I
0. INTRODUCTION GENERALE
0.1. PRESENTATION DU SUJET
Au terme de notre cycle de licence en Sciences Economiques et de
Gestion, nous nous sommes proposés d'orienter notre recherche sur les
entreprises publiques face à un environnement concurrentiel, cas de la
société nationale d’assurance.
L'économie moderne repose en grande partie sur l'entreprise et celle-ci
peut être publique ou privée, de moyenne ou petite taille toutes utilisent
des ressources matérielles, humaines et financières. Elles ont comme
objet la production, l'échange et la répartition du revenu sans oublier la
consommation des biens et services susceptibles des satisfaire les besoins
et cela dans le but lucratif.
Par ailleurs, par l'industrialisation ce monde connait une production élevée
des biens manufacturés et des services. Plusieurs produits homogènes
sont mis sur le marché pour créer un environnement économique très
concurrent.
Les produits et services proposés sont semblables et arrivent à satisfaire
les mêmes besoins tout en présentant les mêmes avantages.
Dans cette situation toute entreprise doit adopter une politique
concurrentielle pour arriver à conserver ou à accroitre sa part de marché
et recourir à des stratégies marketing qui lui permettront de se
positionner, d'être compétitive dans l'environnement où elle évolue.
De ce qui précède, comme la concurrence s'intensifie d'année en année
nous nous proposons d'étudier et de comprendre les entreprises publiques
face à un environnement concurrentiel, cas de la société nationale
d’assurance.
0.2. ETAT DE LA QUESTION
Tout chercheur qui s'engage dans une étude scientifique est appelé à
prendre connaissance des résultats de ses prédécesseurs ayant abordé les
sujets analogues en vue de ressortir l'originalité de son propre sujet.
Ainsi, faire un état de la question signifie qu'il faut chercher, montrer,
expliquer comment d'autres chercheurs ont posé, décomposé ou
solutionné un problème semblable sous d'autres cieux.
Pour KITABA KYA GHOANYS, l'état de la question est un retour en revue
des littératures qui ont existé de près ou de loin et dont l'objectif et
d'éviter le plagiat.1
1
KITABA KYA GHONYS, Cours des méthodes de la recherche scientifique, G2 FASEG, UK, Mbanza-Ngungu 2015-2016, inédit
II
BALLEY GULLER soutient que la lecture d'ouvrages des chercheurs permet
de présenter leurs pensées, d'apprécier les difficultés qu'ils sont
rencontrés et les moyens qu'ils ont utilisés pour les surmonter et de saisir
l'originalité de leur contribution et des lacunes qu'un autre chercheur
devra combler. Elle permet en outre d'utiliser les résultats déjà acquis afin
que la recherche à entreprendre soit mieux faite et plus utiles 2.
Notre sujet a déjà fait l'objet d'études et de recherche, de plusieurs
auteurs, chacun d'entre eux l'a exploité à son gré, c'est-à-dire selon ses
capacités et sa compétence. Chacun des auteurs que nous avons
consultés a abordé l'analyse des remèdes scientifiques des entreprises
dans un contexte différent, de ces chercheurs nous pouvons citer :
- Jason KITENDA BAKONGO Versy dans son étude intitulée
« La concurrence et ses implications sur la sensibilité d'une
entreprise publique » note que la concurrence est un
instrument de marketing. Il semble persuadé que la prospérité
sera constatée dans l'entreprise au moment où la mise en
implication totale de la concurrence interne des produits sera
effective3. En ce qui nous concerne dans ce travail, notre
préoccupation sera les entreprises publiques face à la
concurrence pour qu'il puisse contribuer à la maximisation des
recettes au sein d'une entreprise ;
- Providence MBUTU KANGALU dans son travail portant sur
« L'analyse de la promotion des produits brassicoles sur le
marché concurrentiel » en prenant pour cas d'étude la
Bralima. Dans cette étude l'auteur a démontré que la Bralima
recourt à la promotion de ses produits. Cette promotion ne
produit pas d'effets escomptés pour la simple raison que son
chiffre d'affaires n'évolue pas alors que la demande reste
supérieure à l'offre. Sa promotion intervient très souvent
quand ses stocks sont pleins 4. Quant à nous, nous mettons en
place les éléments déterminants les efforts produits dans la
concurrence dans une entreprise ;
- Un autre travail s'est attelé sur « L'impact de la concurrence
sur la politique commerciale d'une entreprise de production de
boissons gazeuses ». Tel est l'objet d'étude de Véronique
BATOLA BALANGIDILA. Cet auteur a affirmé que la lutte
concurrentielle est accrue, l'accessibilité des produits et des
services concurrents devient plus grande, les exigences en
matière de qualité et de services du consommateur
augmentent. Ce dernier achète de plus en plus en fonction de
2
BALLEY G., La recherche en sciences humaines, éd. Universitaire, Paris 1970, p. 33
3
Jason KITENDA BAKONGO Versy ; La concurrence et ses implications sur la sensibilité d'une entreprise publique, mémoire
L2 UK/ Mbanza-Ngungu 2017-2018, Inédit
4
Providence MBUTU KANGALU ; L'analyse de la promotion des produits Bralima sur le marché concurrentiel, TFC
G3 Economie/ UNIMAT MATADI 2022 - 2023, Inédit
III
valeur qu'il perçoit de l'offre 5. Par contre en ce qui nous
concerne nous avons mené l'étude sur les entreprises
publiques face à la concurrence;
- Pour Ornella MPOLO qui a étudié « l'impact de la
concurrence sur le volume des ventes dans une entreprise
industrielle », il est arrivé à la conclusion que les volumes des
ventes de la Bracongo avaient diminuée de -16.96% pour la
Castel et de - 45.85% pour la Skol et que le même volume des
ventes au contraire a augmenté de + 16.02% pour la Doppel
et de + 2.9% pour l’Energie Malt6.
- Quant à Dilan EVAN BATOLA, son travail apporté sur l'impact
d'un nouveau produit face à la concurrence interne au sein
d'une entreprise, cet auteur soutient que l'entreprise sera
amenée à différencier ses produits de ceux existant déjà sur le
marché, une telle concurrence leur affecte une place
particulière sur le marché7. De notre part nous démontrerons
la bataille de services de la société nationale d’assurances et
leur concurrence.
Etant donné que nos prédécesseurs ont réfléchi d'une manière ou d'une
autre sur la concurrence, en ce qui concerne notre travail, nous voulons
aussi contribuer à l'épanouissement scientifique minime soit-elle à faire
monter les entreprises publiques face à la conscience.
A cela, nous voulons évaluer cela à travers les services de la SONAS qui
nous permettra à bien mener des recherches et en tirer des conclusions.
Au regard de ses conclusions et en ce qui nous concerne dans ce travail
notre préoccupation repose les entreprises publiques face à la
concurrence.
0.3. PROBLEMATIQUE
La concurrence est la rivalité entre plusieurs agents économiques pour
acquérir des parts de marché sur un même marché, en vendant des biens
et services identiques ou similaires. La concurrence est ainsi une
compétition entre des producteurs, d'ordinaire des entreprises, pour
capter la demande émanant des consommateurs.
Pour agir en concurrent, un agent doit disposer de la liberté
d'entreprendre et de la possibilité d'offrir ou demander une ressource rare
et excluable au sens économique, par exemple une ressource naturelle,
5
Véronique BATOLA BALANGIDILA ; Impact de la promotion des produits sur la politique commerciale d'une entreprise de
production de boisson gazeuses, TFC, UNIMAT/ MATADI 2023- 2024, Inédit
6
Ornella MPOLO ; Impact de la concurrence sur le volume des ventes dans une entreprise industrielle, TFC/ UNIFA MATADI,
2023 - 2024, Inédit
7
Dilan EVAN BATOLA ; Impact d'un nouveau produit face à la concurrence au sein d'une entreprise cas de Turbo de la
Bralima, TFC UNIMAT/ MATADI, 2022 - 2023
IV
un bien ou service, du capital, du travail, ou de la connaissance. La
politique de la concurrence vise à assurer le maintien de conditions
permettant la concurrence sur les marchés8.
La concurrence est la mise en compétition d'agents économiques en vue
de la fourniture de biens et de services sur un marché. La concurrence
renvoie ainsi à une rivalité dans la conduite d'affaires commerciales. Un
marché peut être plus ou moins concurrentiel selon que les agents
économiques sont plus ou moins libres d'y entrer et de produire et vendre
des biens9.
La concurrence fait l'objet d'une politique dédiée, qui est la politique de la
concurrence, et dont l'objectif est d'assurer que les marchés soient
structurés et organisés de telle manière qu'ils n'empêchent pas de
nouvelles entreprises de produire ou des entreprises déjà installées d'être
injustement bloquées dans leurs activités.
Cela pousse les entreprises à adapter en permanence leurs
produits/services aux attentes actuelles et futures de leurs clients. Elle les
pousse à innover, au sens de Joseph Aloïs Schumpeter 10, et à chercher à
réduire les coûts. La concurrence étant le plus souvent imparfaite, elle les
pousse à adopter diverses stratégies pour tirer au mieux leur épingle du
jeu. Mais les entreprises sont aussi des formes alternatives au marché qui
remplacent la concurrence par le contrat ou la hiérarchie.
L’existence d’une forme de concurrence, même imparfaite, crée pour les
entreprises, quelle que soit leur taille, une situation de compétition vis-à-
vis de leurs concurrentes qui les incitent à une recherche permanente
d’une meilleure efficacité économique, de produits novateurs capables de
maintenir ou d’augmenter leurs parts de marché, et d’augmenter leur taux
de marge.
De nombreuses études empiriques ont étudié le niveau de rendement des
investissements des entreprises en fonction du degré de concentration
des marchés c'est-à-dire de la faiblesse de la concurrence. Ses études
montrent que la profitabilité des entreprises et leur concentration se
seraient que faiblement corrélées. Il sied de noter que si un monopole fait
des profits, il doit exister des entreprises voulant entrant sur le marché
pour prendre une partie de ces profits en vendant un peu plus et moins
cher que le monopole en place.
Cependant, l'analyse en termes de la concurrence conduit à un double
effet sur le prix d'un produit. Premièrement, la hausse du prix provoque à
la fois une hausse du profit de l'entreprise, mais aussi une diminution de la
production. Deuxièmement, la réduction des volumes produits suscite une
réduction nette de richesse pour les producteurs.
8
[Link] (Consulté le 19 Mars 2025 à 12h03)
9
Jason KITENDA B., (2025), Analyse Micro économique 2, Notes des cours dispensées en 2ème Licence Économie LMD,
UNIMAT MATADI, p. 54
10
Idem, p. 58
V
Au regard de ce qui précède, notre préoccupation dans le travail tourne
autour de questions suivantes :
- De quoi dépend la pression concurrentielle ?
- Comment une entreprise œuvrant sur un marché où existe une
concurrence peut garantir sa position ?
0.4. HYPOTHESES
Selon G. TURNER ; l'hypothèse est définie comme étant « la proposition
des réponses aux questions que l'on se pose à propos de l'objet de
recherche. Elle sert de fil conducteur au chercheur dans une recherche 11.
Toute question qu'on doit se poser mérite une proposition de réponse à
propos de l'objet de recherche.
L'hypothèse est l'ensemble des réponses provisoires aux questions de la
problématique, lesquelles seront confirmées ou infirmées après descente
sur terrain12. Le chercheur est appelé à faire une analyse et une
observation afin d'être fixé sur la réalité sur terrain.
Elle est définie par le professeur PIEL Jean de l'Université de Louvain
comme étant « une idée directrice, une tentative d'explication des faits,
formulées au début de la recherche, destiné à guider les investigations et
à être abandonnée ou maintenue d'après les résultats de l'observation 13.
Nous réservons quelques réponses provisoires aux questions que nous
nous sommes posées au niveau de la problématique, et celles-ci seront
pour nous une ligne conductrice.
Dans un marché la pression concurrentielle dépendrait de l'ampleur
des coûts fixes et de la crédibilité de la menace de guerre des prix ;
La contrainte d'une entreprise à des efforts d'innovation garantirait
sa position sur un marché où existe une concurrence interne.
0.5. OBJECTIF DE LA RECHERCHE
Le présent travail de fin du second cycle poursuit un seul but, qui est celui
de montrer la concurrence que vivent les entreprises publiques sur les
machés.
En outre, l'objectif global est de vérifier si réellement la Sonas est dans un
marché concurrentiel et que ce dernier est obligé de présenter les
nouvelles stratégies pour rester compétitive sur le marché de l'économie
congolaise.
11
TUENER.G., Méthodes en sciences sociales, PUF, Paris 1968, p. 19
12
G.G. MUEPU KUAMBA ; Méthodes de recherche scientifique et document, Cours de G 2 + G3 Info, UPC Kinshasa 2015 -
2016, p. 15, Inédit
13
PEIL. J. cité par MUZIMBA SINAWAZO ; Séminaire de recherche guidé, G2 SPA UNIKIN 1996, p. 6
VI
0.6. CHOIX ET INTERET DU SUJET
La préoccupation de tout homme de science est de voir sa formation
atteindre le niveau de son rêve et contenir les éléments nécessaires d'un
véritable bagage intellectuel pouvant l'amener à un équilibre.
Le choix et intérêt, nous dit SHOMBA KINYAMBA sont la première de chose
que doit faire quiconque veut s'engager dans une recherche scientifique 14.
Au demeurant, pour ce qui est de ce sujet, le choix et intérêt sont motivés
par plusieurs raisons, notamment la comparaison entre l'homme étant
cellule biologique, et l'entreprise qui est une celle économique,
l'expérience personnelle, la discipline dont relève l'étude en question ;
somme toute, nous pouvons retenir, qu'ils sont justifiés par un triple
intérêt ; personnel, social et scientifique.
b. Intérêt personnel
Sur le plan individuel, le choix de ce sujet n'est pas un fait du hasard, il est
motivé par le souci d'un grand expert en économie publique, nous devons
nous imprégner de tous les outils qui contribuent et développent à cette
discipline récente et complexe ainsi qu'à la bonne santé des entreprises.
C'est ainsi que cette étude est le fruit de notre curiosité et notre souci de
maintenir l'existence de l'entreprise.
c. Intérêt social
Sur le plan social, nous sommes stimulés par le fait qu'un dirigeant ou le
manager, doit comprendre clairement la relation existante entre
l'entreprise et son environnement. Dans le cadre de ce travail notre étude
présente une importance de grande envergure. En ce sens que les fruits
de recherche permettront aux responsables d'entreprises dont la
concurrence relèvent de leurs compétences de découvrir le bien fondé et
la maitrise de cette pratique.
d. Intérêt scientifique
Ce sujet nous a permis à travers nos investigations de mettre en pratique
toutes les théories apprises et acquises tout au long de notre formation en
économie publique. Par conséquent notre étude sera une prolongation
pour les autres chercheurs qui aborderont l'un des aspects absents dans
ce travail car notre but est de contribuer à l'édifice scientifique avec nos
connaissances.
0.7. METHODES ET TECHIQUES
0.7.1. Méthodes
14
SHOMBA KINYAMBA, Manuel de sociologie générale, éd. Africa, Kinshasa 2015, p. 21
VII
La méthode est définie comme l'ensemble des opérations intellectuelles
par lesquelles une discipline cherche à étudier les vérités qu'elle poursuit,
les démontres et les vérifier.15
Comme l'explique le chef de travaux Jason KITENDA BAKONGO que
méthode renvoi en fin à une tentative d'explication. C'est-à-dire que la
méthode consiste en un schéma explicatif de l'objet. 16
En ce qui concerne notre travail, nous avons recourus à la :
- Méthode structuro-fonctionnalisme est celle qui nous parait
efficace. La méthode structuro-fonctionnalisme consistera à
l'analyse ;
- La méthode structurelle doublée d'une approche systémique
afin de bien appréhender l'essentiel des théories de la concurrence,
entreprise ;
- Méthode historique qui, d'ailleurs nous a facilité la saisie du degré
de la concurrence de la Sonas de 2020 à 2024 sans toutefois passer
sous silence sa grande contribution pour l'élaboration de l'histoire de
notre terrain d'enquête.
0.7.2. Techniques
Pour des raisons d'économie de temps, nous nous limitons seulement à
donner la définition proposée par Roger PINTO et Madeleine GRAWITZ en
ces termes : « la technique c'est un moyen d'atteindre un but mais elle se
situe au niveau de faits ou des étapes intellectuelles.
Les dispositions ne sont donc que des outils mis à la disposition de la
recherche et organises par la méthode dans ce but » 17.
Ceci étant, nous nous sommes servis des techniques ci-après :
-
La technique documentaire (observation documentaire) :
consiste à étudier et analyser les documents pour avoir des
informations sur les faits ou les phénomènes que l'on étudie ». On
distingue deux catégories de documents : documents écrits et les
documents nos écrits18.
Nous avons mis l'accent sur les documents écrit qui comprennent : les
documents officiels (statistiques, archives publiques, correspondances
administratives, actes d'état civil, archives judiciaires, débats des
assemblées, etc.) les documents rendus publics
15
MULUMBATI. N, Introduction à la science politique, aux éditions Africa, Kinshasa, Lubumbashi, 1977.p.24
16
Jason KITENDA B., Syllabus de cours des méthodes des sciences sociales, L1 droit, UNIMAT, 2024-2025, p.13
17
PINTO.R, et GRAWTZ, M, Méthode des sciences sociales, 4é édition, Paris, Dalloz, p 289
18
MULUMBATI.N, Manuel de sociologie générale, aux éditions Africa, collection savoir et connaître, Lubumbashi, 2001,
p.26
VIII
- Le questionnaire par entretien (l'interview directe) définie
comme : « une technique qui a pour but d'organiser un rapport de
communication verbale entre deux personnes, l'enquêteur et
l'enquêté afin de permettre à l'enquêteur de recueillir certaines
informations de l'enquête concernant un objet précis » 19.
0.8. DELIMITATION DU SUJET
Du point de vue spatial, notre champ d'investigation est la Société
National d’Assurance.
Du point de vue temporel, notre période d'examen va de 2020 à 2024. Le
choix de cette époque nous est motivé par le souci d'étendre l'espace
temporel d'au moins 5 ans afin d'avoir des tendances fiables pouvant nous
permettre de faire une analyse significative.
0.9. PRESENTATION SOMMAIRE DU TRAVAIL
En dehors de l'introduction et de la conclusion générale, notre travail
comporte trois chapitres dont :
- Le premier chapitre qui porte sur les notions théoriques ; nous
permet de nous pencher sur les explications des quelques concepts
clefs de notre étude afin de nous faire une idée plus ou moins
précise sur les notions telles que : entreprises, la concurrence, la
notion d’assurance que nous allons utiliser au cours de notre travail.
- Le deuxième chapitre est consacré à la présentation du cadre
d’étude ;
- Enfin le dernier chapitre analyse l’environnement concurrentiel du
secteur d’assurance dans la ville de Matadi.
19
ALBERT, B, Les méthodes des sciences sociales, Paris, éd, Montchrestien,1972, p207
IX
1
CHAPITRE I : NOTIONS THEORIQUES DE L’ETUDE
Pour mieux comprendre en profondeur notre travail, nous allons dans ce
premier chapitre nous pencher sur les explications des quelques concepts
ayant trait à notre travail afin de nous faire une idée plus ou moins précise
sur les notions telles que l’entreprise, la concurrence, le secteur
d’assurance et tant d'autres que nous allons utiliser au cours de notre
travail.
1.1. Notions sur l’entreprises
1.1.1. Définitions
L'entreprise est une entité économique où participe plusieurs groupes
d'intérêts ayant des objectifs et motivations propres et distincts variant
selon les groupes et les prestations20.
L'entreprise est une cellule économique où sont combinées l'initiative et la
responsabilité de l'entrepreneur. Les facteurs nature, travail et capital
favorisent la production des biens et services dans un but de lucre 21.
L'entreprise étant une unité économique, utilisent différents moyens des
biens et services pour les vendre. De la vente, elle tire un profit ou un
bénéfice qui lui permet de continuer à vivre et à se développer 22.
Partant de ces définitions, nous dirons que l'entreprise est une unité
économique qui se caractérise par un patrimoine propre, une exploitation
et une organisation autonome.
1.1.2. Rôle de l'entreprise
L'entreprise joue trois rôles à savoir :
- Economique : L'entreprise est un agent de production des produits
pour le marché en satisfaisant le besoin des consommateurs. Le rôle
économique satisfait les besoins de la clientèle par la qualité des
marchandises et des prix ;
- Social : L'entreprise distribue des revenus. Elle verse des salaires au
personnel, des impôts à l'État, des dividendes aux actionnaires, et
elle construit des écoles et des centres de santé. Le rôle social
consiste à chercher l'amélioration des conditions morales et
matérielles des agents qui y œuvrent pour le fonctionnement de
l'entreprise.
20
KRUGER A., FERRANDI J-M, INGARAO A., CARPENTIER L., Mini manuel de Marketing, Dunod, 2010, Bruxelles, p.15
21
LENDREVIE et LINDON, Mercator, Théorie et Pratique du Marketing, Dalloz, 7ème édition, Paris, 2003, p.274
22
Kotler Philip et Dubois Bernard : Marketing Management, 9ème édition, Publi-Union, Paris 1997
2
- Financier : L'entreprise est une chaîne dans le circuit économique.
Pour jouer son rôle, elle doit disposer des moyens 23. Le rôle financier
assure la rentabilité de l'entreprise à son équilibre financier 24.
1.1.3. Objectif
L'entreprise est une unité de production qui a pour objectif, la vente des
biens et services sur le marché en vue de réaliser un profit 25.
1.1.4. But
Le but de l'entreprise est de combiner les facteurs de production en vue
d'obtenir un produit qu'elle écoulera sur le marché, elle a pour but de
maximiser son profit.
1.1.5. Formes d'entreprises
L'acte uniforme OHADA reconnait quatre formes des sociétés
commerciales :
A) Société Anonyme
L'article 385 de l'acte uniforme OHADA définit la S.A (société anonyme)
comme une société dans laquelle les associés, appelés actionnaires, ne
sont responsables des dettes sociales qu'à concurrence de leurs apports.
Les droits des actionnaires y sont représentés par des titres appelés «
actions ». La S.A. peut être co9nstituée par un seul actionnaire.
La S.A. est désignée par une dénomination sociale qui doit être
immédiatement précédée ou suivie des mots « Société Anonyme » ou du
sigle « S.A. », et du mode d'administration de la société à savoir : S.A.
avec Conseil d'Administration; S.A. avec Administration Général 26.
B) Société à Responsabilité Limitée (S.A.R.L)
Ici, les associés ne sont responsables de dettes sociales qu'à concurrence
de leurs apports. En outre, leurs droits sont représentés par des parts
sociales.
C) Société en Nom Collectif (S.N.C)
Elle est constituée par deux ou plusieurs commerçants pour faire le
commerce sous une raison sociale. Dans cette société, tous les associés
23
AUDIGIER G, Marketing et action commerciale, 4ème Ed. Paris 2005, p 13
24
[Link] en ligne, consulté le 05/04/2016
25
Kotler, P. et Dubois, B., Marketing management, 10ème édition, Publi-union, Paris, p 59
26
MATHIEU, J-P et ROEHRICH, G. : Les Représentations et Tendances du Marketing au-travers de ses
définitions», Communication, 3èmeCongrès "Tendances du Marketing", Venise, Italie, Novembre 2003, p3
3
sont définitivement et solidairement et responsables des dettes de la
société.
D) Société en Commandite Simple
Elle est constituée par deux personnes au moins, elle a deux catégories
d'associés : les commandité ou commerçants et les commanditaires ou
associés27.
1.1.6. Classification des Entreprises
L'entreprise est une structure productive qui crée des biens et services
marchands. Elle est aussi un groupement humain qui cherche à mettre en
évidence le rôle des hommes dans son fonctionnement. Elle est par
ailleurs, une organisation qui interagit avec son environnement.
Enfin, chaque entreprise a une culture, une identité et une image. Ces
différents points correspondent à la diversité des conceptions des
entreprises.
Les entreprises sont classées sous divers critères notamment d'après leur
nature juridique, d'après leur taille ou dimension et d'après leur domaine
d'activité.
1. D'après leur nature juridique : On distingue dans ce cadre, les
entreprises privées, les entreprises publiques et les entreprises
mixtes.
o Les Entreprises privées : Sont celles qui appartiennent à
des particuliers ou celles dont la propriété est d'une seule ou
plusieurs personnes physiques ou morales. Et il peut s'agir
d'entreprises individuelles (propriété d'un individu) ; des
entreprises sociétaires qui réunissent les apports des capitaux
de plusieurs milieux (actionnaires des sociétés anonymes).
o Les Entreprises publiques : Ce sont celles qui
appartiennent en totalité à l'État, l'entreprise publique est à
l'inverse de celle du droit privé, constituée des capitaux
émanant de personnes morales de droit public. Elles
représentent l'instrument par lequel les pouvoirs publics
interviennent sur le marché et sortent ainsi de leur neutralité
légendaire.28
27
KIYANA MWEHU, M., Diagnostic marketing-mix dans une entreprise commerciale. (Cas du magasin CHAVIZA), Mémoire
de licence en MAFID, UNIC, Likasi, Avril 1997
28
TSHINKOBO B.M., Problématique de la redynamisation de la librairie Sainte Thérèse/Likasi, TFC en MAFID, UNIC, Likasi,
1996-1997
4
Dans l'article 2 de la loi n°78/002 du mois de janvier 1978, le législateur
congolais définit l'entreprise publique comme tout établissement qui,
quelle que soit sa nature :
- Est créée et contrôlée par le pouvoir public pour remplir une tâche
d'intérêt général ;
- Est créée à l'initiative des personnes morales de droit public entre
elles pour l'exploitation en commun d'un service ou d'une activité
donnée ;
- Est créée à l'initiative des pouvoirs publics en association avec les
personnes morales de droit public pour l'exploitation en commun
d'un service ou d'une activité donnée.
[Link].Les caractéristiques et Rôles de l'Entreprise
publique
L'entreprise publique peut être considérée, comme le disait le Président
Roosevelt dans un message adressé au congrès américain en 1933,
comme une institution placée sous l'autorité du gouvernement mais
comportant la souplesse d'une entreprise privée.
Cette idée résume le double caractère d'une entreprise qui est une unité
juridique, économique et financière affectée à la production des biens et
des services à caractère économique et placée suivant des modalités
divers sous l'autorité de l'Etat ou des autres personnes.
[Link].1. Caractéristique
Les entreprises publiques sont du domaine de l'Etat, l'Etat est pour ce
genre d'entreprises, actionnaire principal dont la mission naturelle est
celle de permettre la croissance économique et le bienêtre social de sa
population.29 Elle peut s'attendre à cet effet, comme une institution dotée
de la personnalité juridique et de l'autonomie financière relevant du
secteur public et exerçant une activité industrielle et commerciale.
Nous pouvons à notre niveau, dire que l'entreprise publique, est une
entreprise sur laquelle les pouvoirs publics exercent directement ou
indirectement une influence dominante, du fait de la propriété, de la
participation financière, ou des règles qui la régissent. A condition qu'il ait
une personnalité juridique, ou qu'elle ait un but lucratif.
Les entreprises publiques se distinguent d'un pays à l'autre par rapport à
leurs missions et à leurs cadres juridiques. Mais, dans leur ensemble, elles
prestent toutes pour des raisons des services d'intérêt général.
Il existe deux manières de créer une entreprise publique :
29
Roland Pérez, La responsabilité sociale de l'entreprise, éd. Repères, Paris, 1995, pp24-33
5
- Elle peut être directement créée par l'Etat ou par ses
démembrements ;
- Elle peut rentrer dans le secteur public par le biais d'une
nationalisation. La plupart des entreprises publiques ont été créées
à l'occasion, notamment, des deux grandes vagues de
nationalisations qui ont eu lieu à la seconde guerre mondiale. Bien
qu'arrivé à partir des années 1990, en passant par 2005 à nos jours,
beaucoup d'entreprises publiques ont été privatisées. Cependant, le
secteur public comporte encore un grand nombre d'institutions.
Il est nécessaire de savoir précisément ce que l'on tend par entreprise
publique, car cette dernière est dotée d'une organisation et d'un régime
particuliers.
Pour bénéficier de l'appellation « entreprise publique», on doit pouvoir
réunir trois conditions :
1. Elle doit exercer une activité industrielle et commerciale ;
2. Il est nécessaire que l'institution soit dotée de la personnalité
juridique, qui lui attribue une certaine autonomie par rapport à
l'Etat, et qui délimite la spécialité de sa fonction. La personnalité
juridique peut aussi être de nature privée. L'entreprise publique
adopte ainsi la forme de société commerciale de droit commun,
généralement de société anonyme.
3. Une entreprise, pour être publique, doit appartenir au secteur public.
Elle doit avoir un lien avec l'Etat, lien qui se manifeste par la
propriété du capital. Il faut que le capital soit au moins
majoritairement détenu par l'Etat.
Comme évoqué plus haut, les entreprises publiques adoptent deux formes
statutaires : la société commerciale et l'établissement public. Un grand
nombre de conséquences pratiques en découlent. Par exemple, un
établissement public n'est pas doté de capital, ce qui l'empêche de
procéder à des échanges de participations croisées.
[Link].2. Rôle de l'Entreprise publique
Il est donc important de leur offrir les meilleures conditions possibles pour
qu'elles puissent réaliser leurs objectifs ; la meilleure valeur concevable
des services d'intérêt général. Pour réaliser les objectifs de la Stratégie de
l'économie nationale, c'est-à-dire la croissance, les aspects sociaux et
ceux de l'emploi ainsi que la protection de l'environnement, tous les pays
du monde ont besoin d'infrastructures de grande qualité qui fonctionnent
bien et des services d'intérêt général prestés largement par ces
entreprises.
Les nouveaux emplois sont créés, de plus en plus, dans les petites et
moyennes entreprises, par exemple dans des secteurs comme le
tourisme. Très souvent cela se fait dans les entreprises publiques. Il faudra
6
donc reconnaître et promouvoir le rôle et l'utilité publique des entreprises
publiques au niveau nationale ou international.
A ce titre, les organisations publiques ou entreprises publiques ont pour
finalité la satisfaction du besoin publique du développement, exemple :
- Éducation, santé et justice, logement, nourriture etc.
Autrement dit, l'entreprise publique résout les problèmes socio-
économiques dont les privées ne peuvent pas se charger. En fin, la finalité
d'une entreprise publique est d'assurer le bon fonctionnement des
services d'intérêt général.
[Link].3. Le contrôle externe des entreprises
publiques
Des organes de contrôle externe des entreprises publiques sont prévus. Il
existe une multiplicité de contrôles. Tout d'abord, les entreprises
publiques sont soumises au contrôle des ministres de tutelle. Ensuite,
contrairement aux entreprises privées, le contrôle est effectué par le
président de la cours des comptes (art. L. 133-1 code des juridictions
financière) Enfin, le parlement lui-même peut procéder à un contrôle des
entreprises publiques. Au sein de chaque assemblée, peuvent être
constituées des commissions de contrôles qui ont pour fonction de
collecter des informations et de rédiger un rapport. Cette procédure a été
utilisée notamment à la suite des problèmes financiers du crédit Lyonnais.
[Link].4. Le personnel des entreprises publiques
Les personnels des entreprises publiques sont, en principe, soumis aux
règles du Code du travail : ils ne sont donc pas fonctionnaires. Il existe,
cependant, de nombreuses exceptions. Les dirigeants nommés à la
discrétion du gouvernement sont généralement qualifiés d'agents publics.
[Link].5. Les contrats des entreprises publiques
Les contrats conclus par les entreprises publiques ne sont pas, en principe,
soumis aux procédures de passation que les sociétés privées : il n'existe
aucune exigence de mise en concurrence et aucune contrainte pour le
choix du cocontractant.
Ce principe comporte des exceptions. D'une part, les entreprises publiques
locales sont soumises au code des marchés publics. D'autre part, le droit
communautaire a exigé, pour certains secteurs (télécommunication,
transports, énergie et eau), appelés « secteurs spéciaux », la mise en
oeuvre d'une procédure de mise en concurrence au niveau
communautaire.
[Link].6. Les biens des entreprises publiques
7
Sauf hypothèses particulières, comme celle de la concession, l'entreprise
est propriétaire des biens qu'elle utilise. En principe, lorsque l'entreprise
publique est dotée d'une personnalité juridique privée (société
commerciale), elle ne peut être propriétaire de dépendances du domaine
public. Seuls les établissements publics peuvent disposer de biens
dépendant du domaine public, mais ce ne sera pas toujours le cas.
o Les Entreprises mixtes : Sont celles qui ont un capital
mixte, l'État et le secteur privé, en d'autres termes les
entreprises mixtes sont des personnes morales mixtes, car,
elles associent des capitaux privés et des capitaux publics
lorsqu'elles ont un objet industriel ou commercial ou
lorsqu'elles optent pour l'une des cinq formes des associés
commerciales prévues par la loi ; elles sont régies non pas par
la loi n°78/002 du 06 janvier 1978 sur les entreprises, mais par
le décret du 27 février 1887 sur les sociétés commerciales.
Elles regroupent plusieurs associés (dont l'État ou une
personne morale de droit public). Les associés se réunissent
en assemblée générale, le pouvoir public étant représenté par
un délégué ou mandataire (administrateur et commissaire aux
comptes).
Ainsi, les entreprises mixtes que l'on appelle aussi « société d'économie
mixte », fonctionnement de la même manière que les entreprises privées
au sens strict ; leur seule originalité réside dans la participation des
pouvoirs publics se trouvant en position d'associés au même titre que les
pouvoirs privés et ayant les mêmes prérogatives (droits d'information,
droits aux bénéfices) et les mêmes obligations (réalisation complète des
apports promis pour libérer les actions ou parts sociales souscrites,
contributions aux pertes).
Reconnaissance de quelques avantages particuliers, car l'État n'est pas un
associé tout à fait comme les autres comme semble implicitement
l'attester l'ordonnance-loi n°78-012 du 29 mars 1978 portant
réglementation du paiement des dividendes.
Cela n'exclut toutefois pas la revenant à l'État dans les sociétés mixtes ;
obligations de payer les dividendes dans les soixantièmes jours qui suivent
le dépôt du bilan.
2. D'après leur taille ou dimension : Le classement des entreprises
selon leur taille ou dimension s'avère indispensable dans la mesure
où le choix des indicateurs tels que les effectifs des employés, le
chiffre d'affaire ainsi que les capitaux propres sont utilisés pour
établir une hiérarchie des entreprises. 30 On distingue les petites et
moyennes entreprises ainsi que les grandes entreprises.
30
KAFUMB NAWEJ, B. La problématique de la gestion d'une ferme agro-pastorale et sa promotion face à la concurrence
entrepreneuriale, Mémoire, UNIC-LIKASI, 2001-2012
8
o Les petites et moyennes entreprises : La définition des
PME est une notion difficile à cerner. Cela revient à dire qu'il a
multiplicité des définitions des PME. Pour résoudre ce
problème, chaque pays définit de sa façon une petite et
moyenne entreprise, selon les critères spécifiques qui lui sont
propres. Les uns la définissent selon la qualité, les autres selon
la quantité31.
- Selon la qualité
Suivant la qualité les P.M.E. privilégient soit le degré de propriété, de la
dépendance ou de l'indépendance. En ce qui concerne le genre de
propriété et le degré de dépendance, les P.M.E. sont celles qui
appartiennent et sont gérées par une seule personne indépendante qui
n'occupe pas une place prédominante dans son secteur d'activités. Elle a
des contacts directs et permanents avec son personnel.
- Selon la quantité
Suivant la quantité, elles se basent sur les critères tels que : le chiffre
d'affaire, le nombre des salariés, l'importance de l'outillage, la technologie
en place. Pour les pays d'Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP), au sens le
plus large du terme, les P.M.E. englobent les entreprises industrielles
modernes qui occupent jusqu'à 50 personnes. Les unités familiales de 3 à
4 membres, les industries villageoises, les associations de personnes ; les
micro-entreprises, les sociétés coopératives, les propriétaires exploitant et
les personnes travaillant à leur propre compte dans le secteur non
industriel de l'économie32.
Donc, les P.M.E. sont définies quantitativement comme des entreprises
juridiques et financières indépendantes dans lesquelles les dirigeants
assurent la responsabilité financière, technique et sociale sans que ces
éléments soient dissociés. Le seuil maximum habituellement retenu se
situe à 20 salariés pour une petite entreprise alors que la moyenne peut
avoir de 20 à 499 salariés.
o Les grandes entreprises : Ce sont des grandes unités de
production qui ont des très gros moyens financiers et une
main d'œuvre très importante dépassant 500 salariés. Ainsi, la
quasi-totalité de ces grandes entreprises sont des sociétés et
entreprises publiques tandis que la majorité de petites et
moyennes entreprises est constituée des entreprises
individuelles.
31
MUKADI MUKUAMBALA, J.C., L'apport du marketing bancaire et son impact dans la maximisation des recettes de la BIAC,
Travail de fin d'études, gestion commerciale et financière, Institut Supérieur du commerce, Kinshasa-201
32
DUBOIS, P.L. et JOLIBERT, A., Le Marketing : Fondements et Pratique, Collection Gestion, édition
Economica, 3éme éd., Paris, 1998, p 523
9
D'après leur domaine d'activités
Selon ce domaine d'activité, on distingue :
o Les entreprises commerciales : Sont celles dont le but
principal est la revente des marchandises en état où elles se
trouvent. Tel est le cas de l'épicier du grand magasin qui
revend les marchandises dans l'état même où il les a achetées
sans leur apporter des transformations.
o Les entreprises de prestation de service : Sont celles qui
produisent ou vendent les services.
o Les entreprises agricoles : Sont celles qui achètent les
matières premières et autres fournitures en vue de fabriquer
les produits finis. Leurs activités bien particulières les font
distinguer des catégories précédentes
1.1.7. Fonctions des entreprises
La fonction d'entreprise n'a de signification que dans le cadre de
l'environnement complexe dans lequel elle évolue. Elle n'est qu'un sous-
ensemble du système général formé par l'ensemble des relations
économiques et financières d'une part, et des relations sociales d'autre
part qui lient l'ensemble des agents.
L'analyse de la fonction d'entreprise peut être menée dans les optiques
différentes selon que l'on privilégie ou selon que l'on met l'accent sur les
relations humaines.
Au sein de l'entreprise, on distingue des fonctions ci-après :
1. La fonction administrative : c'est le cerveau de l'entreprise. Elle
dirige et coordonne les autres fonctions ; elle est réservée aux
chefs ;
2. La fonction financière : elle étudie les problèmes de financement de
l'entreprise et de la société financière ;
3. La fonction technique : s'occupe de la production nécessaire dans le
domaine de la technique, de la main d'œuvre, du matériel et de
l'organisation du travail ;
4. La fonction commerciale : pendant longtemps, la fonction technique
était l'unique sujet de préoccupation (production, fabrication) et la
fonction commerciale restait plutôt dans l'ombre. La tendance
actuelle assigne une importance considérable à la fonction
commerciale. De nos jours, on pense d'abord à analyser le marché
ensuite à produire.
1.2. Notion sur la concurrence
10
La concurrence est un concept polysémique qui varie en fonction du
domaine d'études dans lequel on se trouve ; soit dans le champ marketing
ou alors dans le champ de l'économie. Le champ disciplinaire qui intéresse
notre étude est celui de l’économie.
1.2.1. Les aspects liés au concept de concurrence
Du point de vue commercial et de l'entreprise, la concurrence peut être
définie comme « l'ensemble des acteurs proposant des produits ou
services répondant au même besoin que celui auquel cherche à répondre
l'entreprise par le biais de son offre commerciale 33 ».
D'une manière claire et précise, il s'agit d'une rivalité d'intérêts
provoquant une compétition entre plusieurs personnes (physiques ou
morales) en particulier des commerçants et industriels qui tentent d'attirer
à eux la clientèle par les meilleures conditions de prix ou de qualité 34.
Cette notion englobe toutes les offres rivales, existantes ou potentielles,
qu'un client peut envisager acquérir. On distingue généralement deux
types de concurrence :
- La concurrence directe : celle-ci est caractérisée par l'ensemble des
entreprises qui offrent la même technologie, des produits ou
services similaires au même groupe de clients ;
- La concurrence indirecte qui est constituée des entreprises
proposant un produit ou service différent mais répondant au même
besoin que celui auquel l'entreprise cherche à répondre par son offre
commerciale.
La concurrence pousse les entreprises à adapter en permanence leurs
produits/services aux attentes actuelles et futures de leurs clients 35.
Cependant, il ne suffit plus de nos jours, pour une entreprise ou une
organisation, de comprendre uniquement les clients. Il est également
nécessaire d'analyser tous les facteurs qui influencent ce phénomène
éminemment complexe et multiforme. Nombreuses théories ont été
énoncées sur le sujet par plusieurs auteurs, mais celle la plus aboutie dans
le domaine du marketing et qui peut expliquer le mieux la concurrence est
la théorie des forces concurrentielles.
1.2.2. La théorie des forces concurrentielles
33
Source : glossaire illustré du marketing, [Link], consulté le 23/03/2025
34
Voir le Dictionnaire Le petit Larousse Illustré, p. 245
35
Ulrich Outou, Promotion des ventes, enjeux et perspectives de développement dans la téléphonie mobile: cas de TIGO au
Sénégal, - Master 2 en management: marketing et intelligence d'affaires 2010,Institut Africain de
Management [Link]
11
La théorie des forces concurrentielles a été élaborée par PORTER36
(1979). Il a considérablement diffusé l'analyse du contexte concurrentiel
dans une optique managériale en mettant en évidence cinq forces qui
définissent non seulement, l'attrait à long terme d'un marché ou d'un
segment37, mais également l'analyse des « règles du jeu concurrentiel »
sur un secteur d'activités donné. Ces différentes forces, qui diffèrent d'un
marché à un autre, correspondent chacune à une menace particulière
pour l'organisation en place.38
Ces cinq forces concurrentielles sont :
- La menace des nouveaux entrants : les concurrents potentiels
qui sont susceptibles d'entrer dans un marché doivent être
circonscrits par l'entreprise afin de mieux se protéger. L'importance
de cette menace dépend de la hauteur des barrières à l'entrée et de
la vigueur des réactions auxquelles l'entrant potentiel peut
s'attendre ;
- La menace des produits et services de substitution : les
produits de substitution sont ceux qui, pour une même catégorie de
clients, remplissent une fonction semblable mais se basent sur une
technologie différente. Ils constituent une menace permanente dans
la mesure où ceux-ci présentent un rapport qualité/prix meilleur que
le produit existant ;
- Le pouvoir de négociation des clients : les clients très
concentrés ou ceux achetant de grandes quantités par rapport au
chiffre d'affaires de l'entreprise, en l'occurrence les clients grand
compte, possèdent un pouvoir de négociation vis-à-vis de celle-ci. Ils
peuvent influencer la rentabilité potentielle d'une activité en
exigeant de l'entreprise des services plus étendus, en la
contraignant à consentir des baisses de prix ou des conditions plus
favorables. Tous ces facteurs montrent toute l'importance
stratégique du choix des clients car une firme peut améliorer sa
position concurrentielle par une politique de sélection de sa
clientèle ;
- Le pouvoir de négociation des fournisseurs : des fournisseurs
peu nombreux et puissants face à leur clientèle peuvent menacer la
rentabilité d'une activité par la possibilité d'augmenter le prix de
leurs livraisons, de réduire la qualité de l'offre ou de limiter les
quantités vendues à un client particulier. Il faut signaler à ce titre
que, la main d'oeuvre d'une organisation fait partie intégrante de
ses fournisseurs39;
36
Michael Porter est professeur à la Business Harvard School où il dirige l'Institute for Strategy and Competitiveness. Il est
l'auteur de 17 ouvrages et de plus de 125 articles. Son premier champ de recherche a été la stratégie d'entreprise et
notamment la concurrence entre les firmes.
37
Philip Kotler et al, Marketing management, Paris, Nouveaux Horizons,13e édition, 2009 p.348
38
Denis Lindon, Frédéric Jallat, Le Marketing: études. Moyens d'action stratégie, Paris, Dunod, 5e édition, 2005 p.345
39
Michael Porter, L'avantage concurrentiel, Paris, Inter Éditions, 1986
12
- L'intensité concurrentielle : Les entreprises concurrentes luttent
au sein d'un marché pour accroître ou simplement maintenir leur
position. Les rapports de forces entre elles sont tels qu'ils sont
fonction de l'attrait du marché, de ses perspectives de
développement, du caractère stratégique du secteur ou encore de la
possibilité de réaliser des économies d'échelle 40.
A ces forces sus citées, s'ajoute une autre variable d'une importance non
négligeable qui influence aussi le jeu de la concurrence : les pouvoirs
publics qui peuvent intervenir à tous les niveaux : comme prescripteur
(législation) ou alors comme fournisseur.
1.3. Notion sur l’assurance en république démocratique du
Congo
1.3.1. Historique41
Depuis des siècles, l'homme a recours à l'assurance pour protéger ses
biens matériels. En effet, on trouve les premières références à l'assurance
vers l'an 2000 avant J.-C., sous forme de contrats écrits stipulant des
modalités de répartition des pertes lors d'activités de transport,
notamment par caravanes ou par voie maritime. Il faut dire qu'à cette
lointaine époque, les pirates, les bandits et les pilleurs faisaient partie du «
décor social » tant sur terre que sur mer !
Ainsi, à Babylone, le Code d'Hammourabi prescrivait qu'en cas de perte ou
de vol des marchandises, le transporteur désigné serait relevé de sa
responsabilité de livraison, s'il était en mesure de prouver ne pas être
complice du méfait. La perte était alors répartie à l'ensemble des
marchands participants de la caravane. Si un marchand effectue un prêt
pour effectuer un transport, il paye une somme supplémentaire au
préteur. Le prêt n'a pas à être remboursé si la marchandise se fait voler.
Si le brigand n'a pas été pris, l'homme dépouillé poursuivra devant Dieu ce
qu'il a perdu, et la ville et le cheikh sur le territoire et les limites desquels
le brigandage fut commis, lui restitueront tout ce qu'il a perdu.
Si en route, pendant son excursion, l'ennemi lui a fait perdre ce qu'il
portait, le commis en jurera par le nom de Dieu, et il sera quitte.
1000 ans plus tard, les habitants de Rhodes inventent la mutualisation.
Les marchands dont les biens arrivent à destination remboursent ceux
dont les biens ont été détruits lors d'une tempête. Les grecs et les romains
introduisent l'assurance santé et l'assurance vie. Les Guildes du Moyen
40
[Link]é[Link], consulté le 23/03/2025 à 15h02
41
BESSE, A, Assurance Maritime sur Corps - La Clause "Franc Sauf», Ed. LGDJ, Paris, 1997, pp.3-4
13
Âge remplissent un rôle similaire, en participant aux frais d'obsèques de
leurs membres décédés.
Au début du premier millénaire est apparu le « prêt à la grosse aventure »,
l'ancêtre réel de l'assurance maritime et de transport. Les marchands
avançaient les fonds au transporteur et celui-ci ne les remboursait qu'au
retour à bon port, s'il n'avait pas subi d'avarie ou été assailli par des
pirates.
Si le bateau parvenait à destination, alors les bénéfices tirés de la vente
de la cargaison se trouvaient partagés entre l'armateur et le banquier.
L'assurance a pris véritablement naissance au tout début du second
millénaire lors de la « révolution économique » du Moyen Age, en 1063
plus précisément, lorsque des marchands italiens (de Gênes et de Venise
principalement) et anglais ont trouvé un moyen de protéger leurs navires
contre les pertes subies lors d'un naufrage ou suite aux méfaits de pirates.
Formés en association, ils constituèrent un fonds qu'ils approvisionnaient
régulièrement et à même lequel ils se dédommageaient (ils élaborèrent
les premiers contrats d'assurances).
Le terme de « police » qui désigne toujours le contrat d'assurance, en tant
qu'écrit, en est l'ultime souvenir dérivant du terme italien « polizza». Leur
organisation était connue sous le nom de Code d'Amalfi.
L'Italie, le Portugal, l'Espagne et la France s'attribuent l'origine de
l'assurance maritime. On retrouve en effet dans ces trois pays des
archives datant des XIIIe et XIVe siècles qui traitent des droits maritimes
et stipulent les modalités d'assurance. Ainsi à Toulouse se constitua en
1378, au pied de l'actuel bâtiment dit de la « Manufacture » occupé par
l'Université des sciences sociales, la première société commerciale à
responsabilité limitée, celle des Moulins du Bazacle. De plus, c'est à Gênes
que naquit, en 1424, la première compagnie d'assurances des transports
terrestres et maritimes. Vers la même époque, Barcelone vit la publication
de Las capitulas de Barcelona que l'on considère comme le premier recueil
législatif de droit de l'assurance. Traduit du catalan en castillan, puis en
italien, en français et en allemand, il va durablement influencer le droit
européen de l'assurance.
Depuis ses premières heures, le marché des assurances au Congo colonial
et post colonial était caractérisé essentiellement par le transfert de primes
vers les sociétés d’assurances à l’étranger, ce qui avait pour conséquence
une faible contribution du secteur au développement socio-économique du
pays, malgré la multiplicité des sociétés actives sur le territoire.
Lors de la nationalisation du secteur en 1966, un monopole a été accordé
à la Société Nationale d’Assurances « SONAS ». Cette période qui à durée
50 ans pendant lesquels nous noterons une inadéquation du modèle de
gestion monopolistique du secteur à la demande grandissante et au
dynamisme de l’économie, cela ayant pour résultat un taux de pénétration
14
très faible, une timide exploitation des produits d’assurances et une
culture biaisée de l’assurance au sein de la population.
C’est ainsi qu’a été promulgué la Loi n°15/005 du 17 mars 2015 portant
Code des Assurances, suivi par le Décret n°16/001 du 26 Janvier 2016
portant création, organisation et fonctionnement de l’Autorité de
Régulation et de Contrôle des Assurances dans le but d’animer ce marché
nouvellement libéralisé. Les fondations sont ainsi posées pour un
développement rapide et harmonieux du marché des assurances en
République Démocratique du Congo.
Le gouvernement de la République Démocratique du Congo a donc jugé
nécessaire de libéraliser le secteur des assurances s’appuyant sur une
nouvelle législation uniforme, moderne et complète afin de se conformer
aux standards internationaux en la matière et que le pays, les opérateurs,
les bénéficiaires, et la population de manière générale, puissent tirer tous
les bénéfices d’un secteur des assurances florissant.
Le marché des assurances présente à ce jour en moyenne un taux de
pénétration de l’ordre de 0,71% du PIB. Depuis sa libéralisation, ce secteur
a connu l’entrée de 6 nouvelles entreprises dont 4 à titre de sociétés des
assurances et 2 en tant que courtiers d’assurance
1.3.2. Définition de l’assurance
Il existe plusieurs définitions de l'assurance dont les plus usuelles sont
juridiques et économiques. Du point de vue économique, l'assurance est
l'ensemble des actifs de couverture, elle est représentative des créances
conditionnelles.
Quant à la définition juridique, l'assurance est un contrat passé entre une
personne et une société (compagnie d'assurances) ou une personne
appelée assuré qui la garantit contre des risques éventuels 42.
Dans cette optique, une convention entre un assureur et un assuré par la
quelle une partie, l'assuré se fait promettre une garantie moyennant un
paiement préalable d'une somme appelée prime
1.3.3. Description Théorique sur les Assurances
Comme nous l'avons dit ci-haut, l'assurance est une opération par laquelle
une personne, l'assureur, s'engage à indemniser une autre personne,
l'assuré, en cas de réalisation d'un risque déterminé, moyennant le
paiement préalable d'une prime ou d'une cotisation. Dans ce cadre
Chafton précise que l'assurance est la compensation des effets du hasard
par la mutualité organisée suivant les lois statistiques 43.
42
Atelier sur la SONAS avec NZAU MUANDA Clinton, Cours de Gestion Financière des Institutions Congolaises, L1 UNIMAT,
2017
43
BESSE A, [Link] p. 18
15
Comparativement à l'approche juridique, l'approche économique
développée dans le paragraphe précédent est plus claire. En effet,
l'homme éprouve dans sa vie un besoin de sécurité. Il cherche à se
protéger contre les risques immédiats et futurs, certains et incertains.
Étant donné que ses ressources et son épargne sont limitées, il ne peut
pas couvrir tous les risques auxquels il est exposé.
Ainsi recourt-il à la couverture réciproque des membres d'une collectivité
dont le souci est de se garantir contre les risques de l'avenir. 44
Cependant ces deux approches permettent de dégager les
caractéristiques principales des assurances à savoir le caractère bilatéral,
le caractère onéreux et le caractère aléatoire.
En fait, l'assurance met en relation deux agents :
- L’assuré et ;
- L’assureur.
Elle n'est pas gratuite et se réfère à la réalisation des risques.
Dans la pratique, le contrat d'assurance appartiendrait au contrat des
biens contingents. Les biens contingents sont par définition des biens qui
ont une existence liée à la réalisation de certains événements.
La livraison est conditionnelle en ce sens qu'elle s'effectue lorsqu'un
événement particulier se réalise. Le bien ici n'est plus défini par ses
caractéristiques physiques, sa localisation et la date à laquelle il est
disponible mais encore par un état particulier de la nature.
Pour l'assurance, il ne s'agit pas de la livraison d'une quantité donnée d'un
bien mais plutôt d'une réparation ou indemnisation du dommage causé ou
subi ou alors du paiement d'une rente ou d'un capital en cas de
l'assurance vie.
L'indemnité et/ou la rente sont conditionnées par la réalisation d'un
événement heureux ou malheureux.
En principe, la notion d'assurance fait ressortir quatre acteurs à savoir :
- Le souscripteur de l'assurance,
- L’assuré,
- L’assureur et,
- Le bénéficiaire.45
44
Idem
45
Jason KITENDA BAKONGO, Théorie Mathématique des Assurances, Cours inédit à l'usage des Etudiants en L2 FASEG,
(Gestion Financière), UNIFA, p.23, 2022-2023
16
1. Le souscripteur d'assurance : est celui qui signe la police
d'assurance et qui s'engage à payer la prime exigée par l'assureur.
2. L'assuré : est la personne qui est couverte contre le risque ou pour
qui le patrimoine est assuré. Souvent il est en même temps le
souscripteur du contrat d'assurance.
3. Le bénéficiaire : est celui qui reçoit l'indemnité en cas de la
réalisation du risque. Dans certains cas le bénéficiaire peut être
l'assuré lui-même.
4. L'assureur : est la partie au contrat qui reçoit la prime et en
contrepartie s'oblige à payer l'indemnité prévue dans les assurances
de dommages ou la rente dans les assurances des personnes.
L'assureur est en pratique une société commerciale ou une société
civile dans le cas de mutuel. Du point de vue de la comptabilité, les
sociétés d'assurances généralement appelées les compagnies
d'assurance sont des unités institutionnelles regroupées au sein du
secteur institutionnel appelé assurance.46
1.3.4. Les bases techniques de l'Assurance
Sont considérés comme bases techniques de l'assurance :
- Les déterminations des différences ;
- Les statistiques (indispensable pour le calcul des fréquences)
- La prime des lois fondamentales sur l'assurance ;
- La prime de l'assureur ;
- La technique de division des risques ;
- Le partage proportionnel des risques, des primes
1.3.5. Types d’assurance
Il existe deux grands types d'assurance : les Assurances de dommages et
les Assurances de personnes.
- Les Assurances de dommages : Principalement, réparties en
plusieurs types de contrats : Incendie, Accidents, Risques Divers,
Transport (IARDT) pour les particuliers (Exemple : multirisques
habitation) ou bien pour les professionnels (entreprises, Artisans et
professions libérales, exploitations agricoles, commerces,
collectivités locales, etc.) ;
Ces assurances professionnelles peuvent aussi couvrir des risques
spécifiques tels que le "bris de machines", les "risques informatiques", les
"pertes d'exploitation", la "grêle et tempête pour les récoltes", etc. ;
Automobile (dommages au véhicule, responsabilité civile et assurance
46
BEIGNIER (Bernard), Droit du contrat d'assurance, Paris, Presses universitaires de France, collection « Droit fondamental
», 1999, p.33
17
personnelle du conducteur) ; transport (ferroviaire, maritime ou fluvial,
aérien, marchandises transportées) ; construction (responsabilité civile
décennale des professionnels, assurance dommages-ouvrage des
propriétaires) ; responsabilité civile professionnelle pour les risques
inhérents aux différentes activités de production ou de services et,
notamment, pour couvrir les responsabilités liées à l'atteinte à
l'environnement (pollution) ou aux pratiques médicales ; crédit pour les
risques d'impayés ; protection juridique assistance.
Elles couvrent la réparation d'un préjudice, mais il faut qu'il soit direct,
c'est-à-dire qu'il porte sur un bien appartenant à l'assuré. Elles couvrent
une grande variété de risques tels que l'incendie, le vol, le dégât des eaux,
le bris de glaces, ou encore les dégradations consécutives aux
intempéries.
C'est pourquoi on l'appelle l'assurance de choses, ou indirect, c'est-à-dire
qu'il soit subi par un tiers du fait de l'assuré (assurance de
responsabilité)47. Dans un très grand nombre de cas, les assurances de
dommages se doublent d'une assurance au tiers, couvrant la
responsabilité civile de l'assuré (par exemple, dans le cas de destructions
causées par un incendie). L'indemnisation de cette assurance s'opère sur
la base d'une déclaration de sinistre, et prend effet à partir d'un certain
montant que l'on appelle la franchise.48
Il faut ajouter à tout ceci, que les dommages garantis peuvent être
corporels, matériels ou pécuniaires.
- Les Assurances de personnes : vie, décès, épargne, retraite) ;
Elles garantissent l'individu contre les événements qui touchent à son
existence et à sa santé : il s'agit principalement des assurances sur la vie,
ou encore de celles qui couvrent les risques liés à la maladie ou aux
accidents. Elle se subdivise de la manière suivante :
Assurance vie : L'assurance-vie est pratiquée en RDC par la SONAS
qui est selon l'ordonnance-loi organique qui l'a créée, une société
d'Etat à vocation commerciale et dotée de la personnalité juridique.
C'est à ce titre que la SONAS organise l'assurance-vie en deux sous-
branches à savoir : l'assurance-vie individuelle et l'assurance-vie
groupe.
L'assurance-vie donne droit pour les bénéficiaires au versement d'une
somme forfaitaire ou d'un revenu régulier.
47
Le Roy (Max), l'Évaluation du préjudice corporel, avec la collaboration de Carole Joët, Paris, Litec, 14e édition, 1998, p23
48
WILDIERS, P, & CAETHOVEN, M, Manuel Pratique des Assurances Maritimes - Marchandises-Corps. Éd, Lloyd Anversois,
1959, p.23
18
En général, le souscripteur doit effectuer une visite médicale préalable.
Les primes d'assurance sont versées selon les dispositions du contrat,
mais l'assuré peut obtenir une avance sur sa police et dispose alors de
l'argent qu'il à verser à l'assureur. Il peut aussi racheter son contrat ou
obtenir une réduction du montant des primes à venir. Les assurances
souscrites par des individus se distinguent des assurances de groupe.
Les assurances individuelles se répartissent en assurance en cas de décès
et en assurance en cas de vie. Dans ce type de contrat, l'assureur
respecte ses engagements en capitalisant une partie des primes reçues
par le système des intérêts composés.
Ainsi, les provisions mathématiques sont constituées par l'accumulation
des primes d'épargne et des intérêts versés sur elles. Ainsi, la provision
mathématique apparaît comme la somme des excédents qui devrait
permettre à l'assureur, après les avoir capitalisés au taux légal de
respecter ses engagements. La provision mathématique est donc la
différence entre les engagements futurs de l'assureur et ceux du
souscripteur.
Les provisions mathématiques sont la propriété de l'assuré. Même s'il n'en
dispose pas effectivement, il a un droit de créance sur la provision
mathématique. Ce droit est subordonné aux conditions générales du
contrat souscrit.
- Assurance en cas de décès : La souscription d'une assurance-vie
entière permet au bénéficiaire de recevoir le paiement de la vie
nominale de la police lors du décès de l'assuré.
Pour s'assurer de pouvoir effectivement bénéficier du montant de la
police, sans risquer de tout perde en cas de résiliation du contrat, l'assuré
doit souscrire une police à valeur réelle. Il peut dans ce cas, parvenir à
percevoir le montant de la valeur de rachat de la police souscrite et mettre
fin à son contrat ou obtenir le versement partiel de la valeur d'une police
d'assurance-vie entière, ou encore se voir attribuer, durant une période
déterminée, une assurance temporaire correspondant à la valeur nominale
de la police souscrite. Pour les contrats comportant une garantie décès, le
risque croit pour l'assureur puisque la probabilité de décès augmente avec
l'âge.
Par conséquent, l'assureur devrait demander à l'assuré une prime
croissante d'année en année.
Mais pour des raisons commerciales, l'assureur demande au souscripteur
une prime constante dite prime nivelée pendant la durée du contrat.
Par conséquent l'équilibre par
exercice n'est plus réalisé. En effet, la prime nivelée est supérieure à la
prime de risque dans les premières années, tandis que c'est le contraire
qui se produit dans les dernières années.
19
Ainsi l'assureur devra garder l'excédent des premières primes et
constituer des provisions mathématiques afin de suppléer plus tard à
l'insuffisance des dernières cotisations.
- Assurances mixtes : Les prestations des polices d'assurances
mixtes sont payables à la mort de l'assuré ou à une date d'échéance
déterminée si ce dernier est vivant.
L'assurance à terme fixe prévoit, quant à elle, la date à partir de laquelle
commencent les prestations de l'assureur. En outre, toutes deux se
distinguent par la nature des risques couverts. Le versement des primes
commence généralement le jour de la signature du contrat et se termine à
son échéance. Le paiement peut, toutefois, porter sur un nombre limité
d'années ou s'effectuer en une seule fois de manière forfaitaire.
Le montant des primes correspondant à ces types de police est nettement
supérieur à celui d'autres assurances dans la mesure où la valeur réelle de
cette police croit très rapidement. Ces polices d'assurances conjuguent
épargne et assurance, et peuvent être utilisées à des fins diverses (pour
financer ses études, garantir un emprunt en constituant une hypothèque,
ou capitaliser en vue de sa retraite).
- Assurances vie- groupe : Qu'elles figurent ou non dans les
conventions collectives, les assurances-vie de groupe constituent un
mécanisme d'assurance qui concerne, à titre principal, les relations
de travail.
Elles permettent d'assurer un nombre déterminé de personnes travaillant
dans une entreprise. Cette forme d'assurance est très répandue au Japon.
Le contrat conclu par le chef d'entreprise concerne chacun des salariés,
qui se voient remettre un certificat stipulant le montant de l'assurance
auquel il peut prétendre. L'employeur s'acquitte de tout ou partie de la
prime. Le montant de l'assurance est généralement fonction de
l'ancienneté de l'assuré et proportionnel à son salaire.
Par ailleurs, ces polices sont généralement échangeables contre des
polices individuelles lors du départ du salarié. La prime liée à ce type
d'assurance est généralement moins élevée que pour les polices
individuelles puisque, à prestations égales, une réduction de groupe est
appliquée.
- Assurances-vie individuelles : elles concernent les personnes qui
contractent une assurance-vie à titre individuel sans faire intervenir
leurs employeurs.
1.3.6. La Réassurance et la Coassurance
[Link].La réassurance
20
La réassurance est une opération par laquelle une société se fait assurer à
son tour pour tout ou partie des risques qu'elle demeure seule à garantir à
l'égard de l'assuré.49
La notion de réassurance nous ramène à différencier le plein de
souscription du plein de conservation.
De ce fait, on appelle cédant l'assureur direct qui cède une partie du
risque au réassureur qui le garantit, et qui est appelé « cessionnaire ». Le
cessionnaire qui demande à son tour la garantie d'un autre réassureur est
dit « rétrocédant » et son réassureur « le rétrocessionnaire ». 50
On désigne par le nom de traité de réassurance la relation qui régit les
rapports entre cédant et réassureur.
La réassurance peut être facultative et ne porter que sur une affaire ou un
groupe d'affaires sans que les parties soient liées en permanence.
Elle peut être aussi obligatoire dans ce cas, le cédant s'engage alors à
céder au réassureur une partie de ses risques selon les modalités prévues
au contrat et le réassureur s'engage à les accepter.
On distingue cependant deux types de réassurance à savoir la
réassurance de sommes et la réassurance de dommages.
[Link].1. La réassurance de sommes
La réassurance de sommes ou de partage des risques ou réassurance
proportionnelle s'applique aux risques couverts par le cédant.
La part du réassureur est alors déterminée en fonction du capital garanti
par le cédant, il en reçoit la part de prime correspondante et il supporte
les sinistres dans la même proportion.
La réassurance de sommes revêt deux formes : la réassurance en
participation ou en quote-part et la réassurance en excédant de risque.
a. La réassurance en participation ou en quote-part
Dans ce cas la part du risque et de la prime cédée au réassureur est
exprimée par un simple pourcentage uniforme et constant et le réassureur
participe pour la même part à tous les sinistres quelle qu'en soit
l'importance.
49
LAMBERT-FAIVRE (Y), Droit des assurances, Dalloz, collection 10e édition, « Précis Dalloz », Paris, 1998,P.102
50
WILDIERS, P, & CAETHOVEN, M, Commentaires des Polices Françaises d' Assurances Maritimes sur Corps de Navires, éd.
du Lloyd Anversois, 1964, p.19
21
Il sied de signaler l'imperfection de cette forme d'assurance, car d'une part
elle oblige l'assureur direct à céder une part de chaque risque même de
ceux qui sont inférieurs à sa pleine conservation et d'autre part les risques
qu'il conserve à sa charge sont uniformément réduits, mais non pas
rendus homogènes dans leur valeur ainsi que l'exigerait la technique de
l'assurance.
b. La réassurance en excédant de risque ou excédant des
capitaux
Dans cette forme de réassurance, l'assureur ne cède pour chaque risque
que l'excédent du plein de conservation qu'il a déterminé pour chaque
branche en fonction de l'importance de son Entreprise.
Ce procédé présente un double avantage de lui laisser la gestion de tous
les risques inférieurs qu'il peut garantir seul et de niveler dans leur valeur
les risques importants, atténuant ainsi, non seulement l'irrégularité mais
encore l'importance des écarts entre la probabilité théorique des sinistres
et leur fréquence statistique.
La réassurance en excédant de risque présente néanmoins un danger que
l'assureur direct n'accepte avec légèreté des risques importants ; aussi les
traités en excédant des capitaux imposent-ils toujours au cédant de limiter
son plein de souscription à une multitude de son plein de conservation.
Ce type de réassurance est souvent utilisé dans l'assurance incendie et
l'assurance individuelle contre les accidents corporels, souvent combinée
d'ailleurs avec des modalités de réassurance de dommages.
- La réassurance de dommages
La réassurance de dommages dite encore en excédant d'indemnisation ou
réassurance non proportionnelle n'est pas fondée sur les risques couverts
mais sur les sinistres réalisés selon deux formules possibles : la
réassurance en excédant de sinistres et la réassurance en excédant des
pertes.
c. La réassurance en excédant de sinistres ou excess loss
Le réassureur ne prend en charge que la part excédant un montant
déterminé dans le traité et conservé par le cédant et qu'on appelle «
priorité ». Le réassureur peut donc avoir des dommages très élevés, aussi
pour que l'assureur direct ne soit pas tenté de traiter avec légèreté les
sinistres importants. La réassurance en excédant de sinistres est- elle
généralement assortie d'une participation du cédant dans l'excédent.
d. La réassurance en excédant de pertes ou stop loss
22
La réassurance n'est pas calculée affaire par affaire, mais globalement et
forfaitairement lorsque l'ensemble des sinistres d'un exercice dépasse un
pourcentage déterminé des primes qui y sont afférentes.
Cette formule permet à la réassurance de jouer pleinement son rôle
régulateur car un nombre important de petits sinistres peuvent être aussi
dangereux pour l'assureur direct que quelques gros sinistres.
Le cédant est ici garanti de limiter ses pertes, ainsi certaines clauses
imposées par le réassureur sont-elles également utiles pour inciter à la
prudence. Le réassureur lui imposera soit des pleins de souscriptions
impératifs, soit une participation dans l'excédent de pertes suivant un
pourcentage fixé à l'avance.
Le stop loss est la forme de réassurance la mieux adaptée aux assurances
contre la grêle qui se caractérise toujours par des variations très fortes de
taux de sinistres.
[Link].La coassurance
Elle est l'existence simultanée, volontaire et organisée d'assurances
souscrites auprès de plusieurs entreprises d'assurances pour la couverture
intégrale d'un seul risque important.
On appelle société apéritive, la société qui, au nom des autres sociétés
d'assureurs appelées coassurances, discute des conditions du contrat,
rédige la police et constitue l'interlocuteur normal de la coassurance
auprès de l'assuré.
CHAPITRE II : PRESENTATION DU CADRE DE L’ETUDE
Le deuxième chapitre est consacré à la présentation de la Société
Nationale d’Assurance où nous montrons les éléments susceptibles de
fournir une quelconque information et nous donner une idée sur cette
entreprise, pour nous permettre de nous fixer sur la gouvernance, les
activités,… de notre champ d’investigation.
2.1. Historique, Statut Juridique Et Siege de la SONAS
23
2.1.1. Historique et création
Le Secteur privé des assurances remonte à la création de l'Etat
Indépendant du Congo. En 1889, est créée la « Société Charles de Jeune »
sous la forme d'une société privée à Responsabilité limitée (SPRL). En
1931, elle deviendra une Société par Action à Responsabilité Limitée
(SARL) de droit Congolais sous la période coloniale jusqu'à la création de la
SONAS en 1966.
Il faut savoir que le secteur Congolais des assurances était extraverti ;
c'était un marché très étroit avec une seule clientèle des expatriés et qui
ne couvrait que quelques gros risques. L'extraversion du secteur
présentée de ce fait une extrême mobilité des réserves techniques, dont
la gestion était assurée par des centres de décision situés à l'étranger.
Il en résultera comme conséquence néfaste l'inexistence d'une industrie
d' Assurances réellement insérée dans l'économie nationale. Les Congolais
occupaient dans cette société d'assurances que de postes subalternes, ils
étaient écartés de circuit de décisions ou sommet stratégique.
Vers les années 1955 - 1956, les Sociétés et Courtiers Evran au Congo
Belge se répartissaient de la manière suivante :
A Léopoldville Il y avait les Sociétés d'assurances telles que ;
- Charles le Jeune
- Bouls et Belauct
- Cetas
- Immoaf
- Immo- Congo
A Elisabethville (Kisangani), il y avait ; la Sab wabgata
Au Kivu, Bukavu, Goma ; la Castadot, le Courtier de Chancelier.
La plupart de ces sociétés étaient des filiales ou des intermédiaires. Elles
étaient soit des maisons de courtage soit des Agences de grandes
compagnies Européennes ou Américaines. C'est ainsi que par exemple
Immoaf son département d'assurances exploitait toute la branche
d'assurances en qualité d'agent des plusieurs compagnies d'assurances
parmi lesquelles : calendonia-assurance, North British Edmand, National
Union of Pittsburdh, Mercantil, Union Marine et Général-Assurance,
compagnie la Concorde.
C'était également le cas de l'agence d'assurances du CEDEC qui
représentait : Northan Assurance et le Général- Trust d'Afrique qui était
courtier au Katanga du South- British.
Ces Caractères d'intermédiaire réduisaient pour les Entreprises leur
possibilité de placer leurs bénéfices et leurs réserves techniques au
24
Congo. Le seul fond dont elle pouvait disposer librement était celui de
commission d'assurances chiffrée à 20%. Leur rôle se limitait à
l'encaissement des primes et règlement des bénéfices et leur placement.
Cela constituait une fuite continuelle des capitaux du Congo vers les pays
où étaient installées les sociétés mères.
Il faut signaler cependant une présence insignifiante et que des
entreprises de droit Congolais qui exploitaient directement les assurances
pour leur compte à l'instar de:
- L'Agence générale d'assurances au Congo
- Amelot Louis Jos.
Toutes fois, elles demeuraient, elles aussi étrangères par la composition
de leur capital, leur direction, le personnel technique et la politique
générale.
Durant toute cette période la législation en matière d'assurances était
embryonnaire, elle ne se limitait qu'au contrôle comptable des sociétés
d'assurances et à la fiscalité sur les bénéfices sociaux réalisés par ces
sociétés, c'était la loi Belge de 25 juin 1930, complétée par son règlement
du 07 juin 1931, qui s'appliquait au Congo en vertu de son article 4. A part
le contrôle prévu par la loi Belge du 27 juin 1960, par l'autorisation
préalable, le marché Congolais d'assurances se caractérisait par un
libéralisme poussé ; ni le contrat, ni la profession d'assurances n'était
règlementée.
Le décret du 25 mai 1950 règlemente la responsabilité civile en matière
d'accident de circulation, l'ordonnance législative du 21 Août 1958
règlemente la couverture obligatoire de leurs responsabilités civiles par
les exploitants et détenteurs de sociétés de transport rémunérées par les
personnes.
Donc, durant la période coloniale, le marché d'assurance était exploité par
plusieurs sociétés étrangères telles que DECAMPOS. Ce type de marché
d'assurance occasionnait la fuite des capitaux vers l'étranger et cela
affaiblissait l'industrie congolaise (manque de moyens).
En 1960, juste après l'indépendance du Congo belge, la République
Démocratique du Congo par le canal de son gouvernement décida de
créer une société d'assurance qui porta le nom de la « la compagnie
nationale d'assurance » en sigle CONASCO spécialisée dans trois domaines
à savoir :
- Incendie
- Accident i' réassurance
Mais cette compagnie n'était qu'une maison de courtage dépendant
toujours de l'étranger.
25
Pendant la 2ème République, le Président Mobutu eu l'initiative de
remplacer CONASCO par « la société nationale d'assurance» en sigle «
SONAS » créée le 23 novembre 1966 par l'ordonnance loi numéro 66/22bis
qui sera plus tard abrogée et remplacée par ordonnance loi n°78/194 du 5
mai 1978.
Bref, c'est par Ordonnance loi du 23 Novembre 1966 avec l'idée d'arrêter
l'hémorragie financière des compagnies d'assurances étrangères que les
pouvoirs publics interviendront pour créer la « SONAS ». En vrai dire la
SONAS était créée comme une société d'Etat à vocation commerciale et
dotée de la personnalité juridique.
La SONAS est établie comme une entreprise Publique à caractère
technique et commercial par l'ordonnance du 05 Mai 1978. La SONAS
avait pour objet toute opération d'assurances, et de réassurances avec les
sociétés étrangères établies à l'étranger, toutes les opérations relatives
aux transactions immobilières notamment : la location, l'achat, la vente
des immeubles appartenant aux particuliers et dont la gestion lui est
confiée le service spécial de contrôle de véhicules automoteurs. Le
monopole accordé à la SONAS se justifiait par deux raisons :
- Réorganiser le secteur d'assurance,
- Protéger la jeune industrie naissante.
L'expertise nationale n'étant révélée inexistante et assez faible dans le
secteur des assurances pour gérer le pouvoir des décisions, l'Etat trouvera
la solution à confier l'exploitation des assurances à une entreprise
publique devant hâter l'avènement du capital national dans ce secteur.
En réalité, le monopole qui n'était pas une fin en soi, devait avoir un
caractère provisoire. En effet, au départ le monopole n'était accordé que
pour cinq ans après le quel le marché de l'assurance serait soumis au jeu
de la libre concurrence, mais l'évolution ira dans le sens de maintenir
comme toujours le monopole.
Au terme de l'article 3 de la loi du 10 Juillet 1974, le monopole de la
SONAS concernait les opérations suivantes :
Toute opération relative aux transactions immobilières notamment l'achat,
la vente, la location, en suite le service spécial de contrôle de véhicules
automoteurs. Pour marquer le caractère temporaire de ce monopole, le
dernier alinéa de cet article autorisait les particuliers zaïrois (aujourd'hui
Congolais) à exploiter ce secteur en se conformant aux conditions qui
préciseraient une ordonnance Présidentielle, malheureusement celle-ci
n'est jamais intervenu et de ce fait il y a une consolidation du monopole
de la SONAS. Ainsi au strict plan légal, le monopole de la SONAS ne
concernait que ces deux activités comme la coassurance et la réassurance
avec les compagnies d'assurance établies à l'étranger, la SONAS ne jouit
que du monopole de fait ou d'exploitation.
26
A la création de la SONAS, les anciennes compagnies d'assurances n'ayant
pas d'existence légale, ils leur étaient impossibles de traiter des polices
d'assurances souscrites auprès d'elles.
Deux solutions seront retrouvées à cet effet :
Pour les polices d'Assurance antérieures au 01 Janvier 1967, elles étaient
transférées à la SONAS par avenant au fur et à mesure de leurs
échéances, quant aux sinistres déclarés et constituant le passif du
portefeuille des anciennes compagnies, ils continuaient à être gérés par
celles-ci.
La grande décision sera le maintien des anciennes compagnies
d'assurances en tant qu'intermédiaires ou courtiers d'assurances.
En effet, faute de moyens et de personnel qualifié, la SONAS ne pouvait
atteindre efficacement tous les clients.
2.1.2. Statut Juridique
La SONAS était créée par l'ordonnance loi n°66/22 du 23 novembre 1966
qui stipule que la SONAS est une société d'Etat à vocation commerciale et
dotée d'une personnalité juridique.
En vue de mettre un terme à l'hégémonie financière pratique par les
compagnies d'assurances étrangères, l'intervention de l'Etat s'avérait
indispensable.
Elle va concrétiser la création de la SONAS par l'ordonnance loi n°66/22
bis toujours en 1966.
Ordonnance loi n°78/194 du 5 mai 1978 et par la loi du 06 janvier 1978. La
SONAS est une entreprise publique à caractère technique et commerciale
dotée d'une personnalité juridique propre et placée sous tutelle du
ministère de finance, de l'économie, du Budget et celui du portefeuille.
Actuellement, selon la loi n°08/007 du 7 juillet 2008 portant
transformation des entreprises publiques et le décret n°09/12 du 24 Avril
établissant la liste des entreprises publiques transformées en sociétés
commerciales, établissements publics, la SONAS est transformée en
société commerciale précisément en société par actions à responsabilité
limitée(SARL).
La SONAS jouit du monopole des assurances en RDC qui lui a été confié
depuis le 2 juin 1967 par ordonnance loi n°67/240.
- Loi n° 74/007/ du 10/07/1974, particulière portant assurance
obligatoire de la responsabilité des constructeurs ;
- L'A.D. BCE/2100/044/77 du 15/08/77, réglementant l'assurance
sportive obligatoire ;
27
- La loi n° 78/002 du janvier 1978 portant structures organiques
déterminant les dispositions générales applicables aux entreprises
publiques ;
- L'ordonnance-loi n° 78/194 du 05 main 1978 lui donnant le statut
d'une entreprise publique
- Loi-cadre n° 86005 du 22/09/1986 de l'enseignement national ;
- Ar. Min n° MINESPES/CAB/MIN/001/746/95 relative au nouveau tarif
de l'assurance scolaire ;
- Ar. Min n° M.J/S.L/CAB/2100/0019/97 du 26 portant création de la
commission spéciale de suivi de l'assurance scolaire ;
- Note circulaire n° MINESPES/CAB/MIN/001/127/9/95 relative au
nouveau tarif de l'assurance scolaire
2.1.3. Situation Géographique
Le siège de la SONAS est placé dans la ville province de Kinshasa, dans sa
partie ouest précisément dans la commune de la GOMBE, au croisement
des avenues Bandundu et le boulevard du 30 juin en face de l'alimentation
PELOUSTORE.
En dehors de Kinshasa on retrouve :
La direction régionale du Kongo-Central constitué des agences ci-après :
- BOMA ;
- MWANDA ;
- MBANZA-NGUNGU et
- TSHELA.
La Direction Régionale du grand Katanga, grand Kasaï, Kivu et Maniema
avec une trentaine agences
La Direction Régionale Equateur, orientale et Bandundu avec une
quinzaine d'agences.
2.1.4. Objet Social de La SONAS
La mission principale de la SONAS est de sécuriser les personnes et leurs
biens et assumer également le développement du pays par
l'investissement dans plusieurs secteurs en apportant des capitaux, elle
résout aussi le problème de chômage en créant des emplois.
Les missions définies à la SONAS suivant l'ordonnance loi n°28/194 du 25
mai 1978 sont :
- Toutes les opérations d'assurances ;
- Les opérations des coassurances et de réassurance avec les sociétés
d'assurances établies à l'étranger ;
28
Toutes les opérations relatives à la gestion immobilière notamment
l'achat, la vente ou la location des immeubles appartenant en propre à la
SONAS ou aux particuliers, et dont la gestion lui est confié et
Le service spécial de contrôle technique des véhicules automoteurs depuis
sa création en 1966.
2.1.5. Caractère économique
Vous savez ce que le sang est pour l'organisme humain, c'est ce qu'est
l'argent pour une nation ou une autre organisation en développement. La
SONAS aussi comme société paraétatique doit contribuer à l'économie et
au Budget du pays pour construire des infrastructures nationales et
s'acquitter d'autres devoirs qui sont à la charge du pays.
2.1.6. Caractère financier
Comme la Banque a le rôle de prélever l'argent entre les mains de ses
clients pour éviter la thésaurisation et la mauvaise utilisation pour le
donner à ceux qui sont souples à faire le commerce, la SONAS a aussi le
même rôle de prélever des primes aux assurés pour que lors de l'incendie,
accidents et risques divers ces derniers soient en mesure de s'en tirer de
l'enfer par l'entremise de la SONAS.
D'aucuns n'ont pas encore compris que c'est comme une caisse de
solidarité et d'entraide mutuelle. Comme nous sommes dans un monde
des ignorants et insensés, il faut passer par de traquenard et bouclage
pour récupérer ces primes d'assurances.
Avant de parler de la structure de la SONAS la question qui se pose est
celle de savoir c'est quoi l'assurance et quelles sont les assurances
exploitées par la SONAS.
2.1.7. Les assurances exploitées par la SONAS
Les assurances exploitées par la SONAS sont regroupées en deux
catégories de produits :
a. Produits de base exploitée depuis 1966
- Les assurances vie
- Les assurances automobiles
- Les assurances transport (fluviaux, maritimes et aériens)Les
assurances Incendies
- Les assurances des accidents et risques divers
b. Autres produits
Depuis 2008 une gamme de nouveaux produits s'est ajoutée à savoir :
- Assurance santé ;
29
- Assurance obsèques ;
- Assurance téléphone portable ;
- Assurance pente loyer bailleur ;
- Assurance perte indemnité ;
- Assurance multirisque habilitations ;
- Assurance de l'étudiant ;
- Assurance protection juridique ;
- Assurance groupe axe ;
- Assurance-crédit commerciale ;
- Assurance automobile kilomètre ;
- Assurance taxe à prime journalière ;
- Assurance des pertes exploitations ;
- Assurance globale de collectivités locales ;
- Assurance tontinière ;
- Assurance prix de machine ;
- Assurance tous risque informatique ;
- Assurance des chambres froides et entrepôts frigorifique ;
- Assurance tous risque matériel électronique et installations de
courant faible ;
- Assurance de PM et PMI ;
- Assurance tous risques exploitation forestière ;
- Assurance des mandateurs sociaux ;
- Assurance R C vélo et charnelles à bas ;
- Assurance éducation ;
- Assurance globale des industries minières ;
- Assurance multirisque professionnelle et
- Assurance risque exposition ou manifestation.
2.1.8. Structure de la SONAS
La SONAS comprend deux structures : organisationnelle et
fonctionnelle 8.1. Structure organisationnelle de la SONAS
A. Avant la réforme des entreprises
Avant la réforme, la société nationale d'assurance comprenait :
1. Le conseil d'administration
Organe se trouvant au sommet de l'entreprise, il conçoit et trace la
politique générale de l'entreprise et assure-le suivie
Il est composé :
- Président du Conseil d'Administration
- Les Administrateurs dont les membres de Comité de Gestion sauf le
Président de la Délégation Syndicale.
2. Comité de Gestion
30
Organe se rapportant à la gestion quotidienne de l'entreprise, elle
s'occupe de la gestion de l'entreprise, rend compte au Conseil
d'Administration et exécute les décisions qui émane du Conseil
d'Administration.
Il est composé :
- L'Administrateur Délégué Général (ADG) qui assure la présidence ;
- L'Administrateur Délégué Général Adjoint (ADGA) qui s'occupe de
l'administration générale ;
- L'Administrateur Directeur Financier (ADF) qui est responsable des
questions financières
- L'Administrateur Directeur Technique (ADT) qui traite de questions
relatives à l'exploitation des assurances.
3. Commissaire aux comptes
Surveille les opérations de l'entreprise, il est composé de l'agent de cours
de compte et du ministère de finance.
B. Après la reforme
La SONAS est structurée comme suit :
1. L'Assemblée Générale
C'est l'organe qui va remplacer le Conseil d'Administration elle a aussi
comme membres :
- le délégué de la présidence ;
- le délégué de la primature et
- Le délégué du ministère de tutelle
2. La Direction Générale
- Directeur Général (DG) et
- Directeur Général Adjoint (DGA)
B.1. Structure fonctionnelle de la SONAS
La Direction Générale est composée de :
- Directions techniques
- Directions fonctionnelles
A. Les Directions Techniques
Les Directions Techniques s'occupent des opérations courantes de la
gestion de police d'assurance, des opérations de coassurances et
traitement de dossiers des sinistres de l'entreprise.
31
Nous avons dans cette catégorie des directions ci-après :
- Direction automobile
Cette Direction s'occupe des opérations des assurances automobiles, elle
est donc chargée de faire de la souscription d'assurance de véhicule
automoteur.
- Direction Transport
Cette direction s'occupe des assurances transport (maritime, aérien).
- Direction vie
Elle s'occupe des assurances vie.
- Direction incendie, accident et risque divers
o Incendie
Elle s'occupe des opérations des assurances des incendies qui frappent les
patrimoines immobiliers.
o Accident et risque divers
Elle s’occupe des opérations des assurances scolaires, sportif, risque de
chantier, etc.
- Direction de réassurance
Elle s'occupe du placement des affaires souscrites par la SONAS auprès
des réassureurs.
B. Les Directions Fonctionnelles
Les Directions Fonctionnelles accompagnent les Directions Techniques.
Ces Directions Fonctions sont :
- La Direction des Services Généraux
Elle s'occupe de gestion de carrière du personnel et de tous les problèmes
administratifs.
- La Direction de Comptabilité
Elle contrôle toutes les opérations financières, contrôle les documents
comptables et élabore le bilan.
32
- La Direction de l'Audit
Elle s'occupe du contrôle de diverses opérations de la société.
- La Direction Médicale
Elle s'occupe de la santé des personnelles de la SONAS et des membres de
leurs familles.
- Direction Juridique
Elle s'occupe de la gestion de contentieux entre la SONAS et les tiers bref
de tous les problèmes juridiques.
- Direction Financière
Budgétise toutes les opérations financières, gère toutes les opérations
bancaires, élabore le budget.
- Direction Informatique
Elle fait l'étude de l'organisation de structure des audits sur l'organisation
et la gestion de traitement automatique des données.
2.2. Organigramme de la SONAS