LA DECOLONISATION
Introduction :
La décolonisation est le processus historique qui conduit un pays
colonisé à l’indépendance. C‘est à dire au statut international d’Etat.
La 1ère vague de décolonisation (XVIIIe s) a été limitée au continent
américain. La décolonisation d’après 2è guerre a touché à plusieurs
continents et a été un affrontement entre les nationalismes indigènes et
les impérialistes européens. En Afrique, ce phénomène historique a
abouti entre 1956 (indépendances : Tunisie, Maroc) et 1993
(indépendance: Erythrée) à la naissance de nombreux Etats.
I – LES CAUSES ET LES FORMES DE LA
DÉCOLONISATION :
A – LES CAUSES :
La veille de la 2è guerre, correspond à l’âge d’or des empires
coloniaux en Afrique. Un quart de siècle plus tard, c’est la fin des
mêmes empires. Ce réveil brusque de l’Afrique peut s’expliquer aussi
bien par des facteurs internes qu’externes.
1 – Les facteurs internes :
a – Les contradictions du système colonial :
La remise en cause de la domination coloniale a l’une de ses origines
dans le système colonial lui-même. C’est à dire que les contradictions
propres au système ont abouti à sa négation. En effet pour le bon
fonctionnement de l’administration coloniale, pour mieux dominer et
exploiter, il fallait des ressources humaines locales capables de bien
communiquer avec les blancs. Cette nécessité d’avoir de bons
auxiliaires de l’administration a abouti à la formation (création
d’écoles) des sujets éclairés qui ont fini par dire non, au fait colonial.
Par ailleurs, dans le cadre de l’exploitation économique des colonies,
les abus, les injustices, la déculturation forcée, les inégalités sociales
et juridiques inhérentes au système, ont fait prendre aux colonisés, la
conscience de la sujétion représentée par la domination coloniale.
b – L’action des mouvements nationalistes :
Le nationalisme indigène est né très tôt (1920 : le Destour tunisien).
Les mouvements nationalistes, dirigés par les élites formées en
occident mais le plus souvent exclues des responsabilités
administratives ou politiques, empruntent rapidement les idées de
liberté.
Démocratie, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, pour les
retourner contre le pouvoir colonial. ILs avaient au départ des
revendications modérées : égalité civique, autonomie interne etc. C’est
l’intransigeance des colons, qui a finalement radicalisé les
mouvements nationalistes. Alors les intellectuels, les syndicats, les
étudiants, les anciens combattants vont réclamer non plus l’autonomie
interne, mais l’indépendance totale. La vigueur des nationalismes a été
renforcée par les actions des milieux anticoloniaux d’Occident.
c - Participation aux guerres mondiales et fin du mythe de la
supériorité du blanc :
Au cours de la 2è guerre, le spectacle des prisonniers blancs (soldats
australiens arrêtés par le Japon) balayant les marchés de Singapour, la
défaite la France en 1940 face à l’Allemagne Nazie, les 1eres victoires
du Japon (1941-1942) qui occupe en Asie les colonies européennes et
américaines ont fini par ruiner définitivement le mythe de
l’invincibilité des blancs. Par ailleurs la participation des indigènes
aux combats où ils ont vu les blancs se défendre comme n’importe
quel être humain a accéléré la prise de conscience des peuples
colonisés qui ont constaté la distorsion entre leur propre condition de
sujets et les idéaux de liberté, de fraternité et de démocratie pour
lesquels ils se battent. Enfin la propagande des Alliés contre les
théories nazies a remis en cause la notion de supériorité de la race.
2 – Les causes externes :
a - L’affaiblissement des puissances coloniales :
La 2è guerre a profondément et durablement affaibli l’Europe. Les
principaux pays colonisateurs (Royaume-Uni, France, Pays-Bas,
Belgique), étaient ruinés et avaient perdu leur position dominante, leur
place de locomotive du monde.
b - Les nouveaux maîtres du monde :
Parallèlement à cet affaiblissement des puissances coloniales, naissent
2 nouveaux maîtres du monde: les USA et l’URSS. Ces 2 Etats
devenus superpuissances à l’issue de la guerre sont pour des raisons
différentes, hostiles au fait colonial classique.
L’URSS, pays socialiste, donc prolétarien, s’oppose au colonialisme
au nom de l’inter nationalisme prolétarien («prolétaires de tout pays et
peuples opprimés, unissez-vous»). Elle dénonce sans répit la misère
dans les colonies. Quant aux USA, ils s’opposent au colonialisme non
pas pour des raisons idéologiques mais économiques. Ancienne
colonie anglaise devenue grand pays capitaliste, les USA veulent la
décolonisation pour que les matières 1eres des colonies ne soient pas
la chasse gardée de certains ; ils exigent que «soient rendus les droits
souverains et le libre exercice du gouvernement à ceux qui en ont été
privés par la force».
c - L’influence du système des Nations-Unies :
Sous la pression des pays de la ligue Arabe et des 1ers pays asiatiques
décolonisés, l’ONU devient au début des années 1950 une tribune
mondiale contre le colonialisme, au nom du «droit des tous les peuples
à choisir la forme de gouvernement sous laquelle ils veulent vivre».
d - Les promesses européennes :
Le refus des métropoles, d’honorer leur engagement peut être
considéré comme une cause de la décolonisation. En effet, face à la
pression militaire des dictatures, certaines puissances coloniales ont
entraîné leurs colonies dans la guerre à leur côté en faisant des
promesses de reformes économiques, civiques ou même souvent
politiques. Après la guerre les mêmes métropoles au lieu de réaliser
ces promesses, ont voulu s’appuyer encore sur les colonies.
pour se relever des ruines de la guerre ; cela crée une déception qui va
radicaliser certains nationalismes.
II- LES FORMES DE LA DÉCOLONISATION :
IL y a 2 formes de décolonisation. Dans un 1er cas l’indépendance est
obtenue à l’issue des négociations pacifiques plus ou moins longues
suivies d’un transfert de compétences. Cette démarche a été suivie par
l’Afrique Noire (excepté l’empire portugais). La 2è forme de
décolonisation est violente, l’indépendance est arrachée par une lutte
armée menée par un ou plusieurs mouvements de libération nationale.
Ce fut le cas de toutes les colonies portugaises et de l’Algérie. Une
forme intermédiaire est la violence sans guerre (Madagascar : 100.000
morts en 1947; au Kenya : révolte des Mau-Mau : 1952). La
répression des manifestations pacifiques exacerbe le nationalisme,
donne prestige et force au chef qui les incarne. Devenu incontournable
il négocie l’indépendance.
I – LES ÉTAPES DE LA DÉCOLONISATION EN AFRIQUE :
1956-1993
En 1945, l’Egypte (1936), le Liberia (1847), l’Union Sud-Africaine
(1910), l’Ethiopie, étaient les seuls Etats africains indépendants.
En 1993, il y a en avait 51. La décolonisation de l’Afrique est l’un des
phénomènes les plus importants de la fin du XXè siècle.
A – AU MAGHREB : 1956-1962 :
1 – La décolonisation du Maroc :
Au Maroc, le principal parti nationaliste l’Istiqlal (fondé en 1943),
dirigé par Allal Al Fassi et Mehdi Ben Barka, réclame dès 1944
l’indépendance. IL bénéficie de l’appui discret du sultan Sidi
Mohamed Ben Youssef. Par suite de désaccords entre le Pacha de
Marrakech, Hadj Thami El Glaoui (beau-frère du sultan) et le sultan,
ce dernier est déposé le 20 Août 1953 et exilé par la France. Cela
déclenche l’insurrection générale. Le nouveau sultan profrançais
(Mohamed Moulay Ibn Arafa) s’étant montré incapable à arrêter les
agitations, la France est obligée de négocier. Ben Youssef rétabli dans
ses droits sur le trône, rentre au Maroc le 16 Novembre 1955. Puis la
France entame avec lui des négociations qui aboutissent le 2 Mars
1956 à l’indépendance. Le 7 Avril l’Espagne rend le Nord du Maroc,
mais garde Ceuta, Melilla et Ifni. L’année suivante le pays devient un
royaume. Ben Youssef 1er roi prend le nom de Mohamed V.
2 – La sanglante décolonisation de l’Algérie :
A l’inverse du Maroc, l’Algérie (seule colonie régie par les institutions
de la France) a eu son indépendance à la suite de 8 années de lutte
armée. Au début des années 1920, on assiste en Algérie à la naissance
des organisations nationalistes avec 3 tendances différentes : une pour
une patrie algérienne musulmane, une pour l’assimilation des
Algériens et le droit à la citoyenneté française et la 3è pour
l’indépendance et la révolution sociale. Mais l’importance
économique (ce sont les principaux propriétaires fonciers), politique
(seuls avec des droits civiques) et numérique des colons français
d’Algérie d’origine Européenne (pieds noirs : 1,5 million) empêche
toute reforme sérieuse en faveur des musulmans. La répression des
manifestations de Mai 1945 à Sétif radicalise le nationalisme algérien.
Les différents mouvements nationalistes se rallient alors au Front de
Libération Nationale (FLN : partisan de l’indépendance) fondé au
Caire en Novembre 1954 par des nationalistes radicaux (Aït Ahmed,
Krim Belkacem, Ahmed Ben Bella, Mohammed Boudiaf) et doté
d’une armée, l’Armée de Libération Nationale (ALN). Ainsi le 1er
Novembre 1954 «Toussaint rouge » les nationalistes algériens
déclenchent l’insurrection armée par l’attaque simultanée de 70 cibles
en Grande Kabylie et dans les Aures (8 morts). Pour éviter la réédition
de la défaite de Diên-Biên-Phu la France met en oeuvre d’importants
moyens militaires sans parvenir à anéantir l’ALN. En 1958 la France
est obligée d’annoncer son intention de négocier avec le FLN. Mais
les généraux français d’Algérie poussés par les Pieds Noirs se
révoltent (13 Mai 1958). ILS s’emparent du siège du Gouvernement
Général et créent un Comité de Salut Public dirigé par le général
Massu puis le Général Raoul Salan. Cette crise provoque la chute de la
IVè République et le retour au pouvoir du général De Gaulle le 1er
Juin 1958. Le FLN se proclame (Septembre 1958) Gouvernement
Provisoire de la République Algérienne (GPRA) présidé par
Ferhat Abbas et 2 adjoints, Belkacem et Ahmed Ben Bella.
Le 04 Juin le général De Gaulle se rend en Algérie où il lance son «Je
vous ai compris». Le 16 Septembre 1959 De Gaulle reconnaît aux
Algériens le droit à l’autodétermination. En Mars 1961 ouverture
des négociations entre la France et le FLN. Dans la nuit du 21 au 22
Avril 1961, 2è tentative de coups d’Etat le «putsch des généraux»
(Raoul Salan : 1899-1984; Edmond Jouhaud : 1905-1995 ; André
Zeller : 1898-1979; Maurice Challe : 1905-1979) pour que l’Algérie
reste Française. Mais les soldats refusent de suivre le «quarteron de
généraux en retraite» et la rébellion avorte : Challe et Zeller se
rendent. Mais les 2 autres généraux deviennent des clandestins et
animent l’OAS (Organisation Armée Secrète) qui multiplie les
attentats sauvages en Algérie et en France. Néanmoins les
négociations aboutissent le 18 Mars 1962 aux accords d’Evian-les-
Bains (France) qui prévoient le cessez-le-feu dès le lendemain et la
libération de Ben Bella. C’est la fin de la «guerre d’Algérie» (appelé
«opération de maintien de l’ordre» jusqu’en 1999 par la France) :
environ 1 million de morts, 1,5 million Français d’Algérie ainsi que
plusieurs notables et Harkis qui avaient aidé la métropole, quittent
l’Algérie pour la France dans des conditions très dures. Le 1er Juillet
1962, lors du référendum d’autodétermination, l’indépendance (3
Juillet 1962) est approuvée à 99,72% par les Algériens. C’est la fin
de 132 ans de colonisation. Ben Bella forme le 1er gouvernement et
entreprend des reformes socialistes.
II – EN AFRIQUE NOIRE :
A – L’Afrique Noire Française :
La marche de l’Empire français au Sud du Sahara vers l’indépendance
à été pacifique et progressiste.
1- La conférence Africaine, Française de Brazzaville : 30 Janvier 8
Février 1944
En dépit de son intitulé, aucun africain n’a participé à cette
conférence. Convoqués par De Gaulle (chef de la France libre) et le
comité français de libération nationale CFLN, les 70 participants
avaient pour mission de contrecarrer la propagande anticoloniale des
USA en se montrant fidèles aux principes de la charte de l’Atlantique
approuvée par les Alliés en 1941. Cependant la conférence n’a
recommandé qu’un projet d’unité entre la France et ses colonies et un
programme de promotion politique ne comportant pas d’autonomie;
sur le plan social elle a recommandé la suppression du statut de
l’indigénat, l’établissement de la liberté de travail, le développement
de l’enseignement, la création des syndicats et sur le plan économique
la conférence a envisagé l’amélioration et le développement des
infrastructures
(routes, voies navigables, ports, chemin de fer, etc.) de l’agriculture, et
de la production industrielle.
2 - La constitution d’Octobre 1946 :
La constitution de l’IVe République française a créé à la place de
«Empire français», «l’Union française» formée de la République
Française et de l’ensemble d’outre-mer. Cette 1ère étape de la
décolonisation de l’Afrique Noire Française était basée sur
l’intégration. IL est créé dans chaque colonie une assemblée
territoriale. Les colonies sont aussi représentées par des députés à
l’assemblée nationale de Paris. Ces mesurés ont permis la naissance
des 1eres formations syndicales et politiques comme le RDA créé en
Octobre 1946. Dirigé par Félix Houphouët Boigny, Sékou Touré,
Mamadou Konaté, Ouezzin Coulibaly, le RDA avait des sections dans
chaque colonie: ex. USRDA au Soudan.
3 - La loi-cadre de Juin 1956 :
Gaston Defferre (1910-1986) maire de Marseille et ministre de la
France d’outre-mer, a adopté cette loi, le 23 Juin 1956. Elle porte son
nom et représente la 2è étape de la décolonisation de l’Afrique Noire
Française. La loi Defferre, qui interdit les députés noirs à l’assemblée
nationale de Paris, accorde à chaque colonie une semi-autonome
interne. Chaque territoire est doté d’une Assemblée représentative
(souveraine en matière budgétaire, économique et sociale) élue au
suffrage universel direct par un collège électoral unique. Cette
assemblée législative met en place un Conseil de gouvernement pour
les affaires courantes de la colonie. Son président est le gouverneur et
son vice-président le chef de la majorité parlementaire Noire. Le 1er
conseil de gouvernement de notre pays (Mali) dirigé par Henri
Gipoulon président et Jean Marie Koné vice-président a été mis en
place le 20 Mai 1957. IL est composé de 12 ministres tous du
l’USRDA.
4 - La communauté de Septembre 1958 :
A partir de 1958 les événements se précipitent. Aussitôt revenu au
pouvoir à la suite de la crise algérienne, De Gaulle organise un
référendum sur la constitution de la Vè République et sur l’avenir des
rapports entre la France et ses colonies. Les africains devaient choisir
entre le Oui c’est à dire l’association avec la France au sein d’une
communauté (remplace «Union-Française» de 1946) comprenant en
Afrique des Républiques autonomes, et le Non c’est à dire le rejet de
cette association et l’indépendance immédiate sans l’aide de la France.
Du 20 au 27 Août De Gaulle entreprend une campagne africaine pour
le OUI. Mais lors du référendum de Septembre 1958, seule la Guinée
de Sékou Touré vota Non à 95%. Elle proclame son indépendance le 2
Octobre 1958. Les autres territoires votèrent Oui à une grande
majorité (78% : Niger; 99,90% : Côte Ivoire). Ils accèdent à
l’indépendance 2 ans après la Guinée..
2 – L’Afrique Noire Anglaise : Cas de la Rhodésie du Sud
En 1963 la fédération de Rhodésie-Nyassaland créée en 1953
(réunissant les protectorats britanniques : Rhodésie du Nord,
Nyassaland et la colonie britannique de Rhodésie du Sud) éclate.
L’année suivante, le Nyassaland accède à l’indépendance sous le nom
de Malawi (dirigé par Hasting Kamuzu Banda) et la Rhodésie du Nord
devient avec l’indépendance la Zambie (dirigée par Kenneth Kaunda).
Mais les négociations entre le gouvernement Anglais et Ian Smith 1er
ministre de Rhodésie du Sud qui ont duré 2 ans échouent. Malgré tout
la minorité blanche proclame unilatéralement et illégalement le 11
Novembre 1965, l’indépendance de la Rhodésie du Sud sur la base
d’un régime raciste et d’apartheid similaire
à celui de l’Afrique du Sud. Indignée, (cette indépendance qui signifie
domination politique et économique de 230.000 blancs sur 6.500.000
Noirs), l’OUA réclame en vain l’intervention militaire de Londres
pour écraser la «colonie rebelle». En 1972, les guérilleros
nationalistes, avec l’appui du Mozambique déclenche la lutte armée.
Ignorant cette pression armée le gouvernement illégal signe en 1978
un accord dit «accord interne» avec 3 opposants Noirs modérés : Abel
Muzorewa (évêque méthodiste), N’dabanniqui Sitholet et Jerémiah
Chirau. Après des élections (Avril 1979), condamnées par la
communauté internationale un gouvernement multiracial dirigé par
Monseigneur Abel Muzorewa est mis en place et le pays prend le nom
de Zimbabwe-Rhodésie. Dès lors la lutte armée s’intensifie menée par
le Front Patriotique dirigé par Joshua N’Komo et Robert Mugabé.
Finalement en Septembre 1979 s’ouvre une conférence tripartite entre
le Front Patriotique, le gouvernement Muzorewa et la Grande
Bretagne. Cette conférence constitutionnelle marathon (qui a prévu
une aide internationale à une réforme agraire) aboutit le 07 Décembre
1979 à la signature d’un cessez-le-feu à Lancaster House (Londres).
Le Zimbabwe-Rhodésie, redevenu colonie anglaise est placé sous les
ordres de Lord Arthur Christopher Soames représentant de la
couronne. IL organise en Février 1980 des élections générales
remportées par la ZANU-Front Patriotique de Robert Mugabé et
reconnues par la communauté internationale.
Le 18 Avril 1980, la dernière colonie anglaise d’Afrique accède à
l’indépendance sous le nom de Zimbabwe.
5 – L’Afrique lusophone : cas de l’Angola
Pour l’impérialisme portugais, une colonie doit évoluer uniquement
vers l’intégration complète à la métropole. C’est dans cet ordre d’idée
que l’Angola a reçu en 1955 le statut de province portugaise au
moment où les colonies anglaises et françaises évoluaient vers
l’indépendance. C’est pour quoi en Décembre 1956 fut créé à Luanda
un mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA :
regroupant 20 mouvements de paysans et étudiants). La guerre
d’indépendance commence le 04 Février 1961, par une attaque de la
prison de Luanda par le MPLA. Mais le nationalisme angolais sera
divisé. En plus du MPLA, il y a eu le Front National de Libération de
l’Angola FNLA (1962) et l’Union Nationale pour l’Indépendance
totale de l’Angola (UNITA). Malgré la division la lutte pour
l’indépendance se poursuit. L’échec du régime d’Antonio de Oliveira
Salazar pour vaincre la guérilla des nationalistes entraîne sa chute et la
révolution des OEillets en 1974. L’arrivée (Avril 1974) des militaires
progressistes (dirigés par le général Antonio Spinola) ouvre la voie à
l’indépendance des possessions d’Outre-mer. La Guinée Bissau
accède à l’indépendance en Septembre 1974, les autres, (Mozambique,
Cap Vert, Sao Tome et Principe, l’Angola), en 1975.
Mais en Angola l’indépendance en 1975 est suivie d’une guerre civile
opposant les 3 mouvements de libération nationale : le MPLA du Dr
Agostino Néto soutenu par les pays socialistes notamment la Cuba
socialiste, le FNLA de Holden Roberto soutenu par le Zaïre et
l’UNITA de Jonas Savimbi soutenu par les USA et l’Afrique du Sud.
En 1976, le MPLA s’impose avec l’aide de la Cuba (50.000 soldats
cubains) s’installe au pouvoir à Luanda sans vaincre totalement
l’UNITA, une opposition puissamment armée. Neto obtient pourtant
la reconnaissance internationale et la République Populaire d’Angola
est admise à l’ONU. Ce n’est qu’en 1991 que le successeur de Néto
(mort en 1979), Dos Santos signe un accord de paix avec l’UNITA. IL
organise alors les 1ères élections multipartistes législatives et
présidentielles libres remportées par le MPLA en 1992. Mais le refus
de l’UNITA d’accepter les
résultats de ce scrutin relance la guerre civile qui a continué jusqu’à la
mort de Jonas Savimbi (tué 22 Février 2002). Le nouveau chef de
l’UNITA Paulo Lukamba Gato fit signer un cessez le feu le 4 Avril
2002 entre son mouvement et le gouvernement Angolais. Depuis, la
paix semble s’installer pour de bon après 27 ans de guerre civile.