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Histoire Ta4

Le document traite des conséquences de la Deuxième Guerre mondiale, notamment son impact sur l'Afrique et les relations internationales. Il aborde le bilan humain, matériel, moral, politique et social de la guerre, ainsi que le rôle de l'ONU et la décolonisation. Enfin, il souligne les promesses faites aux colonies africaines et les changements politiques qui en découlent.

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Le document traite des conséquences de la Deuxième Guerre mondiale, notamment son impact sur l'Afrique et les relations internationales. Il aborde le bilan humain, matériel, moral, politique et social de la guerre, ainsi que le rôle de l'ONU et la décolonisation. Enfin, il souligne les promesses faites aux colonies africaines et les changements politiques qui en découlent.

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Histoire
Terminale ACD
INTRODUCTION GÉNÉRALE ............................................................................................................. 2
L’état du monde à partir de 1945.................................................................................................... 2
IÈRE PARTIE : LES CONSÉQUENCES DE LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE ...................................... 3
CHAPITRE I : BILAN DE LA GUERRE .................................................................................................. 3
A- Introduction ............................................................................................................................. 3
B- L’Afrique dans la seconde guerre mondiale ............................................................................ 5
CHAPITRE II : LES RELATIONS INTERNATIONALES APRÈS 1945 ....................................................... 7
I- La détente de l’approche de la victoire et les conférences de gestion de paix ...................... 7
II- Les origines de la guerre froide ............................................................................................... 8
III- Les grandes crises de la guerre froide ................................................................................. 9
IV- La coexistence pacifique : ses crises et ses contestations................................................. 10
V- Détente et conflit localisé...................................................................................................... 12
VII- Les derniers tournants vers la fin du monde bipolaire ..................................................... 14
CHAPITRE III : L’ORGANISATION DES NATIONS-UNIES (ONU) ET SON RÔLE DANS LE MONDE .... 16
I- Les origines et la création de l’ONU ...................................................................................... 16
II- Les buts et les principes de l’ONU ......................................................................................... 16
III- Le fonctionnement de l’ONU............................................................................................. 17
IV- L’ONU à l’œuvre ................................................................................................................ 18
V- Un bilan quelque peu décevant ............................................................................................ 19
EME
III PARTIE : LA DÉCOLONISATION .............................................................................................. 21
CHAPITRE IV : LES FACTEURS DE LA DÉCOLONISATION ................................................................ 21
A- Les facteurs internes ............................................................................................................. 21
B- Les facteurs externes ............................................................................................................. 22
VI- La décolonisation de l’Afrique ........................................................................................... 23
C- La décolonisation du Tchad ................................................................................................... 25
I- La marche vers l’indépendance ............................................................................................. 25
I- Les problèmes économiques ................................................................................................. 28
II- Les problèmes socio-culturels ............................................................................................... 29
Chapitre VI : L’UNION AFRICAINE .................................................................................................. 31
Introduction : ................................................................................................................................. 31
I- CREATION DE L’UNION AFRICAINE ........................................................................................ 31
II- LES PRINCIPES ET LES OBJECTIFS DE L’UA ............................................................................. 31
A- LES PRINCIPES DE L’UA .......................................................................................................... 31
B- LES OBJECTIFS ........................................................................................................................ 31
III- LES FONDEMENTS DE L’UA ................................................................................................ 32
A- LES INSTITUTIONS ET ORGANES POLITIQUES ........................................................................ 32
B- LES INSTITUTIONS JUDICIAIRES ............................................................................................. 33
C- LES INSTITUTIONS ECONOMIQUES ET FINANCIERES ............................................................ 33
D- AUTRES INSTITUTIONS ET ORGANES ..................................................................................... 33
E- LES COMMUNAUTES ECONOMIQUES REGIONALES.............................................................. 34
IV- LA REALISATION DE L’UA ................................................................................................... 34
A- LES REUSSITES........................................................................................................................ 34
B- LES LIMITES ........................................................................................................................... 35
1
INTRODUCTION GÉNÉRALE
L’état du monde à partir de 1945
A partir de 1945, les populations mondiales se sont mobilisées pour reconstruire et
relancer leur économie nationale. La guerre a fait des victimes, c’est la destruction totale.
Les pays qui n’ont pas subi les effets directs de la guerre sur leur sol ont été les grands
bénéficiaires. Les pays européens s’endettent tandis que d’autre s’enrichissent. C’est
surtout les ETAT UNIS qui apparaissent en 1945 comme la 1ere puissance économique
mondiale.
Ils mettent une partie du monde en commençant par l’Europe occidental sous leur
domination. En 1945, les USA et URSS apparaissent comme les supers puissances du
monde. L’Europe quant-a-elle perd son pouvoir colonial sur une grande partie du monde.
Sa domination fut contestée.
En plus de cela quelques questions d’ordre politique s’ajoutent :
- Comment régler la paix mondiale?
- Comment les alliés vont- ils s’entendre dans leur système politique opposé?
- Quel service pour les peuples opprimés non colonisés?
- Quel avenir pour les vaincus?
Les réponses qui seront avances engendreront aussi les tensions et les oppositions entre
les grands qui aboutiront à la formation de deux blocs et la guerre froide.
La deuxième guerre mondiale est un facteur capital de la décolonisation en Afrique et en
Asie.
Mais l’Afrique indépendante se heurtera bien à des problèmes économiques, politiques,
socioculturels et religieux.

2
IÈRE PARTIE : LES CONSÉQUENCES DE LA DEUXIÈME GUERRE
MONDIALE
CHAPITRE 1 : BILAN DE LA GUERRE
A- Introduction
La deuxième guerre mondiale qui se termine le 02 septembre 1945 après la capitulation
de l’Allemagne et du Japon a laissé un monde meurtri et profondément touché par les
conséquences. Le bilan est presque partout le même : ruine, désolation, pertes humaines
inestimables, traumatisme moral sans précédent. La deuxième guerre mondiale marque
non seulement une rupture fondamentale dans l’histoire du XXe siècle mais aussi dans
l’histoire de l’humanité tout entière. Elle a modifié les rapports de force mondiale avec
l’émergence de deux supers puissances mondiales (USA et URSS) et aussi le déclin de
l’Europe.
1- Bilan humain
La guerre a été une hécatombe démographique qui à cause des pertes humaines
considérables. Les victimes s’élèvent à environ 50 millions de morts soit 6 à 7 fois plus
que la première guerre mondiale. A ces morts il faut ajouter les blesses (environ 35
millions) et les disparus (environ 3 millions). Les pays belligérants ont été différemment
affectes par le conflit. Ainsi nous avons au moins environ 20 millions pour L’URSS qui
enregistre le bilan le plus lourd. 7millions pour l’Allemagne; 600 milles pour la France et
300 milles pour les USA; 20 millions pour le Japon. Ce bilan humain particulièrement
lourd s’explique par la durée du conflit, son caractère planétaire, l’intensité des
bombardements, la résistance et la répression dans les camps de concentration, la sous-
alimentation etc.
2- Bilan matériel et économique
Les pertes matérielles sont considérables en Europe et au Japon en raison de l’ampleur
des bombardements qui ont surtout visé les villes. Ce sont des infrastructures sanitaires
(hôpitaux, dispensaires) les infrastructures éducatifs (écoles, les universités) et
économiques (ponts, aéroports, routes, rails) qui sont englouties par les bombardements.
Le coût économique est élevé à 1100 milliards de dollars USA. A cela il faut ajouter les
sanctions monétaires imposées par l’Allemagne dans les pays occupés et qui ont conduit
à un lourd endettement. Si l’Europe est ruinée par la guerre, d’autres pays par contre en
ont tirée grand profit. Il s’agit entre autres : du Brésil, du Canada, de l’Australie, de la
Nouvelle-Zélande, de l’Argentine, de la Chine et de l’Afrique du Sud. Dans ces pays
l’industrie se développe en même temps que les cultures. Mais les grands bénéficiaires
restent les USA. La guerre a permis le développement économique de ces pays qui ont vu
leur potentiel industriel double. Les bombardements Nazis et alliées ont provoqué
d’importants dégâts dans les villes de Berlin et Varsovie qui sont presque détruites.
Plusieurs quartiers de Londres et de Rotterdam sont à reconstruire. Des millions de
civiles n’ont plus de logement et les sans-abris se comptent par million. Autres villes

3
martyres : Hiroshima, Nagasaki, Tokyo, Marville, Hambourg(Allemagne)
Stalingrad(URSS), Budapest(Hongrie).
En France le montant de la reconstruction s’élève à 4900 milliards, 300000 bâtiments
d’habitations sont entièrement détruites.
Les infrastructures de transport et de production sont également endommagées. La mise
hors d’état des milliers de kilomètres de routes, de ponts de voies ferrés et aéroports
provoque l’isolement de nombreux villages. L’URSS reste la plus touche par les dégâts
matériels. En effet près de 1710 villes et plus de 70000 villages 32000 entreprises
industriels 100000 fermes collectives et étatiques, 4700000 maisons 127000 écoles et
universités plus bibliothèques publiques ont été détruites. Dans l’ensemble les pertes
matérielles ont été estimées à 600 milliards d’euros. Au Japon 68 villes ont été
bombardées et toutes ont été partiellement ou intégralement détruites. On estime à 1,7
millions le nombre de personnes sans abri. 66 de ces villes ont été attaquées par des
bombes traditionnelles, deux avec des bombes atomiques.
3- Bilan moral
C’est le bilan le plus difficile a précisé mais il est certain que la guerre a entrainé les
traumatismes moraux exceptionnels. Ces bombes atomiques d’Hiroshima et Nagasaki, la
découverte de macabres des camps de concentrations ont provoqué des traumatismes, des
bouleversements psychologiques qui ont conduit les pays vainqueurs à ouvrir un tribunal
pour juger les criminels de guerre au nom de la conscience universelle. L’ampleur du
traumatisme morale se justifie surtout par les méthodes employées par les Nazis dans les
camps de concentrations, les bombardements sur la population civile, mais aussi et
surtout l’utilisation de la science à des fins militaires.
4- Bilan politique
Il est caractérisé par deux facteurs : l’émergence de deux supers puissances et le déclin de
l’Europe. La France, la Grande Bretagne, l’Allemagne perdent leur puissance, la
puissance effective appartient aux USA et URSS. La perte de la domination politique,
économique et intellectuelle sur l’Afrique Noire. La modification de la carte politique de
l’Europe et de la création de l’ONU.
Harry Truman qui a succédé à Roosevelt mort en avril 1945 va abréger la guerre en
lançant deux bombes atomiques pour obtenir la capitulation du Japon.
Ces puissances colonisatrices ont été humiliées pendant la guerre entrainant la perte de
leur prestige aux yeux des autochtones. Les colonies d’Afrique qui ont participé à la
guerre du côté des alliés s’attendent à une évolution politique. En Afrique, la grande
promesse faite par le General De Gaulle à la conférence de Brazzaville en 1944 a donné
l’envie aux groupes et syndicaux de lutter pour les indépendances.
5- Bilan social

4
La guerre a baissé le chômage par la mobilisation des millions d’Américains et a sorti le
pays de la grande dépression. Cependant, l’inflation provoque d’importante grève (3 à 5
millions de grévistes). La deuxième guerre mondiale a transformé le monde du travail. La
géographie économique est bouleversée par l’implantation des industries aéronautique et
d’armement dans les États de l’OUEST et du SUD. 15 millions d’Américains ont changé
leur lieu de résidence pour faire face aux besoins de l’économie de guerre. La situation
des Afro-américains s’améliorent lentement. Leur intégration sociale progresse grâce à
l’armée (700 milles noir dans l’armée). La guerre a plutôt tendance à souder la nation.
Des mesures ont été prises pour limiter les discriminations dans l’administration fédérale.
6- Bilan scientifique
Les USA disposent d’une avancée technologique, scientifique sur les autres pays du
monde. En 1944-1945 seul Washington possède l’arme nucléaire. De nombreux savants,
intellectuels et artistes se sont réfugiés aux USA pour fuir le fascisme, le nazisme et la
guerre.
B- L’Afrique dans la seconde guerre mondiale
La seconde guerre mondiale est une guerre européenne par ses origines. Ayant épuisé
leur source d’approvisionnement en matière première, en homme et en denrées
alimentaires, les métropoles ont fait appel aux potentialités de leurs colonies. Comme
l’Europe, l’Afrique en participant à cette guerre a perdu. Quel changement attend-elle à
cette guerre?
1- Participation en homme
La seconde guerre mondiale a donné l’importance à l’Afrique excepté le nord qui était le
théâtre des combats. Le reste de l’Afrique était libre. C’est de l’Afrique que les
métropoles organisent la lutte contre les Nazis; c’est là où le soutient a été immédiat. Le
Tchad était la première colonie à se rallier à la France libre du général De Gaulle le 26
août 1940. Suivi du Cameroun le 27 aout 1940 et par L’Oubangui-Chari, le Gabon et le
Congo Brazza le 28 aout 1940. Cette décision des autorités tchadiennes de l’époque est
motivée par la proximité du Tchad avec la Libye donc une crainte de l’extension du
conflit ; et d’autre part le gouverneur Félix Éboué est l’unique gouverneur qui soit noir
donc entre le maréchal Pétain qui a décidé de collaboré avec Hitler et le général De
Gaulle qui le combat, le choix est clair. Pour les colonies Anglaises et Belges le problème
de choix ne se pose pas. Des dizaines des milliers d’Africains se sont lancés dans la
bataille au côté des alliés dans une guerre n’est pas la leur et sont morts loin de leurs
parents, voire de leurs patries. Selon Joseph Kizerbo « il y’avait 176870 engagés noirs
africains ». Quel qu’en soit le nombre de victimes, ce fut cependant pour les combattants
la découverte d’un autre continent, surtout la découverte des tout- puissants colonisateurs
blancs chez eux, dans leur propre difficulté et leur faiblesse ; ainsi tombe le complexe
d’infériorité de l’homme noir.
2- Participation matérielle et économique

5
L’Afrique a participé à l’effort de guerre. Les sources d’approvisionnement d’Asie et
d’Europe étant perdues, il ne reste que l’Afrique pour les Anglais, les Belges et Français.
Il fallait renforcer le système colonial et le travail forcé. C’est ainsi que des nouvelles
cultures furent imposées telles que : le café, le riz, le cacao, le coton, l’arachide, le blé, le
palmier à huile, l’hévéa à certaines régions de l’Afrique.
Cette collaboration forcée a permis un essor économique par l’accroissement et de la
monétarisation. Le café et le cacao en Afrique forestière ont permis l’apparition d’une
classe sociale des planteurs et des commerçants autochtones et le développement d’une
conscience et du syndicalisme.
3- Les retombes politiques
Les européens étaient conscients des abus de la guerre et de la politique coloniale. Pour
éviter les révoltes dans les colonies, ils multipliaient des promesses à l’ endroit des
africains :
- Les Français avaient promis la liberté politique aussitôt que la paix revienne.
- Les Américains à l’endroit de Libéria ont affirmé « les droits des peuples a
disposé d’eux-mêmes c’est à dire le self gouvernement ou l’autodétermination »
- Les anglais avaient promis au Ghana qu’il serait le dominion de l’Afrique noir s’il
lui fournissait du caoutchouc et des produits tropicaux.
- Les points de départs pour le renouveau de la politique coloniale française aurait
été la conférence de Brazzaville en 1944 qui a réuni tous les gouverneurs
généraux, les gouverneurs des colonies africaines ainsi que les haut fonctionnaires
français.
Conclusion
Aussitôt la guerre terminée, de nombreux pays naitrons à cause de l’antagonisme
entre les Américains et les Soviétiques qui marquera les relations internationales de
l’après-guerre. La paix internationale doit être préservée par la création d’une
organisation internationale.

6
CHAPITRE 2 : LES RELATIONS INTERNATIONALES APRÈS 1945
Introduction
L’alliance surprenante entre les alliés du fait de leur divergence idéologique n’est qu’une
alliance de circonstance. Dès que les intérêts des uns et des autres seront mis en jeux, on
voit apparaitre des fissures. Durant toute la période de la fin de la guerre, pendant toutes
les négociations, on sentait monter des tensions entre les soviétiques et les américains.
Les accords signés tant bien que mal permettent de préserver les relations. Mais au-delà
des conférences que se passera- t-il?
I- La détente de l’approche de la victoire et les conférences de gestion de
paix

1- Conférence de Téhéran (novembre 1943)

A cette conférence, Churchill, Staline et Roosevelt envisagent un remodelage de la carte


de l’Europe par le partage de l’Allemagne et de la redistribution de la nouvelle frontière
pour la Pologne. Il a été aussi admis l’annexion des États Baltes. Le débarquement des
alliés en Normandie en France fut également confirmé à Staline par Roosevelt.

2- La conférence de Yalta (février 1945)

Deux ans après, les trois grandes puissances se retrouvent au bord de Yalta en Crimée
alors que l’Allemagne et le Japon n’ont pas capitulé. Cependant l’Allemagne orientale et
l’Europe centrale sont déjà occupées par les forces russes. L’Italie, la France, la Belgique
ont été libérées par les forces franco-anglo-américaines. Les frontières de la Pologne et
les zones d’occupations en Allemagne et à Berlin seront définitivement délimitées. Les
élections libres seront prévues dans les zones libérées. Pour choisir les nouveaux
dirigeants on se met d’accord sur les trois places à accorder à l’URSS au conseil de
sécurité et sur la procédure du droit de veto. On se donne rendez-vous à San-Francisco
aux USA pour mettre au point l’ONU. Staline accepte de déclarer la guerre au Japon. La
décision des zones d’influences en Europe et d’ailleurs a été décidé à Yalta. C’est ce qui
fait dire que les trois grands se sont partagé le monde.

3- La conférence de Postdam (juillet à aout 1945)

Ce sont réunis en Postdam dans la banlieue de Berlin Staline, Harry Truman nouveau
président des USA après la mort de Roosevelt le 12 avril 1945, Churchill puis clément
Attlee après les élections législatives en Angleterre. On confirme des décisions prises à
Yalta et on admet la nécessité de démilitariser et dénazifier l’Allemagne. Chaque
puissance occupante demande à appliquer ses programmes dans sa zone. On fixe le prix
de réparation dû par l’Allemagne à 20 millions de dollars et que des prélèvements en
nature doivent être effectués dans chaque zone. On tombe d’accord sur la date de procès
des chefs nazis considérés comme des génocidaires. Ce sera le procès de Nuremberg fixé
au 20 novembre 1945.

7
4- Le procès e Nuremberg

Si les pays vainqueurs se donnent plutôt bonne conscience, en Allemagne, des


intellectuels tels Jaspers s’efforcent de faire méditer leurs compatriotes sur la
responsabilité allemande. Pour conjurer le retour d’une telle barbarie, un tribunal
international siège à Nuremberg, puis à Tokyo, de mai 1946 à novembre 1948. Y
comparaissent les responsables nazis et japonais, que les vainqueurs, affirmant parler au
nom de la conscience universelle, jugent comme des criminels de guerre, responsables de
surcroit de crimes contre l’humanité : cette notion nouvelle du droit international punit le
génocide, notamment celui des juifs. A Nuremberg, du 20 novembre 1945 au 30
septembre 1946, comparaissent 21 accusés, parmi lesquels Goering, Ribbentrop, Keitel,
Kaltenbrunner, Doenitz, Raeder, Schirach, Sauckel ; ce procès concerne la garde du
Führer, la Gestapo, le service de sécurité et les SS, les gardiens des camps de
concentration, les diplomates, les généraux, les industriels, les grands fonctionnaires. 10
d’entre eux sont condamnés à mort et 11 sont pendus.
II- Les origines de la guerre froide

Après le procès de Nuremberg et la création de l’ONU on s’achemine vers une rupture


totale. L’avenir de l’Allemagne est difficile à prévoir. Chaque puissance occupante mène
sa propre politique dans sa zone sans coordination avec les autres.
En mars 1946, Churchill en voyage dénonce « le rideau de fer » qui s’abat sur les proches
de l’URSS. Ce discours annonce la détérioration des relations internationales malgré la
conférence de Paris (juillet à aout 1946) à l’initiative de Truman où sera signé un traité de
paix en Europe. Le monde quand bien même sorti éprouver de la guerre militaire va
entrer dans une période de vive tension : « la guerre froide » ou le risque d’un conflit
généralisé va être toujours présent.
1- La doctrine Truman et le plan Marshal
a- La doctrine Truman
Elle se résume dans la déclaration du président Truman devant le congrès le 12 mars
1946 « les USA doivent avoir pour politique de soutenir les peuples libres qui résistent
aux entreprises de subversion des minorités armées ou aux pressions militaire… les
régimes totalitaires imposés à des peuples libérés par agression direct ou indirect minent
les fondements de la paix internationale. Cette doctrine envisage une aide financière
selon Truman aux pays qui veulent rester libres. C’est donc une attaque directe contre
l’URSS et sa politique communiste en Europe.
b- Le plan Marshal
Il n’est qu’une amplification et une application de la décision du président Truman. En
effet le secrétaire d’État Américain le général Marshal propose une aide financière
gratuite et importante aux pays européens en disant : « nous ne luttons contre aucun pays,
contre aucune doctrine, nos seuls ennemis s’appellent la faim, la misère, le désespoir et le

8
chaos ». Le général Marshal ajoutait : « le gouvernement, les parties politiques ou
groupes des partis politiques qui font perpétuer la misère pour l’exploiter à des fins
politiques ou autres se heurteront à l’opposition des USA ».
On sait à qui s’adresse cet avertissement. Evidemment à l’URSS qui refuse cette aide
qu’elle considère comme une ingérence dans les affaires internes des États. Les pays
occupés par l’armée rouge en feront autant. De 02 au 06 juillet 1947 se tient à Paris une
conférence pour la répartition de cette aide. C’est au total 16 pays qui acceptent le plan
marshal et acceptent d’être sous tutelle économique et culturel des USA.
2- L’Europe et le monde partagé en deux blocs

Les pays européens ayant accepté le plan Marshal se trouvent dans le bloc occidental,
bloc que Jdanov qualifie de camps impérialistes. De leur côté l’URSS et les pays
satellites (pays libérés par l’armée rouge) créent le COMECON (conseil d’assistance
mutuel et économique) à l’opposition du plan Marshal. Ainsi nait le bloc oriental qui se
dit : anti impérialiste et socialiste.

Des alliances militaires forçant les blocs :

- En occident : le pacte atlantique crée l’OTAN (organisation du traité atlantique


nord) le 04 avril 1949 à Washington
- A l’Est le pacte de Varsovie fut créé le 14 mars 1955 autour de l’URSS. L’Europe
est donc divisée en deux camps irréconciliables. Cette opposition se répercute
dans le monde entier ou les deux blocs cherchent à étendre leur influence dans le
maximum des pays. C’est la période de la « guerre froide ». les relations
diplomatiques entre les deux puissances sont réduites en stricte minimum. Elles se
font la guerre pays interposé. Cette période jalonnée de crises laisse croire à
l’imminence d’une troisième guerre mondiale
III- Les grandes crises de la guerre froide

a- La première crise de Berlin (1948-1949)

Les alliés n’arrivent pas à s’entendre sur le statut de Berlin et sur les éventuelles
élections.

En janvier 1947, l’Angleterre et les États unis forment à l’Ouest une ‘’Bizone’’ à laquelle
se joint la France en 1948. Les trois puissances organisent à Londres une conférence sur
l’avenir de la partie occidentale de l’Allemagne et créent une nouvelle monnaie : le
Deutschemark le 22 juin 1948.

En réaction l’URSS décide le blocus de Berlin situé dans la zone soviétique et crée elle
aussi une monnaie : le Ost mark.

9
Les USA mettent en place un pont aérien pour ravitailler Berlin Ouest. Ils menacent
d’intervenir militairement si ce pont ne peut être assuré. Les soviétiques font obstacle :
cette première crise de Berlin est à la base de la constitution de deux Allemagnes :

- A l’Ouest, la RFA (République fédérale d’Allemagne) le 03 mars 1949


- A l’Est la RDA (République démographique d’Allemagne) le 30 mai 1949
b- La guerre de Corée (1950-1953)
Aucune colonie Japonaise, la Corée se trouve dans une situation analogue à celle de
l’Allemagne. Elle est divisée à partir du 38e parallèle : le nord sous le contrôle de l’URSS
et le Sud sous le contrôle des USA.
Le 25 juin 1950, les Nord-coréens envahissent le Sud sous prétexte de provocation.
En trois jours de combat, Séoul la capitale tombe. Profitant de l’absence du représentant
soviétique au conseil de sécurité, les Américains ont fait voter une résolution en faveur de
l’intervention des casques bleus sous commandement américain.
Le général Mac Arthur mène une contre-offensive lui permettant de repousser les Nord-
coréens jusqu’au-delà du 38e parallèle et d’envahir une bonne partie de la Corée du Nord
en septembre 1950.
Les volontaires chinois interviennent aux cotés des Nord-coréens et font entrer la guerre
dans sa troisième phase. Les casques bleus et les Sud-coréens battent en retraite. Mac
Arthur pense bombarder les bases militaires chinoises en chine. Truman envisage
l’utilisation de la bombe atomique mais il sait que l’URSS en détient. La situation est
telle que Truman décide de relever Mac Arthur de ses fonctions car celui-ci refuse de
l’aggraver. Sur le terrain les fronts se stabilisent et la négociation commence. L’armistice
sera signé à Pan-Munjon le 24 juillet 1953 rétablissant la frontière au 38e parallèle.
IV- La coexistence pacifique : ses crises et ses contestations
A partir de 1953, on assiste à une décrispation politique. Elle serait due au changement à
la tête de deux puissances. Aux USA, Eisenhower remplace Truman tandis qu’en URSS
Staline décède en mars 1953 et est remplacé par Nikita Khrouchtchev. Celui-ci
déstalinise (change l’idéologie politique de Staline) et gèle les relations internationales.
Cette période a vue se réunir en avril 1953 la conférence des pays non alignés (tiers
mondes) à Bandung (Indonésie) d’où naitra le troisième groupe c’est-à-dire les non-
alignés qui formeront le « Tiers monde ». Cependant, brusquement en 1956 chacun des
deux blocs est secoués par des crises et des contestations internes. Mais l’amorce de
nouveau rapport entre les deux grandes puissances commence en 1963 où J.F. Kennedy
et Khrouchtchev négocient l’installation d’un téléphone rouge à Moscou et à Washington
pour éviter le déclenchement accidentel d’une guerre nucléaire. Et ensuite la deuxième
négociation qui aboutira à la signature du traité de Moscou sur l’arrêt des essais
nucléaires dans l’atmosphère.

10
Dans cette politique de détente les deux puissances instaurent des nouvelles règles de
jeux qui consiste à s’efforcer d’imposer la détente à leurs allies respectifs et à renoncer à
une intervention dans la zone reconnue.
1- La crise dans le bloc occidental
A la naissance de l’État d’Israël celui-ci est en guerre perpétuelle avec ses voisins arabes.
L’arrivée de Gamal Abdel Nasser au pouvoir en Égypte sera décisive :
Sa décision de nationaliser le canal de Suez a occasionne l’intervention militaire Franco-
britannique simultanément avec l’invasion du Sinaï par Israël. Les USA s’abstiennent de
tout soutient alors que l’URSS manifeste le désir d’y intervenir si la crise perdure. Après
des pourparlers Franco Anglais, les Israéliens évacuent les zones conquises au profit des
casques bleus de l’ONU. Cette crise du canal de Suez démontre que les deux puissances
peuvent s’entendre par-delà leur opposition et que les petites puissances telles que la
France et le Grande Bretagne ne peuvent agir qu’avec leur accord.
2- La crise du bloc oriental
La déstalinisation à l’Est fait naitre des velléités de changement en Hongrie et en
Pologne.
En octobre 1956 un soulèvement ouvrier à entrainer un changement d’homme à la tête du
gouvernement polonais dirigé désormais par Gomulka mais ne remet pas en cause
l’alliance Soviéto-polonaise. Par contre l’insurrection d’octobre 1956 en Hongrie va plus
loin. Des manifestations pour une plus grande indépendance se déroulent un peu partout
dans le pays, même à Budapest la capitale. La Hongrie se retire du pacte de Varsovie et
autorise de nouveaux partis. Une telle situation qui risque de contaminer le reste du pays
ne peut être tolérer par L’URSS qui décide de réprimer l’insurrection dans le sang pour
décourager toutes velléités de liberté. C’est le printemps de Prague où les chars
soviétiques ont marché sur les manifestants. Cette opération se déroule le 04 novembre
1956 approuvé par tous les pays communistes du monde entier qui voient derrière cette
insurrection la main de la CIA (Central Intelligentsia Agency). C’est le silence radio…
3- La deuxième crise de Berlin (1958-1966)
La première crise s’est solde par la création de deux Allemagne mais n’a pas défini le
statut de Berlin. Khrouchtchev reprit le problème en 1948 en demandant que Berlin
deviennent une ville libre. Alors que les dirigeants de la RDA avaient accusé les
occidentaux d’avoir violer les accords de Postdam en remilitarisant la RFA, donc Berlin
devait devenir la capitale de la RDA.
Une vive tension secoue l’Europe. Les soviétiques brandissent la menace économique.
Après vaines tentatives de négociation, la RDA décide avec le soutien des soviétiques la
construction du mur de Berlin dans la nuit du 12 au 13 aout 1961 séparant la zone ouest
de la zone Est. Un mur de 42 kilomètres de long, 2 mètres d’épaisseur, 3 à 6 mètres de
hauteur. Ce mur contrôlé par 200 miradors et surveillé par 100 000 soldats. Un contrôle

11
très strict est instauré à la frontière de la RDA. Ce mur était qualifié de mur de la honte
par les occidentaux.
4- L’affaire des fusées de cuba
En juin 1959, Fidèle Castro avait triomphé du dictateur Batista après deux ans de guérilla.
En décidant de nationalisé les entreprises américaines, Castro entre en conflit avec les
USA. Les sanctions économiques s’avèrent inefficaces. Les américains décident de
recourir à la force pour tenter de renverser Castro. Un débarquement des forces
anticastristes venu de la Floride tourne au désastre à la baie de cochon. Le prestige de
Castro en sort grandi. En aout 1962, Khrouchtchev installe des rampes de lancement de
fusée au cuba. En septembre ces arsenaux sont repérés par les V2 américains (avion
équipé de radar).
Kennedy envisage des possibilités de bombardement des bases soviétiques mais fini par
décréter un blocus militaire de cuba. Devant la fermeté américaine, Khrouchtchev bat en
retraite en acceptant le démantèlement de ces bases. Le SG de l’ONU SITHU UTHANT
a pu obtenir de faire dialoguer les deux ‘’K ‘’ (Khrouchtchev et Kennedy) qui acceptent
de se rencontrer. Kennedy lève le blocus et s’engage à ne pas envahir le cuba. La crise
cubaine servira de leçon aux soviétiques qui se lanceront dans la course aux armements.
5- Les contestations aux seins des deux blocs
a- L’affirmation de l’indépendance de la chine
La république populaire de la Chine refuge de signer le traité de Moscou, rejette les
propositions d’aout 1963 et se dote de l’arme nucléaire.
En faisant exploser leur première bombe atomique en octobre 1964, les communistes
chinois manifestent leur indépendance militaire et consacre la rupture déjà intervenue
avec les soviétiques sur le plan idéologique et politique.
b- La volonté d’émancipation de la France
La France du général De Gaulle qui comme la Chine a refusé de signer le traité de
Moscou et s’est doté de l’arme nucléaire. En mars 1966, De Gaulle prend une décision
importante de retirer la France du commandement intégré de l’OTAN. Tout en la
maintenant dans l’alliance atlantique et réclame le remplacement du dollar par l’or ou
l’étalon d’or. Elle essaie aussi de s’opposer aux USA en Extrême-Orient. Après avoir
rétabli en 1964 les relations diplomatiques avec Pékin, elle demande aux américains de se
retirer de l’Indochine dans un discours prononcé à Phnom-Penh (Cambodge) en 1966.
En ce qui concerne l’Europe De Gaulle l’adversaire déclaré d’une intégration s’efforce de
promouvoir l’idée d’une Europe de l’atlantique a l’Oural mais non soumise à l’influence
américaine et entreprend une série de voyage à Moscou en 1960, en Pologne en 1967, en
Roumanie en 1968. Par ailleurs De Gaulle s’oppose à l’entrée de l’Angleterre à la CEE
(UE actuelle) car il la considère comme le cheval de Troie des américains.
V- Détente et conflit localisé

12
1- L’entente Soviéto-américaine
Dans le domaine militaire en juillet 1968 les deux puissances et les 62 autres pays ont
signés à Genève un traité de non-prolifération des armes nucléaires qui vise à décourager
les États qui ne disposent pas de la bombe atomique. La France et la Chine refusent de
signer le traité. Immédiatement l’annonce d’une négociation américano–soviétique sur
les armements stratégiques débouchant sur la signature par BREJNEV et NIXON à
Moscou en mai 1972, les accords de Salt (stratégie armement limitation talk). Ces
accords marquent symboliquement l’apogée de la détente.
La détente concerne aussi le domaine économique : Nixon accepte de vendre du blé aux
soviétiques.
2- L’ouverture à l’EST de la RFA
Le chancelier Willy Brandt entreprend d’abord un rapprochement économique :
En octobre 1969, il accorde un important crédit à l’URSS et signe un contrat pour fournir
des tubes destinés aux transports des hydrocarbures en échange de la livraison du gaz
naturel.
En 1970, la RFA reconnait l’inviolabilité des frontières européennes en particulier celle
de la Pologne et de la RDA. Cette initiative de Willy Brandt constitue une reconnaissance
de la RDA qui en échange consent des facilités avec l’Allemagne de l’Ouest qui souhaite
rendre visite à leurs familles rester à l’Est. Cette détente permet aux deux États
Allemands d’entrer à l’ONU en 1973.
3- Les conflits localisés
a- En Indochine
L’intervention américaine aux cotés des sud-vietnamiens contre le Vietnam du Nord
soutenue par les soviétiques fait étendre le conflit au Cambodge, à Laos. Cette guerre est
terminée en 1973 par la défaite américaine et l’annexion du Sud par le Nord.
b- Les guerres Israélo-arabes
1- La guerre de six jours
La décision du président Gamal Abdel Nasser d’interdire le Golfe d’Akaba aux navires
Israéliens oblige Israël à lancer une attaque préventive le 05 juin 1963 et détruire
l’aviation Égyptienne au sol. Tout le Sinaï et la Cisjordanie la partie Arabe de Jérusalem
sont occupée. La Syrie est attaquée. Une mise en garde Soviétique impose un cessé le feu
le 10 juin 1963. Les Soviétiques qui n’avaient pas voulu nuire à la politique de détente au
profit de leurs alliés Arabes sont les déçus diplomatiques de cette affaire.
2- La guerre de Kippour
En octobre 1973 l’Égypte déclenche conjointement avec la Syrie la guerre dite de
Kippour. L’armée Israélienne prise au dépourvu, les syriens reprennent le plateau du
Golan et les blindés Égyptiens franchissent le canal de Suez. Mais l’action conjointe des

13
USA qui ne veulent pas laisser détruire Israël et les Soviétiques qui refusent de livrer les
MIG23 aux égyptiens et à la Syrie conduit le président Anouar el-Sadate à mener une
guerre d’usure pour obliger Israël à négocier. Israël riposte à deux temps : l’armée
Israélienne liquide d’abord l’armée syrienne avant de se retourner contre l’armée
égyptienne. Les blindés Israéliens franchissent le canal de Suez et menacent de marcher
sur le Caire. Cette fois-ci ce sont les soviétiques qui ne peuvent pas laisser écraser
l’Égypte et à qui les Américains permettent de sauvé la face. Kissinger impose un cessez-
le- feu aux Israéliens. Cela démontre combien les puissances peuvent s’entendre au-delà
de leur divergence.
En Afrique dans la crise congolaise, la guerre du Biafra, le conflit Tchad-Libye, la guerre
d’Angola avait la main soviétique d’un côté et celui des Américains de l’autre.
VI- La détente à l’épreuve (1973-1979)
1- Les effets du premier choc pétrolier
En riposte à la contre-offensive Israélienne lors de la guerre de Kippour en 1973, 11 pays
Arabes cessent de livré de pétrole au pays réfuté amis des Israéliens. De plus ils
annoncent la réduction de la production de 5 pourcent par mois jusqu’à l’évacuation
totale des territoires occupés.
Les pays de l’OPEP (organisation des pays producteur et exportateur de pétrole) décident
l’augmentation du prix de baril de 7 pourcent puis de 130 pourcent. Si ces misères ne
sont pas trop graves pour les USA qui n’achètent que 6 pourcents de leur pétrole au
Moyen Orient, elles sont dramatiques pour les pays énergiquement dépendant comme
l’Europe et le Japon.
2- Les soviétiques en Afghanistan
En Afghanistan, les communistes au pouvoir depuis 1978 aidés par l’URSS se heurtent à
une rébellion de musulmans traditionalistes qui contrôlent les ¾ du pays. Le 24 décembre
1979, l’armée rouge envahie l’Afghanistan pour sauver le régime communiste. Cette
intervention est désapprouvée par les États musulmans du monde et condamnée par
l’ONU. Pour les USA, elle constitue une agression caractérisée qui remet en cause la
détente. Le congrès américain refuse de ratifier les accords de SALT 2 de 1979 et en
1980, le président Jimmy Carter décide de prendre des sanctions à l’encontre de l’URSS
et appelle au boycott des jeux olympiques et décrète l’embargo sur la livraison des
céréales destines à l’URSS. C’est là où pour la première fois, le terme ‘’arme
alimentaire’’ a été employé.
VII- Les derniers tournants vers la fin du monde bipolaire
1- L’évolution de la politique des États unis
Au début des années 1981 le président Reagan cherche à imposer une course aux
armements que l’économie de l’URSS ne pouvait pas supporter. Le lancement du
programme d’initiative de défense stratégique ou guerre des étoiles en 1983 destiné à

14
mettre les USA à l’abris de toute attaque nucléaire par un bouclier spatial et
l’implantation des missiles Pershing et SS20 Soviétiques.
Après 1985, la politique américaine s’infléchit à cause du cout élevé et de l’aggravation
du déficit budgétaire. Reagan choisit alors de relancer la négociation avec la soviétiques
pour le désarmement.
2- Le changement en union soviétique
En URSS, la situation avait évolué : depuis 1984, année de boycotte de J.O de Angeles en
riposte au boycott des jeux de Moscou en 1980.
L’arrivée de GORBATCHEV au pouvoir a imposé un cours nouveau à la diplomatie
soviétique en relation avec la politique de PERESTROÏKA ou GLASNOST. Cette
politique de réforme supposait une ouverture sur les pays occidentaux, celle capable de
fournir des capitaux et de la technologie à son économie qui en avait impérativement
besoin.
La nouvelle politique de L’URSS continue de manière irréversible, le maintien de la
domination soviétique sur les démocraties populaires, de l’Europe de l’Est qui se sont
affranchies du communisme de 1989 à 1990, à l’effondrement de l’empire extérieur
entériné par la dissolution du pacte de Varsovie et du COMECON en juillet 1991 venue
s’ajouter à l’explosion de l’empire à l’intérieur submergé par la montée du nationalisme.
En fin, le Putsch avorté d’aout 1991 a entrainé la chute du communisme en URSS et a
affaibli la position de GORBATCHEV qui a été contraint de se retirer en décembre 1991.
Conclusion
En clair, que sera le monde de demain? On peut déjà esquisser quelques-uns des
problèmes auxquels le monde va se confronter. Les USA vont être tentés de profiter de la
disparition de l’URSS pour renforcer leur leadership mondial.
L’Allemagne réunifiée et le Japon forts de leur puissance économique aspirent jouer un
rôle très important.
Le tiers monde redoute que l’aide apportée par les pays nantis aux pays de l’ancien
communisme ne se fasse à leurs dépens. En fin, la montée du nationalisme et de
l’intégrisme religieux dans de nombreuses parties du monde laissent planer des
inquiétudes.

15
CHAPITRE 3: L’ORGANISATION DES NATIONS-UNIES (ONU) ET SON
RÔLE DANS LE MONDE

Introduction

Les États-Unis ont été avec Roosevelt et Truman, les initiateurs de l’ONU comme ils
avaient été avec Wilson à l’origine de la création de la SDN au lendemain de la première
guerre mondiale.
I- Les origines et la création de l’ONU

En Aout 1941 Roosevelt et Harry Truman avaient proposé dans la charte de l’Atlantique
qu’après la destruction de la tyrannie nazie, qu’il soit établi un système plus vaste et
permanent de sécurité. En Janvier 1942, les États engagés aux côtés des USA dans la
grande alliance avaient signé à Washington la déclaration des nations unies, un texte qui
portait la marque de Roosevelt et dans lequel il s’engageait à mettre en œuvre après la
guerre un système de paix et de sécurité.

En 1943, à la conférence interalliée de Moscou et celle de Téhéran, Roosevelt, Staline et


Churchill ont réaffirmé leur volonté de créer une nouvelle organisation internationale. En
Septembre-octobre 1944, à la conférence de DUMBARTON OAKS, on définit les
structures de cette nouvelle organisation, puis en janvier 1945, la conférence de Yalta a
réglé les derniers litiges concernant son fonctionnement.

Le 26 Juin 1945 à la conférence de San Francisco les 50 États (51 États) membres
fondateurs ont adopté la charte de l’ONU.

C’est le 24 octobre 1945 que l’ONU a commencé officiellement d’exister en se


substituant à l’’ancienne Société des Nations (SDN). En Décembre 1946 elle a été établie
à son siège à New-York.
II- Les buts et les principes de l’ONU

Les buts de l’ONU sont énoncés dans le préambule de l’article de la charte

- Maintenir la paix et la sécurité internationale et à cette fin, prendre des mesures


collectives efficaces en vue de prévenir ou d’écarter les menaces à la paix et de
réprimer tout acte d’agression ou autre rupture de la paix et de réaliser par les
moyens pacifiques conformément aux principes de la justice et du droit
international…
- Développer entre les nations les relations amicales fondées sur le respect des
principes de l’égalité des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes
- Réaliser la coopération internationale en résolvants les problèmes internationaux
d’ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire, en développant, en
encourageant le respect des droits de l’homme et de la liberté fondamentale pour
tous sans distinction de sexe de religion et de langue.
16
- Tous les États qui acceptent les obligations de la charte et qui en font la demande
peuvent devenir membre de L’ONU. L’ONU compte aujourd’hui, 194 membres.
III- Le fonctionnement de l’ONU

Au terme de la charte, l’ONU est doté de six organes principaux habillés des programmes
et organismes pour les assister dans leur fonction ainsi qu’à conclure les accords de
coopération avec les institutions internationales.

1- L’Assemblée générale

Elle est le principal organe de délibération ou les États membres siègent sur un même
pied d’égalité, chacun disposant d’une voix. Elle se réunit une fois par an. On y débat
tous les problèmes touchant à la paix, à la sécurité, au droit de l’homme, à la coopération
entre les nations, au désarmement. L’Assemblée générale décide de l’admission de
nouveaux membres et élit le Secrétaire général sur la recommandation du conseil de
sécurité.

Les décisions qui sont prises à la majorité simple ou à la majorité de 2/3 pour les
questions importantes. Les actes adoptés par l’Assemblée générale ne sont pas
juridiquement contraignant mais de simples recommandations qui n’engagent pas les
États auxquels elle s’adresse.

2- Le conseil de sécurité

Il est l’organe exécutif permanent de l’ONU. Il comprend 15 membres dont 05


permanents (USA, URSS, CHINE, France et l’Angleterre) et 10 membres temporaires
élus pour deux ans par l’Assemblée générale. Le pouvoir est consacré entre les mains des
grandes puissances victorieuses de la seconde guerre mondiale disposant de droit de veto.
C’est le seul organe doté d’un pouvoir prononçant des condamnations, des sanctions,
décidant des mesures d’exécutions, de sanctions, des interventions des casques bleus. Il
assure la responsabilité de maintien de la paix et de sécurité internationale. C’est
également le seul organe ou le principe d’égalité des États est anéanti par la règle de
l’humanité des puissances c’est-à-dire le droit de veto qui montre que le vote négatif d’un
seul des cinq membres permanents, suffit pour bloquer une décision ayant requis
l’adhésion des quatorze autres membres

3- Le conseil économique

Il est le principal organe de coordinations des activités économiques et sociales de l’ONU


et des institutions inter-gouvernementales qui le soutiennent. Cinq commissions siègent :

- Pour l’Amérique latine et les caraïbes à Santiago au Chili


- Pour l’Asie orientale et le pacifique à Bangkok en Thaïlande
- Pour l’Asie occidentale à Aman en Jordanie

17
- Pour l’Europe en général
- Pour l’Afrique à Addis-Abeba en Éthiopie.
4- La cour internationale de justice

Elle a son siège à la Haye aux Pays-Bas. C’est l’organe judiciaire de l’ONU. Elle est
composée de 15 magistrats élus pour 9 ans rééligibles par l’Assemblée Générale en
fonction de leur compétence et indépendamment de leur nationalité.

5- Le Secrétaire général

Il est au service des autres organes de l’ONU. Le Secrétaire général est élu pour 5 ans par
l’Assemblée générale et rééligible une seule fois par recommandation du conseil de
sécurité.

Il met en ordre le programme de l’ONU et offre les bons offices pour contribuer au
règlement des différends internationaux et saisir le conseil de sécurité lorsque la paix lui
semble menacée.

Depuis sa création l’ONU a connu 9 Secrétaires généraux :

- Le Norvégien TRYGVE LEE (1946-1953)


- Le Suédois DAG HAMMARS DJOLS (1953-1961)
- Le Boorman SITHV VTHANT (1961-1971)
- L’Autrichien KURT WALDHEIM (1971-1981)
- Le Péruvien XAVIER PERES DE CUELAR (1981-1991)
- L’Égyptien PIERRE BOUTROS GALI (1991-1996)
- Le Ghanéen KOFFI ANAN (1997-2007)
- Le Sud-coréen BAN KIMOON (2007-2017)
- ANTONIO GOTIRES (2017-20…)
IV- L’ONU à l’œuvre

Confrontée à des problèmes de plus en plus nombreux et complexes, l’Assemblée


générale a créé progressivement des programmes et organismes des commissions et des
conseils, des institutions rattachées à l’ONU.

Le conseil de sécurité dont la compétence est centrée sur le maintien de la paix et de la


sécurité a constitué des forces de maintien de la paix et des missions d’observations
militaires. L’ONU compte quatorze programmes et organismes dont les plus connus
sont :

UNHCR (Haut-Commissariat des nations unies pour les réfugiés), le PAM (programme
alimentaire mondial), le FINUAF, l’UNICEF, le PNUD… et 20 institutions spécialisées
ou organes subsidiaire : OIT (organisation international de travail), UNESCO (organe des
nations unies pour l’éducation de la science et de la culture), FAO (fonds des nations

18
unies pour l’alimentation), OMS (organisation mondiale de la santé), FMI (fonds
monétaire international) et BM (banque mondiale).

1- L’ONU au service de paix et de sécurité

Les missions militaires destinés à éviter les conflits ou à y mettre fin sont confiées aux
forces de maintien de la paix appelé ‘’casque Bleu’’. Depuis sa création l’ONU a
entrepris plus d’une quarantaine des opérations de maintien de la paix notamment les
opérations de contrainte en Corée au Koweït etc. les opérations d’interposition dans les
guerres israélo-arabes, au Yémen, en Nouvelle Guinée et des groupes d’observation au
Liban (FINUL) en Afghanistan, dans les conflits Iran-Irak, au Cambodge.

Les interventions diplomatiques du conseil de sécurité avec les appels de cessez- le-feu
ou à des résolutions comme la 242 adopté en 1967 pour une paix durable au Moyen-
Orient. Les actions personnelle des secrétaires généraux de l’ONU ont été déterminantes
pour dénouer la crise cubaine, pour le retrait des cubains de l’Angola, des Soviétiques de
l’Afghanistan pour résoudre le problème de Sahara occidental, pour obtenir un cessez-le-
feu entre l’Iran et l’Irak etc.

2- L’ONU au service de la justice et de l’inégalité des droits

Dès 1948, l’Assemblée générale a adopté la déclaration universelle des droits de


l’homme. L’action de l’ONU pour le respect des droits de la personne humaine concerne
la lutte contre toute forme de discrimination raciale, l’intolérance, la torture, la drogue et
en faveur de la promotion de la femme et de l’enfant.

Conformément au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à choisir leur propre voix
reconnus dans la charte du 1945, l’ONU n’a cessé d’encourager l’accession des peuples
colonisés à l’autonomie. L’ONU soutient les mouvements de libération nationale
auxquels elle reconnait le droit d’avoir les observateurs pour les représenter devant les
nations unies.

3- L’ONU au service du développement économique

L’ONU soutient les efforts des pays en développement à travers ses programmes, Ses
organismes et ses institutions spécialisées qui sont entre autres : PNUD, BM, FMI, FAO,
OMS, PAM, UNICEF, UNHCR… par une assistance matérielle technique et financière.
V- Un bilan quelque peu décevant

1- Dans le domaine de la paix et de la sécurité

En dépit des efforts déployés par l’ONU en faveur de la paix et de la sécurité, les conflits
localises sont multiples en Asie, en Afrique, en Amérique latine et se poursuivent encore

19
aujourd’hui. Les dépenses d’armement ne cessent d’augmenté et aboutissent à un
surarmement même dans les pays les plus pauvres.

Dans ce domaine il reste beaucoup à faire.

2- Dans le domaine des droits de l’homme

L’ONU multiplie des recommandations, rappelle les grands principes, énonce les idées
généreuses mais n’a pas pu empêcher jusqu’à présent les atteintes aux libertés à des
tortures, des discriminations de toute sorte qui, à des degrés divers sévissent à travers un
grand nombre de pays. Les pays occidentaux refusent d’appliquer les consignes des
boycottes à l’encontre de l’Afrique du Sud au temps de l’apartheid et à l’encontre d’Israël
pour les territoires des arabes occupés.

La commission des droits de l’homme des nations unies a été saisie a maintes reprises sur
l’enrôlement des enfants dans les armées, le travail forcé, la prostitution et les trafics des
enfants dans les pays du tiers-monde considérés comme une nouvelle forme d’esclavage.

3- Dans le domaine du développement

L’action de l’ONU en faveur du tiers monde n’est pas bien comprise par les pays riches
lorsqu’elle n’est pas contrainte. Elle se heurte aux égoïsmes nationaux et aux intérêts
particuliers. L’aide consenti par les pays développés pour soutenir les pays du tiers
monde reste très insuffisante et les besoins à satisfaire restent considérables.

Conclusion

La charte est le principe de l’ONU que l’on considère comme une institution capable de
maintenir la paix et la sécurité dans le monde mais les actions du système des nations
unies se trouvent subordonner aux accords entre les États membres surtout les membres
permanent du conseil de sécurité. Ce qui manque à l’ONU et qui explique la déception
qu’elle suscite est un consensus international. Repenser surtout les structures et les
mécanismes du fonctionnement du conseil de sécurité maintenant que le monde n’est pas
bipolaire.

20
IIIEME PARTIE : LA DÉCOLONISATION

Introduction

Le processus de décolonisation entamé au XVIIIe siècle avec la déclaration


d’indépendance des USA en 1786 et au XIXe siècle avec l’indépendance des colonies
d’Amérique Latine, est accéléré au lendemain de la seconde guerre mondiale pour les
colonies Asiatiques puis pour les colonies d’Afrique. Cette accélération de l’histoire est
due à toute une série de facteurs : les uns relevant de la vie intérieure des États colonisés
et les autres par l’influence des relations extérieurs.
CHAPITRE 4 : LES FACTEURS DE LA DÉCOLONISATION
A- Les facteurs internes

1- La guerre

Malgré la victoire, les puissances coloniales ont été affaiblies. Elles ont dû demander des
efforts particuliers aux colonies qui sont obligés de participés a l’effort des guerres en or,
en denrées alimentaires et en matières premières. En associant les colonies à la lutte
contre la dictature les Européens ont ouvert de nouveaux horizons à ces peuples dominés.
C’est pour eux une occasion d’évolution, de découverte et de prise de conscience. Par ces
effets économiques et sociaux la guerre a été un extraordinaire catalyseur pour
l’émancipation.

2- L’école

Dans le soucis de la civilisation et pour les besoins de la colonisation, les colons ont créé
et développé des écoles qui ont formé des cadres d’indigènes dans beaucoup de domaine.
Ces indigènes évolués, en se frottant aux colonisateurs ont pris conscience de leur force
et des abus de la colonisation. Ils ont formé dans leur pays les premiers embryons de la
lutte anticoloniale. L’action des étudiants africains des universités européennes a été
importante, celle des écrivains antillais. Ceux-ci ont créé des journaux, des revues et des
œuvres littéraires à travers lesquels ils expriment leur nationalisme. Le journal ‘’légitime
défense ‘’ et la revue ‘’Présence africaine’’ ont été le porte-parole de la négritude et du
nationalisme négro-africain.

3- Les syndicats

La création des syndicats a été longtemps retardée par la politique coloniale. Leur
éclosion a commencé en 1930 dans l’empire colonial anglais et en 1937 dans celui de la
France. Au début les syndicats des colonies étaient le prolongement de ceux de la
métropole. Les dirigeants syndicaux étaient dans les écoles occidentales et ont des idées
libérales révolutionnaires. Pour eux, le colonialisme n’est pas seulement une domination
économique et politique mais une racine pivotante de tous les maux. Les politiciens ont
trouvés dans les syndicats des alliés pour la lutte anticoloniale.

21
4- Les partis politiques

Ils ont commencé à proliférer à partir de 1945. Ils ont été les instruments de la lutte
nationale. Ils expriment plusieurs tendances. Beaucoup sont affiliés aux partis politiques
métropolitains. Ces partis ont formé la plupart des leaders africains.

De ce qui précède, on peut affirmer que la colonisation a porté en elle-même les germes
de sa destruction.
B- Les facteurs externes

1- L’action des églises

Il y a concordance de collaboration entre la prestation missionnaire et la pénétration


coloniale. Traditionnellement les colons faisaient des missionnaires des agents de leur
politique.

Lorsque les peuples colonisés ont commencé à manifester le désir de rejeter la


domination coloniale, les églises ont trouvé indispensable de dissocier le domaine
religieux de celui de la domination et de l’exploitation. Les églises ont jugé profitable de
réviser leur position et de se placer dans le sens de l’histoire plutôt que de lutter contre le
courant de l’histoire.

2- L’influence de Marxisme et de l’URSS

Pour le marxisme, la libération des peuples colonisés s’inscrivit dans l’ensemble de la


révolution prolétarienne. Le prestige de l’URSS auprès des peuples est dû à la résolution
satisfaisante de ces problèmes coloniaux par la reconnaissance de l’égalité aux
populations non-russes mais aussi de la Russie tsariste pays pauvre, le régime socialiste a
réussi en quelques années à en faire une nation la plus puissante du monde. L’union
soviétique elle-même se réclamait anticolonialiste. En fait, l’URSS s’est formé grâce à la
révolution populaire quelle aurait aimé voir s’étendre à d’autres pays pour augmenter son
influence dans le monde.

3- L’influence des USA

Les USA s’étaient affranchis de la colonisation britannique au XVIIIe siècle, donc


n’ignorent pas les méfaits de la colonisation. Avant, pendant et après la 2e guerre
mondiale, l’anticolonialisme devient une des idées forces de la politique étrangère des
États-Unis. En fidélité à la phrase du président WILSON : ‘’le droit des peuples à
disposer d’eux-mêmes’’ les peuples colonisés y puisent de grands espoirs tandis que les
puissances colonisatrices y voient des raisons de méfiance.

4- La Chine et la décolonisation

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Pays du tiers-monde, la Chine a accordé un soutien accru aux mouvements de libération
dans les pays qui forment les non-alignés.

5- L’ONU et la décolonisation

L’ONU dont l’une des objectifs est l’égalité entre les nations, petites ou grandes, riches
ou pauvres et qui affiche dans sa charte le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, va
jouer un rôle décisif dans la décolonisation. Les réunions deviennent dures, ou les tenants
de la colonisation et les partisans de la décolonisation s’affrontent.
VI- La décolonisation de l’Afrique

a- Les indépendances en Afrique du Nord


- En Tunisie : dans la foulée des accords de Genève, Pierre Mendes France, alors
président du conseil, se rend à Tunis et à Carthage le 31 juillet 1954 et promet de
reconnaitre ‘’l’autonomie interne de l’État Tunisien’’. Cette promesse débloque
une situation tendue depuis l’arrestation, en 1952 d’Habib Bourguiba, le populaire
chef du mouvement nationaliste, le Néo-destour. Alors que l’indépendance de la
Lybie, l’ancienne colonie italienne sous tutelle de l’ONU, avait été proclamée en
1951, la France s’entêtait à affirmer le caractère ‘’définitif’’ des liens l’unissant a
la Tunisie. Le retour triomphal de Bourguiba dans son pays le 1er juin 1955, est
suivi le 03 juin de la signature de conventions, première étape vers une
indépendance loyale reconnue le 20 mars 1956.
- Au Maroc : l’évolution est pratiquement identique qu’au Maroc où, à partir de
1947, le maréchal Juin et son successeur, le général Guillaume, ont pratiqué une
politique de force qui a entraîné une escalade de violences. Le 20 aout 1953, la
décision de déposer le sultan et de l’exiler est une magistrale erreur politique qui
élève le souverain déchu au rang de martyr. Il faut toutefois attendre en 1955 pour
que le gouvernement d’Edgar Faure ouvre la voie des négociations. Paris doit
alors admettre le retour de Mohamed Ben Youssef sur le trône et le 02 mars 1956,
reconnaitre solennellement l’indépendance.
- En Algérie : cette évolution rapide, après des années de tergiversations, s’explique
par l’intensification des combats en Algérie. Face à la turbulence des protectorats
tunisien et marocain, l’Algérie avait donné longtemps l’apparence d’une région
calme. D’où la surprise quand éclate, le 1er novembre 1954 l’insurrection de la
‘’Toussaint’’. Les passions sont d’autant plus exacerbées en Algérie où vivent un
million d’européens convaincus que cette terre est autant la leur que celle des
arabes ou des berbères. Persuadés que toute réforme leur serait fatale, ces ‘’pieds
noirs’’ refusent toute évolution. Certes le statut de 1947 a bien accordé à tous les
algériens la citoyenneté française mais cette égalité de principe est contredite par
le fait que la population musulmane se voit accorder à l’Assemblée nationale
algérienne le même nombre de sièges que les français pourtant huit fois moins
nombreux. En outre le trucage systématique des élections, les vident de toute
signification.

23
C’est la raison pour laquelle l’élite algérienne abandonne progressivement les positions
légalistes du Ferhat Abbas pour des revendications plus extrêmes. Fondé en 1946 par
Messali Hadj, le mouvement pour le triomphe des libertés démographiques,
traditionnellement prolétarien commence a attiré les classes moyennes et les
intellectuelles. Mais ce sont les partisans de l’action directe et immédiate rassemblée dans
la communauté révolutionnaire d’unité et d’action puis le front de libération national
(FLN), qui prennent l’initiative au lendemain de Dieng Bien Phu.
Même si les gouvernements successifs de la France ont bien engagé des contingents, ont
consenti à la pratique de plus en plus systématique de la torture et même d’assurer la
maitrise militaire du terrain au prix de lourde perte (on parle aujourd’hui de 200000
morts), ils ne peuvent empêcher le progrès de la cause nationaliste qui a le soutien de
l’extérieur et en particulier de l’ONU.
Progressivement aussi, l’opinion publique métropolitaine est gagnée par la lassitude,
certains milieux d’affaire estiment même qu’à l’heure où le pays a besoin de se
moderniser pour affronter la concurrence, la France doit se débarrasser d’un fardeau plus
encombrant que rentable. En 1956 convenue que l’indépendance est inéluctable le
général De Gaul le proclame qu’après le retour de la paix, les algériens auront droit à
l’auto-détermination. C’était enclenché la mécanique de l’indépendance qui serait
finalement proclamée en juillet 1962 après la signature en mai des accords d’Evian.
b- La décolonisation en Afrique anglophone
En Afrique noire, la décolonisation se fait d’avantage par « consentement mutuel ». Les
colonisateurs réussissent pour l’essentiel à éviter les affrontements dramatiques. La
Grande Bretagne donne l’exemple en acceptant l’indépendance de la Gold-Coast (actuel
Ghana) le 06 mai 1957, le leader du nouvel État, Kwamé Nkrumah attachant une grande
importance au maintien des liens tissés avec l’Angleterre et demandant l’entrée du Ghana
dans le Commonwealth. Cette décolonisation pacifique sert de modèle ensuite aux autres
colonies britanniques d’Afrique, au Nigeria, la Tanzanie, l’Ouganda, le Kenyan
c- La décolonisation en Afrique francophone
De la même façon en Afrique noire francophone, l’insurrection algérienne accélère le
processus que la brutale répression de l’insurrection Malgache, en mars 1947, laissait
pourtant mal augurer. Voter en 1956 la loi Cadre dite loi Gaston Defferre permet une
évolution décisive vers l’autonomie. En 1958, tous les territoires acceptent a l’exception
de la Guinée de Sékou Touré d’intégré la « communauté » que propose le général De
Gaul. En 1960, ils accèdent à l’indépendance en maintenant avec la France des liens de
coopération vivement souhaités par ceux qui, comme le Sénégalais Léopold Sedar
Senghor , ont exprimé la voie de la « négritude » tout en réclamant une collaboration
loyale avec la France.
Au Congo belge, par contre, l’indépendance est marquée par les troubles violentes qui
pèseront dans l’histoire du futur Zaïre. Ne s’étant jamais affranchi d’un système

24
paternaliste imposé par les missions catholiques et la puissante compagnie minière du
Katanga, les autorités belges n’ont pas encouragé la formation d’élites.
C- La décolonisation du Tchad
I- La marche vers l’indépendance
1- La conférence de Brazzaville
La politique a commencé au Tchad, comme partout ailleurs en Afrique noir francophone,
après la conférence de Brazzaville en février 1944.
Même si cette conférence a écarté toute idée d’autonomie et toute possibilité d’évolution
hors du cadre français, elle constitue tout de même un pas en avant par rapport au passé
colonial pur et dure. Car pour la première fois est envisagée la possibilité de réforme
allant dans le sens de l’évolution politique, économique et social des colonies.
2- L’Union française
En 1946 une deuxième étape a été franchi avec la promulgation de la constitution du 27
octobre qui, en instituant l’union française, a apporté des changements notables :
citoyenneté et droit de vote, représentation des Territoires d’Outre-Mer (TOM) au
parlement français et a l’assemblée de l’union française, création d’assemblée territoriale
etc… à partir de cette période les votes se suivent a un rythme accéléré pour élire les
représentants du Tchad dans les différentes assemblées. Le corps électoral était divisé en
deux collèges : un premier collège pour les colons et un deuxième pour les indigènes. Les
premiers députés du Tchad a l’assemblée nationale française ont été élus le 10 novembre
1946. Il s’agit de René Malbrant et de Gabriel Lisette. Le 15 décembre de la même
année, les 30 membres de la première assemblée locale du territoire, dite conseil
représentatif sont à leur tour élus. Ces conseils étaient dotés du pouvoir limité, mais à
travers lui, on voit apparaitre pour la première fois, une élite locale qui va côtoyer les
colons dans ce cadre parlementaire. En l’absence de tout parti ou regroupement des partis
politiques, ce sont les notables qui ont, pour la plupart été élus. C’est en 1947 que les
premiers partis sont créés. Il s’agit de l’union démocratique tchadienne (UDT), favorable
à l’administration coloniale et le parti progressiste tchadien (PPT) de Gabriel Lisette,
anticolonialiste. Après quelques années d’hégémonie électorale, l’UDT miné par des
dissensions internes, a commencé par s’émietter dès 1954, au profit du PPT, en donnant
naissance à plusieurs petits partis comme : le Parti Socialiste Indépendant du Tchad
(PSIT), l’Action Sociale Tchadienne(AST), l’Union Démocratique des Indépendants du
Tchad (UDIt), le Mouvement Socialiste Africain (MSA), le Groupe des Indépendants et
Ruraux du Tchad (GIRT), etc.
3- Les réformes de la loi Cadre
En 1956 un tournant majeur a été annoncé dans l’évolution politique des territoires grâces
aux reformes apportées par la loi Cadre. Cette loi qui date du 23 juin associe étroitement
les populations locales à la gestion de leur intérêt en instituant le collège unique et le

25
suffrage universel, une assemblée territoriale élargie et un conseil de gouvernement
investi par celui-ci et responsable devant elle. A travers ces conseils apparait un exécutif
local tandis que l’accroissement des attributions de l’assemblée la rapproche d’une
assemblée territoriale. A ces réformes, les territoires étaient véritablement engagés sur la
voie de l’autonomie. Profitant de l’initiative de son concurrent l’UDT, le parti
progressiste tchadien a commencé à amorcer une montée fulgurante. Après la réélection
triomphale de son président Gabriel Lisette comme débuté à l’assemblée nationale
française le 02 janvier 1956, ce parti remporte les municipales de Fort-Lamy de mars
1957, il forme avec d’autre partis un regroupement dénommé « Entente pour
l’application de la loi cadre » (EALC). Le 30 mars cette coalition remporte une victoire
écrasante en raflant 46 des 65 sièges de l’assemblée. C’est cette assemblée qui, après
l’élection de son bureau le 13 mai 1957 a élu les 9 membres du premier conseil de
gouvernement dirigé par le chef de file des progressiste, G. Lisette.
4- La communauté franco-africaine
Un nouveau pas décisif est franchi deux ans plus tard par la promulgation de la
constitution française du 04 octobre 1958 qui instaure la communauté franco-africaine.
Rejetant à la fois l’option d’une indépendance immédiate et le maintien du statut de
territoire d’outre-mer, les élites tchadiens décident le 28 novembre 1958, de proclamé le
Tchad une république autonome, membre de la communauté. Mais la première
république a de la peine à mettre en place des institutions politiques à cause de
l’instabilité politique qui s’est instauré très vite (dès le premier trimestre en 1959) : 04
gouvernements successifs ont été nommés en L’espace de 4 mois.
- Un gouvernement d’union, dit gouvernement de l’entente (décembre 1958 février
1959) de G. Lisette devenu premier ministre. Il comprend les représentants des
diverses formations politiques selon un accord conclu peu avant le 28 novembre
1958 entre les représentants de diverse formation politique. C’est ainsi que 06
membres de L’union socialiste tchadienne (UST) entre dans le gouvernement.
D’une manière générale, ce premier gouvernement comprend 12 du nord et 02 du
sud donc Toura Ngaba et Golsala.
- Du 10 février au 11 mars 1958 un deuxième gouvernement provisoire de 09
membres est constitué et dirigé par Gontchomé Sahoulba, seul du sud devenu
premier ministre et ministre de l’instruction publique. Il comprend exclusivement
que des personnalités appartenant à l’UST et au GIRT, le PPt ayant refusé d’y
participer. Mais le départ de ce gouvernement du mouvement socialiste tchadien
(MSA) d’Ahmed Koulamallah, qui a rejoint le camp de l’entente, a provoqué la
chute de ce gouvernement qui n’a durée qu’a peine un mois
- De 12 au 24 mars Ahmed Koulamallah nommé premier ministre forme le
troisième gouvernement qui comprend 12 membres (lui-même occupe le poste de
ministre de l’intérieur) dont trois du sud : Toura Gaba, Sahoulba et Ahmed
Mangué, un gouvernement auquel participent l’entente et les autres partis. Mais le
MSA n’a qu’une audience localisée et c’est seulement en fonction du jeu de

26
balances de la majorité à l’assemblée qui a une certaine importance. Le 24 mars
1959, l’assemblée vote une motion de défiance contre le gouvernement de
Koulamallah qui est ainsi renversé, le gouvernement n’a tenu que 11 jours.
- Après ces crises successives, la situation revient à son point de départ. Le
PPT/RDA reprend l’initiative et, le 24 mars 1959, François Tombalbaye est
chargé de former le 4e gouvernement provisoire. Quelques jours après le 31 mars,
l’assemblée vote la première constitution tchadienne, puis se sépare après avoir
décidé de la date du 31 mars pour les élections législatives.
Les élections du 31 mars 1959 consacrent la victoire du PPT/RDA, qui recueille plus de
70/ voix. François Tombalbaye est élu premier ministre le 16 juin 1959. Il forme alors le
premier gouvernement de la république du Tchad, qui compte 14 membres (dont 10
ministres st 04 secrétaires d’État : dix du PPT/RDA, deux de L’AST, un de L’UDIT, un
du GIRD) soit 07 du nord et 07 du sud.
5- La proclamation de l’indépendance
Le 12 juillet 1960, le PM François Tombalbaye signe avec son homologue Français
Michel Debré, les accords de transfert des compétences de la communauté à la
République du Tchad. Des lors, il en reste qu’à définir les modalités pratiques de la
proclamation de l’indépendance. La devise de la république ainsi que les couleurs du
drapeau national ont été déjà fixé en 1959. L’hymne national, la tchadienne a été aussi
composée : par la loi n°11.60 du 26 juillet 1960, l’assemblée législative fixe la date de la
proclamation de l’indépendance le 11 aout 1960.
Dans la matinée du 11 aout, Tombalbaye et Monsieur Foyer, secrétaire d’État chargé des
relations avec la communauté signent des accords bilatéraux de coopération.
Peu après les députés votent à l’unanimité une loi constitutionnelle qui élève
Tombalbaye, premier ministre, président du conseil des ministres.

27
CHAPITRE 5 : LES PROBLÈMES DE L’AFRIQUE INDEPENDANTE
Introduction :
Au sortir de la longue période coloniale, les pays africains ont cru devoir régler tous leurs
problèmes en devenant indépendant. Mais au lendemain de leur indépendance, les voilà
confrontés à des problèmes économiques, socio-culturels et politiques.
I- Les problèmes économiques
Ils sont multiples et touchent plusieurs domaines :
1- La faiblesse de la production agricole.
Pour les pays africains nouvellement indépendant, il faut rebâtir l’économie surtout que
les colonisateurs n’avaient orienté la production que vers la fourniture des matières
premières à la métropole. Aujourd’hui la plupart de ces nouveaux pays sont dépendant de
l’étranger sur le plan alimentaire.
2- La faiblesse de l’industrialisation
De plus les colonisateurs avaient limités le développement industriel afin de facilité la
vente des produits manufacturés européens dans les colonies. L’industrie ne se limite
qu’à l’extraction des produits miniers, énergétiques ou à l’installation des industries
légères transformant peu de produits locaux. L’industrie lourde est presque inexistante.
Le plus souvent, les unités industrielles qui sont installées en Afrique sont contrôlées par
des sociétés multinationales qui rapatrient chez elle leurs bénéfices.
3- La précarité des infrastructures de communications et transports
Les infrastructures de transports et de communications sont insuffisantes et sont souvent
de qualité médiocre. Ce sont généralement des pistes rurales destinées à drainer des
produits brutes vers les marchés ou des voies de sorties plus ou moins aménagés vers les
ports.
4- La médiocrité des échanges commerciaux
Dans les nouveaux pays africains indépendants les exportations sont peu diversifiés (1 ou
2 produits seulement), pourtant ils sont obligés de vendre ces produits a bat prix pour se
procurer des produits étrangers à des prix élevés. Faiblement industrialisés, ils doivent
recourir à des importations coûteuses en provenance des pays développés. S’ils veulent
développer, ils ont besoin des capitaux et d’investissements venus des pays développés
ou à des dettes extérieurs qui les appauvrissent d’avantage.
5- L’étroitesse du marché intérieur
Le marché intérieur est limité en raison de la faiblesse du pouvoir d’achat des populations
et de l’importance des populations dans la consommation. Ce qui n’est pas un stimulant
pour la production nationale.

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6- Le développement du Néo-colonialisme
Les pays colonisateurs sont jusqu’à lors présents dans les États africains indépendants et
continuent toujours leur interventionnisme en dépit de leur indépendance. Leurs
dirigeants comme complices continuent toujours à contracter des dettes qui leurs sont
imposées par le biais du diktat du FMI et de la Banque Mondiale pour financer des
projets dits de développement. On parle de Néo-colonialisme pour designer cette
dépendance des pays du tiers-monde vis-à-vis des pays développés
II- Les problèmes socio-culturels
1- Les difficultés sociales
Les faiblesses économiques engendrent d’importante conséquence sociale : malnutrition
et sous nutrition sont fréquentes. Bien que les produits de l’agriculture suffisent
aujourd’hui quantitativement à nourrir la totalité de la population mondiale, de
nombreuses régions de l’Afrique souffrent encore de la faim et ont des problèmes de
santés.
Beaucoup d’enfants ne sont pas scolarisés et l’analphabétisme est fréquent. Le niveau de
vie des populations est bas. La société est structurée autour des inégalités criardes entre
une minorité très riche qui monopolise la plupart des richesses et des masses rurales
misérables. Attirés par le modernisme des villes, elles viennent s’entasser dans les bidons
villes à la périphérie. Toutes ces difficultés sont amplifiées par l’évolution
démographique.
Par ailleurs, l’accroissement de la population jeune est un défi considérable pour les
dirigeants.
2- La désintégration des cultures africaines
Au lendemain de l’indépendance, les pays africains doivent reconquérir le droit à la
culture. Mais sur ce plan, bien qu’indépendant, les africains continuent à entretenir des
relations culturelles avec leurs anciennes métropoles qui leur feront renier leurs us et
coutumes. En imposant à ces pays la politique de l’assimilation, les métropoles
européennes ont provoqué la désintégration des cultures authentiquement africaines? Ce
qui se traduit par la dépersonnalisation culturelle, l’inadaptation sociale… Un pays ne
peut pas se développer sans recourir à ces propres valeurs culturelles.
3- Les problèmes politiques
a- L’absence de cohésion nationale
Au lendemain de l’indépendance, le poids du passé colonial pèse encore lourdement sur
les jeunes États : il faut créer une cohésion nationale au de la des ethnies, régler les litiges
frontaliers, rechercher une voie politique originale. Or ce nouvel État africain
indépendant a épousé dans la très grande majorité des frontières des anciennes colonies,
qui font cohabiter des groupes qui, parfois ne se supportent pas. Ce qui conduit souvent à
des guerres et autres conflits tragiques comme au Rwanda entre HUTU et TUTSI; des

29
conflits frontaliers : exemple du conflit frontalier Tchad-Libye sur la bande d’Aozou, du
conflit entre le Maroc et la Mauritanie à propos du Sahara espagnol; des tentatives de
sécessions dans les provinces de Katanga en RDC actuel et au Biafra au Nigeria
b- L’instabilité politique
Au moment de l’indépendance les jeunes pays africains sont dépourvus des cadres
habitués à l’exercice de la vie politique et des responsabilités. De plus, les populations,
mal et peu scolarisées n’ont aucune habitude de la vie politique. Dans ces conditions le
départ des colonisateurs aboutis à un vide politique et institutionnel que les dirigeants
nationalistes ne parviennent pas à combler. Il en résulte la constitution des pouvoirs forts
dont certains ne parviennent à se maintenir au pouvoir qu’en pratiquant la corruption et la
dictature. Dans la plupart des cas ces jeunes États sont victimes des coups d’état
militaires (186 coups d’états entre 1956-2009 dont la moitié entre 1980-1990); des
guérillas et des rebellions intérieurs (Soudan : 37 ans de rébellion, Tchad : 40 ans de
rébellion, Angola : 27 ans), des guerres inter-États. Exemple entre l’Éthiopie et
l’Érythrée, entre le Maroc et les Sahraouis, entre le Tchad et la Libye etc.
c- La faible démocratisation de la société civile
Elle se reconnait par la faible influence des syndicats, la faible évolution de l’opposition,
des libertés de la presse et de la société civile, l’impunité des dirigeants et de leurs
entourages.

30
Chapitre 6 : L’UNION AFRICAINE
Introduction :
L’échec de l’OUA créée le 25 Mai 1963 à Addis-Abeba, de réaliser l’unité du continent
Africain a conduit les Chefs d’Etats africains à envisager la création d’une nouvelle
organisation. C’est ainsi que l’Union Africain a été créée le 9 Juillet 2002 à DURBAN en
Afrique du Sud.

I- CREATION DE L’UNION AFRICAINE


Tout à commencer en septembre 1999. En effet, en septembre en Libye, le guide libyen,
KADHAFI a émis l’idée de la création d’une nouvelle organisation plus réaliste et plus
ambitieuse que l’OUA. Au sommet de Lomé au TOGO du 12 juillet 2000, les textes
règlementaires (dont l’acte constitutif de l’Union Africaine), sont adoptés par les Chefs
d’Etats. Cet acte constitutif entre en vigueur le 26 Mai 2001 à Lomé au Togo. La création
effective de l’UA a eu lieu le 09 juillet 2002 à Durban, en Afrique du Sud. Cinquante-
trois (53) pays africains y adhérent, à l’exception du Maroc à cause de la République
Arabe Sahraouie Démocratique. Un an plus tard, en juillet 2003, à l’occasion du sommet
de Maputo, au Mozambique, furent mises en place certaines institutions dont la
Commission de l’Union Africaine, le Parlement Panafricain et le Conseil de Paix et de
Sécurité(CPS).

II- LES PRINCIPES ET LES OBJECTIFS DE L’UA


A- LES PRINCIPES DE L’UA
Ils sont entre autres :

 Le respect de l’égalité et de l’indépendance de tous les Etats de l’Union ;


 Le respect de frontières existantes au moment de l’accession à l’indépendance ;
 La participation des peuples aux activités de l’Union
 Le règlement pacifique des conflits ;
 Le droit d’intervention dans un Etat membre dans des circonstances graves ;
 La coexistence pacifique entre les Etats membres de l’Union.

B- LES OBJECTIFS
L’Union Africaine s’est fixé quatorze(14) objectifs :

 Réaliser une plus grande unité et solidarité entre les pays africains ;
 Défendre la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance des Etats
membres ;
 Accéder à l’intégration politique et socio-économique du continent ;

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 Promouvoir et défendre les positions africaines communes sur les questions
d’intérêts du continent ;
 Favoriser la coopération internationale ;
 Promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité ;
 Promouvoir les principes et les institutions démocratiques ;
 Promouvoir et protéger les droites de l’homme et des peuples ;
 Créer les conditions appropriées permettant au continent de jouer un rôle dans
l’économie mondiale ;
 Promouvoir le développement durable au plan économique, social et culturel ;
 Promouvoir la coopération et le développement dans tous les domaines ;
 Coordonner et harmoniser les politiques entre les communautés régionales ;
 Accélérer le développement du continent par la promotion de la recherche dans
tous les domaines ;
 Œuvrer de concert avec les partenaires internationaux en vue de l’éradication des
maladies évitables.

III- LES FONDEMENTS DE L’UA


Elle se compose de plusieurs institutions et organes :

A- LES INSTITUTIONS ET ORGANES POLITIQUES


 Le parlement panafricain(PPA) : c’est l’organe législatif de l’UA. Son siège est à
Midrand en Afrique du Sud. Il est composé de 265 représentants élus au sein des
54 Etats membres. Il associe la société civile dans le processus de gouvernance
démocratique.
 La conférence, composée des Chefs d’Etats et de Gouvernements des Etats de
l’UA. Elle est l’organe suprême de l’UA. Elle délègue graduellement certains de
ses pouvoirs de décisions au parlement panafricain. Elle se réunit une fois par an
et prend des décisions par consensus ou par une majorité de ⅔
 La commission était auparavant le secrétariat de l’organisation de l’unité
africaine. Elle est composée de 10 commissaires (dont un président et un vice-
président) et siège à Addis-Abeba en Ethiopie. Elle est l’autorité exécutive et
dispose également d’un pouvoir d’initiative
 Le conseil exécutif est composé de ministre désigné par les gouvernements des
Etats membres. Il prend des décisions dans les domaines du commerce
international de la sécurité sociale, de la nourriture, de l’agriculture et de la
communication. Il est responsable devant la conférence et prépare les éléments
qui doivent approuver ou discuter la conférence.

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B- LES INSTITUTIONS JUDICIAIRES
 La cour de justice est l’organe judiciaire, chargée de trancher les différends entre
les pays membres ;
 La commission africaine des droits de l’homme et des peuples existe depuis 1986.
Elle est établie par la charte africaine des droites de l’homme et des peuples et
non pas par l’acte constitutif de l’UA. La cour africaine des droites de l’homme et
des peuples a été établie en 2006 pour compléter les travaux de la commission.
 La commission de l’Union africaine pour le droit international a été créée le 04
février 2019. Elle est composée d’experts en droit international élus par les 54
Etats membres de l’Organisation. Son siège est fixé à Addis-Abeba. Cette
commission a été créée sur la base de l’article 5 de l’Acte constitutif de
l’organisation. Ses activités ont commencé en Mai 2010. Cet organe statutaire a
une double mission. Celle de conseil des organes de l’Union et une mission de
prospection juridique. Elle peut à ce titre suggérer la révision de certains textes
déjà adoptés, voire, des traités.

C- LES INSTITUTIONS ECONOMIQUES ET FINANCIERES


Il y a trois institutions économiques :

 La banque centrale africaine siégeant à Abuja au Nigeria ;


 La banque africaine d’investissement siégeant à Tripoli en Libye et le Fond
Monétaire Africain siégeant à Yaoundé au Cameroun.
Cependant, ces institutions n’ont pas encore été établies, bien que les travaux du comité
de pilotage sur leur création soient terminés. A terme, l’UA a pour objectif de se doter
d’une monnaie unique (parfois appelé l’afro).

D- AUTRES INSTITUTIONS ET ORGANES


 Le conseil de paix et sécurité est un organe permanent de décision pour la
prévention, la gestion et le règlement des conflits. Il constitue un système de
sécurité collective et d’alerte rapide visant à permettre une réaction rapide et
efficace aux situations des conflits et de crise en Afrique. Il est appuyé par la
commission, un groupe de sages ainsi que par un système continental d’alerte
rapide, une force africaine pré-positionné ;
 Le comité de représentants permanents composés de représentants permanents
nommés par les Etats membres. Le comité prépare les travaux du conseil exécutif.
Il peut instituer les sous-comités ou groupes de travail qu’il juge nécessaire.
 Le conseil économique, social et culturel (ECOSOCC) est une organisation
consultative dont les membres sont issus des différentes couches socio-
professionnelles des Etats membres ;

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 Les comités techniques spécialisés font l’objet de l’article 14 de l’acte constitutif,
les comités sont les suivantes :
 Le comité chargé des gestions d’économies rurales et agricoles ;
 Le comité chargé des gestions commerciales, douanières et immigrations ;
 Le comité chargé de l’industrie, de la science et de la technologie, de l’énergie,
des ressources naturelles et de l’environnement ;
 Le comité chargé de la santé, du travail et des affaires sociales ;
 Le comité chargé de l’éducation, de la culture et des ressources humaines.

E- LES COMMUNAUTES ECONOMIQUES REGIONALES


Dans le cadre d’une mise en place d’une intégration continentale totale, le plan d’action
de Lagos de 1980 et le traité établissant la communauté économique africaine (traité
d’Abuja), ont proposé en son temps la création des communautés économiques régionales
comme base d’intégration africaine, avec l’instauration d’un calendrier organisant le
passage d’une intégration régionale continentale.

Il y a actuellement huit (8) communautés économiques régionales reconnues par l’UA,


chacune établie par des traités régionaux différents. Il s’agit de :

 L’Union du Maghreb arabe (UMA)


 Le Marché commun de l’Afrique Orientale et Australe(COMESA)
 La Communauté des Etats Saharo-Sahariennes (CEN-SAD)
 La Communauté d’Afrique de l’Est (EAC)
 La Communauté des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC)
 La Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)
 L’Autorité Intergouvernementale pour le Développement (IGAD)
 La Communauté de Développement d’Afrique Austral (SADC)

IV- LA REALISATION DE L’UA


A- LES REUSSITES
L’un des principes de l’UA dans le domaine de la promotion de la paix, de la sécurité et
de la stabilité sur le continent africain est l’usage des sanctions en cas de changement
inconstitutionnel de gouvernement. C’est donc fort de ce principe qu’elle a suspendu la
Mauritanie de toutes les activités internationales suite au coup d’Etat militaire du 03 Août
2005, Madagascar à la suite de la crise politique de 2009, le Mali et la Guinée-Bissau,
respectivement le 22 Mars et le 12 Avril 2012 suite aux coups d’Etat militaires.

L’UA peut aussi par le biais du conseil de paix et de sécurité, s’imposer comme
médiateur dans certaines crises. Aussi, est-il intervenu au Togo pour contraindre le

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successeur du Président défunt Eyadema, son fils Faure, à tenir des élections dans son
pays en 200, ainsi qu’au Zimbabwe pour les mêmes causes.

Si la défunte OUA prônait le respect de la souveraineté et de la non-ingérence dans les


affaires intérieurs des Etats, l’UA elle, est interventionniste et s’est donnée pour cela le
droit d’ingérence et donc d’intervention dans certaines situations de génocide ou de crise
de guerre. Dans ce sens, elle est intervenue lors des génocides et crimes du Darfour, au
Soudan, ou 7000 hommes ont été déployés en 2005 ; aux Comores, en République
Démocratique du Congo, au Burundi et en Côte-d’Ivoire, en Somalie dans le cadre du
Mission de l’Union Africaine en Somalie(AMISOM) depuis janvier 2007 contre les
Chebab, en République Centrafricaine dans le cadre de la MUNISCA, au Mali en 2013.

Le conseil de paix et de sécurité de l’UA a adopté des résolutions mettant en place les
opérations de maintien de la paix et de la sécurité de l’Union Africaine en Somalie et au
Darfour et imposer les sanctions contre les personnes remettant en cause la paix et la
sécurité (telles que l’interdiction de voyage…). Le conseil supervise la mise en place
d’une « force de réserve » pour servir de force de paix africaine permanente.

Par ailleurs, les Etats membres de l’UA coordonnent leur politique étrangère à travers
celle-ci en plus de conduire leur propre politique individuelle. L’Union Africaine
représente les intérêts des peuples africains en général auprès des organisations
internationales, par exemple, elle dispose du statut d’observateur à l’Assemblée Générale
des Nations-Unis. L’Union Africaine et l’Organisation des Nations-Unis travaillent en
collaboration pour aborder les questions de préoccupations communes dans divers
domaines.

Dans le cadre de la santé, l’Union Africaine à travers les premiers Dames engage une
lutte sans merci contre les pandémies de VIH/SIDA qui menacent de manière
significative le développement du continent.

B- LES LIMITES
Malgré tous les mécanismes mis en place entre autres, celui de la gestion et du règlement
des conflits, l’organisation n’a jamais véritablement brillé dans la prévention et la
résolution de nombreux conflits qui ont déchiré le continent africain ces dernières années.
Des impuissances sont aussi observés dans la guerre civile au Libéria et au Sierra Leone,
sur les bombardements de Mouammar Kadhafi sur son propre peuple ; sur les
extravagances et les dérapages du Président Zimbabwé Robert Mugabé.

L’Union Africaine est aussi en lutte aujourd’hui contre de terroristes islamiques qui s’est
déplacé sur le continent.

L’Union Africaine a été incapable d’empêché l’intervention de l’OTAN dans le conflit


Libyen alors qu’elle a mis en place une commission ad hoc composée de 5 sages pour

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tenter de trouver une solution négociée. Ce maigre résultat obtenu s’explique par le
manque de moyen financiers (son véritable tendon d’Achille), logistique, humain et son
manque d’expertise.

Par ailleurs, la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité passe aussi par une
bonne intégration politique et socio-économique du continent. L’un des vœux de l’Union
Africaine était d’accélérer cette intégration. Mais, force est de constater que la volonté
politique manque : la libre circulation des biens et des personnes n’est jamais une réalité
dans la zone CEMAC. Les exemples sont légions : difficultés de circulation des citoyens
Tchadiens au Cameroun, expulsion à tour de bras des ressortissants de la zone CEMAC
en Guinée Equatoriale et des « Nègres » de Libye ; le Gabon, pendant longtemps à cause
de son pétrole, a regardé avec beaucoup de condescendance les ressortissants des pays de
la sous-région. Ce qui laisse croire que le rêve d’une unité africaine reste une illusion.

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Bibliographie
1. ABC des Nations Unies, Nations Unies, New York, 1988
2. Atlas historique : De l’apparition de l’homme à l’ère atomique, stock, 1968
3. F. LEBRUN : Histoire de Terminale ABCD, Le monde de 1939 à nos jours, 1992
4. Fondation Charles De gaulle : De gaulle et l’Afrique (1940-1960), Tchad-
Cameroun-Congo, l’appel du 18 juin, 70e anniversaire
5. Histoire 3eme, Manuel de l’élève, Centre National de Curricula, 2016
6. Jean Chapelle, Le peuple tchadien, ses racines et ses activités quotidiennes,
l’Harmattan, 1984
7. JP. Azema, Histoire de Terminale, le monde de 1939 à nos jours, Nathan, 1998
8. Larousse du Bac : De A à Z, les notions essentielles pour réussir, Larousse, 1992
9. Science et Vie junior, Hors-série n°38 : La seconde guerre mondiale, janvier 2000

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