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Cad Dih

Le document traite du droit international humanitaire (DIH), qui vise à protéger les personnes non impliquées dans les conflits armés et à limiter les méthodes de guerre. Il présente les principes fondamentaux du DIH, les conventions de Genève, ainsi que les enjeux de la préservation de l'espace humanitaire. Enfin, il souligne l'importance de la distinction, de la proportionnalité et de la précaution dans la conduite des hostilités.

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Le document traite du droit international humanitaire (DIH), qui vise à protéger les personnes non impliquées dans les conflits armés et à limiter les méthodes de guerre. Il présente les principes fondamentaux du DIH, les conventions de Genève, ainsi que les enjeux de la préservation de l'espace humanitaire. Enfin, il souligne l'importance de la distinction, de la proportionnalité et de la précaution dans la conduite des hostilités.

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DROIT INTERNATIONAL

HUMANITAIRE ET PRINCIPES
HUMANITAIRES
OBJECTIFS DES SESSIONS

SESSION 1: DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE


■ Savoir identifier les textes de référence du DIH dans l’action humanitaire;
■ Savoir identifier les cadres juridiques pertinents du DIH qui s’appliquent
dans un contexte donné

SESSION 1: PRINCIPES HUMANITAIRES


■ Identifier et comprendre les principes humanitaires et leurs enjeux pour
les ONG et acteurs de la solidarité internationale dans les contexte
d’intervention
■ Reconnaître le principe de : Ne pas Nuire (Do No Harm) et son
application dans les actions humanitaire
SESSION 1:
QU’EST-CE QUE LE DROIT
INTERNATIONAL HUMANITAIRE ?
↗ Le droit international humanitaire (DIH) est un ensemble de règles qui,
pour des raisons humanitaires, cherchent à limiter les effets des conflits
armés.

↗ Il protège les personnes qui ne participent pas, ou ne participent plus,


directement ou activement aux hostilités, et restreint le choix des
moyens et méthodes de guerre. Le DIH est également appelé « droit de
la guerre » ou « droit des conflits armés ».

↗ Il est une partie du droit international public, lequel est essentiellement


constitué de traités, du droit international coutumier et des principes
généraux de droit (voir l’art. 38 du Statut de la Cour internationale de
Justice).

↗ Le DIH fait partie du droit international qui régit les relations entre États.
Ce dernier est formé d'accords conclus entre États, appelés traités ou
conventions, de la coutume internationale, constituée par la pratique
des États reconnue par eux comme étant obligatoire, ainsi que des
principes généraux du droit.
DIH et les principes du droit international public
énoncés dans la Charte des Nations Unies
Il est important de faire une distinction entre le DIH (jus in bello) et les principes du droit
international public énoncés dans la Charte des Nations Unies (jus ad bellum).

DIH (jus in bello) principes du droit international public énoncés


dans la Charte des Nations Unies (jus ad bellum)

↘ Réglemente la conduite des ↘ Déterminent si un État peut légitimement


parties à un conflit recourir à la force armée contre un autre État
armé

↘ Le DIH ne stipule pas si le début ↘ La Charte prohibe un tel emploi de la force, à


d’un conflit armé était légitime ou deux exceptions près : en cas de légitime
non, défense contre une attaque armée, et lorsque
mais cherche plutôt à réglementer l’emploi de la force armée est autorisé par le
le comportement des parties une Conseil de
fois qu’il a commencé. sécurité des Nations Unies
Les 7 règles fondamentales qui sous-tendent les Conventions de
Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels de 1977 et 2005

1) Les personnes hors de combat et celles qui ne prennent pas


directement part aux hostilités ont droit au respect de leur vie et de leur
intégrité tant morale que physique. Elles doivent en toutes
circonstances être protégées et traitées humainement, sans distinction
de caractère défavorable.
2) Il est interdit de tuer ou de blesser un ennemi qui se rend ou qui est hors
de combat.
3) Les blessés et les malades doivent être recueillis et soignés par celle des
parties au conflit dont ils relèvent. La protection couvre aussi les
personnels de santé, ainsi que les structures médicales, les moyens de
transport et l’équipement sanitaires. Les emblèmes de la croix rouge et
du croissant rouge symbolisent cette protection et doivent être
respectés
Les 7 règles fondamentales qui sous-tendent les Conventions de
Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels de 1977 et 2005
(Suite)
4) Les combattants capturés et les civils se retrouvant sous l’autorité
d’une partie adverse ont droit au respect de leur vie, de leur dignité,
ainsi que de leurs droits individuels et de leurs convictions. Ils doivent
être protégés contre tout acte de violence ou de représailles. Ils ont le
droit de correspondre avec leurs proches et de recevoir des secours.
5) Toute personne bénéficie de garanties fondamentales en matière
judiciaire. Nul ne peut être tenu responsable d’un acte qu’il ou elle n’a
pas commis. Nul ne peut être soumis à la torture physique ou mentale,
à des peines corporelles ou à un traitement cruel ou dégradant.
Les 7 règles fondamentales qui sous-tendent les Conventions de
Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels de 1977 et 2005
(Suite)

6) Les parties à un conflit et les membres de leurs forces armées n’ont pas
un choix illimité en ce qui concerne les méthodes et moyens de guerre.
L’emploi d’armes ou de méthodes de guerre qui sont de nature à
causer des maux superflus ou des souffrances inutiles est prohibé.
7) Les parties à un conflit doivent en tout temps faire la distinction entre la
population civile et les combattants afin d’épargner les personnes et les
biens civils. Les attaques ne doivent viser que des objectifs militaires.
QUELLES SONT LES ORIGINES DU DIH ?
QUELLES SONT LES ORIGINES DU DIH ?

Le DIH peut aujourd'hui être considéré comme un droit véritablement


universel.
↘ Les origines du DIH remontent aux règles énoncées par les civilisations
anciennes et les religions. La guerre a toujours connu certaines lois et
coutumes.
↘ La codification du DIH au niveau universel a commencé au XIXe siècle.
Depuis, les États ont accepté
↘ un ensemble de règles fondées sur l'expérience amère de la guerre
moderne et représentant un équilibre minutieux entre les préoccupations
humanitaires et les exigences militaires des États.
↘ À mesure que la communauté internationale s'est élargie, un nombre
croissant d'États ont contribué à son développement.
QUELLES SONT LES ORIGINES DU DIH ? : Un peu d’histoire
■ La signature de la Convention pour l’amélioration du sort des militaires
blessés dans les armées en campagne en 1864 constitue la première
pierre du droit international humanitaire (DIH). Sous l’influence de la
bataille de Solferino, Henri Dunant propose la création d’un traité de droit
humanitaire. Il propose aussi la création de la Croix-Rouge, l’organisation
précurseur de l’actuel Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
■ En 1899 la Convention de la Haye, qui élargit la protection des soldats
blessés à une guerre maritime, est adoptée lors de la Conférence
internationale de la Paix, ainsi que la Convention (II) concernant les lois et
coutumes de la guerre sur terre.
■ En 1907, deuxième Conférence de la Haye, la IV Convention (Lois et
coutumes de la guerre sur terre) adoptée.
Les Conventions de la Haye contiennent, contrairement aux Conventions de Genève, des
règles qui limitent les moyens de guerre, principalement les armes, et les méthodes de
guerre, comme certaines tactiques militaires.
QUELLES SONT LES ORIGINES DU DIH ? : Un peu d’histoire (Suite)

■ En 1929: Une Convention de Genève règle la protection des prisonniers


de guerre.
■ 1949: Après la deuxième guerre mondiale, les quatre Conventions de
Genève sont adoptées
■ 1977: Les deux Protocoles additionnels de la Conventions de Genève
■ 2005 : Un troisième Protocoles additionnels de la Conventions de
Genève (Cet instrument consacre un emblème additionnel - composé
d'un cadre rouge, ayant la forme d'un carré posé sur la pointe, sur fond
blanc - communément appelé le cristal rouge)
Les sources du DIH: De Solferino aux Conventions de Genève

Publication du livre : Un souvenir de Convention II de La Haye


Solferino (Henri Dunant)

1859 1864 1929

1862 1899

Bataille de Solferino 1ère Convention de Genève 1929: 2 Conventions


QUELLES SONT LES SOURCES
CONVENTIONNELLES DU DIH ?
Les quatre Conventions de Genève de 1949 (CG I, II, III et IV)
et Les Protocoles additionnels

↘ Les quatre Conventions de Genève de 1949 (CG I, II, III et IV), qui ont
fait l’objet d’une adhésion ou d’une ratification universelle, constituent
la pierre angulaire du DIH.
Elles ont été enrichies par :
↘ Les Protocoles additionnels I et II de 1977 (PA I et PA II) relatifs à la
protection des victimes des conflits armés internationaux et non
internationaux, respectivement
↘ Le Protocole additionnel III de 2005 (PA III), relatif à l’adoption d’un
signe distinctif additionnel, l’emblème du cristal rouge.
Les autres traités internationaux

Il existe d’autres traités internationaux interdisent l’emploi de certains


moyens et méthodes de guerre, et protègent certaines catégories de
personnes ou de biens contre les effets des hostilités :

↘ Le Protocole de 1925 concernant la prohibition d’emploi à la guerre de


gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques ;

↘ La Convention de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de


conflit armé, et ses deux Protocoles de 1954 et 1999 ;

↘ La Convention de 1972 sur l’interdiction de la mise au point, de la


fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques)
ou à toxines et sur leur destruction
[Link]
des-armes-bacteriologiques-et-sur-leur-destruction ;
Les autres traités internationaux (Suite)

↘ La Convention de 1976 sur l’interdiction d’utiliser des techniques


de modification de l’environnement à des fins militaires ou toutes
autres fins hostiles
[Link]
linterdiction-dutiliser-des-techniques-de-modification-de

↘ La Convention de 1980 sur l’interdiction ou la limitation de l’emploi


de certaines armes classiques qui peuvent être considérées
comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme
frappant sans discrimination (Convention sur certaines armes
classiques) et ses cinq Protocoles de 1980 (I, II et III), 1995 (IV) et
2003 (V)4 ;
↘ La Convention de 1993 sur l’interdiction de la mise au point, de la
fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur
leur destruction
Les autres traités internationaux (Suite)

↘ La Convention de 1997 sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de


la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur
destruction;
↘ Le Protocole facultatif de 2000 se rapportant à la Convention relative
aux droits de l’enfant, concernant l’implication d’enfants dans les
conflits armés ;
↘ La Convention internationale de 2006 pour la protection de toutes les
personnes contre les disparitions forcées ;
↘ La Convention de 2008 sur les armes à sous-munitions.
Le droit coutumier comme source du DIH

Outre les traités, le droit coutumier reste une source importante de DIH.
↘ Le droit international humanitaire coutumier (DIHC) découle d’une «
pratique générale acceptée comme étant le droit ». En principe, le
DIHC lie tous les États et, dans les conflits armés non internationaux, les
parties non étatiques au conflit.
↘ Il peut combler les lacunes lorsque le DIH conventionnel n’est pas
applicable (par exemple, en raison d’un niveau insuffisant de
ratification ou si les critères d’applicabilité des traités ne sont pas
remplis),
↘ ou lorsque le droit conventionnel est moins développé, comme c’est
le cas pour les conflits armés non internationaux.
LE CHAMP D’APPLICATION DU DIH ET
ENJEUX :
Trouver le juste équilibre entre nécessité
militaire et humanité
La préservation de l’espace humanitaire

↘ Espace humanitaire : «environnement opérationnel dont ont besoin les


acteurs humanitaires sur le terrain pour avoir pleinement accès aux
victimes, pour être capables de distribuer l’aide et pour offrir une
protection sans mettre en danger la sûreté et la sécurité des travailleurs
humanitaires »
↘ (Consensus humanitaire européen, adopté par l’Union européenne en
décembre 2008). consensus_fr.pdf ([Link])
↘ Le DIH est un compromis entre deux principes – celui de nécessité
militaire et celui d’humanité – qui le sous-tendent et qui façonnent
l’ensemble de ses règles.
↘ En vertu du principe de nécessité militaire, les parties à un conflit ne
peuvent recourir qu’aux méthodes et moyens nécessaires pour
atteindre l’objectif militaire légitime d’un conflit, qui ne sont pas
autrement interdits par le DIH.
La préservation de l’espace humanitaire (Suite)

↘ Le degré et le type de force auxquels les parties peuvent recourir sont


par conséquent limités à ce qui est nécessaire pour vaincre l’ennemi
dans les délais les plus brefs, avec le moins de pertes humaines et
matérielles possible.
↘ Le principe d’humanité interdit aux parties à un conflit d’infliger des
souffrances ou des destructions qui ne sont pas nécessaires pour
atteindre l’objectif légitime d’un conflit.

Le DIH vise ainsi à protéger les civils durant les conflits en réglementant la conduite des
hostilités, c’est-à-dire la manière dont les parties à un conflit armé mènent leurs
opérations militaires. Il s’appuie sur trois principes (Les principes de Distinction,
proportionnalité et précaution) que nous verrons par la suite.
LES PRINCIPES DU DIH:
DISTINCTION, PROPORTIONNALITÉ ET
PRÉCAUTION
Le principe de Distinction

Les parties doivent en tout temps faire la distinction entre les civils et les
biens civils, d’une part, et les combattants et les objectifs militaires,
d’autre part.
En d’autres termes, une partie à un conflit armé ne peut diriger ses
attaques que contre des combattants et des objectifs militaires.

Les attaques directes contre des civils ou des biens civils sont prohibées.
De même, les attaques sans discrimination (c’est-à-dire les attaques qui
ne visent pas un objectif militaire précis ; qui font appel à une méthode
ou un moyen de guerre qui ne peut viser un objectif militaire précis ; ou à
une méthode ou un moyen de combat dont les effets ne peuvent être
limités comme l’exige le DIH) sont interdites
Le principe de proportionnalité

Les blessures causées à des civils, ainsi que les pertes humaines et
matérielles occasionnées à la population civile, ne doivent pas être
excessives par rapport à l’avantage militaire direct et concret
attendu de l’attaque.
Le principe de précaution

es parties doivent veiller en permanence à épargner les civils et les biens


civils durant les opérations militaires. Cela peut impliquer de vérifier par
deux fois qu’une cible est bien un objectif militaire ou de prévenir
efficacement la population civile avant de lancer une attaque.
La mise en place du DIH après un CA

■ Compétence universelle : Il s’agit d’un mécanisme permettant aux


Etats de poursuivre une personne soupçonnée d’avoir commis une
infraction grave si:
→ crimes ont été commis sur le territoire de cet Etat,
→ Ou si la personne soupçonnée est de la nationalité de cet Etat,
→ Ou si la victime de la violation alléguée est de la nationalité de cet État
■ Juridiction universelle : La Cour pénale internationale (CPI)
■ Tribunaux pénaux internationaux
La Juridiction universelle : la CPI

■ Depuis 2002, existe une juridiction universelle, c’est-à dire dont la juridiction
n’est pas limitée dans l’espace ou dans le temps : la CPI , instituée par le
Statut de Rome (adoptéen1998);
■ Cette Cour, qui siège à La Haye, a compétence pour trois sortes de crimes :
→ Les crimes de génocide,
→ Les crimes contre l’humanité
→ et les crimes de guerre.
■ Sa compétence est subsidiaire par rapport aux Etats : elle n’est habilitée à
poursuivre une personne que si l’Etat concerné ne l’a pas déjà fait et n’a
pas l’intention ou la capacité de le faire;
■ De plus, elle ne juge que les personnes accusées des crimes les plus graves.
Actuellement, situations en: Ouganda, RDC, Darfour (Soudan),Centrafrique
et Kenya…
Le droit international coutumier

■ Le droit international humanitaire coutumier vient compléter la


protection prévue par le droit conventionnel international humanitaire
dans les situations de conflit armé.
■ Le droit international conventionnel ne lie que les États qui sont parties
à un traité particulier ; le droit international coutumier, lie tous les Etats.
Tandis que certains traités du droit international humanitaire, tels que
les Conventions de Genève de 1949, sont aujourd’hui universellement
ratifiée, ce n’est pas le cas pour tous les traités.
■ Le droit international humanitaire coutumier peut donc être utilisé
pour combler les lacunes dans la protection qu'apporte le droit
international humanitaire aux victimes de la guerre.
Le Droit International des Droits de l’Homme (DIDH)
■ Le DIDH est l’ensemble des droits et des libertés fondamentales
appartenant à tout homme et dont le respect s’impose à l’Etat.
■ Ils sont UNIVERSELS: s’appliquent à tout le monde, garantis par la loi sous
forme de Traités, de Droit Coutumier…Tous les hommes ont le droit
d’exercer ses droits sans discrimination. Certains droits peuvent être
limités dans leur exercice : liberté de circulation.
■ Ils sont INALIENABLES : ne peuvent être abrogés
■ Ils sont liés et INTERDEPENDANTS : le droit à la santé ne peut-être garanti
si le droit à l’eau potable n’est pas garanti.
→ Droit à la Vie
→ Interdiction de la torture et de traitements inhumains et dégradants
→ Interdiction de l’esclavage
→ Droit à un procès équitable
→ Liberté de pensée, de conscience, de religion
CES DROITS SONT INDEROGEABLES
La Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH)

■ La DUDH est une déclaration et par conséquent n’est pas un


document législatif.
■ Cependant, elle est encore utilisée comme un document de référence
pour le droit international des droits de l’homme.
La Charte internationale des droits de l’homme
DROIT DES RÉFUGIÉ ET DISTINCTION
AVEC LES PERSONNES DÉPLACÉES
INTERNES (PDIs)
Qui est considéré comme un réfugié ?
■ Le droit des réfugiés est un ensemble de droit dynamique, nourri par le
but et l’objet de la Convention de 1951 et de son Protocole de 1967,
ainsi que par les évolutions dans les domaines connexes du droit
international, tels que les droits de l’Homme et le droit international
humanitaire.
■ La définition fondamentale et universelle de réfugié, applicable aux
États, est énoncée à l'Article 1 (A) (2) de la Convention de 1951, telle
qu'amendée par son Protocole de 1967
■ Les définitions de réfugié sont déclaratoires, c'est-à-dire que les
personnes doivent être considérées comme réfugiées jusqu'à ce qu'il
en soit déterminé autrement ; elles s'appliquent à toutes les situations, y
compris les urgences
■ A consulter : Convention sur le statut des réfugiés (1951), Protocole de New York sur le statut des
réfugiés (1967); Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains
ou dégradants (1984); Déclaration de Carthagène (1984), OAU (Convention de l’Organisation
de l’Unité Africaine) (1969)
La Convention de 1951 et son Protocole de 1967

La définition fondamentale et universelle de réfugié, applicable aux États,


est énoncée à l'Article 1 (A) (2) de la Convention de 1951, telle
qu'amendée par son Protocole de 1967, qui définit le réfugié comme
quelqu'un qui :
« En raison de la crainte bien établie d'être persécuté pour des raisons de
race, religion, nationalité, appartenance à un groupe social particulier ou
pour des raisons d'opinion politique, se trouve hors du pays dont il est
citoyen ou qui, en raison d'une telle crainte, évite de se prévaloir de la
protection de ce pays ; ou encore qui, étant apatride et se trouvant hors
du pays de sa résidence habituelle, antérieure, ne peut pas y retourner ou
qui, en raison de ses appréhensions, ne souhaite pas le faire. »
L'Article I (2) de la Convention de 1969 de l'OUA
En Afrique, l'Article I (2) de la Convention de 1969 de l'OUA, régissant les
aspects spécifiques des problèmes des réfugiés en Afrique, un instrument
juridique contraignant ouvert à tous les États membres de l'Union
africaine, élargit la définition du réfugié à :
« toute personne qui, en raison d'une agression extérieure, d'une
occupation, d'une domination étrangère ou d'évènements ayant
sérieusement porté atteinte à l'ordre public dans une partie quelconque
ou l'ensemble de son pays d'origine ou le pays dont elle est citoyenne, est
contrainte de quitter son lieu de résidence habituel pour trouver refuge
ailleurs, hors de son pays d'origine ou du pays dont elle détient la
nationalité » ;
La Conclusion III de la déclaration de Carthagène de 1984

En Amérique latine, la Conclusion III de la déclaration de Carthagène de


1984, un instrument non contraignant, néanmoins incorporé dans le cadre
juridique national de nombreux pays d'Amérique centrale et du Sud, élargit
la définition du réfugié aux :

« personnes ayant fui leur pays en raison de menaces à leurs vies, leur
sécurité ou leur liberté, dues à la violence généralisée, une agression
extérieure, des conflits internes, des violations massives des droits humains
ou à d'autres circonstances ayant sérieusement perturbé l'ordre public »
DROIT DES RÉFUGIÉ:
Le principe de non-refoulement et les
Réfugiées situation irrégulière dans le
pays d’accueil
Le principe de non-refoulement

■ Le principe de non-refoulement (Article 33) : Le non-refoulement est un


principe du droit international coutumier.
→ Le fait d'être réfugié assure à la personne un certain nombre de droits
(réservés aux réfugiés), y compris le droit de ne pas être renvoyé dans son
pays d'origine

→ L’article 33 s’applique aux réfugiés, qu’ils aient ou non été officiellement


reconnus, et aux demandeurs d’asile. Pour ces derniers, cette disposition
s’applique jusqu’à ce que leur statut soit déterminé, de manière définitive,
à l’issue d’une procédure équitable.
Les Réfugiées situation irrégulière dans le pays d’accueil

L’article 31 stipule que : Les Etats contractants n'appliqueront pas de


sanctions pénales, du fait de leur entrée ou de leur séjour irréguliers, aux
réfugiés qui, arrivant directement du territoire où leur vie ou leur liberté
était menacée, entrent ou se trouvent sur leur territoire sans autorisation.
DISTINCTION ENTRE RÉFUGIÉ ET
PERSONNES DÉPLACÉES INTERNES :
Déplacé internes (PDIs)
Nous avons déjà abordé la question des réfugiés dans les présentations
précédentes. C’est pour quoi nous aborderons directement celle des PDIs.
Les Personnes déplacés internes sont des :
■ Personnes ou [des] groupes de personnes qui ont été forcés ou contraints à fuir
ou à quitter leur foyer ou leur lieu de résidence habituel, notamment en raison
d’un conflit armé, de situations de violence généralisée, de violations des droits
de l’homme ou de catastrophes naturelles ou provoquées par l’homme ou
pour en éviter les effets, et qui n’ont pas franchi les frontières
internationalement reconnues d’un Etat.
[Link]
personnes-linterieur-de-leur-propre-pays
■ La définition mentionne certaines des causes principales du déplacement
interne, comme les conflits armés, la violence, les violations des droits de
l’homme et les catastrophes. La liste n’est pas exhaustive; l’expression «
notamment » signifie que cela n’exclut pas que d’autres situations puissent
répondre aux deux critères clés du déplacement involontaire à l’intérieur de
son pays.
Déplacé internes (PDIs)
■ La définition des PDIs est une définition descriptive plutôt que juridique. Elle
décrit simplement la situation factuelle d’une personne qui est déracinée à
l’intérieur de son pays de résidence habituelle. Elle ne confère pas un statut
juridique ou des droits spéciaux comme le fait la reconnaissance en tant
que réfugié.
■ Les PDIs continuent de bénéficier de tous les droits et garanties en tant que
citoyens ou autres résidents habituels d’un Etat particulier
■ L’accent mis sur la situation des PDIs et le fait de travailler à renforcer leur
protection n’ont pas pour but de les privilégier par rapport à d’autres
groupes; ils ont les mêmes droits que les autres dans leur pays.
■ Ils sont souvent exposés aux mêmes risques que les autres civils pris dans un
conflit, qui ont aussi besoin de protection. Cependant, le déplacement
interne créé aussi des risques en matière de protection distincts et accrus.
Ceux-ci doivent être bien compris et pris en compte pour que les droits des
PDIs soient protégés en même temps que ceux des autres civils.
SESSION 2 :
LES PRINCIPES HUMANITAIRES
LES PRINCIPES HUMANITAIRES :
Un impératif dans les actions de
solidarité internationale
Les principes humanitaires : un impératif dans les actions de
solidarité internationale
À la base de toute action humanitaire se trouvent les principes
d'humanité, d'impartialité, de neutralité et d'indépendance.
Ces principes, tirés du droit humanitaire international, ont été adoptés
par les Nations unies en vertu des Résolutions 46/182 et 58/114 de
l'Assemblée générale.
Leur reconnaissance universelle et leur pertinence sont aussi reprises par
le Code de conduite des mouvements de la Croix-Rouge internationale
et du Croissant-Rouge et des Organisations non gouvernementales,
dans Aide aux désastres et Norme humanitaire fondamentale de
qualité et redevabilité.
Les principes humanitaires : un impératif dans les actions de
solidarité internationale
■ L'action humanitaire, comme son nom l'indique, est motivée par le
principe d'humanité, et la volonté de soulager la souffrance humaine.
■ Sans chercher à tirer un avantage de son action, et guidée par la
volonté d'apporter une aide de manière inconditionnelle, l'action
humanitaire repose sur des principes eux-mêmes fondés sur des valeurs
morales et éthiques.
■ Les « principes humanitaires » ou les principes de l'action humanitaire,
définissant le pourquoi et le comment des actions humanitaires, sont
l’argument majeur des organisations non-gouvernementales (ONG)
humanitaires pour négocier un accès aux populations dans le besoin ou
pour gagner leur acceptance.
L’émergence des principes humanitaires

■ Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a effectué les


premières tentatives de définition des principes de l'aide humanitaire.
■ Dès 1921, pionnier de l'humanitaire, le CICR a proclamé que son action
reposait sur quatre principes, comprenant l'impartialité et
l'indépendance politique, religieuse et économique. Les principes
humanitaires ont également émergé dans les textes de droit
international humanitaire (DIH) autrement appelé droit des conflits
armés, à travers les Conventions de Genève de 1949 et leurs Protocoles
additionnels de 1977.
■ Sur la base de ces deux sources, les principes du CICR et le DIH, d’autres
principes se sont au fur et à mesure établis sur la proposition de la
communauté humanitaire et des états
LES PRINCIPES HUMANITAIRES :
DESCRIPTION ET ORIENTATION
L'humanité
L'action humanitaire a pour principale motivation le sauvetage des vies et
l'allègement des souffrances, dans le respect et le rétablissement de la
dignité personnelle.
L'humanité est, en conséquence, le principal moteur de toute réponse à
une crise, qu'elle ait été causée par un conflit, la violence ou une
catastrophe attribuable à l'Homme. Ce principe, à l’origine de tous les
autres principes, englobe plusieurs idées:
■ La souffrance est universelle et elle appelle une réaction: elle ne peut se
heurter à l’indifférence.
■ Le respect de la dignité humaine est essentiel dans tout ce que fait le
Mouvement. Cela signifie aider et protéger les autres, indépendamment
de ce qu’ils sont ou de ce qu’ils ont fait.
■ Les ONG protège la vie et la santé en promouvant le droit international
humanitaire, en prévenant les catastrophes et les maladies, et en menant
des activités visant à sauver des vies, qui vont des premiers secours à la
fourniture de vivres et d’abris.
L’impartialité
Parallèlement, les intervenants humanitaires se distinguent, par
leur impartialité, des autres intervenants répondant à une crise. Cela signifie
que l'action humanitaire est uniquement fondée sur le besoin, la priorité
étant accordée aux cas les plus urgents, indépendamment de la race, de la
nationalité, du genre, des croyances religieuses, de l'opinion politique ou de
la classe.
Le principe d’impartialité englobe trois concepts liés entre eux, à savoir:
■ La non-discrimination: les membres du Mouvement aident les personnes
indépendamment de leur religion, couleur de peau, convictions
politiques, origine ou niveau de vie.
■ La proportionnalité: qu’ils soignent des blessés ou qu’ils distribuent des
vivres, les membres du Mouvement doivent s’assurer qu’une assistance est
fournie en priorité à ceux qui en ont le plus besoin.
■ L’impartialité: les décisions ne doivent être prises qu’au regard des
besoins et ne doivent pas être influencées par des considérations ou des
sentiments personnels.
La neutralité

La neutralité de l'action humanitaire est aussi respectée lorsque les


intervenants humanitaires évitent de prendre part aux hostilités ou
d'intervenir dans des controverses à caractère politique, racial, religieux ou
idéologique.
Afin de garder la confiance de tous, les ONG et acteurs humanitaires
s’abstient de:
▪ prendre part aux hostilités;
▪ et, en tout temps, aux controverses d’ordre politique, racial, religieux et
idéologique;
▪ ne doit pas prendre parti ni donner l’impression qu’il le fait, tant dans
son discours que dans son action, partout et en tout temps.
L'indépendance
L'indépendance requiert aussi une certaine autonomie de la part des acteurs
humanitaires qui ne doivent pas être soumis ou subordonnés à des objectifs
politiques, économiques, militaires ou à d'autres considérations non
humanitaires. En effet les organisations de la solidarité internationales :
■ Ce n’est qu’en étant véritablement indépendant que les organisations de
la solidarité internationales peuvent respecter les principes de neutralité et
d’impartialité.
■ Ils doivent prendre leurs décisions de manière autonome pour pouvoir, en
tout temps et en toutes circonstances, œuvrer dans le respect des Principes
fondamentaux.
■ Elles devront ainsi refuser toute demande qui entrerait en conflit avec les
Principes fondamentaux et veiller à ne céder à aucune ingérence ni
aucune pression.
■ devraient être autorisées à conduire des évaluations indépendantes et à
s’entretenir librement avec les personnes ayant besoin d’une assistance.
Les principes humanitaires aujourd'hui

Le principe d'humanité, qui définit la motivation de l'action humanitaire,


ainsi que la neutralité, l'impartialité et l'indépendance, qui décrivent la
manière dont l'aide humanitaire doit être fournie.
■ Les 4 principes sont régulièrement cités par les Nations Unies et par
d’autres institutions et groupements d’états tels que l'Union Européenne.
■ Ils jouissent d’une très large reconnaissance parmi les acteurs
humanitaires et au sein de la communauté internationale.
Les principes humanitaires aujourd’hui (Suite)

■ Certains principes supplémentaires guidant l’action humanitaire se


trouvent dans d’autres sources. Parmi les plus connus on trouve:
→ Le Code de conduite pour le Mouvement international de la Croix-
Rouge et du Croissant-Rouge et pour les organisations non
gouvernementales (ONG) lors des opérations de secours en cas de
catastrophe,
→ le Manuel SPHERE : La Charte humanitaire et les standards minimums
de l'intervention humanitaire, élaboré conjointement par des agences
humanitaires,
→ et Le Consensus Européen sur l'aide humanitaire adopté par les états
membres de l'Union Européenne. Bien que les principes humanitaires se
chevauchent en partie, ils ne sont pas contradictoires, mais
complémentaires.
Les principes humanitaires dans des contextes de conflit et le
Droit International Humanitaire (DIH)
L'assistance humanitaire apportée dans les zones de conflit armé relève
du champ d'application du Droit International Humanitaire (DIH). Le DIH
s'applique principalement aux situations suivantes :
■ Un conflit armé international, c'est-à-dire une guerre entre deux ou
plusieurs États ou une guerre de libération nationale.
■ Un conflit armé non-international, c'est-à-dire un conflit prolongé
caractérisé par un certain degré d’intensité, qui se déroule sur le
territoire d'un état entre les forces armées et les groupes armés ou entre
différents groupes armés.
Le DIH prévoit que le droit de fournir de l'aide humanitaire soit uniquement
reconnu à des organisations humanitaires impartiales qui conduisent leurs
activités sans aucune distinction de caractère défavorable.
Les principes humanitaires dans des contextes de conflit et le
Droit International Humanitaire (Suite)

En outre, les organisations humanitaires opérant dans des territoires


occupés se doivent de se conformer aux principes de la Croix-
Rouge.
Le non-respect des principes mentionnés ci-dessus donnerait un
droit légal aux belligérants d'empêcher les ONG humanitaires
d’accéder aux victimes.
Ceci pourrait également menacer la protection des travailleurs
humanitaires vis-à-vis des attaques physiques, si les acteurs
humanitaires sont perçus comme apportant un avantage militaire à
l’une des parties au conflit.
l’Application des principes humanitaires en situation de conflit

Les principes humanitaires ont une pertinence opérationnelle pratique,


notamment dans des situations de conflits armés ouverts et d'hostilités,
caractéristiques de nombreuses urgences. Le respect constant des
principes humanitaires permet à des organisations humanitaire de se
distinguer des autres intervenants et potentiellement :
■ D'accéder de près aux populations affectées et de continuer à
demeurer en contact avec elles;
■ D'atténuer les risques pour les populations touchées, le personnel, les
partenaires et les biens ;
■ De promouvoir pleinement les droits et la dignité des personnes
affectées ;
■ d'établir avec les autorités un dialogue fondé sur les principes et, le
cas échéant, avec des parties au conflit autres que l'État.
L'APPROCHE "NE PAS NUIRE«
(Do No Harm)
L'APPROCHE "NE PAS NUIRE" (Do No Harm)
Il n’est pas l’un des 4 principes humanitaires mais constituent un élément
très important dans l’action humanitaire.
Définition générale : “Ne pas nuire” ( “Do no harm”, en anglais) consiste
à éviter d’exposer les gens à des risques supplémentaires par une action
d’aide. “Ne pas nuire” signifie prendre du recul par rapport à une
intervention pour examiner le contexte plus large et atténuer les effets
négatifs potentiels sur le tissu social, l’économie et l’environnement.
Le principe « ne pas nuire » fait allusion à l’importance de prévenir les
effets néfastes qui pourraient découler des activités humanitaires.
L'APPROCHE "NE PAS NUIRE" (Do No Harm) (suite)

« Ne pas nuire » est une approche qui aide à identifier les impacts
négatifs ou positifs involontaires des interventions humanitaires et de
développement dans des situations de conflit ou de risque de conflit.
Il peut être appliqué lors de la planification, du suivi et de l’évaluation
pour s'assurer que l’intervention n’aggrave le conflit mais contribue plutôt
à l’améliorer.
Ne pas nuire est considéré comme une base essentielle pour le travail des
organisations opérant dans des situations de conflit.
■ Exemples (Discussion et partage d’expérience)
Merci d’apprendre les notions de ces deux sessions.

Apprendre = à Prendre
C’est-à-dire prendre et partir avec

Merci !

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