A Lire Interessant1
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THÈSE
Laure Biniek
Membres du jury
Directeur de thèse : Dr. T. Heiser, Professeur, UdS, Strasbourg
Co-Directeur de thèse : Dr. G. Hadziioannou, Professeur, LCPO, Bordeaux
Rapporteur externe : Dr. L. Lutsen, IMEC/imomec, Belgique
Rapporteur externe : Dr. J. Roncali, Directeur de Recherche, MOLTECH, Angers
Examinateur : Dr. J-P. Lère-Porte, Professeur, ENSCM, Montpellier
Examinateur : Dr. M. Brinkmann, Chargé de Recherche CNRS, Strasbourg
Membre invité : Dr. N. Leclerc, Chargé de Recherche CNRS, Strasbourg
Membre invité : Dr. P. Lévêque, Maître de Conférences, UdS, Strasbourg
Laboratoire d’Ingénierie des Polymères pour les Hautes Technologies EAc 4379
Institut d’Électronique du Solide et des Systèmes UMR 7163
N° d’ordre : 860
THÈSE
Laure Biniek
Membres du jury
Directeur de thèse : Dr. T. Heiser, Professeur, UdS, Strasbourg
Co-Directeur de thèse : Dr. G. Hadziioannou, Professeur, LCPO, Bordeaux
Rapporteur externe : Dr. L. Lutsen, IMEC/imomec, Belgique
Rapporteur externe : Dr. J. Roncali, Directeur de Recherche, MOLTECH, Angers
Examinateur : Dr. J-P. Lère-Porte, Professeur, ENSCM, Montpellier
Examinateur : Dr. M. Brinkmann, Chargé de Recherche CNRS, Strasbourg
Membre invité : Dr. N. Leclerc, Chargé de Recherche CNRS, Strasbourg
Membre invité : Dr. P. Lévêque, Maître de Conférences, UdS, Strasbourg
Laboratoire d’Ingénierie des Polymères pour les Hautes Technologies EAc 4379
Institut d’Électronique du Solide et des Systèmes UMR 7163
« Lorsqu’une chose évolue, tout ce qui est autour évolue de même. »
A ma famille,
A Louis.
Remerciements
Ce travail de thèse est le fruit d’une forte collaboration entre deux laboratoires, le
LIPHT et l’InESS et de la participation de nombreuses personnes que je souhaite remercier
chaleureusement. C’est aussi une grande aventure humaine et je me dois de remercier tous
les participants, qui ont fait rayonner mon quotidien.
Tout d’abord, je tiens à remercier le Pr. Georges Hadziioannou puis le Pr. Luc
Averous ainsi que le Pr. Daniel Mathiot pour m’avoir accueillie au sein de leur laboratoire et
mis à ma disposition tous les outils nécessaires au bon déroulement de ce projet.
Je suis extrêmement reconnaissante de l’encadrement qui m’a été offert ainsi que de
la grande disponibilité de mes directeurs de thèse et co-encadrants.
Je tiens en premier lieu à remercier le Pr. Georges Hadziioannou pour ses conseils
avisés au début de ma thèse, pour sa grande expertise dans le domaine et pour m’avoir fait
confiance.
Je tiens ensuite à remercier le Pr. Thomas Heiser qui avec beaucoup de patience
(surtout en cours) m’a enseigné le fonctionnement d’une cellule photovoltaïque et d’un
transistor, puis m’a aidé à comprendre les mécanismes physiques et m’a transmis la rigueur
scientifique que doit posséder un bon chercheur tel que lui. Merci pour sa présence, pour tous
les efforts de prononciation des noms de molécules et surtout pour m’avoir offert toutes ces
opportunités de formation et de participation aux congrès.
Je pense qu’un bon nombre de problèmes techniques et de questions seraient encore
en suspend sans l’intervention du Dr. Patrick Lévêque. Je tenais à le remercier pour son
investissement et sa grande disponibilité, pour tous les précieux conseils concernant même la
conception des molécules et pour les longues discussions sur l’analyse des résultats. Merci
surtout pour son soutien qui m’a facilité l’accès au monde de la physique.
Finalement, j’adresse mes chaleureux remerciements au Dr. Nicolas Leclerc qui a fait
de cette thèse un défi scientifique au quotidien et surtout une merveilleuse aventure humaine.
Je suis fière d’avoir été son jeune padawan et d’avoir appris à ses côtés. Merci de m’avoir
fait découvrir le monde de la recherche et de m’avoir surtout donné l’envie de continuer
grâce à cette complicité qui s’est crée entre nous.
Un grand merci à tous les permanents des laboratoires pour leur accueil et pour
m’avoir aidé au quotidien : Eric (pour ses conseils, sa bibliothèque i-tunes et pour nous avoir
toujours ramener à la voiture au Champ du feu), Stéphane Merry, Guy Schlatter et Michel
Bouquey pour leurs intérêt et encouragements, Michel de la RMN, Sabine, Nico Z, Jéremy
Bartringer, Caroline Eckert, Marina et notre indispensable Catherine bien sur. Merci aux
deux Christophe, à Seb et Thierry qui ont géré les problèmes plus techniques et qui avaient
toujours au détour des couloirs une blague sympa ou des bons plans de bar et de concert à
partager. Je souhaite bien sur remercier aussi tous ceux avec qui j’ai eu plaisir à partager
ma paillasse et la leur ; merci à Sérigne, Pierre, Ibrahim et Christos (thanks for your advises
and your friendship). Merci à toi ma Chhengounette pour avoir rattrapé certaines de mes
maladresses mais surtout pour tout ce que tu fais au labo qui nous facilite grandement le
quotidien toujours dans la bonne humeur et sans jamais mourir de faim..
Je remercie tous les étudiants, post-doc ou thésards avec qui j’ai partagé cette
aventure, pour avoir manipé à leur côté, essayé de comprendre le pourquoi du comment ou
tenté de refaire le monde. Merci pour ces 3 années de pure amitié, de délires, de soutien, de
missions secrètes et de pactes, de déguisements mémorables et de super soirées.
Je tiens d’abord à faire une Spéciale dédicace aux fouines de mon bureau : Cheval,
Cheveux et Véro pour les matchs de foot et la collection des animaux, pour tous ces pauvres
pingouins et ces « brutes » qu’on a tués en écoutant les meilleurs titres de Joe et Daniel.
Merci à toi Rony (mon frangin libanais), Fanny le Ragondin (pour ta présence depuis
er
le 1 jour et tous les fous rires et plans machiavéliques même tournés contre moi), DjuDjul
(pour tes histoires chelous), Sadiara (pour ton rire Man et surtout pour avoir été là cet été
pendant la rédaction), Solenn (pour ta sagesse et ta zen attitude pendant les démonstrations
de Yoga), Youssef et Peter (pour votre adaptation à mon baratin chimique pendant les
réunions résultats), les filles du 2ème que j’avais hâte de retrouver le midi pour me changer les
idées (Virginia, Perrine, Marie, Flo, Inès, Alice, Otilia, Paola, Carmen, Maria-Clara, Hale,
Stéphanie, Marine) et les gars du 2ème d’avoir non sans mal assumé d’être avec autant de
nanas (Jérôme, et les stagiaires de l’été 2010 Ben, Jéremy, Adrien, Matthieu, ..), Veronica
(for all the long discussion and the funny time), Élodie (pour avoir accepté de me suivre au
fin fond d’un champs de maïs, fait danser 150 personnes dans un resto et pour toutes les
choses top secrètes qu’on a partagées), Pierre Benoît (pour ton aide pour finir les mots
fléchés), Alain (pour les soirées jeux) et Nicolas (pour ces longues discussions via MSN et
ton soutien pendant la rédaction). Cette thèse n’aurait pas été la même sans vous tous !
Je n’oublierai pas non plus les gars du RU et de la sécu. Merci à toi Rabat pour toutes
les tablettes de chocolat.
Pour être autant de bonne humeur le lundi matin, c’est que j’avais en général passé
de super bon weekends et ça je vous le dois à vous Izou et Ben (et les verts aussi parfois).
Merci pour tous les repas du dimanche, les parties de pétanques, les soirées concert ou en
bar et pour votre amitié sans faille.
A Accepteur d’électrons
ATG Analyse thermogravimétrique
Bp Point d’ébullition (Boiling Point)
BC Bande de Conduction
BV Bande de Valence
C Vitesse de propagation de la lumière dans le vide c = 2,998x108 m.s-1
CT Concentration totale massique (polymère et fullerène)
D Donneur d’électrons
DMF Diméthylformamide
DSC Calorimétrie différentielle à balayage
e Épaisseur
E Potentiel
Eg Énergie de bande interdite
Eox Potentiel d’oxydation
Ered Potentiel de réduction
eV Électron-volt
FF Facteur de Forme
GPC Chromatographie par perméation de gel (Gel permeation chromatography)
h Constante de Planck h = 6,626x10-34 J.s
HCl Acide chlorhydrique
HH Tête-à-Tête (Head-to-Head)
HT Tête-à-Queue (Head-to-Tail)
HNO3 Acide nitrique
HOMO Orbitale moléculaire la plus haute occupée (Highest Occupied Molecular
Orbital)
I Courant
Ip Indice de polymolécularité
ITO Oxyde d’étain et d’indium (In2O3)90(SnO2)10 (Indium Tin Oxide)
J Densité de courant
Jsc Densité de courant de court circuit
L Largeur d’un canal de transistor
LDA Lithium diisopropylamine
LUMO Orbitale moléculaire la plus basse vacante (Lowest Unoccupied Molecular
Orbital)
Mn Masse molaire moyenne en nombre
Mw Masse molaire moyenne en masse
MET Microscopie Électronique à Transmission
MDMO-PPV Poly[2-méthoxy-5-(3,7-diméthyloctyloxy)-1,4-phénylènevinylène]
NBS N-bromosuccinimide
NIS N-iodosuccinimide
Ni(dppp)Cl2 Nickel diphénylphosphinopropane Chloride II
o-DCB Ortho-dichlorobenzène
PCBM 1-[3-(méthoxycarbonyl)propyl]-1-phényl-[6,6]C61
PCE Rendement de conversion énergétique
Pd(PPh3)4 Tetrakis(triphenylphospine)palladium
PEDOT:PSS Poly(3,4-éthylène-dioxy-2,4-thiophène : poly(styrène sulfonate)
P3HT Poly(3-hexylthiophène)
ppm Partie par million
PS Polystyrène
RMN Résonance magnétique nucléaire
RR Régiorégulier
S Surface d’une cellule photovoltaïque
TCB Trichlorobenzène
Td Température de dégradation thermique
Tf Température de fusion
Tg Température de transition vitreuse
THF Tétrahydrofurane
TT Queue-à-Queue (Tail-to-Tail)
u.a. Unité arbitraire
UV Ultra violet
V Tension
Voc Tension en circuit ouvert
W Longueur d’un canal de transistor
wt% Pourcentage massique
Déplacement chimique en ppm
!r Constante diélectrique
" Longueur d’onde
µ Mobilité
# Rendement de conversion
$ Durée de vie
Ldiff Longueur de diffusion des excitons
Sommaire
Sommaire
Introduction générale…………………………………………………………………….1
1. Contexte scientifique….………………………………………………………………...6
5. Conclusions……………………………………………………………………………...32
6. Références Bibliographiques.…………………………………………………….......33
Introduction…………………………………………………………………………………39
Introduction…………………………………………………………………………………56
3.1 Oligomères………………………………………………………………………..79
3.2 Copolymères alternés donneur - accepteur (d-a) …………………………………80
3.2.1 Couplage de Suzuki vs Stille……………………………………………80
3.2.2 Conditions de polymérisation et obtention des matériaux……………...82
a. Protocole général de synthèse……………………………………...82
b. Conditions des polymérisations…………………………………….82
3.3 Caractérisations chimiques ……………………………………………………….86
3.3.1 Les oligomères…………………………………………………………..86
3.3.2 Les polymères…………………………………………………………...86
4. Conclusions……………………………………………………………………………...88
5. Références bibliographiques.…………………………………………………………90
Introduction………………………………………………………………………………..119
4. Conclusions…………………………………………………………………………….157
5. Références Bibliographiques………………………………………………………..158
Chapitre 4 : Annexes…………………………………………………………………...160
Introduction………………………………………………………………………………..169
4. Rôle du thiéno[3,2-b]thiophène…………………………………………………….182
5. Optimisation et perspectives………………………………………………………...184
6. Conclusions…………………………………………………………………………….186
7. Références bibliographiques…………….…………………………………………..187
Chapitre 5 : Annexes………………………………………………………………...…188
Conclusion générale…….……………………………………………………………...191
Communications et Publications……………………………………………………195
Introduction Générale
Introduction générale
1
• Caractérisations optoélectroniques (détermination des spectres d’absorption,
des positions des niveaux énergétiques frontières et de la structure des
matériaux à l’état solide).
• Calculs théoriques (accès à la rotation des motifs au sein du squelette conjugué
et aux orbitales moléculaires).
• Élaboration de transistors à effet de champ (o-FET) et caractérisations
électriques (détermination des mobilités des porteurs de charge).
• Élaboration de dispositifs photovoltaïques et caractérisations électriques.
Au vu du nombre d’étapes, il est évident que les résultats présentés dans ce manuscrit
sont le fruit du travail intense d’un certain nombre de collaborateurs et d’une réflexion
commune. De ce fa it, les analyses morphologiques, les calculs théoriques et les propriétés de
transport de charge ont été réalisées en collaboration avec respectivement D. Ivanov et M.
Brinkmann (DRX et diffraction électronique), P. Lévêque (modélisation) et S. Fall (o-FET).
Ma participation à l’élaboration et à la caractérisation d’une partie des dispositifs
photovoltaïques m’a permise de mieux comprendre les mécanismes et les enjeux du
photovoltaïque.
Ce manuscrit s’articule autour de ces différentes étapes et est orga nisé en cinq
chapitres.
Enfin nous présenterons dans le dernier chapitre les caractéristiques électriques des
dispositifs photovoltaïques réalisés. Bien que cette étude soit encore à un stade préliminaire,
nous essayerons de corréler un certain nombre des propriétés optoélectroniques discutées au
chapitre 4 avec les performances photovoltaïques obtenues.
Nous présenterons en annexe les articles à ce jour publiés dans le cadre de cette étude
ainsi que la liste des différentes communications (orales ou posters) associées.
2
Chapitre 1
Chapitre 1 : Contexte général
1. Contexte scientifique……………………………………………………………………6
4
Chapitre 1 : Contexte général
5. Conclusions……………………………………………………………………………...32
6. Références Bibliographiques.…………………………………………………….......33
5
Chapitre 1 : Contexte général
1. Contexte scientifique
Les besoins mondiaux en énergie ne cessent de s’accroître. Estimés à environ 150 000
térawatt-heures (TWh) en 2007 par l’EIA (Energy Information Administration), ils pourraient
augmenter de 44 % d’ici à 2030 selon le rapport de l’International Energy Outlook 2009. Pour
subvenir à ces besoins énergétiques astronomiques, tout en tenant compte de la diminution
des ressources fossiles, il est nécessaire de diversifier les ressources d’énergie et de se tourner
vers les énergies renouvelables, largement disponibles.
Le parc photovoltaïque mondial représente actuellement 23 GW, produisant une
énergie de 25 TWh par an.1 Bien que l’apport du photovoltaïque dans l’énergie mondiale reste
encore relativement faible*, les mentalités sont en train d’évoluer, permettant l’augmentation
de 15 % du marché du photovoltaïque entre 2008 et 2009. L’amélioration, entre autres, des
rendements de conversion énergétique† et la diminution des coûts de production, seraient des
atouts majeurs pour permettre une utilisation plus massive de l’énergie solaire. C’est pourquoi
de nombreuses équipes de recherche travaillent dans ce domaine et que l’on a vu assez
récemment émerger de nouvelles technologies photovoltaïques. Regardons brièvement quelles
sont les technologies actuellement disponibles pour mieux appréhender l’importance des
recherches sur les nouveaux matériaux semi-conducteurs.
*
A titre de comparaison, en 2008, selon le rapport annuel de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique
(AIEA), l’électricité nucléaire mondiale correspondait à 372 GW, fournissant ainsi une énergie estimé à 2598
TWh.
†
Rendement de conversion énergétique (ou PCE) : puissance électrique délivrée par la cellule divisée par la
puissance lumineuse reçue (en %).
6
Chapitre 1 : Contexte général
‡
Actuellement, en France le prix d’achat de l'énergie photovoltaïque (en sachant que plus de 99 % des clients
possèdent des panneaux polycristallin) varie entre 31 et 58 Centime€/KWh, ce qui reste cher par rapport au gaz
naturel ~ 7 Centime€/KWh et l’énergie nucléaire ~12 Centime€/KWh. (http://www.enerzine.com)
7
Chapitre 1 : Contexte général
8
Chapitre 1 : Contexte général
N N Pentacène
N Cu N O O
N N
O O
O O
Les polymères
n S n
n
R R
9
Chapitre 1 : Contexte général
§
cf paragraphe 2.3.2
10
Chapitre 1 : Contexte général
Energie
Niveau du vide
%a
LUMO
LUMO
Ip Eg
HOMO
donneur HOMO
accepteur
Figure 4 : Diagramme énergétique d'un matériau semi-conducteur donneur ou accepteur d'électrons.
**
La profondeur de pénétration du rayonnement incident est égale à l’inverse du coefficient d’absorption soit
100 nm pour un SCO et supérieur à 1 µm pour Si.
11
Chapitre 1 : Contexte général
Les mobilités de charges dans les polymères semi-conducteurs sont très inférieures à
celles observées dans le silicium (1000 cm²V-1s-1) et sont généralement plus faibles que celles
mesurées dans les semiconducteurs moléculaires (~1-15 cm²V-1s-1).9
Figure 5 : Schéma des mécanismes de transfert intra- et interchaînes suivant la conformation que prend
une macromolécule isolée. Exemple du poly(phénylènevinylène). [Schéma extrait de E. Collini et al.]10
12
Chapitre 1 : Contexte général
Energie
Niveau du vide
Donneur Accepteur E
LUMO Al
ITO
5 eV - LUMO 4,3 eV
2
- -
h)
h 3
1
44
verre
3
Al
ITO
+ +
+ HOMO
DONNEUR HOMO
ACCEPTEUR
Figure 6 : Le processus photovoltaïque est ici schématisée à travers l’exemple d'une structure en bicouche.
††
Dans la plupart des systèmes étudiés, les couches actives sont à base de polymère donneur d’électrons et de
C60-PCBM, accepteur d’électrons. Or cette petite molécule ne contribue que très peu à l’absorption dans le
visible. En effet pour des raisons de symétrie structurale du fullerène C60, la transition électronique HOMO-
LUMO par absorption de photon est interdite. C’est pourquoi on considère ici, que la génération de l’exciton a
principalement lieu au sein du matériau donneur.
‡‡
Il est probable qu’un état intermédiaire (état de transfert de charge) existe. En première approche, nous ne
tiendrons pas compte de cet état.
13
Chapitre 1 : Contexte général
être remplies pour autoriser ce transfert d’électron. Tout d’abord le transfert d’un électron du
niveau LUMO du donneur vers le niveau LUMO de l’accepteur est d’autant plus probable que
la différence énergétique est grande. Elle doit être au moins égale à l’énergie de liaison de
l’exciton (de l’ordre de 0,3 eV). Par ailleurs le potentiel d’ionisation de l’accepteur doit être
plus élevé que celui du donneur afin d’empêcher le transfert du trou du donneur vers
l’accepteur.
La collecte des charges par le circuit extérieur dépend de la qualité des interfaces
métal/SCO. Pour une collecte efficace, la barrière énergétique à franchir par les porteurs doit
être la plus faible possible.
14
Chapitre 1 : Contexte général
Une autre approche consiste à utiliser une distribution en volume des deux matériaux
respectivement D et A (Figure 7b). Une telle interface, également appelée hétérojonction à
réseaux interpénétrés, est distribuée sur l’ensemble du volume de la couche active et présente
par conséquent une surface nettement plus grande que l’hétérojonction plane. La zone de
dissociation des excitons est ainsi nettement élargie, augmentant d’autant le rendement de
conversion. En contrepartie, les molécules se retrouvent généralement moins bien organisées
au sein d’un domaine (donneur ou accepteur) ce qui peut diminuer l’efficacité du transport et
de la collecte des charges.
A l’heure actuelle, la majorité des cellules photovoltaïques organiques à base de
polymère sont constituées de ce type d’hétérojonction. La suite de cette thèse sera donc
particulièrement consacrée à ce type de structure.
a) b) c)
Accepteur Accepteur Accepteur
Cathode Cathode Cathode
- +
- + - ~ 100 nm
+
Figure 7 : Schéma général d'une cellule photovoltaïque, (a) structure bicouche, (b) structure en réseaux
interpénétrés (c) structure idéale. La couche active constituée d’un matériau donneur et d’un matériau
accepteur d’électrons est prise en « sandwich » entre deux électrodes. L’anode transparente est déposée
sur un substrat de verre (ou plastique flexible transparent) et correspond généralement à un oxyde
d’indium et d’étain (ITO). La cathode constituée d’un métal à plus faible travail d’extraction,
généralement l’aluminium, est déposée par évaporation sur la couche active.
§§
Les 8,3 % de rendement ont été obtenus en octobre 2010. (source : http://www.heliatek.com/)
15
Chapitre 1 : Contexte général
Figure 8 : Caractéristiques courant-tension I-V d'une cellule sous obscurité et sous illumination.
Sous obscurité la cellule se comporte comme une diode avec un courant très faible
pour des tensions négatives et une intensité qui augmente rapidement pour des tensions
positives au-delà d’une valeur seuil. Sous illumination, un courant opposé au courant
d’obscurité est généré et décale la courbe vers les courants négatifs. La puissance électrique
délivré par le dispositif est maximum au point de fonctionnement pour lequel le produit IV est
le plus grand (surface grisée).
16
Chapitre 1 : Contexte général
'1$
Voc ) % " ( '% E HOMOd ! E LUMOa $" ! 0.3V (3)
&e# & #
avec e, la charge élémentaire, EHOMOd, le potentiel d’oxydation du polymère et ELUMOa, le
potentiel de réduction de l’accepteur, ici le PCBM. La valeur de 0,3 V a été déterminée
empiriquement.
La tension de circuit ouvert dépend également de la qualité des interfaces métal/SCO,
de la morphologie de la couche active (via la mobilité des porteurs) et de l’état de transfert de
charge intermédiaire à l’interface D/A.19
- Le facteur de forme ou FF :
Il est égal au rapport de la puissance électrique maximale fournie sur la puissance
maximale théorique. Il s’exprime selon l’équation suivante :
P max I ( Vmax
FF ) ) max (4)
Voc ( J sc Voc ( J sc
Ce paramètre est lié au nombre de porteurs de charge collectés aux électrodes au point
de fonctionnement correspondant au maximum de la puissance. Il dépend donc fortement de
la mobilité des porteurs et de la qualité des interfaces.
Dans ce paragraphe, nous avons vu que les performances électriques dépendaient d’un
certain nombre de paramètres liés aux propriétés des matériaux et du dispositif. Nous allons à
présent nous intéresser plus en détail aux différents verrous scientifiques qui émanent de ces
corrélations.
***
En laboratoire, on travaille avec un simulateur solaire ayant un spectre d’émission proche de celui du soleil et
délivrant une puissance totale Pin de 100 mW/cm2 (conditions standard AM 1.5). Cette puissance lumineuse
incidente Pin correspond à la puissance solaire reçue à travers l’atmosphère terrestre sous un angle d’incidence de
45°.
17
Chapitre 1 : Contexte général
650
Figure 9 : Représentation spectrale normalisée du flux de photons incidents dans les conditions AM 1.5.
Energie
,E - 0.3 eV
LUMO
LUMO
Eg
~Voc
HOMO
donneur HOMO
accepteur
18
Chapitre 1 : Contexte général
De nombreuses solutions à ces principaux verrous ont été envisagées, certaines plus
satisfaisantes que d’autres. Les équipes de recherche travaillent en parallèle sur des méthodes
chimiques (liés aux matériaux), physico chimiques (liés à la mise en œuvre de ces matériaux)
ou physiques (liés à l’élaboration des dispositifs). Quelques exemples de la littérature vont
être décrits dans le paragraphe suivant, la liste sera loin d’être exhaustive et nous ne
rentrerons pas trop dans les détails. Il faut par ailleurs, noter que les systèmes étudiés seront
dans la plupart des cas des mélanges du type polymère donneur d’électrons et dérivé du
fullerène, accepteur d’électrons. Ce dernier motif, de par son affinité électronique élevée et sa
bonne mobilité d’électrons, semble être en effet particulièrement adapté à la problématique du
PV organique. C’est particulièrement le C60-PCBM ([6,6]-phenyl C61 butyric acid methyl
ester), élaboré par l’équipe de Wudl21 afin d’améliorer la solubilité du fullerène, qui est
principalement utilisé.
19
Chapitre 1 : Contexte général
Dans ce paragraphe, nous allons montrer à travers quelques exemples, qu’il est
possible de développer toute une gamme de matériaux fonctionnels pouvant répondre à des
problèmes bien particuliers du photovoltaïque organique. Nous illustrerons ainsi que les outils
de l’ingénierie macromoléculaire, très nombreux et variés, laissent beaucoup de place à la
créativité des chimistes (avantage certain du photovoltaïque organique sur les autres
technologies).
Il est possible d’optimiser la largeur de bande interdite (Eg) d’un matériau en modifiant
ses paramètres structuraux. Il a été montré dans la littérature que cette valeur de Eg pouvait
dépendre de plusieurs variables, représentées sur la Figure 11.22, 23
Figure 11 : Les paramètres pouvant influencer la largeur de la bande interdite: la masse moléculaire du
polymère (Mw), l’alternance de longueur de liaison (.r), l'énergie de résonance (Res), la nature des
substituants (R), l'angle de torsion (/) et les effets inter chaînes (Int). 22
- E.r est corrélée à la différence de longueur de liaison entre les simples et les doubles
liaisons. Ce phénomène lié à l’alternance de liaisons courtes et longues, porte le nom de
distorsion de Peierls et est dû au fait que la délocalisation des électrons 0 n’est pas totale. Elle
correspond à un état stable. Les polymères aromatiques à l’état excité peuvent prendre une
forme quinoïdale. Cette forme mésomérique sera en général plus stable que la forme
aromatique et conduira à un plus faible Eg. Une autre approche permettant de modifier E.r est
relié au concept « push-pull », consistant à alterner dans la chaîne des unités riches en
électrons et d’autres pauvres en électrons. Introduire ces différentes unités peut stabiliser la
forme quinoïdale puisque l’alternance donneur-accepteur peut renforcer le caractère de la
20
Chapitre 1 : Contexte général
double liaison entre deux unités successives.24 Cette approche sera plus particulièrement
développée dans le chapitre 2.
- E/ est reliée à l’angle de torsion entre deux unités consécutives. En réduisant cet
angle (par exemple en utilisant des groupements latéraux faiblement encombrés) on peut
améliorer la planéité de la molécule et ainsi réduire Eg.
- Esub est influencée par la nature des substituants qui peuvent être de type donneur
comme les groupements alkoxy ou les amines, ou de type accepteur comme les groupements
cyano. L’introduction de ces groupements peut respectivement augmenter la HOMO et
diminuer la LUMO du matériau. Ces substituants ont aussi un rôle important quant à la
solubilité du matériau.
- Finalement Eint est déterminée par les interactions inter-moléculaires. Deux chaînes
de polymère peuvent interagir par 0-stacking, ce qui va entraîner une plus grande
délocalisation des électrons 0 et donc réduire Eg. A noter que dans certains cas les chaînes
alkyles peuvent augmenter la densité de molécules à l’état solide.
Une autre possibilité pour élargir le spectre d’absorption de la couche active est de
combiner les propriétés d’absorption du matériau donneur à celle du matériau accepteur
d’électrons. Il a fallu pour cela développer de nouveaux motifs accepteurs puisque le C60-
PCBM ne contribue que très peu à l’absorption dans le visible. C’est pourquoi, les chimistes
ont synthétisé le C70-PCBM ([6,6]-phenyl-C71-butyric acid methyl ester) dérivé moins
symétrique que le C60, pour lequel les transitions de faible énergie sont permises. L’utilisation
de ce dérivé, pour améliorer l’absorption de la lumière, a d’abord été démontrée dans le cas de
mélange avec le MDMO:PPV.25 Ce C70-PCBM est de plus en plus souvent associé aux
matériaux à faible largeur de bande interdite26 et il apparaît aujourd’hui comme une nouvelle
référence. Des polymères accepteurs d’électrons à base de pérylène diimide, utilisé pour son
large spectre d’absorption dans le visible et sa grande affinité électronique27, ont aussi été
développés.28
21
Chapitre 1 : Contexte général
a) b) c)
L’élargissement du spectre d’absorption peut aussi être obtenu grâce à une meilleure
organisation des molécules. En effet, l’amélioration des interactions intermoléculaires peut
favoriser le 0-stacking. La délocalisation du nuage électronique qui en résulte peut avoir pour
effet de décaler le spectre d’absorption vers le rouge. Ainsi, les solutions visant à améliorer le
transport de charges en favorisant l’organisation des matériaux auront souvent pour
conséquence favorable d’élargir et de décaler vers le rouge, le spectre d’absorption.
Nous allons développer maintenant quelques stratégies « chimiques » visant à
contrôler la morphologie des matériaux ou de la couche active.
Dans le cas des poly(alkyl-thiophène), il a été démontré que la position des chaînes
latérales solubilisantes ont un très fort impact sur les propriétés de transport de charges et
photovoltaïques. On peut prendre pour exemple, le P3HT ou poly(3-hexylthiophène), l’un des
matériaux les plus étudiés en tant que donneur d’électrons et pour lequel des rendements de
plus de 5 % 30 ont été obtenus grâce notamment à une morphologie favorable et une mobilité
de trous suffisamment élevée. Ces performances n’ont pu être atteintes qu’après optimisation
de la masse moléculaire et de la régiorégularité de ce polymère. Cette dernière propriété est
définie par le pourcentage de monomères adoptant une configuration tête à queue plutôt
qu’une configuration tête à tête et queue à queue, limitant les effets d’encombrement stérique
responsable d’une torsion de la chaîne.
22
Chapitre 1 : Contexte général
Ainsi, un P3HT régiorégulier s’organise mieux qu’un polymère aléatoire et forme des
lamelles facilitant le transport interchaîne. L’absorption et la mobilité des trous sont ainsi
améliorées.31 La formation d’une structure vibronique, visible sur le spectre d’absorption sous
la forme d’épaulements, (voir Figure 13a) est une signature du P3HT ordonné qui augmente
avec le taux de régiorégularité.
Figure 13 : Variation des spectres d'absorption (a) et des valeurs de mobilité de trous (e) de P3HT
possédant différents taux de régiorégularité, en noir 95,2 %, en rouge 93 % et en bleu 90,7 %. 31
Figure 14 : Evolution de la mobilité des trous en fonction de la masse moléculaire moyenne en nombre du
P3HT. Les mesures ont été effectuées pour différentes techniques de dépôt (à la tournette SC, par
évaporation de gouttes (DC) et avec différents types de solvants.33
23
Chapitre 1 : Contexte général
D’autres matériaux conjugués ont aussi été développés afin d’obtenir de bonnes
propriétés de transport de charge. On peut citer notamment le cas des cristaux liquides qui
peuvent s’organiser spontanément en structures très ordonnées. Ainsi un film très bien
structuré peut être obtenu lorsque le matériau passe de la phase isotrope à la phase cristal
liquide sous refroidissement très lent. C’est en particulier par l’auto-assemblage de longues
chaînes alkyles que se crée cette mésophase.
Par exemple, le record de mobilité de trous (0,6 cm²V-1s-1), est détenu par un polymère
à caractère cristal-liquide à base de thiéno[3,2-b]thiophène, développé par l’équipe de
McCulloch.34 Un paragraphe dans le chapitre 2 sera plus particulièrement consacré à ces
résultats.
24
Chapitre 1 : Contexte général
Figure 15 : Structure du copolymère à blocs et images TEM des films de copolymères (a, b, c) et du
mélange des deux matériaux (d). Les échantillons sont préférentiellement marqués avec RuO4 de façon à
faire apparaître les domaines du PPerAcr plus foncés.35
†††
ratio en concentration entre le polymère et le PCBM.
25
Chapitre 1 : Contexte général
Une autre approche consiste à utiliser des polymères doubles câbles, caractérisés par
l’accrochage d’unités accepteur de type fullerène, le long du squelette conjugué d’un
polymère donneur d’électrons. Un exemple est donné en Figure 17. Cependant ce type de
copolymères ne s’auto-organisent pas aussi bien que les copolymères à blocs présentés
précédemment.37 De plus la teneur en fullerène est limitée pour des raisons de solubilité.
Récemment, Png et al.39 ont mis au point une technique de réticulation de la couche
active permettant une structuration de type colonnaire ou « poriferous, sponge like » et une
bonne stabilité sans perte de performances photovoltaïques. L’agent de réticulation utilisé est
un dérivé d’un bis(fluorophenyl azide) qui, mélangé à des polymères semi-conducteurs
comme le F8TBT ou le PFB puis exposé à de la lumière UV (254 nm), peut réticuler sans
dégrader les propriétés optoélectroniques du polymère ni engendrer une photo-oxydation de la
matrice hôte. L’efficacité de réticulation est relativement élevée : seulement 1 % d’agent
réticulant suffit pour une épaisseur de polymère de 300 nm.
En utilisant un « phase directing agent » (PDA) sacrificiel, comme un polystyrène de
faible masse moléculaire, ils ont réussi à obtenir une structure interpénétrée très proche de la
structure idéale d’une cellule photovoltaïque organique (Figure 18).
Figure 18: Hétérostructures obtenues par réticulation du matériau donneur A puis introduction du
matériau accepteur B.39
26
Chapitre 1 : Contexte général
Cette technique peut à priori s’appliquer à tout type de matériaux polymères semi-
conducteurs tant que leur bande d’absorption ne correspond pas à la transition électronique de
l’agent de réticulation.
Les traitements post dépôt sous forme de recuit à basse température ou d’exposition à
des vapeurs de solvant modifient la morphologie et peuvent conduire à une amélioration des
performances photovoltaïques. Plus particulièrement dans le cas des mélanges P3HT:C60-
PCBM, il a été montré que ces traitements amélioraient à la fois les propriétés d’absorption du
P3HT40 (Figure 19) et la mobilité de porteurs de charge.
Figure 19 : Spectres d'absorption d'un mélange P3HT:C60-PCBM brut (trait plein) et après des recuits
thermiques successifs de différentes durées (traits en pointillés). 41
Le dépôt à la tournette donne généralement lieu à des mélanges intimes et ne laisse pas
le temps aux molécules de s’organiser. Le post traitement accentue la ségrégation de phases
entre les deux matériaux et améliore de ce fait les propriétés mentionnées ci-dessus.42,43
27
Chapitre 1 : Contexte général
Berson et al.44 ont réussi à obtenir des nanofibres de P3HT en solutions concentrées
(0,5 à 3 %) en utilisant le p-xylène qui possède la capacité de très bien solubiliser le polymère
à température élevée et de former des nanofibres à température ambiante. Ils ont élaboré un
protocole leur permettant d’isoler ces fibres sous forme de film mince, de les déposer et de les
mélanger au C60-PCBM. Cette structuration a permis d’obtenir des valeurs de PCE de 3,6 %
sans recuit thermique alors que les cellules de références sans nanofibres ont donné des PCE
de 0,65 % dans les mêmes conditions de mesures (sans post traitement).
28
Chapitre 1 : Contexte général
Le solvant utilisé peut avoir un impact non négligeable sur les rendements de
conversion. Shaheen et al.47 ont observé l’augmentation de l’efficacité de leurs cellules à base
de MDMO-PPV:C60-PCBM (1:4) en solubilisant le mélange par du chlorobenzène au lieu du
toluène. L’augmentation des performances (de 0,9 % à 2,5 %) a été attribuée à la formation de
domaines plus petits au sein du film.
Dans le cas des co-solvants, les études reportées dans la littérature mettent en œuvre
soit un mélange de bon solvant/mauvais solvant, soit un mélange de solvant plus ou moins
sélectifs
Les travaux de Meerholz et al.48, en reprenant le concept des nanofibres de P3HT
décrits ci-dessus, appartiennent à la première catégorie. Les auteurs ont développé une
méthode de mise en œuvre à partir de co-solvant, ne nécessitant plus l’étape de mise en forme
préalable du polymère sous forme de nanofibres. Ils ont montré qu’en ajoutant, du
nitrobenzène (mauvais solvant dipolaire) en petite quantité à la solution de cholorobenzène du
mélange P3HT:C60-PCBM, ils pouvaient contrôler l’agrégation du P3HT. Ils ont par cette
méthode obtenu des rendements proches de 4 % sans recours à une étape de post traitement.
Les travaux de Heeger et al.49,50 font appel au concept de solvant sélectif. Ainsi, les
auteurs ont publié l’utilisation de dérivés de type 1,8-di(R)octane en tant qu’additif ou co-
solvant du chlorobenzène pour améliorer le PCE et la morphologie des mélanges de
PCPDTBT:C60-PCBM et PCPDTBT:C70-PCBM. Grâce à cette approche, le PCE est passé de
2,8 % à 5,5 %. Dans ce cas particulier, le co-solvant a amélioré la morphologie inter-
domaines. Le mécanisme de séparation de phase est montré en Figure 21. Du fait de leur haut
point d’ébullition et donc de leur cinétique d’évaporation lente, ces di-alkanes, qui
solubilisent sélectivement le PCBM, autorisent celui-ci à se réarranger après l’évaporation du
chlorobenzène. Le dérivé du fullerène tend à se ségréger un peu plus, formant des
nanodomaines de tailles adéquates
29
Chapitre 1 : Contexte général
Une dernière approche décrite dans la littérature, consiste à ajouter une troisième
espèce dont le rôle est de compatibiliser le mélange D/A afin de stabiliser la morphologie.
Un exemple récent consiste en l’utilisation de copolymères diblocs amphiphiles
permettant de réduire l’énergie interfaciale entre des composés immiscibles. L’équipe de
Fréchet51 a ainsi développé un copolymère à base de fullerène et de P3HT qui, introduit à 17
% en masse dans le mélange P3HT:C60-PCBM, évite une ségrégation de phase trop
importante même après un recuit thermique prolongé.
Figure 22 : Structure du copolymère diblocs utilisé comme tensioactif et images TEM des films minces de
a) P3HT:C60-PCBM (ratio 1 :1) avant recuit b) après un recuit d’1h à 140°C c) du mélange 1:1 P3HT:C60-
PCBM + 5% wt de copolymère après recuit d’1h à 140°C d) du mélange 1:1 P3HT:C60-PCBM + 17% wt
de copolymère après recuit d’1h à 140°C. Les domaines apparaissant en noir correspondent aux domaines
riches en fullerène. 51
30
Chapitre 1 : Contexte général
ouvert. On peut citer les travaux de Kim et al.54 comme exemple d’une cellule tandem très
performante (6,5 % de rendement de conversion électrique). La combinaison du PCPDTBT et
du P3HT a permis d’élargir le spectre d’absorption à pratiquement tout le spectre du visible,
c'est-à-dire de 400 à 900 nm. Néanmoins, l’optimisation du dispositif est très importante pour
pouvoir tirer tous les bénéfices de ce type de structure. De nombreuses équipes s’y attèlent.
a) b)
Figure 23 :a) Structure générale d’une cellule tandem b) Spectres d'absorption des couches actives
composites et de la bicouche correspondant à la structure tandem de Kim et al. 54
Une autre approche physique pour améliorer les performances des cellules ainsi que
leur durée de vie est d’améliorer les interfaces électrodes/SCO. Ceci peut se faire en
introduisant une couche tampon qui peut être de nature organique ou inorganique.
A titre d’exemple, on peut citer le PEDOT:PSS (poly(3,4-éthylenedioxythiophène)
:poly(styrènesulfonate), qui est un polymère conducteur utilisé comme couche intermédiaire
entre l’anode et la couche active pour augmenter le travail d’extraction électronique de
l’électrode d’ITO. Il diminue également la rugosité de la couche d’ITO et facilite le dépôt de
la couche organique (diminution de la tension superficielle)
Des couches tampons entre la couche active et la cathode ont aussi été développées.
Elles sont souvent de nature inorganique puisque le travail d’extraction des couches
polymériques est souvent inadéquat par rapport à celui du métal utilisé pour la cathode
(aluminium en général). L’oxyde de titane (TiO2) est par exemple utilisé pour améliorer la
durée de vie des cellules en tant que couche barrière à l’oxygène et à l’humidité et pour
empêcher la collecte des trous par la cathode.58
De plus en plus d’équipes utilisent également des couches fluorées (à base de LiF,
fluorure de lithium) au niveau de l’électrode négative. Le rôle de cette couche n’est pas
parfaitement compris. Il semblerait que ce composé diminue les interactions négatives entre
l’aluminium et le PCBM et limite la diffusion de la cathode au sein de la couche active.59
L’épaisseur de la couche de LiF ne doit pas dépasser quelques dizièmes de nanomètres pour
ne pas compromettre la collecte efficace des électrons.
31
Chapitre 1 : Contexte général
5. Conclusions
Dans ce chapitre, nous nous sommes intéressés au contexte scientifique et nous avons
décrit le principe de fonctionnement des dispositifs photovoltaïques organiques. Nous avons
détaillé les facteurs influençant les performances photovoltaïques et les approches utilisées
pour les contrôler. Différents exemples nous ont permis de mettre en valeur les nombreux
paramètres pouvant être modulé au sein d’une cellule organique et les nombreuses possibilités
de développement de la filière.
Dans ce contexte, cette thèse a pour objectif de réaliser des études systématiques de
l’influence de certains paramètres structuraux du matériau sur les propriétés optoélectroniques
et photovoltaïques. Nous nous sommes plus particulièrement intéressés à l’ingénierie
macromoléculaire du polymère donneur d’électrons au vu d’une amélioration des ses
propriétés optiques. Nous nous sommes donnés pour objectif d’élargir le spectre d’absorption
tout en garantissant un transport de charges suffisant et une tension de circuit ouvert élevée.
Dans le chapitre suivant, nous allons décrire en détail les différentes approches moléculaires
ayant particulièrement inspiré nos travaux.
32
Chapitre 1 : Contexte général
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36
Chapitre 2
Chapitre 2 : Ingénierie macromoléculaire du polymère donneur d’électrons
Introduction…………………………………………………………………………………39
5. Références Bibliographiques…………………………………………………………52
38
Chapitre 2 : Ingénierie macromoléculaire du polymère donneur d’électrons
Introduction
Parmi les verrous décrits dans le chapitre 1, nous avons souligné qu’un matériau à
largeur de bande interdite de l’ordre de 2 eV ne pouvait interagir qu’avec une vingtaine de
pourcent du flux de photons solaire incidents. Diminuer cette largeur de bande interdite,
devrait permettre un meilleur recouvrement spectral et induire une augmentation du
photocourant. Il faut noter néanmoins qu’une largeur de bande interdite trop faible conduirait
à des positions de HOMO et LUMO défavorables pour le bon fonctionnement de la cellule.
L’influence de ces niveaux énergétiques sur les performances photovoltaïques est relié à
plusieurs phénomènes1,2:
- Pour assurer la stabilité du polymère à l’air, l’énergie du niveau HOMO devrait être
en dessous du potentiel d’oxydation de l’air (estimée à -5,27 eV). En outre, une HOMO plus
basse pourrait conduire à une Voc plus élevée.
- La LUMO du polymère devrait être positionnée à 0,2-0,3 eV au dessus de la LUMO
de l’accepteur pour assurer un bon transfert d’électrons du donneur vers l’accepteur. Ainsi
dans le cas d’un mélange avec le C60-PCBM (LUMO = -4,2 eV) la position idéale de la
LUMO du donneur devrait être comprise entre -3,7 et -4,0 eV.
Il est relativement bien établi que, pour atteindre de bonnes efficacités de conversion,
le polymère devrait posséder une mobilité des trous de l’ordre de 10-3 cm²V-1s-1. Pour des
valeurs plus faibles, la recombinaison des porteurs risque en effet de l’emporter sur la collecte
des charges. Il est par ailleurs important que les mobilités des trous et des électrons soient du
même ordre de grandeur pour éviter l’apparition de charges d’espace.3
39
Chapitre 2 : Ingénierie macromoléculaire du polymère donneur d’électrons
2.2.1 Principe
Nous allons prendre comme exemple le cas des polythiophènes. La cause principale de
la valeur relativement élevée de l’énergie de bande interdite (2 eV) de ces polymères est due à
la faible contribution de la forme quinoïdale énergétiquement défavorable (moins stable).
Ceci a pour effet de diminuer le caractère « double liaison » de la liaison simple située entre
deux unités thiophène et d’augmenter l’alternance de longueur de liaison. En revanche, dans
le cas du poly(isothianaphthène) représenté Figure 1, la forme quinoïdale de l’unité thiophène
est énergétiquement plus stabilisée grâce à un gain d’aromaticité dans le cycle benzénique.
Ceci va induire une réduction de E r et de la largeur de la bande interdite de près de 1 eV.4
40
Chapitre 2 : Ingénierie macromoléculaire du polymère donneur d’électrons
D’autres chercheurs ont utilisé ces mêmes unités conjuguées au sein de polymères
donneurs. Ainsi Yu et al. ont donné ses lettres de noblesse au thiéno[3,4-b]thiophène en
établissant une série de records d’efficacité photovoltaïque à l’aide de copolymères basés sur
ce motif. Néanmoins, comme nous allons le voir dans le paragraphe suivant il leur a fallu
beaucoup de temps et de travail avant d’optimiser leurs matériaux.
41
Chapitre 2 : Ingénierie macromoléculaire du polymère donneur d’électrons
PTT, d’énergie de bande interdite de 1,3 eV possède une HOMO relativement élevée (-4,76
eV) et une très faible mobilité de trou (10-6 cm²V-1s-1) conduisant à de faibles performances
photovoltaïques (PCE = 1 %).8
Pour remédier à ce problème, les auteurs ont remplacé le thiophène, présent dans le
PTT, par un benzodithiophène, beaucoup plus planaire, pour apporter de la rigidité au
matériau et faciliter les interactions interchaînes (Figure 3) . Ce motif avait en effet fait ses
preuves, pour les raisons citées précédemment, au sein de copolymères développés pour des
transistors à effet de champ.9 Ce nouveau copolymère, nommé PTB1, possède toujours un gap
relativement faible (1,6 eV), mais cette fois-ci le niveau HOMO est plus adéquat (-4,9 eV). La
planarisation a permis par ailleurs d’augmenter la mobilité de trous de plus de deux ordres de
grandeurs (4,5x10-4 cm²V-1s-1), grâce à une meilleure délocalisation des électrons. Ces
améliorations ont engendré de bonnes performances photovoltaïques avec un rendement de
4,76 % dans le cas d’un mélange PTB1:C60-PCBM (ratio 1:1).10
Suite à ces résultats très encourageants, les auteurs ont étudié le rôle de la nature des
chaînes latérales sur les niveaux énergétiques et la morphologie en conservant le squelette du
PTB1. Les auteurs ont motivé leurs choix en estimant que les chaînes dodécyles du
thiéno[3,4-b]thiophene pouvaient diminuer la miscibilité du polymère avec le C60-PCBM et
affecter négativement la morphologie du mélange. Par ailleurs, l’introduction d’un
groupement fluor (électronégatif) sur l’unité conjuguée devrait leur permettre d’abaisser le
niveau HOMO du polymère.
Ils ont ainsi conçu et synthétisé cinq nouveaux matériaux en modifiant les chaînes
latérales R1 et R2, comme indiqué sur la Figure 3. Les résultats photovoltaïques ont mis en
évidence que les mécanismes n’étaient pas si simples à contrôler et que les relations
structure–propriétés étaient relativement complexes. En remplaçant les chaînes dodécyles du
PTB1 par des chaînes éthylhexyles (PTB2) plus courtes mais plus encombrées, la miscibilité
du polymère donneur et du C60-PCBM a effectivement été améliorée et a permis de former
des domaines plus petits. Ceci a eu pour effet favorable d’améliorer l’efficacité de la cellule
(PCE = 5,10 %). En branchant des chaînes encore plus encombrées (cas de PTB5 ou PTB6),
l’organisation du polymère ainsi que la miscibilité entre les polymères et le C60-PCBM ont
diminué, réduisant respectivement la mobilité (2,6 – 4,0x10-4 cm²V-1s-1) et l’efficacité des
cellules (PCE = 2,26 - 3,02 %). L’effet de l’atome de fluor sur la diminution de la HOMO,
quant à lui, a été confirmé et a permis aux auteurs d’atteindre une Voc de 0,76 V pour le
PTB4, contre 0,68 V pour le copolymère homologue sans fluor (PTB5). Les fortes
interactions entre les atomes de fluor de molécules voisines de PTB4 ont aussi favorisé les
interactions de !-stacking et donc le transport interchaînes, améliorant ainsi la valeur de
mobilité (7,7x10-4 cm²V-1s-1). Malgré ces deux paramètres favorables (bonnes Voc et
mobilité), la morphologie du mélange obtenu avec le C60-PCBM (larges domaines) a limité le
PCE (3,10 %). Dans l’objectif d’améliorer la morphologie du mélange, les auteurs ont
introduit un co-solvant (diiodoctane), leur permettant d’atteindre 6 % de rendement avec le
mélange PTB4:C60-PCBM.11
L’optimisation du matériau ne s’est pas arrêtée là et a conduit les auteurs à synthétiser
le PBDTTT-CF, en conservant le concept de l’atome de fluor. Ils ont cette fois ci remplacé le
groupement ester par un groupement cétone de façon à baisser encore la HOMO. Avec une
HOMO à -5,22 eV, une bonne mobilité à 7,0x10-4 cm²V-1s-1, ils ont atteint les 7,7 % de
rendement en mélange avec le C70-PCBM.12 Dans la continuité de ces travaux, les 8 % de
PCE ont été dépassé en août dernier, mais nous ne connaissons pas encore la nature des
matériaux utilisés.
42
Chapitre 2 : Ingénierie macromoléculaire du polymère donneur d’électrons
Ces travaux ont été réalisé en étroite collaboration avec Solarmer Energy et se sont
écoulés sur plus de 3 années avec l’aide d’un grand nombre de collaborateurs, sans compter
qu’une série de matériaux intermédiaires à la série des PTB et des PBDTTT a aussi été
synthétisée et étudiée au sein de cellules solaires. Ces travaux sont un très bon exemple de
l’effort à fournir pour obtenir des polymères efficaces et mettent en valeur l’importance de
l’ingénierie macromoléculaire.
La seule valeur d’énergie de bande interdite ne suffit pas à justifier l’intérêt d’un
matériau pour le photovoltaïque organique. A travers cet exemple, nous avons vu que les
auteurs cherchaient particulièrement à diminuer la HOMO du matériau et à obtenir des
mobilités de trous suffisamment élevées, les matériaux à plus faible Eg étant les moins
prometteurs.
Parallèlement à cette approche, la voie « push pull » s’est fortement développée et a
permis à une autre équipe de se distinguer. Nous allons maintenant décrire son principe et
étudier quelques exemples.
2.3.1 Principe
Dans cette approche, pour diminuer l’alternance des longueurs de liaison, des unités
riche en électrons (ou donneur d) sont alternées avec des unités pauvres en électrons (ou
accepteur a) donnant lieu à des copolymères de type donneur-accepteur. Pour ces polymères,
deux structures de résonance peuvent co-exister sous la forme (d-a) ou (d+=a-) et renforcent
ainsi la forme quinoïdale, engendrant une diminution de Eg.13 Pour renforcer encore cette
diminution, on peut augmenter le caractère donneur ou accepteur des différentes unités.
Cette stratégie a été introduite en premier lieu au sein de polysquaraine.14 En
condensant cette unité avec des molécules à caractère donneur, Brocks et al. ont démontré par
des modèles théoriques, l’hybridation des niveaux énergétiques du donneur et de l’accepteur.
Plus particulièrement, le niveau HOMO du donneur, et le niveau LUMO de l’accepteur, s’ils
sont assez proches l’un de l’autres peuvent conduire à un monomère (d-a) dont les HOMO et
LUMO sont particulièrement rapprochés (Figure 4). Avec l’extension de la chaîne du
monomère au polymère, d’autres hybridations ont lieu et conduisent à un polymère à faible
largeur de bande interdite.
43
Chapitre 2 : Ingénierie macromoléculaire du polymère donneur d’électrons
Energie
LUMO
LUMO
HOMO
HOMO
D D-A A
Figure 4: Hybridation des niveaux énergétiques du motif donneur et du motif accepteur conduisant à un
monomère (d-a) de faible largeur de bande interdite.
De nombreuses équipes travaillent sur les copolymères alternés (d-a), mais peu d’entre
elles ont réalisé une étude complète de l’influence des paramètres structuraux sur les
propriétés opto-électroniques. Nous allons décrire les travaux récents des équipes d’Olle
Inganäs et de Mario Leclerc qui sont les plus complets dans le domaine. Les matériaux
développés ont pour point commun de contenir systématiquement la même unité donneur
d’électrons, le fluorène (Inganäs) ou le carbazole (Leclerc).
Le motif fluorène a d’abord été utilisé pour élaborer des diodes électroluminescentes
organiques. Il a en effet l’avantage de posséder une bonne mobilité de porteurs de charge. La
fonctionnalisation de l’unité centrale par des chaînes alkyles le rend plus facile à mettre en
oeuvre. En revanche, son absorption est limitée. Les chimistes ont donc eu l’idée de l’utiliser
au sein de copolymère alternés (d-a) pour obtenir des matériaux à plus faible largeur de bande
interdite mais possédant les bonnes propriétés du fluorène. Inganas et Andersson ont
beaucoup travaillé sur l’étude de ces copolymères (d-a) en développant toute une famille
nommée APFO. Plus d’une quinzaine de matériaux ont à ce jour été synthétisés et étudiés.
Certains d’entre eux sont représentés Figure 5.
Les auteurs ont d’abord associé le fluorène à un comonomère (d-a) de 2,1,3-
benzothiadiazole (pauvre en électrons et donc à caractère accepteur) entouré par deux unités
thiophènes (riches en électrons). L’utilisation de motifs (d-a) au sein du polymère à base de
fluorène, a permis d’élargir l’absorption (jusqu’à 650 nm) sans trop déstabiliser la HOMO
(Voc "1 V). Ils ont ensuite étudié l’impact des chaînes alkyles greffées sur le fluorène sur les
propriétés optoélectroniques.15,16 Ils s’attendaient en particulier à observer un changement
dans l’arrangement des macromolécules, pouvant ainsi modifier les propriétés de transport de
charges. Aucune modification des propriétés optiques des matériaux n’a été observée. En
revanche, le copolymère APFO3 (Figure 5) a donné les meilleures performances
photovoltaïques grâce notamment à un facteur de forme élevé, engendré par une morphologie
plus favorable. L’équipe a ensuite renforcé le caractère accepteur du comonomère, tout en
maintenant la planarité, en remplaçant le 2,1,3-benzothiadiazole par le thiazoloquinoxaline.
Le polymère APFO-green1 ainsi obtenu possède une largeur de bande interdite très faible (Eg
44
Chapitre 2 : Ingénierie macromoléculaire du polymère donneur d’électrons
=1,3 eV) et une mobilité bien améliorée (3x10-3 cm²V-1s-1).17 En revanche, cette diminution de
Eg est due principalement à la diminution de la LUMO (-4,0 eV) rendant improbable le
transfert d’électrons du polymère donneur vers le C60-PCBM accepteur. L’équipe a dû utiliser
un dérivé du fullerène à plus forte affinité électronique, le BTPF60, pour tester le copolymère
donneur au sein de couches actives.18 Mais il s’est avéré que ce mélange n’était pas très
performant notamment à cause d’un rendement quantique externe (EQE) très limité entre 500
et 600 nm.
45
Chapitre 2 : Ingénierie macromoléculaire du polymère donneur d’électrons
Il s’est cependant avéré expérimentalement que ces matériaux donnent les moins bons
résultats. En effet, la nature du motif accepteur ne modifie pas seulement les niveaux
énergétiques mais aussi l’organisation des molécules à l’état solide et par conséquent les
46
Chapitre 2 : Ingénierie macromoléculaire du polymère donneur d’électrons
propriétés de transport de charges. La dissymétrie des motifs à base de pyridine peut en effet
être à l’origine d’un assemblage moins favorable des molécules à l’état solide pouvant limiter
la mobilité de trous. Les auteurs ont aussi attribué ces mauvaises performances à des
problèmes de solubilité qui ont limité la masse moléculaire des polymères par précipitation
lors de la polymérisation et induit une morphologie défavorable. La non-adéquation entre
résultats expérimentaux et calculs théoriques peut aussi s’expliquer par le fait que le
« modèle » de Scharber ne prend pas en compte certains paramètres essentiels, tels que la
qualité des films, la morphologie...
Figure 7 : Structures chimiques des 6 copolymères à base de carbazole et positions de leurs niveaux
énergétiques déterminées expérientalement ou par les calculs théoriques. 22
De cette étude, un seul matériau, le PCDTBT, ne possédant pas forcément des niveaux
énergétiques les plus adéquats, mais présentant une meilleure morphologie et une meilleure
mobilité, est sorti du lot. Un rendement électrique de 3,6 % a pu être atteint en mélange avec
le C60-PCBM (ratio 1:4).
Ce matériau est encore largement utilisé à ce jour et a permis, après optimisation de
l’épaisseur de la couche active, du ratio, de la morphologie, de l’absorption (C70-PCBM) et du
dispositif (introduction de couches intermédiaires : espaceur optique et bloqueur de trous)
d’atteindre successivement 4,6 % 23 et 6,1 % 24 de rendement photovoltaïque.
47
Chapitre 2 : Ingénierie macromoléculaire du polymère donneur d’électrons
Parmi les premiers matériaux utilisés pour la filière électronique plastique figurent les
dérivés de phénylène, cycle aromatique très conjugué facilement fonctionnalisable. Les
travaux sur le poly(p-phénylène) PPP ont montré que le greffage des chaînes alkyles
(nécessaire pour la mise en œuvre du matériau) sur le groupement phényle pouvait engendrer
une torsion de la chaîne diminuant la conjugaison. L’introduction d’un pont carboné entre les
deux phényles a permis de planariser la structure.25
C’est ainsi que les matériaux de type « échelle » ont été développés. Du fait de leur
géométrie bidimensionnelle plane et sans déformation structurale, ces matériaux ont
l’avantage de bien s’organiser et de posséder un fort degré de conjugaison qui se traduit par
des mobilités de porteurs de charges élevée. De plus, les propriétés optoélectroniques de ce
type de matériaux peuvent être modulées en jouant sur la nature des groupements latéraux ou
en introduisant des hétéroatomes comme le souffre, le silicium, ou l’azote à la place de
l’atome de carbone faisant le pont.
La Figure 8 présente deux structures de matériaux de type « échelle » : le
poly(indenofluorene)26 et le poly(indolocarbazole)27 qui présentent tous les deux une bonne
mobilité de trous mais une absorption limitée.
48
Chapitre 2 : Ingénierie macromoléculaire du polymère donneur d’électrons
R
R R
N
n n
N
R R
R
Ce paragraphe est dédié aux matériaux dont l’objectif consiste à concilier faible
largeur de bande interdite et bonnes propriétés de transport de charges par combinaison des
deux approches : alternance (d-a) et utilisation de motifs ladder.
Wong et al.28 ont ainsi conçu différents chromophores coplanaires à base d’unités
phényles fusionnées avec des unités thiophènes (Figure 9). La conformation planaire des
molécules a été confirmée par diffraction par rayons X. Au sein d’un polymère donneur ce
motif échelle thiophène-phénylène-thiophène a induit de bonnes propriétés de mobilité de
trous, de l’ordre de 10-3 cm2V-1s-1 ainsi qu’une morphologie favorable au sein de la couche
active donnant lieu à 3,3 % de rendement.29 Afin d’augmenter le photocourant, ce même
motif a été utilisé au sein de copolymère alternés (d-a). Là encore, la mobilité des porteurs de
charges était suffisamment élevée pour conduire à une amélioration des performances (PCE =
4,4 %).30
49
Chapitre 2 : Ingénierie macromoléculaire du polymère donneur d’électrons
S
S
S n
Cette conclusion nous amène finalement vers l’objectif principal de cette thèse. Il
s’agit de concevoir et d’étudier une famille de nouveaux matériaux donneurs d’électrons à
50
Chapitre 2 : Ingénierie macromoléculaire du polymère donneur d’électrons
faible bande interdite pouvant posséder à la fois une HOMO basse (pour une Voc élevée et une
bonne stabilité chimique) et une mobilité de trous suffisamment élevée. Pour étudier les
relations structure–propriétés optoélectroniques de façon méthodique, nous avons choisi de
conserver les mêmes motifs conjugués et de faire varier un paramètre structural à la fois. Les
exemples décrits dans ce chapitre nous ont amené à sélectionner des motifs conjugués. Ainsi
les comonomères à base de thiophène et de 2,1,3-benzothiadiazole semblent présenter de
bonnes propriétés électroniques (donneur-accepteur), être facilement modifiables
chimiquement et sont relativement bien documenté dans la littérature. A noter que plusieurs
études sur des copolymères à base de thiophène et de 2,1,3-benzothiadiazole ont été publiées
très récemment entre autres par Liang et al.32 et Wang et al.33 Nous ferons plus
particulièrement référence à ces travaux dans le chapitre 4, lors de la discussion de nos
résultats.
Sur la base du matériau record de l’équipe de McCulloch, nous avons choisi comme
deuxième monomère, l’unité thiéno[3,2-b]thiophène pour ses bonnes propriétés de transport
de charges et sa capacité à stabiliser la HOMO.
Pour que le polymère soit mis en oeuvre par voie humide, il doit posséder une
solubilité suffisante dans les solvants usuels. Pour cela nous avons introduit des chaînes
alkyles sur les unités conjuguées, principalement sur le thiophène et le thiénothiophène. Nous
proposons dans cette étude de faire varier la longueur, la nature et la position des chaînes
alkyles sur la chaîne principale afin de faire varier la solubilité, la conformation des molécules
et leur assemblage. La longueur de conjugaison de l’unité de répétition sera aussi modulée.
Nous nous intéresserons aussi à la possibilité de diminuer la largeur de bande interdite en
stabilisant la forme quinoïdale du thiénothiophène, et à l’amélioration du transport de charge
en rendant la molécule complètement plane sur la base des matériaux de type échelle.
Ces paramètres auront bien entendu des influences directes sur l’évolution du spectre
d’absorption, des niveaux énergétiques, de la morphologie et donc sur le transport de charges
et les propriétés photovoltaïques. Nous essayerons de caractériser tous ces matériaux le plus
méthodiquement possible afin d’en tirer des relations structure- propriétés exploitables
51
Chapitre 2 : Ingénierie macromoléculaire du polymère donneur d’électrons
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Photovoltaic Properties of Novel Semiconducting Polymers with Thiophene Phenylene Thiophene (TPT) as
Coplanar Units, Macromolecules, 2008, 41, 5519-5526.
30
C.-P. Chen, S.-H. Chan, T.-C. Chao, C. Ting, and B.-T. Ko, Low-Bandgap Poly(Thiophene-Phenylene-
Thiophene) Derivatives with Broaden Absorption Spectra for Use in High-Performance Bulk-Heterojunction
Polymer Solar Cells, J. Am. Chem. Soc., 2008, 130 ,12828-12833.
31
I. McCulloch, M. Heeney, C. Bailey, K. Genevicius, I. MacDonald, M. Shkunov, D. Sparrowe, S. Tierney, R.
Wagner, W. Zhang, M. L. Chabinyc, R. J. Kline, M. D. McGehee and M. F. Toney, Liquid-crystalline
semiconducting polymers with high charge-carrier mobility, Nat. Mater., 2006, 5, 328-333.
32
F. Liang, J. Lu, J. Ding, R. Movileanu and Y. Tao, Design and Synthesis of Alternating Regioregular
Oligothiophenes/Benzothiadiazole Copolymers for Organic Solar Cells, Macromolecules, 2009, 6107-6114.
33
W. Yue, Y. Zhao, H. Tian, D. Song, Z. Xie, D. Yan, Y. Geng and F. Wang, Poly(oligothiophene-alt-
benzothiadiazole)s: Tuning the Structures of Oligothiophene Units toward High-Mobility “Black” Conjugated
Polymers, Macromolecules, 2009, 42, 6510-6518.
53
Chapitre 3
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
Introduction…………………………………………………………………………………56
3.1 Oligomères………………………………………………………………………..79
3.2 Copolymères alternés donneur - accepteur (d-a) …………………………………80
3.2.1 Couplage de Suzuki vs Stille……………………………………………80
3.2.2 Conditions de polymérisation et obtention des matériaux……………...82
a. Protocole général de synthèse……………………………………...82
b. Conditions des polymérisations…………………………………….82
3.3 Caractérisations chimiques ……………………………………………………….86
3.3.1 Les oligomères…………………………………………………………..86
3.3.2 Les polymères…………………………………………………………...86
4. Conclusions……………………………………………………………………………...88
5. Références bibliographiques.…………………………………………………………90
55
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
Introduction
Ce chapitre sera consacré à la conception, à la synthèse et à la caractérisation chimique
des différents matériaux. Dans une première partie, nous allons décrire la stratégie de synthèse
mise en place pour atteindre les objectifs définis précédemment. Les différentes variables
structurales et leurs effets attendus vont être brièvement présentés. Par la suite, nous allons
décrire succinctement les outils chimiques à notre disposition et discuter de leurs utilisations
dans la synthèse des différentes briques élémentaires et des matériaux finaux. Finalement
nous décrirons la synthèse des matériaux, polymères et oligomères ainsi que leurs
caractérisations chimiques comme la détermination des masses moléculaires, des
températures de dégradation ou de transitions de phases.
Nous avons identifié dans le chapitre précédant les trois unités conjuguées qui seront à
la base de tous nos matériaux, à savoir le thiophène, le thiéno[3,2-b]thiophène et le 2,1,3-
benzothiadiazole. Il est question ici de réfléchir à leur association au sein des unités
monomères et des polymères, ainsi qu’aux paramètres structuraux que l’on souhaite faire
varier afin de définir une stratégie de synthèse. L’approche choisie lors de cette étude consiste
à ne modifier qu’un seul paramètre structural à la fois dans l’objectif de pouvoir facilement
comparer les matériaux les uns aux autres et de tirer un maximum d’information des effets
observés.
En s’appuyant sur les travaux décrits dans la littérature, nous avons sélectionné deux
motifs de répétition. Le premier consiste en l’unité thiophène-benzothiadiazole-thiophène, à la
base de matériaux très performants étudiés ces dernières années.1 Nous l’appellerons de façon
générique, trimère TBT :
56
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
Les polymères conçus doivent posséder une solubilité suffisante dans les solvants
organiques pour être facilement mis en œuvre par voie humide. Ainsi introduire des chaînes
alkyles de façon covalente le long de la chaîne principale est inévitable dans le cas de
polymères conjugués.
Plus les chaînes seront longues et nombreuses, plus le polymère aura des chances
d’être soluble. Mais l’on sait également que ces chaînes latérales vont avoir un impact
important sur l’organisation des chaînes polymères à l’état solide. Elles peuvent, en effet
imposer des contraintes stériques entre unités aromatiques, menant à une certaine torsion de la
chaîne macromoléculaire, mais aussi entre chaînes polymères, diminuant du même coup
l’efficacité du "-stacking. Ainsi, il est reconnu que si des chaînes ramifiées améliorent la
solubilité des polymères du fait de leur encombrement stérique, elles risquent dans le même
57
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
temps de diminuer la capacité d’assemblage des chaînes à l’état solide. Il est donc nécessaire
de trouver le bon compromis entre solubilité et organisation à l’état solide.
Ainsi, afin d’évaluer la longueur des chaînes sur la conformation des molécules et
leurs propriétés, nous allons greffer des chaînes linéaires de longueur variables,
respectivement dodécyle (C12) et octyle (C8), en espérant que ces dernières apportent
suffisamment de solubilité. Nous introduirons également des chaînes ramifiées en C8 (2-
éthylhexyle), plus courtes, mais plus solubilisantes.
Les chaînes alkyles peuvent être facilement greffées sur les unités thiophènes
entourant le motif 2,1,3-benzothiadiazole central. Les unités TBT correspondantes seront
donc couplées au thiéno[3,2-b]thiophène pour donner la nouvelle famille de polymère
nommée PTBzT²-R pour poly (P) trimère de benzothiadiazole (TBz)-alt-thiéno[3,2-
b]thiophène (T²). R dépendra de la nature et de la position de la chaîne alkyle greffée sur le
trimère, à savoir C12 et C8 respectivement pour des chaînes linéaires dodécyle ou octyle. EH
et OEH seront utilisés pour les chaînes ramifiées 2-éthylhexyle et 2-éthylhexyloxy (Figure 5).
58
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
Nous allons jouer sur trois paramètres pour induire de la planéité au sein de nos
molécules.
Dans un premier temps, nous allons déplacer les groupements latéraux, de la position
alpha ( ) à la position beta (!) sur les thiophènes, de façon à diminuer la gêne stérique autour
du benzothiadiazole (Figure 7). De la même manière, nous essayerons de transférer ces
chaînes sur le thiéno[3,2-b]thiophène, pour éliminer totalement cette gêne stérique. Ceci
devrait avoir pour conséquence de diminuer l’angle de torsion entre les unités thiophènes et
benzothiadiazole et donc rendre plus ou moins plan ce motif. Les indices ou ! seront
rajoutés aux noms des polymères selon la nomenclature précédemment décrite pour indiquer
la position des chaînes alkyles sur le trimère thiophène-benzothiadiazole-thiophène (TBT).
Dans un deuxième temps, nous évaluerons l’effet de la nature de la chaîne latérale sur
la planarisation. En particulier, l’introduction d’une fonction alkoxy au sein des chaînes
latérales en position ! de l’unité TBT, possédant un fort caractère donneur mésomère, devrait
modifier l’interaction entre les unités riches en électrons et les unités pauvres en électrons au
sein de la chaîne polymère. Par ailleurs, ces chaînes alkoxy devraient rendre plan les
molécules. Différentes hypothèses sont discutées dans la bibliographie concernant cet effet
stérique :
- certains parlent simplement de diminution de l’encombrement stérique due au plus
faible rayon de Van der Waals de l’oxygène en comparaison du groupement méthylène,3
- d’autres auteurs mentionnent la présence d’interactions non liantes soufre-oxygène
(S-O) comme montrées sur la Figure 8. 4
Nous développerons ces différents effets dans le chapitre 4.
La dernière voie mise en œuvre pour induire de la planéité sera liée à l’introduction de
ponts covalents azotés (indolocarbazole) entre l’unité thiophène et l’unité benzothiadiazole de
façon à obtenir un matériau de type échelle ou ladder (Figure 9).
59
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
Sur la base des travaux de Yu et de Yang5 (cf chapitre 2), nous nous sommes penchés
sur l’idée de favoriser la forme quinoïdale de nos matériaux, en remplaçant le thiéno[3,2-
b]thiophène par un thiéno[3,4-b]thiophène. Leurs travaux montrent qu’il est également
possible de moduler les niveaux énergétiques en utilisant des fonctions éther ou ester sur la
chaîne R2, ou éventuellement, en ajoutant un atome de fluor sur le cycle aromatique.
Afin que notre étude soit la plus complète possible, nous souhaitons connaître le rôle
de chacun des paramètres structuraux y compris celui du thiéno[3,2-b]thiophène. C’est
pourquoi nous avons conçu à partir d’un même trimère TBT, deux autres matériaux. Nous
pourrons ainsi comparer l’influence du thiéno[3,2-b]thiophène par rapport à un simple
thiophène ou à un 2,2’-bithiophène sur les propriétés optoélectroniques du matériau.
Figure 11: Effet de la longueur de conjugaison et de la délocalisation au sein d’une unité thiophène
fusionnée.
60
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
La construction des briques élémentaires, puis par la suite des polymères, se fait
essentiellement par la formation de simples liaisons carbone-carbone entre les cycles
aromatiques. Bien qu’il existe des méthodes électrochimiques ou des réactions de type
oxydante, l’approche principale repose sur des réactions de couplages croisés
organométalliques catalysés par des métaux de transition. Les métaux de transition les plus
souvent utilisés sont des complexes de nickel ou de palladium. Les composés
organométalliques nucléophiles peuvent être des dérivés de Grignard (couplage de Kumada)6,
des stannanes (couplage de Stille)7, des esters ou acides boroniques (couplage de Suzuki)8. Ils
sont les plus couramment utilisés pour polymériser des unités aromatiques entre elles. En effet
ces couplages sont très flexibles, compatibles avec un grand nombre de fonctions organiques,
très doux et plutôt performants. Ces réactions ont, par ailleurs, été largement étudiées et
utilisées pour les matériaux conjugués. Ainsi, il est facile de trouver dans la littérature, les
conditions optimisées des réactions par rapport à la nature du catalyseur, du ligand ou encore
du solvant pour un type de monomère donné.
a. Couplage de Suzuki
61
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
Dans le cas particulier du couplage de Suzuki, une base est nécessaire au bon
fonctionnement du cycle catalytique, puisque les organoboranes ne sont pas assez
nucléophiles pour être transféré par transmétallation. L’addition de cette base va générer une
charge - par formation d’un At complexe de bore, rendant ce composé suffisamment
nucléophile. Le cycle catalytique standard le plus souvent décrit dans la littérature est le
suivant9, même s’il existe quelques controverses à ce sujet.
62
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
+ phase aqueuse) bien que certaines conditions (catalyseur, base) ont été explorées afin de
réaliser ces réactions dans l’eau uniquement.
Ces réactions fonctionnent relativement bien à partir de dérivés benzéniques en
revanche dans le cas des polymérisations de dérivés du thiophène, les rendements de
conversion ainsi que les masses moléculaires sont en général limités. Ce point particulier sera
discuté au paragraphe 3.2.1.
b. Couplage de Stille
La réaction mise en jeu dans la réaction de Stille est la suivante, elle fait réagir un
dérivé halogéné avec un dérivé organostannane :
L L
R2 Pd R1 R2 Pd X
L L
XSnR'3 R1SnR'3
Transmetallation
Figure 16: Cycle catalytique général des réactions de couplage de Stille.
Les catalyseurs les plus utilisés sont, comme dans le cas du couplage de Suzuki soit
des dérivés de Pd(II) (Pd(OAc)2, par exemple) soit de Pd(0) tels que Pd2(dba)3 ou Pd(PPh3)4.
63
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
Le choix des voies de synthèses a été guidé par différents objectifs : elles doivent être
les plus faciles possibles à réaliser, en un nombre limité d’étapes avec des rendements
suffisamment élevés pour avoir assez de quantité de monomères avant l’étape de
polymérisation. Il est également important qu’un synthon puisse être à l’origine de plusieurs
briques élémentaires. Finalement, la pureté des monomères étant absolument cruciale pour le
bon fonctionnement de l’étape de polycondensation (respect de la stœchiométrie), il faut
s’assurer qu’à cette étape les monomères soient aisément purifiables.
Concernant les fonctions stannanes, nous avons préféré faire réagir le chlorure de
triméthylétain (ClMe3Sn) à la place du chlorure de tributylétain, malgré sa toxicité plus
importante. Les dérivés triméthylétain sont d’une part beaucoup plus réactifs mais aussi plus
cristallins que les dérivés tributyle. En outre, les sous-produits de réaction, souvent solubles
dans l’eau, sont plus facilement éliminés par simple extraction liquide.
Ce sont ces différentes idées qui nous ont poussées à définir la stratégie de synthèse
mise en place dans la suite de ce chapitre.
Nous avons donc dans ce premier paragraphe déterminé les différents matériaux que
nous voulions obtenir. Nous avons vu aussi qu’il serait préférable de synthétiser les trimères
TBT et pentamères TTBTT d’une part et le dérivé du thiénothiophène d’autre part.
Dans la suite de chapitre, nous allons décrire et discuter des conditions générales de
synthèse. Les conditions précises des réactions et modes opératoires seront décrits dans la
partie expérimentale disponible à la fin de ce chapitre.
64
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
Pour apporter de la solubilité aux monomères, il faut dans un premier temps préparer
le 3-alkylthiophène. Cette étape consiste à greffer une chaîne alkyle sur un 3-bromothiophène
par un couplage de Kumada. On synthétise en premier lieu le dérivé grignard du bromo-
alcane puis le transférons par canule dans la solution de 3-bromothiophène en présence de
catalyseur au nickel. Cette réaction a été réalisée avec différentes chaînes alkyles, comme
présentée sur la Figure 17, et fonctionne particulièrement bien (environ 90 % de rendement).
Les produits finaux sont obtenus après distillation sous vide.
S S
(1a) R=C12H25
RMgBr, THF
(1b) R=C8H17
Ni(dppp)Cl2 (1c) R=C6H13
(1d) R=2-éthylhexyle
Br
(1)
R
Les différents trimères TBT vont être synthétisés par couplage de Stille. Il nous faut
donc synthétiser les dérivés 2-(triméthylstannyl)-3-alkylthiophène et 2-(triméthylstannyl)-4-
alkylthiophène, afin d’obtenir respectivement les dérivés ! et " (suivant la position des
chaînes latérales) des unités TBT. C’est par une fonctionnalisation préférentielle de
l’akylthiophène en position 2 ou 5 que nous allons pouvoir introduire respectivement les
chaînes alkyles soit en position !, soit en position ".
65
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
66
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
67
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
Figure 21: Synthèses des trimères et pentamères avec les chaînes alkyles en position !.
2.1.3 Synthèses des trimères et pentamères avec les chaînes en position "
De la même manière que précédemment, nous avons synthétisé des trimères TBT et
des pentamères TTBTT avec les chaînes orientées en position ", soit à l’opposé du motif
benzothiadiazole. Il s’est avéré que la première étape de couplage de Stille, donnant accès aux
composés 9a et 9b, a été réalisée cette fois-ci avec de très bons rendements (près de 90 %)
puisque la gêne stérique est largement moindre dans ce cas. La dibromation s’est ensuite faite
par addition de deux équivalents de NBS dans le diméthylformamide (DMF). Le pentamère a
été obtenu cette fois ci par couplage de Stille, plus facile à mettre en œuvre que la Kumada
dans ce cas. En effet, il est plus difficile d’obtenir le réactif de Grignard du 2-bromo-4-
alkylthiophène que du 2-bromo-3-alkylthiophène.
La dibromation des dérivés 11 ont donné accès à deux nouveaux pentamères TTBTT
12a et 12b avec de bons rendements (~ 80 %), portant respectivement des chaînes dodécyles
et 2-éthylhexyles.
En revanche, il est un peu plus difficile de travailler avec les chaînes éthylhexyloxy, à
cause de la fragilité de la fonction éther notamment en milieu acide. Le couplage de Stille,
menant au composé 9c, a fonctionné à seulement 30 % de rendement et l’étape de
dihalogénation a du être réalisée dans le chloroforme pur en faisant réagir le N-
iodosuccinimide (NIS). Le produit ainsi formé 10c a été mis sur colonne chromatographique
traitée à la triéthylamine sans étape de lavage intermédiaire afin d’éviter la formation d’acide
iodique pouvant réagir avec la fonction éther.
68
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
Figure 22 : Synthèses des trimères et pentamères de benzothiadiazole avec les chaînes alkyles en position
".
Nous avons présenté dans ce paragraphe les différents trimères et pentamères que nous
allons utilisés par la suite. Ils nous permettront de comparer l’effet de la position et de la
nature des chaînes sur les propriétés des matériaux.
Afin de supprimer définitivement toute torsion entre les unités thiophènes et le motif
benzothiadiazole central, nous avons eu l’idée de concevoir un motif de type échelle ou
ladder, complètement plan. Ce dernier, afin d’être comparable aux trimères décrits
*
Cf paragraphe 2.3.2
69
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
La réaction clé des dérivés indolocarbazoles réside souvent dans la fermeture de cycle.
Celle-ci peu se faire soit par réaction d’Ullmann, soit par réaction de Cadogan. C’est cette
dernière plus simple à mettre en œuvre que nous avons retenu. Elle met en jeu une étape de
cyclisation réductive de groupements nitro par l’intermédiaire de la triéthylphosphite
(POEt)3.15
Nous avons donc besoin de deux fonctions nitro soit portées par les cycles
aromatiques extérieurs (thiophènes dans notre cas et phényles dans le cas de Balaji et al.), soit
portés par le seul motif benzothiadiazole central. Notre choix s’est porté sur cette dernière
stratégie qui nécessite la fonctionnalisation du 4,7-dibromo-2,1,3-benzothiadiazole par deux
groupements nitro sur les deux dernières positions réactives, 3 et 4, du cycle benzénique. Le
traitement du 4,7-dibromo-2,1,3-benzothiadiazole par un mélange d’acide nitrique fumant et
d’acide sulfurique, nous donne accès au dérivé nitré 15 avec 30 % de rendement. Le trimère
16 est ensuite obtenu comme précédemment par couplage de Stille entre le 2-
(triméthylstannyl)thiophène 3c et le composé 15 avec 55 % de rendement. La réaction de
Cadogan permet de réduire les groupements NO2 par la triéthylphosphite à reflux. Le
composé 17 est obtenu après colonne chromatographique et recristallisation dans l’acétone
sous formes d’aiguilles jaune orangées avec un rendement de 40 %. Afin d’apporter de la
solubilité à ce monomère, nous greffons des chaînes 2-éthylhexyles sur l’azote par réaction de
Vilsmeier-Haak, en présence d’une base forte, le t-butoxyde de potassium.
Afin de pouvoir homopolymériser ou copolymériser ce motif échelle 18, deux
équivalents de NIS sont introduits dans un mélange équimolaire de chloroforme et d’acide
acétique donnant accès au motif ladder thiophène 19 avec un rendement de 80 %.
70
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
Nous allons maintenant, nous intéresser aux comonomères basés sur le motif
thiénothiophène.
Différentes routes ont été reportées dans la littérature en ce qui concerne la synthèse
du thiéno[3,2-b]thiophène. Nous allons décrire ici deux voies que nous avons mis en œuvre, la
voie A16, largement utilisée, par exemple par l’équipe de McCulloch, offrant des rendements
de 60 % sur les quatre étapes de synthèse et pouvant être appliquée à de larges quantités. La
voie B, quant à elle, a été élaborée très récemment par Matzger17 et a pour avantage de se
faire seulement en deux étapes. Le motif thiéno[3,2-b]thiophène étant constitué de deux
thiophènes fusionnés, sa synthèse démarre donc logiquement par la fonctionnalisation d’un
thiophène de façon à pouvoir réaliser une fermeture de cycle. Regardons d’un peu plus près
les étapes mises en jeu.
Dans la Voie A, le 3-bromothiophène est lithié en position 2 par le LDA. L’anion est
ensuite quenché avec du diméthylformamide ou de la N-formylpipéridine afin de former
l’aldéhyde correspondant 20. Le traitement de ce composé par l’éthyl-2-sulfanylacétate en
milieu basique conduit, par fermeture de cycle, au thiéno[3,2-b]thiophène 21 portant une
fonction ester en position 2, avec un bon rendement de 92 %. La saponification de cet ester
puis la décarboxylation thermique par le cuivre en solution dans la quinoline conduisent au
produit désiré 23. Il faut tout de même noter que cette dernière étape peut être difficile à
contrôler, et qu’il faut faire attention au point d’ébullition du thiéno[3,2-b]thiophène très bas
lors des étapes d’évaporation des solvants et de séchage.
Dans l’objectif d’augmenter le rendement total de la réaction, Matzger et al. ont
proposé une réadaptation de l’approche mise au point par Ghaisas et Tilak.18 Cette méthode
commence par un échange Br-Li du 3-bromothiophène par l’addition de t-BuLi. L’anion est
ensuite quenché avec du 1,2-bis(2,2-diéthoxyéthyle)disulfide conduisant au produit
intermédiaire 24 avec un rendement de 94 %. La fermeture de cycle se fait par la suite à 71 %
71
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
de rendement en exposant ce composé à une résine acide sulfonée aux reflux de l’éther. Cette
voie est très intéressante et permet de travailler à partir de très grosses quantités de matières.
La résine, l’Amberlyst 15, est par ailleurs réutilisable. Nous préférerons donc cette méthode à
la Voie A.
72
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
73
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
Br C6H13 C6H13
S
HOOC LiOH S C6H13 Br C6H13
+ EtOOC
C6H13
THF/MeOH +
S S C6H13
C6H13
O C6H13 S S
(35)
(34) O
Séparation du mélange
S C6H13 C6H13
HOOC S
Cu, quinoline
C6H13 S S
C6H13
(36)
Nous avons ensuite réfléchi aux différentes voies de couplage possible entre ce
thiéno[3,2-b]thiophène et les trimères TBT et pentamères TTBTT précédemment synthétisés.
Il nous a semblé évident, étant donné le comportement de nos matériaux, que greffer ce
comonomère au trimère TBT non substitué ne procurerait pas assez de solubilité (deux
chaînes alkyles en C6 ne suffisant pas). Nous avons donc choisi de greffer de part et d’autre
de ce thiéno[3,2-b]thiophène dialkylé, deux autres thiophènes également alkylés. Nous avons
choisi d’utiliser des chaînes 2-éthylhexyles, courtes mais apportant suffisamment de solubilité
au système. Pour réaliser le couplage entre le thiéno[3,2-b]thiophène dialkylé et les
thiophènes, nous avons d’abord essayé d’obtenir le dérivé organométallique du 3,6-
dihexylthiéno[3,2-b]thiophène, di-ester boronique 37 ou di-stannane 38 (Figure 29). Dans les
deux cas, la réaction consistant en une attaque au n-BuLi puis à la substitution nucléophile
par le réactif organométallique n’a pas été concluante. La raison de cette faible réactivité n’est
pas claire et la littérature ne présente pas de travaux similaires nous permettant d’avancer dans
cette voie. Nous avons pourtant testé différentes conditions de solvant, température et ligand
(TMEDA), pour stabiliser au mieux le dilithien, sans grand succès. Dans la majorité des cas,
nous avons obtenu des mélanges de dérivés non fonctionnalisés et des mono-adduits, avec
quelques pourcent de produit di-adduit désiré. Malgré cela, il nous a été impossible de séparer
le composé distannane des autres sous-produits par recristallisation. De plus, les colonnes
chromatographiques à base de silice traitée à la triéthylamine, se sont avérées très longues et
trop acides pour ne pas désactiver les dérivés boroniques (rupture de la liaison carbone-bore).
Nous avons donc préféré dihalogéner le 3,6-dihexylthiéno[3,2-b]thiophène par
addition de deux équivalents de NBS en milieu chloroforme : acide acétique. Cette réaction a
relativement bien fonctionné (90 %) (composé 39).
74
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
75
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
2e
q.
Ni
(d p
pp
) Cl
2, T
HF
La synthèse de ce motif est calqué sur les travaux de Yu et al., présentés dans le
chapitre 2. Nous avons choisi de garder la fonction ester sur la chaîne latérale comme sur le
motif utilisé au sein du PTB222 afin de valider la voie de synthèse. La fonction carboxylate
étant présente dès la première étape, il faudrait envisager une autre méthode de synthèse du
thiéno[3,4-b]thiophène alkylé pour y introduire une fonction éther par exemple, afin de
moduler les niveaux énergétiques.
Il faut, dans un premier temps, préparer le dérivé sulfoxyde 45 selon la méthode de
Zwanenburg et al.23 Pour cela, le méthyl-2-thiophènecarboxylate (Figure 31) est tout d’abord
chlorométhylé donnant accès au composé 43 avec un bon rendement (93 %). Cette étape est la
plus limitante pour nous du fait du coût élevé du chlorodiméthyléther. Nous n’avons pu lancer
la réaction que sur 2,7 g de méthyl-2-thiophènecarboxylate. La fermeture de cycle se fait
ensuite par réaction du sulfate de sodium dans le méthanol anhydre avec un rendement moyen
de 44 %. L’ester du thiéno[3,4-b]thiophène 44 ainsi obtenu, est ensuite saponifié dans une
solution d’hydroxyde de potassium à reflux puis oxydé par une solution de métapériodate
donnant accès au dérivé sulfoxyde 45 avec un rendement de 74 %. L’acide carboxylique du
thiéno[3,4-b]thiophène est obtenu par réaction de déshydrogénation dans l’acide acétique
anhydre à reflux. De manière à pouvoir le coupler par la suite à d’autres unités conjuguées, le
composé est dibromé par réaction avec deux équivalents de NBS en solution dans le DMF. La
dernière étape consiste en l’estérification du composé 47 par réaction de l’éthylhexanol en
présence de N,N’-di-cyclohexylcarbodiimide (DCC) et de 4-(N,N-diméthylamino)pyridine
(DMAP). Il a été montré que l’estérification d’un composé contenant un cycle aromatique
était plus favorable en présence de DCC utilisé comme agent « activateur » et d’un catalyseur,
le DMAP.24 Malheureusement, seulement 170 mg du composé 48 ont pu être finalement
obtenu, insuffisant pour être remis en réaction par la suite. Le composé 47 et ses dérivés
76
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
ioniques étant particulièrement insolubles, il est fort probable que l’on ait perdu une quantité
importante de ce produit lors des étapes d’extraction et de purification de la réaction de
dibromation. L’estérification a de plus été limitée par la faible solubilité du composé 47 dans
le dichlorométhane, utilisé comme solvant
77
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
S
N N
Br Br
S S
(6a)
C12H25 S C12H25
N N
Br Br S
S S Me3Sn
(6b)
S
C8H17 S C8H17 (25)
N N
C12H25 C12H25
S
Me3Sn
(10a)
Br S S Br SnMe3
S S
N N
HE EH (26)
HE
(10b)
C6H13
Br S S Br S
S Br S S Br
N N
HEO OEH
S
C6H13
(10c)
(41) EH
I S S I
S
N N
S
(HO)2B B(OH)2
(14)
Me3Sn S S SnMe3 (49)
C12H25 C12H25
S
N N S SnMe3
Me3Sn
Br S S Br
S S
(51)
(8a)
C12H25 S C12H25
N N O
C12H25 C12H25
B S O
O B
S
O
S S
Br S S
Br (50)
S
(12a)
N N
C12H25 HE EH C12H25
S
Me3Sn
SnMe3
S
S S
Br S S
Br
S (52)
N N
(12b)
HE EH
S S
I I
N N
EH
(19)
EH
78
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
3.1 Oligomères
Trois oligomères ont ainsi été obtenus avec des rendements raisonnables entre 30 et 45
% suivant les pentamères de départ. Ils sont nommés OPBzT²-C12!, OPBzT²-C12" et
OPBzT²-EH"#pour Oligomère à base de Pentamère de Benzothiadiazole (PBz) –co-
Thiéno[3,2-b]Thiophène (T²) portant respectivement les chaînes alkyles dodécyles (C12) ou
2-éthylhexyles (EH) en position ! ou "$
A l’issu de ces synthèses, on a pu d’ores et déjà entrevoir l’impact de la nature de
chaînes alkyles sur le comportement des matériaux. Les oligomères portant des chaînes en
C12 sont solides alors que les chaînes EH rendent l’oligomère plus huileux. Par ailleurs, il est
intéressant de noter que les oligomères avec les chaînes en position ", sont plutôt de couleur
79
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
noir violacé alors que OPBzT²-C12! est rouge pâle, significatif d’une moindre délocalisation
des électrons dans ce dernier cas.
La pureté des matériaux est contrôlée en RMN 1H et 13C, ainsi que par des analyses
élémentaires. Nous allons maintenant nous intéresser à la synthèse des polymères.
Nous avons préparé les différents comonomères de façon à les faire réagir entre eux
par polycondensation dans les conditions de Stille.
Les polymères synthétisés doivent être solubles, de masses moléculaires relativement
élevées et le plus pur possible. Il existe quelques paramètres clés qu’il faut absolument
maîtriser pour atteindre ces objectifs :
Malgré notre parti pris initial vis-à-vis des couplages de Stille, nous nous sommes posé
la question de la réactivité du couplage de Suzuki. Pour cela, nous avons mis en concurrence
ces deux types de réaction afin d’obtenir des polymères (d-a) dans lesquels l’unité thiéno[3,2-
b]thiophène est remplacée par un motif thiophène ou un 2,2’-bithiophène (Figure 34).
Une des procédures typiques de polycondensation par Suzuki est de faire réagir un
équivalent de composé dibromé avec un équivalent de composé bis ester boronique dans une
solution de THF et de K2CO3 aqueux en présence de Pd(PPh3)4.27
Nous avons testé ces conditions sur les polymères à base de trimère TBT et de
thiophène ou de 2,2’-bithiophène, matériaux conçu pour évaluer le rôle du thiéno[3,2-
b]thiophène sur les propriétés. Nous avions en effet à disposition au laboratoire le thiophène
80
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
81
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
82
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
de polymérisation à 17h et la concentration à 0,2 M (vis-à vis d’un seul monomère) pour la
grande majorité des polymères.
Ces paramètres n’ont néanmoins pas été utilisés pour les premiers matériaux (Figure
35), puisque synthétisés préalablement à cette étude. Nous ne sommes pas revenus sur les
conditions de polymérisation de ces matériaux par manque de temps. Pour ces matériaux nous
avons formé le Pd(0) in-situ en faisant réagir le tris(dibenzylidène acétone)dipalladium
(Pd2dba3) et de tri-o-tolylphosphine P(o-tolyl)3. Ces réactions ont donné de bons résultats
mais possédant des masses moléculaires relativement élevées et différentes d’un matériau à
l’autre.
Les polymérisations réalisées ont été regroupées, soit par conditions de réaction, soit
par type de monomère.
Nous avons fait réagir les monomères 6a, 6b, 8a et 10a sur le dérivé de thiéno[3,2-
b]thiophène 26 en présence de Pd2dba3 et de P(o-tolyl)3 dans le toluène à 110°C pendant 72 h
donnant respectivement les polymères PTBzT²-C8!, du PTBzT²-C12!, du PTBzT²-C12" et
du PPBzT²-C12!$##
Nous avons ensuite changer les conditions opératoires et avons fait réagir les
monomères 10b, 10c, 12a, 12b et 19 sur le dérivé de thiéno[3,2-b]thiophène 26 en présence
de Pd(PPh3)4 dans le toluène à 110°C pendant 17 h donnant respectivement les polymères
PTBzT²-EH", PTBzT²-OEH"%# PLT-T²-EH, PPBzT²-C12" et PPBzT²-EH"$#
83
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
S S
N N S N N
R R
S S
n
S S
Br S Br
R
(10b) R=2-éthylhexyle (EH) R
PTBzT²-EH
(10c) R=éhtylhexyloxy (OEH)
PTBzT²-OEH
S Me3Sn S
N N S
N N
S SnMe3 S
S S
I (26) S S
I
N N S n
N N
EH EH (19) Pd(PPh3)4 PLT-T²-EH
EH EH
Toluène, 110°C, 17h
S
N N S
R R R R
N N
S
S S S S
Br S S Br S S S n
R R R R
(12a) R=C12H25 PPBzT²-C12
(12b) R=2-éthylhexyle (EH) PPBzT²-EH
84
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
copolymérisés au monomère 10b dans les conditions définies précédemment donnant accès
aux polymères nommés PTBzT-EH" et PTBzTT-EH"$
Br
S Br S SnMe3 S 1. BuLi, THF S
1. BuLi, THF Me3Sn Me3Sn SnMe3 Br Br
S S
2. SnMe3Cl 2. SnMe3Cl
(51) (52)
S
HE N N
EH
(10b)
Br S S Br
Pd(PPh3)4
Toluène, 110°C, 17h
S
S N N
N N
S S S
S S n
n S
S
EH EH
HE
HE
PTBzT-EH PTBzTT-EH
Figure 38 : Synthèses des dérivés stannylés de thiophène et 2,2’-bithiophène puis obtention du PTBzT-
EH" et du PTBzTT-EH"#par couplage de Stille en présence de Pd(PPh3)4.
Le polymère obtenu après précipitation et lavage par soxhlet est particulièrement bien
soluble dans le cyclohexane.
Nous avons ainsi, à notre disposition trois oligomères et douze polymères pour réaliser
notre étude. Tous les matériaux ont été obtenus en quantité suffisante pour pouvoir être
85
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
La pureté de ces petites molécules a été vérifiée par spectroscopie de RMN 1H et 13C
et par analyses élémentaires (cf partie expérimentale). Nous avons également étudié leurs
comportements thermiques en DSC qui sera discuté dans le chapitre suivant.
Les polymères quant à eux ont été étudiés en GPC, en ATG et aussi en DSC, le
tableau suivant récapitule les résultats. Nous avons également fait apparaître le rendement de
polymérisation. Celui-ci a été estimé à partir des masses des fractions fCHCl3 et fo-DCB réunies.
Nous avons en effet considéré, à l’exception du PLT-EH majoritairement solubilisé dans la
fraction cyclohexane, que les fractions méthanol et cyclohexane ne contenaient que les sous-
produits de réactions ou de très petits oligomères.
Nous avons précédemment discuté des limites liées à la détermination des masses
moléculaires, c’est pourquoi certaines valeurs manquent. La température de dégradation
thermique (Td) des polymères a été déterminée pour 5% de perte massique sous air par
analyses thermogravimétriques. Elle n’a été mesurée que pour les fractions fCHCl3 des
différents polymères. Contrairement au cas des oligomères, aucun signal n’a été observé en
DSC.
86
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
Matériaux Solvant de Mn
Structure & (%) Ip Td (°C)
fractionnalisation (g/mol)
Chimique
CHCl3 310
PTnBzTa² 80
o-DCB 32 000 2,0
CHCl3 316
PLT-T²-EH 70
o-DCB 5 800 3,3
cyclohexane 800-4000 3 *
PLT-EH 50
CHCl3 4400 1.6
* L’analyse ATG du PLT-EH n’a pas pu être réalisée par manque de matière.
87
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
Les bons rendements de polymérisation calculés à partir des seules fractions CHCl3 et
o-DCB mettent en évidence l’efficacité des couplages de Stille. En contre partie, les
conditions de réaction de Yamamoto retenues pour l’homopolymérisation du PLT-EH ne
semblent pas être les bonnes.
Les analyses ATG montrent que l’ensemble de ces polymères présentent une très
bonne stabilité thermique avec des valeurs de températures de décomposition globalement
supérieures à 300°C. La Td de 238°C obtenue pour le PTBzT²-OEH" met en évidence la
relative fragilité de la liaison éther présente entre l’unité thiophène et la chaîne alkyle.
4. Conclusions
Dans ce chapitre, nous avons présenté notre stratégie de synthèse et les différents
paramètres structuraux que nous souhaitions faire varier. Nous avons ensuite discuté des voies
de synthèse utilisées pour les diverses briques élémentaires. C’est plus particulièrement au
sein de ces synthons que nous avons fait varier la nature et la position des chaînes alkyles
88
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
ainsi que la longueur du bloc thiophène. Nous les avons ensuite associées deux à deux par
couplage de Stille afin d’obtenir soit des oligomères soit des polymères.
Nous avons désormais à disposition quinze matériaux différents dont nous allons
étudier les propriétés optoélectroniques et photovoltaïques. La comparaison des résultats
devrait nous permettre d’établir des relations structure-propriétés. Le chapitre 4 est plus
particulièrement dédié aux propriétés optoélectroniques des matériaux alors que le chapitre 5
est consacré aux propriétés photovoltaïques. Pour des raisons de facilité de mise en œuvre,
nous avons étudié dans un premier temps la fraction fCHCl3 (à l’exception du PLT-EH)
beaucoup plus soluble.
89
Chapitre 3 : Synthèses des matériaux
5. Références Bibliographiques
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91
Chapitre 3 : Partie expérimentale
Dans cette partie expérimentale sont décrits précisément les modes opératoires et les
caractérisations chimiques (RMN du proton et du carbone et analyse élémentaire) des
différents produits synthétisés. Nous avons pris le parti de présenter cette partie expérimentale
en anglais puisque la plupart des modes opératoires ont été rédigés dans le cadre de
publications déjà parues ou à paraître.
1. Material synthesis
Tetrahydrofuran (ACS grade), diethyl ether (ACS grade), toluene (ACS grade),
triethylphosphite (ACS grade) were distilled over sodium, while N,N-dimethylformamide
(DMF) (ACS grade), dichloromethane and acetonitrile were distilled over CaH2, prior to use.
All other chemicals were purchased from Aldrich and used without further purification.
Tetrakis(triphenylphospine)palladium. Pd(PPh3)4.
A dry 25 mL three neck round bottom flask, equipped with a condenser and a thermometer
was charged with PdCl2 (0.153 g) and triphenylphosphine (1.136 g). Degased
dimethylsulfoxide DMSO (20 ml) was added and the yellow suspension was allowed to reach
130°C under argon. At this temperature, the orange solution was allowed to cool down by
removing the oil bath. When the temperature reached 110°C, hydrazine (0.5 mL 2) was
added in 2 portions. After cooling of the solution, the yellow precipitate was filtered off under
argon and washed with ethanol (20 mL, degassed under argon) and then diethyl ether (20 mL,
degassed under argon). The yellow solid was dried under vacuum in the dark and then
maintain under argon prior to use.
4,7-dibromo-2,1,3-benzothiadiazole.
3-alkylthiophene (1).
92
Chapitre 3 : Partie expérimentale
1 h after the end of addition. The Grignard reagent was then added dropwise to a solution of
3-bromothiophene (1 eq) and NiCl2(dppp) (0.01 eq) in THF (1.7 M). Finally, the mixture was
refluxed under argon and stirred overnight. Then, the mixture was hydrolyzed by careful
addition of water followed by 38 % aqueous HCl and extracted with methylene chloride. The
brown organic phase was washed with saturated sodium chloride and then with water and
dried over sodium sulfate. After removing the solvent under reduced pressure, the crude
product was distilled to provide a colorless oil.
3-dodecylthiophene (1a): M = 252.46 g/mol, yield 70 %, bp 111-117 °C at 1.3 mbar. 1H
NMR (300 MHz, CDCl3, ppm): = 7.26 (dd, 1H, 3J = 4.9 Hz, 4J = 2.1 Hz), 6.95 (m, 2H), 2.65
(t, 2H, 3J = 7.5 Hz), 1.65 (q, 2H, 3J = 7.4 Hz, 3J = 7.3 Hz), 1.30 (m, 18H), 0.90 (t, 3H, 3J = 7.0
Hz). 13C NMR (75 MHz, CDCl3, ppm): = 143.25, 128.29, 125.03, 119.79, 32.03, 30.67,
30.38, 29.79, 29.78, 29.76, 29.72, 29.59, 29.47, 22.79, 14.19.
3-octylthiophene (1b): M = 196.3 g/mol, yield 70 %, bp 80 °C at 1.3 mbar. 1H NMR (300
MHz, CDCl3, ppm): = 7.26 (dd, 1H, 4J = 4.9 Hz, J = 2.9 Hz), 6.95 (m, 2H, 4J = 4.9 Hz), 2.66
(t, 2H, 3J = 7.9 Hz), 1.66 (m, 2H, 3J = 7.5 Hz), 1.30 (m, 10H), 0.90 (t, 3H, 3J = 6.9 Hz). 13C
(75 MHz, CDCl3, ppm): = 143.40, 128.42, 125.15, 119.88, 32.04, 30.72, 30.44, 29.59,
29.51, 29.42, 22.82, 14.25.
3-hexylthiophene (1c): M = 168.3 g/mol, yield 70 %, bp 30 °C at 1.3 mbar. 1H NMR (300
MHz, CDCl3, ppm): = 7.26 (dd, 1H, 4J = 4.9 Hz, J = 2.9 Hz), 6.95 (m, 2H, 4J = 4.9 Hz), 2.66
(t, 2H, 3J = 7.9 Hz), 1.66 (m, 2H, 3J = 7.5 Hz), 1.35(m, 6H), 0.92 (t, 3H, 3J = 6.9 Hz). 13C (75
MHz, CDCl3, ppm): = 143.3, 128.3, 125.0, 119.7, 31.7, 30.5, 30.3, 29.6, 29.42, 14.1.
3-(2-ethylhexyl)thiophene (1d): M = 196.3 g/mol, yield 73 %, bp 30 °C at 1.3 mbar. 1H
NMR (300 MHz, CDCl3, ppm): = 7.26 (dd, 1H, 4J = 4.9 Hz, 3J = 3.0 Hz), 6.93 (m, 2H, 4J =
4.9 Hz), 2.59 (d, 2H, 3J = 6.8 Hz), 1.58 (m, 1H), 1.29 (m, 10H), 0.90 (t, 6H). 13C (75 MHz,
CDCl3, ppm): = 143.40, 128.42, 125.15, 119.88, 32.04, 30.72, 30.44, 29.59, 29.51, 29.42,
22.82, 14.25.
3-(2-ethylhexyloxy)thiophene (1e).
material was then poured into a 1 M aqueous solution of NH4Cl (100 mL) and stirred for 10
min. The organic phase was extracted with ether, dried over anhydrous sodium sulfate. After
removing the solvent under reduced pressure, the crude product was distilled to provide a
colorless oil. (bp 74° C at 1.3 mbar). (15 g, yield: 57 %). 1H NMR (300 MHz, CDCl3, ppm) :
= 7.19 (dd, 1H, 3J =5.25 Hz, 5J = 1.47 Hz), 6.78 (dd, 1H, 3J = 5.22 Hz, 4J = 3.15 Hz ), 6.25
(dd, 1H, 4J = 3.06 Hz, 5J = 1.47 Hz), 3.85 (d, 2H, 3J = 5.7 Hz), 1.73 (m, 2H), 1.36 (m, 6H),
0.94 (t, 6H). 13C (75 MHz, CDCl3, ppm): = 158.34, 124.41, 119.65, 96.79, 72.78, 39.43,
30.53, 29.10, 23.86, 23.06, 14.08, 11.11.
93
Chapitre 3 : Partie expérimentale
2-bromo-3-alkylthiophene (2).
2-(trimethylstannyl)-3-alkylthiophene (3).
94
Chapitre 3 : Partie expérimentale
2-(trimethylstannyl)-4-alkylthiophene (4).
2-(trimethylstannyl)-4-alkylthiophene (4).
TMEDA general procedure. Under an argon atmosphere, to a solution of 3-alkylthiophene 1
(1 eq) in ethyl ether (0.15 M) containing N,N,N’,N’-tetramethylethylendediamine (1.1eq) was
added n-BuLi (1.3 eq, 2.5 M in hexane). The mixture was allowed to reflux for 1h and then
cooled to 0°C (ice bath). Then, trimethyltin chloride (1.1 eq, 1 M in THF) was added. The
cooling bath was removed and the mixture was stirred under argon 3 h at room temperature.
The mixture was quenched with ammonium chloride solution, extracted with diethyl ether and
the organic phase washed with water and dried over sodium sulfate. The solvent was removed
under reduced pressure and was further dried under high vacuum providing a yellow oil
containing a non negligible amount of non reacted 3-alkylthiophene and 2-(trimethylstannyl)-
3-alkylthiophene. (yield: 50 %)
4,7-bis(3-alkylthiophen-2-yl)-2,1,3-benzothiadiazole (5).
95
Chapitre 3 : Partie expérimentale
4,7-bis(3',4-didodecyl-2,2'-bithiophen-5-yl)-2,1,3-benzothiadiazole (7a).
A solution of 2-bromo-3-dodecylthiophene 2a
(2.07 g, 6.24 mmol) and 1,2-dibromoethane
(0.54 mL, 6.24 mmol) in dry diethyl ether (35
mL) was added dropwise to a suspension of
magnesium turnings (0.30 g, 12.48 mmol) in
diethyl ether (5 mL) under N2 and sonicated
until the total disappearance of the Mg. After
that, heat was applied to the reaction mixture
96
Chapitre 3 : Partie expérimentale
and the solution was refluxed for 1 h. A solution of 6a (1.64 g, 2.06 mmol) and NiCl2(dppp)
(0.12 mmol) in THF (10 mL) was then added dropwise to the grignard reagent. Finally, the
mixture was refluxed under argon and stirred over night. The following day, the mixture was
stirred with ether, filtered through a pad of celite and then was extracted with ether and the
organic phase was washed with brine and then with water and dried over sodium sulfate.
After removing of solvent under reduced pressure, the crude product was purified by column
chromatography on silica gel with cyclohexane/ethyl acetate 98:2 as eluent to provide a red
solid. (1.63 g, yield: 70%). 1H NMR (300 MHz, CDCl3, ppm): = 7.70 (s, 1H), 7.21 (d, 1H,
3
J = 5.2 Hz), 7.14 (s, 1H), 6.97 (d, 1H, 3J = 5.2 Hz) 2.85 (t, 2H, 3J = 7.9 Hz), 2.70 (t, 2H, 3J =
7.9 Hz), 1.69 (m, 4H), 1.27 (m, 36H), 0.89 (t, 6H, 3J = 6.9 Hz). 13C NMR (100 MHz, CDCl3,
ppm): = 154.25, 142.20, 139.86, 136.92, 132.22, 130.79, 130.19, 128.20, 127.22, 123.86,
32.07, 30.91, 30.79, 29.83, 29.80, 29.75, 29.73, 29.67, 29.58, 29.50, 22.83, 14.25.
4,7-bis(5'-bromo-3',4-didodecyl-2,2'-bithiophen-5-yl)-2,1,3-benzothiadiazole TTBTT
(8a).
4,7-bis(4-alkylthiophen-2-yl)-2,1,3-benzothiadiazole (9).
97
Chapitre 3 : Partie expérimentale
7.8 Hz), 1.72 (m, 2H, 3J = 7.6 Hz), 1.28 (m, 18H), 0.9 (t, 3H, 3J = 6.8 Hz). 13C NMR (75
MHz, CDCl3, ppm): = 152.65, 144.38, 139.00, 129.01, 126.04, 125.54, 121.53, 33.13,
31.92, 30.66, 30.51, 29.65, 29.62, 29.49, 29.36, 22.69, 14.12.
4,7-bis(4-(2-ethylhexyl)thiophen-2-yl)-2,1,3-benzothiadiazole (9b) M = 636 g/mol, yield 93
%. 1H NMR (300 MHz, CDCl3, ppm): = 7.97 (s, 1H), 7.86 (s, 1H), 7.04 (s, 1H), 2.66 (d, 2H,
3
J = 6.9 Hz), 1.68 (m, 1H), 1.35 (m, 6H), 0.92 (t, 6H, 3J = 7.4 Hz). 13C NMR (75 MHz,
CDCl3, ppm): = 152.67, 143.06, 138.82, 129.48, 126.05, 125.49, 122.43, 40.33, 34.70,
32.53, 28.91, 25.68, 23.07, 14.14, 10.86.
4,7-bis(4-(2-ethylhexyloxy)thiophen-2-yl)-2,1,3-benzothiadiazole (9c) M = 556.2 g/mol,
yield 30 %. 1H NMR (300 MHz, CDCl3, ppm): = 7.80 (s, 1H), 7.68 (s, 1H), 6.34 (s, 1H),
3.91 (d, 2H, 3J = 5.6 Hz), 1.78 (m, 1H), 1.50 (m, 6H), 1.00 (t, 6H). 13C NMR (75 MHz,
CDCl3, ppm): = 158.35, 152.31, 137.39, 125.76, 124.86, 119.92, 98.67, 72.58, 39.49, 30.58,
29.18, 23.91, 22.91, 14.19, 11.21.
98
Chapitre 3 : Partie expérimentale
4,7-bis(3',4-dialkyl-2,2'-bithiophen-5-yl)-2,1,3-benzothiadiazole (11).
99
Chapitre 3 : Partie expérimentale
23.06, 14.12, 10.85, 10.77. Elemental analysis found: C, 61.40; H, 7.24; Br, 14.05; N, 2.48; S,
13.54. Calc. for C54H74Br2N2S5: C, 60.54; H, 6.96; Br, 14.92; N, 2.61; S, 14.97.
4,7-bis(thiophen-2-yl)-2,1,3-benzothiadiazole (13).
2-(trimethylstannyl)-thiophene 3c (5.3 g, 21.4 mmol) and
4,7-dibromo-2,1,3-benzothiadiazole (2.1 g, 7.1 mmol) were
dissolved in dry toluene (70 mL). Then, Pd(PPh3)4 in
catalytic amount was added and the reaction mixture was
stirred at 110°C for 24 h under argon atmosphere. Then, the
reaction mixture was filtered through a pad of celite and the
toluene solution was evaporated and dried under high
vacuum. The crude product was washed with ethanol,
filtered and then recrystallized from cyclohexane to give an
red solid (1.75 g, yield: 81 %). 1H NMR (300 MHz, CDCl3, ppm): = 8.12 (dd, 1H, 3J = 3.72
Hz, 4J= 1.16 Hz), 7.88 (s, 1H), 7.46 (dd, 1H, 3J = 5.04 Hz, 4J = 1.08 Hz), 7.22 (q, 1H, 3J =
5.08 Hz, 3J= 3.68 Hz). 13CNMR (75 MHz, CDCl3, ppm): = 152.67, 139.39, 128.06, 127.55,
126.86, 126.05, 125.84.
4,7-bis(5-(trimethylstannyl)thiophene-2-yl)-,2,1,3-benzothiadiazole (14).
S Under an argon atmosphere, (13) (1,0 g, 3.33 mmol)
N N was dissolved in dry THF (10 mL) and cooled to -
S
78°C. In another flask, under argon,
S Sn
Sn diisopropylamine (1.17 mL, 8.33 mmol) was
solubilized in dry THF (20 mL) cooled to -78°C.
Then n-BuLi (8.33 mmol, 1.6 M in hexane) was
C20H24N2S3Sn2
Molecular Weight: 626.03 g/mol
added dropwise and the solution was kept at -78 °C
for 10 min, warm up 10 min at -20 °C and then
cooled down again at -78°C. The lithiumdiisopropylamide so synthesized, was added slowly
to the red trimer solution, keeping the temperature below -60 °C. The solution which became
blue was stirred 2 additional hours at -78°C. Then trimethyltin chloride (8.66 mmol, 1 M in
THF) was added slowly allowing again a change of colour from blue to red fluorescent. The
mixture was stirred 4h at this temperature and then overnight at room temperature. The
mixture was quenched with water, extracted with diethyl ether and the organic phase washed
with water and dried over sodium sulfate. The product was recrystallized from acetonitrile
providing a red solid (1.73g, yield 84 %). 1H NMR (300 MHz, CDCl3, ppm): = 8.20 (d, 1H,
3
J= 3.48 Hz), 7.90 (s, 1H), 7.31 (d, 1H, 3J = 3.48 Hz), 0.49 (s, 9H). 13C NMR (75 MHz,
CDCl3, ppm): = 152.67, 145.06, 140.25, 136.11, 128.39, 125.82, -8.13.
1,4-dibromo-5,6-dinitro-2,1,3-benzothiadiazole (15).
100
Chapitre 3 : Partie expérimentale
13
eluent providing a beige solid (7.9 g, yield: 30 %). C NMR (300 MHz, CDCl3, ppm): =
151.37, 144.90, 110.25.
1,4-di(2-thienyl)-5,6-dinitro-2,1,3-benzothiadiazole (16).
Compound (17).
Compound (18).
101
Chapitre 3 : Partie expérimentale
corresponding alkyl derivative. (0.48 g, yield: 71 %). 1H NMR (300 MHz, acetone d6, ppm):
= 7.62 (d, 1H, 3J = 5.25 Hz), 7.46 (d, 1H, 3J = 4.95 Hz), 4.77 (d, 2H, 3J = 7.74 Hz), 1.31 (m,
1H), 0.90 (m, 8H), 0.68 (m, 3H), 0.56 (m, 3H). 13C NMR (75 MHz, acetone d6, ppm): =
149.29, 147.44, 134.43, 128.41, 122.13, 114.52, 111.86, 55.65, 41.08, 28.96, 28.29, 24.58,
24.11, 14.64, 11.27.
Compound (19).
3-bromothiophene-2-carbaldehyde (20).
Ethyl-thieno[3,2-b]thiophene-2-carboxylate (21).
102
Chapitre 3 : Partie expérimentale
dichloromethane. The organic phase was dried over sodium sulfate, filtered and distillation of
the solvents under reduced pressure gave the ester (36.5 g, 92 %), 1H NMR (300 MHz,
CDCl3, ppm): = 7.97 (s, 1H), 7.55 (d, 1H, 3J= 5.28 Hz), 7.25 (d, 1H, 3J= 5.28 Hz), 4.37 (q,
2H), 1.38 (t, 3H, 3J= 7.11 Hz). 13C NMR (75 MHz, CDCl3, ppm): = 162.60, 143.88, 138.73,
135.22, 131.61, 125.52, 119.71, 61.33, 14.34.
A stirred solution of the acid 22 (10.0 g, 54.3 mmol), copper powder (2.0
g) and quinoline (80 mL) was heated at 260 °C. When no further bubbles
of carbon dioxide gas could be seen escaping from the mixture (~ 30
min) the reaction mixture was cooled to ambient temperature. Ether (100
mL) was added to the mixture and most of the quinoline was removed by
repeated washing of the resulting solution with hydrochloric acid (1.0
mol/L). The organic phase was whashed with water and dried over
sodium sulfate. The crude product was purified with column
chromatography with petroleum ether as eluent to provide a white solid.
(0.56 g, yield: 80 %). 1H NMR (300 MHz, DMSO-d6, ppm): = 7.69 (d, 1H, 3J= 4.98 Hz),
7.47 (d, 1H, 3J= 4.95 Hz).13C (75 MHz, DMSO-d6, ppm): = 139.25, 128.46, 119.97.
3-(2,2-diethoxy-ethylsulfanyl)thiophene (24).
103
Chapitre 3 : Partie expérimentale
Hz, 4J = 2.97 Hz 4.63 (t, 1H, 3J = 5.55 Hz), 3.64 (m, 2H), 3.51 (m, 2H), 3.05 (d, 2H, 3J= 5.55
Hz,), 1.13 (m, 6H). 13C NMR (75 MHz, acetone d6, ppm): = 133.12, 130.38, 127.28, 123.70,
102.61, 62.4, 39.2, 15.6.
2-(trimethylstannyl)-thieno[3,2-b]thiophene (25).
Bis-2,7-(trimethylstannyl)-thieno[3,2-b]thiophene (26).
104
Chapitre 3 : Partie expérimentale
diethyl ether and the organic phase washed with water and dried over sodium sulfate. The
solvent was removed under reduced pressure and the crude product was recrystallized from
acetonitrile providing a white solid. (2.3 g, yield: 35 %). 1H NMR (300 MHz, acetone-d6,
ppm): = 7.37 (s, 1H), 0.39 (s, 9H). 13C NMR (75 MHz, acetone-d6, ppm): = 148.43,
142.28, 127.08, 8.33.
2,3,5,6-tetrabromothieno[3,2-b]thiophene (27).
3,6-dibromothieno[3,2-b]thiophene (28).
3,6-dihexyne-thieno[3,2-b]thiophene (29).
105
Chapitre 3 : Partie expérimentale
Then the solvent was removed in vacuum, and the residue was purified by chromatography on
silica gel eluting with petroleum ether to give (112 mg, yield: 32%).1H NMR (300 MHz,
acetone-d6, ppm): = 7.63 (s, 1H), 2.47 (t, 2H, 3J = 6.73 Hz), 1.52 (m, 4H), 0.95 (m, 3H).
2,4,5-tribromo-3-hexylthiophene (31).
Br C6H13 A dry 250 mL three neck round bottom flask, equipped with a
condenser and an addition funnel was charged with 3-
hexylthiophene 1c (15.46 g, 0.091 mol) in a mixture of acetic acid
(74 mL) and chloroform (13 mL). To this mixture, bromine (17 mL,
Br Br 0.33 mol) was added dropwise from the addition funnel. After
S
finishing the addition of bromine, the mixture was then stirred at
C10H13Br3S room temperature for 4 hours and heated to 60-70 °C overnight. The
M= 404.99 g/mol final mixture was poured into 300 mL ice water and neutralized with
NaOH solution (6M). The organic phase was extracted with
chloroform (3 x 100 mL), washed with brine (2 x 100 mL), water (100 mL) and dried over
anhydrous Na2SO4. The solvent was removed under reduced pressure and the crude product
was purified with column chromatography with cyclohexane as eluent. (28.10 g, yield: 75.8
%). 1H NMR (300 MHz, CDCl3, ppm): = 2.66 (t, 2H, 3J= 7.53 Hz), 1.55 (m, 2H), 1.38 (m,
6H), 0.90 (t, 3H, 3J= 6.63 Hz). 13C NMR (75MHz, CDCl3, ppm): = 141.58, 115.77, 109.44,
108.04, 31.51, 30.83, 28.89, 28.44, 22.56, 14.04.
3-bromo-4-hexylthiophene (32).
1-(3-bromo-4-hexyl-2-thienyl)-heptanone (33).
106
Chapitre 3 : Partie expérimentale
3, 6-dihexyl-thieno[3,2-b]thiophene-2-acetate (34).
3,6-dihexyl-thieno[3,2-b]thiophene (36).
107
Chapitre 3 : Partie expérimentale
purified with silica gel chromatography with cyclohexane:ethyl acetate (98:2) as eluent. (0.35
g, yield: 68 %) 1H NMR (300MHz, CDCl3, ppm): = 6.97 (s, 1H), 2.78 (t, 2H, 3J= 7.47 Hz),
1.76 (m, 2H), 1.39 (m, 6H), 0.91 (t, 3H, 3J= 6.85 Hz). 13C NMR (75 MHz, CDCl3, ppm): =
139.44, 135.61, 121.00, 31.77, 29.94, 29.24, 28.87, 22.74, 14.23.
Compound (39).
Compound 39 with dodecyl side chains. 1H NMR (300 MHz, CDCl3, ppm): = 2.67 (t, 2H,
3
J= 7.4 Hz), 1.66 (m, 2H), 1.27 (m, 18H), 0.90 (t, 3H, 3J= 6.71 Hz).
Compound (40).
2-(trimethylstannyl)-4-(2-ethylhexyl)thiophene 4b
(3.48 g, 6.28 mmol) and 39 (0.97 g, 2.09 mmol)
were dissolved in dry toluene (50 mL). Then,
Pd(PPh3)4 in catalytic amount was added and the
reaction mixture was stirred at 110°C for 24 h under
argon atmosphere. Then, the reaction mixture was
filtered through a pad of celite and the toluene
solution was evaporated and dried under high
vacuum. The crude product was purified with
column chromatography with cyclohexane, as eluent.
The residual 3-(2-ethylhexyl)thiophene was removed
by distillation. The product was then recristallized
from methanol:CHCl3 to provide a yellow oil. (0.45
g, yield: 31 %). 1H NMR (300 MHz, CDCl3, ppm):
= = 6.99 (s, 1H), 6.92 (s, 1H), 2.89 (t, 2H, 3J= 7.74
3
Hz), 2.57 (d, 2H, J= 6.81 Hz ),1.75 (m, 2H), 1.58 (m, 1H), 1.32 (m, 14H), 0.92 (m, 9H).
108
Chapitre 3 : Partie expérimentale
Compound (41).
Compound (42).
Methyl-2,3-bis(chloromethy1)thiophene-2-carboxylate (43).
109
Chapitre 3 : Partie expérimentale
reaction mixture was refluxed for 6 hours (55°C). The reaction mixture went from colorless to
deep red. The red solution was cooled to room temperature and then poured with stirring into
500 g of crushed ice. The resulting mixture was stirred for about 1h. The formed yellow solid
was removed by filtration, washed with cold water, and dried under vacuum at ambient
temperature. The dried solid was crystallized from petroleum ether to provide pal yellow
needles (4.2 g, yield: 93 %). 1H NMR (300 MHz, CDCl3, ppm): = 7.73 (s, 1H), 4.80 (s, 2H),
4.61 (s, 2H), 3.91 (s, 2H). 13C NMR (75 MHz, CDCl3, ppm): = 162.00, 143.97, 137.21,
134.99, 133.05, 52.58, 37.55, 37.24.
Methyl-4,6-dihydrothieno[3,4-b]thiophene-2-carboxylate (44).
The free carboxylic acid 44b was obtained upon hydrolyzing the
ester 44 by refluxing overnight with concentrated potassium
hydroxide solution. The mixture was quenched with water and the
precipitate filtered off and dried over vacuum. 1H NMR (300 MHz,
acetone d6, ppm): = 7.57 (s, 1H), 4.27 (d, 2H, 5J = 2.97 Hz), 4.11
(d, 2H, 4J= 3.27 Hz). 13C NMR (75 MHz, acetone d6, ppm): =
206.15, 163.05, 147.54, 145.24, 138.95, 128.94.
4,6-Dihydrothieno[3,4-b1thiophene-2-carboxylic-acid-5-oxide (45).
110
Chapitre 3 : Partie expérimentale
111
Chapitre 3 : Partie expérimentale
2,5-bis(trimethylstannyl)thiophene.
5,5’-bis(trimethylstannyl)-2,2’-bithiophene.
Oligomers synthesis.
112
Chapitre 3 : Partie expérimentale
OPBzT²-C12!"##
Red solid. Yield 25 %. 1H NMR (300 MHz, THF-
d8, ppm): = 8.13 (s, 1H), 7.99 (s, 1H), 7.51 (d,
1H, 3J= 5.25 Hz), 7.45 (s, 1H), 7.32 (d, 1H, 3J=
5.23 Hz), 7.20 (s, 1H), 2.91 (m, 4H), 1.29 (m,
40H), 0.87 (m, 6H). 13C NMR (75 MHz, CDCl3,
ppm): = 154.06, 142.25, 140.46, 139.82, 139.05,
137.99, 136.32, 135.35, 132.27, 130.14, 129.71,
128.03, 127.09, 126.99,126.83, 119.49, 115.59, 31.92, 30.66, 30.58, 29.70, 29.65, 29.58,
29.51, 29.44, 29.36, 22.69, 14.11. Elemental analysis found: C, 68.99; H, 7.98; N, 1.93; S,
19.29. Calc. for C82H112N2S9: C, 69.63; H, 7.98; N, 1.98; S, 20.40.
OPBzT²-C12$"##
Purple solid. Yield 47 %. 1H NMR (300 MHz,
THF-d8, ppm): = 7.80 (s, 1H), 7.50 (s, 1H), 7.49
(d, 1H, 3J= 6.60 Hz), 7.29 (d, 1H, 3J= 5.25 Hz),
7.23 (1s, 1H), 7.19 (s, 1H), 2.86 (m, 2H), 2.75 (m,
2H), 1.27 (m, 40H), 0.87 (m, 6H). 13C NMR (75
MHz, CDCl3, ppm): = 152.54, 140.59, 140.51,
139.48, 139.13, 137.74, 136.81, 134.61, 132.33, 130.97, 130.76, 128.73, 126.99, 125.38,
125.16, 119.39, 117.97, 31.94, 30.72, 30.59, 29.69, 29.52, 29.38, 22.70, 14.13. Elemental
analysis found: C, 66.77; H, 7.89; N, 1.99; S, 18.92. Calc. for C82H112N2S9: C, 69.63; H, 7.98;
N, 1.98; S, 20.40
OPBzT²-EH$"##
Dark#red oil. Yield 29 %. 1H NMR (300 MHz,
THF-d8, ppm): = 8.11 (s, 1H), 7.96 (s, 1H), 7.50
(d, 1H, 3J= 5.25 Hz), 7.43 (s, 1H), 7.31 (d, 1H, 3J=
5.23 Hz), 7.16 (s, 1H), 2.87 (d, 2H, 3J= 7.3 Hz),
2.81 (d, 2H, 3J= 7.2 Hz), 1.84 (m, 2H), 1.31 (m,
16H), 0.88 (m, 12H). 13C NMR (75 MHz, CDCl3,
ppm): = 152.65, 139.89, 139.79, 139.43, 139.29,
137.77, 136.81, 131.63, 131.37, 129.56, 126.99,
125.53, 125.29, 119.45, 118.42, 40.39, 40.26,
33.86, 33.58, 32.69, 32.64, 29.73, 28.81, 28.76, 25.87, 23.17, 23.1, 22.71, 14.19, 14.13, 10.85.
Elemental analysis found: C, 66.13; H, 6.76; N, 2.27; S, 24.49. Calc. for C66H80N2S9: C,
66.62; H, 6.78; N, 2.35; S, 24.25
Polymers synthesis.
113
Chapitre 3 : Partie expérimentale
CHCl3. The polymer was purified by precipitation in methanol, filtered and washed on
Soxhlet apparatus with methanol, cyclohexane, chloroform and o-DCB. The chloroform and
then the o-DCB fraction were evaporated under reduced pressure and the polymer was
precipitated in methanol, filtered and finally dried under high vacuum, providing a film with a
metallic shine.
114
Chapitre 3 : Partie expérimentale
2. Material characterizations
1
H, 13C NMR spectra were recorded on a Bruker 300 UltrashieldTM 300 MHz NMR
spectrometer and a Bruker 75 UltrashieldTM 75 MHz NMR spectrometer, with an internal
lock on the 2H-signal of the solvent (CDCl3).
DSC analyses were performed on a DSC 2910 apparatus from TA Instruments (USA).
The analyses were carried out under air at a heating rate of 10°C min–1, and at a cooling rate
of 3°C min-1.
115
Chapitre 4
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Introduction………………………………………………………………………………..119
117
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
4. Conclusions…………………………………………………………………………….157
5. Références Bibliographiques………………………………………………………..158
118
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Introduction
Lors de l’étape de synthèse des matériaux, nous avons fait varier les structures
chimiques de façon à pouvoir mettre en évidence des relations structures-propriétés. Nous
avons modifié la nature et la position des chaînes alkyles sur le squelette carboné, varié la
longueur de conjugaison et essayé de rendre les molécules plus planes. Nous allons voir dans
ce chapitre l’influence de ces différents paramètres sur les propriétés optoélectroniques.
Pour cela nous avons choisi d’étudier plusieurs propriétés en adéquation avec les
mécanismes du photovoltaïque organique, telles que l’absorption et la position des niveaux
énergétiques. Nous avons aussi utilisé des calculs théoriques pour aider à l’interprétation des
résultats expérimentaux. Nous avons essayé, en particulier, de corréler les conformations des
molécules à leur morphologie ainsi qu’à leurs propriétés de transport de charges à l’état
solide.
Etant donné le grand nombre de molécules synthétisées et la quantité limitée de
matériau disponible, il est important de noter que les caractérisations n’ont pu être effectuées
de façon systématique sur tous les matériaux.
Les spectres d’absorption UV-visible (300 à 900 nm) ont été mesurés sur un
spectromètre à double faisceau de marque SCHIMADZU (UV- 2101 PC). Les spectres
d’absorption sont mesurés en solution (ortho-dichlorobenzène (o-DCB) pour les polymères et
chloroforme pour les oligomères) et en films déposés à la tournette (3 min, 1300 rpm) sur une
plaque de verre à partir d’une solution de concentration 8 mg/mL. Au vu des incertitudes sur
l’épaisseur et de l’inhomogénéité de certains films, les spectres ne seront pas tracés selon les
coefficients d’absorption, mais seulement normalisés par rapport au maximum d’absorption.
1240
E g opt (eV)
(nm)
119
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
A (u.a)
! (nm)
! seuil
120
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
0.006
0.004
0.002
I (mA)
onset
E red
0
onset
E ox
-0.002
-0.004
-2 -1.6 -1.2 -0.8 -0.4 0 0.4 0.8 1.2
E (V) vs SCE
Afin d‘analyser au mieux les résultats expérimentaux, nous avons modélisé les
propriétés structurales et électroniques de certains de nos matériaux. Nous avons pour cela
utilisé la théorie de fonction de densité2 dans le vide « Density functional B3LYP/6-311+G* »
disponible dans le module de calcul Gaussian 03.3 Ces calculs ont été réalisés par Patrick
Lévêque sur le logiciel Spartan.
En particulier, les positions relatives des orbitales frontières HOMO et LUMO et la
distribution des niveaux électroniques ont été calculées sur trois unités de répétition,
correspondant à une longueur de conjugaison suffisante pour être représentative d’un
polymère.4 Afin de garder un temps de calcul raisonnable, les chaînes alkyles ont, dans un
premier temps, été remplacées par des groupements méthyles. D’autres groupements méthyles
ont aussi été positionnés à chaque extrémité de la structure conjuguée et les angles dihédraux
entre les derniers carbones de la chaîne principale et ces groupements méthyles ont été fixés
afin de mimer la rigidité d’un polymère.
A partir de cette même structure, la valeur absolue des angles dihédraux entre les plans
des unités conjuguées successives a été mesurée.
L’analyse structurale a été réalisée par diffraction des rayons X. Les expériences ont
été réalisées à Grenoble au sein de la ligne BM26B à l’ESRF (European Synchrotron
Radiation Facility) par Denis Anokhin et Dimitri Ivanov (ICSI). Les films des polymères
bruts obtenus directement après synthèse ainsi que des fibres extrudées (oligomères) ou des
films déposés à la tournette ont été étudiés.
121
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
DRAIN SOURCE
DRAIN COUCHEACTICVE
COUCHE ACTICVESOURCE
DIELECTRIQUE : SiO
2 2
GRILLE Si
:
L’élaboration des transistors ainsi que le modèle physique utilisé pour extraire les
charges sont décrits en annexe du chapitre 4.
122
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Les spectres d’absorption des oligomères en solution et en film sont représentés sur la
Figure 5. Ils présentent systématiquement deux bandes d’absorption, un phénomène très
caractéristique de l’alternance des groupements donneur-accepteurs (d-a). En effet, le spectre
d’absorption de l’oligomère ne contenant pas d’unité 2,1,3-benzothiadiazole (présenté en
annexe), est constitué d’une seule bande d’absorption, comme c’est le cas pour les matériaux
conjugués plus traditionnels tel que le P3HT.
a) b)
1 OPBzT²-C12 1
OPBzT²-C12!
0.8 0.8
OPBzT²-EH!
A (u.a)
0.6 0.6
A (u.a.)
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
330 430 530 630 730 830 330 430 530 630 730 830
# (nm) # (nm)
Figure 5 : Spectres d'absorption normalisés des oligomères a) en solution dans le chloroforme b) à l'état
solide.
123
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
D’après la littérature, la bande de plus haute énergie est assignée à une transition de
type $%$* alors que la bande de plus basse énergie correspond au transfert de charge interne
entre les unités donneur et accepteur d’électrons.
Pour confirmer cette hypothèse, Jespersen et al.6 ont calculé les états singulets du DiO-
PFDTBT (copolymère alterné (d-a) à base de fluorène et d’une unité dithienyl-
benzothiadiazole) présentant une double bande d’absorption (cf Figure 6). La transition S0-S1
d’énergie 2,26 eV correspond à la bande d’absorption à plus hautes longueurs d’ondes. Par les
calculs de densité électronique, ils ont mis en évidence que les électrons se trouvaient
concentré sur l’unité 2,1,3-benzothiadiazole et les trous délocalisés sur les unités thiophènes
et fluorène. Cette transition correspond donc bien à un transfert des électrons du thiophène et,
à une moindre mesure du fluorène, vers le 2,1,3-benzothiadiazole. La transition S0-S5
correspondant à une énergie de 3,39 eV, est proche de la bande d’absorption à plus faible
longueur d’onde. Les calculs des densités électroniques ne font apparaître aucun transfert de
charge mais plutôt un échange des simples et des doubles liaisons, phénomène typique d’une
transition de type $%$* dans les polymères conjugués.
$%$* ICT
S5 S1
Figure 6 : Spectre d'absorption du DiO-PFDTBT. Les barres noires indiquent la position et l'intensité des
différents états électroniques calculés. [Schéma extrait de l’article de Jespersent et al.]6
Enfin, Salzner7 a attribué la transition de plus basse énergie à une faible hybridation
des orbitales entre les unités à caractère donneur et accepteur d’électrons lorsque les niveaux
énergétiques de chacune des unités sont très différents. Cette faible hybridation fait apparaître
une bande d’énergie intermédiaire localisée dans la bande interdite du matériau comme
schématisé sur la Figure 7 et discuté en annexe de ce chapitre. Comme ce n’est qu’une
hypothèse de travail, ce niveau intermédiaire est appelé LUMO sur le schéma et la bande
d’énergie supérieure LUMO+1.
124
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Énergie (eV)
LUMO +1
0.8
A (u.a)
0.6
LUMO
0.4
E1 E2
0.2
HOMO
0
330 430 530 630 730 830
#2 E2 #1 E1 # (nm)
Figure 7 : Interprétation de l'origine de la double bande d'absorption dans le cas de matériaux alternés
(d-a) selon Salzner.7
En solution
La transition à plus haute énergie (Figure 5a) semble être indépendante de la nature ou
de la position des chaînes alkyles. En revanche, on observe un décalage vers le bleu (-62 nm)
couplé à une plus faible intensité relative de la bande d’absorption à plus faible énergie dans
le cas de l’OPBzT²-C12 & Si l’on considère que cette bande correspond bien au transfert de
charge entre unités donneur et accepteur, on peut attribuer ce décalage à un plus faible
couplage entre les unités D et A lorsque les chaînes sont en position . Ceci pourrait résulter
de l’encombrement stérique des chaînes alkyles sur le 2,1,3-benzothiadiazole et de la torsion
du squelette carboné entre les unités adjacentes qui en découle.
La nature des chaînes alkyles (linéaires ou branchées) quand à elle n’a qu’un faible
impact sur les propriétés d’absorption en solution (en position !).
A l’état solide
Pour tous les matériaux un décalage vers les plus hautes longueurs d’ondes des
maximums d’absorption est observé lorsque les oligomères passent de l’état en solution à
l’état solide (Figure 5b). Ce phénomène est lié aux interactions entre orbitales $ (ou « $-
stacking ») qui résultent de l’assemblage des molécules à l’état solide.
125
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Les gaps optiques en films minces, déterminés selon la méthode présentée dans le
paragraphe 1.1, sont estimés à 2,05, 1,82 et 1,73 eV respectivement pour l’OPBzT²-C12 ,
l’OPBzT²-EH! et l’OPBzT²-C12!. Ainsi la position et la nature des chaînes alkyles peuvent
faire varier la largeur de bande interdite d’au moins 0,3 eV.
Nous avons complété ces résultats en étudiant les propriétés électrochimiques de ces
oligomères.
Les trois matériaux ont été étudiés en solution et à l’état solide par voltampérométrie
cyclique. Comme le montre la Figure 8, les oligomères présentent tous des vagues
d’oxydation et de réduction pseudo-réversibles. La variation d’intensité entre les différents
matériaux est reliée entre autre à une différence de concentration en solution et d’épaisseur du
film à l’état solide. Les valeurs des potentiels d’oxydation et de réduction ainsi que des
positions relatives des niveaux énergétiques HOMO et LUMO sont résumés dans le Tableau
2. On peut observer un léger décalage des seuils d’oxydation et de réduction suivant la nature
et la position des chaînes alkyles.
a) b)
0.006
OPBzT²-C12
OPBzT²-C12! 0.011
0.004
OPBzT²-EH!
0.002 0.006
I (mA)
I (mA)
0 0.001
-0.002 -0.004
-0.004 -0.009
-1.8 -1.5 -1.2 -0.9 -0.6 -0.3 0 0.3 0.6 0.9 1.2 -1.8 -1.5 -1.2 -0.9 -0.6 -0.3 0 0.3 0.6 0.9 1.2
E (V) vs SCE
E (V) vs SCE
126
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
E (ev)
- 3,17 eV - 3,31 eV - 3,34 eV
- 5,06 eV - 5,16 eV
- 5,21 eV
Figure 9 : Diagramme énergétique des oligomères d’après les résultats d’électrochimie en solution.
127
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Nous avons utilisé la théorie des fonctions de densité pour modéliser la conformation
des molécules (angles dihédraux), la distribution des niveaux HOMO et LUMO ainsi que les
valeurs des orbitales frontières (voir paragraphe 1.3). Puisque les calculs ont été effectués sur
des molécules uniques, les résultats sont représentatifs des molécules en solution très diluée.
Les calculs ne tiennent pas comptent d’un éventuel couplage intermoléculaire ni des
interactions avec les molécules du solvant.
Afin de réduire le temps de calcul, nous avons dans un premier temps modélisé les
oligomères en remplaçant les chaînes latérales par des méthyles. La structure chimique
modèle utilisée est montrée en Figure 10.
Les valeurs des angles R1, R2 et R3 pour les deux positions de chaînes sont données
dans le Tableau 3.
On peut tout d’abord noter que malgré la taille réduite des chaînes, l’influence de la
position sur la valeur des angles dihédraux est considérable. Les calculs de conformation
confirment la plus grande coplanéité des motifs conjugués (thiophène et 2,1,3-
benzothiadiazole) dans le cas de la position des chaînes latérales en !. La valeur de 46° pour
R1 dans le cas des oligomères en est proche de la valeur critique de 50° au delà de laquelle
la conjugaison est brisée. Ceci explique le décalage vers le bleu et la plus faible intensité
relative de la bande d’absorption de plus basse énergie (reliée au transfert de charges interne
entre les unités donneur et accepteur d’électrons) dans le cas de l’OPBzT2-C12 .
Position des chaînes R1 (°) R2 (°) R3 (°) EHOMO (eV) ELUMO (eV)
46 15 4 -4,9 -2,6
! 9 8 25,5 -4,77 -2,73
Tableau 3 : Valeurs des angles dihédraux et des positions relatives des niveaux HOMO et LUMO des
oligomères.
L’écart entre les niveaux énergétiques calculés correspond à la transition à plus faible
énergie, c’est-à-dire au transfert de charges interne. Les distributions électroniques obtenues
sont illustrées sur la Figure 11.
La torsion du squelette carboné entre les unités thiophènes et 2,1,3-benzothiadiazole a
pour effet de localiser la HOMO (les trous) sur les thiophènes et thiéno[3,2-b]thiophène et la
LUMO (les électrons) sur le 2,1,3-benzothiadiazole. Dans ce cas, la transition électronique
sera donc plus difficile.
Le passage de la position à la position ! a pour effet de diminuer les angles de
torsion au sein de la molécule et de délocaliser le nuage électronique. La transition
électronique de la HOMO vers la LUMO sera ainsi facilitée. L’évolution des niveaux
128
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
!
Figure 11 : Distribution des niveaux énergétiques (HOMO en bas, LUMO en haut).
Certains essais de détermination de structure ont été réalisés par diffraction des rayons
X. Les difficultés de mise en œuvre des matériaux pour obtenir des domaines de diffraction de
taille suffisante n’ont pas permis de déterminer sans ambiguïté la structure des oligomères
synthétisés.
L’analyse par calorimétrie différentielle à balayage (DSC) ne sera pas discutée dans la
suite de ce manuscrit car elle ne nous a pas permis de mettre en évidence de comportement
thermique caractéristique.
Nous avons conçu et obtenu trois oligomères, aisés à purifier, dont on a fait varier
deux paramètres structuraux : la position des chaînes latérales sur les motifs conjugués et la
nature de ces chaînes. Leurs caractérisations nous ont permis de mettre en évidence les effets
de ces paramètres structuraux sur les propriétés d’absorption, les niveaux énergétiques et la
conformation des molécules.
La largeur de la bande interdite a effectivement été diminuée et une deuxième bande
d’absorption est apparue en utilisant un matériau alterné (d-a).
La position des chaînes latérales a un fort impact sur les propriétés d’absorption et sur
les propriétés électrochimiques, plus que la nature des chaînes (linéaires vs ramifiées). Il
129
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Cinq polymères conjugués ont été conçus à partir du même enchaînement de motifs
conjugués et des mêmes stratégies de synthèse (cf Chapitre 3).
Figure 12 : Structure chimique des polymères à base de trimère TBT et de thiéno[3,2-b]thiophène dont la
nature et la position des chaînes alkyles a été modulée.
Nous avons d’abord synthétisé des polymères avec les chaînes en position et fait en
sorte d’avoir deux longueurs de chaînes alkyles à disposition (octyle C8 et dodécyle C12) afin
d’optimiser la solubilité des matériaux et d’étudier l’effet des chaînes sur l’assemblage des
molécules. Il a en effet été montré que la longueur des chaînes alkyles pouvait influencer
l’organisation intermoléculaire ainsi que les distances de $-stacking. C’est le cas notamment
pour les polythiophènes9 et pour plusieurs copolymères alternés (d-a).10
Les chaînes octyles se sont cependant révélées trop courtes pour apporter
suffisamment de solubilité au polymère. Nous avons donc préféré continuer notre étude en
utilisant des chaînes en C12. Dans un deuxième temps, comme pour les oligomères, nous
avons déplacé les chaînes de la position à la position ! pour rendre plus plan le trimère de
benzothiadiazole. Dans ce cas nous avons comparé les chaînes linéaires (C12) aux chaînes
ramifiées (2-éthylhexyles ou EH).
130
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Enfin, nous avons également introduit une fonction alkoxy à caractère donneur
d’électrons au sein des chaînes alkyles (éthylhexyloxy ou OEH).
Nous avons finalement évalué l’effet des chaînes latérales sur les différentes propriétés
des polymères.
Comme nous pouvons le voir sur la Figure 13, la position et la nature des chaînes ont
une grande influence sur les propriétés d’absorption. Les valeurs des maximums d’absorption
ainsi que des gaps optiques sont résumées dans le Tableau 4.
a) 1.2 b) 1.2
P TB zT²-C8
P TB zT²-C12
1 P TB zT²-C12! 1
P TB zT²-EH!
P TB zT²-OEH!
0.8 0.8
A (u.a.)
A (u.a.)
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
350 450 550 650 750 850 350 450 550 650 750 850
#"(nm) # (nm)
Figure 13 : Spectres d'absorption des polymères à base de trimère TBT avec des chaînes alkyles de nature
et position différentes (a) en solution dans l'o-DCB b) à l'état solide.
Comme pour les oligomères, les spectres des polymères présentent deux bandes
d’absorption distinctes. De plus, le passage de la solution à l’état solide est caractérisé dans
tous les cas par un décalage du spectre vers le rouge.
En solution
L’augmentation de la longueur des chaînes alkyles (octyle à dodécyle) en position ,
affecte peu les spectres d’absorption des polymères. En revanche le remplacement des
longues chaînes linéaires (C12) par des chaînes branchées plus courtes (EH) engendre une
petite variation. Les deux bandes d’absorption du PTBzT²-EH!"sont décalées vers le bleu de
respectivement 16 et de 26 nm par rapport au PTBzT2-C12!& A l’instar de ce que l’on a
observé pour les oligomères, ceci peut être dû à une légère torsion de la chaîne entre les
131
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
' L’introduction de la fonction alkoxy a en particulier pour effet de décaler vers le rouge
d’environ 55 nm la bande de plus haute énergie. Pei et al.11 observent un décalage
similaire dans le cadre d’un copolymère à base de TBT et de fluorène. Ils attribuent ce
décalage de la transition $-$* à une diminution du potentiel d’ionisation du
groupement donneur (thiophène-thiéno[3,2-b]thiophène-thiophène dans notre cas) dû
à un effet push-pull entre les chaînes alkoxy des thiophènes et le comonomère
(fluorène dans leur cas, thiéno[3,2-b]thiophène dans notre cas).
' L’effet donneur de cette chaîne pourrait également augmenter le caractère donneur
d’électrons des thiophènes et renforcer de ce fait le couplage (d-a) avec l’unité 2,1,3-
benzothiadiazole à caractère accepteur d’électron.
' L’encombrement stérique de la liaison C-O-C semble être également plus faible que
celui d’une chaîne alkyle. En effet le rayon de Van der Waals d’un atome d’oxygène
(0,14 nm) est inférieur à celui d’un groupement méthylène (0,20 nm).12 Ceci aurait
pour conséquence d’aplanir encore un peu plus le squelette conjugué, augmentant
d’autant la délocalisation des électrons.
' Une interaction spécifique soufre-oxygène peut également avoir lieu entre la fonction
alkoxy de la chaîne alkyle et le thiéno[3,2-b]thiophène adjacent. Il a été montré par
diffraction de rayons X que des interactions faibles non liantes pouvaient avoir lieu
entre le soufre et l’oxygène de deux unités conjuguées voisines. Il s’est en effet avéré
que la distance S-O du BEDOT estimé à 2,92 Å (représenté sur la Figure 14) était
inférieure à la somme des rayons de Van der Waals des atomes de soufre et d’oxygène
(3,25 Å).13 Ce phénomène pourrait donc rendre la molécule plus plane.
Par ailleurs, Burkhardt et al.14 proposent que la plus faible distance S-O observée dans
le cas des PEDOT et d’autres matériaux similaires ne serait pas due à l’interaction des atomes
de soufre et d’oxygène mais plutôt aux interactions $ transverses mettant en jeu une nouvelle
forme de résonance (Figure 15).
132
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Bien qu’il nous soit impossible de trancher en faveur de l’une ou l’autre de ces
hypothèses, il paraît évident que la fonction alkoxy favorise la planéité de l’ensemble de la
molécule ainsi que des transferts électroniques de type push-pull à l’origine du décalage
observé du spectre d’absorption.
La position des chaînes sur le squelette carboné a un impact non négligeable sur les
propriétés d’absorption en solution. Comme nous l’avions observé dans le cas des oligomères,
et en accord avec les observations de Janssen et al.15 sur les PB3TB et PB4TB1 et de Huck et
al. 16 sur les T8TBT1, le passage de la position à la position ! a pour effet de décaler vers le
rouge la bande de plus basse énergie. Ce résultat peut s’expliquer par la diminution de
l’encombrement stérique entre les unités thiophènes et le 2,1,3-benzothiadiazole qui renforce
ainsi le transfert de charges entre les unités donneur et accepteur.
A l’état solide.
L’ensemble des spectres d’absorption des polymères à l’état solide est décalé vers le
rouge en comparaison des spectres en solution. Cet effet est attribué au $-stacking qui résulte
de l’assemblage des macromolécules à l’état solide.
On peut d’abord noter qu’en raison d’une solubilité insuffisante, les chaînes linéaires
octyles ont tendance à s’agréger et induisent une rugosité importante du film (visible sur le
spectre par le non retour à zéro de l’absorption aux longueurs d’ondes élevées sur la Figure
13b). La nature des chaînes (longueurs, linéaires ou branchées) ne joue pas un rôle majeur sur
l’absorption, puisque les spectres des PTBzT²-C12 vs PTBzT²-C8 et PTBzT²-C12! vs
PTBzT²-EH! sont relativement similaires. Par contre, comme pour les spectres en solution, la
position des chaînes ainsi que la présence de la fonction alkoxy ont une grande influence sur
les spectres d’absorption (diminution de Eg de 0,3 eV quand on passe de la position à la
position ! et diminution de Eg de 0,17 eV en passant de EH! à OEH!).
Par cette étude, nous avons mis en évidence, que le transfert de charge interne,
caractéristique des copolymères alternés (d-a) peut être renforcé en rendant le squelette
carboné plus plan et également en renforçant le caractère donneur des unités thiophènes (par
introduction de fonction alkoxy au sein des chaînes latérales). Ces deux effets combinés, nous
ont permis de décaler le maximum d’absorption de presque 200 nm vers les plus grandes
longueurs d’ondes et de diminuer le gap optique de 0,5 eV.
Le polymère avec les fonctions alkoxy présente l’avantage d’un grand recouvrement
spectral avec la lumière solaire ce qui fait de lui un bon candidat pour le photovoltaïque. Les
polymères PTBzT²-C12! et PTBzT²-EH! possèdent eux aussi des propriétés d’absorption
intéressantes. On peut noter qu’un mélange de nos polymères conjugués conduirait à un
spectre d’absorption optimal.
1
Polymères à base de dithienyl-benzothiadiazole avec des chaînes alkyles positionnées en position 3 ou 4,
respectivement ou !.
133
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Nous allons maintenant évaluer l’impact de ces chaînes latérales sur les positions des
niveaux énergétiques.
Les autres polymères présentent tous des pics d’oxydation et de réduction pseudo
réversibles et relativement stables au cours du temps (Figure 16). Les valeurs des potentiels
ainsi que les positions relatives de niveaux énergétiques sont présentées dans le Tableau 5 et
en Figure 17.
a) b) 0.25
PTBzT²-C12
0.08 PTBzT²-C12! 0.2
PTBzT²-EH!
PTBzT²-OEH! 0.15
0.03
0.1
I (a.u.)
I (a.u.)
-0.02
0.05
-0.07 0
-0.05
-0.12
-0.1
-0.17 -0.15
-1.6 -1.3 -1 -0.7 -0.4 0.02 0.32 0.62 0.92 1.22 1.52
E (V) vs SCE E (V) vs SCE
Figure 16 : Voltampérogrammes des différents polymères a) pics de réduction b) pics d’oxydation. Les
valeurs de potentiels sont présentées après calibration par rapport à SCE. L'intensité est en unité
arbitriare pour une meilleure lisibilité des courbes.
134
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
L’écart entre les gaps électrochimiques et optiques ((Eg = 0,2 - 0,3 eV) peut être
associé à l’énergie de liaison de l’exciton. En effet, par spectroscopie d’absorption, on
détermine l’énergie minimale nécessaire pour former un exciton singulet alors que par
électrochimie, on sonde l’énergie nécessaire pour injecter directement dans le matériau des
électrons et des trous de manière indépendante. On peut donc s’attendre à ce que Egec ) Egopt +
Edissociation exciton.17
E (ev)
- 3,18 eV - 3,21 eV - 3,11 eV
- 3,29 eV
- 4,3 eV
- 4,83 eV
- 5,00 eV - 5,00 eV
- 5,34 eV
- 6,00 eV
PTBzT²-C12 PTBzT²-C12! PTBzT²-EH! PTBzT²-OEH!
C60-PCBM
135
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Position des chaînes R1 (°) R2 (°) R3 (°) EHOMO (eV) ELUMO (eV)
50 50 14 -4,9 -2,6
! 1-2 1-2 14 -4,6 -2,8
!"OEH <1 <2 <1 -4,3 -2,9
Tableau 6 : Valeurs théoriques des angles dihédraux et des positions relatives des niveaux énergétiques
HOMO et LUMO.
Les chaînes alkyles en position conduisent à un squelette carboné plus tordu qu’en
position !, avec des valeurs de R1 et R2 de près de 50°. Comme dans le cas des oligomères, la
position des chaînes en ! du 2,1,3-benzothiadiazole permet de limiter les torsions au sein du
trimère TBT, ce qui est cohérent avec le décalage vers le rouge de la bande d’absorption de
plus basse énergie. L’introduction de la fonction alkoxy semble rendre plus plan l’ensemble
du squelette carboné. Ces effets sur la conformation du squelette ont une forte influence sur
les densités électroniques comme on peut le constater sur la Figure 19.
Figure 19 : Calcul des distributions électroniques des niveaux HOMO(en bas) et LUMO (en haut), seul le
motif central est représenté ici. Etude du rôle des positions des groupements méthyles et de l’influence du
groupement méthoxy sur les propriétés des polymères.
Dans le cas des molécules modèles avec les chaînes méthyles en , l’orbitale
moléculaire HOMO est principalement localisée sur les unités thiophène et thiéno[3,2-
b]thiophène. Ceci s’explique par la forte torsion du squelette carboné entre les unités
thiophènes et 2,1,3-benzothiadiazole.19 En revanche, lorsque le squelette est plus plan
(méthyle en !), la HOMO est distribuée de façon plus homogène le long du squelette carboné.
136
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Enfin, pour les chaînes alkoxy, le doublet d’électrons de l’atome d’oxygène renforce la
localisation de la HOMO au niveau du thiophène et amplifie le caractère donneur de cette
unité.
L’orbitale LUMO des matériaux avec les chaînes en est très localisée au niveau du
motif pauvre en électrons, alors que pour les chaînes en !, la LUMO couvre partiellement les
motifs thiophènes adjacents. Le recouvrement spatial des orbitales HOMO et LUMO en
configuration ! qui en résulte devrait se traduire par un coefficient d’absorption légèrement
plus élevé qu’en position .
L’évolution des positions relatives des niveaux énergétiques sont en accord avec les
mesures expérimentales de voltampérommétrie cyclique. A savoir :
' une diminution du potentiel d’ionisation lorsque le squelette est plus plan (cas des
PTBzT²-C12! et PTBzT²-EH!)
' un renforcement du caractère donneur des thiophènes en présence de fonction
alkoxy (PTBzT²-OEH!).
Des calculs complémentaires sur des structures moléculaires plus courtes, mais
fonctionnalisées par des chaînes latérales réelles (C12 et CEH) sont présentés en annexe. Les
résultats corroborent les observations ci-dessus : amélioration de la planéité en position !.
Les résultats précédents révèlent que les polymères à base de TBT présentent des
variations significatives de leur conformation selon la nature et la position des chaînes
latérales. Ces changements peuvent influencer leurs propriétés d’auto-assemblage à l’état
solide. Nous avons donc cherché à caractériser l’assemblage des polymères à l’état solide par
des analyses structurales de diffraction aux rayons X.
Figure 20 : Diagramme de diffraction des trois polymères. Les pics relatifs à la distance interchaîne ainsi
qu'à la distance de $-stacking sont visibles.
137
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Les distances de $-stacking ont été estimées à 0,41, 0,37 et 0,35 nm, respectivement
pour PTBzT2-C12 , PTBzT2-C12! et PTBzT2-EH!. Par conséquent, les interactions $ sont
plus prononcées dans le cas des matériaux en !.
La Figure 22 représente le modèle structural proposé pour ce matériau avec les valeurs
de paramètres de maille calculées.
Figure 22 : Modèle structural du PTBzT2-EH! en projection selon l’axe b. Il contient deux chaînes
principales par maille. Le paramètre a se trouve le long des chaînes latérales (a = 1,46 nm), le paramètre b
correspond à la distance interchaîne (0,74 nm) et le paramètre c est considéré le long de la chaîne
principale (c= 1,78 nm).
La distance de $-stacking estimée par cette méthode (0,37 nm) est proche de celle
estimée par diffraction de rayons X. En outre, la distance caractéristique mesurée le long de la
138
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
chaîne principale (c) correspond à la taille d’un monomère. Enfin, le modèle met en évidence
une interdigitation des chaînes 2-éthylhexyles.
Nous avons finalement élaboré des transistors à effet de champ et extrait les mobilités
de trous (en régime de saturation) avant et après recuit thermique.
Les conditions de recuit ont été choisies empiriquement (aucune température de
transition de phase n’a pu être observé par DSC) en se basant sur l’évolution des
performances photovoltaïques (cf chapitre 5).
139
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
140
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
' la longueur de conjugaison (le nombre de doubles liaisons par unité de répétition passe
de 9 à 13)
' la solubilité et l’assemblage des molécules (le nombre de chaînes latérales par unité de
répétition passe de 2 à 4)
' la planéité des molécules ainsi que les propriétés qui en découlent (les chaînes
latérales se trouvent soit en position , soit en position !, soit sur le thiéno[3,2-
b]thiophène)
Figure 23 : Structures des polymères à base de pentamère TTBTT et leurs homologues à base de trimère
TBT étudiés précédemment.
Au niveau des propriétés chimiques, nous avons pu noter une meilleure solubilité et
une mise en forme (élaboration de films) plus aisée dans le cas des PPBzT²-R et du PTnBzTa2
(comparé aux polymères à base de trimère TBT) en accord avec l’augmentation du nombre de
chaînes alkyles présentes sur l’unité de répétition.
Il est également intéressant de noter que plusieurs études similaires sur des
copolymères à base de thiophène et de 2,1,3-benzothiadiazole ont été publiés par Krebs et
al.20 et plus récemment par Liang et al.21 et Wang et al.22 Elles se différencient de la nôtre
principalement par la nature et la position des chaînes alkyles et ne sont, en général, pas
associées au motif thiéno[3,2-b]thiophène. Nous discuterons plus particulièrement des travaux
de Liang et al. basés sur les polymères représentés Figure 24.
141
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Figure 24 : Structure chimique des polymères synthétisés et étudiés par Liang et al. 21
Les spectres d’absorption (en solution et en film) des polymères à base de pentamères
TTBTT comparés à ceux de leurs homologues à base de trimère TBT sont présentés sur la
Figure 25 suivante2. Nous allons, dans un premier temps, discuter de l’effet de la taille du bloc
donneur et dans un deuxième temps l’effet de la nature et de la position des chaînes latérales
sur les pentamères TTBTT. Les valeurs des longueurs d’ondes maximales ainsi que de gap
sont résumées dans le Tableau 8.
a) b)
PTBzT²-C12
1 1
PPBzT²-C12
PTBzT²-C12!
0.8 0.8
PPBzT²-C12!
PTBzT²-EH!
A (u.a.)
A (u.a.)
0.6 0.6
PPBzT²-EH!
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
350 450 550 650 750 850 350 450 550 650 750 850
#"(nm) # (nm)
2
Nous avions à notre disposition un polymère conjugué ne présentant pas d’unité 2,1,3-benzothiadiazole à base
de thiophènes et de thiéno[3,2-b]thiophène (synthétisé en début de thèse). Comme pour les oligomères, nous
avons comparé son spectre d’absorption à celui d’un copolymère alterné (d-a) équivalent. Nous avons encore
une fois observé la présence de la double bande d’absorption seulement dans le cas du copolymère alterné. Cette
brève étude est présentée en annexe de ce chapitre.
142
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
En solution
L’augmentation de la longueur du bloc donneur a deux effets systématiques sur les
spectres d’absorption en solution : un décalage vers le rouge de la bande de plus haute énergie
et un décalage vers le bleu de la bande de plus basse énergie (schématisé par les flèches sur la
Figure 26). Cet effet est plus marqué pour les polymères possédant des chaînes dodécyles en
position (+38 nm pour la bande de plus haute énergie et -16 nm pour la bande de plus basse
énergie). Il est probable que la plus faible torsion des unités donneurs autour du 2,1,3-
benzothiadiazole contrecarre cet effet dans le cas des polymères possédant des chaînes en
position !.
a)
PTBzT²-C12
1
PPBzT²-C12
PTBzT²-C12!
0.8
PPBzT²-C12!
A (u.a.)
0.6
0.4
0.2
+6 nm -12 nm
+38 nm -16 nm
0
350 450 550 650 750 850
#"(nm)
Figure 26 : Effet de l'augmentation de la taille du bloc donneur sur les spectres d'absorption en solution.
Il est intéressant de noter qu’un effet similaire a été observé par Reynolds et al.23 dans
des copolymères alternés (d-a), composés d’unités 2,1,3-benzothiadiazole et thiophènes.
Leurs travaux montrent qu’une augmentation du nombre d’unités thiophènes du bloc donneur
engendre systématiquement un décalage vers le rouge (bathochrome) de la transition de plus
haute énergie et un décalage vers le bleu (hypsochrome) de la transition de plus basse énergie.
Les deux évolutions font tendre le spectre d’absorption vers celui de l’homopolymère de
thiophène, ce qui revient à dire que l’on dilue ou diminue l’effet du transfert de charge (d-a).
De même l’intensité relative du pic associé au transfert de charge diminue avec
l’augmentation du nombre d’unités thiophènes. Même si le mécanisme sous-jacent n’a pas
encore été élucidé, cette évolution laisse à penser que l’augmentation de la taille du bloc
donneur autour du 2,1,3-benzothiadiazole a pour effet d’augmenter la délocalisation de la
HOMO sur le groupement donneur (produisant le décalage vers le rouge de la transition $-
$*), de renforcer la localisation de la LUMO sur le motif accepteur, et d’atténuer la
probabilité du transfert de charge interne (par un plus faible recouvrement des orbitales
HOMO/LUMO).
Enfin, l’épaulement vers 710 nm présent sur les spectres des PTBzT²-C12! et PPBzT²-
C12!, semble indiquer la présence d’agrégats. La taille de ces objets est probablement
nanométrique puisque aucune trace d’agrégats n’était visible à l’œil dans les solutions.
143
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
A l’état solide
En passant de la solution au film, tous les spectres sont décalés vers le rouge, mettant
en évidence la présence d’interactions $ intermoléculaires (+ 40 nm en moyenne sur la
transition de transfert de charge, voir Figure 27). Le décalage bathochrome de la transition $-
$* est légèrement plus marqué qu’en solution. Le décalage vers le bleu de la bande de
transfert de charge (induite par l’allongement du bloc donneur) n’est visible que dans le cas
du PPBzT2-C12 . Le squelette plus plan dans le cas des chaînes en ! et les interactions
intermoléculaires plus intenses qui en résultent, semblent contrecarrer l’effet observé en
solution.
Les énergies de bande interdite, obtenues à partir du seuil d’absorption en film, varient
peu avec le nombre de thiophènes (TTBTT vs TBT) quelque soit la position des chaînes
latérales. (Eg 1,8 eV pour le pentamère avec les chaînes dodécyles en et Eg 1,6 eV pour
les autres polymères).
On peut aussi évaluer l’influence des chaînes latérales sur les polymères à base de
pentamère TTBTT.
a) b)
1 PPBzT²-C12
1
PPBzT²-C12!
0.8 PPBzT²-EH!
0.8
PTnBzTa²
A (u.a.)
A (u.a.)
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
350 450 550 650 750 850 350 450 550 650 750 850
#"(nm) # (nm)
Figure 27 : Effet de la nature et de la position des chaînes alkyles sur les propriétés d'absorption des
polymères à base de pentamère TTBTT. a) Spectres en solution dans l’o-DCB b) Spectres à l’état solide.
144
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
ces décalages sont particulièrement sensibles au couplage (d-a) et par conséquent à l’angle de
torsion. Comme dans le cas des PTBzT², les spectres du polymère à base des chaînes
ramifiées (PPBzT²-EH!) sont légèrement décalés vers le bleu par rapport à ceux du PPBzT²-
C12!& Ce phénomène est probablement relié à une torsion du squelette carboné engendrée par
l’encombrement stérique des chaînes ramifiées.
Enfin, les propriétés d’absorption du PTnBzTa2 sont similaires à celle du PPBzT²-EH!
en film ou en solution comme on peut le voir sur la Figure 27. Ce comportement nous amène
à conclure que :
' l’absence de chaînes EH sur les thiophènes voisins du benzothiadiazole ne modifie pas
le couplage (d-a),
' la présence des chaînes sur le thiéno[3,2-b]thiophène perturbe peu la conformation du
bloc donneur et donc la transition de type $%$*,
' les interactions intermoléculaires à l’état solide sont similaires entre le PPBzT²-EH! et
le PTnBzTa2.
Tous les polymères présentent des pics d’oxydation pseudo réversibles et relativement
stables au cours du temps. En revanche, il nous a été plus difficile d’obtenir les potentiels de
réduction de PPBzT2-C12! et PPBzT2-EH! à cause de la trop faible intensité des signaux.
Les valeurs des potentiels d’oxydation et de réduction ainsi que les positions relatives
des orbitales frontières sont résumées dans le Tableau 9.
145
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Il s’est avéré que les PPBzT²-R étaient un peu plus solubles et qu’ils étaient plus
faciles à mettre en œuvre que les PTBzT²-R, du fait du plus grand nombre de chaînes alkyles
par unité monomère.
L’augmentation de la longueur de conjugaison du groupe à caractère donneur
d’électron influence peu le gap optique ou les niveaux électroniques des matériaux. Nous
avons tout de même observé un décalage non-négligeable vers le rouge de la bande $-$* et un
décalage vers le bleu de la bande de transfert de charge.
Comme dans le cas des trimères et des oligomères, nous avons pu comparer l’effet de
la position et de la nature des chaînes latérales. Les résultats vont dans le même sens que
précédemment.
Les polymères PPBzT²-EH!, PPBzT²-C12! et PTnBzTa2 possèdent des propriétés
optiques et électrochimiques intéressantes. Ils semblent donc être de bons candidats pour être
utilisés au sein de cellules photovoltaïques.
146
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Les spectres d’absorption (en solution et en film) des polymères sont présentés sur la
Figure 29 suivante. Les valeurs des longueurs d’ondes maximales ainsi que de gap optique
déterminé à l’état solide sont résumées dans le Tableau 11.
a) b)
1 PTBzT²-EH!
1
PTBzT-EH!
0.8 PTBzTT-EH!
0.8
A (u.a.)
A (u.a.)
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
350 450 550 650 750 850 350 450 550 650 750 850
#"(nm) # (nm)
Figure 29 : Spectres d'absorption des polymères contenant une unité thiéno[3,2-b]thiophène (vert),
thiophène (bleu) et 2,2’-bithiophene (rouge) a) en solution dans l'o-DCB, b) à l'état solide.
147
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Les spectres possèdent les deux bandes d’absorption caractéristiques des copolymères
alternés (d-a). En solution, remplacer l’unité thiéno[3,2-b]thiophène donneur d’électrons par
une unité thiophène ou 2,2’-bithiophène ne change pas significativement l’énergie de
transition correspondant au transfert de charges intramoléculaire. Cet effet corrobore
l’hypothèse selon laquelle la bande de plus basse énergie est plus particulièrement gouvernée
par l’unité thiophène-benzothiadiazole-thiophène. En revanche, on peut observer un décalage
vers le rouge de la bande d’absorption de plus haute énergie avec l’augmentation du nombre
de doubles liaisons et donc avec l’augmentation de la longueur de conjugaison du groupe à
caractère donneur d’électron lorsque l’on passe respectivement du thiophène au thiéno[3,2-
b]thiophène puis au 2,2’-bithiophène. La longueur d’onde maximale d’absorption est décalée
de +13 nm lorsque l’on remplace le thiophène par un 2,2’-bithiophène. Le polymère à base du
motif thiéno[3,2-b]thiophène fusionné (contenant trois doubles liaisons) possède une
absorption intermédiaire aux deux autres.
Les spectres sont décalés vers le rouge lorsque l’on passe de la solution au film, signe
de l’arrangement plus compact des molécules à l’état solide. Globalement on observe un
décalage bathochrome des deux maxima d’absorption un peu plus prononcé dans les cas de
deux polymères ne contenant pas l’unité fusionnée, avec la présence d’un épaulement
nettement moins marqué dans le cas du PTBzT²-EH!. Est-ce le signe d’une meilleure
organisation des chaînes macromoléculaires lorsque l’on remplace le thiéno[3,2-b]thiophène
par une unité non fusionnée ? Une étude structurale (par diffraction X ou électronique) sera
nécessaire pour élucider le mécanisme à l’origine de ce comportement (manque de flexibilité
ou angle de torsion entre unités donneurs, distance de $-stacking plus élevée,….).
polymère Doubles #max sol (nm) #max film (nm) Egopt (eV)
liaisons"
PTBzT-EH! 2 387 / 569 429 / 654 1,57
PTBzT2-EH! 3 393 / 561 428 / 617 1,56
PTBzTT-EH! 4 410 / 562 449 / 647 1,59
Tableau 11 : Propriétés d’absorption des trois copolymères, suivant le nombre de doubles liaisons au
niveau des unités thiophène T, thiéno[3,2-b]thiophène T2 et 2,2’-bithiophène TT.
Nous avons ensuite comparé l’influence des unités donneurs sur l’évolution des
potentiels d’ionisation et des affinités électroniques des matériaux en films minces. Les
valeurs ainsi que les positions relatives des niveaux énergétiques sont résumées dans le
Tableau 12 et sur la Figure 30.
Le potentiel d’ionisation du PTBzT2-EH!"(thiéno[3,2-b]thiophène) est relativement
similaire à celui du PTBzTT-EH!"(2,2’-bithiophène). En revanche le comportement du
148
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
PTBzT-EH! (thiophène) semble particulier. Son niveau HOMO est en effet abaissé par
rapport aux deux autres de 0,25 eV. L’effet est d’autant plus étrange que le gap
électrochimique calculé est moins en adéquation avec le gap optique que pour les autres
polymères ((Eg = 0,56 eV). Une erreur expérimentale n’étant pas exclue, il est préférable de
répéter la mesure avant de conclure sur ce résultat.
Comme on pouvait s’y attendre, l’affinité électronique semble moins affectée par le
groupement donneur (la LUMO est localisée sur le groupement accepteur). La légère baisse
du niveau LUMO pour le motif 2,2’-bithiophène semble indiquer une plus forte délocalisation
dans le cas du PTBzTT-EH!&"
E (ev)
- 5,00 eV - 4,96 eV
- 5,25 eV
Nous avons finalement comparé les valeurs de mobilités de trous au sein de ces trois
matériaux. Celles-ci sont résumées dans le Tableau 13. Aussi surprenant que cela puisse
paraître, de très bonnes mobilités (de l’ordre de 10-2 cm2/V.s) ont été atteintes pour les
matériaux ne contenant pas le motif thiéno[3,2-b]thiophène. Ce résultat va à l’encontre de nos
attentes (voir chapitre 1) et semble confirmer que la présence du thiéno[3,2-b]thiophène, dans
le cas de nos copolymères, affaiblit les interactions $ intermoléculaires (cf paragraphe 3.3.1).
Il serait intéressant de pouvoir confirmer cette hypothèse par des analyses structurales.
Néanmoins, il ne faut pas sous-estimer l’effet des masses moléculaires beaucoup plus faible
dans le cas du PTBzT²-EH!&
149
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Dans ce dernier paragraphe, nous allons évaluer l’effet de l’introduction d’un motif
totalement plan. Nous avons pour cela synthétisé le PLT-T2-EH, comparable au PTBzT2-
EH!* (les deux polymères possèdent 9 doubles liaisons au sein du motif de répétition), ainsi
que l’homopolymère du motif échelle, le PLT-EH. Les structures chimiques sont présentées
Figure 31.
S S
N N N N
S S
S N N
S S S S
S S
n S n n
N N S
N N
PTBzT²-EH
PLT-T²-EH
PLT-EH
Figure 31 : Structure chimiques des matériaux à base de motif échelle comparés au PTBzT2-EH .
Une première étude a consisté à comparer les spectres en solutions des trimères TBT
portant les chaînes linéaires C12 et ramifiées 2-éthylhexyles respectivement en position et
!, au monomère ladder portant les chaînes ramifiées 2-éthylhexyles (Figure 32). On sait des
études précédentes que la nature de la chaîne alkyle n’a que peu d’influence sur l’allure du
150
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
spectre d’absorption en solution dans le cas des polymères, ce qui doit être également le cas
pour les monomères.
3.5
2.5
A (u.a.)
1.5
0.5
0
280 380 480 580
#"(nm)
Figure 32 : Spectres d'absorption normalisés des différents trimères en solution dans le chloroforme (en
orange le TBT-C12 , en vers le TBT-EH! et en bleu le LT-EH).
Pour chacun des monomères, on observe clairement deux bandes (Figure 32). Si l’on
se limite à la bande située à plus basse énergie, reliée à la largeur de bande interdite du
monomère et donc à sa conjugaison, il apparaît clairement que le motif échelle n’est pas plus
conjugué que les motifs TBT classiques. Son spectre (en bleu) est situé entre les spectres des
motifs TBT, respectivement (orange) et ! (vert). L’absence de rotation, possible dans le cas
de motif échelle, n’est donc pas synonyme de meilleure conjugaison.
Bien que ce résultat ne soit pas encore très clair, on peut néanmoins donner quelques
hypothèses :
' En particulier, les angles et les longueurs des liaisons simples et doubles doivent
être significativement modifiés dans le cas du ladder en comparaison du trimère
TBT (cf Figure 33).
' On peut également imaginer que la forme quinoïdale du motif ladder est
déséquilibrée au profit de sa forme aromatique moins conjuguée. Tout cela n’est
qu’hypothèses et cette observation contre-intuitive mériterait que l’on s’attarde sur
la modélisation et la caractérisation plus approfondie de ce motif.
' Il est aussi probable que le caractère fortement donneur de la fonction amine
contrecarre le caractère accepteur du 2,1,3-benzothiadiazole ce qui aurait pour
effet de limiter le transfert de charge interne.
Structure Longueur
Angle . (°) Angle / (°)
modèle liaison (! )
TBT-CH3! 1,45 122,6 129,9
LT-CH3! 1,417 106,48 107,95
151
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
Figure 33 : Calculs des longueurs de liaison entre unité thiophène et 2,1,3-benzothiadiazole ainsi que des
angles de liaisons par le logiciel Spartan dans le cas de deux molécules modèles.
Les spectres d’absorption (en solution et en film) des polymères à base du motif
échelle comparés à ceux du PTBzT2-EH" sont présentés sur la Figure 34 suivante. Les valeurs
des longueurs d’ondes maximales ainsi que du gap optique déterminé à l’état solide sont
résumés dans le Tableau 14.
a) 1.2 b) 1.2
P TB zT²-EH!
1 P LT-T²-EH
1
P LT-EH
0.8 0.8
A (u.a.)
A (u.a.)
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
350 450 550 650 750 850 350 450 550 650 750 850
#"(nm) # (nm)
Figure 34 : Spectres d'absorption a) en solution dans l’o-DCB b) en film des polymères à base du motif
échelle.
En solution, les spectres des polymères à base du motif échelle diffèrent de celui du
copolymère alterné (d-a). Ils ne sont plus caractérisés par une double bande d’absorption. Il
nous est pour l’instant difficile d’attribuer la bande d’absorption à 560 nm au transfert de
charge interne bien que cette transition soit relativement similaire à celle du PTBzT2-EH".
L’origine physique de l’épaulement à 450 nm, relativement prononcé dans le cas du
PLT-EH ainsi que des pics à 380 nm restent encore à clarifier.
152
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
également en solution ? Néanmoins, même si les longueurs d’ondes maximales des polymères
à base de PLT ne semblent pas bouger de la solution au film, on peut observer un léger
décalage vers le rouge des seuils d’absorption. Ainsi la longueur d’onde du seuil d’absorption
du PLT-T2-EH varie de 613 à 674 nm de la solution au film (+ 61 nm) et celle du PLT-EH ne
varie que de 623 à 644 nm (+ 21 nm) de la solution au film. L’introduction d’une unité
thiéno[3,2-b]thiophène pourrait avoir pour effet de diminuer un peu la rigidité observée dans
l’homopolymère.
Nous avons aussi évalué l’influence de la fusion des motifs (d-a) sur les propriétés
électrochimiques en films minces. Les valeurs des potentiels d’oxydation et de réduction ainsi
que celles des orbitales frontières sont présentées dans le Tableau 15. Les positions relatives
des niveaux énergétiques sont schématisées en Figure 35.
Les potentiels d’oxydation sont constants, alors que l’affinité électronique est
sensiblement plus faible lorsque l’on introduit le motif échelle. Dans le cas de
l’homopolymère PLT-EH (absence du groupement thiéno[3,2-b]thiophène), la diminution de
l’affinité électronique est encore plus marquée. La variation du gap électrochimique d’un
matériau à l’autre suit relativement bien la variation du gap optique.
L’interprétation de l’évolution de la LUMO reste à construire, en s’appuyant en
particulier sur des résultats de simulations de molécules modèles.
153
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
E (ev)
- 2,79 eV
- 3,04 eV
- 3,11 eV
154
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
E (ev) - 2,2 eV
- 2,8 eV
- 4,5 eV
- 4,6 eV
PTBzT²-EH! PLT-T²-EH
Figure 37 : Distribution des niveaux énergétiques (HOMO en bas, LUMO en haut) de la molécule modèle
du PLT-T²-EH (seul le motif central est représenté ici) et Diagramme énergétique des molécules modèles
équivalentes au PTBzT²-EH! et au PLT-T²-EH d’après les calculs théoriques.
Nous pensions à priori que l’utilisation d’un motif échelle nous permettrait d’obtenir
de meilleures propriétés de transport de charges. Afin d’évaluer ces propriétés, nous avons
donc élaboré des transistors à effet de champ et extrait les mobilités de trous. Les valeurs sont
résumées dans le Tableau 17. Nous avons aussi réalisé plusieurs recuits thermiques sur les
155
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
substrats et nous présentons dans le tableau les conditions pour lesquelles nous avons obtenu
les meilleures performances. Il faut noter que par manque de matière, nous avons dû étudier la
fraction cyclohexane du PLT-EH. Nous avons essayé de comparer les résultats pour des
masses moléculaires équivalentes.
L’homopolymère du motif échelle (PLT-EH) possède une mobilité de trou très faible,
qui ne s’améliore pas avec le recuit thermique. Ces résultats sont en accord avec les propriétés
optiques. En effet, le faible décalage bathochrome de ce polymère à l’état solide et cette
valeur médiocre de mobilité peuvent être expliqués par de faibles interactions
intermoléculaires limitées à l’état solide. Il faut néanmoins prendre en compte la masse
moléculaire très faible de cette fraction ainsi que la polydispersité qui pourraient jouer un rôle
non négligeable sur les propriétés de transport de charge. Enfin, il est possible que les chaînes
2-éthylhexyles portées par l’azote du motif indolocarbazole soient trop proches et
encombrantes engendrant ainsi une gêne stérique excessive entre chaînes polymères,
diminuant de ce fait leurs interactions. Il serait intéressant de travailler avec des chaînes
latérales moins encombrées, à condition de conserver une bonne solubilité.
L’introduction du motif thiéno[3,2-b]thiophène améliore néanmoins considérablement
(de deux ordres de grandeurs) les valeurs de mobilités. Ce motif conjugué semble donc jouer
un rôle favorable sur le transport dans ce cas particulier. Des analyses structurales sont
prévues pour interpréter ces résultats. Néanmoins, les mobilités des matériaux à base de PLT
restent inférieures à celles de leur homologue, le PTBzT2-EH!&
À travers cette étude, nous avons vu que l’utilisation d’un motif plan et fusionné
comprenant à la fois l’unité accepteur et les unités donneur d’électrons ne permet pas de
répondre aux objectifs visés. La bande d’absorption et les propriétés de transport,
insuffisantes dans notre cas, n’évoluent pas dans le sens attendu en comparaison d’un motif
TBT analogue. Une moins bonne conjugaison du motif échelle, une rigidité excessive et/ou
des chaînes latérales ramifiées trop encombrantes sont vraisemblablement à l’origine de ces
moins bonnes propriétés optoélectroniques. Il semblerait que l’ajout du groupement
thiéno[3,2-b]thiophène apporte un degré de liberté supplémentaire aux molécules qui facilite
leur arrangement et conduit à un couplage $-$ plus intense.
Nous n’avons pas trouvé dans la littérature de motif échelle comparable au notre,
contenant à la fois des unités donneur et une unité accepteur d’électrons. Il nous est donc
difficile à ce moment de l’étude d’exprimer un avis tranché concernant le potentiel d’un tel
motif dans le cadre du photovoltaïque organique. Cependant, ce groupement nouveau présente
assurément des propriétés et des comportements intrigants qu’il serait intéressant de clarifier.
156
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
En outre, il serait intéressant d’étudier ce motif échelle fusionné associé à une unité
accepteur d’électrons. Ces résultats laissent donc quelques perspectives de travail
intéressantes.
4. Conclusions
Nous avons pu mettre en évidence dans ce chapitre un certain nombre de relations
structure chimique – propriétés optoélectroniques. Certains des résultats doivent encore être
confirmés par des analyses complémentaires comme des analyses structurales ou des mesures
de mobilités perpendiculaires à la surface du film (temps de vol).
Les oligomères nous ont servi de modèles pour confirmer les relations structure-
propriétés observées sur les polymères. Afin de compléter l’étude, il sera nécessaire d’étudier
leurs propriétés de transport de charge et leurs propriétés photovoltaïques.
En outre, nous avons mis en évidence au travers de cette étude que la nature et la
position des chaînes latérales avaient un fort impact sur les propriétés optoélectroniques des
matériaux.
L’augmentation de la longueur de conjugaison du groupe à caractère donneur
d’électron influence peu le gap optique ou les niveaux électroniques des matériaux. Nous
avons tout de même observé un décalage non négligeable vers le rouge de la bande $-$* et un
décalage vers le bleu de la bande de transfert de charge. En contrepartie, l’ajout de deux
chaînes alkyles supplémentaires semble apporter de la solubilité et une plus grande facilité de
mise en œuvre des polymères.
Les matériaux de type échelle n’ont pas donné les résultats attendus en particulier en
ce qui concerne les propriétés d’absorption et de transport de charges Une étude plus
complète visant à comprendre le comportement particulier de ce motif et aidant de ce fait à
optimiser sa structure est nécessaire.
L’étude du rôle du thiéno[3,2-b]thiophène semble démontrer que ce motif fusionné et
rigide n’apporte pas d’amélioration nette en ce qui concerne le transport de charges dans les
polymères contenant les unités TBT et TTBTT. Par contre, dans le cas des polymères à base
du motif échelle, très rigide, l’ajout de cette unité thiéno[3,2-b]thiophène améliore la mobilité
de trous.
Quelques matériaux semblent être de bons candidats pour être utilisés au sein de
cellules photovoltaïques organiques. C’est particulièrement le cas des copolymères alternés
possédant des chaînes ramifiées 2-éthylhexyles comme le PTBzT²-EH!, le PTBzT-EH!# et le
PTBzTT-EH!& Ces polymères sont caractérisés par un large spectre d’absorption (Eg )1,55
eV), des niveaux énergétiques adéquats et une mobilité de trous particulièrement intéressante
(+h 10 -2 – 10 -3 cm2/Vs).
Nous allons, dans le chapitre suivant, essayer de corréler les différentes propriétés
optoélectroniques observées avec les performances de dispositifs photovoltaïques.
157
Chapitre 4 : Relations structure chimique – propriétés optoélectroniques
5. Références bibliographiques
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159
Annexes Chapitre 4
Annexes Chapitre 4
160
Annexes Chapitre 4
Annexes Chapitre 4
Nous avons voulu vérifier le concept relié à l’alternance d’unités riches en électrons et
pauvre en électrons utilisé pour diminuer la largeur de bande interdite. Ainsi un oligomère, et
un polymère à base de pentathiophène et d’unité thiéno[3,2-b]thiophène ont été synthétisé.
Nous présentons ici les propriétés d’absorption des matériaux « traditionnels » comparées à
celles de leurs homologues contenant une unité accepteur d’électrons.
L’un des premiers matériaux synthétisé au cours de cette thèse est un oligomère,
nommé OPTT²-C6. Il présente donc l’inconvénient d’être très peu soluble du fait de la
présence de seulement deux chaînes alkyles relativement courtes. Néanmoins, nous avons pu
obtenir son spectre d’absorption en solution très diluée et en film (malgré les agrégats). Nous
avons comparé les résultats obtenus avec ceux de l’OPBzT²-C12 puisque ces matériaux ont
en commun le même nombre d’unités conjuguées et le même enchaînement des motifs à
l’exception que le thiophène central est remplacé par une unité déficiente en électrons, dans le
cas de OPBzT²-C12 . La conformation de l’unité centrale (thiophène- benzothiadiazole –
thiophène) devrait être assez proche de celle de l’OPTT²-C6 (thiophène-thiophène-thiophène)
puisque les chaînes alkyles en position n’introduisent pas de gêne stérique à ce niveau. Il se
peut, en revanche, que les angles de torsion entre les unités thiophènes et thiéno[3,2-
b]thiophène soit légèrement différent d’un matériau à l’autre à cause de la position des
chaînes latérales mais ceci devrait être alors en défaveur d’une bonne délocalisation dans le
cas du OPBzT²-C12 .
Comme nous pouvons le voir sur la Figure 2, les spectres d’absorption des deux
matériaux sont relativement différents. Ces résultats nous permettent de valider que
l’apparition de deux bandes d’absorption n’est visible que dans le cas du matériau alterné (d-
a). L’alternance d’unités donneur et accepteur d’électrons élargit significativement le spectre
d’absorption avec un gain de 0,4 eV sur la largeur de bande interdite.
L’introduction du 2,1,3-benzothiadiazole semble être à l’origine de l’apparition de la
bande de plus basse énergie, ce qui est en accord avec l’existence d’un transfert de charges
interne.
161
Annexes Chapitre 4
1
OPBzT²-C12
OPTT²-C6
0.8
A (u.a)
0.6
0.4
0.2
0
330 430 530 630 730 830
! (nm)
Comme précédemment le spectre d’absorption est caractérisé par une double bande
uniquement dans le cas du copolymère alterné (d-a), absente pour le PPTT²-C12". En
162
Annexes Chapitre 4
revanche, cette fois ci l’élargissement du spectre est moins net et se fait plutôt vers les plus
basses longueurs d’ondes. Ceci peut s’expliquer par la torsion du squelette entre les unités
thiophène et 2,1,3-benzothiadiazole limitant le transfert de charge interne (phénomène
observé dans le cas des matériaux en position "$. En effet, la gêne stérique engendrée par les
chaînes dodécyles est probablement moins importante par rapport à l’unité thiophène non
substitué qu’au 2,1,3-benzothiadiazole, plus encombrant.
a)
1
PPTT²-C12a
PPBzT²-C12a
0.8
A (u.a.)
0.6
0.4
0.2
0
350 450 550 650 750 850
! (nm)
Pour interpréter le modèle de Salzner, nous avons émis quelques hypothèses de travail:
A partir de ces hypothèses, nous avons essayé de travailler sur le cas des trimères TBT
avec des chaînes latérales en position " ou . La Figure 5 met en évidence l’apparition d’une
bande de transition intermédiaire (à -2,34 eV), appelée LUMO, correspondant au niveau
LUMO de l’unité 2,1,3-benzothiadiazole, ainsi que d’un niveau supérieur, appelé LUMO +1
et correspondant au niveau LUMO de l’unité thiophène. Ces deux niveaux d’énergies
différentes sont à l’origine de l’apparition de deux bandes d’absorption dans le spectre UV-
visible d’un trimère de type TBT. Ceci peut s’expliquer par le fait que les LUMO des deux
unités conjuguées sont trop séparées en énergie (&E = 2,13 eV) l’une de l’autre et ne peuvent
donc pas s’hybrider.
163
Annexes Chapitre 4
En outre, dans le cas du trimère ", les positions des niveaux HOMO sont assez
proches mais la torsion du motif engendrée par la position de la chaîne latérale, empêche
l’hybridation des niveaux HOMO de chacun des monomères. En conséquence le niveau
HOMO du TBT " est équivalent au niveau HOMO du thiophène. En revanche, dans le cas du
trimère , l’hybridation des niveaux HOMO est possible, ce qui a pour conséquence de créer
un nouveau niveau HOMO pour le TBT dont la valeur en énergie est 1 eV supérieure à celle
du niveau HOMO du thiophène. On observe alors une diminution de l’énergie de transition
avec la LUMO et la LUMO+1 par rapport au TBT "'#
E (ev)
- 5,34 eV
Figure 5 : Niveaux énergétiques des unités conjuguées thiophène et 2,1,3-benzothiadiazole ainsi que ceux
des interactions résultantes au sein des trimères TBT. Les niveaux ont été estimés grâce au logiciel
Spartan.
Nous avons souhaité étudier l’influence de la nature des chaînes sur la conformation
des molécules et sur la distribution des états électroniques. Cette fois-ci nous avons réalisé les
calculs sur un minimum d’unité monomère afin de pouvoir considérer les chaînes latérales
réelles (Figure 6). Comme précédemment les angles des bouts de chaîne sont fixés par des
groupements méthyles après minimisation de l’énergie.
164
Annexes Chapitre 4
Le fait d’utiliser des groupements méthyles ou docécyles dans la position " ne change
pas la valeur des angles dihédraux. En revanche les calculs semblent différencier l’influence
des groupements dodécyles linéaires et 2-éthylhexyles branchés en position sur la
conformation de la molécule. Les groupements dodécyles semblent conduire à une plus
grande gêne stérique et à une légère torsion des unités contrairement au cas des chaînes
branchées plus courtes (valeurs de R1 et R2 supérieures à celle du 2-éthylhexyle). Ces
résultats sont légèrement en contradiction avec ceux de spectroscopie d’absorption et de
voltampérommétrie cyclique obtenus dans le cas des polymères et des oligomères. On a en
effet noté que les chaînes 2-éthylhexyles encombrées engendraient une légère torsion de la
chaîne principale (spectre d’absorption légèrement décalé vers le bleu et HOMO légèrement
plus basse dans le cas des oligomères que pour les chaînes dodécyles).
Position des chaînes R1 (°) R2 (°) R3 (°) EHOMO (eV) ELUMO (eV)
C()" 50 50 14 -4,86 -2,52
C12 20 15 33 -4,80 -2,62
EH 1-2 1-2 35 -4,78 -2,67
Tableau 2 : Angles dihédraux et positions relatives des niveaux énergétiques des matériaux en considérant
des chaînes réelles.
IV Transport de charge
165
Annexes Chapitre 4
2000 rpm pendant 20s). Les transistors, ainsi élaborés sont laissés une nuit sous vide
secondaire pour enlever toutes traces de solvant résiduelles avant d’être caractérisés en boîte à
gants.
Les transistors organiques sont des dispositifs à grille isolée qui opèrent
principalement en mode accumulation. Le canal se forme donc dans la couche active par
accumulation de porteurs libres proches de l’interface. Ainsi pour une polarisation négative du
drain (VD) par rapport à la source (VS), un courant drain (ID) peut s’établir entre les deux
électrodes Source et Drain lorsque la valeur VG (tension de seuil) atteint un certain seuil VTh.i
Les caractéristiques électriques d’un transistor organique sont représentées en Figure 7a. On
distingue deux régimes de fonctionnement : le régime linéaire et le régime de saturation. On
extrait la mobilité de charge en traçant les caractéristiques de transfert soit en régime linéaire
(Figure 7b) soit en régime de saturation (Figure 7c).
i
J. Zaumseil and H. Sirringhaus, Electron and Ambipolar Transport in Organic Field-Effect Transistors, Chem.
Rev., 2007, 107, 1296-1323.
166
Chapitre 5
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
Introduction………………………………………………………………………………..169
4. Rôle du thiéno[3,2-b]thiophène…………………………………………………….182
5. Optimisation et perspectives………………………………………………………...184
6. Conclusions…………………………………………………………………………….186
7. Références bibliographiques………………………………………………………..187
168
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
Introduction
Dans ce chapitre nous allons étudier les propriétés photovoltaïques des polymères
présentés et caractérisés précédemment. L’objectif étant de corréler les propriétés
optoélectroniques mesurées précédemment, et donc indirectement la structure chimique des
matériaux, avec les paramètres photovoltaïques. Bien que les mécanismes physiques liés aux
caractéristiques photovoltaïques soient particulièrement complexes, certaines relations
structure chimique - propriétés optoélectroniques - propriétés photovoltaïques ont déjà été
mises en évidence ou sont prévisibles.
Par exemple :
- Comme l’ont montré Scharber et al., la tension de circuit ouvert Voc évolue avec la
position du niveau HOMO du polymère.
- Le nombre et la nature de chaînes alkyles influencent à la fois la solubilité du matériau,
l’organisation du polymère mais aussi la morphologie du mélange avec l’accepteur. Ceci aura
probablement pour effet de modifier la densité de courant de court circuit Jsc, la Voc et le
facteur de forme FF.
- Une meilleure solubilité facilite la synthèse de polymère à masse moléculaire plus
grande. Or la masse moléculaire a un fort impact sur la mobilité des charges et peut donc
avoir un impact sur la valeur de Jsc.
Afin de comparer au mieux les résultats il est préférable que les conditions de
caractérisation soient similaires. Nous avons pour cela établi la procédure d’élaboration des
dispositifs et de caractérisation standardisée, présentée dans le paragraphe suivant.
L’ITO (oxide d’étain et d’indium) est utilisé comme anode. Le PEDOT:PSS (poly(3,4-
éthylène-dioxy-2,4-thiophène : poly(styrène sulfonate)) est une couche tampon permettant
d’augmenter le travail d’extraction et de diminuer la rugosité de l’ITO. La couche active est
169
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
obtenue par un dépôt à la tournette sur le PEDOT:PSS. Enfin, l’aluminium est déposé par
évaporation sous vide et jouera le rôle de cathode.
L’élaboration des cellules est réalisée en quatre étapes fondamentales :
Il est à noter qu’une partie de l’élaboration des dispositifs ainsi que leur caractérisation
électrique sont réalisées en boîtes à gants dans lesquelles l’atmosphère est contrôlée et inerte
(azote). Nous avons au cours de cette thèse, changé de système de boîtes à gants et de bâti
d’évaporation. Le nouveau système nous permet d’optimiser la nature de la cathode. Nous
présenterons quelques exemples d’optimisation à la fin de ce chapitre.
Bien que j’ai eu l’occasion de participer à l’élaboration des cellules et à leurs
caractérisations, les autres membres de l’équipe ont largement contribué aux résultats
photovoltaïques : Rony Bechara (dans le cadre de son doctorat), Nicolas Zimmerman
(InESS), Caroline Eckert (InESS), Nicolas Leclerc (LiPHT) et Patrick Lévêque (InESS).
ITO
Verre
L’ITO est gravé sur une bande de 7 mm de largeur et 20 mm de longueur selon les
étapes suivantes :
Une fois gravés, les substrats d’ITO sont nettoyés de toute impureté en effectuant trois
bains successifs de 15 min à 60 °C sous ultrasons dans l’acétone, l’isopropanol et l’eau
distillée.
170
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
Avant de déposer la couche tampon, les substrats sont exposés à l’ozone (O3) pendant
30 minutes afin d’éliminer toute trace de contaminant organique et de rendre la surface plus
hydrophile, améliorant ainsi le mouillage du polymère conducteur. Le dépôt du PEDOT:PSS
en solution aqueuse s’effectue selon les étapes suivantes :
PEDOT:PSS
ITO
Verre
Comme nous l’avons déjà précisé, la couche active est composée d’un mélange de
deux matériaux : le polymère donneur d’électrons et le dérivé du fullerène, le C60-PCBM,
accepteur d’électrons. Les mélanges des deux matériaux sont solubilisés dans l’o-DCB en
boîtes gants et portés à 70 °C pendant 48h sous agitation pour une bonne homogénéisation. Le
dépôt des solutions s’effectue selon les étapes suivantes :
Couche active
PEDOT:PSS
ITO
Verre
Figure 3 : Etape n°3 dépôt et gravage de la couche active au niveau des prises de contact des électrodes.
Au vu des difficultés de mise en œuvre de certains polymères (tendance à l’agrégation
dans l’o-DCB), nous avons travaillé exclusivement avec les fractions fCHCL3 des matériaux, à
171
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
priori plus soluble dans l’o-DCB. Comme nous l’avons vu au chapitre 1, l’effet des masses
moléculaires sur les propriétés de transport et les propriétés photovoltaïques est loin d’être
négligeable. Il est probable que les performances photovoltaïques soient limitées par les plus
faibles masses moléculaires des fractions fCHCL3. Utiliser et mettre en œuvre les fractions fo-
DCB nous aurait demandé beaucoup de temps d’optimisation. Nous garderons donc ces
fractions en perspectives pour de futures études. Nous avons travaillé globalement avec des
concentrations de polymère de 20 mg/mL de façon à obtenir une épaisseur de couche active
de l’ordre d’une centaine de nanomètres. En faisant varier les ratios polymère : C60-PCBM,
nous avons gardé constante soit la concentration totale, soit la concentration en polymère.
Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients. Des tests nous ont montrés que
l’épaisseur du film était plus dépendante de la concentration en polymère que de la
concentration totale de la solution. A programme de spin-coating constant, l’épaisseur du film
aurait donc tendance à varier plus significativement avec la variation de la concentration en
polymère. En contrepartie, lorsque l’on garde constante la concentration en polymère à 20
mg/mL et que l’on se retrouve à travailler avec des ratios polymère:PCBM de l’ordre de 1:4,
la concentration totale élevée de la solution (100 mg/mL) peut faire apparaître des problèmes
de solubilité et donc d’homogénéité des films.
La dernière étape consiste à déposer l’électrode en aluminium. Le métal est déposé par
évaporation sous vide (10-7 mbar) à travers un masque. L’épaisseur de cette couche est de 120
nm.
On obtient finalement quatre diodes de 9 mm² de surface par substrat.
172
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
Les premières caractérisations électriques sont réalisées avant recuit. Des traitements
thermiques à différentes températures ont été effectués systématiquement, afin de modifier la
morphologie de la couche active. Néanmoins, l’effet du recuit sur les caractéristiques
photovoltaïques dépend fortement de la nature du polymère ; les performances
photovoltaïques s’améliorent dans certains cas après recuit thermique et d’autres se dégradent.
Notre approche très empirique ne nous a pas permis pour l’instant de rationaliser ce
comportement. Nous ne discuterons donc volontairement pas de l’effet du recuit thermique et
présenterons les caractéristiques électriques des meilleures conditions expérimentales.
Les valeurs présentées dans la suite de ce chapitre correspondent aux meilleures
performances obtenues. Le tableau en annexe résume les valeurs moyennes (mesurées sur 4 à
8 diodes) pour chacun des ratios étudiés.
Pour mémoire, les structures des polymères étudiés sont représentées Figure 6. Ces
matériaux possèdent des positions de chaînes alkyles différentes soit en " (PTBzT²-C12")
soit en # (PTBzT²-C12#) du 2,1,3-benzothiadiazole. (Le PTBzT²-C8" n’a pu être étudié au
sein de cellules solaires à cause de sa trop faible solubilité dans l’o-DCB). Nous avons
également comparé le polymère possédant de longues chaînes linéaires (PTBzT²-C12#) à
celui possédant des chaînes ramifiées plus courtes (PTBzT²-EH#). Enfin, le PTBzT²-OEH#
est fonctionnalisé par des chaînes 2-éthylhexyloxy renforçant le caractère donneur des
thiophènes.
173
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
a) 30 b) 30
20 20
J (mA/cm )
J (mA/cm )
2
2
10 10
0 0
-10
-10
-1 -0.5 0 0.5 1
-1 -0.5 0 0.5 1 V (V)
V (V)
c)
80 d) 50
70
60
40
50
30
J (mA/cm )
J (mA/cm )
2
40
30
20
20
10
10
0
0
-10
-10
-1 -0.5 0 0.5 1
V (V) -1 -0.5 0 0.5 1
V (V)
Figure 7 : Caractéristiques J-V obtenues pour les meilleures cellules dans l'obscurité (carré) et sous
illumination (cercle). a) Mélange PTBzT²-C12":C60-PCBM (ratio 1:4) avant recuit. b) Mélange PTBzT²-
C12#:C60-PCBM (ratio 1:4), après recuit de 15 min à 200°C. c) Mélange PTBzT²-EH#:C60-PCBM (ratio
1:1), après recuit de 15 min à 130°C. d) Mélange PTBzT²-OEH#:C60-PCBM (ratio 1:4), avant recuit.
174
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
peu modifiée selon la nature des chaînes de type carbonées (dodécyles vs 2-éthylhexyles).
L’utilisation des chaînes alkoxy diminue considérablement le Voc qui chute à 0,23 V dans le
cas de la cellule à base de PTBzT2-OEH#. Cette évolution est en accord avec l’influence de la
position et de la nature des chaînes alkyles sur les propriétés électrochimiques décrites au
chapitre 4. En effet, le niveau HOMO des polymères en # (-5,0 eV) est plus haut que celui du
matériau en "$%-5,34 eV). La HOMO du PTBzT2-OEH#, estimée à -4,83 eV se situe encore
plus haut que celle de son homologue PTBzT2-EH#&
1600
1200
Voc mesuré (mV)
1000
800 PTBzT²-C12
PTBzT²-EH!
600
PTBzT²-C12
400
PTBzT²-OEH
200
0
4.6 4.8 5 5.2 5.4 5.6
HOMO (eV)
Figure 8 : Variation de la valeur de Voc mesurée en fonction de la position de la HOMO du polymère et
comparaison au modèle de Scharber et al. 1
Nous pouvons déduire de notre étude, que dans le cas particulier de nos polymères, la
diminution de la torsion du squelette conjugué (par le passage de la position des chaînes
alkyles de à !" engendre une diminution de la valeur de la Voc. De plus, l’introduction de
175
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
fonctions alkoxy a pour effet négatif de déstabiliser la HOMO des matériaux et diminue, de ce
fait, dramatiquement la valeur de Voc.
Comme nous pouvons le voir dans le Tableau 1, la valeur de Jsc évolue fortement selon
la composition de la couche active et selon la nature du polymère (de 1,44 à 5,69 mA/cm²).
Les plus faibles valeurs de Jsc pour PTBzT2-C12 , PTBzT2-C12! et PTBzT2-OEH! en
comparaison avec le PTBzT2-EH! peuvent avant tout s’expliquer par la forte teneur en C60-
PCBM (ratio 1:4), qui ne contribue que très peu à l’absorption des photons. Nous discuterons,
plus particulièrement de l’effet des ratios dans le paragraphe suivant.
La valeur de Jsc plus élevée (5,69 mA/cm²) dans le cas du PTBzT2-EH! peut
s’expliquer d’une part par le faible ratio polymère:C60-PCBM (1:1), et d’autre part, par la
faible largeur de bande interdite (1,56 eV) de ce polymère par rapport à celle du PTBzT2-
C12 (1,88 eV). Il contribue ainsi plus efficacement à l’absorption des photons incidents.
Finalement le polymère brut possède de meilleures propriétés de transport de trous ($h=2x10-4
cm2/Vs) comparé à son homologue avec les chaînes dodécyles ($h=1x10-5 cm2/Vs).
Enfin le PTBzT²-OEH!#possède la plus faible valeur de Jsc. Ici encore le fort ratio en
C60-PCBM peut en partie expliquer cette différence. Peut être que la morphologie du mélange
est également à remettre en question dans la mesure où la mobilité de trous dans le matériau
brut est plutôt correcte et équivalente à celle du PTBzT²-EH!% Il est en effet fort probable que
la solution soit beaucoup trop concentrée (C = 100 mg/mL) ce qui peut expliquer la formation
d’agrégats au sein de la couche active.
Nous n’avons pas pris en compte dans cette étude les résultats très préliminaires
obtenus pour le PTBzT2-OEH! en raison des très faibles performances photovoltaïques (PCE
< 0,1 %).
Les valeurs moyennes des différents paramètres (Voc, Jsc, FF et PCE) sont résumées
dans le tableau en annexe. L’évolution du PCE est représentée sur la Figure 9. Une
dépendance similaire est observée pour l’ensemble des paramètres électriques.
176
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
1.40
PTBzT²-C12
1.20 PTBzT²-C12!
PTBzT²-EH!
1.00
PCE (%)
0.80
0.60
0.40
0.20
0.00
1:1 1:2 1:3 1:4
ratio polymère:C60-PCBM
Figure 9 : Évolution du rendement de conversion énergétique moyen en fonction du ratio polymère :C60-
PCBM pour chacun des polymères à base de trimère TBT.
McGehee et al.5 ont montré que ce phénomène pouvait être dû à une intercalation du fullerène
entre les chaînes alkyles du polymère. Dans ce cas, la teneur élevée en fullerène serait
nécessaire pour assurer la percolation entre motifs C60 et garantir ainsi un transport efficace
des électrons. Nos résultats semblent donc indiquer que les longues chaînes linéaires
dodécyles, en position# ou !, favoriseraient l’intercalation du fullerène, alors que dans le cas
du PTBzT2-EH!, les chaînes 2-éthylhexyles ramifiées (et donc plus encombrées) pourraient
limiter l’intercalation du fullerène. Une simple représentation schématique à l’aide d’un
logiciel de dessins en 3D (Figure 10) montre clairement que l’approche du squelette polymère
conjugué par une unité C60-PCBM (cas de l’interdigitation discuté par McGehee et al.) est
plus délicate dans le cas du polymère contenant les chaînes ramifiées que dans le cas du
polymère contenant les chaînes linéaires. Cet effet serait à priori uniquement lié à une
problématique d’encombrement stérique plus important dans le cas de la chaîne ramifiée.
Des analyses structurales ainsi que l’étude du transport de charge dans des mélanges
polymère:PCBM à différents ratios sont en cours afin de pouvoir confirmer cette hypothèse.
177
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
Seuls trois des PPBzT²-R ont été à ce jour étudiés en cellule photovoltaïque et
seulement quatre dispositifs ont été réalisés dans le cas des PPBzT²-C12! et PPBzT²-EH!. La
discussion des résultats est donc beaucoup moins aboutie que dans le cas précédent. Nous
avons tout de même réussi à mettre en évidence quelques tendances.
178
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
Les structures chimiques des matériaux étudiés sont rappelées en Figure 11. Ces
polymères nous permettent d’étendre l’étude de l’influence de la position des chaînes linéaires
ainsi que de l’effet des chaînes ramifiées sur les performances photovoltaïques.
Comme précédemment les polymères avec les chaînes alkyles en position ! présentent
une valeur de Voc plus faible (0,51 V et 0,65 V respectivement pour PPBzT2-C12! et PPBzT2-
EH!) que le polymère possédant les chaînes alkyles en position (0,79 V pour le PPBzT2-
C12 ". Ce phénomène étant encore une fois corrélé à la position du niveau HOMO des
polymères.
179
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
J (mA/cm )
2
2
4
2 40
0
20
-2
-4
0
-6
-8 -20
-1 -0.5 0 0.5 1 -1 -0.5 0 0.5 1
V (V) V (V)
Figure 12 : Caractéristiques J-V obtenues pour les meilleures cellules dans l'obscurité (carré) et sous
illumination (cercle). a) Mélange PPBzT²-C12!:C60-PCBM (ratio 1:3) avant recuit. b) Mélange PPBzT²-
EH!:C60-PCBM (ratio 1:1) après 15 min à 110°C.
Nous avions conçu les polymères à base de pentamère TTBTT dans l’objectif
d’augmenter la taille du bloc donneur, mais en rajoutant les deux unités thiophènes
supplémentaires, nous avons aussi augmenté le nombre de chaînes alkyles par motif de
répétition (cf Figure 13).
Figure 13 : Structure chimique des polymères à base de trimère TBT et de pentamère TTBTT.
180
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
Jsc
Polymère Mn (g/mol) ratio Voc (V) FF (%) PCE (%)
(mA/cm2)
PTBzT2-C12 16 000 1:4 0,74 4,22 32 0,98
PPBzT2-C12 126 000 1:4 0,79 3,98 33 1,1
PTBzT2-C12! 14 000 1:4 0,56 1,84 42 0,43
PPBzT2-C12! 33 500 1:3 0,51 4,04 45 0,93
PTBzT2-EH! 3 000 1:1 0,58 5,69 45 1,50
PPBzT2-EH! 12 000 1:1 0,65 10,08 40 2,64
Tableau 3 : Meilleures cellules pour chaque mélange polymère:C60-PCBM. La masse moléculaire des
polymères déterminée par GPC correspond à une masse équivalent polystyrène.
' la valeur de Voc du PPBzT²-C12 frôle 0,8 V. Cette valeur est encore une fois en
adéquation avec la valeur théorique déterminée par l’équation (1) en prenant compte la
valeur de HOMO à -5,4 eV déterminée par méthode électrochimique.
' dans le cas des pentamères en#!, la valeur de Jsc est multipliée par deux alors que la
largeur de bande interdite des PTBzT²-C12! et PTBzT²-EH! est très similaire à celle
de leurs homologues à base de TTBTT. C’est d’ailleurs cette augmentation de Jsc qui
semble être à l’origine de l’augmentation de PCE. Cette amélioration ne peut donc être
attribuée à la meilleure absorption de photons. D’autres causes possibles sont un
meilleur transport de charge et une recombinaison géminée plus faible, en raison de
l’allongement du groupement donneur.
Malheureusement, les mesures de mobilités de trous ainsi que les analyses structurales
n’ont pas encore été réalisées pour le PPBzT²-C12! et le PPBzT²-EH!% Ces analyses
complémentaires ainsi que l’élaboration d’autres dispositifs photovoltaïques devraient nous
181
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
4. Rôle du thiéno[3,2-b]thiophène
La dernière partie de ce chapitre est consacrée au rôle du thiéno[3,2-b]thiophène. Bien
que l’étude soit encore incomplète à ce stade, nous avons essayé de corréler les propriétés
optoélectroniques des matériaux à base d’unité thiophène ou 2,2’-bithiophène et de 2,1,3-
benzothiadiazole (Figure 14) aux performances photovoltaïques.
Figure 14 : Structure chimique des polymères à base de trimère TBT et de thiophène, de 2,2'-bithiophène
ou de thiéno[3,2-b]thiophène.
Les caractéristiques électriques des meilleures cellules ainsi que les courbes J-V
correspondantes sont présentées respectivement dans le Tableau 4 et sur la Figure 15. Nous
avons des raisons de penser que les cellules à base de PTBzTT-EH! ont subi une dégradation
(à priori de la cathode, dont l’aspect était inhabituel après recuit) avant d’être caractérisées.
Les résultats présentés ici sont donc probablement sous estimés. Nous nous attacherons plus
ici, à la comparaison des résultats entre le PTBzT²-EH! et le PTBzT-EH!.
182
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
a) 40 b) 40
35 35
30 30
25 25
J (mA /cm )
20
J (mA /cm )
20
2
2
15 15
10 10
5 5
0 0
-5 -5
-10 -10
-15 -15
Figure 15 : Caractéristiques J-V obtenues pour les meilleures cellules dans l'obscurité (carré) et sous
illumination (cercle). a) Mélange PTBzT-EH!:C60-PCBM (ratio 1:1) après recuit de 15 min à 200°C. b)
Mélange PTBzTT-EH!:C60-PCBM (ratio 1:2), avant recuit.
On peut noter que l’augmentation de la valeur de Voc (de 0,07 V) entre le PTBzT²-
EH! et le PTBzT-EH! va dans le même sens que la diminution du potentiel d’ionisation
observée pour le PTBzT-EH!"# (même si pour ce dernier matériau, les valeurs restent à
confirmer).
Ces trois polymères fonctionnalisés par les mêmes chaînes 2-éthylhexyles ont comme
précédemment besoin d’une faible teneur en fullerène pour extraire correctement les charges.
Les largeurs de bande interdite étant relativement similaire pour les trois polymères,
l’augmentation de la valeur de Jsc peut s’expliquer par la meilleure mobilité de trous mesurée
dans le cas du polymère à base de thiophène ($h=1,5x10-2 cm2/Vs comparé à $h=1x10-3
cm2/Vs pour le PTBzT2-EH!). Cependant, ces valeurs de mobilités n’ont été mesurées que sur
les fractions o-DCB des différents matériaux. Or, il est acquis que la masse moléculaire des
polymères influence leur organisation à l’état solide et par conséquent leur mobilités de
charges. Dès lors, on est en droit de se demander si cette différence de Jsc provient de
l’architecture macromoléculaire ou d’une simple différence de masse moléculaire. Afin de
pouvoir discriminer un peu mieux ces effets, il serait nécessaire de mesurer les mobilités de
charges dans les fractions CHCl3 des PTBzT-EH!# et PTBzTT-EH!%
Quoi qu’il en soit, nous avons obtenu un PCE de 2,44 % très prometteur en utilisant le
PTBzT-EH! sans optimisation. Étant donné les bonnes mobilités de trous mesurées dans ce
matériau pur, il est tout à fait probable que l’on puisse encore augmenter le PCE par
augmentation de l’épaisseur de la couche active.
183
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
Cette brève étude tend donc à montrer que le matériau à base de thiéno[3,2-
b]thiophène possède des propriétés optoélectroniques, des propriétés de transport de charge
ainsi que des propriétés photovoltaïques moins appropriées que ses homologues à base de
thiophène et de 2,2’-bithiophène. Cet effet est-il du aux interactions intermoléculaires à l’état
solide, plus faibles en présence du motif fusionné ou à l’effet de la masse moléculaire plus
petite pour le matériau à base de thiéno[3,2-b]thiophène ? Afin de pouvoir répondre à cette
question il sera nécessaire de comparer des matériaux ayant des masses moléculaires
similaires.
5. Optimisation et perspectives
Bien que ça ne soit pas l’objectif principal de notre travail, nous avons tout de même
commencé l’optimisation des dispositifs photovoltaïques afin de mettre en évidence le
potentiel de nos matériaux pour des applications photovoltaïques.
Le PPBzT2-C12 avec son potentiel d’ionisation très élevé nous a permis d’obtenir
une valeur de Voc très intéressante de 0,8 V. Néanmoins ce matériau est limité par la valeur de
Jsc en raison du taux élevé de C60-PCBM. Nous avons donc par la suite remplacé le C60-
PCBM par son homologue le C70-PCBM moins symétrique et contribuant d’avantage à
l’absorption des photons.
Les caractéristiques électriques ainsi que la courbe J-V correspondante sont données
respectivement dans le Tableau 5 et en Figure 16a.
Sans trop de surprise, la valeur de Jsc est supérieure dans le cas du mélange PPBzT2-
C12 :C70-PCBM. En revanche la valeur de Voc résultante est réduite. Une telle variation
pourrait être due à une morphologie différente et non optimale du mélange PPBzT2-
C12 :C70-PCBM ou à un taux de recombinaison à l’interface polymère/fullerène plus élevée.6
Nous avons aussi tenté d’utiliser des additifs, notamment le diiodooctane7 dont il a été
démontré que l’utilisation dans des mélanges contenant un taux élevé de fullerène (ratio 1:3
ou 1:4) améliorait significativement la morphologie de la couche active et les performances de
cellules en conséquence (cf § 4.2.4 chapitre1). Néanmoins, les premiers tests n’ont pas donné
de résultats concluants. L’optimisation des cellules par ajout d’additifs (choix de l’additif, de
la concentration, des conditions de dépôt et du recuit thermique) demande des études
supplémentaires avant de pouvoir conclure.
184
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
testé ces conditions sur le PTBzT2-EH!. Les caractéristiques électriques ainsi que la courbe J-
V correspondante sont données respectivement dans le Tableau 6 et en Figure 16b.
Jsc PCE
Cathode ratio CT (mg/mL) Voc (V) FF (%)
(mA/cm2) (%)
Al 1:1 40 0,58 5,69 45 1,50
Tableau 6 : Caractéristiques électriques des meilleures cellules obtenues à partir du mélange PTBzT2-
EH!:C60-PCBM avec une cathode traditionnelle Al (120 nm) ou une cathode LiF (0,5 nm) / Al (120 nm).
Le recuit thermique de 15 min à 130 °C a été réalisé avant le dépôt de la cathode dans le cas de LiF/Al et
après le dépôt de la cathode dans le cas de Al.
Des tests préalables ont démontré qu’une fois la couche de LiF déposée, les
caractéristiques des cellules s’écroulaient systématiquement sous l’effet du recuit (quel que
soit la durée et la température imposées lors du recuit). C’est pourquoi, nous avons réalisé le
traitement thermique (15 min à 130°C) avant le dépôt de la cathode.
a) 60 b) 70
50 60
40 50
40
J (mA/cm )
30
J (mA/cm )
2
20 30
20
10
10
0
0
-10
-10
-20
-20
-1 -0.5 0 0.5 1
-1 -0.5 0 0.5 1
V (V) V (V)
Figure 16 : Caractéristiques J-V obtenues pour les meilleures cellules dans l'obscurité (carré) et sous
illumination (cercle). a) Mélange PPBzT²-C12 :C70-PCBM (ratio 1:4) après recuit de 30 min à 150°C. b)
Mélange PTBzT²-EH!:C60-PCBM (ratio 1:1), cathode LiF/Al avec un recuit préalable de 15 min à 130°C.
185
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
6. Conclusions
Dans ce chapitre nous avons présenté les caractérisations électriques des dispositifs
photovoltaïques réalisés à partir des copolymères alternés (d-a) synthétisés et caractérisés au
cours de cette thèse. Nous avons essayé, dans la mesure du possible, de suivre une procédure
standardisée d’élaboration.
En étudiant les mélanges polymère:C60-PCBM en fonction du ratio
polymère/fullerène, nous avons pu mettre en évidence des corrélations entre :
' le niveau HOMO du polymère et la tension de circuit ouvert, en adéquation avec le
modèle de Scharber,
' la masse moléculaire, la mobilité des charges et la valeur de Jsc,
' la nature des chaînes latérales et le ratio polymère:PCBM optimal.
186
Chapitre 5 : Propriétés photovoltaïques
7. Références bibliographiques
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Implications of Molecular Mixing for Solar Cells, Adv. Funct. Mater., 2009, 19, 1173-1179.
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polymer–fullerene solar cells, Nat. Mater., 2009, 8, 904–909.
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low-bandgap polymer solar cells by processing with alkane dithiols, Nat. Mater., 2007, 6, 497-500.
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J. H. Park, T.-W. Lee, B.-D. Chin, D. H. Wang, O. O. Park, Roles of Interlayers in Efficient Organic
Photovoltaic Devices, Macromol. Rapid Commun., 2010, 31, DOI: 10.1002/marc.201000310.
187
Annexe Chapitre 5
Chapitre 5 : Annexe
188
Annexe Chapitre 5
189
Conclusion Générale
Conclusion générale
En tenant compte des résultats de la littérature, nous avons conçu une famille de
polymères donneurs d’électrons pouvant répondre aux problèmes de l’interaction limitée avec
le spectre solaire et des faibles propriétés de transport de charge. Nous avons pour cela
sélectionné le concept de l’alternance d’unité donneur et accepteur d’électrons pour élargir le
spectre d’absorption ainsi qu’un motif plan, le thiéno[3,2-b]thiophène qui a fait preuve
d’efficacité dans le transport de charge.
L’étape de conception a été l’une des plus importante puisqu’il a fallu appréhender les
paramètres structuraux pouvant affecter les propriétés optoélectroniques. Il a fallu également
établir une stratégie de synthèse permettant de ne faire varier qu’un seul paramètre à la fois.
En utilisant un certain nombre d’outils chimiques, nous avons ainsi synthétisé une quinzaine
de matériaux (oligomères et polymères) à base de motifs alternés à caractère donneur ou
accepteur d’électrons. Nous avons notamment fait varier le nombre, la nature et la position
des chaînes alkyles, indispensables à la bonne mise en œuvre des matériaux. Nous avons aussi
augmenté la taille du bloc donneur au sein de l’unité de répétition et joué sur les torsions entre
motifs en essayant de rendre les molécules planes par la conception de nouveaux motifs
échelles. Pour compléter l’étude nous avons finalement remplacé le thiéno[3,2-b]thiophène
par des motifs thiophène ou bithiophène. Les matériaux ont été obtenus avec de bons
rendements de réactions. Nous avons porté une attention toute particulière à la purification
des monomères et des matériaux finaux.
Nous avons ensuite mis en place une méthodologie précise concernant l’étude des
propriétés optoélectroniques et photovoltaïques. Pour cela nous avons choisi d’étudier en
particulier l’absorption et la position des niveaux énergétiques des polymères synthétisés,
deux paramètres qui influencent profondément l’efficacité des dispositifs photovoltaïques.
Nous avons aussi utilisé des calculs théoriques pour aider à l’interprétation des résultats
expérimentaux. Par ailleurs, nous avons essayé de corréler les conformations des molécules à
leur morphologie ainsi qu’à leurs propriétés de transport de charges à l’état solide.
De nombreuses relations structure chimique – propriétés ont été mises en évidence. En
particulier :
Nous avons établi un lien direct entre la position des chaînes latérales et les propriétés
optiques et électrochimiques. La torsion des motifs limite la conjugaison ainsi que
l’hybridation des niveaux énergétiques des monomères.
191
Les chaînes ramifiées 2-éthylhexyles engendrent une morphologie plus favorable du
matériau pur et du mélange avec le dérivé de fullerène. Les propriétés de transport de
charges sont améliorées et le ratio polymère:fullerène optimal est diminué.
Finalement, nous avons testé les propriétés photovoltaïques de nos matériaux selon des
conditions standard d’élaboration des dispositifs. Une optimisation physico-chimique
(épaisseur de la couche active, ratio polymère:fullerène, nature du dérivé accepteur
d’électrons) mais aussi technologique (nature des électrodes) à conduit à l’amélioration des
performances électriques (le PCE est passé de 1,5 % à 2,7 % pour des cellules à base de
PTBzT²-EH! par modification de la cathode). Ces résultats mettent encore une fois en valeur
la multidisciplinarité nécessaire à cette discipline dans laquelle l’ingénierie moléculaire et
macromoléculaire ne suffisent pas à obtenir des cellules efficaces.
Enfin, de nombreuses études sont encore à réaliser aux niveaux des dispositifs
photovoltaïques puisque tous les matériaux n’ont pas encore été caractérisés. Par ailleurs,
arriver à mettre en oeuvre les fractions fo-DCB, de plus grandes masses moléculaires présentant
des mobilités de trous plus élevées est une perspective intéressante et prometteuse. D’autres
matériaux peuvent être aussi optimisés comme ceux ne contenant pas l’unité thiéno[3,2-
b]thiophène à savoir le PTBzT-EH! (PCE = 2,44 %) et le PTBzT-EH! ou encore le PPBzT²-
192
EH!, à base de pentamère TTBTT, qui nous a permis d’obtenir un rendement prometteur de
2,64 % lors du premier test.
En conclusion, ces travaux auront eu un impact important sur ma propre expérience
vis-à-vis de la recherche académique, sur mes compétences de gestion d’un projet
multidisciplinaire et de transfert de connaissances (encadrement, communications orales et
écrites, rédaction de publications), mais aussi sur l’ensemble de l’équipe. Bien que les
résultats soient un peu en retrait des records internationaux, nous avons largement approfondi
nos connaissances sur les matériaux à faible largeur de bande interdite et sommes en mesure
désormais d’appréhender un certain nombre de relations structure-propriétés. Ce travail de
thèse en est l’illustration, puisque trois ans auparavant, nous n’arrivions pas à dépasser 1 % de
PCE avec les premiers copolymères alternés (d-a) de cette famille. A l’heure actuelle, nous
avons obtenu presque 3 % de rendement et avons la profonde conviction que le seuil des 4 %
devrait être atteint dans les prochaines semaines avec cette famille de matériaux.
Cette thèse représente une fondation solide pour l’obtention de prochains résultats
prometteurs.
193
Communications et Publications
Communications et Publications
1. Communications
Journées ICS-LIPHT, Albé (France), Juin 2009, « Syntheses, characterizations and device
performances of donor/acceptor alternating copolymers for photovoltaic bulk heterojunction »
Biniek L., Chochos C.L., Leclerc N., Lévêque P., Heiser T., Hadziioannou G.
1.2. Posters:
195
European Material Research Society (E-MRS) Spring Conference, Strasbourg (France),
Juin 2009, « Copolymers based on thiophene, thienothiophene and benzothiadiazole units:
Syntheses, characterizations and bulk heterojunction device performances », Biniek L.,
Leclerc N., Bechara R., Lévêque P., Hadziioannou G., Heiser T.
Ateliers Polymères & Photovoltaïque, Bordeaux (France), Octobre 2008, « Syntheses and
characterizations of new donor/acceptor alternating copolymers for bulk heterojunction solar
cells », Biniek L., Chochos C.L., Bechara R., Lévêque P., Leclerc N., Heiser T.,
Hadziioannou G.
2. Publications
L. Biniek, C. L. Chochos, N. Leclerc, G. Hadziioannou, J. K. Kallitsis, R. Bechara, P.
Lévêque, T. Heiser, A [3,2-b]thienothiophene-alt-benzothiadiazole copolymer for
photovoltaic applications: Design, synthesis, material characterization and device
performances, J. Mater. Chem., 2009, 19, 4946.
196
S S
S N N S N N
S S S S
n n
S S
C12H25
C12H25 C12H25 C12H25
PTBzT²-C12
PTBzT²-C12 S
S S N N
S N N
S S
S S n
S
n
S
C8H17 C8H17
PTBzT²-EH
PTBzT²-C8
S S
S N N N N
S S S S S
n n
S S
O
O
PTBzT²-OEH PTBzTT-EH
S
N N
S S
C12H25 C12H25 S
n
S
N N
S
S S
S S PTBzT-EH
S
C12H25 C12H25
S
PPBzT²-C12 N N
S
C12H25 N N C12H25
S S
S
S
S n
S N N
S S
n
C12H25
C12H25 PPBzT²-C12
PLT-EH
S
N N
S
S
S S
S S n N N
S S
S S
PPBzT²-EH
S n
N N
S
C6H13 N N
S
S S
S S S n
C6H13
PTnBzTa² PLT-T²-EH
Résumé
Mots clés : polymères semi-conducteurs à faible largeur de bande interdite, matériaux conjugués,
copolymères alternés donneur-accepteur, réaction de couplages organométalliques croisés, propriétés
optoélectroniques, cellule photovoltaïque organique.
Abstract
In the field of organic photovoltaic, conjugated electron donor polymers with improved optoelectronic
properties are highly needed. Therefore, that research work is focused on the design and investigation
of a new family of donor-acceptor alternating low band-gap copolymers, using 2,1,3-benzothiadiazole
as electron-deficient unit, and thieno[3,2-b]thiophene and alkylthiophenes moieties as electron-rich
units. By the inclusion of fused thiophene rings we intend to enhance the hole carrier properties.
Various alkyl side-chains are introduced onto different positions along the conjugated backbone in
order to reach efficient solubility in common organic solvents and simultaneously allow investigations
of structure/properties relationships. We have also studied the effect of conjugation length and
planarity on the optoelectronic properties.
In the first section we discuss the synthesis methods of the monomers which involve several organic
and organometallic reactions. Then, the copolymers have been synthesized by Stille or Suzuki cross
coupling polycondensation.
In the second part, special focus is devoted on how modifications in the conjugated backbone length
and conformation (side chains length and positioning, coplanar units) are affecting the related material
properties (electrochemical, UV-vis absorption, microstructure and charge carrier mobility).
Finally, we have elaborated bulk heterojunction solar cells based on copolymer:C60-PCBM blend and
correlated the OPV device performances with the optoelectronic properties of the polymers.