La Biodiversité
I. Définitions
– Qu'est-ce que la biodiversité ? :
Définition du grand scientifique américain, Edward O. Wilson, considéré comme l'inventeur
du mot biodiversity : c'est en fait la totalité de toutes les variations de tout le vivant. « Tout
le vivant », donc l'homme en fait partie.
Elle se décline en :
• diversité écologique - les milieux,
• diversité spécifique - les espèces,
• et diversité génétique.
La biodiversité regroupe l'ensemble des végétaux, des animaux, des micro-organismes,
les gènes qu'ils contiennent et les milieux dont ils font partie. C'est la dynamique des
interactions.
Si l'on parle maintenant autant de biodiversité, c'est bien à cause d'interactions
essentielles dont celles causées par nos activités. Cette définition nous enseigne que
protéger la nature c'est protéger la capacité d'adaptation du vivant.
Il faut avoir en mémoire que pour une espèce qui disparaît de nombreuses interactions
disparaissent. Supprimer une espèce c'est donc changer le cours des choses, une
atteinte à la liberté qu'a le monde de se déployer (Jacques Blondel – CNRS /
Conférence de Paris sur la biodiversité / Janvier 2005)
II. La diversité des espèces et des milieux
Le nombre d'espèces vivant sur la terre semble infini, d'où le difficile inventaire des
espèces. Pourtant même si tous les jours de nouvelles espèces animales et végétales
sont découvertes, beaucoup d'entre elles disparaissent.
Un milieu est considéré comme riche en biodiversité s'il possède un nombre important
d'espèces animales et végétales. D'autres milieux sont précieux car ils abritent des
espèces rares. Une condition à la biodiversité est un bon état du milieu afin que les
espèces y trouvent de quoi vivre et se reproduire.
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III. Quelles sont les menaces qui pèsent sur la biodiversité ?
– Les extinctions :
Les espèces animales et végétales disparaissent de façon naturelle. On appelle cela une
extinction d'espèce – comme celle des dinosaures, il y a 65 millions d'années. Mais depuis
une cinquantaine d'années l'augmentation des activités humaines accentue les extinctions
d'espèces.
– Les activités humaines destructrices :
Elles contribuent fortement à la baisse de cette biodiversité, à savoir :
✗ utilisation grandissante des combustibles : pétrole, charbon...
✗ dégradation des milieux de vie des espèces : pollutions diverses dues à l'emploi
d'engrais chimiques, à la prolifération des décharges et aux rejets très polluants de
certaines usines,
✗ introduction d'espèces exotiques (ex. la tortue de Floride, parfois jetée dans les
étangs lorsqu'elle devient trop grande est un exemple : très vorace et sans
prédateurs, elle détruit les espèces avoisinantes),
✗ destruction de la faune par la chasse pour le commerce des fourrures par exemple,
✗ réduction du territoire de certaines espèces, par la déforestation ou l'artificialisation
des milieux naturels,
✗ destruction de la flore résultant de la cueillette intempestive
✗ surexploitation des milieux naturels sur mer et sur terre conduisant à leur
destruction (la déforestation des forêts tropicales en est un exemple).
La dégradation de notre planète résulte entre autre, de l'assèchement des marais, de la
destruction des forêts et de l'augmentation des surfaces des zones désertiques.
IV. Pourquoi la biodiversité est-elle importante ?
La biodiversité a une importance directe sur la qualité de notre vie ; elle est la source
première des services rendus par les écosystèmes :
1. Oxygène vital
2. Alimentation/Nutrition/Habillement
3. Santé/Thérapie/Médicaments
4. Contribution à l'épuration de l'eau, de l'air, interaction avec la fluctuation du climat,...
5. Habitation et chauffage
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V. Les mesures de protection qui s'imposent
1. La protection des espèces et des milieux
2. L'éducation à l'environnement
VI. Concrètement : les mesures annoncées par le Grenelle
Objectifs annoncés de l'État :
• Mise en oeuvre de mesures de protection, valorisation, réparation des milieux et
espèces naturels et compensation des dommages causés à ceux-ci
• Constitution d'ici 2012 d'une trame verte et bleue assurant les continuités
écologiques, outil d'aménagement du territoire
• Création d'aires marines protégées afin de couvrir 10 % des eaux territoriales
• Mises à jour d'ici 2012 de l'inventaire des Zones Naturelles d'Intérêt Écoloqique,
Floristique et Faunistiques (ZNIEFF) marines et terrestres
• Révision de la liste des espèces menacées
• Création d'un réseau de conservatoires botaniques et mise en place d'un
observatoire national de la biodiversité
• Mise en place de financement de l'État pour la biodiversité et recherche de
nouvelles solutions de financement
Eau :
• Retrouver et atteindre un bon état écologique des masses d'eau pour 2015
• Garantir l'approvisionnement durable en eau, par la limitation des prélèvements et
des consommations
Agriculture et sylviculture :
• Principe de préservation des surfaces agricoles : surface agricole utile « bio » 6 %
en 2012 et 20 % en 2020. Et, 50 % des exploitations agricoles engagées dans une
démarche de certification environnementale en 2012.
• Retrait du marché des produits « phyto » contenant les 40 substances les plus
préoccupantes d'ici fin 2010
• 30 % des exploitations à faible dépendance énergétique d'ici 2013
• Politique de maintien de la biodiversité des semences et populations
• Prise en compte par l'État de la lutte contre le changement climatique dans la
politique forestière : production accrue de bois, bois certifié dans les constructions
publiques, adaptation des normes de construction à l'usage du bois.
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Mer et littoral :
• Renforcement des capacités d'expertise pour une connaissance approfondie des
milieux marins
• Éco-labellisation des produits de la pêche au plus tard en 2009
• Renforcement de la lutte contre les dégazages, le déballastages et les espèces
toxiques envahissantes
VII.Quelques chiffres
➔ Seules 1 à 3 % des forêts européennes sont considérées comme n'ayant pas été
modifiées par l'homme.
➔ Depuis 1950, l'Europe a perdu plus de 50 % de ses zones humides et la plupart de
ses terres agricoles à haute valeur nutritive
➔ La plupart des grands stocks halieutiques (ressources vivantes aquatiques) se
situent sous les limites biologiques de sécurité et sont donc insuffisants pour
assurer le renouvellement des stocks à long terme.
➔ 800 espèces végétales sont menacées d'extinction totale.
➔ L'Union Mondiale pour la nature (UICM) classe la France (métropole et DOM-TOM)
parmi les 10 pays les plus menacés par la perte de biodiverstié au plan mondial
avec une liste de 641 espèces en voie d'extinction
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