Notes de Seminaire NN
Notes de Seminaire NN
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CONTENU MINIMUM
Agriculture conventionnelle
Agriculture biologique
Espèces à multiplication végétative
Amélioration classique des espèces allogames
Transgénèse végétale
Transgénèse animale
Phytoremédiation
Cryoconservation végétale
Cryoconservation animale
Domestication végétale
Domestication animale
Procréation médicalement assistée
Thérapie génique
Biotechnologie et le droit de l’homme
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CHAPITRE I. AGRICULTUR CONVENTIONNELLE
Un produit phytosanitaire est un produit destiné à garantir la bonne santé des plantes. En
pratique, l'expression renvoie à l'idée de produits chimiques employés pour :
Il existe des produits phytosanitaires naturels, utilisés depuis l’Antiquité : le soufre, le cuivre,
le fluor ou encore la nicotine.
Mais il existe aussi des produits phytopharmaceutiques de synthèse. Ils sont fabriqués à partir
de phosphore, de chlore ou encore de dérivés du benzène. Leur autorisation d'emploi est limitée
à un usage précis sur la base de leur efficacité, mais aussi des risques qu'ils font courir à
l'homme ou à l'environnement.
On trouve toute une série d'autres produits phytosanitaires comme les molluscicides, les
rodenticides ou les taupicides qui permettent de lutter de manière ciblée contre un indésirable.
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Depuis quelque temps, on observe l'apparition de résistances aux produits phytosanitaires
lorsque de rares individus survivent au traitement et prolifèrent ensuite.
Les pesticides peuvent également avoir des impacts sur la santé humaine, en nous exposant de
manière chronique à de nombreuses substances au cours de notre vie. Ces mélanges de
pesticides donnent par ailleurs lieu à des impacts sanitaires difficilement prévisibles, ce qui
devrait en faire l’un des enjeux importants de la recherche et de l’évaluation des dangers.
Cependant, un nombre grandissant d’études établit des liens entre exposition aux pesticides et
certaines maladies chez l’humain et justifient une approche préventive pour réduire notre
exposition aux pesticides.
Les scientifiques ont indiqué que les personnes exposées aux pesticides sont plus à risque de
développer certaines maladies telles que le cancer de la prostate, les cancers hématopoïétiques
(composition du sang), la maladie de Parkinson et les leucémies.
En induisant la réduction des surfaces cultivées et la libération des terres, l'agriculture intensive
est source d'augmentation significative du couvert végétal d'une région ou d'un pays et surtout
de reconstitution de l'écosystème.
Le recours à l'agriculture intensive permet au producteur d'améliorer ses revenus car cette
technique accroît sensiblement le rendement. Réduire la main d'œuvre nécessaire au travail
agricole est un autre avantage économique pour le producteur.
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Inconvénients
L'agriculture intensive est l'objet de critiques parce qu'elle pose souvent des problèmes d'ordres
écologique, sanitaire en raison du recours aux intrants d'origine chimique. Mais cette difficulté
peut être résolue par le recours aux herbicides, pesticides et engrais naturels plus protecteurs de
l'environnement.
L'agriculture intensive accroit le taux du chômage car elle requiert l'utilisation de machines plus
performantes et rapides que l'homme dans l'exécution des taches.
Un terreau de maladies
L’agriculture conventionnelle est basée sur la lutte contre ces ravageurs et contre les mauvaises
herbes. Les connaissances des agriculteurs ne tournent plus qu’autour de l’utilisation de
pesticides (herbicides, fongicides et insecticides). Ces méthodes œuvrent donc contre la nature
et sa biodiversité. Et, pourtant, le métier d’agriculteur devrait par définition tourner autour de
la vie.
L’agriculture conventionnelle est également source de pollution. Les pollutions des eaux
mondiales sont causées par l’infiltration des substances chimiques. Celles-ci sont contenues
dans les produits phytosanitaires. Les eaux polluées par les substances chimiques et organiques
utilisées dans l'agriculture intensive s'infiltrent dans le sol, ruissellent, pour atteindre les nappes
phréatiques, les cours d'eau souterrains et les rivières avoisinantes.
L'eau est durablement polluée, dégrade voire détruit la biodiversité présente dans les sols et les
cours d'eau, et ne peut pas être consommée par l'homme sans être traitée, sous peine de maladies
graves.
Des effets sur l’atmosphère et le climat
La monoculture et le labour sur de très grandes surfaces débouchent sur une diminution massive
de la biodiversité. L’érosion des sols est inquiétante.
Les impacts de l’agriculture intensive sur la biodiversité ont depuis plus longtemps donné lieu
à des alertes, et ces impacts sont aujourd’hui davantage renseignés que ceux sur l’effet de serre.
L'agriculture conventionnelle contribue à la désertification des sols. Les haies, les petits bois,
les talus, les prairies, les forêts sont détruits pour favoriser la plus grande surface agricole
possible, ce qui accentue la déforestation.
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CHAPITRE II. AGRICULTURE BIOLOGIQUE
L’agriculture biologique est une méthode de production agricole qui exclut le recours à la
plupart des produits chimiques de synthèse, utilisés notamment par l'agriculture industrielle et
intensive. Autrement dit : « Agriculture basée sur la gestion rationnelle de la fraction vivante
du sol, dans le respect des cycles biologiques et de l’environnement pour une production de
qualité, équilibrée, plus autonome, plus économe et non polluante ».
Produits non transformés : légumes, céréales, fruits, coton, fleurs, animaux, œufs et lait
; Produits transformés pour l’alimentation humaine : fromage, pain, plats cuisinés.
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L'Agriculture biologique est en basée notamment sur le principe de ou d’ :
Santé ;
Ecologie ;
Equité ;
Précaution.
Principe de santé
L'agriculture biologique devrait soutenir et améliorer la santé des sols, des plantes, des
animaux, des hommes et de la planète, comme étant une et indivisible. Ce principe souligne
que la santé des individus et des communautés ne peut être séparée de la santé des écosystèmes
car un sol sain produit une culture saine qui donnera la santé aux animaux et aux personnes.
Le rôle de l'agriculture biologique, que ce soit en production, en préparation, en transformation,
en distribution ou en consommation, est de soutenir et d'accroître la santé des écosystèmes et
des organismes du plus petit dans le sol jusqu'aux êtres humains. En particulier, l'Agriculture
Biologique est destinée à produire des aliments de haute qualité, qui sont nutritifs et contribuent
à la prévention des maladies et au bien-être. En conséquence, elle se devrait éviter l'utilisation
de fertilisants, pesticides, produits vétérinaires et additifs alimentaires qui peuvent avoir des
effets pervers sur la santé.
Principe d'écologie
L'agriculture biologique devrait être basée sur les cycles et les systèmes écologiques vivants,
s'accorder avec eux, les imiter et les aider à se maintenir. Ce principe enracine l'agriculture
biologique dans les systèmes écologiques vivants. Il fait état que la production doit être basée
sur des processus écologiques et de recyclage. La nutrition et le bien-être se manifestent par
l'écologie de l'environnement spécifique de la production.
Principe d'équité
L'équité est caractérisée par l'intégrité, le respect mutuel, la justice et la bonne gestion d'un
monde partagé, aussi bien entre les personnes que dans leurs relations avec les autres êtres
vivants. Ce principe souligne que ceux qui sont engagés dans l'agriculture biologique devraient
entretenir et cultiver les relations humaines d'une manière qui assure l'équité à tous les niveaux
et pour tous les acteurs producteurs, salariés agricoles, préparateurs, transformateurs,
distributeurs, commerçants et consommateurs.
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Principe de précaution
L'Agriculture biologique est un système vivant et dynamique qui répond aux demandes et aux
conditions internes et externes. Les acteurs de l'Agriculture biologique peuvent améliorer
l'efficacité et augmenter la productivité, mais ceci ne devrait pas se faire au risque de mettre en
danger la santé et le bien-être. Par conséquent, les nouvelles technologies ont besoin d'être
évaluées et les méthodes existantes révisées. Compte tenu de la connaissance incomplète des
écosystèmes et de l'agriculture, les précautions doivent être prises. Ce principe établit que la
précaution et la responsabilité sont les points clef des choix de gestion, de développement et de
technologie en Agriculture biologique.
L’agriculture biologique respecte les principes et la logique d’un organisme vivant, dans lequel
tous les éléments (les sols, les végétaux, les animaux d’élevage, les insectes, l’agriculteur et les
conditions locales) sont étroitement liés les uns aux autres.
Cette forme d’agriculture prend forme en suivant, si possible, des méthodes agronomiques,
biologiques et mécaniques, en considérant les principes d’interactions entre les différents
éléments et en utilisant les écosystèmes naturels comme modèles.
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CHAPITRE III. ESPECES A MULTIPLICATION VEGETATIVE
Ces espèces sont reproduites à l’aide des organes très variés : tubercules, greffes, boutures,
stolons, marcottes. Quelques exemples en sont : la canna à sucre, le bananier, le manioc, la
patate douce, la pomme de terre, le rosier, le pommier, l’ananas, etc.
Ces espèces constituent des clones (ensemble de plantes provenant d’une plante-mère par
multiplication végétative).
La méthode la plus simple de multiplier les plantains est d'enlever les rejets de la base des
plantes-mères et de les replanter ailleurs.
Cette technique a été utilisée pendant des siècles et a permis la diffusion de bananiers et
plantains sur tout le continent africain, en venant de l'Asie. Le grand désavantage est un taux
de multiplication très bas, surtout pour le plantain, qui produit moins rapidement de rejets que
le bananier.
Un premier pas à franchir vers une multiplication optimale de rejets est d'éliminer
complètement la notion de production de régimes. L’objectif est de produire des rejets ou des
régimes, pas les deux en même temps.
Toutes les variétés de plantain inhibent la croissance de leurs rejets par l'intermédiaire d'une
hormone de croissance appelée « auxine », qui règle la dominance apicale.
II faut donc supprimer cette dominance apicale, dont 3 techniques sont proposées :
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La technique de fausse décapitation : est une suite logique des deux techniques
précédentes. En voyant qu'il était parfois difficile de détruire complètement le
méristème principal en introduisant un couteau à la base du tronc, on a imaginé d'y faire
une petite fenêtre afin de visualiser le méristème. De ce fait, la destruction du méristème
et le contrôle des repousses devient plus facile. A part cette petite fenêtre à sa base, le
tronc reste intact.
Méthodes de multiplication par éclatement du bulbe
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CHAPITRE IV. AMELIORATION CLASSIQUE DES ESPECES ALLOGAMES
Le maïs est une plante naturellement allogame. Les espèces allogames se reproduisent par
fécondation croisée qui fait intervenir plusieurs mécanismes. Ce dernier est l’une des cultures
les plus importantes pour l’alimentation humaine, avec une production mondiale annuelle de
l’ordre de 2,5 milliard de tonnes. Il fait partie des principales cultures céréalières mondiales,
constituant ainsi le pilier de la sécurité alimentaire du monde.
Mécanismes de l’allogamie
Individus unisexués : espèces dioïques. C’est le moyen le plus sûr d’assurer l’allogamie.
Cette situation ressemble à celle qui est de règle dans le monde animal, à savoir, un
individu, un sexe (papayer) ;
Individus bisexués mais fleurs unisexuées (maïs, courge, concombre, melon, etc.) :
plantes monoïques ;
Individus et fleurs bisexuées mais séparation des organes dans la fleur. Par exemple
chez certaines légumineuses comme la luzerne, il y a la présence d’une membrane de
protection recouvrant le stigmate. La pollinisation n’est possible qu’après déchirure de
celle-ci par les insectes.
Dans ce système, l’allogamie est réalisée à cause d’un décalage dans la maturation des organes
mâles et femelles. La maturité des organes mâles (protandrie : maïs, carotte, etc.) ou femelle
(protogynie : bananier) peut être précoce.
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A B
L’auto-incompatibilité
La localisation de la réaction du rejet peut avoir lieu dans différentes parties du pistil et à des
moments variables : inhibition stigmatique, stylaire et ovarienne.
L’incompatibilité gamétophytique
Elle est déterminée par le génotype haploïde du pollen : si l’un des allèles des tissus diploïdes
du stigmate est identique à l’allèle unique du pollen, il n’y a pas fécondation.
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L’incompatibilité sporophytique
Elle est gouvernée par le génotype du sporophyte (diploïde) dont le pollen est issu : un grain
de pollen provenant d’une plante dont l’un des allèles est identique à l’un des allèles diploïdes
de la plante à féconder ne pourra pas la féconder.
L’androstérilité se manifeste par l’avortement des étamines ou de pollen. Elle peut être
déterminée par la présence d’un gène (stérilité génique), d’un effecteur cytoplasmique (stérilité
cytoplasmique) ou par la collaboration du génotype et d’effecteurs cytoplasmiques (stérilité
géno-cytoplasmique).
Hétérozygotie
Les populations des plantes allogames sont généralement hétérozygotes. Cette hétérozygotie
est due au mode de reproduction (allogamie) de ces plantes. La nature hétérozygote des plantes
allogames leur permet de maintenir une certaine variabilité potentielle cachée sous forme de
génotypes hétérozygotes. L’hétérozygotie est à la base du phénomène de l’hétérosis.
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Hétérogénéité
La structure génétique des plantes allogames (mélange de génotypes) donne l’impression que
leurs populations sont hautement hétérogènes en comparaison avec des populations des plantes
autogames qui sont généralement constitués d’un seul ou d’un nombre faible de génotypes.
Effets de l’inbreeding
Les effets de l’inbreeding chez plantes allogames se traduisent par une diminution de vigueur
(dépression de consanguinité).
Objectifs de l’amélioration
Le maïs est une plante naturellement allogame. Pour chaque plante, une forte hétérogénéité
existe et le maïs s’est adapté à cet état. On peut croiser le maïs, l’autoféconder aussi, mais une
forte pression de consanguinité interdit l’utilisation directe des lignées homozygotes.
Sélection massale
Sélection généalogique
La sélection généalogique est basée sur l’obtention de lignées et de familles de lignées avec
choix des meilleures d’entre elles. Chez le maïs, il s’agit de lignées autofécondées.
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Hybridation
C’est l’inter-croisement entre deux individus non apparentés ou génétiquement non similaires.
L’intérêt des variétés hybrides résulte sur :
La supériorité agronomique générale, transcription pratique du phénomène d’hétérosis, se
traduisant par des rendements élevés, des caractères de vigueur, de résistance,
d’adaptation…
L’homogénéité qui, du moins pour les hybrides simples (F1) résultant du croisement de
deux lignées homozygotes, est pratiquement aussi bonne que celle des lignées pures.
L’homéostasie (moindre sensibilité aux variations du milieu) généralement supérieure à
celles des lignées pures.
Les possibilités d’association dans un génotype hybride de caractères qui étaient séparés
dans des populations parfois très éloignées.
L’obligation de réapprovisionnement continu en de première génération, qui représente un
avantage certain pour les obtenteurs et les multiplicateurs de variétés hybrides : la garantie
génétique des semences utilisées par les producteurs est ainsi assurée : de plus la
stimulation économique de la sélection entrainée, par le volume de semences d’origine
ainsi utilisées, entretient la création variétale qui profite finalement au producteur.
La sélection récurrente
Les méthodes de sélection récurrente reposent généralement sur l’appréciation des capacités
héréditaires des individus sélectionnés, basée sur l’observation de leurs descendances. Ces
descendances peuvent être obtenues, parfois simultanément, de différentes manières :
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Types variétaux
Les composites : qui sont constitués par un nombre d’entrées plus ou moins élevé. Chez
le maïs on procède à une succession de poly-cross, permettant de maintenir au maximum
possible l’égalité de contribution des entrées constituantes ;
Les synthétiques : qui sont développées en croisant des lignées fixes dans toutes les
combinaisons possibles et la progéniture est maintenue par accouplement aléatoire ;
Les hybrides : qui sont des cultivars dans lesquels la progéniture F1, produite par
croisement de parents consanguins, est la culture commerciale.
Le tableau 1 renseigne sur les avantages et inconvénients de variétés hybrides. Ces informations
sont données par le tableau 2 pour les variétés synthétiques.
L’hybride simple : qui résulte de croisement de deux lignées différentes. Une parcelle
semée avec des hybrides simples est extraordinaire parce que les plantes sont uniformes
en termes de hauteur des plantes et longueur des épis.
L’hybride trois voies : pour ce type d’hybride, trois parents sont utilisés. Le parent femelle
est un hybride issu d’un croisement simple (A x B) et le parent mâle est une lignée (C).
L’hybride double : pour ce type d’hybride, les deux parents sont des hybrides simples.
Ce type d’hybride est produit en croisant deux parents issus de croissement simple (A x
B) x (C x D). Cela permet de regrouper en un hybride quatre différents parents avec des
caractéristiques différentes.
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CHAPITRE V. TRANSGENESE VEGETALE
La transgénèse est le fait d’incorporer un ou plusieurs gènes dans le génome d’un organisme
vivant (plante), et ce gène transféré est appelé transgène. Elle est entre autre la nouvelle
stratégie d’obtention de nouvelles variétés végétales résistantes au stress biotique (parasites,
insectes) ou abiotique (sécheresse, faible luminosité). Ainsi, ces nouvelles variétés sont
regroupées sous le terme d’organismes génétiquement modifiés (OGM).
Les exemples dans ce domaine sont nombreux : introduction d’un gène de résistance à des
insectes, à des pathogènes, gène de tolérance à des herbicides, à la sécheresse ou la salinité des
sols, ou encore modification de la composition des graines, production de molécules d’intérêt
industriel ou pharmaceutique (médicaments).
Dans ce cas, le transfert de gènes ou d’un ARN induit l’inhibition d’une fonction déjà existante.
La stratégie anti-sens fut la première a utilisée. Elle consiste à bloquer la traduction d’un gène
cible. Une copie « inversée » de ce gène est introduite, d’où le nom de la technique. Les ARNm
produits par la copie originelle du gène et par celle introduite sont complémentaires. Ils
s’hybrident donc et forment une molécule d’ARN double brin.
Elle consiste premièrement à l’identification d’un caractère que l’on veut introduire dans la
plante, comme par exemple des caractères de qualité nutritionnelle, la résistance à certains
insectes, à certaines maladies, à des herbicides, etc. Le gène d’intérêt peut provenir de tout
organisme vivant, plante, animal ou bactérie puisque le code génétique est universel. Il doit
ensuite être isolé de l’organisme donneur. Il est intégré dans une construction génétique
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associant souvent un gène marqueur. Ce gène marqueur permet de sélectionner les cellules qui
ont intégré le gène d’intérêt. La construction est ensuite multipliée (clonée) afin de disposer
d’une quantité suffisante d’ADN pour son introduction dans les cellules que l’on veut
transformer.
Cette technique utilise une bactérie du sol, Agrobacterium tumefaciens, qui a la propriété de
réaliser naturellement la transformation génétique d’une plante, afin de la parasiter. Ainsi, une
construction génétique introduite dans la bactérie (rendue avirulente au préalable) sera
transférée dans la plante et intégrée à son génome.
Après sélection des cellules transformées, il faut régénérer les nouvelles plantes transgéniques.
Les cellules transformées se développent d’abord en cals, larges amas de cellules
indifférenciées. Après quelques semaines, on observe le développement de pousses. Elles sont
alors placées dans un nouveau milieu de culture permettant le développement des racines.
Quand les racines sont suffisamment développées, les plantules sont repiquées en pot et
acclimatées en serre. La régénération in vitro des cellules transformées est une étape difficile à
maîtriser. Aussi, le génotype, le type de tissus et les conditions de culture sont choisis en
fonction de leur aptitude à la régénération. Les plantes régénérées sont ensuite analysées pour
confirmer l'insertion de la construction génétique dans leur génome.
Statistiquement, 1/4 des plantes ne possèdent pas le gène de résistance. C’est la proportion
attendue pour un gène quelconque (lois de Mendel). Ce gène introduit se conduit comme
n'importe quel autre gène : il fait alors partie du patrimoine génétique de la plante que l'on
qualifiera de transgénique. Il faut d’abord s’assurer qu’une plante sélectionnée par sa résistance
à un agent de sélection, herbicide ou antibiotique, a bien intégré le gène d’intérêt dans son
génome. Ensuite, l’événement de transformation doit être caractérisé. Ainsi des analyses
moléculaires sont conduites pour confirmer l'insertion de la construction génétique dans leur
génome.
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Etape 5 : Incorporation dans une variété commerciale
La plante ayant intégré le gène d’intérêt et satisfaisant le mieux à l’évaluation agronomique est
retenue, on parle de lignée mère. Toutefois, cette plante n’est généralement pas encore la variété
commerciale. En effet, l’efficacité de transformation et de régénération étant dépendante du
génotype, la plante qui a été transformée est d’un génotype facilitant ces étapes. C'est pourquoi
les plantes retenues sont ensuite soumises à une succession de rétrocroisements afin d'introduire
le gène dans le matériel élite et d'obtenir de nouvelles variétés commerciales exprimant ce
caractère. Au cours de ces générations d’hybridation, seul le gène d’intérêt est conservé et le
reste du patrimoine génétique de la lignée mère est éliminé. Le résultat de ce processus est
l’obtention d’une lignée quasiment identique à la lignée élite, mais contenant le nouveau
caractère transgénique.
Domaine agronomique
Domaine de l'alimentation
Il s'agit de modifier la composition d'une plante afin de lui apporter des avantages nutritionnels
et gustatifs ou de lui conférer de nouvelles caractéristiques qui permettent de diversifier les
débouchés.
Domaine de l'industrie
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Domaine de la santé
Génétiquement modifiées, des plantes de tabac, de maïs, ou de pomme de terre peuvent produire
des molécules thérapeutiques ou des vaccins. Le grand avantage de la production de ces
molécules est l'absence de risques de contamination par des virus pathogènes pour l'homme.
Avantages
Elle rend les plantes plus efficaces pour la lutte contre les ravageurs de culture ;
Elle rend les plantes résistantes aux herbicides ;
Elle permet l’apparition des variétés nouvelles ;
Elle permet l’amélioration de rendement des récoltes ; Elle fournit des aliments
sécuritaires, nutritifs et à prix abordable.
Inconvénients
Modifier une plante revient donc à modifier un élément de l’équilibre écologique, puisqu’une
plante interagit avec son environnement soit directement (reproduction, alimentation, etc.) ou
indirectement (chaîne alimentaire, lieu d’habitat identique, etc.). Les possibilités d’impact des
plantes génétiquement modifiées (PGM) sur l’environnement sont donc aussi multiples. Le plus
grand risque est dû à la pollinisation croisée, c’est-à-dire de transfert de la transgénèse à une
autre plante par le pollen, provoquant ceux qu’on appelle une « contamination » des cultures
environnantes. Voici quelques autres inconvénients :
Les insectes développent une résistance à la protéine produite par les plantes
génétiquement modifiées (PGM), risque d’allergies ;
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Risque de résistance aux antibiotiques, risque de réduction de la biodiversité, risque de
contamination d’autres cultures agricoles et impact non-voulu sur les autres insectes.
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CHAPITRE VI. TRANSGENESE ANIMALE
La transgénèse est une technique du génie génétique permettant le transfert d'un ou de plusieurs
gènes normaux ou modifiés, dits alors transgènes, dans des cellules de différentes origines. Elle
permet donc de transférer des gènes d'un corps donneur à un corps receveur, qui intégrera toutes
les caractéristiques des nouveaux gènes qu'on lui aura transmis.
Principe de base
La transgénèse a donc pour but de modifier l’organisme concerné pour lui apporter de nouvelles
caractéristiques intéressantes, comme la résistance à un parasite, à un virus ou à une bactérie.
Techniques
Les techniques utilisées pour la transgénèse appartiennent à celles du génie génétique. Elles
diffèrent selon l’organisme que l’on cherche à modifier. Chez les bactéries, il est possible
d’insérer des gènes par des méthodes de transformation (les bactéries sont placées dans un
milieu contenant des fragments d’ADN porteurs du gène choisi ; ces derniers, peuvent, dans
certaines conditions, traverser la paroi bactérienne). Chez les plantes, la technique la plus
couramment utilisée est l’injection de gènes dans une cellule (grâce à une micropipette), ensuite
mise en culture pour régénérer un plant adulte. Chez les animaux, l’ADN étranger est
généralement injecté dans des cellules-œufs (zygotes) celles-ci sont ensuite implantées chez
des femelles porteuses pour la suite de leur développement. Outre ces techniques fondées sur
l’injection directe de matériel génétique, la transgénèse peut également utiliser des vecteurs,
c’est-à-dire des organismes intermédiaires porteurs du gène. Il en existe plusieurs sortes, on
peut retrouver :
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Les rétrovirus, qui sont des virus capables de faire intégrer leur information génétique
dans le génome de leur hôte ;
Le plasmide, qui est une petite molécule circulaire d’ADN, mobile et peut passer d’une
cellule à une autre ;
Des bactéries ont été intégrées dans des cellules eucaryotes dans le cadre de
l'endosymbiose, ce qui a abouti à la formation d'organites dans ces cellules. La majorité
du génome de l'endosymbiote a été transféré dans le noyau de l'hôte.
Ces vecteurs sont, en l’occurrence, des virus dont le génome est capable de s’incorporer dans
celui de leur cellule-hôte (rétrovirus).
La transgenèse animale consiste en l'introduction d'un gène d'intérêt dans le matériel génétique
d'une espèce animale. La technique de la transgenèse animale est la plus complexe, car le
transfert de gène doit se faire soit dans le :
Avantages
Des animaux transgéniques exprimant un gène transféré ont été créés, ou sont susceptibles de
l'être, pour diverses applications offrant toute une série d’avantages possibles en matière de
production alimentaire ou de santé humaine (thérapie génique). Les animaux de ce type en sont
à différents stades de développement. Les premières demandes d'agrément pour des animaux
transgéniques destinés à la production alimentaire concernent plusieurs espèces de poissons
possédant des gènes supplémentaires d'hormone de croissance exprimés.
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L'étude des maladies humaines et la mise au point de nouveaux médicaments reposent, pour
une bonne part, sur l'utilisation d'animaux de laboratoire. L'addition ou l'activation spécifique
de gènes permet d'obtenir chez ceux-ci des lignées d'animaux modèles pour l'étude de maladies
humaines.
Désavantages
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CHAPITRE VII. PHYTOREMEDIATION
Le terme phytoremédiation renvoie à une technique de dépollution basée sur les plantes et leurs
interactions avec le sol et les microorganismes. Cette technique concerne d'abord l'épuration
des eaux et la dépollution des sols. Son efficacité sur l'épuration de l'air reste à valider. Pourtant,
de premiers résultats scientifiques montrent que certaines plantes sont capables de purifier un
air intérieur. Elles agissent notamment sur les concentrations en monoxyde de carbone ou en
formaldéhyde.
En conjonction avec les microorganismes du sol, les plantes, les champignons et les algues sont
capables de réduire la mobilité de certains polluants (phyto stabilisation), de les absorber (phyto
extraction), de les fixer dans leurs tissus (phyto stabilisation) ou de les métaboliser, permettant
leur détoxification et leur élimination (phyto dégradation et phyto volatilisation).
Les plantes mettent en œuvre différents procédés afin de réaliser cette épuration. En effet, elles
peuvent :
La bioconcentration des métaux lourds par les plantes est une zone fascinante de recherche qui,
en plus de ses applications commerciales importantes, peut fournir des réponses à des questions
fondamentales de biochimie des plantes, de la nutrition et du stress physiologique. L'unique
gène de «résistance au métal» et «d'accumulation de métal» peut représenter un travail
bénéfique pour l'agriculture et l'environnement.
La phytoremédiation n'est encore qu'à ses débuts, mais pourrait devenir une technologie pour
nettoyer l'environnement. Les développements futurs nécessitent un effort de recherche
pluridisciplinaire qui combine la biologie de la plante, la chimie du sol, la microbiologie du sol
et les techniques agricoles et environnementales. Il est possible que les plantes accumulant des
métaux toxiques puissent être un jour cultivées et récoltées facilement et à un moindre coût,
laissant alors le sol ou l'eau avec une teneur en métaux toxiques très diminuée. Les plantes nous
donnent déjà de la nourriture, de l'énergie, des matériaux de construction, des fibres naturelles
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et de nombreux composés chimiques. L'utilisation des plantes pour le nettoyage de
l'environnement peut garantir une planète plus verte et plus propre pour nous tous.
L’activité microbienne
Les microorganismes se développant naturellement dans le sol, sont déjà présents quand la
contamination se produit. Ils ont le potentiel de s’adapter et de procéder immédiatement à la
réhabilitation du sol. La contamination peut détruire les microorganismes non résistants au
contaminant.
Les bactéries ayant un pouvoir de dégradation des HAP sont Pseudomonas, Mycobacterium,
Flavobacterium, Acinetobacter et Arthrobacter. Sphingobium chlorophenolicum est une
bactérie apte à dégrader les produits ayant des atomes de chlore comme le PCP. La dégradation
aérobie est le mécanisme principal de minéralisation des polluants utilisés par ces
microorganismes. La dioxygénation se fait par l’ajout de 2 atomes d’oxygène, la réaction
libérant du CO2 et de l’eau.
Les plantes peuvent accumuler les contaminants dans leurs tissus. Elles peuvent transformer le
contaminant, le dégrader en éléments simples et moins toxiques. Les plantes peuvent
transporter le polluant jusqu’à leurs feuilles et en permettre la volatilisation. Le contaminant
peut être capté par les racines et immobilisé, empêchant ainsi sa propagation dans
l’environnement. Les microorganismes fournissent aux racines des plantes de l’eau, du CO2 et
des nutriments par l’intermédiaire de la matière organique produite.
Principes de la phytoremédiation
La phytoremédiation recouvre différent procédé, dont les principaux sont la phyto stabilisation,
la rhizo dégradation, la phyto dégradation, la phyto extraction et la phyto volatilisation.
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La phyto stabilisation est l'utilisation d'un couvert végétal pour réduire le transfert des
polluants, en réduisant leur dispersion par érosion et en limitant leur absorption par des
organismes vivants via la solution du sol ;
La rhizo dégradation désigne la dégradation des contaminants, pour la plupart
organiques, sous l'action des racines et des micro-organismes associés. Elle se déroule
dans le volume de sol sous l'influence des racines, appelé « rhizosphère » ;
La phyto dégradation est entendue ici comme le procédé qui cherche à favoriser la
biotransformation des polluants organiques à l'intérieur des tissus végétaux, souterrains
ou aériens ;
La phyto extraction vise l'élimination des polluants grâce à la capacité des plantes à les
prélever par leurs racines et à les concentrer dans des organes que l'on peut récolter et
traiter enfin ;
La phyto volatilisation est l'utilisation de certaines plantes et des micro-organismes
associés pour faire passer des contaminants volatils du sol à l'atmosphère. Ce transfert
peut se faire via la plante ou directement après transformation au voisinage des racines.
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CHAPITRE VIII. CRYOCONSERVATION VEGETALE
La cryoconservation est une méthode largement utilisée dans l’industrie cryogénique, par
laquelle du matériel biologique ou des éléments chimiques sont préservés grâce au
refroidissement cryogénique.
Dans la plupart des cas, l’azote liquide (-196°C) est utilisé comme réfrigérant, mais cela dépend
de l’ampleur du projet.
Application de la cryoconservation
La cryoconservation est une technique utilisée pour conserver les cellules de façon viable à
ultra-basse température. Il s’agit donc d’une technique essentielle au sein d’un laboratoire de
culture cellulaire, dont il convient de maîtriser chaque paramètre afin de garantir une qualité
optimale des cellules après décongélation.
Principe de la cryoconservation
Aucun organe hydraté ne peut survivre à une température aussi basse que celle de l'azote liquide
sans y avoir été préparé. De plus, à l'issue de la conservation, il faut pouvoir le réchauffer sans
qu'il subisse de dommage. Enfin, il est nécessaire qu'il reprenne une activité organogénétique
normale après avoir été réchauffé.
Etapes de la cryoconservation
La cryoconservation comprend donc toute une série d'étapes que l'on peut résumer des façons
suivantes :
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Prétraitement
II s'agit de la préparation des organes à supporter les très basses températures. Celles-ci consiste
schématiquement en une déshydratation partielle des cellules et en l'emploi obligatoire de
substances cryoprotectrices dont la nature peut être très variable. Ce traitement est complété,
dans certains cas, par un endurcissement au gel par séjour plus ou moins prolongé des cultures
à une température froide mais positive.
Congélation
Elle est parfois réalisée par trempage direct des ampoules contenant les échantillons dans l'azote
liquide, mais, le plus souvent, elle est effectuée en deux étapes : refroidissement programmé
jusqu’a une température généralement comprise entre -40°C et -100°C, puis immersion dans
l'azote liquide.
Réchauffement
Dans la plupart des cas, il doit être très rapide pour éviter que les microcristaux de glace formés
lors de la congélation fusionnent et atteignent une taille dommageable pour l'intégrité des
cellules. II se fait généralement par transfert direct des ampoules de l'azote liquide dans un
bain-marie à environ 40°C.
Post-traitement
C'est la remise en culture in vitro du matériel réchauffé, dans des conditions adaptées à la reprise
de sa croissance.
Avantages de la conservation
Dans le cas des aliments, cela ne pose pas nécessairement de problème, mais dans le cas du
matériel biologique ou des médicaments, les altérations du produit peuvent causer de graves
problèmes.
La cryoconservation, appelée aussi cryo suspension, cryo fixation ou cryopréservation, est un
procédé où des cellules ou tissus entiers sont conservés en les refroidissant à très basse
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température, typiquement 77 K ou −196°C (le point d'ébullition de l'azote liquide). À ces
températures extrêmement basses, toute activité biologique est suspendue, y compris les
réactions biologiques qui provoqueraient la mort cellulaire.
Cependant, en l'absence de solutions cryoprotectrices, le gel nuit aux cellules conservées alors
qu'elles approchent des températures basses (lors du refroidissement) ou des températures
ambiantes (lors du réchauffement). En général, les phénomènes pouvant abîmer les cellules
durant la cryoconservation se produisent lors du gel. Ils comprennent les effets de solution, la
formation de glace hors et au sein des cellules ou encore la déshydratation. On peut réduire la
portée de ces effets grâce aux cryoprotecteurs.
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CHAPITRE IX. CRYOCONSERVATION ANIMALE
La cryoconservation est la méthode idéale pour la conservation à long terme, et elle se fait dans
l’azote liquide à –196°C. A cette température, toutes les réactions métaboliques sont arrêtées.
On peut donc conserver un matériel donné pour une durée illimitée sans crainte de variation
soma clonal. Le matériel à utiliser peut être l’embryon zygotique, le méristème ou la culture de
suspensions cellulaires embryogène.
Types de conservation
Fait référence à toutes les activités humaines, y compris les stratégies, plans politiques et actions
entreprises pour maintenir la diversité des ressources zoo génétiques pour la production et la
productivité alimentaires et agricoles ou pour maintenir d’autres valeurs présentes et futures de
ces ressources (écologiques, culturelles).
Conservation in situ
Fait référence à la conservation des animaux d’élevage par l’usage continu de la part des
éleveurs dans le système de production dans lequel ces animaux ont évolué ou sont
habituellement présents et élevés.
Fait référence à la conservation par le maintien de populations d’animaux vivants non élevés
dans des conditions de gestion normales et/ou en dehors de la zone dans laquelle ils ont évolué
ou se trouvent encore de manière habituelle. Il n’y a souvent aucune délimitation claire entre la
conservation in situ et la conservation ex situ in vivo et il faut faire très attention pour décrire
les objectifs de conservation et la nature de la conservation dans chaque cas.
Fait référence à la conservation externe à l’animal vivant dans un environnement artificiel, dans
des conditions cryogéniques incluant, la cryoconservation des embryons, du sperme, des
ovocytes, des cellules ou des tissus somatiques ayant le potentiel de reconstituer dans l’avenir
des animaux vivants (y compris des animaux utilisables pour l’introgression des gènes et le
développement de races synthétiques).
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Unité de conservation
Un premier pas crucial dans la conception des programmes de conservation des ressources zoo
génétiques est la prise de décision sur ce qui doit être conservé. Au niveau de la génétique
moléculaire, la diversité génétique présente dans une espèce d’animaux d’élevage est le reflet
de la diversité allélique (c’est-à-dire les différences dans les séquences d’ADN) entre environ
25 000 gènes (c’est-à-dire les régions fonctionnelles de l’ADN) affectant le développement et
la performance des animaux. Par conséquent, du point de vue conceptuel, l’unité la plus basique
de la conservation est l’allèle.
Les matériels conservés en utilisant ces techniques peuvent préserver leur capacité de vie et leur
état fonctionnel pendant des dizaines d’années ou même des siècles. Cependant, à cause du
recul relativement court dont on dispose vis-à-vis de ces technologies, une évaluation précise
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de cette longévité putative reste à établir. Les biotechnologies plus récentes, y compris le
clonage, la transgénèse et le transfert de cellules somatiques, ont de grandes potentialités pour
les applications futures dans la conservation des ressources zoo génétiques, mais ne restent
aujourd’hui accessibles que dans quelques laboratoires.
La faible fiabilité et les coûts extrêmement élevés de ces technologies sont deux éléments qui
limiteront probablement leur utilisation dans la conservation des ressources zoo génétiques au
cours des prochaines années.
Les techniques consacrées à la cryoconservation des gamètes et des embryons sont largement
utilisées à des fins commerciales pour la plupart des mammifères domestiqués ; il existe
cependant quelques exceptions comme le transfert d’embryons congelés d’équidés et de porcs.
Pour les programmes de cryoconservation destinés à la gestion des ressources zoo génétiques,
une question clé concerne le stockage d’un matériel biologique suffisant pour permettre la
reconstitution d’animaux ou de populations ayant les caractères souhaités. Le choix de l’origine
et du nombre des donneurs ainsi que le type de matériel à cryoconserver sont, par conséquent,
des éléments cruciaux si l’on souhaite tirer parti de ce type d’investissement sur le long terme.
Les banques de gènes pour conserver le matériel génétique des ressources zoo génétiques
doivent proposer un stockage techniquement sécurisé et satisfaire des prescriptions zoo
sanitaires rigoureuses.
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CHAPITRE X. DOMESTICATION VEGETALE
En effet, toutes les plantes domestiquées dérivent d’espèces sauvages locales, par exemple : le
blé, l’orge, le maïs, riz, etc. Ainsi, ces plantes ont subis des modifications à tel point qu’il y a
eu apparition de nouveaux caractères qui distinguent une espèce domestiquée d’une espèce
sauvage. Parmi ces caractères, on peut citer :
Caractères qui facilitent la culture (port des plantes moins ramifiées, synchronisation de
la date de floraison) ;
Caractères qui améliorent l’utilisation alimentaire (graines nues, plus gros et plus riches
en glucides) ;
Caractères qui améliorent l’utilisation industrielle (structures des farines, qualité des
fibres et des bois, qualité des huiles).
Effet de la domestication
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Bases génétiques de la domestication
La sélection empirique (ou sélection massale) pratiquée par les premiers agriculteurs a consisté
à choisir les plantes les plus intéressantes dans une population et à utiliser leurs graines comme
semences pour la génération suivante. Il a fait une sélection phénotypique par tâtonnements, il
a ainsi sélectionné les allèles favorables à la culture. Cette sélection empirique a abouti à
l'apparition de nouvelles espèces (reproduction devenue impossible avec les espèces sauvages).
La sélection exercée par l’homme sur les plantes cultivées a souvent retenu (volontairement ou
empiriquement) des caractéristiques génétiques différentes de celles qui sont favorables pour
les plantes sauvages.
La sélection des caractères intéressants et utiles pour l'homme entraîne la perte d'autres
caractères nécessaires à la survie de l'espèce en milieu sauvage, c'est le syndrome de
domestication.
Sélection massale
Elle consiste à sélectionner les plantes qui ont les caractères les plus intéressants, et à planter
les graines de celle-ci. A chaque génération on réitère le processus. Cette méthode permet une
fécondation entre individus portant des caractères d'intérêt, de cette fécondation sont donc issus
des individus pouvant porter ces mêmes caractères. En conséquence, ceux-ci augmente en
fréquence dans la population. On finit ainsi à obtenir une population ne comportant que les
caractères sélectionnés.
Cette méthode de sélection favorise la fécondation entre individus issus de la même plante et
donc augmente le pourcentage de la consanguinité. Et cette augmentation a pour effet immédiat
de diminuer la diversité génétique au sein de la population végétale.
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Cette méthode rejoint la précédente, mais ne dispose absolument pas sur les croisements entre
plusieurs individus possédant les caractères d'intérêt. Son objectif est de produire les individus
homozygotes pour les gènes codant les caractères à sélectionner. Elle repose sur la capacité des
plantes à s'autoféconder. Notons toutes fois que cette méthode a un impact énorme sur la
diversité des génomes.
Hybridation
L'hybridation consiste au croisement des lignées pures ayant des caractères différents. Cette
méthode permet donc d'obtenir les individus possédant les caractères sélectionnés pour les deux
lignées croisées. Elle est actuellement très utilisée pour produire des nouvelles variétés des
plantes cultivées.
La sélection de mutants
C'est une méthode qui permet de créer de diversité au sein d'une espèce cultivée. Le chou
présente ainsi une plus grande diversité phénotypique (forme, taille, couleur, goût différent), il
s'agit d'une sélection des mutants naturels.
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CHAPITRE XI. DOMESTICATION ANIMALE
Ainsi, elle se traduit également par une modification plus au moins profonde du patrimoine
génétique de l’espèce, voire la formation d’une espèce génétiquement disjointe (non
interféconde avec l’espèce originelle). Ces modifications vont de l’isolement de populations
(simple isolat de génotypes sauvages reproduits) au changement du génome et jusqu’à la
création d’espèces nouvelles. On parle d’espèces domestiquées (Animaux domestiqués).
La domestication animale est une activité humaine très ancienne, elle précède la sédentarisation
et l’agriculture. Les animaux domestiques ou domestiqués sont des animaux d'une espèce qui
a été transformée petit à petit depuis qu'elle est élevée ou qu'elle est en contact avec les êtres
humains. Les transformations qui ont eu lieu peuvent être :
Les animaux domestiques sont pour nous en premier lieu une source alimentaire, ils permettent
aussi d'obtenir d'autres produits utiles comme la laine, le lait, le coton et/ou la soie. On élève
aussi des animaux pour le plaisir (animaux de compagnie ou d'agrément), pour des loisirs
comme les concours de pigeons voyageurs ou la chasse avec des chiens et pour le travail qu'ils
peuvent fournir. Ainsi, l’exploitation n’est pas le motif de la domestication mais l’un de ses
résultats.
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Importance des animaux
Il faut noter, parmi les nouvelles domestications, des animaux de compagnie dont la
reproduction est facilement maîtrisée, en particulier parmi les rongeurs et qui satisfaits en
général au critère de familiarité avec l'homme.
Animaux d'étude
Les études et expérimentations ont utilisé fréquemment des animaux de différentes espèces
domestiques. Certaines de ces espèces comme la souris et le rat semblent avoir été sélectionnées
conjointement comme animaux de compagnie et de laboratoire.
Une espèce au moins a été domestiquée à des fins uniquement scientifiques : la drosophile, dont
la rapidité du cycle d'élevage, a fait un organisme modèle dans la recherche en génétique.
Il y a deux sortes d'animaux domestiques, dont les animaux de compagnie et les animaux de
domestiques. En effet ils ne sont pas domestiqués pour la même chose. L'animal de compagnie
est apprivoisé pour nous tenir compagnie, alors que l'animal domestique est domestiqué pour
nous aider.
La domestication est donc un superbe exemple d’interaction entre les dynamiques naturelles et
sociétales. Il a de multiples types de processus de domestication et chacun d’eux est une histoire
qui éclaire de manière différente les comportements des sociétés. De ce fait, les premières
interactions entre hommes et animaux ne sont pas dues à une volonté humaine de tirer profit de
telle ou telle espèce.
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CHAPITRE XII. PROCREATION MEDICALEMENT ASSISTEE
Pour aider les couples infertiles, plusieurs techniques d’aide à la procréation, plus ou moins
invasives, existent. L’assistance médicale à la procréation (AMP) ou procréation médicalement
assistée (PMA) qui repose sur la manipulation d’un ovule et/ou d’un spermatozoïde afin
d’obtenir une fécondation, permet de palier à certaines situations où la conception est difficile,
sans toutefois traiter l’origine de l’infertilité.
Techniques
Les causes de l'infertilité peuvent être féminines, masculine ou mixtes. Selon la nature du
problème, différentes techniques médicales peuvent être utilisées pour aider à la procréation.
Mais avant d'envisager une prise en charge, il est généralement admis que deux ans d'essais
infructueux sont nécessaires, puis si les problèmes persistent le couple doit alors consulter un
médecin qui fera un bilan après interrogatoire et examen clinique.
L'infertilité totale (stérilité) est rare. Il peut arriver qu'un couple n'ait aucune chance de procréer
lorsque la femme connaît une ménopause précoce ou lorsqu'il y a absence totale de
spermatozoïdes chez l'homme, mais le plus souvent l'infertilité est due à une certaine
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sousfertilité, auquel cas il subsiste une chance de procréer naturellement, même si elle est très
faible.
Avant de recourir aux techniques de PMA proprement dites, différents procédés peuvent
permettre aux couples d'optimiser leur fécondité :
Détection de la période fécondante, par exemple par une surveillance hormonale (le plus
souvent par test urinaire) permet de détecter l'imminence de l'ovulation et permet au
couple d'avoir des rapports au moment de la fécondité maximale.
Les techniques d'ovulation provoquée. Le gynécologue peut proposer un traitement de
stimulation hormonale léger et le déclenchement forcé par une injection ponctuelle
d'hormone (par exemple HCG). Le traitement permet d'obtenir une ovulation de
meilleure qualité en nombre d'ovocytes limité à un ou deux et de placer les rapports au
moment de fécondité maximale, la date d'ovulation étant connue.
Cette méthode est essentiellement pratiquée « à la maison » par les femmes désirant être
enceintes sans avoir de rapport sexuel avec le géniteur masculin de leur futur bébé.
Cette méthode est fréquemment utilisée pour la PMA des couples dont l'infertilité n'est pas
mono causale (ce qui est le cas général). Chaque fois que cela est possible, elle est préférée
dans ces cas d'infertilité inexpliquée en première intention à une fécondation in vitro d'emblée
pour son caractère moins contraignant pour la femme.
L’objectif du traitement hormonal administré par injection est d’une part d’obtenir le
développement simultané de plusieurs follicules et d’autre part de pouvoir prélever des
ovocytes avant l’ovulation. Lorsque les follicules seront matures, le déclenchement de
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l’ovulation est prescrit à un horaire précis, ce qui détermine aussi l’horaire de la ponction
folliculaire.
Elle est réalisée par voie vaginale sous contrôle échographique, et sous anesthésie ou analgésie
générale ou locale.
Après la ponction, les liquides folliculaires contenant les ovocytes sont transmis au laboratoire.
Tous les follicules ne contiennent pas forcément un ovocyte, et tous les ovocytes ne sont pas
fécondables.
Le sperme est recueilli et préparé au laboratoire le jour de la ponction ovarienne. Dans des
situations particulières, des spermatozoïdes préalablement congelés seront utilisés. Les
paillettes sont décongelées le jour de la ponction afin de récupérer des spermatozoïdes mobiles.
Les spermatozoïdes préparés sont simplement déposés au contact des ovocytes dans une boîte
de culture contenant un milieu liquide nutritif et placée dans un incubateur à 37°C. Les
spermatozoïdes mobiles viennent spontanément, sans aide extérieure, au contact de l’ovocyte.
Le lendemain de la ponction, les ovocytes fécondés (ou zygotes) sont identifiables par la
présence de 2 noyaux: l’un provient de l’ovocyte, l’autre du spermatozoïde. Tous les ovocytes
ne sont pas forcément fécondés. Les zygotes deviennent des embryons de deux à quatre cellules
en 24 heures, puis de six à huit cellules 24 heures plus tard. Dans la majorité des cas, les
embryons sont transférés deux à trois jours après la ponction.
Le transfert embryonnaire est un geste simple et indolore qui est parfois pratiqué sous contrôle
échographique. Il est réalisé au moyen d’un cathéter fin et souple introduit par voie vaginale
41
dans l’utérus, la patiente étant allongée en position gynécologique. L’embryon est déposé à
l’intérieur de l’utérus et s’y développe jusqu’à son implantation.
Le nombre d’embryons obtenus peut être supérieur au nombre d’embryons transférés. Dans ce
cas, les embryons non transférés dits « surnuméraires » et qui présentent des critères de
développement satisfaisants peuvent être congelés. Ces embryons, après décongélation,
pourront être placés dans l’utérus de la femme à une date ultérieure sans qu’il soit nécessaire
de réaliser une nouvelle FIV.
La fécondation in vitro avec ICSI consiste à l’injection d’un seul spermatozoïde dans l’ovocyte.
L’ICSI impose une préparation spéciale des ovocytes et des spermatozoïdes.
La couronne de cellules qui entoure l’ovocyte est enlevé pour visualiser l’endroit où va se faire
la micro-injection. La capacité des ovocytes à être fécondés est évaluée de manière plus précise.
Seuls les ovocytes matures seront micro-injectés. Pour chacun des ovocytes, un spermatozoïde
est choisi en fonction de son aspect et de sa mobilité.
Sous contrôle d’un microscope, le biologiste maintient l’ovocyte avec une micropipette et, avec
une autre micropipette, aspire le spermatozoïde sélectionné puis l’injecte à l’intérieur de
l’ovocyte. Cette micro-injection est renouvelée pour chaque ovocyte fécondable. Les ovocytes
sont ensuite remis dans une boîte de culture dans l’incubateur à 37°C pour les étapes suivantes.
Avantage et inconvénient
Les avantages de la fécondation in vitro (FIV) sont multiples. La FIV permet une grossesse
lorsque les trompes de la femme sont bouchées ou lorsque la qualité du sperme est insuffisante
pour une grossesse spontanée. Si la FIV est combinée au don d’ovule, elle permet à des femmes
avec des ménopauses précoces de porter une grossesse à terme. Dans le cas de maladies
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génétiques héréditaires graves, et dans les pays où cela est permis, la FIV permet d’avoir accès
à une cellule embryonnaire, de l’analyser pour voir si l’embryon est atteint par la maladie, et
de ne transférer dans l’utérus de la mère que des embryons sains.
Les inconvénients de la FIV sont également nombreux. La FIV est un traitement onéreux, dont
le succès dépend des centres qui la pratiquent, les taux de succès variant entre 20 et 60 %. Il
arrive que les traitements aient des effets secondaires. La plupart du temps, ils sont tout à fait
supportables. Mais dans quelques rares cas, ils nécessitent une hospitalisation (du fait de l’hyper
stimulation). En outre, la FIV augmente les taux de grossesses multiples et les grossesses
extrautérines. Finalement, il faut rappeler que la FIV n’empêchera pas la transmission à la
descendance des anomalies génétiques qui peuvent expliquer l’impossibilité de procréer
naturellement.
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CHAPITRE XIII. THERAPIE GENIQUE
Elle peut être réalisée in vivo, soit par une administration locale au sein du tissu concerné, soit
par une administration systémique, soit par transplantation de cellules transfectées ex vivo. La
thérapie génique permet de développer une stratégie thérapeutique palliant le défaut ou la
déficience d’un gène
Trois éléments entrent en jeu pour tout essai de thérapie génique quelle que soit la maladie :
Toutes les approches de thérapie génique sont basées sur la notion de transfert de gènes, qui
consiste à transférer un acide nucléique exogène dans une cellule porteuse d’une anomalie
génétique. Au final, ce transfert de gènes a pour objectif de permettre la correction de
l’anomalie génétique au niveau de la cellule et ainsi de rétablir une fonction cellulaire normale.
Le transfert de gènes s’effectue grâce à un outil appelé vecteur, qui permettra de transférer dans
la cellule une séquence codante (transfert de « transgène »), ou des séquences modifiant
l’expression de certains gènes présents au niveau de la cellule.
Tout d’abord, la thérapie génique in vivo consiste en un transfert de gènes direct, soit par
injection systémique dans la circulation sanguine, soit par injection locale au niveau d’un tissu
ou organe. On peut citer comme exemple ici le transfert de gènes direct par injection au niveau
de la rétine, dans les approches de thérapie génique de certaines maladies génétiques affectant
la vision.
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Un autre exemple est celui des dystrophies musculaires d’origine génétique, dans lesquelles
l’objectif pourrait être d’effectuer un transfert de gènes dans différents muscles et ceci par
injection directe dans le muscle, ou par injection dans la circulation sanguine.
La deuxième modalité de transfert de gènes est la thérapie génique ex vivo. Cette approche
comporte d’abord une étape de prélèvement de cellules chez l’individu à traiter. Ces cellules
seront mises en culture, et on pourra alors effectuer le transfert de gènes sur les cellules en
culture. Les cellules modifiées par le transfert de gènes pourront alors être réimplantées chez
l’individu. Cette approche de thérapie génique ex vivo est développée actuellement notamment
pour le transfert de gènes dans des cellules souches adultes.
L’objectif est alors d’effectuer un transfert de gènes unique sur des cellules souches prélevées
chez un individu. Ces cellules souches seront modifiées par le transfert de gènes, puis
réimplantées dans l’individu. Puisque les cellules souches ont des capacités d’auto-
renouvellement, cette approche permet théoriquement d’effectuer un transfert de gènes unique
et stable. Les cellules matures formées par la différenciation de ces cellules souches porteront
la modification génétique introduite, permettant ainsi dans le cadre des maladies monogéniques
la correction du défaut génétique.
Types de vecteurs
Il existe donc deux grands types de vecteurs, les vecteurs viraux et les vecteurs non viraux.
Vecteurs viraux
Les débuts de la thérapie génique ont été marqués par des accidents liés à l’utilisation de
vecteurs viraux qui se sont introduits dans des organes non-cibles, ou qui ont provoqué
l’intégration du gène modifié dans des séquences dites «pro-oncogènes » de l’ADN du patient,
déclenchant des cancers et décès. Suite à ces accidents, les scientifiques ont développé des
vecteurs viraux plus sûrs et plus efficaces de sorte à réduire le risque d’insertion aléatoire dans
le génome de l’hôte.
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Rétrovirus
Le rétrovirus est un virus de la famille des retro viridae, dont le génome est composé d’ARN.
Les rétrovirus ont été les premiers virus utilisés dans la thérapie génique. Les gènes du
rétrovirus sont remplacés par les gènes d’intérêt thérapeutique.
Lentivirus
Comme les rétrovirus, les lentivirus appartiennent à la famille des retroviridae. Il s’agit
également d’un virus à ARN. Il insère le gène thérapeutique dans le génome de la cellule hôte
ce qui permet une expression du gène stable au cours du temps.
Cependant, les vecteurs lentiviraux offrent un avantage supplémentaire, à savoir qu'ils peuvent
infecter les cellules qui ne sont pas en cours de division. Cette capacité permet aux lentivirus
d’avoir un tropisme plus important. Cette capacité permet d’ouvrir des possibilités de
traitements à des pathologies concernant des cellules qui ne se divisent pas ou très peu chez
l’adulte comme par exemple les neurones ou les cellules pancréatiques.
Adénovirus
Les Adénovirus appartiennent à la famille des Adénoviridae. Ils ont un génome constitué
d’ADN double brin. Lorsque les virus de cette famille pénètrent dans le noyau de la cellule, le
matériel génétique ne s’intègre pas au génome de l’hôte, on dit qu’ils sont non intégratifs.
L’ADN persiste donc sous forme d’épisome et il est ensuite transcrit en ARN messager. Cette
caractéristique, permet de limiter le risque de cancer par insertion au génome. Ils ont un effet
transitoire, en s’exprimant pendant la durée de vie de la cellule et disparaissant avec la mort de
celle-ci ce qui fait d’eux le vecteur de choix lorsqu’une expression de court terme est
recherchée.
Un autre type de virus a été utilisé pour pallier aux problèmes précédemment évoqués et
notamment l’immunogénicité 48. En effet, les virus adéno associés ou Adeno Associated Virus
(AAV) ont l’avantage de n’être que peu immunogènes. Ils sont donc naturellement mieux
tolérés par l’organisme. Le tropisme cellulaire des AAV est important. Ils peuvent aussi bien
infectés des cellules en division que des cellules qui ne se divisent pas. Cependant, il existe
plusieurs sérotypes d’AAV avec une spécificité au niveau des tissus infectés.
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Vecteurs non viraux
Les vecteurs non-viraux ont le potentiel de résoudre certaines des limites associées aux vecteurs
viraux, en particulier en ce qui concerne la sécurité. Plusieurs techniques non virales ont été
développées pour délivrer les acides nucléiques aux cellules d’intérêt.
Plasmide ADN
La molécule d’ADN peut être administrée au travers d’un plasmide. Un plasmide désigne une
molécule d'ADN distincte de l'ADN chromosomique, capable de réplication autonome et non
essentielle à la survie de la cellule. Chaque plasmide contient au moins une séquence d'ADN
qui sert d'origine de réplication, ou ori (point de départ de réplication de l'ADN), permettant à
l'ADN plasmidique d'être dupliqué indépendamment du chromosome, en utilisant la «
machinerie » de la cellule hôte. Ils peuvent être de formes circulaires ou parfois linéaires et
contiennent les zones d’enzymes de restriction permettant d'insérer des fragments d'ADN, pour
le clonage, le séquençage ou l'expression de protéines. Cependant, il présente les limites
d’immunogénicité et d’intégration au génome.
En effet, avec cette technique il est difficile d’atteindre les cellules d’intérêts du fait de la grande
taille de la molécule d’ADN, de destruction de la molécule par les nucléases (enzyme
responsable de la dégradation des molécules d’ADN) et de la formation du complexe dans
l’organisme suite à la charge négative de la molécule d’ADN.
Choix du vecteur
Type de thérapie génique que l’on souhaite développer in vivo ou ex vivo. Logiquement
certains vecteurs seront plus adaptés à une utilisation in vivo tandis que d’autres à une
utilisation ex vivo ;
Ensuite, il faut évaluer si l’application thérapeutique nécessite une expression du gène
transféré transitoire ou stable ;
La taille du gène à transférer doit être prise en compte ;
Type de molécule que l’on souhaite délivrer sera également à prendre en compte ;
La cytotoxicité des méthodes de transfert est également à prendre en compte ; Enfin
le coût est également un facteur à prendre en compte.
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Utilisation d'un transgène
La première stratégie principale pour la thérapie génique est d’utiliser un transgène, c'est-à-
dire une séquence codant un ARN messager d’intérêt. Ce transgène correspond idéalement à la
totalité de la séquence codant la protéine d’intérêt, associée à des séquences régulant
l’expression de ce transgène (il s’agira si possible des éléments régulateurs naturels du gène
d’intérêt, ou à défaut d’autres séquences régulatrices).
En effet, dans les maladies monogéniques, l’objectif du transfert d’un transgène est de corriger
l’anomalie génétique causée par les mutations du gène impliqué. Afin de restaurer l’expression
d’une protéine fonctionnelle, des copies normales de la séquence codante du gène impliqué
sont transférées dans les cellules cibles porteuses du déficit génétique.
Puisque l’expression thérapeutique du transgène doit conduire à la synthèse dans la cellule
d’une protéine à des niveaux thérapeutiques, c'est-à-dire ni en trop faible quantité, ni en excès,
une régulation précise du niveau d’expression est alors requise : celle-ci doit reproduire le plus
fidèlement possible l’expression de la protéine sauvage dans le tissu d’intérêt.
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CHAPITRE XIV. BIOTECHNOLOGIE ET LE DROIT DE L’HOMME
Par définition la biotechnologie est un domaine qui recouvre l’ensemble des technologies et
applications ayant recours à l’utilisation ou à la modification de matériaux vivants dans un
objectif de recherche scientifique pour accroitre les connaissances humaines, ou dans un
objectif commercial afin de créer un produit ou un service.
Types de biotechnologies
Dans sa diversité, la biotechnologie est regroupée non seulement dans divers applications
comme mentionné, mais aussi selon les époques. Dans cette catégorie, nous avons la
biotechnologie primitive, la biotechnologie moderne et la biotechnologie de nos jours.
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Biotechnologie primitive
La biotechnologie est une des sciences clé du XXIe siècle, et bien que la plupart des découvertes
soit relativement récentes, à peine plus d'une centaine d'années, les premières d’entre elles sont
vieilles de plusieurs millénaires.
Biotechnologie moderne
La biotechnologie moderne trouve ses origines dans divers travaux de la fin du XIXe siècle,
aboutissant à de nombreuses découvertes pendant tout le XXe siècle, notamment grâce à
l'industrialisation, mais aussi grâce aux efforts fournis par les pays lors des deux guerres
mondiales. Ainsi Louis Pasteur amènera à l'emploi de micro-organismes purs et à l’utilisation
de milieux de culture stériles (aboutissant à la pasteurisation). C’est le début de la lutte contre
les micro-organismes pathogènes, auquel fera suite à la découverte fortuite, mais capitale, de
la pénicilline par Alexander Fleming.
50
» et de réaliser des autogreffes chez les patients ;
L’environnement bénéficie également de ces avancées avec la production de
biocarburants à partir de saccharose ou de micro-algues ;
La biotechnologie rencontre un grand succès dans l’industrie pharmaceutique, où elle
permet aujourd’hui la mise sur le marché de dizaine de produits comme l'insuline
humaine, l'érythropoïétine, etc. et elle permet d'espérer disposer un jour de thérapie
génique :
Mais peut être que la plus grande application en biotechnologie concerne la santé
humaine. Elle est présente dans nos vies avant même notre naissance, de l’aide à la
fertilité, du dépistage prénatal au test de grossesse à domicile. Aussi pendant notre
enfance par les vaccins et aux antibiotiques, qui ont considérablement amélioré
l’espérance de vie. Elle est à l’origine de médicament pour le traitement de cancer et
des maladies cardiaques plus loin elle est utilisée pour renversée le vieillissement.
Les microbes sont minuscules et difficiles à détecter, mais les dangers sont
potentiellement énormes. En outre, les cellules modifiées pourraient se diviser par
ellesmêmes et se répandre dans la nature, des conséquences importantes ;
La fabrication d’armes biologiques : le monde a récemment été témoins des effets
dévastateurs des épidémies tels qu’EBOLA, Zika mais ceux-ci d’origine naturelle.
L’utilisation malveillante de la biotechnologie pourrait signifier que de futures
épidémies démarrent volontairement.
Risques pour l'environnement et pour la santé sont rappelés et d’autres…
Droit de l’homme
Les droits de l’homme sont des normes qui reconnaissent et protègent la dignité de tous les
êtres humains. Ils régissent la façon dont nous vivons en société et les uns avec les autres, ainsi
que la relation qui lie les individus aux gouvernements et les obligations des gouvernements
envers eux. Le droit relatif aux droits de l’homme définit ce que les gouvernements doivent
faire et ne pas faire. Les individus, eux aussi, ont des responsabilités : l’exercice de leurs droits
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ne doit pas se faire aux dépens des droits d’autrui. Aucun gouvernement, groupe ou individu
n’a le droit de faire quoi que ce soit qui viole les droits d’autrui. Les droits de l’homme sont
universels et inaliénables. Tout être humain, partout dans le monde, peut s’en prévaloir. Nul ne
peut les céder volontairement. Nul ne peut non plus priver quelqu’un de ces droits.
Les biotechnologies participent pour une part importante à l'actuelle révolution technologique.
L'acquisition rapide des connaissances scientifiques en biologie et le couplage avec la robotique
et l'informatique, la concentration des sociétés de la bio-industrie entraînent un bouleversement
des conditions socio-économiques mondiales.
Ainsi la naissance de la brebis Dolly, une brebis de sexe féminin , née le 5 juillet 1996 à Roslin
au Royaume-Uni et morte le 14 février 2003 au même endroit, est une brebis célèbre pour être
le premier mammifère cloné de l’histoire à partir d’un noyau de cellule somatique adulte par
l’équipe de Keith Campbell et Lan Wil mut chez PPL Thérapeutics, en association avec
l’institut Roslin à Edimbourg en Ecosse a soulevé de nombreuses interrogations sur le clonage,
en amenant d'autres, tel le statue de l'embryon humain (à partir de quand peut-on parler de vie
humaine ? Peut-on moralement cloner l'être humain ?).
L’homme étant le moteur de la transformation depuis 10 000 ans en sélectionnant les espèces
végétales ou animales dont il avait besoin en semant ses récoltes et en faisant se reproduire son
bétail, commençait déjà à modifier le monde vivant qui l’entourait pour améliorer son ordinaire.
Dit-on que la science sans conscience n’est que ruine de l’âme, les missions de l’ingénieur
biotechnologies nécessitent un ensemble de connaissances techniques, économiques, sociales
et humaines reposant sur une solide culture en sciences biologiques mais aussi une
connaissance solide en bioéthique qui éviterait en amont des problèmes tels que le non-respect
de la vie humaine, la détérioration de l’intégrité de produits alimentaires, etc.
Notion de bioéthique
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La bioéthique selon le dictionnaire français c’est l’étude des problèmes moraux que soulèvent
la recherche et les techniques biologiques et génétique où l’étude des problèmes éthiques posés
par les avancées en matière de biologie et de médecine.
Aujourd'hui, de nombreux problèmes sociologiques sont posés par les applications des
biotechnologies.
Son but est de clarifier ou de résoudre les problèmes à portée éthique suscités par l’application
des technologies biomédicales sur le vivant humain ou par une expérience humaine en santé
afin de réfléchir aux limites à poser pour éviter que l’homme ne nuise à son prochain et à son
environnement. Guidée par quatre grands principes : Le principe du respect de l’autonomie, le
principe de bienfaisance, le principe de non-malfaisance et le principe de justice.
Parmi les droits proclamés par la déclaration universelle des droits de l’homme, trois trouvent
un écho particulièrement fort en matière de biomédecine et de réflexion bioéthique : il s’agit de
la dignité, de l’égalité et de la liberté.
Le premier des droits de l’homme cités dans la Déclaration se trouve être la dignité :
Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la
famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la
liberté, de la justice et de la paix dans le monde ;
Concernant le principe d’égalité, rapporté à la biomédecine, il signifie que les progrès,
les améliorations susceptibles de bénéficier aux personnes doivent être mises à la
disposition de toutes, dans des conditions identiques ;
La liberté qui vise à préserver la part de vie privée et donc l’autonomie de l’individu
dans ses choix. Elle suppose, par exemple, la possibilité d’exprimer un consentement
personnel réellement libre et éclairé.
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