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Ce document est un support de cours pour une introduction à l'étude du droit, destiné aux étudiants de Licence 1 en Côte d'Ivoire. Il aborde des concepts fondamentaux tels que la définition du droit, ses caractères, ses branches, ainsi que les sources du droit et les juridictions ivoiriennes. Le cours vise à maîtriser les règles de base du droit et comprend des chapitres détaillés sur divers aspects juridiques.

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SUPPORT DE COURS

UE : INTRODUCTION A
L’ETUDE DU DROIT

LICENCE 1

Equipe Pédagogique

DROIT

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Formation – Placement - Consultance


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23, Boulevard de la République -Plateau Régime d’Imposition : Réel Normal
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

CHAPITRE 1 : LA NOTION DE DROIT ............................................................ 4


I- LA DEFINITION DU DROIT ..................................................................... 4
II- LES CARACTERES DU DROIT OBJECTIF ......................................... 4
III- LES BRANCHES DU DROIT................................................................... 5
CHAPITRE 2 : LES SOURCES DU DROIT ..................................................... 10
I- LES SOURCES PRINCIPALES ................................................................... 10
II-LES SOURCES SECONDAIRES ................................................................ 14
CHAPITRE 3 : LES JURIDICTIONS IVOIRIENNES ET LE PERSONNEL
JUDICIAIRE ........................................................................................................... 18
I- LES JURIDICTIONS IVOIRIENNES ET LES PRINCIPES LES
REGISSANT........................................................................................................ 18
II- LE PERSONNEL JUDICIAIRE .................................................................. 23
CHAPITRE 4 : LA PROCEDURE CIVILE ........................................................ 28
I- LE DECLENCHEMENT DE LA PROCEDURE........................................ 28
II- LES MODES DE SAISINE DU TRIBUNAL ET LE DEROULEMENT
DU PROCES ........................................................................................................ 30
III- LES VOIES DE RECOURS JURIDICTIONNELLES ........................... 32
CHAPITRE 5 : L’EXISTENCE JURIDIQUE DE LA PERSONNE
PHYSIQUE .............................................................................................................. 36
I- LE DEBUT ET LA FIN DE LA PERSONNALITE JURIDIQUE ............ 36
II- LES CAS D’INCERTITUDE SUR L’EXISTENCE DE LA
PERSONNALITE JURIDIQUE ....................................................................... 37
CHAPITRE 6 : L’IDENTIFICATION DE LA PERSONNE PHYSIQUE ..... 42
I- LE NOM ......................................................................................................... 42
II- LE DOMICILE ........................................................................................... 45
III- LA NATIONALITE .................................................................................. 47
CHAPITRE 7 : LA CAPACITE JURIDIQUE .................................................... 52
I- DEFINITIONS ................................................................................................ 52
II- LES PERSONNES INCAPABLES ............................................................. 52

1
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

CHAPITRE 8 : LES PERSONNES MORALES ................................................ 57


I- DEFINITION ................................................................................................ 57
II- EXISTENCE DE LA PERSONNE MORALE ........................................... 57
III- L’IDENTIFICATION DE LA PERSONNE MORALE ......................... 58
IV- LA CLASSIFICATION DES PERSONNES MORALES ................... 59
CHAPITRE 9 : LES DROITS ET LES BIENS ................................................... 63
I- LES DROITS ................................................................................................... 63
II- LES BIENS..................................................................................................... 67
CHAPITRE 10 : LES OBLIGATIONS ............................................................... 73
I- DEFINITION................................................................................................... 73
II- LA CLASSIFICATION DES OBLIGATIONS ........................................ 73
III- LES SOURCES DES OBLIGATIONS ..................................................... 74
CHAPITRE 11: LA CLASSIFICATION DES CONTRATS........................... 78
I- DEFINITION................................................................................................... 78
II- LA CLASSIFICATION DES CONTRATS .............................................. 78
CHAPITRE 12: LES CONDITIONS DE FORMATION ................................ 85
ET LES EFFETS DES CONTRATS .................................................................... 85
I- LES CONDITIONS DE FORMATION DES CONTRATS.................... 85
II- LES EFFETS DES CONTRATS .................................................................. 90
CHAPITRE13: LA RESPONSABILITE CIVILE .............................................. 95
I- LA NOTION DE RESPONSABILITE CIVILE ......................................... 95
II- LES REGIMES DE RESPONSABILITE DELICTUELLE ...................... 95
III- LES CONDITIONS DE MISE EN ŒUVRE DE LA
RESPONSABILITE DELICTUELLE ............................................................... 97
IV. LA REPARATION DU DOMMAGE....................................................... 99
SUJETS EXAMENS TERMINAUX .................................................................. 102

2
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

OBJECTIF GENERAL

Maitriser les règles de base du droit.

VOLUME HORAIRE TOTAL :


50 Heures

BIBLIOGRAPHIE
- François Terré, Introduction à l’étude du droit, Paris, Dalloz 1966
- J. Carbonnier J. Droit civil : Introduction, Paris, PUF, Collection Thémis,
1997
- Anne-Marie ASSI-ESSO, Précis de droit civil : Les personnes et la famille,
UIBA, 2009 ;
- F. MeledjeDjédjro, Introduction à l’étude du droit, ABC 2008.
- BONY Serge Roland, cours de droit civil : Les obligations, coll. ABC 2009
- Site internet [Link]

SOURCES DES RECHERCHES


- CDN : Lois et Codes de Côte d’Ivoire

- Bibliothèque

- [Link]
-Site internet [Link]

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

CHAPITRE 1 : LA NOTION DE DROIT

OP : Identifier les caractères et les branches du droit

Le droit est un phénomène inhérent à toute société humaine. L’étude de la notion


de droit, préalable à notre cours portera sur la définition du droit (I), ses caractères
(II) et ses branches (III).

I- LA DEFINITION DU DROIT

Le mot droit peut être défini de deux manières. Il existe d’une part la
définition objective et d’autre part la définition subjective.

A- LE DROIT OBJECTIF
Le droit est l’ensemble des règles de conduite humaine élaborées par l’Etat
afin de régir les relations sociales et dont le non-respect est sanctionné par la
puissance publique (police, gendarmerie, justice).
Ex : le droit d’un Etat donné, tel que le droit ivoirien, le droit malien ; le droit
civil, le droit commercial, etc.

B - LE DROIT SUBJECTIF ou LES DROITS


Le droit subjectif est l’ensemble des prérogatives (privilèges ou avantages)
reconnues par le droit objectif à un individu et qui lui permet de jouir d’une
chose, d’une valeur ou d’exiger d’autrui une prestation.
Ex: le droit de propriété est celui reconnu par la loi à une personne sur une
chose ; le droit de créance est celui que le créancier a contre son débiteur.

II- LES CARACTERES DU DROIT OBJECTIF


Le droit présente plusieurs caractères.

A- LE CARACTERE ETATIQUE
Le droit est élaboré par l’Etat qui veille à son application. Nul n’a le droit de
se faire justice. Seul l’Etat édicte la règle de droit et prévoit la sanction en cas
de non-respect.
B- LE CARACTERE GENERAL ET IMPERSONNEL
Le caractère général signifie que le droit s’applique à tous de la même manière
sans distinction. Personne n’échappe à l’application du droit qu’on soit
gouvernant ou gouverné.

4
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

Mais seulement, certains gouvernants bénéficient de certaines immunités


notamment les présidents, les ministres, les ambassadeurs pendant l’exercice
de leurs fonctions. Ils peuvent être poursuivis lorsqu’ils ne seront plus en
fonction pour les infractions commises pendant l’exercice de leurs fonctions.
Le caractère impersonnel signifie que le droit n’est pas élaboré pour un
individu identifié à l’avance ou nommément désigné ; cependant, il peut être
élaboré en visant une catégorie de personnes prise de façon générale.
Ex : les étrangers, les mineurs.

C- LE CARACTERE OBLIGATOIRE ET COERCITIF

Le caractère obligatoire signifie que le droit s’impose à tous. Il s’applique aux


individus, même s’ils n’en connaissaient pas l’existence.
Le caractère coercitif signifie que le respect du droit peut être imposé et son
non-respect sanctionné par la force publique.

D- LE CARACTERE PERMANENT
La règle de droit s’applique tant qu’elle n’est pas abrogée (supprimée). La non
application d’une règle de droit même prolongée (appelée la désuétude)
n’entraîne pas abrogation de celle-ci.

III-LES BRANCHES DU DROIT


Le droit est divisé en deux principales branches : le droit public et le droit
privé.

A- LE DROIT PUBLIC
C’est la branche du droit qui s’intéresse à l’Etat et à l’administration ainsi qu’à
leurs rapports avec les citoyens. Ses principales disciplines sont:

1- Le droit constitutionnel
C’est l’ensemble des règles juridiques qui régissent l’organisation politique de
l’Etat et le fonctionnement des institutions politiques (gouvernement, assemblée
nationale, etc.)

2- Le droit administratif
C’est l’ensemble des règles juridiques relatives au fonctionnement des
services publics étatiques et des collectivités publiques ainsi qu’à leurs
rapports avec les administrés.

5
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

3- Le droit financier ou droit des finances publiques


C’est l’ensemble des règles juridiques qui se rapportent aux finances de l’Etat.
Il se compose du droit fiscal qui élabore les règles relatives à la détermination
de l’impôt et son recouvrement et du droit budgétaire qui détermine les
ressources et les dépenses de l’Etat qui constituent le budget.

4- Le droit international public


C’est l’ensemble des règles juridiques régissant les rapports entre les Etats
souverains ou entre les organisations internationales.

B- LE DROIT PRIVE
C’est la branche du droit qui s’intéresse aux rapports entre particuliers. Ses
principales disciplines sont :

1- Le droit civil
C’est l’ensemble des règles juridiques qui régissent les rapports entre les
particuliers. C’est le droit commun du droit privé. Il s’applique au mariage,
aux successions, à la filiation, etc.

2- Le droit commercial
C’est le droit applicable aux actes de commerce, aux sociétés commerciales et
aux commerçants dans l’exercice de leurs activités commerciales.
Depuis 1998, il est essentiellement régi en Côte d’Ivoire par les actes
uniformes adoptés dans le cadre du traité de l’OHADA (Organisation pour
l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires). Le droit commercial
actuellement applicable en Côte d’Ivoire est le même qui est en vigueur dans
les 16 autres Etats membres de l’OHADA.

3- Le droit international privé


Le droit international privé est l’ensemble des règles juridiques régissant les
rapports des particuliers au plan international.
Ex : le mariage entre un ivoirien et une française (différentes nationalités) est
régi par le droit international privé.

6
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

REMARQUE : Il y a des disciplines qui appartiennent à la fois au droit privé


et au droit public. Ce sont des matières de droit mixte. Il s’agit principalement
du droit pénal et du droit du travail.

Le droit pénal est le droit qui détermine les infractions ainsi que les peines
qui leur sont applicables. Il relève du droit mixte parce qu’il est mis en œuvre
par l’Etat et s’applique aux personnes privées.
Le droit du travail ou droit social est l’ensemble des règles juridiques
applicables aux rapports entre employeurs et salariés. Il relève du droit mixte
parce qu’il régit les rapports entre des personnes privées mais est influencé
par des mesures d’ordre étatique, notamment par l’intermédiaire de
l’administration du travail.

I/ TRAVAIL DE RECHERCHE
Distinguez le droit des autres règles de conduites sociales :
- La morale ;
- La religion ;
- Et les règles de bienséance

II/ EXERCICES

A) COCHEZ LES DEUX BONNES REPONSES


1) Font partie des disciplines de droit mixte :
a) Le droit constitutionnel
b) Le droit pénal
c) Le droit administratif
d) Le droit du travail
e) Le droit financier
2) Parmi les caractères de la règle de droit, nous avons le caractère :
a) Temporaire
b) Permanent
c) Personnel
d) Général
e) Facultatif
3) Quel caractère de la règle de droit signifie qu’elle émane d’une
autorité publique ? C’est :
a) Temporaire

7
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

b) Permanent
c) Etatique
d) Facultatif
4) Fait partie des matières de droit public :
a) Le droit civil
b) Le droit constitutionnel
c) Le droit commercial
d) Le droit international privé

B) COMPLETEZ LES PHRASES SUIVANTES AVEC LE(S) MOT(S)


MANQUANT(S)

Le caractère obligatoire de la règle de droit signifie qu’elle


…………………………… à tous.

Le caractère général de la règle de droit signifie qu’elle


……………………… à tous de la même manière sans distinction.

C) REPONDEZ PAR VRAI OU FAUX ET JUSTIFIEZ


1) Le droit du travail est exclusivement une matière de droit public.
2) Le mariage civil est régi par le droit commercial.

D) INDIQUEZ POUR CHAQUE MATIERE LA BRANCHE DU DROIT


CORRESPONDANTE

MATIERE BRANCHE DU DROIT


DROIT CIVIL
DROIT PENAL
DROIT CONSTITUTIONNEL
DROIT COMMERCIAL
DROIT ADMINISTRATITIF

8
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

9
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

CHAPITRE 2 : LES SOURCES DU DROIT

OP : Identifier les différentes sources du droit

L’expression « sources du droit » désigne l’ensemble des règles juridiques


applicables dans un Etat et les procédés de leur mise en place. Ces sources sont
classées en deux groupes : les sources principales ou sources directes et les
sources secondaires ou sources indirectes.

I- LES SOURCES PRINCIPALES


On les appelle ainsi, parce qu’elles énoncent elles-mêmes des règles de droit.
Elles sont nombreuses et sont classées par ordre hiérarchique.

A- LA CONSTITUTION

La Constitution est la loi fondamentale de l’Etat qui détermine l’organisation,


le fonctionnement de l’Etat et la transmission du pouvoir étatique.
C’est elle qui fixe les règles relatives aux institutions de l’Etat et régit les
rapports entre elles. Toutes les lois de l’Etat doivent lui être conformes.
De manière générale, la constitution est élaborée par des commissions
spéciales et adoptée par référendum. Le referendum est l’acte par lequel, le
peuple participe directement à la prise de décision dans l’Etat.
B- LES TRAITES OU CONVENTIONS INTERNATIONALES

Le traité est un accord conclu entre Etats ou des sujets de droit au plan
international en vue de produire des effets de droit dans leurs relations.
Le traité international entre dans l’ordre juridique interne après sa ratification
par les Etats ou les sujets signataires.

La ratification est l’approbation ou la signature d’un traité par les autorités


compétentes pour engager internationalement l’Etat. En Côte d’Ivoire, la
ratification est faite par le Président de la République après consultation de
l’Assemblée Nationale.

Ex: Le Traité de Lagos de mai 1975 instituant la Communauté Economique


des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

10
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

C- LE DROIT COMMUNAUTAIRE
Il est constitué d’un ensemble de règles juridiques qui s’applique à un
ensemble d’Etats qui forment une communauté. On peut citer :
 Les actes uniformes adoptés dans le cadre du Traité OHADA
(Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires) ;
 Le droit dérivé de la CIMA (Conférence inter africaine des marchés
d’assurance).

D- LA LOI ORDINAIRE
Au sens large, le mot loi désigne toute règle de droit. Mais au sens restreint,
c’est l’ensemble des textes votés par le parlement et promulgués par le
Président de la République.
Depuis la création du sénat le parlement ivoirien est composé de deux
chambres que sont l’assemblée nationale et le sénat. On dit qu’il et
bicaméral. Le Sénat assure la représentation des collectivités territoriales et
des Ivoiriens établis hors de Côte d'Ivoire.
Deux tiers des 99 sénateurs (66 sénateurs) sont élus au suffrage universel
indirect. Le tiers restant (33 sénateurs) est désigné par le président parmi les
Ivoiriens reconnus pour leur expertise et compétence dans les domaines
politique, administratif, économique, scientifique, culturel, sportif,
professionnel et social. Le mandat des sénateurs est de cinq ans.

1-Les étapes d’élaboration de la loi


1e étape : L’initiative de la loi
La prise de décision d’élaborer la loi appelée l’initiative de la loi peut émaner
du pouvoir exécutif ou du pouvoir législatif. Dans le premier cas, lorsque
l’initiative est prise par le pouvoir exécutif, on parle de projet de loi et dans
le second cas, on parle de proposition de loi. Ensuite, le projet ou la
proposition de loi est transmis au parlement pour examen.

2éme étape : L’examen, le vote et l’adoption de la loi


Les projets et propositions de loi sont déposés à la fois sur le bureau de
l’Assemblée nationale et du Sénat en vue de l’adoption d’un texte unique.
Les projets et propositions de loi sont examinés par les commissions de
chaque chambre.

11
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

Une chambre, saisie d’un texte voté par l’autre chambre, délibère sur le texte
qui lui est transmis.
Le projet de loi de finances est soumis en premier à l’Assemblée nationale.
Quant aux projets ou propositions de loi relatifs aux collectivités territoriales,
ils sont soumis en premier au Sénat.
En cas de désaccord entre les deux chambres, le Président de la République
peut provoquer la réunion d’une commission mixte paritaire chargée de
proposer un texte sur les dispositions restant en discussion.
Si le désaccord persiste, le PR demande à l’AN de statuer définitivement sur
le texte.
Après l’adoption définitive, la loi est transmise au Président de la République
pour être promulguée.

3eme étape : La promulgation de la loi


La promulgation est l’acte par lequel le Président de la République atteste de
l’existence de la loi et la rend exécutoire.
Le délai normal de promulgation est de 30 jours à compter de la transmission
du texte définitivement adopté. En cas d’urgence, ce délai est réduit à 5 jours.
Une loi non promulguée par le Président de la République jusqu’à
l’expiration des délais prévus est déclarée exécutoire par le Conseil
Constitutionnel, saisi par le Président de l’une des deux chambres du
Parlement, si elle est conforme à la Constitution.

4eme Etape : La publication de la loi


La loi entre en vigueur après sa publication.
La publication est l’acte par lequel la loi est portée à la connaissance du
peuple.

 La procédure de publication : Elle se fait généralement par insertion au


Journal Officiel de la République de Côte d’Ivoire (JORCI). En cas d’urgence,
elle se fait par voie d’affichage ou par voie radiodiffusée et entre en vigueur
dès le lendemain.
 Les effets de la publication :
 Trois (03) jours francs après sa parution dans le JORCI, la loi devient
obligatoire pour tous les citoyens. Elle s’applique à tous et ne doit être
ignorée de personne comme le dit l’adage « nul n’est censé ignorer la loi ».

12
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

 Le principe de la non rétroactivité de la loi : C’est le principe selon


lequel la nouvelle loi ne s’applique pas aux faits ou situations antérieur(e)s à
son entrée en vigueur : on dit que la loi n’est pas rétroactive.
Elle s’applique aux faits postérieurs à son entrée en vigueur. Elle produit
seulement ses effets pour l’avenir.

Mais il y a des exceptions au principe de la non rétroactivité de la loi.


 Lorsque la nouvelle loi dans ses dispositions prévoit sa rétroactivité ;
 En matière pénale, lorsqu’il y a une affaire pendante et que la nouvelle
loi est plus douce que l’ancienne loi.

2- L’extinction de la loi
La loi s’éteint par abrogation. L’abrogation est la suppression d’une règle de
droit pour l’avenir par l’adoption d’une nouvelle règle de droit.
L’abrogation est soit explicite ou expresse, soit tacite.
L’abrogation est explicite ou expresse lorsqu’une nouvelle loi dit clairement
que l’ancienne loi est abrogée.

L’abrogation est tacite lorsque la nouvelle loi, sans mentionner l’abrogation


de l’ancienne, prévoit des dispositions qui lui sont totalement contraires.

E - LES REGLEMENTS ADMINISTRATIFS

Ce sont les décisions prises par le pouvoir exécutif et ses démembrements.


On distingue :

1°) Les ordonnances : Ce sont des actes juridiques pris par le Président de la
République avec l’accord de l’Assemblée Nationale dans un domaine qui est
réservé à la loi. Le pouvoir de prendre des ordonnances est limité dans sa
durée et dans son objet.
2°) Les décrets : Ce sont des décisions émanant du chef de l’État et ayant une
portée individuelle ou générale.

13
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

3°) Les arrêtés : ce sont les décisions émanant des autorités administratives :
Les ministres, les maires et les préfets. Ces décisions sont attaquables devant
la chambre administrative de la cour suprême pour excès de pouvoir.
4°) Les circulaires ou notes de services : ce sont des instructions de service
écrites adressées par une autorité supérieure à des agents subordonnés en
vertu de son pouvoir hiérarchique.

II-LES SOURCES SECONDAIRES

On les appelle ainsi, parce qu’elles influencent la formation des sources


principales ou directes ou les interprètent. Ce sont des sources qui viennent
compléter le manque de lois dans certains domaines.
Nous avons entre autres :

A- LA JURISPRUDENCE

C’est l’ensemble des solutions ou décisions rendues par les tribunaux sur des
questions de droit et appliquées de manière constante.
En effet, le juge qui est sais d’un litige a l’obligation de se prononcer
conformément à l’article 4 du Code Civil qui dispose que : « le juge qui refusera
de juger sous prétexte du silence, de l’obscurité, ou de l’insuffisance de la loi, pourra
être poursuivi comme coupable de déni de justice ».
Un déni de justice est un délit pénal qui consiste à manquer à son devoir de
dire le droit par le juge en prétextant du silence, de l’obscurité ou de
l’insuffisance de la loi.
La jurisprudence joue trois rôles : elle interprète (éclaircit) la loi lorsqu’elle est
obscure, l’adapte lorsqu’elle est dépassée et la supplée en cas de vide
juridique.
En définitive, la jurisprudence est citée comme une source du droit car de
manière indirecte, le juge contribue à la création du droit grâce à son pouvoir
d’interprétation, d’adaptation et de suppléance de la loi.

B- LA COUTUME

Ce sont les habitudes, les pratiques constantes considérées par une


communauté comme règle de droit. La coutume est composée d’un élément

14
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

matériel (la pratique) et d’un élément psychologique (la crainte du caractère


obligatoire de la pratique).
La coutume constitue une source du droit lorsque la loi renvoie à elle. La
coutume peut suppléer la loi lorsque celle-ci n’existe pas dans un domaine
donné. La coutume contraire à la loi est interdite.

Exemple de coutume : l’interdiction d’exploiter les forêts sacrées.

C- LA DOCTRINE
C’est l’ensemble des avis émis par les spécialistes du droit. Elle se retrouve
dans les livres ou les commentaires d’arrêts.
Elle n’est pas une véritable source du droit mais plutôt une source
d’inspiration pour le législateur dans la création des normes juridiques.

TRAVAIL DE RECHERCHE

LE POUVOIR NORMATIF DU MAIRE

EXERCICES

I) COCHEZ LES DEUX BONNES REPONSES


1) Font partie des sources directes du droit :
a) La coutume
b) La doctrine
c) La loi
d) Les règlements administratifs
e) La jurisprudence
2) Les éléments constitutifs de la coutume sont :
a) L’élément matériel
b) L’élément légal
c) L’élément intentionnel
d) L’élément immatériel
e) L’élément psychologique
3) Les institutions parlementaires sont :
a) Le Conseil Economique et Social
b) L’Assemblée Nationale
c) Le Conseil Constitutionnel
d) Le Conseil d’Etat
e) Le Sénat

15
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

II) COCHEZ LA BONNE REPONSE


1) Le canal normal de publication de la loi est le journal :
a) Télévisé.
b) Radiodiffusé
c) Officiel
d) D’annonces légales
2) Le projet de loi de finances est soumis en premier :
a) Au Sénat
b) Au Conseil d’Etat
c) A la Cour de cassation
d) A l’Assemblée Nationale
3) En cas de refus du PR de se prononcer, la loi est promulguée par :
a) La Cour de Cassation
b) Le Conseil d’Etat
c) Le Conseil Constitutionnel
d) La Cour d’Appel
4) La doctrine est l’ensemble des :
a) Décisions des tribunaux
b) Réflexions des spécialistes du droit
c) Principes régissant les juridictions
d) Voies de recours juridictionnels
5) Le déni de justice est constitué par :
a) L’absence de loi en la matière
b) Le refus du juge de se prononcer
c) L’empêchement du juge de décider
d) L’impossibilité du préfet de décider

III) COMPLETEZ LES PHRASES SUIVANTES AVEC LE(S) MOT(S)


MANQUANT(S)

L’ordonnance relève à la fois du pouvoir………………….. et du


pouvoir ……………………………..

L’arrêté est une décision prise par les autorités ………………………


………………

16
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

IV) REPONDEZ PAR VRAI OU FAUX ET JUSTIFIEZ

1) Le délai normal de promulgation excède 5 jours.


2) La ratification d’un traité international relève de la compétence du
ministre de la justice.
3) La loi ordinaire revêt trois sens.

V) CAS PRATIQUE

Saisies par le ministre du commerce pour contrer l’augmentation des


prix, les deux chambres du parlement n’arrivent pas à se mettre d’accord
sur les effets de l’initiative du ministre.

1) Qualifiez juridiquement l’initiative de la loi du ministre du


commerce ?
2) L’une des chambres du parlement pouvait-elle être saisie avant
l’autre ? Justifiez votre réponse.
3) A quelle condition l’Assemblée Nationale pourrait-elle être saisie
en premier ?
4) A quelle condition le Sénat pourrait-il être saisi en premier ?
5) Le désaccord entre les deux chambres du parlement peut-il
connaitre une solution ? Justifiez votre réponse.

17
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

CHAPITRE 3 : LES JURIDICTIONS IVOIRIENNES ET LE PERSONNEL


JUDICIAIRE

OP: Identifier les différentes juridictions et le personnel judiciaire

Dans un Etat de droit, nul ne peut se rendre justice. C’est l’Etat par le biais
des juridictions qui fait régner l’ordre dans la société en tranchant les
litiges. L’ensemble des juridictions et le personnel qui y intervient
constituent l’organisation judiciaire. Aussi, importe-t-il de connaître les
différentes juridictions ivoiriennes ainsi que les principes les régissant et
le personnel judiciaire.

I- LES JURIDICTIONS IVOIRIENNES ET LES PRINCIPES LES


REGISSANT
Une juridiction est une institution dont le rôle est de dire le droit. Les
juridictions sont diverses et sont régies par un certain nombre de principes
fondamentaux.

A- LES PRINCIPES REGISSANT LES JURIDICTIONS IVOIRIENNES


Ces principes sont :

1- Le principe de l’unité de juridiction

Selon ce principe, tous les tribunaux sont compétents pour juger toutes
sortes de litiges qu’elle qu’en soit la matière, sauf si la loi dit le contraire.
Les tribunaux ont en leur sein des chambres. Ainsi, le tribunal de première
instance d’Abidjan-Plateau est compétent pour connaître d’une affaire
civile en sa chambre civile, d’une affaire administrative en sa chambre
administrative, d’une affaire pénale en sa chambre correctionnelle.

2- Le principe de l’égalité des citoyens devant la justice


Ce principe signifie que devant la justice, tous les hommes sont égaux. Il
en découle que la justice doit traiter de la même façon des individus qui
sont dans la même situation.

18
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

3- Le principe de la neutralité des tribunaux ou de l’impartialité des


juges

Il signifie que les magistrats doivent avoir une position de neutralité lors
de la prise de leur décision.

4- Le principe de la gratuité des services de la justice

Ce principe ne signifie pas que l’accès aux services de la justice est gratuit.
Il signifie plutôt que les parties à un procès ne paient aucune rémunération
au juge.

5- Le principe de la séparation des pouvoirs


Il signifie qu’il existe une séparation entre les pouvoirs législatif, exécutif
et judiciaire. Pour ce faire, le pouvoir de voter la loi revient au pouvoir
législatif ; celui de gouverner, au pouvoir exécutif et le pouvoir de juger
revient au pouvoir judiciaire. Le principe de la séparation des pouvoirs
implique l’indépendance du pouvoir judiciaire par rapport aux deux
autres pouvoirs.

6- Le principe de la collégialité des magistrats

Il signifie qu’une décision de justice doit être rendue par un ensemble d’au
moins trois magistrats. C’est un gage d’impartialité.

7- Le principe du double degré de juridiction ou de la hiérarchisation des


juridictions
C’est le principe qui permet à une personne qui n’est pas satisfaite d’un
premier jugement, de porter l’affaire devant une juridiction hiérarchiquement
supérieure pour qu’elle soit à nouveau jugée.

8- Le principe de la territorialité
C’est le principe selon lequel les magistrats exercent leurs fonctions dans
une circonscription juridictionnelle bien délimitée. Ce principe connait une

19
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

exception qui est celui de la commission rogatoire. La commission rogatoire


est l’acte par lequel un magistrat délègue ses pouvoirs à un autre magistrat
ou à un officier de police judiciaire, pour qu’il exécute à sa place un acte
d’instruction.

B- LES JURIDICTIONS IVOIRIENNES


Il existe en Côte d’Ivoire les juridictions ordinaires et les juridictions
spécialisées.

1- Les juridictions ordinaires ou juridictions de droit commun


Ce sont celles qui sont compétentes pour connaître de tous les litiges
quelle que soit leur nature (civile, administrative, fiscale…). Elles se
composent des Tribunaux de Première Instance (TPI) et leurs sections
détachées, des Cours d’Appel et des Juridictions Suprêmes.

a- Les tribunaux de première instance(TPI) et leurs sections détachées.

Les TPI et leurs sections détachées constituent le premier degré de


juridiction. Ils sont compétents pour connaitre en premier ressort, c’est-à-dire
pour la première fois, les affaires qui leur sont soumises par les justiciables.
En matière civile, ils statuent en premier et dernier ressort pour les affaires
dont la valeur pécuniaire est inférieure ou égale à cinq cent mille (500 000 F).
« Statuer en premier et dernier ressort » signifie que le plaideur insatisfait ne
peut pas interjeter appel ; il peut néanmoins saisir directement la juridiction
suprême au moyen d’un pourvoi en cassation.

Les TPI sont dirigés par les magistrats qui rendent des décisions appelées
jugements.

L’initiateur de l’action en justice devant un TPI s’appelle le demandeur ou


la demanderesse et son adversaire est appelé le défendeur ou la défenderesse.
Les TPI sont divisés en chambre : la chambre civile, la chambre administrative
et la chambre pénale. A côté des TPI, il existe les sections détachées de
tribunaux. Ce sont des représentations du TPI dans certaines localités. Leur

20
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

création est justifiée par la nécessité de rapprocher les citoyens des tribunaux
et combler le manque de personnel judiciaire.
Exemples : TPI Abidjan- Plateau, TPI Abidjan- Yopougon, TPI de Bouaké, TPI
Daloa, TPI Gagnoa, TPI Korhogo, TPI Man, TPI Abengourou …

b- Les Cours d’Appel


Elles constituent les juridictions de second degré. Lorsque la partie non
satisfaite saisit la Cour d’Appel, on dit qu’elle fait appel ou interjette appel. Le délai
pour faire appel est de un (1) mois à partir de la signification de la décision. La
partie qui saisit la Cour d’Appel s’appelle l’appelant et celui qui est convoqué
s’appelle l’intimé. La Cour d’Appel statue une seconde fois sur l’affaire comme si
elle n’avait jamais été jugée auparavant par un TPI ou une section détachée. Les
décisions rendues par la Cour d’Appel sont appelées des arrêts.
Il existe 4 cours d’appel en Côte d’Ivoire :
 La Cour d’Appel d’Abidjan
 La Cour d’Appel de Bouaké
 La Cour d’Appel de Daloa
 La Cour d’Appel de Korhogo
Les arrêts qu’elles rendent peuvent être attaqués devant la Cour de
Cassation ou le Conseil d’Etat.

c- Les Juridictions suprêmes


Les juridictions suprêmes veillent à l’application de la loi par les
juridictions de l’ordre judiciaire et de l’ordre administratif. Ce sont la Cour de
Cassation et le Conseil d’Etat.
 La Cour de Cassation : elle est la plus haute juridiction de l’ordre
judiciaire qui statue en dernier ressort sur les décisions rendues par les
Cours et Tribunaux de l’ordre judiciaire,
 Le Conseil d’Etat : elle est la plus haute juridiction de l’ordre
administratif qui statue en dernier ressort sur les décisions rendues par
les Tribunaux Administratifs et par les juridictions administratives
spécialisées en matière de contentieux administratif.

Lorsqu’une Juridiction Suprême est saisie, elle ne juge pas à nouveau


l’affaire, elle n’examine plus les faits. Elle vérifie si les premiers juges ont fait

21
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

une bonne application de la loi, s’ils ont bien jugé. C’est pourquoi on dit que
les Juridictions Suprêmes sont juges de droit et non juges des faits. Elles ne
sont donc pas un troisième degré de juridiction.
On saisit les Juridictions Suprêmes en formant un pourvoi en cassation. Le
délai pour le faire est d’un mois (1) à partir de la signification de la décision.
La partie qui saisit l’une des Juridictions suprêmes est le demandeur ou la
demanderesse, celle qui est convoquée est le défendeur ou la défenderesse.
Les décisions des Juridictions Suprêmes sont appelées des arrêts.

2- Les juridictions spécialisées ou juridictions d’exception


Ce sont celles qui jugent les litiges pour lesquels la loi leur attribue
expressément compétence. Ce sont :

 Le Tribunal militaire : Il est compétent pour juger les militaires, les


policiers, les gendarmes, etc. pour les fautes commises dans l’exercice de leur
fonction.

 Le Conseil Constitutionnel : il est chargé de :


 Contrôler la conformité des lois et des traités internationaux à la
constitution ;

 Connaître du contentieux résultant des élections législatives et


présidentielles ;

 Constater la vacance de la présidence de la république ;

 La Haute Cour de Justice : Elle est animée par des députés assistés par
des magistrats. Elle est compétente pour juger le Président de la République
pour haute trahison et les ministres pour les crimes et délits commis dans
l’exercice de leurs fonctions ;

 Le tribunal criminel pour mineurs : il connaît des infractions commises


par les mineurs ;

 Le tribunal du travail : il est chargé de juger les litiges entre employeurs


et employés du secteur privé. Le Tribunal du travail statue en premier et

22
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

dernier ressort lorsque l’intérêt du litige n’excède pas 10 fois le SMIG


mensuel;

 Les juridictions commerciales : elles comprennent le Tribunal de


Commerce d’Abidjan et la Cour d’Appel de Commerce d’Abidjan.
Elles sont compétentes pour connaitre des litiges relatifs aux commerçants et
aux actes de commerce.
Le Tribunal de Commerce statue en premier et dernier ressort sur toutes les
affaires dont l’intérêt du litige n’excède pas 25 .000.000 F CFA.

Le système judiciaire ivoirien tel que décrit est animé par différents acteurs
qui constituent le personnel judiciaire.

II- LE PERSONNEL JUDICIAIRE


C’est l’ensemble des personnes qui concourent au bon fonctionnement de la
justice.

A- LES MAGISTRATS

Ce sont les fonctionnaires assermentés compétents pour dire le droit au


Tribunal. Il y a deux sortes de magistrats :

1- Les magistrats du siège ou magistrats assis

On les appelle ainsi car ils rendent les décisions de justice en étant assis. Ils
ont pour fonction de diriger les audiences et de rendre les décisions.
Lorsqu’ils sont saisis d’un litige, ils ont l’obligation de rendre une décision
sous peine de déni de justice. Le déni de justice est le refus d’un juge de
trancher un litige sous prétexte qu’il n’existe pas de loi en la matière.
Dans l’exercice de leurs fonctions, ils sont indépendants, c’est-à-dire qu’ils
ne reçoivent d’ordre de personne ; ils sont inamovibles, car ils ne peuvent être
mutés contre leur gré.

23
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

2- Les magistrats du parquet ou magistrats debout


On les nomme ainsi parce qu’à la différence des magistrats du siège qui
sont assis lors des audiences, les magistrats du parquet interviennent en étant
débout lors des audiences. Les magistrats du parquet sont aussi appelés le
ministère public. Le parquet est dirigé par le Procureur de la République au
niveau des TPI et du Procureur Général au niveau des Cours d’Appel et de la
Cour Suprême. Les magistrats debout représentent la société et défendent ses
intérêts. Ils sont les subordonnés du ministère de la justice.

B- LES AUXILIAIRES DE JUSTICE

L’auxiliaire de justice est un homme de loi dont la mission est destinée à


faciliter la marche de l’instance et la bonne administration de la justice. Les
auxiliaires de justice sont nombreux :

1) Les commissaires de justice

Ce sont les personnes assermentées agissant pour le compte d’autrui :


 Ils assignent les personnes devant le tribunal ;
 Ils signifient les décisions de justice ;
 Ils saisissent les biens des débiteurs insolvables ;
 Ils font des constats ;
 Ils procèdent à l’exécution des décisions de justice et au recouvrement
amiable des créances ;
 Ils sont chargés de faire l’estimation et la vente aux enchères publiques
les biens saisis afin de rembourser les créanciers.
Ce nouveau statut est le cumul des anciens statuts d’huissiers de justice et de
commissaire-priseur.

2) Les notaires

Ils sont assermentés pour rendre des actes authentiques c'est-à-dire


incontestables. Ils gèrent les successions et conservent les testaments. Ils
interviennent dans la constitution des sociétés et la vente d’immeubles.

24
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

3) Les avocats

Ce sont des personnes assermentées chargées de défendre leur client au


Tribunal. Ils ont une fonction de conseil, d’assistance et de représentation de
leur client. Ils font un travail libéral et sont soumis au code de déontologie des
avocats.
4) Les greffiers

Ce sont des fonctionnaires assermentés qui s’occupent de la gestion


administrative des tribunaux ; ils assistent les magistrats lors des audiences,
rédigent et délivrent les actes de justice et conservent les archives judicaires.

5) Les experts

Ce sont des spécialistes d’une matière non juridique dont le concours est
requis par le juge en vue d’un éclairage. Ex : le médecin légiste, l’expert-
comptable agréé…

EXERCICES
I)COCHEZ LES DEUX BONNES REPONSES
1) Comme rôle de la jurisprudence, nous avons :
a) Le rôle de connaissance
b) Le rôle d’interprétation
c) Le rôle d’explication
d) Le rôle d’instruction
e) Le rôle de suppléance
2) Parmi les juridictions ordinaires, nous avons :
a) La Cour des Comptes
b) La Haute Cour de Justice
c) La Cour d’Appel
d) La Cour de Cassation
e) Le Tribunal Militaire
3) Font partie du parquet ou ministère public :
a) Le Président du Tribunal
b) Le Procureur de la République
c) Le Président de la Cour d’Appel

25
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

d) L’Avocat Général
e) Le Président du Conseil d’Etat
4) Font partie des auxiliaires de justice :
a) Les commissaires de police
b) Les commissaires de justice
c) Les magistrats du siège
d) Les notaires
e) Les magistrats du parquet

II) COCHEZ LA BONNE REPONSE

1 ) Fait partie des juridictions ordinaires :

a) Le tribunal du travail
b) Le tribunal de première instance
c) La cour d’appel
d) Le conseil d’Etat
2) La partie qui interjette appel devant la cour d’appel est appelée :
a) Le demandeur à l’action
b) L’intimé
c) Le demandeur au pourvoi
d) L’appelant
3) Le magistrat de siège est :
a) Un auxiliaire direct de justice
b) Un auxiliaire indirect de justice
c) Un salarié
d) Un fonctionnaire d’Etat

III-REPONDEZ PAR VRAI OU FAUX ET JUSTIFIEZ


1) Une affaire peut être jugée deux fois.
2) Certaines affaires ne sont pas jugées par la Cour d’Appel.
3) Le Conseil constitutionnel est ne juridiction ordinaire.

26
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

27
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

CHAPITRE 4 : LA PROCEDURE CIVILE

OP : Identifier les conditions d’exercice de l’action en justice, les modes de


saisine des juridictions et les voies de recours

La procédure civile est l’ensemble des formalités qui doivent être suivies pour
parvenir à une solution juridictionnelle de nature civile.

I- LE DECLENCHEMENT DE LA PROCEDURE

Le déclenchement de la procédure se fait par l’action en justice. L’action en


justice est le pouvoir reconnu à un sujet de droit de s’adresser à une juridiction
pour obtenir le respect de ses droits. Pour saisir valablement une juridiction,
il faut remplir certaines conditions et déterminer la juridiction compétente.

A- LES CONDITIONS D’EXERCICE DE L’ACTION EN JUSTICE


Ces conditions sont les suivantes :
1- La capacité pour agir
Pour saisir valablement un tribunal, il faut avoir la capacité pour agir, c’est-à-
dire avoir l’aptitude à faire valoir soi-même ses droits en justice, à y être partie
agissante comme demandeur ou défendeur sans être représenté par un tiers,
par exemple un tuteur, exception faite de la représentation par un avocat. Par
conséquent, les mineurs et les majeurs incapables ne peuvent pas ester en
justice. Il faut ensuite avoir un intérêt pour agir.

2- L’intérêt pour agir


Celui qui veut saisir le tribunal doit avoir un intérêt juridiquement protégé.
Exemple : avoir subi un préjudice corporel (blessure), moral (atteinte au
sentiment d’affection ou d’honneur) ou matériel (dégâts).
3- La qualité pour agir

28
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

C’est le titre en vertu duquel l’on agit en justice : la qualité d’héritier, de


créancier, de propriétaire….
Lorsque nous remplissons ces conditions, nous devons saisir la juridiction
compétente.

B- LA JURIDICTION COMPETENTE
La compétence juridictionnelle se définit comme l’aptitude d’une juridiction
à connaître d’une affaire. On distingue la compétence matérielle, la
compétence territoriale et la compétence personnelle.

1- La compétence matérielle ou compétence d’attribution

C’est la compétence reconnue à une juridiction du fait de la nature ou de


l’objet du litige. Ainsi les affaires civiles sont jugées par la chambre civile du
TPI, les affaires administratives par la chambre administrative du TPI, les
affaires pénales par la chambre correctionnelle du TPI et les affaires
commerciales par le tribunal de commerce.

2- La compétence territoriale
C’est la compétence reconnue à une juridiction du fait de sa situation
géographique.
En principe, le tribunal territorialement compétent en matière civile,
administrative et commerciale est le tribunal du domicile du défendeur.
Mais sont exceptionnellement compétents :

 En matière immobilière, le tribunal du lieu où est situé l’immeuble


litigieux.
Ex : Monsieur YAO et Mr KONE se disputent la propriété d’un terrain
situé à Gagnoa. Le tribunal compétent sera celui de Gagnoa.
 En matière de pension alimentaire, le tribunal du domicile du demandeur.
 En matière de contrat, le tribunal du lieu de conclusion du contrat ou le
tribunal du lieu de livraison de l’objet du contrat.

 En matière de délit ou de crime, le tribunal du lieu où l’infraction a été


commise ou celui du lieu où le présumé délinquant a été appréhendé.

29
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

 Le tribunal du domicile du demandeur si le défendeur est établi à l’étranger.


 En matière de travail, le tribunal du domicile du travailleur ou celui du
lieu du travail.

3- La compétence personnelle
Elle est reconnue à une juridiction du fait de l’âge ou de la profession de l’une
des parties au litige.
Ex : Les militaires sont jugés devant le tribunal militaire ;
Les enfants sont jugés devant le tribunal criminel pour enfants.

II- LES MODES DE SAISINE DU TRIBUNAL ET LE DEROULEMENT


DU PROCES
A- LES MODES DE SAISINE DU TRIBUNAL
Pour saisir le tribunal, le justiciable dispose de trois moyens :
1- L’assignation
L’assignation est un acte de commissaire de justice établi à la demande d’une
personne appelée demandeur ou demanderesse qu’il adresse à son adversaire
afin de le convoquer au tribunal.
Elle doit comporter les mentions suivantes :
- L’objet de la demande ;
- Le tribunal compétent au plan territorial ;
- Les noms, prénoms, nationalité, domicile … des parties au procès.
2- La requête

C’est une demande écrite adressée directement à un magistrat sans mise en


cause d’un adversaire. Elle doit contenir la date du procès, les noms, prénoms,
domicile des parties et l’objet du procès. Exemple : une requête aux fins de
modification de nom, une requête aux fins d’ouverture de porte.

3- La comparution volontaire
Elle consiste pour les parties au procès à se présenter volontairement devant
le juge pour y être jugées. La déclaration sera signée par elles et inscrite au
plumitif. Le plumitif est le registre des audiences.

B- L’AUDIENCE

30
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

1- Les actes préparatoires de l’audience


Lorsque le tribunal est saisi, le demandeur doit payer entre les mains du
greffier, une somme d’argent : ce sont les frais d’enrôlement.
Après avoir reçu cette somme d’argent, le greffier inscrit l’affaire au rôle : on
dit qu’il procède à l’enrôlement de l’affaire.
Après l’enrôlement de l’affaire, la date de l’audience est fixée.
En matière matrimoniale et sociale, le juge compétent doit tenter une
conciliation entre les parties. Si elle aboutit à un accord, la procédure s’arrête.
Dans le cas contraire, le juge prévoit l’audience.
2- L’audience proprement dite
Au jour fixé, le juge ouvre et dirige les débats. Les parties sont admises à
plaider soit par elles-mêmes, soit en étant représentées par leurs avocats. Au
cours de l’audience, le juge doit être impartial.
L’audience est en principe publique, c'est-à-dire ouverte à tous et
contradictoire, c'est-à-dire que chaque partie est libre de faire ses allégations.
Cela renvoie au principe du contradictoire.
Dans le déroulement du procès, chaque partie dispose de moyens appelés «
les moyens de défense » lui permettant de réagir contre la demande de la
partie adverse.
3- Les moyens de défense
Les moyens de défense désignent l’ensemble des moyens invoqués par une
partie et qui tend au rejet des prétentions de son adversaire. On distingue les
exceptions de procédure et les fins de non-recevoir.
4- Le dénouement de l’audience

Lors de l’audience, si les juges s’estiment suffisamment éclairés, le Président


de la juridiction clôt les débats et la décision est rendue le même jour avec
indication des motifs qui l’ont déterminée. Mais très souvent, il arrive que les
juges reportent leurs décisions à une date ultérieure : on dit que l’affaire est
mise en délibéré pour une audience prochaine.
Lorsqu’elle est rendue, la décision judiciaire revêt deux caractères :
 Elle est obligatoire, c’est-à-dire qu’elle s’impose aux parties.
Cependant, la loi reconnait à la partie insatisfaite de la décision rendue,
la possibilité d’exercer des voies de recours

31
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

 Elle est exécutoire : celui qui gagne le procès peut faire exécuter la
décision avec l’aide de la force publique lorsqu’elle est revêtue de la
formule exécutoire. La formule exécutoire est la mention qui fait
obligation à tout agent de la force publique de prêter son concours à
l’exécution de la décision de justice. Elle ne s’obtient qu’après
épuisement des voies de recours qui ont un effet suspensif ;
III- LES VOIES DE RECOURS JURIDICTIONNELLES
Ce sont les moyens permettant d’attaquer une décision de justice. Il y a les
voies de recours ordinaires et les voies de recours extraordinaires.
A- LES VOIES DE RECOURS ORDINAIRES
Ce sont l’opposition et l’appel.
1- L’opposition
L’opposition est la voie de recours par laquelle une partie condamnée par
défaut sollicite de la juridiction qui a statué, la rétractation de la décision
rendue contre elle.
On parle de jugement par défaut lorsqu’en matière civile une personne est
condamnée sans avoir eu connaissance de la procédure. Le délai pour faire
opposition est de 15 jours à partir de la signification de la décision.
L’opposition a un effet suspensif selon l’article 153 du Code de procédure
civile. Cela signifie que la décision frappée d’opposition est suspendue
jusqu'à ce que le juge à nouveau saisi, rende sa décision.
Lorsque le défendeur à l’action a été informé et n’a pas comparu, le jugement
rendu est un jugement réputé contradictoire.
Lorsque les parties ont comparu en personne ou par mandataire et ont fait
valoir leurs moyens de défense, le jugement rendu à l’issue de la procédure
est un jugement contradictoire.
2- L’appel

L’appel est la voie de recours par laquelle une partie sollicite de la Cour
d’Appel, le réexamen de l’affaire jugée par une juridiction de première
instance. Sont susceptibles d’appel toutes les décisions rendues en premier
ressort, contradictoirement et par défaut.
L’Appel est formé par exploit d’huissier dans un délai de 30 jours à compter
de la signification de la décision du TPI. Il a aussi un effet suspensif.

32
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

B- LES VOIES DE RECOURS EXTRAORDINAIRES


Ce sont la tierce opposition, le recours en interprétation, le recours en révision
et le pourvoi en cassation. Mais nous n’étudierons que le pourvoi en cassation
Le pourvoi en cassation : C’est la voie de recours contre une décision rendue
en dernier ressort portée devant une juridiction suprême. Elle permet de saisir
une juridiction suprême pour qu’elle vérifie la régularité des décisions
rendues par les juridictions inférieures. Les motifs du pourvoi en cassation
peuvent être : la violation de la loi, l’excès de pouvoir, l’incompétence, etc.
Lorsqu’elle aboutit, le pourvoi en cassation a pour effet l’annulation de la
décision attaquée et de remettre les parties en l’état où elles se trouvaient
auparavant. Le délai pour exercer le pourvoi en cassation est de 1 mois à
compter de la signification de la décision.

EXERCICES
I COCHEZ LA BONNE REPONSE
Les voies de recours ordinaires sont :
a) La tierce opposition
b) L’opposition
c) Le pourvoi en cassation
d) L’appel
e) Le recours en interprétation
II- CITEZ SIMPLEMENT
1) Les modes de saisine du tribunal
2) Les conditions d’exercice de l’action en justice
3) Les juridictions ordinaires
4) Les Cours d’Appel en Côte d’Ivoire
5) Les juridictions suprêmes

I- CAS PRATIQUE
C’est avec stupéfaction que NIAMOGO, résidant à Treichville, découvre
au seuil de sa maison une décision de justice rendue par le TPI de
Yopougon le condamnant à restituer 500 000 FCFA à MANOMANO alors
même qu’il ne se souvient pas avoir pris de l’argent avec MANOMANO.

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

1) Le TPI de Yopougon était-il territorialement compétent pour connaitre


de l’affaire contre NIAMOGO ? Justifiez votre réponse.
2) Au vu des circonstances de l’espèce, NIAMOGO dispose-t-il d’une voie
de recours ordinaire contre la décision du TPI de Yopougon ? Justifiez
votre réponse.
3) Au regard de la somme en cause, l’appel est-il envisageable dans le
litige opposant NIAMOGO à MANOMANO ? Justifiez votre réponse.
4) Quelle est l’appellation juridique de la décision rendue par le TPI de
Yopougon ?

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

35
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

CHAPITRE 5 : L’EXISTENCE JURIDIQUE DE LA PERSONNE PHYSIQUE

OP : Identifier les cas d’incertitude sur l’existence de la personnalité


juridique

La personne physique, c’est l’être humain. Tous les êtres humains ont
la personnalité juridique.
La personnalité juridique est l’aptitude à être titulaire de droits et à
assumer des obligations.

Cette personnalité juridique a un début et une fin. Mais, il existe des


situations où il y a un doute sur l’existence de la personnalité juridique.
I- LE DEBUT ET LA FIN DE LA PERSONNALITE JURIDIQUE

A- LE DEBUT DE LA PERSONNALITE JURIDIQUE


La détermination du début de la personnalité juridique obéit à un principe.
Ce principe est assorti d’une exception.

1- Le principe
La personnalité juridique s’acquiert à la naissance, à condition de naître
vivant et viable.
Naître vivant, c’est respirer au moment de la naissance.
.

2- L’exception : la règle de l’infans conceptus


Cette règle signifie que l’enfant simplement conçu est considéré comme
né toutes les fois qu’il y va de son intérêt. Ainsi, la personnalité juridique peut
être accordée à l’enfant simplement conçu chaque fois que cela peut lui
apporter un avantage. Ex : un héritage, une donation, le bénéfice d’une police
d’assurance etc.

Dans ce cas, l’enfant n’acquiert que des droits, il ne supporte pas des
obligations. Par exemple, par ce principe, un enfant non encore né peut hériter
des biens mais non des dettes du défunt. Mais pour consolider ses droits, il
faut que l’enfant naisse vivant et viable.

Cette règle, pour être appliquée, pose le problème de la détermination de la


date de la conception. Pour résoudre ce problème, la loi a décidé que la
conception d’un enfant est présumée avoir eu lieu entre le 300èmeet le

36
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

180èmejour avant la naissance. La période légale de conception est la période


qui part du 300ème au 180ème jour avant la naissance. Elle permet d’établir la
filiation d’un enfant et sert aussi de fondement à une action en désaveu de
paternité.

B-LA FIN DE LA PERSONNALITE JURIDIQUE


La personnalité juridique prend fin avec le décès. Le décès ou la mort c’est
l’arrêt complet des fonctions vitales. Il suppose l’identification du corps sans
vie d’une personne. Le décès doit être constaté par un médecin qui délivre un
certificat de décès. La personnalité juridique peut être prolongée après le
décès dans trois cas précis :
 Le testament : Les dernières volontés du défunt contenues dans le
testament seront exécutées. Sa volonté après sa mort produit alors des effets ;
 L’héritage : Les héritiers sont censés continuer la personne du
défunt, parce qu’ils prolongent ses droits et supportent ses obligations ;
 Les décorations à titre posthume.

II- LES CAS D’INCERTITUDE SUR L’EXISTENCE DE LA


PERSONNALITE JURIDIQUE

Il existe des situations où il y a un doute sur la vie de la personne et donc


sur l’existence de sa personnalité juridique. Ce sont l’absence et de la
disparition régies par la loi n°2022-885 du 22 novembre 2022.

A- L’ABSENCE

1- Définition
L’absence est la situation d’une personne qui a cessé de paraitre au lieu de
son domicile ou de sa résidence et dont le manque de nouvelles rend son
existence incertaine.
L’absence se distingue de la non présence qui est la situation d’une personne
dont on est sûr qu’elle est vivante, mais pour quelques raisons s’est éloignée
de chez elle ou n’est pas présente en un lieu donné.

2-Les effets de l’absence


Ils s’apprécient selon trois périodes :

a) La période de présomption d’absence

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

Lorsqu’une personne a cessé de paraitre depuis un an, le ministère public ou


toute personne intéressée peut formuler une demande de déclaration
d’absence devant le tribunal de la dernière résidence de la personne qui a
cessé de paraitre.
Dès le dépôt de la demande, le tribunal rend un jugement de présomption
d’absence par lequel il ordonne une enquête et prend des mesures provisoires
telles que la désignation d’un administrateur provisoire.
Dès son entrée en fonction, l’administrateur provisoire doit établir et déposer
au greffe du tribunal un inventaire des biens appartenant au présumé absent.
Il a le pouvoir de faire les actes conservatoires et de pure administration.
En cas d’urgence dument constatée, il peut être autorisé à faire des actes de
disposition dans les conditions fixées par le juge.
S’il y a des enfants mineurs, le tribunal les déclare soumis au régime de
l’administration légale ou de la tutelle.

b) La période de la déclaration d’absence


Deux ans après le dépôt de la requête, le tribunal s’il constate l’absence, au
vu des résultats de l’enquête, rend un jugement déclaratif d’absence, le
ministère public entendu.
Le mariage de l’absent est dissous à compter du jour où le jugement déclarant
l’absent est devenu définitif.

c) La période de la déclaration de décès


Sept ans après le jugement déclaratif d’absence, toute personne peut
introduire devant le tribunal, une demande de déclaration de décès.
Le tribunal ordonne une enquête complémentaire à laquelle participe le
ministère public.
L’affaire est traitée à huis clos, mais le tribunal se prononce en audience
publique, après avoir consulté les conclusions du ministère public.
Le jugement déclaratif de décès est transcrit à l’état civil du lieu du domicile
ou de la dernière résidence du défunt. Le jugement déclaratif de décès tient
lieu d’acte de décès et met fin aux mesures provisoires.
Si la personne dont le décès a été déclaré réapparait postérieurement au
jugement, celle-ci, le Procureur de la République ou toute personne intéressée,
peut demander l’annulation des actes de l’état civil et celle du jugement.
Mention de la décision d’annulation du jugement déclaratif de décès est portée
en marge des registres de l’état civil.
Mention est également portée au RCCM si l’intéressé est commerçant.

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

La personne recouvre ses biens dans l’état où ils se trouvent, ainsi que le prix de
ceux qui ont été aliénés et les biens acquis, sans fraude, en emploi des capitaux
ou des revenus échus à son profit.

B- LA DISPARITION

1- Définition
La disparition est la situation de la personne qui a cessé de paraitre à la suite
de circonstances mettant sa vie en danger sans que son corps ait pu être
retrouvé.
C’est généralement le cas après les catastrophes (les noyades, naufrages,
les tremblements de terre, les guerres, etc.).

2- Les effets

En cas de disparition, les membres de la famille ou le Procureur de la


République doit saisir le tribunal compétent qui rend un jugement déclaratif
de décès un an après l’événement.
Ce tribunal peut être le TPI du lieu de la disparition si le danger s’est produit
en Côte d’Ivoire ou celui du domicile ou de la résidence du disparu si le
danger s’est produit à l’étranger.
.Dès le dépôt de la demande, le tribunal désigne un administrateur provisoire
des biens qui peut être le conjoint, le mandataire laissé par le disparu ou toute
autre personne.
S’il y a des enfants mineurs, le tribunal les déclare soumis au régime de
l’administration légale ou de la tutelle.
Le jugement déclaratif de décès tient lieu d’acte de décès.
Le mariage est dissout à compter du jour où le jugement déclaratif de décès
est devenu définitif.
Si la personne dont le décès a été déclaré reparait postérieurement au
jugement, celle-ci, le Procureur de la République ou toute personne intéressée
peut poursuivre l’annulation du dit jugement.
La personne recouvre ses biens dans l’état où ils se trouvent, ainsi le prix de
ceux qui ont été aliénés et les biens acquis en emploi des capitaux ou des
revenus échus à son profit.

39
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

EXERCICES

I- QUESTIONS THEORIQUES
1) A quand remonte le début de la personnalité juridique ?
2) La non présence est-elle un cas d’incertitude sur l’existence de la
personnalité juridique ?
3) L’annulation du mariage de l’absent est-elle effective sans formalité
particulière ?
4) La disparition nécessite-t-elle l’établissement d’un certificat de décès ?
5) Le jugement de présomption d’absence n’est-il rendu qu’à l’initiative
du procureur de la République ?

CASPRATIQUES

I/ C’est après un périple dans une embarcation de fortune que DOUDOU


MALHO, jeune célibataire, a pu rallier l’Espagne le 20 Mars 2021. Il donnait
régulièrement de ses nouvelles sur les réseaux sociaux jusqu’au 25
Novembre 2022, date de la dernière vidéo TIKTOK dans laquelle il exposait
les opportunités d’emploi en Europe. Sa famille à Abidjan, inquiète et dans
l’expectative, se pose les questions suivantes :

1) Quelle est la situation juridique de DOUDOU MALHO ? Justifiez


votre réponse.
2) Une action en justice particulière doit-elle être intentée par la famille
DOUDOU ? Justifiez votre réponse.
3) A qui pourrait revenir la gestion des biens laissés par DOUDOU
MALHO ?

II/ Amoureux des rodéos urbains, DIDI LA TERREUR se livre chaque


weekend à des courses folles de voitures d’occasion avec sa bande de
copains sur l’autoroute du Nord. Aligné avec un concurrent le weekend
dernier pour un raid de 5 km à grande vitesse, le véhicule de DIDI LA
TERREUR fait une sortie de route et heurte un arbre. Toutes les recherches
pour le retrouver étant restées vaines, la famille DIDI installée à COCODY
se demande :

1) Quelle est la situation juridique de DIDI LA TERREUR ? Justifiez votre


réponse.

40
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

2) Existe-t-il une possibilité pour que DIDI LA TERREUR réapparaisse ?


Justifiez votre réponse.
3) Le jugement déclaratif de décès sera-t-il établi sans enquête préalable
au regard des circonstances de l’accident ?
4) Quel est le tribunal compétent pour rendre le jugement déclaratif de
décès ?
5) Si les faits s’étaient déroulés à NIAMEY, quelle serait la juridiction
compétente ?

41
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

CHAPITRE 6 : L’IDENTIFICATION DE LA PERSONNE PHYSIQUE

OP : Enumérer les moyens d’identification de la personne physique

Les moyens d’identification de la personne physique que nous étudierons


sont le nom, le domicile et la nationalité.
I- LE NOM
Le nom est l’appellation qui sert à désigner une personne dans la vie sociale
et juridique. Il est composé d’un certain nombre d’éléments que sont le
patronyme ou nom de famille, le ou les prénom(s) et les accessoires du nom.

A- LE NOM PATRONYMIQUE
Le nom patronymique ou nom de famille est le nom de la famille dont est
issue une personne. Il présente différents caractères et est juridiquement
protégé.

1- L’attribution du nom patronymique


Il existe l’attribution originaire et l’attribution par changement d’état.

a- L’attribution originaire du nom

C’est l’attribution du nom à la naissance. Elle se fait selon que les parents sont
mariés ou non.

 Si les parents sont mariés, l’enfant porte le nom du mari de sa mère


auquel peut être ajouté celui de la mère.

 Dans le cas de l’enfant adultérin par la mère, celui-ci porte le nom


du mari de sa mère jusqu’ à un désaveu de paternité.

 Dans le cas de l’enfant adultérin par le père, la reconnaissance de


l’enfant doit être précédée de l’information donnée à l’épouse du projet de
reconnaissance. L’acte de reconnaissance doit, à peine de nullité, contenir la
mention de l’information donnée à l’épouse par acte de commissaire de
justice.

42
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

 Si les parents ne sont pas mariés, l’enfant porte le nom du père si


celui-ci l’a reconnu. S’il n’a pas été reconnu par son père, il porte le nom de la
mère. Si par la suite, le père vient à reconnaître l’enfant, son nom s’ajoutera à
celui de la mère. Avec l’autorisation de la mère, il peut y avoir inversion de
l’ordre des noms ou l’enfant peut ne porter que le nom patronymique du père.

Ex : ADASSA à sa naissance n’a pas été reconnue par son père. Elle porte alors
le nom patronymique de sa mère qui est KOFFI. Elle est reconnue plus tard
par son père LEGRE. Elle portera donc le double patronyme KOFFI LEGRE
Adassa. Avec le consentement de sa mère, elle aura pour nom, LEGRE KOFFI
Adassa ou LEGRE Adassa.

NB : l’enfant légitime est un enfant né de parents mariés.


L’enfant naturel est un enfant né de parents non mariés.

 L’enfant découvert ou celui né de parents inconnus : Dans ce cas le


nom est attribué par l’officier d’état civil à qui la déclaration a été faite. Celui-
ci doit tenir compte de la tradition du lieu où l’enfant a été découvert. On
parle dans ce cas d’une attribution administrative du nom.
b- L’attribution du nom par changement d’état
Le nom peut être changé en cas d’adoption, de désaveu de paternité ou en cas
de mariage.

 L’adoption est la création par jugement d’un lien de filiation entre


deux personnes qui, sous le rapport du sang, sont généralement étrangères
l’une à l’autre.
Il existe deux types d’adoption qui sont l’adoption simple et l’adoption
plénière
L’adoption simple est celle qui fait subsister des liens juridiques entre l’enfant
et sa famille d’origine tandis que l’adoption plénière est celle qui provoque
une rupture de tous les liens juridiques entre l’enfant adopté et sa famille
d’origine, tout en créant des liens de filiation entre l’adoptant et l’adopté.
Dans le cas d’une adoption simple, l’enfant conserve son nom de famille
d’origine auquel va s’ajouter le nom de famille de l’adoptant.
Dans le cas d’une adoption plénière, l’adopté prend le nom de l’adoptant.

 Dans le cas d’un désaveu de paternité, l’enfant prend le nom de sa


mère.
 En cas de mariage, la femme mariée a le droit d’usage du nom de son
mari. En cas de divorce, elle perd ce droit. Mais avec l’accord de l’ex époux

43
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

ou avec l’autorisation du juge, elle peut continuer à porter le nom de l’ex-


mari, si elle justifie d’un intérêt particulier ou légitime pour elle-même et pour
ses enfants.

2- Les caractères du nom


Le nom présente plusieurs caractères :
 Il est obligatoire, c’est-à-dire toute personne doit porter un nom.
 Il est inaliénable ou indisponible, c’est-à-dire que le nom ne peut
être vendu, ni transmis par testament. Il est hors du commerce. Toutefois une
exception demeure pour le patronyme sous lequel un commerçant exerce sa
profession. En effet, le nom commercial peut être cédé, notamment si le fonds
de commerce est vendu.
 Il est imprescriptible, c’est-à-dire que le non usage prolongé du nom
n’entraîne pas la perte de celui-ci.
 Il est immuable, c’est-à-dire qu’en principe le nom ne peut être
changé, sauf dans les cas prévus par la loi que sont, notamment :

 Le changement de nom consécutif à un jugement d’adoption ;


 Le changement de nom consécutif à un jugement de désaveu ;
 Le changement de nom par substitution : il concerne les individus
qui ne portent pas le patronyme de leur auteur. Ces derniers peuvent
demander à porter le nom de leurs ascendants ou de leur auteur ;
 Le changement de nom par relèvement : il s’agit pour une personne
de demander à porter le nom du dernier représentant mâle d’une famille
décédé sans postérité mâle.

1- La protection du nom

Le titulaire d’un nom patronymique a le droit de le défendre contre


l’usurpation des tiers et contre son usage commercial, littéraire ou artistique.

B- LE OU LES PRENOMS

Le prénom permet de distinguer un individu des autres membres d’une


famille portant le même nom patronymique. Il est choisi librement.
Cependant ne sont admis que les prénoms figurant au calendrier ou ceux
consacrés par la tradition.

Le prénom peut être changé lorsqu’un intérêt légitime le justifie. L’intérêt


légitime peut résulter d’une adoption, dans le caractère ridicule du prénom

44
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

ou dans l’appellation d’un fétiche anciennement adoré et qui constitue un


frein à l’épanouissement de celui qui le porte.

C- LES ACCESSOIRES DU NOM


Ce sont :
 La particule qui est un mot qui accompagne certains patronymes.
Exemple : "BI" dans "YOUAN BI", "DE" dans "DE LAFORET".
 Les titres de noblesse : Exemple NANAN, Son Altesse, Le Duc, etc.
 Les pseudonymes : ce sont des noms de fantaisie ou d’emprunt
choisis par des personnes dans l’exercice d’activités particulières. Exemple :
Alpha Blondy.
 Le surnom : C’est l’appellation donnée à une personne par son
entourage et sous laquelle elle est connue. Exemple : Zézé le dur ...

II- LE DOMICILE

A- DEFINITION

Le domicile est le lieu où une personne a son principal établissement. Le


principal établissement est le lieu où se rassemblent les intérêts principaux
d’une personne.

B-LA DISTINCTION ENTRE LE DOMICILE ET LES NOTIONS


VOISINES

Malgré la confusion souvent faite, le domicile se distingue en droit de la


résidence et de l’habitation.
 La résidence est le lieu où une personne vit de façon permanente.
 L’habitation ou la demeure est un lieu de bref séjour ou d’un séjour
occasionnel.
La distinction du domicile avec ces deux notions réside dans la présence
physique de la personne. Alors que la résidence et l’habitation exigent la
présence physique de la personne en ces lieux, le domicile est une notion
juridique et la présence physique de la personne n’y est pas obligatoire.
Parfois, le domicile peut coïncider avec la résidence.

C- LES CARACTERES DU DOMICILE

Le domicile est :

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

 Obligatoire : Toute personne doit avoir un domicile. Si le domicile ne


peut être déterminé, la résidence sera assimilée au domicile.
 Unique : En principe une personne n’a qu’un domicile. Mais à
l’occasion de certains actes (Contrats, actions en justice), une personne peut
élire un domicile dans un autre lieu ou chez une autre personne. C’est le
domicile élu.
Le domicile élu est le lieu autre que le domicile réel, choisi par les parties à
un acte juridique pour l’exécution de cet acte. Ex : Au cours d’un litige, une
personne peut élire domicile chez un avocat.

D- LES INTERETS DU DOMICILE


C’est surtout à l’occasion d’une action en justice que l’on a besoin de
savoir où une personne est domiciliée. En effet, la loi se sert du domicile pour
déterminer le tribunal territorialement compétent.
Aussi, le domicile étant le lieu du principal établissement, certains actes
relatifs au droit de la famille doivent être accomplis au lieu du domicile. Ex :
La succession s’ouvre au domicile du défunt.

E- LA DETERMINATION DU DOMICILE

Le choix du domicile dépend en principe de la volonté de l’intéressé : dans ce


cas, on parle de domicile volontaire. En effet, toute personne est libre de
choisir son domicile.
Mais pour certaines catégories de personnes, leur domicile leur est imposé
par la loi : il s’agit du domicile légal. Ce sont :
 Le mineur non émancipé dont le domicile est fixé par la loi chez ses
parents. Mais en cas de divorce ou de séparation de corps des parents, le
mineur non émancipé est domicile chez le parent qui en a la garde ;
 Les domestiques et gens de maison majeurs ont leur domicile chez leur
employeur, à condition qu’ils travaillent habituellement chez cet employeur
et aient une habitation commune avec ce dernier.

NB : Le domicile de la famille est choisi d’un commun accord par les époux.
Il n’existe donc plus de domicile de dépendance pour la femme mariée.

46
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

III-LA NATIONALITE

La nationalité est le lien juridique qui rattache un individu à un Etat donné.


En Côte d’Ivoire, elle s’attribue à la naissance. Mais on peut aussi l’acquérir
par mariage ou par naturalisation.

A- L’ATTRIBUTION DE LA NATIONALITE D’ORIGINE

La nationalité d’origine est celle que chaque personne a dès sa naissance. En


Côte d’Ivoire, elle est attribuée en raison du critère du lien de sang, appelé
« jus sanguinis ». Ainsi est ivoirienne d’origine toute personne qui naît d’au
moins un parent ivoirien.

L’enfant adopté par un parent ivoirien acquiert aussi la nationalité ivoirienne


à titre de nationalité d’origine.
Dans d’autres pays en plus du critère du jus sanguinis, la nationalité d’origine
est aussi attribuée en raison de la naissance sur le territoire. C’est le critère du
jus soli.
Ceux qui n’ont pas la nationalité ivoirienne à leur naissance peuvent
l’acquérir, soit par mariage, soit par la naturalisation.

B-L’ACQUISITION DE LA NATIONALITE IVOIRIENNE PAR LE


MARIAGE

L’étranger ou l’étrangère qui épouse un(e) ivoirien(ne) n’acquiert plus


automatiquement la nationalité ivoirienne. Il ou elle devra attendre une
période probatoire de 5 ans avant qu’une demande ne parvienne au ministre
de la justice. La nationalité ivoirienne ne sera alors acquise qu’à la date de
l’acceptation par l’autorité compétente de la déclaration d’acquisition de la
nationalité après une enquête de moralité.

C- L’ACQUISITION DE LA NATIONALITE IVOIRIENNE PAR LA


NATURALISATION
La naturalisation consiste à conférer la nationalité ivoirienne par décision du
Président de la République à un étranger qui en fait la demande.

1- Les conditions de la naturalisation


La nationalité ivoirienne par la naturalisation ne peut être accordée qu’à des
conditions d’âge, de résidence, de moralité et de santé.

47
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

 Pour l’âge, le code de la nationalité fixe 18 ans comme l’âge à partir


duquel la naturalisation peut être obtenue.
Cependant, le mineur peut solliciter la naturalisation si l’un de ses parents
étrangers acquiert la nationalité ivoirienne ;

 S’agissant de la résidence, le candidat à la naturalisation doit avoir


sa résidence habituelle en Côte d’Ivoire ; c’est-à-dire qu’il doit justifier d’une
présence ininterrompue sur le territoire national pendant les cinq (05) années
qui précèdent sa demande. Cela n’exclut pas de cours séjours à l’étranger à
l’occasion de vacances ou de missions.
Ce délai de résidence de cinq ans peut être réduit à deux ans si le candidat à
la naturalisation est né en Côte d’Ivoire ou s’il a rendu des services importants
à la Côte d’Ivoire ;

 Concernant la moralité, la loi dispose que nul ne peut être


naturalisé s’il n’est de bonne vie et mœurs. C’est pourquoi il est procédé à une
enquête de moralité dans le cadre de l’instruction du dossier ;

 En ce qui concerne la bonne santé, sauf pour celui qui a rendu des
services exceptionnels à la Côte d’Ivoire ou dont la naturalisation présente
pour la Côte d’Ivoire un intérêt exceptionnel, l’étranger qui demande sa
naturalisation doit être en bon état de santé physique et mentale.

2- La procédure de la naturalisation

La procédure comporte trois phases :

 La demande de naturalisation : cette demande est présentée sur un


papier timbré. Les formulaires de demande sont en vente à l’imprimerie
nationale. La demande est déposée à la sous-préfecture de la résidence de
l’intéressé et un récépissé de dépôt lui est délivré.
En plus du formulaire de demande, le requérant doit produire ses pièces
d’état civil et ceux de ses enfants mineurs, tout document permettant
d’apprécier le bien-fondé de sa demande, deux photographies d’identité
récentes et une quittance attestant que les droits au paiement ont été versés
entre les mains de l’agent du trésor.

 L’instruction du dossier : l’instruction générale du dossier de


demande de naturalisation comporte une enquête de police, un examen
médical et une mise en état du dossier.

48
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

 La transmission du dossier et la décision : le dossier avec toutes les


pièces, est adressé dans un délai de trois mois à compter de la demande, au
ministre de l’intérieur qui, à son tour, le fait parvenir avec son avis, au
ministre de la santé publique qui donne son avis sur le plan médical avant de
le transmettre pour enregistrement au ministère de la justice.
Si le ministre de la justice accueille favorablement la demande, il, propose un
décret de naturalisation à la signature du président de la république.

Si le président de la république décide d’accorder la nationalité ivoirienne au


demandeur, alors il prend un décret de naturalisation.
Une fois signé, le décret de naturalisation est publié au journal officiel. Une
copie certifiée conforme à l’original, est délivrée au bénéficiaire.

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

D- LA PERTE DE LA NATIONALITE IVOIRIENNE

 Perd la nationalité ivoirienne, le national ivoirien qui opte


volontairement pour une autre nationalité qu’il reconnait comme étant la
sienne.

 Par ailleurs l’ivoirien qui travaille dans un organisme international


ou dans un pays étranger à qui le gouvernement demande de démissionner
et qui refuse d’obéir perd la nationalité ivoirienne.

 Enfin la perte de la nationalité peut être prononcée par l’Etat comme


une sanction. On parle alors de déchéance. Mais la déchéance ne concerne
que les personnes qui ont acquis la nationalité ivoirienne soit par
naturalisation soit par le mariage. Peuvent être déchues de la nationalité
ivoirienne les personnes qui ont commis des crimes ou délits et qui ont fait
l’objet de condamnation pénale.

EXERCICES

I/ REPONDEZ PAR VRAI OU FAUX ET JUSTIFIEZ VOTRE REPONSE


1) L’enfant légitime peut porter le nom de famille de ses deux parents.
2) Il existe deux formes d’adoption.
3) Le nom permet de distinguer les membres d’une famille portant le
même patronyme.
4) L’enfant adultérin par la mère porte le nom de famille de sa mère.
5) La nationalité ivoirienne est acquise à l’étranger qui épouse une
ivoirienne dès la célébration du mariage.

II/ CAS PRATIQUE


A/ Auréolé de son succès après la sortie de son premier opus, DIDIER
CALAMAR décide de se faire appeler LAMAR pour booster sa carrière
musicale. Ses amis d’enfance avaient pris l’habitude de l’appeler CALA. En
pleine promotion de son album, il fait la connaissance de MAIMOUNA
DEMONTEE. De cette idylle, nait un charmant petit garçon dont DIDIER
CALAMAR refuse d’être le père.

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

1) Quelle est l’appellation juridique de LAMAR ? Justifiez votre réponse.


2) Quelle est l’appellation juridique de CALA ? Justifiez votre réponse.
3) Quelle est la situation juridique de l’enfant né de l’idylle entre DIDIER
CALAMAR et MAIMOUNA DEMONTEE ? Justifiez votre réponse.
4) Face au refus de DIDIER CALAMAR, quel est le patronyme que
portera le charmant petit garçon ?
5) Existe une possibilité juridique pour que le charmant petit garçon
porte le nom de DIDIER CALAMAR ? Justifiez votre réponse.
B/ Approchée par un couple d’asiatiques pour l’adoption de son fils,
AICHA YACOUBA tient à garder les liens avec sa progéniture.
1) Quelle est la forme d’adoption qui convient à la situation si le juge doit
tenir compte de l’avis d’AICHA YACOUBA ? Justifiez votre réponse.
2) Quel nom de famille portera l’enfant après le jugement d’adoption ?

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

CHAPITRE 7 : LA CAPACITE JURIDIQUE

OP : Identifier les personnes incapables


I- DEFINITIONS
La capacité juridique est l’aptitude à acquérir des droits et à pouvoir les
exercer.
On distingue la capacité de jouissance et la capacité d’exercice.
 La capacité de jouissance est l’aptitude d’une personne à être
titulaire de droits. Il arrive que certaines personnes soient déclarées inaptes à
bénéficier de certains droits. C’est l’incapacité de jouissance.
Ex : une personne condamnée pour meurtre et privée du droit de vote ; il est
interdit au tuteur de vendre et d’acquérir les biens de son pupille …
Mais nul ne peut être privé de la capacité de jouissance de façon totale.

 La capacité d’exercice est le pouvoir de mettre en œuvre soi-


même ses droits sans être représenté par une tierce personne. Certaines
personnes sont privées par la loi de cette capacité. On dit qu’elles sont
frappées d’incapacité d’exercice.
II- LES PERSONNES INCAPABLES
Il s’agit des mineurs et des majeurs incapables.

A- LES MINEURS
En Côte d’Ivoire, est mineure la personne qui n’a pas encore atteint l’âge de
18 ans accomplis. On distingue le mineur non émancipé et le mineur
émancipé.

1- Le mineur non émancipé


En principe, le mineur non émancipé est frappé d’une incapacité d’exercice.
Cependant il y a des actes qu’il peut accomplir et d’autres non.
a- Les actes que le mineur non émancipé peut accomplir
Ce sont :
 Les actes de la vie courante (acheter du pain, des vêtements, son titre
de transport) ;

52
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

 Les actes conservatoires : Ce sont les actes qui sont accomplis pour
sauvegarder ou protéger un élément du patrimoine (la réparation de la
toiture de la maison dont a hérité le mineur) ;
 Les actes d’administration : ce sont les actes de gestion du patrimoine
(encaisser les loyers des maisons qui lui appartiennent) ;

b- Les actes que le mineur non émancipé ne peut accomplir

 Il ne peut accomplir les actes de disposition : ce sont des actes qui ont
pour effet de diminuer le patrimoine (le mineur ne peut vendre ses biens ou
faire des donations) ;
 Il ne peut signer son contrat de travail à partir de 16 ans, ni agir en
justice ou être assigné en justice sans l’assistance de son représentant légal
sauf pour les crimes commis.

c- La sanction des actes irrégulièrement accomplis par le mineur non


émancipé

 La nullité : C’est l’annulation des actes pour le passé et pour le futur.


Si le mineur accomplit des actes qui lui sont interdits par la loi, ces actes
peuvent être annulés par le juge sur demande du représentant légal du
mineur ;
 La rescision : C’est l’annulation de l’acte pour cause de lésion. La
lésion est le préjudice actuel résultant du déséquilibre entre les prestations
des parties à un contrat bilatéral ou entre les lots attribués à des
copartageants.

2- Le mineur émancipé

L’émancipation est l’état du mineur qui est affranchi de l’autorité parentale


ou de la tutelle. Ainsi, le mineur devient capable d’accomplir tous les actes de
la vie civile.
L’émancipation s’opère par la déclaration conjointe des parents ou de l’un
d’eux en cas de désaccord. Cette déclaration est reçue par le juge des tutelles.
Le juge des tutelles recueille le consentement du mineur et prononce
l’émancipation si elle satisfait aux intérêts du mineur et s’il y a de justes
motifs. Elle n’est possible qu’à l’âge de 16 ans révolus.

53
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

B- LES MAJEURS INCAPABLES

Ce sont des personnes qui ont 18 ans révolus, mais qui souffrent d’altération
des facultés mentales. On distingue les majeurs incapables non protégés et les
majeurs incapables protégés.

1- Les majeurs incapables non protégés


Ce sont ceux qui sont atteints de troubles mentaux passagers ou définitifs et
qui n’ont fait l’objet d’aucune déclaration. Les actes juridiques accomplis par
un majeur incapable non protégé sont présumés valables, sauf si l’on apporte
la preuve de sa démence.

2- Les majeurs incapables protégés


Peut être placé sous l’un des régimes de protection prévu par la loi :
 Le majeur qui est dans l’impossibilité de pourvoir seul à ses intérêts en
raison de l’altération de ses facultés mentales ou corporelles, de son
infirmité, de son affaiblissement dû à l’âge ou du retard anormal de son
développement ;
 Le majeur qui, par sa prodigalité ou son intempérance, s’expose à
tomber dans le dénuement ou compromet l’exécution de ses obligations
familiales.

C- LES REMEDES A L’INCAPACITE

1- Les remèdes à l’incapacité du mineur


Puisqu’il est frappé d’une incapacité générale d’exercice, le mineur est
représenté sur la scène juridique. Cette représentation se fait par le biais de
l’autorité parentale, et à défaut par la tutelle.

a- L’autorité parentale
C’est l’ensemble des droits reconnus aux père et mère sur la personne et les
biens de leur enfant mineur et ayant pour finalité l’intérêt de celui-ci.
Les attributs de l’autorité parentale sont :
 A l’égard des biens du mineur : le droit d’administrer les biens du
mineur, (c’est l’administration légale) et de disposer des revenus des biens du
mineur (c’est la jouissance légale) ;
 A l’égard de la personne du mineur : la garde et la surveillance,
l’éducation et l’entretien, le consentement au mariage du mineur ainsi que
répondre des actes du mineur au plan civil.

54
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

b- La tutelle
C’est l’exercice de l’autorité parentale par une personne autre que les père et
mère du mineur, pour cause de décès, d’incapacité, d’absence ou
d’éloignement des deux parents.
Le tuteur est désigné soit par le parent survivant (tutelle testamentaire), soit
par le conseil de famille.
La charge tutélaire est personnelle. Elle ne se transmet ni au conjoint ni aux
héritiers du tuteur.

2- Les remèdes à l’incapacité du majeur incapable

Nous avons les mesures suivantes :

a- Les majeurs sous sauvegarde de justice


Le juge des tutelles peut placer sous sauvegarde de justice le majeur incapable
qui a besoin d’une protection juridique temporaire, consistant soit à l’assister,
soit à le représenter pour l’accomplissement de certains actes déterminés.
NB : Cette mesure peut être également prononcée par le juge des tutelles saisi
d’une procédure de curatelle ou de tutelle, pour la durée de l’instance.
b- Les majeurs sous tutelle
La tutelle est ouverte quand un majeur a besoin d’être représenté d’une
manière continue dans les actes de la vie civile. Elle est prononcée par le juge
des tutelles si l’altération des facultés mentales ou corporelles du malade a été
constatée par deux médecins spécialistes choisis sur une liste des experts
agréés auprès des juridictions.
c- Les majeurs en curatelle
Lorsqu’un majeur incapable, sans être hors d’état d’agir lui-même, a besoin
d’être assisté ou contrôlé dans certains actes de la vie civile, il peut être placé
sous le régime de la curatelle. Le curateur est le seul organe de la curatelle. Il
est désigné par le juge des tutelles.
Lorsque la personne est mariée, le conjoint est, de droit, son curateur, à moins
que la communauté de vie n’ait cessé entre eux, ou si le juge en décide
autrement. Toute signification faite au majeur en curatelle doit aussi l’être à
son curateur et inversement à peine de nullité.

55
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

EXERCICES
I/ QUESTIONS THEORIQUES
1) Un mineur peut-il conclure un contrat de travail ?
2) L’émancipation du mineur intervient-elle sans l’avis de ce dernier ?
3) Un mineur de 16 ans peut-il encaisser les loyers d’un appartement
dont il est le propriétaire ?
4) Quels sont les actes que le mineur non émancipé ne peut accomplir ?
5) La curatelle est-elle la seule mesure de protection des majeurs
incapables ?
II/ CAS PRATIQUE
Suite à une requête des parents de ROGER TREMBLER (marié, 65 ans)
sollicitant une mesure de tutelle au profit de ce dernier qui souffre de
prodigalité en raison de son addiction chronique aux jeux de hasard, le juge
fait diligenter une expertise pour mieux cerner son état psychologique.
1) Définissez la tutelle.
2) Quelles sont les personnes habilitées à conduire l’expertise demandée
par le tribunal ?
3) ROGER TREMBLER pourrait-il bénéficier d’une mesure transitoire
avant sa mise sous tutelle ?
4) Quelle est la mesure qui conviendrait à ROGER TREMBLER si son
addiction aux jeux de hasard était passagère?
5) Quelle est la personne habilitée à le surveiller au regard de son
addiction passagère aux jeux de hasard ?

56
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

CHAPITRE 8 : LES PERSONNES MORALES

OP : Classifier les personnes morales

A l’instar des personnes physiques, les personnes morales sont les autres
acteurs de la scène juridique.
Il s’agit de groupements de personnes ou de biens qui interviennent dans tous
les secteurs de la vie économique, sociale, culturelle et politique : sociétés,
associations, partis politiques, etc. C’est ce groupement que la loi va saisir et
lui reconnaitre une personnalité juridique distincte de celle reconnue à
chacune des personnes physiques qui le composent.

I- DEFINITION
La personne morale est un groupement de personnes ou de biens à qui la loi
reconnait la personnalité juridique.
La personnalité juridique des personnes morales est aussi appelée la
personnalité morale.
Même si elle n’a pas de corps physique, la personne morale a une vie
juridique autonome. Elle a donc des droits et un patrimoine distinct de celui
des personnes qui la composent.

II- EXISTENCE DE LA PERSONNE MORALE


Comme les personnes physiques, les personnes morales naissent et
disparaissent.

A- La création de la personne morale


Les règles constitutives varient selon les personnes morales considérées. Dans
certains cas, la création de la personne morale résulte d’un contrat comme
pour l’association, la société pluripersonnelle (société à plusieurs associés) ou
d’un acte unilatéral comme pour la fondation et la société unipersonnelle
(société à associé unique).

57
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

B- La capacité juridique de la personne morale


La capacité juridique de la personne morale est limitée par le principe de la
spécialité de la personne morale. Ce principe signifie que l’aptitude de la
personne morale à être titulaire de droits, est limitée à son objet.

C- La dissolution de la personne morale


Les causes de dissolution sont diverses :

 La dissolution volontaire : La dissolution de la personne morale résulte


de la manifestation de volontés des membres du groupement.
 La dissolution légale : c’est celle qui est prévue par la loi. Ex : Dans les
sociétés de personnes, la loi prévoit que le décès d’un associé est une cause de
dissolution en raison de l’importance de la personne des associés.
 L’arrivée du terme prévu par les statuts constitue la cause de dissolution
des sociétés et des associations lorsque celles-ci ont été formées pour un temps
déterminé.
 La dissolution de la personne morale peut résulter d’une décision de
justice. Il s’agit, par exemple, de la dissolution d’associations dont l’objet est
contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs ou qui ne remplissent pas les
conditions de création prévues par la loi.

Contrairement à la personnalité juridique des personnes physiques, la


personnalité morale ne disparaît pas immédiatement après la dissolution de
la personne morale. Elle doit survivre pour les besoins de la liquidation du
patrimoine de la personne morale. La liquidation consiste à réaliser l’actif
pour apurer le passif. Il n’y a pas de répartition de bénéfices pour les
groupements à but non lucratif, tels que les associations et les fondations.

III- L’IDENTIFICATION DE LA PERSONNE MORALE

La personne morale doit avoir:


 Un nom : Pour les associations le nom est le titre, pour les syndicats,
c’est l’étiquette et pour les sociétés, la dénomination sociale ;
 Un domicile : c’est son siège social. Le siège social est le lieu du
principal établissement, c’est le lieu où siègent les organes de direction et les
services administratifs.
 Une nationalité : Elle est déterminée soit par le lieu de situation du
siège social, soit par la nationalité des dirigeants, soit par celle des plus gros
apporteurs de capitaux.

58
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

 Un patrimoine : Le patrimoine de la personne morale est distinct de


celui de chacun des individus qui la compose. Cette distinction présente un
intérêt pour les créanciers qui pourront saisir le patrimoine de la personne
morale en cas de nécessité.

IV- LA CLASSIFICATION DES PERSONNES MORALES

On distingue les personnes morales de droit public et les personnes morales


de droit privé et les personnes morales de droit mixte.
A- Les personnes morales de droit public
Les personnes morales de droit public sont :
 L’Etat et ses démembrements (les communes, les régions, etc.).
 Les établissements publics nationaux. Ex : L’ENA, les universités
publiques, les CHU etc.

Ces personnes morales exercent des activités qui sont d’intérêt général, une
mission de service public. Ce qui les distingue des personnes morales de droit
privé.

B- Les personnes morales de droit privé

Contrairement aux personnes morales de droit public qui servent l’intérêt


public, les personnes morales de droit privé recherchent l’intérêt personnel.
Il faut distinguer les personnes morales de droit privé à but lucratif et celles
qui n’ont pas un but lucratif.

1- Les personnes morales de droit privé à but lucratif


Elles sont créées en vue de réaliser un profit, un gain financier. Ex : les sociétés
commerciales …

2- Les personnes morales de droit privé à but non lucratif


Ces groupements ne recherchent pas de profit financier. Il s’agit par exemple
de l’association, du syndicat professionnel, des organisations non
gouvernementales, les partis politiques …

59
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

 L’association : c’est la convention par laquelle deux ou plusieurs


personnes mettent en commun leurs connaissances ou leurs activités dans un
but autre que la recherche du gain.

 Le syndicat professionnel: c’est un groupement qui a pour objet


l’étude et la défense des droits ainsi que des intérêts matériels et moraux tant
individuels que collectifs de ses membres.
 La fondation : Elle n’est pas un groupement de personnes, mais
plutôt une masse de biens affectés à perpétuité par la volonté d’une personne
à une œuvre d’intérêt général et désintéressée. Ex : La fondation Félix
Houphouët Boigny pour la recherche de la paix.
 Le parti politique est un groupement d’hommes qui partagent les
mêmes idées sur l’organisation et la gestion de la société et qui cherchent à les
faire triompher en accédant au pouvoir.

C- Les personnes morales mixtes


Ce sont des personnes morales de droit public qui fonctionnent comme des
personnes morales de droit privé. Elles sont créées par l’Etat pour la recherche
de profit. Ex : la SOTRA, la SODEFOR, la RTI, les banques d’Etat …

 Le syndicat professionnel: c’est un groupement qui a pour objet


l’étude et la défense des droits ainsi que des intérêts matériels et moraux tant
individuels que collectifs de ses membres.
 La fondation : Elle n’est pas un groupement de personnes, mais
plutôt une masse de biens affectés à perpétuité par la volonté d’une personne
à une œuvre d’intérêt général et désintéressée. Ex : La fondation Félix
Houphouët Boigny pour la recherche de la paix.
 Le parti politique est un groupement d’hommes qui partagent les
mêmes idées sur l’organisation et la gestion de la société et qui cherchent à les
faire triompher en accédant au pouvoir.

D- Les personnes morales mixtes


Ce sont des personnes morales de droit public qui fonctionnent comme des
personnes morales de droit privé. Elles sont créées par l’Etat pour la recherche
de profit. Ex : la SOTRA, la SODEFOR, la RTI, les banques d’Etat …

60
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

EXERCICES

Cochez la bonne réponse


1/Les personnes morales ont une :
a- Une pleine capacité juridique
b- Une capacité limitée à leur capital social
c- Une capacité limitée à leur objet.
d- Une personnalité juridique distincte de celui de leur créateur

2/La personne morale est :


a- Est toujours un groupement de personnes
b- Est soit un groupement de personnes soit un groupement de biens

3/Pour assigner une personne morale, le tribunal territorialement et


matériellement compétent est :
a- Le TPI du lieu de son siège social
b- Le TPI du domicile du créateur de la personne morale

Cochez la bonne réponse après avoir complété le tableau


personn Personne Personne Personn
e morale morale de morale de e morale
de droit droit droit de droit
……… privé…………. privé…………. mixte
. .
L’organisation
non
gouvernemental
e « Save the
childrens »
Le syndicat des
agents du trésor
public
LA BANQUE
NSIA
La commission
Electorale In
dépendante

61
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

L’Etat
PIGIER CI
La mairie de
BOUAFLE
Le PDCI-RDA

62
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

CHAPITRE 9 : LES DROITS ET LES BIENS

OP : Classer les droits et les biens des acteurs de la vie juridique

I- LES DROITS
Les droits ou droits subjectifs sont les prérogatives ou les privilèges que la loi
reconnaît à un individu. On distingue les droits patrimoniaux des droits
extrapatrimoniaux.

A- LES DROITS PATRIMONIAUX


Les droits patrimoniaux sont des droits évaluables en argent et faisant partie
du patrimoine.
Le patrimoine est l’ensemble des droits et des obligations appartenant à une
personne et qui sont évaluables en argent.

1-LES CARACTERES DU PATRIMOINE


 Le patrimoine est unique : ce qui veut dire qu’une personne ne peut
avoir plus d’un patrimoine. Ce patrimoine est constitué du passif et de
l’actif de la personne, mais il constitue un tout. On dit alors que le
patrimoine constitue une universalité de droit ;
 Le patrimoine est nécessaire : toute personne a nécessairement un
patrimoine même si elle ne possède pas encore de biens. Car en effet,
le patrimoine comprend les biens présents et à venir ;
 Le patrimoine est incessible ou insaisissable dans son ensemble : le
patrimoine ne peut être vendu ou saisi en totalité du vivant de la
personne. Mais les biens qui le composent le sont ;
 Le patrimoine est intransmissible dans son ensemble entre vifs: de
son vivant, une personne peut céder une partie de ses biens mais non la
totalité de son patrimoine.

2- LA CLASSIFICATION DES DROITS PATRIMONIAUX


Les droits patrimoniaux peuvent être classés en droits réels, en droits
personnels et en droits intellectuels.

63
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

2.1- Les droits réels


Ils désignent les droits qu’une personne a sur une chose. Ils mettent en
rapport une personne et une chose. Les droits réels comprennent les droits
réels principaux et les droits réels accessoires.

2.1.1- Les droits réels principaux


a- Le droit de propriété : C’est le droit réel le plus absolu et le plus complet
qu’une personne peut avoir sur une chose, car il confère à son titulaire tout
pouvoir sur la chose dont il est propriétaire. Le propriétaire a :
 L’usus : le droit d’user de la chose ;
 Le fructus : le droit de percevoir les fruits. Ex : mettre la chose en
location et percevoir des loyers ;
 L’abusus : c’est le droit de disposer de la chose : jeter, casser, vendre,
donner…

b- Les droits réels démembrés


Ce sont les droits qui confèrent à leur titulaire seulement une partie des
prérogatives du droit de propriété.

 L’usufruit: c’est le droit de jouir des choses dont un autre à la propriété,


comme le propriétaire lui-même à charge d’en conserver la substance. Le
propriétaire de l’usufruit est appelé l’usufruitier. L’usufruitier a l’usus et le
fructus. Le propriétaire de la chose est appelé le nu-propriétaire car il n’a que
l’abusus ou la nue-propriété ;
 La servitude : c’est une charge imposée à un immeuble appelé fonds
servant au profit d’un autre immeuble, appelé fonds dominant. Ex : droit de
passage, droit de vue…

3.1.2- Les droits réels accessoires :


Les droits réels accessoires sont des droits qu’une personne détient sur une
chose de son débiteur afin de garantir le paiement de sa créance. Ici, les droits
sur la chose sont accessoires, c’est-à-dire rattachés à une créance. Les droits
réels accessoires les plus utilisés sont :

 Le gage : c’est un contrat par lequel un débiteur remet un bien


meuble à son créancier pour garantir le paiement de sa dette. Selon la
volonté des parties ; le gage peut entrainer dépossession ou non du

64
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

débiteur. En cas de non-paiement de la dette à l’échéance, le créancier,


après une mise en demeure, peut obtenir du tribunal compétent, la vente
aux enchères publiques du bien afin d’être payé sur le prix de la vente par
préférence aux autres créanciers éventuels de son débiteur. Le fait d’être
payé en premier sur le prix de vente est appelé droit de préférence. Le
créancier bénéficiaire du gage est appelé le créancier gagiste.
En cas de dépossession du débiteur ; le créancier gagiste bénéficie d’un
droit de suite
Le droit de suite est le droit de faire saisir le bien donné en garantie en
quelle que main qu’il se trouve.
 Le nantissement : le nantissement est une garantie de créance portant
sur un bien meuble incorporel. A La différence du gage qui porte sur un bien
meuble corporel, lorsque le bien donné en garantie par le débiteur est un bien
meuble incorporel, comme une créance, une part sociale, un fonds de
commerce ou un fonds artisanal par exemple, il s’agit d’un nantissement. On
parle souvent de gage pourtant sur des biens meubles incorporels. Le
nantissement n’entraine pas dépossession du débiteur.

 L’hypothèque : c’est une garantie de créance portant sur un bien


immeuble du débiteur au profit de son créancier. Le créancier titulaire de
l’hypothèque est appelé le créancier hypothécaire. En matière d’hypothèque,
le débiteur n’est pas dépossédé de son immeuble durant toute la durée du
contrat. Mais en cas de non-paiement de la dette à l’échéance, le créancier peut
faire saisir l’immeuble en quelque main qu’il se trouve et le vendre.
Tout créancier hypothécaire bénéficie d’un droit de suite et d’un droit de
préférence.

Le créancier gagiste, le créancier nanti et le créancier hypothécaire dont les


créances sont garanties sont appelés des créanciers privilégiés alors que les
créanciers qui ne bénéficient d’aucun droit réel accessoire sont appelés des
créanciers chirographaires ou ordinaires. Ces derniers n’ont pas de garantie
sur un objet particulier de leur débiteur. Ils ne bénéficient d’aucun droit
particulier ; ils ont un droit de gage général sur le patrimoine de leur débiteur.

3.2- Les droits personnels ou droits de créance

Le droit personnel ou droit de créance est le droit qui permet à une personne
d’exiger d’une autre l’exécution d’une prestation. Il met en rapport deux

65
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

personnes. La personne qui a le pouvoir d’exiger l’exécution de la prestation


est appelée le créancier. Celui qui doit fournir la prestation est le débiteur. Le
rapport de droit entre les deux personnes est appelé une obligation.

3.3- Les droits intellectuels

Ils résultent de la création intellectuelle de leurs auteurs. Ex : le droit d’auteur,


le droit de l’inventeur, les brevets d’invention, les licences d’exploitation, les
marques déposées …

B- LES DROITS EXTRAPATRIMONIAUX


Ce sont des droits qui ne sont pas directement évaluables en argent et qui sont
liés à la personne de leur titulaire. Ils sont intransmissibles, incessibles,
insaisissables et imprescriptibles. Ce sont :

1- Les droits de la personnalité

Ils comprennent les droits publics de la personnalité et les droits privés de la


personnalité.

1.1- Les droits publics de la personnalité


Il s’agit des droits exercés par les individus dans leurs rapports avec l’Etat. Ils
sont appelés les libertés publiques ou les droits de l’homme. Ce sont la liberté
d’aller et de venir qui interdit toute arrestation et détention arbitraire, la liberté
d’expression et d’opinion, la liberté d’association et de réunion, la liberté religieuse.

1.2- Les droits privés de la personnalité


Ils interviennent essentiellement dans les rapports entre particuliers. Ce
sont :
1°) Le droit à la vie : il signifie que nul n’a le droit d’ôter la vie à son prochain ;
2°) Le droit à l’intégrité physique : c’est le droit que possède chaque individu
sur son corps. Chacun a le droit d’exiger qu’aucune atteinte ne soit portée à
son corps.
3°) Le droit à l’intégrité morale : il comprend le droit à l’honneur, à l’image,
à la vie privée… ;

66
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

 Le droit à l’honneur : toute personne a le droit à ce que les tiers


respectent son honneur. C’est pourquoi les diffamations et les injures sont
sanctionnées.
 Le droit à l’image : c’est le droit qu’a tout individu de s’opposer à la
reproduction et à la publication de son image sans son consentement, sauf
pour les personnes publiques ou si l’image est prise lors d’un événement
public ou dans le cadre de la recherche des auteurs d’une infraction.
 Le droit à la vie privée : c’est le droit reconnu à chaque individu de
mener une vie paisible et autonome. Il est donc interdit aux autres de
s’immiscer dans sa vie privée (vie familiale et amoureuse).

4°) Le droit au nom, au domicile et à la nationalité : C’est le droit reconnu à


chacun d’avoir un nom et de s’opposer à son usurpation par un tiers ; le droit
d’avoir un domicile et d’avoir une nationalité.

2 - Les droits de la famille


Il s’agit des droits des époux, des droits des enfants à l’égard de leurs parents
et vice-versa. On peut citer le droit au mariage, à l’éducation des enfants, à
l’exercice de l’autorité parentale… ;

3 - Les droits économiques


Ce sont le droit à un travail décent, la liberté du commerce et de l’industrie…

4 - Les droits civiques et politiques


Ce sont le droit au vote, à l’éligibilité…

II- LES BIENS

A- DEFINITION
Les biens désignent toutes choses susceptibles d’appropriation privée et les
droits portant sur ces choses.
L’on fait les distinctions suivantes :

B- LA CLASSIFICATION DES BIENS

1- La classification principale
C’est celle qui oppose les biens meubles aux biens immeubles.

67
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

a- Les biens meubles


On distingue les différents types de meubles suivants :

 Les meubles par nature : Ce sont les choses matérielles qui peuvent se
déplacer ou être déplacées. Ex: une voiture, un animal, une chaise…
 Les meubles par anticipation : Ce sont des immeubles par nature mais
qui sont destinés à devenir des meubles. Ex: les arbres destinés à être coupés,
les récoltes vendues sur pied (le riz vendu avant la récolte, les fèves de cacao
vendues avant la récolte…).
 Les meubles par détermination de la loi : Ce sont les biens meubles
incorporels. Ex: le gage, les droits de créance, les droits d’auteurs, les actions,
les parts d’associés…

b- Les biens immeubles


Ce sont les choses fixées au sol soit par la main de l’homme soit par la force
de la nature.
On distingue les différents types d’immeubles suivants :

 Les immeubles par nature : Ils comprennent le sol et tout ce qui y


adhère. L’immeuble ne peut se déplacer ou être déplacé. Ex : un terrain nu,
une villa, les bois tant qu’ils adhèrent au sol…
 Les immeubles par destination : Ce sont des meubles par nature
considérés comme des immeubles parce qu’ils sont rattachés à des immeubles
dont ils sont l’accessoire. Soit ils font corps avec l’immeuble, soit ils sont
nécessaires à l’exploitation de l’immeuble.
Ex: des tracteurs affectés à l’exploitation d’un domaine agricole, la cuisinière
d’un restaurant, les bancs, les chaises, le tableau, les portes d’une salle de
classe…Un meuble devient immeuble par destination, si deux conditions sont
réunies :

 Le meuble et l’immeuble auquel il est rattaché doivent avoir le même


propriétaire ;
 Un rapport de destination doit exister entre le meuble et l’immeuble.

 Les immeubles par l’objet auquel ils s’appliquent : Ce sont des droits
incorporels autres que le droit de propriété qui portent sur un immeuble. Ex :
l’hypothèque, les servitudes, l’usufruit portant sur un immeuble…

68
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

2- Les classifications secondaires


Elles permettent de faire la distinction entre :
- biens corporels et biens incorporels ;
- les choses (biens) consomptibles et les choses (biens) non consomptibles ;
- les choses fongibles et les choses non fongibles.

2.1- Les biens corporels et les biens incorporels

a- Les biens corporels : Ce sont les choses ou les objets matériels servant à
l’usage de l’homme. Il peut s’agir de biens meubles ou immeubles. Ex: une
table, un animal, un terrain.

b- Les biens incorporels : Ils n’ont pas d’existence physique. Ce sont les droits
qui portent sur une chose. Il s’agit en fait des droits patrimoniaux. Ex: les
droits réels autres que le droit de propriété, les droits personnels.

2.2- Les choses (biens) consomptibles et les choses (biens) non


consomptibles
Les choses consomptibles sont celles qui se détruisent par le premier usage.
Ex: les denrées alimentaires, le sucre, le charbon, le carburant… tandis que les
choses non consomptibles peuvent faire l’objet d’un usage prolongé sans être
détruits. Ex : une maison, une voiture…

2.3- Les choses fongibles et les choses non fongibles

 Les choses fongibles ou les choses de genre sont celles qui sont
interchangeables. Elles n’ont pas d’individualité propre. Elles sont envisagées
dans leur genre et leur espèce. Ex : les voitures neuves d’une même série, le
charbon, le riz…
 Les choses non fongibles ou corps certains sont celles qui ne sont pas
interchangeables. Elles sont uniques en leur genre et leur espèce. Ex: un
terrain nu, la voiture de MR Dago.

EXERCICES
A- Cocher les cases qui correspondent aux caractéristiques qui correspondent à
chaque droit.

69
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

Droits patrimoniaux
Caractéristiques Droit
Confère Conf
Extra Droit Droit Droit Droit réel
droit de de dr
patrimoniaux réel personnel intellectuel accessoire
préférence de su
DROITS
L’usufruit
Droit d’auteur
sur un roman
Droit de
passage sur un
terrain voisin
La puissance
parentale
Droit
d’adhésion à
un parti
politique
Droit
d’hypothèque
sur un
appartement
Marque de
fabrique
Droit de gage
sur une
automobile
Droit d’exiger
le paiement
d’une dette

70
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

Immeuble
Biens Biens meubles
Biens s Choses
meubles Meubles Par
immeubl par consomptib
Par par anticipation détermination
es destinatio les
nature de la loi
n
1 Un terrain non bâti

2 L’hypothèque

3 Un sac de riz de 50 kg

4 Les actions d’une société


anonyme

5 Des tracteurs affectés à


l’exploitation
d’une rizière
6 La table à manger du
Président

7 Le gage
8 Dix tonnes de maïs
vendues avant la récolte
9 La porte rouge de ma
chambre
71
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

10 Un tableau peint par


Picasso au mur du bureau
de la directrice
11 Les oranges
12 La cuisinière de l’Hôtel du
Golf
13 Le bâtiment « Pigier »
14 Un poulet rôti

15 Une bouteille d’eau


« Awa »

72
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

CHAPITRE 10 : LES OBLIGATIONS

OP : Classer les obligations des personnes juridiques

I- DEFINITION
L’obligation est un lien de droit en vertu duquel le débiteur doit exécuter une
prestation pour une personne qui est son créancier.
L’obligation présente un côté passif et un côté actif. Du point de vue passif,
elle représente une dette pour le débiteur. Du point de vue actif, elle confère
au créancier un droit de créance. Les sujets de l’obligation sont donc le
créancier et le débiteur.
II- LA CLASSIFICATION DES OBLIGATIONS
A- L’OBLIGATION JURIDIQUE ET L’OBLIGATION NATURELLE

 L’obligation naturelle : c’est celle dont l’inexécution n’est pas


juridiquement sanctionnée et ne contraint qu’en conscience. Ex : verser une
pension alimentaire à son frère qui est dans le besoin ; cela n’est pas
légalement obligatoire.
 L’obligation juridique : c’est celle dont l’inexécution est sanctionnée
par le droit. Ex : verser une pension alimentaire à son enfant.

B- LA CLASSIFICATION DES OBLIGATIONS SELON LEUR OBJET

 L’obligation de donner : c’est l’obligation de transférer à titre gratuit ou


à titre onéreux la propriété que l’on a sur une chose. Ex : le vendeur est obligé
de transférer la propriété de la chose vendue à l’acheteur si celui-ci paie le
prix. Il ne pourra donc vendre la chose à un autre client.
L’obligation de donner ne se confond pas avec l’obligation de remettre
matériellement la chose qui est l’obligation de délivrance.
 L’obligation de faire : c’est l’obligation qui consiste pour le débiteur à
accomplir un fait positif ou une prestation. Ex : construire un bâtiment,
réparer un meuble, effectuer un travail…
 L’obligation de ne pas faire : c’est l’obligation qui consiste pour le
débiteur à s’abstenir de faire quelque chose. Ex: le vendeur d’une boutique ne
doit pas s’installer à proximité de l’acquéreur, car il a l’obligation de ne pas
lui faire concurrence.

73
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

C – LA CLASSIFICATION DES OBLIGATIONS SELON LEUR EFFET

 L’obligation de résultat : c’est l’obligation par laquelle, le débiteur est


tenu d’atteindre un résultat précis ou déterminé. Ex : l’obligation du
transporteur : le transporteur a l’obligation d’amener le voyageur sain et sauf
à destination.
 L’obligation de moyens : c’est l’obligation par laquelle, le débiteur n’est
tenu que d’employer les moyens possibles, d’agir avec le maximum de
prudence et de diligence en vue d’obtenir un résultat sans garantir celui-ci.
Ex : le médecin ne s’engage pas à guérir son client, mais à faire son possible
pour y réussir.
III- LES SOURCES DES OBLIGATIONS

1- La loi : Elle prévoit certaines obligations appelées obligations légales. Ex :


la loi prévoit que l’employeur doit déclarer ses salariés à la CNPS.

2- Le contrat et le quasi-contrat

 Le contrat : Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs


personnes s’obligent envers une ou plusieurs autres, à donner, à faire ou à ne
pas faire quelque chose. Le contrat tel que défini fait donc naître des
obligations.
 Le quasi-contrat (presque un contrat) : C’est un fait licite et volontaire
d’où découlent des obligations à la charge d’un tiers non lié avec l’auteur du
fait par un contrat.

Exemple de quasi-contrat : la gestion d’affaires : c’est le fait pour une


personne, appelée gérant d’affaires, d’accomplir de manière spontanée en cas
de nécessité, des actes d’administration dans l’intérêt d’un tiers, appelé le géré
ou maître de l’affaire sans que ce dernier l’en ait chargé.

Les engagements pris par le gérant d’affaires obligent le géré qui doit, si
l’initiative était utile ou nécessaire, rembourser au gérant ses dépenses.

Explication : Votre voisin est parti en vacances, vous ne savez où. Vous vous
rendez compte que la fenêtre de sa maison est enlevée. Vous faites procéder
à la réparation. Vous avez agi comme gérant d’affaires. A son retour, le voisin
est tenu de vous rembourser les frais de réparation.

74
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

3- Le délit et le quasi-délit

 Le délit : c’est un fait illicite de l’homme commis avec l’intention de


nuire, qui cause un dommage à autrui et oblige son auteur à le réparer. Ex:
détruire volontairement le bien d’autrui, les coups et blessures volontaires…

 Le quasi-délit (presque un délit) : C’est un fait illicite de l’homme


mais commis sans intention de nuire, qui cause un dommage à autrui et
oblige son auteur à le réparer. Ex: les blessures causées involontairement au
cours d’un accident ...

4- L’acte juridique et le fait juridique

Un acte juridique est une manifestation de volonté destinée à produire des


effets de droit tandis que le fait juridique est un événement indépendant de
la volonté et susceptible de produire des effets de droit.
Ainsi le contrat, le mariage, le testament sont des actes juridiques tandis que
la naissance, le décès sont des faits juridiques. Dans l’acte juridique la
conséquence est voulu et recherchée ; ce qui n’est pas le cas dans le fait
juridique.

EXERCICES
I- DONNEZ UN ELEMENT DE DISTINCTION ENTRE LES
ELEMENTS SUIVANTS
1- Le contrat et le quasi- contrat
2- Le délit et le quasi délit
3- L’acte juridique et le fait juridique
4- L’obligation de moyen et l’obligation de résultat

75
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

II- COCHEZ DANS LE TABLEAU SUIVANT LES HYPOTHESES QUI


CONVIENNENT AUX SITUATIONS DE FAIT PROPOSEES
Classification selon Classification Les sources
l’objet selon les effets

Donne Fair Ne Résulta Moye La Le Le


r e pas t n lo contra déli
fair i t t
e
L’obligation
du chauffeur
de taxi
emprunté à
saint jean
pour Marcory
L’obligation
d’un
gynécologue
obstétricien à
l’égard d’une
femme qu’il
doit opérer
L’obligation
de réparer le
préjudice
cause à une
personne
percutée avec
un véhicule
par
vengeance
L’obligation
d’une
coiffeuse de
payer une
taxe
communale

76
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

L’obligation
d’un salarié a
l’égard de son
employeur
L’engagemen
t pris par un
salarie de ne
pas travailler
pour une
entreprise
concurrente

77
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

CHAPITRE 11: LA CLASSIFICATION DES CONTRATS

OP : Classifier les contrats

I- DEFINITION
Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes
s’obligent envers une ou plusieurs autres, à donner, à faire ou à ne pas faire
quelque chose. Le contrat tel que défini fait donc naître des obligations.

II- LA CLASSIFICATION DES CONTRATS

1- Les contrats consensuels, les contrats solennels et les contrats réels

 Le contrat consensuel est celui qui se forme par le seul accord de


volontés des parties. La loi n’exige aucune formalité pour sa validité. C’est le
principe du consensualisme. Ex: le contrat de vente de meubles. Bien que les
parties puissent le passer par écrit, la loi ne l’exige pas.

 Le contrat solennel ou contrat formel est celui qui n’est valable que
par l’accomplissement de certaines formalités déterminées par la loi en plus
de l’accord de volonté des parties. Ces formalités peuvent être par exemple la
rédaction d’un acte notarié (ou acte authentique) ou l’exigence d’un écrit. Ex:
Pour la donation et la vente d’immeubles, la loi exige la rédaction d’un acte
notarié ; la constitution d’une hypothèque doit se faire par écrit ; pour être
valable, le CDD à terme précis doit être écrit.

 Le contrat réel est celui pour lequel la loi exige, pour sa validité, en
plus de l’accord de volontés des parties, la remise matérielle de la chose objet
du contrat. Ex: les contrats de dépôt, de prêt, de gage ne sont valablement
formés qu’après la remise matérielle de la chose, objet du contrat.

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

3- Les contrats synallagmatiques (ou bilatéraux) et les contrats


unilatéraux

 Le contrat synallagmatique est celui qui fait naitre des obligations


réciproques et interdépendantes à la charge de chacune des parties au contrat.
Ex: le contrat de vente : le vendeur est tenu de livrer la chose vendue et
l’acheteur d’en payer le prix.

 Le contrat unilatéral est un contrat qui crée des obligations à la


charge d’une seule partie. Seule une partie est engagée. Ex: le contrat de
donation : le donateur s’engage à donner une chose au donataire sans
contrepartie ; le contrat de prêt d’argent : l’emprunteur est tenu de
l’obligation de rembourser ; le prêteur n’assume aucune obligation.

NB : Le contrat unilatéral ne doit pas être confondu avec l’acte unilatéral.


En effet, le contrat unilatéral implique l’accord des deux parties, alors que
l’acte unilatéral résulte d’une seule volonté. Ex : Dans le contrat de prêt,
emprunteur et prêteur sont d’accord, tandis que la renonciation à une
succession qui est un acte unilatéral, émane de la volonté du seul héritier.

4- Les contrats à titre onéreux et les contrats à titre gratuit

 Le contrat à titre onéreux est le contrat dans lequel chaque partie


reçoit de l’autre une contrepartie de l’avantage qu’il lui procure. Chacune des
parties ne fait ou ne donne que parce qu’elle reçoit quelque chose en retour.
Ex: le contrat de vente : le vendeur donne sa marchandise en contrepartie
d’un prix et l’acheteur paye le prix en contrepartie de la marchandise.

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

 Le contrat à titre gratuit est le contrat dans lequel l’une des parties
procure volontairement à l’autre un avantage sans contrepartie. Ex: la
donation …

5- Les contrats commutatifs et les contrats aléatoires

 Le contrat commutatif est celui dans lequel les prestations


réciproques des parties sont connues et déterminées au moment de la
conclusion du contrat. Ex: le contrat de travail : l’employeur s’engage à payer
le salaire et le travailleur s’engage à accomplir le travail ; Le contrat de vente
d’un bien à un prix déterminé.

 Le contrat aléatoire est celui dans lequel la prestation à fournir par


l’une des parties dépend d’un événement incertain, d’un aléa. Ex: le contrat
d’assurance-vie, d’assurance maladie ; le contrat de pari.

6- Les contrats de gré à gré et les contrats d’adhésion

 Le contrat de gré à gré ou contrat négocié est le contrat dont le


contenu est librement débattu par les parties. Ex : le contrat de vente ;

 Le contrat d’adhésion est le contrat dont le contenu est imposé par


l’une des parties à l’autre qui ne peut que l’accepter ou le refuser. Les contrats
d’adhésion sont en réalité l’œuvre d’une seule partie, économiquement plus
forte, qui impose ses conditions à l’autre partie sans possibilité de discussion.
Ex: les contrats d’assurance ; les contrats de transport (la SOTRA fixe le prix
des tickets).

6- Les contrats à exécution instantanée et les contrats à exécution


successive

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

 Le contrat à exécution instantanée ou contrat instantané est celui qui


crée des obligations susceptibles d’être exécutées en un seul trait de temps et
en une seule fois. Ex: la vente au comptant : la livraison du bien et le paiement
du prix sont immédiats.

 Le contrat à exécution successive ou contrat successif est celui qui


crée des obligations dont l’exécution s’étend sur une certaine durée. Ex: le
contrat de travail ; le contrat de bail ; le contrat d’abonnement au téléphone…

7- Les contrats conclus intuitu personae

 Le contrat intuitu personae est celui qui est conclu en considération


de la personne du cocontractant. Ex: le contrat de travail conclu en
considération des aptitudes et des compétences professionnelles du
travailleur ; le contrat de donation ; le contrat de mandat ; le contrat de société
en nom collectif. Mais la vente n’est pas un contrat intuitu personae.

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

8- Les contrats individuels et les contrats collectifs

 Le contrat individuel est celui qui crée des droits et des obligations à
la charge des seules parties au contrat. Ex : le contrat de travail.

 Le contrat collectif est celui qui s’impose même à des personnes qui
ne sont pas parties au contrat. Ex : les conventions collectives de travail
conclues par certaines organisations syndicales, peuvent s’appliquer à
l’ensemble des travailleurs d’une profession, qu’ils appartiennent ou non à
ces organisations.

9- Les contrats à durée déterminée et les contrats à durée indéterminée

 Le contrat à durée déterminée (CDD) est celui dont le terme est fixé
lors de la conclusion du contrat. Ex : un contrat de travail conclut pour deux
(2) ans.

 Le contrat à durée indéterminée(CDI) est celui dont le terme n’est pas


fixé lors de la conclusion du contrat. Ex : un contrat de travail dont le terme
n’est pas fixé.
NB : Toutes ces classifications sont susceptibles de se combiner. Ex : Le
contrat de travail est à la fois synallagmatique, à titre onéreux, successif,
consensuel, commutatif

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

EXERCICES

A- Mettez une croix dans la ou les colonnes correspondantes

Types de
contrat
unilatéral Bilatéral A titre A titre Commutatif aléatoire Exécution Exécution
gratuit onéreux instantanée successive
exemples
Contrat
d’entretien
d’une école
Vente d’une
maison
Contrat de
bail
Contrat de
travail
Contrat de
donation
Contrat
d’assurance
automobile
Contrat de
prêt bancaire

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

Contrat de
transfert d’un
sportif

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

CHAPITRE 12: LES CONDITIONS DE FORMATION


ET LES EFFETS DES CONTRATS

OP : A partir d’exemples, identifier les conditions de formation des contrats


et leurs effets

I- LES CONDITIONS DE FORMATION DES CONTRATS

A- LES CONDITIONS DE FOND DES CONTRATS

Selon la loi, pour qu’un contrat soit valablement formé, il doit remplir quatre
conditions de fond :
- Les parties doivent consentir au contrat, et leur consentement ne doit
pas être vicié ;
- Elles doivent être capables de contracter ;
- L’objet et la cause du contrat doivent exister et être licites.

1- Le consentement non vicié

Les parties au contrat doivent manifester leur consentement ; celui-ci doit en


plus être intègre c’est-à-dire exempt de vices.

a- L’existence du consentement

Le contrat est un accord de volontés. Le consentement consiste dans la


manifestation de volontés des contractants de conclure le contrat. Ce qui
suppose une offre et une acceptation.

 L’offre (ou pollicitation) est la proposition ferme et précise par laquelle


le pollicitant ou l’offrant exprime son intention de conclure le contrat. L’offre
peut être adressée à une personne déterminée, ou collectivement au public.

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

 L’acceptation est la manifestation de volonté par laquelle le destinataire


de l’offre accepte la proposition qui lui est faite. L’acceptation doit être pure
et simple, c’est-à-dire non assortie de réserve ou de condition.
NB : L’acceptation peut-elle se manifester par le silence du destinataire de
l’offre ?
En droit, normalement le silence ne vaut pas acceptation. Cependant, le
silence peut valoir acceptation dans les 3 cas suivants :
- Si les parties sont en relations d’affaires ;
- En cas de reconduction tacite du contrat et,
- Dans le cas de l’offre in favorem, c’est-à-dire lorsque l’offre est faite à
une personne nommément désignée.
b- Les vices du consentement

Pour être valable, le contrat ne doit pas être vicié, c’est-à-dire que le
consentement de chaque partie ne doit pas contenir des vices ; c'est-à-dire
qu’il ne doit pas être donné par erreur, ou obtenu par tromperie (dol) ou par
violence (contrainte). Les vices du consentement sont donc :

 L’erreur : c’est une représentation fausse qu’une partie se fait d’un


élément du contrat. Ex : l’un des contractants s’est trompé sur un ou plusieurs
éléments du contrat.
L’erreur qui vicie le consentement présente deux caractères :
 Soit, elle porte sur la substance même de la chose, objet du contrat,
c’est-à-dire sur l’élément qui a déterminé le cocontractant à conclure le
contrat. Ex : je crois acheter un bijou en or, alors qu’il n’est qu’en métal doré
(la substance de la chose est ici la qualité matérielle de la chose) ; je crois
acheter un tableau de Picasso, alors que le tableau n’est en réalité qu’une
reproduction habile (la substance de la chose est ici son authenticité).

 Soit dans certains cas, elle porte sur la personne : dans ce cas, elle n’est
prise en considération que dans les contrats conclus intuitu personae, c’est-à-
dire en considération de la personne du cocontractant (le contrat de donation,
le contrat de mandat, le contrat de société de personnes, etc.) Ex : une autre
personne est confondue avec le cocontractant en raison d’une homonymie.

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

L’erreur vice du consentement qu’elle porte sur la substance de la chose ou


sur la personne entraîne la nullité relative du contrat, c’est-à-dire que le
contrat est nul à l’égard de celui qui s’est trompé.

 Le dol : il consiste dans l’usage de moyens frauduleux ou de


manœuvres frauduleuses destinés à tromper une personne pour l’amener à
conclure un contrat. Ex : produire un faux diplôme pour obtenir la conclusion
d’un contrat de travail, déclarations mensongères, mise en scène,
machinations, contrefaçons, le silence gardé sur un des éléments important
du contrat (vendre une voiture dont les freins sont défectueux sans en
informer l’acheteur) … qui auraient pour conséquence de tromper le
cocontractant. Cependant, le simple fait de vanter les qualités d’une chose
pour amener une autre personne à l’acheter n’est pas un dol.
Le dol entraîne la nullité relative du contrat si les manœuvres sont le fait du
cocontractant et non pas d’un tiers, si elles sont faites avec l’intention de
tromper le cocontractant et si elles sont déterminantes, c’est-à-dire que sans
elles le cocontractant n’aurait pas contracté.
Contrairement à l’erreur, dans le dol l’une des parties trompe l’autre pour
l’amener à contracter. Le contractant qui commet une erreur se trompe ; le
contractant, victime d’un dol est trompé.

 La violence : c’est une contrainte physique ou morale exercée sur la


volonté d’une personne et destinée à provoquer chez elle un sentiment de
crainte (crainte d’exposer sa personne ou sa fortune à un mal considérable et
présent) afin de l’amener à conclure un contrat.
Pour entraîner la nullité du contrat, la violence doit être suffisamment grave
pour que le cocontractant craigne réellement pour lui-même, pour ses
proches, pour ses biens… les juges apprécient la gravité de la menace en
fonction de l’âge, du sexe, de la taille, du handicap de la victime. Toutefois,
certaines menaces ne sont pas considérées comme des formes de violence en
droit (le fait de menacer de faire saisir les biens de son débiteur pour obtenir
paiement de sa créance, la crainte inspirée par les parents, un ascendant ou
même un employeur…).

2- La capacité

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

Pour qu’un contrat soit valablement formé, il faut également en plus du


consentement non vicié, que les parties soient capables de contracter. La
capacité est l’aptitude de toute personne à jouir de tel ou tel droit (capacité de
jouissance) et à exercer ses droits (capacité d’exercice incapable) (voir chapitre
7)

3- L’objet
L’objet du contrat désigne la prestation que chacune des parties s’engage à
donner, à faire ou à ne pas faire. C’est ce sur quoi porte le contrat. Ex : Dans
le contrat de vente d’une voiture, l’objet du contrat est la voiture.
Pour être valable, l’objet doit exister, être déterminé ou déterminable, être
possible, être dans le commerce et être licite.

4- La cause

La cause est la raison, le motif ou le mobile qui pousse chacune des parties à
contracter. La cause c’est ce qui explique l’obligation. La cause doit :

 Exister : s’il y a absence de cause, le contrat est frappé d’une nullité


absolue (Ex : souscription d’un contrat d’assurance pour des dommages qui
sont déjà assurés).

 Et être licite : le but poursuivi par les parties ne doit pas être prohibé
par la loi. Est illicite, la cause contraire à l’ordre public et aux lois impératives.
Ex : un immeuble est acheté pour en faire un établissement de débauche.
L’illicéité de la cause entraîne la nullité absolue du contrat.

B- LES CONDITIONS DE FORME DES CONTRATS

En vertu du principe du consensualisme, le contrat est formé par le seul échange


des consentements quel que soit la forme adoptée pour constater cet échange
(écrit, orale, lettre, téléphone, télécopie…)

Cependant, certains contrats échappent au consensualisme. La loi prévoit


pour la validité de certains contrats, en plus des conditions de fond, certaines

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

conditions de forme telles que la rédaction d’un acte authentique ou sous


seing privé (contrats solennels), ou la remise d’une chose (contrats réels). Si
ces conditions de forme ne sont pas respectées, ces contrats sont nuls.

C- LES SANCTIONS DE L’INOBSERVATION DES


CONDITIONS DE FORMATION: la nullité des contrats

L’on précisera ici la notion de nullité en droit et ses effets.

1- La notion de nullité

La nullité du contrat est la sanction qui frappe le contrat qui ne satisfait pas à
toutes les conditions de formation imposées par la loi (consentement,
capacité, objet, cause et éventuellement, les conditions de forme). Mais, la
nullité n’est pas automatique : elle doit être demandée en justice ; elle est
prononcée par le juge.

Il existe deux types de nullité : la nullité absolue et la nullité relative.

a- La nullité absolue

Elle sanctionne l’inobservation des conditions de formation du contrat


dans les cas suivants :
 Absence de consentement, d’objet et de cause ;
 Absence de forme dans les contrats solennels ;
 Objet impossible, illicite, indéterminé et non déterminable ;
 Cause illicite ou immorale.

La nullité absolue est d’ordre public c'est-à-dire qu’elle protège l’intérêt


général. L’action en nullité absolue peut être exercée par toute personne
intéressée (les contractants, leurs héritiers, leurs créanciers chirographaires,
etc.). La prescription de l’action en nullité absolue est de 30 ans.

b- La nullité relative

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

Elle sanctionne les atteintes portées à l’intérêt privé des contractants telles
que :
 L’existence d’un vice du consentement : erreur, dol, violence ;
 L’incapacité ;
 L’insanité d’esprit.

La nullité relative protège l’intérêt privé.


L’action en nullité relative ne peut être exercée que par le cocontractant que
la loi veut protéger (l’incapable, la victime…). Le délai de prescription de cette
action est de 5 ans.

2- Les effets de la nullité


Les deux types de nullités produisent les mêmes effets à savoir :

a- L’anéantissement rétroactif du contrat : le contrat est censé


n’avoir jamais existé pour le passé et pour l’avenir, sauf dans les contrats à
exécution successive. Ex : la résiliation du contrat de travail, du contrat de bail
ou du contrat d’abonnement n’anéantit le contrat que pour l’avenir, mais non
pour le passé.

b- La restitution des prestations déjà exécutées : les parties sont


remises dans l’état où elles étaient avant la conclusion du contrat. Ex :
lorsqu’une vente est nulle, l’acheteur doit rendre la chose et le vendeur doit
restituer le prix. Exceptionnellement, les restitutions peuvent être écartées.
C’est par exemple le cas, lorsque la nullité est fondée sur le caractère immoral
de la cause.

II- LES EFFETS DES CONTRATS

A- L’EXECUTION DES CONTRATS


Les conventions légalement formées produisent en principe des effets entre
les parties et dans certains cas, à l’égard des tiers.

1- Les effets du contrat entre les parties : la force obligatoire du contrat

90
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

La force obligatoire du contrat signifie que :

 Le contrat est la loi des parties : elles sont obligées de l’exécuter ; elles
doivent l’exécuter de bonne foi.

 Le contrat est irrévocable : une fois conclu, le contrat ne peut en


principe être remis en cause, sauf en cas de consentement mutuel des
parties.

2- Les effets du contrat à l’égard des tiers : l’effet relatif du contrat

L’effet relatif du contrat signifie que le contrat n’a pas d’effet à l’égard des
tiers ; les tiers sont tous ceux qui ne sont pas parties au contrat. On ne peut
donc en principe rendre un tiers débiteur ou créancier dans un contrat. Mais
exceptionnellement, le contrat peut profiter aux tiers dans des cas
particuliers :

 Les héritiers (ou ayants cause universels) : Les contrats conclus avant
le décès continuent à produire leurs effets à l’égard des héritiers. Ainsi, ils
seront créanciers ou débiteurs là où leur auteur était lui-même créancier ou
débiteur.

 Les créanciers chirographaires ou ordinaires : Ce sont les créanciers


qui ne bénéficient d’aucune garantie particulière (gage, hypothèque) pour le
recouvrement de leur créance. Ils subissent les conséquences des contrats
conclus par leur débiteur, du fait de leur droit de gage général sur le
patrimoine de celui-ci : ils profitent de ses augmentations et en supportent
également les diminutions.

B-L’INEXECUTION DES CONTRATS


L’effet obligatoire du contrat entraîne pour le débiteur l’obligation d’exécuter
la prestation promise. Si le débiteur n’exécute pas, les réactions du créancier
peuvent être diverses.

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

1- L’exécution forcée

Le créancier peut obtenir par certains moyens l’exécution forcée de la


prestation qui lui est due. Ce sont par exemple :

 Les saisies : elles ne peuvent être effectuées que par un officier


ministériel (l’huissier de justice) et sur présentation d‘un titre exécutoire
(jugement ou acte notarié par exemple) ;

 L’expulsion : elle est également de la compétence de l’huissier agissant


sur présentation d’un titre exécutoire ;

 L’astreinte : elle consiste pour le juge à condamner le débiteur à payer


une certaine somme d’argent par jour de retard dans l’exécution de sa
décision d’exécuter son obligation. Ex : le vendeur obligé de livrer la chose
vendue est condamné à 5 000 FCFA d’astreinte par jour de retard dans
l’exécution de cette obligation.

2 - L’inexécution du contrat synallagmatique

L’inexécution des contrats comportant des obligations réciproques et


interdépendantes des parties l’une envers l’autre (contrats synallagmatiques)
entraîne les conséquences suivantes :

 L’exception d’inexécution : c’est le moyen par lequel le cocontractant


refuse d’exécuter son obligation tant que son débiteur n’exécute pas la sienne.
Ex : le vendeur refuse de livrer la chose tant que l’acheteur ne paye pas le prix.
Si l’exception d’inexécution ne suffit pas à contraindre le cocontractant à
exécuter ses obligations, il faudra procéder à la résolution du contrat.

 La résolution du contrat : elle consiste à demander au juge de constater la


rupture d’un contrat synallagmatique et le versement de dommages et
intérêts lorsque le cocontractant n’exécute pas son obligation. Elle efface
rétroactivement les obligations nées du contrat.

3 - La responsabilité civile contractuelle

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

La responsabilité contractuelle d’une personne est engagée, lorsque celle-ci


n’a pas exécuté une obligation résultant de son contrat.

Les conditions de mise en œuvre de la responsabilité civile contractuelle sont :

 La faute : elle consiste pour le débiteur à manquer à ses engagements


soit par l’inexécution totale, partielle ou tardive ou la mauvaise exécution du
contrat. Ex : le transporteur n’amène pas le voyageur à destination ; le
médecin n’utilise pas tous les moyens adéquats pour soigner le malade.

 Le dommage : c’est le préjudice subi par le créancier du fait de


l’inexécution totale ou partielle du contrat ou du retard dans son exécution.
Le dommage comprend la perte subie et le manque à gagner. Ex : Mr Touré,
commerçant à Adjamé, n’a pas reçu à temps de son fournisseur, les jouets
qu’il devait vendre pendant les fêtes de fin d’années. Il n’a donc pu écouler
sa marchandise. Les dommages concernent non seulement le prix d’achat des
marchandises mais aussi le bénéfice qu’il aurait pu réaliser.
Les dommages et intérêts dus en cas de défaut d’exécution sont appelés des
dommages et intérêts compensatoires, tandis que les dommages et intérêts
dus en cas de retard dans l’exécution sont appelés des dommages et intérêts
moratoires.

 Le lien de causalité entre la faute et le dommage : le préjudice subi par


le créancier doit être la conséquence directe de la faute commise par le
débiteur.

NB : Avant d’engager la responsabilité contractuelle du débiteur en justice, le


créancier doit d’abord le mettre en demeure d’exécuter son obligation. La mise en
demeure est l’acte par lequel un créancier demande à son débiteur d’exécuter
son obligation. Elle se fait en principe, par exploit d’huissier, mais peut aussi
se faire par un acte équivalent, telle une lettre missive lorsqu’il ressort de ses
termes une interpellation suffisante. Si malgré la mise en demeure,
l’obligation n’est toujours pas exécutée, le créancier peut saisir le tribunal
pour demander réparation, c’est-à-dire le versement d’une somme d’argent
appelée dommages et intérêts relative au préjudice subi. L’évaluation des
dommages et intérêts est faite par le juge.

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

Exercices
1- Vous passez avec un antiquaire, un contrat oral pour l’achat d’un sabre
qui aurait appartenu à Samory Touré. Dans quelles catégories de
contrat peut-on classer le contrat de vente conclu avec l’antiquaire.
Entourez les bonnes réponses parmi celle qui vous sont proposées
a- Contrat formel
b- Contrat individuel
c- Contrat synallagmatique
d- Contrat consensuel

2- Badou directeur de société, veut conclure un contrat de travail avec Mlle


Kra ROXANE, une jeune fille titulaire d’un BTS en secrétariat
bureautique. La sœur jumelle de ROXANE a réussi à mettre la main sur
ses diplômes et est parvenu à conclure le contrat de travail avec
l’employeur en raison de la très forte ressemblance avec sa sœur. Dans
l’exécution du contrat le directeur se rend compte que la secrétaire n’a
aucune qualification professionnelle.
a- Citez les conditions de fond exigées pour la validité d’un contrat
b-Le consentement de Mr Badou a été vicié. Précisé le vice en question et
définissez-le
c- Quelle est la conséquence de ce vice sur le contrat qui lie BADOU à Mlle
KRA Eve.

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

CHAPITRE13: LA RESPONSABILITE CIVILE

OP : Identifier les conditions de mise en œuvre de la responsabilité civile


délictuelle

I- LA NOTION DE RESPONSABILITE CIVILE


La responsabilité est l’obligation de répondre de ses actes. Elle peut être
pénale (lorsqu’elle nait de la commission d’une infraction) ou civile.
La responsabilité civile comprend :

 La responsabilité contractuelle : c’est l’obligation pour le débiteur de


réparer le préjudice subi par son cocontractant du fait de son inexécution
partielle ou totale du contrat, sa mauvaise exécution ou son retard dans
l’exécution du contrat ;
 La responsabilité délictuelle : c’est l’obligation pour une personne de
réparer le dommage ou le préjudice qu’elle a causé à autrui ou celui causé par
les personnes ou les choses dont elle a la garde.
La responsabilité contractuelle ayant été étudié dans le chapitre précédent sur
les contrats, le présent chapitre portera uniquement sur la responsabilité
délictuelle.
II- LES REGIMES DE RESPONSABILITE DELICTUELLE

Il existe différents types de responsabilité délictuelle. Ce sont la responsabilité


du fait personnel, la responsabilité du fait d’autrui et la responsabilité du fait
des choses et des animaux.

A- LA RESPONSABILITE DU FAIT PERSONNEL


La responsabilité du fait personnel est l’obligation pour une personne de
répondre des fautes qu’elle commet personnellement, volontairement, par
négligence ou par imprudence. Ex : Par négligence, Bertin laisse tomber un
pot de fleurs du haut de son balcon et un passant est blessé. Il est
personnellement responsable de la faute commise.
B- LA RESPONSABILITE DU FAIT D’AUTRUI
Le Code civil énonce quatre (04) cas de responsabilité correspondant au fait
d’autrui :

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

1- La responsabilité des père et mère


Les père et mère détenteurs de la puissance paternelle sont solidairement
responsables des actes causés par leurs enfants mineurs non émancipés
habitant avec eux. En cas de divorce, l’époux à qui le juge a confié la garde de
l’enfant en est responsable. Ils ne peuvent échapper à leur responsabilité que
si l’enfant est à l’école, en colonie de vacance, confié à ses grands-parents ou
s’ils prouvent que l’acte de l’enfant ne constituait pas une faute ou que ce
dernier n’habitait pas avec eux lors du dommage. Le défaut de cohabitation
met donc fin à la présomption de faute qui pèse sur les parents, à moins qu’il
ne soit dû à un défaut de surveillance de ceux-ci. Ex : l’enfant fait une fugue :
ses parents demeurent responsables des dommages qu’il pourrait causer ; les
parents qui chassent l’enfant de la maison familiale demeurent responsables
de ses dommages.

2- La responsabilité des artisans du fait de leurs apprentis


Les artisans sont responsables pour le dommage causé par leurs apprentis
pendant qu’ils sont sous leur surveillance.

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

3- La responsabilité des instituteurs du fait de leurs élèves


Les instituteurs et les professeurs sont responsables des dommages causés par
leurs élèves pendant le temps qu’ils sont sous leur surveillance.

4- La responsabilité des maîtres et commettants du fait de leurs


domestiques et préposés
Les maîtres et commettants sont responsables du dommage causé par leurs
domestiques et préposés dans les fonctions auxquelles ils sont employés. Le
commettant est celui qui a le pouvoir de donner des ordres à quelqu’un pour
l’exécution d’actes déterminés. Quant au préposé, c’est celui qui exécute les
ordres. Ex : lorsqu’un chauffeur de taxi renverse un piéton, le responsable est
le propriétaire du taxi et non le chauffeur ; mais le propriétaire peut se
retourner après, contre le chauffeur pour se faire rembourser.
Le maître, c’est celui qui commande, gouverne, qui a des serviteurs et des
ouvriers. Les domestiques sont des personnes qui sont professionnellement
au service d’une famille ou d’une maison.

C – LA RESPONSABILITE DU FAIT DES CHOSES ET DES ANIMAUX

1- La responsabilité du fait des choses


En droit, on est responsable du dommage causé par le fait des choses que l’on
a sous sa garde. La personne responsable est donc le gardien de la chose. En
principe le propriétaire est le gardien. Mais, il peut avoir perdu cette garde :
 Par transfert de la chose à un détenteur en vertu d’un contrat (location,
prêt, réparation). Ex : le garagiste chargé de réparer une voiture en
acquiert la garde et la responsabilité ;
 Par vol de la chose : le voleur devient gardien de la chose volée.

2- La responsabilité du fait des animaux


Le propriétaire d’un animal, ou celui qui s’en sert, pendant qu’il est à son
usage, est responsable du dommage que l’animal a causé, soit que l’animal
fut sous sa garde, soit qu’il fut égaré ou échappé.
III- LES CONDITIONS DE MISE EN ŒUVRE DE LA RESPONSABILITE
DELICTUELLE
La responsabilité civile délictuelle d’une personne ne peut être engagée que
si 03 conditions sont réunies :

A- LA FAUTE OU LE FAIT DOMMAGEABLE

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PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

La faute consiste dans une conduite répréhensible volontaire ou involontaire


(imprudence ou négligence).
Elle peut être par commission (faute par commission) : lorsque la personne
qui la commet ne respecte pas la loi et ne se comporte pas comme une
personne raisonnable ;
Elle peut être aussi par abstention ou par omission (faute par omission) :
lorsque la personne qui la commet n’accomplit pas les obligations légales ou
ne prend pas les précautions nécessaires pour éviter un dommage à autrui.
Exemples de fautes ou de faits dommageables : un accident de la circulation,
un incendie qui se déclare dans un immeuble entraînant des pertes de vie
humaine ou des destructions de biens etc.
La faute ou le fait dommageable ne suffit pas à engager la responsabilité des
auteurs. Encore faut-il que la victime fasse la preuve du dommage ou
préjudice qu’elle a subi.

98
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

B- LE DOMMAGE OU PREJUDICE

Le dommage ou préjudice peut se définir comme l’atteinte à un intérêt


juridiquement protégé. Sans dommage, pas de réparation.

Les différents types de dommages

Le dommage ou préjudice peut être matériel, moral ou corporel.


 Le dommage matériel : c’est le préjudice pécuniaire (en argent) que
subit la victime du fait de l’atteinte à son patrimoine. Ce dommage comprend
la perte subie (destruction d’un bien) mais aussi le manque à gagner (gain
manqué ; Ex : loyer non perçu du fait de la destruction du bien loué).
 Le dommage moral : il résulte d’une atteinte aux droits
extrapatrimoniaux (droit à l’honneur, au nom, à l’image etc.) et aux
sentiments (une personne décède à la suite d’un accident, son conjoint est
atteint dans ses sentiments d’affectation) ;
 Le dommage corporel : il est provoqué par les atteintes à l’intégrité du
corps humain. Ex : coups et blessures.
C- LE LIEN DE CAUSALITE ENTRE LA FAUTE ET LE DOMMAGE

Il doit exister un lien de cause à effet entre la faute et le dommage. C’est-à-


dire que le préjudice ou le dommage doit être la conséquence directe du fait
dommageable. Une fois, ces trois conditions remplies, le tribunal peut
ordonner la réparation du dommage causé.
IV. LA REPARATION DU DOMMAGE
Le responsable du fait dommageable est tenu de réparer le préjudice causé en
payant à la victime des dommages et intérêts. Les dommages et intérêts sont
une somme d’argent payé pour compenser le dommage subi par une
personne. C’est le « prix de la douleur » éprouvé. C’est le juge qui évalue le
montant des dommages et intérêts. Mais, le responsable peut se dégager de
sa responsabilité en invoquant que le dommage est dû une cause étrangère.
Ex : la force majeure, le fait d’un tiers etc.

99
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

NULLIT
E
NUL FONDEM
ABSOLU
LITE ENT DE
E OU
CAS PRATIQUES OU LA
NULLIT
NON NULLITE
E
? ?
RELATI
VE ?
1. Avant de décéder, Mme Fofana. fait don de sa fortune au Docteur Lago sous
la pression de celui-ci
2. Marlène L. achète un appartement qu’elle croit face à la mer. En réalité il se
situe au centre ville.
3. Mme Koné achète un terrain. [Link] le vendeur lui cache que ce terrain Personne
Les cas
est inconstructible. Type de responsabilité
responsable
4. T achète une voiture et constate qu’il n’y a pas de roue de secours.
L’immeuble de Koné très vétuste s’est écroulé et
5. L. achète des marchandises destinées à être vendues à bas prix (inférieur au
a endommagé la villa du voisin
prix d’achat).
Le fils
6. Vous de Mme
achetez unBlé, âgé de 10 qui
appartement ans,n’est
a mispas
le feu au
construit.
7. [Link]
D. vendde la pagnes de Mme
Tour Eiffel à sonMory à l’aide d’une
voisin.
8. Unboîte d’allumette
mineur achète lequ’il
véloade
prise
sondans
copainla cuisine de
sa mère
Le chien de Mr Leblanc s’est échappé et a dévoré
le mouton de Ladji
A bord de son véhicule 4x4, Mr Yapo renverse un
piéton
100
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

III -nommez le contrat en cause dans chaque cas

Réciprocité des engagements : Contrat s’exécutant en une seule


contrat……………………………................. prestation
........................... Contrat ……………………………………
……………………………
Une seule des parties s’engage à l’égard Contrat imposé par l’une des parties
de l’autre contrat……………………………………
Contrat……………………………………… ……………………………………………
…………………………….. ……………………………………………
……………………………….
Contrat librement négocié Contrat s’imposant aux seules parties
Contrat …………………………………… contractantes………………………………
………………………………. ………………………………

Contrat dont les prestations sont connues Contrat s’imposant à des tiers
et déterminées lors de la conclusion du Contrat……………………………………
contrat ………………………………….
Contrat………………………………………
……………………………………

101
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

SUJETS EXAMENS TERMINAUX

SUJETS SESSION2 2017-2018

I : DEFINISSEZ LES NOTIONS SUIVANTES

1- La puissance paternelle
2- Le principe de la non rétroactivité de la loi
3- L’hypothèque
4- La disparition
II QUESTIONS THÉORIQUE

1. Quel est le tribunal compétent pour connaître


. D’un litige entre employeur et son salarié
. Pour rendre un jugement déclaratif de décès
2. Citez tout simplement
. Les modes de saisine du tribunal
. Deux droits réels accessoires
3. Quel est la règle qui permet d’accorder par anticipation la personnalité
juridique à un enfant simplement conçu?
4. A quelles conditions la responsabilité civile contractuelle d’une
personne est-elle engagée ?
III RÉPONDEZ PAR VRAI OU FAUX ET JUSTIFIER

1. La coutume est une source directe du droit


2. Un mineur peut accomplir des actes de disposition
3. L’Etat et la fondation sont des personnes morales de droit public
4. L’absence met fin de façon certaine à la personnalité juridique

102
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

IV COMPLETEZ LES PHRASES SUIVANTES

1. Les tribunaux de première instance et leurs sections détachées


constituent ……….de juridiction. Le principe régissant les juridictions
ivoiriennes qui permet de se présenter devant une juridiction
supérieure en cas d’insatisfaction est le principe…………. .
2. Les vices du consentement entrainent………….du contrat.
3. Le droit constitutionnel est une discipline de ………………. .

V CAS PRATIQUE

Alidjou Fall secrétaire général du parti des révoltés possède de nombreux


biens au nombre desquels on peut citer un troupeau de bœufs de 120 têtes
une modeste villa de 4 pièces a la Djibi ; des actions détenues dans une
banque de la place ; des tableaux de grande valeur décorant les murs de son
lieu d’habitation.

Revenu d’une longue mission de deux mois il veut contester la paternité du


bébé née de son épouse lors de son absence. Mr Lekile créancier de Mr
Alidjou Fall veut l’attraire devant le tribunal. Mais il hésite car il se demande
si la loi pourrait s’appliquer à son débiteur en raison de son statut d’homme
politique.

1- Déterminez la nature des biens de Alidjou Fall citez dans le texte.


2- L’enfant née de l’épouse d’Alidjou Fall peut –il porter le patronyme de
ce dernier ? Pourquoi ?
3- La loi peut-elle s’appliquer à Alidjou Fall ? Pourquoi ?

Sujet session 1 2016-2017

Définissez : 05 points
1- Le décret;
2- Le patrimoine;
3- Le droit personnel;
4- Le nom patronymique;
5- L’obligation de résultat.

103
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

I- Citez simplement 04 points

1- Deux types d’actes juridiques que le mineur non émancipé peut


valablement accomplir.
2- Les différents droits réels accessoires.
3- Les quatre conditions de fond de validité des contrats.
4- Les modes de saisine du tribunal.

II- Répondez par VRAI ou FAUX avec justification aux affirmations


ci-dessous 04 points

1- Le nom d’une personne comprend obligatoirement le nom


patronymique, le surnom et le pseudonyme.
2- Le seul accord de volontés des parties contractantes rend valable le
contrat formel.
3- En l’absence d’intérêt au profit de l’enfant simplement conçu, l’adage
infans conceptus est inapplicable.
4- Les sociétés commerciales sont des personnes morales de droit mixte.

III- Cas pratiques 07 points

CAS N°1
: Le droit … « est écrit et se lit dans les textes de lois votées par la
Parlement, des règlements établis par le gouvernement, des arrêts et
jugements rendus par les cours et tribunaux, des traités convenus entre les
Etats souverains … (..).
Ces textes, ou plus exactement les actes des autorités qui leur
confèrent valeur de droit, constituent les sources formelles du droit.
Elles sont nationales, internationales et communautaires ».
(Didier, Droit commercial, t.1 p.29,
PUF, 1992.

1- En vous fondant sur vos connaissances, donnez un titre à ce texte.


2- Quel est le point commun entre les « arrêts et jugements rendus par
les tribunaux » ?
3- Qu’est-ce qui différencie un arrêt d’un jugement?
4- Un texte de loi simplement voté par le parlement est-il applicable aux
citoyens ? Justifiez.

104
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

CAS N°2
Bidio est collectionneur d’œuvres d’art et possède un berger allemand
et une luxueuse villa. Voulant acquérir un château dans un quartier
chic d’Abidjan, il décide de vendre un tableau qu’il a reçu en héritage
de son grand père. Sans expertise préalable, la vente est conclue
rapidement avec M. Durand, propriétaire d’une galerie dans la rue où
habite Bidio, pour 1 900 000 CFA. Bidio pense avoir fait une bonne
affaire. Quelque temps après, passant devant la galerie d’art, il aperçoit
son tableau en vente pour 190 000 000 CFA, prix justifié par le vendeur
grâce à une expertise attribuant ce tableau à un peintre célèbre du 19ème
siècle. Se sentant floué, Bidio décide d’intenter une action en justice
pour demander la nullité de l’acte de vente conclu avec M. Durand.

1- Déterminez avec justification, la nature juridique des biens suivants :


le berger allemand et la villa
2- Sur quel fondement juridique, Bidio peut-il obtenir la nullité de l’acte
de vente ? Justifiez.

SUJET SESSION UE INTRO L1

I- DEFINISSEZ LES TERMES SUIVANTS

Le prénom/ la nationalité/ la capacité juridique/ la juridiction/ l’auxiliaire


de justice

II- COMPLETEZ LES PHRASES SUIVANTES

Les sources indirectes du droit sont la jurisprudence, la …………………….


(1) et la ………………. (2). Les personnes morales comprennent les
personnes morales de droit public, les personnes morales de droit
……………… (3) et les personnes morales de droit ………….. (4). La
compétence juridictionnelle comprend la compétence matérielle, la
compétence ………………….. (5) et la compétence ……………….. (6).

105
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

III- REPONDEZ PAR VRAI OU FAUX ET JUSTIFIEZ


1) La coutume comprend deux éléments.
2) Il n’y a que l’huissier de justice comme officier ministériel.
3) Il existe deux formes d’abrogation.
4) L’étrangère qui épouse un ivoirien peut garder sa nationalité d’origine.
5) Une loi promulguée et publiée s’applique automatiquement à la
population.

106
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

IV- CAS PRATIQUE


1- Les Etats ALPHA et BETA passent un accord aux termes duquel les
étudiants pourront réciproquement s’inscrire dans le pays de leur choix.

TRAVAIL A FAIRE

a- Qualifiez juridiquement l’accord passé entre les Etats ALPHA et BETA.


Donnez-en la définition.
b- Par quel mécanisme juridique l’accord entre les deux Etats rentrera-t-il
en vigueur ?

2- Dame KARLA après douze ans de mariage vient de mettre au monde


une belle petite fille alors que voilà trois mois que son époux est en
mission. Dans la salle d’accouchement, elle a pour voisine la nouvelle
bachelière Nelly. Cette dernière lui explique que l’auteur de sa grossesse
refuse de la reconnaitre et elle ne sait pas si son enfant aura un
patronyme.
a- Une personne peut-elle ne pas avoir de patronyme ? Justifiez votre
réponse
b- La fille de Dame Karla pourrait-elle porter le patronyme de son
époux ? Justifiez votre réponse
c- L’inquiétude de Nelly est-elle justifiée ? Justifiez votre réponse

V- COCHEZ LES BONNES REPONSES DANS LE TABLEAU


SUIVANT

Permet Ne Retour Retour Fait Ne fait


au permet probabl improbab présum pas
conjoin pas au e de le de er le présum
t de se conjoin l’indivi l’individ décès de er le
remari t de se du u l’indivi décès de
er remari du l’indivi
er du
ABSENCE

107
PIGIER Côte d’Ivoire Introduction à l’étude du droit

DISPARITI
ON
NON-
PRESENCE

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