CHAPITRE 1 : LES ANTIINFECTIEUX
LES ANTIBIOTIQUES
Un antibiotique est une molécule naturelle synthétique qui détruit les bactéries (antibiotique
bactéricide) ou bloque leur croissance (antibiotique bactériostatique). Lorsque la substance est
utilisée de manière externe pour tuer la bactérie par contact, on ne parle pas d'antibiotique mais
d'antiseptique. En médecine humaine, les antibiotiques sont utilisés de deux façons : en
prévention, et l’on parle d’antibioprophylaxie (par exemple au début de certaines interventions
chirurgicales), ou en traitement curatif, et l’on parle alors d’antibiothérapie. L’utilisation des
antibiotiques nécessite une bonne connaissance de bactériologie.
A. CLASSIFICATION DES BACTERIES
1. Coques à gram positif
Exemples : Staphylocoque doré, Staphylocoque blancs,non entérocoque, S. βhémolytique,
pneumocoque
2. Coques à gram negatif
Exemple : Gonocoque méningocoques
3. Bacilles gram positifs
Exemple : bacille du rouget du porc, bacille de Loeffler, bactéridie charbonneuse, coryneformes
4. Bactéries à gram négatif
Exemple : Escherichia coli, Citrobacter, Enterobacter, Salmonella Klebsielle, Shigella Proteus,
Brucella melitensis, Haemophilus influenzae, Pasteurella multocida ,Pasteurella pestis, Bordetella
pertussis, Legionella pneumoniae
5. Bactérie de forme spiralée
Exemple : pallidum icterohémorragiae, recurrentis burgdorferi minus
B. RAPPEL ENVELOPPE BACTERIENNE:
Gram (+): membrane cytoplasmique + paroi;
Gram (-): membrane cytoplasmique + espace peri-plasmique + paroi +membrane
externe;
Membrane externe:
double feuillet lipidique;
feuillet externe imperméable constitué de lipopolysaccharides + porines (canaux
protéiques qui laissent passer petites protéines hydrophiles)
C. CLASSIFICATION DES ANTIBIOTIQUES
MECANISME/S ITE FAMILLE DCI (NOM COMMERCIAL)
D’ACTION
Pénicilline naturel -Peni G=benzylpenicilline=benzathine
(EXTENCILLINE) : VP -Peni
(pénicilline G et V) V=phenoxymethylpenicilline(OSPEN)
: VO
Pénicillines A : Amoxicilline(CLAMOXYL)
Amoxicilline + Acide clavulanique
aminopénicillines (AMOXICLAV-DENK) Ampicilline
Ampicilline + Sulbactam
ureidopénicilline Pipéracilline Pipéracilline +
Tazobactam Mezlocilline azlocilline
Pénicilline M Cloxacilline Oxacilline (OXAPEN)
(antistaphulocoque Flucloxacilline(ASTAPH) méticilline
carboxypenicilline Ticarcilline Ticarcilline + Acide
PENICELLI
clavulanique Carbénicilline
Aminidopénicillines Pivmécillinam
NE
Témocilline Témocilline
Céphalosporines de 1ère Céfaclor, Céfadroxil, Céfalexine
génération (C1G) Céfalotine, Céfazoline Céfradine
Céphalosporines de 2ème Céfamandole, Céfoxitine Céfuroxime
génération (C2G) sodique Céfuroxime axétil
BETALACTAMINES
Céphalosporines de 3ème Céfixime, Cefpodoxime proxétil
génération (C3G) Céfodiam hexétil, Céfépime(FIXIM)
Céfotaxime, Cefpirome, Ceftazidime
CEPH ALLO
Ceftriaxone
Céphalosporines de 4ème Céfépime, cefpirome
génération (C4G)
LES ANTIPARASITAIRES
Les antiparasitaires sont des médicaments utilisés dans le traitement des maladies dues aux
parasites. Le parasite est ainsi défini comme un être vivant animal ou champignon (règne
des Fungi) qui pendant une partie ou la totalité de son existence vit aux dépens d’autres
êtres organisés (hôtes).
A. LES ANTIPALUDEENS
1. Le cycle évolutif du plasmodium
Le cycle se déroule successivement chez l’Homme (phase asexuée chez l’hôte
intermédiaire) et chez l’anophèle (phase sexuée chez l’hôte définitif)
Chez l’Homme
Schizogonie pré-érythrocytaire
La contamination se fait par inoculation de sporozoïtes qui pénètrent dans le foie
(30min) où ils se multiplient pendant 10-15 jours et forment des schizontes (30-40µm).
Dans les infections à P. vivax et P. ovale, certains trophozoïtes intrahépatiques restent
quiescents (hypnozoïtes) et sont responsables d’une schizogonie hépatique retardée qui
entraîne la libération dans le sang de mérozoïtes plusieurs semaines à plusieurs mois après
la piqûre du moustique, expliquant ainsi les accès de reviviscences tardives observées avec
ces deux espèces. Les hypnozoïtes n’existent pas dans l’infection à P. falciparum (pas de
rechute). Ils n’ont pas été mis en évidence non plus dans l’infection à P. malariae malgré
l’existence de rechutes tardives et à P. knowlesi. A maturité, les schizontes se lysent et
libèrent des mérozoïtes qui passent dans le sang et infectent les hématies. La phase intra-
hépatique représente le cycle exo-érythrocytaire schizogonique. Schizogonie érythrocytaire
Dans l’hématie, le mérozoïte donne un trophozoïte qui mature et forme un schizonte
endoérythrocytaire. A maturation le schizonte se lyse, libère des trophozoïtes qui vont
infecter d’autres hématies : c’est le cycle endo-érythrocytaire schizogonique. Le cycle
érythrocytaire dure 48H pour P. falciparum, P. vivax et P. ovale, et 72H chez P. malariae.
C’est la lyse concomitante des hématies qui est responsable de l'accès fébrile. Les
trophozoïtes peuvent au sein de l'hématie donner des formes sexuées (gamétocytes) : cycle
érythrocytaire gamogonique.
Chez le moustique
Lors de son repas sanguin, l'anophèle ingère les formes sexuées qui libèrent des
gamètes mâles et femelles qui se conjuguent, forment un ookinète qui se transforme dans
la paroi de l'estomac en oocyste puis sporocyste. Le sporocyste éclate, libère des
sporozoïtes qui migrent jusqu'aux glandes salivaires du moustique et qui seront injectés à
un nouvel individu lors de la prochaine piqûre. La phase hépatique, ou pré-érythrocytaire
(ou exo-érythrocytaire), qui correspond à la phase d’incubation, cliniquement
asymptomatique ; La phase sanguine, ou érythrocytaire, qui correspond à la phase clinique
de la maladie
2. Classification des antipaludiques
La quinine et dérivés de l’artémisinine sont les antipaludiques naturels, tous les
autres sont des produits de synthèse. Selon la localisation du mode d’action dans le cycle
de vie des plasmodiums, les antipaludiques sont principalement divisés en deux groupes :
les schizonticides et gaméticides.
MEDICAMENTS EFFETS CONTRI-
INDESIRABLES NDICATIONS
Quinine céphalées intenses, des troubles du rythme
brouillards visuels, des cardiaque, antécédent de
vertiges, et fièvre bilieuse
bourdonnements hémoglobinurie, allergie
d’oreille, un état à la quinine, en
QUININES ET DERIVE
lipothymique, une association avec un
hypotension, médicament à base
hypoglycémie d’astémizole
(antiallergique)
Quinidine
LES SCHIZONTICIDES
chloroquine céphalées, des prurits et La chloroquine est
QUINOLEINES
des bourdonnements contre-indiquée en cas de
LES AMINO-4
d’oreille qui disparaissent rétinopathie, allergie
ammodiaqui après l’arrêt du connue à la chloroquine,
ne traitement. A dose maladie cœliaque
toxique les amino-4
quinoléines peuvent
entraîner de dommage
oculaire qui peut prendre
la forme d’une
neurochimie.
troubles digestifs, L’halofantrine est contre-
des vertiges, des indiquée en de troubles du
troubles rythme, rythme lent,
Halofantrine neuropsychiatriqu antécédents de syncopes,
es antécédents allergiques au
LA QUINOLEINE METHANOL ET LE 9-
produit, fièvre bilieuse
hémoglobinurie, grossesse et
PHENANTHRENE METHANOL
allaitement sauf avis médical,
en association avec les
antiviraux, antifongiques
(kétoconazole,fluconazole,itrac
on azole),antibiotique
(érythromycine ?
clarithromycine,josamycine)
Proguanil
LES Pyriméthamin
ANTIFOL e
I NIQUE
la accidents la sulfadoxine est contre-
SULFAMIDES ET SULFONE
sulfadoxine, cutanéomuqueux indiquée en cas d’allergie au
la dapsone ou pour les produit, maladies graves du
LES ANTIFOLIQUES, diaphénylsulf sulfamides et des foie et du rein, antécédent
o ne accidents sanguins d’hépatite, enfants de moins de
pour les sulfones 3 ans, grossesse et allaitement
sauf sur avis contraire du
médecin
quinghaousu
Artemether
Artesunate
dihydroartém
isinine
-pyriméthamine+dapsone (Maloprim®)
-Pyriméthamine 25 mg+sulfadoxine 500 mg (Fansidar®)
-Méfloquine+sulfadoxine+pyriméthamine (Fansimef®)
LES ASSOCIATIONS
-Chloroquine+proguanil (Savarine®)
-Artémether + luméfantrine (Coartem®)
-Artésunate + méfloquine (Artéquin®)
-Artésunate + amodiaquine (Co-arinate®)
- Dihydroartémisinine +pipéraquine (malacur®, duocotexin®).
LES GAMETOCYTOCIDES : AMINO-8-QUINOLEINES (primaquine,
pentaquine)
ATB : CYCLINE (tétracycline, doxycycline) ; MACROLIDES (Clindamycine,
érythromycine, azithromycine)
3. Prise en charge du paludisme
(Guide de prise en charge du paludisme au Cameroun à l’usage du personnel de
santé juin 2019)
QU'EST- CE QUE LE PALUDISME SIMPLE ?
Le paludisme est dit simple lorsque le malade ne présente aucun signe de gravité.
Son tableau peut comporter la fièvre et la fièvre et l’un ou plusieurs des symptômes
suivants:-Frissons - Maux de tête-Courbatures-Douleurs articulaires-Douleurs
abdominales-Troubles digestifs (perte d’appétit, diarrhée, nausées, vomissements)
QU'EST- CE QUE LE PALUDISME GRAVE ?
Le paludisme est dit grave lorsque le malade présente une parasitémie à
Plasmodium falciparum (microscopie ou TDR positif à P. falciparum), et l’un ou plusieurs
des signes suivants:
SIGNES CLINIQUES DE PALUDISME GRAVE TROUBLES DE LA
CONSCIENCE
(Agitation, confusion, délire, obnubilation, somnolence, coma)
CONVULSIONS
DETRESSE RESPIRATOIRE AIGUË:(respiration superficielle, respiration rapide,
tirage...) VOMISSEMENTSREPETES : (empêchant un traitement par la bouche)
DESHYDRATATION : (soif, lèvres sèches, yeux enfoncés, fontanelle enfoncée,
pli cutané abdominal persistant, absence des larmes chez l'enfant, cutané)
ANEMIE SEVERE : (pâleur palmo plantaire et conjonctivale sévère, Taux
Hémoglobine < 5g/dl ou Hématocrite < 40 mg/dl or 2.2 mmol/l
ICTERE : (Jaunisse), coloration jeune des téguments et des muqueuses
SAIGNEMENT ANORMAL : (au point d’injection, épistaxis, gingivorragie, y
compris saignements
URINES NOIRES OU « COCA COLA » :(Hémoglobinurie massive)
FATIGUE EXTREME : (le malade est incapable de s'asseoir ou de se tenir debout)
URINES RARES OU ABSENTES :(Insuffisance rénale aiguë : moins de 400 ml
d’urine par jour chez l’adulte et moins de 12ml/kg/jour chez l’enfant)
ACIDOSE CLINIQUE : (Respiration ample et profonde)
TEMPERATURE ELEVEE : T > 40ºC (prise rectale) ou 39,5°C (axillaire)
CHOC : (TA basse (TA systolique < 70 mmHg chez l’adulte ou < 50mmHg chez
l’enfant) ou imprenable, pouls rapide et faible, extrémités froides)
Hypoglycémie (Glycémie5% de globules rouges parasités ou > 250 000/μl)
Hyperlactatemie (lactate >5mmol/l)
Insuffisance rénale (créatininémie > 265 μmol/l)
Hémoglobinurie
Hyperparasitémie (parasitémie >5% de globules rouges parasités ou > 250
000/μl)
Acidose métabolique (Bicarbonates plasmatiques)
Anémie sévère (Hb<15%)
LE TRAITEMENT DU PALUDISME SIMPLE
Le traitement du paludisme simple repose sur l’utilisation d’une combinaison de deux
antipaludiques dont un dérivé de l’artémisinine. Au Cameroun, les combinaisons retenues
sont les suivantes :
Première ligne :
Artéméther+luméfantrine (AL) ;
Artésunate + amodiaquine (AS-AQ) ;
Dihydroartémisinine +pipéraquine (DHA-PQ).
Ces combinaisons sont connues sous le sigle ACT (Combinaison Thérapeutique à base
de dérivés d’Artémisinine). Elles sont administrées par voie orale avec un
antipyrétique en cas de température supérieure ou égale à 38,5°c.
Deuxième ligne :
Artésunate –pyronaridine (APYR).
Un protocole thérapeutique devrait être fait d’au moins 3 jours de traitement avec une
ACT Traitement du paludisme simple chez la femme enceinte
Première trimestre
1ère intention:
Quinine par voie orale (pendant 7 jours)
Posologie : Quinine orale: 8.3mg/kg de quinine base toutes les 8 heures (durée totale
de traitement de 7 jours) Dose quotidienne maximale: 1.5g.
2ème intension :
ACTs (si Quinine non disponibles ou si problèmes d’adhérence au traitement)
Posologie ACT : AL (80 mg d'artéméther et 480 mg de Luméfantrine): 1 comprimé
deux fois par jour pendant 3 jours. Ou ASAQ: 2 comprimés par jour pendant 3 jours
ACTs devront être utilisés quand la Quinine n’est pas disponible ou s’il y a des
problèmes d’adhérence au traitement.
2eme et 3eme trimestre
ACT AL (80 mg d'artéméther et 480 mg de Luméfantrine): 1 comprimé deux fois par
jour pendant 3 jours. Ou ASAQ: 2 comprimés par jour pendant 3 jours.
TRAITEMENT DU PALUDISME GRAVE
Première intention :
Traitement avec Artésunate injectable Posologie : 2,4 mg/kg (ou 3mg/kg chez l’enfant
de moins de 20 kg) à 0 ; 12 et 24 heures, puis une fois toutes les 24 h jusqu'à ce que le
patient puisse suivre le traitement par voie orale (une certaine souplesse des horaires
est possible pour des raisons pratiques).Voie d’administration : L'Artésunate est donné
de préférence par voie intraveineuse (IV) ou à défaut par voie intramusculaire (IM).
Deuxième intention :
Traitement à l’Artéméther injectable Ce traitement sera administré en cas d’absence
d’Artésunate injectable et de contre-indication à l’artesunate
Posologie adulte: 160mg par jour, soit 80mg en deux prises (12 heures d’intervalle),
administrés en injection IM le premier jour. Puis, 80mg une fois par jour en injection
IM pendant les 6 jours suivants.
Posologie enfant : 3.2 mg/Kg par jour, en deux prises (12 heures d’intervalle),
administrés en injection IM le premier jour. Puis 1.6 mg/Kg, une fois par jour pendant
les 6 jours suivants. L’injection est faite au quadrant supéro-externe de la fesse ou à la
face antérieure de la cuisse. Troisième intention: Traitement à la quinine
Schéma 1:
Ce schéma utilise une dose de charge de quinine :
Dose de charge : 16,6 mg/kg de quinine base. Dans le sérum glucosé à 5 % ou 10 %
avec électrolytes (NaCl, KCl, Calcium gluconate) sans dépasser 1 g de quinine base, à
passer en 4 heures.
Dose d’entretien : 8 heures après le début de la dose de charge, donner 8,3mg/kg de
quinine base dans le sérum glucosé à 5 % ou 10 % à passer en 4 heures toutes les 8
heures, sans dépasser 500mg de quinine base par dose.
Schéma 2:
Ce schéma n’utilise pas la dose de charge: Quinine base: 8,3 mg/ kg de quinine base en
perfusions de 4 heures, toutes les 8 heures. Dose maximale 1,5 g par jour de quinine
base. Si le malade a reçu de la quinine dans les 24 heures précédentes ou de la
Méfloquine dans les 7 jours précédents, ou si le malade a une affection cardiaque, la
dose de charge ne doit pas être administrée, seul le schéma sans dose de charge doit
être suivi dans ce cas. Quel que soit le schéma choisi, le relais est pris par voie orale
quand le malade peut avaler, à raison de 8,3 mg/ kg de quinine base toutes les 8 heures
jusqu’au 7è jour à partir du début du traitement, ou à défaut par une combinaison
thérapeutique à base d’Artémisinine (ArtésunateAmodiaquine ou Artéméther-
Luméfantrine) pendant 3 jours.
TRAITEMENT DU PALUDISME GRAVE CHEZ LA FEMME ENCEINTE
1ére intention: Artesunate injectable. Posologie: 2,4 mg/kg par dose à 0 ; 12 et 24
heures, puis une fois toutes les 24 h jusqu'à ce que le patient puisse suivre le traitement
par voie orale (une certaine souplesse des horaires est possible pour des raisons
pratiques). Dans le cas de l’Artésunate Inj, le relais par voie orale dès que le malade
peut avaler va consister à l’administration de l’ACT pendant une période de trois jours.
Voie d’administration : L'artésunate est donné de préférence par voie intraveineuse
(IV) ou à défaut par voie intramusculaire (IM).
2e intention: Artemether injectable Ce traitement sera administré en cas d’absence
d’artésunate injectable et de contre-indication à la quinine. Posologie 160mg le
premier jour, soit 80mg en deux prises (12 heures d’intervalle), administrés en
injection IM. Puis, 80mg une fois par jour en injection IM pendant les 6 jours suivants.
3e intention: Quinine injectable.
Sans dose de charge (Pendant 7 jours)
Posologie : 8.3mg/kg de quinine base toutes les 8 heures, en perfusions de 4 heures.
Dose quotidienne maximale: 1.5g. Dès que le patient peut avaler, passer en soit:
Quinine orale: 8.3mg/kg de quinine base toutes les 8 heures (durée totale de traitement
de 7 jours) Le relais est pris par voie orale quand le malade peut avaler, à raison de 8,3
mg/kg de quinine base toutes les 8 heures jusqu’au 7è jour à partir du début du
traitement. Si la femme enceinte présente des contractions utérines pendant le
traitement à la quinine, Il faut administrer les tocolytiques.
PROTOCOLE DE LA TOCOLYSE
Traitement initial : Perfusion de Salbutamol (ventoline).Préparer une solution de 10
ampoules de 0,5mg/ml, soit 5mg de salbutamol dans 250 ml de solution isotonique
salée ou glucosé 5%,Commencer à 10 gouttes/minute et augmenter de 10 gouttes
toutes les 10 minutes jusqu’à l’arrêt des contractions sans dépasser 60 gouttes/minute.
Le relai oral se fait par le Salbutamol en comprime de 2mg, 1 comprimé toutes les
12heures.L’administration de Salbutamol peut entrainer des effets indésirables chez la
femme enceinte (palpitations, tachycardie, arythmie, tremblements). Par conséquent,
une surveillance s’avère nécessaire. Elle consiste en :
Surveillance du pouls : Ne doit pas dépasser 110 battements par minute
Surveillance de la tension artérielle : Ne doit pas diminuer en dessous de
90/60mmHg ou ne doit pas dépasser 140/90mmHg Si le pouls dépasse 110
battements par minutes et la tension artérielle diminue en dessous de 90/60mmHg
ou dépasse 140/90mmHg, arrêter la tocolyse et continuer le traitement de
B. LES MEDICAMENTS DE LA TOXOPLASMOSE
La toxoplasmose est une affection due à un protozoaire :
Le toxoplasma gondii. Habituellement bénigne, elle peut devenir grave dans deux
circonstances : contamination fœtale entrainant la mort in utéro ou la malformation,
dépression immunitaire (SIDA).
MOLECULES ANTITOXOPLASMIQUES
ANTIFOLINIQUES (DHFR= DEHYDROFOLATEREDUCTASE)
Mécanisme d’action : Blocage de la synthèse de l’acide folique du parasite et
inhibition des bases puriques
Molécules :
La pyriméthamine (Malocide®) 0,5-1 mg/kg/24h
La pyriméthamine (Malocide®) 0,5-1 mg/kg/24h
La plus puissante, possède une bonne diffusion tissulaire, placentaire et méningée.
Elle permet une synergie d'action avec les sulfamides et certains macrolides : PYR +
sulfadiazine ; PYR + clindamycine ; PYR + azithromycine ou clarithromycine EI :
Hématologiques, sont réversibles et relèvent d'une surveillance régulière, Intolérance
cutanée, impose l'arrêt de sa prescription, Neuropathie périphérique
Le triméthoprime souvent associé au sulfaméthoxazole (bactrim)
EI : troubles digestifs réactions allergiques
CI : femme enceinte et allaitante Traitement de référence des prophylaxies primaires
Les analogues du méthotrexate (triméthrexate)
ANTIFOLIQUES (DHFS=DIHYDROFOLATE SYNTHASE)
Mécanisme d’action : Inhibition de la synthèse d'acide folique par compétition de la
DHFS.
Propriétés : Leur diffusion est totale, tissulaire, placentaire et méningée. Ils ont une action
moindre mais synergie avec les macrolides.
Molécules : -Sulfadiazine (Adiazine®) 50-100 mg/kg/24h– action rapide : la plus
rapidement active et la plus utilisé ; plusieurs prises quotidiennes. EI DE
SULFADIAZINE : Nausées, Thrombopénie, leuconeutropénie, Cytolyse hépatique,
Exanthème (8-12èmejour), urticaire, Cristallurie (lithiase, insuffusance rénale)
-Le cotrimoxazole : association du sulfaméthoxazole avec le triméthoprime (Bactrim®)
-La sulfadoxine est synergique avec la pyriméthamine : Fansidar®
LES MACROLIDES
La spiramycine (Rovamycine®) 50 mg/kg/j
Roxithromycine
Azithromycine
clarithromycine
Clindamycine (Dalacine®) 2,4 g/j IV.
Synergie d'action avec la pyriméthamine (Malocide®). Macrolides et lincosamides
nécessitent de doses élevées, actifs en 72 heures. Ne pas donner en 1èreintention
L'HYDROXYNAPHTOQUINONE
Atovaquone (Wellvone®) 750 mg x 2-4/j aucune synergie
EI : éruption cutanée, nausées, diarrhée, céphalées. CYCLINES
Tétracyclines,
Minocycline : Synergie in vivo : Minocycline + clarithromycine (2g/j)
C. LES MEDICAMENTS DE LA TRYPANOSOMIASE
C’est une maladie due à un protozoaire du genre trypanosoma, transmise par piqûre
d’un insecte, la glossine ou mouche tsé-tsé. Les médicaments comprennent : Pentamidine,
suramine, mélarsoprol, éflornithine et Nifurtimox L'administration de mélarsoprol se fait
par voie intraveineuse, est très douloureuse et entraîne de nombreuses réactions
indésirables, notamment un dysfonctionnement grave du cerveau, qui sont potentiellement
mortelles.
D. LES MEDICAMENTS DE LA LEISHMANIOSE
C’est une maladie parasitaire due à un protozoaire, la leishmania, transmise par un
vecteur, le phlébotome. Les médicaments comprennent : Le traitement médicamenteux
comporte des médicaments antiparasitaires dérivés de l'antimoine comme le Glucantime
(N-méthyl-glucamine) ou le Pentostam (stibiogluconate), en injection intramusculaire
(douloureuse). On utilise également le Pentacarinat (iséthionate de pentamidine), certains
antifongiques (contre les champignons), comme le fluconazole, le kétoconazole ou
l'amphotéricine B, et l'Impavido (miltéfosine). Enfin, un traitement par Interféron gamma
associé à un dérivé de l'antimoine semble efficace dans certaines formes de leishmaniose.
Le glucantine par voie IM/12jrs. Il faut surveiller le pouls et la tension artérielle à
cause des effets indésirables. Il est contre indiqué dans l’insuffisance cardiaque.
La lomidine : on fait une série de 8 injections espacées de 48 heures.
C/I : hypersensibilité au produit, insuffisance rénale, dose test est recommandée en
raison des risques d’allergie.
E/I : fièvre, anorexie, nausées, vomissements, diarrhée, céphalées, convulsions.
E. LES MEDICAMENTS DE LA TRICHOMONOSE URO-GENITALE
Parasitose à transmission sexuelle extrêmement fréquente due à un protozoaire, le
trichomonas vaginalis. Le traitement n’est efficace que si les partenaires sont traités
concomitamment. Les médicaments comprennent médicaments de la classe des nitro-
imidazolés :
Le tinidazole (fasigyne) : cp à 500mg ; 4 cp en 1 prise puis une nouvelle cure 1
semaine plus tard. Les boissons alcoolisées sont déconseillées pendant la cure
jusqu’à 3 jours après. le tinidazole est plus efficace que le métronidazole
Flagyl-atrican : 1 cp gynécologyque matin et soir pendant 10 jrs.
F. LES MEDICAMENTS DE L’AMIBIASE
Maladie stricte de l’homme due à un protozoaire, l’Entamoeba histolytica qui siège
habituellement dans le côlon, mais également dans le foie. Les médicaments
comprennent :
les dérivés de l’imidazole ou imidazolés, le métronidazole (flagyl) : 1à2g/jr
x7-10jrs per os. 30mg. /kg chez l’enfant.
Le tinidazole (fasigyne) comprimés à 500mg. 2g/jrx3-5jrs per os. 50 mg/kg
chez l’enfant
Le secnidazole (flagentyl) : 2g en 2 ou 3 prises pendant 1-3 jrs. 30mg/kg
chez l’enfant
Effets indésirables : nausées, vertige, goût métallique, pesanteur gastrique. La
consommation d’alcool pendant le traitement est à proscrire car potentialise (augmente) les
effets secondaires.
G. LES ANTI HELMINTIQUES
Un antihelminthique est un médicament antiparasitaire qui détruit les nématodes et les
trématodes susceptible de parasiter les réseaux sanguins et lymphatiques, des tissus
conjonctifs ou des organes creux (cavités urogénitales, poumon) ainsi que tous les parasites
intestinaux de type vers tels que les oxyures, les ascaris (ascaris lombricoïdes),
ankylostome, anguillule et ténia chez l’homme en particulier. Les antihelminthiques sont
classés dans les vermifuges(ou vermicide). Ces sont des pesticides et des biocides ou sens
des directives européennes concernant ces produits. Ils doivent aussi répondre aux
réglementations concernant les médicaments humains et vétérinaires.
1. Les médicaments des plathelminthes :
Contre le ténia : Praziquantel (Biltricide®) (se présente en Comprimé sécable à 600 mg)
Il représente aujourd’hui le traitement de référence.
La posologie habituelle est de 10 mg/kg en une seule prise pour le téniasis à T. saginata et
celui à T. solium. Niclosamide (Trédémine®) (se présente en Comprimé à 500 mg)
Prescrit à la dose de 2 g chez l’adulte, et à dose réduite de moitié ou du quart chez l’enfant,
ce produit nécessite un mode de prise particulier :
rester à jeun depuis la veille ;
prendre deux comprimés, les mâcher longuement puis les avaler avec très peu
d’eau ;
attendre une heure en restant à jeun ;
prendre à nouveau deux comprimés, les mâcher longuement puis les avaler avec
très peu d’eau ;
attendre encore trois heures avant de s’alimenter ;
Contre les schistosomes :
-le praziquantel (Biltricide®), est le traitement de référence, actif sur tous les
schistosomes. Le Biltricide® se présente en comprimés quadri-sécables à 600 mg, la
posologie classique est de 40 mg/kg, en prise unique.
-Oxamniquine (vansil) pour sch. Mansoni
-le métrifonate (bilarcil) pour sch. Hématobium
-Niridazol (ambilhar)
Sont contre indiqués en cas d’épilepsie.
2. Les médicaments des némathelminthes et autres.
PA PRESENTATION PRECAUTION INDICATION
D’EMPLOI
Albendazole Cp sécable 400mg Ingérer au cours des Ankylostomose
(zentel) Sb 10ml à 4% repas pour améliorer Ascaridiose
l’absorption et la Giardiose de l’enf
tolérance digestive. Oxyurose
Surveiller Strongyloidose
l’hémogramme et les Taeniose
transaminases en cas Trichinellose
de traitement trichocéphalose
prolongé. en cas
oxyurose prescrire le
traitement synchrone
de l’entourage et
second traitement à j7
Mebendazole Cp de 100 et Ingérer au cours des Efficacité avérée :
(vermox) 500mg Sb repas pour améliorer Ascaridiose
20mg/ml l’absorption et la Oxyurose
tolérance digestive. en Trichocéphalose
cas oxyurose prescrire Efficacité modérée :
le traitement ankylostomose
synchrone de
l’entourage et second
traitement à j15
Flubendazole Cp à 100mg Sb à en cas oxyurose Ascaridiose
(fluvermal) 2% prescrire le traitement Oxyurose
synchrone de Trichocéphalose
l’entourage et second ankylostomose
traitement à j15
Pyrantel pamoate Contre la plus part
des nématodes
Posologie et indications d’albendazole
Dose quotidienne
Indication
Enfant de 1 à 2 ans Adulte et enfant de plus de 2
ans
200mg, des mesures 400mg soit 1CP à 400mg. Une
d’hygiènes rigoureuses prise unique à répéter 7 jours
devront être imposées et plus tard
Oxyure l’entourage devra être
également traité. Une
prise unique à répéter 7
jours plus tard
Ascaridiose, 400mg soit 1CP à 400mg. 200mg. Une prise unique
ankylostomose Une prise unique.
trichocéphalose
Anguillulose, Ténia 400mg soit 1CP à 400mg. Une
prise quotidienne à répéter
3jours de suite.
Enfant : 400mg. Une prise
giardiose quotidienne à répéter 5jours de
suite.
Enfant : 15mg/kg/jr Adulte : 800mg soit 1CP à
trichinellose repartir en 2 prises par jr 400mg 2 fois par jour 1 e prise
1 e prise matin et soir matin et soir pendent 10 à 15jr
pendent 10 à 15jr
H. LES MEDICAMENTS DES FILARIOSES
Parasitoses dues à des nématodes vivipares, les filarioses sont des affections très
répandues dans les régions tropicales. Filaire de Bancroft, loase, onchocercose sont les
plus fréquentes. Contre la filariose de Bancroft et la loase, on a : Le
diéthylcarbamasine (notézine), l’ivermectine (mectizan) Effets secondaires : fièvre,
céphalées, nausées, vomissements, douleurs. Contre l’onchocercose : le mectizan
Effets secondaires : céphalées, fièvre, prurit.
CHAPITRE 6 : LES ANTI DIARRHEIQUES
Ce sont les médicaments qui soulagent des symptômes de la diarrhée.
Le traitement vise à soulager les symptômes de la diarrhée mai aussi à réduire le risque
de déshydratation potentiellement fatale pour les bébés.
1) Les produits anti diarrhéiques
Les ralentisseurs du transit intestinal : lopéramide(IMMODIUM),
diphénoxylate
Les antis sécrétoires : racécadotril (TIORFAN)
Les adsorbants : attapulgite(ACTAPULGITE), charbon activé,
diosmectite(SMECTA)
Les probiotiques : ce sont des médicaments à bases des microorganismes
bénéfiques qui vont équilibrer la flore intestinale. Exemple :
saccharomyces(ULTRA-LEVURE), lactobacillus acidophilus(LACTEOL
FORTE).
2) Les traitements adjuvants
Afin d’éviter ou de soigner une éventuelle déshydratation due à la diarrhée, il
est très important d’associer une supplémentation en électrolytes telle le SRO
(sel de réhydratation orale) ou une réhydratation par voie parentérale pour les
cas sévères. Certaines diarrhées d’origine infectieuse nécessitent des ATB.
CHAPITRE 7 : LES ANTITUSSIFS ET FLUIDIFIANTS BRONCHIQUES
La toux est un phénomène de reflexe qui dégage les voies respiratoires. Quand elle est
productive, elle ne doit pas être supprimée à tout prix car elle est utile à la guérison.
A) Les antitussifs
Les antitussifs se présentent généralement sous forme de sirop et parfois sous forme de
comprimés ou pâte à mâcher. Ils sont indiqués en cas de toux irritative et sèche. En
agissant sur le centre de commande de la toux situé dans le bulbe du cerveau, ils abolissent
le réflexe de la toux. Donc s'ils sont mal utilisés, notamment en cas de toux grasse, ils
peuvent être néfastes et entraîner un encombrement bronchique. La difficulté est
d'identifier le médicament antitussif (qui comprend généralement plusieurs principes
actifs).
1) Les antitussifs opiacés
Les antitussifs opiacés sont des dérivés ou apparentés de l'opium, à base de codéine,
codéthyline, pholcodine, dextrométhorphane ou noscapine, ils sont très efficaces mais à
utiliser avec précaution en raison de leurs multiples effets indésirables.
Les effets indésirables des antitussifs opiacés :
Les troubles digestifs, somnolence, arrêt respiratoire en cas de surdosage, accoutumance en
cas d'utilisation prolongée.
Contre-indications des antitussifs opiacés
Les antitussifs opiacés sont contre-indiqués en cas d'asthme, d'insuffisance respiratoire et
dans certaines périodes de la vie : chez l'enfant de moins de 30 mois, pendant la grossesse
(risque de pause respiratoire chez le nouveau-né), l'allaitement. Le dextrométhorphane est
formellement contre-indiqué en association avec certains antidépresseurs (IMAO non
sélectifs).
1) Les antitussifs antihistaminiques
A base alimémazine, prométhazine, zipéprol, éprazinone, oxéladine, clobutinol,
chlorphéniramine…
A) les expectorants-fluidifiants
carbocysteine(FLUDITEC)
acétylcystéine (TREBON-N)
CHAPITRE 8 : ANALGESIQUE ET LES ANTIINFLAMMATOIRES ET
ANTIPYRETIQUE
En théorie on différencie les antalgiques qui diminuent la douleur et les
analgésiques qui suppriment la sensibilité à la douleur. Toute fois en pratiques les deux
termes sont employés comme synonymes. L’OMS a classé les médicaments antidouleurs
(antalgiques, analgésiques) en trois palier selon leur puissance d’action.
Palier 1 : les antalgiques périphériques Les médicaments antalgiques de palier 1 sont
destinés aux douleurs légères à moyennes. Ils sont dits périphériques car ils agissent au
niveau local. Cette classe inclue : le paracétamol, les antiinflammatoires non
stéroïdiens(AINS) tels que l’ibuprofène et le diclofenac, l’aspirine, la
noramidopyrine(ou métamizole : ANALGIN).
Palier 2 : les antalgiques centraux faibles (pour les douleurs moyennes à intenses) Le
palier 2 concerne les antalgiques opiacés faibles et les opioïdes mineurs comme codéine, la
dihydrocodéine, dextroproxyphène et le tramadol (TRABAR, TRAMADIX). Effets
indésirables : constipation, somnolence, vomissements, difficultés respiratoires,
dépendance physique. Palier 3 : antalgiques centraux forts (pour les douleurs très intenses
voir rebelles) Le palier 3 concerne opiacés et opioïdes forts : la morphine et ses dérivés
comme le fentanyl (100 fois plus puissants que la morphine), le sufentanil (1000 fois
plus puissants que la morphine), nalbuphine(2 fois plus puissante que la morphine) le
rémifentanil, l’alfentanil, l’hydromorphone, la péthidine. Effets indésirables : même avec
ceux de palier 2.
LES ANTIPYRETIQUES
Les antipyrétiques sont des médicaments destinés à faire baisser la fièvre pour un
retour de la température corporelle aux alentours de 37degré Celsius. Ces médicaments ne
traitent en aucun
Cas la fièvre et doivent donc être pris en association avec des médicaments spécifiques liés
à l’origine du phénomène. Les médicaments à privilégier sont :
Le paracétamol (EFFERALGAN, APRAMOL, DOLIPRANE…)
Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens comme ibuprofène (BRUFEN)
Acide acétylsalicylique ou aspirine(ASPEGIC)
Les dérivés de la noramidopyrine telle que le métamizole sodique (ANALGIN) NB
: des mesures simples sont généralement associées, comme l’hydratation et le
déshabillage, en fonction de leur tolérance
CHAPITRE 9 : LES VACCINS ET LE SERUM
1. VACCIN
Les vaccins sont des préparations contenant des substances antigéniques destinées à
créer dans l’organisme une immunité active spécifique contre la toxine ou un agent
infectant. Les vaccins peuvent être constitués par les agents pathogènes eux-mêmes
(bactérie ou virus) vivants ou morts. S’ils sont vivants, ils sont soumis à un traitement pour
atténuer leur virulence. Les vaccins peuvent aussi être constitués par une fraction
antigénique.
A) Vaccins traditionnels ou classiques (vivants atténués, inactivés, inactivés
détoxifiés)
1) Les vaccins vivants atténués
Ils sont fabriqués à partir d’organismes responsables de la maladie et que l’on a
développés dans des conditions spéciales afin de détruire leur virulence ou leur propriété
causant la maladie. Les vaccins vivants atténués ne nécessitent qu’une faible quantité
d’Agglutinine mais provoquent une grande immunité. La stabilité du virus est variable ; un
virus atténué peut récupérer sa virulence.
Exemples de vaccins atténués : BCG, fièvre jaune, oreillons, rougeole, rubéole, varicelle.
2) Vaccins inactivés (ou tués)
Les vaccins tués (ou inactivés) nécessitent plus d’injections et plus de rappels, ce qui peut
créer des phénomènes de sensibilisation.
3) Vaccins inactivés détoxifiés
C’est en 1920 que Ramon démontre qu’une toxine diphtérique en présence de
formol à 40°C pendant un mois perd sa toxicité mais reste immunisante. Cette toxine est
appelé anatoxine. Dès lors les anatoxines bactériennes sont préparées à partir de la toxine
par réduction de la toxicité ou par neutralisation totale de la toxicité par des méthodes
physiques ou chimiques.
Exemples de vaccins inactivés détoxifiés : tétanos, diphtéries
B) Les vaccins de 2è génération :
Ils sont préparés à partir de fractions antigéniques plutôt que de germes entiers. Ceci
permet d’éliminer une part des éléments les plus réactogènes du vaccin.
1) Vaccins polysaccharidiques :
Ils sont préparés à partir de la capsule du microbe, Ils sont moins réactogènes mais
leur efficacité est moins durable. Exemples : Typhoïde, pneumocoque, Haemophilus.
2) Vaccins recombinants
Ils utilisent des fragments de microorganismes qui sont multipliés par
recombinaison génétique.
Exemples : hépatite B et coqueluche acellulaire.
3) Autres vaccins.
Des recherches sont en cours pour la production chimique de fragments de
l’enveloppe de virus. D’autres recherches visent à utiliser non plus les protéines mais
directement les gènes qui produisent ces protéines.
II. LE SERUM
Le sérum est un liquide que l’on extrait du sang, constitué de substances organiques
et minérales. Il est administré en vue de la guérison d’une maladie, d’un virus ou d’une
bactérie qui a déjà contaminé l’organisme, il agit rapidement et guérit la maladie ou
l’infection immédiatement.
Exemple des sérums : Sérum antitétanique(SAT), sérum antivénéneux(SAV), sérum
antidiphtérique.
La différence entre un vaccin et un sérum, c’est que le premier est utilisé à des fins
préventives, l’autre est plus curatif pour guérir de suite.
CHAPITRE 10 : LES DESINFECTANTS ET LES ANTISEPTIQUES
1) Désinfectant
Ce sont des médicaments utilisés sur des corps inertes et qui permettent de diminuer ou
d’éliminer les germes sur ce corps.
Exemple : formol, chlore, hypochlorite de sodium (EAU DE JAVEL)
2) Les antiseptiques
Ce sont des substances chimiques qui détruisent les microbes sur des surfaces vivantes ou
les empêchent de se multiplier.
On distingue :
a) Les antiseptiques à usage externe
Ethanol (alcool), bactériostatique de 40 à 60 degré et bactéricides à 70 degré, il est
sans effet sur le virus.
Violet de gentiane utilisé en dermatologie
Eosine aqueuse utilisé pour les écorchures, les brulures…
Chlorhexidine (DERMOBACTER, CYTEAL…)
Polyvidone iodée (BETADINE) Eau oxygénée
Permanganate de potassium b) Les antiseptiques à administration pour traiter
certaines infections
Les antiseptiques intestinaux : tilbroquinol(intétrix), nifuroxazides(ERCEFURYL)
Les antiseptiques urinaires : acide pipémidique(PIPRAM)
CHAPITRE 11 : LES ANTIALLERGIQUES OU ANTIHISTAMINIQUES H1
Ce sont des médicaments qui luttent contre les allergies. L’allergie est une réaction
anormale et excessive du système immunitaire générée par un contact avec une substance
généralement étrangère à l’organisme. Une substance déclenchant une réponse immunitaire
est appelée antigène, mais l’on parle aussi d’allergène dans le cas de l’allergie. Une
substance inoffensive pour certains peut provoquer une réaction allergique chez une
personne dite sensibilisée. Les traitements consistant à rendre l’organisme tolérant à la
substance sont dits de « désensibilisation ». La prédisposition familiale, appelée aussi
terrain « atopique » est un facteur aggravant. Les réactions allergiques les plus communes
incluent l’eczéma, l’urticaire, la rhinite allergique, les crises d’asthme, les allergies
alimentaires et les réactions aux venins après une piqure d’insecte tels que les guêpes, les
abeilles, les serpents.
On distingue :
Le dexaméthasone, bétamethasone(CELESTENE)
Chlorphéniramine(dans FERVEX)
Prométhazine(PHENERGAN)
Méquitazine(PRIMALAN)
Hydroxyzine(ATARAX)
Loratadine(TIRLOR)
Effets indésirables : On a principalement la somnolence, mais on peut aussi constater une
prise de poids et des réactions allergiques.
CHAPITRE 12 : LES PRINCIPAUX MEDICAMENTS UTILISES EN
HEMOSTASE
I- MEDICAMENTS ANTIHEMORRAGIQUES OU HEMOSTATIQUES
A- La vitamine
Pharmacologie
La vitamine K intervient dans la synthèse hépatique de 4 facteurs de la coagulation:
Prothrombine(II), Proconvertine(VII), facteur Stuart(X), facteur antihémophilique B(IX),
soit en abrégé PPSB. Elle intervient aussi dans la synthèse des protéines C et S. La
vitamine K est apportée par l’alimentation (2/3) et par la synthèse des bactéries
saprophytes de l’intestin (1/3).
Indications
N’est utile que lorsque le déficit est prouvé, c'est-à-dire quand le temps de Quick est
allongé (taux de prothrombine abaissé au-dessous de 50%). Elle est prescrite
principalement chez le nouveau-né qui présente une carence physiologique en VK, dans les
hémorragies et surdosages au cours des traitements anticoagulants par antivitamines
K(AVK), dans les intoxications par les raticides.
Posologie et mode d’administration
La VK existe sous forme orale et injectable en ampoules de 2mg et 10mg
chez le nouveau-né, on donne 2mg per os à la naissance
en cas de surdosage en AVK, on donne de 10mg (surdosage simple et modéré) à
20mg (surdosage avec accident hémorragique). Un surdosage en VK rend le
patient résistant aux AVK pendant plusieurs jours.
en cas d’intoxication par un raticide, les doses sont de 20mg à 40mg, 2 fois par
semaine, selon l’évolution du temps de Quick. La demi-vie d’un raticide est en
effet très longue, de l’ordre de la semaine. La correction du déficit en facteur de
coagulation survient 12 à 24 heures après l’administration de la VK. Effets
indésirables L’injection IV de VK peut entraîner un choc anaphylactique.
L’injection doit être très lente, dans une perfusion de 100ml de sérum
physiologique délivrée en 30min. Privilégier la voie orale.
B- La Desmopressine (Minirin)
Pharmacologie
La Desmopressine est un analogue de l’hormone antidiurétique. Administrée par voie IV
en perfusion et à forte dose, elle produit une libération de facteur Willebrand et de facteur
VIII à partir de l’endothélium vasculaire. Le taux circulant de ces deux facteurs est
multiplié par 3 ou 4.
Indications
Le Minirin est utilisé pour le traitement des incidents hémorragiques survenant dans les
formes modérées de maladie de Willebrand et d’hémophilie A (taux de facteur compris
entre 10 et 40%), et pour la préparation de ces patients à une intervention chirurgicale.
Doses et mode d’administration
0.3 à 0.4 microgrammes/Kg, soit une ampoule de 4µg pour 10Kg, en perfusion
lente de 30 min dans 100mL de sérum physiologique.
perfusion à répéter si nécessaire toutes les 12 à 24 heures, car la demi vie du
facteur VIII est de 12h et celle du facteur Willebrand est de 24h.
l’effet des perfusions répétées de Minirin s’épuise entre la 3ème et la 5ème
perfusion (épuisement des réserves). Le patient récupère ses possibilités de réponse
au bout de 4 à 5 jours environ.
Effets indésirables
Réduire l’apport hydrique (hormone anti diurétique)
Bouffées de chaleur pendant la perfusion surtout si elle est trop rapide
C- Acide tranexamique : Exacyl
Pharmacologie
Anti fibrinolytique, l’Exacyl se lie au plasminogène et à la plasmine et il diminue
considérablement l’activité protéolytique de la plasmine sur la fibrine.
Indications
hémorragies entretenues par une fibrinolyse locale, par exemple après extraction
dentaire.
ménorragies par dysfonctionnement hormonale.
Posologie et mode d’administration
existe en voie orale (cp à 500mg) et en voie locale ou injectable (ampoules de 1g
dans 10mL)
pour la voie générale (orale ou injectable), 2 à 4g par jour, soit 4 à 8 cp à raison de
2cp toutes les 8h, ou 2 ampoules toutes les 8 heures.
pour la voie locale : compresses imbibées de la solution à 1g/ 10ml.
Effets indésirables
Risque de thrombose veineuse surtout si facteur de risque surajouté.
D- Les traitements substitutifs
Quand un déficit en facteur de coagulation est identifié, en cas d’incident
hémorragique ou dans le cadre d’une préparation à une intervention chirurgicale, il est
possible de corriger l’anomalie en apportant le facteur déficitaire. Ces facteurs sont
soit extraits du plasma humain, purifiés, concentrés, stérilisés, soit synthétisés par des
techniques de biologie moléculaire (facteur recombinant). Pour chacun des facteurs,
les règles d’utilisation sont spécifiques. Elles reposent sur deux notions importantes:
La demi-vie du facteur considéré et la notion d’unité.
La demi-vie des facteurs varie selon le facteur : 7h pour le VII, 12h pour le VIII, 24h
pour le IX, 48h pour le II, 4jours pour le fibrinogène. Le rythme des perfusions tient
compte de cette demi-vie : une perfusion par demi-vie.
Une unité de facteur de coagulation est la quantité de facteur contenue dans 1mL de
plasma frais normal (taux du facteur 100%). Les techniques de purification aboutissent à
des préparations lyophilisées que l’on reconstitue avec un solvant. Un flacon reconstitué
avec 10mL peut contenir 500 ou 1000 unités de facteur, c'est-à-dire correspondre à 500mL
ou 1litre de plasma frais. Cela est toujours indiqué sur le flacon. Les doses de facteur à
administrer sont exprimées en unités par Kg. Une U/Kg augmente le taux du facteur
d’environ 2%. Ainsi, un hémophile de 50 Kg dont le taux de facteur est< à 1% et dont on
veut remonter le taux de facteur à 50% doit recevoir 25U/Kg soit 1250 unités de facteur
VIII ou IX selon le type d’hémophilie. Exception pour le fibrinogène: les doses sont
exprimées en gramme. Une dose de 0.5 à 1g pour 10Kg augmente le taux de fibrinogène
circulant de 1 à 2 grammes par litre.
II-LES MEDICAMENTS ANTITHROMBOTIQUES
A Les antis agrégeant plaquettaires
Ce sont des inhibiteurs de fonction plaquettaires dont le mécanisme d’action est différent.
1- L’aspirine
Pharmacologie
L’aspirine inhibe de façon irréversible la cyclooxygénase et par voie de conséquence la
synthèse du thromboxane A2 (TXA2), prostaglandine vasoconstrictrice et proagrégante.
Après prise orale l’effet antiagrégant est obtenu en moins d’une heure. Par voie IV, l’effet
antiagrégant est immédiat. Les doses d’aspirine nécessaires et suffisantes sont comprises
entre 75mg et 250mg. Après administration de 250mg la synthèse de thromboxane est
inhibée à plus de 90% et il faut 8 à 10jours pour que l’effet inhibiteur disparaisse
complètement (durée de vie des plaquettes). Indications Prévention des récidives de
thromboses artérielles. Aucun effet sur les thromboses veineuses. Doses Selon les
préparations les doses sont comprises entre 75 et 250mg par jour. Les traitements sont
prescrits pour une longue durée. I l y a donc dissociation entre les effets antalgique et
antipyrétique obtenus avec 500mg à 1000mg et les effets antiagrégants. Effets indésirables
Intolérance gastrique ; augmentation modérée de risque hémorragique.
2- Le Clopidogrel(Plavix)
Pharmacologie
Le Plavix inhibe de façon irréversible l’agrégation plaquettaire induite par l’ADP en se
liant au récepteur plaquettaire de l’ADP. Après prise orale le Plavix est métabolisé par le
foie et c’est l’un de ces métabolites qui possède l’effet inhibiteur. Le plavix n’a donc pas
d’effet inhibiteur direct contrairement à l’aspirine. Le plein effet inhibiteur survient 3 à 4
jours après prise répétée quotidienne, temps nécessaire à l’accumulation du métabolite
actif. Comme l’effet inhibiteur est irréversible (comme pour l’aspirine), à l’arrêt du
traitement la récupération totale de la fonction plaquettaire demande 8 à 10 jours.
Indications
Les mêmes que celles de l’aspirine. Très utilisé en cardiologie interventionnelle. Aucun
effet sur les thromboses veineuses.
Doses
1cp à 75mg par jour
Cette dose peut être augmentée (300mg) dans les urgences en cardiologie
interventionnelle afin de raccourcir (quelques heures) le temps de latence de l’effet
antiagrégant.
Dans certaines indications de cardiologie le Plavix est co-administré avec l’aspirine
pendant 6 mois à 1an.
Effets indésirables
Augmentation modérée du risque hémorragique; diarrhée et douleurs abdominales ;
leucopénie. Depuis peu, deux nouveaux inhibiteurs de la liaison de l’ADP à son
récepteur sont disponibles : le Prasugrel qui est un dérivé du Clopidogrel avec le même
mécanisme d’action indirect et le Ticagrelor. Le Ticagrélor a un effet direct sur le
récepteur (ce n’est pas un métabolite) et cet effet est réversible après l’arrêt du
traitement (pas d’effet retard contrairement au Clopidogrel et Prasugrel).
2- Les Anti GP IIb-IIIa
La glycoprotéine GP IIb-IIIa est le récepteur plaquettaire du fibrinogène responsable
de l’agrégation. Le blocage de ce récepteur abolit totalement l’agrégation. Le patient
devient« thrombasthénique ». La thrombasthénie est une maladie hémorragique
congénitale rare caractérisée par l’absence totale d’agrégation en raison de l’absence
ou de l’anomalie de la GP IIb-IIIa. Il existe un anticorps monoclonal (Le Réopro) ainsi
que des inhibiteurs de synthèse (Integréline, Agrastat) qui bloquent le récepteur IIb -
IIIa. Ces médicaments sont utilisés en cardiologie interventionnelle pour éviter les
réocclusions précoces des coronaires après une angioplastie ou la pose d’un Stent.
B- Les anticoagulants classiques
1- Les antivitamines K (AVK)
Pharmacologie
Les AVK s’opposent au cycle métabolique de la vitamine K dans le foie et donc à la
synthèse des formes actives de 4 facteurs de coagulation. Il existe plusieurs AVK qui
diffèrent par la formule chimique et la pharmacocinétique, mais leurs effets sont
identiques.
la Warfarine (Coumadine) est l’AVK de référence. Elle a un délai d’action et
de réversibilité après arrêt du traitement de 4 à 5 jours. Comprimés à 5 et 2 mg
la fluindione (Préviscan) a un délai d’action et de réversibilité de 3 à 4jours,
Comprimés sécables de 20mg.
Acenocoumarol (Sintrom et mini Sintrom) a un délai d’action et de
réversibilité de 2 à 3jours. Comprimés à 4mg et 1mg. En terme d’efficacité
thérapeutique, 5mg de coumadine =20mg de préviscan=4mg de sintrom.
Après absorption orale, plus de 95% des AVK sont liés à l’albumine plasmatique et seule
la partie libre est active sur le plan pharmacologique. Ceci explique les très nombreuses
interactions médicamenteuses. La prescription d’un nouveau médicament chez un patient
traité par AVK peut déplacer l’AVK de sa liaison à l’albumine, augmenter la fraction libre,
et entraîner un surdosage. La liste de ces interactions médicamenteuses est indiquée dans le
«VIDAL ».
Indications
Traitement des thromboses veineuses et des embolies pulmonaires, en relais de
l’héparine. Traitement de 3 à 6mois, voire plus.
prévention des embolies au cours de la fibrillation auriculaire. Traitement à vie.
prévention des embolies sur valves cardiaques mécaniques. Traitement à vie. Dans
toutes ces indications, l’INR cible est compris entre 2 et 3, sauf pour les valves
cardiaques mécaniques ou l’INR doit être entre 3 et 4. Doses Il n’y a pas de dose
standard pour les AVK. Elles peuvent varier d’un facteur 1 à 10 pour le même effet
anticoagulant. Les doses sont individuellement adaptées en fonction de l’INR
L’INR (International Normalised Ratio) est le rapport du temps de Quick malade sur celui
du témoin, rapport normalisé par un coefficient (ISI) qui dépend du réactif utilisé par le
biologiste. Cette procédure diminue la variabilité inter laboratoire. On débute le traitement
par une dose standard (5mg de coumadine, 20mg de préviscan, 4 mg de sintrom) une fois
par jour, puis on demande un INR 4-5jours, 3-4jours, 2-3jours aprèsle début du traitement
selon l’AVK. On modifie la dose si nécessaire et il faut reconditionner l’INR dans les
mêmes délais. Les sujets âgés et dénutris nécessitent des doses plus faibles que les sujets
moins âgés (-30à-50%). Il faut vérifier l’INR dans les jours qui suivent l’introduction d’un
nouveau médicament.
Effets indésirables
Les AVK sont interdits chez la femme enceinte entre la 6ème et la 12ème semaine de
grossesse (risque tératogène). Ils sont acceptables entre le 4ème et le 8ème mois et interdits
à nouveau avant et après l’accouchement. Le principal danger des AVK est lié au risque
hémorragique.
2 - L’héparine standard non fractionnée.
Pharmacologie
L’héparine est un polysaccharide sulfaté extrait de la muqueuse intestinale de porc. Les
chaînes d’héparine ont un poids moléculaire qui varie de 5000 à 30000(environ 10 à 50
sucres) avec une distribution gaussienne dont le pic est à environ 15000 daltons. Sur ces
chaînes existe une séquence remarquable de 5 sucres (le pentasaccharide) qui se lie à
l’antithrombine, induit un changement conformationel et accélère de 1000 fois la vitesse
d’inhibition des facteurs de coagulation par l’antithrombine.
Indications
prévention des thromboses veineuses post opératoire jusque à la reprise de
l’activité
traitement d’attaque des thromboses veineuses et des embolies pulmonaires en
attendant que les AVK ne manifestent leurs effets (environ 5 jours).
Indications nombreuses en cardiologie: infarctus, angioplasties, réduction des
troubles du rythme. Doses et utilisation pratique Les doses sont exprimées en
unités. Il existe des héparines pour voie IV, généralement à 5000 u/mL en
ampoules de 25000u (5mL); il existe des héparines pour voie SC à 25000 u/mL, en
seringue pré remplies.
Prévention des thromboses veineuses : 5000u, SC toutes les 12h, soit 0.2ml deux
fois par jour
traitement d’attaque des thromboses veineuses et des embolies pulmonaires :
500u/Kg/24h, soit pour un sujet de 60 Kg 30000u/24h. Cette dose est administrée
en seringue électrique après un bolus de 50u/Kg soit 3000u dans cet exemple.
Cette dose de 30000u peut aussi être délivrée par voie SC à raison de 15000u (0.6
ml) 2 fois par jour (après le bolus). La dose bolus est faite pour atteindre plus
rapidement le plateau d’anticoagulation. , car le traitement est une urgence
thérapeutique. Les traitements préventifs à faible dose ne nécessitent pas de
surveillance exceptée les plaquettes. Pour les traitements curatifs on recommande
de vérifier le niveau d’anticoagulation par le TCA qui doit être entre 2 et 3 fois le
témoin. La dose est adaptée en fonction de ces résultats. Surveillance des
plaquettes en cas de traitement prolongé.
Effets indésirables
Des incidents hémorragiques peuvent survenir chez 3 à 5% des patients. Le sulfate de
protamine (1mL=10mg= neutralise1000ud’héparine). Pour le calcul de la dose d’antidote il
fait tenir compte de la dernière dose injectée, de l’heure d’injection, du temps de demi-
disparition, du TCA qui donne une idée de l’importance du surdosage.
3- Héparines de bas poids moléculaire (HBPM) :
Lovenox , Fraxiparine, Fragmine, Innohep.
Pharmacologie
A partir de l’héparine standard, des procédés de fractionnement permettent d’obtenir
des HBPM dont le poids moléculaire est compris entre 2000 et 10000 avec un pic à 5000
daltons. Ceci a plusieurs conséquences.
la demi-vie est doublée
le TCA est moins allongé sans perte de l’efficacité thérapeutique
l’élimination est principalement rénale d’où risque d’accumulation-surdosage en
cas d’insuffisance rénale.
Indications
Les mêmes que celles de l’héparine standard
Doses et utilisation pratique
Les HBPM s’utilisent par voie SC. Les préparations sont à 10000 u/ml sauf pour
Innohep qui est à 20000u/ml. La demi-vie étant 2 fois plus longue les doses
administrées sont environ 2 fois plus faibles.
Prévention des thromboses veineuses : 2000 à 5000u/24h en une SC, la dose
variant selon le niveau de risque.
traitement curatif des thromboses veineuses et embolies pulmonaires : 80 à
100u/Kg toutes les 12 heures (sauf Innohep, 175u/Kg une fois par 24 heure).
Contre-indication en cas d’insuffisance rénale : clairance de la créatinine < 30
Effets indésirables
Risque de saignement moins important que celui de l’héparine standard, mais est
moins bien neutralisé par le sulfate de protamine. Plus commode à utiliser, moins de
variabilité inter individuelle, moins de risque de thrombopénie immuno allergique.
Mais attention au surdosage par insuffisance rénale.
4- Héparine de synthèse : Fondaparinux ou Arixtra
Pharmacologie
La séquence de 5 sucres qui permet la liaison de l’héparine à l’antithrombine a été
synthétisée. C’est un médicament anti Xa pur qui n’allonge pas le TCA. Contrairement à
l’héparine qui est hétérogène, c’est un produit chimiquement défini dont le poids
moléculaire est 1750 daltons, les doses sont exprimées en mg.
Indications
Les mêmes que celles de l’héparine
Doses
prévention des thromboses veineuses en chirurgie orthopédique : 2.5mg en SC, une
fois par jour.
traitement des thromboses veineuses et embolies pulmonaires : 5mg, 7.5mg, ou
10mg selon le poids du patient (100Kg)
Effets indésirables
Risque hémorragique par accumulation chez l’insuffisant rénal.
Pas de risque de thrombopénie ; peut être utilisé en cas de thrombopénie induite
par l’héparine.
C- Les nouveaux anticoagulants oraux directs (AOD)
Depuis ces six dernières années sont apparus les nouveaux AOD.
L’objectif commercial est de faire aussi bien ou un peu mieux qu’avec les AVK et les
héparines en simplifiant le traitement : dose standardisée, voie orale, pas de
surveillance biologique.
Pharmacologie
Trois nouveaux AOD sont commercialisés en Europe et en Amérique du Nord : le
dabigatran (PRADAXA), le rivaroxaban (XARELTO), et l’apixaban (ELIQUIS). Le
PRADAXA est un inhibiteur direct de la thrombine (IIa) ; Le XARELTO et
l’ELIQUIS sont des inhibiteurs directs du facteur X. Ici, l’anti thrombine ne joue
aucun rôle. Ces médicaments s’administrent par voie orale, ont une demi-vie comprise
entre 9h et 15h (35h à 45h pour la warfarine) et sont éliminés en grande partie par le
rein d’où risque de surdosage en cas d’insuffisance rénale. Comme pour les AVK, il
existe de nombreuses interactions médicamenteuses avec augmentation de l’effet
anticoagulant en cas de cas de Co prescription d’anti infectieux, d’anti protéases
utilisées dans le traitement du HIV, des antifongiques, de l’amiodarone, des inhibiteurs
calciques. Inversement, les antis épileptiques et la rifampicine diminuent l’effet de ces
médicaments Avantages, inconvénients, accidents
Au cours des essais cliniques, l’efficacité de ces molécules a été identique ou
légèrement supérieure à celle des AVK, et le risque hémorragique égal ou
légèrement inférieur. Compte tenu de la demi-vie brève par rapport aux AVK,
l’oubli d’une prise expose le patient à un risque de récidive.
Si un incident hémorragique survient ou s’il survient une urgence
chirurgicale, il n’y a pas d’antidote sauf pour Pradaxa ou un anticorps
monoclonal (Praxbind) est disponible
Le message marketing est : même dose pour tous, pas de surveillance
biologique. Mais des informations cachées montrent que les incidents
hémorragiques sont le plus. souvent reliés à un surdosage (petit poids,
insuffisance rénale) que l’on pourrait détecter avec un test adéquat.
Le prix du traitement est supérieur à celui des AVK (surveillance de l’INR
comprise) : 10000FCFA pour un AVK er 50000 FCFA pour un nouvel
anticoagulant. Au total, selon un rapport récent de l’académie de médecine de
France en juin 2014 : Les nouveaux AOD sont une alternative aux AVK. Ils
devraient être réservés aux patients qu’il n’est pas possible d’équilibrer, qui
acceptent mal la surveillance régulière de l’INR, ou qui n’ont rien compris au
traitement AVK.
D- Les Thrombolytiques
Les thrombolytiques sont une classe de médicaments qui induisent une lyse du
caillot en activant le plasminogène en plasmine qui dégrade la fibrine. Ils sont
distincts des anticoagulants avec lesquels ils sont souvent co-administrés.
Pharmacologie
Il existe 5 médicaments thrombolytiques qui diffèrent par leur spécificité pour la
fibrine, les modalités d’administration et leur capacité à induire des anticorps.
La streptokinase( SK),
L’urokinase (UK)
L’activateur tissulaire de plasminogène (rt-PA)
La rétéplase et la ténectéplase Indications principales des thrombolytiques
traitement de l’infarctus du myocarde moins de12 heures après le début
des symptômes.
embolie pulmonaire grave hémodynamiquement instable potentiellement
mortelle.
occlusion des artères périphériques
thrombolyse des accidents vasculaires cérébraux ischémiques, moins de 3
heures après le début des symptômes. Cette indication est réservée à des
centres spécialisés neurovasculaires.
Doses et utilisation pratique
SK (STREPTASE) : 1.5 millions d’unités à perfuser en 1 heure.
UK (ACTOSOLV) :3 millions d’unités à perfuser en 12 heures.
rt-PA (ACTILYSE) :100mg à perfuser en 90 min.
Reteplase (RAPILYSINE) :2 injections IV de 10 unités à 30 min
d’intervalle.
Ténectéplase (METALYSE) :1 injection IV de 0.5 mg/kg sans dépasser
50mg, dose maximale.
Ces médicaments thrombolytiques sont utilisés en association aux anticoagulants
(Héparine) et aux antiagrégants.
Effets indésirables
Le risque majeur des thrombolytiques réside dans les hémorragies.
Le médicament ne distingue pas les thrombus occlusifs à traiter et les thrombus
hémostatiques utiles. Le risque majeur est l’hémorragie cérébrale mortelle une fois sur
deux (1% des traitements).
En conséquence contre-indication absolue pendant les 15 jours qui suivent une opération,
chez le sujet âgé, après une IM profonde, l’hypertendu, la femme enceinte, les pathologies
déficitaires de l’hémostase etc…
En pratique les thrombolytiques ne sont utilisés que dans des structures hospitalières.
CHAPITRE 13 : MEDICAMENTS DE L’ULCEREGASTRO-DUODENAL(UGD)
ET DE REFLUX GASTRO-OESOPHAGIEN(RGO)
CAUSES D’UGD
Cause principale :
La plus part des ulcères sont causés par une bactérie Gram négatif, Hélicobacter pylori.
Elle envahit la paroi de la muqueuse qui normalement protège l’estomac et l’intestin grêle
contre l’acide gastrique.
Les autres causes :
Corticoïde, le tabagisme, alcool, Stress et le terrain génétique
DIAGNOSTIC
Symptomatologie
Examens cliniques
Endoscopie digestive haute permet de visualiser le tractus digestif haut et de
réaliser des biopsies
Recherche de H pylori
DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
Adénocarcinome gastrique ou lymphome gastrique
Douleurs pancréatiques ou biliaires
Ischémie mésentérique
Douleurs vertébrales projetées
Dyspepsie non ulcéreuse
TRAITEMENT
Objectif Il vise à éliminer les bactéries H pylori chez les individus qui en sont infectés,
à calmer la douleur ulcéreuse, à accélérer la cicatrisation de l’ulcère et prévenir les
récidives et complications.
I. REGLES HYGIENO-DIETETIQUES (à chercher)
II .TRAITEMENTS MEDICAMENTEUX
1 Les antis sécrétoires
Réduisent la sécrétion d’acide et favorisent ainsi la cicatrisation.
LES INHIBITEURS DES RECEPTEURS H2 DE L’HISTAMINE (ANTI-H2)
Cimétidine (tagamet)
Ranitidine (azantac)
Famotidine (pepdine)
Nizatidine
LES INHIBITEURS DES POMPES A PROTONS(IPP)
Oméprazole(Gaspral)
Esoméprazole (inexium)
Lanzoprazole
Pantoprazole
Rabéprazole
2-Les cytoprotecteurs : analogue de prostaglandine (Misoprostol
(cytotec))
3-Les antiacides de contact
Hydroxyde d’aluminium et de magnésium, phosphate d’aluminium
(phosphalugel) diminuent le degré d’acidité de la sécrétion gastrique (pouvoir
tampon) et neutralise le Hcl. Action symptomatique, soulage la douleur mais
n’accélère pas la cicatrisation.
III. ERADICATION DE H. PYLORI
A. TRAITEMENT CLASSIQUE PROBABILISTE
Trithérapies de première ligne:
IPP-clarithromycine-amoxicilline ou IPP-clarithromycine-métronidazole
7 jours
Trithérapies de deuxième ligne:
IPP-amoxicilline- métronidazole 14 jours
Trithérapies de secours:
IPP-amoxicilline-lévofloxacine 10 jours ou IPP-amoxicilline-rifabutine 10
jours.
IV. LE TRAITEMENT CHIRURGICAL
En cas de perforation (suture vagotomie),
Sténose (pyloroplasie+vagotomie),
Hémorragie (hémostase locale+ vagotomie),
ulcère gastrique persistant ou récidivant (gastrectomie
partielle+vagotomie)