Les neurosciences valident les
bienfaits de la méditation
Table des matières
1 Introduction .............................................................................................. 2
2 Les techniques de méditation aident à mieux gérer ses émotions ........... 3
2.1 Plusieurs techniques de méditation .................................................... 3
3 Compenser la fonte de la matière grise .................................................... 4
4 Une nouvelle discipline universitaire......................................................... 5
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Introduction
D’après de nouvelles études, inspirées de la pratique des moines bouddhistes,
les techniques de méditation agissent sur le fonctionnement et même sur la structure
du cerveau.
Jusqu’à maintenant, le bénéfice des techniques de méditation sur le vieillissement avait
seulement été suggéré par certains travaux de la Nobel de médecine Elizabeth Blackburn.
Une large étude américaine, dirigée par l’université californienne de Davis sur 100 individus
âgés de 24 à 77 ans, vient de fournir un nouvel argument à cette thèse. Révélée par
l’imagerie par résonance magnétique (IRM), l’anatomie comparée du cerveau de la moitié
d’entre eux pratiquant de façon régulière cette discipline a clairement montré une moindre
altération de la matière grise que dans l’autre groupe, étranger à la pratique.
Selon les auteurs de l’étude, l’intensité de la méditation stimulerait les dendrites (le
prolongement filamenteux des neurones servant à conduire l’influx nerveux) et les synapses
(la connexion des neurones entre eux). Cette puissante sollicitation cérébrale agirait
aussi sur le stress, délétère pour les cellules. L’équipe a prouvé que trois mois intensifs de
méditation affectaient de façon significative l’activité des télomérases, enzymes essentielles
à la protection contre le vieillissement cellulaire.
En dépit des apparences, yeux clos et position placide, la méditation n’a rien d’une
détente. « C’est même tout le contraire qui se produit dans le cerveau », explique le docteur
Jean-Gérard Bloch, qui a inauguré il y a trois ans un diplôme « médecine, méditation et
neurosciences » à la faculté de médecine de Strasbourg.
Il s’agit pour le sujet de se concentrer sur sa « météo intérieure » : les émotions, sensations
et pensées qui circulent librement dans son esprit. L’exercice consiste à focaliser son
attention sur un objet – sa respiration, une partie de son corps… – sans se laisser distraire
par ses pensées ou des stimuli extérieurs. Comme c’est impossible, même pour les
pratiquants les mieux entraînés, l’esprit est plus éveillé que jamais pour dompter ce
vagabondage cérébral et ramener l’attention sur l’objet de la concentration.
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Les techniques de méditation aident à mieux gérer ses émotions
Pendant cette activité, le cerveau s’échauffe. Sous l’œil d’un IRM fonctionnel, une
équipe de l’université Emory d’Atlanta a mis en évidence qu’il sollicitait successivement
quatre réseaux neuronaux liés à l’attention : d’abord le cortex sensoriel et moteur, puis le
cortex antérieur, puis les régions pariétales, pour finir par le cortex préfrontal, et ainsi de
suite pendant toute la durée de la séance. La répétition de ce cycle n’est pas sans
conséquences.
« Nous avons montré que des exercices intensifs de méditation permettaient de
soutenir l’attention et d’améliorer la vigilance cérébrale », explique Antoine Lutz, du
Centre Inserm de neurosciences de Lyon, l’un des premiers à avoir mené des travaux
d’imagerie sur le cerveau de moines bouddhistes comme Matthieu Ricard. Avec ses
collègues de l’université du Wisconsin, il a mis en évidence que le cerveau des méditants
expérimentés était capable de traiter des stimuli deux fois plus rapprochés (moins de
300 millisecondes) qu’un cerveau de novice, qui reste le plus souvent scotché à la première
sollicitation.
Plusieurs techniques de méditation
✓ Pleine conscience. La plus facilement accessible. Elle consiste à focaliser son
attention sur les émotions ressenties à l’instant présent pour augmenter sa
concentration et évacuer un léger stress.
✓ Active. Elle implique le corps en conjuguant une activité physique et de la
spiritualité. On peut par exemple marcher en se concentrant sur ses mouvements et
ainsi dompter ses pensées.
✓ Transcendantale. Associée à un son ou une syllabe qui se répète (un mantra), elle
permet une relaxation profonde en faisant le vide en soi pour atteindre un état de
plénitude
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✓ Vipassana. Littéralement, c’est « voir les choses telles qu’elles sont réellement ».
Fondée sur la respiration, cette technique ancestrale indienne concentre ses effets
sur l’attention.
En poussant plus loin leurs investigations, les chercheurs ont découvert que la
méditation permettait également de mieux gérer ses émotions, une capacité qui manque
aux dépressifs. A l’université de Toronto, des psychologues ont fait pratiquer pendant
plusieurs mois des exercices de pleine conscience à des patients qui avaient connu au
moins trois dépressions. « Le risque de rechute a été réduit de près de 40 % et certains
praticiens considèrent aujourd’hui que ce traitement est au moins aussi efficace qu’une
camisole chimique », rapporte Antoine Lutz. Car les scientifiques savent désormais mieux
ce qui se produit : dans un article publié en 2013 par « Frontiers in Human Neuroscience »,
Catherine Kerr, chercheuse à l’université de Providence, explique le rôle d’aiguilleur joué
par le thalamus, une structure centrale du cerveau réceptrice des sensations corporelles,
dans la distribution de ses informations au cortex : « Le thalamus transmet les sensations
en adressant à la zone correspondante du cortex des impulsions électriques – les ondes
alpha – dont la fréquence varie en fonction de l’intensité de la perception. Quand l’esprit se
concentre sur une partie du corps, les ondes baissent sur la zone cible et la sensation
augmente alors que, partout ailleurs, les ondes alpha augmentent et les sensations
baissent. » On peut ainsi apprendre à atténuer la douleur ou à gérer des pensées
morbides, comme c’est déjà le cas dans plus de 200 hôpitaux américains.
Compenser la fonte de la matière grise
La nouvelle étude des chercheurs américains sur les changements structurels induits
par la méditation suit une série démarrée en 2005 avec les travaux de Sarah Lazar, du
Massachusetts General Hospital de Boston. Elle avait alors remarqué que le tissu cérébral
du cortex préfrontal gauche impliqué dans les processus émotionnels s’épaississait chez
les pratiquants assidus, au point de compenser chez certains la fonte de la matière grise
due au vieillissement. Plus récemment, ses travaux ont également montré chez ceux qui
méditent un développement plus important de l’hippocampe (qui joue un rôle de premier
plan dans la mémorisation, l’apprentissage, la vigilance et l’adaptation à son
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environnement), et au contraire un rétrécissement de l’amygdale (qui gère les émotions, en
particulier nos réactions de peur et d’anxiété).
Certaines études suggèrent aussi que la méditation ne modifie pas seulement le
cerveau, mais agit aussi sur la santé cardiovasculaire, la tension artérielle, l’immunité
et même notre génome. Une étude d’Herbert Benson, de l’hôpital général du
Massachusetts, a ainsi analysé le profil d’expression des gènes de 26 adultes avant et après
une formation à la méditation. Son constat a créé la stupéfaction lors du dernier symposium
de « sciences contemplatives » : en quelques semaines d’exercice, l’expression des gènes
associés à la sécrétion d’insuline et aux mécanismes d’inflammation a significativement
augmenté en même temps que la production de monoxyde d’azote, un gaz vasodilatateur
bénéfique au rythme cardiaque.
Une nouvelle discipline universitaire
Cette année encore, le diplôme universitaire « Médecine, Méditation et Neurosciences »
a fait le plein : 400 inscriptions ont été enregistrées pour seulement 60 places. « Le thème
séduit de plus en plus par son approche complémentaire dans le contexte cartésien des
soins occidentaux », explique le docteur Jean-Gérard Bloch, qui a créé cette formation à
l’université de Strasbourg en 2012. Pendant deux mois, médecins, psychologues,
neurologues, chercheurs et autres chefs de services découvrent la pratique avec une
dizaine d’enseignants et font l’état des lieux des connaissances scientifiques sur les liens
entre le corps et l’esprit, y compris sous l’angle philosophique. « Notre ambition est d’inscrire
la méditation dans un cadre institutionnel élitiste pour en promouvoir l’usage et combattre le
charlatanisme », poursuit le docteur. Plusieurs programmes de recherche sont déjà nés de
cette sensibilisation comme à l’Inserm de Caen, qui a démarré une étude sur la méditation
et le vieillissement. La diffusion de la connaissance passe, aussi, par les futurs médecins :
un module de méditation vient d’être inscrit en troisième année d’étude de la faculté.
Cinquante places sont proposées.
Martin Bilodeau
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Bibliographie
Molga, P. (2015). La méditation validée par les neurosciences. Les Echos.
https://www.lesechos.fr/2015/09/la-meditation-validee-par-les-neurosciences-
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