Chapitre XI : Structures algébriques usuelles
Exercice 12 : Groupe des similitudes et groupes diédraux.
On note S l’ensembles des fonctions z 7−→ az + b et z 7−→ az̄ + b sur C, où (a, b) ∈ C∗ × C.
1. Montrer que S est un groupe pour la composition.
2. Soit n ≥ 2. On note Dn l’ensemble {f ∈ S | f (Un ) ⊂ Un }.
(a) Pourquoi la fonction f |Un est-elle bijective de Un sur Un , pour tout f ∈ Dn .
(b) Montrer que Dn est un sous-groupe de S, appelé le groupe diédral de degré n.
(c) Montrer que Dn contient ρ : z 7−→ e2iπ/n z et σ : z 7−→ z̄.
(d) Que vaut la somme des éléments de Un ? En déduire que tout élément de Dn fixe 0.
(e) Montrer que Dn = ρk σ ϵ | k ∈ [[0, n − 1]] et ϵ ∈ {0, 1} .
Correction :
Notons S = {f ∈ CC | ∃(a, b) ∈ C∗ × C, f : z 7−→ az̃ + b}, où z̃ désigne z ou z̄.
1. Montrons que S est un sous-groupe de S(C).
• Pour tout (a, b) ∈ C∗ × C, z 7−→ az + b et z 7−→ az̄ + b sont des bijections, de réciproques respectives
(z − b) (z̄ − b̄)
z 7−→ et z 7−→ . Ainsi S est stable par inverse et S ⊂ S(C).
a ā
• IdC : z 7−→ 1 × z + 0 ∈ S.
• Soit (f, g) ∈ S, il existe alors ((a, b), (c, d)) ∈ (C∗ × C)2 tel que f : z 7−→ az̃ + b et g : z 7−→ cz̃ + d.
Pour tout z ∈ C,
^
(g ◦ f )(z) = g(f (z)) = g(az̃ + b) = c(az̃ + b) + d = c(ãẽ
z + b̃) + d = c(ãz̃ + b̃) + d = cãz̃ + cb̃ + d,
ainsi gof ∈ S (cã ∈ C ) et S est stable par produit.
∗
Au total, S est un sous-groupe de S(C), donc un groupe.
2. Soit n ≥ 2. On note Dn = {f ∈ S | f (Un ) ⊂ Un }.
(a) Montrons que pour tout f ∈ Dn , f |Un est une bijection de Un sur lui-même.
Soit f ∈ Dn . D’après 1, les éléments de S sont des bijections de C sur C, en particulier f est injective
de C sur C, et donc sur Un . Ainsi f induit une bijection de Un sur f (Un ). Or, f (Un ) ⊂ Un et
par injectivité de f sachant que Un est un ensemble fini, |f (Un )| = |Un |. Donc f (Un ) = Un . Par
conséquent, f |Un est bijective de Un sur Un .
(b) Montrons que Dn est un sous-groupe de S.
• Par définition, Dn ⊂ S.
• IdUn = Un , ainsi IdC ∈ Dn .
• Pour tout (f, g) ∈ Dn2 ,
(g ◦ f )(Un ) = g(f (Un )) ⊂ g(Un ) ⊂ Un . (C’est même une égalité puisque f |Un (Un ) = f (Un )
d’après 2.(a).)
Ainsi g ◦ f ∈ Dn et Dn est stable par produit.
En outre, d’après 2.(a),
f (Un ) = Un ⇐⇒ (f −1 ◦ f )(Un ) = f −1 (Un ) ⇐⇒ IdC (Un ) = f −1 (Un ) ⇐⇒ f −1 (Un ) = Un .
Ainsi f −1 ∈ Dn et Dn est stable par inverse.
Au total, Dn est un sous-groupe de S.
(c) Soient ρ : z 7−→ e2iπ/n z et σ : z 7−→ z̄. Montrons que (ρ, σ) ∈ Dn2 .
Clairement, (ρ, σ) ∈ S 2 (e2iπ/n et 1 non nuls). Par ailleurs, (Un , ×) est un groupe et une partie stable
de C par conjugaison. Ainsi, ρ(Un ) ⊂ Un et σ(Un ) ⊂ Un . Par conséquent, (ρ, σ) ∈ Dn2 .
1
(d) Sachant n ≥ 2,
n−1 n−1
X X
2ikπ/n
X 1 − e2iπ
ω= e = (e2iπ/n )k = = 0.
ω∈Un k=0 k=0
1 − e2iπ/n
Montrons alors que tout élément de Dn fixe 0.
Soit f ∈ Dn , il existe donc (a, b) ∈ C∗ × C tel que f : z 7−→ az̃ + b. Puisque f est une bijection de
Un sur Un (2.(a)),
X X X X ^
X
0= ω= f (ω) = (aω̃ + b) = a ω̃ + nb = a ω + nb = a × 0̃ + nb = nb,
ω∈Un ω∈Un ω∈Un ω∈Un ω∈Un
donc puisque n ̸= 0, b = 0. Finalement f (0) = 0.
(e) Montrons que Dn = ρk σ ϵ | k ∈ [[0, n − 1]] et ϵ ∈ {0, 1} .
Notons H = ρk σ ϵ | k ∈ [[0, n − 1]] et ϵ ∈ {0, 1} . Puisque (σ, ρ) ∈ Dn2 (2.(c)) et sachant Dn un
groupe (2.(b)), H ⊂ Dn . Réciproquement, soit f ∈ Dn . Si f est une similitude directe, d’après 2.(d)
f (0) = 0, ainsi il existe a ∈ C∗ tel que f : z 7−→ az. Or, a = f (1) ∈ Un (car 1 ∈ Un et f (Un ) ⊂ Un ),
ainsi il existe k ∈ [[0, n − 1]] tel que a = e2ikπ/n , soit f = ρk . Si f est une similitude indirecte, alors
f ◦ σ est une similitude directe. Donc d’après le cas précédent, il existe k ∈ [[0, n − 1]] tel que,
f ◦ σ = ρk ⇐⇒ f = ρk ◦ σ −1 ⇐⇒ f = ρk σ, car Dn est un groupe et σ 2 = IdC . Ainsi, Dn = H.
Remarque : On peut vérifier que |Dn | = 2n et que Dn est abélien si et seulement si n = 2.
Exercice 15 : Intersection et union de sous-groupes.
Soit G un groupe.
\
1. Soit (Hi )i∈I une famille de sous-groupe de G indexée par un ensemble I. Montrer que Hi est un
i∈I
sous-groupe de G.
2. (a) Trouver deux sous-groupes de R∗ dont la réunion n’est pas un sous-groupe de R∗ .
(b) Soient H et K deux sous-groupes de G. Montrer que H ∪ K est un sous-groupe de G si et seulement
si H ⊂ K ou K ⊂ H.
[
(c) Soit (Hn )n∈N une suite croissante de sous-groupes de G. Montrer que Hn est un sous-groupe
n∈N
de G.
Correction :
Soit G un groupe.
\
1. Soit (Hi )i∈I une famille de sous-groupe de G indexée par un ensemble I. Montrons que Hi est un
i∈I
sous-groupe de G.
\
• Par construction, pour tout i ∈ I, Hi ⊂ G, donc Hi ∈ G.
i∈I
\
• Puisque pour tout i ∈ I, Hi est un sous-groupe et contient donc 1G , 1G ∈ Hi .
i∈I
!2
\
• Soit (x, y) ∈ Hi , alors
i∈I
\
∀i ∈ I, xy ∈ Hi ⇐⇒ ∀i ∈ I, xy −1 ∈ Hi ⇐⇒ xy −1 ∈ Hi .
i∈I
\
Donc, Hi est stable par produit inverse.
i∈I
\
Ainsi Hi est un sous-groupe de G.
i∈I
√
2. (a) Q∗ et R∗+ sont deux sous-groupes de R∗ mais Q∗ ∪ R∗+ n’en est pas un. En effet −1 et 2 sont deux
√
éléments de Q∗ ∪ R∗+ , mais leur produit − 2 ne l’est pas.
2
(b) Soient H et K deux sous-groupes de G. Montrons que H ∪ K est un sous-groupe de G si et seulement
si H ⊂ K ou K ⊂ H.
Raisonnons par double implications. Si H ⊂ K ou K ⊂ H, alors H ∪ K ∈ {H, K}, donc H ∪ K
est un sous-groupe de G puisque H et K sont eux-mêmes des sous-groupes de G. Réciproquement,
supposons que H ∪K est un sous-groupe de G. Supposons aussi que H ̸⊂ K et montrons que K ⊂ H.
Soit x ∈ K. Par hypothèse, il existe y ∈ H\K (car H ̸⊂ K). Par construction, (x, y) ∈ (H ∪ K)2 ,
or H ∪ K est un sous-groupe de G, donc xy ∈ H ∪ K. Alors soit xy ∈ H, or y ∈ H et H est un
sous-groupe, ainsi x = xyy −1 ∈ H. Soit xy ∈ K, alors y = x−1 xy ∈ K, ce qui est exclu. On a donc
x ∈ H, d’où K ⊂ H.
[
(c) Soit (Hn )n∈N une suite croissante de sous-groupes de G. Posons H = Hn et montrons que H est
n∈N
un sous-groupe de G.
• Par construction, pour tout n ∈ N, Hn ⊂ G, donc H ⊂ G.
• Puisque la suite (Hn )n∈N est croissante pour l’inclusion, 1G ∈ H0 ⊂ G, car H0 est un sous-groupe
de G.
• Soit (x, y) ∈ H 2 , par définition il existe (i, j) ∈ N2 tel que x ∈ Hi et y ∈ Hj . Par symétrie des
rôles supponsons i ≤ j. Ainsi, par croissance de la suite (Hn )n∈N , Hi ⊂ Hj , donc x ∈ Hj et
puisque Hj est un sous-groupe de G, xy −1 ∈ Hj ⊂ H. Donc H est stable par produit inverse.
Au total, H est un sous-groupe de G.
Exercice 18 : Sous-groupes de R.
1. Soit G un sous-groupe de (R, +) non réduit à {0}.
(a) Justifier l’existence de a = inf G ∩ R∗+ .
(b) Montrer que si a > 0, alors a ∈ G puis G = aZ.
(c) Montrer que si a = 0, alors G est dense dans R.
a
2. (a) Soit (a, b) ∈ (R∗ )2 . Montrer que aZ + bZ est un sous-groupe dense de R si et seulement si est
b
irrationnel.
(b) En déduire que {cos(n) | n ∈ N} est dense dans [−1, 1].
Correction :
1. Soit G un sous-groupe de (R, +) non réduit à {0}.
(a) Notons A = G ∩ R∗+ .
Puisque G est non réduit à {0}, il existe g ∈ G\{0}. Ainsi, g ∈ A ou −g ∈ A (G est un sous-groupe
de (R, +)). Par conséquent A est non-vide et minoré (par 0). Ainsi, d’après la propriété de la borne
inférieure, A admet une borne inférieure et on note a = inf(A).
(b) On suppose que a > 0.
Montrons alors que a ∈ G. Supposons donc par l’absurde que a ∈ / G. Puisque 2a n’est pas un
minorant de A, il existe x ∈ A tel que x ∈]a, 2a[. Or x n’est pas non plus un minorant de A, il existe
donc y ∈ A tel que y ∈]a, x[. Ainsi, x − y ∈ G∩]0, a[ (G sous-groupe), ce qui est absurde puisque a
est la borne inférieure de A.
Montrons finalement que G = aZ. Puisque a ∈ G et que G est un sous-groupe de (R, +), G contient
les itérés additifs de a. Ainsi, aZ ⊂ G. Réciproquement, soit g ∈ G. Par théorème de division
euclidienne, il existe (q, r) ∈ Z × [0, a[ tel que g = qa + r ⇐⇒ r = g − qa ∈ G (qa ∈ G car aZ ⊂ G et
G sous-groupe). Or G ∩ [0, a[ = {0}, donc r = 0 ⇐⇒ g = qa ∈ aZ. Ainsi G ⊂ aZ. Au total, G = aZ.
(c) On suppose que a = 0.
Montrons alors que G est dense dans R. Soient x ∈ R et ε > 0. Puisque a = inf(A) = 0, ε n’est
pas un minorant de A, ainsi il existe y ∈ A tel que y ∈]0, ε[. Par théorème de division euclidienne, il
existe (q, r) ∈ Z × [0, y[ tel que x = qy + r ⇐⇒ r = x − qy. D’où, |x − qy| = |r| = r < y < ε. Or,
qy ∈ G (itéré de y ∈ G). Ainsi, G est dense dans R.
Théorème - Classification des sous-groupes de R : Si G est un sous-groupe de R, alors soit G est dense
dans R, soit il existe a ∈ R tel que G = aZ.
3
2. (a) Soit (a, b) ∈ (R∗ )2 .
Vérifions tout d’abord que aZ + bZ = {au + bv | (u, v) ∈ Z2 } est un sous-groupe de R. Soit (x, x′ ) ∈
(aZ + bZ)2 , il existe donc ((u, v), (u′ , v ′ )) ∈ (Z2 )2 tel que x = au + bv et x′ = au′ + bv ′ , ainsi
x − x′ = au + bv − (au′ + bv ′ ) = a(u − u′ ) + b(v − v ′ ) ∈ aZ + bZ (car (u − u′ , v − v ′ ) ∈ Z2 ). Ainsi,
aZ + bZ est un sous-groupe de R.
Montrons par double implications que aZ + bZ est un sous-groupe dense dans R si et seulement si
a a
∈ R\Q. Raisonnons par contraposée et supposons que ∈ Q, il existe donc (p, q) ∈ Z∗ × N∗ tel
b b
a p
que = avec p et q premiers entre eux. Alors,
b q
a p b b
aZ + bZ = b Z+Z =b Z + Z = (pZ + qZ) = Z
b q q q
En effet, pZ + qZ est un sous-groupe de Z (car p et q sont des entiers) qui contient 1 (théorème de
Bézout avec p ∧ q=1) donc Z (les itérés de 1 dans (Z, +) donnent Z), ainsi pZ + qZ = Z. Ainsi,
aZ + bZ n’est pas dense dans R, d’où la conclusion.
Réciproquement, également par contraposée, supposons que aZ + bZ n’est pas une partie dense de
R. Or, aZ + bZ est un sous-groupe de R, ainsi d’après 1, il existe c ∈ R∗ tel que aZ + bZ = cZ (c ̸= 0
car aZ + bZ ̸= {0}). En particulier, (a, b) ∈ (aZ + bZ)2 , donc (a, b) ∈ cZ, ainsi il existe (p, q) ∈ (Z∗ )2
a pc p
tel que a = pc et b = qc (a et b non nuls). On a donc = = ∈ Q, d’où la conclusion.
b qc q
(b) Notons A = {cos(n) | n ∈ N} et montrons que A est dense dans [−1, 1].
A = cos(N) = cos(Z) = cos(Z + 2πZ), par parité et 2π-périodicité de cos. D’après 2.(a), Z + 2πZ est
2π
dense dans R (car = 2π ∈ R\Q). Or cos est continue sur R, ainsi cos(Z + 2πZ) est dense dans
1
cos(R) = [−1, 1]. En effet, soit y ∈ [−1, 1], il existe x ∈ R tel que y = cos(x) (cos(R) = [−1, 1]), or
par densité de Z + 2πZ dans R, il existe (xn )n≥0 ∈ (Z + 2πZ)N telle que lim cos(xn ) = cos(x) = y,
n→+∞
or (cos(xn ))n≥0 ∈ AN .
Exercice 22 : Théorème de Cayley
Exercice 36 ?