Introduction
La loi de 1905, élabore l’un des principes fondamentale de la république Française, elle proclame
en premier lieu la liberté de conscience avec pour corollaire la liberté religieuse, la liberté d'exercice
du culte et la non-discrimination entre les religions.
Ce document est un extrait du discours de Jean Jaurès, prononcé au lycée des Castres le 30 juillet
1904, et publié dans le journal l’humanité le 2 août 1904. Jean Jaurès s’adresse dans son discours au
jeunes étudiant et au professeurs, la publication du discours dans le journal à une visée plus large
avec une volonté de s’adresser à la population Française. Derrière ces paroles Jaurès défend le
concept de laïcité, notamment au seins de l’école. Il promeut également l’égalité des chances, des
droits, la justice social ou encore la paix.
Pour revenir à l’auteur, Jean Jaurès était un homme politique et un intellectuel français, né le 3
septembre 1859 à Castres. Jaurès était député de la gauche républicaine socialiste à partir de 1885 et
il a fondé en 1902 le journal L'Humanité, organe du Parti socialiste français. Il était également un
fervent défenseur de la laïcité, il défend notamment la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de
l'état en France. Et milite pour que cette loi soit adoptée afin de mettre fin aux ingérences de l'église
dans les affaires politiques et de garantir la liberté de culte pour tous les citoyens . Les idées de
Jaurès étaient principalement axées autour de la justice sociale et l'égalité des droits. Il prônait la
réforme sociale et la démocratie comme moyen de transformer la société et de garantir le bien-être
de tous les citoyens. Il était également un pacifiste et a milité pour la paix.
Sur le contexte de l’époque, au moment de prononcé son discours en juillet 1904, la France était
marqué par une période de tensions politiques et sociales. C'était une époque de montée des
mouvements socialistes et ouvriers, de débats intenses sur les questions de justice sociale, de laïcité
et de réformes politiques. La question de la séparation de l’église et de l’état était au centre des
débats politique à ce moment.
L’extrait mis à disposition est quand à lui divisé en trois axes, dans un premier temps l’auteur nous
parle de sa conception de la laïcité et de sa volonté d’étendre cela à au seins de l’éducation
nationale. Puis dans le second paragraphe il défend ces idées en prenant un recul historique pour
appuyer ces propos. En ce basant par exemple sur la révolution Française ou encore la réforme
protestante. Dans son dernier paragraphe, il défend l’égalité des droits, des chances, et met au
devant de son projet le peuple ouvrier. Ces éléments nous permettent de dégager la problématique
suivante,
Quels sont les éléments ainsi que les changements politique et sociales que permet la laïcité ? /
Quels avancées politique permet le projet laïque en 1904 et dans quel continuité historique s’inscrit
t’il ?
Pour répondre à cela nous allons voir en quoi la laïcité permet de consolider la démocratie Française
sous la République. Puis voir la laïcité comme étant dans la poursuite d’un projet à la fois
humaniste et scientifique ancien.
Premièrement il faut analyser la définition de démocratie à laquelle se réfère l’auteur ligne 4, « la
démocratie n’est autre chose que l’égalité des droits ». Cette définition, donné par le révolutionnaire
Royer-Collard et à laquelle se réfère Jaurès met bien en avant la nécessité de lutter contre les
inégalités sociales et économiques, en promouvant la justice sociale. Sur la base de cette définition
l’auteur met en évidence sa conception de la laïcité, conception qui selon lui est synonyme de
démocratie , ligne 4 « il n’y a pas d’égalité des droits si l’attachement de tel ou tel citoyen à telle ou
telle croyance est pour lui une cause de privilège ou une cause de disgrâce ». Car en effet la laïcité
permet à chaque citoyen de participer pleinement à la vie publique, quelle que soit sa croyance
religieuse, sans craindre de discrimination ou de marginalisation. Ces discriminations et
marginalisation avaient déjà des conséquences à l’époque, surtout envers les minorités religieuse tel
que les Juifs, qui subissaient des discriminations à caractère antisémite, l’exemple de l’affaire
Dreyfus est intéressante pour illustrer cela. Jaurès précise donc clairement ligne 7 que, « Elle (la
laïcité) respecte, elle assure l’entièreté et nécessaire liberté de toutes les consciences, de toutes les
croyances ». Par ailleurs la laïcité permet l’indépendance politique en empêchant toute ingérence
religieuse dans les affaires publiques. Tout en garantissant que les décisions politiques sont prises en
fonction des intérêts et des valeurs démocratiques, plutôt que des dogmes religieux. Jaurès mis bien
en avant cet aspect dans discours, ligne 6 « dans aucun des actes de la vie civile, politique ou
sociale, la démocratie ne fait intervenir, légalement la question religieuse ». Ce qui n’était pas le cas
en France avant la séparation de l’église et de l’état, en effet avant 1905 l'église catholique avait un
rôle prépondérant dans l'éducation en France. De nombreuses écoles étaient dirigées par des
congrégations religieuses et l'enseignement était souvent dispensé selon les principes de la foi
catholique.
Si pour l’auteur la démocratie correspond à l’égalité des droits et que la laïcité va de pair avec celle
ci, il est alors primordial selon lui d’élargir le projet laïque (et donc démocratique) à ce qu’il
désigne ligne 11 comme étant, « l’institution la plus essentielle », c’est à dire l’école. L’école à ce
moment était comme indiqué ci dessus fortement influencé par l’église catholique cela pouvait
entraîner des inégalités en termes d'accès à l'éducation pour les familles non-catholiques ou non
pratiquantes. Par ailleurs avant 1905, l'école en France était marquée par de fortes inégalités
sociales. Jaurès fait référence ligne 33 à « deux systèmes d’enseignement comme entre deux camps
ennemis ». Car en effet l'accès à l'éducation était souvent réservé aux classes sociales aisées, tandis
que la classe ouvrière et les familles défavorisées avaient moins d'opportunités d'instruire leurs
enfants. Les enfants des milieux populaires étaient souvent contraints de travailler dès leur plus
jeune âge pour contribuer aux revenus familiaux. C’est pour faire face à ces problèmes que Jaurès
proposent l’école laïque, ligne 38 « Ouvriers de la France républicaine, vous ne préparerez l’avenir,
vous n’affranchirez votre classe que par l’école laïque, par l’école de la république et de la raison ».
Ces éléments sont également à mettre en parallèle avec le bord politique de Jaurès, qui était
membre de la gauche républicaine socialiste. D’où l’importance qu’il accorde à la justice sociale et
à une conception égalitaire de la démocratie et de la laïcité qui consolideraient la république
Française.
Nous avons donc vu en quoi la laïcité permet l’égalité des droits, la liberté de cultes ainsi que
l’indépendance politique de l’état et protège ainsi la démocratie Française. Nous allons désormais
voir en quoi la laïcité s’inscrit dans une certaine continuité historique, à la fois humaniste et
scientifique ancien.