Azoxystrobine : Évaluation et Normes
Azoxystrobine : Évaluation et Normes
IDENTIFICATION DE LA SUBSTANCE
1
Les PBT sont des substances persistantes, bioaccumulables et toxiques et les vPvB sont des substances très persistantes et
très bioaccumulables. Les critères utilisés pour la classification des PBT sont ceux fixés par l’Annexe XIII du règlement
n° 1907/2006 (REACH).
2
Les Polluants Organiques Persistants (POP) sont des substances persistantes (aux dégradations biotiques et abiotiques),
fortement liposolubles (et donc fortement bioaccumulables), et volatiles (et peuvent donc être transportées sur de longues
distances et être retrouvée de façon ubiquitaire dans l'environnement). Les critères utilisés pour la classification POP sont ceux
fixés par l’Annexe 5 de la Convention de Stockholm placée sous l’égide du PNUE (Programme des Nations Unies pour
l’Environnement).
Validation groupe d’experts : Octobre 2011
Version 1 : 09/01/2012 Page 2
DRC-12-118981-00270A
AZOXYSTROBINE – N° CAS 131860-33-8
PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES
Valeurs Source
Poids moléculaire [g/mol] 403.4
A 20°C : 6.7 à pH 5.2 et 7
Hydrosolubilité [mg/L]
5.9 à pH 9.2
-10
Pression de vapeur [Pa] 1.1.10 à 20°C
-9
Constante de Henry [Pa/m3/mol] 7.3.10 EFSA, 2009;
EFSA, 2010
Log du coefficient de partage
2.5 à 20°C
Octanol-eau (log Kow)
Coefficient d’adsorption
309 – 739
(carbone organique) (Koc) [L/kg]
Constante de dissociation (pKa) Non pertinent
PERSISTANCE
Une étude du devenir de l’azoxystrobine dans des systèmes eau/sédiments a été réalisée et les
résultats sont présentés dans le rapport de l’EFSA (EFSA, 2009; EFSA, 2010). Le temps de demi-vie
pour la dégradation de l’azoxystrobine est estimé entre 180 et 234 jours pour l’ensemble du système,
avec une moyenne géométrique de 205 jours.
Source
L’azoxystrobine est considérée comme stable à EFSA, 2009; EFSA, 2010
Hydrolyse
l'hydrolyse. US-EPA, 1997
DT50 – photolyse = 8.7 – 13.9 j EFSA, 2009; EFSA, 2010
Photolyse
DT50 – photolyse = 11 - 17 j US-EPA, 1997
Aucune étude portant sur la biodégradation de EFSA, 2009; EFSA, 2010
Biodégradabilité l’azoxystrobine n’est disponible. US-EPA, 1997
Source
La faible valeur de du Koc compris entre 309 et 739,
EFSA, 2009; EFSA,
Adsorption l’azoxystrobine indique un faible potentiel d’adsorption
2010
sur la matière particulaire.
Etant donnée la faible valeur de sa constante de EFSA, 2009; EFSA,
-9 3
Volatilisation Henry (7.3.10 Pa/m /mol), l’azoxystrobine est peu 2010
susceptible de se volatiliser.
Aucune étude sur la bioconcentration de EFSA, 2009; EFSA,
l'azoxystrobine n'est disponible. 2010
A l’aide d’EPISUITE, un BCF de 20.7 peut être calculé US-EPA, 2011
Bioaccumulation/ à partir du log KOW .
Biomagnification Un BCF de 21 est utilisé dans la détermination des
normes de qualité ce qui correspond à un BMF1 de
1 auquel s’ajoute pour les organismes marins un
BMF2 de 1.
ECOTOXICITE ET TOXICITE
ORGANISMES AQUATIQUES
Dans les tableaux ci-dessous, sont reportés pour chaque taxon les résultats des tests d'écotoxicité
jugés pertinents. Toutes les données présentées issues du rapport d’évaluation de l’EFSA (EFSA,
2009; EFSA, 2010) n’ont pas été revues et sont considérées comme valides. En revanche, les
données extraites de la base de données pesticides de l’US-EPA (US-EPA, 2011) ne peuvent être
considérées comme valides par défaut. En effet, les rapports ou articles correspondants à ces
données n’étant pas disponibles, les données répertoriées mais non explicitement validées par l’EFSA
n’ont pas été retenues pour le calcul de la Norme de Qualité.
Ces résultats d'écotoxicité sont principalement exprimés sous forme de NOEC (No Observed Effect
Concentration), concentration sans effet observé, d’EC10 concentration produisant 10% d’effets et
équivalente à la NOEC, ou de EC50, concentration produisant 50% d'effets. Les NOEC sont
principalement rattachées à des tests chroniques, qui mesurent l'apparition d'effets sub-létaux à long
terme, alors que les EC50 sont plutôt utilisées pour caractériser les effets à court terme.
Pour chacun des tests, lorsque l’information est disponible, il est précisé lorsque la donnée d’effet ou
sans effet est calculée sur la base de concentrations nominales (n) mesurées ou moyennes mesurées
(m).
ECOTOXICITE
ECOTOXICITE AQUATIQUE AIGUË
Le tableau ci-dessous répertorie les données d’écotoxicité aiguë jugées pertinentes pour notre étude.
Critère
Organismes Espèce Valeur (mg/L) Validité Référence
d'effet
ErC50 (5 j)
Navicula pelliculosa 0.146 (n) Valide EFSA, 2009
statique
ErC50 (5 j)
Anabaena flos-aquae 13.9 (m) Valide EFSA, 2009
statique
EC50 (14 j)
Lemna gibba 3.2 (n) Valide EFSA, 2009
statique
Critère
Organismes Espèce Valeur (mg/L) Validité Référence
d'effet
EC50 (48 h)
Crassostrea gigas 1.3 (n) Valide EFSA, 2009
statique
Critère Valeur
Organismes Espèce Validité Référence
d'effet (mg/L)
NOEC (5 j)
Navicula pelliculosa 0.02 Non évaluable US-EPA, 2011
statique
NOEC (5 j)
Anabaena flos-aquae 9 Non évaluable US-EPA, 2011
statique
Algues &
Eau douce NOEC (5 j)
Selenastrum 0.00023 Non évaluable US-EPA, 2011
plantes statique
capricornutum
aquatiques
NOEC (96 h) 0.038 (m) Valide EFSA, 2009
NOEC (14 j)
Lemna gibba 0.8 Non évaluable US-EPA, 2011
statique
NOEC (5 j)
Milieu marin Skeletonema costatum 0.1 Non évaluable US-EPA, 2011
statique
NOEC (21 j)
Daphnia magna 0.044 (m) Valide EFSA, 2009
statique
Eau douce
NOEC (28 j)
Chironomus riparius 0.8 Valide EFSA, 2009
Invertébrés statique
NOEC (28 j)
Milieu marin Mysidopsis bahia 0.0095 (m) Valide EFSA, 2009
flux continu
Sédiment Pas d’information disponible.
NOEC (33 j)
Pimephales promelas 0.147 (m) Valide EFSA, 2009
flux continu
Eau douce
Poissons NOEC (28 j)
Oncorhynchus mykiss 0.16 (n) Valide EFSA, 2009
flux continu
Milieu marin Pas d’information disponible
Il est à noter une étude mésocosme, citée dans le rapport et les conclusions de l’EFSA (2009, 2010),
qui propose une NOEAEC de 10 µg/L, mais sa fiabilité est jugée comme faible dans la mesure où la
substance n’a été appliquée qu’une seule fois en début d’étude et les concentrations n’ont pas été
mesurées tout au long de l’étude. Le résultat de cette étude est non pertinente dans le cadre de la
détermination des normes de qualité environnementale.
Les normes de qualité pour les organismes de la colonne d’eau sont calculées conformément aux
recommandations du projet de guide technique européen pour la détermination des normes de qualité
environnementale (E.C., 2010). Elles sont obtenues en divisant la plus faible valeur de NOEC ou
d'EC50 valide par un facteur d'extrapolation (AF, Assessment Factor).
La valeur de ce facteur d’extrapolation dépend du nombre et du type de tests pour lesquels des
résultats valides sont disponibles. Les règles détaillées pour le choix des facteurs sont données dans
le guide technique européen (E.C., 2010).
En ce qui concerne les organismes marins, selon le projet de document guide technique pour la
détermination de normes de qualité environnementale (E.C., 2010), la sensibilité des espèces marines
à la toxicité des substances organiques peut être considérée comme équivalente à celle des espèces
dulçaquicoles, à moins qu'une différence ne soit montrée.
Néanmoins, le facteur d'extrapolation appliqué pour déterminer la AA-QSmarine_eco doit prendre en
compte les incertitudes additionnelles telles que la sous-représentation de taxons clefs et une diversité
d'espèces plus complexe en milieu marin.
En ce qui concerne les organismes marins, il existe des données validées en aigu et en chronique
pour les 3 taxons, exceptés les poissons en chronique. Le résultat le plus faible parmi les données
ayant pu être validées est obtenu sur le micro-crustacé marin Mysidopsis bahia. Bien que l’organisme
sensible soit marin, le jeu de données ne permet pas de diminuer le facteur d’extrapolation
supplémentaire de 10 recommandé par le guide technique (E.C., 2010), pour prendre en compte la
biodiversité : AA-QSmarine_eco = 0.0095 /100 mg/L, soit :
Pour les mêmes raisons que celles évoquées pour la détermination de l’AA-QSmarine_eco, un facteur
d'extrapolation de 1000 s’applique pour calculer la MACmarine conformément au guide technique (E.C.,
2010), soit MAC = 0.055/1000 mg/L :
MACmarine = 0.055 µg/L
Un seuil de qualité dans le sédiment est nécessaire (i) pour protéger les espèces benthiques et (ii)
protéger les autres organismes d’un risque d’empoisonnement secondaire résultant de la
consommation de proies provenant du benthos. Les principaux rôles des normes de qualité pour les
sédiments sont de :
1. Identifier les sites soumis à un risque de détérioration chimique (la norme sédiment est
dépassée)
2. Déclencher des études pour l’évaluation qui peuvent conduire à des études plus poussées et
potentiellement à des programmes de mesures
3. Identifier des tendances à long terme de la qualité environnementale (Art. 4 Directive
2000/60/CE) (C.E., 2000).
Aucune information d'écotoxicité pour les organismes benthiques n'a été trouvée dans la littérature.
A défaut, une valeur guide pour le sédiment peut être calculée à partir du modèle de l’équilibre de
partage.
Une valeur guide de qualité pour le sédiment peut être alors calculée (E.C., 2010) :
Ksed-eau
QSsed wet weight [µg/kg] = --------------- * AA-QSwater_eco [µg/L] * 1000
RHOsed
Avec :
3
RHOsed : masse volumique du sédiment en [kgsed/m sed]. En l'absence d'une valeur exacte, la valeur
3
générique proposée par le guide technique européen (E.C., 2010) est utilisée : 1300 kg/m .
3 3
Ksed-eau : coefficient de partage sédiment/eau en m /m . En l'absence d'une valeur exacte, les valeurs
génériques proposées par le guide technique européen (E.C., 2010) sont utilisées. Le
coefficient est alors calculé selon la formule suivante : 0.8 + 0.025 * Koc, soit Ksed-eau = 8.5 –
3 3
19.3 m /m .
Ainsi, on obtient :
La concentration correspondante en poids sec peut être estimée en tenant compte du facteur de
conversion suivant :
RHOsed 1300
------------------------------ = -------------- = 2.6
Fsolidesed * RHOsolide 500
Avec :
3 3
Fsolidesed : fraction volumique en solide dans les sédiments en [m solide/m susp]. En l'absence d'une
valeur exacte, la valeur générique proposée par le guide technique européen (E.C., 2010) est
3 3
utilisée : 0.2 m /m .
3
RHOsolide : masse volumique de la partie sèche en [kgsolide/m solide]. En l'absence d'une valeur exacte, la
valeur générique proposée par le guide technique européen (E.C., 2010) est utilisée :
3
2500 kg/m .
Selon la même approche que pour le sédiment d’eau douce, une valeur guide de qualité pour le
sédiment marin peut être calculée selon la formule suivante :
Ksed-eau
QSsed-marine wet weight [µg/kg] = --------------- * AA-QSmarine_eco [µg/L] * 1000
RHOsed
Le logKow de la substance étant inférieur à 5, un facteur additionnel de 10 n’est pas jugé nécessaire.
Il faut rappeler que les incertitudes liées à l'application du modèle de l'équilibre de partage sont
importantes. Les sédiments naturels peuvent avoir des propriétés très variables en termes de
composition (nature et quantité de matières organiques, composition minéralogique), de
granulométrie, de conditions physico-chimiques, de conditions dynamiques (taux de déposition/taux
de resuspension). Par ailleurs ces propriétés peuvent évoluer dans le temps en fonction notamment
des conditions météorologiques et de la morphologie de la masse d'eau. Si bien que le partage entre
la fraction de substance adsorbée et la fraction de substances dissoute peut être extrêmement
variable d'un sédiment à un autre et l'hypothèse d'un équilibre entre ces deux fractions ne semble pas
très réaliste pour des conditions naturelles.
Par ailleurs, certains organismes benthiques peuvent ingérer les particules sédimentaires, et donc être
contaminés par la fraction de substance adsorbée sur ces particules, ce qui n'est pas pris en compte
par la méthode.
EMPOISONNEMENT SECONDAIRE
Ce chapitre traite de la toxicité chronique induite par la substance sur les prédateurs via la
consommation d'organismes aquatiques contaminés (appelés biota, i.e. poissons ou invertébrés
vivant dans la colonne d'eau ou dans les sédiments). Il s'agit donc d'évaluer la toxicité chronique de la
substance par la voie d'exposition orale uniquement.
Dans les tableaux ci-dessous, ne sont reportés pour chaque type de test que les résultats permettant
d’obtenir les NOEC ou la valeur toxicologique de référence (VTR) les plus protectrices. N'ont été
recherchés que des tests sur mammifères ou oiseaux exposés par voie orale (exposition par
l'alimentation ou par gavage). Toutes les données présentées ont été validées.
Les résultats de toxicité sont principalement donnés sous forme de doses journalières : NOAEL (No
Observed Adverse Effect Level), ou LOAEL (Lowest Observed Adverse Effect Level). NOAEL et
LOAEL sont exprimées en termes de quantité de substance administrée par unité de masse corporelle
de l'animal testé, et par jour.
Pour calculer la norme de qualité liée à l'empoisonnement secondaire des prédateurs, il est
nécessaire de connaître la concentration de substance dans le biote n'induisant pas d'effets observés
pour les prédateurs (exprimée sous forme de NOEC). Il est possible de déduire une NOEC à partir
d'une NOAEL grâce à des facteurs de conversion empiriques variables selon les espèces testées. Les
facteurs utilisés ici sont ceux recommandés par le projet de guide technique européen pour la
détermination de normes de qualité (E.C., 2010). Les valeurs de ces facteurs de conversion
dépendent de la masse corporelle des animaux et de leur consommation journalière de nourriture.
Celles-ci peuvent donc varier d'une façon importante selon le niveau d'activité et le métabolisme de
l'animal, la valeur nutritive de sa nourriture, etc. En particulier elles peuvent être très différentes entre
un animal élevé en laboratoire et un animal sauvage.
Afin de couvrir ces sources de variabilité, mais aussi pour tenir compte des autres sources de
variabilité ou d'incertitude (variabilité inter et intra-espèces, extrapolation du court terme au long
terme, etc.) des facteurs d'extrapolation sont nécessaires pour le calcul de la QSbiota_sec pois. Les
valeurs recommandées pour ces facteurs d'extrapolation sont données dans le guide technique
européen (E.C., 2010). Un facteur d'extrapolation supplémentaire (AFdose-réponse) est utilisé dans le cas
où la toxicité a été établie à partir d'une LOAEL plutôt que d'une NOAEL.
Rat
Ligne directrice OCDE 408
Durée de l’étude : 90 jours
Milburn,
Administration orale via 1992 Donnée
l’alimentation 21 spécifique 200
EFSA, de l’étude
Doses administrées : 0, 200, 2009
2000, 4000 ppm
Effets : hépatotoxicité et
diminution du poids corporel
Chien beagle / 1 an / Ligne
directrice OCDE 452 Allen,
(4/groupe/sexe) 1994
25 40 800
Doses: 0 - 3 -25 - 200 mg/kg/j EFSA,
Effets : hépatotoxicité et 2009
diminution du poids corporel
Rats
Toxicité sub- Ligne directrice OCDE 453
chronique et/ou
chronique Durée de l’étude : 104
semaines Milburn
1995 Donnée
Administration orale via 18 spécifique 300
l’alimentation EFSA, de l’étude
Doses administrées : 0, 60, 2009
300, 1500 ppm
Effets : diminution de la prise
de poids, effets sur le foie.
Souris
Ligne directrice OCDE 451
Administration orale via
l’alimentation Moxon,
Donnée
Doses administrées : 0, 50, 1995
37 spécifique 300
300, 2000 ppm EFSA,
de l’étude
Durée de l’étude : 2 ans 2009
Effets : diminution de la prise
de poids, augmentation du
poids du foie.
Rat Wistar / développement /
Ligne Directrice OCDE 414
Doses : 0 - 25 - 100 - 300
Moxon,
mg/kg/j
Toxicité sur le 1994
25 10 250
développement Effets : lésions stomacales et EFSA,
diminution de la prise de 2009
poids (toxicité maternelle),
diminution de d’ossification
(développement).
Donnée
Toxicité sur la Bobwhite quail
117 EFSA, 2009 spécifique 1200
reproduction Test chronique
de l’étude
La norme de qualité pour l’empoisonnement secondaire (QSbiota_sec pois) est calculée conformément aux
recommandations du guide technique européen (E.C., 2010). Elle est obtenue en divisant la plus
faible valeur de NOEC valide par les facteurs d’extrapolation recommandés (E.C., 2010).
Pour l’azoxystrobine, la NOEC la plus faible (200 mg/kgbiota) est issue de l’étude 90 jours sur rat.
Cependant pour la détermination de la norme de qualité empoisonnement secondaire, la NOEC de
300 mg/kgbiota tirée de l’étude chronique chez le rat est utilisée en lui appliquant un facteur de sécurité
de 30. En effet, la valeur de 200 mg/kgbiota est certes plus basse mais elle est surtout liée au choix des
doses testées et de l’intervalle entre chaque dose. La gamme de dose testée est nettement plus
resserrée dans l’étude chronique ce qui permet d’obtenir une NOEC plus réaliste. On obtient donc :
Cette valeur de norme de qualité pour l’empoisonnement secondaire peut être ramenée :
• à une concentration dans l’eau douce selon la formule suivante :
Avec :
BCF : facteur de bioconcentration,
BMF1 : facteur de biomagnification,
BMF2 : facteur de biomagnification additionnel pour les organismes marins.
Ce calcul tient compte du fait que la substance présente dans l’eau du milieu peut se bioaccumuler
dans le biote. Il donne la concentration à ne pas dépasser dans l’eau afin de respecter la valeur de la
norme de qualité pour l’empoisonnement secondaire déterminée dans le biote.
Ce calcul n’est donné qu’à titre indicatif. Il fait en effet l’hypothèse qu’un équilibre a été atteint entre
l’eau et le biote, ce qui n’est pas véritablement réaliste dans les conditions du milieu naturel. Par
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AZOXYSTROBINE – N° CAS 131860-33-8
ailleurs il repose sur un facteur de bioaccumulation qui peut varier de façon importante entre les
espèces considérées.
Pour l’azoxystrobine, un BCF de 21 et un BMF1 = BMF2 de 1 (cf. E.C., 2010) ont été retenus. On a
donc :
QSwater sp = 10000 [µg/kgbiota] / (21*1) = 476 µg/L
SANTE HUMAINE
Ce chapitre traite de la toxicité chronique induite par la substance sur l'homme soit via la
consommation d'organismes aquatiques contaminés, soit via l'eau de boisson.
Dans les tableaux ci-dessous, ne sont reportés pour chaque type de test que les résultats permettant
d’obtenir les NOEC ou la valeur toxicologique de référence (VTR) les plus protectrices. Compte tenu
du mode d’exposition envisagée, seuls les tests sur mammifères exposés par voie orale (dans
l’alimentation ou par gavage) ont été recherchés.
Toutes les données présentées ont été validées.
Les résultats de toxicité sont principalement donnés sous forme de doses journalières : NOAEL (No
Observed Adverse Effect Level), ou LOAEL (Lowest Observed Adverse Effect Level). NOAEL et
LOAEL sont exprimées en termes de quantité de substance administrée par unité de masse corporelle
de l'animal testé, et par jour.
TOXICITE
Pour l’évaluation des effets sur la santé humaine, seuls les résultats sur mammifères sont considérés
comme pertinents. Contrairement à l’évaluation des effets pour les prédateurs, les effets de type
cancérigène ou mutagène sont également pris en compte.
Valeur
NOAEL/LOAEL toxicologique de
Type de test Source
[mg/kgcorporel/j] référence (VTR)
[µg/kgcorporel/j]
Rat
Ligne directrice OCDE 453
Durée de l’étude : 104 (1)
200
Toxicité sub- semaines Milburn
Facteur d’incertitude
chronique Administration orale via 1995
18 utilisé : 200
et/ou l’alimentation EFSA,
chronique 10 : intra-espèces
Doses administrées : 0, 60, 2010
10 : inter-espèces
300, 1500 ppm
Effets : diminution de la prise
de poids, effets sur le foie.
(1) Cette VTR a été déterminée par l’EFSA (EFSA, 2010)
Toxicité pour la La substance n’est pas classée pour des propriétés avérées ou
reproduction suspectées de toxicité pour la reproduction.
La norme de qualité pour la santé humaine est calculée de la façon suivante (E.C., 2010) :
Ce calcul n'est donné qu'à titre indicatif. Il peut être inadapté pour couvrir les risques pour les individus
plus sensibles ou plus vulnérables (masse corporelle plus faible, forte consommation de produits de la
pêche, voies d'exposition individuelles particulières). Le facteur correctif de 10% n'est donné que par
défaut, car la contribution des différentes voies d'exposition varie selon les propriétés de la substance
(et en particulier sa distribution entre les différents compartiments de l'environnement), ainsi que selon
les populations considérées (travailleurs exposés, exposition pour les consommateurs/utilisateurs,
exposition via l'environnement uniquement). L’hypothèse cependant que la consommation des
produits de la pêche ne représente pas plus de 10% des apports journalier contribuant à la dose
journalière tolérable apporte une certaine marge de sécurité (E.C., 2010).
QSbiota hh [µg/kgbiota]
QSwater_hh food [µg/L] = -----------------------------------
BCF [L/kgbiota] * BMF1
• dans l'eau marine du milieu peut être estimée en tenant compte de la bioaccumulation de la
substance :
QSbiota_hh [µg/kgbiota]
QSmarine_hh food [µg/L] = -------------------------------------------
BCF [L/kgbiota] * BMF1 * BMF2
En principe, lorsque des normes de qualité réglementaires dans l'eau de boisson existent, soit dans la
Directive 98/83/CE (C.E., 1998), soit déterminées par l’OMS, elles peuvent être adoptées. Les valeurs
réglementaires de la Directive 98/83/CE doivent être privilégiées par rapport aux valeurs de l'OMS qui
ne sont que de simples recommandations.
Il faut signaler que ces normes réglementaires ne sont pas nécessairement établies sur la base de
critères (éco)toxicologiques. Par exemple les normes pour les pesticides avaient été établies par
rapport à la limite de quantification analytique de l'époque pour ce type de substance, soit 0.1 µg/L.
Cette norme de 0.1 µg/L est applicable en particulier à l’azoxystrobine.
A titre de comparaison, la valeur seuil provisoire pour l’eau de boisson est calculée de la façon
suivante (E.C., 2010):
L'eau de boisson est obtenue à partir de l'eau brute du milieu après traitement pour la rendre potable.
La fraction éliminée lors du traitement dépend de la technologie utilisée ainsi que des propriétés de la
substance.
Ainsi, la norme de qualité correspondante dans l’eau brute se calcule de la manière suivante :
MPCdw, hh [µg/L]
QSdw_hh [µg/L] = --------------------------------
1 – fraction éliminée
En l'absence d'information, on considèrera que la fraction éliminée est nulle et le critère pour l'eau de
boisson s'appliquera alors à l'eau brute du milieu. Par ailleurs, on rappellera que ce calcul n'est donné
qu'à titre indicatif et peut s'avérer inadéquat pour certaines substances et certaines populations.
0.1* 200 * 70
QSdw_hh = ----------------------- = 700 µg/L
2 * (1 - 0)
La valeur calculée selon le guide européen (E.C., 2010) est plus élevée que la valeur recommandée
par l'OMS et la Directive 98/83/CE (C.E., 1998). La valeur la plus protectrice, fixée par la directive
98/83/CE est alors proposée comme norme de qualité pour l’eau destinée à la production d’eau
potable
Valeur Unité
PROPOSITION DE NORMES DE QUALITE
Organismes aquatiques (eau douce) AA-QSwater_eco 0.95 µg/L
moyenne annuelle
Organismes aquatiques (eau douce) MAC 0.95 µg/L
Concentration Maximum Acceptable
Organismes aquatiques (eau marine) AA-QSmarine_eco 0.095 µg/L
moyenne annuelle
Organismes aquatiques (eau marine) MACmarine 0.095 µg/L
Concentration Maximum Acceptable
Empoisonnement secondaire des prédateurs QSbiota sec pois 10000 µg/kgbiota
valeur correspondante dans l'eau (douce et QSwater_sp µg/L
476
marine) QSmarine_sp
Santé humaine via la consommation de produits QSbiota hh µg/kgbiota
12174
de la pêche
valeur correspondante dans l'eau (douce et QSwater hh food µg/L
580
marine) QSmarine_hh food
Santé humaine via l’eau destinée à l'eau potable QSdw_hh 0.1 µg/L
Pour l’azoxystrobine, la norme de qualité pour l’eau douce et celle pour l’eau marine sont les valeurs
les plus faible pour l’ensemble des approches considérées et les compartiments considérés. La
proposition de NQE pour l’azoxystrobine est donc la suivante :
EAU DOUCE
Moyenne Annuelle dans l’eau (eau destinée à l’eau NQEEAU-DOUCE = 0.1 µg/L
potable) :
Moyenne Annuelle dans l’eau (eau non destinée à NQEEAU-DOUCE = 0.95 µg/L
l’eau potable) :
EAU MARINE
Moyenne Annuelle dans l’eau : NQEEAU-MARINE = 0.095 µg/L
BIBLIOGRAPHIE
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