0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
34 vues17 pages

CMIDP5

Le document traite de l'interprétation des textes juridiques en droit privé, en abordant les différentes conceptions et les rôles des interprètes, notamment le pouvoir législatif, exécutif et judiciaire. Il présente également les méthodes et techniques d'interprétation, ainsi que les conflits de normes horizontaux, en mettant l'accent sur la rétroactivité des lois et les exceptions à la règle générale selon laquelle la loi n'a pas d'effet rétroactif. Enfin, il souligne l'importance de la rationalité dans l'interprétation des lois et les limites imposées par la hiérarchie des normes.

Transféré par

sugifo
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
34 vues17 pages

CMIDP5

Le document traite de l'interprétation des textes juridiques en droit privé, en abordant les différentes conceptions et les rôles des interprètes, notamment le pouvoir législatif, exécutif et judiciaire. Il présente également les méthodes et techniques d'interprétation, ainsi que les conflits de normes horizontaux, en mettant l'accent sur la rétroactivité des lois et les exceptions à la règle générale selon laquelle la loi n'a pas d'effet rétroactif. Enfin, il souligne l'importance de la rationalité dans l'interprétation des lois et les limites imposées par la hiérarchie des normes.

Transféré par

sugifo
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Introduction au droit privé

CM du 15/10/21
Paragraphe 2 : l'interprétation des textes juridiques

A. La nature et les auteurs de l'interprétation

1. L'interprétation
Deux conceptions possibles :
 l'interprétation est nécessaire lorsque le texte est obscure → s'il est clair, pas besoin
de l'interpréter
 la théorie réaliste de l'interprétation → l'interprétation consiste en droit à conférer
le sens d'une règle à un texte, un énoncé et que ce texte soit clair ou non. Il faut
distinguer le texte de la règle et c'est par l'interprétation que l'on va dégager la
règle.
→ Ex de l'article 1242 du Code civil. Alinéa 1 était considéré, en 1804 comme
introductif, il n'énonçait pas de règle et les alinéas suivants déroulaient les différentes
responsabilités de faits de choses ou de faits d'autrui. Puis, la CCASS a interprété le texte
à partir de la fin du XIXème siècle → elle a ainsi crée un régime de responsabilité du fait
des choses. C'est par l'interprétation qu'elle a dégagé cette règle.

Tous les textes normatifs (lois, décrets, traités...) doivent être interprétés pour qu'on puisse
en faire ressortir les règles juridiques.

2. Les interprètes

Tout le monde est amené à interpréter les énoncés normatifs, à commencer par le
citoyen. Il y a pourtant certaines interprétations auxquelles le droit accorde une force
particulière → les interprétations des exécutif, législatif et judiciaire.
 Pouvoir législatif → il arrive que le pouvoir législatif interprète ses propres lois par
le biais des « lois interprétative », qui précisent le sens d'une loi antérieure.
 Pouvoir exécutif → interprète principalement la loi et les règlements. Il le fait par
un certains nombres de mécaniques qui relèvent la plupart du droit souple.
Circulaire = acte juridique du pouvoir exécutif qui explique comment interpréter
une règle de droit à l'administration. Autres mécanismes : Instructions,
recommandations, avis ou encore les réponses ministérielles (les députés et
sénateurs peuvent poser des questions au gouvernement et le membre du
gouvernement concerné apporte une réponse à la question posée, ces réponses
sont publiés)
 Pouvoir judiciaire → le plus important en terme d'interprétation, c'est une
mission componentielle à l'office du juge, inséparable de la fonction des
magistrats. Ils ne peuvent procéder à leurs fonctions sans l'interprétation des
textes.
→ article 5 du Code civil : « Le juge qui refusera de juger, sous prétexte du silence, de
l'obscurité ou de l'insuffisance de la loi, pourra être poursuivi comme coupable de déni de justice. »
→ article 12, alinéa 1er du Code de procédure civil : « Le juge tranche le litige conformément
aux règles de droit qui lui sont applicables. »
Valable pour toutes les juridictions. Pouvoir créateur du juge, de la jurisprudence qui en
principe ne devrait pas exister. Mais à travers ses interprétations, le juge créer des règles de
droit.
La doctrine a aussi un certain pouvoir normatif en interprétant la loi.

Ces interprétations sont elles-mêmes sujettes à interprétations puisqu'ils sont eux mêmes
des énoncés, des textes. Lorsque le pouvoir législatif adopte une loi interprétative, il
faudra aussi l’interpréter → le juge le fait et la doctrine interprète les jurisprudences.

Les contrats → on peut les classer tout en bas de la hiérarchie des normes puisqu'ils
comportent une sanction étatique en cas de leur non-respect. Le juge interprète aussi les
contrats peu clairs. Il interprète les clauses du contrat lors d'un litige → en principe pour
cela, seul les juges du fond sont compétents, on dit qu'ils possèdent un pouvoir
souverain sur les interprétations des contrats. La CCASS ne peut alors pas interpréter les
contrats.
Une exception → la CCASS va censurer, casser en cas de dénaturation des contrats par
les juges du fond. On parle de dénaturation quand le contrat a un sens clair, précis et
que les juges du fond n'ont pas respecté ces clauses claires et précises.

B. Les méthodes d'interprétation

Historiquement, depuis l'adoption du Code civil en 1804 et le mouvement de codification, il


y a deux grandes Écoles d'interprétations.

1. L’École de l'exégèse

Elle a dominé tout le XIXème siècle, depuis l'adoption des principaux codes jusqu'à la
révolution industrielle. Selon cette méthode, lorsque la loi est obscure, silencieuse,
insuffisante, l’interprète doit chercher à découvrir quelle est la volonté sous-jacente du
législateur. On place la volonté du législateur au centre, on va peser chaque mot, chaque
lettre + on s'intéresse aux éléments qui ont précédés l'adoption du texte, les débats, les
travaux préparatoires et même les textes antérieurs desquels le législateur aurait pu
s'inspirer (droit romain par ex) → Interprétation psychologique.
Cette méthode a tout de même finie par connaître des limites. Plus le temps passe, plus les
codes paraissent vieillis en raison des évolutions de la société survenues postérieurement à
l'adoption des codes, comme la révolution industrielle. Il apparaît alors artificiel de chercher
la volonté du législateur de 1804 pour des situations que ce législateur ne pouvait même pas
imaginer. On a fini par critiquer le légalisme outrancier de l’École de l'exégèse.

2. L’École de la libre recherche scientifique


Chef de fil → François Gény. Selon cette méthode, il ne s'agit plus de chercher ce que
voulait dire le législateur mais on va se demander ce que voudrait le législateur dans le
nouvel état des choses au jour où le juge l’interprète. On accorde beaucoup moins
d'importance à la lettre des textes. On va prendre plus de libertés, on s'en éloigne et on
s'en affranchit même → interprétations parfois créatrices et déformatrices. Uniquement
lorsque la loi est obscure sur une question donnée.
→ FG « il faut aller par le Code civil mais au-delà du Code civil », partir du texte mais
pas s'y limiter, ne pas hésiter à le dépasser et avoir interprétation plus créatrice

Le juge n'est pas libre de faire ce qu'il veut lorsque le litige ne peut être tranché par le
texte. Il y a une méthode prescrite par les partisans de cette École qui doit être respectée
lors de l'interprétation → consiste à prendre les éléments objectifs dans le contexte
duquel le juge intervient (caractéristiques de la vie économique et social, les besoins et
idéaux qui la caractérise, les concepts moraux qui l'inspirent ou encore les orientations
du législateur contemporain)

C. Les techniques d'interprétation

Il existe plusieurs techniques d'interprétation des textes.


Les principales :

 le raisonnement par analogie ou le raisonnement « a pari » → une situation A à


laquelle les textes n'apportent pas de réponse juridique mais situation B similaire
qui possède une réponse des textes, le raisonnement consiste à appliquer la
réponse B à la situation A.
→ ex règle de droit qui interdit de fumer cigarette classique dans un lieu public, 40 ans
après, cigarette électronique inventée, elle aussi interdite ? Par analogie, oui car proche
de la cigarette classique.

 le raisonnement a fortiori → situation A à laquelle le texte n'apporte pas de


réponse et situation B qui est régie par le texte, le raisonnement dit qu'on va
appliquer à la situation A ce qui normalement est applicable à la situation B car il
y a encore plus de raisons d'appliquer la règle à la situation A qu'à la situation B,
on dit à plus forte raison
→ Ex, une seule règle, pas le droit de blesser, un meurtre se produit mais il n'y a pas de
règle qui interdit le meurtre, le meurtre doit-il être interdit ? On va étendre la règle de
ne pas blesser au meurtre. Si pas le droit de blesser a fortiori meurtre interdit

 le raisonnement a contrario → on va pallier le silence d'un texte en dédisant de sa


formulation une autorisation ou une interdiction inverse. Si le texte autorise
quelque chose, tout ce qu'il n’autorise pas est interdit et inversement, tout ce qui
n'est pas interdit est autorisé.

 le raisonnement inductif/déductif → consiste à faire une induction puis une


déduction. Raisonnement en deux temps, 1. l'induction, partir du constat qu'il
existe un ensemble de règles particulières qui vont toutes dans le même sens donc
on en induit un principale général. 2. de ce principe général, on en déduit une
nouvelle règle particulière.

→ Ex, en principe, on ne peut faire une donation qu'à une personne qui existe
juridiquement au jour où le contrat est conclu, par exemple au futur enfant. Cela étant,
dans la loi, il y a un ensemble de règles particulières qui prévoient que l'enfant
simplement conçu, pas encore né sera considéré comme existant juridiquement dès lors
que cela va dans son intérêt + il faut que l'enfant naisse vivant et viable → règle infans
conceptus
→ arrêt de la 2ème chambre civil, 14 décembre 2017, règles que la CCASS a déduit du
principe infans conceptus
→ maximes :
 Ubi lex non distinguit, nec nos distinguere debemus → là où la loi ne distingue pas, il
ne faut pas distinguer, si la loi est énoncé en termes généraux, il n'a pas lieu de les
écarter dans des cas particuliers.
 Exceptio est strictissimae interpretationnis → les exceptions sont d'interprétations
strictes. S'il y a un texte particulier qui déroge à un autre texte, il faut interpréter
strictement ce texte
 Specialia generalibus derogant → Le spécial déroge au générale. Lorsqu'il y a une
règle générale et une règle spéciale qui sont contradictoires, si on se trouve dans
le champs d'application de la règle spéciale, c'est celle-ci qu'il faut appliquer.
De manière générale, on part du fait que le législateur est rationnel → règle d'or. Si il y a
plusieurs interprétations, il faut prendre celle qui est la plus rationnelle et écarter les
autres. Ces différentes méthodes, maximes peuvent parfois aboutir à des résultats
contradictoires. Comment faire pour déterminer dans chaque cas de figure quelle
méthode d'interprétation appliquer ? → choix du juge, pouvoir important accordé à
celui-ci.
Même s'il y a quelques exceptions → Le droit pénal en entier est dit d'interprétation
stricte car il est attentatoire aux droits les plus fondamentaux. Principe qui s'applique
aussi au droit fiscal.

Section II : La résolution des conflits de normes horizontaux

On parle de conflit de norme horizontale lorsque deux normes contradictoires sont au même
niveau dans la pyramide des normes.

Deux types de conflits horizontaux

Paragraphe 1: Les conflits de lois dans le temps

A. La prise d'effet de la loi

Quand ? → article 1er du Code civil, 4 dates d'entrée en vigueur possibles pour la loi
nouvelle.
 principe lorsque la loi entre en vigueur au lendemain de sa publication
 exception quand la loi fixe sa propre date d'entrée en vigueur (le législateur peut alors
déroger à l'article 1er autant qu'il veut), ce fait souvent que l'entrée en vigueur soit
décalée quelques mois, voir années après sa promulgation
 en cas d'urgence, le jour même de sa publication
 loi entre en vigueur lors de la publication des décrets d'application
Cet article 1er régit la « date d'entrée en vigueur » de la loi, date à laquelle elle commence à
produire des effets juridiques dans le droit français.
Droit transitoire ou dispositions transitoires → règles qui vont déterminer l'application
de la loi dans le temps, qui vont trancher l'application des lois dans le temps. Des règles
de droit qui règlent l'application d'autres règles dans le temps.

On distingue deux temps selon la loi nouvelle. D'une part, tout faits antérieurs à l'entrée en
vigueur de la loi. D'autre part, les faits postérieurs.

1. L'application de la loi nouvelle aux faits antérieurs à son entrée en vigueur

On se demande si la loi nouvelle peut s'appliquer à des événements qui se sont produits
avant la date d'entrée en vigueur de la loi.
→ ex, affaire des tableaux d'amortissements
On se pose la question de la rétroactivité de la loi nouvelle.
→ article 2 du Code civil consacre un principe et des exceptions.

a. Principe : la loi n'a point d'effet rétroactif

Article 2 du Code civil :


« La loi ne dispose que pour l'avenir ; elle n'a point d'effet rétroactif. »

b. Exception une : la rétroactivité des lois pénales plus douces (rétroactivité in mitus)

En matière pénale, les lois nouvelles, appelées plus douces ont automatiquement un effet
rétroactif → article 112-1 du Code pénal. C'est une exception qui a valeur
constitutionnel (le législateur ne peut y déroger).
Limite → la loi pénale plus douce ne profite pas aux personnes qui ont déjà étés
condamnés par une décision de justice définitive (plus de recours possible). Si la
personne n'a pas encore été jugé définitivement et qu'une loi pénale plus douce est
adoptée, elle pourra y faire appel.
Loi pénale plus douce lorsque la peine est réduite.
Loi pénal plus douce lorsque le délai de prescription est réduite.
Loi pénal plus douce lorsque la loi nouvelle vient supprimer une interdiction.
→ ex à une certaine époque, l'adultère était pénalement réprimée, loi supprimé en 1975,
adultère plus puni sur le plan pénal

c. Exception deux : la rétroactivité de la loi nouvelle par la volonté du législateur

Le législateur peut, pour une loi particulière déroger à l'article 2 du Code civil.
Deux conditions :
→ Il faut que cela apparaisse expressément dans la loi
→ ou alors il faut que la volonté du législateur de rendre la loi rétroactive apparaisse
clairement
– > ex de la loi du 3 décembre 2001 qui a légalisé les droits successoraux des enfants
adultérins avec les droits des autres enfants → a un effet rétroactif

Limites qui s'imposent au législateur (au dessus de la loi dans la hiérarchie des normes) :
 en matière pénale,
*19 janvier 1981, décision du CC → décision sur une loi renforçant la sécurité et
protégeant la liberté des personnes. Le CC a jugé que le principe de non
rétroactivité a une valeur constitutionnel en matière pénale sauf pour les lois plus
douces. Toutes les autres lois ne peuvent avoir d'effet rétroactif. Fondé sur
l'article 8 de la DDHC de 1789
* principe constitutionnel mais aussi principe conventionnel avec article 7 de la
Convention Européenne des Droits de l'homme (pas de thème sans lois)
 en matière civile, deux séries de limites
* CEDH pose deux conditions pour qu'une loi puisse être rétroactive →
1. La rétroactivité de la loi nouvelle ne doit pas conduire à la violation du droit à
un procès équitable garantit par l'article 6, paragraphe 1 de la convention. Une
loi nouvelle ne doit pouvoir s'appliquer à un procès en cours que s'il existe un
impérieux motif d'intérêt général qui justifie cette rétroactivité→ arrêt de CEDH
du 28 octobre 1999, Zielincky VS France, un intérêt purement économique n'est
pas à lui seul constitutif d'un impérieux motif d'intérêt général. La CCASS et le
CE ont suivi cet arrêt.
2. La loi nouvelle ne peut pas porter atteinte au droit au respect des biens (art. 1, 1er
protocole additionnel). La Cour considère qu'une espérance légitime de paiement
d'une créance est un bien au sens de cet article. Arrêt du 14 février 2006, France
condamnée par la CEDH.
* Des limites qui découlent de la Constitution, décision du 22 juillet 1980 → loi
portant validation d'acte administratif
1. Les décisions antérieurs revêtues de la chose jugée ne peuvent pas être remises en
cause par une loi rétroactive puisque cela porterait atteinte au principe de la
séparation des pouvoirs.
2. La loi nouvelle ne peut avoir d'effet rétroactif que si elle poursuit un impérieux
motif d'intérêt général. Avant, c'était un but d'intérêt général suffisant mais après
le CC s’aligne sur la CEDH. → Article 16 de la DDHC. Les citoyens adaptent
leur comportement en fonction des lois en vigueur au jour où ils agissent et
peuvent pas prévoir les lois postérieurs → sécurité juridique. On ne peut pas tout
simplement interdire les effets rétroactifs des lois puisque si le législateur modifie
la loi c'est que la loi ancienne était moins bonne.

d. Exception trois : les lois interprétatives

Ces lois sont automatiquement rétractives en raison de leur nature même. Les lois
interprétatives précisent les lois antérieures donc on estime que l'interprétation fait corps
avec la règle interprétée → logiquement la loi interprétative est rétroactive. Les juges
contrôlent si la loi interprétatives est réellement interprétative → pose la question de sa
définition.
La CCAS → « une loi ne peut être considérée comme interprétative qu'au temps où elle
se borne à reconnaître, sans rien innover un droit préexistant qu'une définition
imparfaite à rendu sujet à controverses », arrêt de la 3ème chambre civile 27 février
2002.

2. L'application de la loi nouvelle aux faits postérieurs à son entrée en vigueur

a. Le principe est « l’applicabilité immédiate » de la loi nouvelle (art. 2 du Code civil)


(concerne seulement les situations juridiques légales par opposition aux situations juridiques
contractuelles)
situations juridiques contractuelles → découlent d'un contrat
situations juridiques légales → toutes les autres situations

→ ex, avant 1975, il n'y avait qu'un seul type de divorce admis, celui pour faute et en
1975, nouvelle loi qui autorise le divorce par consentement mutuel. Tous les mariages
pouvaient donc être annulés par consentement mutuel même s'ils étaient faits avant
1975.

Une loi peut avoir application immédiate sans être rétroactive.


Concerne les effets juridiques futurs et non antérieurs.

b. Exception : la règle de survie de la loi ancienne


(pour les situations juridiques contractuelles)
En matière de situation contractuelle, on va appliquer la loi qui était en vigueurs au jour de
la conclusion du contrat. Car le contrat est un objet de prévisions.
Réforme droit des contrats, en 2016, ordonnance du 10 février 2016, réforme
importante modifiant la plupart des articles du Code civil sur les contrats → entrée en
vigueur le 1er octobre 2016, ne s'applique qu'aux contrats conclus après 2016.
Ordonnance ratifiée par le Parlement le 20 avril 2018, modifications par celui-ci, une
partie de ces modifications a des caractères interprétatifs et donc automatiquement
caractère rétroactifs.
Ce principe de survie de la loi ancienne connaît aussi des limites.
 si le législateur le prévoit expressément dans la loi
 si la loi relève d'un « ordre public particulièrement impérieux »
 si la loi fait produire au contrat des effets qui n'ont pas été voulus par les parties →
effets légaux », effets que la loi attache à un contrat que les parties l'est voulu ou
non
→ exemple :

Si l’entrepreneur principal fait faillite, alors le sous-traitant ne pourra pas être payer et alors
il pourra faire faillite lui aussi
Pour éviter ces faillites en cascade, le législateur a adopté une loi nouvelle en 1975 qui a
créé une action directe au profit du sous-traitant contre le maître de l’ouvrage

Même s’il n’y a pas de contrat entre-eux, le sous-traitant pourra demander le paiement
directement au maître de l’ouvrage si l’entrepreneur principal ne peut pas le payer

→ Exemple d’effet légal (l’action directe) d’une situation juridique contractuelle


La Cour de cassation a jugé que cette action directe s’applique immédiatement, y compris
aux contrats conclus antérieurement sa mise en vigueur -> arrêt de la chambre mixte de la
Cour de cassation du 13 mars 1981. L'action directe est attachée par la loi au contrat de
sous-traitance, ce n'était pas prévu par le contrat.
La Cour de cassation a dit que « L’action directe trouve son fondement dans la volonté du
législateur et non dans les contrats conclus entre les partis »

→ autre exemple :

Si l’expéditeur ne veut pas ou ne peut pas payer le transporteur


Modification de la loi sur l’action directe en 1998 → le transporteur peut demander le
paiement directement au destinataire des marchandises

Mais, la Cour de cassation a estimé que cette action directe n’était pas d’applicabilité
immédiate, donc le transporteur ne peut pas demander paiement du transport au destinataire
de marchandise si le contrat de transport a été conclu avant 1998

→ arrêt du 10 mai 2005, arrêt de la chambre commerciale, action directe ne s'applique


pas aux contrats conclus avant 2005, pas d'effet légal cette fois

Paul Roubier: membre de la doctrine a proposé initialement cette distinction entre situation
légale et situation contractuelle. Avant, la jurisprudence distinguait les droits acquis et les
simples expectatives concernant l’application de la loi dans le temps.
Arrête de la 1ere chambre civile de la cour de cassation, 4 mai 1982 : arrêt de principe qui
tranche en faveur de la doctrine de Roubier :
« les effets d’un contrat conclu antérieurement à la loi nouvelle même s’il continue à se
réaliser postérieurement à cette loi demeure régit par les dispositions de la loi sous
l’empire de laquelle le contrat a été passé »

Exemple mariage : jusqu’à quelques années, la femme pouvait se marier à partir de 15 ans.
Une réforme en 2006 a fait passer cet âge à 18 ans et cette loi n’étant pas d’application
rétroactive, tous les mariages avant 2006 restent valables même si la fille avait moins de 18
ans. Si la loi était rétroactive alors les mariages précédents auraient été annulés.
Distinguer =
- Les conditions de la situation juridique
- Les effets antérieurs de la situation juridique
- Les effets futurs de la situation juridique

A. L’abrogation de la loi
En principe les lois sont censés s’impliquer indéfiniment : une loi va produire ses effets
jusqu’à ce qu’elle soit abrogée. Qui va pouvoir l’abroger ? Il faut une autre loi ou un acte
supérieur dans la hiérarchie des normes.
On peut avoir des :
- Abrogations expresses : elles peuvent résulter d’une règle nouvelle qui abroge
expressément une règle ancienne en vigueur juste alors / une abrogation décidée par une
décision du conseil constitutionnel dans le cadre du contrôle a posteriori des lois. C’est un
mécanisme qui permet au conseil constitutionnel de contrôler l’adéquation de la loi à la
Constitution après que la loi soit promulguée et entré en vigueur. S’il estime que la loi est
contrôle au bloc de constitutionnalité, alors la loi sera abrogée par l’effet de la décision du
conseil.
- Abrogations programmées : la loi peut prévoir sa propre abrogation =
· Les lois expérimentales (lois à l’essai) qu’on adopte et la loi prévoit expressément qu’elle
sera abrogée pour voir si elle fonctionne. Exemple, la loi sur l’IVG en 1975 mais
initialement prévue pour une durée de 5 ans expressément donc loi expérimentale qui a été
prolongée avant ce délai.
· Les lois temporaires qui sont fréquentes en matière fiscale, elles ont vocation à avoir une
durée limitée dans le temps. Exemple, taxe exceptionnelle sous la présidence de Hollande au
bout de 2 ans.
- Abrogations tacites : il y a deux hypothèses =
· Lorsqu’une règle nouvelle contredit directement une règle ancienne. Dans ce cas-là de
contradiction, on présume que cette incompatibilité signifie que le législateur a entendu
tacitement d’abroger l’ancien texte. Cela est conforme à l’idée que la loi nouvelle est
supposée être meilleure que la loi ancienne. Il ne s’agit que d’une présomption qui s’adapte
de cas par cas. Exemple, la question de la distinction du droit commun et du droit spécial,
maxime importante « le spécial déroge au général », lorsque la loi nouvelle édicte une loi
spéciale on ne va pas présumer que la règle spéciale veut abroger une règle générale. Elle
est certes contraire mais va s’appliquer uniquement à un cas particulier.
· Est-ce qu’une loi peut tomber en désuétude ? Peut-elle être abrogée par désuétude ? car
elle n’est plus appliquée pendant une certaine durée. Des lois n’ont pas été abrogées mais
existent encore même si plus appliquées. En théorie non, tant que la loi n’est pas abrogée
expressément ou tacitement par le législateur, rien n’empêche le juge d’appliquer cette loi.
Exemple, un arrêt des chambres réunies de la cour de cassation du 31 janvier 1901 : fallait-il
appliquer une loi qui prohibait le démarchage qui n’a plus été appliqué depuis 50 ans, mais
la cour de cassation l’a appliqué quand même. En théorie elle n’est pas appliquée et rien
n’empêche que les juridictions continuent à l’appliquer.
Paragraphe 2. Les conflits de lois dans l’espace
Il y a des conflits de lois entre différents pays : des litiges qui naissent avec un élément
d’extranéité. Quelle loi appliquée ?
Le principe est que les lois votées par le parlement en France ont vocation à s’appliquer à
l’intégralité du territoire français : cela concerne la France métropolitaine mais également
les territoires et les départements d’outre-mer. C’est une volonté d’unification.
Mais il existe des exceptions à ce principe.
- Haut-Rhin ; Bas-Rhin, Moselle = ont des règles spéciales dans certaines matières
seulement. Ce sont les territoires qui ont fait l’objet d’invasions successifs entre
l’Allemagne et la France donc qui ont été soumises à des législations différentes. Exemple,
la publicité foncière (régit la vente d’immeubles) est différente dans ces départements par
rapport au reste de la France.
- En outre-mer, article 73 de la Constitution qui en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane,
à la Réunion et Mayotte : ils bénéficient d’adaptation des règles nationales « aux
caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités ». En général, c’est à la fin
des lois qu’on trouve des règles spéciales.
- Dispositions spéciales sur les territoires et collectivités d’outre-mer comme la Polynésie
française, la Nouvelle Calédonie, Saint-Martin, Saint-Barthélemy
· Polynésie française, Nouvelle Calédonie : Elles possèdent leurs propres assemblées locales
qui jouissent d’une certaine autonomie législative. Exemple, en Nouvelle-Calédonie depuis
juillet 2013 est autonome en matière de droit civil. L’importante réforme des droits des
contrats en 2016 ne s’applique pas en Nouvelle-Calédonie.
= la loi française n’est pas unitaire sur tout le territoire de la République française

Plus compliqué quand il y a un élément d’extranéité : la loi française entre en conflit dans
un litige avec une ou plusieurs lois étrangères. Exemple : mariage conclu en France entre un
français et une italienne : le mariage sera-t-il régi par la loi française ou la loi italienne ?
Quelle loi appliquer ? Le juge français n’applique pas toujours la loi française.
Ce sont des règles de droit là encore qui déterminent quelles lois appliquer dans ces
situations. On les appelle « règles de conflit de lois » : règlent le conflit de loi dans l’espace.
On les étudie dans la matière du droit international privé.
Exemple, à l’article 3 du code civil il y a une règle de conflit de loi car elle prévoit que les
immeubles situés en France sont régis par la loi française même s’ils appartiennent à des
étrangers.
Quel juge saisir dans ces affaires ? Lequel est le plus compétent ? Exemple, divorce entre
français et italien, quel juge saisir ? Ce sont des « règles de conflit de juridictions » qui sont
également régies par des règles de droit.

SECTION 3 : La résolution des conflits de normes verticaux

L’inflation législative touche tous les types de normes : décrets, traités internationaux.
Ainsi, plus il y a des règles, plus il y a des risques de conflits entre les normes de la
pyramide. Comment trancher ces conflits de normes verticaux ?
Exemple, la CEDH interdit les discriminations liées à la naissance et la loi française faisait
une différence entre enfants nés adultérins et ceux qui ne le sont pas. Une loi française entre
en conflit contre une convention internationale. Comment régler ce litige ?
C’est la hiérarchie, la pyramide des normes qui permet cette résolution de conflit. On
attribue ce concept de hiérarchie des normes à Kelsen, Théorie pure du droit en 1934.
L’objectif de Kelsen est de rationaliser les ordres juridiques de toute société. Selon lui, dans
tous les ordres juridiques quelques qu’ils soient, on trouve une organisation hiérarchique des
règles (certaine plus importantes que d’autres). Il en déduit : les normes inférieures dans la
hiérarchie des normes doivent respectées les normes supérieures. D’où le législateur
français tient ce pouvoir ? C’est la Constitution qui lui reconnaît ce pouvoir ? Donc il doit
agir conformément à la constitution.

Mais cette hiérarchie des normes ne règle pas tous les problèmes. Pour pouvoir trancher
concrètement ces conflits de normes, il faut avoir des mécanismes de contrôle et de
sanctions des normes. Pour rendre cette hiérarchie effective, il y a un certain nombre de
mécanismes de contrôles dans l’ordre juridique français. On va en voir 3 (plus celui des
contrats qui est à part) :

Paragraphe 1. Le contrôle de constitutionnalité des lois


Le but est de contrôler la conformité de la loi et des traités à la Constitution.

A) L’auteur du contrôle : le conseil constitutionnel

Sous la IIIème République, il n’y avait pas d’organe compétent pour contrôler la conformité
de la loi à la constitution pour une raison de séparation des pouvoirs. En pratique, qui était
compétent pour cela ? Le législateur lui-même : souverain car élu par le peuple, lui seul était
capable de connaître la conformité de la loi qu’il créé à la Constitution. C’était une absence
de contrôle donc sans surveillance la hiérarchie des normes est seulement théorique. La loi
était alors au même niveau que la Constitution.

En 1946, la Constitution de la IV République remédie à cette absence de contrôle par la


création d’un organe : le comité constitutionnel. Mais ce fut un échec car il avait assez peu
de pouvoir et ses conditions de saisine étaient assez restrictives. Sous la IVe République
(1946-1958), il n’y a eu qu’une seule saisine pour contrôle de la conformité de la loi à la
Constitution.

Il faut attendre la Ve République, la Constitution du 4 octobre 1958, pour l’instauration du


contrôle de constitutionnalité de la loi par le Conseil constitutionnel. Cet organe siège au
Palais royal qui est également le lieu où siège le Conseil d’État. Le conseil constitutionnel
est composé de 9 membres nommés : 3 par le Président de la République, 3 par le Président
de l’Assemblée nationale et 3 par le Président du Sénat. Ils sont nommés pour 9 ans et
renouvelés par tiers tous les 3 ans. Au-delà de ces 9 membres, les anciens président de la
République sont membres de droit : s’ils le souhaitent à la fin de leur mandat, ils peuvent
siéger en tant que membre à vie. Ils ne sont pas obligés de la saisir. (Hollande et Sarkozy ne
l’ont pas fait). Cela est très critiqué : le gouvernement actuel avait pour projet de réviser
cette possibilité mais cela ne s’est pas fait en raison de la crise sanitaire. Le mode de
nomination des membres du conseil constitutionnel est critiqué : le fait qu’ils soient
nommés par des personnalités politiques, notamment pour un risque de manque de partialité
et en plus, il n’est pas élu. Sa fonction reste éminemment politique : les normes
constitutionnelles sont assez vagues qui laissent une très large marge d’interprétation à
l’interprète donc ce sont des nominations POLITIQUES et non JURIDIQUES.
Les juges ordinaires sont tous les juges sauf les juges du conseil constitutionnel : ils n’ont
pas le pouvoir de contrôler la conformité de la loi à la constitution. En raison du principe de
séparation des pouvoirs, le pouvoir judiciaire n’a pas ce contrôle.

(Lorsque dans un écrit doctrinal : le juge du palais royal est celui du conseil d’état / on parle
des « sages » pour désigner les membres du conseil constitutionnel)

B. La procédure
On a deux procédures précises et assez techniques.

1. Le contrôle a priori
→ avant la promulgation de la loi, avant même qu'elle n'entre en vigueur.
Initialement, il n'est pas systématique. Pour que la loi soit contrôlée avant son entrée en
vigueur il faut que le CC soit saisi. → qui peut le saisir ? Initialement, l'article 61 de la C
prévoyait qu'il pouvait être saisi par Président, PM, Président Sénat ou Président AN.
Restreint considérablement le contrôle de la constitutionnalité, surtout s'ils sont de le même
couleur politique.
→ réforme intervenue, révision constitutionnelle du 29 octobre 1974, depuis le CC peut
être saisi par 60 députés ou 60 sénateurs. Augmentation du nombre des saisines, opposition
joue un rôle de gardien.
Conduit à une augmentation des pouvoirs constitutionnels. Plus le CC rend des décisions
plus il a d'occasions d'augmenter ses pouvoirs par sa jurisprudence → extension du bloc de
constitutionnalité par le CC par ex. Cette saisine est possible dans l'intervalle restreint entre
l'adoption de la loi par le Parlement et sa promulgation par le Président de la République.
Délai de maximum 15j, pas de délai minimum. Le Président peut très bien promulguer la loi
le lendemain de son adoption → un jour très court pour laisser le temps à la saisine du CC.
Habituellement, il attends quelques jours pour promulguer la loi afin de laisser le temps aux
parlementaires.
Aujourd'hui, 10 à 15% des lois sont contrôlés.
Les dispositions déclarées non conformes à la constitution ne pourront jamais être
promulgués. Et les décisions du CC s'imposent aux pouvoirs publics et aux juridictions.

2. Le contrôle a posteriori
→ bcp plus récent, appelé aussi Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)
→ après la promulgation de la loi
Révision constitutionnelle a institué ce mécanisme de QPC. Mécanisme issue de la révision
du 23 juillet 2008, entré en vigueur en 2010. Prévu à l'article 61-1 de la constitution.
QPC ne peut être soulevée qu'au cours d'un procès.
On parle de question prioritaire car le juge doit examinée cette question avant toutes les
autres questions du procès. Elle ne peut pas être jugé par le juge ordinaire, elle doit être
transmise au CC. Mais pas de transmission automatique, → critères définies par une loi
organique qui précise l'article 61-1 de la constitution. Critères examinés par le juge auquel
la question est posée.
Critères :
 Vérifier que la loi contestée est applicable au litige
 Vérifier que la disposition légale attaquée n'a pas déjà été déclarée conforme à la
Constitution par le CC. Exception : s'il y a un changement de circonstance de circonstance
de fait ou de droit
 Est-ce que la question présent un caractère sérieux ?

Si le juge saisi estime que ces trois critères sont remplis, il va d'abord la transmettre à la
CCASS ou au Ce selon l'ordre concernés → double filtre, d'abord juge du fond puis cours
supérieures. Si eux aussi considèrent que les trois critères sont remplies alors la QPC est
alors transmise au CC. Une centaine de QPC transmis chaque année et environ ¼ des
hypothèses sont contraires à la constitution, partiellement ou totalement.
Si le CC estime si la loi est contraire alors elle est abrogée soit immédiatement soit à une
date ultérieure déterminée par le CC(pour laisser le temps aux législateurs de réformer la
loi). En ce qui concerne les effets passés produits par la loi inconstitutionnelle, là aussi c'est
le CC qui décide si elle a un effet rétroactif ou pas → article 62 de la Constitution.
Pourquoi ne pas faire en sorte que toutes les lois inconstitutionnelles soient rétroactives ?
Parce que porte atteinte à la sécurité juridique (garantie lorsque le système juridique est
clair, compréhensible et qui prévoit facilement les choses).

Contrôle de constitutionnalité des traités → article 54 de la Constitution


→ contrôle par le CC et nécessairement a priori, avant la ratification du traité. Soit il est
conforme donc ratification soit pas conforme et donc pas de ratification sauf s'il est modifié
ou alors si la constitution est modifiée. Lorsque le CC estime qu'un traité fondateur est non
conforme à la constitution, la constitution est souvent modifiée.

Paragraphe 2. Le contrôle de conventionnalité des lois


→ il s'agit de contrôler la conformité des lois aux traités internationaux.

A. Le contrôle de conventionnalité des juridictions françaises


1. L’adoption du contrôle de conventionnalité par les juges ordinaires
Le CC refuse de contrôler que la conformité des lois aux traités
→ décisions IVG du 15 janvier 1975 : « une loi contraire à un traité ne serait pas
pour autant contraire à la Constitution », au sens nécessairement contraire
Pourquoi cette décisions ? → article 55 de la Constitution, « Les traités ou accords
régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle
des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l'autre partie. »
→ c'est en raison de cela que les lois sont inférieures aux traités internationaux sous
réserve de la condition de réciprocité.
Le CC délègue la responsabilité aux juges ordinaires.
→ arrêt Jacques Vavre du 24 mai 1975 rendu par la Chambre mixte de la CCASS,
accepté pour la première fois de contrôler la conformité des lois aux arrêts. Cela se
fait avec l'accord de l'article 55 de la Constitution → fondement textuel.
Les juges administratif ont mis plus de temps à accepter → arrêt du 20 octobre 1989
rendu par l'Assemblée du CE, arrêt Nicolo, le CE accepte de contrôler la conformité
des lois aux traités

Plusieurs points importants :


Tous les juges ordinaires sont compétents pour contrôler la conformité des lois aux traités,
se fait uniquement dans le cadre d'un procès. En pratique, ce contrôle de conventionnalité se
fait toujours.

Les effets → la loi contraire au traité international n'est pas abrogée. Il va simplement
refuser de l'appliquer dans le litige en cours. En pratique, les juges ne vont plus l'appliquer
mais elle n'est pas abrogée.
A la suite de la ratification de la CEDH, il y a eu explosion du contrôle de conventionnalité
et explosion de lois contraires à la CEDH. Courant qu'un juge refuse d'appliquer une loi non
conforme à la CEDH.
→ arrêt du 1er février 2000 de la CEDH, arrêt Mazurek, France condamné pour sa
discrimination envers les enfants adultérins

2. L’adoption récente du contrôle de conventionnalité concret par la Cour de cassation

Depuis 2013, évolue de manière constante. Jusqu'à maintenant, contrôle abstrait → on fait
abstraction des faits de l'espèce. Le juge prend l'article de loi, de l'autre côté le traité
international et il compare les deux. Les faits de l'espèce n'entrent pas en compte. Mais
depuis un arrêt de 2013, la CCASS va plus loin et effectue un contrôle concret
→ arrêt de la 1ère chambre civile du 4 décembre 2013. Les juges vont prendre en compte
les faits de l'espèce, ils vont appliquer fictivement l'article de loi au fait de l'espèce pour se
demander quels seraient les effets concrets de l'article de loi contestée au fait d'espèce. Puis
de demande si ces conséquences portent atteinte disproportionné aux droit fondamentaux
garantis par la CEDH.
Exemple concret →

article 161 du code civil interdit inceste → raisonnement abstrait, article 161 contraire au
traité qui garanti le respect à la vie familiale ? Non, il faut appliquer l'arrticle.
Mais avec cet arrêt, il fait un contrôle concret de conventionnalité, la CCASS considère
qu'atteinte disproportionné au droit au respect de la vie familiale. Dans cette affaire, il faut
écarter l'article 161, dans cette affaire uniquement.

→ arrêt de la 1ère chambre civile, 8 décembre 2016


différent du cas de 2013, application différente

certains opposés au contrôle concret → principale argument : marge de manœuvre


importante au juge, les juges vont très loin et se substituent même aux législateurs.
Autre argument : la CCASS a travers ce raisonnement est amenée nécessairement à
s'intéresser aux faits alors que la CCASS est juge de droit

B. Le contrôle de conventionnalité des juridictions supranationales

La CEDH exerce elle aussi un contrôle de conventionnalité des lois à la CEDH.


La CJUE (cour de justice de l'UE) instituée par les traités de l'UE avec pour mission
principale de vérifier que les États membres et les institutions européennes respectent les
normes européennes.
→ l'arrêt Costa contre EMEM, 15 juillet 1964 dans cet arrêt juge que « le droit
communautaire né du traité ne pourrait en raison de sa nature spécifique originale se voir
judiciairement opposé un texte interne quel qu'il soit sans perdre son caractère
communautaire et sans que ne soit mis en cause la base juridique de la communauté elle-
même ». Faire primer le droit de l'UE. On parle de principe de primauté du droit de l'UE, le
texte européen prime sur le texte national. Argument pour justifier : les traités fondateurs
ont été signés et ratifiés par les États membres et ces traités prévoient un certains nombres
de transferts de compétences, notamment en matière de souveraineté + application directe
dans le droit national. Si un État membre pouvait refuser l’application d'un texte européen
au motif que non conforme à son texte national alors ça annihilerait les traités qui fondent
l'UE, la base même de l'UE n'aurait pas lieu d'être.

→ arrêt Simmenthal 9 mars 1978, la Cour de justice des communautés européennes juge
que lorsqu'un texte est contraire au droit de l'UE alors les juges nationaux doivent refuser
l'application de ce texte même si c'est la Constitution et lorsqu'au cours d'un procès national,
le juge a un doute, il doit saisir la Cour de Justice.

C. La conciliation du principe de primauté avec la hiérarchie des normes française

Vous aimerez peut-être aussi