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Legrand Et Al.2008

Le suivi écologique des récifs coralliens en Martinique, initié en 2001, a révélé une stabilité relative des communautés benthiques jusqu'à fin 2005, malgré une dégradation déjà présente. Deux événements majeurs, un blanchissement en 2005 et une épidémie de maladies en 2006, ont entraîné une perte significative de coraux, réduisant la couverture corallienne à 32,9 % dans le sud et 14,8 % sur la côte atlantique. Les pressions anthropiques et le changement climatique sont identifiés comme les principales menaces pour l'écosystème corallien, avec des projets de réserves marines en cours pour leur protection.

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Legrand Et Al.2008

Le suivi écologique des récifs coralliens en Martinique, initié en 2001, a révélé une stabilité relative des communautés benthiques jusqu'à fin 2005, malgré une dégradation déjà présente. Deux événements majeurs, un blanchissement en 2005 et une épidémie de maladies en 2006, ont entraîné une perte significative de coraux, réduisant la couverture corallienne à 32,9 % dans le sud et 14,8 % sur la côte atlantique. Les pressions anthropiques et le changement climatique sont identifiés comme les principales menaces pour l'écosystème corallien, avec des projets de réserves marines en cours pour leur protection.

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Suivi Écologique des rÉcifs coralliens des stations IFRECOR

en Martinique de 2001 À 2006.

H. Legrand,, Y. Rousseau1,2, C. Pérès1 & J.-P. Maréchal1,

Summary. – Ecological monitoring of coral reefs in IFRECOR survey sites in Martinique between
2001 and 2006. – Monitoring of coral reefs in Martinique started in 2001, after the first permanent IFRECOR
survey site was created in the island. Four permanent transects of 60m long are sampled twice a year during
the dry and the wet season in the area. Benthic community cover and fish assemblages are assessed using
scuba diving techniques. The benthic communities composition remained stable, while already degraded,
until end 2005 with average coral cover values of 38.7 % over the Southern reef sites and 22.9 % on the
Atlantic coast. The major bleaching event during the second semester of the year 2005 killed about 14 % of
the coral colonies in Martinique. Beginning 2006, a disease outbreak also killed another 15 % of the corals,
with significant differences between species. Globally, although coral reef decline had started before these
events, an average of 30 % of the coral reefs of Martinique disappeared during the past 2 years. Thereby,
there was a decrease in the average coral cover down to 32.9 % (South Caribbean) and 14.8 % (Atlantic).
No effect has been recorded yet on coral reef fish assemblages in terms of total biodiversity, individuals and
biomass. Global climate change and anthropogenic pressures are principally involved in the coral reef eco-
logical status in Martinique. Regional MPAs projects are under review and could be an environmental issue
for coral reef protection and preservation in the future.

Résumé. – Les récifs coralliens de Martinique font l’objet d’un suivi scientifique depuis 2001, date
de création de la première station de référence IFRECOR dans le département. Progressivement, 4 stations
ont été mises en place sous la forme de transects permanents d’une longueur de 60m et sont échantillonnées
chaque année au cours des saisons sèche et humide. Le recouvrement par les communautés benthiques ainsi
que la structure des peuplements ichtyologiques sont évalués à partir d’un protocole d’observation en plon-
gée. Les communautés, bien que déjà dégradées, présentaient une stabilité relative jusque fin 2005, avec un
taux de couverture moyen de 38,7 % du fond pour les sites coralliens du sud Caraïbe à 22,9 % sur la côte
atlantique. L’épisode de blanchissement qui a touché l’ensemble de la Caraïbe au second semestre 2005 a
entraîné une mortalité des colonies coralliennes évaluée à 14 %. Début 2006, le développement de maladies
spécifiques des coraux a fait à nouveau chuter le taux de corail vivant de 15 %, avec des différences significa-
tives selon les espèces. Globalement, bien que le déclin des récifs ait été amorcé bien avant ces événements
majeurs, la perte en corail vivant sur les récifs de Martinique est évaluée à 30 % en moyenne au cours des
deux dernières années. Ainsi, les taux de couverture moyens en corail évalués au cours des deux suivis de
l’année 2006 n’étaient plus que de 32,9 % à 14,8 % sur les mêmes sites respectifs. Aucun changement signi-
ficatif dans la structure des peuplements de poissons (biodiversité totale, effectifs et biomasse) pris dans leur
ensemble n’a été mis en évidence suite à ces changements écologiques. Le réchauffement climatique et les
nombreuses pressions anthropiques qui s’exercent sur les côtes de l’île sont majoritairement responsables
de cet état écologique. Des projets de réserves marines régionales sont en cours d’étude et devraient per-
mettre de prendre des mesures efficaces de préservation des écosystèmes coralliens de la Martinique dans
les années à venir.

 Observatoire
du Milieu Marin Martiniquais, 3 avenue Condorcet. F-97 200 Fort de France
 UMR 8046 CNRS-EPHE « Ecosystèmes Aquatiques Tropicaux et Méditerranéens », 52 avenue Paul Alduy, Uni-
versité de Perpignan. F-66860 Perpignan
 University of Newcastle, School of Marine Science and Technology, Ridley building. NE1 7RU Newcastle upon
Tyne, U.K.

Rev. Écol. (Terre Vie), vol. 63, 2008.

­– 37 ­–
Situation gÉographique et Économique de l’Île de la Martinique

La Martinique est une île d’origine volcanique (Montagne Pelée – 1396 m) de l’archipel
des Petites Antilles, au sud de l’île de la Dominique et au nord et l’île de Sainte-Lucie, entre les
latitudes 14° 50'N et 14° 23'N et à la longitude moyenne de 64° 12'W. La longueur nord-sud est
d’environ 60 km et sa plus grande largeur de 30 km, pour une superficie de 1128 km2.
La Martinique est un des trois Départements Français d’Amérique (DFA), mais également
une des sept régions ultra-périphériques de l’Union Européenne. La préfecture est Fort de
France. Elle dispose d’un Conseil Régional et d’un Conseil Général. Administrativement, l’île
est divisée en 34 communes.
La population était estimée à 399.000 habitants (source INSEE) en 2006 (en augmenta-
tion de 0,6 % depuis 1999), soit une densité moyenne de 354 habitants par km2 (plus de trois
fois la moyenne nationale : 106 hab/km2). Un tiers des habitants vivent sur le littoral.

Données économiques
Le PIB par habitant s’élevait à 14.823€ en 2003 (source INSEE), soit environ 60 % du
niveau national, valeur élevée à l’échelle de la Caraïbe. Le taux de chômage était de 21 %
(selon la définition BIT) en décembre 2006. L’économie générale repose essentiellement sur
le secteur tertiaire. Le secteur primaire, principalement la culture de la banane et de la canne à
sucre, représentait 7,7 % du PIB en 2000. La pêche et le tourisme dépendent énormément de
l’environnement marin et de sa qualité.

La pêche
La pêche représente 1 % du PIB martiniquais, mais au moins 1,2 % des emplois (Com-
mission Européenne, 2007). En 2004, la flottille totale comptait 1176 embarcations déclarées
et 1294 marins actifs, dont 1215 inscrits à la petite pêche (DRAM, 2005). La même année,
la quantité de poissons pêchés a été estimée à 6.304 ± 1.576 tonnes. La Martinique importe
de grandes quantités de produits de la mer pour satisfaire la demande locale (8.314 tonnes
importées en 2004 – DRAM, 2005). La pêche est essentiellement artisanale. Blanchet et al.
(2002) séparent les ressources halieutiques martiniquaises en : « ressources côtières, principa-
lement démersales » (poissons, crustacés et mollusques des coraux et herbiers) et « ressources
pélagiques hauturières » (espèces migratrices : thons, bonites, daurades coryphènes, espadons,
marlins). Différentes techniques de pêche sont utilisées (Guillou & Lagin, 1997 ; Sacchi et
al.,1981 ; Taquet, 2004). Depuis 1999, 8 cantonnements de pêche ont été mis en place en Mar-
tinique pour favoriser la reconstitution des stocks halieutiques côtiers (décrets 90-094, 90-618,
92-335) (Fig. 1).

Le tourisme
Le tourisme est un secteur clé de l’économie martiniquaise (7 % du PIB et 6 % des emplois
– INSEE / 219,7 millions d’euros en 2005 – Comité Martiniquais du Tourisme). La clientèle
touristique comptait 639.060 visiteurs la même année dont 510.000 touristes de séjour, 90.000
touristes de croisière et 23.000 plaisanciers (source : Comité Martiniquais du Tourisme). Le sud
de l’île est le plus fréquenté (plus de 60 % des touristes de séjour). Ce secteur géographique
concentre 60 % des hôtels homologués et 66 % des chambres (98 hôtels en 2005 – 4.673 cham-
bres – taux d’occupation moyen de 56,5 % – source INSEE). Le chiffre d’affaire de la plongée
sous-marine a été évalué à 15 millions de francs en 1996 (Gabrié, 1998).

Pressions
L’environnement marin local est menacé par les activités agricoles. Les cultures de la
banane (11.000 ha plantés, 260.000 tonnes exportées) et de la canne à sucre (3.000 ha) consti-
tuent les deux plus grosses sources de pollutions phytosanitaires. Les terres agricoles comp-
tent 33.000 ha. Les cours d’eau sont pollués, à des niveaux très élevés, en azote, phosphore,

­– 38 ­–
pesticides, par des matières en suspension. La présence de micro-polluants (métaux lourds,
pesticides) (Pons, 1988), à des concentrations importantes, est inquiétante (baie du Marin :
argent [10,4 mg.kg-1 poids sec] ; plomb [0,5 mg.kg-1 poids sec] – RNO, 2006). Les origines
de ces pollutions sont connues : industries chimiques, raffineries, lixiviats de décharges, rejets
urbains. Les problèmes émanent également des rejets d’épuration collectifs, des dispositifs
d’épuration individuels, des rejets de l’industrie agroalimentaire (distilleries), et des carrières
(SDAGE, 2002).

Compétences en matière d’environnement


De nombreux organismes institutionnels, associatifs et privés sont impliqués dans les
programmes de gestion et de protection de l’environnement marin en Martinique : DIREN,
Conseil Régional, Conseil Général, OMMM, CSRPN, CELRL, PNRM, Comité Régional des
Pêches, AFMAR, DRIRE, DDASS, DAF, DDE-CQUEL, ONF (Bouchon, 1998).

Figure 1. – Répartition des zones récifales, d’herbiers et de mangroves sur le littoral de la Martinique et localisation
des 4 stations de suivi IFRECOR (OMMM, 2006b). Coral reefs, seagrass and mangroves map along the coast of
Martinique and location of the 4 IFRECOR monitoring sites (OMMM, 2006b).

­– 39 ­–
Les récifs coralliens de Martinique

Répartition géographique et géomorphologie des récifs coralliens


Trois grands types de formations coralliennes (Fig. 1) sont identifiés en Martinique (Bou-
chon, 1998).
(a) Le récif frangeant sur les côtes Sud et Est de l’île est formé d’une plate-forme (quel-
ques m à un km), se poursuivant par une pente externe plus ou moins abrupte. Les formations
récifales les mieux développées se situent sur la côte sud Caraïbe, de la pointe du Diamant à
la pointe Borgnesse. Le plateau corallien est immergé à quelques mètres. Des vallées sous-
marines, devant l’embouchure des rivières, signes des évolutions géologiques, découpent le
récif en plusieurs cayes (Bouchon & Laborel, 1986 ; Battistini, 1978). Dans les zones abritées
à l’arrière du récif, des herbiers de phanérogames marines se sont développés. Les mangroves
ont colonisé le bord de côte.
(b) Le récif barrière algo-corallien, présent sur la façade Atlantique, est délimité au nord
par la presqu’île de la Caravelle et se prolonge vers le sud sur 25 km. La pente récifale externe
douce descend vers -20 ou –30 m ou elle disparaît sous un talus sédimentaire. Les communau-
tés benthiques sont fortement dégradées. Le substrat corallien, formé de squelettes anciens
d’Acropora palmata, est colonisé par les algues. A quelques mètres de profondeur, sur la pente
externe, des colonies coralliennes de formes massives des genres Montastraea, Diploria et
Colpophyllia sont présentes. Les algues calcaires du genre Halimeda ont largement supplanté
le peuplement corallien. La zone lagonaire, entre le récif et la côte, a une profondeur maximale
de 30 m. Les communautés coralliennes se développent jusqu’à une quinzaine de mètres de
profondeur. Au delà, le fond est sablo-vaseux. Des herbiers de phanérogames marines (Thalas-
sia testudinum) se sont développés dans les secteurs abrités. Les formations récifales présentes
le long des côtes rocheuses sont de type frangeant. Des mangroves ont colonisé les rivages
sédimentaires des fonds de baies.
(c) Les fonds coralliens non bio-constructeurs sont présents sur la côte Caraïbe, principa-
lement au nord-ouest de l’île où les pentes sous-marines sont très accores. Les communautés
coralliennes forment des massifs isolés colonisant le substrat rocheux.

Nature des écosystèmes associés aux récifs coralliens en Martinique

Les herbiers de phanérogames


Plus de 60 espèces de phanérogames marines sont actuellement connues, mais seulement
6 espèces de 2 familles sont présentes dans les Petites Antilles : les Hydrocharitacés dont les
espèces T. testudinum, Halophila decipiens et Halophila baillonis et les Potamogétonacées
dont Syringodium filiforme, Halodule wrightii et Halodule beaudettei (Laborel-Deguen, 1984).
T. testudinum et S. filiforme sont les deux espèces majoritaires de Martinique. Les herbiers
s’étendent sur environ 4636 ha sur les côtes de la moitié sud de l’île, entre les anses d’Arlet
et la baie du Robert (OMMM, 2006b), soit un peu plus que les 3900 ha estimés par Chauvaud
(1997). Dans la baie de Fort de France, ils couvrent environ 320 ha (OMMM, 2006b).

Les mangroves
Les mangroves occupent 1800 ha de littoral, dont 1200 dans la baie de Fort de France
(Brossard et al., 1991). Elles sont généralement formées d’une ceinture maritime à Rhizophora,
suivie d’une ceinture arbustive à Rhizophora, Avicennia et Laguncularia, une ceinture fores-
tière interne dominée par Rhizophora et une ceinture forestière externe, dominée par Avicennia
et Laguncularia (Brossard et al., 1991).

­– 40 ­–
Biodiversité marine en Martinique
La complexité structurelle des récifs de la Martinique favorise le développement de peu-
plements benthiques d’une grande biodiversité. D’après Bouchon & Laborel (1986), 45 espè-
ces de coraux (Hydrocoralliaires et Scléractinaires) sont présents sur les côtes de l’île. Des
inventaires des poissons pélagiques, de récifs et mangroves ont dénombré environ 300 espèces
(Bouchon-Navaro & Louis, 1986 ; Bouchon-Navaro et al., 1992 ; Louis et al., 1995 ; Bouchon-
Navaro, 1997). Lamy et al. (1984) ont recensé 370 espèces de mollusques lors de la mission
Corantilles 2. Le peuplement de spongiaires compte 70 espèces identifiées (Vacelet, 1984) et
35 espèces de gorgones ont été inventoriées entre la surface et –35 m par Philippot (1986). Un
inventaire des peuplements algaux de la Martinique est actuellement en cours. A ce jour plus
d’une centaine d’espèces ont été identifiées (OMMM, données non publiées). La population
de reptiles marins compte 5 espèces (Fretey, 1990) dont deux principales, Chelonia mydas et
Eretmochelys imbricata. Des cétacés fréquentent les eaux littorales : 14 espèces ont été identi-
fiées en 2003 (SEPANMAR, 2003).

Un patrimoine naturel exceptionnel supportant une part importante de


l’économie locale (Tab. I)

Tableau I
Évaluation des biens et services rendus par les récifs coralliens en Martinique (de ‘Très important’à ‘Peu important’).
Estimation of goods and services of coral reefs in Martinique (from ‘Very High’to ‘Very Low’)

Activités socioprofessionnelles Évaluation

Pêche professionnelle Très important


Pêche vivrière Très important
Aquaculture Important
Récréation payante (tourisme balnéaire, plongée,..) Très important
Récréation gratuite (baignade, chasse sous-marine,..) Très important
Protection côtière Très important
Epuration des bassins versants (apports terrigènes, intrants agricoles,..) Très important
Recherche et éducation (IFRECOR, activités scolaires,..) Important
Services culturels (religion, arts,..) Peu important

Patrimoine naturel et protection du littoral


Les écosystèmes marins de la Martinique ont une valeur patrimoniale naturelle impor-
tante, due au fort taux d’endémisme de la faune et de la flore. La connectivité des trois écosys-
tèmes, récifs, herbiers et mangroves, représente un intérêt écologique et scientifique incontes-
table. La présence des récifs et des mangroves, notamment ceux de la façade atlantique, assure
la protection des côtes contre la houle et limite l’érosion des plages (tsunami, cyclones).

La pêche artisanale
Les récifs contribuent à la production halieutique locale, bien qu’aucune donnée statis-
tique de débarquement n’ait été collectée régulièrement depuis le milieu des années 1990.
L’activité de pêche dans les zones récifales, ou petite pêche, vise trois types de ressources :
poissons, crustacés et mollusques (Gobert, 1990, 1991a, 1991b). Les engins de pêche peu
sélectifs caractérisent des pêcheries multispécifiques (Gobert, 1989). Les casiers positionnés
sur les cayes capturent des poissons de toutes espèces et de toutes tailles, y compris des juvé-

­– 41 ­–
niles, contribuant au déclin des stocks halieutiques sur le plateau continental. Les trémails à
langoustes (Panulirus argus et P. guttatus), trémails à lambis (Strombus gigas) et filet droit
de fond à poissons sont responsables de nombreuses captures accidentelles de tortues chaque
année. Plus de 90 % de l’effort de pêche est concentré sur les récifs (DRAM, 2005). En plus de
la pêche artisanale au casier et au filet, la pêche à la ligne et la chasse sous-marine participent
de manière non négligeable à l’exploitation des ressources.
La pêche professionnelle est quantifiable. Par contre, la pêche plaisancière ne l’est pas,
alors que cette activité de plaisir ou de subsistance a sans doute un impact important sur les
ressources disponibles.

Le tourisme
Les activités touristiques principales sur l’espace maritime sont les promenades en mer,
bateaux à fond de verre, location de bateaux de plaisance et de scooters des mers, pêche au
gros et plongée sous-marine, cette dernière tirant le plus de bénéfices des récifs coralliens en
Martinique. Trente six clubs sont présents, majoritairement localisés sur le littoral Caraïbe. En
2004, le nombre de plongées était estimé à 160.000 par an, réparties sur 107 sites de plongées
répertoriés (OMMM, 2004a). L’évaluation de l’effort de plongée a montré une répartition
inégale selon les sites, de quelques dizaines de plongées/an à plus de 10.000 plongées/an,
bien au delà des seuils recommandés dans la littérature (Barker & Roberts, 2004 ; Dixon et
al., 1994)

Une méconnaissance de l’écologie des milieux marins due à un déficit de


recherches fondamentales

Les premières études scientifiques consacrées aux écosystèmes récifaux de la Martinique


apparaissent dans les années 1970-80 (Adey, 1977 ; Battistini, 1978 ; Chassaing et al., 1978)
et portent essentiellement sur la géomorphologie et la biodiversité des formations coralliennes
(« Corantilles 2 » – Laborel et al., 1984). En 1991, la Région Martinique et le PNUE financent
un programme de recherche sur la protection et la valorisation du milieu naturel de la baie de
Fort de France (Brossard, 1991), suivi en 1997 par la réalisation d’une cartographie des éco-
systèmes marins côtiers de la moitié sud du littoral martiniquais (Chauvaud, 1997). Une carte
des formations sédimentaires du plateau insulaire de Martinique a été produite par IFREMER
en 2000 (IFREMER, 2000). En 2007, aucun organisme de recherche institutionnel ne travaille
sur la problématique générale des récifs coralliens en Martinique. L’équipe pluridisciplinaire
DYNECAR de l’Université des Antilles et de la Guyane, implantée en Guadeloupe, participe
ponctuellement à des études fondamentales sur les milieux marins martiniquais, notamment le
suivi de deux stations IFRECOR (Pointe Borgnesse et Fond Boucher).
Depuis 2002, la création de l’association Observatoire du Milieu Marin Martiniquais
(OMMM) a favorisé le développement de plusieurs thèmes de recherche, dont plusieurs
thèses :
– Suivis IFRECOR : mise en place du réseau de stations permanentes de suivi et d’évalua-
tion écologique des écosystèmes coralliens,
– Cartographie des biocénoses marines du littoral martiniquais et de leur état de san-
té (thèse de doctorat EPHE/OMMM),
– « Structures des peuplements ichtyologiques des récifs coralliens de la Martinique en
relation avec la qualité de l’habitat – prise en compte dans la délimitation des zones de canton-
nement » (thèse de doctorat EPHE/OMMM),
– « Impact de la pêche artisanale côtière sur les populations de tortues marines aux Antilles
françaises. Evolution de la sélectivité des filets de pêche » (thèse de doctorat EPHE/OMMM),
– « Efficacité des récifs artificiels et zones de cantonnement de pêche en Martinique »
(thèse de doctorat EPHE),
– « Dynamique de colonisation des formations récifales par les sargasses en Martinique »
(thèse de doctorat).

­– 42 ­–
L’IFREMER, présent en Martinique depuis 1970, concentre ses activités sur l’aquaculture
tropicale marine et le développement de la pêche au large, sur DCP. Les travaux menés dans la
station locale ont favorisé la création de fermes aquacoles et la relance de l’activité halieutique
par la pêche des poissons pélagiques sur les DCPs. L’IRD n’a plus de pôle halieutique depuis
1996. Un SIH (Système d’Informations Halieutique) vient d’être mis en place à IFREMER.

L’absence d’aires marines protégées


La Martinique n’a pas d’aires marines protégées. Les missions d’inventaire réalisées
par l’OMMM ont révélé l’existence de zones d’intérêt écologique importantes, notamment le
secteur sud Caraïbe. Plusieurs formations coralliennes uniques (Montastraea et Agaricidae)
accentuent le caractère écologique inhabituel de cette région La rareté des peuplements coral-
liens d’une telle qualité en Martinique a permis le classement de l’ensemble des pentes exter-
nes des 7 cayes récifales en ZNIEFF de type I (OMMM, 2006c) et justifie la création d’une
réserve naturelle. Le Conseil Régional de Martinique a lancé une procédure de consultation de
la population locale et des usagers du milieu marin en particulier, début 2007, dans le cadre de
deux projets de réserves marines régionales. L’existence des cantonnements de pêche (zones
interdites temporairement à toute forme de pêche professionnelle et de loisir, et au mouillage
des bateaux en dehors de l’utilisation des corps-morts) depuis 1999 confère une protection
temporaire aux ressources halieutiques côtières. Il existe 8 cantonnements en Martinique, dont
5 ont été réouverts à la pêche à titre expérimental et sous certaines conditions spécifiques entre
le 1er juillet 2007 et le 30 septembre 2007. Deux de ces secteurs font l’objet d’un suivi pour la
pêche côtière.

Le réseau de suivi des récifs coralliens de la Martinique


La mise en place du réseau national IFRECOR en 1999 s’est traduite, en Martinique, par la constitution d’un
comité local et la création de l’OMMM, association dédiée à la mise en œuvre du plan d’actions. Un réseau de 4 stations
de suivi de l’état de santé des récifs coralliens a été progressivement développé entre 2001 et 2005, en collaboration avec
l’UAG (Fig. 1). Ces stations sont à une profondeur de 10-12 m, zone de biodiversité maximale dans les récifs de la région
caraïbe (à l’exception de la station Ilet à Rats – 5 m – dû à la spécificité des formations coralliennes atlantiques).

Protocole de suivi scientifique


Le protocole de suivi de l’état de santé des écosystèmes récifaux de la Martinique repose sur les protocoles
GCRMN (Hill & Wilkinson, 2004) et CARICOMP (CARICOMP, 2001 ; Linton & Fisher, 2004), modifiés par Bouchon
et al. (2003). Deux campagnes de suivis sont réalisées chaque année pour tenir compte des variations saisonnières des
communautés récifales (Bouchon-Navaro, 1997), en juin (saison sèche) et en novembre (saison humide) (OMMM,
2003, 2004b, 2006a, 2007). La température de l’eau est enregistrée par des capteurs (EBBRO Logger EBI 85A) placés
sur chaque transect (1 capteur par site).

Evaluation des peuplements benthiques


Les campagnes d’échantillonnage sont réalisées en plongée sous-marine avec scaphandre (Loya, 1972) le long de
transects permanents de 60 m (1 par site) marqués par des multi-décamètres. Tous les organismes benthiques sessiles
interceptés par le cordage sont identifiés par grands groupes systématiques et/ou jusqu’à l’espèce. Le pourcentage de
recouvrement du fond est donné par le rapport entre la longueur occupée par chaque organisme sous le cordage, en
projection verticale, et la distance totale échantillonnée. La taille des colonies coralliennes (L, l, H) et leur état de santé
(couleur, % de nécrose) sont évalués. Pour mettre en évidence des différences entre les suivis annuels, des classifications
hiérarchiques (Minitab) ont été réalisées à partir des % de couverture des catégories benthiques pour chaque groupe.

Evaluation de la biodiversité corallienne


La diversité en espèces de corail est calculée à partir du nombre total d’espèces identifiées sur le transect. La part
de chaque espèce est rapportée au total d’espèces comptabilisées. Le pourcentage de couverture de chaque espèce par
rapport à la couverture totale (en cm) de toutes les espèces sur le transect est aussi calculé.

Identification des coraux juvéniles et estimation du recrutement corallien


Un comptage des colonies coralliennes de diamètre inférieur à 2 cm est réalisé le long de chaque transect sur une
surface de 30 m2 (2 fois 30 m x 50 cm).

­– 43 ­–
Peuplement ichtyologique
Les poissons sont identifiés et dénombrés sur 5 « bandes-transects » (5 échantillons) de 30 m de long sur 2 m
de large, soit une surface totale échantillonnée de 300 m2. Le comptage est réalisé à vitesse régulière. Les relevés
sont limités à un nombre restreint d’« espèces cibles » (Bouchon et al., 2003), regroupant l’ensemble des catégories
trophiques et certaines familles indicatrices de l’état de santé du récif, ou d’intérêt commercial (Hodgson & Liebeler,
2002 ; Lewis & Wainwright, 1985).

Abondance, taille et biomasse des poissons


Les poissons d’une même espèce cible sont dénombrés selon des classes d’abondance et de taille, en plongée
(Tab. II). L’abondance en espèces cibles est évaluée en utilisant la médiane de chaque classe (ind/300 m2). La biomasse
(kg/300 m2) est calculée (estimation) à l’aide des tables de régressions taille-poids de Bohnsach (1988).

Tableau II
Classes d’abondances et de tailles utilisées lors du comptage visuel des espèces cibles de poissons pour les campagnes
de suivi IFRECOR Martinique. Abundance and size classes used in visual census of fish during the IFRECOR
survey in Martinique

Classes 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Abondance 1 2 3-5 6-10 11-30 31-50 51-100 101-300 301-500 501-1000

Individus <5 5-10 10-15 15-20 20-30 30-40 40-50 >50 - -

Analyse du peuplement par famille et par groupe trophique


Le peuplement ichtyologique est décrit en analysant les données d’abondance et de biomasse par famille et régime
alimentaire (dernière catégorie non présentée dans le cadre de cet article).

Evaluation socio-économique de l’utilisation des récifs coralliens en


Martinique
Dans le cadre du projet de création de la réserve marine régionale de Sainte Luce, l’OMMM a entrepris une
évaluation socio-économique afin d’aider le Conseil Régional dans la conduite du processus de consultation des usagers
des milieux marins. Les méthodologies de Bunce (2003) et Bunce et al. (2000) sont largement employées dans le
domaine des récifs coralliens mais n’ont jamais été mises en œuvre dans les collectivités françaises d’Outre-Mer. Une
approche de l’évaluation socio-économique des récifs en Martinique est donnée dans le document « Evaluation du
contexte socio-économique du projet de création de la réserve de Sainte Luce » (OMMM, 2007).

Évolution des rÉcifs coralliens en Martinique


depuis le dÉbut des suivis IFRECOR

Evolution des peuplements benthiques des récifs coralliens de Martinique


depuis 2001

Les résultats des suivis écologiques des stations IFRECOR de Martinique montrent globa-
lement une stabilité dans la composition des communautés benthiques jusqu’à la fin de l’année
2005, puis un déclin général des taux de couverture en corail, plus ou moins marqué selon les
sites (Fig. 2a). Cette transition est largement due au phénomène de blanchissement qui a touché
l’ensemble de la Caraïbe au second semestre 2005 et entraîné la mort d’un grand nombre de
colonies coralliennes (environ 14 % – OMMM, 2006a).
L’évolution des peuplements coralliens sur l’ensemble des sites échantillonnés montre
une diminution de la couverture totale en coraux, comprise entre 19,6 et 28,6 % (Tab. III).
Les classifications hiérarchiques réalisées à partir des données de recouvrement total par site,
toutes catégories benthiques comprises, isolent les échantillons de 2006 des autres campagnes
de suivi (Fig. 2b), isolement particulièrement bien marqué sur les sites Pointe Borgnesse et îlet
à Rats. Cette observation est moins flagrante sur le site Fond Boucher, où le % de couverture
corallienne était en progression régulière depuis le début des suivis.

­– 44 ­–
Figure 2. – (a) Évolution de la couverture benthique totale dans le temps pour chacune des stations de suivi de l’état
de santé des récifs coralliens de Martinique (données en % de chaque catégorie benthique sur 60 m de transect
échantillonnés) et (b) résultats des classifications hiérarchiques réalisées sur les % de couverture des catégories
benthiques pour chaque site (Jardin Tropical n’a pas était pris en compte en raison de 2 années d’échantillonnage
seulement). (a) Benthic communities changes over each coral reef monitoring sites in Martinique. (bars are % of
each benthic class over the 60m long transect) and (b) cluster analysis results based on % of benthic classes over each
site (Jardin Tropical has not been analysed due to only 2 years sampling).

­– 45 ­–
Tableau III
Évolution de la couverture corallienne entre le premier suivi et l’année 2006 pour chacun des sites (corail vivant).
Coral cover changes between the first survey and the 2006 campaign at each monitoring site (live coral)

Sites – 1er suivi / dernier suivi Evolution de la couverture Perte en corail entre le premier suivi
en corail vivant ( %) et le dernier suivi ( %)
Ilet à Rats – 2003 / 2006 26 / 19,5 - 25
Jardin tropical – 2005 / 2006 42 / 30 - 28,6
Pointe Borgnesse – 2001 / 2006 28,4 / 20,6 - 27,5
Fond Boucher – 2002 / 2006 18,9 / 15,2 - 19,6

Ces différences dans la composition des communautés benthiques reflètent des diminu-
tions significatives des taux de couverture en corail sur l’ensemble des sites échantillonnés. Par
exemple, sur le site Pointe Borgnesse, où le suivi est le plus ancien, la comparaison des % de
couverture en corail entre saison sèche et saison humide jusqu’à fin 2005 ne donne pas de dif-
férence significative (Mann-Withney), montrant qu’il n’y a pas de variation saisonnière dans la
composition du peuplement. Par contre, la comparaison des moyennes de couverture benthique
en corail, avant et après 2005, met en évidence une perte significative en corail vivant sur ce
site (Mann-Withney, p = 0,0451).
Dans tous les cas, la diminution de surface en corail est compensée par l’augmentation du
turf ou gazon algal, progressivement remplacé par des macroalgues, plus ou moins rapidement
selon les sites, comme les Chlorophycées à l’îlet à Rats, ou les Phéophycées à Pointe Borgnesse
et Jardin Tropical.
Des changements significatifs de la composition spécifique des peuplements coralliens
sont également mis en évidence, en particulier lors de la transition 2005/2006. C’est le cas pour
Agaricia agaricites et Porites porites sur Fond Boucher (Fig. 3) avec des chutes respectives du
recouvrement de 5,5 % en décembre 2005 à 0,2 % en décembre 2006 et de 3 % en décembre
2005 à 1,1 % en décembre 2006. Le peuplement majoritaire du genre Monstastraea sur Pointe
Borgnesse passe de 21,2 % en moyenne avant 2005 à 13,5 % fin 2006. À Jardin Tropical, l’en-
semble du peuplement semble avoir été affecté de la même manière.

Figure 3. – Evolution de la composition du peuplement benthique pour chacun des sites de suivi des récifs coralliens
échantillonnés en Martinique (données en % de la couverture totale en corail). Coral species cover changes over
each monitoring site (bars are % of each species over the total coral cover).

­– 46 ­–
Les effets du blanchissement corallien de 2005
Au second semestre 2005, la région Caraïbe a connu une augmentation importante de
la température des eaux marines de surface, à plus de 30°C sur certains sites, en Martinique
notamment. L’ampleur du phénomène a mobilisé les scientifiques de toute la région pour tenter
d’évaluer le taux de corail affecté (Tab. IV).

Tableau IV
Pourcentage moyen de blanchissement observés dans différents pays de la Caraïbe au cours du second semestre 2005
(données issues des indications relatives au blanchissement pour la période septembre-octobre 2005 et compilées
de ReefBase, Coral List et autres sources. D’après NOAA Coral Reef Watch). Preliminary bleaching report data for
September-November 2005, compiled from ReefBase, Coral List, and other sources.

Localisation Niveau de sévérité % de corail affecté

Bahamas Faible à Élevé 75


Belize Moyen 20-80
Iles Vierges Britanniques Élevé 50-90
Colombie Faible 1-20
Cuba Faible à Élevé 8-75
Jamaïque Moyen 20-80
Martinique Élevé 70-80
Mexique Moyen 40
Panama Moyen 70
Trinidad et Tobago Élevé 70-90
Floride Faible à Élevé 3-100
Puerto Rico Moyen à Élevé 50-100
Texas Moyen 35-100
Iles Vierges Américaines Élevé 50-90

La méthodologie du « point intercept » a été employée pour évaluer les taux de blanchis-
sement en 2005 sur des transects de 75 m (150 points par transect – 1pt/50cm) aux sites Pointe
Borgnesse et Jardin Tropical en Martinique. Lors des suivis de novembre 2003 sur Pointe Bor-
gnesse, un épisode de blanchissement avait été répertorié, avec 23 % de coraux blanchis. En
novembre 2005, le blanchissement a été évalué à 76 % de la surface totale des coraux du site.
Le genre le plus touché a été Montastraea.
Le profil des températures enregistrées sur le transect permanent à 12 m de profondeur
indique une montée de la température dès juillet et une persistance de températures élevées
(supérieures à 29,5°C) jusqu’à la première semaine d’octobre (Fig. 4). Le niveau de tempéra-
ture et la persistance, en accord avec les images satellites NOAA (Goreau & Hayes, 2005), sont
les deux facteurs ayant provoqué le blanchissement observé au second semestre 2005.
Les effets secondaires du blanchissement (Williams et al., 1987) de fin 2005 ont eu un
impact non négligeable, à la fois sur certaines espèces des genres Agaricia, Millepora et Porites
(espèces à croissance rapide et extrêmement sensibles au blanchissement) et sur les colonies de
grande taille du genre Montastraea. Des analyses de la mortalité post-blanchissement au premier
semestre 2006 montrent des taux de mortalité récente (dans les 6 derniers mois) de 100 % chez
A. agaricites et de 50 à 80 % dans les colonies de Montastraea de Pointe Borgnesse (OMMM,
données non publiées). La mortalité observée est essentiellement due au développement des
maladies (Lafferty et al., 2004) apparues dans les colonies affaiblies par le blanchissement, et
plus globalement par les effets du réchauffement climatique (Harvell et al., 2002). Les zones
dégradées sont rapidement colonisées par un gazon algal fin (turf). En juillet 2006, le taux de
mortalité des coraux dû au développement des maladies était d’environ 15 %.

­– 47 ­–
Figure 4. – Profil de températures enregistré par le thermographe de la station Pointe Borgnesse entre juillet et décembre
2005 (capteur EBRO EBI 85A). La température élevée en juillet (29°C) continue à augmenter jusqu’à fin août et se
maintient au dessus du seuil de température limite du blanchissement (29,5°C) jusqu’à début octobre. La chute brutale
de la température de 1,5°C début août est inexpliquée, peut être en relation avec de fortes pluies. Celle observée début
octobre de presque 2°C est sans doute liée au changement du thermographe et à un problème de calibrage. Temperature
profile at Pointe Borgnesse between July and December 2005 (Logger EBRO EBI 85A). Temperature raised above
the bleaching limit threshold (29.5°C) mid August until 1st week October. The 1.5°C temperature drop beginning of
August is not explained, but could be related to heavy rains. The second drop (2°C) in October has been correlated
to the change and calibration of a new logger.

L’altération des symbioses corail-zooxanthelles, lors d’un épisode de blanchissement,


réduit considérablement les processus par lesquels le corail acquiert l’énergie suffisante pour
survivre. Un blanchissement répétitif ou chronique peut réduire les capacités de reproduction
et de croissance du corail, entraînant une perte de son intégrité physique (Schumacher et al.,
2005). Les résultats des études menées en Martinique montrent que le recrutement corallien est
marqué par une réduction significative du nombre de jeunes colonies sur l’ensemble des sites
échantillonnés (Fig. 5).

Figure 5. – Évolution du recrutement corallien entre 2005 et 2006. Le blanchissement du corail fin 200 a
considérablement affecté les capacités physiologiques de reproduction. Corals recruitment in 2005 and 2006.
The 2005 bleaching event has significantly affected corals reproduction.

­– 48 ­–
Evolution du peuplement ichtyologique de la Martinique depuis 2001

Description générale du peuplement ichtyologique de la Martinique


Entre novembre 2001 et décembre 2006, 111 espèces de poissons ont été recensées sur les
quatre stations de suivi de la Martinique (blennies, gobies, poissons cardinaux et espèces cryp-
tiques exclus). La richesse spécifique varie entre 56 espèces à l’îlet à Rats (7 transects) et 85
espèces à Fond Boucher (9 transects) (66, Jardin Tropical – 4 transects ; 79, Pointe Borgnesse
– 11 transects).
Les 31 transects totalisent 29.737 poissons, appartenant à 89 espèces et 27 familles, dont
5 majoritaires : Serranidae (14 espèces), Pomacentridae (9 espèces), Scaridae (8 espèces),
Labridae (7 espèces) et Haemulidae (7 espèces) (Fig. 6).

Figure 6. – Abondance relative ( %) des différentes familles de poissons récifaux présentes sur chacun des sites
de suivi de la Martinique. Relative abundance ( %) of reef fish families in each of the 4 coral reef monitoring sites
of Martinique.

­– 49 ­–
La famille des Pomacentridae domine largement le peuplement ichtyologique avec plus
de la moitié des effectifs totaux (56 à 75 %), à l’exception du site Pointe Borgnesse. Trois
autres familles occupent une place majeure dans la composition du peuplement : Labridae,
Scaridae et Haemulidae (Tab. V).

Tableau V
Composition du peuplement ichtyologique (espèces majoritaires > 3 %) des quatre stations du suivi IFRECOR en
Martinique. Fish population (species > 3 %) at all the IFRECOR monitoring sites in Martinique.

Sites Familles majeures Principales espèces ( >3 % de l’effectif total)


Îlet à Rats Pomacentridae (56 %) Stegastes planifrons (32 %), S. adustus (12 %), S.
Scaridae (29 %) leucostictus (9 %)
Acanthuridae (13 %) Scarus iserti (9 %), Sparisoma viride (6 %), Sparisoma
aurofrenatum (6 %), Scarus taeniopterus (5 %)
Acanthurus coeruleus (8 %)
Jardin Tropical Pomacentridae (59 %) Chromis multilineata (21 %), C. cyanea (17 %), S. partitus
Labridae (19 %) (14 %), S. planifrons (5 %)
Scaridae (14 %) Clepticus parrae (10 %), Thalassoma bifasciatum (7 %)
S. taeniopterus (7 %), S. iserti (4 %)
Pointe Borgnesse Labridae (43 %) C. parrae (42 %)
Pomacentridae (36 %) C. multilineata (14 %), C. cyanea (12 %), S. planifrons (9 %)
Scaridae (14 %) S. iserti (5 %), S. taeniopterus (4 %)
Fond Boucher Pomacentridae (75 %) C. multilineata (42 %), S. partitus (29 %), S. variabilis (4 %)
Labridae (6 %) T. bifasciatum (6 %)
Haemulidae (5 %) Haemulon carbonarium (4 %)

Evolution des densités et biomasses de poissons


L’évolution des densités et des biomasses moyennes de poissons a été analysée unique-
ment à partir de la liste d’espèces cibles de Bouchon et al. (2003). Ces densités et biomasses
ne reflètent pas celles du peuplement total du récif.
Les densités moyennes varient en fonction des sites et les biomasses moyennes des sta-
tions fluctuent du simple au quadruple (Tab. VI, Fig. 7). Aucune tendance évolutive des effec-
tifs et de la biomasse moyenne n’a été mise en évidence pour l’ensemble des stations (test de
Spearman). Ces valeurs moyennes reflètent un état d’équilibre des peuplements entre 2001
et 2006. Les forts écart-types des valeurs moyennes à Fond Boucher montrent une variabilité
importante dans les comptages de poissons, due notamment à la présence ou l’absence de
groupes au comportement grégaire (Haemulidae et Lutjanidae).

Tableau VI
Densité et biomasse moyennes des peuplements de poissons à chaque station de suivi IFRECOR en Martinique. Mean
fish density and biomass at each IFRECOR monitoring site in Martinique

Sites Densité moyenne (ind/300 m2) Biomasse moyenne (Kg/300 m2)


Îlet à Rats 457 ± 267 8,2 ± 5,3
Jardin Tropical 1147 ± 453 18,8 ± 6,7
Pointe Borgnesse 479 ± 201 16,8 ± 2,9
Fond Boucher 1168 ± 1125 36,6 ± 33,0

Le site Jardin Tropical présente une biomasse moyenne équivalente à celle du site Pointe
Borgnesse, mais une densité deux fois supérieure. Cette différence entre les deux sites géo-
graphiquement proches serait expliquée par le statut de cantonnement de pêche du second
secteur.

­– 50 ­–
Figure 7. – Densités (ind/300 m2) et biomasses (kg/300 m2) moyennes de poissons des différents sites de suivi de
la Martinique toutes espèces confondues. Mean fish density (ind/300 m2) and mean fish biomass (kg/300 m2) over the
4 coral reef monitoring sites of Martinique (all species together).

L’évolution des peuplements, sur la base des principales familles, a été analysée (test de
Spearman), et a révélé des différences significatives de la biomasse moyenne pour la famille
des Lutjanidae seulement à Fond Boucher (Rs = 0,792 ; p = 0,014).
L’analyse du peuplement par classe de taille met en évidence des variations intra-annuel-
les significatives de l’abondance des effectifs de la classe 0-5 cm (Mann-Whitney, U = 30,0 ;
p = 0,004 ; Fig. 8). Pendant la saison sèche, les effectifs sont trois fois plus élevés (745 ± 794
ind/300 m2) qu’à la saison humide (215 ±168 ind/300 m2). Cette différence illustre le recru-
tement larvaire de nombreuses espèces à la saison sèche (Munro, 1983 ; Watson & Munro,
2004). L’analyse détaillée des proportions des effectifs des différentes classes de taille du site
Pointe Borgnesse montre une saisonnalité du recrutement de juvéniles très marquée chez les
Pomacentridae (Mann-Whitney, U = 30,0 ; p = 0,009) et les Scaridae (U = 22,9 ; p < 0,001).

Figure 8. – Évolution des effectifs (ind/300 m2) des poissons de la classe de taille 0-5 cm sur les 4 sites de la
Martinique en fonction du temps (décembre étant la fin de la période des pluies et juin la fin de la période sèche). Over
time changes in the number of fishes (ind/300 m2) sized 0-5 cm over the 4 coral reef monitoring sites of Martinique
(December = end of the rain season ; June = end of the dry season).

­– 51 ­–
La diversité du peuplement de poissons des sites de suivi IFRECOR de la Martinique
(111 espèces) est inférieure à celle rencontrée dans le golfe du Mexique et d’autres îles de la
Caraïbe (Loreto, 2003 ; Pattengill-Semmens & Gittings, 2003), mais reste néanmoins similaire
à celle observée par Grober-Dunsmore et al. (2006) autour de l’île de St John, voire supérieure
à certaines mesures faites à Cuba et Puerto Rico (Claro, 2003 ; Aguilar et al., 2004 ; Bejarano-
Rodríguez, 2006).
Le peuplement de poissons de la Martinique est constitué de quatre familles majeures,
prépondérantes dans tout l’arc antillais (Pomacentridae, Labridae, Scaridae et Haemulidae)
qui comptabilisent plus de 85 % de l’effectif total des peuplements étudiés en Martinique. Au
sein de ce groupe, les Pomacentridae comptent pour plus de 50 % des effectifs de poissons
(excepté à Pointe Borgnesse).
Les valeurs des densités et biomasses ne montrent aucune tendance évolutive reflétant une
stabilité dans la structure des peuplements. Toutefois, l’îlet à Rats se démarque des autres sites
par une richesse spécifique faible et des valeurs basses de densité et biomasse, probablement
en lien avec sa localisation géographique dans une baie semi-fermée de la côte atlantique, sou-
mise à de fortes pollutions et une hypersédimentation régulière.
Les classes de tailles inférieures à 10 cm comptabilisent 87 % des effectifs des peuple-
ments ichtyologiques des stations IFRECOR de Martinique. Les fortes variations de densité
des individus de la classe de taille 0-5 cm observées chaque année soulignent le caractère
saisonnier du recrutement.
L’épisode de blanchissement des coraux qui a fortement touché la Martinique fin 2005 n’a
pas montré d’impact significatif à ce jour sur la structure qualitative et quantitative des peuple-
ments de poissons récifaux. La campagne de suivi 2006 est probablement trop proche de cet
épisode pour que les changements soient significatifs. Les suivis ultérieurs permettront de voir
l’évolution du peuplement ichtyologique en réponse à la forte mortalité des coraux.

REMERCIEMENTS
Remerciements aux bénévoles de l’Observatoire du Milieu Marin Martiniquais qui ont participé à la récolte des
données et sans qui ces suivis ne seraient pas réalisables : Bernard Renaudie, Josiane Mahieu, Claude Séraline, Laurent
Juhel, Gil Delouche. Remerciements à l’équipe UAG DYNECAR (Claude Bouchon, Yolande Bouchon, Max Louis et
Pedro Portillo) pour leur participation à la récolte des données sur les stations Pointe Borgnesse et Fond Boucher. Le
programme IFRECOR Martinique est soutenu financièrement par le Ministère de l’Ecologie, du Développement et
de l’Aménagement durable (DIREN Martinique – Gilles Battedou), le Ministère de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des
Collectivités Territoriales, le Conseil Régional de Martinique, et l’Union Européenne (FEDER).

RÉFÉRENCES

Les documents marqués d’une * sont consultables à l’Observatoire du Milieu Marin Martiniquais. Certains peuvent être
téléchargés sur le site http ://www.ommm.org
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