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Mécanique
1 Athlétisme : le 200 m - Résolution de problème
Le 200 mètres est une épreuve d’athlétisme consistant à parcourir un demi-tour d’une piste d’athlétisme
de 400 m. Il est couru au très haut niveau en moins de 20 secondes pour les hommes et 22 secondes pour
les femmes. Le record du monde masculin est détenu depuis le 20 août 2009 par le Jamaïcain Usain Bolt
avec 19,19 s, tandis que l’Américaine Florence Griffith-Joyner détient depuis 1988 la meilleure performance
féminine avec 21,34 s.
Outre la distance, il existe une différence fondamentale entre le 200 m et le 100 m : le virage. Le virage
oblige le coureur à lutter contre la force centrifuge ; il gaspille donc de l’énergie dans la direction opposée à
celle vers laquelle la force centrifuge le repousse, énergie qu’il ne peut donner qu’avec un placement particulier
de son pied. De ce fait, s’il veut avoir le même rendement, son temps d’appui au sol sera plus long ; son pied
doit donc accélérer son mouvement, si bien que sa poussée ne sera jamais aussi parfaite qu’en ligne droite.
Le virage oblige aussi le sprinteur à adapter sa musculature ; il doit être encore plus solide et gaîné et ses
appuis doivent l’être également. Le virage peut aussi être à l’origine de disqualifications : le sprinteur peu
attentif peut mordre le couloir d’à côté s’il est déporté par la force centrifuge ou s’il lui résiste trop.
Lors d’une course de 200 m, applications numériques à l’appui, déterminer quel est le meilleur des 8
couloirs de la piste d’athlétisme d’un point de vue théorique. Est-ce le cas en pratique ?
Données sur la piste d’athlétisme :
— largeur d’un couloir : 1,2 m
— longueur de la ligne droite : 84 m
— rayon de courbure de la piste extérieur : 46,4 m
2 Mécanique Terrestre
Données :
La Terre est assimilée à une boule homogène de centre O et de rayon R = 6,38.103 km.
Constante universelle de la gravitation : G = 6,67.10−11 u.S.I.
Masse de la Terre : MT = 5,98.1024 kg
Vitesse angulaire de rotation de la Terre autour de l’axe des pôles : ω = 7,29.10−5 rad.s−1
!
Le référentiel géocentrique (RG ) est supposé galiléen et on Z
le munit du repère (OXY Z). Par rapport à celui-ci, le réfé-
rentiel terrestre (RT ) est en rotation uniforme autour de l’axe N
des pôles SN , fixe dans (RG ), avec une vitesse angulaire ω. ! !
(RT ) est muni d’un repère (Axyz) où A est un point de la sur-
face terrestre situé à la latitude λ (Figure 1). Ax est tangent !"
au parallèle et dirigé vers l’Est, Ay est tangent au méridien R !
!! Y
et dirigé vers le Nord et Az est vertical et dirigé vers le haut. plan de O
On désigne par (~ux , ~uy , ~uz ) les trois vecteurs unitaires associés l’équateur
méridien
aux trois axes Ax, Ay et Az. terrestre
Le vecteur rotation de (RT ) par rapport à (RG ) est X
ω
~ = ω ~uZ et il sera supposé constant dans tout le problème.
S
Dans tout le problème, on étudie le mouvement d’un point
matériel M de masse m dans le référentiel terrestre (RT ). Ce Figure 1
point est repéré par ses trois coordonnées cartésiennes (x, y, z)
relativement au repère (Axyz). Le projeté de M sur l’axe de
rotation SN sera noté H.
Le point M reste suffisamment proche de la surface terrestre pour que le champ de gravitation terrestre
puisse s’écrire en première approximation (OM ≈ R) :
~ T = − G MT ~uz , que l’on notera −g0 ~uz
G
R2
I. Champ de pesanteur terrestre
1. Lois de composition des vitesses et des accélérations.
−→
~ ∧ OA et
a) Montrer à l’aide des lois de composition des vitesses et des accélérations que ~vA/RG = ω
−→
~ ∧ (~
que ~aA/RG = ω ω ∧ OA).
b) À partir de la relation générale donnant l’accélération d’entraînement ~ae en un point mobile M ,
−−→
~ ∧ (~
montrer que celle ci peut aussi se mettre sous la forme : ~ae = ω ω ∧ OM ).
−−→
c) Montrer alors que ~ae peut aussi s’écrire : ~ae = − ω 2 HM où H est le projeté de M sur l’axe de
rotation OZ.
2. Montrer que lorsque le point M est uniquement soumis à la force de gravitation, le principe fondamental
de la dynamique s’écrit dans (RT ) :
m ~aM/RT = m~g − 2m ω
~ ∧ ~vM/RT
−−→
où ~g est un vecteur que l’on explicitera en fonction de g0 ~uz , ω et HM .
Dans la suite, on ne considérera que des points très proches de la surface terrestre, de sorte à pouvoir
−−→ −−→
confondre les vecteurs HM et HA. La grandeur ~g représente l’accélération de la pesanteur mesurée
dans le référentiel terrestre, au voisinage du point A.
3. Étude de !~g .
a) Expliciter les composantes de ~g dans la base (~ux , ~uy , ~uz ) en fonction de g0 , ω, λ et R. Application
numérique, calculer gy et gz .
b) Soit α l’angle entre →
−
g0 et ~g . Déterminer tan α en fonction de g0 , ω, λ et R. Application numérique :
calculer α à la latitude λ = 45◦ nord. Que peut-on en conclure ?
4. Donner l’expression de ∆g = gpôle − géquateur , différence des normes de l’accélération de la pesanteur
au pôle et à l’équateur. Calculer la valeur numérique de ∆g. En réalité, on mesure ∆g = 52.10−3 m.s−2 ;
proposer une raison pour expliquer l’écart trouvé.
Compte tenu des valeurs numériques calculées, on admettra par la suite que les composantes de ~g
dans la base (~ux , ~uy , ~uz ) sont (0, 0, − g) avec g = 9,8 m.s−2 .
II. Pendule de Foucault
z
B(0, 0, L)
"!
!
M(x, y, z)
A
y
x
Figure 2!
Le pendule de Foucault est un pendule simple constitué d’un fil inextensible de longueur L suspendu
−−→
à un point B de sorte que AB = L ~uz . À l’autre bout du fil, on attache un petit objet M de masse m
(Figure 2).
−−→
5. Déterminer la tension T~ exercée par le fil sur M en fonction de sa norme T , du vecteur M B et de L.
6. a) Établir les trois équations différentielles auxquelles obéissent les trois coordonnées cartésiennes
(x, y, z) du point M dans le référentiel terrestre (RT ).
Dans la suite du problème, on étudie les petites oscillations au voisinage de A, ce qui suppose que
z ≈ 0, ż ≈ 0 et z̈ ≈ 0. On supposera en outre que | 2ω cos λ ẋ | g.
b) Montrer que les équations différentielles vérifiées par x et y s’écrivent de façon approchée :
g
ẍ − 2ω sin λ ẏ + x = 0
L
ÿ + 2ω sin λ ẋ + g y
= 0
L
Dans la suite, on posera ω02 = g/L et Ω = ω sin λ.
c) Calculer les valeurs numériques de ω0 et Ω pour un pendule situé à la latitude λ = 45◦ et avec
L = 15 m.
7. Afin de résoudre ce système d’équations couplées, on définit la fonction complexe u = x + iy (avec
i2 = −1). Déterminer l’équation différentielle du second ordre à laquelle obéit u. En déduire sa solution
générale (on introduira deux constantes d’intégration sans chercher à les calculer pour le moment).
8. On désire obtenir les équations du mouvement dans le +
repère tournant (Ax0 y 0 z 0 ), d’axe Az 0 confondu avec Az
et tournant autour de Az dans le sens des aiguilles d’une
montre à la vitesse angulaire constante Ω = ω sin λ. A y
On suppose qu’à l’instant t = 0 les deux repères sont
confondus, de sorte que l’angle (~ux , ~ux0 ) = Ωt (Figure
3).
a) (x, y) étant les coordonnées du point M dans (Axyz) y’
et (x0 , y 0 ) les coordonnées de ce même point dans le
Ω
repère (Ax0 y 0 z 0 ), on pose u0 = x0 + iy 0 . Montrer que :
u(t) = u0 (t) exp(−iΩt). t
x’
Figure 3
b) On suppose que la masse oscillante M est abandon- x
née sans vitesse initiale dans la position M0 de coor-
données (x0 > 0, y0 = 0). Montrer que :
x0 (t) = a cos(ω1 t) et y 0 (t) = b sin(ω1 t)
en déterminant les constantes a, b et ω1 .
c) Quelle est la nature de la trajectoire dans le plan
(Ax0 y 0 ) ? Calculer numériquement le rapport b/a ainsi
que l’écart relatif |ω1 − ω0 |/ω0 à la latitude λ = 45◦ nord, avec L = 15 m. Que peut-on en conclure ?
9. Les équations précédentes peuvent s’interpréter comme décrivant un pendule oscillant avec une période
T0 dans un plan (P ) qui tourne autour de l’axe Az avec une période TR . Déterminer T0 ainsi que la
durée TR d’une rotation complète de ce plan d’oscillations. Application numérique : calculer TR en un
lieu de latitude λ = 45◦ nord avec L = 15 m .
III. Déviation vers l’Est
On étudie maintenant le mouvement du point M lorsqu’il tombe en chute libre, sans vitesse initiale, à
partir du point B(0, 0, L).
10. Déterminer en fonction de g, ω et λ les trois équations différentielles auxquelles obéissent les trois coordonnées
cartésiennes (x, y, z) de M dans le repère (Axyz).
Comme ω est petite, il est possible d’étudier le phénomène « à l’ordre 1 en ω », c’est à dire en négligeant
dans les équations tous les termes proportionnels à ω 2 ou à des puissances supérieures à 2.
11. Résoudre dans cette approximation les équations différentielles obtenues à la question précédente en mon-
trant que :
x(t) = at3 y(t) = 0 z(t) = bt2 + L
où a et b sont deux constantes à expliciter en fonction de g, ω et λ.
12. En déduire que dans l’hémisphère Nord la particule tombe sur le sol en étant déviée d’une quantité x1 vers
l’Est. Calculer sa valeur numérique lorsque L = 200 m et λ = 45◦ .