Fiche synthétique : Les obligations de secret pour les travailleurs sociaux
Lucile CLARIS-SAUVAGE
► L’obligation de confidentialité : tous les professionnels, intervenant dans des établissements et services sociaux et médico-sociaux, sont
soumis à la confidentialité des informations qu’ils détiennent : article L311-3 du CASF : « L'exercice des droits et libertés individuels est garanti
à toute personne prise en charge par des établissements et services sociaux et médico-sociaux. Dans le respect des dispositions législatives
et réglementaires en vigueur, lui sont assurés : (…) 4° La confidentialité des informations la concernant ;(…) »
► L’obligation de discrétion : tous les fonctionnaires et agents publics (des 3 fonctions publiques : d’Etat, hospitalière et territoriale) sont
soumis à la discrétion professionnelle pour tous les faits, informations ou documents dont ils ont connaissance dans l’exercice ou à l’occasion
de l’exercice de leurs fonctions (article 26 du titre I du statut général des fonctionnaires).
► Le secret professionnel : c’est « l’obligation, pour les personnes qui ont eu connaissance de faits confidentiels, dans l’exercice ou à
l’occasion de leurs fonctions, de ne pas les divulguer hors les cas où la loi impose ou autorise la révélation du secret ; obligation sanctionnée
par la loi pénale qui pèse sur les médecins, chirurgiens, pharmaciens, sages-femmes, mais également sur toutes autres personnes
dépositaires par état, profession ou fonctions (temporaires ou permanentes), des informations à caractère secret qu’on leur confie et qui
dispense de celle de déposer sur les faits appris dans ces conditions » (G. Cornu, Association Henri Capitant, Vocabulaire juridique, PUF, coll.
« Quadrige », 8e éd., 2007).
Les personnes tenues au secret professionnel: les assistants de service sociaux (CASF, article L. 411-3), tous les professionnel du
secteur social et médico-social qui travaillent dans un établissement ou service mentionné au I de l’article L 312-1 du code de l’action sociale
et des familles (CSP, article L1110-4), toute personne participant aux missions du service de l’aide sociale à l’enfance (CASF, article L.221-
6), toute personne appelée à collaborer au service départemental de protection maternelle et infantile (CSP, article L.2112-9), les écoutants
du service national d’écoute téléphonique, 119 (CASF, article L.226-9),ceux qui participent aux admissions à l’aide sociale (article L.133-5 du
CASF) ; les personnels des centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) (CASF, article L345-1) etc.
La sanction de la violation du secret professionnel (sanction pénale) : « La révélation d’une information à caractère secret par une
personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d’une fonction ou d’une mission temporaire, est punie d’un an
d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende » (CP, article 226-13) + peines complémentaires (article 226-31 CP).
IRTS Nouvelle Aquitaine/ Lucile CLARIS-SAUVAGE/mars 2021
Les exceptions au secret professionnel : « L'article 226-13 n'est pas applicable dans les cas où la loi impose ou autorise la révélation du
secret. En outre, il n'est pas applicable :
1° A celui qui informe les autorités judiciaires, médicales ou administratives de privations ou de sévices, y compris lorsqu'il s'agit d'atteintes ou
mutilations sexuelles, dont il a eu connaissance et qui ont été infligées à un mineur ou à une personne qui n'est pas en mesure de se protéger
en raison de son âge ou de son incapacité physique ou psychique ; (…)
3° Aux professionnels (…) de l'action sociale qui informent le préfet et, à Paris, le préfet de police du caractère dangereux pour elles-mêmes
ou pour autrui des personnes qui les consultent et dont ils savent qu'elles détiennent une arme ou qu'elles ont manifesté leur intention d'en
acquérir une (…) » (article 226 -14 code pénal).
Les révélations imposées : à tout le monde (y compris les professionnels de l’action sociale et y compris ceux astreints au secret
professionnel) : l’assistance à personne en péril (CP, article 223-6), la disparition d’un mineur de quinze ans (CP, article 434-4-1), les crimes
commis sur mineurs (CP, article 434-1) etc.
Les révélations autorisées par les dépositaires du secret professionnel : (ils ont un choix et peuvent « se taire » ou « parler », en
revanche tous ceux qui ne sont pas tenus au secret professionnel ont l’obligation de parler) : l’obligation générale de dénonciation des
crimes sauf ceux commis sur mineur (CP, article 434-1), le témoignage en faveur d’une personne innocente (CP, article 434-11), les
réquisitions (article 60-1 du code de procédure pénale), l’obligation de comparaitre et le témoignage en justice (CPP, article 109) etc.
L’échange d’informations entre professionnels : CSP, article L1110-4 : un professionnel (de santé, de l’action sociale ou médico-sociale)
peut échanger avec un ou plusieurs autres professionnels des informations confidentielles à conditions : que le(s) professionnel(s) soi(en)t
identifié(s), qu’il(s) participe(nt) à la prise en charge du même usager, que les informations soient strictement nécessaires à la coordination ou
à la continuité des soins, à la prévention ou à son suivi médico-social et social.
Quand ces professionnels appartiennent à la même équipe (= exercent dans un même établissement et appartiennent à la même
« catégorie » : 1ère catégorie : professionnels de santé - 2ème catégorie : non professionnels de santé), ils peuvent partager ces informations
sans consentement préalable de la personne, en effet, ces informations sont réputées être confiées par la personne à l’ensemble de l’équipe.
L’échange d’information entre professionnels de 2 catégories différentes ou n’appartenant pas au même établissement, nécessite l’accord
préalable de la personne (information sur la nature des informations faisant l’objet de l’échange et identité du destinataire).
Dans tous les cas la personne peut s’y opposer, et à tout moment et elle doit en être informée.
Le partage d’informations : lorsqu’une équipe de soin est constituée, elle dispose de facilité pour partager des informations à caractère
secret.
Sur ce sujet, vous pouvez consulter les recommandations de bonnes pratiques de l’ANESM (fusion de l’ANESM avec la HAS : Haute Autorité de Santé).
IRTS Nouvelle Aquitaine/ Lucile CLARIS-SAUVAGE/mars 2021