Coproculture
Dr Abdou DIOP
Objectifs
• Définir la coproculture
• Décrire les contextes diagnostiques
• Décrire la démarche analytique de la
coproculture standard
• Enumérer 3 recherches spécifiques
2
Plan
Introduction
I. Diarrhées infectieuses
II. Contexte diagnostique
III. Prélèvement et transport
IV. Coproculture standard
V. Recherches spécifiques
Conclusion 3
Introduction (1/3)
Définition
Coproculture : Examen cytobactériologique des selles
Intérêts
* Diagnostique
. Déterminer la cause d’une diarrhée
(germes pathogènes responsables)
. Détecter porteurs sains
* Thérapeutique
Assurer et suivre traitement
* Epidémiologique
. Préciser nature d’une épidémie
. Assurer la surveillance épidémiologique
4
Introduction (2/3)
Contexte de demande (EBS)
• Diagnostic diarrhée :
– Diarrhée infectieuse bactérienne
• Diarrhée aiguë
• Diarrhée chronique si patient immunodéprimé
– Toxi-Infections Alimentaires Collectives (TIAC)
– Dysmicrobisme (post-antibiothérapie)
5
Introduction (3/3)
Contexte de demande (EBS)
• Prévention risque infectieux : recherche portage
– Sujets à risque (immunodéprimé, en réanimation,
oncohématologie) avec BMR
– Contexte réglementaire (exemple : cuisiniers et
personnel de d’industries alimentaires
• Intérêt épidémiologique:
– Entourage patient
– Réanimation néonatale
6
I. Diarrhées infectieuses (1/11)
• Selon l’O.M.S,
une diarrhée : émission d’au moins 3 selles/j de
consistance anormale
Forme Durée
• Aiguë < 14 j
• Persistante > 14j
• Chronique > 4 semaines
• TIAC : définie par apparition d'au moins 2 cas
groupés similaires d'une symptomatologie,
en général gastro-intestinale, dont on peut
rapporter la cause à une même origine
alimentaire
7
I. Diarrhées infectieuses (2/11)
• Dans les pays à faible niveau d’hygiène:
– 1ère cause de mortalité infantile
– 4 Millions de morts/an pour 1,5 Milliards
d’épisodes diarrhéiques chez < 5 ans
– Étiologie bactérienne, virale ou parasitaire
8
I. Diarrhées infectieuses (3/11)
• Flore intestinale normale :
– Essentiellement colique
– Estomac : très peu de bactéries
– Intestin grêle < 105/g (transit rapide, péristaltisme
important)
– Flore colique : 5.1010 à 2.1011 bactéries/g de selles
. Flore résidente dominante
Germes anaérobies stricts : +++ 109 à 1010
germes/g
ex : Bacteroides, Clostridium. 9
I. Diarrhées infectieuses (4/11)
• Flore intestinale normale :
– Flore colique : 5.1010 à 2.1011 bactéries/g de selles
• Flore résidente sous-dominante
» Espèces aéro-anaérobies facultatives (1%)
ex : entérobactéries (E. coli, Klebsiella,
Enterobacter)
» Bactéries lactiques aéro-anaérobies facultatives
ex : Lactobacillus
• Flore de transit
» Variable selon individus, alimentation ex: S. aureus,
Proteus, Pseudomonas, levures, etc.
10
I. Diarrhées infectieuses (5/11)
Flore colique : 5.1010 à 2.1011 bactéries/g de
selles
• Bactéries résidentes
- anaérobies > 90%
- aérobies : Entérobactéries, Enterococcus, etc.
• Bactéries de « passage »
- Staphylococcus, Bacillus
- Pseudomonas
• Portage : Salmonella, Shigella, Vibrio
Densité flore : 1012 germes/1g selles 11
I. Diarrhées infectieuses (6/11)
Diarrhées d'origine bactérienne
Il en existe plusieurs types :
– toxinique
– invasif
– mixte (associant les deux mécanismes)
– Adhérant
12
I. Diarrhées infectieuses (7/11)
Mécanismes des diarrhées
• Implantation de bactéries étrangères
- multiplication locale + toxine
- ulcération muqueuse + toxine
- envahissement de l’organisme
• Déséquilibre de la flore commensale
- changement de régime alimentaire
- antibiothérapie
• Intoxication alimentaire 13
I. Diarrhées infectieuses (8/11)
Mécanismes pathogéniques des bactéries entéropathogènes
Entéro-invasif Cytotoxique Toxigénique Adhérent
Salmonella C. difficile V. cholerae EPEC
Shigella Shigella Shigella EPEC
Y.
Y. enterocolitica EPEC
enterocolitica
Campylobacter EPEC EPEC
14
I. Diarrhées infectieuses (9/11)
Clinique
• Incubation variable selon l’agent
• Clinique selon le mécanisme
- Action cyto-toxique : diarrhée acqueuse
- Action entéro-toxinogène : syndrome cholériforme
- Action invasive : syndrome dysentérique
- TIAC à symptomatologie non digestive (méningite,
septicémie)
• Evolution spontanément favorable en général
- Parfois graves (typhoïde, botulisme)
- Risque de déshydratation (jeune enfant, vieillard) 15
I. Diarrhées infectieuses (10/11)
• Toute diarrhée n’est pas d’origine infectieuse: (24-48H)
• Stress, anxiété, troubles psychiques
• Iatrogène (Mg2+)
• Intoxications (champignons, métaux lourds)
• Intolérance alimentaire (lactose)
• Allergie ou pseudo-allergie alimentaire (ingestion d’histamine)
• Inflammation chronique intestin (maladie de Crohn)
• Désordres hormonaux (hyperthyroïdie…)
• Toute diarrhée infectieuse n’est pas d’origine
bactérienne: (> 48H)
• Souvent parasitaire si diarrhée chronique
• Virale +++
EBS prescrit si selles liquides (OMS)
après interrogatoire minutieux éliminant toute autre étiologie
Fiche de renseignements épidémio-cliniques
indispensable avec prélèvement.
16
I. Diarrhées infectieuses (11/11)
Vibrio cholerae, ETEC
Syndrome Autres : Vibrio parahaemolyticus,
cholériforme :
Plesiomonas shigelloides,
Zone d’endémie
Aeromonas spp,
Pays tropicaux
(voyage) EIEC
EHEC
Diarrhées
Aeromonos spp.,
sérosanglantes
Plesiomonas shigelloides
SHU EHEC (O157 H7)
(Sd Hémolytique S. dysenteriae
Urémique)
C. difficile
Autres: S. aureus,
Dysmicrobisme
P. aeruginosa,
Candida albicans
17
II. Contexte diagnostique (1/4)
• Le clinicien doit orienter les recherches en fonction:
– Age
– Diarrhée dans l’entourage
– Origine géographique-voyage récent
– Antibiothérapie à large spectre
Adulte ou enfant > 2 ans et contexte par défaut
• Réalisation d’une coproculture standard comprenant
– la recherche de Salmonella spp., Shigella spp. et
– Campylobacter spp., voir Yersinia enterocolitica
18
II. Contexte diagnostique (2/4)
Enfant < 2 ans
• Réalisation coproculture standard avec en plus
• Recherche des E. coli entéropathogène en
sachant que les diarrhées d’origine virale
prédominent dans cette tranche d’âge
19
II. Contexte diagnostique (3/4)
Diagnostic particulier
• Occidentaux : notion de voyage récent en «pays tropical»
• Malade sous traitement antibiotique
• Diarrhée sérosanglante
• Syndrome hémolytique et urémique (SHU)
• Toxi-infection alimentaire isolée ou collective
• Patients immunodéprimés
– infectés par le VIH,
– hospitalisés par ex dans des services d’oncohématologie
• Recherche de bactéries particulières.
20
II. Contexte diagnostique (4/4)
• Prévention du risque infectieux
• Détection de colonisation par des bactéries
multirésistantes (BMR),
• Recherche de bactéries particulières
21
III. Prélèvement et transport (1/4)
• Recueil dès l’émission
• Volume d’un noix dans conteneur hermétique propre
à usage unique
• Choisir échantillon mucopurulent ou sanglant
• Acheminement rapide au laboratoire (<2h)
• Conservation : maximum une nuit à +4°C, au-delà
milieu transport
• Ecouvillonnage rectal : nouveau-né, petit enfant et
recherche de BMR
• Biopsies rectales
22
III. Prélèvement et transport (2/4)
• Moment de la collecte
– Avant toute antibiothérapie
– À tout moment, à toute heure
– De jour comme de nuit
– Il faut des selles fraîchement émises
• Nombre d’échantillons
- Un seul suffit
- Un second selon les besoins
• Pot à usage unique
- Rythme de recueil : un par 24H
- en plastique, stérile
- avec cuillère fixée au couvercle
- Spatule ou abaisse langue
- Écouvillons
23
III. Prélèvement et transport (3/4)
• Collecte à l’aide d’un matériel
• Écouvillonnage rectal
• Biopsies : rectale, gastrique
• Recueil sur papier buvard
• Transport en glacière
Dispositif COPAN
• Collecte physiologique
Ecouvillon fécal
• Recueillir selles malade dans pot de chambre
• 5g de selles fraîches
• Eviter la cuvette des toilettes
• Placer échantillon dans le pot stérile
24
III. Prélèvement et transport (4/4)
• Transport – Conservation
- Immédiatement : en 30-60 minutes/Glace
- En salle d’hospitalisation : - 1 heure
- Sur la paillasse / conserver en salle climatisée
• Au laboratoire
- paillasse : 30 minutes
- réfrigérateur à 4°C : 12 heures
- congélateur à -40°C : plusieurs mois
• Milieux de transport
- gélose molle de Cary Blair : 72H
- eau peptonée salée alcaline (EPSA)
- papier buvard : 24-48H
25
IV. Coproculture standard
Que recherche dans un EBS
Coproculture standard :
– Salmonella spp
– Shigella spp
– Campylobacter spp
– Yersinia enterocolitica
– Enfant < 2 ans (E. coli )
26
IV. Coproculture standard
Examen macroscopique
- Noter consistance : Selles moulées refusées
- Présence de glaires, de pus et de sang
(choix de ces zones)
• Afécales « eau de riz » : choléra
• Glaireuses, sanguinolentes : dysenterie
• Liquides « jus de melon » : typhoïde
• Molles ou pâteuses : Selles normales, moulées, fermes
27
IV. Coproculture standard
• Examen microscopique (1/3)
o Etat frais
- Mobilité caractéristique / levures / hématies / Parasites
– Peu informatif (manque de sensibilité)
o Colorations
– Bleu de méthylène/Giemsa : leucocytes
– Présence leucocytes : diarrhée à germes invasifs
ex: Salmonella spp., Shigella spp., Campylobacter
– Absence leucocytes : diarrhée à germes entérotoxinogènes
ex: V. cholerae, C. difficile, Aeromonas)
– Gram : Appréciation équilibre de la flore Gr+/Gr-
28
IV. Coproculture standard
Examen microscopique (2/3)
• Cytologie
- leucocytes : invasion muqueuse
- hématies : lésions des vaisseaux
- kystes, adultes, œufs de parasite
- mobilité polaire : Vibrio, Pseudomonas
• Flore équilibrée
- 70% de germes à Gram (-)
- 30% de germes à Gram (+) 29
IV. Coproculture standard
Examen microscopique (3/3)
• Coloration de Gram :
1) Flore normale: majorité BGN
2) Morphologie caractéristique
Présence qqs BGP
Apprécier déséquilibre flore 30
Coproculture
Examen bactériologique des selles
31
IV. Coproculture standard
Mise en culture
• Milieu sélectif pour les entérobactéries
- BCP/ Mac Conkey
• Milieux pour recherche Salmonella spp., Shigella
spp.
– Hektoen
– Milieu ASAP
– SS, XLD, DCL
• Milieu d’enrichissement pour Salmonella spp.
. Bouillon sélénite
. Mueller–Kauffmann
– Incubation à 35°C pendant 24-48H
32
Isolement des Salmonella-Shigella
33
IV. Coproculture standard
Mise en culture
• Isolement des Salmonella-
Shigella J2/Gélose : choisir 5
• J1/ : Ensemencer au choix colonies lactose (-)
une gélose SS ou Hektoen - ensemencer un
• Ensemencer au choix un bouillon Urée-indole
bouillon : Sélénite /- - incuber pendant 4h
Mueller–Kauffmann - repiquer les uréase
• Repiquer le bouillon sur SS ou (-) sur Kligler-Hajna
Hektoen (au bout de 4h) et Mannitol-Mobilité
34
IV. Coproculture standard
• Mise en culture
J3: Identification
- lecture des galeries
- tests complémentaires
SS
- agglutination
- réaliser un antibiogramme
Galeries à partir du 2ème SS ou H
Hektoen
35
Milieu Hektoen
• Milieu sélectif par sels biliaires (taux élevé de
peptone pour Shigella)
• Étude de 3 sucres ( lactose, saccharose, salicine) et
H2S
Couleur Germes
Jaune saumon E. coli, Citrobacter, Klebsiella,
Enterobacter, Serratia, S. arizonae,
Vibrio cholerae (ox+),
Aeromonas (ox+), Yersinia
Jaune saumon Proteus vulgaris
à centre gris-noir
Bleues à centre noir Proteus mirabilis
Salmonella
Vertes Shigella, S.Typhi,
Pseudomonas spp (ox+) 36
Milieu ASAP
(AES Salmonelle Agar Plate)
• Sensibilité améliorée par enrichissement préalable
Rose pourpres : Salmonella spp
Bleu vert : Klebsiella, Enterobacter
Bleu violet : Serratia
• Incubation à 37°C; lecture à 24H
37
IV. Coproculture standard
Mise en culture
• Identification Salmonella-Shigella
• J4: Identification finale Salmonella
- lecture antibiogramme
- identification germes du 2ème repiquage
• Compte rendu
38
IV. Coproculture standard
• Identification
– Salmonella spp :
• Galerie: identification espèce
• Sérotypage :
– Mélange agglutinines anti-O (OMA, OMB..)
/ sérum monovalent/ anti-H 1 et 2/ anti-Vi
(selon labo) déclaré et envoyé au centre de
référence à l’IPD
– Test Sven Gard (inversion de phase)
• Antibiogramme selon CA-SFM
– Salmonella spp, Shigella spp., Campylobacter,
Yersinia spp.
39
Identification de 5 colonies Lactose (-), H2S (+/-), oxydase (-)
Salmonella Shigella
Faire 5 urées à lire 15 mn ou 4 heures
Urée + Urée -
Absence de Salmonella Shigella
Hajna, LDC, Indole
Glucose + Glucose +
TDA
Lactose – Lactose –
Gaz + (-) LDC –
Indole – Gaz –
H2S + (-) Mobilité –
(+) Eliminer (-) Possibilité de Yersinia H2S -
Galerie 20E + ABG
ONPG
Galerie 20E
(-) (+) Eliminer ABG
LDC(+) LDC(-)
Agglutination
Galerie 20E + ABG Possibilité de de Shigella
Phage S. Paratyphi A
Agglutination A confirmer
40
Salmonella par agglutination
Kligler-Hajna
Lactose (-) SH2 (-)
Lactose (-)
SH2 (+)
Glucose (+) Gaz (-)
Glucose (+)
Gaz (-)
Shigella
Salmonella Typhi
41
Isolement d’E. coli entéropathogène
42
IV. Coproculture standard
Recherche d’ Escherichia coli
• Cette bactérie se recherche chez le nouveau
né de 0 à 2 ans ou, dans certains cas
(diarrhée du voyageur).
• L’isolement requiert un milieu simple en
particulier (EMB = Eosine Methylen Blue) ou
de milieu DRIGALSKI.
43
Isolement d’E.coli entéropathogène
Premier jour
Ensemencer une gélose EMB
Incuber à 37°C
Deuxième jour
Choisir 5 colonies à reflet
métallique
Repiquer chacune sur KH, UI et Reflet métallique des
CS colonies de E. coli sur EMB
Incuber 18 heures
44
Isolement d’E.coli entéropathogène
• 3ème jour : identification • Glucose (+), gaz (+)
- lecture galeries • Lactose (+), VP (-)
- agglutination • SH2 (-)
- réaliser un antibiogramme • Uréase (-), indole (+)
• 4ème jour • Sérotypage
- lecture ABG
- compte rendu
Galerie API : E. coli – P. mirabilis
45
Autres pathovars d’E. coli
• Identification
- hybridation ADN
- inoculation aux cellules, à l’animal
- agglutination : ECEH
• Isolement sur EMB
46
IV. Coproculture standard
47
Isolement de Yersinia enterocolitica
48
IV. Coproculture standard
• Mise en culture
– Recherche Yersinia enterocolitica
(gélose spécifique)
• Milieu CIN (Cefsulodine-Irgasan-Novobiocine)
peu sélectif à 48-72h, lire à 24h
• Milieu Wauters
– Incubation 48h à 30°C
• Identification:
– Yersinia : +++ galerie Colonies de Yersinia sur CIN
49
Isolement de Campylobacter spp
50
IV. Coproculture standard
Mise en culture
- Recherche Campylobacter
• Milieux de culture : géloses sélectives
– Karmali
– Skirrow, Butzler, Campylosel
– En microaérophilie
(5 % O2, 10% CO2, 85% N2)
• Incubation
Campylobacter
– Incubation à 37°C sur karmali
• Lecture à partir J2→J5 51
Milieux CIN et Karmali
• CIN
– Cefsulodine Inhibe les bactéries
– Irgasan GN sauf Y. enterocolitica
– Novobiocine
– Sels biliaires
Inhibe les bactéries GP
– Cristal violet
• Karmali
– Gélose de base Columbia
– Charbon activé
– Hémine
– Supplément sélectif (pyruvate de sodium, vancomycine,
céfopérazone, cycloheximide)
52
IV. Coproculture standard
• Identification
Paramètres C. jejuni subsp C. jejuni subsp. C. coli C.fetus
jejuni doylei
Croissance à 25°C - - + +
Croissance à 42°C + - + -
Hippurate + v - -
Céfalotine R S R S
Acide nalidixique S S S R
Indoxylacétate + v + -
– Tests complémentaires :
• PCR Campylobacter
• Test hippurate → antibiogramme sur Columbia (microaérophilie)
→ indoxylacétate en 2ème intention Antibiogramme
sur Columbia (microaérophilie) → API CAMPY
• ABG selon CA-SFM/EUCAST
53
IV. Coproculture standard
• Interprétation :
– Mise en évidence de Salmonella spp.,
Campylobacter spp., Yersinia enterocolitica,
Shigella spp. → pathologique
– Culture pure ou majoritaire sur BCP/Hektoen :
– Identifier et rendre P. aeruginosa, S. aureus
et levures
– Antibiogramme sur bactéries en situation de
pathogénicité
– Salmonella spp. déclaré et envoyé au centre de
référence à l’IPD
54
V. Recherches spécifiques sur
selles
Demande exprimée par prescripteur
Contexte particulier
55
V- Recherches spécifiques (diarrhée)
• Vibrio cholerae (et parahaemolyticus) :
– directement et après enrichissement en eau peptonée
alcaline repiquée toutes les 3h sur une autre EPA
• ED : mobiles++ (polaire) et Gram
• Milieu TCBS
– Incubation :18-24H en aérobie
– à 37°C (V. cholerae) ; à 30°C (V. parahaemolyticus)
• Aeromonas spp :
– gélose au sang + ampicilline 10-30 µg/ml (sélective)
– Incubation: 24H, aérobie, 30°C
• EHEC
• PCR stx1 et stx2 56
Isolement de Vibrio cholerae
57
Isolement de Vibrio cholerae
• 1er Jour : Ensemencer une gélose TCBS
Ensemencer une EPSA
- incuber pendant 4-6 heures
- repiquer sur 2ème TCBS
• 2ème Jour : TCBS :
– choisir 5 colonies saccharose (+)
- rechercher une mobilité polaire
- repiquer chaque colonie sur KH, UI
• 2ème TCBS : faire pareil/Rechercher l’oxydase 58
TCBS
(Thiosulfate, Citrate, Bile, Saccharose)
• Composition :
pH= 8,6
– Peptone de caséine Inhibiteurs des
– Peptone de viande entérobactéries
– Citrate de Na et des entérocoques
– Bile de bœuf
– Citrate de Fer
– Thiosulfate de Na Colonies H2S+
– Saccharose
– Bleu de bromothymol Colonies jaunes
saccharose+ V. cholerae sur TCBS V. parahaemolyticus
– Bleu de thymol sur TCBS
– NaCl favorise croissance Vibrio spp.
59
Coproculture :Techniques
spéciales !
Avec enrichissement
Sans enrichissement :
Milieu sélectif TCBS
Oxydase +
60
Isolement de Vibrio cholerae
• 3ème jour Caractères
- lecture galeries • Oxydase (+), glucose (+)
- agglutination : avec • Lactose (-), ONPG (+)
sérums anti O1 et O139 • SH2 (-), gaz (-)
- réaliser ABG • Uréase (-), indole (+)
• 4ème jour • Sérogroupage : O1 et O139
- lecture ABG • Sérotypage : Inaba,
- compte rendu Ogawa,
Hikojima 61
Kligler-Hajna de V. cholerae
Lactose (-) SH2 (-)
Glucose (+) Gaz (-)
62
Identification
• Biochimique (galeries d’identification) :
Vibrio cholerae
• Sérogroupage O1 et O139
63
Biotypes de Vibrio cholerae
Biotypes
Caractères Cholerae El tor
VP (-) (+)
Hémolyse (-) (+)
Polymyxine Sensible Résistant
Vibrio parahaemolyticus
Nécessité milieux alcalinisés +++
Saccharose (-)
64
Recherche spécifique de
Clostridium difficile (diarrhée)
• Diarrhée aiguë survenue au cours ou au décours
(2 mois) d’une antibiothérapie si:
• persiste > 48h après arrêt antibiothérapie
• arrêt antibiothérapie pas envisageable
• diarrhée sévère (AEG, fièvre, etc.)
• si terrain fragile: personnes âgées, ID, IR, etc.
Recherche toxines et mise en culture
65
Recherche de toxines de C.difficile
• Recherche de toxines de Clostridium difficile
– Toxine A+B de préférence
– Test Immunocard Méridian
• Sensibilité: 78%
• Spécificité: 99.4%
• VPP: 94%
• VPN: 97.5%
• Résultat en 15 min (diagnostic d’urgence,
contagiosité ++)
– Test ELISA : plus sensible mais moins rapide
66
Recherche de toxines de C.difficile
OXOID Immunochromatographie Détection toxine A
sur membrane
TRIAGE Détection toxine A
Biosite Immunochromatographie Détection antigène GDH
Diagnostics sur membrane
Panel (toxine A + Ag
GDH)
IMMUNOCARD Immunochromatographie Détection toxine A
sur membrane
Méridian Immunochromatographie Détection toxines A + B
Biosciences sur membrane
PREMIER ELISA Détection toxines A + B
GDH= Glutamate DésHydrogénase, commune à toutes le souches de C.difficile
67
TIAC
(Toxi-Infection Alimentaire d’origine Collective)
• 2 types de TIAC:
– Incubation courte (1-4h) :
• Toxine ingérée : S. aureus, Bacillus cereus
– Incubation longue (12-76h) :
• Bactérie ingérée : Salmonella spp., Y.enterocolitica,
Campylobacter spp., Vibrio parahaemolyticus,
Clostridium perfringens
• Les germes les plus fréquemment isolés :
– Salmonella
– S. aureus
– Clostridium perfringens
• Diagnostic:
– Recherche de toxines à partir des selles, des aliments, et
du liquide gastrique dans des laboratoires spécialisés
– Isolement de la bactérie (coproculture standard pour la68
plupart)
Demandes particulières
(hors diarrhées)
• Recherche de portage de Salmonella (selles
moulées, médecine du travail)
• Bouillon sélénite
• ASAP (à J1 à partir bouillon)
• SS
• Hektoen
– Hématologie adulte, oncologie pédiatrique
(BMR) 69
Selon aspect des selles
Selles glairo-sanguinolentes
• Shigella
• E. coli entéro-invasif
• Campylobacter jejuni
• Entamoeba histolytica
• Clostridium difficile
70
Selon aspect des selles
Selles ocres jus de melon
• Salmonella Typhi
• Salmonella Paratyphi A
• Salmonella Paratyphi B
• Salmonella Paratyphi C
Selles afécales
• Vibrio cholerae
• Escherichia coli entérotoxigène
• Staphylococcus aureus
• Bacillus cereus
71
Conclusion (1/2)
• Examen utile dans plusieurs cas :
– recherche de bactéries responsables
d'une diarrhée
– recherche d’éventuelles bactéries résistantes
chez un patient asymptomatique,
– bilan d'une intoxication alimentaire...
– en milieu hospitalier, on peut rechercher,
• bactérie d'infection nosocomiale
• souche particulière résistante à un antibiotique.72
Conclusion (2/2)
• L’isolement et l’identification biochimique de
la plupart de ces bactéries doivent être
complétés par :
– l’identification antigénique
– la détermination du sérotype à l’aide de
sérums agglutinants et
– parfois par la mise en évidence de toxines.
– Déclaration si nécessaire.
73
Merci de votre attention
74