L’instance
En matière civile
Le début de l’instance :
L’introduction de l’instance
1. Ouverture de l’instance
Vise à soumettre un litige au tribunal pour clarification et décision juridique.
Objectif : garantir le respect des droits et des principes de justice et d’équité.
2. Conditions de recevabilité d’une action en justice
Qualité pour agir : Seules les personnes directement concernées peuvent défendre leurs
propres intérêts.
Intérêt à agir : L’action doit défendre un intérêt personnel, actuel et légitime, pour éviter les
procès inutiles.
Capacité pour agir : Distinction entre la capacité de jouissance (avoir des droits et
obligations) et la capacité d’exercice (agir juridiquement).
3. Cadre constitutionnel marocain
Principe d’égalité : Accès à la justice sans discrimination.
Principe du procès équitable : Respect des droits de la défense, de la transparence et du
contradictoire.
Gratuité de la justice : Assure l’accès aux citoyens, y compris les plus démunis.
Les actes introductifs en matière civile
1. Forme des actes introductifs
Le tribunal de première instance est saisi par requête écrite (signée par le demandeur ou son
mandataire) ou par déclaration orale (consignée dans un procès-verbal).
Inscription des affaires sur un registre avec mention des parties et dates des convocations.
Le président du tribunal désigne un juge rapporteur ou un juge chargé de l’affaire.
2. Contenu des actes introductifs
Doivent mentionner l’identité et l’adresse du demandeur et du défendeur.
Le tribunal compétent est généralement celui du domicile du défendeur.
Pour une société : mention de la dénomination sociale, nature et siège.
Doivent préciser l’objet de la demande, les faits et les moyens invoqués.
Pièces justificatives annexées avec récépissé du greffier.
Si plusieurs défendeurs, dépôt d’autant d’exemplaires de la requête.
Le juge peut exiger des compléments sous peine de rejet de la demande.
3. Les modalités de convocation en matière judiciaire (Art 37, 38, 39 CPC)
Le CPC a consacré, dans le cadre ces articles 37 à 39 CPP, les modalités admises juridiquement pour
que les notifications produisent leur effet juridique. Selon l’article 37 CPC, la convocation devant le
tribunal est transmise selon les modalités suivantes :
- Par l’un des agents du greffe
- La convocation par huissier de justice
-La notification par la poste (LRAR)
-La convocation par voie administrative
S’agit-il d’un classement hiérarchique ? On considère qu’il n’y a pas d’obligations à respecter la
hiérarchie de ces modalités de convocation.
Par ailleurs, lorsque l’huissier de justice n’a pas pu toucher la personne à l’adresse indiquée il le
mentionnera sur le certificat de notification. Et le tribunal procédera à une deuxième notification par
la voie postale. Après l’écoulement d’un délai de 10 jours après réception de l’accusé de réception, le
CPC considère que la notification est valable. Mais le plus souvent, le tribunal accorde des délais
avant de déclarer la notification valable.
Lorsque le défendeur réside à l’étranger, le CPC prévoit plusieurs modalités de convocation : - Par la
voie diplomatique, -Par la voie postale (LRAR) ➔ Tous cela sous réserve de l’existence, ou non, des
conventions bilatérales (ou multilatérales).
Selon l’article 38 CPC, la convocation devant le tribunal est valable lorsqu’elle est remise : - A la
personne même, A domicile, Au lieu du travail (ou bien dans tout lieu où la personne peut se trouver)
Au domicile élu Lorsque la notification n’a pas été faite, l’agent en question (huissier, agent de
l’administration) affichera un avis dans un endroit apparent dans le lieu de notification, le greffe va
adresser dans les meilleurs délais une convocation par LRAR. ➔ Lorsqu’aucune possibilité ne permet
de toucher la personne, le tribunal nommera un curateur (agent du greffe).
Délais de comparution :
5 jours si le défendeur réside dans la même localité que le tribunal.
15 jours pour les autres régions du Maroc.
2 à 4 mois pour les résidents à l’étranger (selon la région).
4. Déroulement des audiences
Examen des arguments, témoignages et plaidoiries.
Les juges peuvent siéger tous les jours sauf dimanches et jours fériés.
Comparution obligatoire des parties en personne ou via leur mandataire.
Audiences publiques, sauf huis clos pour raisons d’ordre public ou de bonnes mœurs.
Sanctions en cas d’incidents : amendes pour propos irrespectueux, expulsion des
perturbateurs, transmission des infractions graves au parquet.
L’arrêt de l’instance :
1. Causes de suspension de l’instance
Sont des événements qui arrêtent le cours de l’instance momentanément.
Sursis à statuer : l’instance est suspendue en attendant une décision d’une autre juridiction (ex. :
décision du juge pénal).
Radiation du rôle : sanctionne un manque de diligence des parties ou le refus d’exécuter une
décision exécutoire. La suspension est décidée par le tribunal, mais n’entraîne pas l’extinction de
l’instance.
2. Causes d’interruption de l’instance
Se rattachent à une modification dans la situation des parties ou de leur représentant.
Modification de la situation des parties (décès, perte de capacité juridique).
Cessation des fonctions de l’avocat lorsque la représentation est obligatoire.
Cessation des fonctions du représentant légal d’un incapable.
Si l’affaire est en état d’être jugée, le décès ou la perte de capacité n’empêche pas le jugement (art.
114 CPC).
La reprise de l’instance se fait après les formalités nécessaires :
Reprise volontaire par la partie concernée (art. 118).
Reprise forcée sur citation du juge ou de la partie adverse.
La reprise suit les mêmes formes que l’introduction de l’instance (art. 117).
La fin de l’instance
L’extinction de l’instance
L’instance prend fin généralement par un jugement, mais peut également s’éteindre par
désistement, acquiescement, péremption ou radiation.
1. Désistement (art. 119 et suivants du CPC)
Désistement d’instance :
o Le demandeur renonce à l’instance sans abandonner son droit d’action.
o Il peut engager une nouvelle instance ultérieurement.
Désistement d’action :
o Le demandeur renonce définitivement à exercer son droit en justice.
o Il ne pourra plus intenter d’action sur le même fondement.
2. Acquiescement
Acquiescement à la demande :
o Le défendeur reconnaît les prétentions de l’adversaire (art. 408 CPC).
o Entraîne l’annulation de la procédure et renonciation à l’action.
Acquiescement au jugement :
o Acceptation du jugement et renonciation aux voies de recours.
o Comparable au désistement d’appel.
3. Péremption de l’instance
Extinction de l’instance en raison de l’inaction des parties pendant un certain délai.
Bien que non expressément réglementée par le CPC, elle est reconnue par la jurisprudence.
Le délai peut être interrompu par un acte de procédure.
Le jugement
Les jugements avant dire droit
Au cours de l’instance, le juge peut rendre des *jugements avant dire droit* pour ordonner des
mesures d’instruction nécessaires à l’éclaircissement de l’affaire. Ces mesures incluent, par exemple,
des *visites des lieux, des **expertises, des **enquêtes*, ou toute autre démarche permettant au
juge de mieux comprendre les faits et les éléments du litige. Ces jugements ne statuent pas sur le
fond du litige, mais visent à préparer le terrain pour un jugement définitif en fournissant au juge les
informations nécessaires pour trancher de manière éclairée.
Jugement définitif
La fin de l’instance est marquée par un *jugement définitif* qui statue sur le fond du litige.
Conformément à l’article 2 du CPC, toute affaire portée devant une juridiction doit aboutir à un
jugement. Ce jugement doit respecter les formalités prévues par l’article 50 du CPC, notamment en
mentionnant la formule "Au nom de Sa Majesté le Roi et en vertu de la loi", l’identité des parties, les
conclusions des parties, les pièces produites, et en précisant que les débats ont eu lieu en audience
publique ou à huis clos. Le jugement doit également être daté et signé par le président de l’audience,
le juge rapporteur et le greffier.
Une fois rendu, le jugement est notifié aux parties. Si les parties étaient présentes, la notification est
immédiate ; sinon, le jugement est transmis avec une expédition certifiée conforme, conformément
aux articles 37 à 39 du CPC. Cependant, un jugement n’acquiert l’autorité de la chose jugée que
lorsque toutes les voies de recours ont expiré.
Les voies de recours
Il existe deux types de voies de recours :
1. *Les voies de recours ordinaires* :
- *L’opposition* : possible contre les jugements par défaut rendus par les tribunaux de première
instance, dans un délai de 10 jours à compter de la notification du jugement.
- *L’appel* : permet de soumettre le litige à un nouvel examen par la cour d’appel dans un délai de
30 jours.
2. *Les voies de recours extraordinaires* :
- *La tierce opposition* : ouverte à toute personne ayant subi un préjudice par une décision
judiciaire sans avoir été appelée (article 303 du CPC).
- *La rétractation* : possible sauf pour les décisions non susceptibles d’opposition ou d’appel.
- *Le pourvoi en cassation* : exercé devant la Cour de cassation pour vérifier l’application correcte
du droit.
L’exécution des jugements
L’opposition et l’appel ont un *effet suspensif, sauf si le jugement est assorti d’une **exécution
provisoire*, qui permet au bénéficiaire d’appliquer immédiatement le jugement, même en cas
d’appel. Les autres voies de recours extraordinaires ne suspendent pas l’exécution, sauf dans les cas
prévus par l’article 361 du CPC (par exemple, en matière d’état des personnes ou de faux incidents).
Un jugement est exécutoire sur l’ensemble du territoire national. En cas d’obstacle à l’exécution, le
juge peut ordonner un sursis. En cas de décès du bénéficiaire ou du débiteur, des règles spécifiques
s’appliquent pour assurer la continuité de l’exécution (article 443 du CPC).
En matière pénale
Début de l’instance
Les phases initiales du processus pénal marocain, encadré par le *Code de procédure pénale (CPP)*,
depuis la détection de l'infraction jusqu'à la mise en accusation. Il aborde les rôles des parties
impliquées, les étapes de l'enquête, et les procédures de poursuite et d'instruction.
1. Les Parties de l’Action Publique*
L’action publique comprend deux parties principales :
- La partie demanderesse : Elle peut être représentée par le ministère public (qui exerce l'action
publique au nom de la société) ou par la victime (partie civile) qui cherche réparation pour le
préjudice subi.
- Le ministère public : Chargé de déclencher, suivre et contrôler l'action publique, il requiert
l'application de la loi et défend les intérêts de la société. Il intervient à toutes les étapes du processus
pénal.
- La partie civile : La victime peut se constituer partie civile pour demander réparation. Elle doit
prouver un préjudice actuel, personnel et direct. Les associations reconnues d'utilité publique
peuvent aussi agir si l'infraction touche leur domaine statutaire.
- La partie défenderesse : Elle est représentée par l'auteur de l'infraction (auteur, coauteur ou
complice). L'action publique ne peut être dirigée contre les personnes civilement responsables (ex.
parents d'un mineur) ou les héritiers en cas de décès du délinquant.
2. La Recherche et la Constatation des Infractions
La police judiciaire joue un rôle central dans la recherche et la constatation des infractions, sous la
direction du *procureur du Roi*. Elle agit en deux phases principales :
L’enquête de flagrance : Elle concerne les infractions graves (crimes et délits passibles
d'emprisonnement) et permet aux officiers de police judiciaire (OPJ) d’utiliser des pouvoirs
coercitifs (perquisitions, saisies, auditions) pour préserver les preuves.
L’enquête préliminaire : Menée sous la direction du procureur du Roi, elle vise à recueillir des
informations sur les infractions. Elle inclut des auditions, des constatations matérielles, des
perquisitions (avec consentement écrit), et la *garde à vue* (limitée à 48 heures,
prolongeable à 72 heures).
La *Constitution marocaine* (article 23) garantit les droits des détenus, notamment l’information sur
les motifs de leur détention, l’assistance juridique, et la communication avec leurs proches.
3. La Poursuite des Infractions
- Déclenchement par le ministère public : Le procureur du Roi décide de poursuivre ou de classer
sans suite une affaire. Il peut saisir le juge d'instruction pour une enquête approfondie ou engager
directement des poursuites devant la juridiction de jugement.
-Déclenchement par la victime : La victime peut se constituer partie civile et engager l'action
publique si le ministère public s’abstient. Elle peut déposer une plainte avec constitution de partie
civile ou opter pour une citation directe.
4. L’Instruction Préparatoire
L’instruction préparatoire est menée par le juge d'instruction pour les affaires complexes ou graves.
Elle vise à :
- Éclaircir les circonstances de l'infraction et la personnalité du délinquant.
- Éviter les poursuites infondées et protéger les droits des suspects.
- *Saisine du juge d'instruction* : Le juge est saisi par un réquisitoire du procureur du Roi ou une
plainte avec constitution de partie civile. Il peut inculper toute personne impliquée dans l'infraction.
- *Déroulement de l'instruction* : Le juge mène une enquête objective, utilisant des moyens de
preuve tels que les constatations matérielles, les auditions, les interrogatoires, et les commissions
rogatoires. Il peut requalifier les faits et doit informer l'inculpé de ses droits (droit au silence,
assistance d'un avocat).
À l’issue de l’instruction, le juge rend une ordonnance de :
Renvoi devant la juridiction de jugement si les charges sont suffisantes.
Non-lieu si les charges sont insuffisantes, mettant fin à la procédure.
L’arrêt de l’instance
L'exercice de l'action publique peut être temporairement suspendu (sous-section 1) ou
définitivement éteint (sous-section 2) en raison de divers obstacles. Ces mécanismes visent à
préserver les relations sociales et à garantir l'efficacité de la justice pénale.
Sous-section 1 : La suspension de l'action publique
Le législateur marocain a introduit une nouvelle procédure de suspension de l'action publique,
justifiée par la nécessité de préserver les liens sociaux et d'éviter des dommages excessifs aux
relations humaines, notamment dans les cas où le préjudice social est mineur. Cette procédure est
régie par l'article 372 du Code de procédure pénale (C.P.P.).
1. Déroulement de la procédure
- *Infractions éligibles* : Les infractions concernées sont celles prévues à l'article 41 du C.P.P., c'est-à-
dire les délits punis d'une peine d'emprisonnement de deux ans maximum ou d'une amende ne
dépassant pas 5 000 dirhams.
- *Conditions* :
1. L'action publique doit être en cours, c'est-à-dire qu'aucun jugement définitif n'a été rendu.
2. La victime doit se désister de sa plainte, ce qui signifie qu'elle renonce à poursuivre l'affaire.
- *Demande de suspension* : Le ministère public peut demander au tribunal de suspendre l'action
publique. Si la demande est acceptée, la procédure est interrompue, mais elle peut être reprise en
cas de nouveaux éléments.
2. Effets de la suspension
- La suspension entraîne l'arrêt immédiat du procès pénal, mais elle ne met pas fin à l'action
publique. Le prévenu reste suspect, et l'enquête peut reprendre si de nouveaux éléments
apparaissent.
- La suspension est distincte de l'extinction de l'action publique, car elle est temporaire et réversible.
- La reprise de l'action publique nécessite une demande du ministère public, qui apprécie
l'opportunité de reprendre les poursuites.
Sous-section 2 : Les causes d'extinction de l'action publique
L'action publique peut s'éteindre pour plusieurs raisons, énumérées à l'article 4 du C.P.P. Ces causes
mettent fin définitivement aux poursuites.
1. Le décès du délinquant
- Le décès du délinquant, avant ou après le déclenchement des poursuites, éteint l'action publique.
Cependant, l'action civile peut être poursuivie contre les héritiers.
2. La prescription de l'action publique
- La prescription est justifiée par l'apaisement du trouble à l'ordre public avec le temps. Les délais de
prescription sont :
- 15 ans pour les crimes,
- 4 ans pour les délits,
- 1 an pour les contraventions.
- La prescription peut être interrompue par tout acte de poursuite (citation, réquisitoire, etc.) ou
suspendue dans des cas exceptionnels (par exemple, pendant la levée de l'immunité parlementaire).
3. L'amnistie
- L'amnistie, décidée par le législateur, efface les condamnations et met fin aux poursuites. Elle
n'affecte pas les droits des tiers, et l'action civile reste possible.
4. L'abrogation de la loi pénale
- Si la loi pénale est abrogée, l'infraction n'existe plus, et les poursuites ne peuvent plus être
engagées.
5. La transaction
- Bien que rare en droit pénal, la transaction est possible dans certains domaines (fiscal, douanier) et
met fin aux poursuites par un accord entre les parties.
6. Le retrait de plainte
- Le retrait de plainte par la victime n'éteint pas automatiquement l'action publique, sauf dans des
cas spécifiques prévus par la loi (par exemple, l'abandon de foyer ou l'adultère).
La fin de l’instance
La phase du jugement marque la fin de l’instance pénale. Elle suit généralement l’instruction, sauf
lorsque l’affaire ne nécessite pas d’investigations approfondies. Cette phase est caractérisée par une
procédure *accusatoire, publique, orale et contradictoire*.
1. Déroulement des débats
- *Publicité* : Les débats sont publics, sauf exceptions liées à la sécurité ou à la moralité.
- *Oralité et contradiction* : Les parties (partie civile, ministère public, défense) s’expriment
oralement et sur un pied d’égalité. L’accusé ou le prévenu a la parole en dernier.
- *Instruction définitive* : Les preuves sont examinées, les témoins et experts sont entendus, et les
pièces à conviction sont présentées.
2. Décision du tribunal
- *Délibération* : Le tribunal délibère secrètement conformément à l’article 336 du Code de
procédure pénale (C.P.P.).
- *Motivation* : La décision doit être motivée, énonçant les infractions, les peines et les textes de loi
appliqués (art. 365 C.P.P.).
- *Types de décisions* :
- *Décision avant dire droit* : Tranche des incidents contentieux.
- *Décision sur le fond* : Condamnation, relaxe ou exemption de peine. Les dommages-intérêts
sont fixés en tenant compte de la situation économique du condamné.
3. Notification et exécution du jugement
- *Notification* : Le greffier notifie immédiatement le jugement si les parties sont présentes. En cas
d’absence, une expédition certifiée conforme est transmise.
- *Exécution* : Le jugement est exécuté dès qu’il devient définitif. Les peines privatives de liberté
sont appliquées par les autorités pénitentiaires, tandis que les amendes et condamnations civiles
peuvent faire l’objet de mesures d’exécution forcée. Le ministère public veille à l’application des
peines.
Sous-section 2 : Les voies de recours en droit pénal marocain
Les voies de recours permettent de corriger les erreurs judiciaires et de garantir les droits des parties.
Elles se divisent en *voies de recours ordinaires* et *voies de recours extraordinaires*.
1. Voies de recours ordinaires
L’opposition:
- *Objet* : Contre les décisions rendues par défaut (lorsque le prévenu n’a pas comparu).
- *Conditions* : Le prévenu doit justifier d’une excuse valable ou prouver que la citation ne lui a pas
été signifiée personnellement (art. 393 C.P.P.).
- *Délai* : 10 jours à partir de la signification du jugement (art. 394 C.P.P.).
- *Effets* : La décision frappée d’opposition est annulée, sauf pour un mandat d’arrêt qui conserve
ses effets. Si l’opposant fait à nouveau défaut, la première décision reprend sa pleine valeur.
L’appel :
- *Objet* : Permet un nouvel examen de la décision par une juridiction supérieure.
- *Ouverture* : Contre les jugements en matière de contravention, délit et crime (art. 396, 397, 457
C.P.P.).
- *Délai* : 10 jours à compter du prononcé du jugement ou de la notification (art. 400 C.P.P.).
- *Effets* :
- *Suspensif* : L’exécution de la décision est suspendue, sauf en cas de relaxe ou de condamnation
avec sursis (art. 404 C.P.P.).
- *Dévolutif* : La juridiction d’appel examine l’ensemble du dossier.
- *Reformatio in pejus* : Interdit d’aggraver la situation du prévenu en cas d’appel de sa part (art.
409 C.P.P.).
2. Voies de recours extraordinaires
Le pourvoi en cassation :
- *Objet* : Contester une décision rendue en dernier ressort devant la Cour de Cassation pour
violation de la loi, incompétence, excès de pouvoir ou non-respect des formes substantielles (art. 518
C.P.P.).
- *Délai* : 5 jours après la notification de la décision, avec un mémoire en cassation déposé sous 60
jours (art. 520, 522 C.P.P.).
- *Effets* : Suspension de l’exécution en cas de peine privative de liberté (art. 523 C.P.P.).
- *Décision de la Cour* : Rejet du pourvoi ou cassation de la décision, avec renvoi de l’affaire pour
réexamen (art. 527, 529 C.P.P.).
La révision :
- *Objet* : Remettre en cause une condamnation définitive en présence de faits nouveaux prouvant
l’innocence du condamné (art. 531 C.P.P.).
- *Cas spécifiques* : Découverte d’un nouveau fait, preuve que l’acte a été commis par une autre
personne, ou condamnation fondée sur de faux témoignages ou documents.
- *Procédure* : La demande est adressée à la Cour de Cassation, qui peut ordonner une nouvelle
instruction ou suspendre l’exécution de la peine (art. 533 C.P.P.).
- *Effets* : Annulation de la condamnation et renvoi de l’affaire pour un nouveau procès, avec
possibilité de réparation du préjudice (art. 537, 538 C.P.P.).