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Questions Corrigées

Le document traite des groupes linéaires, en particulier des propriétés des groupes SLn et GLn sur différents corps. Il aborde des exercices sur les générateurs, les isomorphismes entre groupes linéaires, et les sous-groupes finis, en fournissant des solutions détaillées. Les résultats incluent des démonstrations sur la connexité des groupes, les propriétés des éléments du centre, et des exemples de contre-exemples dans des corps non algébriquement clos.

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Questions Corrigées

Le document traite des groupes linéaires, en particulier des propriétés des groupes SLn et GLn sur différents corps. Il aborde des exercices sur les générateurs, les isomorphismes entre groupes linéaires, et les sous-groupes finis, en fournissant des solutions détaillées. Les résultats incluent des démonstrations sur la connexité des groupes, les propriétés des éléments du centre, et des exemples de contre-exemples dans des corps non algébriquement clos.

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QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE

CORRECTION

A.BITTMANN

Exercice 1. Générateurs de SLn (K)


(1) Déduire du fait que SLn (K) est engendré par les transvections que SLn (C) et SLn (R) sont connexes.
Solution. Notons Ti , j (λ) = I n + λE i , j , pour λ ∈ K et i 6= j . Soit M ∈ SLn (K) : ∃ i 1 , j 1 , . . . i r , j r ∈
¡ ¢

J1, n K2r tel que i k 6= j k , et ∃λ1 , . . . , λr ∈ K tels que :


M = Ti 1 , j 1 (λ1 ) . . . Ti r , j r (λr ). On note alors M (t ) = Ti 1 , j 1 (t λ1 ) . . . Ti r , j r (t λr ), pour t ∈ [0, 1]. On a
ainsi un chemin continu reliant M à I n dans SLn (K).
(2) Montrer que GLn (C) et GL+
n (R) sont connexes.

Solution. En gardant les même notations, on rajoute la notations : D (λ) = diag (1, ..., 1, λ) = I n +
(λ − 1) E n,n , pour λ ∈ K\ {0}.
Si M ∈ GLn (C) : M = Ti 1 , j 1 (λ1 ) . . . Ti r , j r (λr ) D (det (M )). Puisque C∗ (resp. R∗+ ) est connexe par
arcs, il existe un chemin continue dans C∗ (resp. R∗+ ) γ tel que γ (0) = 1 et γ (1) = det (M ) . On
considère alors :
M (t ) = Ti 1 , j 1 (t λ1 ) . . . Ti r , j r (t λr ) D γ (t ) .
¡ ¢
+
Cela nous fournit un chemin continu dans GLn (C) (resp. GLn (R)) reliant I n à M .
µ ¶
0 1
(3) Ecrire la matrice A = comme produit de transvections et dilatations.
1 0
Solution. Si Tn ....T1 A = I n , alors : A = T1−1 ...Tn−1 . On obtient :
µ ¶µ ¶µ ¶µ ¶
1 −1 1 0 1 −1 1 0
A= .
0 1 1 1 0 1 0 −1
Exercice 2. Isomorphismes entre groupes linéaires [BMP]
(1) Soit k un corps. Montrer que Z (GLn (k)) ' k ∗ .
Solution. On va montrer que Z (GLn (k)) = λIdn , λ ∈ k ∗ . Il est clair que toute homothétie est
© ª

dans le centre. Montrons l’autre inclusion. Soit A ∈ Z (GLn (k)). Montons que A est une homo-
thétie.
— Première méthode : on utilise le fait que A commute avec toutes les matrices de transvec-
tions, et on en déduit que AE i , j = E i , j A pour i 6= j . En regardant coordonnée par coordon-
née (dans la base des matrices élémentaires), on en déduit que A est diagonale, et que les
coefficients diagonaux de A sont tous égaux.
— Deuxième méthode : on raisonne géométriquement, on identifiant A à son application li-
néaire canoniquement associée notée f A . Puisque f A commute à toutes les transvections, on
en déduit que si τ est une transvection : f A ◦ τ ◦ f A−1 = τ. Or, on sait que le conjuguée d’une
transvection de droite D par f A est encore une transvection de droite f A (D). Cela signifie
donc f A (D) = D, pour toute droite D. C’est ensuite un exercice classique de démontrer que
si f A laisse stable toute droite, alors c’est une homothétie (prendre deux vecteurs non coli-
néaires, et considérer leur somme).
1
QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 2

(2) Soit k un corps tel que car (k) 6= 2.


(a) Question préliminaire. Soit G un groupe et e son élément neutre. On suppose que G est « d’ex-
posant 2 », i.e. tout élément de G autre que e est d’ordre 2. Montrer que G est commutatif.
¡ ¢2 ¡ ¢2
Solution. Soient x, y ∈ G. Alors : x y = e. Or : x y = x y x y = e. D’où : en multipliant à
gauche par x et à droite par y : x 2 y x y 2 = x y, et donc y x = x y.

(b) Montrer qu’il existe un sous-groupe de cardinal 2n dans GLn (k), dans lequel tout élément
(autre que In ) est d’ordre 2.
Solution. Considérer le groupe formé des éléments diagonaux, avec des éléments sur la dia-
gonales qui sont dans {±1}.

(c) Montrer que tout sous-groupe d’exposant 2 de GLn (k) est fini et de cardinal 2r avec r ≤ n.
Solution. Soit G un sous-groupe d’exposant 2 de GLn (k). D’après la question (a), G est com-
mutatif. Ensuite, tout élément de G admet X 2 − 1 = (X − 1) (X + 1) comme polynôme annu-
lateur scindé à racines simples car caractéristique différente de 2, donc est diagonalisable.
Puisque G est commutatif, les éléments de G sont tous simultanément diagonalisables (ré-
sultat classique à savoir re-démontrer si besoin). Il existe donc P ∈ GLn (k) tel que tout élé-
ment de G soit conjugué par P à une matrice diagonale avec des éléments diagonaux dans
{±1}. G est donc conjugué à un groupe isomorphe à un sous-groupe de {±1}n . Donc G est de
cardinal fini, divisant 2n par le théorème de Lagrange. Donc G est de cardinal 2r , avec r ≤ n.
0
(3) On suppose que ¡ 0k¢ et k sont deux corps de caractéristiques
∗ 0∗
différentes de 2. Montrer que si
GLn (k) et GLm k sont isomorphes, alors n = m et k ' k .
¡ 0¢
Solution. Soit G le sous-groupe de GL n k de la question 2. (b). Alors G est isomorphe à un
sous-groupe G 0 de GLn k 0 . G 0 est donc de cardinal 2n ,et est d’exposant 2. La question 2. (c)
¡ ¢

implique que n ≤ m.
Par symétrie des rôles de n et m, on a aussi : m ≤ n. Et donc n = m.
Ensuite, l’isomorphisme de groupes induit un isomorphisme de leurs centres. Donc, d’après la
question 1, k ∗ et k 0∗ sont isomorphes.

(4) Que dire de plus si k et k 0 sont finis ?


Solution. On en déduit que k et k 0 ont le même cardinal. Par unicité des corps finis, on en déduit
que k et k 0 sont isomorphes.

(5) Y a-t-il des isomorphismes entre GLn (Q), GLn (R) et GLn (C) ?
Solution. S’il y avait isomorphisme entre groupes linéaires, il y aurait aussi isomorphisme entre
leurs centres, donc entre Q∗ , et/ou R∗ et/ou C∗ . Or Q∗ est dénombrable, mais pas R∗ ni C∗ .
Enfin, il y a dans C∗ des éléments d’ordre 4, mais pas dans R∗ .

Exercice 3. Sous-groupes fini du groupe linéaire [BMP]


Soit k un corps algébriquement clos. Considérons G un sous-groupe commutatif fini de GLm (k) de
cardinal n.
(1) Montrer que si n est premier avec car(k), alors G est conjugué à un sous-groupe du groupe des
matrices diagonales.
Solution. Les éléments de G sont tous annulés par le polynôme X n − 1, scindé sur k car celui-ci
est algébriquement clos. De plus il est à racines simples, car son polynôme dérivé est nX n−1
qui n’a que 0 comme racine car n et car (k) sont premiers entre eux. Donc les éléments de G
QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 3

sont tous diagonalisables, et puisqu’ils commutent tous (G est abélien), ils sont simultanément
diagonalisables. En prenant une matrice de passage commune, on voit que G est conjugué à un
sous-groupe du groupes des matrices diagonales.

(2) Exhiber un contre-exemple si le corps n’est pas algébriquement clos.


π
Solution. Dans GL2 (R), prendre le groupe engendré par la matrice de rotation d’angle 2 :
½ µ ¶ µ ¶¾
0 −1 0 1
G = I 2 , −I 2 , , .
1 0 −1 0
Les deux éléments non-diagonaux ne sont pas diagonalisable, car leur polynôme caractéristique
est X 2 + 1.

(3) Exhiber un contre-exemple si n n’est pas premier avec car(k) .


Solution. Prendre k = Fp , une clôture algébrique de Fp , p premier, et
½µ ¶ ¾
1 x
G= , x ∈ Fp .
0 1
G est fini de cardinal p, mais les éléments de G ne sont pas diagonalisables, car ont pour seule
valeur propre 1, et ne sont pas égales à I 2 ....

Exercice 4. Nombre d’involutions dans GLn Fq [FGXENSALG1]


¡ ¢

(1) Soit E un k−espace vectoriel (k corps) de dimension finie n ≥ 2. Soit r ∈ J0, n K. On note S r l’en-
semble des couples (F,G) formées d’un sous-espace vectoriel F de E de dimension r et d’un
sous-espace vectoriel G de E de dimension n − r tels que E = F ⊕G.
(a) Montrer que GL (E ) agit transitivement sur S r .
Solution. L’action naturelle considérée est définie par ϕ (F,G) = ϕ (F ) , ϕ (G) , pour tout ϕ ∈
¡ ¢

GL (E ), (F,G) ∈ S r : cette action est bien définie car ϕ étant un isomorphisme, il préserve la di-
mension, et envoie une base (adaptée à la décomposition E = F ⊕ G) sur une base (adaptée à la
décomposition¡E = ϕ¢(F ) ⊕ ϕ (G).
Soient (F,G) et F 0 ,G 0 dans S r . Alors, en prenant une base B 1 de F , B 2 de G, B 10 de F 0 et B 20 de G 0 ,
il existe un isomorphisme de E qui envoie B 1 sur B 10 et B 2 sur B 20 .
(a) Cette action est-elle fidèle ?
Solution. Il est clair que les homothéties stabilisent tous les éléments de S r . Donc l’action
n’est pas fidèle (du moins si k 6= F2 ...)

(b) On fixe un couple (F,G) comme ci-dessus. Exhiber un sous-groupe de GLn (k) isomorphe au
stabilisateur de (F,G).
Solution. Fixons une base B adaptée à la¡ décomposition E = F ⊕ G. On a alors un isomor-
phisme entre GL (E ) et GLn (k), ϕ 7→ MatB ϕ .
¢

Soit ϕ ∈ GL (E ). Alors : ϕ ∈ Stab (F,G) ⇐⇒ ϕ (F ) = F et ϕ (G) = G


µ ¶
Ar 0r,n−r
⇐⇒ MatB ϕ =
¡ ¢
0n−r,r B n−r
avec det (A r ) 6= 0 et det (B n−r ) 6= 0 (car det ϕ = det (A r ) det (B n−r ) 6= 0), i.e. (A r , B n−r ) ∈ GLr (k)×
¡ ¢

GLn−r (k). ½µ ¶ ¾
Ar 0r,n−r
Finalement, Stab (F,G) ' , (A r , B n−r ) ∈ GLr (k) × GLn−r (k) , qui est bien
0n−r,r B n−r
un sous-groupe de GLn (k).
QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 4

d
(2) On suppose ©que k = F¡q , avec
¢ 2q = pª , p ≥ 3 un nombre premier et d ∈ N .

On note S = A ∈ GLn Fq | A = In .
Déterminer le cardinal de S.
Solution. Les éléments de S sont exactement les involutions (parfois aussi appelées « symé-
tries » en algèbre linéaire). Le polynôme X 2 − 1 = (X − 1) (X + 1) est scindé à racines simples
(car p ≥ 3). On identifie dorénavant matrice et endomorphisme de Fnq canoniquement associé.
Une symétrie est déterminée de manière unique par ses deux sous-espaces propres qui sont
F = Ker (A − I n ) et G = Ker (A + I n ), et on a : E = F ⊕ G. Il y a donc une bijection entre S et les
couples (F,G) tels que E = F ⊕G. Finalement, avec les notations de la question 1 :
à !
[ Xn
Card (S) = Card Sr = Card (S r ) .
r ∈J0,n K r =0

Or, en utilisant la question 1 à nouveau, et puisque l’action est transitive (une seule orbite), on
a:
Card GLn Fq
¡ ¡ ¢¢
Card (S r ) = ¡ ¢¢ .
Card GLr Fq × GLn−r Fq
¡ ¡ ¢

Or, GLm Fq = q m − 1 q m − q ... q m − q m−1 . Donc :


¡ ¢ ¡ ¢¡ ¢ ¡ ¢
¡ n
q − 1 q n − q ... q n − q n−1
¢¡ ¢ ¡ ¢
Card (S r ) = ¡ r ¢¡ ¢ ¡ ¢¡ ¢¡ ¢ ¡ ¢
q − 1 q r − q ... q r − q r −1 q n−r − 1 q n−r − q ... q n−r − q n−r −1
et finalement :
q n − 1 q n − q ... q n − q n−1
¡
¢¡ ¢ ¡ ¢
n
X
Card (S) = ¡
r
¢¡
r
¢ ¡
r
¢¡ ¢¡ ¢ ¡
r −1 q n−r − 1 q n−r − q ... q n−r − q n−r −1
¢
r =0 q − 1 q − q ... q − q

Exercice 5. Drapeaux [FGXENSALG1]


On appelle drapeau d’un k−espace vectoriel E une suite strictement croissante (pour l’inclusion)
de n + 1 sous-espaces vectoriel (E 0 , . . . , E n ) : pour tout k ∈ J0, n − 1K, E k ⊂ E k+1 et dim (E k ) = k.
On note D l’ensemble des drapeaux de E .
(1) Montrer que GL (E ) agit transitivement sur l’ensemble des drapeaux de E .
Solution. L’action naturelle considérée ici est donnée par : ϕ (E 0 , . . . , E n ) = ϕ (E 0 ) , . . . , ϕ (E n )
¡ ¢

pour tout ϕ ∈ GL (E ) et tout drapeau (E 0 , . . . , E n ). C’est effectivement une action¢ de GL (E ) sur


D car ϕ est un isomorphisme et préserve donc la dimension : ϕ (E 0 ) , . . . , ϕ (E n ) est encore un
¡

drapeau.

(2) Cette action est-elle fidèle ?


Solution. Non, car toutes les homothéties laisse stables tous les drapeaux.

(3) Soit D = (E 0 , . . . , E n ) un drapeau de E . Montrer que le stabilisateur de D est isomorphe à un


sous-groupe « classique » de GLn (k).

¡ ¢ base B de E adaptée au drapeau D, et l’isomorphisme ΦB : GL (E ) →


Solution. Fixons une
GLn (k), ϕ 7→ MatB ϕ . Soit ϕ ∈ GL (E ).
ϕ ∈ Stab (D) ⇐⇒ ϕ (D) = D ⇐⇒ ∀i = 1, . . . , n, ϕ (E i ) = E i ⇐⇒ MatB ϕ est triangulaire supérieure.
¡ ¢

Donc : Stab (D) est isomorphe à son image dans GLn (k) par ΦB , qui est le sous-groupe constitué
des matrices triangulaires supérieurs inversibles, noté T s .

(4) En déduire que D est en bijection avec GLn (k) /T s , où T s désigne l’ensemble des matrices trian-
gulaires supérieures inversibles.
QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 5

Solution. L’action étant transitive, il n’y a qu’une seule orbite, et donc, si l’on fixe un drapeau
D ∈ D , on à l’isomorphisme : D ' GL (E ) /Stab (D) ' GLn (k) /T s .

Remarque. Pour aller plus loin : « décomposition de Bruhat » et action du groupe linéaire sur les
couples de drapeaux.
T s P σ T s (où P σ est la matrice de permutation associée à σ) et
[
On peut montrer que GLn (k) =
σ∈Sn
que cette union est disjointe. On se sert ensuite de ce résultat, et de ce qui précède, pour montrer
que GLn (k) opère sur l’ensemble des couples de drapeaux de k n , et que l’ensemble des orbites est en
bijection avec Sn .
Exercice 6. [FGXENSALG2]
Soit k un corps tel que Card (k) > n. Montrer que GLn (k) est engendré par les matrices diagonali-
sables inversibles.
Solution. On soit que GLn (k) est engendré par les transvections. Soit T une matrice de transvection,
et D une matrice diagonale avec des éléments non-nuls deux à deux distincts sur la diagonale (pos-
sible car Card (k) > n). Alors : T = D −1 (DT ), et D −1 est diagonale (donc diagonalisable), et DT est une
matrice triangulaire avec des éléments diagonaux deux à deux distincts, donc diagonalisable.
Exercice 7. [FGXENSALG2]
Déterminer les morphismes de groupes dérivables de (R, +) dans GLn (C).
Bonus : déterminer les morphismes continues de (R, +) dans GLn (C).
Solution. Soit Φ :(R, +) → GLn (C) dérivable. Alors : ∀s, t ∈ R, Φ (t + s) = Φ (t ) Φ (s).
En fixant s, et considérant l’application f s : t 7→ Φ (t + s) que l’on dérive par rapport à t , on obtient :
Φ0 (t + s) = Φ0 (t ) Φ (s) .
En prenant t = 0, on en déduit : Φ0 (s) = Φ0 (0) Φ (s). En notant Φ0 (0) = A, on a :
Φ0 (s) = AΦ (s) .
Or, Φ (0) = I n , et l’application : f : s 7→ exp (s A) vérifie également f 0 (s) = A f (s) avec f (0) = I n . D’après
le théorème de Cauchy-Lipschitz, Φ (s) = exp (s A) pour tout s ∈ R.
(Remarque : on peut aussi redémontrer « à la main » en introduisant la fonction g (s) = Φ (s) exp (−s A)
qui sera constante...)
Réciproquement : ça fonctionne.
Pour le bonus : on doit prouver qu’un tel morphisme est nécessairement dérivable. Pour cela, si
f est un morphisme continu Rx de (R, +) dans GLn (C), on considère F l’unique primitive de f qui vaut
l’identité en 0 : F (x) = 0 f (t ) dt . Puisque F (x)
x −→ I n , il existe a > 0 tel que F (a) ∈ GLn (C) (car ouvert).
x→0
Donc : pour tout x ∈ R :
Z x+a Z a Z a
F (x + a) − F (x) = f (t ) dt = f (x + u) du = f (x) f (u) du = f (x) F (a) .
x 0 0
On en déduit que : f (x) = (F (x + a) − F (x)) F (a)−1 . Puisque F est dérivable, f aussi.
Exercice 8. Action sur les formes quadratiques
Soit E un k−espace vectoriel de dimension finie , où k est de caractéristique différente de 2.
(1) Décrire l’action de groupe usuel de GL (E ) sur l’ensemble Q des formes quadratiques sur E .
Solution. ϕ · q := q ◦ ϕ−1 , pour tout ϕ ∈ GL (E ) et q ∈ Q .
Pour¡ la ¡ ¡: si B ¢¢
¢ suite = (e 1 , . . . , e n ) est une base de E , la matrice de q dans la base B est la matrice
MatB q := b e i , e j i , j , où b est la forme polaire de q. Il y a en fait un isomorphisme d’espaces
vectoriels entre Q et Sn (k) (donné par la matrice de la forme quadratique dans une base fixée).
QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 6

Si S est la matrice de q dans B , et S 0 la matrice de q 0 dans la base B , alors q et q 0 sont dans la


même orbite si et seulement s’il existe P ∈ GLn (k) telle que S 0 = t P SP (on dit alors que S et S 0
sont congruentes).
Un autre point de vue est le suivant : deux formes quadratiques q¡et ¢q 0 sont dans la même
orbite s’il existe une base B et une base B tel que MatB q = MatB 0 q 0 . Autrement dit, deux
0
¡ ¢

formes quadratiques sont dans la même orbite si elles ont la même expression analytique à
changement de coordonnées linéaire près.
On rappelle que pour toute forme quadratique, il existe toujours une base orthogonale (la
preuve se fait par récurrence sur la dimension de E , en utilisant le fait important que si F est un

sev de¡ E¢ tel que q |F est non-dégénérée, alors E = F ⊕ F ⊥ ), i.e. il existe une base B de E telle que
MatB q est diagonale. Autrement dit, ∀Sn (R) , ∃P ∈ GLn (k), t P SP soit diagonale.
¡ ¢
Enfin, le rang de q est égale au rang de la matrice de q dans toute base. Si rg q = r , alors il
existe toujours une base B = (e 1 , . . . , e n ) de E dans laquelle la matrice de q s’écrive
λ1 0 · · ·
 
0
.. 
 0 ... ...

. 
 .. . .
 
. λr

 . 0 
0 · · · 0 0n−r
avec λ1 , . . . , λr 6= 0.
(2) Décrire et caractériser les différentes orbites dans le cas où :
(a) k = C
Solution. Deux formes quadratiques dans la même orbite ont nécessairement le même rang.
Montrons que la réciproque est vraie.
¡ ¢2
En reprenant l’écriture matricielle ci-dessus, il existe µ1 , . . . , u r tels que λ j = µ j ¡(car C est¢
algébriquement clos). Si j ≥ r +1, on notera µ j = 1. On considère alors la base B 0 = e 10 , . . . , e n0
de E donnée par e 0j = µ1 e j pour tout j . On voit alors que la matrice de q dans B 0 est J r =
j
µ ¶
Ir 0r,n−r
. Ainsi, deux formes quadratiques de rang r ont chacune pour matrice J r
0n−r,r 0n−r,n−r
dans des bases adaptées. Elle sont donc dans la même orbite.
(b) k = R
Solution. C’est le théorème de Sylvester qui nous fournit la réponse : deux formes quadra-
tiques réelles sont dans la même orbite si et seulement si elles ont même signature. Re-
détaillons cela.
On a déjà vu qu’un invariant est le rang. Mais dans le cas de R ce n’est pas le seul. On va de-
voir séparer les termes diagonaux positifs et négatifs. Quitte à échanger l’ordre des vecteurs
de la base B comme ci-dessus, on suppose que λ1 , . . . , λs > 0 et λs+1 , . . . , λr < 0 : il y a bien
exactement s termes strictement positifs par définition de la signature.
( ¡ ¢2
λj = µj , si 0 ≤ j ≤ s
On considère alors des µ j tels que : ¡ ¢2 . Ensuite, on définit comme
λj = − µj , si s + 1 ≤ j ≤ r
avant une base B 0 = e 10 , . . . , e n0 de E donnée par e 0j = µ1 e j pour tout j . On voit alors que la
¡ ¢
 j
Is (0)
matrice de q dans la base B 0 est :  −I r −s . Il reste à démontrer que s et r sont
(0) 0n−r
uniquement déterminés par la classe d’équivalence de q.
QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 7

Si q et q 0 ont des rangs différents, alors elles ne peuvent  pas être dans la même  orbite. Suppo-
Is (0)
sons que q s’écrivent dans une base B = (e 1 , . . . , e n ) :  −I r −s  et dans une base
(0) 0n−r
 
I s 0 (0)
B 0 = e 10 , . . . , e n0 :  . Notons E + = Vect (e 1 , . . . , e s ), E 0 = Vect e 0 , . . . , e 0 0 ,
¡ ¢ ¡ ¢
−I r −s 0 + 1 s
(0) 0n−r
E − = Vect (e s+1 , . . . , e r ) et E −0 = Vect e s0 0 , . . . , e s0 0 . Alors : q |E + est définie positive, et q |E −0 est défi-
¡ ¢

nie négative. Donc : E + ∩E −0 = {0}, et ceci implique que s +r − s 0 ≤ r , et donc s ≤ s 0 . De même :


s 0 ≤ s, et donc s = s 0 .
Finalement, le couple (s, r − s), appelé signature de q, détermine entièrement son orbite.

(c) k = Fq un corps fini.


Solution. Nous allons avoir besoin d’un
¡ ¢¢autre invariant : le discriminant. On appelle dis-
criminant de q la classe de det MatB q dans k ∗ / (k ∗ )2 (celle-ci est bien définie car si on
¡

change de base par une matrice de passage P , le déterminant est multiplié par det (P )2 ....).
Soit α ∈ k ∗ \ (k ∗ )2 fixé. Puisque k est de caractéristique différente de 2, il n’y a que deux classes
dans k ∗ / (k ∗ )2 : celle de 1 et celle de α (en effet, le morphisme surjectif k ∗ → (k ∗ )2 , x 7→ x 2 ,
a pour noyau {±1}). On a donc : k ∗ qui est la réunion disjointe de (k ∗ )2 et de α (k ∗ )2 . Si deux
formes quadratiques sont dans la même orbite, leur discriminant est forcément égal dans le
quotient k ∗ / (k ∗ )2 .
Reprenons donc la matrice de q dans une base orthogonale. On va montrer qu’on peut trou-
ver une base dans laquelle la matrice de q est de la forme :
 
I r −1
 λ 
0n−r
avec λ = 1 ou λ = α.
Quitte à réordonner les éléments de cette base, on peut supposer que λ1 , . . . , λd ∈ (k ∗ )2 , et
¡ ¢2 ¡ ¢2
λd +1¡, . . . , λr ∈ α (k ∗ )2 . Notons alors λ j = µ j si j ≤ d et λ j = α µ j si j ≥ d + 1. En notant
B 0 = e 10 , . . . , e n0 telle que e 0j = µ−1
¢
j
e j , on en déduit que :
 
Id
αI r −d
¡ ¢
MatB q =  .
0r

Si r − d = 1, on a terminé.
Supposons donc que r − d ≥ 2. Il y a deux cas : ou bien ¡ 0 r − d =0 ¢2p, ou bien r − d = 2p + 1. On
0 0
va regrouper e d +1 , . . . , e r deux par deux. Ainsi, Vect e d +1 , . . . , e r est soit la somme directe or-
thogonale de p plans F 1 , . . . , F p (si r − d = 2p), soit la somme directe orthogonale de p plans
F 1 , . . . , F p et d’une droite Vect (e r ) (si r − d = 2p + 1). Regardons chacun des plans F j avec
j ≤ p. La matrice de q |F j dans la base associée est αI 2 , et le déterminant est donc α2 ∈ (k ∗ )2 .
Il existe une base de F j de sorte que la matrice de q |F j soit I 2 . En effet, on commence par
prouver qu’il existe un vecteur u ∈ F j tel que q (u) = 1. Pour cela, on doit montrer que l’équa-
tion αx 2 + αy 2 = 1 admet au moins une solution dans k × k (x et y sont les coordonnées
de u dans la base orthogonale de F j dans laquelle on travaille). Cette équation se ré-écrit
αx 2 = 1 − αy 2 . Or, l’ensemble αx 2 , x ∈ k a |k|+1 éléments , tout comme 1 − αy 2 , y ∈ k ∗ .
© ª © ª
2
Donc leur intersection est non-vide car |k| < |k| + 1. Il y a donc un élément u ∈ F j tel que
QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 8


³ ´
q (u) = 1. Ensuit, puisque q |F j est non-dégénérée : on a : F j = ku ⊕ (ku)⊥ . Prenons donc
|ku
v ∈ F j tel que v ⊥ u. Alors, en considérant le déterminant de la matrice de q |F j dans la base
(u, v), on voit que q (v) ∈ (k ∗ )2 . En procédant comme habituellement, on peut donc trouver
un vecteur v 0 colinéaire à v tel que q v 0 = 1. Finalement, la matrice de q |F j dans u, v 0 est I 2 .
¡ ¢ ¡ ¢

En procédant de la sorte pour chacun des plans F j , on voit finalement qu’il existe une base
 
I r −1
dans laquelle la matrice de q est  λ , avec λ ∈ (k ∗ )2 ou λ ∈ α (k ∗ )2 . En procé-
0n−r
dant comme d’habitude pour « normaliser » le dernier terme non-nul, on peut finalement se
ramener à une matrice de la forme :
 
I r −1
 λ 
0n−r
avec λ = 1 ou λ = α. On remarque que λ est le discriminant de la restriction de q à un sup-
plémentaire du noyau de q.
Finalement : les orbites des formes quadratiques sur un corps fini de caractéristique 6= 2 sont
caractérisées par : le rang et le discriminant de la restriction de q à un supplémentaire de son
noyau. Il y a donc 2 (n + 1) orbites.
(3) Si q est une forme quadratique, comment appelle-t-on un élément du stabilisateur de q ? Com-
ment appelle-t-on le stabilisateur de q ?
¡ ¢
Solution. Le stabilisateur de q est appelé le groupe orthogonal de q, noté O q , et ses éléments
sont les isométries de q.
(4) Si k = R, et si q est une forme quadratique sur E , le stabilisateur de q est-il nécessairement
fermé ?
Si q est dégénérée, montrer que le stabilisateur de q n’est pas borné.
Si q est non-dégénéré, mais non-définie, montrer que le stabilisateur de q n’est pas borné.
Solution. Quitte ¡ ¢à fixer une base de E , on va identifier q à sa matrice S dans
t
la base choisie, et les
éléments de O q vont correspondre aux matrices P ∈ GLn (R) vérifiant : P SP = S. Or, l’applica-
tion f : P 7→t P SP est continue, et le groupe orthogonal de q est donc déterminé matriciellement
comme l’image réciproque par f de {S} : c’est donc un fermé.
Si q est dégénérée, de rang r < n, q s’écrit dans une certaine base B = (e 1 , . . . , e n ) :
à !
n r
εk x k2
X X
q xk e k =
k=1 k=1

avec εk ∈ {±1} pour tout k ∈ J1, r K. On considère alors une famille ϕt t ∈R∗ dans O q définie
¡ ¢ ¡ ¢
(¡ ¢
ϕt = t IdVect(e r +1 ,...,e n )
par : ¡ ¢|Vect(e r +1 ,...,e n ) . Il est clair que la famille ϕt t est non-bornée, et
¡ ¢
ϕt |Vect(e 1 ,...,e r ) = IdVect(e 1 ,...,e r )
que pour tout t ∈ R∗ , ϕt ∈ O q .
¡ ¢

Si q est non-dégénérée, mais non-définie, alors en travaillant dans une base¡ orthogonale, on
2
¢
voit qu’il ¢ ¡ un¢ plan vectoriel F dont la restriction de q à celui-ci s’écrit : q F xe x + ye y = x −
existe
y 2 = x − y x + y (F est un « plan hyperbolique »). Quitte à faire le changement de coordonnées
¡

dans F donnée par : X = x−y et Y = x+y, on suppose que q F s’écrit finalement q F (X e X + Y e Y ) =


X Y . Ensuite, il suffit de considérer une isométrie définie par l’identité sur F ⊥ , et par ϕt (e X ) = t
1
et ϕt (e Y ) = pour t ∈ R∗ . Cette famille est évidemment non-bornée et dans O q .
¡ ¢
t
QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 9

Exercice 9. Groupe des quaternions


Donner un sous-groupe non-commutatif d’ordre 8 dans GL2 (C) (pensez au groupe des quaternions
H8 ....).
½ µ ¶ µ ¶ µ ¶ µ ¶ µ ¶ µ ¶¾
i 0 −i 0 0 −1 0 1 0 i 0 −i
Solution. I 2 , −I 2 , , , , , , .
0 −i 0 i 1 0 −1 0 i 0 −i 0

Exercice 10. Groupe des permutations [BMP]


Soit n ∈ N∗ . Donner un morphisme injectif ϕ de Sn dans GLn (C). Quel est alors le morphisme
det ◦ϕ ?

Solution. On note B = (e 1 , . . . , e n ) ¡la base canonique de Cn . Si σ ∈ Sn , on définit un automorphisme


linéaire σ̃ de E donné par σ̃ (B ) := e σ(1) , . . . , e σ(n) , puis : ϕ (σ) := MatB (σ̃). Pour vérifier que ϕ est bien
¢

un morphisme de groupe, il faut vérifier que si σ, τ ∈ Sn , alors : σ ‚ ◦ τ = σ̃ ◦ τ̃. Or :


σ̃ ◦ τ̃ (B ) = σ̃ e τ(1) , . . . , e τ(n) = e σ(τ(1)) , . . . , e σ(τ(n)) = σ ◦ τ (B ) .
¡ ¢ ¡ ¢
‚
ϕ est évidemment injectif car son noyau est réduit à id.
Enfin : det ◦ϕ est un morphisme de Sn dans C∗ . Or, puisque Sn est engendré par les transpositions,
il suffit de connaître l’image de celles-ci. Or, par anti-symétrie du déterminant, on voit bien que les
transpositions ont pour image −1. Ainsi, det ◦ϕ est le morphisme signature.

Exercice 11. Action par conjugaison sur les endomorphismes diagonalisables


Soit E un k−espace vectoriel de dimension finie. On considère l’action de GL (E ) sur l’ensemble D
des endomorphismes diagonalisables par conjugaison.
(1) Décrivez et caractérisez les différentes orbites de D sous cette action.

Solution. Deux endomorphismes diagonalisables sont conjuguées si et seulement s’ils ont les
mêmes valeurs propres avec même multiplicités. Orbite est donc caractérisée par la donnée du
nombre de valeurs propres distinctes d ∈ J1, n K, et, pour d fixé, de d couples (λi , n i ), où les λi
sont deux à deux distincts dans k, et n 1 + · · · + n d = n.

(2) Soit u ∈ D . Montrez que le stabilisateur de u est isomorphe à un produit cartésien de groupes
linéaires.
d
Solution. Ecrivons E = ⊕ E j , avec E j = Ker u − λ j IdE , en gardant les même notations que ci-
¡ ¢
j =1
dessus. Soit ϕ ∈ Stab (u) : ϕ ◦ u ◦ ϕ−1 = u, c’est à dire ϕ ◦ u = u ◦ ϕ. Puisque ϕ ¡commute avec u,
chaque sous-espace propre E j de u est stable par ϕ. Dans ce cas, ϕ|E j ∈ GL E j . Réciproque-
¢

ment, si on se donne pour chaque j ∈ J1, d K, ϕ j ∈ GL E j , on définit ainsi un automorphisme


¡ ¢

de E par ϕ|E j = ϕ j . De plus, puisque sur E j , u |E j est une homothétie, u |E j ◦ ϕ j = ϕ j ◦ u |E j . Et


finalement,
¡ puisque
¢ E est somme directe des E j , on a bien : ϕ ◦ u = u ◦ ϕ. Donc : si on note
n j = dim E j pour tout j ∈ J1, d K :
Stab (u) ' GLn1 (k) × · · · × GLnd (k) .

Exercice 12. Décomposition polaire


(1) Montrer que l’application ϕ : On (R) × S++
n (R) → GLn (R), (P, S) 7→ P S, est un homéomorphisme.

Solution. Il est clair que cette application est continue, car le produit matriciel l’est.
Pour la surjectivité et l’injectivité, on utilise le lemme suivant :
2
Lemme. ∀M ∈ S++ ++
n (R), ∃!S ∈ Sn (R), M = S .
QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 10

Admettons un instant le lemme, et raisonnons par analyse et synthèse pour prouver la bijec-
tivité de ϕ. Soit A ∈ GLn (R).
t
- Analyse : supposons qu’il existe (P, S) ∈ On (R) × S++
n (R) tel que A = P S. Alors , M := A A =
2 ++
S ∈ Sn (R). Ainsi, S est déterminée de manière unique comme l’unique racine carrée de M
(lemme). Et puisque S est inversible, P = AS −1 . D’où l’unicité de P et S.
- Synthèse : notons M := t A A ∈ S++ ++
n (R), et considérons S ∈ Sn (R)l’unique racine carrée de M
−1
(lemme). Notons enfin P = AS , et vérifions que P ∈ On (R) :
t
¡ ¢−1 t
P P = t AS −1 AS −1 = t S A AS −1 = S −1 M S −1 = S −1 S 2 S −1 = I n .
¡ ¢

D’où l’existence de P et S.
Finalement : ϕ est bien bijective.
Prouvons le lemme.

Démonstration. Existence : si M ∈ S++ n (R) , ∃Q ∈ On (R), D = diag (λ1 , . . . , λn ) avec λ j > 0 pour
tout j ∈ J1, n K tel que
³ ³p p ´´2 ³ ³p p ´ ´2
M = t QDQ = t Q diag λ1 , . . . , λn Q = t Q.diag λ1 , . . . , λn .Q = S 2
³p p ´
avec S =t Q.diag λ1 , . . . , λn .Q ∈ S++ n (R).

Unicité : si on a M = S 2 = H 2 avec H ∈ S++ n (R), avec les notations précédentes, q prenons un


polynôme d’interpolation de Lagrange T ∈ Rn−1 [X ] tel que pour tout j ∈ J1, n K, λ j = T λ j ,
¡ ¢

de sorte que
S = Q.diag (T (λ1 ) , . . . , T (λn )) .Q = t Q.T diag (λ1 , . . . , λn ) Q = T t Q.diag (λ1 , . . . , λn ) .Q = T (M ) = T H 2
t
¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢

qui est donc un polynôme en H . Donc : H et S commutent, et sont diagonalisables, donc sont
simultanément diagonalisable. On conclut alors en les diagonalisant dans une même base, et
en utilisant le fait que les valeurs propres sont strictement positives avec même carrées, donc
égales. 

Reste à prouver que ϕ−1 est continue. Soit (A n )n∈N une suite dans GLn (R) telle que A n −→
n→+∞
A ∈ GLn (R). Montrons que ϕ−1 (A n ) −→ ϕ−1 (A). Notons ϕ−1 (A n ) = (P n , S n ) et ϕ−1 (A) = (P, S),
n→+∞
de sorte que
¡ pour¢ tout n ∈ N, A n = P¡ n S n¢ et A = P S. Puisque0
On (R) est compact, il existe une
sous-suite P nk n de (P n )n telle que P nk converge vers P dans On (R) . Alors :
k
¢−1 ¡ ¢−1
A nk −→ P 0 A = S 0 ∈ S+ ++
¡
S nk = P nk n (R) ∩ GLn (R) = Sn (R) .
k→+∞

On en déduit, par unicité de la limite, que A nk −→ A = P S = P 0 S 0 , avec P 0 ∈ On (R) et S 0 ∈


k→+∞
S++ 0 0
n (R). Par unicité de la décomposition polaire, P = P et S = S .
Finalement, (P n )n n’a qu’une seule valeur d’adhérence dans le compact On (R), à savoir P , donc
elle converge vers P . Et donc (S n )n converge vers S.

(2) Applications :
(a) Montrer que On (R) est un sous-groupe compact maximal de GLn (R), i.e. si G est un sous-
groupe compact de GLn (R) contenant On (R), alors G = On (R).
Solution. Soit G un sous-groupe compact de GLn (R) contenant On (R). Soit A ∈ G. Alors, il
existe un unique couple (P, S) ∈ On (R) × S++
n (R) tel que A = P S.
Montrons que S = I n (on en déduira alors que A = P ∈ On (R)).
QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 11

t
Puisque S ∈ S++ n (R), il existe λ1 , . . . , λn > 0 et Q ∈ On (R) tel que S = Q.diag (λ1 , . . . , λn ) .Q. On
k
a : S k = P −1 A ∈ G, car P −1 ∈ On (R) ⊂ G et A ∈ G et G est un groupe. D’où :
¡ ¢

³ ´
diag λk1 , . . . , λkn = Q.S k t Q ∈ G.

Puisque G est compact, on a nécessairement 0 < λ j ≤ 1 pour tout j . De plus, cette suite est
convergente, et la limite est dans G (qui est fermé), et en particulier la limite est inversible.
Supposons par l’absurde qu’il existe j ∈ J1, n K tel que λ j 6= 1. Alors λkj −→ 0, et alors la suite
k→+∞
diag λk1 , . . . , λkn k ne peut pas converger vers un élément inversible.
¡ ¡ ¢¢

Finalement : pour tout j ∈ J1, n K, λ j = 1, et S = I n .


Donc On (R) est bien un sous-groupe compact maximal de GLn (R).
q ¡
(b) Montrer que pour tout A ∈ GLn (R) : |||A||| 2 = ρ t A A , où ρ désigne le rayon spectrale de la
¢

matrice indiquée, et ||| · ||| 2 est la norme d’opérateur associée à la norme euclidienne de Rn .

Solution. Si A ∈ GLn (R) , M := t A A ∈ S++ n (R). Donc, il existe ¢P ∈ On (R) et 0 ≤ λ1 ≤ · · · ≤ λn


t
¡t
tels que M = P.diag (λ1 , . . . , λn ) .P . En particulier, λn = ρ A A .
Soit X ∈ Rn \ {0n }. Alors :

kAX k2 = t (AX ) AX = t X
¡t
A A X = t X M X = t (P X ) D (P X )
¢

avec D = diag (λ1 , . . . , λn ). En notant Y = P X = y i i =1,...,n , on a :


¡ ¢

n
kAX k2 = y i2 λi ≤ λn kY k2 = λn kP X k2 = λn kX k2
X
i =1
q ¡
car P ∈ On (R). Finalement : |||A||| 2 ≤ ρ t A A . Pour montrer l’égalité, il suffit de prendre X
¢

égal à un vecteur propre associée à la valeur propre maximale.

Exercice 13. Théorème de Burnside (version rapide, quand dans le cas de C)


Soit G un sous-groupe d’exposant fini de GLn (C).
(1) Soient A, B ∈ G tels que pour tout M ∈ G, Tr (AM ) = Tr (B M ). Montrer que A = B .

Solution. Prenons M = A −1 ∈ G car c’est un groupe. Alors : n = Tr (I n ) = Tr B A −1 . Or, C :=


¡ ¢

B A −1 ∈ G . Donc il existe N ∈ N∗ tel que C N = I n , c’est à dire que X N − 1 est un polynôme an-
nulateur de C . Or, X N − 1 est scindé à racines simples sur C, donc C est diagonalisable sur C.
De plus, ses valeurs propres λ1 , . . . , λn sont toutes des racines N èmes de l’unité, en particulier de
module 1. On sait également que leur somme vaut n d’après ce qui précède. En regardant leur
partie réelle, et en appliquant le cas d’égalité de l’inégalité triangulaire dans R, on en déduit que
les valeurs propres sont toutes égales à 1. Donc, C = I n , et B = A.

(2) On considère une base de Vect (G) formée d’éléments de G : (M 1 , . . . , M d ) ∈ G d .


(a) Montrer que l’application Φ : G → Cd , A 7→ (Tr (AM 1 ) , . . . , Tr (AM d )), est injective.

Solution. Supposons que Φ (A) = Φ (B ). Alors, par linéarité de la trace, et puisque G ⊂ Vect (G),
on en déduit que pour tout M ∈ G, Tr (AM ) = Tr (B M ), et donc que A = B d’après la question
1.

(b) Montrer que Φ (G) est fini. En déduire que G est fini.
QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 12

Solution. Puisque G est d’exposant fini, il existe N ∈ N∗ tel que pour tout M ∈ G, X N −1 est un
polynôme annulateur de M . Or, comme on l’a vu, ce polynôme est scindé à racines simples sur
C, donc tous les éléments de G sont diagonalisables, et leurs valeurs propres sont des racines
N èmes de l’unité. L’ensemble des valeurs propres des éléments de G est donc fini. Il en va donc
de même de l’ensemble des valeurs possibles pour les sommes de n éléments de cet ensemble
fini : il s’agit de l’ensemble des traces des éléments de G qui est donc fini. Si on note T cet
ensemble fini, on voit alors que Φ (G) ⊂ T d , qui est fini.
Puisque Φ est injective, G est également fini.

(3) Le résultat démontré reste-il vrai G est un sous-groupe d’exposant fini de GLn (R) ? de GLn (K),
avec K un corps de caractéristique non-nul ?
Solution. Pour G sous-groupe d’exposant fini de GLn (R), car GLn (R) est un sous-groupe de
GLn (C), donc le résultat s’applique.
En caractéristique non-nul, le résultat est faux. Par exemple, si K = Fp (T ), n = 2 et
½µ ¶ ¾
1 a
G= ,a ∈K
0 1
est un sous-groupe d’exposant p de GL2 (K), mais G est infini.
Remarque. Le résultat s’applique en fait dès que le corps est de caractéristique nul. Il suffit en
effet d’utiliser le fait qu’un corps de caractéristique nul contient forcément Q, et d’utiliser qu’il
y a unicité, à isomorphisme près d’un corps de décomposition : quitte à prendre une ³ extension
2i π
´
de corps, on peut donc considérer que l’on travaille dans un corps qui contient Q e n , et dans
lequel la preuve de la question 1 s’applique.

Exercice 14. Produits scalaires invariants [FGXENSALG3]


Soit G un sous-groupe fini de GL (E ), où E est un R-espace vectoriel euclidien. On notera q la forme
quadratique associée au produit scalaire sur E .
(1) Montrer que qG : E → R, x 7→
X ¡ ¢
q g (x) est une forme quadratique définie positive sur E .
g ∈G

Solution. On note bG : E × E → R, x, y 7→
¡ ¢ X ¡ ¡ ¢¢
b g (x) , g y , où b est la forme polaire de q.
g ∈G
Alors, qG (x) = bG (x, x) pour tout x ∈ E , bG est symétrique (car b l’est), bilinéaire (car b l’est et
car les éléments
¡ de ¢ G sont linéaires), positive car b l’est, et définie car si qG (x) = 0, alors pour
tout g ∈ G, q g (x) = 0 (car q est positive), et en particulier pour g = IdE , q (x) = 0 et donc x = 0
car q est définie.
¡ ¢
(2) Montrer que G ⊂ O qG .
Solution. Pour tout γ ∈ G, l’application G → G, g 7→ g ◦ γ est bijective. Donc, pour tout x ∈ E :
¢ X ¡ 0 ¢
qG γ (x) = q g γ (x) = q g ◦ γ (x) =
¡ ¢ X ¡ ¡ ¢¢ X ¡
q g (x) = qG (x).
g ∈G g ∈G g 0 ∈G

(3) En déduire que :


(a) tout sous-groupe fini de GLn (R) est conjugué à un sous-groupe de On (R) (on peut généraliser
ce résultat aux sous-groupes compacts, mais c’est plus compliqué).
Solution. Soit G un sous-groupe fini de GLn (R) . G s’identifie alors à un sous groupe de
GL (Rn ), et d’après la question précédente, il existe une forme quadratique qG définie positive
QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 13

sur Rn telle que G ⊂ O qG . Autrement dit, il existe S ∈ S n++ (R) telle que ∀M ∈ G, t M SM = S.
¡ ¢

D’après le théorème de Sylvester, il existe P ∈ GLn (R) telle que t P SP = I n . Ainsi :


∀M ∈ G, t P t M .t P −1 .t P SP P −1 M P = t P −1 M P P −1 M P = I n .
¡ ¢ ¡ ¢¡ ¢

Ainsi, P −1GP est un sous-groupe de O n (R).

(b) tout sous-espace vectoriel V stable par G admet un supplémentaire stable par G (Théorème
de Maschke).

Solution. On considère la forme quadratique qG définie en question 1. Soit alors V ⊥qG l’or-
thogonal de V pour la forme quadratique qG . Il s’agit d’un supplémentaire de V . Il est égale-
ment stable par G, car G ⊂ O qG . En effet, soit x ∈ V ⊥qG , et montrons que pour tout g ∈ G,
¡ ¢

g (x) ∈ V ⊥qG : pour tout v ∈ V , on a


bG x, g −1 (v)
¡ ¢ ¡ ¢
bG g (x) , v = = 0.
car G⊂O (qG ) car g −1 (v)∈V et x⊥qG v

Exercice 15. Cas des corps finis et quelques isomorphismes exceptionnels [Per]
Soit n ∈ N∗ , n ≥ 2, et q = p r , avec p un nombre premier et r ∈ N∗ .
(1) Donner le cardinal de GLn Fq , SLn Fq , PGLn Fq et PSLn Fq .
¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢

¡ ¢n
Solution. GLn Fq est en bijection avec l’ensemble des bases de Fq . Donc :
¡ ¢

Card GLn Fq = q n − 1 q n − q . . . q n − q n−1 .


¡ ¡ ¢¢ ¡ ¢¡ ¢ ¡ ¢

SLn Fq est le noyau du morphisme surjectif det : GLn Fq  F∗q , donc


¡ ¢ ¡ ¢

¡ n
q − 1 q n − q . . . q n − q n−1
¢¡ ¢ ¡ ¢
Card SLn Fq =
¡ ¡ ¢¢
.
q −1

PGLn Fq est le quotient de GLn Fq par son centre, qui est isomorphe à F∗q , donc
¡ ¢ ¡ ¢

¡ n
q − 1 q n − q . . . q n − q n−1
¢¡ ¢ ¡ ¢
Card PGLn Fq =
¡ ¡ ¢¢
.
q −1

PSLn Fq est le quotient de SLn Fq par son centre, qui est isomorphe à l’ensemble des ra-
¡ ¢ ¡ ¢

cines n èmes de¡1 dans F¢q . Montrons qu’il y a pgcd n, q − 1 racines n èmes de l’unité dans F¡ q . No-
¡ ¢
¢
tons d = pgcd n, q − 1 . Alors, d’après le théorème de Bezout, on peut écrire d = un + v q − 1 ,
avec u, v ∈ Z, et on voit facilement que x n = 1 si et seulement si x d = 1. Il reste donc ³ ´à montrer
èmes
qu’il y exactement d racines d de 1 dans Fq . Cette fois-ci, d divise q − 1 = Card F∗q , et F∗q est

cyclique. Il est alors classique que dans un groupe cyclique d’ordre r = q − 1, pour tout diviseur
d de r , il y a exactement d éléments tels que x d = 1. En effet, en notant δ = dr et ζ un générateur
de F∗q , on considère le morphisme f d : x 7→ x d . Son image est ζd , d’ordre δ, et don noyau est
­ ®
³ ´
Card F∗q r
d
© ª
x, x = 1 , qui donc d’ordre ¡ ¢ = = d.
Im f d δ
Conclusion : ¡ n
q − 1 q n − q . . . q n − q n−1
¢¡ ¢ ¡ ¢
Card PSLn Fq =
¡ ¡ ¢¢
¡ ¢ ¡ ¢ .
q − 1 pgcd n, q − 1

(2) Montrer qu’il existe un morphisme de groupe injectif de PGL2 Fq sur Sq+1 .
¡ ¢
QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 14

Solution. GL2 Fq agit sur l’ensemble des droites de F2q : ϕ (Vect (x)) = Vect ϕ (x) , ∀ϕ ∈ GL2 (R) ,
¡ ¢ ¡ ¢

∀x ∈ F2q .
Or, il y a q+1 droites dans F2q . D’où un morphisme de GL2 Fq sur Sq+1 après « numérotation »
¡ ¢

des q +1 droites. Or, le noyau de ce morphisme est l’ensemble des automorphismes linéaires de
F2q qui préservent toutes les droites : c’est exactement l’ensemble des homothéties inversibles.
D’où un morphisme injectif après passage au quotient de PGL2 Fq sur Sq+1 .
¡ ¢

(3) Montrer que :


(a) PGL2 (F2 ) ' PSL2 (F2 ) ' S3
(4 − 1) (4 − 2)
Solution. Card (PGL2 (F2 )) = Card (PSL2 (F2 )) = = 6 = Card (S3 ). Puisqu’on a éga-
1
lement un morphisme injectif de PSLn (k) dans PGLn (k), on a finalement les isomorphismes
demandés.

(b) PGL2 (F3 ) ' S4 et PSL2 (F3 ) ' A4


(9 − 1) (9 − 3)
Solution. Card (PGL2 (F3 )) = = 24 = Card (S4 ), d’où le premier isomorphisme.
2
(9 − 1) (9 − 3) Car d (S4 )
Card (PSL2 (F3 )) = = 12 = , donc PSL2 (F3 ) s’identifie à un sous-groupe
2×2 2
d’indice 2 dans S4 , donc distingué dans S4 : c’est donc A4 .

(c) PGL2 (F4 ) ' PSL2 (F4 ) ' A5 .


(16 − 1) (16 − 4) Car d (S5 )
Solution. Card (PGL2 (F4 )) = Card (PSL2 (F4 )) = = 60 = . Donc PGL2 (F4 )
3 2
et PSL2 (F4 ) s’identifient à un sous-groupe d’indice 2 dans S5 , donc distingué dans S5 : c’est
donc A5 .

Remarque. Il en existe d’autres, mais les preuves sont plus difficiles...


Exercice 16. Matrices semblables et extension de corps [GOUAlg]
(1) Soient A, B ∈ Mn (R). Montez que A et B sont semblables dans Mn (R) si et seulement si elles sont
semblables dans Mn (C).
Solution. L’implication directe est évidente. Réciproquement, supposons qu’il existe P ∈ GLn (C)
tel que B = P −1 AP . Alors : P B = AP . Ecrivons P = Q 1 + iQ 2 , avec Q 1 ,Q(2 ∈ Mn (R). En identifiant
Q 1 B = AQ 1
parties réelles et imaginaires dans l’égalité P B = AP , on en déduit : . Considé-
Q 2 B = AQ 2
rons l’application ϕ : R → R, t 7→ det (Q 1 + tQ 2 ). Elle est polynomiale, non-nulle car ϕ (i ) 6= 0,
donc n’a qu’un nombre fini de racines. En particulier, il existe t 0 ∈ R tel que ϕ (t 0 ) 6= 0. Donc
Q := Q 1 + t 0Q 2 ∈ GLn (R), et QB = AQ, donc B = Q −1 AQ.

(2) Généraliser le résultat précédent dans le cas où A, B ∈ Mn (K), avec K un corps infini, et L une
extension de K.
Solution. ¢ Comme avant, l’une des implication est évidente. Supposons à présent qu’il existe
P = p i , j i , j ∈ GLn (L) tel que B = P AP , et donc P B = AP . L est un K-espace vectoriel. Soit
−1
¡
³ ´
2
E = Vect p i , j , i , j ∈ J1, n K . E est un K−espace vectoriel de dimension finie. Soit (e 1 , . . . , e r )
¡ ¢

r
p i(k) e , avec p i(k) ∈ K pour tout k. On en déduit
¡ ¢ X
une base de E . Pour tout i , j , on écrit p i , j = ,j k ,j
k=1
QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 15

r
X
une décomposition unique : P = P k e k , avec P k ∈ Mn (K). On en déduit que pour tout k, P k B =
k=1 Ã !
r
AP k . On considère alors l’application ϕ : (x 1 , . . . , x r ) → det
X
x k P k . C’est une application po-
k=1
lynomiale, qui s’identifie donc à un polynôme de K [X 1 , . . . , X r ], non-nul car ϕ (e 1 , . . . , e r ) 6= 0.
Puisque ϕ n’est pas le polynôme nul, et que K est infini, il existe (x 1 , . . . , x r ) ∈ Kr tel que ϕ (x 1 , . . . , x r ) 6=
Xr
0. Donc Q := x k P k ∈ GLn (K) et QB = AQ, et donc B = Q −1 AQ.
k=1

Exercice 17. Surjectivité de l’exponentielle par connexité


Soit A ∈ Mn (C). On note C [A] l’algèbre des polynômes en A. On travaillera dans l’espace vectoriel
normé (de dimension finie) C [A]. On note également C [A]∗ := C [A] ∩ GLn (C).
(1) Montrer que C [A]∗ est un sous-groupe abélien de GLn (C).
Solution. Le fait que C [A]∗ possède I n , soit stable par multiplication et soit commutatif est évident.
Reste à montrer que si M ∈ C [A]∗ , M −1 ∈ C [A]∗ . Puisque Mn (C) est de dimension finie, A possède
un polynôme annulateur non-nul P ∈ C [X ]. Quitte à multiplier l’égalité P (A) = 0 par A −1 , on peut
supposer que P (0) 6= 0. On a alors une égalité de la forme :
m
a k A k = −a 0
X
k=1
à !
−1 m
a k A k−1 ∈ C [A].
X
avec a 0 6= 0. on voit alors que A −1 =
a 0 k=1
(1) Montrer que C [A]∗ est un ensemble ouvert dans C [A].
Solution. C’est l’image réciproque par l’application déterminant, qui est continue, de l’ouvert
C∗ .

(2) Montrer que C [A]∗ est un ensemble connexe (par arcs).


(Indication : si M , N ∈ C [A]∗ , considérer l’application z ∈ C 7→ P (z) := det ((1 − z) M + zN ).
Solution. L’application P est polynomiale, non-nulle car P (0) = det (M ) 6= 0, donc n’a qu’un
nombre fini de racines z 1 , . . . , z r . Puisque C\ {z 1 , . . . , z r } est connexe par arcs, et que 0, 1 ∉ {z 1 , . . . , z r } ,il
existe un chemin continu¡γ : [0, 1] ¢→ C\ {z 1 , . . . , z r } tel que γ (0) = 0 et γ (1) = 1. Alors, P ◦ γ (t ) 6= 0
pour tout t ∈ [0, 1], et t 7→ 1 − γ (t ) M + γ (t ) N est un chemin continu entre M et N dans C [A]∗ .

X Mk
(3) On considère l’application exp : C [A] → C [A]∗ , M 7→ .
k≥0 k!
Montrer que cette application est bien définie, et que c’est un morphisme de groupes de (C [A] , +)
sur (C [A]∗ , ×).
Solution. L’application est bien définie de C [A] → C [A] car la série entière considérée a un
rayon de convergence infini, et car C [A] est de dimension finie, donc fermé. Puisque C [A] est
commutatif, on a : exp (M + N ) = exp (M ) exp (N ) pour tout M , N ∈ C [A]. En particulier, exp (M )
est inversible, d’inverse exp (−M ) (car exp (0) = I n ). On a donc bien un morphisme de groupes
de (C [A] , +) sur (C [A]∗ , ×).

(4) Justifier que exp est continue.


Solution. Une série entière converge normalement sur tout compact inclus dans son disque de
convergence, qui est ici de rayon infini.
QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 16

(5) Montrer que exp est différentiable sur C [A], est montrer que pour tout M ∈ C [A] : d exp M :
¡ ¢

H 7→ exp (M ) .H .
La même formule est-elle vraie si on considère exp : Mn (C) → GLn (C) ? Pourquoi ?
Solution. Puisque C [A] est commutatif :
à ! à !
X Hk
+∞ +∞ H k
= exp (M ) + exp (M ) H + H 2 exp (M )
X
exp (M + H ) = exp (M ) exp (H ) = exp (M )
k=0 k! k=0 (k + 2)!
| {z }
=o(H )
¡ ¢
donc exp est différentiable en M et d exp M : H 7→ exp (M ) H .
Remarque.
µ Pour
¶ vous µconvaincre
¶ que cette formule n’est pas vrai dans Mn (C) : prenons n = 2,
0 1 1 0
M= , et H = . Alors : exp (M ) = I + M (car M est nilpotente), et exp (M ) .H =
0 0 0 0
H + M¡H =¢H . Montrons que exp admet une dérivée directionnelle en M dans la direction H , et
que d exp M (H ) 6= H .
Soit t ∈ R∗ :
¡ ¢
exp (M + t H ) = exp (M) + t .d exp M (H ) + o (t ) , lorsque t → 0.
Or :
¶k
+∞
(M + t H )k +∞ +∞
et − 1 1
¡ t
tk t k−1
µ µ ¶ µ ¢ ¶
X X 1 t 1 X e −1
exp (M + t H ) = = =I+ =I+ t
k=0 k! k=0 k!
0 0 k=1
0 0 0 0
µ t ¶ µ 1 ¶
t + o(t ) 2 + o (t ) 1 2
=I+ = I +t + o (t ) .
0 0 0 0
| {z }
=d(exp)M (H )6= H

(6) En déduire que exp un C 1 -difféomorphisme local en tout point de C [A].


Solution. D’après la question précédente, il est clair que la différentielle de exp continue en tout
point (car exp l’est).
Puisque cette même différentielle est en plus inversible en tout point M , d’inverse l’applica-
tion linéaire : H 7→ exp (−M ) H , le théorème d’inversion locale d’applique en tout point de C [A].

(7) En déduire que exp (C [A]) est ouvert dans C [A]∗ .


Solution. Un C 1 −difféomorphisme local en tout point est une application ouverte.

(8) Montrer que exp (C [A]) est fermé dans C [A]∗ .


(Indication : écrire C [A]∗ \ exp (C [A]) comme une réunion d’ouverts).
Solution. Puisqu’on a la réunion
C [A]∗ = B.C [A]∗
[ ¡ ¢
B ∈C[A]∗
on a aussi :
C [A]∗ \ exp (C [A]) = B.C [A]∗
[ ¡ ¢
B ∈C[A]∗ \ exp(C[A]) | {z }
ouvert
car si B ∉ exp (C [A]), pour tout M ∈ exp (C [A]), B M ∉ exp (C [A]) (en effet, si M = exp (N ) et si
B M = exp (C ) ,alors B = B M M −1 exp (C − N ) ∈ exp (C [A]).....).
Donc C [A]∗ \ exp (C [A]) est ouvert comme réunion d’ouvert.

(9) Conclure que exp (C [A]) = C [A]∗ .


QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 17

Solution. exp (C [A]) est un ouvert (q.7), fermé (q.8), non-vide (exp (0) = I n ∈ exp (C [A])) du
connexe C [A]∗ : c’est donc C [A]∗ .
Exercice 18. Sous-groupes « petits » de GLn (C).
On admet ici que l’application exp : Mn (C) → GLn (C) est de classe C 1 . On rappelle que d exp 0 = IdMn (C) .
¡ ¢

D’après le théorème d’inversion locale, il existe un voisinage U de 0 dans Mn (C) (que l’on va suppo-
ser être une boule ouverte B (0, r ) quitte à réduire), et un voisinage V de In dans GLn (C), tels que exp
induise un C 1 −difféomorphisme de U sur V .
(1) Montrer qu’il existe un voisinage ouvert V 0 de In contenu dans V , tel que pour tout N ∈ V 0 \ {In },
il existe k ∈ N tel que N k ∉ V 0
U
(Indication : on pourra s’intéresser à U 0 = ).
2
U
Solution. Prenons U 0 = , et V 0 = exp U 0 . Soient N ∈ V 0 \ {In }, et M ∈ U 0 \ {0} tel que N =
¡ ¢
2
exp (M ). Puisque M 6= 0, on a :
kkM k = |k| kM k −→ +∞
k→+∞
donc, puisque U est borné, il existe k ∈ N tel que (k − 1) M ∈ U 0 et kM ∈ U \U 0 . En effet,
0 ∗

puisque U 0 = U2 , si k = min l ∈ N∗ | l M ∉ U 0 , alors par définition kM ∉ U 0 et


© ª

M ∈ B (0, r ) = U .
kM = (k − 1) M + |{z}
| {z } µ r¶
µ r¶
∈B 0, ∈B 0,
2 2
Donc, N k = exp (kM ) ∈ V \V 0 .
(2) En déduire qu’il n’existe pas de sous-groupe non-trivial de GLn (C)qui soit arbitrairement petit.
Solution. Par l’absurde, s’il existait un sous-groupe non-trivial contenu dans V 0 , alors pour tout
N ∈ V 0 , on devrait avoir pour tout k ∈ N, N k ∈ V 0 , ce qui est absurde par la question précédente.
Exercice 19. Action par multiplication à gauche
On rappelle que l’on connait le théorème de l’algorithme du pivot de Gauss, qui affirme que toute
matrice A ∈ Mn,p (K) est équivalente par ligne à une unique matrice échelonnée réduite par lignes.
Si A ∈ Mn,p (K), on notera f A : Kp → Kn l’application linéaire canoniquement associé à f A .
On considère l’action de groupe suivante : GLn (K) × Mn,p (K) −→ Mn,p (K) .
(P, A) 7−→ PA
¡ ¢ ¡ ¢
(1) Montrer que A, B ∈ Mn,p (K) sont dans la même orbite, si et seulement si Ker f A = Ker f B .
Solution. L’implication directe est évidente car P est inversible (AX = 0 ⇐⇒ P AX = 0).
¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢
Supposons ¡ donc
¢ que¡ Ker ¢ f A = Ker f B . Notons r = rg (A) ¡ = rg (B ). Soit alors ¢e r +1 , . .p. , e p une
base de Ker f A = Ker f B . On la complète en une base e 1 , . . . , e r , e r¡+1 , . .¢. , e p de K ¡ . Notons ¢
alors u A,i := f A (e i ) et u B,i := f B (e i ) pour tout i = 1, . . . , r . les familles u A,i i =1,...,r et u B,i i =1,...r
¡ ¢ ¡ ¢
sont libres, car (e 1 , . . . , e r ) est une base d’un supplémentaire de Ker f A = Ker f B , et qu’une
application linéaire injective transforme une
¢ famille libre en une famille libre. Complétons ces
familles en deux bases B A = u A,1 , . . . , u A,n et B B = u B,1 , . . . , u B,n de Kn . On considère enfin
¡ ¡ ¢

l’automorphisme linéaire ϕ : Kn → Kn définie par : ϕ (B A ) = BB . Alors : ϕ ◦ f A = f B . En effet :


pour tout i ∈ J1, r K
ϕ f A (e i ) = ϕ u A,i = u B,i = f B (e i )
¡ ¢ ¡ ¢

et pour tout i ∈ Jr + 1, p K
ϕ f A (e i ) = ϕ (0) = 0 = f B (e i ) .
¡ ¢
QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 18

En écrivant P la matrice de ϕ dans la base canonique de Kn , on en déduit que P A = B .


(2) Montrer que l’ensemble des orbites est en bijection avec l’ensemble des sous-espaces vectoriels
de Kp de dimension ≥ p − n.
Solution. On a vu que l’orbite de A ∈ Mn,p (K) est caractérisé par le noyau de f A . Or, l’ensemble
de ces noyaux est exactement l’ensemble ¡ des¡ sous-espaces
¢¢ vectoriels de Kp , de dimension ≥
p − n (d’après le théorème du rang : dim Ker f A = p − rg (A), et rg (A) ≤ n).
(3) Montrer que l’ensemble des orbites est en bijection avec l’ensemble des sous-espaces vectoriels
de Kp de dimension ≤ n.
(4) Soit A ∈ Mn,p (K), et notons L 1 , . . . , L n ses vecteurs « lignes ». On les considère comme des vec-
teurs de Kp (puisqu’il y a p colonnes). Notons alors V A = Vect (L 1 , . . . , L n ) : c’est un sous-espace
vectoriel de Kp , de dimension ≤ n. Or, en faisant agir GLn (K) par multiplication à gauche sur A,
on réalise en fait une succession d’opérations élémentaires sur les lignes de A, et on ne modifie
donc pas V A . Ainsi : si B = P A, avec P ∈ GLn (K), alors V A = VB . Réciproquement, étant donné un
sous-espace vectoriel V de Kp , on fixe une base (L 1 , . . . , L r ) de V , et on note L j = 0 si j ≥ r + 1.
L1
 
 
On forme ensuite la matrice A :=   · · · . On a donc bien V := V A .

Ln

(5) Rappeler pourquoi les stabilisateurs de deux points dans une même orbite sont conjugués.
Solution. C’est un résultat général des actions de groupe. Notons G notre groupe, E l’ensemble
sur lequel agit G. Soient g ∈ G et x, y ∈ E tels que y = g x. Alors :
Stab y = g 0 ∈ G | g 0 y = y = g 0 ∈ G | g 0 g x = g x = g 0 ∈ G | g −1 g 0 g x = x
¡ ¢ © ª © ª © ª

= g 0 ∈ G | g −1 g 0 g ∈ Stab (x) = g Stab (x) g −1 .


© ª

(6) Soit A ∈ Mn,p (K), de rang r . Montrer que le stabilisateur de A est en bijection avec GLn−r (K) ×
Mr,n−r (K).
Solution. D’après la question précédente, il suffit de considérer un élément particulier dans
l’orbite de A. Choisissons l’unique matrice échelonnée réduit par ligne de ¡l’orbite de¢ A (théo-
rème du pivot de Gauss), que l’on notera encore A par commodité. Notons C 1 , . . . ,C p ses vec-
teurs colonnes : il s’agit de vecteurs de Kn . Notons j 1 < · · · < j r les indices des colonnes de « pi-
vots ». Par définition de la forme échelonnée réduite, C j k = e k pour tout k ∈ J1, r K, où (e 1 , . . . , e n )
est la base canonique de Kn .
Soit P ∈ Stab (A), alors P A = A. En¡ notant ϕ ¢ l’application linéaire canoniquement associée
p
´´ : ϕ ◦³ f A ´= f A . Si l’on note e 1 , . . . , e¡n la base canonique de K , on a en particulier :
0 0
à ³P , ³on a
ϕ f e j = f e j pour tout k ∈ J1, r K, i.e. ϕ C j k = C j k , et donc ϕ (e k ) = e k . Donc ϕ|Vect(e 1 ,...,e r ) =
0 0
¢
k k
IdVect(e 1 ,...,e r ) . Finalement : µ ¶
Ir B r,n−r
P=
0n−r A n−r
avec A n−r ∈ GLn−r (K) et B r,n−r ∈ Mr,n−r (K). Réciproquement, ¡ ¢ si P¡est de cette¢ forme, alors on
voit bien que P A = A, car A étant échelonnée réduite, Im f A = Vect C j 1 , . . . ,C j r = Vect (e 1 , . . . , e r ),
et donc si ϕ|Vect(e 1 ,...,e r ) = IdVect(e 1 ,...,e r ) , alors ϕ|Im( f A ) = IdIm( f A ) . Donc : ϕ ◦ f A = f A , i.e. P A = A.
Bonus : essayer de faire un peu le même type d’étude pour l’action de GLn (K) × GLp (K) par équiva-
lence : (Q, P, A) 7→ Q AP .
Quelles sont les orbites ? Comment sont-elles caractérisées ? A quoi ressemblent les stabilisateurs ?
QUESTIONS SUR LA LEÇON 106 : GROUPE LINÉAIRE CORRECTION 19
µ ¶
Ir 0r,p−r
Solution. Toute matrice de rang r est équivalente à J r := . Les orbites sont donc
0n−r,r
0
¶ n−r,p−r µ
A 0r 0
µ ¶
Ar B r,p−r B r,n−r
exactement classifiées par le rang. En notant P = et Q = 0 0 , alors
C p−r,r D p−r C n−r,r D n−r
(P,Q) ∈ Stab (J r ) si et seulement si : Q J r P = J r , i.e.
A 0r 0
µ ¶µ ¶µ ¶ µ ¶
B r,n−r Ir 0r,p−r Ar B r,p−r Ir 0r,p−r
0 0 =
C n−r,r D n−r 0n−r,r 0n−r,p−r C p−r,r D p−r 0n−r,r 0n−r,p−r
A 0r
µ ¶ µ ¶ µ ¶
0r,p−r Ar B r,p−r Ir 0r,p−r
⇐⇒ 0 =
C n−r,r 0n−r,p−r C p−r,r D p−r 0n−r,r 0n−r,p−r
0 0
µ ¶ µ ¶
Ar Ar A r B r,p−r Ir 0r,p−r
⇐⇒ 0 0 =
C n−r,r A r C n−r,r B r,p−r 0n−r,r 0n−r,p−r
 0 −1
 A r = A r ∈ GLr (K)

⇐⇒ B r,p−r = 0r,p−r

 0
C n−r,r = 0n−r,r .
Finalement, (P,Q) ∈ Stab (J r ) si et seulement P et Q sont de la forme :
A −1 0
µ ¶ µ ¶
Ar 0r,p−r r B r,n−r
P= et Q = 0 .
C p−r,r D p−r 0n−r,r D n−r
0 0
avec A r ∈ GLr (K), D p−r ∈ GLp−r (K), D n−r ∈ GLn−r (K) et C p−r,r ∈ Mp−r,r (K), B r,n−r ∈ Mr,n−r (K).
Stab (J r ) est donc en bijection avec :
GLr (K) × GLp−r (K) × GLn−r (K) × Mp−r,r (K) × Mr,n−r (K) .
Exercice 20. Action sur les sous-espaces vectoriels
Soit E un K−espace vectoriel de dimension n ∈ N∗ . On fait agir GL (E ) sur l’ensemble des sous-
espaces vectoriels F de E par : g .F = g (F ), pour tout g ∈ GL (E ) et tout sous-espace F de E .
(1) Décrire les orbites sous cette action.
Solution. Clairement, F et G sont dans la même orbite si et seulement si dim (F ) = dim (G), car
les éléments de GL (E ) préserve la dimension.

(2) Soit F un sous-espace vectoriel de E de dimension d . Montrer que le stabilisateur de F est en


bijection avec GLd (K) × GLn−d (K) × Md ,n−d (K).

¢ l’on complète en une base B = (e 1 , . . . , e n ) de E .


Solution. Soit (e 1 , . . . , e d ) une base de F , ¡que
Alors, ϕ ∈ Stab (F ) si et seulement si MatB ϕ est de la forme :
µ ¶
Ad B d ,n−d
MatB ϕ =
¡ ¢
0n−d ,d C n−d
avec A d ∈ GLd (K), C n−d ∈ GLn−d (K) et B d ,n−d ∈ Md ,n−d (K).

(3) Application : combien (Z/7Z)5 possède-t-il de sous-espaces vectoriels de dimension 3 ?


Solution. Pour tout sous-espace vectoriel F de dimension 3, on a la bijection :
Orb (F ) ∼ GL F57 /Stab (F ) .
¡ ¢

Ici, l’orbite de F est exactement l’ensemble des sous-espaces vectoriels de dimension 3, et il y


en a donc :
¡ 5
7 − 1 75 − 7 75 − 72 75 − 73 75 − 74
¢¡ ¢¡ ¢¡ ¢¡ ¢
Car d (GL 5 (F7 ))
¡ ¢=¡ ¢¡ ¢¡ ¢¡ ¢¡ ¢ = 140050.
Card (GL3 (F7 )) Card (GL2 (F7 )) Card M3,2 (F7 ) 73 − 1 73 − 7 73 − 72 72 − 1 72 − 7 76

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