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Espaces en Math Exo de Maison

Le document présente des exercices de mathématiques sur les espaces ultramétriques et les propriétés associées. Il inclut des énoncés et des corrections, abordant des concepts tels que la définition d'une distance ultramétrique, les boules ouvertes et fermées, ainsi que des propriétés des exposants de nombres premiers. Les exercices sont suivis de corrections détaillées pour chaque question posée.

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Le document présente des exercices de mathématiques sur les espaces ultramétriques et les propriétés associées. Il inclut des énoncés et des corrections, abordant des concepts tels que la définition d'une distance ultramétrique, les boules ouvertes et fermées, ainsi que des propriétés des exposants de nombres premiers. Les exercices sont suivis de corrections détaillées pour chaque question posée.

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Z

 ZZ
 Exo7 
Z 
Z
Z

Année 2009
Exercices de mathématiques

Enoncés et corrections : A. Bodin


Devoir maison : les espaces ultramétriques
Exercice 1. Soit (E, d) un espace métrique. On dit que d est ultramétrique
si elle vérifie :

∀(x, y, z) ∈ E 3 d(x, z) ≤ sup (d(x, y), d(y, z)) .

Cette inégalité entraine évidemment l’inégalité triangulaire.


1. Montrer que E muni de la distance d définie par

d(x, y) = 1 si x 6= y, d(x, x) = 0

est un espace ultramétrique.


On suppose maintenant que (E, d) est ultramétrique.
2. Montrer que si d(x, y) 6= d(y, z), on a d(x, z) = sup (d(x, y), d(y, z)).
3. Montrer qu’une boule ouverte (resp. fermée) est une partie à la fois
ouverte et fermée.
4. Montrer que si deux boules ont un point commun l’une est contenue
dans l’autre. Montrer de plus que si ces boules ont même rayon et sont
toutes les deux des boules ouvertes (resp. fermées) elles sont confon-
dues.
5. Montrer que si deux boules ouvertes distinctes B1 , B2 de rayon r sont
contenues dans une boule fermée de même rayon, alors leur distance
est égale à r :

d(B1 , B2 ) := inf d(a, b) = r.


(a,b)∈B1 ×B2

Exercice 2. Soit p un nombre premier. Pour n ∈ N on définit ν(n) comme


étant l’exposant de p dans la décomposition de n en facteurs premiers. Pour
x = ± ab , (a, b ∈ N∗ ), on définit ν(x) = ν(a) − ν(b).
1. Montrer que ν(x) est indépendant du choix de la représentation ± ab .
2. Montrer que ν(xy) = ν(x) + ν(y), x, y ∈ Q.

1
3. Montrer que ν(x + y) ≥ min(ν(x), ν(y)) pour x, y ∈ Z, puis pour
x, y ∈ Q.
4. Montrer que sur Q, d définie par :

d(x, y) = p−ν(x−y) si x 6= y, d(x, x) = 0

est une distance ultramétrique.

2
Correction 1. 1. Comme d(x, y) = 1, si x 6= y, on a donc que d(x, y) =
0 ⇔ x = y. De plus, comme la relation x 6= y est symétrique, on
d(x, y) = d(y, x), ∀x, y ∈ E. Soient x, y, z ∈ E, supposons x = z ; ou
bien y = x ou bien y est distinct de x. Dans le premier cas, d(x, z) =
d(x, y) = d(y, z) = 0 et d(x, z) = sup(d(x, y), d(y, z)). Dans le second
cas, d(x, y) = 1 , d’où
0 = d(x, x) = d(x, z) < sup(d(x, y), d(x, y)) = 1.

Supposons x 6= z ; ou y est distinct de x et de z, ou alors on a l’une


des possibilités : y = x ou y = z. Si les trois éléments sont deux à deux
distincts, l’inégalité est trivialement vérifée (1 = 1 !). Sinon, d(x, y) = 1
ou d(y, z) = 1, d’où
1 = d(x, z) ≤ sup(d(x, y), d(y, z)).

2. On suppose que d(x, y) 6= d(y, z). Supposons alors que d(x, z) < sup(d(x, y), d(y, z))
et pour fixer les idées que d(x, y) = sup(d(x, y), d(y, z)). Alors d(y, z) <
d(x, y) et d(x, z) < d(x, y), d’où on déduit que sup(d(x, z), d(z, y)) <
d(x, y). Par ailleurs, d(x, y) ≤ sup(d(x, z), d(z, y)). Les deux dernières
inégalités sont contradictoires.
3. Soit Bd (a, r) une boule ouverte ; montrons qu’elle est fermée. Soit y ∈
E \Bd (a, r) ; montrons qu’il existe une boule ouverte Bd (y, η), contenue
dans E \ Bd (a, r). Si on choisit η = r/2 ou plus généralement η < r, on
obtient que, pour tout z ∈ Bd (y, η),
d(a, z) ≤ sup(d(a, y), d(y, z)) ≤ sup(d(a, y), η)).
Comme d(a, y) ≥ r et d(y, z) < η < r, on a , (d’après la deuxième
question), d(a, z) = d(a, y) ≥ r. On en déduit que Bd (y, η) ⊂ E \
Bd (a, r) et par suite la boule ouverte Bd (a, r) est aussi fermée.
La preuve du fait que la boule fermée Bd0 (a, r) est aussi ouverte est
analogue.
4. Soient Bd (a, r) et Bd (b, s) deux boules ouvertes ayant une intersection
non vide et soit z0 ∈ Bd (a, r) ∩ Bd (b, s). supposons que r ≤ s et mon-
trons qu’alors Bd (a, r) ⊂ Bd (b, s). On regarde la distance à b de tout
z ∈ Bd (a, r) :
d(b, z) ≤ sup(d(b, z0 ), d(z0 , z)) < sup(s, d(z0 , z))
puisque z0 est dans Bd (b, s). Par ailleurs, on a : d(z0 , z) ≤ sup(d(z0 , a), d(a, z)) <
r. On obtient une majoration de d(b, z) : d(b, z) < sup(r, s) = s, d’où
une inclusion de Bd (a, r) dans Bd (b, s).

3
Conséquence : deux boules ouvertes de même rayon r qui se rencontrent
sont confondues.
5. Soient A = Bd (a, r) et B = Bd (b, r) deux boules ouvertes de rayon r
contenues dans une boule fermée C = Bd0 (c, r) de même rayon. Mon-
trons que :
∀x ∈ A, ∀y ∈ B, r ≤ d(a, b) ≤ r.
L’inégalié ultramétrique montre que d(x, y) ≤ sup(d(x, c), d(c, y)) et ce
sup est inférieure à r puisque chacune des boules A et B est incluse
dans C. Donc d(x, y) ≤ r.
Par ailleurs, introduisons dans l’estimation de d(x, y) le centre des
boules respectives auxquelles ils appartiennent : d(x, y) ≤ sup(d(x, a), d(a, y)).
Si d(x, a) = d(a, y), on aurait d(a, y) < r et y serait dans A, ce qui est
impossible, A et B étant disjoints d’après la quatrième question. Donc
d(a, y) 6= d(x, a), et en fait d(a, y) > d(x, a) et

d(x, y) = d(a, y).

On voit donc que dans le calcul de la distance d(x, y) on peut remplacer


x ou y par le centre de la boule ouverte à laquelle il appartient. Par
suite
d(x, y) = d(a, b) ≥ r, ∀x ∈ A, ∀y ∈ B
Et finalement
r ≤ d(x, y) ≤ r, ∀x ∈ A, ∀y ∈ B
d’où d(A, B) = r.
0
Correction 2. 1. Soit x = ± ab = ± ab0 . On écrit a = pα a1 , b = pβ b1 ,...
0 0
Alors l’équation ab0 = a0 b devient pα+β a1 b01 = pα +β a01 b1 . Donc α + β 0 =
0
α0 + β ou encore α − β = α0 − β 0 . Donc ν(± ab ) = ν( ab0 ).
2. Soit x = pα x1 , y = pβ y1 avec α, β ∈ Z et les numérateurs et dénominateurs
de x1 , y1 ∈ Q non divisibles par p. Alors xy = pα+β x1 y1 . Donc ν(xy) =
α + β = ν(x) + ν(y).
3. Soit x, y ∈ Z, x = pα x1 , y = pβ y1 . Supposons par exemple α ≤ β, alors
x + y = pα (x1 + pβ−α y1 ), avec x1 + pβ−α y1 ∈ Z. Donc ν(x + y) ≥ α =
min(ν(x), ν(y)).

4
a0
Soit maintenant x = ab , y = b0
∈ Q. Alors

a a0
ν(x + y) = ν( + 0 )
b b
ab0 + a0 b
= ν( )
bb0
= ν(ab0 + a0 b) − ν(bb0 )
≥ min(ν(ab0 ), ν(a0 b)) − ν(bb0 ) (grâce à l’inégalité sur les entiers),
≥ min(ν(a) + ν(b ), ν(a ) + ν(b)) − ν(b) − ν(b0 )
0 0

≥ min(ν(a) + ν(b0 ) − ν(b) − ν(b0 ), ν(a0 ) + ν(b) − ν(b) − ν(b0 ))


≥ min(ν(a) − ν(b), ν(a0 ) − ν(b0 ))
≥ min(ν(x), ν(y)).

4. Il est clair que d(x, y) = 0 si et seulement si x = y et que d(x, y) =


d(y, x). Pour un triplet (x, y, z) on a

d(x, z) = p−ν(x−z)
= p−ν(x−y+y−z)
≤ p− min(ν(x−y),ν(y−z))
≤ max(p−ν(x−y) , p−ν(y−z) )
≤ max(d(x, y), d(y, z)).

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