que le bébé est capable de naitre. Dès lors, ce n’est que sur indication claire et nette
que la technologie médicale doit être admise pendant la grossesse et la naissance.
En cas de déviation du cours normal de la grossesse, de l’accouchement ou des suites des couches,
la sage-femme collaborera avec le médecin traitant pour assurer, en équipe, les soins optimaux. Il
est indispensable que les gynécologues-obstétriciens et les sage-femmes s’écoutent et qu’ils
respectent leurs compétences respectives. S’ils placent tous deux (sage-femme et gynécologue-
obstétricien) l’intérêt de la mère et de l’enfant au centre des préoccupations, la sage-femme
conservera sa place en tant que spécialiste en obstétrique physiologique et en sauvegarde de
cette dernière.
L’exercice de la profession de la sage-femme comporte la pratique des actes nécessaires au
diagnostic, à la surveillance de la grossesse et à la préparation psychoprophylactique à
l’accouchement, ainsi qu’à la surveillance et à l’assistance à l’accouchement et des soins postnataux
en ce qui concerne la mère et l’enfant. L’examen postnatal peut être pratiqué par une sage-femme si
la grossesse a été normale et si l’accouchement a été eutocique.
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L’exercice de la profession sage-femme peut comporter également la réalisation des consultations
de contraception et de suivi gynécologique de prévention, sous réserve que la sage-femme adresse
la femme à un médecin en cas de situation pathologique.
Différence entre Sage-femme/Médecin/Infirmier
• Exerçant une profession médicale, ce qui démarque la sage-femme de la médecine est que sa
pratique s’adresse donc à la grossesse et à l’accouchement qui se déroulent normalement,
tandis que l’exercice de la médecine consiste quant à elle, à évaluer et à diagnostiquer toute
déficience de la santé de l'être humain, à prévenir et à traiter les maladies dans le but de
maintenir la santé ou de la rétablir.
• La sage-femme est dans « l’art de prendre soins » et le médecin dans « l’art de guérir ».
• L’infirmier est dans l’art de donner les soins.
C’est quoi la couleur ROSE qui identifie la sage-femme ?
La rose est la fusion du rouge qui représente le danger que court la femme lors de son
accouchement (sang) avec le blanc qui représente l’espoir qu’apporte la sage-femme qui prend soin
d’elle. Ceci rassure la vie du couple mère-enfant.
• Couleur rouge qui est un danger + couleur blanc qui est de l’espoir =
• Couleur rose qui donne la vie, la joie, la paix, l’amour, l’espoir, la confiance, et prône le
respect de droits
Champ de pratique de la « SAGE-FEMME »
• Les soins post-abortum pour réduire les complications et séquelles relatives ;
• Accouchement physiologique ;
• Consultation de la gynécologie préventive (dépistage de cancers du col et de sein…) ;
• Prescrire les examens prénuptiaux ;
• Prescrire les examens et les médicaments relevant de son champ de pratique et donner des
conseils en période pré-conceptionelle ;
• L'insertion, le suivi et le retrait des dispositifs intra-utérins et des implants contraceptifs
(toute contraception en dehors du ressort chirurgical) ;
• La rééducation périnéo-sphinctérienne en cas de troubles consécutifs à un accouchement
• Réaliser les revues des décès maternels ;
• La délivrance artificielle et la révision utérine ;
• La ventouse et forceps ;
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• L'accouchement lors des certaines mauvaises présentations (siège, face…) ;
• Pratiquer l'extraction manuelle du placenta suivie de la révision utérine manuelle ;
• La réanimation du nouveau-né ;
• Le dépistage des troubles neurosensoriels du nouveau-né ;
• Réparer d’épisiotomie ou déchirure du 1e et 2e.
SAGE-FEMME, tu as une identité professionnelle
1. Tu as un nom : SAGE-FEMME
2. Professionnel médical à compétences définies à l’obstétrique physiologique, gynécologie
préventive et la planification familiale ;
3. Spécialiste de l’obstétrique physiologique ;
4. Profession autonome et libérale ;
5. La Rose.
2.2 Code de Déontologie International pour les Sage-femmes
Le Code de Déontologie International pour les sage-femmes a été formulé par la Confédération
Internationale des Sage-Femmes (ICM) afin de guider les sage-femmes dans l’exercice de leur
profession et de garantir des soins de santé maternelle et infantile de qualité, éthiques, respectueux
et fondés sur les droits de l’homme. Ce code reflète les principes fondamentaux qui sous-tendent
l'éthique et la pratique de la profession de sage-femme à l’échelle mondiale.
Le Code de Déontologie de l'ICM est destiné à fournir une base éthique et professionnelle, quel que
soit le contexte national, culturel ou économique. Il est conçu pour protéger la dignité des femmes,
des nouveau-nés, des familles et des sage-femmes elles-mêmes.
2.3.1 Principes et Valeurs Fondamentales du Code de Déontologie pour les Sage-Femmes
Le code repose sur plusieurs principes éthiques qui sont essentiels pour garantir une pratique de
qualité, respectueuse et sensible à la diversité.
Respect des droits de la personne
Respect des droits de la femme et de la famille : La sage-femme doit toujours protéger et
promouvoir les droits de la femme, en particulier les droits reproductifs, le droit à
l'autonomie, la dignité et la confidentialité ;
Respect de l'autonomie et de la liberté de choix : La sage-femme soutient les femmes et
leurs familles dans leurs décisions de santé, tout en offrant des informations et des conseils
adaptés, leur permettant de faire des choix éclairés concernant leur santé et leur bien-être ;
Non-discrimination : Les sage-femmes doivent respecter la diversité culturelle, sociale,
religieuse, ethnique et économique des personnes qu’elles soignent. Aucun jugement ni
discrimination ne doit être exercé sur la base de ces critères.
Pratique professionnelle compétente et sécuritaire
Formation continue : Les sage-femmes doivent maintenir un haut niveau de compétence
tout au long de leur carrière, en se tenant informées des nouvelles recherches, technologies
et méthodes de soins. Elles doivent participer à des formations professionnelles continues
afin de garantir la qualité des soins ;
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Compétence dans l'exercice des soins : Les sage-femmes doivent fournir des soins
appropriés à chaque situation et savoir quand référer un patient à un autre professionnel de
la santé en cas de besoin ;
Assurance de la sécurité : La sécurité des femmes et des nouveau-nés est primordiale. Les
sage-femmes doivent veiller à éviter toute action susceptible de mettre en danger la santé de
la mère ou de l’enfant.
Respect de la confidentialité et de la vie privée
Confidentialité des informations : Les sage-femmes sont tenues de respecter la
confidentialité des informations personnelles et médicales de leurs patientes. Aucune
information ne doit être partagée sans le consentement éclairé de la patiente, sauf si la loi
l'exige ou en cas de danger pour la vie de la patiente ou de l'enfant ;
Protection de la vie privée : Elles doivent garantir que la vie privée des femmes et des
nouveau-nés est respectée, notamment en ce qui concerne les discussions médicales, les
examens physiques, et les données personnelles.
Pratique respectueuse et bienveillante
Soins respectueux et dignes : La sage-femme doit traiter toutes les patientes avec respect,
dignité, et compassion, indépendamment de leur statut social, économique ou culturel ;
Écoute et accompagnement : Elle doit prêter une attention particulière à la communication
avec les patientes, en étant attentive à leurs besoins, préoccupations, et émotions, en
particulier dans le cadre de l'accouchement, une expérience souvent marquée par de fortes
émotions.
Engagement envers l’amélioration des conditions de santé publique
Promotion de la santé maternelle et infantile : La sage-femme a un rôle crucial dans la
prévention des maladies et des complications, en conseillant sur les pratiques de santé
sexuelle et reproductive, en fournissant un accès à des soins prénatals de qualité, et en
favorisant la planification familiale ;
Accès équitable aux soins : La sage-femme doit soutenir l’accès des femmes aux soins de
santé nécessaires et réduire les inégalités d'accès, en particulier dans les zones rurales ou les
communautés marginalisées ;
Promotion de la santé publique : Elle doit encourager l’éducation sanitaire et la prévention
des maladies, promouvoir l’allaitement maternel, et sensibiliser les femmes aux pratiques de
santé reproductive et sexuelle.
Engagement envers la collaboration interprofessionnelle
Collaboration avec d'autres professionnels de santé : Les sage-femmes doivent travailler
en étroite collaboration avec les autres membres du personnel médical (médecins, pédiatres,
infirmiers, etc.) pour offrir des soins de santé globaux et complets ;
Respect des autres disciplines : La sage-femme doit être en mesure de travailler en équipe
tout en respectant les compétences et l’expertise des autres professionnels.
Responsabilité sociale et professionnelle
Responsabilité personnelle et professionnelle : La sage-femme est responsable de la qualité
des soins qu'elle prodigue et doit agir avec honnêteté, intégrité et respect des normes
professionnelles ;
Lutte contre les pratiques non-éthiques : Elle doit dénoncer toute forme de maltraitance, de
négligence, ou de pratique illégale, et ne doit jamais participer à des pratiques qui vont à
l'encontre des droits des patientes ou des principes éthiques de la profession.
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Respect des lois et des normes locales
Conformité avec la législation : Les sage-femmes doivent se conformer aux lois,
régulations et normes en vigueur dans leur pays d’exercice, tout en tenant compte des
principes universels des droits de l’homme et de la dignité ;
Loi et éthique : Dans des situations où il existe un conflit entre la législation locale et les
principes éthiques universels, les sage-femmes doivent défendre les droits des femmes et des
nouveau-nés tout en se conformant aux meilleures pratiques possibles.
Le Code de Déontologie International de la sage-femme est un guide essentiel pour promouvoir des
soins de qualité, basés sur l'éthique, la dignité humaine, la confidentialité, la compétence
professionnelle et la collaboration interprofessionnelle. Il vise à garantir que les sage-femmes
puissent fournir des soins respectueux et bienveillants aux femmes et aux nouveau-nés, tout en
répondant aux défis complexes de la santé maternelle et infantile dans des contextes variés à
l’échelle mondiale.
Ce code n’est pas seulement un ensemble de règles, mais un reflet des valeurs fondamentales qui
guident le travail quotidien des sage-femmes et la protection des droits fondamentaux des
femmes et des enfants dans le monde entier
2.4 Droits, statut global, rôles et responsabilités juridiques de la SF
Les droits, le statut global, ainsi que les rôles et responsabilités juridiques des sage-femmes
varient en fonction des pays, mais il existe des principes communs dans la majorité des législations
internationales. En général, les sage-femmes sont des professionnelles de santé spécialisées dans
l’accompagnement des femmes pendant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale, et
elles exercent également des soins à la santé reproductive des femmes. Le cadre juridique encadrant
leur pratique est souvent défini par des lois nationales, des décrets, des conventions et des
règlements spécifiques.
2.4.1 Droits de la sage-femme
Les droits des sage-femmes sont d’abord protégés par les normes professionnelles et légales qui
encadrent leur pratique. Les principaux droits incluent :
Droit à l'exercice de la profession : Les sage-femmes doivent généralement obtenir un
diplôme reconnu, passer des examens et être inscrites à un ordre professionnel pour exercer
légalement ;
Droit à la formation continue : Elles ont droit à des formations régulières pour maintenir
leurs compétences à jour et suivre les évolutions médicales et scientifiques dans leur
domaine ;
Droit à la protection contre les discriminations : Les sage-femmes bénéficient de la
protection juridique contre toute forme de discrimination liée à leur genre, leur origine, leur
religion, leur statut social, etc. ;
Droit à la reconnaissance professionnelle : En tant que professionnelles de santé, les sage-
femmes ont le droit de voir leur travail reconnu et respecté au sein des équipes médicales et
dans la société.
2.4.2 Statut global de la sage-femme
Le statut global de la sage-femme repose sur un cadre juridique et réglementaire qui varie selon les
pays, mais en général, elle est considérée comme une profession médicale autonome, bien que
souvent complémentaire à d'autres métiers de la santé (comme les obstétriciens et les médecins).
CT Thomas DIWAMBANZILA. +243896213386. Histoire, Ethique et Déontologie de la PSF. 30
En fonction de la législation, la sage-femme peut avoir un statut :
Autonome : Dans certains pays, la sage-femme peut exercer de manière indépendante,
notamment dans les pays où l’accouchement à domicile est légal ou où les sage-femmes sont
habilitées à suivre les grossesses normales et à gérer les accouchements sans intervention
médicale directe ;
Dépendante ou supervisée : Dans d’autres pays, les sage-femmes exercent sous la
supervision d'un médecin ou d'un obstétricien, particulièrement lorsqu’il s’agit de cas
compliqués ou de pathologies spécifiques.
Le statut juridique de la sage-femme peut également impliquer la reconnaissance de certaines
privilèges médicaux, comme la prescription de médicaments (en fonction des pays), ou de
certaines pratiques spécifiques comme la rééducation périnéale, la gestion de la contraception, etc.
2.4.3 Rôles des sage-femmes
Les rôles des sage-femmes incluent une large gamme de responsabilités, non seulement pendant la
grossesse et l’accouchement, mais aussi dans l’accompagnement pré et post-natal :
Accompagnement de la grossesse : La sage-femme suit le déroulement de la grossesse,
surveille la santé de la mère et de l’enfant, et dispense des conseils sur la nutrition, l’activité
physique, et la préparation à l’accouchement ;
Gestion de l’accouchement : Lors de l’accouchement, la sage-femme assiste la femme en
salle de travail, surveille la progression de l’accouchement, aide à la naissance et prend en
charge l’immédiat après-accouchement. Elle est également formée à la gestion de
complications éventuelles (hémorragies, dystocies, etc.) ;
Soins post-natals : Après l’accouchement, la sage-femme continue à suivre l’état de santé
de la mère et du nourrisson, prodiguant des soins (éducation à l’allaitement, soins au bébé,
gestion des douleurs post-partum) ;
Éducation à la santé : Elle assure également des consultations et des actions de prévention
(par exemple sur la contraception, l’éducation à la parentalité) ;
Prise en charge des pathologies bénignes : Dans certains pays, les sage-femmes ont le
droit d’assumer certaines fonctions, comme la gestion des infections urinaires ou les bilans
de santé gynécologique.
2.4.4 Responsabilités juridiques de la sage-femme
Les sage-femmes, comme tout professionnel de santé, ont des responsabilités juridiques à la fois
envers leurs patientes et l’État. Ces responsabilités peuvent inclure :
Responsabilité civile : Si la sage-femme commet une erreur, que ce soit par négligence,
imprudence ou erreur de jugement, elle peut être tenue civilement responsable et devoir
indemniser les victimes pour les dommages subis ;
Responsabilité pénale : En cas de faute grave, d’abus ou d’omission, la sage-femme peut
également être poursuivie pénalement. Cela inclut par exemple les erreurs de diagnostic, les
blessures ou la négligence dans le cadre de l’accouchement ;
Obligation de confidentialité : La sage-femme doit respecter le secret professionnel et ne
pas divulguer des informations sur les patientes sans leur consentement, sauf en cas de
danger immédiat ;
Respect des normes éthiques et professionnelles : Elle doit exercer son activité dans le
respect des normes déontologiques établies par les autorités compétentes (par exemple, le
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code de déontologie des sage-femmes), et être vigilante à la qualité des soins prodigués,
notamment en matière de consentement éclairé et de respect de la dignité des patientes ;
Pratique dans le cadre de ses compétences : La sage-femme est tenue d'exercer dans le
cadre de ses compétences, et elle doit savoir orienter la patiente vers un médecin en cas de
complication ou lorsque la situation dépasse ses capacités de prise en charge.
2.4.5 Encadrement légal et déontologique
Les sage-femmes sont régies par des lois spécifiques qui varient d'un pays à l'autre. Ces lois
précisent généralement :
Les conditions d'accès à la profession : Les diplômes requis, les qualifications nécessaires
pour exercer, les conditions d'inscription à l’ordre professionnel, etc. ;
Les domaines d’exercice autorisés : Ce que les sage-femmes peuvent ou ne peuvent pas
faire en fonction de leur formation et des lois nationales ;
Les règles de pratique professionnelle : Les sage-femmes doivent suivre des protocoles
spécifiques dans la gestion des accouchements, les soins postnataux et la prévention ;
Les obligations de suivi et de mise à jour des connaissances : Elles doivent se former
régulièrement pour se maintenir à jour dans les meilleures pratiques.
En conclusion, les sage-femmes ont un rôle primordial dans le système de santé, et leurs droits, leur
statut et leurs responsabilités juridiques sont protégés et encadrés par des normes nationales et
internationales. Elles assurent une fonction clé dans la santé des femmes, en particulier en matière
de reproduction, et doivent naviguer dans un cadre juridique strict afin de garantir la qualité et la
sécurité des soins.
2.5 Rappel sur l’Ordre de sage-femme en RDC
Préambule !
La profession de sage-femme a évolué de l'accoucheuse à celle de sage-femme, de la profession
auxiliaire à la profession médicale et autonome à compétence limitée à l'obstétrique physiologique
et gynécologie préventive, en assurant la prise en charge de la santé sexuelle et reproductive de la
mère, du nouveau-né et de l'adolescente.
Cette profession de sage-femme est exercée en République Démocratique du Congo sans cadre
légal clair régissant les professionnels. D'où la nécessité de créer un Ordre pouvant réguler
l'exercice de cette profession et faciliter l'accès aux services de santé sexuelle et reproductive de
qualité.
L'arrêté ministériel n°100/MINESURS/[Link]/BCL/CB/NKA/2013 du 14/09/2013 portant
révision de certaines dispositions de l'arrêté ministériel n° MINESU/CAB MIN/067/2004 du
06/07/2004 fixant les programmes et les durées d'études qui préparent à un grade académique, a fait
évoluer la question dans notre pays. Cet arrêté ministériel rend l'orientation accoucheuse autonome
de la section « sciences infirmières » et transforme l'orientation accoucheuse en section « sage-
femme ». La présente loi trouve son fondement dans les dispositions des articles 36 alinéa 5 et 202
points 36 d et 0 de la Constitution du 18 février 2006, telle que modifiée à ce jour.
Elle précise ses organes et fixe son fonctionnement au niveau national, provincial et local. Elle
introduit les conditions d'admission, regroupe au sein de l'Ordre toutes les sage-femmes autorisées à
exercer en République Démocratique du Congo, détermine leurs droits et devoirs et donne à l'Ordre
le pouvoir de sanction à travers ses organes.
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Cette loi comprend six chapitres suivants :
Chapitre 1er : Des dispositions générales ;
Chapitre II : Du champ de la pratique sage-femme ;
Chapitre III : Des organes et du fonctionnement ;
Chapitre IV : Des droits et des devoirs ;
Chapitre V : De la discipline ;
Chapitre VI : Des dispositions transitoire, abrogatoire et finale. Telle est l'économie générale
de la présente loi.
2.5.1 Des dispositions générales
Article 1er. La présente loi crée l'Ordre national des sage-femmes en République
Démocratique du Congo, en sigle « ONSAF », ci-après dénommé Ordre. Elle organise
l'Ordre et les règles relatives à l'exercice de la profession sage-femme, conformément aux
dispositions des articles 36 alinéa 5 et 202 points 36 d et 0 de la Constitution. L'Ordre est
doté de la personnalité juridique.
Article 2. Le siège de l'Ordre est établi à Kinshasa, capitale de la République Démocratique
du Congo. Il peut être transféré exceptionnellement en tout autre lieu du pays sur décision de
l'Assemblée générale.
Article 3. Au terme de la présente loi, on entend par :
Sage-femme : une personne qui a réussi à un programme de formation dûment reconnu
par l’état congolais et qui basé sur les compétences essentielles de surveiller la
grossesse et d’assister les femmes lors de l’accouchement et la période post-partum ;
Pratique de sage-femme : tout acte posé par une sage-femme par lequel il s'engage, dans le
cadre de son rôle propre, à fournir un service à la cliente et à sa famille et en identifiant les
besoins de santé sexuelle et reproductive de la mère et de l'adolescente.
Accoucheuse du niveau A2 : C’est une personne qui a réussi à un programme de 4 ans de
formation technique secondaire des accoucheuses après la 4ème année d’enseignement
général dûment reconnu par l’état congolais ;
Accoucheuse du niveau A3 ou Accoucheuse auxiliaire : C’est une personne qui a réussi à un
programme de 2 ans de formation technique secondaire des accoucheuses après la 3 ème année
d’enseignement secondaire général dûment reconnu l’état congolais ;
Matrone est une personne qui n’a reçu aucun programme de formation structurée, mais
initiée sur les cas pour assister les femmes au moment de l’accouchement ;
Accouchement : C’est l’ensemble des phénomènes qui ont pour conséquence la sortie du
fœtus et de ses annexes hors des voies génitales maternelles ;
Période post-partum : C’est la Période suivant l’accouchement pendant laquelle la mère
retrouve son état initial d’avant la grossesse.
Article 4. L'Ordre assure la régulation de la profession de sage-femme.
A ce titre, il veille :
Au respect des principes d'éthique, de moralité, de probité, de compétence et de dévouement
indispensables à l'exercice de la profession de sage-femme ;
A la défense de l'honneur et de l'indépendance de la profession ;
A l'observance, par tous ses membres, des devoirs professionnels ainsi que des règles
édictées par le code de déontologie de la profession de sage-femme ;
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A la vulgarisation de bonnes pratiques dans la profession de sage-femme, des innovations
scientifiques, des textes législatifs et réglementaires.
Article 5. Est membre de l'Ordre, toute personne physique diplômée dans la formation de
sage-femme et inscrite au tableau de l'Ordre.
Articles 6. L'inscription au tableau de l'Ordre est soumise aux conditions suivantes :
1. être de nationalité congolaise ;
2. être d'une bonne moralité ;
3. posséder le diplôme de SF, au moins, du niveau de licence, ou tout autre titre jugé
équivalent par le ministre de l’ESU ;
4. avoir réussi au test d'évaluation organisé par l’Ordre ;
5. détenir une certification valide de moins de 2 ans à la formation sur les urgences
obstétricales et néonatales ;
6. prêter le serment de la sage-femme devant le conseil de l'Ordre.
Après avoir rempli les conditions énumérées aux points 1, 2, 4, 5 et 6 de l'alinéa précédent,
l'accoucheuse du niveau A2 est inscrite provisoirement sur la liste de stage. Elle est inscrite au
tableau après validation d'un stage de deux ans sous la supervision d’une sage-femme inscrite au
tableau et ayant une expérience d'au moins 5 ans dans l'exercice du métier.
L'accoucheuse auxiliaire A3 comme catégorie en extinction, doit faire preuve d'une expérience d'au
moins 10 ans dans l'exercice du métier de sage-femme, et remplir les conditions prévues au point 1,
2, 4, 5 et 6, pour être inscrite au tableau de l'Ordre.
Toutefois, les sage-femmes d'origine étrangère, résidant en République Démocratique du Congo,
peuvent être inscrites au tableau de l'Ordre, si elles remplissent les conditions prévues aux points 2,
3 et 4 ci-dessus, sous réserve de réciprocité ».
Article 7 La demande d'inscription au tableau est adressée au Conseil national par le canal
des conseils provinciaux. Cette demande est accompagnée des documents suivants :
Un certificat de nationalité ;
Une copie certifiée conforme des diplômes ou équivalents ;
Un certificat de bonne conduite, vie et mœurs délivré par l'autorité du lieu de résidence ;
Un extrait du casier judiciaire ;
Un certificat d'aptitude physique ;
Une attestation de réussite au test d'évaluation. Sans préjudice de l'alinéa 4 de l'article 6 ci-
dessus, pour la SF de nationalité étrangère, une attestation d'honorabilité délivrée par
l'Ordre étranger auquel appartient ou a appartenu le requérant qui réunit les conditions
indiquées à l'alinéa 2 du présent article, est requise.
Article 8. Nul ne peut exercer la profession de sage-femme s'il n'est inscrit au tableau de
l'Ordre.
Article 9. La sage-femme exerce une profession médicale à compétences limitées à
l'obstétrique physiologique et à la gynécologie préventive et prend en charge la santé
sexuelle et reproductive des mères ainsi que des nouveau-nés. Elle offre des soins et des
services génésiques avant et durant la grossesse, l'accouchement et la période postnatale. En
cas de déviation de la courbe physiologique en ante, per et postnatal, elle offre les soins en
collaboration avec le gynécologue-obstétricien ou autre spécialiste, s'il échec.
Article 10. Un arrêté du ministre ayant la santé publique dans ses attributions détermine les
actes spécifiques à la profession de sage- femme.
Article 11. Les organes de l'Ordre sont : l'Assemblée générale ; le Conseil national ;
l'Assemblée provinciale ;
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Le Conseil provincial ; le Conseil urbain et le Conseil territorial.
Les missions dévolues aux organes nationaux s'appliquent mutatis mutandis aux organes
provinciaux avec restriction à leur ressort territorial respectif et la gestion des matières spécifiques à
caractère local. La prééminence des décisions revient aux organes nationaux. Le Règlement
intérieur détermine les modalités pratiques de fonctionnement et de collaboration entre les organes
nationaux et les organes provinciaux ;
La présente loi entre en vigueur trente jours après sa publication au Journal officiel. Fait à Kinshasa,
le 30 novembre 2023 Felix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO
NB. Les autres articles de la Loi feront l’objet de travaux pratiques.
2.6 Rappel sur les associations professionnelles des sage-femmes
Les associations professionnelles constituent un grand soutien nécessaire dans la mise en œuvre des
recommandations, normes et directives de l’ICM. Une association professionnelle puissante,
soutenue par ses membres et reconnue par les pouvoirs publics, par l’autorité réglementaire et par
les instituts de formation, est le troisième ‘pilier’ de la profession de sage-femme. Il peut s’agir
d’une association expressément destinée aux sage-femmes, ou d’une association d’infirmières qui
accepte les sage-femmes et défend leurs intérêts.
Les associations de sage-femmes ont plusieurs rôles et attributions :
Elles assurent la promotion de la pratique de sage-femme, des normes professionnelles et de
la qualité des soins ;
Elles contribuent à la mise au point et au soutien des programmes nationaux de formation ;
Elles sont les partenaires des autorités réglementaires pour assurer la formation en cours
d’emploi dans le respect des normes et des règles ;
Elles travaillent avec d’autres associations de professionnels de la santé et avec le Ministère
de la santé et les autorités sanitaires locales pour élaborer des politiques et des normes
relatives à la santé procréative et aux soins maternels et néonatals ;
Elles encouragent l’établissement d’un réseau de relations professionnelles et une pratique
interdisciplinaire ;
Elles négocient une rémunération appropriée et le barème des traitements avec les autorités
et cherchent à améliorer les conditions de travail ; viables, ayant des politiques et des
procédures bien définies, pour guider leurs activités et leur instance de direction.
En RDC, l’Union Nationale des Accoucheurs Accoucheuses du Congo, UNAAC en sigle est la
seule association professionnelle qui luttait pour la promotion de la profession et la pratique sage-
femme. Cette association a été créée en l’an 2000 à l’initiative de son feu président Patrice
SAMUKUNGU et ses collaborateurs. Elle s’est assignée comme objectif global de rassembler tous
(tes) les accoucheurs- accoucheuses de la RDC afin de lutter contre la mortalité maternelle et
infantile par certaines de ses causes évitables.
Elle avait obtenu son agrément à 2002. L’association a évolué dans une léthargie jusqu’à 2010 ou à
la suite de la nomination de la conseillère pays à l’UNFPA que l’association a décollé avec l’appui
du partenaire, l’association a réalisé multiples activités allant de sa visibilité, à la prise en charge de
la cible SMNE par des opérations des sensibilisations et des campagnes sur le VIH/SIDA et de la
planification familiale.
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L’UNAAC a aussi participé activement à la réforme du curricula de formation des sage-femmes
qui a donné lieu à l’autonomisation de l’ancienne orientation accoucheuse, devenue section sage-
femme au niveau des Instituts Supérieurs des Techniques Médicales (ISTM).
Depuis, l’année 2014, avec l’appui de CUSO International, l’UNAAC a entamé un certain nombre
de réforme pour son virement vers la Société Congolaise de la Pratique Sage-femme SCOSAF
en sigle. Il a facilité l’élaboration du Plan Stratégique (PS) qui donne l’orientation et permet à
l’association d’élaborer le Plan de Travail Annuel (PTA) pour la réalisation des activités, qui, pour
certaine exige l’élaboration d’un Terme de Référence (TDR).
La SCOSAF avait aidé des experts sage-femmes de l’Association Canadienne de Sage-femmes pour
l’élaboration du projet de l’Ordre qui est en vigueur aujourd’hui. Avant d’y arriver, la SCOSAF a
procédé à la refonte de ses statuts et Règlement Intérieur pour se conformer à la logique de l’ICM.
De l’UNAAC à la SCOSAF. L’assemblée générale ainsi convoquée le 29 mars 2017, a connu la
participation des représentants de 4 provinces ainsi que certains cadres de la ville de Kinshasa, et a
permis la validation du projet des statuts et règlement intérieur de l’UNAAC.
A l’occasion, tel que prévoyait les nouveaux statuts, une nouvelle dénomination a vu le jour, ainsi
l’UNAAC s’appellera désormais SCOSAF (Société Congolaise de la Pratique Sage-Femme).
Une deuxième assemblée extraordinaire a été convoquée en Mai 2017, cette assemblée a connu la
validation d’un avant-projet de loi portant sur la création et fonctionnement de l’ordre de sage-
femme en RDC. C’est un processus sur la création et fonctionnement de l’ordre de sage-femme en
RDC. C’est un processus en cours d’autres instances compétentes en ce moment.
La SCOSAF
La Société Congolaise de la pratique Sage-femme (Scosaf en sigle) est une société savante
qui regroupe à son sein les sage-femmes (Accoucheuses, Obstétriciens) de la République
Démocratique du Congo ;
C’est l’unique association nationale en RDC ;
La société compte aujourd'hui environ 2610 membres sur les 6340 sage-femmes en RDC ;
Siège sociale : Pavillon 26 de l’HGPRK au croisement des avenues wangata et hôpital
C/Gombe ville province de Kinshasa ;
Année de création : 2000 ;
Président fondateur : Patrice SAMUKUNGU MAWANGA Samy (2000 – 2014) ;
Personnalité juridique : 2001 ;
Dénomination : de l’UNAAC à la SCOSAF ;
La Scosaf est opérationnelle dans 20 provinces sur les 26.
VISION, MISSION ET OBJECTIFS
La vision de la SCOSAF : Avoir une République Démocratique du Congo où chaque
femme, nouveau-né, enfant et adolescent (e) a droit aux soins d’une sage-femme compétente
et jouit d’une bonne santé génésique ;
La mission de la SCOSAF : Faire progresser à travers la République Démocratique du
Congo les objectifs et aspirations des sage-femmes pour atteindre des meilleurs résultats
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pour la cible SRMNEA, en s’appuyant sur la philosophie et le modèle de soins de la
pratique Sage-femme ;
Les Objectifs de la SCOSAF sont :
1. Regrouper toutes les sage-femmes de la RDC sans distinction de race, de religion ou
d’idéologie ;
2. Améliorer la santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent (e) à travers la
République Démocratique du Congo ;
3. Défendre les intérêts professionnels et moraux de ses membres ;
4. Promouvoir, soutenir et renforcer les capacités de ses membres pour une pratique sage-
femme compétente ;
5. Maintenir le principe de moralité, de probité et de dévouement indispensable de l’exercice
de la profession ;
6. Promouvoir la vision et mission de la SCOSAF en RDC.
ROLE DE LA SF et la SCOSAF en SRMNEA RDC
Les sage-femmes de la RDC, particulièrement confrontée à une mortalité maternelle très élevée , ont
besoin d’être renforcé et de se rassembler autour d’une forte association pour jouer le rôle
attendu d’elles dans l’amélioration de la santé maternelle.
2.7 Chartre des Droits fondamentaux des Femmes et des SF
La Charte des Droits Fondamentaux des Femmes et des Sage-Femmes vise à énoncer et à garantir
les droits des femmes en matière de santé reproductive, tout en définissant les principes éthiques qui
régissent la pratique des sage-femmes. Cette charte est conçue pour promouvoir des soins de santé
maternelle respectueux, sûrs et de qualité, et pour assurer la protection des droits humains dans le
domaine de la santé reproductive.
Elle met en avant les droits des femmes à recevoir des soins dignes, respectueux et accessibles,
tout en définissant le rôle essentiel des sage-femmes en tant que défenseures de ces droits, garantes
du bien-être maternel et infantile, et professionnelles responsables.
2.7.1 Droits Fondamentaux des Femmes
Les droits des femmes en matière de santé reproductive sont au cœur de cette charte. Ils incluent les
principes suivants :
a. Droit à la dignité et au respect
Chaque femme a droit à être traitée avec respect, dignité et considération, indépendamment
de son statut social, culturel, économique, ethnique ou religieux ;
Les femmes doivent pouvoir prendre des décisions éclairées concernant leur santé
reproductive, leur grossesse, leur accouchement et leur parcours postnatal.
b. Droit à l'autonomie et à la liberté de choix
Le droit de choisir le type de soins qu'elles souhaitent recevoir, y compris les choix
concernant l'accouchement (à domicile, en hôpital, en maison de naissance) et les options de
gestion de la douleur ;
Droit à l'information complète et transparente concernant les risques, les bénéfices et les
alternatives possibles aux traitements médicaux et aux interventions obstétricales.
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c. Droit à des soins de santé maternelle de qualité
Chaque femme a droit à des soins prénatals, d'accouchement et postnatals de qualité, quels
que soient ses moyens financiers, sa situation géographique ou ses conditions sociales ;
Les femmes doivent avoir accès à des services de santé sexuelle et reproductive, y compris
la planification familiale, le suivi de la grossesse, l'accouchement et les soins après
l'accouchement, dans un cadre sécurisé et respectueux.
d. Droit à la non-discrimination
Aucun soin ne doit être conditionné par la race, la classe sociale, l'ethnie, la religion,
l'orientation sexuelle, le statut migratoire ou tout autre facteur discriminatoire ;
Les femmes doivent être protégées contre toute forme de violence obstétricale, y compris
les abus physiques, psychologiques et émotionnels durant la grossesse, l’accouchement ou
les soins postnataux.
e. Droit à la confidentialité et à la vie privée
Les informations médicales et personnelles des femmes doivent être protégées de manière
rigoureuse ;
Le respect de la vie privée de la femme doit être assuré pendant les examens médicaux, les
consultations et les interventions obstétricales.
f. Droit à un accouchement sécurisé
Les femmes ont droit à un accouchement sûr, avec l'accès à une assistance qualifiée de sage-
femmes et d’autres professionnels de santé compétents, dans des conditions adéquates de
sécurité et d'hygiène ;
En cas de complication, les femmes ont droit à des soins d’urgence appropriés, y compris
des soins obstétricaux spécialisés en cas de besoin.
g. Droit à la participation active dans les décisions concernant leur santé
Les femmes doivent être informées, impliquées et consulter dans les décisions concernant
leur grossesse et leur accouchement ;
Prise de décision partagée : la femme, en tant que personne concernée, doit participer
activement aux décisions de soins qui affectent son corps et sa vie.
h. Droit à un environnement de soins favorable
Les femmes doivent avoir accès à un environnement de soins où elles se sentent soutenues et
respectées. Cela inclut un accueil chaleureux, une écoute active, et une communication claire.
2.7.2 Droits et Responsabilités des Sage-Femmes
Les sage-femmes jouent un rôle clé dans la réalisation des droits des femmes, et elles doivent
exercer leur métier dans le respect des principes éthiques et déontologiques.
a. Droit à une pratique autonome et responsable
Les sage-femmes ont le droit d'exercer leur métier de manière autonome dans le cadre de
leurs compétences et selon les normes professionnelles en vigueur, tout en respectant les
règles éthiques et déontologiques ;
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Elles ont également la responsabilité de prendre des décisions professionnelles qui sont dans
le meilleur intérêt des femmes et des nouveau-nés, et de savoir quand référer à un autre
professionnel de santé en cas de complications.
b. Droit à la formation continue et à l’actualisation des compétences
Les sage-femmes ont le droit à une formation continue afin de rester compétentes dans un
domaine en constante évolution, notamment en matière de nouvelles technologies, de
recherche scientifique et de meilleures pratiques en obstétrique et gynécologie ;
Elles ont la responsabilité de maintenir leurs compétences professionnelles à jour pour
garantir la qualité des soins fournis aux femmes et aux nouveau-nés.
c. Droit à un environnement de travail sécurisé
Les sage-femmes ont droit à des conditions de travail sûres et à des ressources adéquates
pour pratiquer leur profession, y compris des équipements médicaux appropriés et un
soutien professionnel dans des environnements de travail sains et organisés ;
Elles doivent aussi être protégées contre toute forme de violence professionnelle, y compris
les abus physiques ou verbaux de la part des patients, de leurs familles, ou des collègues.
d. Droit à la protection et à la sécurité juridique
Les sage-femmes doivent être protégées par des lois et régulations claires qui encadrent
leur pratique et qui les défendent contre les accusations injustifiées ou les pratiques
discriminatoires ;
Elles doivent être formées à comprendre et à respecter les droits des femmes, ainsi qu'à
défendre ces droits en cas de violation.
e. Responsabilité d’assurer un accompagnement respectueux et bienveillant
Les sage-femmes doivent pratiquer avec compassion, empathie et respect, en répondant
aux besoins émotionnels, psychologiques et physiques des femmes sous leur soin ;
Elles doivent s'assurer que l’accouchement et les soins postnatals sont fournis dans un cadre
de respect des droits de la patiente, tout en tenant compte de ses préférences culturelles,
émotionnelles et personnelles.
f. Responsabilité de promouvoir la santé publique et l'éducation sanitaire
Les sage-femmes ont une responsabilité éducative et doivent promouvoir la santé
reproductive, l’allaitement maternel, la prévention des infections et les bonnes pratiques
de santé maternelle ;
Elles doivent également sensibiliser les femmes aux risques liés à la grossesse, à la
contraception, et aux pratiques de soins pour le nouveau-né, afin de contribuer à la réduction
de la mortalité maternelle et infantile.
2.7.3 Engagement à Respecter les Valeurs de la Charte
Les sage-femmes et les femmes elles-mêmes doivent s'engager à respecter et promouvoir les
valeurs et principes énoncés dans cette Charte. Ce respect mutuel est essentiel pour garantir une
relation de soins fondée sur la confiance, le respect des droits de la femme, et la promotion du bien-
être maternel et infantile.
Engagement des Sage-Femmes
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S'assurer que toutes les femmes reçoivent des soins respectueux, dignes et adaptés à leurs
besoins spécifiques ;
Garantir la sécurité, le confort et l'autonomie des femmes tout au long de leur parcours de
santé reproductive ;
Exercer la profession en respectant les principes éthiques et en adhérant à une pratique
fondée sur des données probantes.
Engagement des Femmes
Faire des choix éclairés concernant leur santé reproductive et leur parcours de soins ;
Participer activement à la prise de décisions et poser des questions pour comprendre les
options de soins qui leur sont offertes ;
Rechercher et accéder à des soins de santé maternelle qui respectent leur dignité, leur
confidentialité, et leurs droits.
La Charte des Droits Fondamentaux des Femmes et des Sage-Femmes représente un cadre éthique
et pratique visant à protéger les droits des femmes et à guider les sage-femmes dans leur pratique
professionnelle. Elle met l'accent sur l'autonomie, la sécurité, la dignité et le respect, tant pour les
femmes que pour les sage-femmes elles-mêmes. En appliquant les principes de cette charte, la
profession de sage-femme peut continuer à évoluer de manière à offrir des soins plus équitables et
plus respectueux, contribuant ainsi à la réduction de la mortalité maternelle et infantile à l’échelle
mondiale.
2.8 La Philosophie des Soins de Pratique Sage-Femme selon l'ICM
La Confédération Internationale des Sage-Femmes (ICM) définit une philosophie de soins qui
reflète l'engagement des sage-femmes envers des pratiques professionnelles fondées sur les droits
humains, le respect de la dignité des femmes, et l'accès à des soins de santé maternelle de qualité.
Cette philosophie repose sur des principes éthiques, culturels, et sociaux, visant à promouvoir des
soins respectueux, holistiques et de qualité pour la mère, l'enfant, et la famille. Elle s’articule autour
de la santé reproductive, de la prévention, de la participation active de la femme dans ses choix
de santé et de l’autonomie dans la gestion de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum.
Principes Fondamentaux de la Philosophie des Soins de Pratique Sage-Femme de l'ICM sont les
suivants :
1. Respect de la Dignité et des Droits des Femmes
La philosophie des soins de pratique sage-femme place la dignité humaine au cœur de chaque
interaction. Les sage-femmes sont formées pour respecter et protéger les droits des femmes, y
compris leur droit à la confidentialité, à l’autonomie et à des soins adaptés. Ce principe exige que
les sage-femmes traitent chaque femme comme un individu unique, avec ses croyances, son
histoire, et ses besoins spécifiques.
Autonomie de la femme : Chaque femme a le droit de prendre des décisions éclairées sur sa
santé reproductive et ses soins de maternité. La sage-femme soutient cette autonomie en lui
fournissant des informations claires et adaptées ;
Droit à l’information et à la participation : Les femmes doivent être pleinement
informées sur leurs choix de soins afin de pouvoir participer activement à la planification et
à la prise de décisions concernant leur grossesse, leur accouchement et leur bien-être.
2. Soins Centrés sur la Femme et Holistiques
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La pratique sage-femme, selon l'ICM, repose sur une approche holistique qui considère la femme
dans sa globalité physique, émotionnelle, mentale et spirituelle. Les sage-femmes apportent des
soins qui tiennent compte des dimensions biologiques, psychologiques, sociales et culturelles de
la femme.
Prise en charge globale : Les sage-femmes reconnaissent que l’expérience de la grossesse,
de l’accouchement et du post-partum est multifacette et influencée par des facteurs sociaux
et émotionnels. Elles abordent les soins avec une compréhension empathique et offrent un
soutien physique, émotionnel et psychologique ;
Accompagnement personnalisé : La sage-femme doit individualiser ses soins pour chaque
femme en tenant compte de ses besoins spécifiques, de son contexte social, de ses croyances
et de ses choix personnels.
3. Respect de la Nature et de la Physiologie
Les sage-femmes favorisent une approche naturelle et physiologique de la grossesse et de
l’accouchement, sauf en cas de nécessité médicale. Elles croient fermement que l'accouchement est
un processus naturel et qu’il ne doit être médicalisé que lorsqu’il existe des complications.
Soutien aux accouchements physiologiques : Là où il n’y a pas de contre-indications
médicales, les sage-femmes encouragent et soutiennent des accouchements sans
intervention, respectant les besoins et le rythme naturels de la femme et de son bébé ;
Prévention et surveillance : La sage-femme surveille la grossesse et l'accouchement,
identifiant les signes de complications éventuelles afin d'assurer la sécurité de la mère et de
l'enfant tout en respectant le processus naturel.
4. Collaboration et Travail en Équipe
La philosophie des soins de l'ICM reconnaît l'importance de la collaboration interprofessionnelle
dans la prestation de soins de santé maternelle. Bien que les sage-femmes soient formées pour
prendre en charge la grossesse, l’accouchement et le post-partum de manière autonome, elles
travaillent également en étroite collaboration avec d’autres professionnels de la santé lorsque des
soins spécialisés sont nécessaires.
Collaboration avec d’autres professionnels de santé : Dans le cadre de la prise en charge
de la grossesse et de l’accouchement, les sage-femmes peuvent référer les femmes à des
médecins, des pédiatres ou d’autres spécialistes lorsque des complications surviennent ou
lorsque des soins spécialisés sont requis ;
Approche interdisciplinaire : La sage-femme fait partie d’une équipe élargie qui œuvre
ensemble pour garantir la santé de la mère et du bébé. Cela inclut des relations étroites avec
les pédiatres, les obstétriciens, les infirmiers et d'autres acteurs du système de santé.
5. Accessibilité et Équité
La philosophie des soins de l'ICM insiste sur le droit universel des femmes à des soins de qualité,
quel que soit leur statut social, économique, culturel ou géographique. Les sage-femmes jouent un
rôle clé dans la réduction des inégalités d'accès aux soins de santé maternelle, en particulier dans les
régions rurales ou défavorisées.
Accès aux soins pour toutes : Les sage-femmes doivent œuvrer pour rendre les soins de
santé maternelle accessibles à toutes les femmes, y compris celles vivant dans des zones
rurales, marginalisées ou économiquement défavorisées ;
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Réduction des inégalités : Elles s’engagent à offrir des soins équitables, en tenant compte
des besoins spécifiques des différentes populations, y compris les femmes migrantes, les
réfugiées, et celles issues de groupes minoritaires ou vulnérables.
6. Soutien à la Famille et à la Communauté
Les sage-femmes considèrent la famille et la communauté comme des partenaires clés dans la
prestation des soins. La pratique sage-femme inclut un soutien non seulement à la mère mais aussi
au partenaire et à la famille, en les impliquant dans le processus de décision, l'éducation prénatale
et le soutien postnatal.
Soutien aux familles : Les sage-femmes jouent un rôle central dans l’éducation des familles
en matière de soins à la maternité, à la naissance et au nouveau-né, en offrant un soutien au
père et à la famille immédiate pour favoriser un environnement de soins nourrissant ;
Soutien communautaire : La sage-femme travaille souvent au sein de la communauté,
offrant des conseils et des services à domicile ou dans des maisons de naissance
communautaires. Cela renforce le rôle de la sage-femme dans le soutien aux familles et à la
communauté dans son ensemble.
7. Pratique Fondée sur l’Évidence et la Recherche
La pratique sage-femme de l'ICM repose sur des soins fondés sur les preuves scientifiques et
l’application de recherches récentes en obstétrique et en santé publique. L’ICM encourage
l’engagement des sage-femmes dans la recherche afin de garantir que leurs pratiques soient les plus
efficaces et les plus sûres possible.
Mise à jour des pratiques : Les sage-femmes sont encouragées à participer à la recherche
et à se tenir informées des nouvelles données et pratiques fondées sur des recherches
probantes pour assurer que leurs soins sont à la pointe de l’efficacité ;
Amélioration continue : La pratique sage-femme implique également un engagement
envers l'amélioration continue, afin de garantir des soins de qualité et d'apporter des
réponses aux défis rencontrés dans la pratique quotidienne.
La philosophie des soins de pratique sage-femme définie par l'ICM repose sur des principes
d'autonomie, de respect, de dignité, de justice et d'équité. Elle privilégie une approche holistique,
naturelle et centrée sur la femme, tout en soulignant la nécessité de la collaboration
interprofessionnelle et de la recherche fondée sur l'évidence pour garantir des soins de qualité.
En tant que gardiennes de la santé maternelle et infantile, les sage-femmes contribuent à un modèle
de soins respectueux, empathique et sécurisé, visant à améliorer les résultats de santé des femmes et
des enfants à l'échelle mondiale.
CHAPITRE 3. ETHIQUE DE LA PROFESSION SAGE-FEMME
Les professions de la santé ont cette particularité de travailler sur l’être humain, sur la vie. Aussi,
sera-t-on plus exigeant envers celles-ci, car aucune erreur tant consciente qu’inconsciente n’est
permise.
La moindre négligence observée de la part du professionnel peut être fatale pour le patient. A cet
effet, il faut méditer devant chaque acte à poser. Il faut surtout éviter la précipitation dans les gestes
techniques.
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La nécessité d’insister sur les notions étiques dans l’exercice de la profession sage-femme est
primordiale. Aucun professionnel ne serait considéré comme tel s’il n’appuie pas ses pratiques
quotidiennes sur les éléments éthiques.
L’éthique a donc ceci de particulier qu’elle permet au professionnel (sage-femme) de réfléchir sur
les fondements moraux de ses actions. Elle favorise chez celui-ci la mise en exergue des valeurs
morales universellement acceptées. Sans éthique aucune profession n’a sa raison d’être, en
définitive, elle favorise l’humanisation des soins.
Le but de l’éthique dans la profession sage-femme est de permettre de parvenir à des normes
morales universelles à partir d’une analyse réflexive sur l’être humain. L’éthique est alors un vaste
champ de réflexion philosophique, mais pratique que chaque professionnel de la santé doit
appliquer dans l’exercice de sa profession.
3.1 Explication des principaux concepts
Morale : Dans son sens étymologique, morale vient du mot latin mos-oris, au pluriel more
qui signifie mœurs. Utilisé dans son sens pratique, la morale est une science des
comportements humains. Elle est aussi un ensemble des règles propres à une culture.
Certains auteurs la rapprochent de l’éthique et elle concerne toujours l’agir humain en tant
que comportement réglé c'est-à-dire soumis et obéir à certaines normes ou règles ;
Morale professionnelle : C’est l’ensemble des règles qui régissent une profession. Pour la
sage-femme, la morale professionnelle est donc l’ensemble des règles et normes à observer à
tout prix dans l’exercice de sa profession ;
Ethique : Ce mot vient du Grec ETIKE ou encore ETHOS qui désigne aussi les mœurs.
Aussi, certains auteurs emploient-ils les deux concepts c'est-à-dire morale et éthique comme
des synonymes dont l’un est latin et l’autre grec.
Par contre d’autres auteurs les différencient. Dans ce cas, l’éthique étudie les principes généraux
et philosophiques, la morale, les comportements humains, ici, l’éthique est plus théorique que la
morale. L’éthique réfléchit davantage sur les fondements de la morale
En résumé, l’éthique se rapporte surtout à une science morale normative c’est-à-dire l’étude des
mœurs, normes et valeurs qui doivent être respectées et qui présupposent une réflexion critique
sur leur validité, sur la conformité au bien, à la vertu ou l’amour de Dieu.
Déontologie : C’est la partie de l’éthique qui traite des droits et des devoirs moraux
propres à une profession. La déontologie des professions médico-sanitaires (infirmiers,
sage-femmes et techniciens médico-sanitaires) peut se définir comme une science des
devoirs moraux de ses membres, leur permettant d’être éclairé sur l’attitude à adopter
devant les situations ou les occasions particulières qui naissent du fait de l’exercice de leur
art et des relations humaines avec le malade qu’implique cet exercice.
Ainsi, le code de déontologie est l’ensemble des règles morales (devoirs, droits) élaborées pour le
bon fonctionnement d’une profession. C’est en fait un code moral pour la profession, pour veiller à
l’application de ces règles. Les ordres professionnels à l’instar de l’ordre des professions médico-
sanitaires ;
3.2 Ethique professionnelle de sage-femme
L’éthique professionnelle de la sage-femme est un ensemble de principes et de règles qui guide la
pratique de la profession en veillant au respect des droits des patientes et en garantissant des soins
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de qualité, humains et respectueux. Les sage-femmes sont soumises à des normes déontologiques
strictes, établies par des ordres professionnels, des associations de sage-femmes et des lois
nationales. Ces principes éthiques reposent sur la dignité humaine, la confidentialité, le respect de
l’autonomie des patientes, la compétence professionnelle et la responsabilité.
Respect de la dignité humaine
La sage-femme doit toujours agir dans le respect de la dignité et de l'intégrité des femmes, des
bébés et des familles. Chaque patiente est un être unique et mérite des soins qui préservent sa
valeur, ses droits et sa culture.
Cela se traduit par des pratiques de soins respectueuses, l’écoute active des patientes, le respect de
leurs choix et préférences, et la garantie qu’aucune forme de violence ou de maltraitance (physique,
psychologique ou morale) ne soit exercée ;
Autonomie de la patiente et consentement éclairé
Chaque patiente a le droit de prendre des décisions concernant sa santé. Cela inclut le droit de
recevoir des informations complètes et compréhensibles pour faire un choix éclairé sur les soins
qu'elle reçoit.
Avant toute intervention, que ce soit pour un suivi prénatal, un accouchement ou un soin post-natal,
la sage-femme doit expliquer les options disponibles, les risques et les bénéfices de chaque
intervention et obtenir le consentement éclairé de la patiente. Si la patiente est incapable de
consentir (par exemple, en cas d'urgence), la sage-femme doit agir dans l'intérêt supérieur de la
personne en s’appuyant sur les principes de bienveillance.
Confidentialité et respect de la vie privée
Les informations relatives à la santé de la patiente sont privées et doivent être protégées. Cela
comprend non seulement les informations médicales, mais aussi les détails personnels de la vie de
la patiente.
La sage-femme doit garantir que toutes les informations obtenues dans le cadre de ses soins sont
gardées confidentielles, sauf si la patiente donne son autorisation explicite pour les partager, ou s’il
existe une obligation légale de les divulguer (par exemple, en cas de menace grave pour la santé
publique).
Compétence professionnelle et formation continue
La sage-femme doit veiller à maintenir un niveau de compétence élevé en suivant les meilleures
pratiques fondées sur les données scientifiques et les évolutions médicales. La formation continue
est essentielle pour adapter ses compétences aux besoins changeants des patientes et des contextes
médicaux.
Elle doit s'engager à se former tout au long de sa carrière, participer à des séminaires, des
conférences, et des formations pratiques pour mettre à jour ses connaissances. Elle doit également
respecter les normes professionnelles et les protocoles médicaux en vigueur ;
Bienveillance et non-malfaisance
La sage-femme a le devoir d'agir de manière à maximiser le bien-être de la patiente tout en
minimisant les risques et les dommages. L'idée de non-malfaisance stipule que l'on ne doit jamais
causer de tort à la patiente.
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Cela implique une prise en charge attentive, notamment en cas de complications, et un respect
scrupuleux des procédures de soins pour éviter toute erreur médicale. L’éthique exige également
une prise en charge holistique, prenant en compte la santé mentale et émotionnelle de la patiente,
pas seulement les aspects physiques ;
Justice et équité dans les soins
La sage-femme doit fournir des soins équitables à toutes les patientes, indépendamment de leur
statut socio-économique, de leur origine ethnique, de leur âge, de leur orientation sexuelle, de leur
croyance religieuse ou de tout autre critère.
Elle doit veiller à ce que chaque femme ait un accès égal aux soins de qualité, en particulier dans les
contextes de vulnérabilité (femmes enceintes vivant dans la précarité, femmes migrantes, etc.).
L’équité implique également de ne pas faire de distinction injustifiée entre les patientes et d’assurer
un traitement juste et respectueux pour toutes.
Responsabilité et redevabilité
La sage-femme doit être responsable de ses actions, de ses décisions et de leurs conséquences. Elle
doit aussi répondre de son comportement devant ses pairs, ses supérieurs hiérarchiques, et les
autorités professionnelles et juridiques.
En cas d'erreur ou de malfaçon, la sage-femme doit assumer sa responsabilité et prendre les mesures
nécessaires pour rectifier la situation, notamment en signalant toute erreur à son supérieur ou en
prenant des mesures pour éviter de futures complications. Elle doit également être consciente des
implications de ses décisions et de ses actions sur la santé de la patiente et de l'enfant ;
Respect des valeurs culturelles et sociales
Les sage-femmes doivent être sensibles aux différences culturelles et aux croyances des patientes,
tout en veillant à leur fournir des soins appropriés et respectueux.
Par exemple, une sage-femme peut être confrontée à des pratiques culturelles concernant
l'accouchement, l’allaitement ou la gestion de la douleur. Elle doit faire preuve de respect et de
tolérance tout en garantissant que les soins dispensés respectent la santé et la sécurité de la mère et
de l'enfant. L’écoute active et la communication sont essentielles pour comprendre les besoins
spécifiques des patientes.
3.3 Principes généraux de l’éthique clinique
L’éthique clinique touche toutes les décisions, incertitudes, conflits de valeurs et dilemmes auxquels
les sage-femmes, médecins et les équipes médicales sont confrontés au chevet du patient, en salle
d’opération, en cabinet de consultation ou en clinique et même au domicile.
L’éthique clinique est centrée d’abord sur le patient ; elle tient compte de sa situation
médicale, de ses souffrances, de son histoire personnelle et familiale et de ses volontés ;
L’éthique clinique s’occupe aussi des souffrances des soignants et des malaises
institutionnels ;
Elle tient également compte des principes et des valeurs sociales en cause afin d’éclairer la
situation.
La bioéthique est fondée sur 4 principes à savoir :
1. Principe d’autonomie ;
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2. Principe de bienfaisance ;
3. Principe de non-malfaisance ;
4. Principe de justice.
Un principe éthique est une obligation morale que nous respectons pour agir. Définir un principe
éthique, c’est répondre à la question : « Que faire pour bien faire ? » En éthique clinique (de soins)
nous avons l’obligation morale d’agir selon les quatre principes de base.
1. Autonomie des patients (Est-ce que le prestataire s’inquiète de ce que veut le patient ?)
Chaque personne a le droit de prendre les décisions qui la concernent, et d’abord celle d’accepter ou
de refuser le traitement qui lui est proposé. De ce principe découle le devoir d’informer le patient et
de recueillir son consentement, devoir qui est explicitement énoncé dans le Code de déontologie.
Toute personne capable de discernement a le droit de prendre les décisions qui la concernent,
d’accepter ou de refuser un traitement qui lui est proposé.
1. Respect du patient par le prestataire ;
2. Libre choix du prestataire par le patient ;
3. Temps d’écoute accordé au patient ;
4. Respect du point de vue du patient sur sa situation ;
5. Contribution d’un tuteur ou personne de confiance en cas de limite de l’autonomie du patient ;
6. Informations concernant la maladie et les risques encourus données au patient ;
7. Consentement libre et éclairé du patient avant tout intervention ;
8. Dossier médical disponible et possibilité de sa consultation par le patient ou une personne de
confiance ;
9. Secret médical respecté.
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2. Bienfaisance : (Est-ce que le prestataire veille à agir dans le sens du bien-être du patient ?). Par
ailleurs, il s’agit Promouvoir, faire le bien, prévenir, éradiquer le mal.
1. Accueil chaleureux ;
2. Salle d’attente propre avec bancs appropriés ;
3. Box de consultation propre ;
4. Lit, matelas et drap propre ainsi que tout autre objet pouvant servir 5. Pas d’abus de la part du
prestataire ou autres personnels de l’établissement
6. Piqure bien donnée ;
7. Suture et pansement bien réalisé.
3. Non malfaisance (Est-ce que le prestataire, dans la prise en charge du patient, veille à ne pas
nuire ?)
Ce principe stipule que nous devons agir d'une manière qui n’infliger le mal ou causer du tort aux
autres. En particulier, nous ne devrions pas causer un dommage intentionnel. Cela inclut d'éviter
même le risque de préjudice. C'est important de souligner que ce principe peut être violé avec ou
sans intention. C'est important de ne pas à vouloir nuire à ce principe. En fait, vous n'avez même
pas avoir à causer des dommages.
Si vous avez sciemment ou inconsciemment soumis un patient ou collègue à risque inutile, vous
avez violé ce principe.
1. Respect de l’heure de l’administration des soins ;
2. Pas d’acharnement thérapeutique ;
3. Pas d’utilisation des produits expirés ;
4. Port des gants avant tout actes ;
5. Soins d’urgence dispensés par un personnel qualifié ;
6. Désinfection des objets à usage multiple après utilisation ;
7. Attitudes du corps soignant dans la salle de soins ou dans la chambre ;
8. Hygiène des mains ;
9. Gestion adéquate de toutes sortes des déchets ;
10. Poubelle appropriée avec couverte ;
11. Incinérateur des déchets biomédicaux disponible et fonctionnel ;
12. Hygiène hospitalière requise ;
13. Electricité satisfaisante.
4. Justice (Est-ce que le prestataire traite les patients de façon loyale, équitable et appropriée tout en
tenant compte des spécificités ?)
L’Organisation Mondiale de la Santé retient un dernier principe dans la répartition des moyens. Elle
insiste pour que dans le monde entier tout malade puisse recevoir les soins dont il a besoin ; il s’agit
d’inciter les gouvernements à promouvoir des actions politiques en faveur des patients de toute
catégorie.
Mais ce principe s’applique aussi à la pratique médicale individuelle : il n’est pas juste qu’il y ait
encore des inégalités dans la répartition et la qualité des soins. Le principe de justice est étroitement
lié à celui de solidarité.
1. Respect de l’ordre d’arrivé pour voir le médecin ou la sage-femme ;
2. Pas de distinction entre les sexes ;
3. Pas de distinction entre patients dans l’administration des soins ;
4. Respect de la spécificité des cas ;
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5. Dédommagement lors d’erreur commise par l’hôpital.
L’éthique de la profession de sage-femme repose sur des valeurs essentielles telles que le respect
des droits humains, l'autonomie, le bien-être et l’équité. Les sage-femmes doivent être des
professionnelles compétentes, capables de jongler entre la dimension technique et humaine de
leurs soins, en assurant à chaque femme un suivi respectueux, personnalisé et adapté à ses besoins.
Leur éthique implique aussi une vigilance constante, un engagement envers des soins de qualité et
une capacité à défendre les droits des femmes face aux défis de la société et du système de santé.
La pratique de la sage-femme, fondée sur ces principes éthiques, est cruciale pour garantir des soins
maternels dignes et respectueux, tout en contribuant à une maternité plus sûre et équitable pour
toutes les femmes.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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