Université de Kinshasa
Faculté Polytechnique
Département de Pré-polytechnique
𝑓 𝑥
I(f)
a b
Calcul Numérique
(Notes de cours)
Célestin PENGE ABY
Chargé de cours
Année Académique 2023 - 2024
RAPPEL DE MEMOIRE
A. TERMINOLOGIE A EXPLOITER
Ce paragraphe nous présente la liste des termes enseignés dans différents cours ; qui seront
d’usage couramment dans les différentes méthodes que nous allons étudier. A ce propos, nous
le reprenons ici afin que chaque étudiant prenne le temps de réviser toutes les notions y
relatives et être capable de les appliquer dans les formules et démonstrations des
méthodes retenues dans notre cours.
1. Erreur
2. Incertitude
3. Etalonnage
4. Grandeur
5. Chiffre
6. Nombre
7. Algébrique
8. Racine
9. Zéro
10. Equation
11. Fonction
12. Polynôme
13. Analytique
14. Linéaire
15. Point
16. Droite
17. Intervalle
18. Itération
19. Variable
20. Continuité
21. Dérivabilité
22. Monotone
23. Croissance
24. Décroissance
25. Valeur
26. Maximum
27. Minimum
28. Supérieur
29. Inférieur
30. Sécante
31. Tangente
32. Intersection
1
33. Graphe
34. Axe
35. Abscisse
36. Suite
37. Série
38. Opération
39. Intégration
40. Logarithme.
B. Eu egard à ce qui précède, le calcul numérique se définit comme étant une science
ou un ensemble des méthodes de résolution des divers problèmes posés en
mathématique, surtout ceux dont les méthodes usuelles sont insuffisantes à
résoudre ; tout cela au moyen des approximations. Il en sera aussi une nécessité
d’évaluer le taux d’erreurs ainsi introduites dans les calculs de sorte à donner le
degré de précision y relatif.
Ce cours de Calcul Numérique vient respecter l’objectif précédemment évoqué et permet aux
étudiants intéressés de se familiariser avec le calcul.
A l’issue du cours de Calcul Numérique, chaque étudiant doit être capable de :
Manipuler les méthodes et techniques apprises ;
Distinguer les différents cas de processus ;
Résoudre seul par calcul (équations, intégrales et différents problèmes de
mathématiques) posé avec des notions d’ordre d’opérations et d’arrondissement
(matière prérequise) ;
Interpréter le résultat obtenu et en dire le degré de précision.
2
CHAPITRE 2. RESOLUTION DES EQUATIONS LINEAIRES ET NON LINEAIRES
0.1. Introduction
Avant d’aborder ce chapitre, nous avons voulu reprendre quelques citations déjà vues
en introduction afin d’interpeller et de motiver les étudiants sur leur pertinence.
Partant de l’équation algébrique de la forme générale ci-contre :
𝑓 𝑥 = 0 2.1.
Pour sa résolution, il y a une valeur de x qui est solutions de ladite équation, appelée racine
ou zéro de la fonction f(x) et est notée par r.
Nous nous souvenons tous de cours de mathématiques des humanités où nous avons tous appris
la résolution de l’équation du second degré. Au chapitre 3, nous verrons comment calculer les
racines d’une équation du troisième ordre et on pourra remarquer que la formule est beaucoup
plus complexe. On peut aussi obtenir une formule générale pour le quatrième degré. Par
contre, on ignore souvent qu’il n’existe pas de formule permettant de trouver les racines des
polynômes de degré plus grand ou égal à 5. Non pas parce que les mathématiciens ne l’aient
pas encore trouvée, mais Abel 1 et par la suite Galois 2 ont démontré que cette formule
n’existe pas. Puisqu’il n’existe pas de formule générale pour des fonctions aussi simples que
des polynômes, il est peu probable que l’on puisse résoudre analytiquement une équation
algébrique du 5ème degré ou même pour certaines équations qui nous intéressent. Il faudra donc
recourir aux méthodes numériques.
Pour toutes ces méthodes numériques que nous allons exposer, on mettra l’accent sur le calcul
numérique de la solution en cherchant l’intervalle qui se rapproche ou qui encadre plus
étroitement la solution sans passer par des formules analytiques et algébriques bien établies.
Pour y parvenir, on fera donc des itérations numériques jusqu’à trouver le plus petit intervalle
possible qui encadre la solution recherchée.
0.2. Méthode de Lagrange (ou de la sécante ou des cordes ou des parties
proportionnelles)
0.2.1. Principe
Soit f(x) une équation a variable x, continue et dérivable d’ordre 2 dans l’intervalle donnée
]𝑎, 𝑏[. S’il existe un intervalle ⟦𝑥1 , 𝑥2 ⟧ inclus dans ]𝑎, 𝑏[ tel que f(x) soit monotone
croissante (ou décroissante) et prenant des valeurs de signes contraires aux extrémités 𝑥1 ,
𝑥2 de l’intervalle c’est à dire 𝑓 𝑥1 > 0 𝑒𝑡 𝑓 𝑥2 < 0 ou f(𝑥1 < 0 ou 𝑓 𝑥2 > 0,
(condition suffisante) alors il existera une valeur de x annulant f(x) dans l’intervalle ⟦𝑥1 , 𝑥2 ⟧
qui est la valeur approchée de la racine cherchée.
3
Soit 𝑎1 la racine a calculé avec l’équation de la corde (sécante) ou la droite passant par deux
points qui sont (𝑥1 , 𝑓 𝑥1 ) 𝑒𝑡 𝑥2 , 𝑓 𝑥2
(𝑦 − 𝑓 𝑥1 ) 𝑥2 − 𝑥1
𝑎1 = 𝑥1 +
𝑓 𝑥2 − 𝑓 𝑥1
Pour y = f(x)= 0
𝑓 𝑥1 𝑥2 − 𝑥1
𝑎1 = 𝑥1 −
𝑓 𝑥2 − 𝑓 𝑥1
Pour améliorer ou tendre vers la précision de la valeur exacte de la racine, on cherche à
réduire l’intervalle en vérifiant de nouveau le signe de f (𝑎1 ) à comparer avec celui de 𝑓 𝑥1
ou de 𝑓 𝑥2 et prendre l’intervalle qui vérifie l’existence de la racine dans l’intervalle
considéré. Soit 𝑎2 la nouvelle racine et procéder ainsi plusieurs fois. (Travail d’entrainement
pour chaque étudiant).
0.2.2. Marche à suivre
Etape 1 : Déterminer les intervalles 𝐼 = ]𝑎, 𝑏[ et 𝐽1 = ⟦𝑎1 , 𝑏1 ⟧ ∈ 𝐼
L’intervalle 𝐽1 s’il n’est pas donné, on peut le déterminer en cherchant les intervalles de
monotonies : ces sont les intervalles donnés par les zéros de la dérivée première de la fonction
Etape 2 : Première approximation de la racine dans l’intervalle 𝐽1 = ⟦𝑎1 , 𝑏1 ⟧
𝑓 𝑎1 𝑏1 − 𝑎1
𝑐1 = 𝑎1 −
𝑓 𝑏1 − 𝑓 𝑎1
Etape 3 : Deuxième approximation de la racine dans l’intervalle 𝐽2 = ⟦𝑎2 , 𝑏2 ⟧
Calculer 𝑓 𝑎1 , 𝑓 𝑐1 𝑒𝑡 𝑓 𝑏1
Déterminer l’intervalle :
Si 𝑓 𝑎1 et 𝑓 𝑐1 sont des signes contraires, alors 𝑎2 = 𝑎1 et 𝑏2 = 𝑐1
Si 𝑓 𝑐1 et 𝑓 𝑏1 sont des signes contraires, alors 𝑎2 = 𝑐1 et 𝑏2 = 𝑏1
Calculer la deuxième approximation de la racine
𝑓 𝑎2 𝑏2 − 𝑎2
𝑐2 = 𝑎2 −
𝑓 𝑏2 − 𝑓 𝑎2
Etape 4 : Troisième approximation de la racine dans l’intervalle 𝐽3 = ⟦𝑎3 , 𝑏3 ⟧
Calculer 𝑓 𝑎2 , 𝑓 𝑐2 𝑒𝑡 𝑓 𝑏2
Déterminer l’intervalle :
4
Si 𝑓 𝑎2 et 𝑓 𝑐2 sont des signes contraires, alors 𝑎3 = 𝑎2 et 𝑏3 = 𝑐2
Si 𝑓 𝑐2 et 𝑓 𝑏2 sont des signes contraires, alors 𝑎3 = 𝑐2 et 𝑏3 = 𝑏2
Calculer la deuxième approximation de la racine
𝑓 𝑎3 𝑏3 − 𝑎3
𝑐3 = 𝑎3 −
𝑓 𝑏3 − 𝑓 𝑎3
Faire des itérations jusqu’à ce que la racine trouvée soit très proche de l’intervalle.
Exemple
Trouvez les valeurs approchées des racines de l’équation suivante : 𝑓 𝑥 = 𝑥 3 − 6𝑥 + 2
Résolution
Nous voyons que l’intervalle n’est pas donné, calculons les intervalles de monotonité avec
f’(x) = 3𝑥 2 − 6 = 0 ssi 𝑥 = ±√2 = ±1.4 .
On aura ainsi 3 intervalles de monotonité qui sont : ]−∞; −1.4[, ]−1.4; 1.4[ , ]1.4; +∞[
Prenons par exemple l’intervalle ]−1.4; 1.4[ et soit [0, 1] ⊂ ]−1.4; 1.4[
f (0) est positif et f(1) est négatif donc de signe contraires, ainsi la valeur approchée de la
racine cherchée est entre 0 et 1.
𝑎1 = 0, 𝑓 𝑎1 = 𝑓 0 = 2 , 𝑏1 = 1, 𝑓 𝑏1 = 𝑓 1 = −3
La formule
𝑓 𝑎1 𝑏1 −𝑎1 −2 1−0
𝑐1 = 𝑎1 − =0+ = 0.4.
𝑓 𝑏1 −𝑓 𝑎1 −3−2
On peut continuer les itérations et on trouve :
Itérations a B C f(a) f(b) f(c)
1 0 1 0,4 2 -3 -0,336
2 0 0,4 0,34246575 2 -0,336 -0,01462918
3 0 0,34246575 0,33997895 2 -0,014629181 -0,00057698
4 0 0,33997895 0,33988089 2 -0,000576981 -2,2657E-05
5 0 0,33988089 0,33987704 2 -2,26571E-05 -8,8955E-07
6 0 0,33987704 0,33987689 2 -8,89554E-07 -3,4925E-08
7 0 0,33987689 0,33987689 2 -3,49251E-08 -1,3712E-09
8 0 0,33987689 0,33987689 2 -1,3712E-09 -5,3835E-11
9 0 0,33987689 0,33987689 2 -5,38352E-11 -2,1134E-12
10 0 0,33987689 0,33987689 2 -2,11342E-12 -8,3045E-14
11 0 0,33987689 0,33987689 2 -8,30447E-14 -3,5527E-15
12 0 0,33987689 0,33987689 2 -3,55271E-15 0
5
Les cases en rouge montrent comment (5ème et 6ème colonne) , on a respecté les 2 conditions
du choix d’intervalle :
Si 𝑓 𝑎𝑖 et 𝑓 𝑐𝑖 sont des signes contraires, alors 𝑎𝑖+1 = 𝑎𝑖 et 𝑏𝑖+1 = 𝑐𝑖
Si 𝑓 𝑐𝑖 et 𝑓 𝑏𝑖 sont des signes contraires, alors 𝑎𝑖+1 = 𝑐𝑖 et 𝑏𝑖+1 = 𝑏𝑖
On remarque que à la 12 itérations la valeur de 𝑓 𝑐12 = 0 donc c’est la valeur de 𝑐12 =
0,33987689 qui approxime au mieux la racine dans l’intervalle ]−1.4; 1.4[ jusqu’à 8
chiffres après la virgule.
On peut faire la même procédure pour les 2 autres intervalles (TP pour les étudiants).
0.3. Méthode de newton (ou des tangentes)
0.3.1. Principe
La méthode de Newton consiste à remplacer la sécante de la méthode précédente par la
tangente. Partons toujours d’une fonction dérivable 𝑓: [𝑎, 𝑏] → ℝ et d’un point 𝑢0 ∈
[𝑎, 𝑏]. On appelle (u1, 0) l’intersection de la tangente au graphe de f en (u0, f (u0)) avec l’axe
des abscisses.
Si 𝑢1 ∈ [𝑎, 𝑏] alors on recommence l’opération avec la tangente au point d’abscisse u1. Ce
processus conduit à la définition d’une suite récurrente :
𝑓 𝑢𝑛
𝑢1 ∈ [𝑎, 𝑏] 𝑒𝑡 𝑢𝑛+1 = 𝑢𝑛 −
𝑓′ 𝑢𝑛
6
En effet la tangente au point d’abscisse 𝑢𝑛 a pour équation :
y = f ‘(𝑢𝑛 ) (x − 𝑢𝑛 ) + f (𝑢𝑛 ). Donc le point (x, 0) appartenant à la tangente (et à l’axe des
abscisses) vérifie 0 = y = f ‘(𝑢𝑛 ) (x − 𝑢𝑛 ) + f (𝑢𝑛 ).
D’où
𝑓 𝑢𝑛
𝑥 = 𝑢𝑛 −
𝑓′ 𝑢𝑛
0.3.2. Marche à suivre
Etape 1 : Déterminer les intervalles 𝐼 = ]𝑎, 𝑏[ et 𝐽1 = ⟦𝑎1 , 𝑏1 ⟧ ∈ 𝐼
L’intervalle 𝐽0 s’il n’est pas donné, on peut le déterminer en cherchant les intervalles de
monotonies : ces sont les intervalles donnés par les zéros de la dérivée première de la fonction
Etape 2 : Première approximation de la racine dans l’intervalle 𝐽1 = ⟦𝑎1 , 𝑏1 ⟧
𝑐0 = 𝑎1
𝑓 𝑐0
𝑐1 = 𝑐0 −
𝑓′ 𝑐0
Etape 3 : Deuxième approximation de la racine dans l’intervalle 𝐽2 = ⟦𝑎2 , 𝑏2 ⟧
Calculer 𝑓 𝑎1 , 𝑓 𝑐1 𝑒𝑡 𝑓 𝑏1
Déterminer l’intervalle :
Si 𝑓 𝑎1 et 𝑓 𝑐1 sont des signes contraires, alors 𝑎2 = 𝑎1 et 𝑏2 = 𝑐1
Si 𝑓 𝑐1 et 𝑓 𝑏1 sont des signes contraires, alors 𝑎2 = 𝑐1 et 𝑏2 = 𝑏1
Calculer la deuxième approximation de la racine
𝑓 𝑐1
𝑐2 = 𝑐1 −
𝑓′ 𝑐1
Etape 4 : Troisième approximation de la racine dans l’intervalle 𝐽3 = ⟦𝑎3 , 𝑏3 ⟧
Calculer 𝑓 𝑎2 , 𝑓 𝑐2 𝑒𝑡 𝑓 𝑏2
Déterminer l’intervalle :
Si 𝑓 𝑎2 et 𝑓 𝑐2 sont des signes contraires, alors 𝑎3 = 𝑎2 et 𝑏3 = 𝑐2
Si 𝑓 𝑐2 et 𝑓 𝑏2 sont des signes contraires, alors 𝑎3 = 𝑐2 et 𝑏3 = 𝑏2
Calculer la deuxième approximation de la racine
𝑓 𝑐2
𝑐3 = 𝑐2 −
𝑓′ 𝑐2
7
Faire des itérations jusqu’à ce que la racine trouvée soit très proche de l’intervalle.
Exemple
Résoudre l’équation suivante par la méthode de newton
𝑓 𝑥 = 𝑥 3 − 12𝑥 + 2
Résolution
Nous voyons que les bornes ne sont pas définies et que la fonction est dérivable
𝑓 ′ 𝑥 = 3𝑥 2 − 12 et 𝑓 ′ 𝑥 = 0 ssi 𝑥 = ±2. Ainsi la fonction est monotone dans les
intervalles suivants :
]−∞; −2[, ]−2; 2[ , ]2; +∞[
Estimons la racine entre 𝐼 = ]−2; 2[ par exemple prendre 𝐽0 = [−1, 1] ⊂ ]−2; 2[
𝑎1 = −1, 𝑓 𝑎1 = 𝑓 −1 = 13 , 𝑏1 = 1, 𝑓 𝑏1 = 𝑓 1 = −9 ;
𝑓 ′ 𝑎1 = 𝑓 ′ −1 = −9
En appliquant la formule de newton, on :
𝑐0 = 𝑎1 = −1
𝑓 𝑐0 13
𝑐1 = 𝑐0 − = −1 − = 0.444 ∈ [−1, 1]
𝑓′ 𝑐0 −9
On peut continuer les itérations et on trouve :
Itérations a B C f(a) f(b) f(c) f '(c)
0 -1 1 -1 13 -9 13 -9
1 -1 1 0,44444444 13 -9 -3,24554184 -11,4074074
2 -1 0,44444444 0,15993266 13 -3,245541838 0,08489891 -11,9232646
3 0,15993266 0,44444444 0,1670531 0,08489891 -3,245541838 2,4687E-05 -11,9162798
4 0,1670531 0,44444444 0,16705517 2,4687E-05 -3,245541838 2,1516E-12 -11,9162777
5 0,16705517 0,44444444 0,16705517 2,1516E-12 -3,245541838 0 -11,9162777
Les cases en rouge (6ème et 7ème colonne) montrent comment, on a respecté les 2 conditions du
choix d’intervalle :
Si 𝑓 𝑎𝑖 et 𝑓 𝑐𝑖 sont des signes contraires, alors 𝑎𝑖+1 = 𝑎𝑖 et 𝑏𝑖+1 = 𝑐𝑖
Si 𝑓 𝑐𝑖 et 𝑓 𝑏𝑖 sont des signes contraires, alors 𝑎𝑖+1 = 𝑐𝑖 et 𝑏𝑖+1 = 𝑏𝑖
8
On remarque que à la 5 itérations la valeur de 𝑓 𝑐5 = 0 donc c’est la valeur de 𝑐5 =
𝟎, 𝟏𝟔𝟕𝟎𝟓𝟓𝟏𝟕 qui approxime au mieux la racine dans l’intervalle ]−2; 2[ jusqu’à 8 chiffres
après la virgule.
On peut faire la même procédure pour les 2 autres intervalles.
0.4. Méthode de dichotomie
0.4.1. Principe
Le principe de dichotomie repose sur la version suivante du théorème des valeurs
intermédiaires :
Soit 𝑓: [𝑎, 𝑏] → ℝ , une fonction continue sur un segment.
𝑠𝑖 𝑓 𝑎 . 𝑓 𝑏 ≤ 0, 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 𝑖𝑙 𝑒𝑥𝑖𝑠𝑡𝑒 𝑙 ∈ [𝑎, 𝑏] 𝑡𝑒𝑙 𝑞𝑢𝑒 𝑓 𝑙 = 0
La condition 𝑓 𝑎 . 𝑓 𝑏 ≤ 0 signifie que 𝑓 𝑎 𝑒𝑡 𝑓 𝑏 sont des signes opposés (ou que
l’un des deux est nul). L’hypothèse de continuité est essentielle !
Ce théorème affirme qu’il existe au moins une solution de l’équation
(f (x) = 0) dans l’intervalle [a, b]. Pour le rendre effectif, et trouver une solution (approchée)
de l’équation (f (x)= 0), il s’agit maintenant de l’appliquer sur un intervalle suffisamment petit.
On va voir que cela permet d’obtenir un ` solution de l’équation (f (x)= 0) comme la limite
d’une suite.
Voici comment construire une suite d’intervalles emboités, dont la longueur tend vers 0, et
contenant chacun une solution de l’équation (f (x)= 0).
On part d’une fonction 𝑓: [𝑎, 𝑏] → ℝ continue, avec 𝑎 < 𝑏 et 𝑓 𝑎 . 𝑓 𝑏 ≤ 0.
Voici la première étape de la construction : on regarde le signe de la valeur de la fonction f
𝑎+𝑏
appliquée au point milieu .
2
9
𝑎+𝑏 𝑎+𝑏
Si 𝑓 𝑎 . 𝑓 ( ) ≤ 0, 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 𝑖𝑙 𝑒𝑥𝑖𝑠𝑡𝑒 𝑐 ∈ [𝑎, ] 𝑡𝑒𝑙 𝑞𝑢𝑒 𝑓 𝑐 = 0
2 2
𝑎+𝑏 𝑎+𝑏
Si 𝑓 𝑎 . 𝑓 ( ) > 0, 𝑐𝑒𝑙𝑎 𝑖𝑚𝑝𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝑓 ( ) . 𝑓 𝑏 ≤ 0,
2 2
Alors il existe
𝑎+𝑏
𝑐∈[ , 𝑏 ] 𝑡𝑒𝑙 𝑞𝑢𝑒 𝑓 𝑐 = 0
2
Nous avons obtenu un intervalle de longueur moitié dans lequel l’équation (f (x)= 0) admet
une solution. On itère alors le procédé pour diviser de nouveau l’intervalle en deux.
Voici le processus complet :
Au rang 0 :
On pose 𝑎0 = 𝑎, 𝑏0 = 𝑏. Il existe une solution de l’équation (f (x)= 0) dans
l’intervalle[𝑎0 , 𝑏0 ].
Au rang 1 :
𝑎0 + 𝑏0 𝑎0 + 𝑏0
- Si 𝑓 𝑎0 . 𝑓 ( ) ≤ 0, alors on pose 𝑎1 = 𝑎, 𝑒𝑡 𝑏1 =
2 2
𝑎0 + 𝑏0
- Si non on pose 𝑎1 = ; 𝑏1 = 𝑏
2
- Dans les deux cas, il existe une solution 𝑥1 𝑑𝑒 𝑙 ′ é𝑞𝑢𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑓 𝑥 = 0 dans
l’intervalle [𝑎1 , 𝑏1 ].
…….
𝑏−𝑎
Au rang n : supposons construit un intervalle [𝑎𝑛 , 𝑏𝑛 ], de longueur et
2𝑛
contenant une solution 𝑥𝑛 de l’équation (f(x)=0). Alors :
10
𝑎𝑛 + 𝑏𝑛
- Si 𝑓 𝑎𝑛 . 𝑓 ( ) ≤ 0, alors on pose 𝑎𝑛+1 = 𝑎𝑛 𝑒𝑡
2
𝑎𝑛 + 𝑏𝑛
𝑏𝑛+1 = , 2.3
2
𝑎𝑛 + 𝑏𝑛
- Sinon on pose 𝑏𝑛+1 = 𝑏𝑛 𝑒𝑡 𝑎𝑛+1 = .
2
- Dans les deux cas, il existe une solution 𝑥𝑛+1 de l’équation 𝑓 𝑥 = 0
dans l’intervalle [𝑎𝑛+1 , 𝑏𝑛+1 ] .
A chaque étape on a :
𝑏−𝑎
On arrête le processus dès que 𝑏𝑛 −𝑎𝑛 = est inférieur à la précision souhaitée.
2𝑛
Comme 𝑎𝑛 ) est par construction une suite croissante, 𝑏𝑛 ) une suite décroissante, et
(𝑏𝑛 −𝑎𝑛 ) tend vers zéro lorsque 𝑛 𝑡𝑒𝑛𝑑 𝑣𝑒𝑟𝑠 𝑙 ′ 𝑖𝑛𝑓𝑖𝑛𝑖𝑒, les suites 𝑎𝑛 ) et 𝑏𝑛 ) sont
adjacentes et donc elles admettent une même limite. D’après le théorème des gendarmes,
c’est aussi la limite disons 𝑙 de la suite (𝑥𝑛 . La continuité de f montre que 𝑓 𝑙 =
lim 𝑓 𝑥𝑛 = lim 0 = 0.
𝑛→∞ 𝑛→∞
Donc les suites 𝑎𝑛 ) et 𝑏𝑛 ) tendent toutes les deux vers 𝑙, qui est une solution de
l’équation
𝑓 𝑥 =0 .
0.4.2. Marche à suivre
Etape 1 : Déterminer les intervalles 𝐼 = ]𝑎, 𝑏[ et 𝐽1 = ⟦𝑎1 , 𝑏1 ⟧ ∈ 𝐼
L’intervalle 𝐽0 s’il n’est pas donné, on peut le déterminer en cherchant les intervalles de
monotonies : ces sont les intervalles donnés par les zéros de la dérivée première de la fonction
Etape 2 : Première approximation de la racine dans l’intervalle 𝐽1 = ⟦𝑎1 , 𝑏1 ⟧
𝑎1 + 𝑏1
𝑐1 =
2
Etape 3 : Deuxième approximation de la racine dans l’intervalle 𝐽2 = ⟦𝑎2 , 𝑏2 ⟧
Calculer 𝑓 𝑎1 , 𝑓 𝑐1 𝑒𝑡 𝑓 𝑏1
Déterminer l’intervalle :
Si 𝑓 𝑎1 et 𝑓 𝑐1 sont des signes contraires, alors 𝑎2 = 𝑎1 et 𝑏2 = 𝑐1
Si 𝑓 𝑐1 et 𝑓 𝑏1 sont des signes contraires, alors 𝑎2 = 𝑐1 et 𝑏2 = 𝑏1
Calculer la deuxième approximation de la racine
11
𝑎2 + 𝑏2
𝑐2 =
2
Etape 4 : Troisième approximation de la racine dans l’intervalle 𝐽3 = ⟦𝑎3 , 𝑏3 ⟧
Calculer 𝑓 𝑎2 , 𝑓 𝑐2 𝑒𝑡 𝑓 𝑏2
Déterminer l’intervalle :
Si 𝑓 𝑎2 et 𝑓 𝑐2 sont des signes contraires, alors 𝑎3 = 𝑎2 et 𝑏3 = 𝑐2
Si 𝑓 𝑐2 et 𝑓 𝑏2 sont des signes contraires, alors 𝑎3 = 𝑐2 et 𝑏3 = 𝑏2
Calculer la deuxième approximation de la racine
𝑎3 + 𝑏3
𝑐3 =
2
Faire des itérations jusqu’à ce que la racine trouvée soit très proche de l’intervalle.
Exemple
Calculer les racines de l’équation par la méthode de Dichotomie
𝑓 𝑥 = 𝑥 2 − 10
Résolution
C’est une fonction continue sur ℝ qui s’annules-en ±√10 et de plus la solution positive
de l’équation. Nous pouvons restreindre la fonction f à l’intervalle [3, 4] : en effet
32 = 9 ≤ 10 𝑑𝑜𝑛𝑐 3 ≤ √10 et 42 = 16 ≥ 10 𝑑𝑜𝑛𝑐 4 ≥ √10.
En d’autre terme
𝑓 3 ≤0 𝑒𝑡 𝑓 4 ≥ 0, 𝑑𝑜𝑛𝑐 𝑓 𝑥 = 0 admet une solution dans l’intervalle [3, 4]
d’après le théorème des valeurs intermédiaires.
Voicis les toutes premieres étapes :
1. On pose 𝑎0 = 3 et 𝑏0 = 3, on a bien 𝑓 𝑎0 )≤ 0 𝑒𝑡 𝑓 𝑏0 ≥ 0.
12
𝑎0 + 𝑏0 𝑎0 + 𝑏0
On calcul (
2
) = 3.5 puis 𝑓 ( 2
) = 𝑓 3.5 = 3.52 − 10 = 2.25 ≥
0. Donc √10 est dans l’intervalle [3; 3.5] et on pose 𝑎1 = 𝑎0 = 3 et 𝑏1 =
𝑎0 + 𝑏0
= 3.5.
2
2. On sait donc que 𝑓 𝑎1 ≤ 0 et 𝑓 𝑏1 ≥ 0. On calcule
𝑎1 + 𝑏1
𝑓(
2
) = 𝑓 3.25 = 0.5625 ≥ 0 on pose 𝑎2 = 3 𝑒𝑡 𝑏2 = 3.25.
𝑎1 + 𝑏1
3. On calcule 𝑓 ( ) = 𝑓 3.125 = −0.23 … ≤ 0. Comme 𝑓 𝑏2 ≥ 0 alors
2
𝑎 + 𝑏 𝑎2 + 𝑏2
cette fois 𝑓 s’annule sur le second intervalle [ 2 2 , 𝑏2 ] et on pose 𝑎3 = =
2 2
3.125 𝑒𝑡
𝑏3 = 𝑏2 = 3.25
A ce stade, on a prouvé : 3.125 ≤ √10 ≤ 3.25
Voici la suite des étapes :
𝑎0 = 3 𝑏0 = 4
𝑎1 = 3 𝑏1 = 3, 5
𝑎2 = 3 𝑏2 = 3.25
𝑎3 = 3,125 𝑏3 = 3.25
𝑎4 = 3,125 𝑏4 = 3, 1875
𝑎5 = 3, 15625 𝑏5 = 3,1875
𝑎6 = 3, 15625 𝑏6 = 3,171875
𝑎7 = 3, 15625 𝑏7 = 3, 164062 …
𝑎8 = 3,16015 … 𝑏8 = 3.164062 …
Donc en 8 étapes on obtient l’encadrement : 3, 16 ≤ √10 ≤ 3, 165
En particulier, on vient d’obtenir les deux premières décimales :
√10 = 3, 16 ….
On peut continuer les itérations et on trouve :
Itérations a B c f(a) f(b) f(c)
1 3 4 3,5 -1 6 2,25
2 3 3,5 3,25 -1 2,25 0,5625
3 3 3,25 3,125 -1 0,5625 -0,234375
4 3,125 3,25 3,1875 -0,234375 0,5625 0,16015625
5 3,125 3,1875 3,15625 -0,234375 0,16015625 -0,03808594
6 3,15625 3,1875 3,171875 -0,03808594 0,16015625 0,06079102
7 3,15625 3,171875 3,1640625 -0,03808594 0,060791016 0,0112915
8 3,15625 3,1640625 3,16015625 -0,03808594 0,011291504 -0,01341248
9 3,16015625 3,1640625 3,16210938 -0,01341248 0,011291504 -0,0010643
10 3,16210938 3,1640625 3,16308594 -0,0010643 0,011291504 0,00511265
11 3,16210938 3,16308594 3,16259766 -0,0010643 0,005112648 0,00202394
12 3,16210938 3,16259766 3,16235352 -0,0010643 0,002023935 0,00047976
13 3,16210938 3,16235352 3,16223145 -0,0010643 0,000479758 -0,00029229
13
Itérations a B c f(a) f(b) f(c)
14 3,16223145 3,16235352 3,16229248 -0,00029229 0,000479758 9,3732E-05
15 3,16223145 3,16229248 3,16226196 -0,00029229 9,3732E-05 -9,9278E-05
16 3,16226196 3,16229248 3,16227722 -9,9278E-05 9,3732E-05 -2,7732E-06
17 3,16227722 3,16229248 3,16228485 -2,7732E-06 9,3732E-05 4,5479E-05
18 3,16227722 3,16228485 3,16228104 -2,7732E-06 4,54793E-05 2,1353E-05
19 3,16227722 3,16228104 3,16227913 -2,7732E-06 2,1353E-05 9,2899E-06
20 3,16227722 3,16227913 3,16227818 -2,7732E-06 9,28989E-06 3,2583E-06
21 3,16227722 3,16227818 3,1622777 -2,7732E-06 3,25832E-06 2,4254E-07
22 3,16227722 3,1622777 3,16227746 -2,7732E-06 2,42537E-07 -1,2654E-06
23 3,16227746 3,1622777 3,16227758 -1,2654E-06 2,42537E-07 -5,1141E-07
24 3,16227758 3,1622777 3,16227764 -5,1141E-07 2,42537E-07 -1,3444E-07
25 3,16227764 3,1622777 3,16227767 -1,3444E-07 2,42537E-07 5,4051E-08
26 3,16227764 3,16227767 3,16227765 -1,3444E-07 5,40506E-08 -4,0193E-08
27 3,16227765 3,16227767 3,16227766 -4,0193E-08 5,40506E-08 6,929E-09
28 3,16227765 3,16227766 3,16227766 -4,0193E-08 6,92895E-09 -1,6632E-08
29 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -1,6632E-08 6,92895E-09 -4,8515E-09
30 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -4,8515E-09 6,92895E-09 1,0387E-09
31 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -4,8515E-09 1,03875E-09 -1,9064E-09
32 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -1,9064E-09 1,03875E-09 -4,338E-10
33 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -4,338E-10 1,03875E-09 3,0247E-10
34 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -4,338E-10 3,02474E-10 -6,5663E-11
35 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -6,5663E-11 3,02474E-10 1,1841E-10
36 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -6,5663E-11 1,18407E-10 2,6372E-11
37 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -6,5663E-11 2,63718E-11 -1,9645E-11
38 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -1,9645E-11 2,63718E-11 3,3626E-12
39 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -1,9645E-11 3,36264E-12 -8,141E-12
40 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -8,141E-12 3,36264E-12 -2,3892E-12
41 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -2,3892E-12 3,36264E-12 4,8672E-13
42 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -2,3892E-12 4,86722E-13 -9,5035E-13
43 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -9,5035E-13 4,86722E-13 -2,327E-13
44 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -2,327E-13 4,86722E-13 1,279E-13
45 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -2,327E-13 1,27898E-13 -5,1514E-14
46 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -5,1514E-14 1,27898E-13 3,7303E-14
47 3,16227766 3,16227766 3,16227766 -5,1514E-14 3,73035E-14 0
On remarque que à la 47 itérations la valeur de 𝑓 𝑐47 = 0 donc c’est la valeur de 𝑐47 =
𝟑, 𝟏𝟔𝟐𝟐𝟕𝟕𝟔𝟔 qui approxime au mieux la racine dans l’intervalle ]3; 4[ jusqu’à 8 chiffres
après la virgule.
On peut faire la même procédure pour les 2 autres intervalles.
14
0.5. Exercice
Question 1
On se propose de calculer les zéros de la fonction 𝑓 𝑥 = 𝑒 𝑥 − 2𝑥 − 1. On pose 𝑎 =
𝑙𝑛 2
On considère l’intervalle [𝑎, 2] Utiliser la méthode de dichotomie pour calculer la racine de
f avec une précision de l’ordre de 10−2 .
Question 2
On se propose de calculer les zéros de la fonction 𝑓 𝑥 = sin 𝑥 − cos 𝑥 sur [0, 1].
a) Utiliser la méthode de dichotomie pour trouver une racine de f avec une réception de
l’ordre de 10−2 .
b) En choisissant 𝑥0 = 0, utiliser la méthode de newton pour trouver une racine de 𝑓
avec une précision de 10−3 .
c) Utiliser la méthode de sécante pour trouver une racine de f avec une réception de
l’ordre de 10−2 .
d) Pour chaque cas, combien de fois 𝑓 a été calculée pour atteindre la solution ?
Question 3
On se propose de calculer les zéros de la fonction 𝑓 𝑥 = x cos 𝑥 + 1 sur [0, 𝜋].
a) En choisissant 𝑥0 = 1, utiliser la méthode de newton pour trouver une racine de 𝑓
avec une précision de 10−3 .
b) On pose 𝑥0 = 1 𝑒𝑡 𝑥1 = 2, utiliser la méthode de sécante pour trouver une racine
de f avec une précision de l’ordre de 10−3.
c) On suppose que chaque phase de construction de la méthode coute 25 USD, Pour
chaque méthode évaluer le cout pour le calcul de la racine ?
d) Laquelle de deux méthodes est rentable selon le cout estimé.
Question 5
On investit un capital 𝐶0 > 0. Le déplacement à un taux de 5% par année et des frais de
gestion fixes de 50 USD américain qui sont prélevés chaque année.
a) Décrire la suite récurrente qui décrit l’évolution du déplacement.
b) Donner les point fixes du système et indiquer s’ils sont attractifs ou répulsifs.
c) Etudier l’évolution du capital au fils des années selon la valeur de 𝐶0 .
Question 6
Soit l’équation non linéaire ci – contre : 𝑥 3 − 2.1𝑥 + 0.225 = 0
On demande :
i) De localiser ses zéros à 10−2 ?
ii) D’estimer ses zéros en utilisant la méthode de NEWTON ?
iii) D’estimer l’un des zéros en utilisant la méthode LAGRANGE ?
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