Mercredi 23 mars 2022
Etude du texte Dialogue entre Antigone et Créon : « avais-tu parlé de ton projet ?...mourir au
contraire »
Objectifs : Etudier une scène de confrontation : Antigone face à Créon. -Comparer deux profils :
Antigone/Créon
I-Identification du texte :
Genre : extrait d’une tragédie moderne
Type du texte : :« le discours de Créon » quand il s’adresse à Antigone →on une tirade
argumentative Thèse : Tu dois oublier l’enterrement de ton frère et choisir la vie.
Arguments : *La vie n’est pas ce que tu crois.
*Marie-toi avec Hémon et vis en bonheur.
*oublie le passé et profite de la vie et de l’avenir
Forme du texte :→Il s’agit d’un dialogue qui se compose de répliques et de tirades
Tonalité : Polémique « opposition des idées »
Enonciation
Qui parle : Créon
A qui : à Antigone
Où : Dans le palais à Thèbes
Quand : Après la deuxième tentative d’ Antigone
De quoi : Le projet d’Antigone « Enterrer le cadavre de Polynice »
Pourquoi : Convaincre Antigone de renoncer à son projet pour la sauver de la condamnation « la
mort »
II)Situation du passage :
Antigone a violé la loi édictée par Créon et tente d’enterrer le corps de Polynice en plein jour Elle
est alors arrêtée par les gardes et ramenée devant Créon. Celui-ci veut la convaincre, de la persuader
de dissimuler son acte de ne pas réaliser son projet.. Il tente de camoufler l’affaire pour sauver sa
nièce en faisant mourir les gardes .Refusant le salut que lui promet Créon, elle s’entête et explique
son geste par la piété fraternelle. Créon est frappé par son orgueil.
III-Axes de lecture :
l’affrontement :Première partie page 64-68
-Cette scène fait partie du nœud de l’intrigue. Elle met en opposition Antigone qui transgresse les lois
et Créon.
-De sa part, Créon veut étouffer l’affaire. Cette décision vient du fait qu’il ne veut pas donner au
drame un dénouement naturel : la mort « tu as dû penser que je te ferais mourir. Et cela te paraissait
un dénouement tout naturel pour toi ».
-Créon est surpris par le courage d’Antigone. Une révolte inattendue d’un tel personnage (Antigone
n’a point les caractéristiques « classiques », typiques d’un héros traditionnel)
- Pour Créon, Antigone n’est pas son rival qui peut lui tenir tête, c’est ainsi que l’on peut noter un
certain « sarcasme » dans sa longue tirade : « il n’y a pas longtemps (…) de gifles » / « allez, va ! » = la
révolte devient dérisoire !
2- Analyse du deuxième axe : l’entêtement d’Antigone.
Antigone paraît calme, Ses réponses sont très courtes (stichomythies)
elle n’a pas peur ; elle est entêtée.
Ellen n’ est pas convaincue par son oncle Créon le roi
Elle s’entête et promet de recommencer et de retourner auprès du cadavre de son
frère.
Elle considère son geste en tant que devoir vers soi –même « moral » : « je le
devais » et aussi par la piété fraternelle (fait de tendresse et de respect).
L’enterrement constitue les retrouvailles de la famille d’Œdipe : « il rentre à la
maison où mon père et ma mère , et Etéocle aussi , l’attendent »
Antigone n’a pas peur de la mort, elle affirme qu’elle sait bien qu’elle va subir la
mort en violant la loi « j’étais certaine que vous me feriez mourir » p : 68
L’affrontement Antigone/ Créon et la tentative d’Antigone d’enterrer son
frère constitue
Le commencement du nœud, l’intrigue arrive à un point essentiel.
-L’extrait est composé d’une argumentation de la part des deux personnages. Chacun défend la
justesse de sa décision :
Les arguments de Créon Les arguments d’Antigone
- « la loi est d’abord faite pour les filles des rois - Au début c’était un devoir fraternel ,
«, « je suis le roi », « mais puisque je suis là pour mais après le long discours de son oncle
le faire, je vais le faire ». son attitude se renforce.
« je le devais », « il a droit au
Je ferais disparaître ces trois hommes repos », »c’était mon frère », « il faut
Je l’avais interdit C’est un révolté et un traître faire ce que l’on peut », « Pour moi ».
- Page :68 à 76
Créon dans sa tirade, évoque les origines d’[Link] cherche à salir l’image de Polynice aux yeux de
sa sœur ; Le mythe d’Œdipe paraît comme un drame humain : tuer son père, commettre
l’inceste « s’est marié avec sa mère « , se crever les yeux de ce fait, Créon opère une certaine
comparaison entre lui et Œdipe :
Créon : Œdipe
Un prince sans histoire - Je m’appelle seulement Tuer vote père/crever les yeux
Créon - J'ai mes deux pieds sur terre - Moins
d’ambition - Rendre ce monde moins absurde mendier avec ses enfants
-Page 76 à 83
Antigone Créon
Refuse la tyrannie de Créon Accepter d’assumer une responsabilité qu’il
n’aime pas
Dit non à tout ce qu’elle n’aime pas « refuse la
révolte » Pour lui ,dire non est un entêtement ,ne
faiblesse .c’est le non de l’absurde puisqu’il
Dire oui pour elle ,c’est céder conduit à la mort
Le non est une grandeur d’âme même s’il va Le oui c’est accepter le jeu de la vie, c’est une
conduire à la mort preuve de sagesse et de raison
Créon est emprisonné par son pour pouvoir .Sa
soumission lui fait perdre les valeurs essentielles
Créon cherche les raisons de l’attitude d’Antigone dans ses origines. Ainsi ,il la compare à son père :
des personnages écrasés par la fatalité « tu es Antigone , tu es fille d’Œdipe », « l’humain vous
gêne », « il vous faut un tête à tête avec le destin et la mort ».Créon parle cependant imprudemment
du bonheur ce qui entraîne une révolte chez Antigone. Elle cherche un bonheur absolu , entier. Elle
refuse les mensonges ,l’hypocrisie ,se révolte contre la laideur humaine et morale .
- Créon est battu par Antigone .
Synthèse :
Bien que Créon proclame haut et fort que la loi est faite pour tous, il tente de sauver Antigone. Cette
dernière refuse et s’entête à vouloir enterrer son frère et refuse le salut. Pour Créon, Antigone tout
comme son père est orgueilleuse pour accepter le monde tel qu’il est . Elle explique son geste à
Créon par la piété fraternelle tout en affirmant que l’enterrement de son frère lui permet de
retrouver la famille Œdipe , l’âme de son frère devait connaître le repos . La jeune fille agit par
principe et sous la force de la fatalité . Elle ne craint pas la sanction de Créon et attend la mort .