Interaction sol-structure en génie civil
Interaction sol-structure en génie civil
Fait par
1. INTRODUCTION
Jusqu'à un passé relativement récent, n'excédant pas un demi de siècle, les structures
soumises à des charges dynamiques étaient supposées encastrées à la base. Cette
hypothèse, souvent dans les usages pour les structures courantes, se trouve peu à peu
remise en question à la faveur d'une conjonction de faits. Ainsi, l'avènement de l'ère de
l'informatique avec l'apparition des calculateurs puissants d'une part, et les normes
d'exigences de plus en plus élevées en matière de conception de systèmes et ouvrages
stratégiques d'autre part, ont donné au phénomène d'interaction sol-structure toute son
importance.
Au début du développement de la théorie de l'interaction sol-structure, une attention
particulière a été accordée aux dit problèmes "à charges externes" i.e. la charge est
appliquée directement à la structure, par exemple les structures élancées soumises à l'action
du vent ou les structures supportant des machines vibrantes. Dans ce cas, l'interaction se
présente comme le résultat des forces extérieures et d'inertie transmises à un sol
interagissant aux efforts imposés. Une telle interaction est appelée "Interaction inertielle".
L'énergie transmise au sol se propage sous forme d'onde de contraintes et se dissipe sous
l'effet de l'amortissement radiatif.
La conception d'ouvrages d'importance stratégique tels que les centrales nucléaires et
les barrages etc. a obligé les chercheurs à considérer les charges internes i.e. prenant
naissance au sein du sol tel que le séisme. Dans ce cas, il y a lieu de considérer une
Interaction sol-structure 2
2. HISTORIQUE
La complexité de l'analyse du problème d'interaction sol-structure et en particulier le
problème d'interaction sol-fondation est traduite par l'abondance de la littérature et du
grand nombre de travaux de recherche qui continuent à être menés pour traiter les
différents aspects présents dans ce phénomène.
L'étude des vibrations des massifs de fondation a constitué l'un des premiers sujets
d’intérêt en dynamique des sols. Dans ce domaine, les premiers résultats ont été obtenus
par Lamb (1904) qui a étudié la vibration d'un demi-espace élastique, causé par une force
concentrée en fonction du temps, un problème dénommé aussi "problème dynamique de
Bousinesq".
Reissner (1936) a été le premier à appliquer cette théorie à un problème pratique et a
analysé la vibration verticale d'une fondation circulaire reposant sur un demi-espace
élastique en faisant l'hypothèse d'une répartition uniforme des contraintes sous la fondation.
En réalité, la répartition des contraintes sous une fondation vibrante n'est pas
uniforme sauf si les modules élastiques du sol et de la fondation sont égaux. Sung (1951) et
Quinlan (1953) ont donc proposé d'autres modèles de répartition des contraintes (figure 1).
Bycroft (1956) en se basant sur ces modèles a étudié tous les modes de vibration d'une
fondation circulaire reposant soit sur un demi-espace élastique, soit sur une couche
élastique sur substratum rigide.
Interaction sol-structure 3
amortissement radiatif, ainsi qu'une dissipation par amortissement matériel. Pour la prise
en compte du phénomène de radiation de l'amortissement dans la solution numérique
obtenue par la M.E.F, il faut étendre suffisamment les dimensions du modèle de sol pour
que les ondes réfléchies aux limites n'atteignent pas la structure durant le laps de temps où
l'on évalue sa réponse. Cependant, cette procédure est très coûteuse, vu la taille des calculs
nécessaires. Pour contourner ce problème, on peut adopter un modèle utilisant des
frontières absorbantes (Ettenouey et Roesset, 1976) simulant de façon exacte la présence,
au-delà de la frontière, d'un milieu d'extension infinie. L'existence de ce milieu permet la
dissipation d'énergie vers l'infini.
La M.E.I.F. transforme les équations de l'élastodynamique en relations intégrales
entre vecteurs déplacements et vecteurs contraintes sur la frontière du domaine considéré.
Il est procédé alors à une discrétisation de la frontière du domaine en éléments finis et la
dimension du problème se trouve réduite d'une unité. Les conditions de radiation des ondes
à l'infini sont incluses dans la formulation de manière inhérente et n'exigent donc pas
l'introduction d'équations supplémentaires à cet effet. On peut ainsi aisément traiter des
problèmes de taille infinie dans une, deux ou trois directions. Le premier traitement
numérique par une formulation intégrale aux frontières d'un problème d'élastodynamique a
été donné par Cruse et Rizzo (1968) et Cruse (1968). Cependant, Dominguez (1978) a été
le premier à étudier la réponse dynamique des fondations rigides superficielles et enterrées
par la M.E.I.F dans le domaine fréquenciel. Spyrakos et Beskos (1986) ont utilisé la
M.E.I.F dans le domaine temporel pour l'analyse dynamique bidimensionnelle des
fondations rigides et flexibles. Abascal et Dominguez (1984) ont utilisé la M.E.I.F pour
étudier l'effet du sol sous-jacent et celui d'un substratum non rigide sur les fonctions
d'impédance de fondations filantes.
Bien que les méthodes dites numériques puissent modéliser un grand nombre de
problèmes d’interaction sol structure, leur inconvénient majeur reste le coût élevé d’une
analyse tridimensionnelle. Les méthodes semi-analytiques constituent un compromis entre
les méthodes numériques et les méthodes analytiques. Celles-ci sont basées sur la
subdivision de l’interface sol-fondation en un certain nombre d’élément. Différentes
configurations géométriques (disque, carré, rectangle, etc.) peuvent être utilisées. La
répartition des contraintes est supposée uniforme sur chaque élément. La détermination de
cette répartition nécessite la connaissance des fonctions de Green en chaque élément. Ces
méthodes ont étés utilisées par Wong et Luco (1976 et 1978) pour l’étude d’une fondation
Interaction sol-structure 5
Le vecteur charge Q f n’a de valeurs non nulles que sur la frontière extérieure du
soit
Qi = (M − M f )U f + (C − C f )U f + (K − K f )U f (5)
• Méthode globale
• Méthodes des sous-structures
• Méthodes hybrides
Interaction sol-structure 8
Tmin et fmax sont respectivement, la plus petite période et la plus grande fréquence de
l'excitation à transmettre.
cs est la célérité de propagation des ondes de cisaillement dans le sol.
Interaction sol-structure 9
Le second point intéressant est la dissipation de l'énergie interne du sol quand une
analyse linéaire est effectuée. La source importante de cette perte est la nature hystérétique
du sol qui induit une perte cyclique indépendante de la fréquence.
Le troisième point à souligner est la précision de la représentation d'une situation
tridimensionnelle (3D) avec un modèle bidimensionnel (2D). De bons résultats ont été
trouvés entre les solutions 2D et 3D, quoique les solutions 2D prévoient une interaction
légèrement plus grande.
Un autre point important est celui du choix des conditions aux limites appropriées
pour simuler un espace semi-infini en utilisant un domaine fini. La méthode des éléments
finis ne peut s'appliquer directement lorsque le domaine n'est pas bornée car il faudrait
une infinité d'éléments pour le couvrir. Il convient donc d'apporter quelques modifications.
Les méthodes actuelles, à l'exception de la méthode des équations intégrales pour laquelle
la condition de radiation est prise en compte automatiquement dans la formulation, utilisent
des conditions particulières sur la frontières par le biais d'éléments spéciaux pour simuler
l'infinité du domaine étudié. Nous avons groupé ces diverses méthodes en quatre
catégories. Les trois premières consistent à tronquer le domaine à étudier, et à imposer
diverses conditions sur la frontière afin de minimiser les réflexions d'ondes. La dernière
méthode est basée sur la notion d'élément infini.
a) Frontières élémentaires
L'idée la plus simple consiste à étendre le maillage, et à appliquer des conditions aux
limites simples de type Newmann (N), Dirichlet (D) ou une combinaison (N, D) Robin s'il
y a plusieurs degré de liberté par noeud par exemple. Ce type de frontière est parfaitement
réfléchissant. La méthode ne peut donc donner des résultats valables que si le sol comporte
un amortissement interne, afin de dissiper l'énergie piégée dans le maillage. Même dans ce
cas, ces frontières ne sont pas utilisées, car la taille du maillage nécessaire pour obtenir une
solution acceptable est trop importante.
Interaction sol-structure 10
b) Frontières Locales
Lorsqu'on utilise un domaine borné pour représenter un domaine non borné, il
est possible de chercher formellement des conditions aux limites absorbantes (nous
entendons par absorbante, une frontière qui absorbera complètement l'énergie incidente.
Inversement, une frontière parfaitement réfléchissante ne permet pas la transmission de
l'énergie). Ces conditions doivent conduire à un problème équivalent au problème initial
sur . On définit alors des conditions aux limites locales absorbantes, i.e., assurant une
dissipation d'énergie, et ne faisant intervenir que le voisinage de la frontière. La première
tentative destinée à simuler l'absorption d'énergie par radiation à l'aide de frontières locales
est due à Lysmer-Kuhlemeyer (1969). Physiquement, cette frontière absorbante peut être
interprétée comme représentant des amortisseurs, connectés à la frontière du modèle, et
dont les caractéristiques sont fonctions des propriétés mécaniques du sol à leur voisinage.
L'avantage primordiale de ce type de frontière réside dans leur facilité d'implémentation
dans des codes de calcul numérique opérant aussi bien dans le domaine fréquenciel que
dans le domaine temporel. Ces frontières constituent des absorbeurs parfaits d'ondes planes
de compression (onde P) et de cisaillement (onde S) sous incidence normale. Pour des
angles d'incidence inclinés, l'absorption est imparfaite. Kuhlemeyer a également développé
des amortisseurs qui absorbent les ondes de Rayleigh, prédominantes près de la surface
(amortisseurs de Rayleigh). Les frontières locales doivent dans tous les cas être placées
suffisamment loin des sources pour s'approcher des deux conditions nécessaires :
* Ondes planes
* Incidence normale
c) Frontières consistantes
Ce type de frontières doit permettre d'absorber parfaitement tous les types d'ondes
sous n'importe quelle incidence. Les conditions qui en résultent ne sont pas locales, la
formulation dans le domaine des fréquences conduit, le long de la frontière, à une matrice
de rigidité pleine et dépendant de la fréquence. En revanche ces frontières peuvent être
placées le long de la fondation à étudier. La taille du maillage est donc considérablement
réduite ce qui compense en partie le coût supplémentaire du calcul de rigidité effective de
la frontière. Ces frontières ont été‚ initialement développées par Lysmer-Waas (1972) dans
le cadre d'ondes planes. Elles ont été étendues au problèmes à symétrie de révolution par
Kausel (1974).
Interaction sol-structure 11
d) Eléments infinis
L'application directe de la méthode des éléments finis à un domaine infini oblige à
considérer une infinité d'éléments bornés. Le problème n'est donc pas adapté à une
résolution numérique, mais rien n'empêche de considérer des éléments non bornés, pourvu
que les quantités à intégrées restent finies. Le choix des fonctions de forme devra respecter
deux critères :
* Ces fonctions doivent être " proches" de la solution afin d'assurer la convergence,
* Ces fonctions doivent conduire à des intégrales finies sur le domaine considéré.
où M = M1 + M2 et u = u1 + u2
M1 : Masse du sol sans prise en compte de la masse de la structure,
M2 : Masse de la structure sans prise en compte de la masse du sol.
Cette équivalence peut être démontrée par une simple addition des équations (9). Une
interprétation physique des deux équations ci-dessus serait la suivante :
Dans la première étape, équation (9.a), La structure sans masse (M1) est soumise à la
même excitation sismique que celle du système d'origine (le même vecteur force) mais
aucune force d'inertie n'est développée dans la structure. Cependant, puisque la structure
est généralement enfoncée dans le sol, ou si le mouvement supposé dans le sol ne consiste
pas simplement en des ondes planes se propageant verticalement, la structure subira des
distorsions résultant des variations spatiales des mouvements de sol autour de la fondation.
Pour les fondations idéales rigides, ces distorsions n'apparaissent pas et aucune
déformation n'est transmise à la structure. Ainsi la structure a un mouvement de corps
rigide et pourrait donc être remplacée par une fondation rigide sans masse. Ce déplacement
est appelé interaction cinématique
(− M +i C + K )û 2 = M 2 û1
2 2
(10)
~
où K =− M +i C + K est appelée matrice de rigidité dynamique du système. û1 , û2 sont
2
masse nulle
Ü1 F=M2ü Ü2
Ü
Ondes
Ondes
sismiques
= sismiques
+
Dans ce qui suit, on omet le symbole de transformée de Fourier " ^ " sur les vecteurs
déplacements pour le but d'alléger la notation.
Puisque les termes du vecteur force (2 M2 u1 ) sont non nuls seulement pour les
degrés de liberté (d.d.l.) associés à la structure (M2 = Ms), il est possible de procéder à une
condensation dynamique de tous les degrés d.d.l du sol au niveau de l'interface. Le résultat
de cette approche sera une matrice d'impédances (dépendant de la fréquence) X=X(), i.e.,
une matrice de rigidité du sol vue à partir de l'interface, ayant autant de lignes et de
colonnes que le nombre de d.d.l. à l'interface sol-structures. Pour la structure, L'équation
(11) s'écrira comme étant
~
( K s + Z )u 2 s = M s u1s
2
(12)
~
où K s =− M s +i C s + K s est la matrice de rigidité dynamique de la structure en
2
0
et Z = (13)
X
est la matrice d'impédance de l'interface augmentée avec des zéros pour la ramener à la
~
même dimension que Ks .
Interaction sol-structure 14
~ ~
( K s + Z )u s =( K s + Z + M s )u1s = ( K s +i C s + Z )u1s
2
(14)
De plus, même si aucune approximation n'a été faite jusqu'à maintenant, les
équations (11) et (14) sont largement équivalente. Il est à noter que si la fondation est
infiniment rigide, u1s peut être déterminé par un déplacement de corps rigide. On peut
écrire u1s comme étant
u1s =T u 0 (15)
~
( K s + Z )u s =( K s +i C s + Z )T u 0 =( K s T +i C s T + Z T )u 0 (16)
Cette équation peut être écrite sous une forme répartie comme étant
~ ~
K aa K ab u a 0
~ ~ = X T u (18)
K ba K bb + X u b
b 0
Interaction sol-structure 15
On notant avec l'indice a, les d.d.l. associes à la structure sans l'interface et par
l'indice b les d.d.l. associés à l'interface. Définissons maintenant F comme étant le vecteur
force d'interaction nécessaire pour exciter à la base, le système fondation-ressort. Ce
vecteur forces/moments s'écrit
T
F =Tb X Tb (u 0 − u b )
T T
(19)
F =− Tb X u b +Tb X Tb u 0
K~ ~ ua 0
K ab 0
~aa ~
Kba Kbb + X − X T ub = 0 (20)
0 Tb X Tb
T T
− Tb X u0 F
Celle-ci peut être interprétée (figure 4) comme un déplacement de corps rigide u0 spécifié
à la base de la structure connectée à une fondation rigide par des " ressorts " X. Notons que
cette interprétation ne nécessite pas une fondation rigide, mais elle nécessite simplement
que l'interaction cinématique soit considérée comme un déplacement de corps rigide.
Si on suppose que la fondation est rigide, nous pouvons écrire donc que :
u b =Tb u f (21)
~ ~
K aa K abTb 0 ua 0
~ T ~ ~ ~
Tb Kba Tb KbbTb + K f − K f u f = 0 (22)
0 K f u0 Tb F
~ ~ T
− K f
~ T
avec K f =Tb X Tb (23)
est une matrice d'impédance de dimension 6x6 ramenée par rapport à centre de gravité.
Interaction sol-structure 16
= + +
Kf rigidité
dynamique
U0
Excitation Excitation
sismique sismique
Dans la figure (5.a), le modèle est divisé en deux sous-structures : le sol excavé et la
structure.
Dans la figure (5.b), les deux sous-structures sont : le sol excavé et le sol déplacé.
Les équations régissant le mouvement de la structure sont données, après
partitionnement, par :
~ ~
K aa K ab ua 0
~ ~ = (24)
Kba Kbb ub − Sb
~
K : déjà définie dans le théorème du superposition. L'indice a est relatif aux d.d.l. de
la structure, sans tenir compte des d.d.l. de l’interface, ua ,ub sont les vecteurs déplacements
absolus correspondants. Enfin -Sb sont les forces internes, le long de l'interface nécessaires
pour préserver l'équilibre après avoir séparé la structure du sol. Ainsi, le problème de
l'I.S.S est caractérisé par les forces Sb et les déplacements ub de l'interface. D'une manière
*
analogue, le problème en champ libre est caractérisé par les forces internes S b et les
*
déplacements ub le long de l'interface. Puisque l'excitation aux limites lointaines est
exactement la même dans les deux problèmes, la différence entre les déplacements de
S b = X u b (25)
* *
où X est la matrice d'impédance de l'excavation. Il est à souligner que Sb X ub et S b X ub
car il ne faut pas perdre de vue que des forces dynamiques agissent sur le système dans les
autres régions du modèle (excitation sismique). L'équation (25), devient
* *
− S b =− X u b + X u b − S b (26)
Interaction sol-structure 19
STRUCTURE
SOL EXCAVE
a a
b b
EXCITATION
SISMIQUE
EXCITATION
SISMIQUE
CHAMP LIBRE
INTERACTION SOL-STRUCTURE
~ ~
K aa K ab u a 0
~ ~ = * * (27)
K ba K bb + X u b X u b − S b
Le système d'équations peut être interprété comme la substitution du sol par des
* *
"ressorts" et des amortisseurs" ,et l'application de forces fictives X ub - S b le long de
l'interface (figure 6)
Puisque la solution en champ libre peut être "facilement" calculée pour divers sols et
ondes sismiques modélisées. La solution pour la structure pourra ainsi être obtenue si X est
connue. L'équation (27) est valable pour n'importe quel système sol-structures rigide ou
flexible. En supposant que l'approximation de la rigidité de la fondation est admissible en
général dans le calcul de l'interaction cinématique, par identification de l'équation (27) à
(18), on déduit que
* *
X Tb u 0 = X u b −S b (28)
Interaction sol-structure 20
Ub*
-Sb
Sb X Ub* − Sb*
Ub*
FIGURE 6
T
Multipliant par Tb , et considérant l'équation (23), nous obtenons
~ −1 T * *
ub = K f Tb ( X ub − Sb ) (29)
0
U s et U b désignent respectivement le déplacement total de la structure dans le
a. Définition mathématique:
Mathématiquement parlant, les fonctions d'impédance sont la relation matricielle qui
relie la résultante des forces et des moments de contact aux six composantes de
déplacement, et éventuellement de rotations, référés à un point de repère qui est
généralement le centre à la base de la fondation.
F = KU (31)
Si la fondation présente une double symétrie selon les plans verticaux, les
mouvements se découplent deux à deux et la matrice prend la forme suivante
K xx xy
K HR 0 0 0 0
HHyx yy
K RH K RR 0 0 0 0
yy yx
0 0 K HH K HR 0 0
(32)
0 0
xy
K RH
xx
K RR 0 0
0 0 0 0 KVV 0
0 0 0 0 0 KTT
Si de plus la fondation est cylindrique, c'est à dire qu'elle présente une symétrie
axiale, il restera seulement 5 termes indépendants et la relation matricielle sera définie
comme suit:
FH KHH KHR 0 0 U H
M K 0
R RH
KRR 0
R
= (33)
FV 0 0 KVV 0 UV
M T T
0 0 0 KTT
UH : translation horizontale.
R : rotation autour de l'axe horizontal passant par le centre de la base.
UV : translation verticale.
: rotation autour de l'axe vertical passant par le centre.
FH : force horizontale.
MR : moment autour de l'axe horizontal (balancement ou rocking).
FV : force verticale.
MT : moment autour de l'axe vertical (torsion).
Les termes de la matrice sont complexes et souvent, on les décompose en une partie réelle
et une autre imaginaire. On les écrit sous la forme suivante:
K = KS ( k + i a0 c) (34)
Interaction sol-structure 24
b. Définition physique:
Soit la fondation enterrée représentée dans la Figure (8). Les six composantes de
déplacements sont liées aux six composantes de force par la relation matricielle évoquée
dans la définition mathématique.
UV
T
UH
R
R
UH
KHH KHR 0 0
K KRR 0 0
RH (36)
0 0 KVV 0
0 0 0 KTT
Interaction sol-structure 25
Pour expliquer la signification de ces termes nous allons prendre par exemple le
terme KHH . On a :
FH = KHH U H (36)
4.2 Applications
Dans le cadre de l'application de la méthode des sous-structures à l'étude de
l'interaction dynamique sol-structure, l'évaluation de la rigidité dynamique des fondations
rigides non pesantes de différentes formes et pour différents profils de sol est une étape
fondamentale et fait l'objet de recherches soutenues. La difficulté majeure de ces problèmes
a été la représentation de la radiation de l'énergie dans un domaine non borné. La BEM
s'est avérée être une approche très efficace à cet égard, transformant les équations
gouvernantes du domaine en intégrales de frontière, elle satisfait implicitement les
conditions de radiation pour les domaines infinis ou semi-infinis (Hadid et Berrah,
1995;.Saha, Hadid et Berrah, 1996; Hadid et Berrah, 1997)
Dans ce qui suit, quelques résultats inspirés des travaux de Hadid et Berrah seront
représentés au-dessous
Interaction sol-structure 26
En premier lieu, nous considérons la fondation superficielle reposant sur un sol semi-
infini (figure 9). La figure (10) présente les mouvements horizontaux, verticaux et de
balancement, du centre de la fondation rigide (variation de l'amplitude adimensionnelle des
fonctions d'impédances inverses) sujette à des sollicitations harmoniques de différents
types (horizontal, vertical et de balancement) sur une plage de fréquences adimensionnelles
a allant de 0 à 3. En deuxième lieu, une fondation enterrée est considérée (figure 11). Les
amplitude du déplacement horizontal, vertical et du balancement de la fondation enterrée
(E/B=1) en fonction de la fréquence adimensionnelle a0 sont présentées dans la figure 12.
La fréquence adimensionnelle est définie par a0 = B /cs. Où B est la demi-largeur de la
fondation filante et cs la vitesse de l’onde de cisaillement. Les fonctions d'impédances
inverses obtenues par la présente formulation sont comparées avec celles obtenues par
Antes et Von Estorff (1989). Les deux séries de résultats sont en parfait accord.
Le cas des fondations filantes superficielles reposant sur une couche de sol sur un
substratum rocheux est aussi étudié. La couche de sol est homogène, élastique, isotrope et
reposant sur un substratum rocheux (figure 13). La figure 14 présente les parties réelle et
imaginaire des mouvements horizontaux, verticaux et de balancement, du centre de la
fondation rigide superficielle reposant sur une couche de sol homogène (variation de
l'amplitude adimensionnelle des fonctions d'impédances inverses) sujette à des
sollicitations harmoniques de différents types (horizontal, vertical et de balancement) sur
une plage de fréquences adimensionnelles a allant de 0 à 2.5.
Le cas des fondations circulaires est aussi étudié par la méthode des équations
intégrales (Saha, hadid et Berrah, 1996). Nous avons pris le cas d'une fondation enterrée
dans un demi-espace viscoélastique avec un degré d'enterrement égale à un, un facteur
d'amortissement interne égale à 1% et un coefficient de poisson égale à 0,25 et on l'a
comparé aux résultats de Day (1977) qui a utilisé la méthode des éléments finis pour le
même cas sauf pour l'amortissement interne qui est nul dans ce cas. Les résultats sont
illustrés dans la (figure 15) pour différents facteurs d'enterrement. La comparaison des
résultats normalisés obtenus par ces deux méthodes est probante. Les principales
différences sont au niveau de certains coefficients d'amortissement aux basses fréquences.
Cette différence et due vraisemblablement au fait de la non prise en compte de
l'amortissement interne par Day (1977). Ainsi, on peut dire que l'effet de l'amortissement
interne est visible pour les basses fréquences, alors qu'il disparaît devant l'amortissement
radiatif aux moyennes et hautes fréquences.
Interaction sol-structure 27
M
PH
Pv
G=105 KN/m2 8 EL
=0,33
=2000 Kg/m3
c1 =443,9 m/s B B
c2 =223,6 m/s
B = 1m
B B
M
G=105 KN/m2 PvPv
=0,33 B
PH
=2000 Kg/m3
c1 =443,9 m/s
c2 =223,6 m/s
B = 1m 8EL B=4EL
B B
PH
Pv
5 EL
10 sublayers H/B=2
G=105 KN/m2
=0,4
=2000 Kg/m3
c1 =443,9 m/s
c2 =223,6 m/s
=0.05
B = 1m
0.70 0.90
0.50
0.60 0.80
0.40
0.50 0.70
-Imag[Fx*G] H/B=2
Re [Fz*G] H/B=2
Re[Fx*G] H/B=2
0.30
0.40 0.60
0.20 0.40
0.10
0.10 0.30
0.00
0.00 0.20
-0.10
-0.10 0.10
10.0 16.0
E/R=1 BEM BEM
14.0
8.0 FEM FEM
12.0 E/R=1
E/R=0.5
6.0 10.0
E/R=0.5
Kv
Cv
E/R=0 8.0
4.0 6.0
E/R=0
4.0
2.0
2.0
0.0 0.0
14.0 14.0
BEM E/R=1 BEM
E/R=1
12.0 12.0
FEM FEM
10.0 E/R=0.5 10.0
E/R=0.5
8.0 8.0
Kh
Ch
6.0 6.0
E/R=0
4.0 4.0 E/R=0
2.0 2.0
0.0 0.0
16.0 10.0
BEM BEM
14.0
E/R=1 FEM FEM E/R=1
8.0
12.0
10.0 6.0
E/R=0.5
Kt
Ct
8.0 E/R=0.5
6.0 4.0
4.0
E/R=0 2.0
2.0 E/R=0
0.0 0.0
16.0 8.0
E/R=1 BEM BEM
14.0 E/R=1
FEM FEM
12.0 6.0
10.0
E/R=0.5
Kr
Cr
8.0 4.0
6.0 E/R=0.5
E/R=0
4.0 2.0
E/R=0
2.0
0.0 0.0
0 1 2 3 0 1 2 3
Fréquence adimensionnelle Fréquence adimensionnelle
5. CONCLUSION
Le développement considérable en matière de conception de structures soumises à
des charges dynamiques a été résumé dans l'historique depuis la recherche de solutions
fondamentales dans un demi-espace au calcul des fonctions d'impédance et l'évaluation de
la réponse dynamique des structures par des techniques sophistiquées.
Une définition et interprétation phénoménologique du problème d'interaction sol-
structure a été présentée. Le problème d'interaction sol-structure est régi par plusieurs
facteurs et peut être abordé de trois manières essentielles à savoir : l'approche directe ou
globale, l'approche par sous-structures et l’approche hybride.
l'avantage majeur de l'approche globale est sa capacité à prendre en compte les
hétérogénéité résultant soit des variations de profil, soit des variations des caractéristiques
de sol provenant de non linéarités plus prononcées dans certains zones (angles des radiers).
La méthode de sous-structures est une méthode par étape, i.e., analyse le problème
d'interaction sol-structures en plusieurs étapes successives; chacune de ces étapes est plus
facile à résoudre du point de vue de la modélisation ou du traitement que le problème
global. Les résultats obtenus sont superposées. En outre la méthode de sous-structures
présente l'avantage de permettre certaines modifications sans qu'il soit nécessaire de
reprendre toute l'analyse; par exemple une modification des caractéristiques de la structure
ne requiert qu'une nouvelle analyse dynamique de la structure sans refaire celle du sol. Elle
peut également présenter des avantages pour identifier la part relative de chaque
composante (interaction cinématique ou inertielle) contribuant au phénomène global
d'interaction.
L'importance des fonctions d'impédance nous a conduit à lui consacrer un traitement
particulier dans lequel a été présentée la définition de la rigidité dynamique de différents
points de vue, ainsi que quelques méthodes qui nous permettent de les calculer. Quelques
résultats ont été aussi présentés et comparés dans ce rapport.
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