0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
56 vues34 pages

Interaction sol-structure en génie civil

Le document traite de l'interaction sol-structure, un phénomène crucial en ingénierie civile, qui prend en compte les effets des charges dynamiques sur les structures et leur fondation. Il explore l'évolution historique des méthodes d'analyse, des premières théories aux approches numériques modernes, et souligne l'importance de cette interaction dans la conception d'ouvrages stratégiques. Les défis liés à l'évaluation de cette interaction, notamment en raison de la complexité des sols et des structures, sont également abordés.

Transféré par

wfkke4kkf
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
56 vues34 pages

Interaction sol-structure en génie civil

Le document traite de l'interaction sol-structure, un phénomène crucial en ingénierie civile, qui prend en compte les effets des charges dynamiques sur les structures et leur fondation. Il explore l'évolution historique des méthodes d'analyse, des premières théories aux approches numériques modernes, et souligne l'importance de cette interaction dans la conception d'ouvrages stratégiques. Les défis liés à l'évaluation de cette interaction, notamment en raison de la complexité des sols et des structures, sont également abordés.

Transféré par

wfkke4kkf
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

INTERACTION SOL-STRUCTURE

Fait par

Hadid Mohamed et Berrah Khaled Mounir


Département de Génie-Civil, Ecole National Polytechnique, Alger
10, Avenue Hassan Badi El Harrach, Alger

1. INTRODUCTION
Jusqu'à un passé relativement récent, n'excédant pas un demi de siècle, les structures
soumises à des charges dynamiques étaient supposées encastrées à la base. Cette
hypothèse, souvent dans les usages pour les structures courantes, se trouve peu à peu
remise en question à la faveur d'une conjonction de faits. Ainsi, l'avènement de l'ère de
l'informatique avec l'apparition des calculateurs puissants d'une part, et les normes
d'exigences de plus en plus élevées en matière de conception de systèmes et ouvrages
stratégiques d'autre part, ont donné au phénomène d'interaction sol-structure toute son
importance.
Au début du développement de la théorie de l'interaction sol-structure, une attention
particulière a été accordée aux dit problèmes "à charges externes" i.e. la charge est
appliquée directement à la structure, par exemple les structures élancées soumises à l'action
du vent ou les structures supportant des machines vibrantes. Dans ce cas, l'interaction se
présente comme le résultat des forces extérieures et d'inertie transmises à un sol
interagissant aux efforts imposés. Une telle interaction est appelée "Interaction inertielle".
L'énergie transmise au sol se propage sous forme d'onde de contraintes et se dissipe sous
l'effet de l'amortissement radiatif.
La conception d'ouvrages d'importance stratégique tels que les centrales nucléaires et
les barrages etc. a obligé les chercheurs à considérer les charges internes i.e. prenant
naissance au sein du sol tel que le séisme. Dans ce cas, il y a lieu de considérer une
Interaction sol-structure 2

interaction supplémentaire qui apparaît à cause de la non flexibilité de la fondation par


rapport au sol. La fondation se présente alors comme un objet opaque réfléchissant les
ondes sismiques incidentes produisant ainsi une dispersion du champ d'ondes qui modifie
localement le mouvement. Ce phénomène est appelé l'effet de passage d'onde ou dispersion
des ondes sismiques par une inclusion rigide ou encore "l'interaction cinématique". Cette
interaction dépend de la géométrie de la fondation, de la configuration du sol et de l'angle
d'incidence. Il est tout à fait évident que l'évaluation de l'interaction cinématique est plus
difficile que l'évaluation de l'interaction inertielle.
La réponse d'une structure soumise à une charge dynamique dépend étroitement du
sol de fondation. Si par exemple la fondation est sur un sol rocheux il est évident que l'effet
de l'interaction est négligeable alors qu'il est plus important si elle est sur un sol souple ou
flexible.

2. HISTORIQUE
La complexité de l'analyse du problème d'interaction sol-structure et en particulier le
problème d'interaction sol-fondation est traduite par l'abondance de la littérature et du
grand nombre de travaux de recherche qui continuent à être menés pour traiter les
différents aspects présents dans ce phénomène.
L'étude des vibrations des massifs de fondation a constitué l'un des premiers sujets
d’intérêt en dynamique des sols. Dans ce domaine, les premiers résultats ont été obtenus
par Lamb (1904) qui a étudié la vibration d'un demi-espace élastique, causé par une force
concentrée en fonction du temps, un problème dénommé aussi "problème dynamique de
Bousinesq".
Reissner (1936) a été le premier à appliquer cette théorie à un problème pratique et a
analysé la vibration verticale d'une fondation circulaire reposant sur un demi-espace
élastique en faisant l'hypothèse d'une répartition uniforme des contraintes sous la fondation.
En réalité, la répartition des contraintes sous une fondation vibrante n'est pas
uniforme sauf si les modules élastiques du sol et de la fondation sont égaux. Sung (1951) et
Quinlan (1953) ont donc proposé d'autres modèles de répartition des contraintes (figure 1).
Bycroft (1956) en se basant sur ces modèles a étudié tous les modes de vibration d'une
fondation circulaire reposant soit sur un demi-espace élastique, soit sur une couche
élastique sur substratum rigide.
Interaction sol-structure 3

Parabolique Uniforme Rigide


Figure 1. Les trois répartitions des contraintes

En réorganisant les équations de base de Reissner et de Bycroft, Hsieh (1962) a pu


mieux mettre en évidence le terme représentant l'amortissement géométrique. Il a ainsi
déduit les paramètres de rigidité et d'amortissement correspondant à chaque mode de
vibration et les a présentés en fonction du coefficient de Poisson et de la fréquence.
Toutes ces méthodes analytiques reposent sur des hypothèses non conformes à la
réalité car le problème d'une fondation vibrante est un problème mixte. En effet, les
déplacements sont imposés à l'interface sol-fondation et les contraintes sont nulles sur la
surface libre; par conséquent la répartition des contraintes à l'interface est une inconnue du
problème et varie avec la fréquence.
Lysmer (1969) a obtenu une expression analytique plus rigoureuse du déplacement
rigide en discrétisant l'interface sol-fondation en plusieurs éléments et en y imposant des
vecteurs contraintes constants par morceaux mais dépendant de la fréquence. Ensuite, pour
obtenir une réponse approchée aux basses fréquences il a proposé des coefficients
indépendants de la fréquence "Lysmer's analog".
Les méthodes analytiques et approximatives se limitent aux cas ne présentant pas une
grande complexité, les méthodes numériques deviennent incontournables pour le traitement
des cas compliqués.
Parmi les méthodes numériques, la méthode des éléments finis (Zeinkiewicz, 1971)
est particulièrement utilisée dans le cadre des calculs d'interaction sol-structure,
notamment, pour traiter les problèmes complexes qui ne peuvent pas être résolus par des
formulations analytiques. Il s’agit notamment des problèmes dont la géométrie est
complexe et le sol est hétérogène avec des couches non horizontales, etc. L'ensemble de la
fondation et du sol est modélisé par un maillage éléments finis et le problème est alors
traité dans sa globalité, dans le cadre d'une méthode dite "méthode globale".
Durant la vibration des massifs de fondation, deux types de dissipation d'énergie
mécanique emmagasinée dans la fondation sont possibles: une dissipation par
Interaction sol-structure 4

amortissement radiatif, ainsi qu'une dissipation par amortissement matériel. Pour la prise
en compte du phénomène de radiation de l'amortissement dans la solution numérique
obtenue par la M.E.F, il faut étendre suffisamment les dimensions du modèle de sol pour
que les ondes réfléchies aux limites n'atteignent pas la structure durant le laps de temps où
l'on évalue sa réponse. Cependant, cette procédure est très coûteuse, vu la taille des calculs
nécessaires. Pour contourner ce problème, on peut adopter un modèle utilisant des
frontières absorbantes (Ettenouey et Roesset, 1976) simulant de façon exacte la présence,
au-delà de la frontière, d'un milieu d'extension infinie. L'existence de ce milieu permet la
dissipation d'énergie vers l'infini.
La M.E.I.F. transforme les équations de l'élastodynamique en relations intégrales
entre vecteurs déplacements et vecteurs contraintes sur la frontière du domaine considéré.
Il est procédé alors à une discrétisation de la frontière du domaine en éléments finis et la
dimension du problème se trouve réduite d'une unité. Les conditions de radiation des ondes
à l'infini sont incluses dans la formulation de manière inhérente et n'exigent donc pas
l'introduction d'équations supplémentaires à cet effet. On peut ainsi aisément traiter des
problèmes de taille infinie dans une, deux ou trois directions. Le premier traitement
numérique par une formulation intégrale aux frontières d'un problème d'élastodynamique a
été donné par Cruse et Rizzo (1968) et Cruse (1968). Cependant, Dominguez (1978) a été
le premier à étudier la réponse dynamique des fondations rigides superficielles et enterrées
par la M.E.I.F dans le domaine fréquenciel. Spyrakos et Beskos (1986) ont utilisé la
M.E.I.F dans le domaine temporel pour l'analyse dynamique bidimensionnelle des
fondations rigides et flexibles. Abascal et Dominguez (1984) ont utilisé la M.E.I.F pour
étudier l'effet du sol sous-jacent et celui d'un substratum non rigide sur les fonctions
d'impédance de fondations filantes.
Bien que les méthodes dites numériques puissent modéliser un grand nombre de
problèmes d’interaction sol structure, leur inconvénient majeur reste le coût élevé d’une
analyse tridimensionnelle. Les méthodes semi-analytiques constituent un compromis entre
les méthodes numériques et les méthodes analytiques. Celles-ci sont basées sur la
subdivision de l’interface sol-fondation en un certain nombre d’élément. Différentes
configurations géométriques (disque, carré, rectangle, etc.) peuvent être utilisées. La
répartition des contraintes est supposée uniforme sur chaque élément. La détermination de
cette répartition nécessite la connaissance des fonctions de Green en chaque élément. Ces
méthodes ont étés utilisées par Wong et Luco (1976 et 1978) pour l’étude d’une fondation
Interaction sol-structure 5

de forme quelconque reposant sur un semi-espace. Les éléments utilisés dans la


subdivision sont rectangulaires. Les fonctions de Green sur chaque élément ont été
obtenues initialement par Thomson et Kobori (1972).
Cette méthode constitue en fait une extension des travaux de Lysmer et Richard
(1966). L’inconvénient de cette approche est que le calcul des fonctions de Green
nécessaires sous forme analytique par la méthode de Haskell-Thomson (1950 et 1953)
engendre des fonctions transcendantales laborieusement utilisables, elles deviennent
instables à certaines fréquences. C’est pour cette raison que cette méthode était limitée aux
fondations superficielles sur un semi-espace homogène. Seulement, une autre alternative
permettant une formulation analytique des fonctions de Green dans un multicouche
surmontant un substratum a été développée par Kausel et Peek. (1982). Utilisant cette
méthode, Boumekik (1985) a résolu le problème d’une fondation rectangulaire enterrée
dans un multicouches surmontant un substratum rigide. La méthode de Kausel (1981)
déterminant les fonctions de Green a été étendue au cas d’un profil de sol multicouches
surmontant un semi-espace, par Kausel et Seale (1987) et Seale et Kausel (1989). Hadid et
Berrah (1997) ont utilisé cette méthode pour évaluer les fonctions d'impédance d'une
fondation filante reposant sur un sol multicouches viscoélastique surmontant un substratum
rocheux ou un semi-espace.

3. ANALYSE DE L'INTERACTION SOL-STRUCTURE


3.1. Définition de l'interaction sol-structure
Le terme Interaction Sol-Structure est couramment utilisé par les ingénieurs
géotechniciens, mais il n'a pas encore une définition exacte et universelle. Ce qui est
possible de dire sur sa définition est qu'il traite de l'interprétation phénoménologique du
comportement de la structure avec la présence du sol de fondation et l'étude des influences
mutuelles entre ces deux composantes.
L'Interaction Sol-Structure (ISS) signifie la modification du mouvement du sol ou de
la structure lors d'une excitation dynamique du fait de la présence de l'autre composante. Il
faut dire donc que le mouvement de l'interface sol-structure est différent du mouvement en
champ libre et différent aussi du mouvement de l'interface en l'absence de la structure i.e. le
sol moins la partie excavée. L'interaction sol-structure est une discipline de la mécanique
appliquée s'intéressant au développement de méthodes théoriques et pratiques pour
Interaction sol-structure 6

l'analyse des structures soumises à des charges dynamiques en prenant en considération


l'influence du sol de fondation et de ses propriétés.

3.2. Méthodes de prise en compte de l'interaction sol-structure


Même dans l'état actuel des connaissances, il n'est pas possible de cerner tous les
paramètres intervenant dans le comportement du sol et de la structure. Des hypothèses
simplificatrices sont à formuler pour parvenir à étudier le problème d'ISS moyennant un
modèle relativement simple.
Soit le système sol-structure (figure 2). Désignons par [M], [C] et [K], les matrices de
masse, d’amortissement et de raideur du système, l’équation du mouvement s’écrit

M U+ C U + K U  = Q f  (1)

Le vecteur charge Q f  n’a de valeurs non nulles que sur la frontière extérieure du

modèle. Si l’indice f désigne le mouvement en champ libre, et en l’absence de la structure,


l’équation du mouvement du champ libre s’écrit :

M U + C U + K U  = Q 


f f f f f f f
(2)

Le problème du mouvement en champ libre (équation 2) peut être résolu en faisant


certaines hypothèses sur la nature et la direction de propagation du champ incident (Wolf,
1985).
En considérant que le mouvement dans le système sol-structure est le résultat de la
contribution du mouvement en champ libre et du mouvement dû à l’interaction, on peut
écrire :
U  = U i  + U f  (3)

En remplaçant U  et Qf  (équations 2 et 3) dans l’équation 1, on aura :

M Ui + C U i + K U i  = (M  − M f )U f + (C  − C f )U f 


+ (K  − K f )U f 
(4)
Interaction sol-structure 7

• Nœuds chargés  Nœuds fixés

Problème d’interaction = Réponse en champ libre + Interaction sol-structure

Figure 2 Théorème de superposition pour l’interaction sol-structure

soit
Qi  = (M  − M f )U f + (C − C f )U f + (K  − K f )U f  (5)

D’où l’équation (4), qui s’écrit

M Ui + C U i + K U i  = Qi  (6)

L’équation (6) nous permet d’évaluer le déplacement dû à l’interaction sol-structure.


On remarque (équation 5) qu’il y a interaction dès qu’il y a différence de masse ou de
rigidité entre la fondation enterrée et le sol excavé, traduisant ainsi les deux types
d’interaction existants à savoir l’interaction inertielle et cinématique.

Selon que le problème est résolu directement ou par parties, on distingue


généralement trois méthodes :

• Méthode globale
• Méthodes des sous-structures
• Méthodes hybrides
Interaction sol-structure 8

3.2.1 Méthodes globales


Dans le cadre de cette méthode, la structure et le sol environnant sont analysés
ensemble. On aboutit donc à une détermination simultanée du mouvement dans le sol et
dans la structure. Des éléments finis ou des éléments aux frontières sont normalement
utilisés pour modéliser les différentes composantes du système.

On peut résoudre les équations du mouvement par deux méthodes générales


i) Solution dans le domaine temporel où le système d'équations différentielles est
résolu par la méthode d'intégration pas à pas. cette méthode est applicable même pour un
comportement non linéaire dû à la loi de comportement d'un des matériaux (sol le plus
souvent) ou aux interfaces sol-structures (décollement ou glissement d'ouvrages sur leur
fondation),
ii) Solution dans le domaine fréquenciel. On utilise les transformations de Fourier
pour l'écriture des équations dans ce domaine.
La solution donnée par la première méthode est très coûteuse, alors que la seconde
est limitée aux problèmes linéaires car elle est basée sur l'application du principe de
superposition.
En utilisant soit la méthode des différences finies, soit la méthode des éléments finis,
il convient de respecter certaines restrictions pour fournir une précision acceptable.
D'importants facteurs doivent être considérés, à savoir, la dimension et la forme des
éléments, la modélisation de l'amortissement interne ou un mécanisme pour la dissipation
de l'énergie, et des conditions aux limites appropriées dans un domaine fini. Une
reproduction adéquate de la propagation des ondes à travers un milieu continu, indique que
la dimension des éléments (ou les dimensions de la maille en différences finies) doit être
plus petite que le 1/8 de la plus petite longueur d'onde qui est simplement donnée par la
relation
cs
lmin = cs Tmin = (7)
f max

Tmin et fmax sont respectivement, la plus petite période et la plus grande fréquence de
l'excitation à transmettre.
cs est la célérité de propagation des ondes de cisaillement dans le sol.
Interaction sol-structure 9

Le second point intéressant est la dissipation de l'énergie interne du sol quand une
analyse linéaire est effectuée. La source importante de cette perte est la nature hystérétique
du sol qui induit une perte cyclique indépendante de la fréquence.
Le troisième point à souligner est la précision de la représentation d'une situation
tridimensionnelle (3D) avec un modèle bidimensionnel (2D). De bons résultats ont été
trouvés entre les solutions 2D et 3D, quoique les solutions 2D prévoient une interaction
légèrement plus grande.
Un autre point important est celui du choix des conditions aux limites appropriées
pour simuler un espace semi-infini en utilisant un domaine fini. La méthode des éléments
finis ne peut s'appliquer directement lorsque le domaine  n'est pas bornée car il faudrait
une infinité d'éléments pour le couvrir. Il convient donc d'apporter quelques modifications.
Les méthodes actuelles, à l'exception de la méthode des équations intégrales pour laquelle
la condition de radiation est prise en compte automatiquement dans la formulation, utilisent
des conditions particulières sur la frontières par le biais d'éléments spéciaux pour simuler
l'infinité du domaine étudié. Nous avons groupé ces diverses méthodes en quatre
catégories. Les trois premières consistent à tronquer le domaine à étudier, et à imposer
diverses conditions sur la frontière afin de minimiser les réflexions d'ondes. La dernière
méthode est basée sur la notion d'élément infini.

a) Frontières élémentaires (non absorbantes)


b) Frontières locales (partiellement absorbantes)
c) Frontières consistantes ( parfaitement absorbantes)
d) Eléments infinis

a) Frontières élémentaires
L'idée la plus simple consiste à étendre le maillage, et à appliquer des conditions aux
limites simples de type Newmann (N), Dirichlet (D) ou une combinaison (N, D) Robin s'il
y a plusieurs degré de liberté par noeud par exemple. Ce type de frontière est parfaitement
réfléchissant. La méthode ne peut donc donner des résultats valables que si le sol comporte
un amortissement interne, afin de dissiper l'énergie piégée dans le maillage. Même dans ce
cas, ces frontières ne sont pas utilisées, car la taille du maillage nécessaire pour obtenir une
solution acceptable est trop importante.
Interaction sol-structure 10

b) Frontières Locales
Lorsqu'on utilise un domaine  borné pour représenter un domaine  non borné, il
est possible de chercher formellement des conditions aux limites absorbantes (nous
entendons par absorbante, une frontière qui absorbera complètement l'énergie incidente.
Inversement, une frontière parfaitement réfléchissante ne permet pas la transmission de
l'énergie). Ces conditions doivent conduire à un problème équivalent au problème initial
sur . On définit alors des conditions aux limites locales absorbantes, i.e., assurant une
dissipation d'énergie, et ne faisant intervenir que le voisinage de la frontière. La première
tentative destinée à simuler l'absorption d'énergie par radiation à l'aide de frontières locales
est due à Lysmer-Kuhlemeyer (1969). Physiquement, cette frontière absorbante peut être
interprétée comme représentant des amortisseurs, connectés à la frontière du modèle, et
dont les caractéristiques sont fonctions des propriétés mécaniques du sol à leur voisinage.
L'avantage primordiale de ce type de frontière réside dans leur facilité d'implémentation
dans des codes de calcul numérique opérant aussi bien dans le domaine fréquenciel que
dans le domaine temporel. Ces frontières constituent des absorbeurs parfaits d'ondes planes
de compression (onde P) et de cisaillement (onde S) sous incidence normale. Pour des
angles d'incidence inclinés, l'absorption est imparfaite. Kuhlemeyer a également développé
des amortisseurs qui absorbent les ondes de Rayleigh, prédominantes près de la surface
(amortisseurs de Rayleigh). Les frontières locales doivent dans tous les cas être placées
suffisamment loin des sources pour s'approcher des deux conditions nécessaires :
* Ondes planes
* Incidence normale

c) Frontières consistantes
Ce type de frontières doit permettre d'absorber parfaitement tous les types d'ondes
sous n'importe quelle incidence. Les conditions qui en résultent ne sont pas locales, la
formulation dans le domaine des fréquences conduit, le long de la frontière, à une matrice
de rigidité pleine et dépendant de la fréquence. En revanche ces frontières peuvent être
placées le long de la fondation à étudier. La taille du maillage est donc considérablement
réduite ce qui compense en partie le coût supplémentaire du calcul de rigidité effective de
la frontière. Ces frontières ont été‚ initialement développées par Lysmer-Waas (1972) dans
le cadre d'ondes planes. Elles ont été étendues au problèmes à symétrie de révolution par
Kausel (1974).
Interaction sol-structure 11

d) Eléments infinis
L'application directe de la méthode des éléments finis à un domaine infini oblige à
considérer une infinité d'éléments bornés. Le problème n'est donc pas adapté à une
résolution numérique, mais rien n'empêche de considérer des éléments non bornés, pourvu
que les quantités à intégrées restent finies. Le choix des fonctions de forme devra respecter
deux critères :
* Ces fonctions doivent être " proches" de la solution afin d'assurer la convergence,
* Ces fonctions doivent conduire à des intégrales finies sur le domaine considéré.

3.2.2 Méthodes des sous-structures


Cette méthode décompose le problème de l'interaction sol-structures (ISS) en
plusieurs étapes successives. Chacune de ces étapes présente plus de facilité, du point de
vue de la modélisation ou du traitement, que le problème global. Les résultats obtenus sont
superposés. Ainsi, cette méthode reposera sur deux théorèmes fondamentaux qui sont :
1- Le théorème de superposition,
2- Le théorème des sous-structures.

[Link] Théorème de superposition et méthode des trois étapes


On considère le système sol-structures présenté dans la figure (3). Cette
représentation suppose une discrétisation du sol et de la structure en éléments finis
linéiques reliés entre eux au niveau de jonctions appelées noeuds. La généralisation à un
milieu continu peut être obtenue en supposant une infinité de noeuds et d'éléments. Les
équations régissant le mouvement sont données par:
.. .
M u +C u + K u = R(t ) (8)
où M, C et K sont respectivement les matrices de masse, d'amortissement et de rigidité du
système.
u : Vecteur déplacement absolue
R : Vecteur force résultant.
Dans l'hypothèse d'élasticité, la solution de l'équation (1.1) est équivalente à la
solution des deux équations suivantes :
.. .
M 1 u 1 +C u 1 + K u1 = R(t ) (9.a)
.. . ..
M 1 u 2 +C u 2 + K u 2 = − M 2 u1 (9.b)
Interaction sol-structure 12

où M = M1 + M2 et u = u1 + u2
M1 : Masse du sol sans prise en compte de la masse de la structure,
M2 : Masse de la structure sans prise en compte de la masse du sol.

Cette équivalence peut être démontrée par une simple addition des équations (9). Une
interprétation physique des deux équations ci-dessus serait la suivante :
Dans la première étape, équation (9.a), La structure sans masse (M1) est soumise à la
même excitation sismique que celle du système d'origine (le même vecteur force) mais
aucune force d'inertie n'est développée dans la structure. Cependant, puisque la structure
est généralement enfoncée dans le sol, ou si le mouvement supposé dans le sol ne consiste
pas simplement en des ondes planes se propageant verticalement, la structure subira des
distorsions résultant des variations spatiales des mouvements de sol autour de la fondation.
Pour les fondations idéales rigides, ces distorsions n'apparaissent pas et aucune
déformation n'est transmise à la structure. Ainsi la structure a un mouvement de corps
rigide et pourrait donc être remplacée par une fondation rigide sans masse. Ce déplacement
est appelé interaction cinématique

Dans la seconde étape, équation (9.b), le chargement est appliqué uniquement à la


..
structure et il consiste en des forces d'inertie fictives proportionnelles à u 1 calculées dans
la première étape. Les mouvements additionnels, u2 , obtenus par ce calcul sont appelés
interaction inertielle. Ainsi, la solution totale est la somme des deux solutions (théorème de
superposition).

Méthode des trois étapes


Considérant l'équation (9.b). Pour une résolution dans le domaine fréquentiel, cette
équation s'écrira :

(− M +i C + K )û 2 = M 2 û1
2 2
(10)

ou d'une manière plus compacte


~
K û 2 = M 2 û1
2
(11)

~
où K =−  M +i C + K est appelée matrice de rigidité dynamique du système. û1 , û2 sont
2

respectivement les transformées de Fourier de u1 et u2 .


Interaction sol-structure 13

masse nulle

Ü1 F=M2ü Ü2
Ü

Ondes
Ondes
sismiques
= sismiques
+

SOLUTION INTERACTION INTERACTION


TOTALE CINEMATIQUE INERTIELLE

FIGURE 3 :THEOREME DU SUPERPOSITION

Dans ce qui suit, on omet le symbole de transformée de Fourier " ^ " sur les vecteurs
déplacements pour le but d'alléger la notation.
Puisque les termes du vecteur force (2 M2 u1 ) sont non nuls seulement pour les
degrés de liberté (d.d.l.) associés à la structure (M2 = Ms), il est possible de procéder à une
condensation dynamique de tous les degrés d.d.l du sol au niveau de l'interface. Le résultat
de cette approche sera une matrice d'impédances (dépendant de la fréquence) X=X(), i.e.,
une matrice de rigidité du sol vue à partir de l'interface, ayant autant de lignes et de
colonnes que le nombre de d.d.l. à l'interface sol-structures. Pour la structure, L'équation
(11) s'écrira comme étant
~
( K s + Z )u 2 s = M s u1s
2
(12)

~
où K s =−  M s +i C s + K s est la matrice de rigidité dynamique de la structure en
2

additionnant à la structure les noeuds de l'interface.

0 
et Z =  (13)
 X

est la matrice d'impédance de l'interface augmentée avec des zéros pour la ramener à la
~
même dimension que Ks .
Interaction sol-structure 14

De la même manière, u1s et u2s sont respectivement des sous vecteurs de u1 et u2


correspondant aux d.d.l. de la structure (augmentée par des noeuds à l'interface) et Ms est la
matrice masse de la structure.
Puisque us = u1s + u2s d'où par substitution dans l'équation (12)

~ ~
( K s + Z )u s =( K s + Z + M s )u1s = ( K s +i C s + Z )u1s
2
(14)

De plus, même si aucune approximation n'a été faite jusqu'à maintenant, les
équations (11) et (14) sont largement équivalente. Il est à noter que si la fondation est
infiniment rigide, u1s peut être déterminé par un déplacement de corps rigide. On peut
écrire u1s comme étant
u1s =T u 0 (15)

où T est une matrice de transformation du corps rigide et u0 vecteur de déplacement du


corps rigide constitué dans le cas le plus général de trois translations et trois rotations.
Substituant (15) dans (14) nous obtiendrons

~
( K s + Z )u s =( K s +i C s + Z )T u 0 =( K s T +i C s T + Z T )u 0 (16)

Ainsi, vu que la matrice de rigidité Ks et la matrice d'amortissement Cs satisfont la


condition de transformation de corps rigide, puisque ni des forces élastique ni des forces
visqueuses ne sont nécessaires à exécuter un déplacement de corps rigide dans la structure,
cela implique que:
K s T =C s T =0
~
et (K s + Z ) u s = Z T u 0 (17)

Cette équation peut être écrite sous une forme répartie comme étant

~ ~
 K aa K ab  u a    0 
~ ~   = X T u  (18)
 K ba K bb + X  u b  
 b 0

Interaction sol-structure 15

On notant avec l'indice a, les d.d.l. associes à la structure sans l'interface et par
l'indice b les d.d.l. associés à l'interface. Définissons maintenant F comme étant le vecteur
force d'interaction nécessaire pour exciter à la base, le système fondation-ressort. Ce
vecteur forces/moments s'écrit

T
F =Tb X Tb (u 0 − u b )
T T
(19)
 F =− Tb X u b +Tb X Tb u 0

Additionnons cette quantité dans l'équation (19), d'où

K~ ~  ua   0 
K ab 0
 ~aa ~    
 Kba Kbb + X − X T  ub = 0  (20)
 0 Tb X Tb     
T T
 − Tb X u0  F 

Celle-ci peut être interprétée (figure 4) comme un déplacement de corps rigide u0 spécifié
à la base de la structure connectée à une fondation rigide par des " ressorts " X. Notons que
cette interprétation ne nécessite pas une fondation rigide, mais elle nécessite simplement
que l'interaction cinématique soit considérée comme un déplacement de corps rigide.
Si on suppose que la fondation est rigide, nous pouvons écrire donc que :

u b =Tb u f (21)

uf : vecteur déplacement décrivant les translations et les rotations de la fondation rigide.


substituons (21) dans (20), nous obtiendrons

~ ~
 K aa K abTb 0   ua   0 
 ~ T ~ ~ ~    
Tb Kba Tb KbbTb + K f − K f  u f = 0  (22)
 0 K f   u0  Tb F 
~ ~ T

 − K f

~ T
avec K f =Tb X Tb (23)

est une matrice d'impédance de dimension 6x6 ramenée par rapport à centre de gravité.
Interaction sol-structure 16

Solution totale Interaction Impédance Interaction


cinématique dynamique inertielle

Fondation rigide sans


masse Kf rigidité
dynamique
U0 M
F

= + +
Kf rigidité
dynamique
U0

Excitation Excitation
sismique sismique

Figure 4 : Méthode des trois étapes

Nous avons maintenant toutes les formules nécessaires pour la détermination de la


solution du problème d'interaction sol-structures. Ainsi, la solution se fera en trois étapes :

Etape a : Détermination du mouvement de la fondation rigide sans masse, soumise


aux mêmes données sismiques que le système d'origine. Généralement, ce calcul conduit à
des translations et des rotations, même si la fondation est enfoncée. Cette étape rend
compte de l'interaction cinématique .
Etape b : Détermination de la matrice de rigidité dynamique du sol après
condensation des d.d.l. du sol ("amortisseurs" et "ressorts") au niveau de l'interface. Cette
étape rend compte de " La flexibilité du sol ".
Etape c : Evaluation de la réponse de la structure réelle reposant sur les "ressorts" du
sol dépendant des impédances et soumise au mouvement de support calculé en a). Le
mouvement déterminé en a) n'a aucune existence réelle car il ne se produit nulle part dans
le système sol-structures. Ce n'est pas non plus le mouvement en surface avant l'excavation
du sol ou avant la construction. Ce point est d'un intérêt particulier pour l'interprétation
objective de la différence entre les résultats obtenues par la résolution directe de l'équation
(8) et ceux obtenus par les approximations faites en supposant que l'excavation de la
surface est directement appliquée à la base du sol "ressort". Ces comparaisons sont
Interaction sol-structure 17

généralement incompatibles car elles négligent l'interaction cinématique due à l'excitation


de support et les effets de l'enfoncement sur la rigidité de la fondation.

Nota: L'interaction cinématique d'une fondation superficielle reposant sur une


stratigraphie horizontale excitée par un champ incident composé d'ondes de cisaillement ou
de compression à propagation verticale est nulle. Le mouvement de la fondation sans
masse est celui de la surface du sol en l'absence d'ouvrage. L'approche intuitive consistant
à calculer la réponse de la structure posé sur les ressorts de sol dont la base est excitée par
un accélogramme est donc exacte dans ce cas particulier à condition que l'impédance
"ressort" de sol, soit déterminée correctement.

[Link] Théorème des sous-structures


Une formulation très illustrative et très utilisée du théorème de superposition peut
être obtenue en utilisant la technique de sous-structures. La séparation en sous-structures
est une technique selon laquelle l'analyse des structures composées est menée en plusieurs
étapes, en séparant la structure en sous-unités (sous-structures) plus simples et plus faciles
à manipuler par rapport à l'analyse de l'ensemble du système en une seule étape. L'analyse
de chaque unité est menée de façon à assurer une compatibilité et un équilibre à travers
toutes les interfaces séparant les différentes sous-structures. Cette technique étant basée
sur le théorème de superposition, elle n'est applicable qu'aux systèmes linéaires. De plus,
les équations du mouvement sont exprimées dans le domaine fréquenciel.
La technique de sous-structures peut être appliquée avec ou sans substitution, i.e, que
pour le premier cas, non seulement le système est divisé en sous-structures, mais en plus
chaque sous-structures est complétée par des corps additifs qui transforment les sous-unités
en solides, avec des propriétés géométriques et physiques adéquates. Par exemple, dans le
cas de la l'I.S.S, il convient de séparer tout le système en deux sous-structures: la structure
d'un côté et son support de l'autre. Le sol excavé se présente comme un problème
compliqué dans sa résolution. Le vide est rempli avec le sol déplacé et le support est ainsi
transformé en un semi-espace avec les propriétés requises (i.e, satisfaction des conditions
en " champs libre"), on parle dans ce cas de substitution à la structure. Considérant la
figure (5) représentant deux modèles discrets :
Interaction sol-structure 18

* Le problème de l'interaction sol-structures,


* Le problème des vibrations en champ libre pour le même sol avant la mise en place
de la structure.

Dans la figure (5.a), le modèle est divisé en deux sous-structures : le sol excavé et la
structure.
Dans la figure (5.b), les deux sous-structures sont : le sol excavé et le sol déplacé.
Les équations régissant le mouvement de la structure sont données, après
partitionnement, par :
~ ~
 K aa K ab  ua   0 
~ ~   =   (24)
 Kba Kbb  ub  − Sb 

~
K : déjà définie dans le théorème du superposition. L'indice a est relatif aux d.d.l. de
la structure, sans tenir compte des d.d.l. de l’interface, ua ,ub sont les vecteurs déplacements
absolus correspondants. Enfin -Sb sont les forces internes, le long de l'interface nécessaires
pour préserver l'équilibre après avoir séparé la structure du sol. Ainsi, le problème de
l'I.S.S est caractérisé par les forces Sb et les déplacements ub de l'interface. D'une manière
*
analogue, le problème en champ libre est caractérisé par les forces internes S b et les
*
déplacements ub le long de l'interface. Puisque l'excitation aux limites lointaines est

exactement la même dans les deux problèmes, la différence entre les déplacements de

l'interface u b = u b −u b , résulte de la différence des forces s'appliquant sur l'interface,


*

 S b =S b −S b . Ce qui implique que :


*

 S b = X u b (25)

* *
où X est la matrice d'impédance de l'excavation. Il est à souligner que Sb  X ub et S b  X ub

car il ne faut pas perdre de vue que des forces dynamiques agissent sur le système dans les
autres régions du modèle (excitation sismique). L'équation (25), devient

* *
− S b =− X u b + X u b − S b (26)
Interaction sol-structure 19

STRUCTURE

SOL EXCAVE

a a

b b

EXCITATION
SISMIQUE
EXCITATION
SISMIQUE
CHAMP LIBRE
INTERACTION SOL-STRUCTURE

FIGURE 5 THEOREME DES SOUS-STUCTURES

On injecte l'équation (26) dans (24), on aura

~ ~
 K aa K ab  u a   0 
~ ~   = * * (27)
 K ba K bb + X  u b   X u b − S b 

Le système d'équations peut être interprété comme la substitution du sol par des
* *
"ressorts" et des amortisseurs" ,et l'application de forces fictives X ub - S b le long de

l'interface (figure 6)
Puisque la solution en champ libre peut être "facilement" calculée pour divers sols et
ondes sismiques modélisées. La solution pour la structure pourra ainsi être obtenue si X est
connue. L'équation (27) est valable pour n'importe quel système sol-structures rigide ou
flexible. En supposant que l'approximation de la rigidité de la fondation est admissible en
général dans le calcul de l'interaction cinématique, par identification de l'équation (27) à
(18), on déduit que
* *
X Tb u 0 = X u b −S b (28)
Interaction sol-structure 20

Ub*

-Sb

Sb X Ub* − Sb*

Ub*

CHAMP LIBRE INTERACTION SOL-STRUCTURE

FIGURE 6

T
Multipliant par Tb , et considérant l'équation (23), nous obtenons

~ −1 T * *
ub = K f Tb ( X ub − Sb ) (29)

Laquelle donne la relation entre le mouvement fictif du support u0 spécifié à la base


* *
des impédances (X), et les solutions du champ libre ub , S b

3.2.3 Méthode hybride


Les méthodes précédentes nécessitent la résolution du problème d’impédance pour
un grand nombre de fréquences. Vu le coût élevé des analyses tridimensionnelles à cause
du nombre important des degrés de liberté, les approximations bidimensionelles sont
utilisées sous l’hypothèse de déformations planes. Ceci n’est évidement valable que pour
certaines géométries et chargements. Dans le but d’éviter le problème d’impédance, Gupta
et al (1980) ont développé une méthode hybride qui dans son principe consiste à séparer le
sol en un champ libre et un champ lointain (figure 7). Le champ lointain est modélisé à
l’aide d’une matrice d’impédance, ce qui signifie que le concept de sous-structure est
étendu de façon à inclure le champ proche dans le modèle de la structure.
Interaction sol-structure 21

Le problème consiste alors à définir les coefficients de la matrices d’impédance


du champ lointain. Gupta et al (1980) ont résolu ce problème à l’aide d’une méthode
d’identification permettant de s’assurer que le modèle hybride reproduit les impédances
connues d’un disque circulaire en surface d’un semi-espace.

Le système d’équation du problème dans le domaine fréquentiel (figure 7)


s’écrit:
~
 M 0  C Csb   K ss K sb   Us   
 ~ 
 0
−2 s  + i  ss +  = 0
Cbb   K bs  ~ (30)
 K bb   S ( )U b 
  0 Mb  Cbs U b 
  f

0
U s et U b désignent respectivement le déplacement total de la structure dans le

champ proche et celui de la frontière du champ lointain respectivement. La difficulté de la


méthode réside dans l’obtention, le long de la frontière séparant le champ proche du champ
lointain, de la solution du problème de diffraction du champ incident.

Figure 7 : Maillage d’éléments finis pour la méthode hybride

4. INTRODUCTION A LA NOTION DE FONCTION D'IMPEDANCE


Une des étapes les plus importantes dans l'évaluation de la réponse dynamique des
structures est le calcul des fonctions d'impédance, ou rigidités dynamiques, d'une fondation
rigide et non pesante. Le système sol-fondation ne diffère alors du système réel que par la
masse de la fondation supposée nulle. Lorsque ces fonctions d'impédance sont connues, il
est possible de calculer la réponse de la fondation réelle grâce à la méthode des sous-
Interaction sol-structure 22

structures qui permet de décomposer un problème donné en plusieurs sous problèmes.


Chacune de ces sous-structures, le sol, la fondation et la structure, sera analysée séparément
et les compatibilités des vecteurs contrainte et déplacement aux différents interfaces
permettent ensuite d'obtenir la solution de l'ensemble.
Les fonctions d'impédance sont un moyen de remplacer le sol qui retient la fondation
par un système de ressort et d'amortisseurs reliant, cette fois, la fondation pesante à une
base fixe ou rigide. La liaison est faite pour les six degrés de liberté. Ces fonctions
d'impédance dépendent essentiellement de la fréquence d'excitation et de la géométrie de la
fondation.
Pour l'évaluation de ces fonctions d'impédance il existe plusieurs méthodes
analytiques et numériques. Les méthodes analytiques sont limitées aux cas de fondations à
géométrie simple et à des sols principalement homogènes. Les méthodes numériques les
plus utilisées sont la méthode des éléments finis, la méthode des équations intégrales aux
frontières. Il existe aussi des méthodes pratiques telles que l'essai de plaque mais les
résultats ne sont valables que pour le site testé.

4.1. Définition des fonctions d'impédance:


Les fonctions d'impédance sont d'une telle importance dans le calcul dynamique des
structures qu'on peut leur donner plusieurs définitions: mathématique, physique et même
pratique.

a. Définition mathématique:
Mathématiquement parlant, les fonctions d'impédance sont la relation matricielle qui
relie la résultante des forces et des moments de contact aux six composantes de
déplacement, et éventuellement de rotations, référés à un point de repère qui est
généralement le centre à la base de la fondation.

F = KU (31)

F : les trois forces et les trois moments appliqués à la fondation.


U : les trois translations et les trois rotations du point de référence de la fondation.
K : la matrice définissant les fonctions d'impédance ou rigidités dynamiques.
Pour une fondation de géométrie quelconque, la matrice K est pleine.
Interaction sol-structure 23

Si la fondation présente une double symétrie selon les plans verticaux, les
mouvements se découplent deux à deux et la matrice prend la forme suivante

 K xx xy
K HR 0 0 0 0 
 HHyx yy 
 K RH K RR 0 0 0 0 
 yy yx 
 0 0 K HH K HR 0 0 
(32)
 0 0
xy
K RH
xx
K RR 0 0 
 
 0 0 0 0 KVV 0 
 0 0 0 0 0 KTT 

Si de plus la fondation est cylindrique, c'est à dire qu'elle présente une symétrie
axiale, il restera seulement 5 termes indépendants et la relation matricielle sera définie
comme suit:

 FH   KHH KHR 0 0  U H 
M  K 0   
 R  RH
KRR 0
  R
 =   (33)
 FV   0 0 KVV 0  UV 
 M T     T 
 0 0 0 KTT 

UH : translation horizontale.
R : rotation autour de l'axe horizontal passant par le centre de la base.
UV : translation verticale.
 : rotation autour de l'axe vertical passant par le centre.
FH : force horizontale.
MR : moment autour de l'axe horizontal (balancement ou rocking).
FV : force verticale.
MT : moment autour de l'axe vertical (torsion).

Les termes de la matrice sont complexes et souvent, on les décompose en une partie réelle
et une autre imaginaire. On les écrit sous la forme suivante:

K = KS ( k + i a0 c) (34)
Interaction sol-structure 24

avec KS : rigidité statique.


k, c : coefficients de rigidité et d'amortissement.
a0 = r / VS : fréquence adimensionnel
 : la fréquence.
r : le rayon de la fondation.
VS : la vitesse de propagation des ondes secondaires "S".

La relation matricielle devient alors:

 FH   K HH ( khh + i a0 chh ) K HR ( khr + i a0 chr ) 0 0  U H 


 
 K RH ( krh + i a0 crh ) K RR ( krr + i a0 crr )
M  M 
 R 0 0   R (35)
 =  
 FV 
 0 0 KVV ( kvv + i a0 cvv ) 0 
 UV 
 
 M T   0 0 0 KTT ( ktt + i a0 ctt )  M T 

b. Définition physique:
Soit la fondation enterrée représentée dans la Figure (8). Les six composantes de
déplacements sont liées aux six composantes de force par la relation matricielle évoquée
dans la définition mathématique.
UV
T

UH
R
R
UH

Figure 8 : Fondation enterrée avec les six d.d.l.

Pour notre fondation cylindrique, la matrice d'impédance est de la forme:

 KHH KHR 0 0 
K KRR 0 0 
 RH  (36)
 0 0 KVV 0 
 
 0 0 0 KTT 
Interaction sol-structure 25

Pour expliquer la signification de ces termes nous allons prendre par exemple le
terme KHH . On a :
FH = KHH U H (36)

Par analogie à la relation de la rigidité en calcul de structures classique (K.U=F), on


peut dire que KHH est la force horizontale nécessaire pour produire un déplacement
horizontale unitaire. Cependant, cette fois, la relation est appliquée pour un cas dynamique,
ce qui signifie que KHH est la force horizontale nécessaire pour produire un déplacement
harmonique horizontale d'amplitude unitaire. Le même raisonnement peut être appliqué
aux autres termes chacun selon le degré de liberté spécifié par les indices.
Les termes de la matrice sont par conséquent complexes et dépendent de la
fréquence. La partie réelle représente la rigidité et l'inertie du sol alors que la partie
imaginaire représente l'amortissement radiatif et interne du sol. Le fait que la matrice
d'impédance soit complexe induit un déphasage entre le déplacement et l'excitation.
Les termes extra-diagonaux KHR et KRH montrent qu'il y a un couplage entre le
déplacement horizontal et la rotation autour d'un axe horizontal qu'on appelle aussi
balancement, i.e. une force horizontale donne lieu non seulement à un déplacement
horizontal, mais aussi à une rotation autour d'un axe horizontal perpendiculaire. Notons
que pour les fondations superficielles, les termes de couplages sont négligeables, alors que
plus le degré d'enterrement augmente, plus ces termes prennent de l'importance.

4.2 Applications
Dans le cadre de l'application de la méthode des sous-structures à l'étude de
l'interaction dynamique sol-structure, l'évaluation de la rigidité dynamique des fondations
rigides non pesantes de différentes formes et pour différents profils de sol est une étape
fondamentale et fait l'objet de recherches soutenues. La difficulté majeure de ces problèmes
a été la représentation de la radiation de l'énergie dans un domaine non borné. La BEM
s'est avérée être une approche très efficace à cet égard, transformant les équations
gouvernantes du domaine en intégrales de frontière, elle satisfait implicitement les
conditions de radiation pour les domaines infinis ou semi-infinis (Hadid et Berrah,
1995;.Saha, Hadid et Berrah, 1996; Hadid et Berrah, 1997)
Dans ce qui suit, quelques résultats inspirés des travaux de Hadid et Berrah seront
représentés au-dessous
Interaction sol-structure 26

En premier lieu, nous considérons la fondation superficielle reposant sur un sol semi-
infini (figure 9). La figure (10) présente les mouvements horizontaux, verticaux et de
balancement, du centre de la fondation rigide (variation de l'amplitude adimensionnelle des
fonctions d'impédances inverses) sujette à des sollicitations harmoniques de différents
types (horizontal, vertical et de balancement) sur une plage de fréquences adimensionnelles
a allant de 0 à 3. En deuxième lieu, une fondation enterrée est considérée (figure 11). Les
amplitude du déplacement horizontal, vertical et du balancement de la fondation enterrée
(E/B=1) en fonction de la fréquence adimensionnelle a0 sont présentées dans la figure 12.
La fréquence adimensionnelle est définie par a0 =  B /cs. Où B est la demi-largeur de la
fondation filante et cs la vitesse de l’onde de cisaillement. Les fonctions d'impédances
inverses obtenues par la présente formulation sont comparées avec celles obtenues par
Antes et Von Estorff (1989). Les deux séries de résultats sont en parfait accord.
Le cas des fondations filantes superficielles reposant sur une couche de sol sur un
substratum rocheux est aussi étudié. La couche de sol est homogène, élastique, isotrope et
reposant sur un substratum rocheux (figure 13). La figure 14 présente les parties réelle et
imaginaire des mouvements horizontaux, verticaux et de balancement, du centre de la
fondation rigide superficielle reposant sur une couche de sol homogène (variation de
l'amplitude adimensionnelle des fonctions d'impédances inverses) sujette à des
sollicitations harmoniques de différents types (horizontal, vertical et de balancement) sur
une plage de fréquences adimensionnelles a allant de 0 à 2.5.
Le cas des fondations circulaires est aussi étudié par la méthode des équations
intégrales (Saha, hadid et Berrah, 1996). Nous avons pris le cas d'une fondation enterrée
dans un demi-espace viscoélastique avec un degré d'enterrement égale à un, un facteur
d'amortissement interne égale à 1% et un coefficient de poisson égale à 0,25 et on l'a
comparé aux résultats de Day (1977) qui a utilisé la méthode des éléments finis pour le
même cas sauf pour l'amortissement interne qui est nul dans ce cas. Les résultats sont
illustrés dans la (figure 15) pour différents facteurs d'enterrement. La comparaison des
résultats normalisés obtenus par ces deux méthodes est probante. Les principales
différences sont au niveau de certains coefficients d'amortissement aux basses fréquences.
Cette différence et due vraisemblablement au fait de la non prise en compte de
l'amortissement interne par Day (1977). Ainsi, on peut dire que l'effet de l'amortissement
interne est visible pour les basses fréquences, alors qu'il disparaît devant l'amortissement
radiatif aux moyennes et hautes fréquences.
Interaction sol-structure 27

M
PH
Pv

G=105 KN/m2 8 EL
=0,33
=2000 Kg/m3
c1 =443,9 m/s B B
c2 =223,6 m/s
B = 1m

Figure 9 : Discrétisation et Géomètrie d’une fondation superficielle

Figure 10 : Fondation filante superficielle


Interaction sol-structure 28

B B
M
G=105 KN/m2 PvPv
=0,33 B
PH
=2000 Kg/m3
c1 =443,9 m/s
c2 =223,6 m/s
B = 1m 8EL B=4EL

B B

Figure 11 : Géomètrie et Discrétisation d’une fondation enterrée

Figure 12 : Fondation filante enterrée


Interaction sol-structure 29

PH
Pv


5 EL

10 sublayers H/B=2

G=105 KN/m2
=0,4
=2000 Kg/m3
c1 =443,9 m/s
c2 =223,6 m/s
 =0.05
B = 1m

Figure 13: fondation superficielle sur une couche de sol reposant


sur un substratum rocheux

0.80 1.00 0.60

0.70 0.90
0.50

0.60 0.80
0.40
0.50 0.70
-Imag[Fx*G] H/B=2

Re [Fz*G] H/B=2
Re[Fx*G] H/B=2

0.30
0.40 0.60

0.30 0.50 0.20

0.20 0.40
0.10

0.10 0.30
0.00
0.00 0.20

-0.10
-0.10 0.10

-0.20 0.00 -0.20


0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5
Fréquence adimensionnelle Fréquence adimensionnelle Fréquence adimensionnelle

0.60 0.80 0.80

0.50 0.70 0.70

0.40 0.60 0.60


-Im [Fyy*G*B²] H/B=2
Re [Fyy*G*B²] H/B=2
-Imag[Fz*G] H/B=2

0.30 0.50 0.50

0.20 0.40 0.40

0.10 0.30 0.30

0.00 0.20 0.20

-0.10 0.10 0.10

-0.20 0.00 0.00


0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5
Fréquence adimensionnelle Fréquence adimensionnelle Fréquence adimensionnelle

Figure 14: Fondation superficielle sur une couche de sol reposant


sur un substratum rocheux
Interaction sol-structure 30

10.0 16.0
E/R=1 BEM BEM
14.0
8.0 FEM FEM
12.0 E/R=1
E/R=0.5
6.0 10.0
E/R=0.5
Kv

Cv
E/R=0 8.0
4.0 6.0
E/R=0
4.0
2.0
2.0

0.0 0.0

14.0 14.0
BEM E/R=1 BEM
E/R=1
12.0 12.0
FEM FEM
10.0 E/R=0.5 10.0
E/R=0.5
8.0 8.0
Kh

Ch
6.0 6.0
E/R=0
4.0 4.0 E/R=0

2.0 2.0

0.0 0.0

16.0 10.0
BEM BEM
14.0
E/R=1 FEM FEM E/R=1
8.0
12.0

10.0 6.0
E/R=0.5
Kt

Ct

8.0 E/R=0.5
6.0 4.0

4.0
E/R=0 2.0
2.0 E/R=0

0.0 0.0

16.0 8.0
E/R=1 BEM BEM
14.0 E/R=1
FEM FEM
12.0 6.0

10.0
E/R=0.5
Kr

Cr

8.0 4.0

6.0 E/R=0.5
E/R=0
4.0 2.0
E/R=0
2.0

0.0 0.0
0 1 2 3 0 1 2 3
Fréquence adimensionnelle Fréquence adimensionnelle

Figure 15 : fonctions d’impédances des fondations circulaires enterées


Interaction sol-structure 31

5. CONCLUSION
Le développement considérable en matière de conception de structures soumises à
des charges dynamiques a été résumé dans l'historique depuis la recherche de solutions
fondamentales dans un demi-espace au calcul des fonctions d'impédance et l'évaluation de
la réponse dynamique des structures par des techniques sophistiquées.
Une définition et interprétation phénoménologique du problème d'interaction sol-
structure a été présentée. Le problème d'interaction sol-structure est régi par plusieurs
facteurs et peut être abordé de trois manières essentielles à savoir : l'approche directe ou
globale, l'approche par sous-structures et l’approche hybride.
l'avantage majeur de l'approche globale est sa capacité à prendre en compte les
hétérogénéité résultant soit des variations de profil, soit des variations des caractéristiques
de sol provenant de non linéarités plus prononcées dans certains zones (angles des radiers).
La méthode de sous-structures est une méthode par étape, i.e., analyse le problème
d'interaction sol-structures en plusieurs étapes successives; chacune de ces étapes est plus
facile à résoudre du point de vue de la modélisation ou du traitement que le problème
global. Les résultats obtenus sont superposées. En outre la méthode de sous-structures
présente l'avantage de permettre certaines modifications sans qu'il soit nécessaire de
reprendre toute l'analyse; par exemple une modification des caractéristiques de la structure
ne requiert qu'une nouvelle analyse dynamique de la structure sans refaire celle du sol. Elle
peut également présenter des avantages pour identifier la part relative de chaque
composante (interaction cinématique ou inertielle) contribuant au phénomène global
d'interaction.
L'importance des fonctions d'impédance nous a conduit à lui consacrer un traitement
particulier dans lequel a été présentée la définition de la rigidité dynamique de différents
points de vue, ainsi que quelques méthodes qui nous permettent de les calculer. Quelques
résultats ont été aussi présentés et comparés dans ce rapport.
Interaction sol-structure 32

6. REFERENCES
Abascale, R. and Dominguez, J., 1984, Dynamic Behaviour of Strip Footings on Non-
Homogeneous Viscoelastic Soils,’ Proc. of Interaction Symposium on Dynamic Soil-
Structure Interaction, Minneapolis, pp.25-35.

Antes, H., and Von Estorff, O., 1989. ‘ Dynamic Response Analysis of Rigid Foundations
and of Elastic Structures by Boundary Element Procedures,’ Soil Dynamics and
Earthquake Engineering, Vol.8, No.2, pp.68-74.

Boumekik, M., 1985, Fonctions d’impédances d’une fondation vibrante en surface ou


partiellement encastrée dans un sol multicouches, Thèse de doctorat, Laboratoire de
mécanique. des sols, Faculté des sciences appliquées, Université de Bruxelles.

Bycroft. G.N., 1956, Forced vibration of a rigid circular plate on a semi-infinite elastic
space or an elastic substratum, Philosophical Transactions, Royal Soc. of London. Vol.
248. pp. 327-368.

Cruse, T.A. and Rizzo, F.J., 1968, A Direct Formulation and Numerical Solution of the
General Transient Elasto-Dynamic Problem, Part I,’ Journal of Mathematical Analysis and
Applications.,22, pp.244-259.

Cruse, T.A. , 1968, A Direct Formulation and Numerical Solution of the General Transient
Elasto-Dynamic Problem, Part II, Journal of Mathematical Analysis Applic.,22, pp.341-
355.

Day, S. M., 1977, Finite element analysis of seismic scattering problems, Ph. D. Thesis,
Unversity of California, San Diego, USA.

Dominguez, J., 1978, Dynamic stiffness of rectangular foundations, Report No.R78-20,


M.I.T, Cambridge, Massachusetts.

Ettouney, M.M and Roesset, J.M., 1976, Transmitting Boundaries: A Comparaison, Report
No.76-8, Dept. of Civil Eng., M.I.T., Cambridge , USA.

Gupta, S., Lin, T. W., Penzien, J., and Yen, C. S., 1980, Hybrid modelling of soil structure
interaction, Earthquake Engineering Research Center Report 80-9, Unversity of California,
Berckely.

Hadid, M. and Berrah, M.K., 1995, Boundary Element Method Applied to Elastodynamic
Problems: Application to Soil-Foundation Interaction, Algerian Journal of Technology,
International Publication, Ecole Nationale Polytechnique, Série A, Vo.11, No.1, pp.1-12.

Hadid, M. et Berrah, M.K., 1995, Evaluation des Impédances Dynamiques des Fondations
Filantes par la Méthode des Equations Intégrales aux Frontières/ Première Partie:
Formulation, Algérie Equipement, Ecole Nationale des Travaux publics, No. 19, pp.10-
15.

Hadid, M. et Berrah, M.K., 1995, Evaluation des Impédances Dynamiques des Fondations
Filantes par la Méthode des Equations Intégrales aux Frontières/ Deuxième Partie: Etude
Paramétrique, Algérie Equipement, Ecole Nationale des Travaux publics, No.20, pp. 6-11.
Interaction sol-structure 33

Hadid, M. and Berrah, M. K., Vibration of footings on viscoelastic layered soils by a thin
layer-boundary element method, Premier Congés Arabe de Mécanique, 1-3 Juin 1997,
Syrie, Vol. 3, pp. 29-34.

Haskell, N. A., 1953. The dispersion of surface waves on mutilayred media, Bulletin of the
Seismological Society of America, Vol. 43, pp.17-34.

Hsieh. T.K., 1962, Foundation vibrations, Proceedings, Institution of Civil Engineering,


London, England. Vol. 22. pp. 211-226.

Kausel, E., 1974, Forced vibration of circular foundation on layered media, Ph. D. Thesis,
Department of Civil Engineering, M.I.T., Cambridge, Mass.

Kausel, E., 1981, An explicit solution for the Green’s functions for dynamic loads in
layered media, Technical Report R81-13, Department of Civil Engineering, M.I.T.,
Cambridge, Mass.

Kausel. E., 1988, Lecture notes for the course "Advanced structural dynamics". M.I.T..

Kausel, E. and Peek, R., 1982, Dynamic loads in the intérior of layered stratum: an
explicite solution, Bulletin of the Seismological Society of America, Vol. 72, No. 5.

Kausel, E. and Seale S. H., 1987, Statique loads in layered half-spaces, J. Appl. Mech.,
Vol. 109.

Lamb. E. H., 1904, On the propagation of tremors over the surface of an elastic solid,.
Philosophical Transactions, Royal Soc. of London. Vol. 203.

Lysmer, J. and Kuhlemeyer, R.L., 1969, Finite element model for infinite media, Journal
of Engineering Mechanics Division, ASCE, Vol.95, No.EM1.

Lysmer, J. and Richart, F. E., 1966, Dynamic Response of footings to vertical loading,
Journal of Soil Mech. Found. Div., ASCE, Vol.92, No. SM1, pp. 65-91.

Lysmer, J. and Waas, G., 1972, Shear waves in plane infinite structures’, J. Engng. Mech.
Div., ASCE, Vol. 98.

Quinlan. P.M., 1953, The elastic theory of soil dynamics,. Symposium on Dynamic Testing
of Soils. ASTM-STP. No. 156.

Reissner. E., 1936, Stationare, axialsymmetrische durch eine schüttenlde masse erregte
schwingungen eines homogenen elastischen halbraumes, Ing. Archiv. Vol. 7. pp. 381-396.

Saha, O., Hadid, M., et Berrah, M.K., A Study on Impedance Functions of Embedded
Circular Foundations by a Boundary Element Method, Premier Colloque National de
Génie-Parasismique, Alger 4, 5 et 6 Juin 1996, Vol. 1, pp. 269-275.

Seale, S. H., and Kausel, E., 1989, Point loads in cross-anisotropic layered halfspaces,
Journal of the Engineering Mechanics. Vol. 115 N° 3, pp. 509-524.
Interaction sol-structure 34

Spyrakos, C. C, and Beskos, D. E., 1986, Dynamic Response of Rigid Strip Foundation by
Time domain Boundary Element Method," International Journal for Numerical Methods in
Engineering , Vol.23, pp. 1547-1565.

Spyrakos, C. C, and Beskos, D. E., 1986, Dynamic Response of Flexible Strip Foundation
by Boundary and Finite Element," Soil Dynamics and earthquake Engineering, Vol.5,
pp.84-96.

Sung. T. Y., 1956, Vibrations in semi-infinite solids due to periodic loading". Symp. Dyn.
Testing of Soils. ASTM. Special Technical Publication N° 156. ASTM. Philadelphia. Pa.
pp. 35-68.

Thomson, W. T., 1950, Transmission of elastic waves through a stratified soil medium, J.
Appl. Phys., Vol. 21, pp. 89-93.

Thomson, W. T. and Kobori, 1972, Dynamical compleance of rectangular foundation on an


elastic halfspace, J. Appl. Mech., ASME, Vol. 39.

Wolf, J. P., 1985, Dynamic soil-structure interaction, ,Prentice Hall, Engelwood Cliffs,
N.J., USA.

Wong, H.L., and Luco, J.E., 1976, Dynamic response of rigid foundation of arbitrary
shape, earthquake Engineering Structural Dynamics, Vol. 4.

Wong, H.L., and Luco, J.E., 1978, Tables of impedance functions and input motions for
rectangular foundations, Report No.CE78-15, Univ of Southern California.

Zienkiewicz, 1971, The finite elements method in engineering science, Mc Graw-Hill.

Vous aimerez peut-être aussi