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Anthropo Tim

Le cours d'anthropologie-ethnologie vise à maîtriser les concepts fondamentaux pour fournir des soins culturellement adaptés, en abordant des notions telles que la culture, les attitudes face à la santé et les différents types d'anthropologie. Il explore également les méthodes de recherche ethnographique et les distinctions entre ethnologie et anthropologie, tout en soulignant l'importance de l'observation et de l'analyse des sociétés humaines. Enfin, le cours aborde l'ethnocentrisme et l'évolution historique de l'anthropologie comme discipline scientifique.

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Le cours d'anthropologie-ethnologie vise à maîtriser les concepts fondamentaux pour fournir des soins culturellement adaptés, en abordant des notions telles que la culture, les attitudes face à la santé et les différents types d'anthropologie. Il explore également les méthodes de recherche ethnographique et les distinctions entre ethnologie et anthropologie, tout en soulignant l'importance de l'observation et de l'analyse des sociétés humaines. Enfin, le cours aborde l'ethnocentrisme et l'évolution historique de l'anthropologie comme discipline scientifique.

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COURS D’ANTHROPOLOGIE/

ETHNOLOGIE
TIM 1ère ANNEE
COURS D’ANTHROPOLOGIE – ETHNOLOGIE

OBJECTIFS DU COURS

Objectif général : Maitriser les concepts utilisés en anthropologie/ethnologie afin d’administrer des
soins culturellement adaptés.

Objectifs spécifiques

1. Définir les concepts de base utilisés en anthropologie et en ethnologie en spécifiant les


différents types d’anthropologie
2. Connaitre les notions d’inné, d’acquis ; de us et coutumes ; de mythes et croyances
3. Expliquer le concept de culture en insistant sur les phénomènes culturels
4. Connaitre les attitudes culturelles face à la santé, face à la maladie et face à la mort

Contenu du cours

1. Notions d’anthropologie et d’ethnologie


2. Les différents types d’anthropologie
3. Cultures et phénomènes culturels (inné et acquis, us et coutumes, mythes et croyances)
4. Attitudes culturelles face à la santé, la maladie et la mort

I. NOTIONS D’ANTHROPOLOGIE ET D’ETHNOLOGIE

1. L’anthropologie

Comment, se demandait Edward EVANS-PRITCHARD, comprendre que dans


les églises, les fidèles (masculins) enlèvent leurs chapeaux et gardent leurs chaussures, tandis
que dans les mosquées, les musulmans gardent leurs chapeaux et enlèvent leurs chaussures ?
Il y voyait toute l’importance de la fonction sociale (ici, c’est l’accès au sacré) qui peut donc
s’incarner dans des productions et dans des coutumes sociales différentes.

Ce type d’interrogation et d’étonnement, est très ancien et il semble que l’homme ait
toujours porté attention à ses œuvres tout comme à celles des autres hommes au gré des
circonstances. A tout le moins, on tient HERODOTE pour le premier historien qui, au Vème
siècle avant notre ère, après avoir exploré le pourtour méditerranéen, consigna dans ses
« Histoires » les résultats de ses observations. Les événements historiques ou légendaires dont
il traite lui servirent à rendre compte de l’opposition entre les Grecs et les Barbares au
bénéfice des premiers (Le barbare, c’est l’autre !).
Une telle distinction entre les autres et nous s’est souvent posé en termes de supériorité
et d’excellence. Cela a été une première approche pour intégrer les différences
socioculturelles. Celles-ci ont d’ailleurs pu être couplées avec des différences physiques
auxquelles le voyageur, l’explorateur, le missionnaire puis le colonisateur se trouvaient
confrontés. Les premiers moments de la réflexion nés de cette comparaison naïve avant de
s’efforcer d’être « scientifique » furent la curiosité, le dédain, le scandale, la peur, la
domination.

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Cours d’anthropologie/ethnologie dispensé par M. ONANA Jean Paulin, IS
Il a fallu attendre l’époque moderne, sinon contemporaine, pour que cette réflexion
aspire à devenir scientifique et s’inquiète de son statut épistémologique en se séparant
nettement de la philosophie, et de la théologie qui avaient marqué de leur empreinte la
définition de l’anthropologie.

C’est ainsi qu’au XVIème on entend par ce mot « anthropologie » un répertoire


d’hommes remarquables, puis la science étudiant l’homme soit du point de vue de l’âme (i.e.
une sorte de psychologie) soit du point de vue du corps (i.e. l’anatomie). Selon une autre
définition en usage à cette époque, l’anthropologie désignait une manière humaine de parler
des choses divines, en particulier de la création de l’homme par Dieu. Dans cette même veine,
à la fin même du XVIIIème siècle, celui des Lumières, Emmanuel KANT élabore une
anthropologie qui se veut la science de l’homme. Il y distingue une « anthropologie
théorique » visant la connaissance des facultés humaines, une « anthropologie pragmatique »
touchant le développement de ses activités et une « anthropologie morale » vouée à nous
indiquer les voies de la sagesse en conformité avec sa Métaphysique des mœurs.

ANTHROPOLOGIE vient de deux mots grec : ANTHROPOS qui Signifie homme ou être
physique et LOGOS qui signifie étude, discours ou science. L’anthropologie peut donc se définir
comme la branche de la science qui étudie les êtres humains sur tous leurs aspects à la fois physiques
(anatomie, la physiologie, la pathologie, l’évolution) et culturelle (sociologique, psychologique,
géographique, symbolique, artistique…). L’anthropologie insiste particulièrement sur les faits qui
sont spécifiques à l’homme, à la différence d’autres primates tels que : Les langages articulés et
figuratifs, les rites funéraires, magiques, les systèmes politiques, les arts, les religions, les coutumes,
les systèmes de parentés, l’habitat, les techniques corporelles, les techniques de représentations
spatiales et temporelles…donnant lieu à plusieurs divisions de la discipline. On distingue ainsi :

-l’anthropologie de la parenté : elle étudie les domaines tels que, la famille, la filiation, la
descendance, les lignages, les types d’alliances, les interactions intrafamiliales, l’évolution humaine.

-l’anthropologie religieuse : c’est le domaine de L’anthropologie qui tente d’expliquer le fait


religieux (la religion et le sacré, la magie, le chamanisme, la sorcellerie)

-l’anthropologie politique : qui étudie les formes étatiques des différents peuples du monde (l’état,
la chefferie, la société…)

-l’anthropologie économique : qui étudie les différentes formes d’économie (économie des sociétés
traditionnelles, l’anthropologie économique marxiste…)

-l’anthropologie de l’art : qui analyse le culturel et symbolique de la production artistique sur toutes
ses formes.

-l’anthropologie des pratiques corporelles : domaine qui s’attache a l’étude des activités mettant en
jeux le corps, qu’elle soit d’ordre de la modification de l’apparence (les scarifications, tatouages, des
peintures corporelles (circoncision, piercing…) ou de la mise en action du corps comme outil
(activités physiques et sportives, ou artistiques)

-l’anthropologie de la maladie : domaine qui étudie les représentations et les expressions de la


maladie, les différents moyens mis en œuvre pour la traiter et les rapports thérapeutes/malades en
fonction de la culture de la société étudiée.

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Cours d’anthropologie/ethnologie dispensé par M. ONANA Jean Paulin, IS
L’anthropologie est l’étude des groupes d’hommes hors de la dimension de l’homme en
société. Elle englobe toutes les sciences qui se rapportent à un point de vue quelconque de la nature
de l’homme, à l’âme comme au corps, à l’individu comme à l’espèce, aux faits historiques et aux
hommes de consciences, aux règles absolues de la morale comme aux intérêts les plus matériels et
les plus variables.
L’anthropologie représente une force de réflexion suivant laquelle se tournent de nombreuses
disciplines. Les travaux actuels s’orientent suivant le dépassement des contradictions développés par
les débats anthropologiques.
La distinction classique en plusieurs domaines subsiste en raison d’une commodité qui permet
de désigner d’avance l’orientation privilégiée du traitement des données. Cependant l’analyse des
faits dépasse les catégories occidentales. Par exemple de l’analyse de la parenté comme système de
descendance et d’alliance, on passe au fait politique, au fait économique et au fait idéologique. De
nouvelles catégories se dégagent capables de rendre compte dans un ensemble signifiant les diversités
culturelles.
Il faut signaler une autre orientation de la diversité : l’anthropologie urbaine qui prend pour
objet d’étude des grandes villes, les banlieues, les entreprises et les immeubles d’habitation.
Malgré les ouvertures envers l’interdisciplinarité, l’anthropologie se refuse d’être expropriée
de ce qui a constitué grâce à elle la première réflexion sur l’homme une réflexion qui selon LEVI
STRAUSS, cherche à surmonter les contradictions apparenter entre l’unicité de la condition de
l’homme et la pluralité apparemment inépuisable des formes sous lesquelles nous l’appréhendons.

2. L’ethnographie
C’est la phase de recueil des données principalement en tant qu’outil de l’ethnologie.
L’enquête ethnographique s’effectue le plus souvent dans des groupes humains étrangers de petite
dimension. Par rapport au monde occidental, ces sociétés sont assez homogènes, leurs techniques
sont plus rudimentaires et il faut aussi noter l’absence d’écriture. Il n’y a pas de charnière réelle
entre « primitifs » et « civilisés » mais un type de repère commode : la possession de l’écriture. Une
société qui peut accumuler des connaissances, approfondir et sélectionner ses acquis, les diversifier,
les spécialiser, devient plus complexe. Lévi-Strauss parle de :
- Sociétés à histoire froide (sociétés traditionnelles) : elles sont très ordonnées. La structure de la
société, ses traditions, ses mythes mettent l’accent sur l’équilibre, tout vise à combattre le désordre.
- Sociétés à histoire chaude (sociétés modernes) : elles sont très hétérogènes et sont déchirées par
leurs contradictions.
Les termes « tribu » et « tribal » sont à éviter car ils sont statiques par rapport à la réalité.
 Pour distinguer un groupe social particulier, partageant une certaine culture, on préfèrera le
terme « ethnie » ou « groupe ethnique »
L’ethnologie vise à donner une description aussi fidèle que possible de la manière dont vivent
les membres d’une petite collectivité telle un village, un clan par rapport aux origines, aux mœurs,
aux coutumes au développement matériel et social.
L’ethnographe se livre sur le terrain à une observation méthodique et patiente de la société
qu’il veut étudier. Ceci nécessite de sa part des connaissances préalables, notamment linguistique et
d’indispensables qualités d’adaptation.
Pour pouvoir vivre au sein du groupe, il s’efforcera de s’y intégrer sans en modifier ou
troubler les habitudes. Il devra s’intéresser d’abord à l’aspect de la vie quotidienne avant de se pencher
sur l’organisation sociale ou religieuse. Il se gardera des interprétations subjectives ou incomplètes

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Cours d’anthropologie/ethnologie dispensé par M. ONANA Jean Paulin, IS
car le point de vue diffère sensiblement selon qu’il émane d’une femme, d’un paysan, d’un chef de
tribu ou de religion.
Depuis quelques années, l’ethnographie dispose de matériels perfectionnés qui lui permettent
de mieux remplir sa mission ; le magnétophone constitue une aide appréciable pour l’étude de la
langue et de la tradition orale tandis que la caméra saisie les détails de chaque geste, de chaque
technique et permet une restitution plus facile de la vie du groupe

3. L’ethnologie
ETHNOLOGIE vient également de deux mots grec ETHNOS qui veut dire peuple et LOGOS
qui veut dire étude : L’ethnologie est la branche de l’anthropologie qui se propose d’analyser et
d’interpréter les similitudes et les différences entre les sociétés et les cultures.
C’est l’étude scientifique et systématique des sociétés dans l’ensemble de leur manifestation
linguistique, coutumière, politique, économique, religieuse comme dans leur histoire particulière.
Aussi dégage-t-elle des lois générales par comparaison des différentes sociétés après analyse et
interprétation des similitudes et différences culturelles de celles-ci.
HERODOTE qui a écrit le premier ouvrage sur l’enquête reçoit la paternité lointaine de
l’ethnologie. Au cours de son enquête, la nature du témoignage est signalée avec précision.
L’observation directe du voyageur est incorporée pour récit.
De nos jours, l’ethnologie s’applique à l’enquête sur le terrain, à l’interprétation des données
et des observations ainsi que leur ensemble en vue de l’introduction des méthodes techniques et
actions nouvelles dans tout groupe social.
L’ethnologie correspond à un travail spécifique d’observation et d’écritures comportant
collecte de données et de documents ainsi que leur première description empirique sous forme
d’enregistrement de faits humains, traduction, classement d’éléments qu’on estime pertinents pour la
compréhension d’une société ou d’une institution.
L’ethnologie élabore les matériaux fournis par l’ethnographie, vise après analyse et
interprétation à construire des modèles et à étudier leurs propriétés formelles à un niveau de synthèse
théorique, rendu possible par l’analyse comparative. On parle dès lors d’ethnographie d’un village
mais d’Ethnologie des pays de l’Afrique subsaharienne par exemple. En France le terme d’ethnologie
continu d’être en vogue mais les auteurs anglo-saxons lui substituent l’appellation d’anthropologie
sociale culturelle. Le fait que la même discipline soit appelée Ethnographie, Ethnologie et
Anthropologie sociale et culturelle s’explique par de légères différences de contenus, d’objets, de
méthodes, et d’orientations théoriques propres souvent à des traditions nationales, encore qu’on
puisse y voir des moments successifs du travail anthropologique. En définitive, l’ethnographie est
l’étape de collecte des données, l’ethnologie le stade des premières synthèses et l’anthropologie la
phase de généralisation théorique après comparaison.

4. L’ethnocentrisme
C’est la tendance à prendre comme base de référence les critères de jugement et les normes
de son propre groupe social pour juger d’autres groupes sociaux (et ceci est naturel à tout homme).
Chacun s’identifie par sa langue, son facies, ses manières de vivre à une communauté dont il a
assimilé les valeurs. Il a tendance à critiquer, à dévaloriser ceux qui ne sont pas comme lui.
L’ethnocentrisme peut virer au tribalisme ou au racisme lorsqu’il produit rejet et hostilité.

II. L’HISTOIRE DE L’ANTHROPOLOGIE


1. Contexte historique et institutionnel

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Cours d’anthropologie/ethnologie dispensé par M. ONANA Jean Paulin, IS
L’anthropologue ERIC WOLF a un jour définit l’anthropologie comme étant la plus
scientifique des sciences humaines et comme la plus humaines des sciences de la nature, montrant
ainsi à quel point les contributions de l’anthropologie s’insèrent au cœur de toutes les autres sciences.
C’est vers la fin du 18ième siècle que commence à se développer un savoir scientifique, prenant
l’homme comme objet d’étude. Cette science envisage l’application à l’homme des méthodes jusque-
là appliquées à la nature, à la physique ; l’homme n’est plus seulement sujet mais objet de la science.
L’anthropologie est fille du siècle des lumières, période où les européens ont commencés à
étudier de façon systématique et minutieuse les comportements humains. Les ancêtres de
l’anthropologie sont :
*Montesquieu
*Condorcet
*St Simon
Une question se pose : Pourquoi l’homme existant depuis des siècles ce n’est qu’au 19 ième siècle
que l’on pense à une science dont il est l’objet ?
Pour répondre à cette question il est important de savoir à ce sujet que les hommes vivaient
tous presque en autarcie. Ce sont les voyages qui ont permis la découverte d’autres sociétés dites
« primitives » hors de la civilisation européenne. L’anthropologie n’avait donc pas commencé par
l’étude de la société européenne d’abord par soucis de distinction entre l’observé et l’observant,
ensuite, les européens portaient un préjugé évolutionniste sur ses sociétés. Ils se disaient avoir franchi
une étape de plus que les primitifs. Pour comprendre comment ils avaient vécu, il fallait étudier ses
sociétés primitives. Il était reconnu que toutes les sociétés évoluaient selon un schéma linéaire unique,
allant du plus primitif au plus évolué. Les sociétés non européennes étaient considérées comme des
sociétés fossiles qui pouvaient être étudiées dans le but de comprendre quel était le vécu des nations
européennes.

2. Objet de l’anthropologie
L’objet de L’anthropologie n’est pas un objet constitué mais c’est un objet en construction,
différent de l’objet des sciences exactes. Cet objet a évolué :
*Hier cet objet était circonscrit à un univers culturel donné
*Aujourd’hui cet objet concerne tout l’homme.
La modernité pénètre dans les sociétés traditionnelles et inversement, les sociétés occidentales se
réinventent des traditions. Les sociétés du tiers monde deviennent aujourd’hui semblables dans leur
fonctionnement économique ou politique aux sociétés occidentales. Même les sociétés locales
cherchent à se connaitre grâce au regard porté sur elles par l’anthropologue.
Lorsque l’anthropologue moderne s’attache à étudier un village de sa région par exemple, il a une
distance non plus géographique, mais sociale, cognitive par rapport à son objet. L’important étant le
bagage théorique et méthodique que lui permettent une distanciation scientifique.

3. Types d’anthropologie
L’anthropologie étudie l’humain dans toutes ses manifestations. Pour les anthropologues, la
diversité se réfère à un phénomène précis : avec un héritage biologique commun, les humains ont
créé une gamme incroyablement riche d’adaptations techniques et d'artifices symboliques qui les
aide à survivre et à imaginer l’invisible, l’indicible, et le non réalisable. Et, semblable aux
organismes qui se reproduisent en mélangeant des variantes d’ADN, le contact de peuples divers a
enrichi la vie de chacun, stimulant l’innovation et revigorant la culture. L’isolement et l’adaptation
à l’environnement local qui a produit une diversité d’espèces et de cultures sont à la base de
l’évolution biologique et sociale.

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Cours d’anthropologie/ethnologie dispensé par M. ONANA Jean Paulin, IS
Aujourd’hui, cette diversité est menacée par un système mondial où la politique, l’économie
et la technologie affaiblissent les frontières. L’anthropologie sait réagir : nous avons développé des
moyens pour identifier et analyser les traits qui nous rendent uniquement humains face à cette
mastodonte : nos mœurs, nos langues, nos adaptations biologiques, et nos passés souvent restent
uniques. Ces dimensions sont même renforcées pour résister au système mondial. Même si la
diversité est menacée, notre héritage humain va toujours chercher et produire des cultures ayant des
traits uniques.
Afin d’analyser les phénomènes humains, les anthropologues utilisent des techniques
variées, qui définissent les quatre sous-disciplines classiques : ces domaines à savoir
 L’anthropologie biologique,
 L’archéologie,
 L’ethnologie (ou anthropologie sociale et culturelle), et
 L’anthropologie linguistique
utilisent des outils d’enquête qui leur sont propres.
 L'anthropologie physique, ou anthropobiologie, ou anthropologie biologique est la science
qui étudie les groupes humains du point de vue physique et biologique. Elle recoupe ainsi des
champs tels que la paléobiologie, l'évolution des hominidés, l'ostéologie, conjointement à
l'archéologie et l'ethnologie.
L'anthropologie physique étudie la diversité de la morphologie et de la physiologie des groupes
humains, ainsi que les bases biologiques du comportement des humains, notamment par
comparaison avec les proches parents de l'espèce humaine : les grands singes asiatiques et africains
(primatologie).

 L'archéologie est une discipline scientifique dont l'objectif est d'étudier l'être humain depuis
la Préhistoire jusqu’à l'époque contemporaine à travers sa technique grâce à l'ensemble des vestiges
matériels ayant subsisté et qu’il est parfois nécessaire de mettre au jour par la fouille (outils, ossements,
poteries, armes, pièces de monnaie, bijoux, vêtements, empreintes, traces, peintures, bâtiments,
infrastructures, etc.). L'ensemble des artéfacts et des écofacts relevant d'une période, d'une civilisation,
d'une région, ou d'un peuplement donné, s'appelle culture archéologique. Cette culture matérielle est
avant tout un concept basé sur l'assemblage de vestiges retrouvés dans des espaces et dans des
chronologies contingentes, sur un même site, ou dans une même région, par exemple. On peut alors
parler, pour désigner un ensemble cohérent, de culture archéologique (comme la culture de Hallstatt,
ou la culture Jomon, par exemple).
 L'anthropologie linguistique est l'étude interdisciplinaire qui analyse l’influence de la
langue sur la vie sociale. C'est une branche de l'anthropologie qui tire son origine de l'étude des
langues en voie de disparition et qui s'est développée depuis un siècle pour englober presque tous les
aspects de l'emploi et de la structure de la langue
L'anthropologie linguistique examine la façon dont la langue façonne la communication,
forme l'identité sociale et l'appartenance à un groupe, met en place des idéologies et croyances
culturelles à grande échelle, et développe une représentation culturelle commune des mondes naturel
et social.

Dans un sens, l’anthropologie a un seul sujet : l’humain et sa culture, mais quatre façons de l’étudier.
Donc, les anthropologues peuvent travailler partout :
 Au sein de laboratoires pour analyser les traces laissées par des populations disparues ;
 Dans les camps de réfugiés pour témoigner des comportements dans des conditions extrêmes
;

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Cours d’anthropologie/ethnologie dispensé par M. ONANA Jean Paulin, IS
 Dans les bibliothèques et archives afin de déchiffrer les langues et autres manifestations de la
richesse d'expression typique de notre espèce.
 Dans un temple abandonné, pour déchiffrer les traces symboliques de la communauté que les
personnes disparues aient imaginées ;
 Avec une épave, pour reconstituer des scènes de transaction de marchandises, un moyen
d’échanger des idées et des valeurs ;
 Dans des galeries marchandes, pour comprendre comment acheter une chose banale devient
une bataille entre un système économique et l’affirmation du Soi;
 Dans des salons et cuisines, pour observer comment l'intimité peut être un lieu-miroir de la
communauté ;
 Sur un site de blogueurs, pour étudier comment les pseudo-identités peuvent parfois
influencent l’individualité ;
 Dans un laboratoire, pour analyser comment l'ADN et les traits morphologiques des
populations aujourd'hui dispersées démontrent qu'un lien généalogique les unissaient dans le
passé ;
 Dans des cavernes, pour identifier les traces de cultures disparues et comment leurs occupants
s’adaptaient à des environnements en évolution ;
 Dans des salles de conseils des entreprises, pour étudier comment les décisions économiques
prétendument « rationnelles » peuvent véhiculer des sous-textes ;

4. Grands courants ou théories en anthropologie


Tout au long de son histoire, L’anthropologie a été marquée par quelques conceptions de
l’homme. Ses différentes conceptions constituent les grands courants en anthropologie. Quelques-uns
d’entre eux sont :

-L’évolutionnisme
-Le matérialisme
-Le diffusionnisme
-Le fonctionnalisme
-Le structuralisme
-Le culturalisme
-Le dynamisme…

a) L’évolutionnisme
C’est un courant de pensée qui dérive de la théorie de l’évolution des êtres vivants de Charles
DARWIN selon laquelle « les espèces vivantes actuelles dérivent des formes anciennes ».
Le courant de pensée évolutionniste a commencé à prendre une grande ampleur au niveau de toute
la pensée scientifique du 19ième siècle. Les évolutionnistes ont classé les peuples en peuple inférieur
et en peuple civilisé, les critères d’identification étant les suivants :

PEUPLES INFERIEURS PEUPLES SUPERIEURS

Raisonnement enfantin Raisonnement scientifique

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Cours d’anthropologie/ethnologie dispensé par M. ONANA Jean Paulin, IS
L’absence d’invention Capacité technologique

Anarchie, tyrannie Démocratie parlementaire

Communisme « primitif » (idée de partage) Propriétés privées

Promiscuité sexuelle Monogamie

Ignorance de la religion (polythéisme) Monothéisme et moralité

Si le but des anthropologues était de retracer l’origine des institutions modernes considérées
par eux comme point d’aboutissement, les évolutionnistes voulaient proposer une typologie de
l’évolution des sociétés humaines en définissant un certain nombre de stades (étapes) par lesquelles
passent les groupes humains. Pour eux tous les groupes humains sont engagés vers une évolution en
suivant des chemins parallèles. La marche de l’humanité pour eux reste un passage du simple au
complexe, de l’irrationnel au rationnel.
Si la théorie de l’évolutionnisme repose sur un certain nombre de préjugés, il faut reconnaitre
quand même qu’elle pose le postulat fondamental de l’unité du genre humain. C’est pour cela que les
évolutionnistes condamnent l’esclavage. Pour eux, un primitif est d’abord un homme même s’il est
en retard il atteindra un jour un stade avancé. C’est pour cela que la thèse évolutionniste est défendue
par les colonialistes.
Les évolutionnistes sont donc des anthropologues au vrai sens du terme, car ils se proposent
d’étudier l’homme dans tous ses états, dans toutes époques et sur toutes les latitudes.

III. CULTURE ET PHENOMENES CULTURELS


1. Origine de la culture

Que ce soit l’origine culturelle ou phénomène culturel, on ne peut que faire des hypothèses
mais on peut penser qu’elle serait issue de l’interférence de 4 facteurs à un moment donné de
l’évolution de l’être humain. Ces facteurs sont :

 La fabrication d’outils
 L’émergence du langage
 L’accroissement des potentialités d’apprentissage
 La vie sociale

La fabrication d’outils, l’utilisation du langage et la vie sociale ont été probablement par la
suite des facteurs déterminants pour l’évolution de l’homme. En effet, lorsque l’homme se à
construire les outils de plus en plus complexes, il a bien fallu qu’il ait recours à un procédé de
transformation pour enseigner son art, celui-ci ne pouvant être réinventé chaque fois or l’utilisation
suppose une vie en groupe ; toutefois, ces 4 facteurs à l’origine de la culture ne sont pas spécifiques
à l’espèce humaine car on a pu observer chez beaucoup d’espèces inférieures une organisation sociale
ainsi que l’utilisation d’un système de communication.

2. Parlant de la réalité de la culture

La société est un lieu où les êtres humains interagissent pour satisfaire leurs besoins sociaux
et où les hommes partagent leur culture commune. La culture peut être simplement comprise comme

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Cours d’anthropologie/ethnologie dispensé par M. ONANA Jean Paulin, IS
des modes traditionnels de conduite pratiqués par un groupe donné et transmis de génération en
génération de manière orale ou écrite. Ainsi, la somme des traditions d’un peuple constitue sa culture.

GRAHAM WALLAS conçoit la culture comme un ensemble d’idées, de valeurs et d’objets ;


l’héritage social qu’un peuple acquiert des générations passées par l’éducation, ce qui la distingue de
l’héritage biologique reçu automatiquement du bagage génétique.
L’univers culturel se présente alors globalement comme un ensemble d’objets matériels
fabriqués, d’institution, des formes d’organisation, des croyances, d’œuvre d’art …, mais, l’origine
de cet univers demeure les efforts théoriques et pratiques pour satisfaire les besoins et les aspirations
de la communauté.
On distingue d’une part les activités de simple survie permettant à la collectivité de se nourrir,
avoir un abri, se protéger des intempéries et des maladies, assurer la sécurité collective, procréer et
avoir un minimum d’organisation. A ces différentes activités sont associés des symboles et des rites
sensés assurer la survie ; il s’agit d’activités magico religieuses qui ont une portée vitale sur la
collectivité.
D’autre part, on trouve des activités d’accomplissement ; la survie simple étant assurée, on
recherche un plus par rapport au vécu quotidien : présentation esthétique des aliments, de la tenue
vestimentaire de l’architecture et de l’environnement.
Du point de vue vivant, la culture est un phénomène subjectif et se présente comme goût,
aptitude, savoir, croyance, opinion, attitude assumés et vécus. Comprise dans ce sens, la culture est
un mode d’existence.

Pour KANGUE EWANE, la culture comporte une action et des résultats l’action est celle
d’un homme ou des hommes vivants ensemble dans une collectivité sur l’homme lui-même, sous
forme d’éducation ; il s’agit de développer toutes les capacités dont l’homme est porteur dès sa
naissance et qui le distingue des autres primates c’est-à-dire l’intelligence, la volonté, la sensibilité,
toutes les activités corporelles afin de rendre l’homme plus efficace. Lorsque ce but est atteint, on dit
que l’homme est cultivé c’est-à-dire qu’il est capable de regarder pour comprendre, de se décider à
l’action après avoir compris les résultats qui profiteraient à l’homme.
Cette culture n’est pas une fin mais un moyen car elle l’homme à une autre action sur son
environnement constitué des climats et des saisons, des flores et des faunes.
Tout groupe humain vit dans un milieu physique et la loi naturelle commune à tous est de
domestiquer et d’embellir ce milieu, de le rendre plus agréable à l’homme.

ALEXIS KAGAME définit la culture comme étant la ‘‘civilisation objective, c’est-à-dire


l’effort d’adaptation d’un groupe humain se servant de la nature humaine totale pour domestiquer et
embellir le milieu physique où il vit, se défendre contre les groupes similaires qui tenteraient de
l’absorber, transmettre à sa descendance l’expérience globale reçue de ses initiateurs’’
Lorsque deux cultures absolutisées se heurtent, on aboutit à un conflit de culture. Les rapports
entre les cultures peuvent être des rapports de compétition, voire des rapport d’affrontement en sorte
que la vie culturelle concrète nécessite des choix et des prises de position.

La culture est en somme l’ensemble des manières de penser et d’agir au sein des groupes
humains. Dans le champ de la culture, si on considère par exemple les pygmées du bassin du Congo,
les esquimaux de l’Alaska ou les chinois, chacun de ces groupes a une culture où naissent et
grandissent ses fils.

1. L’inné et l’acquis

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Les innéistes ou maturationnistes pensent que le comportement d’un être humain est
déterminé dès sa naissance et ne dépend pas de l’environnement dans lequel il vit et des expériences
qu’il peut y faire. L’innéisme conduit donc à une conception de l’homme comme étant soumis à la
loi des chromosomes.
Par opposition à l’innéisme, les empiristes ou environnementalistes soutiennent que la
connaissance s’élabore à partir de seule expérience. Les empiristes sont les héritiers du behaviorisme
pour qui les réponses de l’organisme ont une fonction adaptative. Elles constituent les ripostes aux
changements du milieu.
Au cours des dernières décennies, les découvertes en génétique ont pu montrer que le
développement d’un individu est le produit d’une interaction entre le matériel génétique et les facteurs
environnementaux. En effet, autant les gènes ont dirigé la constitution du cerveau, autant les
influences extérieures vont façonner l’individu tout au long de sa vie.
En définitive, l’inné et l’acquis sont complémentaires rétro agissent l’un sur l’autre.

2. Impact de l’environnement sur la culture

L’environnement joue un rôle prépondérant dans le modelage culturel. Par exemple, un peuple
vivant au bord du lac ou de la mer développera un modèle culturel influencé par les eaux et leur climat
environnant. Ils devront d’une part aussi apprendre à nager, de même qu’ils devraient apprendre les
différentes techniques de pêche. D’autre part, un groupe vivant en savane tendra à développer ses
forces dans l’agriculture, l’élevage et la chasse.

Dans l’étude de la culture, il y a 2 éléments importants à savoir :


 La culture matérielle signifiant des objets concrets tels que l’habitat, l’habillement, les
ustensiles, les instruments et autres axes permettant de déterminer l’âge, l’évolution et le niveau
culturel d’un groupe particulier. Ce matériel culturel comprend également la présentation des idées
ou du génie dans l’écriture, la peinture, la sculpture ou la gravure.
 La culture non matérielle se référant aux idées, concepts et techniques ayant trait à la
manière de penser, d’agir, aux valeurs, aux réactions émotionnelles et en général à la création abstraite
que fait l’homme dans le langage parlé, la littérature, les sciences les lois et la religion. La culture
non matérielle ne pouvant être représentée de manière concrète, elle passe de génération en génération
par la transmission orale.

Mac Iver et bien d’autres penseurs ont utilisé ces 2 éléments pour faire la différence entre culture
et civilisation. Ils affirment que les aspects utilitaires incluant les objets et techniques concrètes se
réfèrent à la culture et les réalisations non concrètes à la civilisation.

3. Les us et coutumes

Selon FICHTERS, les us sont des comportements obligatoires d’une certaine société, des
modèles importants de base que l’on suit parce qu’on se sent obligé de faire ainsi. Ils sont essentiels
pour l’équilibre d’une société.

Exemple : les soins et le traitement judicieux des enfants sont si importants que le tueur
d’enfants ou la maman qui jette le bébé dans la latrine sont lourdement pénalisés par la société.

SUMMER considère les coutumes comme étant les voies et moyens de penser et d’agir
appliqués de manière automatique au sein d’un groupe pour satisfaire ou assurer ses besoins de survie.

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Ce sont des conventions appliquées depuis des générations auxquels de nouveaux éléments s’ajoutent
selon les besoins.
Ces coutumes déterminent les capacités adaptatoires de l’homme à son environnement. Du
point de vue, comparatif, les coutumes sont plus discrètes, relèvent des croyances et des
comportements alors que les us sont beaucoup plus contraignants.
La culture s’accommode ainsi des usages qui sont des expressions du comportement social
ayant des étiquettes et des conventions.

4. Culture et socialisation

Dans chaque société, la culture, les us et les coutumes sont les fondements de la vie
quotidienne de la population. Cette culture de base est la création des générations antérieures améliorée
et enrichie par les générations actuelles. Ainsi, l’homme crée des voies et moyens de vivre dans un
environnement spécifique auquel son groupe d’appartenance adhère.
Celui qui est à l’origine de sa culture doit vivre celle-ci en accord avec leur fondement ; ainsi,
l’homme est le créateur et la créature de sa culture.

La culture est un facteur commun à tous les groupes humains

 Elle est le facteur dominant de la formation et la classification de la personnalité sociale


 Elle est la marque qui différentie diverses sociétés, caractérisant de manière plus spécifique
les groupes mieux que la couleur de la peau et autre manifestations physiques ou
physiologiques.
 Elle rassemble, intègre et interprète les valeurs de la société.
 Elle donne l’une des plus importantes bases de la solidarité sociale.
 Elle relate et coordonne tous les domaines et comportement de la vie des individus dans un
groupe

La socialisation est donc un processus mutuel entre un individu et ses pairs dont la résultante est
l’acceptation et l’adoption des modèles de comportements sociaux. C’est un processus par lequel la
société transmet sa culture d’une génération à une autre. Elle développe la discipline individuelle afin
d’intégrer les aspirations et les valeurs spécifiques à une société et i et enseigne les rôles sociaux de
chaque individu dans son groupe.

5. L’identité culturelle.

Pour comprendre l’importance de l’influence de la culture sur la santé, il est bon d’en proposer
une autre définition encore. Dans une vision de la culture de type humaniste, la culture concerne
surtout les productions artistiques, littéraires ou philosophiques etc…
Une définition de type anthropologique montre qu’il n’existe pas de société ni même d’individu sans
culture (à moins que celui-ci n’ait bénéficié d’aucune expérience de socialisation depuis sa
naissance !).

Azevedo, jésuite brésilien, définit la culture comme « le dynamisme social particulier par
lequel un groupe humain vit, sent, entre en relation, s’organise, célèbre et communique la vie. La
culture donc se vit dans la réalité concrète de ses membres, dans leur manière d’être et de s’exprimer.
Le groupe culturel s’adapte à son environnement, établit ses relations, oriente et détermine le sens
qu’il donne à sa vie, à son action, à sa communication. »

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L'idée d'adaptation renvoie au fait qu'une culture est une réalité dynamique, sans cesse en
évolution et en équilibre mouvant. La culture est donc une manière d’être au monde, de le
comprendre, de l’humaniser, de communiquer et de s'organiser entre membres d’un groupe. Elle
représente une part importante de l’identité de la personne. En effet, le petit d’homme, à sa naissance,
est l’être vivant le plus dépourvu qui soit. Totalement dépendant de sa mère en tout, incapable de
saisir par lui-même le sein qui lui est proposé, il est soumis dès son premier cri à un apprentissage
culturel. Déjà, durant la vie intra-utérine, des éléments culturels lui ont été transmis par la façon dont
sa mère a vécu sa grossesse et a été en relation avec lui et avec son entourage (conception et accueil
de la vie, rapport au conjoint, rythmes d’activité, alimentation, relations à l’environnement). Par
exemple, il existe des différences notables entre la relation entretenue par un petit Africain pendant
les deux ans d’allaitement où il ne quitte pas sa mère et celle du petit Occidental parfois rapidement
mis en nourrice et tôt soumis aux tétées à heures fixes ! Leur perception de leur mère, de sa chaleur,
de son odeur, de leur corps (porté ou non sur le dos), le rapport à la nourriture, au temps, au plaisir,
au toucher, diffèrent profondément dès le plus jeune âge. On imagine les conséquences physiques,
psychiques et sociales que cette première socialisation entraîne.

IV. CULTURES ET MEDECINES


1. La place de la santé dans une culture.

Un système de santé forme, au sein d’un système culturel, un système symbolique constitué
de significations, de valeurs et de normes comportementales. Dans de nombreuses sociétés, on peut
distinguer trois sphères concentriques de soins sanitaires : le secteur populaire, le secteur traditionnel
et le secteur professionnel. Chacun de ses secteurs possède une approche spécifique des manières
d’expliquer et de traiter une maladie, de définir qui est le guérisseur et qui est le patient, ainsi que le
rôle de chacun. Dans certaines sociétés, le rôle d’un secteur peut être moindre ou avoir une
prédominance sur les autres.
Le secteur populaire concerne la famille ainsi que des réseaux sociaux plus larges, le
voisinage, le groupe professionnel, éventuellement une communauté. La maladie y est d’abord
considérée d’un point de vue familier. On fait appel à l’automédication, à l’avis de la famille, d’un
ami, parfois également à des groupes d’entraide ou de guérisons, qui peuvent être liés à l’appartenance
religieuse. L’interaction est informelle et parfois réciproque. Les rôles de patient et de soignant
peuvent s’inverser.
Le secteur traditionnel est déjà spécialisé. On définit souvent « la » médecine traditionnelle
par opposition à la biomédecine. Pourtant, tradition et modernité ne sont pas antinomiques. Ces deux
modèles thérapeutiques évoluent dans des registres différents et ne s’excluent donc pas l’un l’autre.
En outre, il existe une grande diversité de médecines dites « traditionnelles ». Celles-ci comprennent
de vrais spécialistes, qui ne font souvent pas partie des réseaux médicaux et sanitaires officiels, bien
qu’on tende à les reconnaître en Afrique (par exemple, les tradipraticiens au Mali)

2. La distinction émique/ éthique.

L'approche émique s'intéresse à la façon dont les gens pensent » (Kottak, 2006), la manière
dont ils perçoivent et catégorisent le réel, leurs règles de comportement, ce qui a du sens pour eux,
et comment ils imaginent et expliquent les choses. L'approche étique (ou scientifique) utilise au
contraire les catégories, explications et interprétations de l'anthropologue. Cette seconde approche

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part du principe que les membres d'une culture sont souvent trop impliqués pour interpréter leur
culture de manière impartiale. Dans le cadre d'une approche étique, l'ethnographe met l'accent sur
ce qu'il considère comme important.
Bien que les approches émique et étique soient parfois considérées comme fondamentalement
opposées, et l'on peut en préférer une à l'exclusion de l'autre, leur complémentarité pour la
recherche anthropologique a été largement reconnue, en particulier dans les domaines qui
s'intéressent aux caractéristiques de la nature humaine et aux systèmes sociaux.
« La connaissance et les interprétations émiques sont celles existant au sein d'une culture, et
qui sont "déterminées par les coutumes, sens et croyances locaux" et décrits au mieux par un "natif"
de cette culture. La connaissance étique se réfère à des généralisations sur le comportement humain
considérées comme universellement applicables, et fait généralement le lien entre des pratiques
culturelles et des centres d'intérêt du chercheur, comme les conditions économiques ou écologiques,
que les membres de la culture en question pourraient ne pas juger pertinents.»
Les approches émiques et étiques du comportement et de la personnalité humaine relèvent de
l'étude de l'anthropologie culturelle, qui affirme que les êtres humains sont façonnées par leurs
cultures et leurs sous-cultures, et que nous devons en tenir compte dans l'étude de leur personnalité.
Un compte-rendu émique est une description d'un comportement ou d'une croyance en des
termes pertinents (consciemment ou inconsciemment) pour l'acteur. Cela revient à dire qu'une
interprétation émique provient d'une personne au sein de la culture.
Un compte-rendu étique est une description d'un comportement ou d'une croyance par un
observateur scientifique extérieur (un étudiant ou un chercheur en anthropologie ou en sociologie,
par exemple), dans des termes qui peuvent être appliqués à toutes les cultures ; c'est-à-dire qu'une
interprétation étique vise à être « culturellement neutre », ce qui limite les biais ethnocentrique,
politique et culturel de l'observateur.
Lorsque ces deux approches sont combinées, on peut accéder au point de vue « le plus riche »
sur la culture ou la société considérée. Par elle-même, une approche purement émique aurait des
difficultés à appliquer des valeurs perçues comme universelles à une culture en particulier.
L'approche étique est utile alors en cela qu'elle permet aux chercheurs de considérer plusieurs
aspects d'une même culture, et d'appliquer leurs observations à des cultures du monde entier.

La distinction anglo-saxonne entre les termes :


- Disease ;
- Illness ;
- Sickness
 Le terme disease renvoie aux « anormalités dans la structure ou le fonctionnement des organes
ou du système physiologique et à un état organique ou fonctionnement physiologique. Il s’agit de la
maladie dans son acceptation biologique. Ex : le paludisme.
 Le terme illness évoque « la perception et les expériences vécues par l’individu relativement
aux problèmes de santé d’ordre biomédical ou à tout autre état physique ou psychologique
socialement stigmatisé ». Il correspond au vécu subjectif individuel, d’un état de perturbation
pathologique.
 Le terme sickness quant à lui correspond à la description de la maladie socialisée. Elle
correspond du fait qu’elle est abordée comme une représentation sociale et charge symbolique par
l’ensemble du groupe social et qu’elle soutient les modèles étiologiques et les comportements
préventifs ou de recherche d’aide.

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 Développement du terme SICKNESS

Définition : selon YOUNG 1982, le terme sickness est un processus à partir duquel, les signes de
perturbation biologique et/ou de comportement ont des significations socialement identiques.
Le terme sickness renvoie à une approche sociale de la maladie. En d’autre terme c’est une
représentation que la société se fait de la maladie.
Ce terme sickness est utilisé en corrélation avec la société c'est-à-dire dans un premier sens
qu’un comportement propre à un individu ne sera « sickness » que si, la société dans laquelle il se
trouve le perçoit ainsi, en fonction des faits sociaux propre à cette société et dans un second sens une
société qui a ses canaux, sa manière de penser, de faire, d’agir, de sentir, considérera un individu en
état de « sickness » si celui-ci ne respecte pas ou ne pratique pas des manières propres à cette société.
L’ethnologie a pris en compte dès ses débuts les représentations et pratiques populaires
relatives à la maladie et à ses traitements, en s’intéressant en particulier aux féticheurs, charmants,
prêtres, guérisseurs et autres spécialistes magico-religieux dont la pratique est de fortes composantes
thérapeutiques.

V. LES MYTHES ET LES CROYANCES

1/L’univers symbolique de l’homme négro Africain

Devant les forces de la nature et face a la misère de sa condition négro Africain trouve les explications
qui lui confère une vision du monde particulier. Il comprend que ses possibilités sont limitées mais
que la nature obéit à un ordre dont il n’a pas le contrôle. Depuis des temps immémoriaux, il s’s’est
définit un monde spirituel et un monde sensible.

1. Le monde spirituel

Pour l’africain il est composé de :

a) Dieu : C’est l’Être Suprême, créateur des hommes et de la nature. Il est inaccessible et les
hommes ne s’adressent pas directement à Lui.
b) Les Esprits : On les appelle souvent les génies ; ils peuvent être bons ou mauvais. Ils
contrôlent chaque élément de la nature pour jouir pleinement des éléments de la nature, il faudrait
d’abord s’adresser à eux, le dialogue avec eux peut être : des simples paroles, des prières,
(suppliques), des sacrifices, de la nourriture, de l’huile, du sang, des œufs, du lait etc…
c) Les Ancêtres : Ce sont les défunts de la famille ; hier vivants, ils ont eu une existence
remarquable par charisme particulier (grand guerrier, homme riche, femme ayant beaucoup procréé,
ancêtre, fondateur de la lignée familiale …) Aujourd’hui, ils veillent sur leur descendance.
De temps à autre, ils peuvent intervenir dans la vie de leurs descendants soit pour avertir d’un
danger, soit pour proposer une solution a un problème, soit pour prédire un évènement futur. Dans la
famille, il y a généralement une personne chargée de s’adresser à eux. Ils requièrent également
quelques sacrifices, leur principale voie de communication est le rêve à certains moments ils peuvent
se matérialiser en une forme quelconque.

2. Le monde sensible
2.1. Les intercesseurs sociaux
a) Les ainés : plus proches des ancêtres dont ils ont souvent partagé la même existence. Ils
jouissent d’une grande considération sociale. Certaines fonctions spirituelles leur sont confiées.

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b) Les sorciers : Ce sont les ondes du commun mais nanti d’un organe qui les pousse à accomplir
des actes maléfiques. Au Cameroun en fonction des cultures, cet organe peut s’appeler « L’EVU »
ou alors « HU ou EWUSU ». Ses personnes manipulent les mauvais esprits qui leur permettent
d’arriver à leur fin. Les sorciers travaillent à niveler la société par le bas. Ce sont des freins à
l’épanouissement sociale du développement.
c) Les hommes médécines : socialement ils sont chargés de contrer l’action des sorciers. Ils sont
également nantis du même organe que les sorciers, mais appartenant au même monde ils peuvent
mieux contrecarrer les actions qu’ils connaissent. Ils peuvent soigner des maux ayant une origine
naturelle et des maux provenant de l’action des sorciers. Ils jouissent de la société africaine d’une
grande considération leur action peut être curative ou préventive par divers blindages.
d) Les sociétés secrètes : Ce sont les regroupements d’hommes qui se constituent partenaires de
certaines forces de la nature. Certaines de ses sociétés établissent des alliances totémiques avec les
forces de la nature en guise d’exemple, on peut citer la société des hommes panthères chez les
« yassa » (sud Cameroun), la société « Kungang » (l’ouest Cameroun)

e) Les maitres des rituels initiatiques :

L’initiation est l’admission d’une personne ou d’un groupe à un enseignement pour accéder à
certains secrets. La sortie initiatique marque l’intégration de l’impétrant a un groupe et est souvent
caractérisé par des mutilations symboliques (la circoncision, l’excision, les tatouages…) Au
Cameroun quelques exemples de rituels initiatiques : Le SO’O (hommes), et le MEVUNGU(femmes)
chez les Béti et le NGI chez les Fangs.
L’initiation a un rôle pédagogique et religieux.

2.2. Les Vecteurs Spirituels

Ce sont les ingrédients que les intercesseurs sociaux utilisent pour communiquer avec les entités
spirituelles. Ses vecteurs sont les symboles.

Un Symbole : est la représentation sensible d’une réalité immatérielle. Exple : La tortue, la


colombe.
La Symbolique : est un ensemble de symbole relatif à une culture, à un système ou à une
religion. Exple : la symbolique chrétienne.
Un symbole n’a pas la même valeur, ni la même signification pour tout le monde. Des
symboles sont devenus universels juste parce que la culture dont ils sont les éléments est devenue
elle-même universelle. Ainsi un symbole est symbole de quelque chose pour quelqu’un. Exple : Chez
les bétis du Cameroun, l’arbre ESSINGAN véhicule une idée de puissance sacrée. La tortue est
symbole de la ruse, de l’intelligence.
Ces symboles n’ont pas simplement une signification théorique, ils interviennent efficacement
comme ingrédients dans diverses thérapies. En Afrique, il existe donc beaucoup de symboles.

a) La symbolique des couleurs


a.1. Le blanc : dans la plupart des traditions africaines, le blanc symbolise la mort. Les veuves
s’habillent souvent en blanc et dans certains dialectes on dit : « blanc comme un fantôme ». Le blanc
intervient dans certaines tribus en ce temps il symbolise la mort de la mort qui veut venir par la
maladie.

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a.2. Le rouge : couleur de sang qui est un liquide qui procure l’énergie vitale, le rouge
symbolise la vie ; c’est pourquoi les hommes médecines s’habillent souvent en rouge car dans leurs
rituels ils comptent rétablir la vie chez les malades.
a.3. Le noir : c’est la couleur de la nuit, le noir symbolise le mystère, la souffrance, l’épreuve.
Le blanc, rouge, noire représentent à eux seuls tout le mystère de la vie de l’homme.

b) La symbolique des nombres

Les nombres en Afrique sont chargés de signification symbolique dans la plupart des cultures.
Par exemple
 Le 1 : Représente la particularité, consacre le critère unique de quelque chose.
 Le 2 : Représente l’opposition, ambivalences et les dédoublements. Les choses vont de pair il
y a le bien et mal, la gauche et la droite, les évènements heureux et malheureux, la santé et la maladie,
la vie et la mort.
 Le 3 : Représente la production matérielle et spirituelle, le principe de la création.
 Le 4 : C’est le double de 2, un caractère mystique est lié à son usage. Ainsi, l’individu qui a
le don de la divination on dit qu’il a 4 yeux. 2 pour voir les choses physiques et 2 autres pour la réalité
invisible.
 Le 6 : Représente le choix à faire, l’indécision.
 Le 7 : Représente l’organisation, l’ordre normal des choses (les 7 jours de la semaine, les 7
notes de la gamme musicale, les 7 planètes principales de l’alchimie)
 Le 9 : Il représente la totalité, la plénitude. Le chiffre 9 incarne mieux cette réalité quand il
fait allusion aux 9 orifices du corps humain.

c) La symbolique des objets

Les objets interviennent dans de nombreux rituels en tant que partie représentante de tout. C’est
pourquoi en Afrique on ne laisse pas trainer les parties de son corps. On ramasse soigneusement les
bouts de ses ongles, ses cheveux, ses poils, le placenta d’une femme qui a accouché, un vêtement déjà
porté, une photo de vous …qui peuvent être des ingrédients pour être atteints.

d) La symbolique des gestes (Danses)

Les gestes interviennent comme adjuvants de la parole. Mais à eux seuls ils peuvent communiquer
la pensée humaine, pour les vivants et pour les esprits.
Exple : dans la symbolique chrétienne, la croix a connu une évolution dans sa signification.
Avant le Christ la croix représente un symbole instrumental de supplice (torture). Après la mort du
Christ, elle représente le statut des hommes, la victoire de Jésus sur les forces des ténèbres. Exécuté
quelque part par un initié, ce signe éloigne les entités spirituelles négatives.

VI. ITINERAIRE ET RECOURS THERAPEUTIQUE.

Chaque société a choisi des lieux et construit des établissements spécialisés à l’intérieur
desquels se déploient les démarches thérapeutiques conçus pour enrailler la maladie et favoriser la
guérison des patients atteints d’affection organique ou psychologique.

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Ces établissements selon leur vocation dans l’ensemble du réseau et leur taille comportent des
structures organisationnelles plus ou moins complexe et des catégories professionnelles plus ou moins
nombreux et diversifiées.
L’hôpital dont le fonctionnement suit le phénomène des grandes organisations industrielles
peut être conçu comme un système social quasi autonome, ayant sa culture propre, mais reflétant par
ailleurs, la culture de la société globale.
Les malades qui séjournent dans ces établissements de santé pour des périodes variables
doivent intérioriser les normes de comportements de ces milieux de vie afin de bénéficier pleinement
des efforts thérapeutiques.
La diversité des recours thérapeutiques est l’expression d’une offre de service diversifié et
d’un enchevêtrement complexe de système et des sous-systèmes médicaux que l’on peut opposer à la
relative homogénéité des systèmes « modernes » des pays occidentaux.
La complexité des itinéraires thérapeutiques des personnes malades est l’un des points
principaux mis en exergues dans les pays en développement.
Malgré la pluralité des services disponibles, les services de santé « modernes » semblent en
moyenne plus fréquemment utilisés. Cette pluralité va s’exprimer dans le marché des services utilisés.
Les formations sanitaires publiques ne constituant qu’une partie des choix thérapeutiques que les
personnes malades peuvent envisager.
Ces dernières peuvent habituellement s’adresser à plusieurs types de « praticien
traditionnels », à d’autres services dit modernes (Mission, Médecins ou Infirmiers, privés,
hôpitaux…) à divers vendeurs des remèdes de réseau formel et de réseau informel (pharmacie,
vendeur ambulant, boutique et/ou recours à une des multiples forme d’auto traitement.
La complexité des itinéraires thérapeutiques trouve leur origine dans l’extrême mobilité des
personnels qui, pour un même épisode de maladie, utilise le plus souvent plusieurs formes de thérapie
et de ressource de santé. C’est à croire que les malades effectuent au cours d’un même épisode de
maladie de fréquent « aller—retour » d’un praticien à l’autre.
Ces comportements traduisent une « fidélité très relative » à l’égard des fournisseurs de ces
services de santé.
L’utilisation de la diversité des structures sanitaires va ainsi traduire essentiellement les choix
des individus et les recours et itinéraires thérapeutiques seront particulièrement diversifiés.
L’opposition classique entre guérisseurs traditionnels et médecins fait de moins en moins sens
face aux multiples déclinaisons des spécialités biomédicales d’un côté et à l’ouverture croissante aux
médecines alternatives et complémentaires de l’autre.
L’étude ethno médicale des croyances liées à la maladie et aux pratiques des soins,
d’orientation surtout culturaliste, doit composer avec les modèles multifactoriels (économiques,
sociaux, culturels, politiques…) des déterminants de la santé et avec la santé globale

Importance de la dimension anthropologique de la perception de la santé et de la


maladie.

L’objectif est de mettre en valeur la façon dont l’identité d’une personne est modelée
culturellement et le rôle de premier plan que joue ce modelage dans le domaine de la santé, afin de
pouvoir le gérer dans une relation thérapeutique (cette notion étant prise dans un sens large). Le
concept d’identité culturelle ne renvoie pas seulement à l’identité ethnique, aux cultures étrangères.
La culture concerne les rapports entre un individu, les autres humains, le monde, éventuellement la
transcendance. Bref, il concerne l’ensemble des représentations qui colorent toute la perception du
réel comme de l’imaginaire. Par conséquent, la culture concerne aussi bien le niveau social que

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l’éducation, la profession, le sexe et même l’âge. Nous ne visons donc pas seulement l’accueil du
migrant, par exemple, ou de l’étranger, mais de toute personne avec son identité globale.

Pourquoi est-il important de considérer la culture d’un patient dans une relation
thérapeutique ?

Un patient est malade en fonction des représentations qu’il se fait de la santé et de la maladie,
et celles-ci sont en grande partie culturelles. La santé n’est pas qu’un état subjectif, une sensation
physique ou psychique, c’est aussi un fait social, un état construit, un fait de culture. C’est le groupe
social, en fonction de sa culture, donc de sa représentation du monde, qui définit le normal et le
pathologique. Il propose aussi des étiologies et des thérapies spécifiques selon les cas. Par conséquent,
un comportement peut être considéré comme pathologique dans une société donnée (par exemple la
transe dans les sociétés occidentales modernes) et normal dans une autre (par exemple, les transes
rituelles dans certaines sociétés africaines, comme celles qui pratiquent le vaudou (Togo, Bénin,
Ghana… exporté à Haïti ou au Brésil). Bien qu’exceptionnel, cet état est modelé culturellement et a
une fonction sociale et religieuse : c’est le signe de la transmission d’un message pour le groupe par
un esprit.
Un système de santé est le produit d’une culture. Chaque culture comporte une gestion de la
santé qui est marquée par sa vision de l’homme et de son rapport aux autres, au cosmos (à son
environnement naturel) et, éventuellement, à une réalité invisible, une transcendance, etc. Par
exemple, la médecine chinoise repose sur une perception énergétique du cosmos et de l’homme
(l’équilibre entre le yin et le yang), alors que la médecine tibétaine repose sur une conception, proche
de celle d’Hippocrate, de l’équilibre des humeurs. Par conséquent, il n’est pas exact d’affirmer qu’une
médecine est universelle (dans le cas, par exemple, de la biomédecine occidentale, qui s’est élaborée
à partir de la biologie et de la physique). Aujourd’hui, la prise de conscience de la diversité culturelle
entraîne à reconnaître les limites de toute culture ou de toute civilisation et à prendre en compte
l’existence d’autres conceptions de la santé qui ont permis à des groupes humains de traverser parfois
des millénaires (cf. la médecine issue des Védas en Inde, l’ayurvédisme).
Il est donc important d’être conscient qu’une représentation de la santé et de la maladie (un
système médical ou thérapeutique) repose (souvent inconsciemment) sur une conception de l’homme,
de son rapport aux autres, au cosmos et de son rapport à une transcendance. Notons que dans la
biomédecine, on ignore volontairement le rôle que pourrait jouer une croyance dans la transcendance
dans l’étude d’une pathologie (sauf en ethnomédecine). Par ailleurs, dans la conception africaine de
la santé, les causes des maladies sont très souvent personnalisées.
Quand une personne est gravement malade (ce terme est pris ici dans un sens large, elle ne se
sent pas dans la norme sur le plan de la santé, (comme cité ci-dessus) qu’elle vive un mal-être (illness)
aussi bien qu’elle est atteinte d’une maladie (disease), elle est généralement habitée par une
explication subjective de la cause de sa maladie. Or, cette explication repose sur les représentations
de la santé de sa culture, de son milieu, sur un certain type d’étiologie.

Les concepts de l'anthropologie médicale traduisent une volonté d'élargir l'analyse de la santé
et de la maladie - domaine privilégié du savoir médical- aux données populaires. Pour ce faire, deux
grandes distinctions sont utilisées dans l'analyse des comportements et des conceptions relatives à la
maladie : la distinction émique/éthique déjà expliquée ci-haut.

Diversité des conceptions de la santé

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La diversité des représentations de la santé est étudiée par l’ethnomédecine, l’anthropologie médicale
et d’autres sciences humaines. Ces sciences visent à rendre compte de la santé et de la maladie comme
une production sociale marquée par des représentations culturelles.

VII. ATTITUDES CULTURELLES FACE A LA SANTE, LA MALADIE ET LA MORT


1. Face à la santé

Dans les sociétés occidentales, la santé est un état de bien-être physique, mental et social.
Dans les sociétés africaines, la santé est considérée comme un état d’un individu qui lui permet de
vaquer à ses occupations. Pour l’africain, la notion de santé est également globale ; d’ailleurs dans la
plupart des dialectes africains, la santé s’exprime ou signifie paix, espoir, prospérité, harmonie,
concorde familiale.
Pour les africains, la maladie est un état de rupture de cette équilibre par une cause bien
précise. Compte tenue donc de la complexité de la notion de santé, une solution pour la maladie peut
donc venir du monde visible que de l’univers symbolique. Pour préserver la santé, les africains avaient
des solutions curatives et des solutions préventives.
La culture et les interactions sociales aident donc à développer une conception personnelle de
la santé. Chaque peuple a sa propre compréhension de celle-ci.
Exemple : chez certaines familles chinoises de type traditionnel, la santé est vue en terme de
flot d’énergie appelé yin-yang. Le yang est clair, positif, masculin alors que le yin est sombre, froid,
négatif et féminin. La maladie naît d’un déséquilibre entre le yin et le yang.
La situation socio-économique influence la notion personnelle de la santé ; une personne qui
n’a pas d’argent peut se considérer comme en santé lorsqu’elle souffre d’une grippe par exemple.
Les expériences antérieures, les attentes personnelles et les croyances influencent aussi la
notion de santé.

2. Face à la maladie

Il est de coutume de penser à la maladie en termes de germes pathogènes, de virus, de


dysfonctionnement d’un organe que l’on peut vérifier par des examens biologiques ou l’observation
clinique.
Du point de vue culturel, la maladie est tout autre chose ; c’est l’acceptation sociale que la
personne est incapable d’accomplir ses différents rôles sociaux de manière adéquate et que quelque
chose doit être fait pour remédier à la situation.

2.1 Les causes de la maladie


La maladie est une déviation de l’état de santé, une indisposition dont les causes sont
nombreuses. Malgré les pathologies classiques, chaque groupe social trouve une cause à chaque
maladie : violation d’un tabou, transgression d’une loi divine, esprits maléfiques, l’adaptation au rôle
sexuel (masturbation, les actions hétéro homosexuelles), l’action des pairs…. Ainsi, le malade est une
victime, l’objet d’agression ou de punition spécifique dirigée contre lui pour des raisons le
concernant.

2.2 Les façons de vivre la maladie

Dans les sociétés traditionnelles, Il y a une différence entre la maladie qui est un concept
pathologique et l’état de maladie qui est un concept culturel. Ainsi, les groupes sociaux définissent la
maladie de différentes façons parce que les symptômes d’une maladie acceptés ici peuvent être
méconnus ailleurs.

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La maladie dont l’expression est la douleur apparaît comme un fait culturel dans la mesure où
elle doit être définie, comprise à partir d’une société donnée. Par exemple, les vers intestinaux sont
considérés par certains groupes comme éléments nécessaires à la digestion, alors que d’habitude ils
sont assimilés à des éléments parasites, nuisibles donc capables de faire du mal.
Toute maladie a une signification et celle-ci est confrontée aux multiples interprétations, à
savoir : celle du soignant qui renvoie à la culture savante (savoir appris), celle du malade qui renvoie
à son vécu, c’est-à-dire à son enracinement dans une culture.
Par exemple, prenons le cas de cette femme chinoise émigrée du Viêt-Nam aux Etats-Unis en
1975. Elle vient consulter pour une sensation très douloureuse de poids de poitrine. Le médecin
américain pense à des troubles cardiaques, mais ceux-ci ne sont pas confirmés par les examens et
aucun traitement n’améliore l’état de la maladie.
Face à cet échec de la maladie savante, quel modèle explicatif pourrait-on tenter pour essayer
de comprendre ce qui arrive à cette femme ?
La démarche anthropologique ici consisterait à partir de la malade et non de la maladie en
essayant d’apprendre d’elle ce qui lui arrive. Peut-être qu’elle aurait connu une enfance difficile ?
Peut-être qu’elle aurait été maltraitée par son mari ? Peut-être, simplement pour avoir quitté son
pays ? il s’agit d’exploiter ces hypothèses pour saisir en désordre ce qui est un ordre pour la malade.
En effet, en Chine, les symptômes psychiatriques donnent en effet plus souvent lieu qu’en occident à
des symptômes corporels et l’expérience de la dépression passe souvent par des douleurs cardiaques,
alors que ce n’est pas le cas aux États-Unis ou en France. Dans ce sens, le vécu de la maladie dépend
du « modelage culturel ». C’est ce dernier qui permet à chaque individu de donner un sens à la
maladie.

2.3 Le sens que chacun donne à la maladie

La maladie constitue, un évènement malheureux qui menace et modifie sa vie. Dès lors, la
conception de la maladie n’est plus un simple rapport, mais un rapport à la société.

Etre malade, pour un individu, peut revêtir plusieurs significations

 La maladie peut apparaître comme une rupture avec tout ce qui relève de l’activité dans la
société. Dans ce cas, la maladie entraîne une destruction des liens sociaux.
 La maladie peut être considérée comme quelque chose qui « libère » des contraintes sociales.
Etre malade signifiera échapper aux devoirs sociaux qui étouffent l’individu.
 La maladie peut apparaître comme un « métier », surtout quand elle est chronique. Dans ce
cas, la maladie n’inclut aucun dysfonctionnement dans l’image du malade et son appartenance à la
société. Au contraire, cette situation lui permet de mieux revendiquer une reconnaissance sociale.
Donc, le sens que chaque individu donne à la maladie est strictement normatif, c’est-à-dire lié
à l’individu et dépassant le seul rapport au corps.

Le sens donné à la maladie dépend aussi des représentations que chaque individu a de la
maladie

Certains considèrent la maladie comme un phénomène exogène, c’est-à-dire extérieur à


l’individu et qui viendrait nuire à l’ordre des choses qu’est la santé. D’autres, en revanche, considèrent
la maladie comme quelque chose d’endogène, c’est-à-dire consubstantielle à chaque individu. Il serait
lui-même générateur de sa propre maladie. Le traitement pour le premier cas serait d’enlever ce qui

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s’est introduit dans le corps de l’individu par un procédé qui s’appelle la soustraction. Pour le
deuxième cas, il serait question de renforcer le corps pour qu’il résiste mieux à la production de sa
propre maladie par un système qui s’appelle l’addition.

2.4 Maladies et croyances

La manière de se représenter la maladie va aussi dépendre des systèmes de croyances dans


lesquels l’individu est impliqué. En effet, toutes les religions, qu’elles soient monothéistes ou pas,
accordent une importance au phénomène de la maladie, encore mieux au phénomène de la souffrance.

 Pour les catholiques, la souffrance et la maladie apparaissent comme des étapes conduisant
au salut, c’est-à-dire au Christ, qui par sa mort sur la croix a pris sur lui toutes les souffrances du
monde. Il est fait à la demande du patient, une « onction des malades » en cas de maladie dont le
pronostic est fatal. « L’onction des malades » apparait comme la dernière intervention en vue de la
guérison corporelle et spirituelle du malade.
 Pour les protestants, le Christ a vaincu la souffrance. De ce fait, il est présent au moment de
l’épreuve que traverse la malade. D’où ce soutien et cet accompagnement spirituel à travers la parole
de Dieu.
 Face à la maladie, le croyant orthodoxe doit garder courage parce que le Christ a été le premier
à souffrir et par ce fait même a emporté avec lui tous les effets néfastes du mal pour l’orthodoxe, la
souffrance et la maladie conduisent au salut.
 Pour le juif croyant, la maladie est épreuve (tel le témoignage du Livre de Job), mais Dieu
qui l’a imposé peut l’en guérir.
 Pour les musulmans, la maladie est envoyée par Dieu. C’est pour cela qu’il faut garder
patience et endurer la maladie, car au bout de cette épreuve il y a la récompense. Pour cette raison, le
malade musulman doit souscrire à un rituel contraignant.
 Le bouddhiste considère que l’homme est un être souffrant. C’est pourquoi, le malade doit
être soulagé par les pratiques médicales en cours par l’utilisation, au niveau de la douleur, des
antalgiques, mais reste opposé à ce qui abrège la douleur, comme par exemple les cocktails lytiques.
 Pour les témoins de Jéhovah, la maladie est la conséquence de notre imperfection due à notre
désobéissance au jardin d’Eden (paradis). La volonté de Dieu c’est de nous délivrer de toutes
souffrances pour restaurer en nous cette vie perdue. La maladie apparaît donc comme cette épreuve
qu’il faut supporter. C’est pour toutes ces raisons que le témoin de Jéhovah souscrit à un rituel
reposant pour l’essentiel, sur une série d’interdits quand il est malade. Ce qui fait que chaque témoin
de Jéhovah porte sur lui des interdictions médicales comme le refus de recevoir le sang.
Ainsi, pour expliquer le comportement d’un malade, il faut le relier à son système de croyances,
c’est-à-dire à la représentation qu’il a de la maladie. Si pour lui la maladie relève de la perte, le soin
consistera à ajouter ce qui lui est enlevé par des pansements, des piqûres. Dans ce contexte, proposer
un régime sans sel risque de rencontrer une grande hostilité par exemple.

En somme, la lecture anthropologique de la maladie suppose un contexte c’est-à-dire le lieu de


vie de cette personne qui souffre et qui est malade ;

 Une lecture du temps, c’est-à-dire à quel moment de l’histoire de sa vie cette maladie
survient.
 Le fait d’être un homme ou une femme, c’est-à-dire quel sens et quelle signification
l’individu donne à la maladie selon le genre (homme ou femme)

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 Le fait d’être croyant ou non croyant, c’est-à-dire quelles représentations l’individu a-
t-il de sa maladie
C’est à partir de ces « variables culturelles » ou mieux de ce « modelage culturel » que le
soignant peut aider le soigné à retrouver ce que MF Collière appelle les « liens de signification », c’est-
à-dire ce qui fait sens.
3. Face à la mort
La mort est une notion à la fois simple et complexe. C’est la fin d’une personne, d’une chose,
d’un processus, d’une fonction. Elle est considérée comme la dernière étape de la vie. C’est le passage
obligé pour entrer dans une seconde vie.
Tout ce que l’africain fait entre dans la lutte permanente entre la vie et la mort. Pour lui, la vie
est un bien précieux qui, doit être conservée le plus longtemps possible. La richesse pour l’africain
c’est l’Homme, l’homme en pleine possession de la vie. Quand la mort intervient, elle vient rompre
un ordre social est pourquoi l’africain cherche à trouver une explication à ce drame social. Diverses
pratiques existent pour trouver la cause de la mort et l’éradiquer :
Les ordalies par exemple étaient organisées pour prouver la culpabilité ou l’innocence d’un
coupable. Cette pratique ne visait pas à tuer intentionnellement, mais à obtenir la vie en procurant la
mort à la cause de la mort.
En occident, la mort a pris la place de la sexualité c’est-à-dire un interdit majeur. C’est un
sujet tabou qui réveille les émotions, c’est un sujet générateur d’angoisse qui nourrit les fantasmes.
Pour les chrétiens, l’au-delà c’est le paradis ou l’enfer ; le paradis est le retour dans l’Eden
originel qui s’appuie sur l’immortalité de l’âme à travers la capitalisation des vertus. L’enfer est le
séjour des âmes qui ont capitalisé beaucoup de défauts.
Pour le judaïsme, l’au-delà est une notion relativement imprécise. L’immortalité de l’âme
existe mais on ne parle pas de paradis ou d’enfer. Les âmes des morts sont en quelque sorte en réserve.
Pour l’islam, la résurrection physique à la fin des temps est évoquée dans de nombreux
passages du Coran. Pour le musulman, la mort ne doit pas faire peur car il s’attend à celle-ci à tout
moment ; le paradis et l’enfer existent bel et bien, cependant, on ne doit jamais se donner la mort ni
ôter la vie à autrui.
Dans la vie, la seule certitude, c’est la mort. C’est le seul évènement qui qui rassemble pauvres
et riches, blancs et noirs, croyants et athées, ignorants et intellectuels.
Pour certaines personnes, la mort arrive soudainement ou trop tôt ; pour d’autres, elle arrive
après une longue période d’attente.
Cependant, pour tous, sa présence rappelle la précarité de l’existence et l’inévitable
séparation. Même si la mort reste l’évènement par lequel nous mesurons la valeur de l’existence, elle
est rarement sujet de réflexion ou de partage.
Instinctivement, l’homme moderne se tient à l’écart de la confrontation avec la mort ; à cause
de cela, il ne vit pas pleinement sa vie.
En réalité, la vie et la mort sont comme les faces d’une même pièce de monnaie. Chaque
naissance est pleine de mort et chaque mort pleine de vie. La sagesse consiste à vivre pleinement sa
vie tout en contemplant la mort à venir ; à être pleinement conscient que nous allons mourir tout en
appréciant le don de chaque jour.

4. Le personnel de santé et l’anthropologie


L’anthropologie étudie l’homme dans tous ses états, sous toutes les latitudes le personnel
soignant doit soigner l’homme dans tous ses états sous toutes ses latitudes, il y est astreint le serment
de Florence. Compte tenu de la diversité culturelle, le personnel de santé de savoir que le patient dont

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il s’occupe appartient à une culture et qu’il peut avoir une explication culturelle à ce qui lui arrive.
Les diverses considérations sociales ne devraient pas influencer les comportements d’un personnel
de santé, il devrait éloigner de son jugement toutes les données de l’ethnocentrisme, ou de
l’évolutionnisme. Cependant, il s’efforcera de prodiguer des soins culturellement adaptés.

CONCLUSION
Depuis longtemps, l’anthropologie s’intéresse aux fondements culturels de la maladie, des
comportements relatifs à la santé et aux soins. Les concepts et les méthodes de l’anthropologie
médicale peuvent contribuer à comprendre les problèmes de la médecine interculturelle pour mieux
les résoudre. Sans être l’obstacle, l’anthropologie médicale peut contribuer au développement d’un
cadre conceptuel qui garantit que le caractère unique de la maladie dans ses manifestations tant
socioculturelles que personnelles est au centre de l’attention du soignant.
L’anthropologie sera amenée à relever dans les années à venir si elle souhaite conserver une
position de premier plan dans le champ de plus en plus encombré des rapports entre société, politique,
économie, culture et santé. Au cours des dernières décennies, sociologues, psychologues,
politologues, économistes, géographes, voire philosophes et éthiciens de la santé investissent ce
champ qui prend d’ailleurs une importance stratégique. Les quelques défis identifiés ici n’ont rien de
bien nouveau pour les anthropologues de la santé.

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