Prise en charge des tumeurs cérébrales
Prise en charge des tumeurs cérébrales
MOTS-CLÉS
Tumeurs –fosse cérébrale postérieure –IRM-chirurgie – méduloblastome-
schwanome vestibulaire –meningiome
JURY
Mr. [Link] PRESIDENT
Professeur de Neurochirurgie
Mr. [Link] RAPPORTEUR
Professeur agrégé de Neurochirurgie
Mr. [Link]
Professeur agrégé de Radiologie JUGES
Mr. [Link]
Professeur agrégé en Anesthésie- réanimation
LISTE DES
PROFESSEURS
UNIVERSITE CADI AYYAD
FACULTE DE MEDECINE ET DE PHARMACIE
MARRAKECH
ADMINISTRATION
Professeurs Agrégés
Nom et Prénom Spécialité Nom et Prénom Spécialité
ABKARI Imad Traumato- EL OMRANI Radiothérapie
orthopédie B Abdelhamid
ABOU EL HASSAN Taoufik Anésthésie- FADILI Wafaa Néphrologie
réanimation
ABOUCHADI Abdeljalil Stomatologie et FAKHIR Bouchra Gynécologie-
chir maxillo faciale obstétrique A
ABOUSSAIR Nisrine Génétique FOURAIJI Karima Chirurgie pédiatrique
B
ADALI Imane Psychiatrie HACHIMI Réanimation médicale
Abdelhamid
ADERDOUR Lahcen Oto- rhino- HAJJI Ibtissam Ophtalmologie
laryngologie
ADMOU Brahim Immunologie HAOUACH Khalil Hématologie
biologique
AGHOUTANE El Mouhtadi Chirurgie HAROU Karam Gynécologie-
pédiatrique A obstétrique B
AIT AMEUR Mustapha Hématologie HOCAR Ouafa Dermatologie
Biologique
AIT BENKADDOUR Yassir Gynécologie- JALAL Hicham Radiologie
obstétrique A
AIT ESSI Fouad Traumato- KAMILI El Ouafi El Chirurgie pédiatrique
orthopédie B Aouni B
ALAOUI Mustapha Chirurgie- KHALLOUKI Anesthésie-
vasculaire Mohammed réanimation
péripherique
AMINE Mohamed Epidémiologie- KHOUCHANI Mouna Radiothérapie
clinique
AMRO Lamyae Pneumo- KOULALI IDRISSI Traumato- orthopédie
phtisiologie Khalid
ANIBA Khalid Neurochirurgie KRIET Mohamed Ophtalmologie
Professeurs Assistants
Nom et Prénom Spécialité Nom et Prénom Spécialité
Nous vous remercions de l’honneur que vous nous avez fait en acceptant de présider
notre jury. Nous vous remercions de votre enseignement et nous vous sommes très
reconnaissants de bien vouloir porter intérêt à ce travail. Nous avons bénéficié, au
cours de nos études, de votre enseignement clair et précis. Votre gentillesse, vos qualités
humaines, votre modestie n’ont rien d’égal que votre compétence. Veuillez trouvez ici,
Professeur, l’expression de nos sincères remerciements.
A
MON MAITRE ET RAPPORTEUR DE THÈSE
PROFESSEUR KHALID ANIBA
Vous nous avez fait un grand honneur en acceptant de nous confier ce travail. Nous
vous remercions de votre patience, votre disponibilité, de vos encouragements et de vos
précieux conseils dans la réalisation de ce travail.
Votre compétence, votre dynamisme et votre rigueur ont suscité en nous une grande
admiration et un profond respect. Vos qualités professionnelles et humaines nous servent
d’exemple.
Veuillez croire à l’expression de ma profonde reconnaissance et de mon grand respect.
A
MON MAITRE ET JUGE DE THÈSE
PROFESSEUR HICHAM JALAL
Votre présence au sein de notre jury constitue pour moi un grand honneur. Par votre
modestie, vous m’avez montré la signification morale de notre profession. Qu’il me soit
permis de vous présenter à travers ce travail le témoignage de mon grand respect et
l’expression de ma profonde reconnaissance.
A
MON MAITRE ET JUGE DE THÈSE
PROFESSEUR TARIK ABOUELHASSAN
Nous sommes infiniment sensibles à l’honneur que vous nous faites en acceptant de
siéger parmi notre jury de thèse. Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude pour
votre bienveillance et votre simplicité avec lesquelles vous nous avez accueillis. Veuillez
trouver ici, cher Maitre, le témoignage de notre grande estime et de notre sincère
reconnaissance.
TDM : Tomodensitomètre
V4 : 4ème ventricule
VCS : Ventriculocisternostomie
PLAN
INTRODUCTION 1
PATIENTS ET METHODES 3
I. ETUDE : 4
II. DONNEES : 4
1. Données épidémiologiques : 4
2. Données cliniques : 5
3. Imagerie et exploration électro-physiologique : 5
4. Prise en charge thérapeutique : 5
5. Anatomopathologie : 6
6. Traitements complémentaires : 6
7. Evolution : 6
III. ANALYSE STATISTIQUE : 7
RESULTATS 8
I. ANALYSE DESCRIPTIVE DES RESULTATS DE LA SERIE : 9
1. Epidémiologie : 9
2. Clinique : 12
3. Exploration paraclinique : 15
4. Bilan préopératoire : 22
5. Prise en charge thérapeutique : 23
6. Histologie : 26
7. Evolution postopératoire : 27
8. Traitement adjuvent : 28
9. Récidives tumorales : 29
II. ANALYSE UNIVARIEE DES FACTEURS PRONOSTIQUES: 34
1. Devenir global : 34
2. Devenir en fonction de la localisation : 34
3. Devenir en fonction de la qualité d’exérèse : 34
4. Devenir en fonction du type histologique : 35
DISCUSSION 36
I. RAPPEL EMBRYOLOGIQUE : 37
1. Généralités : 37
2. Développement embryonnaire du métencéphale : 37
3. Développement du bulbe rachidien : 39
4. Développement du 4 ème ventricule : 40
II. RAPPEL ANATOMIQUE DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEURE : 42
1. Généralités : 42
2. Contenu de la fosse cérébrale postérieure : 44
3. Les sinus de la fosse cérébrale postérieure : 60
4. Topographie de la fosse cérébrale postérieure : 61
5. Les rapports de la fosse cérébrale postérieure : 61
I. GENERALITES : 62
II. EPIDEMIOLOGIE : 62
1. Âge : 62
2. Sexe : 64
III. CLINIQUE : 64
1. Chez l’enfant : 64
2. Chez l’adulte : 69
IV. PARACLINIQUE : 75
1. Imagerie : 75
2. bilan neuro-otologique : 79
V. PRINCIPALES FORMES ANATOMOPATHOLOGIQUES : 79
1. Tumeurs intra-axiales : 80
2. Tumeurs extra-axiales 89
3. Tumeurs intra-ventriculaires : 97
VI. PRISE EN CHARGE THERAPEUTIQUE : 100
1. Traitement médicale : 100
2. Anesthésie-réanimation pour la craniotomie de la FCP: 101
3. Traitement chirurgiale : 104
4. Radiothérapie: 115
5. Chimiothérapie: 116
VII. PRONOSTIC: 117
1. En fonction de l’âge: 117
2. En fonction du type histologique: 117
3. En fonction de la localisation; 118
4. En fonction de l’exérèse chirurgicale: 119
CONCLUSION 121
RESUMES 123
BIBIOLGRAPHIE 128
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
INTRODUCTION
-1-
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Les tumeurs de la fosse cérébrale postérieure aussi, appelées tumeurs infra ou sous
différents éléments localisés au niveau de l’étage postérieur de la base du crâne. Il s’agit d’une
pathologie qui intéresse surtout l’enfant. Entre 54 % et 70 % des tumeurs cérébrales de l’enfant
pédiatrie après les leucémies et elles sont dominées par le médulloblastome et l'astrocytome.
Chez l'adulte, près de 15 à 20 % des tumeurs cérébrales sont produites dans la fosse
postérieure.
dépendent les stratégies thérapeutiques. L'I.R.M. est l'examen de choix dans l’exploration des
Nous avons réalisé une étude descriptive rétrospective et analytique à propos de 286 cas
Mohammed VI de MARRAKECH entre janvier 2003 et décembre 2014. Le but de cette étude est
-2-
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
PATIENTS
ET
METHODES
-3-
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
I. ETUDE :
Nous avons revu les observations cliniques de 286 patients hospitalisés pour prise en charge
d’une tumeur de la fosse cérébrale postérieure, entre janvier 2003 et décembre 2014, au Service de
Cette méthode n’a indéniablement pas permis de recenser tous les cas de tumeur de la
fosse cérébrale postérieure (FCP), car certains dossiers étaient inexploitables. Les critères
• Les patients opérés et/ou ayant bénéficiés d’un geste chirurgical pour une tumeur de
II. DONNEES :
L’étude des différents dossiers retenus a été faite en suivant une fiche d’exploitation
préétablie. La consultation des dossiers médicaux nous a permis de recueillir les informations
suivantes :
1. Données épidémiologiques :
Nous avons relevé l’âge des patients, leur sexes, et la durée d’hospitalisation. Concernant
les antécédents du patients, nous avons recherché la survenue d’une autre pathologie tumorale,
-4-
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
2. Données cliniques :
Le délai d’apparition des premiers signes cliniques avant l’admission au service est noté.
Le mode de révélation de la tumeur a été étudié ainsi que , le retentissement clinique selon la
· L'hypertension intracrânienne.
. Déficit neurologique .
tumeurs.
Ils ont permis de préciser le siège tumoral (médian, latéral et médio-latéral). Pour faciliter
les analyses statistiques, ces localisations ont été regroupées en 3catégories : intra-axiale,
extra-axiale et intra-ventriculaire. Sur les imageries disponibles (TDM et/ou IRM), nous avons
Le traitement médical symptomatique été évalué de façon objective, dans les dossiers
médicaux de certains patients. La chirurgie est le premier traitement réalisé dans la majorité des
cas soit :
-5-
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
La date de la première prise en charge chirurgicale est notée. La qualité de l’exérèse a été
notée ; elle s’est limitée à une : biopsie, exérèse partielle, subtotale ou totale.
5. Anatomopathologie :
Nous avons relevé les résultats histologiques dans les différents dossiers exploités.
6. Traitements complémentaires :
Nous avons souhaité étudier les traitements complémentaires qui ont été délivrés aux
bénéficié de radiothérapie, nous avons voulu étudier la dose prescrite. Pour ceux ayant bénéficié
de chimiothérapie, le type de molécule ainsi que le protocole (le nombre de cure et la durée)
7. Evolution :
de Neurochirurgie et au cours du premier mois d’évolution. Pour le suivi à long terme des
patients, nous avons noté le recul (la date des dernières nouvelles), en précisant la qualité de vie
(la stabilité des lésions, les séquelles). En cas de décès, nous nous sommes intéressés à la cause
du décès. Les imageries de contrôle ont été étudiées quand elles étaient disponibles, le type
d’imagerie est précisé et les résultats notés après le début de la prise en charge. La survenue
d’une récidive est notée si la tumeur initiale a bénéficié d’une exérèse totale selon le compte
rendu opératoire.
-6-
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
effectuée (histogramme pour les variables quantitatives et diagramme en secteurs pour les
variables qualitatives). Pour l’analyse uni variée, le test de Chi2 a été utilisé pour comparer deux
variables qualitatives. Le risque alpha a été fixé à 5% (p< 0,05) pour l’ensemble des analyses
statistiques. En cas de non significativité statistique par cette méthode nous avons utilisé le test
de Fisher, très voisin du t-test et apparenté au test de [Link] conséquence, Il a été également
• La localisation .
• Le type histologique .
• La qualité d’exérèse.
Des études stratifiées ont été réalisées sur certains de ces facteurs.
-7-
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
RESULTATS
-8-
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
1. Epidémiologie :
La série étudiée concerne les dossiers médicaux de 286 patients pris en charge au service
[Link] tous les dossiers disponibles de janvier 2003 à décembre 2014 : 35 dossiers de
patients traités entre 2003 et 2004, 36 patients entre 2005 et 2006, 54 patients entre2007 et
2008, 55 patients en 2009 et 2010, 52 patients en 2011 et 2012, 54 patients traités entre
60
50
40
30
Série1
20
10
0
2003/2004 2005/2006 2007/2008 2009/2010 2011/2012 2013/2014
1.1. Âge :
La tranche d’âge la plus touchée est celle de 3-14ans ; et plus de 50 % des malades
hospitalisés pour tumeur de la FCP ont un âge < à 25ans. L’âge moyen de nos patients est de
-9-
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
140
120
100
Nombre de cas
80
60
40
20
0
[15;24]
[25;44]
[45;64]
[3;14]
≥65
<3
Tranche d'age
Figure2: répartition des malades selon l’âge.
1.2. Sexe :
Nous avons constaté une nette prédominance masculine : 153 patients de notre série
étaient de sexe masculin, soit 53,7% des cas et 133 malades de sexe féminin ce qui
- 10 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
47%
53%
Masculin
feminin
Figure 3: répartition selon le sexe.
Pour l’ensemble des malades, la durée moyenne d’hospitalisation est d’un mois
(1,15mois±0,89), avec des extrêmes allons de 2semaine à 2 ,5 mois ; cette durée peut être
expliquée par le nombre important de malade hospitalisé au service neurochirurgie et les places
limitées en réanimation, ou doit séjourner chaque malade opéré pour tumeur de la FCP en
1.4. Antécédents :
Sur l’ensemble de la série, 32/286 (11,11%) patients ont présenté des métastases de la
fosse cérébrale postérieure (FCP). Parmi eux, 11/286 (33,33%) patients avaient des antécédents
de néoplasie (néo du col, néo de la prostate, néo bronchique, néo du sein). Par ailleurs,
- 11 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
37/286(12,96%) patients avaient des tares associées (notamment un diabète ; une cardiopathie
et une hypertension artérielle) et 32/286 (11,11%) patients étaient des fumeurs, il est à signaler
que 6 de nos patients avaient bénéficiés d’une radiothérapie antérieure dans le cadre d’une
pathologie tumorale gynécologique (tumeur du col utérin). Nous avons retrouvé une notion de
2. Clinique :
Le délai moyen d’apparition des premiers signes cliniques avant la consultation est de
6,88 mois (±12,75) avec des extrêmes de 1 mois à 6 mois et, affirmant le retard diagnostique
qui peut être expliqué par la difficulté d’accès au CHU et surtout pour réaliser les bilans
La majorité des patients de notre série 265/286 (92,59 %) ont consulté pour un syndrome
évidence d’un œdème papillaire bilatéral, La triade classique du syndrome d'HTIC (céphalées
Par contre, les 130 (45.4 %) patients restants avaient un syndrome d'HTIC incomplet
Les troubles d’équilibre ont révélé 212/286 (74,07 %) des tumeurs de la fosse cérébrale
postérieure (FCP) de notre série. Dans 80% des patients ont présenté des troubles de la marche à
type d'ataxie révélatrice de la pathologie. Les signes otologiques ont été trouvés chez 32/286
(11,11 %) patients. Il s'agit surtout d’hypoacousie et des épisodes de vertige qui ont justifié un
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
examen ORL et une exploration audiométrique. Les troubles de conscience étaient révélateurs
des tumeurs de la fosse cérébrale postérieure chez 26/286 (9,26%) patients de notre série. En
outre, 10/286 (3,70%) tumeurs ont été découvertes de façon fortuite au cours d’examen réalisé
pathologie :
300
250
200
150
92;5%
100 74;07%
50
9;26% 11;11%
0
HTIC Trouble d équilibre troublede signe otologique
conscience
entraînant une macrocrânie (Chez le nourrisson) a été notée chez cinq patients (1,85%).275/286
localisation tumorale.
cérébelleux. Parmi ceux-ci, cinq patients ayant présenté un syndrome cérébelleux statique isolé
en rapport avec une atteinte vermienne ; 11 patients avaient un syndrome cérébelleux kinétique
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
(93,75 %) patients.
· Une atteinte périphérique du paquet acoustico-facial (nerfs, VII, VII bis et VIII) .
· Une paralysie unilatérale des nerfs mixtes (les nerfs IX, X, XI) chez 85/286 (5,56 %)
L’atteinte des nerfs oculomoteurs (les nerfs III, IV, VI) a été trouvée dans84/286 (29,63 %)
cas surtout marqués par l’atteinte de la VIème paire crânienne. Le syndrome pyramidal était
présent dans 42/286(14,81 %) cas dans la série. Aucun de nos patients n’avait une atteinte de la
L’examen ophtalmologique était systématique dans tous les cas. Il a objectivé une baisse
de l’acuité visuelle dans 58/286 (20,37 %) cas et une cécité dans 16/286(5,56 %) cas à
l’admission. L’examen du fond d’œil a été réalisé chez 259/286 (90,74 %) patients et objectivé
un œdème papillaire unilatéral dans 100 cas et bilatéral dans 159 cas.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
3. Exploration paraclinique :
3.1. Imagerie :
Tous les patients de la série ont bénéficié d’une imagerie. Parmi ceux-ci, un scanner
cérébral a été réalisé chez 270/286 (94,44 %) patients et 111/286(38,89 %) patients ont
bénéficié d’une imagerie par résonance magnétique (IRM) encéphalique dans le cadre du bilan
nature tumorale. Pour l’ensemble de la série, 228/286 (79,63 %) cas présentaient une tumeur
intra-axiale ; 16/286 (5,56 %) patients avaient une tumeur intra-ventriculaire et 42/286 (14,81
%) malades avaient une tumeur extra-axiale. Toutes les tumeurs intraventriculaires étaient
situées au niveau du 4ème ventricule. Parmi les tumeurs extra-axiales 7 tumeurs étaient situées
dans l’angle ponto-cérébelleux et une tumeur implantée sur la face postérieure du rocher.
Outre la localisation tumorale, d'autres données d'imagerie ont été étudiées notamment
qui représente la majorité des cas de la série. Sur les données radiologiques, nous avons pu
constater l'existence d'une prise de contraste tumorale dans 259/286 (90,74 %) tumeurs. La
plupart de ces tumeurs (149/228 cas) présentaient une prise de contraste hétérogène.
Cependant, 79/228 tumeurs étaient rehaussées de façon homogène par le contraste iodé.
L’œdèmepérilésionnel était objectivé dans 211/286 (74,07 %) tumeurs, effet de masse chez 92
cas (32 %) et les calcifications intra-tumorales présentes dans 42.3/286 (14,81 %) cas.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Figure 5: TDM cérébrale coupe axiale après injection du produit de contraste montrant une
lésion hypodense de la fosse cérébrale postérieure. Il s’agit d’un kyste épidermoïde à l’examen
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
19a 19b
Figure 7a : TDM cérébrale en coupe axiale après injection du PDC montrant la portion
Sustentorielle d’un méningiome sus et sous tentoriel.
Figure 7b : IRM cérébrale en coupe sagittale en séquence T1 pondérée avec injection du
Gadolinium montrant un méningiome en ice-berg sus et sous tentoriel comprimant fortement le
cervelet et entraînant un engagement des amygdales cérébelleuses dans le trou occipital.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
A) B) C)
Figure 8 TDM coupes axiales C+ (A), et IRM en coupe axiale T1 Gado (B), et coupe sagittale T1
Gado (C) : montrant un processus tumoral hétérogéne en scanner avec composante kystique. En
IRM, la composante tissulaire de la masse se rehausse de manière intense après injection de
Gadolinium, occupant le V4 en extension à l’aqueduc de Sylvius et envahissant le vermis et les
hémisphères cérébelleuses avec l‘amygdale cérébelleuse en pré-engagement (C flèche) en faveur
d’un Astrocytomepilocytique
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Figure 9 : IRM en coupe axiales T1 (A), sagittale T1 (B), axiale FLAIR (C), montrant un processus
tissulaire hypointense T1 et hyper intense FLAIR, se rehaussant de façon intense et hétérogène
après contraste (D, E). [Link] en coupe axiale postopératoire aspect radiologique évoquant un
astrocytomepilocytique juvénile .
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Figure 10 : coupes axiales TDM C+ (A), IRM T2 (B) et FLAIR (C), coronale (D) et sagittales T1Gado
(E, F). Volumineuse masse tissulaire située en arrière du 4ème ventricule, développée au sein du
vermis hétérogéne en scanner injecté, en hypersignalT2 et FLAIR avec présence de structures
vasculaires en son sein, cette masse se rehausse de façon hétérogène avec composante
liquidienne refoulant en arrière le cervelet avec compression du V4 et responsable d’une
hydrocéphalie d’amont. On note également une extension tumorale vers le trou de Luschka en
faveur de sa localisation vermienne : en faveur d’un médulloblastome.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Figure 11 : TDM en coupe axiale (A), IRM en coupe axiales T1 (B), T2 (C), et T1 Gado en axial (D),
coronal (E) et sagittal (F) : montrant une lésion kystique cérébelleuse gauche bien limitée non
modifiée par le produit de contraste. Cette lésion refoule le parenchyme cérébelleux et le tronc
cérébral latéralement et en avant, comprimant ainsi le V4 avec dilatation ventriculaire d’amont.
On n’individualise pas de composante charnue endolésionnelle : Hémangioblastome.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Figure 12 : A : IRM, en coupe axiale T2 B : IRM coupe axiale FLAIR, C : IRM coupe axiale T1 après
injection de gadolinium. Montrant une tumeur kystique cérébelleuse gauche de la fosse
cérébrale postérieure (FCP) à paroi nette et fine avec un nodule mural fortement rehaussé après
injection : Hémangioblastome
4. Bilan préopératoire :
Tous les patients de notre série ont bénéficié d’une consultation pré-anesthésique
NFS.
Groupage.
TP/TCA.
Urée Créatinine.
Glycémie à jeun .
RX de thorax.
Un ECG a été fait chez 48 patients qui ont un âge plus de 50ans ou des affections cardio-
respiratoires.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Tous les malades de notre série ont reçu un traitement médical symptomatique, à base
corticothérapie parentérale chez les malades admis avec des signes sévères d’HTIC.
a. Traitement de l'hydrocéphalie :
Parmi les patients présentant une hydrocéphalie 270/286 (94,44 %) ; 185/286 (64,71 %)
patients ont bénéficié d'une dérivation du LCR. Ainsi, dans ces 185 cas, 101/185 (soit 54,55 %)
ont eu une DVP, une VCS a été réalisée chez 73/185 (soit 39,39 %) malades et un drainage
VE
6%
VCS
39% DVP
55%
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
b. Voies d’abord
et la voie retro sigmoïdienne dans 22/286 (soit 7,69 %) cas (tumeurs de l’APC).
c. Qualité de l’exérèse
La qualité d’exérèse chirurgicale est cotée partielle dans 22/286 (7,69 %) cas, subtotale
dans 55/286 (19,23 %) cas ; totale chez 203/286 (71,15 %) patients et dans 6 cas (1,92 %), le
2%
8%
TOTALE
19%
SUBTOTALE
PARTIELLE
BIOPSIE
71%
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Tous les patients ont séjourné au service des soins intensifs en postopératoire pendant
au moins 24 h. Ils ont bénéficié d’une antibioprophylaxie, d’un traitement anti- œdémateux .
Des suites simples ont été observées chez 43 % des cas. Cette évolution a été élucidée
Dans notre étude, tous les malades présentant un déficit neurologique pré ou
6. Histologie :
soit 32 % des cas, suivi de gliome du tronc cérébral et l’astrocytome retrouvés respectivement
soit 20% des cas, suivi du neurinome de l’acoustique, constaté chez 19 malades, d’un
métastases représentent le 4 éme type histologique rencontré chez les patients adultes de notre
série. La répartition des autres types histologiques est représentée dans le tableau VI.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
7. Evolution postopératoire :
Dans l’ensemble de la série, 187/286 (59,62 %) patients ont présenté des complications
postopératoires immédiates. Ces complications ont été infectieuses dans 60/286 (21,15 %) cas
complications liées au geste chirurgical ont été colligées, notamment 17/286 (5,77 %) cas
akinétique dans 17/286 (5,77%) cas, 11/286 (3,85%) cas de coma,55/286(19,57%) patients ont
présenté une fuite du LCR et 17/286 (5,77%) patients ont bénéficié d’une reprise chirurgicale
pour un pseudoméningocèle.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
L'évolution postopératoire était rapportée chez 286 patients dans l’ensemble de la série.
Parmi ces patients, 264/286 (92,31%) se sont améliorés et 22/286(7,69%) sont décédés. Nous
nuque, ils sont tous décédés après une chirurgie initiale, soit du fait des signes
Le délai moyen de suivi est de 38,53 mois (±19,20 mois). En effet, au cours de l’étude,
22/286 (7,41 %) patients sont décédés et les patients restants ont été suivis. Actuellement
264/286 (92,59 %) patients sont vivants. Parmi ceux-ci, 200/264 (76 %) ont une évolution
tumorale stable, 17/264 (6 %) sont perdus de vue et 47/264 (18 %) patients présentent des
séquelles soit sur l’ensemble de la série : Parmi les séquelles nous avons noté : L’aggravation de
l’ataxie dans 10 cas, cécité chez 7 patients, une hypoacousie dans 15cas, une paralysie faciale
8. Traitement adjuvent :
8.1. RADIOTHERAPIE
Dans notre série 153 patients (53,33 %) ont été adressés au service d’oncologie pour
La radiothérapie a été réalisée chez 149 patients, soit 52 %. 95 patients d’entre eux ont
bénéficié d’une association radiothérapie avec chimiothérapie, alors que 58 patients ont eu une
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
radiothérapie seule. Il s’agit dans la majorité des cas d’une radiothérapie intéressant tout
l’encéphale avec une sur impression sur le foyer tumoral (tableau VII).
8.2. CHIMIOTHERAPIE
Réalisée chez 100 patients (34,67%), Parmi ces patients, 53 avaient un médulloblastome,
9. Récidives tumorales :
initiale. La médiane du délai de récidive est de 14,30 mois (±9,31 mois) avec une durée moyenne
de 14,44 mois (±9,31mois). Parmi ces tumeurs récidivantes, 9 patients (soit 1,85 %) de la série
ayant été opérés pour un médulloblastome ont présentés des métastases à distance de la fosse
noter que la majorité de nos patients ont été adressée pour un traitement complémentaire
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
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A B C
D E F
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Traitement : 185(64.7%)
Dérivation du LCR 11 /185 64.7%
Externe 101 6.06%
DVP 73 54.55%
VCS 264 39.39%
Voie d’abord 22
Sous-occipitale 92.31%
Retro sigmoïdienne 203 7.69%
Exérèse 55
Totale 22 71.15%
Subtotale 19.23%
Partielle 6 7.69%
Biopsie 80
Diagnostic histologique 51 1.92%
Médulloblastome 47 28%
Gliome du TC 26 18%
Astrocytomepilocytique 15 16.5%
Kyste dermoide 19 9%
Métastases 16 5.2%
Schwannome vestibulaire 10 6.6%
Méningiome 15 5%
Hémongioblastome 3.5%
Ependymome 21 5.2%
Récidive : 22 7.4%
Décès : 7.69%
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
1. Devenir global :
Pour l’ensemble de la série, 250/286 (87,04%) patients ont bénéficié d’un suivi régulier à
long terme. Pour le reste des malades, 20patients étaient décédés et 10patients sont perdus de
9,52% contre90,48% des patients vivants pour les tumeurs intra-axiales et aucun cas de décès
avons regroupé les types d'exérèses en 2 catégories : exérèse complète (totale) et exérèse
(p≤0.009). Devant ces constatations, nous avons comparé le devenir des tumeurs de la fosse
cérébrale postérieure ayant bénéficié d’une exérèse complète (totale) par rapport aux autres
devenir soit meilleur après une exérèse totale avec 82,1% de survie contre 17,9% de survie pour
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Le type histologique n’est pas un facteur influant le devenir de nos patients observés. La
différence statistique entre le médulloblastome (type histologique le plus fréquent dans notre
série) et les autres tumeurs primitives de la série n’est pas significative dans tous les tests de
l’analyse (p≤0.236). Cependant, nous avons constaté que le nombre de survie était de 61,5%
pour les autres tumeurs primitives de la fosse cérébrale postérieure tandis que pour les cas de
avoir un pronostic moins bon par rapport aux autres tumeurs primitives de la fosse cérébrale
postérieure.
Tableau IX : devenir de nos patients présentant une tumeur de fosse cérébrale postérieure
en fonction de certains facteurs pronostiques.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
DISCUSSION
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
I. RAPPEL EMBRYOLOGIQUE :
1. Généralités :
L’embryon ressemble alors à un petit disque allongé mesurant environ 2 mm de longueur [2,3].
plaque neurale. La plaque neurale se replie vers l’intérieur et forme la gouttière neurale qui finit
C’est à partir de ce tube neural que se formeront toutes les structures du système
nerveux [4]. Vers la 4ème semaine de gestation, la partie antérieure du tube neural s’épaissit
localement et forme trois renflements distincts, appelés d’avant en arrière : le cerveau antérieur
représente une voie de passage des fibres nerveuses entre la moelle épinière et les cortex
cérébral et cérébelleux ;
La partie dorsale ou toit va donner le cervelet qui est le centre décoordination des
mouvements et de l'équilibre.
- 37 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
structurellement. Les lames alaires et fondamentales vont former les noyaux des nerfs crâniens
(de V à VII) et donner naissance à des cellules qui migrent en profondeur pour former le noyau
pontique [3].
• Du noyau solitaire qui reçoit les deux colonnes afférentes : celle de la viscérale
En outre, les noyaux pontiques ou protubérantiels, envoient des fibres toujours croisées
au cervelet en développement. Ce sont ces fibres ponto-cérébelleuses qui formeront sur les
faces latérales du plancher, les pédoncules cérébelleux moyens. En plus, les noyaux pontiques
constituent de véritables relais intégrateurs sur la voie qui relie le cortex cérébral au cortex
s'infléchissent en direction médiane pour former les lèvres rhombiques du métencéphale autour
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
rapprochent de la ligne médiane dans la partie rostrale où elles finissent par se rejoindre pour
Vers la 12ème semaine, cet épaississement forme une plaque centrale, le vermis et deux
nodulaire).
postérieur. Le lobe antérieur comprend les lobes cérébelleux situés en avant de la fissure
primaire dont notamment la lingula. Le lobe postérieur comprend tous les lobes situés en arrière
Dans la partie caudale « fermée » du myélencéphale, les neuroblastes des plaques alaires
dorsales migrent dans la zone marginale pour former les noyaux : gracile (médian) et cunéiforme
ventrale du myélencéphale, elle est le lieu de passage dès le 4 ème mois de la voie pyramidale
(ou voie corticospinale impliquée dans la motricité volontaire) [9]. Le noyau de l'olive bulbaire est
constitué par des neurones quittant la lame alaire pour migrer dans la partie ventrale du bulbe.
bulbaire est une annexe de la formation réticulée et sert de relais dans la motricité involontaire.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
dorsale va dilater le toit de la cavité épendymaire sous-jacente qui forme alors un losange
[9,10]. C'est ainsi que, les parois du tube neural s'écartent dorsalement (on compare souvent ce
mouvement des parois à l'ouverture des pages d’un livre) et la cavité épendymaire élargie
donnera naissance au 4ème ventricule. Le toit, du fait de cet étirement latéral, devient très mince
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Figure 11: coupes transversales schématiques passant par le myélencéphale montrant les
différents stades du développement du 4ème ventricule.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
1. Généralités :
La fosse cérébrale postérieure (FCP) est une loge ostéo-fibreuse inextensible située à la
variables avec la race et les individus sont approximativement 12 cm de largeur sur 7 cm de long
possède également la plus complexe anatomie intra-crânienne. Elle s’étend en haut de l’incisure
tentorielle (foramen ovale de Pacchioni) par laquelle elle communique avec l’étage sus-tentoriel
jusqu’au trou occipital (foramen magnum), en bas, qui la communique avec le canal rachidien.
• En avant, par la face dorsale de la selle turcique de l’os sphénoïdal centré par le
• En arrière et en bas, par les écailles de l’os occipital centré par une ouverture large
Latéralement de chaque côté, elle forme avec le bord inférieur du rocher une gouttière :
Elle est pénétrée en sa base intracrânienne par le foramen jugulaire, le méat auditif
interne et le canal condylien [16]. La fosse cérébrale postérieure contient les voies de régulation
statique. Elle renferme également les récepteurs de l’activité motrice et sensorielle de la tête, du
tronc et des extrémités. Seulement les deux premières paires des nerfs crâniens sont
entièrement situées en dehors de la fosse cérébrale postérieure ; les 10 autres paires ont une
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
C'est une structure de transition entre le cerveau et la moelle épinière, située dans la
fosse cérébrale postérieure (FCP) en avant du cervelet et recouvert par la tente de ce dernier. Elle
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
(sensitive et motrice), les noyaux des nerfs crâniens et ceux propres du tronc cérébral [7,24,25].
ventricule [26]. La substance réticulée est un réseau de neurones intercalés entre les structures
Le cervelet est situé en arrière du tronc cérébral auquel il est relié par les pédoncules
cérébelleux.
Elle comprend trois étages distincts : l’étage bulbaire, l’étage protubérantiel et l’étage
pédonculaire.
Le bulbe ressemble à la moelle dans sa partie basse et s’étend du collet bulbaire au sillon
bulbo-pontique [32]. Le sillon médian antérieur fait suite à celui de la moelle épinière [33-37].
De chaque côté de ce sillon, on observe le relief des pyramides bulbaires [38]. Dans la moitié
supérieure, les olives bulbaires forment deux saillies ovoïdes latérales séparées des pyramides
par le sillon pré-olivaire qui n’est que la continuation du sillon latéral de la moelle épinière. Les
racines du nerf grand hypoglosse (XIIème paire des nerfs crâniens) émergent entre les pyramides
ponto-cérébelleuses) [39]. Ces fibres se regroupent latéralement pour former les pédoncules
cérébelleux moyens qui s’incurvent vers la face antérieure du cervelet. Elle est séparée du bulbe
par le sillon bulbo-pontique. La gouttière médiane qui apparaît entre les deux éminences
pyramidales porte le nom de sillon basilaire. La limite supérieure entre le pons et les pédoncules
cérébelleux moyens est fixée arbitrairement par l’émergence des racines du trijumeau [40,41].
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Ce sont les pédoncules cérébraux qui constituent l’aspect ventral du mésencéphale ; ils
occupent les 4/5 de l’épaisseur du mésencéphale [42]. Entre les deux pédoncules cérébraux se
cervelet et en laissant en place les voiles médullaires et la toile choroïdienne du 4ème ventricule
qui couvre partiellement ce dernier [7,29]. Le sillon médian dorsal ou postérieur se prolonge
jusqu’à l’Obex (verrou) du 4ème ventricule [43]. Le sillon latéral dorsal se prolonge par
l’éminence trigéminale. Entre ces deux sillons, le cordon postérieur est divisé par le sillon
[44,45]. Dans le prolongement rostral de ces reliefs, se trouvent les corps rétiformes qui
deviennent les pédoncules cérébelleux inférieurs dont une partie est masquée par le processus
latéral du 4ème ventricule [29,46]. Ces deux pédoncules s’écartent et donnent attache à la toile
choroïdienne du 4ème ventricule. La base supérieure de cette toile choroïdienne se poursuit par
le voile médullaire inférieur (valvule deTarin) qui est dans un plan transversal et se rattache au
cervelet. De chaque côté, la coupe des pédoncules cérébelleux limite avec les voiles médullaires
vascularisés qui secrètent le liquide céphalo-rachidien (LCR). Elles présentent trois segments
• L’aqueduc de Sylvius.
• Le 4ème ventricule.
• Le canal de l’épendyme.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Le tronc cérébral est formé d’une substance blanche et d’une substance grise, mais cette
substance grise ne donne pas une colonne homogène. Elle se fragmente à l’intérieur de la
substance blanche et forme une série de noyaux qui se répartissent sur toute la hauteur du tronc
cérébral. Les plus nombreux de ces noyaux sont ceux des nerfs crâniens. En outre, il existe des
amas de substance grise qui représentent les noyaux propres du tronc cérébral [2,48].
2.2. Le Cervelet :
structure nerveuse importante qui joue un rôle essentiel dans l’initiation et le contrôle de
l’activité motrice surtout l’équilibre [49]. Le cervelet situé en arrière du tronc cérébral (pons et
bulbe rachidien), est séparé de ce dernier dans la région médiane par le 4ème ventricule [29]. Il
pèse environ 130 g chez l’homme adulte [29]. Ses mensurations sont [50] : Diamètre
grossièrement transversale séparant des lamelles cérébelleuses [28]. Le cervelet est formé de
deux larges lobes latéraux ou hémisphères cérébelleux et une portion médiane : le vermis
protubérantiel
• La face supérieure est séparée de la face inférieure du cortex occipital par latente
• La face inférieure est en rapport avec l'écaille de l'os occipital et ses méninges.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
La surface des hémisphères cérébelleux est parcourue par un certain nombre de sillons,
dont le plus important est le grand sillon circonférentiel de VICQ d’AZYR [43].
Figure 24: vue postérieure de fosse cérébrale postérieure (FCP) montrant le cervelet.
Le 4ème ventricule est une cavité médiane localisée entre le cervelet en arrière et le tronc
cérébral en avant [7]. Il est connecté rostralement à travers l’aqueduc de sylvius au 3ème
ventricule, caudalement par le foramen de Magendie à la grande citerne et latéralement par les
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
18,28,43,51] :
a. Le Plancher :
Le plancher a une forme losangique à grand axe vertical et médian. Il est alors divisé en
Limites latérales :
au cervelet [7].
Contenu :
Il est marqué de saillies et de dépressions. Le plancher contient les noyaux des nerfs
b. Le Toit :
Le triangle pontique est fermé par une lame de substance blanche : le voile médullaire
supérieur (valvule de Vieussens) [7]. Il est formé par une lame triangulaire à sommet supérieur,
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
En haut, par une lame de substance blanche horizontale, la valvule de Tarin qui :
• Formée par l’épithélium épendymaire qui est tendu entre les pédoncules
cérébelleux inférieurs,
la toile choroïdienne inférieure. L'angle entre le bulbe et le cervelet (espace sous arachnoïdien)
contient des artères qui donnent des plexus choroïdes (petits pelotons vasculaires) sur le toit du
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
protubérance annulaire, ces nerfs crâniens traversent les espaces arachnoïdiens pour se diriger
vers les orifices de la base du crâne [43]. Ils se répartissent en trois groupes principaux :
Un groupe supérieur :
Un groupe moyen :
Est représenté par le groupe de l’angle ponto-cérébelleux formé par le facial (VII),
l’intermédiaire de Wrisberg (VII bis), et l’auditif (VIII), qui naissent tous les trois de la partie
Un groupe inférieur :
Est formé par le glosso-pharyngien (IX), le vague (X) et le spinal (XI) qui naissent tous les
trois du sillon collatéral postérieur du bulbe. A ces trois groupes principaux il faut ajouter :
• Le nerf grand hypoglosse (XII) issu de la partie basse du sillon pré-olivaire du bulbe .
• Le nerf pathétique (IV) qui est caractérisé par son émergence dorsale et croisé au
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
a. Artères :
Elles sont représentées par les deux artères vertébrales qui s’unissent pour former le
tronc basilaire, d’où naissent des rameaux artériels destinés à vascularisé le tronc cérébral et le
cervelet [28,43].
Elle naît de l’artère sous-clavière et présente quatre parties : cervicale, vertébrale, sous
chemine en dehors du bulbe en avant de la douzième paire crânienne, puis atteint le sillon
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
bulbo-pontique où elle s’unit à son homologue controlatéral pour former le tronc basilaire.
Après avoir pénétré dans la fosse postérieure, l’artère vertébrale donne naissance [15,43] :
C'est un vaisseau formé par la réunion des deux artères vertébrales à la jonction
pontique. Il suit à peu près le sillon basilaire creusé à la face antérieure du pons. Il se termine en
[15].
Il faut enfin rappeler que toutes ces branches terminales cérébelleuses s’anastomosent
largement les unes avec les autres sur la convexité cérébelleuse créant un véritable filet
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
b. Les veines :
Les veines de la fosse cérébrale postérieure (FCP) aboutissent dans des sinus situés dans
Elles forment un fin réseau pie-mérien qui se draine dans les veines médianes antérieure
et postérieure [29,43].
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Les veines cérébelleuses vermiennes ou médianes qui se drainent soit en haut vers
l’ampoule de Galien et le sinus droit, soit en bas dans la partie inférieure du sinus
drainage :
cervico-occipitale.
Elles sont représentées par d’importants lacs cérébro-spinaux, et par des formations
b. La dure-mère :
Située au contact de l’os, elle englobe dans ses dédoublements des sinus veineux et
constitue :
• La tente du cervelet : située entre les lobes occipitaux et le cervelet, il s'agit d'une
ainsi à délimiter la loge cérébrale de la loge cérébelleuse. Son bord interne forme
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
parson bord postérieur à la crête occipitale interne, et par son bord postéro-
c. La pie-mère :
Elle donne par ses prolongements membraneux composés de deux feuillets réunis par de
minces trabécules à l’intérieur desquels s’insinuent des vaisseaux : les plexus choroïdes. Ces
plexus choroïdes sont situés dans l’angle du cervelet et de la membrane tectoria. Ce sont [43] :
d. Les citernes :
l’arachnoïde forment au niveau de la fosse cérébrale (FCP) plusieurs lacs contenant le liquide
du cervelet.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Figure 31: vue postérieure de la fosse cérébrale postérieure (FCP) montrant la grande citerne.
· Les sinus pétreux supérieur et inférieur qui font communiquer les sinus caverneux avec
· Le sinus occipital transverse ou plexus basilaire qui longe la face postérieure de la lame
quadrilatère.
· Le sinus latéral, qui naît au niveau du torcular (ou confluence des sinus), suit ensuite la
grande circonférence de la tente du cervelet jusqu’au niveau du trou déchiré postérieur [29].
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
· Le sinus sigmoïde : en forme de S, qui descend dans une gouttière suivant la suture
cérébelleux divisés en deux par la crête occipitale interne qui continue jusqu’à la
· En haut, les rapports de la fosse cérébrale postérieure s’effectuent tout d’abord avec la
· En avant, ils s’effectuent avec les cavités de l’oreille interne et moyenne, et le cavum de
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
III. GENERALITES :
Les tumeurs de la fosse cérébrale postérieure représentent une entité tumorale plus
fréquente chez l’enfant et l’adulte jeune. La majorité des séries rapportées dans la littérature ne
concernent que l’enfant. De plus, chez l’adulte les études réalisées concernent souvent les
médulloblastome. Il s’agit aussi de séries rétrospectives réalisées avant l’ère des nouvelles
Notre travail permet d’étudier l’évolution sur un grand nombre de tumeurs de la fosse
cérébrale postérieure (FCP) mais se heurte à plusieurs difficultés. D’une part, il s’agit d’une étude
rétrospective qui a été limitée par la difficulté à recenser de façon exhaustive les différentes
D’autre part, la réalisation d’un travail englobant toutes les tumeurs de la fosse cérébrale
postérieure, quel que soit l'âge du patient ; accroît la difficulté d’harmoniser le recueil des
données : en raison des prises en charge différentes en fonction du type histologique bien vrai
Cependant, les différentes données collectées nous permettent d’avoir une approche
thérapeutiques avec des statistiques interprétables en raison du nombre important des cas (286
tumeurs de la fosse cérébrale postérieure) et de discuter nos données par rapport aux écrits de
la littérature scientifique.
IV. EPIDEMIOLOGIE :
1. Âge :
Dans la littérature, 55 % à 70 % des tumeurs cérébrales chez l’enfant sont localisées dans
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
L’âge moyen de découverte des tumeurs de la FCP varie selon le type histologique. Ainsi
médulloblastome se situe aux alentours de 5-10 ans [7,10,34] et près de 80% des cas de
ans. De ce fait, il faut garder à l’esprit que le médulloblastome peut survenir à tout âge
[7,53,81,94]. Cependant, il est de 40-50 ans pour les schwannomes vestibulaires et de 20-40
ans pour les hémangioblastomes. Sachant que l’hémangioblastome est une tumeur de l’adulte
jeune et rarement découvert dans l’enfance , son âge de survenue est variable. Ainsi, un
le cadre d’une maladie de Von Hippel Lindau entre 20-30 ans [56].
Les autres pathologies tumorales malignes de la fosse cérébrale postérieure dont les
cinquantaine) [8].
L’âge moyen de nos patients était de 23,95 ans (±19,01ans) avec des extrêmes (de 3ans
et de 65 ans). Nous avons eu172 patients ayant un âge inférieur à 15 ans (enfants) et 68 patients
dont l'âge était compris entre 15-24 ans (jeune adulte), représentant ainsi la majorité des
patients de notre série. Ces données épidémiologiques confirment que les tumeurs de la fosse
Le tableau X compare les tranches d’âge de nos tumeurs avec les données de la littérature.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
2. Sexe :
La répartition de notre série selon le sexe ne montre pas une prédominance significative ;
notre série est constituée de 133 femmes (46,30 %) et 153hommes (53,70%) d'où une légère
En effet, pour le médulloblastome, les patients de sexe masculin sont plus souvent
atteints que ceux de sexe féminin et le sex-ratio décrit dans la littérature est supérieur à 1,5. On
prédominance sexuelle dans la plupart des autres tumeurs de la fosse cérébrale postérieure.
V. CLINIQUE :
La clinique des tumeurs de la fosse postérieure est variable, elle dépend du site de la
1. Chez l’enfant :
Les tumeurs de la fosse cérébrale postérieure sont découvertes devant des signes
cérébelleux, une atteinte des nerfs crâniens ou une atteinte des voies longues.
Chez l’enfant, une altération de l’état général en préopératoire en rapport avec les
vomissements est d’autant plus marquée si l’enfant est trop jeune. Le refus alimentaire est
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
de l’hydrocéphalie.
(ceci n’est pas le cas des tumeurs infiltrantes) pour aboutir à un engagement avec mort subite
et/ou un risque imprévisible d’installation d’une cécité par atrophie optique (137,138, 139)
a. Les céphalées :
Elles sont particulières par leur rythme, apparaissant volontiers en fin de nuit, d’évolution
récente sur quelques semaines, souvent intermittente mais tendant à s’aggraver avec l’évolution
de l’affection. La localisation est plus volontiers fronto-orbitaire ou occipitale, sans que cela
traduise une localisation lésionnelle. Ces céphalées peuvent avoir un caractère positionnel, qui
déclenche ou intensifie l’accès douloureux ; ce caractère positionnel est évocateur d’une lésion
intra ventriculaire partiellement mobile, pouvant exercer un mécanisme de clapet sur les voies
d’écoulement du liquide céphalorachidien (syndrome de Bruns). Dans les formes évoluées, elles
sont rebelles aux antalgiques, y compris les morphiniques. À leur acmé, elles peuvent être
Pour MERGHNI, ce symptôme est retrouvé dans 75% des cas, alors que dans notre série,
les céphalées étaient retrouvées chez 244 patients, soit 85,33 %. (140).
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
b. Les vomissements :
Ils accompagnent fréquemment les céphalées ; ils sont classiquement décrits comme
survenant en jet, sans nausées. Ils peuvent être au premier plan de la symptomatologie, ou
s'accompagner de douleurs abdominales pouvant orienter à tort vers une pathologie digestive.
Dans notre série, les vomissements étaient retrouvés chez 89,30 % de nos patients. (137)
Les plus fréquents sont en rapport avec une diplopie horizontale due à une paralysie uni
ou bilatérale du VI éme nerf crânien qui n’a aucune valeur localisatrice. Plus rare est l’atteinte
d’un III éme nerf crânien, en dehors de toute lésion compressive due à un engagement. Une
baisse d’acuité visuelle est exceptionnelle, mais l’apparition d’éclipses visuelles intermittentes
peut traduire une menace d’ischémie du nerf optique dans les cas d’HIC évoluant depuis
plusieurs semaines ou mois (à l’opposé, certaines papillites avec oedème papillaire s’expriment
par une baisse rapide de l’acuité visuelle). Ces phénomènes intermittents précèdent une baisse
œdème papillaire lorsqu’une HIC a évolué sur plusieurs jours ; celui-ci associe un flou des bords
de la papille à une surélévation de sa surface périphérique. Dans les formes sévères s’associent
l’installation progressive d’une atrophie optique, est rarement observé chez le nourrisson dont le
Dans notre série, la baisse de l’acuité visuelle a été constatée chez 58patients, soit 20,3%
Il peut se manifester par des crises toniques postérieures, ce sont des accès de contracture
axiale avec attitude en opisthotonos, spontanés ou déclenchés par des stimuli nociceptifs chez des
patients dont la conscience est quelquefois peu altérée ; ces accès sont de durée brève, avec une
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
symptomatologie réversible. Un nystagmus peut être observé, mais il n’y a pas d’anomalie des
réflexes pupillaires (137). Dans notre série, nous avons noté 42 cas de pré engagement.
e. D’autres signes :
Moins évocateurs cependant, peuvent être observés dans l’évolution d’une HIC. Des
d’adaptation scolaire ont été observés dans les cas où le HIC évolue sur une période prolongée,
élargissement du polygone de sustentation, une danse des tendons, une hypotonie, des réflexes
pendulaires. Une marche d’allure ébrieuse est évocatrice d’ataxie cérébelleuse. (141, 142)
Dans la série de Merghni (140), concernant 100 patients, ce syndrome a été noté dans
14%des cas.
Dans la série de Merghni (28), ce syndrome a été noté dans 7% des cas.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
selon des proportions variables des éléments statiques et kinétiques, et il se voit surtout dans
Dans la série de Merghni (28), ce syndrome a été constaté chez 75 patients, soit 75% des cas.
Dans notre série, nous avons noté ce syndrome chez 254 patients, soit 88.89% des cas.
L’atteinte vestibulaire se traduit par : une déviation des index, une tendance à la chute
dans la position debout et pied joints aggravée par l’occlusion des yeux (signe de Romberg), une
déviation due à la marche aveugle et surtout un nystagmus qui est un signe presque constant :
c’est un nystagmus de type horizontal bilatéral, ou de type multiple (horizontal et vertical). (143)
Pour Darrouzet (143), 43% des patients ont des vertiges vrais et 40% une instabilité (sur
309 cas).
Dans notre série, on n’a pas note de syndrome vestibulaire complet ; alors que les
L'atteinte des nerfs crâniens peut être au premier plan de la symptomatologie des
tumeurs infiltrantes du tronc cérébral. Le tableau clinique peut être déroutant du fait du
caractère serpigineux et parfois peu systématisé de l'infiltration tumorale, avec une évolution
insidieuse, voire fluctuante et des signes d'hypertension intracrânienne ou d'atteinte des voies
longues qui font souvent défaut au début. Les tumeurs primitives comprennent les astrocytomes
L'atteinte de la VIII éme paire est rare chez l'enfant du fait de la rareté des tumeurs de
l’angle ponto cérébelleux. Elle se caractérise au début par une surdité de perception et des
acouphènes, puis plus tardivement si le diagnostic n’est pas fait, par des signes d’atteinte
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
progressive des autres nerfs ayant un trajet prés ou dans l’angle ponto cérébelleux (IV ème, VI
Dans notre série, Le syndrome de l’angle ponto-cérébelleux était présent chez 38/286
· Une atteinte périphérique du paquet acoustico-facial (nerfs, VII, VII bis et VIII)
· Une paralysie unilatérale des nerfs mixtes (les nerfs IX, X, XI) chez 85/286 (5,56 %)
L’atteinte des nerfs oculomoteurs (les nerfs III, IV, VI) a été trouvée dans 84/286 (29,63%)
Elle réalise habituellement un syndrome pyramidal des 4 membres. Parfois, elle se voit
dans les tumeurs très évoluées qui compriment le tronc cérébral, ou dans les tumeurs de la
Dans notre série, nous avons constaté une irritation pyramidale chez 42 patients, soit
2. Chez l’adulte :
Elles sont rares chez l’adulte. Ces tumeurs représentent 3.5% à 5% des tumeurs de la FCP
de l’adulte avec une évolution le plus souvent beaucoup plus lente et un pronostic moins sévère
selon le sexe.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
À la phase initiale, la symptomatologie clinique est souvent fruste et par essence même
Pour les tumeurs bulbaires, il existe très souvent un syndrome pyramidal associé à une
L’atteinte des dernières paires crâniennes est plus souvent évocatrice des tumeurs
bulbaires associant une paralysie de l’hémi voile, de l’hémi pharynx, une atteinte des muscles
des fibres radiculaires du VII, l’atteinte associée du VI et du VII prend toute son importance pour
localiser à la protubérance une lésion responsable d’un syndrome pyramidal, ou d’un déficit
latéralité par atteinte du noyau du VI. Les tumeurs pontiques exophitiques dans le 4ème
Pour les tumeurs mésencéphaliques, ces lésions souvent de petite taille, peuvent obstruer
l’aqueduc du mésencéphale et être à l’origine d’une symptomatologie d’HIC pure, isolée, par
mois.
vermioventriculaires.
- 70 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Dans notre série, la plupart de nos patients présentant une tumeur vermienne,
ventriculaire, ou vermio ventriculaire se distinguent sur le plan clinique par l’association d’un
Elles évoluent rapidement, réalisant dans 25% des cas une symptomatologie dont le
Les signes de début sont les céphalées et les troubles de l’équilibre chez 90% des cas
cervelet dans la série de Houteville (135). Dans la série de Janny (150), le HIC
n’est pas au premier plan, elle est moins précoce et moins intense.
stato-kinétique. (135)
Dans notre série, le tableau clinique chez la plupart de nos patients ayant des tumeurs
- 71 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Le neurinome de l’acoustique
Tumeur bénigne, survenant électivement entre 40 et 60 ans avec une grande fréquence
chez la femme (65%). Elle représente 80 à 90% des tumeurs de l’APC. (133, 134, 151).
plusieurs années avec une moyenne de 3.7 ans. Les acouphènes subjectifs non
retrouvés dans près de 50à60% des cas, par ailleurs les troubles de l’équilibre et
• L’atteinte trigéminale est retrouvée dans 22% des cas, elle est plus prépondérante
dans les tumeurs volumineuses (15% pour le stade III et 58% pour le stade IV). Elle
• Ce n’est qu’en cas de tumeur volumineuse (10%) qu’apparaissent des atteintes des
autres nerfs crâniens (diplopie par atteinte du VI), un syndrome cérébelleux avec
Ils représentent moins de 10% des tumeurs de l’APC. Dans la série de Roberti et al.
tentoriels.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
fréquence entre 45 et 50 ans. Les femmes sont nettement plus touchées que les hommes avec
variable. Lorsqu’ils sont petits et sans contact avec les nerfs crâniens, ils sont le plus souvent
plus gros et/ou lorsqu'ils naissent au contact des nerfs crâniens, ils peuvent alors se manifester
par une symptomatologie d'emprunt en particulier par une atteinte du V, avec hypoesthésie
faciale, ou du VIII avec des vertiges. La croissance habituellement lente de ces tumeurs rend
compte du caractère souvent peu intense et peu évolutif de la symptomatologie, ce qui peut
Voss et al. (152) rapportent à travers une étude rétrospective de 40 cas de méningiomes
de l’APC que :
• L’atteinte des nerfs crâniens était le mode de révélation le plus fréquent avec
perte de l’audition dans 73% des cas, atteinte faciale dans 16% et trigéminale dans
• Des signes cérébelleux étaient présents dans 32% des cas (153).
Dans la série de Lange et al. (154), les symptômes cérébelleux sont les plus fréquents,
constatés dans 84,61% des cas, les signes d’atteinte des nerfs (V, VI, VII) et d’hypertension
intracrâniennes. Il faut, pour que ces tumeurs s'expriment qu'elles soient suffisamment
cinquième décennie. Elles peuvent siéger soit sur la ligne médiane, soit latéralement en
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
peut s'agir soit d'une symptomatologie auditive ou vestibulaire par irritation du paquet
acoustico-facial, soit, et plus fréquemment, de troubles sensitifs d’une hémiface traduisant une
diagnostic de la lésion, qui peut également être découverte de façon tout à fait fortuite. (133)
diagnostic porté est en règle générale celui du neurinome de l’acoustique qui représente plus de
série de Roberti (40), les méningiomes de la tente du cervelet constituent 8,8% de l’ensemble de
méningiomes de la FCP.
L’âge moyen de découverte est de 55 ans avec des limites extrêmes allant de 18 à 72 ans. (156)
Le tableau clinique est fait de signes cérébelleux dans 51,9% des cas plus un syndrome
L’atteinte des paires crâniennes est relativement fréquente, 28.4% des cas, et la VIIIème
paire semble être la plus touchée. En effet Bret (156), dans une série de 27 cas, a rapporté une
Elles se traduisent par une atteinte des nerfs crâniens. Cette atteinte souvent bilatérale,
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
et le III, doit faire évoquer un méningiome ou un chordome du clivus. Les chordomes du clivus se
révèlent dans 94% des cas par une atteinte des nerfs crâniens. Le nerf le plus souvent atteint est
le VI (60% des cas) suivi des IX et X (40% chacun). Les paralysies s'accompagnent de céphalées et
peuvent avoir une évolution fluctuante avec des périodes de rémission spontanée. Les signes de
souffrance des voies longues et simulant parfois un syndrome de l’angle ponto cérébelleux
Le tableau clinque associe une atteinte des voies longues, un syndrome cérébelleux et
une combinaison variable de paralysie des derniers nerfs crâniens ; les céphalées sont
exercent leur compression sur les premier et deuxième segments médullaires cervicaux et
s'accompagnent tardivement de signes d'atteinte des dernières paires crâniennes (X, XI, XII)
(146).
A noter que 13% des méningiomes de la FCP siègent au niveau du foramen magnum (152).
VI. PARACLINIQUE :
1. Imagerie :
1.1. IRM :
presque toujours suffisante au niveau de la FCP. Elle apporte dans n’importe quel plan, une
précision anatomique inégalée. Elle est, bien plus que la TDM, sensible aux variations de la
composition tissulaire. La multiplicité des séquences disponibles lui confère une spécificité
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
a. Intérêt :
scanner,
structures adjacentes,
chirurgicale,
• Suivi post-thérapeutique,
• Absence d’irradiation,
L’IRM doit comprendre au moins une étude dans un plan axial transverse et dans un plan
sagittal. Le plan de coupe sagittal est indispensable pour étudier l’éventuel engagement des
amygdales cérébelleuses [46]. Au mieux, l’exploration comportera des séquences dans les trois
plans de l’espace [,30]. Elle inclura naturellement une étude de l’ensemble de l’encéphale pour
vérifier le caractère unique ou non de la lésion de la fosse postérieure et pour apprécier son
pondérées T1, T2 et/ou FLAIR [30]. Il faut noter que la séquence FLAIR, dont la sensibilité n’est
pas optimale dans la recherche des anomalies de signal à l’étage sous-tentoriel, a une fiabilité
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Les séquences après injection seront acquises au mieux et dans au moins deux plans de
coupes orthogonaux [33]. La séquence de diffusion doit faire partie au même titre que les
postérieure. Elle participe peu fréquemment, mais de façon décisive à la caractérisation tissulaire
comme dans le cas des kystes épidermoïdes ou des médulloblastomes [33]. Dans le cas d’une
lésion extra-axiale siégeant dans les citernes, il est nécessaire d’acquérir une séquence en T2
haute résolution (Quel que soit son mode d’acquisition). Il s’agit d’une séquence à très haute
définition anatomique, à très fort contraste, même s’il est binaire (liquide hyper-intense et
toutes les autres structures hypo-intenses) [46,34]. Elle permet une excellente analyse de la
pathologie des nerfs crâniens et autorise un bilan d’extension précis de tumeur comme par
La séquence en écho de gradient peut être d’indication moins systématique dans ce cadre
de suspicion de tumeur, mais elle met parfaitement en évidence les éventuels composants
et la surveillance postopératoire des tumeurs. Cependant, la qualité de ces séquences est plus
aléatoire à l’étage infra-tentoriel qu’à l’étage sus-tentoriel du fait des artefacts engendrés par
Dans notre série, l’hydrocéphalie obstructive a été objectivée chez 228/286 (94,4%)
Tableau XIII : fréquence de l’hydrocéphalie dans les tumeurs de la fosse cérébrale postérieure
(FCP) selon les auteurs.
AUTEURS Hydrocéphalie
NOTRES SERIE 94,4 %
MERGHNI SE 90,4 %
CHERQAOUI 96,34 %
LAABOURRI [75] 80 %
- 77 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
[Link] :
Artéfacts de mouvements,
1.2. TDM :
imagerie effectuée devant tout signe neurologique, compte tenu du nombre restreint de machine
a. Intérêt :
les rapports et le nombre des lésions. L’injection intraveineuse de contraste iodé permet de
b. Limites :
- Les artéfacts sont des traînées sombres rectilignes entre les deux rochers
citernes et du tronc cérébral. Ils sont très fréquents, d’autant plus que les
coupes sont plus épaisses et la fenêtre plus fermée. Ils sont plus visibles en
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
incidence axiale que coronale. Ils peuvent masquer une petite lésion d’où
- Irradiation.
2. Bilan neuro-otologique :
Dans notre série, l’audiogramme a été réalisé chez 16/286 (5,56%) patients.
Ainsi, dans la littérature un bilan neuro-otologique peut être demandé pour les tumeurs
situées dans l’angle ponto-cérébelleux avec une atteinte auditive surtout leschwannome
l’audiométrie permet de différencier une surdité de conduction d’une surdité de perception. Dans
cette dernière, seul le potentiel évoqué auditif permet de différencier une surdité de perception de
Les tumeurs de la fosse cérébrale postérieure peuvent se développer aux dépens de tous
les éléments localisés au niveau de l’étage postérieur de la base du crâne. Cependant, quels que
soient l’organe exploré et la technique utilisée, la détermination du siège tumoral est une étape
hémisphères) ;
(foramen de Luschka) ;
- 79 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
ponto-cérébelleux.
fonction du siège :
1. Tumeurs intra-axiales :
1.1. Médulloblastome :
primitives neuro-ectodermiques à croissance rapide), qui naît à partir des cellules neuro-
ectodermiques du vermis cérébelleux dans 85% des cas et du toit du 4ème ventricule. L’origine
Le terme médulloblastome a été utilisé pour la première fois par BAILEY et CUSHING en
1925 pour la seule raison qu’il est similaire à la famille des tumeurs primitives
neuroectodermiques (PNET). Dans notre étude, il est le plus fréquent et représente 42,31% des
tumeurs de la FCP. Dans la littérature scientifique, le médulloblastome est le plus fréquent des
la fosse cérébrale postérieure, 20% de l’ensemble des tumeurs Intracrâniennes chez l’enfant
l’adulte.
a. Macroscopie :
Il s’agit d’une tumeur cérébelleuse. Chez l’adulte, elle siège plus volontiers dans les
hémisphères alors qu’elle est plutôt médiane et vermienne chez l’enfant [7,30]. Elle peut parfois
être très latérale, voire exophytique. Des cas de médulloblastomes s’étendant dans l’angle
ponto-cérébelleux (dans moins de 20% des cas) le long des nerfs du paquet acoustico-facial ont
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
La tumeur est solide, rouge-grisâtre, molle, friable à limite nette et infiltrant les espaces
péri-vasculaires des tissus de voisinage. Il existe souvent des zones ramollies de nécrose et/ou
liquidiennes.
b. Microscopie
Le diagnostic repose sur l’examen histologique d’un fragment tumoral non nécrotique,
principales :
Le médulloblastome classique (75% des cas) : il est de loin la forme la plus fréquente. Il
est constitué de travées de petites cellules arrondies ou parfois fusiformes, très basophiles, au
différenciation gliale ou neuronale peuvent être observés, suggérant que la cellule d’origine a
surtout dans les hémisphères cérébelleux [7,53,81]. Le Médulloblastome anaplasique (5% des
cas) : caractérisé par des cellules contenant de grands noyaux ronds et/ou pléomorphes, de
larges plages de nécrose, un index mitotique élevé et une grande proportion de cellules en
apoptose. Cette forme est agressive avec un pronostic péjoratif [7,53]. D’autres variétés, encore
c. IRM :
En spT1, le médulloblastome est souvent hétérogène en iso- ou hyposignal par rapport à
la substance grise, hypersignal pour les zones hémorragiques. Des kystes sont visibles dans
75 % des cas. En spT2, la masse est en hypersignal par rapport au LCR au niveau des kystes et
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
des zones nécrotiques. Les zones hémorragiques sont parfois en hyposignal marqué. L'œdème
péritumoral est constant mais de degré variable. Après injection de Gadolinium, il existe un
l'œdème. Les métastases méningées, parfois suspectées en spT2 (zones corticales plus ou moins
l’hypercellularité entraîne une restriction des mouvements de l’eau extra cellulaire et donc un
d. TDM :
Elle met en évidence une lésion hémisphérique, arrondie, bien limitée, de densité
homogène, spontanément hyperdense (30-50 UH) dans 80% des cas. Il n’est pas toujours facile
[81]. Ces lésions peuvent apparaître spontanément fortement hyperdenses lors d’hémorragies
intra tumorales (5% des cas). Il présente des calcifications dans environ 15 % des cas et des
1.2. Hémangioblastome :
retenu dans 5,77% des cas. Cependant dans les écrits scientifiques, ils représentent 1 à 2 % des
- 82 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
a. Macroscopie
sans signes d’infiltration du tissu cérébral adjacent [5,23]. Son volume est très variable, allant
d’un petit nodule millimétrique jusqu’à une tumeur de plusieurs centimètres, l’importance de ce
En fait, la forme kystique pure est exceptionnelle. Dans la littérature, la forme kystique
avec nodule mural est la plus fréquente, entre 60 et 70 % des cas, la forme solide pure
représente environ 30 % des cas et la forme solide à composante kystique centrale est plus rare.
kystiques [5].
b. Microscopie
Histologiquement, elle est composée d’un stroma cellulaire et d’un riche réseau capillaire
[5,30]. Les cellules ont un noyau qui contient des vacuoles à contenu lipidique. La transformation
kystique de la tumeur est habituelle, mais, il n’y a pas de nécrose ou de calcification. En d’autres
termes, l’hémangioblastome est une tumeur bénigne de grade I selon la classification de l’OMS [56].
c. IRM :
Quel que soit sa localisation, un hémangioblastome est susceptible d'associer trois types
de lésion élémentaire :
- 83 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Le nodule charnu : il présente un signal hypo ou iso intense au parenchyme adjacent sur
homogène.
s'appuie sur la pie-mère loin des cavités ventriculaires. Au niveau médullaire, les
rachidiens, ont dans 88% des cas une localisation superficielle, le plus souvent au niveau de la
Le kyste : il apparaît comme une masse bien limitée à contours nets et à bords réguliers
hyperintense en T2. Le liquide intrakystique a souvent un signal légèrement plus intense que le
LCR en T1 et T2, ceci étant probablement en rapport avec le contenu en protéines plus élevé
dans le kyste. Les parois du kyste ne se rehaussent habituellement pas après injection de
Gadolinium. Deux situations peuvent se rencontrer selon la localisation du kyste par rapport au
nodule charnu : soit le kyste siège à l’intérieur de la tumeur nodulaire, et représente ainsi un
dans ce cas, il est suggéré être secondaire à une transsudation à partir du nodule mural [56].
Les hémangioblastomes infratentoriels sont associés dans 72 % des cas à des anomalies
de signal correspondant à des vaisseaux dilatés. Ces anomalies sont identifiées à la fois en T1 et
au sein de la tumeur. Ces vaisseaux dilatés, qui ne sont pas mis en évidence par le scanner,
cependant pas de détecter les vaisseaux anormaux au sein des tumeurs inférieures à 1 cm au
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
d. TDM :
lésion kystique contenant un nodule mural. Ce nodule est iso dense au parenchyme cérébral et
Le kyste, qui est également bien limité et hypodense par rapport au parenchyme
adjacent, ne se rehausse pas après injection de PDC. Il existe parfois une légère prise de
Dans d'autres rares cas, on ne visualise qu’une formation hypodense kystique sans
rehaussement d'un nodule mural à l’injection, avec parfois une prise de contraste périkystique.
- Une masse nodulaire avec un kyste central. Cette masse est spontanément
- Une masse nodulaire sans formation kystique, de taille variable (0,4 mm à 2,5
de produit de contraste.
Ces formes nodulaires qui, lorsqu’elles sont de petites tailles et du fait des artéfacts
l'examen tomodensitométrique.
Dans notre série cette tumeur représente 19,23% (53 cas) ; tandis que, dans la littérature, elle
est la plus fréquente des tumeurs solides en pédiatrie environ 10-15% de toutes les tumeurs
intracrâniennes et plus de 25% des tumeurs de la fosse cérébrale postérieure chez l’enfant [11,57].
- 85 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
a. Macroscopie :
plus rarement étendue aux hémisphères cérébelleux. Il est de taille variable et le plus souvent
kystique dans plus de 3/4 des cas, rosé ou blanc et de contours réguliers bien limités [11].
b. Microscopie :
associant un tissu glial mou kystique et une zone de tissu compact formé par des cellules
bipolaires et des fibres de Rosenthal [57]. On note que les fibres de Rosenthal sont des masses
l’astrocytomepilocytique [11].
En effet, elles peuvent s'observer dans les atteintes gliales et dans la maladie d’Alexander
(une maladie primitive de la substance blanche) ; rarement, des mitoses et des proliférations
vasculaires (qui ne sont pas des signes de malignité) peuvent se voir. Elles sont riches en GFAP
astrocytaires en réseau fibrillaire sur une matrice tumorale molle avec des microkystes. La
densité cellulaire passe de faible à modérée ; les mitoses sont rares avec une possibilité d'atypie
Grade I : astrocytomepilocytique,
Grade IV : glioblastome.
c. IRM
histologique [11]:
- 86 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
hétérogène, avec des zones kystiques d’intensité légèrement supérieure au LCR et des portions
solides isointenses au parenchyme cérébral. En séquence pondérée T2, les composantes kystiques
présentent une intensité supérieure au LCR, les zones solides sont hyperintenses parfois
hypointenses. La PDC après injection de Gadolinium est habituelle au niveau des zones solides.
T1, hyperintenses en séquence pondérée T2, ne prenant pas de contraste après injection de
l’[Link] signal du nodule mural est identique à celui de la substance grise en T1 ; en T2, il
devient supérieur à celui du cortex. L’œdème péritumoral est souvent peu important. Après
d. TDM :
L’image la plus typique est celle d'une lésion hypodense, homogène, mal limitée. Après
injection de PDC, l’aspect est souvent comparable mais on peut observer un rehaussement
modéré et de distribution irrégulière. Dans les formes kystiques, l'injection iodée peut rehausser
un nodule mural ou même la paroi du kyste. Certains aspects sont évocateurs d’un type
contraste. Les kystes et les calcifications sont rares. Parfois la lésion est hétérogène avec des
Astrocytome pilocytique: il est arrondi ou ovalaire, bien limité, kystique avec un bourgeon
tumoral isodense, qui se rehausse de façon nette par le PDC. Généralement, on note une
Les tumeurs du tronc cérébral incluent les tumeurs malignes intracrâniennes en pédiatrie
[30]. Les gliomes du tronc cérébral de l’adulte sont plus rares que ceux de l’enfant et leur
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
intracrâniennes en pédiatrie. Par contre, ils représentent moins de 2 % de l’ensemble des gliomes
a. Macroscopie :
L’aspect infiltratif diffus (de la moitié aux 2/3 des cas), la lésion est volumineuse, de
limites floues avec le tissu sain adjacent. Elle entraîne un élargissement du tronc cérébral, en
particulier de la protubérance annulaire. L’aspect de masse limitée (un tiers des cas) : sur un
plan morphologique, à la différence du gliome infiltratif diffus, la tumeur est bien circonscrite.
Les limites avec le tissu sain sont nettes et irrégulières. Sa taille est variable, souvent peu
volumineuse.
b. Microscopie :
glioblastome. Dans 25% des cas, l’histologie est celle d’oligodendrogliomes, plus fréquemment
de haut grade. Les autres formes histologiques sont des gliomes inclassables [25,30]. L’aspect
en IRM n'est pas spécifique, il s'agit souvent de tumeur infiltrante, de contour mal défini et
s'accompagnant d'une plage d'œdème et des plages de nécrose intratumorales. Le signal n'est
pas caractéristique, en hyposignal T1, hypersignal T2, avec une PDC hétérogène.
Dans notre étude, 33/286 (soit 11,54%) patients ayant bénéficié d’une exérèse
chirurgicale ont présenté une métastase de la FCP. Dans la littérature scientifique, elle
représente 20% de l’ensemble des métastases intracrâniennes, 15% siègent au niveau des
hémisphères cérébelleux et 5% dans le tronc cérébral [8,16]. La localisation la plus fréquente des
métastases de la fosse cérébrale postérieure sont des tumeurs pelviennes (prostate, utérus) et
digestives, représentant 50% des métastases uniques de la fosse cérébrale postérieure (FCP) [16].
Mais n’importe quelle tumeur maligne peut atteindre le SNC dans son évolution métastatique.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
a. Macroscopie :
Les métastases peuvent être solides ou kystiques, uniques et le plus souvent multiples
b. Microscopie :
Sur le plan histologique, les lésions fréquemment retrouvées sont les adénocarcinomes
c. IRM :
Ces lésions sont souvent multiples, bien limitées, apparaissent isointenses en T1,
d. TDM :
façon nodulaire ; les lésions de petite taille peuvent passer inaperçues. Dans notre série, la TDM
2. Tumeurs extra-axiales
Le siège principal des tumeurs extra-axiales de la fosse cérébrale postérieure (FCP) est la
citerne de l’angle ponto-cérébelleux. Les trois tumeurs principales de cette région sont par ordre
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
de la citerne de l’angle ponto-cérébelleux. Son incidence est 1 pour 100000/an [12,13]. Aux
USA, la prévalence est de 2000 à 3000 nouveaux cas par an [12]. Cependant, dans notre série
cette tumeur représente5,77% (17cas) chez les 286 patients opérés et elle était toute localisée au
niveau de la citerne de l’angle ponto-cérébelleux. Cette tumeur a été décrite pour la première
fois comme une entité pathologique par Standifort en 1777, diagnostiquée cliniquement pour la
première fois par Oppenheim en 1890 ; mais ce n’est qu'au début du XXème siècle qu’elle a été
reconnue pour la première fois comme une maladie curable chirurgicalement [5]. Le
développement de cette tumeur aux dépens du nerf vestibulaire et non du nerf cochléaire a été
qui n’existent qu’au niveau de la portion la plus externe du nerf cochléovestibulaire, dans le
Ils se développent dans plus de 95 % des cas, sur une des branches du nerf vestibulaire
Seulement 2% des patients avec une NF1 présentent un schwannome vestibulaire, et la forme
a. Macroscopie
Schwann) explique que son siège soit intraméatique pur (20 % des cas), ou intraméatique et dans
l’angle ponto-cérébelleux, lorsque la tumeur est plus volumineuse (75 % des cas) [12,30,17].
Plus rarement, la tumeur peut siéger uniquement dans l’angle ponto-cérébelleux, à proximité du
porus du méat acoustique interne, mais sans prolongement intraméatique (5 % des cas) [12].
- 90 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
chamois », souvent hétérogène dans sa coloration car abritant des zones plus grises ou plus
rosées. Il est souvent arrondi, globuleux et limité par une pseudo-capsule arachnoïdienne dont
b. Microscopie
• Le type histologique Antoni A fait d’un tissu fibrillaire dense, avec des cellules
cellulaire est moindre. Il n’y a pas de mitose intra- lésionnelle et les fibres
c. IRM :
Dans le cas le plus habituel d’une lésion intra- et extra-méatique, l’extension de cette
tumeur par rapport au porus n’est pas symétrique. Son aspect bien connu est celui d'une tumeur
antérieure ne déborde pas de plus de 1cm du bord antérieur du porus. En effet, l'origine sur un
nerf postérieur du paquet acousticofacial du schwannome limite son développement vers l’avant,
entravé par les nerfs antérieurs et en particulier par le nerf facial. L’extension postérieure est
toujours plus importante, quelque soit la taille de la tumeur [30].Cette règle est
hyposignal modéré par rapport au tronc cérébral et un discret hypersignal par rapport au paquet
acoustico-facial controlatéral. Elle apparaît en signal intermédiaire, plus élevé que celui du LCR
- 91 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
contrastant avec l’isosignal du LCR et des structures osseuses. En deuxième écho, l'hypersignal
de la masse se confond avec celui du LCR. Mais cette séquence permet d'apprécier l'existence de
lésion bénigne. En cas de malignité, la tumeur apparaît hyperintense avec un ADC inférieur à la
normal. Ces caractéristiques en IRM de diffusion permettent de distinguer les schwannomes malins
important, le schwannome étant alors en franc hypersignal. Parfois, le rehaussement n'est pas
de la présence de tissu de type Antoni B, le plus souvent rencontré dans les grosses lésions.
Les calcifications sont très rares, très peu de cas ont été rapportés. Ils peuvent être dûes
à des ischémies ou nécrose du tissu tumoral suite à des saignements des néovaisseaux qui les
irriguent. De même les hémorragies intra tumorales qui apparaissent sous forme d'un isosignal
si l’IRM est faite dans les premières heures, ensuite un hypersignal apparaît en 12 à 24 heures et
progresse de la périphérie vers le centre. Enfin, après quelques jours, un liseré noir lié à la
périphérique en imagerie pondérée en T1 et en T2, demeurera visible à très long terme [17].
d. TDM :
isodense, peut rarement être hypo ou hyperdense. Aucun cas de calcification n'est décrit dans la
littérature [30].Après injection de PC, le schwannome vestibulaire devient hyperdense, avec une
PDC homogène sauf pour ceux de grande taille ou siègent des zones de nécroses.
Le schwannome est souvent centré par le CAI. Ce siège particulier de la tumeur entre
autres signes permet de le différencier des autres tumeurs de l'APC, notamment les méningiomes.
- 92 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Il forme avec la surface du rocher un angle aigu. L'œdème tumoral secondaire à une
souffrance parenchymateuse liée à une compression ou une oblitération veineuse peut être
et le cervelet ainsi qu'une éventuelle hydrocéphalie due à une gêne de l'écoulement du LCR. La
dilatation des structures ventriculaires a une incidence aussi bien pronostique que
La limite de cet examen résulte de sa faible sensibilité pour les petites tumeurs intra-
canalaires [30].
2.2. Méningiome:
l’adulte par ordre de fréquence [30]. Ainsi, dans notre étude sa fréquence était de 3,85% (11
cas). Le méningiome de la fosse cérébrale postérieure était classé en 1953 par Castellano et
essentiellement à partir des cellules des villosités arachnoïdiennes qui s’invaginent en doigt de
formations sinusiennes de cette région [30]. Par ordre de fréquence, les méningiomes de la fosse
- 93 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
a. IRM :
tumeur apparaît avec un volume sanguin très augmenté et d’un facteur pratiquement 10 par
rapport au tissu normal. Après injection de Gadolinium en T1, l’hypersignal est le plus souvent
précoce, franc, prolongé et homogène du fait que les formes nécrosées et kystiques sont
rarement observées [30.15]. Ceci permet de mettre en évidence 3 fois sur 4, un épaississement
b. TDM :
L’image la plus commune est celle d'un nodule spontanément hyperdense, parfois iso ou
hypodense et qui forme avec le rocher un angle de raccordement obtus [30]. Habituellement la
tumeur est non centrée par le CAI. Après injection du PC, il apparaît franchement hyperdense de
façon plus importante et rapide que dans le schwannome [30]. La présence de calcifications
disséminées dans la tumeur est un élément en faveur du méningiome. Il peut être entièrement
calcifié, défini alors le méningiome psammomateux [30]. L’élargissement du CAI peut être
stimulation d’ostéoblastes par les cellules méningiomateuses. L'existence d'une lyse osseuse
Les termes de « tumeur » ou de « kyste épidermoïdes » sont mieux adaptés que celui de «
cholestéatome » qui peut prêter à confusion avec les cholestéatomes secondaires de l’oreille
moyenne [67]. Il s’agit d’une lésion congénitale dysgénésique du fait de la probable inclusion
- 94 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
cinquième semaine de vie intrautérine. Cette hypothèse permet d’expliquer les kystes
troisième tumeur de siège extra-axial par ordre de fréquence [70,67]. Cependant, dans notre
a. Macroscopie
moitié des cas) [70]. Il s’agit d’ailleurs de la troisième tumeur par ordre de fréquence de l’angle
plutôt sur la ligne médiane. En ce qui concerne la fosse cérébrale postérieure, la deuxième
localisation est le quatrième ventricule. Il s’agit d’une lésion bien limitée avec une surface
irrégulière et nodulaire de couleur blanc nacré, cet aspect l’ayant fait qualifier lors des premières
descriptions de « tumeur perlée ». Son contenu, dont la consistance évoque la cire de bougie, est
b. Microscopie
Sa paroi comprend une mince capsule de tissu conjonctif sur laquelle repose un
épithélium stratifié et kératinisé. Son contenu est formé d’un matériel riche en cholestérol
c. IRM :
proche de celui du LCR, en hypo signal T1 et en hypersignal T2 et non rehaussé après injection
Ceci est noté dans 60% des cas [67].En densité de proton, la tumeur est en hyposignal
- 95 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
d. TDM :
Elle montre habituellement une masse de contours polyédriques nets et irréguliers, sans
œdème périlésionnel et moulant les structures cérébrales adjacentes. Cette masse est hypodense
mesurant entre + 20 et – 50 UH, souvent hétérogène avec un aspect de « poivre et sel » et non
Les tumeurs pigmentaires léptoméningées primaires sont rares moins de 1%des tumeurs
de la fosse cérébrale postérieure, avec peu de cas rapportés dans la littérature. Le mélanome
leptoméningé primaire a été décrit pour la première fois par Limas et Tio sous le terme de
ensuite méningiome pigmenté, par la suite Naevius bleu méningé et enfin mélanocytome
méningé [64]. Il se développe à partir des cellules pigmentées normalement présentes au niveau
a. Macroscopie :
Macroscopiquement, on retrouve une masse nodulaire bien limitée, de couleur noire ou brune
foncée [64,86,99,109].
b. Microscopie :
Le mélanocytome méningé est une tumeur bénigne rare, dont le diagnostic est confirmé par
- 96 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
c. IRM :
tumeur. Cependant, ils sont iso ou hyper-intenses en T1 et iso ou hypo-intenses en T2. Ils se
d. TDM :
Ces tumeurs primitives apparaissent aux scanners bien circonscrites isodenses avec
rehaussement homogène.
3. Tumeurs intra-ventriculaires :
3.1. Ependymome :
L’incidence de l'épendymome tous les âges confondus est de 0, 3/100 000patients par
an, mais elle est de 3/100 000 enfants (de moins de 15 ans) par an[3,5]. Dans notre série, les
Ils sont plus fréquents chez l’enfant et représentent la 3ème tumeur après le
intracrâniennes primitives [3,5,30]. Environ deux tiers des épendymomes siègent dans la fosse
cérébrale postérieure et représentent 20-30% des tumeurs delà fosse postérieure [3,30]. Il s’agit
tissu tapissant la paroi des ventricules. Cette tumeur a été correctement diagnostiquée par
VIRCHOW en 1863 ; sa provenance des cellules épendymaires était suggérée pour la première
fois par Mallory, par la mise en évidence des blépharoplasties typiques [5]. BAILEY et CUSHING
ont découvert deux types, l’une est l’épendymome et l’autre a des caractéristiques invasive et
- 97 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
a. Macroscopie:
Le siège le plus fréquent des épendymomes est le 4ème ventricule [3,30]. Ils naissent
alors volontiers au niveau du plancher du 4ème ventricule, dans le triangle bulbaire ; rarement,
ils ont leur origine au niveau du plafond du ventricule [5,50]. Ils peuvent s’étendre vers la citerne
de l’angle ponto-cérébelleux par le foramen de Luschka et/ou vers la grande citerne par le
foramen de Magendie. Il peut exister des épendymomes dont la majeure partie siège dans la
certains épendymomes peuvent naître dans des localisations ectopiques, telle que la partie
b. Microscopie :
peu de mitoses. Les éléments caractéristiques sont les « rosettes »épendymaires et les pseudos «
rosettes » péri-vasculaires [3]. Il peut exister des phénomènes hémorragiques, des calcifications
et des plages de dégénérescence myxoïde. Les épendymomes sont classés grade II dans la
c. IRM :
hypointenses.
En séquence pondérée T2, ils sont en hypersignal, ce qui les rend parfois difficiles à
systématiquement des séquences mixtes (spin-écho à TR long et T2 court), sur lesquelles ces
convient donc d'éviter dans ces cas, les séquences T2 en écho de gradient, qui risqueraient de
ne pas identifier une tumeur mais de poser un diagnostic erroné de lumière ventriculaire
simplement élargie, d'où l'intérêt de la séquence Flair [50]. Après injection de Gadolinium, le
- 98 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
d. TDM :
Sans injection de PC, l'épendymome se présente comme une lésion bien limitée,
Elles constituent un bon argument diagnostique et sont présentes dans environ 50 % des cas
3.2. Papillome:
Il s’agit d’une tumeur rare, dérivée de l’épithélium des plexus choroïdes. Elle représente
0,4 à 0,6 % des tumeurs cérébrales. Elle est plus fréquente chez l’enfant puisqu’elle représente 2
à 4 % des tumeurs à cet âge et 10 à 20 % des tumeurs cérébrales de la première année de vie
[60]. La proportion de tumeurs bénignes (papillome des plexus choroïdes) par rapport aux
tumeurs malignes (carcinome des plexus choroïdes) est de 5 pour 1 [5,60,55]. Cette proportion
est encore plus faible chez l’adulte où les tumeurs malignes sont extrêmement rares. L’incidence
a. Macroscopie :
Les papillomes de la fosse postérieure siègent soit dans le 4ème ventricule, soit plus
limites avec le tissu nerveux adjacent sain sont nettes. Il peut exister des kystes intra tumoraux, des
phénomènes hémorragiques et des calcifications (dans 5 à 20 % des cas selon les séries) [60,55].
b. Microscopie :
Les papillomes sont composés d’un tissu fibro-vasculaire au sein duquel l’activité
mitotique est faible, et qui ne se nécrose pas. Il ressemble au tissu (non tumoral) des plexus
- 99 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
choroïdes, avec des cellules beaucoup plus nombreuses, de forme plus allongée. La protéine S-
c. IRM :
La lésion est bien limitée, hypointense en T1, hyperintense en T2, surtout après injection
S’il existe des calcifications, elles apparaîtront hypointenses en pondération T2 et plus encore si
d. TDM :
Les papillomes sont dans l’immense majorité des cas hypodenses. Les calcifications sont
Quelque soit l’attitude thérapeutique vis-à-vis des tumeurs de la FCP, le but est :
• L’exérèse tumorale.
1. Traitement médicale :
- 100 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
sous couverture de la compensation des pertes hydro électrolytiques. C’est un recours dans
présentant une tumeur de la fosse cérébrale postérieure. Elle permet d’une part, de procurer au
neurochirurgien un accès aisé à la lésion (en réduisant les lésions d’écartement), et d’autre part
l’estimation du risque de décompensation d’une HTIC pour les tumeurs de volume important. Il
faut donc examiner minutieusement les données de l’imagerie (scanner et IRM notamment), pour
d’augmentation de la PIC, tels q’un effacement des ventricules latéraux, une augmentation d’un
ventricule latéral liée à une hydrocéphalie obstructive et/ou un déplacement de la ligne médiane
antécédents thérapeutiques (traitements en cours et leur ancienneté) car ils peuvent affecter la
- 101 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
pour la craniotomie et la résection tumorale avec un minimum de risque, en agissant sur deux
facteurs :
transcapillaire.
[Link] corticoides :
3.L’hyperventilation :
[Link] de l’hémodynamique :
cérébrale correcte.
- 102 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
conservée, d’améliorer la pression de perfusion cérébrale et de réduire la PIC par une diminution
du volume sanguin cérébral. Cette augmentation doit cependant être contrôlée car une
hypertension artérielle sévère est un facteur d’aggravation de l’oedème vasogénique avec risque
[Link] vasculaire :
Elle est assurée par des solutés iso-osmolaires voire légèrement hyperosmolaires
dépourvus de glucose. Les solutés hypoosmolaires sont proscrits car majorent l’oedème cérébral
par baisse de l’osmolarité sanguine. De même, les solutés contenant du glucose sont contre
indiqués en raison des effets délétères sur le cerveau de ce dernier en situation d’ischémie.
[Link]ôle de la température :
sanguin cérébral et du volume sanguin cérébral. Elle contribue à majorer l’oedème et l’ischémie
Postopératoire :
objective s’impose en per et postopératoire [127,131] : prévention des lésions de décubitus par
sanglante de la pression artérielle permettant en outre la prise répétée de sang artériel pour la
mesure des gaz du sang ; mesure de la pression veineuse centrale afin d’évaluer les variations
- 103 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
3. Traitement chirurgiale :
▪ La position semi assise est la position de choix car elle offre de nombreux avantages :
− Et l’embolie gazeuse qui peut survenir dès l’incision cutanée jusqu’à l’ouverture
de la dure-mère.
▪ La position latérale est utilisée par certains opérateurs pour l’abord de l’angle ponto
Les voies d’abord des tumeurs de la fosse cérébrale postérieure (FCP) sont multiples et
collaboration entre les neurochirurgiens et les otologistes. Le choix de la voie d’abord dépend de :
- 104 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
• L’expérience du chirurgien.
Dans ce sous-chapitre nous allons décrire et illustrer la voie sous occipitale médiane ;
C’est la voie classique pour l’abord chirurgical de la fosse cérébrale postérieure [7]. Sa
• Position assise ou Décubitus ventral, billots sous les épaules et les épines iliaques
veineux périartériel.
- 105 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
sinus latéral.
A : incision du muscle.
B : craniectomie et laminectomie.
C : incision de la dure mère.
D : exposition intra-durale.
Dura : Dure mère.
Tonsil : Amygdale.
P.I.C.A : Artère cérébelleuse postéro intérieure.
Ver A : Artère vertébrale.
Dentatelgt : Ligament du dent.
- 106 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
C’est une voie indiquée pour la préservation de la fonction auditive dans la chirurgie du
schwannome vestibulaire de petite taille (moins de 2cm) en l’absence de signes auditifs, et aussi
dans les autres tumeurs de l’angle ponto-cérébelleux dont la grande portion se situe sur la face
postérieure du conduit auditif interne [37,42,90]. L’acte opératoire est rétro-sinusale, soit en
limite latérale externe de la craniotomie est le sinus sigmoïde et elle s’étend à la mastoïde. Ainsi
du chirurgien, alors que l’inconvénient majeur est la grande difficulté à repérer le nerf facial.
- 107 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
C’est une voie classique des lésions de l’angle ponto-cérébelleux quand la conservation
de la fonction auditive n’est pas de grande utilité [20,37] : c’est le cas des neurinomes de
l’acoustique avec présence des signes auditifs en préopératoire et/ou de grande taille (>2 cm).
Elle est également indiquée dans d’autres types de tumeurs de l’angle ponto-cérébelleux comme
Elle est le plus souvent réalisée chez les patients en décubitus latéral. La technique
consiste à faire une incision en rétro-auriculaire avec une mastoïdectomie élargie jusqu’à
Une fois, le nerf facial repéré sur ses deux portions, la dissection commence à partir du
- 108 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Cette voie est généralement indiquée dans les lésions du foramen jugulaire de la FCP : le
La technique consiste à faire un volet temporal postérieur, après une incision cutanée cranio-
Il existe 2 principaux types de voies sous temporale : type A et type B qui peuvent être
opératoire [39].
Ces différentes voies peuvent être combinées pour faciliter l’accès à des extensions
tumorales [37].
hydrocéphalie. Ainsi une dérivation préalable du LCR doit toujours être discutée (elle n’est pas
systématique dans tous les cas). Parfois un traitement anti œdémateux par corticoïdes
intraveineux peut être suffisant dans l’attente de l’intervention sur la fosse postérieure [7,53,62].
série, 182/286 (64,71%) des hydrocéphalies ont été dérivées avant l’exérèse tumorale
; alors que dans l’étude menée par Due-Tønnessen faite en 2007à Oslo (Norvège),
69/87 (79%) ont pu être dérivées. De plus, dans la série de MORELLI à Bruxelles
107/114 (93,86%) des patients ayant présenté une hydrocéphalie ont bénéficié d’une
- 109 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
L’exérèse tumorale est l’étape essentielle dans la prise en charge des tumeurs de la fosse
cérébrale postérieure, aussi bien chez l’adulte que chez l’enfant. Elle doit être la plus complète
possible, afin de débloquer la voie d'écoulement du LCR et de décomprimer le tronc cérébral [7]. Par
ailleurs si dans notre série, une exérèse chirurgicale complète a été réalisée chez 71,15% des
patients et qu’elle était subtotale ou partielle respectivement dans 19,23% et 7,69% des cas ; par
contre dans celle de MORELLI [132], l’ablation chirurgicale était cotée totale ou subtotale chez
58,13% des malades tandis qu’elle était partielle dans 33,12%. De plus, 1,92% de nos patients avaient
bénéficié d’une biopsie alors que cet acte opératoire a été fait 7 fois plus dans la série de MORELLI
[132] avec 8,75%. D’après certains auteurs, une exérèse chirurgicale aussi complète que possible
permettrait d’améliorer le pronostic vital grâce à l’éviction des récidives et des complications.
3.5. Complications:
complications. Au sein des séries les plus récentes, l’avènement des nouvelles techniques
% [5,7,50,53].
a. Mortalité :
premier mois suivant l’acte chirurgical) des tumeurs de la fosse cérébrale postérieure diffère
Dans notre série, nous avons observé 25/286(7,69%) cas de décès ; Cependant le fait le
plus marquant est que 3/4 (75%) des patients décédés étaient admis dans un tableau
d’engagement avec GCS <8, témoin d’un retard diagnostic. Ainsi, dans les anciennes séries
rapportées dans la littérature, la mortalité était située entre 15 à 30%, mais actuellement avec les
- 110 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Dans l’étude de CHERQAOUI [76] la mortalité était de l’ordre de 22% alors que dans celle
Tableau XIV : mortalité opératoire des tumeurs de la FCP selon les auteurs.
AUTEURS Mortalité
NOTRES SERIE 7,69%
MERGHNI SE [78] 7%
CHERQAOUI [76] 22%
LAABOURRI [75] 18,57%
Dans notre série, 19,23% des patients ont présenté une fuite du LCR après acte opératoire
et 5,77% des patients avaient un pseudoméningocèle. Cette fuite du LCR était présente dans
27,59% des cas dans l’étude de STEINBOK [96], alors qu’elle n’était que de 17,24% dans celle de
BERNT [121]. En plus dans la série de STIENBOK [96] il y avait 33% de pseudoméningocèle
Tableau XV : fréquence de la fistule LCR dans chirurgie de la FCP selon les auteurs.
En effet, ces types de complications surviennent dans 17,6% des cas après la chirurgie de
la fosse cérébrale postérieure (FCP) et sont dus aux défauts d’étanchéité lors de la fermeture
dure-mérienne [71]. Mais ils peuvent se voir aussi après une méningite postopératoire (septique
- 111 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
[71,96,100].
Six cas d’hydrocéphalie aiguë ont été répertorié dans notre série tandis que dans celle de
MORELLI [132], il y’en avait 11/107 (10%) cas. Dans la littérature scientifique, les hydrocéphalies
aiguës peuvent survenir dans 25% des cas notamment lors d’une exérèse tumorale incomplète [7].
L’œdème postopératoire peut constituer un facteur péjoratif, qui nécessite une prise en
Dans environ 20 % des cas, une dérivation est faite en période postopératoire suite à une
d. Infections :
complications infectieuses, mais le tableau est surtout dominé par les méningites et des
(chirurgie et anesthésie-réanimation).
Dans notre série, ces complications infectieuses étaient retrouvées chez 62/286 (21,15%)
patients : 20 cas de méningites, 22 cas de pneumopathies et 6 tableau sepsis (avec cyanose, sueur
Tableau XVI: fréquence des infections postopératoires de la FCP selon les auteurs.
- 112 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
e. saignements
extraduraux sont rares (moins de 1%) mais graves. Leur survenue précoce après l’acte opératoire
nécessite une ré-intervention urgente dans les 6 heures après la craniotomie, car le risque de
mortalité est très élevé entre 50% à 77% des cas [7, 53, 84, 85].
L’atteinte des paires crâniennes peut être transitoire ou définitive selon le mécanisme en
cause.
La fréquence de cette complication est difficilement estimable car elle varie beaucoup
On peut toutefois dire que les atteintes les plus fréquentes sont :
• Les surdités.
Parmi ces trois lésions, les troubles de déglutition sont particulièrement préoccupants
pour le réanimateur dans les suites postopératoires immédiates. En effet, Ils représentent un
kératite en quelques heures. L’œil doit donc être occlus dès la fin de l’intervention par un
patients; par contre dans la littérature sa fréquence est variable selon les séries : ce syndrome
- 113 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
était présent dans 28,57% des cas dans la série de CORTINEYW-C [130] alors qu’il n’était que de
été décrit pour la première fois en 1985 par Rekate [128]. C’est une complication spécifique qui
peut survenir après la chirurgie de la fosse cérébrale postérieure. Ces symptômes sont le plus
souvent notés aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte. Le mutisme akinétique peut s’associer
observé durant les 5 premiers jours qui suivent la chirurgie de la FCP. Ce syndrome comprend
plusieurs symptômes dont la régression peut s’étaler sur des semaines voir des mois mais il ne
Il associe :
• Trouble de langage : dysarthrie, mutisme (surtout lors d’une exérèse large du lobe
• Dysphagie ;
• Déficits moteurs ;
• Labilité émotionnelle.
h. Autres complications :
cérébelleuse sont rapportés. On note aussi des complications en rapport avec la position du
- 114 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
4. Radiothérapie:
La radiothérapie occupe après la chirurgie une place importante dans le traitement des
Elle peut être indiquée en complément à la chirurgie ou comme seul traitement (avec ou
dissémination sous-arachnoïdienne [53] : c’est le cas d’un de nos patients. L’exérèse est
complétée par une radiothérapie du système nerveux central (encéphale et moelle), avec une
Les enfants âgés de moins de 3 ans ne doivent pas être irradiés car il y a un risque
majeur sur le développement de leur cerveau. De plus, des séquelles neurologiques graves sont
possibles [7,50]. Ces enfants non traités par la radiothérapie pourront recevoir une
chimiothérapie temporaire et bénéficier de la radiothérapie après l’âge de 3 ans. Dans tous les
cas, le délai maximal recommandé entre l’exérèse et le début de la radiothérapie est en règle de
90 jours [113,119].
Les doses « classiques » chez l’enfant et chez l’adulte [7,50,53], selon le groupe à risque
sont de [7,53] :
traitement pendant plus de 50 ans [31]. Actuellement l’avancée des techniques radio-thérapeutiques
continue à améliorer le contrôle local et locorégional. Ainsi la médiane de survie des patients traités
- 115 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
chimiothérapie [31]. Cette approche multidisciplinaire des métastases intracrâniennes résulte d’une
5. Chimiothérapie:
responsable des séquelles graves sur l’encéphale en développement surtout chez les enfants de
moins de 3 ans. Donc la chimiothérapie apparaît comme une méthode thérapeutique souhaitable
surtout dans le médulloblastome et les métastases de la fosse cérébrale postérieure (qui seront
Le médulloblastome est relativement chimio sensible [7,53] ; raison pour laquelle le rôle
de la chimiothérapie est révolu. Néanmoins, les enfants de moins de 3 ans pourront avoir une
La majorité des auteurs classe le médulloblastome en fonction des facteurs pronostiques [55] :
• Risque standard : âge> 3ans, ayant un volume résiduel < 1,5cm3 (imagerie
distance.
Le régime de la chimiothérapie est variable de protocole en protocole, par contre aucun n’a
- 116 -
LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Probablement les indications thérapeutiques devraient être guidées, dans un futur proche, par
Quant aux métastases, le système nerveux central constitue un sanctuaire pour les
intracrâniennes jusqu’à nos jours n’a pas prouvé son efficacité sur l’amélioration de la durée de
IX. PRONOSTIC:
1. En fonction de l’âge:
L’âge du patient au moment du diagnostic est un facteur pronostique déjà évoqué par
certains auteurs [7, 53, 55]. Dans notre série, 6 patients avaient un âge inférieur à 3 ans. Dans la
Toutefois, pour les autres types de tumeurs de la fosse cérébrale postérieure, l’âge est un
facteur de mauvais pronostic sur la survie globale notamment dans les gliomes de haut grade [4].
L’analyse uni variée de notre série montre que le type histologique est un facteur
pronostique indépendant et non significatif. Cependant nous avons constaté que le nombre de
décès chez les patients suivis pour un médulloblastome est de plus de 60%.. Selon les écrits
scientifiques, dans le cas des médulloblastomes, le taux de survie sans récidive à 5 ans est
compris entre 50 et 85% chez l’enfant (en l’absence de métastases qui représentent le principal
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
[7,53,113]. Pour les hémangioblastomes, leur pronostic est lié à leur intégration ou non à une
chirurgicalement curable [30]. Cependant certains auteurs soulignent que le risque de morbidité
et de mortalité postopératoire dans les hémangioblastomes cérébelleux kystique est très faible.
Le risque opératoire augmente dans sa localisation spinale et en particulier dans les grosses
permet d’obtenir plus de 95% de survie à 25 ans [4,11]. La majorité des récidives surviennent
dans les 3 ans après une exérèse complète. Quant aux épendymomes, toutes formes
3. En fonction de la localisation;
de la fosse cérébrale postérieure avaient des localisations préférentielles mais les résultats
obtenus n’étaient pas significatifs. Les auteurs trouvent que le pourcentage de tumeurs situées
au niveau intra-axial est approximativement supérieur à 80% chez l’enfant [30,50,55] ce qui
conforte nos résultats dans la mesure où cette localisation a été retrouvée dans 95,65% des cas
chez les patients âgés de moins de 15 ans. Cependant, nous n’avons pas pu comparer les autres
Les facteurs limitant les possibilités d’une exérèse complète sont liés à la présence ou
non d’une infiltration du plancher du 4ème ventricule [7, 53, 55]. Or, dans notre étude, la
localisation de la tumeur n’influence pas le pronostic et ne modifie pas la survie globale encore
moins la survenue d'une récidive pour les tumeurs de la fosse cérébrale postérieure. On peut
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
contribueront à des exérèses de bonne qualité quelle que soit la localisation [31,36].
Dans notre étude, analyse uni-variée montre que la qualité d’exérèse tumorale est un
(p≤0.009) avec 82,1% de survie pour les cas d’exérèse complète contre 17,9% de survie chez les
L’importance de la résection chirurgicale aussi complète que possible est reconnue pour
les tumeurs de la fosse cérébrale postérieure tous types histologiques confondus. La chirurgie
apparaît comme la thérapeutique la plus efficace, réduisant à la fois le risque, les récidives et la
mortalité [53,55]. La qualité de l’exérèse chirurgicale est corrélée à la survenue des récidives.
Il faut souligner que la qualité d’exérèse chirurgicale est une caractérisation subjective
(rendu opératoire) qui permet difficilement d’interpréter les résultats des publications
mentionnant « exérèse complète ». Les résultats doivent être interprétés avec précautions.
développer. Les données statistiques démontrent un bénéfice sur la survie et la qualité de vie
des patients traités par la chirurgie [27]. L’éligibilité des patients pour la chirurgie dépend de la
systémique de la tumeur [27]. En général, la chirurgie est indiquée chez les patients ayant une
lésion unique. La technique chirurgicale peut être guidée par l’imagerie [27].
niveau du cul-de-sac sacré et au niveau de la région frontobasale (correspondant aux limites des
champs d’irradiation) [7,53,55,111]. Tant chez l’adulte que chez l’enfant, il n’existe aucun
traitement standard de cette récidive. Lorsque cette dernière est locale (cas le plus fréquent), une
ré-intervention doit toujours être discutée. L’alternative, en cas de récidive de petit volume
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
(diamètre< 3cm), peut reposer sur la radio chirurgie [53,111]. Après la chirurgie ou la
le plus souvent mise en place et permettra, dans de rares cas, l’obtention d’une rémission
prolongée [53,111].
Tableau XVIII: le taux des récidives des tumeurs de FCP selon les auteurs
Exérèses complètes
AUTEURS Récidives (%)
macroscopique (%)
NOTRE SERIE 70,59% 7,84%
LAABOURRI [75] 75,60% 7,32%
MERGHNI SE [78] 89% 5,74%
CHERQAOUI [76] 68,57% 8,34%
chirurgie est une attitude thérapeutique primordiale à adopter dans la prise en charge des
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
CONCLUSION
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
Bien vrai que notre étude soit basée sur les données du service de Neurochirurgie CHU
beaucoup d’études car leur évolution maligne est difficile à prendre en charge par les praticiens.
Notre expérience montre bien qu’il s’agit d’une pathologie de l’enfance et de l’adulte
cérébelleux étaient la base du diagnostic clinique. En d’autres termes, l’atteinte du cervelet est
cliniquement le miroir des tumeurs de cette localisation particulière (la fosse cérébrale
postérieure).
postérieure.
La chirurgie apparaît comme le seul traitement indiqué dans les tumeurs de la fosse
cérébrale postérieure en première intention. Elle doit être pratiquée à chaque récidive et
La radiothérapie cérébrale semble être une arme thérapeutique pour certaines tumeurs
facteurs pronostiques dont la localisation, la chimiothérapie chez les nourrissons (enfants moins
de 3 ans), la dose de rayonnement sont sûrement à analyser. D’autres études devront être
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
RESUMES
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
RESUME
Les tumeurs de la fosse cérébrale postérieure est une entité tumorale dont la prise en
Le but de ce travail est d’analyser sur une série rétrospective consécutive durant 11 ans
(de janvier 2003 à décembre 2014), homogène à tout âge, la prise en charge quantitative et
Nous rapportons les résultats de nos patients, d’âge moyen de 23,8 ans avec une légère
Les patients présentaient au moment de l’admission un syndrome de HTIC dans 265 cas
(92,59%), troubles d’équilibre dans 212 cas (74, 07 %), troubles de conscience dans 26 cas
(9,26%), des signes otologiques dans 32 cas (11,11 %) et découverte fortuite dans 10 cas (1,85%).
(88,89%) ; la neuro-imagerie a été réalisée en préopératoire dans tous les cas ; la TDM chez 270
patients et l’IRM dans 111 cas nous avons observé une hydrocéphalie obstructive dans 270/285 cas.
Tous nos patients ont bénéficié d’un geste chirurgical, une dérivation du LCR a été
indiquée dans 185/286 cas et 203/286 patients ont eu une exérèse totale.
Dans l’ensemble, l’évolution à court et à moyen terme a constaté 7.7% de décès, 87% de
patients vivants et 5.24% cas perdus de vue. Les complications tardives dans notre série
représentaient 16,67% avec 7.34% cas de récidive postopératoire après une exérèse totale et une
évolution métastatique.
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
La survie n’est pas précisée, car le suivi des patients est difficile du fait de la
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
ﻣﻠﺧﺹ
ﺇﻥ ﺃﻭﺭﺍﻡ ﺍﻟﺣﻔﺭﺓ ﺍﻟﺩﻣﺎﻏﻳﺔ ﺍﻟﺧﻠﻔﻳﺔ ﻏﺎﻟﺑﺎ ﻣﺎ ﺗﻛﻭﻥ ﺻﻌﺑﺔ ﺍﻟﻌﻼﺝ ﺑﺳﺑﺏ ﻣﻭﻗﻌﻬﺎ ﺍﻟﺧﺎﺹ ﻓﻲ ﺍﻟﻁﺎﺑﻖ ﺍﻟﺧﻠﻔﻲ ﻟﻘﺎﻋﺩﺓ
ﺍﻟﺟﻣﺟﻣﺔ ﺇﻥ ﺍﻟﻬﺩﻑ ﻣﻥ ﻫﺫﺍ ﺍﻟﻌﻣﻝ ﻫﻭ ﺗﺣﻠﻳﻝ ﻛﻣﻲ ﻭﻛﻳﻔﻲ ﻝ 286ﻣﻠﻔﺎ ﻁﺑﻳﺎ ﻟﻣﺭﺿﻰ ﺃﺩﺧﻠﻭﺍ ﺇﻟﻰ ﻗﺳﻡ ﺟﺭﺍﺣﺔ ﺍﻟﺩﻣﺎﻍ ﻭ
ﺍﻷﻋﺻﺎﺏ ﺑﺎﻟﻣﺳﺗﺷﻔﻰ ﺍﻟﺟﺎﻣﻌﻲ ﷴ ﺍﻟﺳﺎﺩﺱ ﺑﻣﺭﺍﻛﺵ ﻳﻌﺎﻧﻭﻥ ﻣﻥ ﻭﺭﻡ ﺍﻟﺣﻔﺭﺓ ﺍﻟﺩﻣﺎﻏﻳﺔ ﺍﻟﺧﻠﻔﻳﺔ ،ﻭ ﺫﻟﻙ ﻣﻥ ﺧﻼﻝ ﺳﻠﺳﻠﺔ
ﺑﺄﺛﺭ ﺭﺟﻌﻲ ﻋﻠﻰ ﺍﻟﺗﻭﺍﻟﻲ ) 2014ـ (2003ﻣﺗﺟﺎﻧﺳﺔ ﻓﻲ ﺃﻱ ﻋﻣﺭ ﻧﻘﺩﻡ ﻧﺗﺎﺋﺞ ﻣﺭﺿﺎﻧﺎ ،ﺍﻟﺳﻥ ﺍﻟﻣﺗﻭﺳﻁ ﻫﻭ 23 .8
ﺳﻧﺔ ،ﻏﻠﺑﺔ ﻁﻔﻳﻔﺔ ﻟﻠﺟﻧﺱ ﺍﻟﺫﻛﺭﻱ ﺏ .%53.70ﺇﻥ ﺍﻟﻣﺭﺿﻰ ﺣﻳﻥ ﻗﺑﻭﻟﻬﻡ ﻛﺎﻧﻭﺍ ﻳﻌﺎﻧﻭﻥ ﻣﻥ ﺃﻋﺭﺍﺽ ﻓﺭﻁ ﺍﻟﺿﻐﻁ
ﺩﺍﺧﻝ ﺍﻟﺟﻣﺟﻣﺔ ﻋﻧﺩ 256ﺣﺎﻟﺔ ) (%92.59ﻭ ﻣﻥ ﺧﻠﻝ ﻓﻲ ﺍﻟﺗﻭﺍﺯﻥ ﻋﻧﺩ 212ﺣﺎﻟﺔ ) (%74.07ﻭﻣﻥ ﺧﻠﻝ ﻓﻲ
ﺍﻟﻭﻋﻲ ﻋﻧﺩ 26ﺣﺎﻻﺕ ) (%9.26ﻭ ﻣﻥ ﻣﺷﺎﻛﻝ ﻓﻲ ﺍﻟﺳﻣﻊ ﻋﻧﺩ 32ﺣﺎﻻﺕ )، (%11.11ﺃﻣﺎ 10ﺣﺎﻻﺕ ﻓﺎﻛﺗﺷﻔﺕ
ﺑﺎﻟﺻﺩﻓﺔ )% 3.70ﻭﺟﺩﺕ ﺍﻟﻣﺭﺍﺟﻌﺔ ﺍﻟﺳﺭﻳﺭﻳﺔ ﺃﻋﺭﺍﺿﺎ ﻟﻬﺎ ﺻﻠﺔ ﺑﺎﻟﻣﺧﻳﺦ ،ﻋﻧﺩ ﺃﻏﻠﺏ ﺍﻟﻣﺭﺿﻰ %89ﻣﻥ ﺍﻟﺣﺎﻻﺕ؛
ﺇﻥ ﺍﻟﺗﺻﻭﻳﺭ ﺍﻟﺩﻣﺎﻏﻲ ﻗﺩ ﺗﻡ ﻋﻧﺩ ﺟﻣﻳﻊ ﺍﻟﻣﺭﺿﻰ ﻗﺑﻝ ﺇﺟﺭﺍء ﺍﻟﻌﻣﻠﻳﺔ ،ﺍﻟﻣﻔﺭﺍﺱ ﻋﻧﺩ 270ﺣﺎﻟﺔ ﻭ ﺍﻟﺗﺻﻭﻳﺭ ﺑﺎﻟﺭﻧﻳﻥ
ﺍﻟﻣﻐﻧﺎﻁﻳﺳﻲ ﻋﻧﺩ 111ﺣﺎﻟﺔ ،ﻭﻗﺩ ﻻﺣﻅﻧﺎ ﺗﺿﺧﻡ ﺍﺳﺗﺳﻘﺎء ﺍﻟﺭﺃﺱ ﻋﻧﺩ 270ﺣﺎﻟﺔ ﻟﻘﺩ ﺣﻅﻲ ﻛﻝ ﺍﻟﻣﺭﺿﻰ ﺑﻌﻣﻠﻳﺎﺕ
ﺟﺭﺍﺣﻳﺔ ،ﺗﺣﻭﻳﻝ ﺍﻟﺳﺎﺋﻝ ﺍﻟﺩﻣﺎﻏﻲ ﺍﻟﻧﺧﺎﻋﻲ ﻋﻧﺩ 185ﺣﺎﻟﺔ ،ﺍﺳﺗﺋﺻﺎﻝ ﻣﻊ ﺩﻟﻳﻝ ﻧﺳﻳﺟﻲ ﻋﻧﺩ 203ﻣﺭﻳﺽ ،ﺇﻥ
ﺍﻟﺗﻁﻭﺭ ﻋﻠﻰ ﺍﻟﻣﺳﺗﻭﻳﺎﻥ ﺍﻟﻘﺭﻳﺏ ﻭﺍﻟﻣﺗﻭﺳﻁ ﺍﻟﻣﺩﻯ ﻋﺭﻑ 7.7%ﺣﺎﻟﺔ ﻭﻓﺎﺓ ﻭ 87%ﻣﺭﻳﺽ ﻋﻠﻰ ﻗﻳﺩ ﺍﻟﺣﻳﺎﺓ ﻭ5.24%
ﺣﺎﻟﺔ ﻏﻳﺎﺏ ﻋﻥ ﺍﻟﻧﻅﺭ .ﺇﻥ ﺍﻻﻧﻌﻛﺎﺳﺎﺕ ﺍﻟﻣﺗﺄﺧﺭﺓ ﻓﻲ ﺳﻠﺳﻠﺗﻧﺎ ﺗﻣﺛﻝ) %16.67ﺣﺎﻻﺕ( ﺑﺎﻹﺿﺎﻓﺔ ﺇﻟﻰ4è ;7.34%
ﺣﺎﻻﺕ ﻟﻧﻣﻭ ﺛﺎﻧﻭﻱ ﺍﻟﻣﺭﺽ ﺑﻌﺩ ﺍﻟﻌﻣﻠﻳﺔ ﺍﻟﺟﺭﺍﺣﻳﺔ ﺍﻟﺗﻲ ﻋﻣﺩﺕ ﺇﻟﻰ ﺍﺳﺗﺋﺻﺎﻝ ﻛﻠﻲ .
ﻭﻟﻡ ﺗﺣﺩﺩ ﻧﺳﺑﺔ ﺍﻟﺫﻳﻥ ﺑﻘﻭﺍ ﻋﻠﻰ ﻗﻳﺩ ﺣﻳﺎﺓ ﻟﺻﻌﻭﺑﺔ ﺗﺗﺑﻊ ﺍﻟﻣﺭﺽ ﻧﻅﺭﺍ ﻟﺟﻬﻠﻬﻡ ﻣﺩﻯ ﻓﺎﺋﺩﺓ ﺍﻟﻔﺣﻭﺻﺎﺕ .ﻭﻳﺑﻘﻰ
ﺍﻟﻣﺂﻝ ﺳﻳﺋﺎ ﻭﺗﺣﺳﻳﻧﻪ ﺭﻫﻳﻥ ﺑﺎﻟﺗﺷﺧﻳﺹ ﻭﺍﻟﻌﻼﺝ ﺍﻟﻣﺑﻛﺭﻳﻥ .
SUMMARY
Posterior fossa tumors are a tumoral entity of which the treatment is often difficult due
its critical location (Posterior cranial fossa of the skull base). The aim of this work is to analyse
based on consecutive retrospective study over 11 years from January 2003 to December 2014,
homogenous to all ages. The quantitative and qualitative management of 287 medical cases of
MOHMMED VI MARRAKECH. We referred to the results of our 286 patients of mean age 23.8
years with slight masculine predominance of 53.70%. The patients presented at their admission
consciousness problems in 26(9.26%) cases, otology signs in 32 (11.11%) cases and accidental
discovery in 10 (1,85%) cases The clinical exams found cerebellar syndrome in the majority of
our patients 88,89% of the cases: in pre-op the brain imagery was realized in all cases; CT scan
in 270 patients, MRI in 111cases. 270 cases of obstructive hydrocephalus were observed. All
patients were operated on. Derivation of the CSF was indicated in 185/286 cases and 203/286
patients had an exaeresis with histological proof (or study). Bilateral tumors were retained based
on radiological hypothesis having benefited from VCS derivation (bypass). In total, the course
(process) and mean term of the evolution established 7.7% death cases, 87% patients alive and
5.24% cases lost of sight. The late complications in our study represent 16.67% (9/54 cases) with
The survival isn’t specified as the follow-up of the patients is difficult because of the
The prognosis is still bad and its improvement depends on the precocity of the diagnosis
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LA PRISE EN CHARGE DES TUMEURS DE LA FOSSE CEREBRALE POSTERIEUR AU CHU MOHAMMED VI
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ﻗﺴﻢ اﻟﻄﺒﻴﺐ
� ﻓﻲ ِﻣﻬﻧَﺗِﻲ.
ﺃﺭﺍﻗﺏ ّ
َ ﺃﻥ
ﺽ ﻭﺍﻷﻟَﻡ ﻭﺍﻟﻘَﻠﻖ.
ﻭﺍﻟﻣﺭ ِ
َ ﻼﻙ ﺑَﺎ ِﺫﻻً ﻭ ْ
ﺳ ِﻌﻲ ﻓﻲ ﺍﺳﺗﻧﻘﺎﺫﻫﺎ ِﻣﻥ ﺍﻟ َﻬ ِ
ﺳ ﱠﺭ ُﻫ ْﻡ.
ﺳﺗﺭ ﻋ َْﻭ َﺭﺗ ُﻬﻡ ،ﻭﺃﻛﺗ َﻡ ِ
ﻛﺭﺍ َﻣﺗ ُﻬﻡ ،ﻭﺃ ْ ﻭﺃﻥ ﺃَﺣﻔَﻅ ِﻟﻠﻧّ ِ
ﺎﺱ َ
ﺍﻟﺩﻭﺍﻡ ﻣﻥ ﻭﺳﺎﺋِﻝ ﺭﺣﻣﺔ ﷲ ،ﺑﺎﺫﻻ ِﺭﻋَﺎﻳَﺗﻲ ﺍﻟﻁﺑﻳﺔ ﻟﻠﻘﺭﻳﺏ ﻭﺍﻟﺑﻌﻳﺩ ،ﻟﻠﺻﺎﻟﺢ َ
ﺃﻛﻭﻥ ﻋَﻠﻰ َ ﻭﺃﻥ
ﻭﺍﻟﻁﺎﻟﺢ ،ﻭﺍﻟﺻﺩﻳﻖ ﻭﺍﻟﻌﺩﻭ.
ﺍﻟﻣﻬﻧَ ِﺔ ﺍﻟ ُ
ﻁﺑّﻳّﺔ ﻋﻠﱠ َﻣﻧﻲ ،ﻭﺃ ُ َ
ﻋﻠّ َﻡ َﻣﻥ ﻳَﺻﻐﺭﻧﻲ ،ﻭﺃﻛﻭﻥ ﺃﺧﺎ ً ِﻟ ُﻛ ِ ّﻝ َﺯﻣﻳ ٍﻝ ﻓﻲ ِ ﻭﺃﻥ ﺃ ُ َﻭﻗّ َﺭ َﻣﻥ َ
ﺍﻟﻣﺅﻣﻧﻳﻥ.
ِ ﻧَﻘﻳّﺔً ِﻣ ّﻣﺎ ﻳﺷﻳﻧ َﻬﺎ ﺗ َﺟﺎ َﻩ ﷲ َﻭ َﺭ ُ
ﺳﻭ ِﻟ ِﻪ َﻭ
ﺍﻟﻠﺟﻧﺔ
ﺍﻟﺮﺋﻴﺲ ﺡ .ﻏﻨﺎﻥ ﺍﻟﺴﻴﺪ
ﺃﺳﺘﺎﺫﺓ ﻓﻲ ﺟﺮﺍﺣﺔ ﺍﻟﺪﻣﺎﻍ ﻭﺍﻷﻋﺼﺎﺏ
ﺍﻟﻤﺸﺮﻑ ﺥ .ﺍﻋﻨﻴﺒﺔ ﺍﻟﺴﻴﺪ
ﺃﺳﺘﺎﺫ ﻣﺒﺮﺯ ﻓﻲ ﺟﺮﺍﺣﺔ ﺍﻟﺪﻣﺎﻍ ﻭﺍﻷﻋﺼﺎﺏ
ﻫـ .ﺟﻼﻝ ﺍﻟﺴﻴﺪ
ﺃﺳﺘﺎﺫ ﻣﺒﺮﺯ ﻓﻲ ﺍﻟﻄﺐ ﺍﻹﺷﻌﺎﻋﻲ
ﺍﻟﺤﻜﺎﻡ ﺕ .ﺍﺑﻮ ﺍﻟﺤﺴﻦ ﺍﻟﺴﻴﺪ
ﺃﺳﺘﺎﺫﺓ ﻣﺒﺮﺯ ﻓﻲ ﺍﻹﻧﻌﺎﺵ ﻭ ﺍﻟﺘﺨﺪﻳﺮ