IPGEI – MPSI DS n° 4 de Mathématiques 2022 – 2023
DS n° 4 de Mathématiques
Samedi 06 Mai 2023
Durée : 4h
La présentation, la lisibilité, l’orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté, la précision et la concision des
raisonnements entreront pour une part importante dans l’appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Dans le cas où un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le signale très lisiblement sur sa
copie, propose la correction et poursuit l’épreuve en conséquence.
L’usage de tout document et de tout matériel électronique est interdit. Notamment, les téléphones portables
doivent être éteints et rangés.
Le sujet est composé de quatre exercices tous indépendants.
Le sujet est composé de quatre (4) pages.
Exercice 1.
Les deux questions de cet exercice sont indépendantes
1. Décomposer en éléments simples dans C[X ] puis dans R[X ] la fraction rationnelle
X4 +3
.
X4 −1
2. Donner le développement limité d’ordre 6 en 0 de la fonction
x 7→ sin ln 1 + x 2 .
¡ ¡ ¢¢
Exercice 2.
Définition préliminaire : on dit qu’un système 3 × 3 est de Cramer si et seulement si, la matrice associée à ce
système est inversible.
R3 → R3
(
On considère l’application f : ¡ ¢
(x, y, z) 7→ y, 2x + 2z, y
1. Étude de f :
(a) Montrer que f est un endomorphisme de R3 .
(b) Calculer ker( f ) et déterminer une base de Im( f ).
(c) L’endomorphisme f est-il un automorphisme de R3 ? Si oui, expliciter sa réciproque f −1 .
2. Étude spectrale de f :
(a) Soient λ un réel et X un vecteur de R3 . On suppose que f (X ) = λX .
Montrer que ∀n ∈ N, f n (X ) = λn X (on rappelle que f n = f ◦ · · · ◦ f si n ⩾ 1 et f 0 = IdR3 )
| {z }
n fois
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(b) Pour λ ∈ R, on note (S λ ) le système
−λx + y =0
2x − λy + 2z =0
y − λz
=0
d’inconnue x, y et z (équivalent à l’équation f (X ) = λX où X est le vecteur de coordonnées (x, y, z)).
Déterminer l’ensemble Sp( f ) des réels λ pour lesquels le système (S λ ) n’est pas de Cramer.
(c) Pour chaque λ appartenant à Sp( f ), expliciter les solutions de (S λ ) sous la forme Vect(...).
3. Calcul de f n : On considère les vecteurs ε1 = (1, −2, 1), ε2 = (−1, 0, 1), ε3 = (1, 2, 1).
(a) Soit X = (x, y, z) ∈ R3 .
— Expliciter un triplet (α, β, γ) ∈ R3 tel que X = αε1 + βε2 + γε3 .
— Le triplet (α, β, γ) est-il unique ?
— Qu’en déduit-on sur la famille (ε1 , ε2 , ε3 ) ?
(b) Exprimer f (ε1 ), f (ε2 ) et f (ε3 ) en fonction de ε1 , ε2 , ε3 .
(c) Donner l’expression de f n (ε1 ), f n (ε2 ), f n (ε3 ) en fonction de n, ε1 , ε2 , ε3 .
(d) En déduire l’expression de f n (x, y, z) en fonction de n, x, y, z.
Exercice 3.
Soit E un espace-vectoriel réel et f ∈ L (E ).
On dit que f est cyclique s’il existe a ∈ E tel que la famille ( f k (a))k∈N est génératrice de E . Dans cette situation,
on dit que a est associé à f .
On note C ( f ) = {g ∈ L (E )|g ◦ f = f ◦ g } l’ensemble des endomorphismes commutant avec f .
On note P ( f ) = {α0 IdE + α1 f + · · · + αk f k |k ∈ N, (α0 , . . . , αk ) ∈ Rk+1 } l’ensemble des polynômes en f .
Partie I : Questions préliminaires.
1. Démontrer que C ( f ) est un sous-espace vectoriel de (L (E ), +, ·), contenant IdE et stable par composition.
2. Soit g ∈ C ( f ), montrer que P (g ) ⊂ C ( f ).
Partie II : Étude en dimension finie.
On suppose dans cette partie que E est de dimension finie, égale à n, que f est cyclique et l’on considère
a ∈ E associé à f .
3. Justifier l’existence d’un plus grand entier naturel p tel que (a, f (a), . . . , f p−1 (a)) soit une famille libre.
4. Démontrer que (a, f (a), . . . , f p−1 (a)) est une base de E . Que vaut donc p ?
5. Soit g ∈ C ( f ), soit α0 , . . . , αn−1 tels que g (a) = α0 a + α1 f (a) + · · · + αn−1 f n−1 (a). On note h = α0 IdE + α1 f +
· · · + αn−1 f n−1 . Démontrer que g = h.
6. En déduire que C ( f ) = P ( f ).
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7. Démontrer que (IdE , f , . . . , f n−1 ) est une base de P ( f ).
Partie III : Dérivations discrète et formelle en dimension finie.
On suppose que E = Rn [X ], soit a un réel non nul. On considère les endomorphismes D et ∆ de Rn [X ]
définis par
D : P → P′ et ∆ : P → P (X + a) − P (X ).
8. Montrer que si P ∈ Rn [X ] n’est pas constant, alors deg(∆(P )) = deg(P ) − 1.
9. En déduire que ∆ est cyclique. Quels sont les polynômes associés à ∆ ?
10. Montrer que D ∈ P (∆).
11. Démontrer que D est cyclique.
12. Montrer que C (D) = C (∆).
Exercice 4.
On note R[X ] l’algèbre des polynômes à coefficients réels et, pour tout entier naturel n, Rn [X ] le sous-espace
vectoriel de R[X ] constitué des polynômes de degré inférieur ou égal à n. On note R(X ) le corps des fractions
rationnelles à coefficients réels.
Pour tout polynôme P ∈ R[X ], on note P ′ le polynôme dérivé de P et, pour tout entier naturel n, on note P (n)
le n e polynôme dérivé de P .
Partie I - Questions préliminaires.
Soit n un entier naturel non nul.
1. Soit P et Q deux polynômes non nuls à coefficients complexes.
(a) Démontrer que si P et Q n’ont aucune racine complexe commune, alors P et Q sont premiers entre eux.
Indication : on pourra raisonner par l’absurde.
(b) On suppose que P et Q sont premiers entre eux. En utilisant le théorème de Gauss, démontrer que
si P et Q divisent un troisième polynôme R à coefficients complexes, alors il en est de même pour le
polynôme PQ.
2. Soit (P i )1≤i ≤n une famille de polynômes non nuls de R[X ]. On considère le polynôme P ∈ R[X ] et la fraction
n P′
rationnelle Q ∈ R(X ) définis par P =
Y
P i et Q = .
i =1 P
n P′
i
X
Démontrer par récurrence que Q = .
i =1 P i
Partie II - Interpolation de Hermite.
Soit I un intervalle non vide de R, p un entier naturel non nul, (x i )1≤i ≤p une famille d’éléments de I distincts
deux à deux et (a i )1≤i ≤p et (b i )1≤i ≤p deux familles de réels quelconques.
On considère l’application φ de R2p−1 [X ] vers R2p qui, à P ∈ R2p−1 [X ], associe
φ(P ) = P (x 1 ), P (x 2 ), . . . , P (x p ), P ′ (x 1 ), P ′ (x 2 ), . . . , P ′ (x p ) .
¡ ¢
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1. Définition du polynôme interpolateur de Hermite.
(a) Soit P ∈ R[X ] et a ∈ R. En utilisant la formule de Taylor, démontrer que :
si P (a) = P ′ (a) = 0, alors (X − a)2 divise P .
(b) Montrer que φ est une application linéaire du R-espace vactoriel (R2p−1 [X ], +, ·) dans le R-espace vec-
toriel (R2p , +, ·).
(c) En utilisant la question préliminaire 1, démontrer que l’application φ est injective, puis montrer que φ
est bijective.
(d) Démontrer qu’il existe un unique polynôme P H ∈ R2p−1 [X ] tel que, pour tout entier i vérifiant 1 ≤ i ≤ p,
′
on a P H (x i ) = a i et P H (x i ) = b i .
Le polynôme P H est appelé polynôme interpolateur de Hermite.
2. Étude d’un exemple.
Déterminer le polynôme interpolateur de Hermite, défini à la question 1, lorsque p = 2, x 1 = −1, x 2 = 1, a 1 =
1, a 2 = 0, b 1 = −1 et b 2 = 2.
3. Le cas p = 1.
Déterminer le polynôme interpolateur de Hermite dans le cas où p = 1, en fonction de x 1 , a 1 , b 1 .
Indication : on pourra utiliser directement la formule de Taylor.
4. Une formule explicite dans le cas p ≥ 2.
p µ X − x ¶2
Y j
On suppose maintenant p ≥ 2. Pour tout entier i tel que 1 ≤ i ≤ p, on considère le polynôme Q i = .
j =1 xi − x j
j ̸=i
(a) Soit i un entier vérifiant 1 ≤ i ≤ p. Calculer Q i (x k ) pour tout entier k tel que 1 ≤ k ≤ p.
(b) Soit i un entier vérifiant 1 ≤ i ≤ p. Démontrer que l’on a
p
2
Q i′ (x k ) = 0 si k ̸= i et Q i′ (x i ) =
X
.
j =1 x i − x j
j ̸=i
Indication : on pourra utiliser la question préliminaire 2.
(c) Démontrer que le polynôme P défini par la formule
p h¡ i
1 −Q i′ (x i )(X − x i ) a i + (X − x i )b i Q i
X ¢
P=
i =1
est le polynôme interpolateur de Hermite défini à la question 1.
(d) Retrouver le polynôme de la question 2 en utilisant cette formule.
— FIN —
■
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