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Répression du mariage forcé en RDC

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1

INTRODUCTION

La partie introductive de notre travail comporte sept points consacrés respectivement à la


motivation, à la problématique, aux hypothèses, aux méthodes et techniques de recherche, aux
objectifs et à l’intérêt de l’étude, au but scientifique, à la délimitation de l’étude et à l’annonce
du plan sommaire.

1. MOTIVATION

Le mariage forcé constitue une violation flagrante des droits humains, une atteinte à la
dignité et à la liberté des individus, et un frein au développement social et économique1. En
République Démocratique du Congo, malgré l'existence d'un cadre juridique répressif, la
persistance de cette pratique soulève des questions cruciales quant à son efficacité et à son
application sur le terrain.

Ce mémoire se propose d'explorer en profondeur la répression du mariage forcé dans la


pratique judiciaire congolaise, en analysant les mécanismes juridiques en place, les obstacles à
leur mise en œuvre, et les perspectives d'amélioration. Notre motivation pour ce sujet découle
de plusieurs constats:

 L'ampleur du phénomène : Le mariage forcé, souvent lié aux mariages précoces,


demeure une réalité préoccupante en RDC, avec des conséquences dévastatrices pour
les victimes, en particulier les jeunes filles.
 Les lacunes du système judiciaire : Malgré les textes de lois interdisant le mariage forcé
en RDC, cette pratique demeure toujours courante, particulièrement en milieu rural où
les traditions priment souvent sur le droit écrit. L'écart entre le droit et la pratique
soulève des interrogations sur l'efficacité des poursuites, la protection des victimes, et
l'application des sanctions.
 L'importance de la protection des droits humains : En tant que futur juriste, nous
sommes profondément attachés à la promotion et à la défense des droits humains, et
nous croyons que la lutte contre le mariage forcé est un enjeu majeur pour la société

1
[Link] , Consulté le 22/02/2025.
2

congolaise car cette pratique prive les victimes de leur liberté et entraîne souvent
plusieurs conséquences, notamment la déscolarisation des jeunes filles, les violences
conjugales et la précarité économique2.

Ce travail de recherche vise à contribuer à une meilleure compréhension de la


problématique du mariage forcé en RDC, et à formuler des recommandations concrètes pour
renforcer la réponse judiciaire et protéger les droits des victimes.

2. PROBLEMATIQUE

Par définition, la problématique est la question principale autour de laquelle doit


tourner tout le travail, elle désigne aussi les problèmes que suscite une science ou un sujet
d'étude dans une idéologie donnée, c'est aussi l’art de poser clairement les problèmes et de les
résoudre3.

Qu’est-ce que le mariage forcé ? De prime abord la question paraît simple, pourtant sa
réponse est pour le moins complexe, et ce, à plusieurs égards : qu’il s’agisse des causes, des
conséquences, des façons d’y réagir et d’intervenir, et plus particulièrement lorsqu’il s’agit de
nommer et de définir l’expression mariage forcé. Dans son étude sur les mariages forcés dans
les pays membres du Conseil de l’Europe, Rude-Antoine (2005) a constaté que « mariage
forcé » est un terme parapluie, dans la mesure où l’on nomme ainsi un mariage arrangé, un
mariage traditionnel, un mariage d’enfant, un mariage précoce, un mariage putatif et d’autres
encore. De surcroît, bien qu’il existe une distinction conceptuelle entre les deux notions,
mariage forcé est souvent confondu avec mariage arrangé. Dans le premier cas, un des deux
époux n’a pas pu consentir valablement au mariage, alors que dans le second cas, l’absence de
consentement ne se pose pas. Ainsi, ce qui semble simple en théorie, l’est beaucoup moins en
pratique4.

2
[Link] ,
Consukté le 04/02/2025.
3
P. RONGERE, Méthodes des sciences sociales, Ed. Dalloz, Paris, 1971, p.20.
4
M. LAMBOLEY, Le mariage forcé de femmes immigrantes au Canada, Thèse, Université de Montréal, Aout 2015,
p. 2.
3

Une étude menée en République Démocratique du Congo a révélé une augmentation


alarmante des mariages forcés, affectant principalement les femmes et les jeunes filles, tant en
milieu rural qu’urbain5. Ces unions contraintes entraînent souvent l’abandon scolaire et
l’analphabétisme, en violation de la constitution congolaise qui garantit le droit à l’éducation.

La persistance de la pauvreté et la survenue de crises humanitaires, telles que les


catastrophes naturelles et les conflits armés, exacerbent ce phénomène. Face à des difficultés
économiques insurmontables, de nombreux parents se résignent à marier leurs filles, parfois
mineures, contre leur gré. L'appât du gain, sous la forme de la dot et d'une assistance
financière, motive souvent ces décisions désespérées6.

Face à cette situation, nous avons cherché à comprendre en profondeur les enjeux du
mariage forcé dans nos sociétés. Nos interrogations s'articulent autour des points suivants :

 Pourquoi les responsables de ces actes ne sont-ils pas systématiquement poursuivis et


punis par la justice ?
 Quelles sont les causes profondes et les conséquences de cette infraction ?
 Quelles solutions pouvons-nous envisager afin de remédier à cette situation
préoccupante ?

Telles sont les questions qui feront l’objet de notre étude tout au long de notre travail.

3. HYPOTHESES

Plusieurs définitions ont été proposées autour du concept hypothèses. Cependant nous
retenons spécifiquement celle du professeur MULUMBATI. Selon lui l’hypothèse est la grande
interrogation que le chercheur se pose et à laquelle il s'engage de répondre par un certain
nombre d’investigation7.

5
La synergie Groupe Thématique Droits de la femme et Violences sexuelles, Rapport parallèle et annuel sur le
mariage précoce et forcé, Décembre 2013.
6
Voir C. KAMGANG SIMEU, « La lutte contre les mariages forcés à l’aune du Protocole de Maputo », In La Revue
des droits de l’homme, n° 22, Paris, 2022, p. 2. Lire également S. HILL, Le mariage forcé en Sierra Leone : une
négation du droit des femmes, Mémoire de Master, Université du Québec à Montréal, Juillet 2016, p. 2 et suivants.
7
N. MULUMBATI, Manuel de sociologie générale, Kinshasa, Ed. Africa, 2001, p.37.
4

L'arsenal juridique congolais, bien qu'il condamne le mariage forcé, souffre de faiblesses
significatives dans son application concrète. Ces lacunes se manifestent à plusieurs niveaux.
L'interprétation et l'application des lois existantes par les acteurs judiciaires peuvent être
incohérentes ou inadaptées aux réalités du terrain. Les procédures judiciaires peuvent être
longues, complexes et coûteuses, dissuadant les victimes de porter plainte. Le manque de
mécanismes de suivi et d'évaluation de l'efficacité des mesures répressives entrave
l'identification et la correction des dysfonctionnements.

Il faut également dire que les traditions et coutumes locales, qui valorisent parfois le
mariage précoce ou arrangé, peuvent entrer en conflit avec les lois nationales. Cette tension
normative crée un environnement propice à l'impunité, où les auteurs de mariages forcés
bénéficient d'une certaine tolérance sociale.

Le manque d'information sur les droits des femmes et les conséquences néfastes du
mariage forcé contribue à la banalisation de cette pratique. De plus, les victimes peuvent
ignorer leurs droits ou craindre les représailles si elles dénoncent les faits. Les femmes vivant
dans les zones rurales ou marginalisées sont particulièrement vulnérables. Elles peuvent être
confrontées à des difficultés d'accès aux tribunaux, à un manque d'assistance juridique et à des
discriminations de genre.

Les forces de l'ordre, les magistrats et les travailleurs sociaux peuvent manquer de
formation spécialisée sur les questions liées au mariage forcé, ce qui compromet leur capacité à
identifier, enquêter et juger ces affaires de manière appropriée.

Les conflits armés ont également un impact majeur s’agissant du mariage forcé. La
précarité économique et l'instabilité politique exacerbent le risque de mariage forcé. Les
familles peuvent être contraintes de marier leurs filles pour des raisons financières ou pour les
protéger des violences sexuelles.
5

4. METHODES ET TECHNIQUES DE RECHERCHE

A. Méthodes

Selon le professeur MBOKO Dj’Andima, la méthode est la marche rationnelle de l’esprit


pour arriver à la connaissance ou à la démonstration d’une vérité8. Les méthodes permettent
en tant qu’outils et/ou approche de faire le traitement, l’analyse et l’interprétation des
données nécessaires à la rédaction.

En effet il existe une multitude de méthode de recherche qu’il nous est donné de choisir
librement. Néanmoins la rigueur scientifique exige au chercheur de choisir des méthodes qui
cadrent avec son travail car tout travail scientifique doit suivre pour guider celui-ci.

C’est ainsi que pour mener à bien notre étude telle que présentée dans la
problématique et les hypothèses de recherche, nous feront appel à trois méthodes à savoir :

a. La méthode exégétique

Elle consistera à l’interprétation des textes de loi auxquelles nous feront recours pour
mieux procéder à l’élaboration de notre travail. Elle nous mènera à la compréhension des
textes par la recherche de l’intention du législateur et de la volonté l’ayant mené à élaborer la
norme.

b. La méthode comparative

La méthode comparative, nous permettra de nous informer sur la manière dont la


répression du mariage forcé est organisée dans un système autre que le nôtre. De la
comparaison du droit congolais à celui d’autres pays résultera probablement des
ressemblances et des dissemblances.

Le droit français et ivoirien, étant tous deux de la famille Romano-germanique tout


comme le droit congolais, feront principalement l’objet de cette étude comparative dans la
matière intéressant notre domaine de recherche.

8
J-M. MBOKO DJ’ANDIMA, Principes et usages en matière de rédaction universitaire, Kinshasa, Ed. CADICEO, 2004,
p.21.
6

c. La méthode sociologique

Elle est celle qui nous permettra de confronter la loi aux réalités vécues sur le terrain,
cela parce que la loi doit considérer les réalités sociales du milieu étant donné que le droit
participe aussi au développement.

B. Techniques

Selon le professeur MUNAYI Muntu-Monji, les techniques sont des outils mis à la
disposition de la recherche et organisés par la méthode dans ce but. Elles sont limitées en
nombre et communes à la plupart des sciences sociales9.

Dans le souci de collecter des informations pertinentes en rapport avec notre étude
nous avons utilisés les techniques suivantes : la technique documentaire, la technique
d’observation directe et la technique d’interview.

a. Technique documentaire

Pour Madeleine GRAWITZ, la technique documentaire consiste en une fouille


systématique de tout ce qui est écrit ayant une liaison avec le domaine de recherche 10. Dans le
travail qui est notre, elle consistera en :

 Un examen approfondi du Code pénal congolais, du Code de la famille, des lois et


règlements pertinents, ainsi que des projets de loi en cours ; mais aussi des textes
internationaux ratifiés par la RDC, tels que la CEDEF11 et les protocoles additionnels ;
 La Collecte et l’analyse des décisions de justice rendues par les tribunaux congolais en
matière de mariage forcé ;

9
Th. MUNAYI MUTU-MONJI, Cours d’initiation à la recherche scientifique, Kinshasa, UPC, Faculté de droit, Année
Académique 2019-2020, p.38.
10
M. GRAWITZ, Méthodes des sciences sociales, Paris, Ed. Dalloz, 1976, p. 751.
11
La Convention des Nations Unies de 1979 sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des
femmes est un traité qui a pour but l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et
des filles, aussi bien de jure (dans la loi) que de facto (dans la pratique). Cette discrimination peut découler
d’actions ou d’omissions de la part des États parties, de leurs agents ou de toute autre personne ou organisation
agissant sous leur direction ou avec leur consentement. Voir HCDH, La Convention sur l’élimination de toutes
formes de discrimination à l’égard des femmes : Guide à l’usage des parlementaires, n° 36, 2023, p. 34.
7

 La Consultation d'articles de revues juridiques, de thèses, de mémoires et d'ouvrages


spécialisés sur le droit pénal, le droit de la famille, les droits humains et les questions de
genre en RDC, ainsi que l’analyse des rapports d'organisations internationales (ONU, UA,
etc.) et d'ONG travaillant sur les droits des femmes et la lutte contre le mariage forcé
ainsi que des sites web.

b. La technique d’interview

La technique d’interview est une technique de recherche qui consiste à faire recours à
des entretiens au cours des quels le chercheur interroge des personnes qui lui fournissent des
informations relative au sujet de sa recherche12.

Afin de recueillir des données qualitatives approfondies sur la répression du mariage


forcé dans la pratique judiciaire congolaise, une série d'entretiens semi-directifs sera menée
auprès de divers acteurs clés. Cette approche permettra d'explorer en détail les expériences,
les perceptions et les connaissances des personnes directement impliquées dans la lutte contre
le mariage forcé.

5. OBJECTIFS ET INTERET DE L’ETUDE

A. Objectifs

L’étude d’un travail scientifique dans un domaine donné, nécessite un choix judicieux
des phénomènes d’actualité qui restent sans aucune solution depuis une certaine époque.

Dans le cadre de la recherche scientifique, il est souvent difficile pour un chercheur, quel
que soit son domaine d'expertise, de justifier pleinement les raisons qui l'ont conduit à choisir
un sujet d'étude particulier. Ce processus de sélection, bien que crucial, peut parfois sembler
arbitraire. Cependant, au-delà du simple choix du sujet, il est impératif de démontrer la valeur
ajoutée de la recherche pour la communauté scientifique et la société, tant au présent qu'à
l'avenir. C'est là que réside l'intérêt fondamental du travail de recherche.

Le choix de notre étude n'est nullement le fait du hasard. Dans le contexte de cette
étude spécifique, le choix du sujet a été motivé par une observation préoccupante de la

12
M. GRAWITZ, [Link]., p.587.
8

situation actuelle en République Démocratique du Congo. Le pays est confronté à une


recrudescence alarmante de violences sexuelles basées sur le genre, avec des conséquences
dévastatrices pour les victimes. Parmi les groupes les plus vulnérables figurent les femmes et
les jeunes filles, qui sont souvent ciblées par ces actes de violence odieux. Une forme
particulièrement choquante de cette violence est le mariage forcé, où des jeunes filles sont
contraintes à des unions contre leur volonté.

Cette situation alarmante a incité les chercheurs à se pencher sur cette problématique
afin de mieux comprendre les causes, les conséquences et les solutions potentielles à ce fléau.
L'objectif de ce travail est de contribuer à la lutte contre les violences sexuelles basées sur le
genre en RDC et de promouvoir le respect des droits humains, en particulier ceux des femmes
et des jeunes filles.

B. Intérêt

a. Intérêt personnel

Le choix de ce sujet d’étude a été motivé par une profonde préoccupation personnelle.
En tant que femme, nous nous sommes sentis directement interpellée par les injustices et les
souffrances qui affectent la condition féminine. Ces maux, qui bafouent la dignité des femmes,
nous ont poussés à entreprendre cette recherche.

Au-delà de cette motivation personnelle, nous espérons que les réflexions et les
analyses développées dans ce travail pourront apporter une contribution significative à la lutte
contre les mariages forcés.

b. Intérêt scientifique13

La décision de consacrer cette étude à l’infraction du mariage forcé découle d’une


analyse approfondie des problématiques juridiques qui l’entourent. Nous aspirons à fournir aux
chercheurs en droit un socle de connaissances et de compétences leur permettant de
poursuivre l’exploration de ce sujet crucial. En effet, le mariage forcé est un phénomène

13
Un sujet doit avoir un intérêt scientifique pour la société, car la science est faite pour la communauté sociale,
dont les préoccupations peuvent trouver solution dans la production scientifique. Lire à ce propos Le Guide de
Rédaction d’un travail de fin de cycle, Kinshasa, UPC ,Faculté de Droit, Année académique 2017-2018,Polycopié.
9

alarmant qui gagne en fréquence dans notre pays, et sa répression se heurte à des obstacles
majeurs, notamment la lenteur et les lacunes de l’appareil judiciaire congolais.

Notre ambition est double : d’une part, nous souhaitons contribuer à l’enrichissement
des connaissances des juristes sur cette question, en leur offrant une base solide pour leurs
recherches. D’autre part, nous espérons que cette étude stimulera l’intérêt pour d’autres
aspects du mariage forcé qui n’ont pas été abordés ici. Nous encourageons vivement les futurs
chercheurs à s’approprier ces connaissances et à les développer, afin d’apporter un éclairage
nouveau et approfondi sur cette problématique complexe.

c. Intérêt social

En tant que chercheuses en droit, nous avons choisi d’étudier le mariage forcé en
République démocratique du Congo, en raison de son impact social significatif. Notre objectif
est de sensibiliser la population congolaise aux violences sexuelles, et plus précisément au
mariage forcé, qui représente une violation grave des droits fondamentaux des femmes et des
jeunes filles.

Nous souhaitons également interpeller les autorités judiciaires de Kinshasa afin qu’elles
accordent une attention accrue au mariage forcé, en le traitant avec la même sévérité que les
autres formes de violences sexuelles.

En agissant ainsi, la justice pourra apporter un soulagement aux nombreuses victimes de


mariages forcés à Kinshasa et contribuer à réduire les taux de divorce et d’illettrisme liés aux
mariages précoces. De plus, nous espérons que cette prise de conscience incitera le législateur
congolais à adopter une loi spécifique axée sur la notion de consentement, condition
essentielle à la validité du mariage.

Dans un environnement caractérisé par un contexte économique présenté à travers


l’instabilité politique avec le bas niveau de la population, à cela s’ajoute la méconnaissance des
lois en vigueur dans le pays, ce travail ce veut donc d’apporter des pistes de solution à ce fléau.
10

6. BUT SCIENTIFIQUE

La problématique de la répression du mariage forcé en République Démocratique du


Congo s'inscrit dans un cadre juridique et normatif complexe, tant au niveau national
qu'international. L'analyse de ce cadre révèle des enjeux cruciaux quant à l'efficacité de la lutte
contre cette violation des droits humains.

La Constitution de la RDC, socle de l'ordre juridique, garantit les droits fondamentaux, y


compris la liberté de mariage et l'égalité entre les sexes. Cependant, l'effectivité de ces
principes constitutionnels dans la pratique judiciaire en matière de mariage forcé demeure
sujette à interrogation. Le Code de la famille, qui régit les relations matrimoniales, prévoit des
dispositions relatives au consentement au mariage et à l'âge légal du mariage. Le Code pénal,
quant à lui, incrimine certaines infractions pouvant être associées au mariage forcé, telles que
la contrainte et la violence.

Sur le plan international, la RDC est partie à plusieurs instruments juridiques


internationaux et régionaux qui interdisent et condamnent le mariage forcé. La Déclaration
universelle des droits de l'homme, la Convention sur le consentement au mariage, l'âge
minimum du mariage et l'enregistrement des mariages, la Convention relative aux droits de
l'enfant et le Protocole de Maputo constituent des références essentielles. Ces instruments
imposent aux États parties l'obligation de prendre des mesures législatives, administratives et
judiciaires pour prévenir, punir et réparer les préjudices causés par le mariage forcé. L'analyse
de la conformité de la législation et de la pratique congolaises avec ces normes internationales
et régionales révèle des écarts et des défis.

7. DELIMITATION ET ANNONCE DU PLAN SOMMAIRE

A. Délimitation de l’étude

En effet, « toute démarche scientifique procède fatalement par un découpage de la


réalité. Il n’est pas possible d’étudier, de parcourir tous les éléments influents jusqu’aux
11

extrêmes limites de la terre et jusqu’au début des temps. Un sujet bien délimité permet à
l’auteur de mener sa recherche avec suffisamment d’efficacité et de lucidité »14.

Ainsi pour des raisons d’ordre et de pédagogie, nous allons subdiviser ce travail dans le
temps et dans l’espace.

a. Délimitation dans l’espace

Notre étude sera limitée dans l’espace et s’articulera tout particulièrement sur l’étendue
de la République Démocratique du Congo.

b. Délimitation dans le temps

Il sied de signaler que ce travail sera également limité dans le temps. Il portera sur la
période allant de 2006 à nos jours. 2006 étant l’année de l’élaboration de la loi n° 06/018 du 20
juillet 2006 modifiant et complétant le Décret du 30 janvier portant Code pénal congolais. Cette
loi est d’une importance capital car ayant introduit la pénalisation du mariage forcé dans
l’arsenal juridique congolais.

c. Délimitation dans la matière

La présente étude s’inscrit dans le champ du droit pénal, tout en mobilisant des
perspectives issues du droit de la famille, du droit international des droits humains et du droit
coutumier.

B. ANNONCE DU PLAN SOMMAIRE

En se rapportant à la problématique, notre travail s’articule sur deux chapitres, chacun


comportant des sections et des paragraphes.

Le premier chapitre porte sur le cadre juridique et normatif du mariage forcé en RDC. Le
second porte sur les perspectives et recommandations pour une meilleure répression du
mariage forcé.

14
R. REZSOHAZY, Théories et critiques des faits sociaux, Bruxelles, Ed. La Renaissance du livre, 1971, p.68.

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