MAT1500H16 Notes8
MAT1500H16 Notes8
Méthode de répondre avec le principe d’inclusion-exclusion (un peu plus tard suivra une mé-
thode en utilisant les fonctions génératrices) : Soit U l’ensemble des solutions entières de l’équation
X1 + X2 + . . . + Xm = n
où on exige seulement que Xi ∈ N pour chaque i. Pour chaque i, 1 ≤ i ≤ m, définissons Ui ⊆ U
comme le sous-ensemble des solutions où Xi ≥ ri +1 (donc on exige seulement une extra condition).
Donc U − (U1 ∪ U2 ∪ . . . ∪ Um ) est l’ensemble des solutions qui satisfont aucune des conditions
Xi ≥ ri + 1 ; c’est l’ensemble qui nous intéresse ! Nous cherchons
|U | − |U1 ∪ U2 ∪ . . . ∪ Um |.
On sait déjà que |U | = C(n + m − 1, m − 1) et par le problème précédent
|Ui | = C(n + m − (di + 1) − 1, m − 1),
mais ça ne suffit pas encore pour compter |U1 ∪ U2 ∪ . . . ∪ Um |. Nous pouvons utiliser le principe
d’inclusion-exclusion, mais pour ça de bien fonctionner il faut savoir compter les tailles des multiples
intersections. Nous pouvons !
L’intersection de s des sous-ensembles Ui est quoi ? Si 1 ≤ i1 < i2 < . . . < is ≤ m alors
Ui1 ∩ Ui2 ∩ . . . ∩ Uis est l’ensemble des solutions qui satisfont les s conditions :
Xi1 ≥ ri1 + 1, Xi2 ≥ ri2 + 1, . . . , Xis ≥ ris + 1.
Le nombre de telles solutions est compté dans le problème précédent :
C(n + m − (ri1 + ri2 + . . . + ris + s) − 1, m − 1).
Avec le principe d’inclusion nous pouvons en principe résoudre le problème.
Disons pour m = 3 la réponse totale est
C(n + m − 1, m − 1)−
Ici, la notation 0≤i1 <i2 <...<is ≤m veut dire : "prendre la somme sur toutes les possibilités des ia ∈ N
P
10.1. Suites et séries. Les suites de nombres (entiers, réels ou mêmes complexes)
a0 , a1 , a2 , a3 , . . . , an , . . .
jouent un grand rôle dans les mathématques, en particulier dans les problèmes de comptage. Consi-
dérons les suites réelles dans cette section. On peut considérer une suite de nombres réels comme
une fonction F : N → R, où F (i) = ai , et vice versa.
Par exemple. Fixons E un ensemble fini avec m éléments. Si an est le nombre des n-permutations
avec remise dans E, la suite est
1, m, m2 , m3 , . . . , mn , . . . ..
Si an est le nombre des n-combinaisons avec remise dans E, la suite est
(m + 1)m (m + 2)(m + 1)m
1, m, , , . . . , C(n + m − 1, n), . . .
2! 3!
Si an est le nombre des n-combinaisons sans remise dans E, la suite est
m(m − 1) m(m − 1)(m − 2)
1, m, , , . . . , C(m, n), . . . , C(m, m), 0, 0, 0, 0, 0, . . .
2! 3!
parce que an = 0 si n > m. Cette suite devient 0.
associée à une suite (ai )i≥0 . Puis on considère la question pour quelles valeurs de x cette suite est
convergente. Supposons la série converge pour toutes les valeurs sur un (possiblement très petit)
intervalle ouvert (−, ), disons avec valeur f (x). Alors f : (−, ) → R est une jolie fonction
(une "fonction analytique"). En particulier toutes les fonctions dérivées existent. On appelle f une
fonction génératrice 40 pour la suite. Par le théorème de Taylor, on retrouve les ai en termes de
cette fonction :
f (n) (0)
an = ,
n!
où f (n) (0) est la n-ième fonction dérivée évalué en x = 0.
(n)
Par contre, si g : (−, ) → R est une jolie fonction, on obtient une suite bn = g n!(0) et la série
associée est appelée la suite (ou la développement) de Maclaurin de g.
Dans un cours de calcul on montre aussi que si n≥0 an xn est la suite de Maclaurin de f alors
P
P n P n
n≥0 (n + 1)an+1 x (=(la dérivé de la série n≥0 an x ) est la série de Maclaurin de la fonction
10.3. Fonction génératrice des n-combinaisons sans remise. Les séries les plus facile sont
ceux qui deviennent 0 à partir d’un certain point. La série devient est une fonction polynomiale,
qui est certainemen jolie. Si la suite est
a0 , a1 , a2 , . . . , am−1 , am , 0, 0, 0, 0, 0, 0, . . .
Et encore
f (n) (0)
an = .
n!
Donnons une application de cette formule.
Commençons, par exemple, avec le polynôme g(x) = (x + 1)m . Il y a une suite associée avec
(n)
an = g n!(0) . Nous pouvons facilement dériver (et montrer par induction sur n) :
donc
m(m − 1)(m − 2) . . . (m − n + 1)
an = = C(m, n).
n!
Donc (x + 1)m est une fonction génératrice de la suite
Démonstration. Faire des substitutions (X, Y ) = (1, 1), (−1, 1), (2, 1) respectivement.
10.4. Nouvelle preuve de l’identité de Pascal. Nous pouvons remontrer les identités de Pascal
et de Vandermonde en utilisant des simples outils de calcul. Par exemple
En comparant avec
m+1
X
(x + 1)m+1 = C(m + 1, i)xi
i=0
on obtient l’identité de Pascal
si 1 ≤ i ≤ m.
Essayer vous-même de remontrer l’identité de Vandermonde en utiisant (x + 1)n (x + 1)m =
(x + 1)m+n .
1
10.5. Fonction génératrice des n-combinaisons avec remise. Soit f = 1−x . Il est facile de
montrer par induction sur n que
(n)
1 n!
= .
1−x (1 − x)n+1
1
La suite de Maclaurin associée à f = 1−x a le terme
f (n) (0) n!
an = = = 1.
n! n!
La suite est donc 1, 1, 1, 1, 1, 1 . . . et la série
P i.
i≥0 x
106
i (m−1)!
En prenant la (m − 1)-ième dérivé de f et de
P
i≥0 x on obtient que la série de (1−x)m est
X
(m + n − 1)(m + n − 2) . . . (n + 1)xn .
n≥0
1
Et donc la série de Maclaurin de (1−x)m est
X (m + n − 1)(m + n − 2) . . . (n + 1) X
xn = (C(m + n − 1, n)xn .
i≥0
(m − 1)! i≥0
1
Donc (1−x)m est une fonction génératrice de la suite
1, C(m, 1), C(m + 1, 2), C(m + 2, 3), C(m + 3, 4), . . . , C(m + n − 1, n), . . .
1 1 P i
On peut calculer la série de Macalaurin de (1−x)m d’une autre façon. La série de 1−x est i≥0 x .
Il suit de
∞
X X X X
( xi )m = xr1 xr2 · · · xrm
i≥0 r1 ≥0 r2 ≥0 rm ≥0
X X X
r1 +r2 +...+rm
= ... x
r1 ≥0 r2 ≥0 rm ≥0
1
que le coefficient de xn de (1−x)m est égal au nombre des (r1 , r2 , . . . , rm ) ∈ Nm tel que
r1 + r2 + . . . + rm = n.
Nous venons de voir que ce coefficient de xm est C(n + m − 1, n). Conclusion : le nombre des
solutions par des nombres naturels de l’équation X1 + X2 + . . . + Xm = n est C(n + m − 1, n).
Nous le savions déjà, mais ainsi nous avons donné une autre preuve.
10.6. Autre solution de problèmes de type C ou D. Motivé par le dernier calcul revisitons
un problème de type connu.
Calculons :
7
X 8
X 5
X
f (x) = x r1 xr2 x r3
r1 =2 r2 =1 r3 =2
X X X
= xr1 +r2 +r3
2≤r1 ≤7 1≤r2 ≤8 2≤r3 ≤5
Donc le coefficient de x12 est égal au nombre des (r1 , r2 , r3 ) ∈ N3 tel que
r1 + r2 + r3 = 12
et 2 ≤ r1 ≤ 7, 1 ≤ r2 ≤ 8 et 2 ≤ r3 ≤ 5. Donc les deux problèmes ont la même réponse.
107
1 xs
Le coefficient de xr de (1−x) r
3 est C(r + 2, 2), donc le coefficient de x de (1−x)3
est C(r − s + 2, 2).
Donc le coefficient de x12 dans f est
Et voilà la réponse.
10.7. Exemple pour trouver une fonction génératrice. Trouver une fonction génératrice pour
la suite
0, 2, 6, 12, 20, 30, 42, . . .
2x
Donc la série de (1−x)3
est
X X
2C(n + 2, 2)xn+1 = 0 + 2C(n + 1, 2)xn .
n≥0 n≥1
Et 2C(n + 1, 2) = 2 (n+1)n
2 = n + n2 .
Ça fonctionne !
108
Soit
a0 , a1 , a2 , a3 , . . . , an , . . .
une suite de nombres (entiers, réels ou complexes). Nous allons dire que la suite satisfait une
récurrence linéaire de degré d, s’il existe d nombres c1 , . . . , cd , cd 6= 0 tel que pour chaque n ≥ d
an = c1 an−1 + c2 an−2 + . . . + cd an−d . Si on connaît cette récurrence et a0 , . . . , ad−1 on connaît
automatiquement aussi les autres coefficients.
Dans ce cas il est possible de trouver une fonction génératrice, qui est une fonction rationnelle.
Commençons par le cas de degré un : il existe un nombre c tel que an = can−1 , n ≥ 1. Alors
a1 = ca0 , a2 = ca1 = c2 a0 , et en général an = cn a0 . La suite est
a0 , ca0 , c2 a0 , c3 a0 , . . .
La fonction génératrice est donc
a0
.
1 − cx
Remarque. Une récurrence du type an = can−1 +d, n ≥ 1, n’est pas appelé récurrence linéaire, mais
on peut analyser de façon analogue. Supposons f est une fonction génératrice, alors son expansion
de Maclaurin est
X
an xn
n≥0
et celui de (1 − cx)f (x) est
X X X
(1 − cx) an xn = an xn + (−can )xn+1
n≥0 n≥0 n≥0
X X
n
= an x + (−can−1 )xn
n≥0 n≥1
X
= a0 + (an − can−1 )xn
n≥1
X
= a0 + dxn
n≥1
X
= a0 − d + d( xn )
n≥0
X1 + X2 = a0 , r1 X1 + r2 X2 = a1 .
Il y a une unique couple de solution (z1 , z2 ) (parce que r1 6= r2 ) ; en fait on vérifie facilement
r2 a0 − a1 r1 a0 − a1
z1 = et z2 = − .
r2 − r1 r2 − r1
Nous pouvons maintenant formuler la formule générale dans ce cas 1 41. Pour chaque n ≥ 0 on
a:
an = z1 r1n + zn rn .
c1
Cas 2 : Supposons il y a une seule racine. C’est r = 2. Nous supposons c2 6= 0, donc aussi
c1 6= 0 (parce que c21 + 4c2 = 0 dans ce cas 2) et r 6= 0.
Considérons le système d’équations linéaires :
X1 = a0 , rX1 + rX2 = a1 .
11.2. Exemples. (i) Trouver une formule pour les nombres de Fibonacci. F (0)√= 0, F (1) = 1√ et
F (n) = F (n − 1) + F (n − 2). L’équation X 2 = X + 1 a deux racines : r1 = 1−2 5 et r2 = 1−2 5 ;
√
r2 − r1 = 5. Trouver la solution (z1 , z2 ) de
X1 + X2 = 0, r1 X1 + r2 X2 = 1.
−1 1
z1 = √ et z2 = √ .
5 5
La solution générale :
√ !n √ !n √ !n √ !n
−1 1− 5 1 1+ 5 1 1+ 5 1 1− 5
F (n) = z1 r1n n
+ zn r = √ +√ =√ −√ .
5 2 5 2 5 2 5 2
Avec un ordinateur j’ai calculé la partie droite pour n = 30, avec comme résultat 832039.9882.
Mais nécessairement le calcul avec des nombres réels sur un ordinateur est un peu inprécis. La vraie
réponse est F (30) = 832040.
(ii) Trouver une formule pour la suite (ai )i≥0 :
1, 6, 27, 108, . . .
ayant la récurrence
an = 6an−1 − 9an − 2
si n ≥ 2. L’équation
X 2 = 6X − 9
a une seule racine r = 3. Trouver la solution (z1 , z2 ) de
X1 = 1, rX1 + rX2 = 6.
C’est
−3 + 6
z1 = 1 et z2 = = 1.
3
La solution générale :
an = 3n + n3n = (n + 1)3n
Étape d’induction (généreuse). Soit n ≥ 1 et supposons que P (n) et P (n − 1) sont vraies, c.-à-d.,
an = z1 r1n + nz2 r2n et an−1 = z1 r1n−1 + (n − 1)z2 r2n−1 . Alors
11.4. Preuve par algèbre linéaire. La preuve par induction est courte et convaincante, mais
n’explique pas d’où vient la formule. Nous allons donner deux autres preuves, une utilisant l’algèbre
linéaire et l’autre utilisant le calcul, qui expliquent peut-être un peu plus la source de ces formules.
Dans la situation de notre suite a0 , a1 , a2 , . . . avec la récurrence, etc., considérons la matrice
!
0 1
c2 c1
et pour n ≥ 1 la multiplication matricielle
! ! ! !
0 1 an−1 an an
= = ,
c2 c1 an c1 an + c2 an−1 an+1
en utilisant la récurrence dans notre suite.
Donc (par une preuve par induction sur n) on montre
!n ! !
0 1 a0 an
= .
c2 c1 a1 an+1
Donc pour obtenir le cas général an on pourrait calculer d’abord la puissance de la matrice
!n
0 1
,
c2 c1
puis calculer le vecteur
!n !
0 1 a0
c2 c1 a1
et prendre le premier coefficient ! C’est ce que nous allons faire.
!n
43 0 1
Démonstration du cas 1 par algèbre linéaire. Calculer directement nécessiterait trop
c2 c1
de travail. C’est mieux de diagonaliser avant, si possible, ou sinon au moins de diagonaliser.
Avec
!−1 !
1 1 1 r2 −1
=
r1 r2 r2 − r1 −r1 1
Et donc
!n ! ! !−1
0 1 1 1 r1n 0 1 1
= .
c2 c1 r1 r2 0 r2n r1 r2
Calculons
! !n !
an 0 1 a0
=
an+1 c2 c1 a1
! ! !−1 !
1 1 r1n 0 1 1 a0
=
r1 r2 0 r2n r1 r2 a1
! ! ! !
1 1 1 r1n 0 r2 −1 a0
=
r2 − r1 r1 r2 0 r2n −r1 1 a1
! ! !
1 1 1 r1n 0 r2 a0 − a1
=
r2 − r1 r1 r2 0 r2n −r1 a0 + a1
! !
1 1 1 (r2 a0 − a1 )r1n
=
r2 − r1 r1 r2 (−r1 a0 + a1 )r2n
!
1 (r2 a0 − a1 )r1n + (−r1 a0 + a1 )r2n
=
r2 − r1 (r2 a0 − a1 )r1n+1 + (−r1 a0 + a1 )r2n+1
!
z1 r1n + z2 r2n
=
z1 r1n+1 + z2 r2n+1
Démonstration du cas 2 par algèbre linéaire. 44 Dans ce cas on ne peut pas diagonaliser, mais au
moins triangulariser. Rappel r2 = c1 r + c2 et c1 = 2r). Nous avons
! ! ! ! ! !
0 1 1 0 r 1 r 1 1 0 r 1
= = =
c2 c1 r 1 c1 r + c2 c1 r2 2r r 1 0 r
Avec
!−1 !
1 0 1 0
=
r 1 −r 1
nous avons triangularisé :
! ! ! !−1
0 1 1 0 r 1 1 0
=
c2 c1 r 1 0 r r 1
On montre (par induction sur n) que
!n !
r 1 rn nrn−1
=
0 r 0 rn
donc
!n ! ! !−1
0 1 1 0 rn nrn−1 1 0
= .
c2 c1 r 1 0 rn r 1
Calculons encore
! !n !
an 0 1 a0
=
an+1 c2 c1 a1
! ! !−1 !
1 0 rn nrn−1 1 0 a0
=
r 1 0 rn r 1 a1
! ! ! !
1 0 rn nrn−1 1 0 a0
=
r 1 0 rn −r 1 a1
! ! !
1 0 rn nrn−1 a0
=
r 1 0 rn −ra0 + a1
! !
1 0 a0 rn + nrn−1 (−ra0 + a1 )
=
r 1 rn (−ra0 + a1 )
!
a0 rn + nrn−1 (−ra0 + a1 )
=
a0 rn+1 + (n + 1)rn (−ra0 + a1 )
!
z1 rn + nz2 rn
= n+1
z1 r + (n + 1)z2 rn+1
11.5. Preuve par calcul. Nous allons utiliser les résultats d’un cours de calcul dans la suite, sans
explications.
Il existe une jolie fonction génératrice pour notre suite a0 , a1 , a2 , . . . avec la récurrence linéaire
an = c1 an−1 + c2 an−2 (c2 6= 0). C’est une fonction f (x) définie sur un petit voisinage ouverte
contenant 0 avec expansion de Maclaurin (ou série de Taylor en X = 0) :
a0 + a1 x + a2 x2 + . . . + an xn + . . .
Pour x suffisamment proche de 0 cette suite converge, avec somme limite f (x). Nous montrons
d’abord que cette fonction est
a0 + (a1 − c1 a0 )x
f (x) =
1 − c1 x − c2 x2
avec les ai et ci comme avant.
Puis nous allons déterminer le coefficient de xn , qui est an , par un développement et obtenir la
formule.
Soit i≥0 bi xi la série de Maclaurin de f . On a (1 − c1 x − c2 x2 )f (x) = a0 + (a1 − c1 a0 )x, alors
P
Calculons
∞
X ∞
X ∞
X ∞
X
(1 − c1 x − c2 x2 ) bi xi = bi xi + (−c1 bi )xi+1 + (−c2 bi )xi+2
i=0 i=0 i=0 i=0
X∞ X∞ X∞
= bi xi + (−c1 bi−1 )xi + (−c2 bi−2 )xi
i=0 i=1 i=2
∞
X
= b0 + (b1 − c1 b0 )x + (bn − c1 bn−1 − c2 bn−2 )xn
n=2
1
Donc l’expansion de Maclaurin de f = (1−r1 x)(1−r2 x) est
∞ ∞ ∞ X
∞
r j xj r1i r2j xi+j
X X X
r1i xi 2 =
i=0 j=0 i=0 i=0
∞ n
!
r1i r2n−i
X X
= xn
n=0 i=0
∞ n+1
X r2 − r1n+1 n
= x
n=0
r2 − r1
en utilisant la formule
X n+1 − Y n+1
= X n + X n−1 Y + X n−2 Y 2 + . . . + X i Y n−i + . . . + Y n .
X −Y
a0 +(a1 −c1 a0 )x
Alors l’expansion de Maclaurin de (1−r1 x)(1−r2 x) est (en utilisant à la fin que r1 + r2 = c1 ) :
∞ ∞ ∞
X r2n+1 − r1n+1 n X r2n+1 − r1n+1 n X rn+1 − r1n+1 n+1
(a0 + (a1 − c1 a0 )x) x = a0 x + (a1 − c1 a0 ) 2 x
n=0
r2 − r1 n=0
r2 − r1 n=0
r2 − r1
∞ ∞
X r2n+1 − r1n+1 n X rn − r1n n
= a0 x + (a1 − c1 a0 ) 2 x
n=0
r2 − r1 n=1
r2 − r1
∞
X −r1n (a0 r1 + a1 − c1 a0 ) + r2n (a0 r2 + a1 − c1 a0 ) n
= a0 + x
n=1
r2 − r1
∞
X −r1n (−a0 r2 + a1 ) + r2n (−a0 r1 + a1 ) n
= a0 + x
n=1
r2 − r1
∞
X
= a0 + (r1n z1 + r2n z2 )xn
n=1
∞
X
= (r1n z1 + r2n z2 )xn
n=0
an = (r1n z1 + r2n z2 ).
Démonstration du cas 2 par calcul. footnoteCette preuve ne fait pas partie de la matière examen.
Nous avons X 2 − c1 X − c2 = (X − r)2 , donc nous avons aussi 2r = c1 et1 − c1 x − c2 x2 = (1 − rx)2 .
1 P i 2 3
L’expansion de Maclaurin de (1−x)2 est i≥0 (i + 1)x = 1 + 2x + 3x + 4x + . . ., alors l’expansion
116
a0 +(a1 −c1 a0 )x
de Maclaurin de f = (1−rx)2
est
∞
X ∞
X ∞
X
(a0 + (a1 − c1 a0 )x) (i + 1)ri xi = a0 (i + 1)ri xi + (a1 − c1 a0 )(i + 1)ri xi+1
i=0 i=0 i=0
∞
X ∞
X
= a0 (i + 1)ri xi + (a1 − c1 a0 )(i)ri−1 xi
i=0 i=1
∞
X
= a0 + a0 (i + 1)ri + (a1 − c1 a0 )(i)ri−1 xi
i=1
∞
a0 r + a1 − c1 a0 i i
X
= a0 + a0 r i + ir x
i=1
r
∞
−a0 r + a1 i i
X
i
= a0 + a0 r + ir x
i=1
r
∞
−a0 r + a1 i i
X
i
= a0 r + ir x
i=0
r
∞
X
= z1 ri + iz2 ri xi
i=0
(à la fin nous avons utilisé la définition des zi et avant que r − c1 = −r). Mais nous savions déjà
que la coefficient de xn est an . Donc :
an = z1 rn + nz2 rn .
Remarque. 46 On peut reconnaître une récurrence linéaire par la forme de sa fonction génératrice.
Soit f une jolie fonction définie sur un petit intervalle autour de zéro, qui est fonction génératrice
de la suite a0 , a1 , a2 , . . ..
C’est vrai que
• À partir d’un N ≥ r il y a une récurrence linéaire de degré r : an = c1 an−1 +c2 an−2 +. . .+cr an−r
pour chaque n ≥ N
si et seulement si
• Il existe un polynôme p(x) de degré < N − 1 tel que
p(x)
f (x) =
1 − c1 x − c2 x2 − . . . − cr xr
11.5.1. Une autre sorte de récurrence. Soit a0 , a1 , a2 , . . . une suite avec la récurrence non-linéaire
an = 8an−1 + 10n−1 pour n ≥ 1. Supposons a0 = 1. Trouvons une formule générale.
1
Soit S une fonction génératrice de la suite. Alors la série de la fonction S − x(8S + 1−10x ) sera
X X
a0 + (an − (8an−1 + 10n−1 ))xn = 1 + 0xn
n≥1 n≥1
Donc
1
S − x(8S + )=1
1 − 10x
ou
1 − 9x
S=
(1 − 8x)(1 − 10x)
Cette fonction génératrice a l’expansion
X 10n+1 − 8n+1
(1 − 9x) xn
n≥0
10 − 8
X 10n+1 − 8n+1 X 10n+1 − 8n+1
= xn − 9 xn+1
n≥0
2 n≥0
2
X 10n+1 − 8n+1 X 10n − 8n
= xn − 9 xn
n≥0
2 n≥1
2
X 10 · 10n −8· 8n 9· 10n − 9 · 8n n
=1+ − x
n≥1
2 2
X 10n + 8n
= xn .
n≥0
2
Conclusion : Le term général est
10n + 8n
an =
2
Remarque. 47 La forme de la fonction génératrice nous dit qu’il existe aussi une récurrence linéaire
de degré 2 à partir de N = 2 :
an = 18an−1 − 80an−2 .
Vérification :
an −18an−1 = (8an−1 +10n−1 )−18an−1 = −10an−1 +10n−1 = −10(8an−2 +10n−2 )+10n−1 = −80an−2 .
En effet !
12. Appendix
48
Nous avons sauté la preuve technique du principe inclusion-exclusion. Mais voici une preuve.
Démonstration. (i) Chaque élément de A1 ∪A2 est soit dans A1 soit dans A2 −A1 , mais jamais dans
les deux simultanément. Donc |A1 ∪ A2 | = |A1 | + |A2 − A1 |. Chaque élément de A2 est soit dans
A2 −A1 soit dans A1 ∩A2 , mais jamais dans les deux simultanément. Donc |A2 | = |A2 −A1 |+|A1 ∩A2 |.
En combinant les deux formules donne (i).
(ii) Par (i) il suit
et aussi
(iii) Nous allons répéter le procédé en (ii) dans une preuve par induction sur s. La preuve soi-
même n’est pas si difficile, mais la notation est lourde et n’est pas si facile à comprendre. (Essayer
de suivre l’argument pour montrer le cas s = 4 en utilisant (i) et (ii). )
Début de l’induction : le cas s = 1 est trivial, et le cas s = 2 est montré dans (i).
Étape d’induction : Nous supposons que la formule est vraie pour s ≥ 2 sous-ensembles. Pour
commencer, le cas s = 2 et la distributivité donne :
|(A1 ∪A2 ∪. . .∪As )∪As+1 | = |A1 ∪A2 ∪. . .∪As |+|As+1 |−|(A1 ∩As+1 )∪(A2 ∩As+1 )∪. . .∪(As ∩As+1 )|.
Nous pouvons utiliser deux fois l’hypothèse d’induction, pour deux des trois termes à droite.
Premièrement |A1 ∪ A2 ∪ . . . ∪ As | est égal à
s
X X
(−1)r−1 |Ai1 ∩ Ai2 ∩ . . . ∩ Air |
r=1 1≤i1 <i2 <...<ir ≤s
Nous allons combiner les deux formules, mais nous aurons besoin de deux observations. Pour les
simples intersections :
X X
|Ai1 | = ( |Ai1 |) + |As+1 |.
1≤i1 ≤s+1 1≤i1 ≤s
Pour les r-tuple intersections, avec 1 < r < s + 1 :
X
|Ai1 ∩ Ai2 ∩ . . . ∩ Air | =
1≤i1 <i2 <...<ir ≤s+1
X X
= |Ai1 ∩ Ai2 ∩ . . . ∩ Air | + |Ai1 ∩ Ai2 ∩ . . . ∩ Air−1 ∩ As+1 |.
1≤i1 <i2 <...<ir ≤s 1≤i1 <i2 <...<ir−1 ≤s
Nous rassemblons :
|(A1 ∪ A2 ∪ . . . ∪ As ) ∪ As+1 | =
= |A1 ∪ A2 ∪ . . . ∪ As | + |As+1 | − |(A1 ∩ As+1 ) ∪ (A2 ∩ As+1 ) ∪ . . . ∪ (As ∩ As+1 )|
s
X X
= (−1)r−1 |Ai1 ∩ Ai2 ∩ . . . ∩ Air | + |As+1 | −
r=1 1≤i1 <i2 <...<ir ≤s
s
X X
− (−1)r−1 |Ai1 ∩ Ai2 ∩ . . . ∩ Air ∩ As+1 |
r=1 1≤i1 <i2 <...<ir ≤s
s
X X
= (−1)r−1 |Ai1 ∩ Ai2 ∩ . . . ∩ Air | + |As+1 | +
r=1 1≤i1 <i2 <...<ir ≤s
s+1
X X
+ (−1)r−1 |Ai1 ∩ Ai2 ∩ . . . ∩ Air−1 ∩ As+1 |
r=2 1≤i1 <i2 <...<ir−1 ≤s
X s
X X
= ( |Ai1 |) + |As+1 | + (−1)r−1 |Ai1 ∩ Ai2 ∩ . . . ∩ Air | +
1≤i1 ≤s r=2 1≤i1 <i2 <...<ir ≤s
s
X X
r−1
+ (−1) |Ai1 ∩ Ai2 ∩ . . . ∩ Air−1 ∩ As+1 | +
r=2 1≤i1 <i2 <...<ir−1 ≤s
s
(−1) |A1 ∩ A2 ∩ . . . ∩ As+1 |
X s
X X
= ( |Ai1 |) + (−1)r−1 |Ai1 ∩ Ai2 ∩ . . . ∩ Air | +
1≤i1 ≤s+1 r=2 1≤i1 <i2 <...<ir ≤s+1
s
+(−1) |A1 ∩ A2 ∩ . . . ∩ As+1 |
s+1
X X
= (−1)r−1 |Ai1 ∩ Ai2 ∩ . . . ∩ Air | .
r=1 1≤i1 <i2 <...<ir ≤s+1
Et voilà.
A1 ∩ A1 ∩ . . . ∩ As = (A1 ∪ A2 ∪ . . . ∪ As )
Si A et B sont deux ensembles finis, nous savons déjà combien de fonctions différentes il y a de A
dans B, et aussi combien de fonctions injectives. Maintenant nous donnons une formule compliquée
pour le nombre des fonctions surjectives.
Démonstration. Posons pour U l’ensemble de tous les fonctions de A dans B. Alors on sait déjà que
|U | = nm . Soit C ⊂ B, |C| = r, alors la collection des fonctions de A vers B telles que Im(f )∩C = ∅
est en bijection avec la collection des fonctions de A dans B − C, donc cette collection a (n − r)m
éléments.
Soit B = {b1 , . . . , bn } une liste de tous les éléments différents. Notons Ui pour l’ensemble de tous
les fonctions f tels que bi 6∈ Im(f ), et donc Ui est la collection des fonctions qui ont bi dans leur
image. Donc U1 ∩ U1 ∩ . . . ∩ Un est la collection des fonctions surjectives.
Si 1 ≤ i1 < i2 < . . . < ir ≤ n, posons C = {bi1 , . . . , bir }. Alors f ∈ Ui1 ∩ Ui2 . . . ∩ Uir est une
fonction telle que Im(f ) ∩ C = ∅. Donc |Ui1 ∩ Ui2 . . . ∩ Uir | = (n − r)m .
Le nombre de surjections de A dans B est compté par la formule
n
X X
nm − (−1)r−1 |Ui1 ∩ Ui2 ∩ . . . ∩ Uir | =
r=1 1≤i1 <i2 <...<ir ≤n
n
X X
= nm − (−1)r−1 (n − r)m =
r=1 1≤i1 <i2 <...<ir ≤n
n
!
m
X
r−1 n
=n − (−1) (n − r)m
r=1
r
On remarque que le terme qui correspond à r = n est 0.
Exemple 12.1. Combien de fonctions surjectives f : A → B existent-t-ils si (|A|, |B|) = (4, 3) (resp.
(4, 2)) ?
Réponse : ! !
4 3 4 3 4
3 − 2 + 1 = 81 − 48 + 3 = 36
1 2
121
respectivement !
2 4
24 − 1 = 16 − 2 = 14
1
Une énumeration dans le deuxième cas si A = {a1 , a2 , a3 , a4 }, B = {b1 , b2 } est faisable :
! ! ! !
a1 a2 a3 a4 a1 a2 a3 a4 a1 a2 a3 a4 a1 a2 a3 a4
{ , , , ,
b1 b2 b2 b2 b2 b1 b2 b2 b2 b2 b1 b2 b2 b2 b2 b1
! ! !
a1 a2 a3 a4 a1 a2 a3 a4 a1 a2 a3 a4
, , ,
b1 b1 b2 b2 b1 b2 b1 b2 b1 b2 b2 b1
! ! !
a1 a2 a3 a4 a1 a2 a3 a4 a1 a2 a3 a4
, ,
b2 b1 b1 b2 b2 b1 b2 b1 b2 b2 b1 b2
! ! ! !
a1 a2 a3 a4 a1 a2 a3 a4 a1 a2 a3 a4 a1 a2 a3 a4
, , , }
b1 b1 b1 b2 b1 b1 b2 b1 b1 b2 b1 b1 b2 b1 b1 b1
(seulement deux fonctions ne sont pas surjectives, lesquelles ?).
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