Gouvernement de La République de Côte D'Ivoire: Appui À La Mise en Œuvre Du Nepad-Pddaa TCP/IVC/2903 (I)
Gouvernement de La République de Côte D'Ivoire: Appui À La Mise en Œuvre Du Nepad-Pddaa TCP/IVC/2903 (I)
TCP/IVC/2903 (I)
(NEPAD Ref. 05/25 F)
Volume I de VI
Avril 2005
CÔTE D’IVOIRE: Appui à la mise en œuvre du NEPAD–PDDAA
Volume I: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
Equivalence monétaire
Unité monétaire = Franc CFA (FCFA)
1 UC = 1 DTS = 800 FCFA (janvier 2004)
1 € = 655,592 FCFA
1 $EU = 525 FCFA
Abréviations
ACDI Agence canadienne pour le développement international
ACP Afrique–Caraïbes–Pacifiques
AEP Approvisionnement en eau potable
AFD Agence française de développement
ANADER Agence nationale d’appui au développement rural
ANOPACI Association nationale des organisations professionnelles de Côte d’Ivoire
APPH Association professionnelle des producteurs d’hévéa
ARCC Agence de régulation du café et du cacao
BAD Banque africaine de développement
BCC Bourse du café et du cacao
BCEAO Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest
BFA Banque de financement agricole
BM Banque mondiale
BMZ Ministère allemand de la coopération économique et du développement
BOT Building, Operating, Transfer
CDMT Cadre des dépenses à moyen terme
CEDEAO Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest
CERAFI Cabinet d’études et de réalisations agricoles, financières et informatiques
CMR Centre des métiers ruraux
COSOP Country Strategic Opportunities Paper (IFAD)
CSRS Centre suisse de recherches scientifiques
CSSPPA Caisse de stabilisation et de soutien des prix des produits agricoles
DDR Désarmement, Démobilisation et Réinsertion
DSP Document de stratégie par pays (BAD)
DSRP Document de stratégie de réduction de la pauvreté
DSRP–I Document intérimaire de Stratégie de réduction de la pauvreté
FAD Fonds africain de développement
FAO Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation
FAT Fonds d’assistance technique (BAD)
FCFA Franc de la communauté financière africaine
FDPCC Fonds de développement des producteurs de café et de cacao
FED Fonds européen de développement
FGCCC Fonds de garantie des coopératives café–cacao
FIDA Fonds international pour le développement agricole
FIRCA Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles
FMI Fonds monétaire international
FRAR Fonds régional d’aménagement rural
FRC Fonds de régulation et de contrôle (de la filière café–cacao)
FRPC Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance
GTZ Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit
IMF Institutions de microfinance
INFPA Institut national de la formation professionnelle agricole
iii
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
iv
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
v
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
Préambule
Afin de renverser la tendance au déclin du secteur agricole sur le continent, les ministres
africains ont adopté, à la XXIIe Conférence Régionale pour l’Afrique, le 8 février 2002 au Caire, une
résolution sur les étapes clefs à considérer dans le domaine agricole dans le cadre du Nouveau
partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Pour mettre en œuvre cette résolution, ils ont
approuvé, le 9 Juin 2002, le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique
(PDDAA). La Déclaration sur l’agriculture et la sécurité alimentaire en Afrique, ratifiée par l’Assemblée
des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine réunis à Maputo les 10 et 11 juillet 2003, a
apporté un soutien politique fort au PDDAA. A cette occasion, les Chefs d’Etat et de gouvernement se sont
engagés à adopter des politiques déterminées en faveur de l’agriculture et du développement rural et à y
consacrer, dans les cinq années à venir, au moins 10% de leur budget.
Le PDDAA définit un cadre général présentant les principaux axes d’intervention prioritaires
pour restaurer la croissance agricole, le développement rural et la sécurité alimentaire en Afrique. Par
essence, il a pour objectif de mettre en œuvre les recommandations des conférences internationales
récentes sur la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté et l’utilisation durable des ressources
naturelles. Le programme repose sur cinq piliers, à savoir:
1. Extension des superficies bénéficiant d’une gestion durable des sols et de systèmes fiables de
maîtrise de l’eau;
2. Amélioration des infrastructures rurales et des capacités de commercialisation, pour un
meilleur accès au marché;
3. Augmentation de l’offre alimentaire et réduction de la faim;
4. Recherche agricole, vulgarisation et adoption de technologies permettant une croissance
durable de la production; et
5. Développement durable de l’élevage, des pêches et des forêts.1
Suite à la Déclaration de Maputo, les représentants de 18 ministres africains de l’Agriculture des
pays membres du Comité de mise en œuvre du NEPAD, du Comité pilote du NEPAD, de la Banque
africaine de développement (BAD), de la Banque mondiale (BM), du Fonds international pour le
développement agricole (FIDA), du Programme alimentaire mondial (PAM), de la FAO et de la société
civile se sont réunis le 17 septembre 2003 à Rome pour discuter de la mise en œuvre du PDDAA, et plus
spécifiquement de:
• l’approche à suivre pour analyser et actualiser les stratégies nationales de sécurité
alimentaire et de développement agricole à long terme,
• la préparation des Programmes nationaux d’investissement à moyen terme (PNIMT),
• la formulation de Profils de projets d’investissement bancables (PPIB)2.
Pour rester conforme à l’esprit du PDDAA/NEPAD et soucieux de renforcer les actions de lutte
contre la pauvreté et contre l’insécurité alimentaire, le Gouvernement ivoirien a adressé une requête à la
FAO pour le financement d’un appui à l’élaboration d’un PNIMT et d’un portefeuille de PPIB, visant à:
• créer un environnement favorable à une meilleure compétitivité du secteur agricole et rural;
1
Le 5e pilier ne faisait pas initialement partie du PDDAA, mais y a été ajouté pour prendre en compte
l’importance de ces sous–secteurs.
2
Un « profil de projet bancable » est ici défini comme un aperçu de projet ou de programme d’investissement
rédigé d’après un format standard et visant à présenter les informations permettant sa prise en compte par des
institutions financières internationales et bailleurs de fonds potentiellement intéressés ainsi que par le secteur
privé, tel qu’envisagé dans la Déclaration de Maputo. Ce document devrait permettre aux partenaires
d’exprimer leur intérêt de principe pour le projet proposé et son financement. Des analyses détaillées de
faisabilité seraient conduites ultérieurement, conformément aux règles et procédures des partenaires
financiers concernés.
1
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
• atteindre les objectifs quantitatifs fixés et mobiliser les ressources nécessaires pour réaliser
les investissements correspondants, dans le secteur agricole;
• allouer des ressources à hauteur de 10% du budget national au secteur agricole,
conformément aux engagements de la Déclaration de Maputo; et
• créer un cadre de référence pour le financement bilatéral et multilatéral coordonné du
secteur.
Le présent document a été préparé par une équipe nationale assistée de la FAO3. Elle a travaillé
en Côte d’Ivoire avec les responsables du secteur rural et les représentants des bailleurs de fonds de
janvier à avril 2004. Dans ce cadre, une mission a été conduite en mars 2004 sur le terrain par les
consultants nationaux aussi bien dans la zone sous contrôle gouvernemental que dans celle tenue par les
Forces Nouvelles (ex–rebelles) pour mieux s’imprégner des réalités du milieu rural depuis l’éclatement de
la crise militaro–politique. Cette mission s’est déroulée en deux phases: (i) la première a été consacrée aux
séances de travail avec pour participants: les services chargés de l’agriculture et du développement rural,
les responsables de projets ainsi que d’autres partenaires: les OPA, les groupements professionnels et les
ONG; et (ii) la seconde a été consacrée aux visites de sites. Suite à ces travaux, un premier document
provisoire a été finalisé et transmis au gouvernement.
Pour mener à bien cet exercice, le gouvernement a mis en place un Comité technique
interministériel composé des représentants des ministères d’Etat de l’économie et des finances et de
l’agriculture ainsi que des ministères du plan et du développement, de la production animale et des
ressources halieutiques et des Eaux et Forêts pour suivre la formulation du PNIMT et l’identification des
projets bancables.
Le présent document est la version finale du PNIMT. Il présente les programmes et sous–
programmes prioritaires ainsi qu’une sélection de projets bancables pour lesquels des profils seront
réalisés. Les programmes proposés prennent en compte bien entendu les orientations à long terme qui
avaient été définies par le Plan directeur de développement agricole 1992–2015 et qui sont encore
globalement pertinentes, le DSRP–Intérimaire adopté par le gouvernement début 2002 et les orientations
de l’atelier sur les mesures d’urgence à moyen et long termes pour le programme de reconstruction
économique. Néanmoins, les troubles socio–politiques que traverse le pays depuis le coup d’Etat de
décembre 1999 et surtout la rébellion de septembre 2002 ont créé une situation de crise que le PNIMT a dû
prendre en compte dans le plan d’actions proposé.
Le document situe le contexte économique du pays, analyse les stratégies du gouvernement et des
principaux bailleurs de fonds concernant le secteur rural, dégage les contraintes et les opportunités de ce
secteur et décrit les lignes directrices du programme d’investissement conduisant à l’identification de
projets bancables dans le secteur rural par ordre de priorité à partir des piliers du PDDAA. Les besoins de
financement du secteur rural pour satisfaire à l’engagement de Maputo sont estimés et le cadre du suivi–
évaluation présenté.
3
Centre d’investissement de la FAO, TCIW: M. Michael Smart. Consultants nationaux: M. Sylla Kalilou,
point focal du PDDAA/NEPAD et M. Kouakou Bakan, Directeur général du développement rural, Mme
Touré–Diabaté Ténin, socio–économiste et M. Yao Attoh, ingénieur génie rural. Consultant international: M.
Hubert Ducroquet, pour le compte de la FAO.
4
Le résumé du compte–rendu de l’atelier de validation est présenté en Annexe 7.
2
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
I. INTRODUCTION
A. Contexte macroéconomique
(i) Généralités
I.1. Pays de l’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire est située dans le Golfe de Guinée, entre le 5 et
10ème degré de latitude Nord. Elle couvre une superficie de 322 463 km², soit 1 pour cent du
continent africain. Ses voisins sont la Guinée et le Libéria à l’ouest, le Ghana à l’est, le Mali et le
Burkina Faso au nord. Sa partie sud, sur une côte de 550 km, est bordée par l’océan Atlantique.
I.2. La population ivoirienne est estimée à 16 399 000 habitants en 20015. La population rurale
représente 56 pour cent de la population totale. Quatre grands groupes ethno–linguistiques peuplent la
Côte d’Ivoire, à savoir, les Akans, les Krous, les Mandés et les Gurs. La répartition de la population
par milieu d’habitat (urbain/rural), est inégale. 44 pour cent résident dans des villes de plus de
10 000 habitants. La densité moyenne de la population est de 46 habitants/km². Le taux de croissance
démographique est estimé par la Banque mondiale à 2,6 pour cent pour la période 1996–2002 (contre
2,4 pour cent en moyenne pour l’Afrique subsaharienne). La Côte d’Ivoire est caractérisée par la
jeunesse de sa population. D’après le Rapport mondial sur le développement humain (RDMH) de
2003, les jeunes de moins de 15 ans représentent 42,3 pour cent de la population totale. La satisfaction
des besoins socio–économiques d’une population jeune en croissance rapide en particulier dans les
villes, est un véritable défi pour les pouvoirs publics.
I.3. Toutefois, la pandémie du VIH/SIDA qui touche près de 12 pour cent à 14 pour cent de la
population, réduit l’espérance de vie moyenne estimée à 44,7 ans en 2000 alors qu’elle était à
51,8 années en 1995, accroît le taux de morbidité et de mortalité infantile et maternelle (avec un
accroissement des orphelins) et constitue une menace pour la disponibilité et l’efficacité de ce capital
humain.
I.4. Après une forte croissance économique enregistrée de 1995 à 1998 (+5,6 pour cent en
moyenne mais seulement 1,6 pour cent en 1999) et qui a été soutenue par la dévaluation du FCFA en
1994 et par une politique vigoureuse de réformes structurelles, le pays est entré dans une période
d’instabilité politique et de déclin économique sans précédent dont le point de départ a été le coup
d’Etat du 24 décembre 1999. La période de transition militaire qui a suivi le coup d’état n’a pas permis
de résorber les querelles de leadership et de restaurer la stabilité. La brève période consécutive aux
élections municipales paisibles de 2001 et l’organisation d’un forum de réconciliation national
auguraient d’un retour à la normale. Un Programme intérimaire renforcé de six mois soutenu par les
institutions de Bretton Woods était mis en œuvre à partir de juillet 2001, l’activité économique se
stabilisait fin 2001 avec un accroissement du PIB de 0,1 pour cent (après une croissance négative de
2,3 pour cent en 2000), aidée, en partie, par les cours internationaux favorables du cacao, la croissance
de l’extraction de gaz (+7,3 pour cent), de l’or brut (+6,6 pour cent) et du diamant industriel
(+15,8 pour cent). Le Document intérimaire de Stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP–I)6
élaboré selon une approche participative était adopté par la Communauté internationale en mars 2002
et permettait au gouvernement de conclure avec le FMI un programme triennal couvrant la période
2002–2004 appuyé par une Facilité de réduction de la pauvreté et de croissance (FRPC) et de relancer
5
Tableau de bord social 2001. Tome I: Analyse thématique. Avril 2003.
6
Le taux retenu par le DSRP–I est 3,3%. Ce taux de croissance plus élevé que dans les autres pays s’explique
en partie par le flux migratoire largement positif.
3
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
le processus PPTE d’allègement de la dette7. Enfin, était constitué en août 2002, un gouvernement
d’union nationale. L’objectif de 3 pour cent de croissance du PIB projeté en début d’année 2002
devenait dans ces conditions tout à fait réaliste.
I.5. Cette normalisation et ce retour à la croissance ont été remis en cause par la rébellion du
19 septembre 2002 qui a divisé le pays en deux, le nord et l’ouest tenus par les rebelles rebaptisés
« forces nouvelles » tandis que les parties centre, sud et est du pays restaient sous contrôle
gouvernemental.
I.6. Face à la gravité de la crise et des risques d’extension du conflit armé dans la sous–région8,
des efforts diplomatiques et des initiatives ont été menés dès septembre 2002. Elles ont abouti à la
signature d’un premier cessez–le–feu le 17 octobre 2002 dont la surveillance est confiée à l’armée
française dans le cadre de l’Opération « Licorne » forte d’environ 4 000 hommes. Un second cessez–
le–feu est signé en janvier 2003 avec les deux nouveaux mouvements rebelles.
I.7. Ces initiatives de paix ont également conduit aux pourparlers de Lomé, puis à la table ronde
de Linas–Marcoussis du 15 au 23 janvier 2003 qui a été suivie les 25 et 26 janvier 2003 par la
conférence des Chefs d’Etats sur la Côte d’Ivoire à Kléber–Paris. L’Accord de paix signé par
l’ensemble des forces politiques à Linas–Marcoussis a été entériné et soutenu au cours de la
conférence de Kléber par la Communauté internationale et par les principaux bailleurs de fonds de la
Côte d’Ivoire. Les difficultés rencontrées pour la formation du Gouvernement de réconciliation
nationale ont conduit à de nouveaux pourparlers à Accra et à la signature d’un accord dit « Accord
d’Accra 2 ».
I.9. Malgré ces difficultés, les résultats acquis donnent des raisons d’espérer que les tensions
actuelles seront surmontées. Pour la Côte d’Ivoire, les années 2004 et 2005 seront par conséquent des
7
Le point de décision devait être obtenu début 1999 au terme du 2ème programme triennal 1997–1999. Ce
programme a été interrompu en février 1999 en raison de manquements graves à la bonne gouvernance,
compromettant ainsi gravement le processus de réduction de la dette au titre de l’initiative PPTE.
8
A la fin du mois de novembre 2002, deux nouveaux mouvements rebelles font leur apparition dans l’ouest de
la Côte d’Ivoire: le Mouvement patriotique du Grand Ouest (MPIGO) et le Mouvement pour la justice et la
paix (MJP) avec lesquels le Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), qui tient le nord, forme les
« Forces nouvelles ».
9
La formation du gouvernement s’est achevée avec les nominations des Ministres de la défense et de la
sécurité intérieure le 12 septembre 2003 et de la Ministre de la famille, de la femme et de l’enfant le
15 septembre 2003
10
Dès la signature de l’accord, les forces en présence se sont divisées en « pro– » et « anti–marcoussistes ».
Ainsi l’adoption des dispositions législatives nécessaires à l’œuvre de réconciliation d’une part et le
déroulement des futures élections d’autre part, eu égard aux prises de positions politiques ouvertes, ne sont–
ils plus aussi assurés.
4
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
années décisives pour le retour à la stabilité et à la croissance. C’est de la façon dont seront traités,
pendant ces deux années, les grands thèmes de la réconciliation identifiés à Marcoussis que dépendra
le bon déroulement des élections présidentielles d’octobre 2005 et législatives de décembre 2005. Les
conditions effectives dans lesquelles ces élections pourront se dérouler ainsi que leurs résultats,
décideront du retour du pays à la stabilité.
I.10. Le conflit a eu un impact économique et social négatif qui a touché l’ensemble de la sous–
région. Pratiquement tous les secteurs de l’économie ont pâti de la crise, en particulier les cultures
d’exportation autres que le cacao, l’agro–industrie, le commerce, le transport et autres services. Les
banques ont cessé de fonctionner dans les zones affectées par la guerre, celles de la zone sud qui sont
restées ouvertes ont vu leurs actifs se détériorer et ont adopté une attitude plus prudente. L’inflation
n’a subi qu’un impact faible du fait de la politique prudentielle de la BCEAO et de la bonne tenue des
productions vivrières. Néanmoins, des recettes d’exportation plus importantes, des importations plus
faibles, des termes de l’échange améliorés ont entraîné un excédent important du compte courant qui a
atteint en décembre 2002 un niveau record de 848 milliards FCFA (contre 279,7 milliards de FCFA un
an plus tôt). Sur le plan budgétaire, le déficit en termes de trésorerie a pu être contenu à environ
1,5 pour cent du PIB grâce à une augmentation des recettes (impôt sur les bénéfices commerciaux et
DUS sur le cacao) et à une suspension partielle du service de la dette qui a en partie compensé
l’accroissement des dépenses militaires et de sécurité. Dans l’ensemble, la situation fiscale est restée
tendue en 2003 et le déficit devrait dépasser 2 pour cent du PIB même avec un service de la dette
réduit qui a conduit à un accroissement des arriérés de l’ordre de 8 pour cent du PIB.
I.11. Suivant les estimations de la Banque mondiale, la crise économique et politique que traverse
la Côte d’Ivoire depuis 199911, aurait plongé 800 000 personnes supplémentaires en dessous du seuil
de pauvreté, portant le taux de 31,3 pour cent de la population en 1993 à 33,6 pour cent en 1998, puis
à 38,5 pour cent en 2002 et dans une fourchette de 42–44 pour cent fin 2003. En l’absence de données
précises, on peut supposer que la crise a renforcé les tendances qui étaient observables dans les
résultats du recensement de 1998.
I.12. Ceux–ci indiquaient une répartition inégale de la pauvreté, qui affectait davantage les
milieux ruraux (42 pour cent) que les espaces urbains (23 pour cent). L’extrême pauvreté (seuil
d’extrême pauvreté: 94 600 FCFA par personne et par an) représente 10 pour cent de la population
surtout dans les villages des régions de la Savane rurale (21,6 pour cent) et de la Forêt Est (15,1 pour
cent). La Savane rurale contribue à l’extrême pauvreté nationale de 40 pour cent en 1998 contre 33
pour cent en 1993 et 27 pour cent en 1995. En 1998, les 10 pour cent les plus riches cumulent un
niveau de revenu total 12,4 fois supérieur à celui des 10 pour cent les plus pauvres contre 9,1 en 1993
et 8,8 en 1995. Entre 1995 et 1998, malgré une amélioration du niveau des revenus de 11,5 pour cent,
leur distribution est devenue plus inégalitaire. Cette pauvreté qui se traduit par une baisse continue du
pouvoir d’achat des populations a un effet énorme sur l’accès à la nourriture.
I.13. L’analyse de la sécurité alimentaire de la Côte d’Ivoire aboutit à un bilan contrasté. En dépit
de ses atouts naturels relativement bien exploités avec une production vivrière brute de près de
8 millions de tonnes, le pays se trouve contraint d’importer des quantités considérables de produits
alimentaires, notamment le blé, le riz, le poisson et les produits laitiers. Cette grande dépendance vis–
à–vis de l’importation pour des produits aussi stratégiques que le riz, constitue un point faible de la
11
En 1985, le taux de pauvreté était estimé à 11%.
5
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
sécurité alimentaire12. Cette situation n’est pas une fatalité sauf pour le blé qui ne peut pas être produit
en Côte d’Ivoire. L’expérience a montré qu’il était possible de créer ou de favoriser l’émergence de
nouvelles filières lorsqu’elles pouvaient se développer dans des conditions économiquement rentables
(élevages à cycle court, soja, sucre, huile de palme, etc.).
I.14. Habituellement, en Côte d’Ivoire, malgré des facteurs limitants tels que la pénurie croissante
de nouvelles terres à mettre en valeur, le déclin de la fertilité des sols, et hormis la production du riz
déficitaire chaque année de 300 000 à 350 000 tonnes, la production des principales cultures vivrières
(ignames, manioc, banane plantain, maïs) était satisfaisante et celle des céréales secondaires (mil,
sorgho et fonio) couvrait largement les besoins nationaux. Mais avec la crise récente et selon les
projections de la FAO, en 2002/03, le pays aura un besoin d’importation de 1 777 000 tonnes de
céréales dont une assistance alimentaire de 22 000 tonnes de céréales.
I.15. Les importations de denrées alimentaires (316 millions de dollars EU en 1994) représentent
environ 21 pour cent des importations totales. La part concernant les aliments d’origine végétale porte
essentiellement sur le riz (350 000 tonnes), l’oignon (35 000 tonnes), le blé et la pomme de terre. Les
importations de produits d’origine animale ont porté essentiellement sur le bétail sur pieds sahélien et
la viande de bœuf congelée. Les prévisions les plus pessimistes montrent qu’en l’an 2015, la Côte
d’Ivoire devrait importer pour 70 milliards de FCFA de viandes et abats et pour 40 milliards de FCFA
de produits laitiers.
I.16. Les scénarios de sortie de crise13 reposent sur une relance accélérée consécutive à la
normalisation de la situation socio–politique. Plus tôt la relance sera engagée, plus rapides seront le
rétablissement de la croissance et la reprise d’un processus de réduction de la pauvreté. Pour asseoir
les bases d’une relance accélérée, l’amélioration de la gestion, de la transparence et des contrôles des
dépenses publiques constitue un défi majeur à l’action gouvernementale en Côte d’Ivoire14. Cette
amélioration permettra une mobilisation plus rapide et plus efficace de l’aide extérieure post–conflit et
donnera aux bailleurs de fonds les assurances que leur aide parviendra aux bénéficiaires ciblés grâce
aux mesures de sauvegarde appropriées. Les programmes d’aide humanitaire et sociale devront
parvenir aux groupes vulnérables de toutes les régions du pays. Les services publics locaux —
auxquels les populations démunies n’ont pas actuellement accès — devront être restaurés; en
particulier dans les zones assiégées.
I.17. De leur côté, les partenaires au développement sont disposés à soutenir cette relance. La
Banque mondiale est le chef de file de la préparation d’un programme de réhabilitation post–conflit
d’une durée de trois ans. Une mission multi–bailleurs devrait avoir lieu dès que les conditions socio–
politiques le permettront, pour définir le cadre macroéconomique de cette relance, identifier les
réformes nécessaires à sa réussite et formuler le plan d’actions prioritaires. La plupart des partenaires
au développement de la Côte d’Ivoire ont décidé de s’associer à cette initiative. Sans attendre la
formalisation de ce programme, plusieurs bailleurs de fonds financent des actions humanitaires
d’urgence et les premières opérations de redéploiement de l’administration sur l’ensemble du
12
On peut citer dans ce cadre le Programme spécial de la sécurité alimentaire (PSSA) ainsi que les éléments de
Stratégie pour la sécurité alimentaire et le développement agricole horizon 2015 élaborés avec l’appui de la
FAO et qui traduisent la volonté politique des Autorités d’assurer la sécurité alimentaire des populations.
13
La médiation de la CEDEAO a permis la conclusion du cessez–le–feu du 17 octobre 2002 et l’accord
d’Accra du 7 mars 2003 pour débloquer la formation du gouvernement de réconciliation nationale.
14
Voir en Annexe 1, une synthèse des recommandations de la revue des dépenses publiques réalisée fin 2003.
6
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
territoire. Le PNIMT, objet du présent rapport pourra être une contribution importante à l’élaboration
du volet agricole de ce programme de réhabilitation post–conflit.
I.18. Le secteur rural tel qu’entendu ici intègre les conditions de vie et de production en milieu
rural, ainsi que les infrastructures et équipement économiques de ce milieu, par opposition au secteur
urbain. Le secteur agricole apparaît donc comme un sous–secteur du secteur rural. La superficie totale
cultivée (9,5 millions d’ha) représente 40 pour cent des terres cultivables (24 millions d’ha), elles–
mêmes estimées à 75 pour cent du territoire national (32 250 000 ha). Dès le début des années
soixante, une forte volonté politique a impulsé un mouvement de diversification des cultures.
L’objectif était d’atténuer la trop grande dépendance du pays vis–à–vis du binôme café–cacao et des
fluctuations des cours mondiaux de ces deux produits.
I.20. Structures d’exploitation. Une agriculture essentiellement familiale et encore peu équipée;
l’agriculture ivoirienne est pratiquée par environ un million d’exploitants qui disposent en moyenne de
4 ha. Dans la grande majorité des exploitations (85 pour cent), la main d’œuvre est d’origine familiale.
Le degré d’instruction est relativement bas, puisque 72 pour cent des chefs d’exploitation sont
analphabètes. Le taux d’équipement est très faible et la très grande majorité des exploitants pratique la
culture manuelle. Moins de 1 pour cent des exploitations disposent d’un tracteur, 0,70 pour cent d’une
faucheuse, 0,32 pour cent d’un motoculteur, 4 pour cent d’une charrette, 8 pour cent d’une charrue et
8 pour cent d’un pulvériseur; 4,4 pour cent des exploitations pratiquent la culture attelée, d’ailleurs
essentiellement concentrée dans le nord, où on compte 100 000 bœufs de traits et 50 000 attelages. Le
taux d’adoption des itinéraires techniques améliorés est faible: 18 pour cent des parcelles bénéficient
de fumure, dont seulement 13,8 pour cent de fumure minérale. L’intégration agriculture–élevage est,
par contre, assez répandue, puisque 40 pour cent des exploitants agricoles pratiquent l’élevage. Celui–
ci est encore le plus souvent traditionnel: 32 pour cent des élevages disposent d’un abri, 48 pour cent
ont recours à la complémentation en alimentation et 13 pour cent dispensent des soins aux animaux.
I.22. Enfin, certaines filières de production (palmier à huile, hévéa, canne à sucre) ont été lancées
sous forme de complexes agro–industriels associés à des plantations villageoises, réalisés par des
sociétés de développement publiques qui ont été privatisées à la fin des années 1990. La coexistence
d’agro–industries, d’exploitations modernes et d’exploitations traditionnelles est assez typique de la
Côte d’Ivoire et probablement l’une des raisons de son succès.
7
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
I.24. La production vivrière a connu également un accroissement considérable. Elle s’est accrue
en moyenne de 2,4 pour cent par an depuis 1990, ce qui a permis d’assurer l’autosuffisance
alimentaire du pays, à l’exception du riz dont la demande est satisfaite à plus de 50 pour cent par les
importations. Le gros de la production vivrière est assuré par cinq grandes cultures: igname (3 millions
de tonnes/an), manioc (1,7 million de tonnes/an), banane plantain (1,4 million de tonnes/an), maïs
(plus de 500 000 tonnes/an), riz (500 000 tonnes/an)16. Les cultures maraîchères (gombo, aubergine,
piment, oignon, laitue, tomate, chou, carotte) sont produites dans des périmètres plus ou moins bien
aménagés situés le plus souvent dans la périphérie des centres urbains ou le long des axes routiers.
I.25. Les filières de production animale. Le secteur des ressources animales, qui contribue au PIB
à hauteur d’environ 220 milliards FCFA, joue un rôle important dans l’économie nationale en termes
d’équilibre inter–régional, de statut alimentaire des populations rurales, de gestion de l’espace et
d’emploi. L’élevage se pratique sur l’ensemble du territoire national. Le cheptel est estimé en 2002 à
1 662 000 bovins, 1 290 500 ovins, 982 700 caprins et 8 541 000 têtes de volaille (secteur moderne).
D’importants investissements ont été consentis en faveur de ce secteur, notamment à travers la
SODEPRA jusqu’au début des années 1990 et divers projets. Malgré des progrès réels, ce secteur
n’arrive à couvrir que partiellement les besoins. En 1999, le taux de couverture de la consommation
par la production nationale était de: (i) 54 pour cent pour la viande avec une production de
70 000 tonnes d’équivalent carcasse (35 000 tonnes pour les viandes rouges, 26 000 tonnes pour les
viandes blanches et 9 000 tonnes pour le porc); (ii) 100 pour cent pour les œufs avec une production
de 36 400 tonnes; et (iii) 12 pour cent pour le lait avec une production de 23 600 tonnes.
I.26. Les productions des élevages à cycle court (essentiellement volaille et porc) doivent faire
face à la concurrence internationale et, en particulier, aux viandes de volaille bas de gamme (cuisses
de poulet congelé) d’origine américaine ou subventionnées d’origine européenne. Comme pour le
sucre, chaque pays a maintenu un dispositif national de protection en fonction de ses propres intérêts
et de l’importance de sa filière avicole. En Côte d’Ivoire, ce mécanisme s’appuie sur des montants
compensatoires déterminés sur proposition d’une commission ad hoc associant l’administration et les
professionnels. Ce dispositif a été mis en veilleuse avec les évènements militaro–politiques survenus
pour faciliter l’approvisionnement du pays en viandes.
15
Voir détails en Annexe 2.
16
L’insécurité qui prévaut dans plusieurs zones de production notamment à l’ouest et au nord de la Côte
d’Ivoire a conduit à l’exode de nombreux agriculteurs. Les productions 2003 et 2004 seront probablement
inférieures à ces niveaux.
8
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
I.27. En ce qui concerne la filière halieutique, elle est à la fois importatrice et exportatrice. Elle
produit 30 pour cent du poisson consommé (consommation estimée à 275 000 tonnes soit
16,2 kg/habitant/an). Par contre, les conserveries traitent 121 000 tonnes de thon importé qui est
ensuite réexporté. La pêche maritime débarque 63 000 tonnes et la pêche lagunaire et continentale,
37 000 tonnes.
I.29. Les importations de produits d’origine animale ont représenté un coût de 190 milliards
FCFA en 1998. Toutefois, le déficit commercial du secteur est moindre, la Côte d’Ivoire exportant
pour 130 milliards de FCFA de produits halieutiques à forte valeur ajoutée, principalement des
conserves de thon, qui constituent le cinquième produit d’exportation en valeur de la Côte d’Ivoire.
I.30. Le pays compte 11 millions d’hectares de parcours, environ 350 000 ha de plans d’eau
intérieurs, 150 000 ha de lagune et une façade maritime de 550 km. Les activités d’élevage sont
pratiquées par 360 000 éleveurs (le plus souvent polyvalents) et le secteur halieutique emploie
70 000 personnes.
I.31. La forêt. De 16 millions d’hectares de forêts denses humides au début du siècle dernier, le
couvert forestier ivoirien a connu une régression pour atteindre environ 7 millions d’hectares
actuellement18. Les principales causes anthropiques de la destruction de la forêt sont: (i) les
défrichements illicites et les feux incontrôlés; (ii) l’exploitation forestière peu rationnelle;
(iii) l’exploitation à usage de bois d’énergie. Face à l’ampleur de la dégradation du patrimoine
forestier, un plan directeur forestier a été adopté en 1988, avec pour objectif, de reconstituer le couvert
forestier, de rétablir, à l’horizon 2015, le potentiel productif de la forêt qui était de 4 millions de m3/an
dans les années 80. Une reforme de l’exploitation forestière dans le domaine rural a été réalisée en
1995 et s’est traduite par le remplacement des Permis temporaires d’exploitation par des Périmètres
d’exploitation forestière (PEF) qui sont des massifs d’au moins 25 000 ha concédés aux exploitants
forestiers pour une durée de 10 à 20 ans. Les attributaires de ces concessions ont l’obligation de
contribuer à la reconstitution de la ressource forestière, à l’amélioration du cadre de vie des
populations riveraines et à la mise en œuvre d’un plan d’aménagement. Cette réforme a bénéficié du
soutien du Projet sectoriel forestier 1 (PSF1) exécuté de 1991 à 1998. Ce projet a également permis à
l’Etat de reprendre en main 105 forêts classées sur 217 et d’y mener diverses actions d’aménagement
et de gestion.
I.32. La maîtrise de l’eau. L’agriculture irriguée occupe une place secondaire dans l’agriculture
ivoirienne, malgré l’existence de potentialités importantes constituées par les bas–fonds et plaines
irrigables. On estime à 32 500 ha19 la superficie totale irriguée sur une superficie potentiellement
irrigable évaluée à environ 180 000 ha, soit 18 pour cent. Ces surfaces se répartissent en:
17
La surveillance des eaux maritimes et notamment des eaux réservées à la pêche artisanale constitue un
problème récurrent de nombreux pays africains. Elle exige des moyens qui dépassent le plus souvent les
capacités nationales et devrait pouvoir être prise en charge à un niveau sous–régional.
18
Moins de 3 millions d’ha de forêts primaires selon certaines estimations.
19
Depuis 1970, 54 500 ha ont été aménagés sur 362 sites. 22 000 ha ont donc été abandonnés (40%).
9
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Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
(i) plantations industrielles de canne à sucre avec 15 000 ha soit 46 pour cent des surfaces irriguées;
(ii) riziculture avec 12 000 ha soit 37 pour cent des surfaces irriguées; (iii) plantations industrielles de
bananes et d’ananas avec 4 800 ha soit 15 pour cent des surfaces irriguées; et (iv) autres cultures avec
700 ha, soit 2 pour cent.
I.34. En ce qui concerne l’utilisation des eaux de surface, on dénombre 187 barrages de retenue
destinés principalement à l’irrigation et permettant le stockage de 392 millions de m3, 370 barrages
pour l’hydraulique pastorale avec une capacité de stockage estimée à 30 millions de m3, six réservoirs
hydro–électriques avec une capacité de 34 milliards de m3, et enfin, 20 retenues d’eau destinées
exclusivement à l’alimentation en eau potable.
I.35. Sur le plan institutionnel et réglementaire, le gouvernement a entrepris depuis 1996, des
réformes pour améliorer la gestion des ressources en eau. Bien que celles–ci aient été suspendues
depuis la transition militaire, on peut noter un certain nombre d’acquis:
• le cadre juridique s’est enrichi de plusieurs textes fondamentaux: (i) la loi n°96–766 du
3 octobre 1996 portant code de l’environnement; (ii) la loi n°98–755 du
23 décembre 1998 portant code de l’eau; (iii) le décret n°97–678 du 3 décembre 1997
portant protection de l’environnement marin et lagunaire contre la pollution.
• des outils pour une meilleure gestion du réseau hydrographique ont été mis en place: (i) le
système d’information géographique dans le bassin du fleuve Bandama (1999); (ii) la
vision nationale sur l’eau, la vie et l’environnement (2000); (iii) une base de données
hydrométriques; (iv) une base de données pluviométriques; (v) un réseau de mesures
hydrométriques; (vi) un réseau national d’observation pour la qualité de l’eau (RNO);
(vii) un réseau de mesures pluviométriques; (viii) la doctrine ivoirienne de lutte contre les
végétaux aquatiques envahissants (nov. 1995).
I.36. Sécurisation foncière. La terre constitue un facteur de production qui, de plus en plus fait
l’objet d’occupations et de transactions mal gérées qui dégénèrent très souvent en conflits, notamment:
(i) dans les zones forestières du sud et du sud–ouest, où ils sont engendrés par l’arrivée massive de
migrants agricoles d’origines diverses; et (ii) dans les zones de savane du nord, où ils sont dus à une
cohabitation souvent difficile entre agriculteurs et éleveurs.
I.37. Sur le terrain, coexistaient jusqu’à l’adoption récente de la loi N°98–750 du 23 décembre
1998 sur le domaine foncier rural, deux régimes fonciers distincts: l’un fondé sur des droits
coutumiers, et l’autre, fondé sur un système relativement complexe de concession. Ce dispositif n’était
plus à même, du moins dans certaines régions, de s’adapter aux évolutions. Cette loi établit les
fondements de la politique foncière en milieu rural à savoir: (i) la reconnaissance d’un domaine rural
coutumier et la validation de la gestion existante de ce domaine et (ii) l’association des autorités
villageoises et des communautés rurales à la gestion du domaine rural, et en particulier au constat des
droits coutumiers et à leur transformation en droits réels.
I.38. Aux détenteurs de droits coutumiers fonciers est ainsi offerte l’occasion de faire constater
leurs droits et de les transformer en droits modernes de propriété. La mise en œuvre de cette loi et de
10
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Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
ses textes subséquents se heurte encore à des difficultés d’ordre sociologiques car elles touchent à l’un
des fondements de l’identité des populations.
• le ministère des productions animales et des ressources halieutiques qui a en charge les
productions animales;
• le ministère des eaux et forêts qui a en charge le domaine forestier classé et non classé
ainsi que la gestion des ressources en eau et de la faune;
I.40. Ces ministères élaborent les politiques de développement dans leurs domaines respectifs,
définissent le cadre réglementaire d’exécution des activités et assurent le contrôle de l’application des
réglementations. Ils sont les maîtres d’ouvrage des projets publics dans leur domaine d’intervention.
• La société de développement des forêts (SODEFOR) compétente pour les forêts classées
mais qui intervient également dans le zones périphériques au profit des populations
riveraines pour réduire la pression sur les forêts.
• L’Office ivoirien des parcs et réserves créé en 2002 et qui devrait reprendre la gestion des
aires protégées.
11
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Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
politiques de développement rural. Le REI devait être fonctionnel en février 2000 mais en
raison de la crise, il n’est toujours pas opérationnel;
• la bourse des vivriers: il s’agit d’une initiative récente d’un groupe d’opérateurs privés
qui a pour ambition de couvrir l’ensemble du territoire en y regroupant les coopératives
locales.
I.43. Les organisations professionnelles et la société civile. Les producteurs des différentes
filières de production végétale, animale ou halieutique sont organisés en coopératives, en groupements
d’intérêt économique, en associations ou en syndicats. L’Etat a toujours encouragé les producteurs à
s’organiser, notamment en privilégiant, dans l’apport de ses appuis, ceux qui se sont organisés en
coopératives.
I.45. Les Chambres d’agriculture. Organes consultatifs et professionnels des intérêts agricoles de
la Nation, les chambres d’agriculture représentent les agriculteurs auprès des pouvoirs publics. Ce type
d’institution n’a pas encore réussi à trouver sa place en Côte d’Ivoire. Les Chambres élues en 199420
ont été dissoutes en 2001 et les décrets de restructuration de fin 2002 semblent également difficilement
applicables puisqu’ils prévoient la création de chambres départementales qui, faute de moyens,
risquent de rester des coquilles vides.
I.46. Les diverses catégories d’OP sont complémentaires. L’obtention d’un avantage socio–
économique clairement identifiable en contrepartie d’une responsabilité et d’un transfert d’activité
semble bien être le seul gage réel du nécessaire volontariat des membres et de la pérennité des
groupements. Pour chacune de ces catégories, l’un des principaux problèmes est celui de la
pérennisation de leurs ressources financières et humaines. Avec la loi n 2001–635 du 9 octobre 2001
instituant les Fonds de développement agricole (FDA), la participation effective de la profession
agricole aux côtés de l’Etat pour un financement durable du développement du secteur agricole est
devenue une réalité. Et c’est en application de cette loi, que se met en place le Fonds
interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA).
I.47. Les ONG.21 Au contraire des pays sahéliens, les Organisations non gouvernementales
(ONG) sont relativement peu présentes en Côte d’Ivoire même si la montée en puissance de la
pauvreté en milieu rural rend leur présence davantage nécessaire. Néanmoins certaines d’entre elles, le
plus souvent affiliées à des organisations internationales ou religieuses ont réussi au fil des années à
atteindre un niveau de professionnalisme et de crédibilité certain. On peut citer l’Animation rurale de
20
Elles ont été restructurées par décret n°94.146 du 17 mars 1994 modifié à la demande du Ministère de
l’économie et des finances par décret 96.898 du 13 novembre 1996 qui réinstaurait les fonctions d’agent
comptable et de contrôleur budgétaire. Selon ces décrets, les chambres d’agriculture étaient au nombre de 11:
une chambre nationale et 10 chambres régionales. Ils prévoyaient que, pendant six ans, les chambres
régionales seraient gérées par la chambre nationale. Cette disposition a retardé l’autonomie des chambres
régionales qui sont restées sans possibilités d’initiative ni d’activités jusqu’à leur dissolution.
21
Selon les chiffres du Ministère chargé de l’intérieur, on dénombre en juin 2002, 1 465 associations
légalement reconnues, dont les 64% ont été créées entre 1989–1990.
12
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Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
Korhogo (ARK), l’INADES–Formation, etc. Néanmoins, des efforts doivent être faits pour favoriser
leur émergence. L’atelier de validation a enregistré la participation d’ONG. Aussi ont–ils tenu à
recommander que les plus dynamiques puissent bénéficier d’un statut spécial qui les différencieraient
d’une simple association, et leur permettrait de bénéficier ainsi d’une reconnaissance et d’un statut
leur permettant de mieux jouer leur rôle d’appui au développement. Par ailleurs, ce statut de
reconnaissance sera soumis à des obligations d’activités et de bonne gouvernance qui pourraient être
périodiquement vérifiées.
I.49. Quatre fonds nationaux spécifiques ont été mis en place pour le secteur agricole: le Fonds
d’installation et d’appui aux initiatives des jeunes agriculteurs (FIAIJA), le Fonds de promotion des
productions animales (FPPA), le Fonds de diversification et de promotion des exportations agricoles
(FDPEA), et le Fonds de développement de l’hévéa et de culture villageoise (FDHEV). Ces fonds ont
été créés et ont fonctionné de 1994 à 1999 à titre de mesure d’accompagnement de la dévaluation du
FCFA. Depuis 1999, ils n’ont plus été reconstitués. A ces fonds, il convient d’ajouter le Fonds ivoiro–
suisse de développement économique et social (FISDES) d’un montant de 25 milliards de FCFA et le
Fonds pour la promotion de petites et moyennes entreprises agricoles (FPPMEA) financé par la
Belgique jusqu’en 2000. Enfin, le Fonds de garantie des coopératives café–cacao (FGCCC) finance la
commercialisation primaire des coopératives du secteur café–cacao.
C. Cadre stratégique
I.51. Les grandes lignes de la politique agricole ont été définies dans le Plan directeur de
développement agricole 1992–2015 approuvé en Conseil des Ministres le 2 juillet 1993. Trois
objectifs ont été retenus: (i) l’amélioration de la compétitivité, notamment par l’accroissement de la
productivité, (ii) la recherche de l’autosuffisance et de la sécurité alimentaires, (iii) la réhabilitation du
patrimoine forestier. Ce Plan directeur a servi de base à la préparation des stratégies de lutte contre la
pauvreté en milieu rural initiées par le gouvernement pour combattre les effets néfastes de la
dévaluation du FCFA sur les catégories sociales les plus démunies. Dans ce cadre, on peut mentionner
le Programme national de lutte contre la pauvreté de juin 1997 qui a couvert la période 1997–2000
puis le Document intérimaire de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP–I) adopté par le
gouvernement en janvier 2002 et validé par les institutions de Bretton Woods en mars 2002
13
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
conformément à la procédure PPTE. Cette stratégie s’est donnée comme objectif principal, à moyen
terme, de réduire l’incidence de la pauvreté de 33,6 pour cent en 1998 à 30 pour cent en 2005.
I.52. Le DSRP–I s’appuie sur les axes stratégiques prioritaires suivants: (i) assainissement du
cadre macroéconomique; (ii) promotion du secteur privé comme moteur de la croissance, et soutien au
développement rural pour la création de richesse et d’emploi; (iii) amélioration de l’accessibilité
équitable et de la qualité des services sociaux de base; (iv) décentralisation comme moyen de
participation des populations au processus de développement et de réduction des disparités régionales;
(v) promotion de la bonne gouvernance et du renforcement des capacités dans le sens d’assurer une
meilleure allocation et utilisation des ressources; et (vi) renforcement de la sécurité.
I.53. Enfin, le gouvernement a organisé à Abidjan les 15, 16 et 17 mars 2004, un atelier sur les
mesures d’urgence et à moyen et long termes pour le programme de reconstruction économique.
Certaines des mesures et projets proposés dans ce cadre ont été intégrées dans le PNIMT.
I.55. Des stratégies sous–sectorielles viennent compléter ces orientations à caractère général sur le
développement rural. Il s’agit de:
• Dans le domaine forestier et suite au bilan–diagnostic réalisé en 1998 pour évaluer les
acquis et les faiblesses des actions menées, le gouvernement a adopté en septembre 1999
une déclaration de politique forestière. Pour sa mise en œuvre, les Pouvoirs Publics ont
adopté un Programme cadre de gestion des forêts (PCGF) dont la durée de réalisation
est de 14 ans.
• Dans le domaine de l’eau, la stratégie consiste à préparer le cadre légal des réformes et
notamment: (i) les décrets d’application du code de l’eau et du code de l’environnement;
(ii) le document de politique et de stratégies en matière de gestion intégrée des ressources
en eau (GIRE); (iii) le programme national hydraulique; (iv) le plan directeur de gestion
intégrée des ressources en eau; (v) le document d’appui au programme (DAP) de gestion
intégrée des ressources en eau; (vi) le plan de développement de l’irrigation.
I.56. Genre et développement rural. Le plan national d’action des femmes, élaboré en 2001
demeure le cadre des orientations stratégiques des actions en faveur de la femme et de la jeune fille.
Dans le domaine de l’agriculture et du développement rural, les actions suivantes sont recommandées:
(a) l’amélioration de la formation professionnelle des femmes (b) la promotion de l’entrepreneuriat
féminin; (c) le renforcement des capacités des organisations féminines; (d) le développement des
systèmes de financement décentralisé en faveur des femmes et l’accès au crédit; et (e) l’instauration de
cellules genre dans les ministères. Par ailleurs, la situation de crise sociale a accentué les conditions
déjà déplorables des personnes vulnérables, notamment les femmes, les enfants et les jeunes qui sont
les premières victimes.
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NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
I.58. La Côte d’Ivoire collabore avec de nombreux bailleurs de fonds qui soutiennent sa stratégie
de sortie de crise dans le cadre des accords de Marcoussis et sont prêts à lui apporter des appuis
financiers conséquents pour lui permettre de reconstruire son économie dont le dynamisme est
essentiel à la croissance économique sous–régionale.
I.60. Le Programme indicatif national (PIN) 2004–2007 (9e FED) porte sur un montant total
programmable (enveloppe A) de 216 millions d’Euros, dont 70 millions seront affectés au
développement rural lequel continue d’être considéré comme un secteur de concentration (tel qu’il
l’était lors des FED précédents). L’UE est intervenue dans de nombreux projets relativement
diversifiés en appui aux filières d’exportation: mise en place du FGCC, soutien aux prix du café et du
coton pour la campagne 2001/2002, restructuration et amélioration de la compétitivité des filières
ananas et banane, construction du terminal fruitier d’Abidjan, appui à la filière ovine, réhabilitation de
périmètres hydro–agricoles à vocation rizicole. L’UE est également engagée dans les programmes
post–crise pour la mise en œuvre rapide du processus politique, économique et social de redressement
de la Côte–d’Ivoire.
I.62. Dans le cadre du programme d’urgence post conflit, la Banque va apporter un appui de
165 millions de $EU sous la forme de trois nouveaux projets dont un appui au programme DDR/RRR
(60 millions de $EU), un projet MAP VIH/SIDA (35 millions de $EU) et un appui budgétaire sous la
15
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
forme d’un crédit d’urgence et de relance économique (EERC) de 70 millions de $EU dont le secteur
agricole pourra en partie bénéficier.
I.66. La stratégie adoptée s’articulait autour de deux axes principaux: (i) concentration des
nouvelles interventions dans un nombre limité de domaines (développement rural et secteur social) qui
correspondent, à la fois, aux priorités de la stratégie de développement du pays et à des domaines où la
BAD, compte tenu de son expérience dans ces domaines, peut contribuer au mieux à la réalisation des
objectifs visés en matière de lutte contre la pauvreté, et (ii) la réactivation du portefeuille de projets en
cours affectés par la suspension des décaissements depuis novembre 2000.
I.67. Selon le DSP, les interventions de la BAD dans le domaine du développement rural, visaient,
d’une part, à renforcer la capacité de gestion des communautés villageoises, des collectivités locales,
des organisations professionnelles agricoles et des producteurs et à professionnaliser ces institutions
16
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
et, d’autre part, à améliorer les systèmes de production agricoles en vue d’éviter les déséquilibres
agro–écologiques et socio–économiques22.
I.68. Néanmoins, compte tenu de la situation qui prévaut, une adaptation de cette stratégie sera
nécessaire après la sortie de crise. Par ailleurs, la BAD n’exclut pas la possibilité d’accompagner par
des programmes d’urgence, la relance du secteur agricole après le conflit. Il s’agit notamment des
actions à mener dans le domaine de la santé animale portant sur: (i) l’appui à la réorganisation des
services vétérinaires et de la qualité, (ii) la maîtrise des pathologies émergentes et des pathologies des
espèces non conventionnelles et (iii) la relance des activités de lutte contre les trypanosomoses et les
mouches tsé–tsé.
I.69. Interventions et stratégie d’assistance du Japon. En tant que partenaire important de la Côte
d’ivoire, le Japon intervient dans le financement de projets agricoles notamment dans le domaine de la
riziculture et de la mécanisation agricole sous forme de prêts ou de dons (en matériel et équipements
agricoles et en numéraires). Depuis 1999, la coopération japonaise met en œuvre une nouvelle
stratégie d’intervention basée sur un appui en vivres aux communautés participant aux travaux
d’aménagement de bas–fonds (Vivres contre travail). Ce projet est mis en œuvre à travers le
Programme alimentaire mondial (PAM). Le Japon participe également au renforcement des capacités
des cadres et techniciens à travers divers stages de formation sur son territoire et à l’amélioration du
taux de scolarisation par un appui en vivres aux cantines scolaires (Plan d’Action pour la réhabilitation
et la reconstruction des enseignements de Côte d’Ivoire). En plus des nombreux projets qu’il contribue
à financer, le Japon a réalisé un centre de formation à la mécanisation agricole et un centre de
formation à l’amélioration des systèmes d’exploitation agricole. Il apporte une expertise technique au
fonctionnement de ces centres.
22
Conférer en l’Annexe 3 les projets PADER–Lacs et PADER–Moyen–Comoe.
23
Ce projet initié par l’USAID, SOCODEVI, IITA, l’industrie du chocolat vise à introduire dans les quatre
grands pays producteurs de cacao d’Afrique (Côte d’Ivoire, Ghana, Nigéria et Cameroun) de bonnes
pratiques de gestion de la filière et des itinéraires techniques performants.
17
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
I.76. A partir des années 70, d’importants projets, notamment des projets hydro–agricoles et
agropastoraux, requerrant des investissements majeurs ont été réalisés pour le « bénéfice » des
populations qui « avaient tout à recevoir et rien à donner aussi bien au plan matériel qu’intellectuel ».
Par conséquent, ces populations étaient tenues à l’écart du processus d’identification, de formulation,
de conception, voire de la gestion des aspects des projets qui les concernait le plus directement. En ce
qui concerne les femmes rurales, malgré le rôle qu’elles ont toujours joué dans la production vivrière,
elles étaient purement et simplement tenues à l’écart du conseil agricole. Les opérations en amont et
en aval de la production (plan de campagne, approvisionnement, commercialisation) étaient assurées
par la société d’Etat (SODE) en charge du sous–secteur. Les exploitants appelés « bénéficiaires »
étaient réduits à un simple rôle d’exécutants sur leurs propres parcelles.
I.77. La crise économique des années 80 a réduit considérablement les capacités d’intervention de
l’Etat sur le terrain et l’a contraint à un recentrage précipité de ses actions. Ce désengagement a mis à
nu les limites de l’approche de gestion des projets. En effet, les agriculteurs qui n’avaient reçu que des
appuis, le plus souvent sous forme d’équipements et d’intrants, n’étaient pas préparés à prendre la
relève. Il s’en est suivi l’abandon, le manque d’entretien ou la dégradation des infrastructures de
production. Tirant la leçon de cette situation, la nouvelle génération de projets, aussi bien ceux de
réhabilitation de projets existants que les investissements nouveaux, a progressivement rectifié
18
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
I.78. En ce qui concerne la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre, les projets agricoles et de
développement rural étaient le plus souvent cloisonnés. Chaque ministère et chaque SODE, en
fonction de ses attributions « avaient » ses projets qu’ils s’employaient à mettre en œuvre. Les
investissements étaient ainsi spécialisés: barrages et aménagements rizicoles, barrages et
aménagements agropastoraux, création de plantations, etc. Les difficultés apparues dans la mise en
œuvre de ce type de projets, notamment dans la mise en cohérence des actions, ont conduit à une
vision plus intégrée de la production. Les projets de développement rural intégré étaient censés
prendre en compte cette préoccupation à travers de multiples composantes: appui à la production,
infrastructures, appui au secteur privé productif, etc. Dans ce cas, les projets sont mis en œuvre par des
structures projets (unités de coordination de projet) sous la supervision de comités d’orientation et de
suivi (COS) interministériels. Néanmoins, cette approche a également ses limites car elle associe trop
peu les services techniques de terrain à la mise en œuvre, ne facilite pas le nécessaire travail
d’harmonisation et de synergie entre projets intervenant dans la même zone et ne les prépare pas à
l’après projet. Cette nouvelle préoccupation est désormais davantage prise en compte dans les
nouveaux projets où les services d’appui de l’Etat, les collectivités locales et les organisations
professionnelles ne sont plus uniquement des prestataires de service ou des bénéficiaires mais de
véritables partenaires.
I.79. L’amélioration de l’efficacité des projets passe par un renforcement des capacités des
acteurs, une simplification des procédures de marché et un raccourcissement de la chaîne des
intervenants. Elle passe par une structuration des producteurs et des mécanismes de gestion capables
de pérenniser les acquis. Mais généralement, au terme du projet, les producteurs n’ont pas encore
acquis des connaissances et des réflexes suffisants pour jouer pleinement ces rôles. Il apparaît ainsi
indispensable de prévoir un mécanisme suffisamment long d’accompagnement des producteurs leur
permettant d’atteindre « le point de non retour ». Elle passe également par une meilleure cohérence et
une plus grande harmonisation des interventions sur le terrain qui permette une exploitation plus
judicieuse des potentialités, plus respectueuse de l’environnement et des pratiques locales dans
l’utilisation des ressources (eau, terre).
I.80. La coordination des interventions a toujours constitué une préoccupation des pouvoirs
publics et des partenaires au développement. La mise en œuvre de projets peu cohérents avec les
politiques nationales ou peu compatibles entre eux est considérée comme l’une des trois principales
causes24 du bilan mitigé des programmes de développement. Le DSRP–final devait constituer un outil
privilégié de coordination puisqu’il est le document de référence des politiques de développement et
de lutte contre la pauvreté du gouvernement. C’est l’un des rôles du DSRP d’être le cadre de référence
des politiques et des stratégies d’intervention. C’est l’un des principaux défis de l’après–crise.
24
Les autres causes sont la mauvaise conception de certains projets et le manque de concertation avec les
bénéficiaires.
19
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
II.1. La baisse du PIB réel par tête d’habitant et donc l’aggravation de la pauvreté qui en a résulté,
remontent à l’année 1999 sous l’effet presque simultané de la forte dégradation des termes de
l’échange et des troubles politiques. Le revenu réel par tête d’habitant a enregistré une chute brutale,
atteignant une perte cumulée d’environ 15 pour cent dans la période de 1999 à 2003, qui a annihilé les
gains réalisés après la dévaluation sur le front du revenu et de la pauvreté.
II.2. Sur le plan agricole, la campagne cacaoyère de 2002–2003 a été préservée du conflit et a
bénéficié de cours plus élevés. En outre, la campagne 2003–2004 s’est révélée moins affectée que
prévue par la pénurie de main–d’œuvre et les conditions climatiques défavorables, ce qui va expliquer
le surplus de tonnage dépassant le million de tonnes. Par contre, les populations démunies des zones
occupées dont les revenus dépendent de la production cotonnière ont payé un lourd tribut. Si la
campagne cotonnière 2002–2003 a pu être sauvée sur le plan quantitatif (plus de 400 000 tonnes) il
n’en a pas été de même pour la commercialisation qui a été passablement désorganisée25 avec de
nombreux surcoûts de transaction et de transport. Les complexes agroindustriels de sucre qui sont
situés en zone nord ou en zone limitrophe (Zuénoula) ont également souffert de la situation de guerre.
II.3. Depuis octobre 2000, on enregistre une appréciation réelle d’environ 25 pour cent et donc
une baisse de compétitivité qui est due, d’une part, à l’appréciation de l’euro par rapport au dollar et,
d’autre part, à l’accroissement des coûts de production, de transport et des échanges, en particulier,
pour les activités basées dans les zones touchées par la guerre. Au plan régional, le conflit a perturbé
les échanges, le transport et la croissance dans la région et les efforts d’intégration. Une partie des
activités de transit et des échanges régionaux ont été redéployés au profit d’autres pays ayant un accès
à la mer.
II.4. En zone occupée, les services déconcentrés et les services d’appui à l’agriculture ont été
contraints de se replier en zone gouvernementale. Ils ont été remplacés par une administration
provisoire mise en place par les FN pour régler les affaires nécessitant des décisions administratives
immédiates. Ainsi, sur 461 agents des services déconcentrés du MINAGRI, 348 ont pu été localisés et
redéployés, tandis que 113 autres sont déclarés absents. Le MIPARH a enregistré 295 agents déplacés
dont 45 redéployés. Quant à l’ANADER qui comprend un effectif global de 2 500 agents dont 1 011
en fonction en zone occupée; outre deux décès enregistrés, ces derniers ont tous pu être déplacés en
zone sous contrôle gouvernemental. Quant aux stations de recherche agricoles, elles ont été fermées,
tandis que les ranchs de bovins ont été pillés de leurs animaux. Les premières estimations du
MINAGRI font état de pertes estimées à 10 milliards FCFA (non compris la CIDT26). Dans les zones
centre et nord, on a pu assister à des retours partiels. La situation est plus difficile dans l’ouest où
l’insécurité continue de régner. Toutefois, des retours sont enregistrés. Ceux qui n’ont pas pu fuir et
les déplacés de retour dans leur village sont souvent complètement démunis, sans ressources et sans
moyens.
II.5. En zone d’accueil ou de transit des déplacés, à la périphérie des zones occupées, les
problèmes rencontrés relèvent en priorité des programmes humanitaires. Néanmoins, il n’est pas exclu
que certains déplacés cherchent à s’y installer définitivement.
25
Elle s’est étalée de mars à octobre au lieu de novembre à avril.
26
La CIDT estime avoir perdu 28 milliards de FCFA depuis le début de la rébellion.
20
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
II.6. En zone sous contrôle gouvernemental, le potentiel de production est en général resté intact.
Néanmoins, les restrictions imposées à la circulation pour des raisons de sécurité (barrages routiers,
couvre–feu) ont été à l’origine de perturbations quelquefois importantes surtout pour les filières de
produits frais. Ainsi, les exportations de papaye sur l’Europe qui avaient atteint 338 tonnes en 2002,
ont chuté à 125 tonnes pour le premier semestre 2003 alors que la filière était en plein développement
avec l’appui de l’Union européenne et du PPDEA.27
II.8. D’une manière générale, l’effort de guerre a relégué au second plan, les programmes
d’entretien des pistes rurales et d’infrastructures rurales déjà non fonctionnels depuis le
désengagement de l’Etat.
II.9. Pour ce qui concerne les infrastructures rurales, elles constituent l’un des maillons faibles, au
moins sur le plan institutionnel, de l’action des Pouvoirs publics en faveur du monde rural même si des
investissements considérables ont été consentis dans ce domaine.
II.10. En ce qui concerne les aménagements hydro–agricoles, leur maîtrise d’ouvrage a souvent été
déléguée à des organismes parapublics (ex–SODERIZ, ex–Autorité pour la Vallée du Bandama, ex–
Autorité pour l’Aménagement régional du sud–ouest, ex–SODEPALM, ex–DCGT, Programme
national riz, Projets publics autonomes), ce qui n’a pas permis une bonne capitalisation des acquis.
27
Seules subsistent actuellement les exportations de SCB.
21
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
• la stabilité politique du pays observée jusqu’en 1998 et qui a été pendant 40 ans un
facteur favorable aux investissements.
• une position géographique privilégiée (pays tropical humide proche des marchés
européens, du Maghreb et du Proche–Orient);
• des positions dominantes sur certains produits (cacao, café, coton, ananas, etc.);
• une maîtrise insuffisante de l’eau et des cultures irriguées qui se traduit par un taux
d’abandon important (40 pour cent);
• la grande variabilité des revenus des producteurs en fonction des cours internationaux; ce
qui contribue à renforcer la précarité en milieu rural;
• les producteurs sont encore insuffisamment organisés pour défendre leurs intérêts et
influer sur les marchés;
22
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
• les ressources naturelles sont exploitées de façon non durable, avec une réduction encore
non maîtrisée du couvert forestier, un appauvrissement des ressources halieutiques et une
fertilité des sols en baisse par la réduction de la durée de jachère;
II.15. Les fragilités du secteur ont été mises en exergue avec la mise en œuvre de la libéralisation
des filières qui a laissé les producteurs sans recours face à la chute des prix mondiaux mais aussi avec
le développement des conflits relatifs à l’accès aux ressources (ressources halieutiques, foncier,
parcours). La rébellion de septembre 2002 n’a fait qu’accentuer ce constat. Aussi le PNIMT doit–il
contribuer à l’actualisation des priorités dont les lignes directrices doivent permettre la réalisation des
actions à court et moyen termes.
28
Les autorités ivoiriennes attachent le plus grand intérêt à cette question en participant activement aux
réunions des comités techniques du Codex Alimentarius et en invitant les services d’appui aux producteurs et
les exportateurs à adopter des pratiques visant la limitation du développement de ces mycotoxines.
29
Le financement des structures dépend largement des contributions budgétaires et des bailleurs de fonds et
peut donc varier considérablement d’une année sur l’autre en fonction de la situation des finances publiques
ou des stratégies des bailleurs de fonds (exemple: annulation du PNASA 2 par la Banque mondiale).
23
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Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
A. Cadre général
III.2. Le NEPAD a identifié les préalables pour la mise en œuvre des programmes qu’il soutient.
Ils concernent la paix, la sécurité et la bonne gouvernance. Dans ce contexte, il est impérieux pour la
Côte d’Ivoire de procéder à des avancées significatives dans le sens de la réconciliation nationale et de
l’amélioration de la sécurité. De plus, il paraît important d’améliorer la viabilité de l’environnement
institutionnel (fiscal, juridique –y compris le statut des ONG, foncier, financier) afin de stimuler le
secteur privé à participer et à financer le PNIMT et à jouer son rôle de moteur de croissance.
III.3. Compte tenu de la situation socio–politique de la Côte d’Ivoire, les lignes directrices du
PNIMT prennent en compte la mise en œuvre préalable d’un plan d’urgence post–conflit pour
accompagner la sortie de crise et la reconstruction du pays. De même, les opportunités de
développement offertes à la Côte d’Ivoire par l’espace d’intégration régionale que constitue l’UEMOA
notamment pour son approvisionnement en produits vivriers ont également été prises en compte dans
le cadre de sa politique de diversification de ses productions.
III.4. D’une manière plus générale, ces lignes directrices nécessitent une forte implication de l’Etat
recentré sur ses nouvelles missions suite à son désengagement des activités de production, en
particulier pour conduire le programme de réhabilitation post–conflit mais aussi une participation des
professionnels agricoles par le biais de leurs organisations dans le cadre d’une cogestion Etat–OP du
secteur agricole. Ceci nécessite la mise en place d’un cadre institutionnel de concertation entre l’Etat
et les organisations professionnelles, ce qui implique de clarifier les règles de représentativité.
III.5. L’atelier des 7 et 8 juin a validé l’ordre de priorité suivant pour les piliers du PDDAA, en
ligne avec les priorités du DSRP–I et du plan directeur de développement agricole 1992–2015:
• augmentation des approvisionnements alimentaires et lutte contre la faim;
• amélioration des infrastructures rurales et de l’accès aux marchés;
• maîtrise de l’eau et gestion durable des sols;
• recherche agricole, diffusion et adoption de technologies.
24
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Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
III.7. Sur ces bases, l’atelier a validé les domaines prioritaires pour les interventions du PNIMT
qui reprennent sur une base transversale les piliers du PDDAA. Ce sont:
III.9. Priorité 2: Mise en place de mesures susceptibles d’amortir les fluctuations des cours
mondiaux des produits de base et répartition plus équitable de la valeur ajoutée entre les acteurs
(concerne les piliers classés 1 et 2). L’importance de la filière café–cacao dans l’économie ivoirienne
et les risques encourus par cette dernière, du fait des fluctuations des cours des matières premières,
obligent à réfléchir à la mise au point de mesures susceptibles d’amortir de telles oscillations. En effet,
ces fluctuations, qui ont un impact direct sur la pauvreté en milieu rural, ont également des
répercussions graves sur l’économie ivoirienne dans sa globalité du fait de la contribution importante
de ces filières aux agrégats macro–économiques (PIB, recettes d’exportation, etc.). A des degrés
moindres, ces préoccupations sont également valables dans les autres filières d’exportation (coton,
huile de palme, caoutchouc naturel, etc.) mais aussi pour les cultures vivrières destinées au marché.
Après les récentes mesures de libéralisation, un dispositif piloté par l’État ne serait pas approprié. En
revanche, la réflexion doit être poursuivie dans ce sens, au niveau des interprofessions, avec la
possibilité de garantir sinon un revenu minimum du moins des prix minima.
III.10. Priorité 3: Amélioration des services rendus aux agriculteurs en termes de recherche,
formation, conseil et d’appui aux OPA (concerne le pilier 4). Il s’agit tout d’abord d’accompagner et
de soutenir la mise en place du FIRCA qui assurera le financement du développement agricole
entendu au sens large du terme (formation, conseil technique et de gestion, expertise filière, recherche
appliquée, renforcement des capacités de réflexion, de proposition et d’initiative des producteurs). Il
peut faire appel à de multiples opérateurs: ANADER, CNRA, OPA, chambres d’agriculture, ONG,
structures privées, organisations interprofessionnelles.
30
Ce dispositif sera éventuellement amendé conformément aux accords de Linas–Marcoussis qui ne concernent
pas directement la reconnaissance des droits coutumiers.
25
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
permettre de prendre en compte tous les acteurs de développement, en particulier les personnes
vulnérables: femmes, enfants, jeunes, déplacés, victimes de guerre, malades du SIDA, etc.
III.15. Compte tenu de la situation conflictuelle que traverse la Côte d’Ivoire, tout programme de
développement à moyen terme doit être précédé ou accompagné d’un programme post–conflit qui doit
aider à remettre le pays sur les rails du développement. Le PNIMT a ainsi été décomposé en deux
programmes. Un programme post–conflit qui regroupe les actions d’urgence et à court terme pour
créer les conditions d’un redémarrage des activités agricoles et un programme d’investissement à
moyen terme qui permette de renouer avec une croissance durable. Chacun de ces programmes
26
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Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
III.16. La période de redémarrage doit être mise à profit pour accélérer ou mettre en œuvre des
réformes que les pesanteurs du passé avaient conduit à différer ou à escamoter. Dans d’autres cas, les
réformes qui ont été conduites à marche forcée, en particulier dans le cadre de la libéralisation des
filières (notamment filière café–cacao) ou des privatisations (coton, palmier à huile), ont montré leurs
insuffisances et devront être réorientées et parachevées pour mieux accompagner les dynamiques de
développement du secteur agricole.
III.17. Dans ce cadre, il est heureux de constater que les départements ministériels en charge du
développement rural, disposent de plusieurs études sous–sectorielles récentes achevées ou en cours de
réalisation qui pourront servir de support à la préparation des sous–programmes et projets. On peut
citer:
• le plan directeur horticole (financement Belgique) dont les conclusions devraient être
disponibles avant la fin 2004;
• l’étude relative à la promotion des jeunes exploitants agricoles (financement BAD) qui
est en cours de finalisation;
• l’étude relative à la construction des abattoirs de l’intérieur (Korhogo, Bouké, Daloa) qui
est en cours de réactualisation;
III.18. Enfin, la mise en place de la décentralisation qui constitue l’une des stratégies de la sortie de
crise, offre un nouveau cadre pour la réalisation des équipements collectifs (santé, éducation,
hydraulique villageoise, pistes rurales, électrification rurale, téléphonie rurale). Ce cadre doit
permettre de réorienter le développement régional qui constitue l’épine dorsale de l’actuel portefeuille
de projets du développement rural pour le faire évoluer vers un véritable développement participatif
qui mette les bénéficiaires et les usagers au cœur de la conception, de la formulation et de la mise en
œuvre des réalisations qui les concernent.
III.19. Pour la sélection des sous–programmes et des projets, il a été retenu les critères suivants:
• être conforme aux priorités nationales telles que définies par le Plan directeur du
développement agricole 1992–2015 et le DSRP–I et, notamment, à ses axes stratégiques
qui impliquent la participation des bénéficiaires;
27
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Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
III.20. Ces critères s’ajoutent aux critères classiques de l’évaluation des projets que sont la
faisabilité technique, financière et économique.
III.21. La réussite de la sortie de crise et le succès de la lutte contre la pauvreté dépendent non
seulement du taux de croissance de l’économie et du montant des financements affectés à cet objectif,
mais aussi des capacités des services publics et de la société civile à préparer, financer, gérer et suivre
les actions et les investissements programmés pour le développement. Il s’agit pour le gouvernement
de dynamiser, d’organiser, de renforcer et de former le personnel impliqué dans la mise en œuvre du
DSRP et de procéder aux réformes nécessaires à une bonne exécution du cadre stratégique. La collecte
des ressources financières pour le DSRP est essentielle de même que la coordination avec les bailleurs
de fonds.
III.22. Comme rappelé ci–dessus, la réussite d’un programme de relance économique dans le
secteur agricole dépend largement de mesures d’accompagnement, de réformes et d’un meilleur
ciblage des interventions de l’Etat. En général, les décisions à prendre devront être précédées par des
études permettant de les préparer et de les justifier. Une attention particulière devra être apportée dans
ces études aux questions relatives au genre qui sont désormais incontournables pour mieux formuler
les actions à entreprendre et accroître l’impact de la lutte contre la pauvreté. Compte tenu de la
situation de guerre que traverse actuellement la Côte d’ivoire et qui a eu un impact négatif sur
l’appareil de production et l’administration du pays, deux programmes apparaissent prioritaires pour
remettre le pays sur les rails du développement:
• Programme 1: programme d’urgence dans le cadre de la sortie de crise;
• Programme 2: programme à moyen terme pour relancer et redynamiser le développement
rural.
(ii) Actions d’urgence et à court terme à mener dans le cadre de la sortie de crise
III.23. Le programme 1 dit « d’urgence » comprend neuf sous–programmes qui visent à permettre
la réhabilitation du patrimoine de l’Etat détruit par la guerre, la réinstallation des structures de
développement dans les zones occupées, à soutenir les victimes de la guerre afin de les aider à se
réinsérer dans l’appareil de production. Ce sont:
28
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
29
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Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
• Projet d’appui à l’amélioration des infrastructures d’accès au marché pour les produits
alimentaires destinées au marché intérieur.
III.26. Le but de ce dernier projet est de réduire les coûts de transaction, améliorer la fluidité des
échanges et assurer un rééquilibrage de la valeur ajoutée en faveur des producteurs, les filières de
produits alimentaires qui doivent disposer d’infrastructures de commercialisation adaptées. Ce projet
appuiera les collectivités locales dans leurs microprojets de modernisation, extension voire
délocalisation de leurs infrastructures économiques (marchés, abattoirs, etc.). Ce Projet n’est pas repris
dans le PPIB du fait que le gouvernement de la Côte–d’Ivoire l’a depuis 1999, concédé à un
consortium d’opérateurs privés suivant un appel d’offres de type BOOT.
III.27. Les résumés des cinq premiers projets sont ci–dessous présentés. Les profils détaillés des
projets PPIB) sont présentés dans les volumes II à VI.
III.28. Résumé du PPIB 1: Appui au développement du secteur semencier. Les approches pour la
création d’une industrie semencière n’ont pas abouti aux résultats escomptés. Ce projet, en s’appuyant
sur les acquis et les leçons de ces approches doit permettre de tester en vraie grandeur de nouvelles
stratégies, définies et mises en œuvre en étroite concertation avec les professionnels concernés; c’est
un préalable à l’augmentation de la productivité, en particulier pour les céréales.
30
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
dont les principaux objectifs stratégiques sont, entre autres: (i) la recherche de l’autosuffisance et de la
sécurité alimentaire; (ii) l’amélioration de la productivité et de la compétitivité du secteur agricole; et
(iii) la diversification des productions agricoles.
III.31. D’une durée de 5 ans, le Projet comporte six composantes, à savoir: (i) Appui à la recherche;
(ii) Appui à la production et multiplication de semences; (iii) Mise en place d’un système performant
de distribution de semences; (iv) Renforcement de la capacité de l’administration semencière;
(v) Appui à la vulgarisation des semences certifiées; (vi) Organisation et gestion du projet. Le coût du
projet hors taxes et imprévus compris, est estimé à 1,47 million de $EU. Les Institutions de
financement (BOAD, la BAD, la CDEAO et le PNUD) apporteraient 85 pour cent du coût et le
gouvernement, 8 pour cent. La contribution des bénéficiaires est estimée à 7 pour cent du coût.
III.32. La maîtrise d’ouvrage du Projet sera assurée par le Ministère de l’agriculture, qui mettra en
place une Cellule de gestion du projet (CGP). La CCP sera chargée de l’exécution, du suivi et
évaluation des activités du projet.
III.33. Résumé du PPIB 2: Appui à l’aviculture traditionnelle, aux petits élevages porcins et à
l’aulacodiculture. Il s’agit essentiellement d’améliorer la sécurité alimentaire et les revenus en milieu
rural en relançant la production animale villageoise traditionnelle qui a été assez largement affectée
par la guerre tout en soutenant des productions de diversification.
III.34. Ce Projet cadre parfaitement avec la politique générale du gouvernement contenue dans le
Plan directeur de développement agricole 1992–2015 et le Document intérimaire de stratégie de
réduction de la pauvreté (DSRP–I), dont les principaux objectifs stratégiques sont, entre autres: (i) la
recherche de l’autosuffisance et de la sécurité alimentaire, (ii) l’amélioration de la productivité et de la
compétitivité du secteur agricole, (iii) la diversification des productions agricoles et (iv) la mise en
valeur et l’exploitation de tous les potentiels dans le domaine des ressources animales.
III.36. D’une durée de 5 ans, le Projet comporte cinq composantes, à savoir: (i) appui au
développement de l’aviculture traditionnelle, (ii) appui aux petits élevages porcins, (iii) appui au
développement de l’aulacodiculture, (iv) fonds d’appui à l’approvisionnement en intrants et
(v) organisation et gestion du projet. Le Projet contractualisera certaines activités. Le coût du projet
31
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
hors taxes et imprévus compris, est estimé à 5,57 milliards de FCFA (10,61 millions USD). Les
Institutions de financement (Banque mondiale, FIDA, Union européenne) apporteraient 69 pour cent
du coût et le gouvernement, 11 pour cent. La contribution des bénéficiaires et du secteur
privé/collectivités locales est estimée à 9 et 10 pour cent respectivement.
III.37. La maîtrise d’ouvrage du Projet sera assurée par le Ministère de la production animale et des
ressources halieutiques, qui mettra en une Cellule de coordination du projet (CCP). La CCP sera
chargée de l’exécution, du suivi et évaluation des activités du projet.
III.40. Le Projet a pour objectif général de contribuer à améliorer l’approvisionnement des marchés
de consommation de la zone forestière en produits alimentaires locaux et améliorer le revenu des
producteurs. Les objectifs stratégiques sont: (i) Accroître la production des cultures maraîchères et de
la banane plantain; (ii) Informer les acteurs et notamment les producteurs, sur les opportunités de
marché et les prix; (iii) Favoriser l’organisation et la responsabilisation des producteurs dans
l’approvisionnement en intrants; (iv) Susciter et soutenir les initiatives collectives qui concourent à la
réalisation des objectifs du projet; (v) Améliorer le professionnalisme des acteurs par la formation;
(vi) créer un cadre de concertation entre les acteurs de la filière maraîchère/banane plantain.
III.41. D’une durée de 5 ans, le Projet comporte quatre composantes, à savoir: 1) Appui à la
production de banane plantain et de cultures maraîchères de contre–saison; 2) Appui à la
commercialisation des produits; 3) Renforcement des capacités; 4) Organisation et gestion du projet.
Le Projet contractualisera certaines activités. Le coût du projet hors taxes et imprévus compris, s’élève
à 22,79 millions de $EU. Le financement du Projet serait assuré par une contribution des Institutions
de financement (Banque mondiale, FIDA, Union européenne) pour 74 pour cent du coût; le
gouvernement apporterait 20 pour cent. La contribution des bénéficiaires et du secteur privé est
estimée à 5 pour cent et 1 pour cent respectivement.
32
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
III.44. Le Projet « Appui à la pêche artisanale continentale et lagunaire » cadre parfaitement avec la
politique générale du gouvernement contenue dans le Plan directeur de développement agricole 1992–
2015 et le Document intérimaire de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP–I), dont les
principaux objectifs stratégiques sont, entre autres: (i) l’amélioration de la productivité et de la
compétitivité du secteur agricole, (ii) la recherche de l’autosuffisance et de la sécurité alimentaire, (iii)
la diversification des productions agricoles et (iv) la mise en valeur et l’exploitation de tous les
potentiels dans le domaine des ressources animales.
III.45. Le Projet a pour objectif général de contribuer à combler en partie le déficit de la production
nationale de produits halieutiques et de réduire la pauvreté et la vulnérabilité des communautés de
pêche. De manière spécifique le projet envisage: i) de rétablir le niveau de productivité des plans d’eau
lagunaire et continentale; ii) d’améliorer les moyens d’existence des populations riveraines; iii) de
renforcer le cadre institutionnel et réglementaire du secteur des pêches.
III.46. D’une durée de 5 ans, le Projet comporte quatre composantes, à savoir: (i) Restauration de la
productivité des plans d’eau; (ii) Amélioration des moyens d’existence des communautés de pêche;
(iii) Appui au cadre institutionnel et réglementaire; (iv) Coordination et gestion du projet. Le Projet
contractualisera certaines activités. Le coût du projet hors taxes et imprévus compris, est estimé à
27,661 millions de $EU. Les Institutions de financement (FIDA, Union européenne, Japon)
apporteraient 62,70 pour cent du coût et le gouvernement, 10,45 pour cent. La contribution des
bénéficiaires est estimée à 26,85 pour cent du coût.
III.48. Résumé du PPIB 5: Appui à l’aménagement des bas–fonds. Le succès du Projet bas–fonds
(PBF) réalisé comme opération pilote par le PAM sur financement japonais justifie son extension.
III.49. Le Projet « Appui à l’aménagement des bas–fonds » est parfaitement en cohérence avec la
politique générale du gouvernement dont les principaux objectifs stratégiques sont, notamment: (i) la
recherche de l’autosuffisance et de la sécurité alimentaire; (ii) l’amélioration de la productivité et de la
compétitivité du secteur agricole; (iii) la diversification des productions agricoles.
III.51. D’une durée de 5 ans, le Projet comporte quatre composantes, à savoir: 1) Animation et
sensibilisation des communautés rurales sur le projet; 2) Aménagement et infrastructures; 3) Appui
technique et organisationnel aux producteurs; 4) Organisation et gestion du Projet. Le coût du projet
hors taxes et imprévus compris, s’élève à 32,1 milliards de FCFA (32.06 millions USD). Le
gouvernement apporterait sur fonds propre 10 pour cent du montant et la contribution des bénéficiaires
se fera sous formes de « vivre contre travail » et s’établirait à 30 pour cent du coût. Aucun financeur
n’est identifié pour la prise en charge des 60 pour cent restant; toutefois, le FIDA, le Japon et l’Union
européenne pourraient être intéressés par ce projet.
33
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
III.52. Le Ministère de l’agriculture assurera la tutelle du projet et mettra en place une Cellule de
gestion du projet (CGP) dotée des antennes régionales. La CGP dépendra hiérarchiquement du comité
de pilotage mais elle sera dotée de l’autonomie administrative et financière lui permettant d’assurer
une gestion efficace du projet.
III.53. Les coûts totaux des cinq projets prioritaires ont été estimés à 94.6 millions de $EU desquels
le Gouvernement couvrirait entre 8 et 20 % selon les projets et les bailleurs de fonds entre 63 et 85 %.
IV.1. La crise a modifié les équilibres budgétaires depuis 2000. Les dépenses en faveur du
développement rural sont passées de 80 milliards FCFA en 1999, à 63 milliards en 2000 et
50,4 milliards en 2001. Les chiffres pour les années suivantes ne sont pas disponibles. Le budget 2003
annonçait 37 milliards FCFA pour le secteur de l’agriculture. Il est probable que les réalisations soient
inférieures. Quant au PIP 2004–2006, il est difficilement exploitable en raison des incertitudes sur les
prévisions économiques et budgétaires. Néanmoins, on peut considérer que cette situation n’exprime
pas une tendance à long terme et que la sortie de crise devrait permettre de redonner la priorité aux
investissements sociaux et productifs et de restaurer les recettes budgétaires. Par ailleurs, la mission
multi–bailleurs qui devrait dans les prochaines semaines préparer avec le gouvernement le programme
de réhabilitation post–conflit, permettra de mieux circonscrire les contributions budgétaires au
développement rural et les besoins de financement qui en résulteront pour le programme restructuré et
pour le PNIMT.
IV.2. Le programme d’investissement public triennal (PIP) glissant comprend pour la période
2003–2005, 83 projets répartis en agriculture (44), élevage et pêche (18), infrastructures rurales (12) et
recherche agronomique (2). Le PIP comprend des projets en cours d’exécution, des projets terminés à
la recherche de nouveaux financements et des idées de projets pour lesquels des financements sont
recherchés. L’inscription au PIP est une condition d’obtention de crédits sur le budget national (ex–
BSIE). Des projets entièrement financés par des partenaires au développement ne sont donc toujours
pas inscrits dans le PIP. Le tableau ci–dessous est basé sur le budget 2003. Il est exprimé en millions
de FCFA.
IV.3. Le graphique ci–après montre l’effort consenti (plus de 100 milliards entre 1995 et 1998) par
l’Etat dans les investissements consacrés au secteur agricole. Toutefois, les investissements ont
fortement chuté à partir de 1999 (début de la grave crise militaro–politique ivoirienne) (voir
Annexe 6).
34
NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
500
458.4
Montants (milliards de FCFA)
401.7
400
412 323.4 336.3
397.7 308
300
312.6
200
89.3 70.6 84 61.8
100
76.3 74.9 56.5 70.9
0
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002
Année
IV.4. Selon la revue des dépenses publiques réalisée par la Banque mondiale sous le titre
Renforcement de la gestion et du contrôle des dépenses publiques en date du 16 décembre 2003, la
part du secteur agricole dans le budget national (ressources propres + FINEX), connaît une baisse.
Pour l’année 2003, l’analyse porte sur le budget prévisionnel. La part du développement rural dans les
dépenses d’investissement du budget sécurisé 2003 représente globalement 15 pour cent (6 pour cent
des ressources propres mais 26 pour cent des financements extérieurs). Si l’on considère l’engagement
des chefs d’Etat africains de consacrer 10 pour cent de leurs ressources nationales au développement
rural d’ici 2008, il y a donc une progression à réaliser qui pourrait se faire par un rééquilibrage des
ressources nationales en faveur du secteur rural.
IV.6. A ce niveau également, les mécanismes classiques d’intervention des bailleurs de fonds
devraient pouvoir combler les besoins de financement. Comme pour le financement à court terme, le
financement local proviendra des contrats plans, des fonds professionnels, des ONG, des coopératives,
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NEPAD – Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine
Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
du secteur privé et bien entendu de l’Etat. De plus, les banques agricoles en cours de constitution
devraient, à terme, s’impliquer davantage dans le financement des activités productives. Par
conséquent, des pistes existent pour diversifier les instruments financiers mis à la disposition du
monde rural et mieux prendre en compte les préoccupations des producteurs et des coopératives.
IV.8. L’engagement pris par les Chefs d’Etat en juillet 2003 à Maputo d’allouer au moins 10 pour
cent du budget national au secteur agricole avant 2008, était globalement respecté en Côte d’Ivoire.
Cependant, comme indiqué au dé but de ce chapitre, depuis 1999 et donc le début de la crise socio–
politique que traverse la pays, cette contribution est en baisse. Pour inverser cette tendance et
sensibiliser les décideurs, l’atelier des 7 et 8 juin a proposé que soit présentée en Conseil des
Ministres, une communication conjointe du Ministre d’Etat, Ministère de l’économie et des finances,
et du Ministre du plan et du développement. Cette communication soumettra au Conseil des Ministres
des propositions pour rendre effectif l’engagement de Maputo.
V. SUIVI ET EVALUATION
V.2. La Cellule exploitera les informations qui lui seront communiquées par les projets sous la
supervision des ministères techniques concernés. Il s’agit notamment des aspects suivants:
• activités des projets. Il s’agit de connaître l’état de réalisation des différentes activités au
niveau physique et financier; ce travail devra être mené en collaboration avec tous les
acteurs participant aux projets et en cohérence avec le Réseau d’études d’impact;
• impacts des projets. Ce travail nécessitera la réalisation d’une étude de base de la zone
d’intervention afin de connaître la situation de référence avant le démarrage des projets.
Puis les données concernant les indicateurs retenus seront relevées afin de suivre l’impact
des projets. Ce travail devra prendre particulièrement en compte l’évolution de la
pauvreté selon les indicateurs utilisés par l’INS;
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Côte d’Ivoire: Programme national d’investissement à moyen terme (PNIMT)
V.3. Indicateurs clés de suivi. On peut citer, suivant les grands domaines d’intervention
identifiés, les quelques indicateurs clés ci–dessous:
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