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Sédimentologie

La sédimentologie est l'étude dynamique des sédiments, visant à comprendre leur formation et évolution, en distinguant entre l'analyse physique et chimique. Les méthodes d'étude incluent des observations sur le terrain et des analyses en laboratoire, permettant de reconstituer les conditions de dépôt et les milieux de sédimentation. Les paramètres tels que l'énergie, la profondeur et la composition chimique influencent la formation des sédiments et leur interprétation géologique.

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Sédimentologie

La sédimentologie est l'étude dynamique des sédiments, visant à comprendre leur formation et évolution, en distinguant entre l'analyse physique et chimique. Les méthodes d'étude incluent des observations sur le terrain et des analyses en laboratoire, permettant de reconstituer les conditions de dépôt et les milieux de sédimentation. Les paramètres tels que l'énergie, la profondeur et la composition chimique influencent la formation des sédiments et leur interprétation géologique.

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SEDIMENTOLOGIE

Définition

La Sédimentologie est l’analyse dynamique des sédiments. Elle


s’applique à retracer l’évolution des sédiments depuis leur formation
jusqu’à leur état final, observé sur l’affleurement ou au laboratoire
La Sédimentologie cherche à établir les lois physiques et chimiques
qui ont présidé à la formation des sédiments. Elle diffère en cela de
la seule description appelée « Pétrographie sédimentaire » qui n’est
qu’un inventaire des différents types de roches, et leur classification
en fonction de leur nature.

C’est la même distinction qui existe entre la pétrographie et la


pétrologie des roches magmatiques et métamorphiques. D’une part il
y a la description (-graphie) des roches, d’autre part la science (-
logie) qui essaie d’établir les lois de leur formation
Analyse physique

La sédimentologie s’applique à définir l’ensemble des conditions


physiques qui ont existé lors de la mise en place du sédiment. Elle se
réfère toujours au modèle actualiste. C’est-à-dire qu’on part d’exemples
pris dans la nature actuelle, et on essaie de les comparer avec les données
relevées dans le sédiment.

Les phénomènes de toute nature, que nous décrirons par la suite,


seront interprétés suivant le même raisonnement :

- observation et description des objets dans la nature actuelle, avec


définition de tous leurs paramètres, mesurables si possible ;

- ensuite reconstitution, à partir des formes fossilisées, des conditions


physiques qui leur ont donné naissance.
Analyse chimique
L’étude des sédiments actuels montre que les facteurs chimiques tels
que la solubilité, le Ph, Eh, altérabilité, précipitation, etc.…,
interviennent dans la mise en place des roches sédimentaires.
Cependant, l’analogie avec les sédiments anciens est plus délicate à
mettre en évidence, car des phénomènes chimiques interviennent après
le dépôt des sédiments et peuvent modifier totalement les conditions
chimiques existant au moment du dépôt. La circulation de l’eau et la
diagenèse sont les principaux responsables de cette modification des
conditions chimiques initiales.

Ainsi, un caractère physique tel que la granulométrie ou des figures


particulières ne peut pas être modifié tandis que le chimisme de la roche
évolue au cours du temps.
Méthodes d’études

Elles sont variées et nombreuses ; elles se répartissent en deux groupes :


celles au laboratoire et celles sur le terrain. Elles sont complémentaires
l’une de l’autre, mais parfois seule l’étude au laboratoire est possible, car
le terrain ne révèle rien de particulier à l’échelle de l’observation à l’œil
nu. C’est le cas des séries sédimentaires monotones en milieu de dépôt
très calme.
Méthodes d’études sur le terrain
Ces méthodes relèvent de quatre types :

- Etablissement de la colonne stratigraphique


- Analyse de la structure des couches à l’échelle macroscopique

- Etude des figures sédimentaires et des laminations

- La mesure dans des cas particuliers de la granulométrie sur le terrain.

L’ensemble de ces techniques fait appel à l’observation et à des


mesures simples. On relève et on décrit toutes les particularités des
couches et on mesure ce qui est quantifiable (épaisseur des couches,
dimension des objets, etc.)
Méthodes d’études au laboratoire
Elles dépendent de la nature de la roche, meuble ou consolidée

Roches consolidées

Roches calcaires Roches non calcaires


Confection de lames minces Confection de lames minces
Microscopie
Traitement HCl
Elimination des carbonates Résultats =
% de la fraction carbonatée - microfaciès
- analyse des paléomilieux
(Voir cas des roches meubles) - étude granulométrique par comptage porosité
- broyage et extraction minéraux argileux, etc.
Roches meubles
Traitement But et effet

1) HCl (1/10) Élimination des carbonates


2) H2O2 (110 volume) Élimination des mat.org.
3) Nettoyage à l’eau distillée Résidu insoluble
4) Séchage Poids brut du sédiment

5) Études variées

Granulométrie Liqueur dense Morphoscopie:


loupe, micr. élec Morphométrie
Diffraction RX

Nature des grains et


6) Résultats Minéraux lourds de l’agent d’érosion
Vitesse des courants Source des apports
Minéralogie
Énergie de transport Paléogéographie
Argiles Analyse de l’usure
Conditions de dépôt
LES MILIEUX DE SEDIMENTATION
Les éléments destinés à former un sédiment sont d'abord généralement
transportés à l'état solide ou en solution. Ils se déposent ou précipitent
ensuite dans un milieu de sédimentation. Un milieu de sédimentation
est une unité géomorphologique de taille et de forme déterminée où
règne un ensemble de facteurs physiques, chimiques et biologiques
suffisamment constants pour former un dépôt caractéristique.

Exemples : milieu lacustre, milieu deltaïque…

Cette définition reste vague quant à la taille d'un milieu : on parle


souvent de milieu continental, mais celui-ci comprend les milieux
torrentiels, fluviatiles, lacustres...
A l'opposé, différents milieux peuvent être regroupés en unités
spatialement plus grandes : un bassin sédimentaire regroupe les différents
milieux d'une même entité géographique dont les sédiments ont des
caractères communs (origine, âge...)

Le point fondamental à retenir, c'est la notion de dépôt caractéristique


d'un milieu.
Ainsi, le géologue pourra reconstituer les conditions ayant régné dans
un milieu ancien à l'aide des caractéristiques de ses dépôts : la
reconnaissance et la répartition des milieux anciens de sédimentation
constituent une des bases de la paléogéographie. Les dépôts ne sont
qu'en transit dans les milieux continentaux du fait de l'action de la
gravité. Tôt ou tard, ils sont repris et transportés finalement jusqu'au
point le plus bas, la mer. Les milieux sédimentaires continentaux sont
locaux et transitoires par rapport aux milieux marins qui fournissent la
majeure partie des roches sédimentaires.
PARAMETRES D'UN MILIEU DE DEPOT
Au cours de la sédimentation, les facteurs physiques, chimiques et
biologiques interviennent d'une façon conjointe : cette interdépendance
rend difficile leur étude systématique
Agents de Transport

Principaux agents

Principaux agents de transport


Caractéristiques physiques de l'agent

La densité, la viscosité et la vitesse de l'agent de transport déterminent la


forme de l'accumulation sédimentaire (corps sédimentaire), et la texture du
sédiment (taille, surface, agencement spatial des grains, figures de courant...)
Schématiquement:

* vitesse forte : pas de dépôt


* vitesse faible : décantation, laminassions
* viscosité faible : courant de traction,
éléments classés
* viscosité forte : coulée de débris, éléments en
vrac.
Recherche de l'agent dans un sédiment ancien

On cherche à reconnaître l'agent qui a transporté les éléments dans un


milieu de sédimentation ancien à partir des caractères du dépôt. C'est
un exercice difficile qui permet néanmoins de reconnaître un milieu
aérien ou aquatique.

Exemple : comment faire la distinction entre dunes éoliennes, produites


par le vent en milieu aérien, et les dunes hydrauliques, formées par un
courant d'eau en milieu aquatique? On étudiera les caractères du sable
formant l'accumulation dunaire ancienne, à savoir :

* l'état de surface des grains de quartz : les grains transportés par le vent
montrent des traces de choc de haute énergie ; leur surface prend un aspect
dépoli ;
* l'orientation des plans de litage: la variance est plus grande pour un
dépôt éolien ;

* l'inclinaison des litages est plus forte dans un dépôt en milieu aérien
(force de frottement plus grande entre les grains) ;

* le rapport hauteur/longueur d'onde des rides de courant sur la dune


qui sont plus serrées dans le cas du vent ;

* le type de fossiles et de traces biologiques observées.


Profondeur d'un milieu de dépôt aquatique

La profondeur de l'eau est accompagnée des variations de l'énergie du


milieu, de son potentiel redox (oxygénation), de la composition
minéralogique du dépôt (néoformation de certains minéraux, teneur en
carbonates...), de son contenu biologique, lui-même fonction de la
lumière, l'oxygénation et la salinité. Dans un milieu ancien on ne
pourra estimer la profondeur du dépôt que d'une façon indirecte, à
partir des caractères physiques, chimiques et biologiques des
sédiments.
Estimation de l'énergie

En général, l'énergie hydrodynamique (agitation de l'eau) régnant dans


un milieu diminue quant la profondeur augmente. En surface, le
mouvement des vagues et les courants créent une agitation constante de
l'eau: l'énergie est forte. En profondeur, l'agitation est faible, les
sédiments décantent lentement. On admet qu'en mer, les vagues font
sentir leur effet jusqu'à une profondeur d'une centaine de mètres, peut-
être plus, pendant les tempêtes.

La texture et les structures sédimentaires sont des indicateurs


d'énergie et non de profondeur :
* énergie très forte : pas de dépôt ; figures d'érosion sur le fond ;

* énergie moyenne : accumulation de sédiments sous forme de


corps sédimentaires irréguliers (dunes, rubans sableux), rides de
courant; sédiments grossiers (galets, graviers, sables) ;

* énergie faible : accumulation sous forme de corps


sédimentaires réguliers ; sédiments fins laminés.
Utilité des fossiles et des traces fossiles

L'état de conservation des fossiles donne une indication sur


l'hydrodynamisme du milieu de dépôt. Des fossiles fragiles délicatement
conservés (fins tests de foraminifères, articles de crinoïdes en
connexion...) témoignent d'une énergie très faible. En revanche, des
coquilles cassées et classées sont caractéristiques d'un milieu agité. Leur
orientation indique l'intervention d'un courant tracteur. Les traces de
locomotion laissées sur le fond par un organisme correspondent à un
milieu calme ; l'absence de traces d'activité biologiques indique souvent
un milieu agité : les organismes non fixés ne peuvent pas s'installer
généralement, les traces biologiques sont remplacées par des traces
mécaniques produites par le courant.
La nature des fossiles peut être également un bon indicateur du milieu où
les organismes ont vécu, et donc de celui où leurs restes se sont déposés
s'il n'y a pas eu transport latéral. La présence d'algues est liée à la
photosynthèse, donc à la lumière de la zone photique, quelques dizaines
de mètres de profondeur au maximum. Les coraux, contenant pour la
plupart des algues symbiotiques, ne se développent généralement que
dans la zone photique. Certaines espèces de foraminifères benthiques
actuels ne se rencontrent qu'à des profondeurs déterminées : on peut
généraliser les conclusions aux espèces voisines fossiles.
Liaison profondeur-anoxie

Le teneur en oxygène de l'eau diminue généralement avec la


profondeur si le corps d'eau n'est pas intensément brassé.

Les zones profondes et calmes sont pauvres en oxygène (anoxie).


Cependant, une agitation, même temporaire, de l'eau apporte de
l'oxygène de la surface : c'est le cas des tempêtes, des courants profonds,
des courants de turbidité. Certains corps ne peuvent se former ou
s'accumuler qu'en milieu anoxique : la matière organique est fermentée
par les micro-organismes et produit des sulfures et du méthane.
Teneur en gaz dissous dans la Mer Noire. La teneur en O2 décroit
avec la profondeur; elle est nulle au-delà de 200 m; sa diminution à
la surface est due au métabolisme du plancton. Le sulfure d'hydrogène
et le méthane sont produits par la décomposition bactérienne de la
matière organique des sédiments du fond.
Profondeur de compensation des carbonates

Le carbonate de calcium est dissous en profondeur ; il n'y a plus de carbonate


dans les mers actuelles au delà de 5400 m de profondeur. Les tests calcaires
de foraminifères issus du plancton sont dissous et ne laissent plus de trace
dans le sédiment. La profondeur de compensation des carbonates (Carbonate
Compensation Depth ou CCD) varie selon les mers actuelles, à plus forte
raison pour les mers anciennes. Néanmoins on peut toujours affirmer qu'un
sédiment carbonaté ne s'est pas formé à grande profondeur : c'est le cas de la
craie constituée de test calcaires de micro-organismes planctoniques.
Figures indiquant une mise à l'air libre

Les fentes de dessiccation, les traces de gouttes de pluie, les traces de


locomotion de vertébrés terrestres (comme les traces de pas de
dinosaures, au Secondaire, et celle d'australopithèques au Quaternaire),
témoignent d'une mise à l'air du sédiment meuble. De nombreuses
formes d'érosion ne se produisent qu'en milieu aérien (fragmentation
des roches par variations de température, galets éolisés par exemple).
Les altérations donnant naissance aux sols et aux croûtes calcaires ne
peuvent se produire qu'en milieu continental.
Rapports brome/chlorures dans les évaporites

La quantité de brome dans l'eau de mer augmente en fonction de la


profondeur si la masse d'eau est immobile. Les roches produites par
précipitation des sels de l'eau, ou évaporites, contiendront une quantité
de brome qui dépendra de la profondeur de formation. Cette méthode a
apporté des arguments à l'hypothèse qui suggère que les évaporites
anciennes ne résultent pas toutes de l'évaporation superficielle d'un
volume d'eau mais peuvent être également précipitées au fond de
bassins marins sursalés.
Action de la température

Son action est multiple. Elle agit d'abord sur la solubilité de nombreux
corps. En général, les minéraux sont plus solubles à chaud, néanmoins,
c'est l'inverse pour le CO2 et les carbonates : les carbonates précipitent
quand la température s'élève. La température conditionne également
l'état physique de l'eau : glace, liquide transporteur, vapeur
accompagnée de la précipitation des corps en solution (évaporites).
D'une façon générale, elle agit sur la vitesse des réactions chimiques :
son rôle est particulièrement important dans les phénomènes
d'altération.
Plusieurs méthodes permettent d'évaluer les températures régnant dans
les milieux anciens (paléo température). La composition de la faune et
de la flore donne de bonnes indications pour les périodes récentes : des
restes d'hippopotames dans un dépôt quaternaire indiquent un climat
chaud, ceux de rennes, un climat froid. Il faut que le sédiment
contienne des restes fossiles, que les espèces identifiées soient
identiques ou voisines des espèces actuelles, et qu'elles aient des
exigences écologiques définies.
La couleur du sédiment peut apporter quelques renseignements sur les
dépôts continentaux : les dépôts sont plutôt rouges en climat tropical
(fer à l'état ferrique), ils sont plutôt gris en climat froid où les
réactions d'oxydation sont plus lentes.

Certains minéraux ne se forment que dans des conditions de


température particulière : le sulfate de calcium précipite à l'état de
gypse pour une température inférieure à 25°C, à l'état d'anhydrite pour
une température supérieure.
D'autres caractères sédimentologiques peuvent avoir une utilité :
l'accumulation de moraines, les roches striées indiquent le passage
d'un glacier, donc un climat froid ; les évaporites pour se former
demandent une forte évaporation, donc un climat chaud.

Une méthode précise mais plus délicate à mettre en œuvre est celle
des isotopes de l'oxygène. Au cours de l’évaporation d’un corps d’eau,
le départ de l'isotope léger est favorisé par rapport à l’isotope lourd.
Le rapport 18O/16O sert donc de « paléothermomètre ». On dose ainsi
les carbonates marins, en particulier ceux des coquilles mais aussi les
dépôts continentaux. On a pu mettre ainsi en évidence de grandes
fluctuations climatiques au cours des temps géologiques.
Paramètres chimiques
Ils dépendent des paramètres physiques comme la température et la
profondeur; ils conditionnent les facteurs biologiques.

Potentiel d'oxydoréduction (Eh)

Eh des milieux sédimentaires :

+ Eh > 0 : milieux oxydants en contact avec l'air : milieux aériens, milieux


aquatiques superficiels ou agités

+ Eh < 0 : milieux réducteurs, à l'abri de l'air : milieux aquatiques calmes,


eaux stratifiées, sols hydromorphes.
Le potentiel d'oxydoréduction régnant dans le milieu de dépôt agit sur
l'intensité de l'activité biologique, sur l'état d'oxydation de certains
éléments (fer, manganèse...), sur l'évolution de la matière organique.
L'Eh agit sur la nature des espèces vivantes et sur l'abondance des
individus.

En milieu réducteur, pauvre en oxygène (anoxique), la faune est rare, les


espèces sont adaptées aux conditions défavorables, les bactéries réductrices
contribuent à l'abaissement de l'Eh. Les minéraux à base de fer sont des
oxydes ferriques (Fe3+) en milieu oxydant, des oxydes, carbonates et
sulfures à fer ferreux (Fe2+) en milieu réducteur. La couleur du sédiment
varie du rouge ou jaune (oxydant) au vert-gris (réducteur). Les restes
organiques disparaissent par oxydation pour un Eh>0 ; ils sont conservés,
s'accumulent et sont réduits en hydrocarbures et carbone en Eh négatif : le
sédiment est noir.
Acidité ou basicité du milieu (pH)

Un milieu de sédimentation est généralement proche de la neutralité :


son pH est compris entre 6 et 8. Il existe des milieux particulièrement
acides comme les tourbières (pH voisin de 5) ou basiques comme les lacs
sodiques du grand Rift africain (pH > 9). Certains minéraux comme la
calcite et la silice, sont sensibles au pH qui agit sur leur solubilité.

Dans l'eau de mer :

* la calcite précipite en totalité pour pH > 8 ; elle est dissoute aux pH


inférieurs

* la silice précipite en grande partie pour pH < 7


solubilité de la silice amorphe et de la calcite dans l'eau de mer à 20°C

On voit que ces deux minéraux ne sont généralement pas


simultanément en équilibre avec leur environnement chimique dans
un même sédiment ; s'ils coexistent, l'un a toujours tendance à se
substituer à l'autre. Dans les grès à ciment calcaire, les grains de
quartz sont très souvent corrodés par le ciment calcitique
Salinité

La salinité d'un milieu marin est évaluée en g/l de sels dissous (surtout
NaCl) ou en % d'ion chlorure (chlorinité). La salinité de l'eau de mer est
d'environ 35 g/l, sa chlorinité de 19,4 pour mille. La salinité des milieux
aquatiques varie de 0 g/l à plus de 100 g/l. On parle d'eau douce, d'eau
saumâtre, d'eau de mer, d'eau sursalée (hypersaline). Les sels précipitent à
saturation. Certains caractères faciologiques permettent de connaître la
salinité d'un milieu ancien (paléosalinité).
La faune est un bon critère : des espèces vivent en eau douce, d'autres
en eau de mer ; certaines supportent des variations de salinité, d'autres
non. Les populations animales des milieux sursalés sont pauvres en
espèces mais nombreuses en individus souvent de petite taille.

La présence d'évaporites (gypse, halite...) indique une sursalure ; la


précipitation des sels de potassium est la preuve d'une évaporation
complète de la masse d'eau. Ces évaporites se trouvent en bancs continus
ou dispersées en cristaux dans le sédiment (cristaux de sel).

La teneur en bore des argiles constitue un bon indicateur de paléosalinité.


En effet, la teneur en bore de l'eau est fonction de sa salinité. Le bore se
fixe dans les feuillets argileux, surtout ceux des illites qui enregistrent donc
la salinité de leur milieu de dépôt. Des illites contenant moins de 50 ppm
de bore ont été déposées en eau douce. Des teneurs voisines de 300 ppm
indiquent un milieu salé de type marin. Des teneurs supérieures sont celles
de sédiments de milieux sursalés.
Paramètres biologiques

Les êtres vivants dépendent étroitement des autres paramètres : énergie


du milieu, température, salinité, Eh-pH, teneur en oxygène. Ils
dépendent également les uns des autres (équilibre d'une population
avec son milieu, notion de chaîne alimentaire, nourriture disponible,
surpopulation...). Ils agissent en retour sur les paramètres physico-
chimiques directement et indirectement :
• surl'énergie du milieu : par exemple, les organismes marins fixés
diminuent par leur présence l'hydrodynamisme ambiant (cas des récifs,
des herbiers) et favorisent le dépôt des sédiments ; ils créent un
micromilieu protégé (lagon d'un atoll par exemple) ;

• sur l'Eh et le pH : la surproduction de matières organiques dans un


milieu aquatique entraîne son eutrophisation ; la teneur en oxygène de
l'eau diminue (anoxie), la matière organique s'accumule au fond et subit
l'action des bactéries réductrices (production de méthane, de sulfures) ;

• sur le taux d'accumulation de sédiments en produisant des débris


organiques (déjections...) et minéraux (squelettes, coquilles, tests...) qui
constituent les bioclastes des roches calcaires (principale source des
carbonates marins).
PRINCIPAUX MILIEUX DE SEDIMENTATION
Les milieux continentaux

milieux aériens
* sols
* Pentes : éboulis, coulées de solifluxion
* vallées torrentielles : alluvions
* piedmonts
* milieux glaciaires
* dépôts éoliens

milieux aquatiques

* plaines alluviales (grandes rivières permanentes)


* lacs
* marécages
Les milieux marins

milieux littoraux (plage et plate-forme littorale)


+ sédimentation à dominance silico-clastique quand l'apport détritique est
fort

+ sédimentation à dominance carbonatée là où l'apport détritique est faible et


le climat favorable au développement des organismes constructeurs.
milieux de talus sous-marin
sédiments détritiques rythmés mis en place en bas du talus par les courants
de turbidité

bassin et fosse océanique

détritiques fins venant du talus auxquels s'ajoutent les particules fines


tombant de la surface : débris planctoniques, poussières
volcaniques...dépôt de boues pélagiques ou hémi-pélagiques. Le long des
marges actives, un prisme sédimentaire souligne la position de la
subduction.
Les milieux intermédiaires
Ils sont situés aux limites du domaine marin et du domaine continental et
présentent des caractères mixtes :

* Estuaires : influence de la mer prépondérante


* Deltas : le fleuve a une action dominante ; sédimentation abondante.
* Lagunes : très étendues si la bordure du continent est très plane.
LA SEDIMENTATION CARBONATEE

LE DOMAINE CONTINENTAL

Le domaine continental se caractérise par des dépôts souvent très localisés. Bien

que ce domaine ne présente en général que peu de sédiments carbonatés, on citera

les dépôts lacustres, fluviatiles, glaciaires (moraines,...), désertiques, karstiques, de

grottes. Il est en outre soumis à l'action des phénomènes météoriques, ce qui est à

l'origine d'importantes transformations diagénétiques


CARBONATES LACUSTRES

Les carbonates lacustres (eaux douces et salées) sont le résultat de


précipitations inorganiques ou d'accumulations algaires ou
coquillières.

Les précipitations inorganiques peuvent être liées à une soustraction de


CO2 (photosynthèse,...), à un mécanisme d'évaporation ou encore au
mélange d'eaux à pH différents (lac/rivière, par exemple). L'équation
suivante est une notation simplifiée de l'équilibre des carbonates :

CaCO3 + H2O + CO2 Ca2+ + 2 HCO3-

Le rapport Mg/Ca détermine le minéral précipité : Mg/Ca<2 précipitation


de calcite ; Mg/Ca de 2 à 7 calcite Mg ; Mg/Ca de 7 à 12 calcite Mg et
dolomite par transformation de calcite Mg ; Mg/Ca>12 aragonite.
Les carbonates algaires sont le résultat de :

• la biocorrosion d'un substrat carbonaté par des cyanophycées, des


chlorophycées, des rhodophycées, des champignons ou des lichens,
donnant naissance à des sédiments carbonatés de la taille des silts ;

• des phénomènes de piégeage de sédiments et de précipitation par des


mousses et des stromatolithes ;

• la formation d'oncoïdes (cyanophycées et algues vertes non


squelettiques) avec incorporation de coquilles et débris carbonatés ;
TUFS ET TRAVERTINS
Les tufs calcaires (ou travertins) sont des roches sédimentaires calcaires
crées en milieu continental, à aspect concrétionné et riche en alvéoles de
toutes tailles, de couleur grise à jaunâtre.

Tufs après disparition totale des végétaux

Croûte calcaire se déposant sur les mousses


Le cycle de formation des tufs...
Les eaux de pluie sont peu minéralisées et contiennent une très faible
quantité de dioxyde de carbone (CO2). En traversant le sol, ces eaux se
chargent du CO2 produit par l'activité biologique des végétaux et des
bactéries, puis pénètrent en profondeur.

Dans le milieu naturel, la minéralisation de l'eau va évoluer en


fonction de ses échanges avec la roche et l'atmosphère. Cette évolution
est régie par les équilibres calcocarboniques, résumés dans la formule
suivante à double sens :

1 Dissolution : l'eau très chargée en CO2 va ainsi pouvoir dissoudre les roches
calcaires de l'aquifère lors de son trajet souterrain. Elle emporte alors avec elle
des ions calcium Ca2+ et hydrogénocarbonates HCO3- dissous.

2 Précipitation : lorsqu'elle arrive à l'air libre, l'eau contient plus de CO2


que l'atmosphère. Elle va donc expulser son CO2 sous forme de gaz. Ce
rejet se produit jusqu'à ce que l'eau et l'atmosphère soient en équilibre.
GROTTES

Les concrétions aragonitiques de grottes peuvent être identifiées, même


après leur transformation en calcite, par leur morphologie (planchers,
stalactites, stalagmites, pisoïdes) et par l'alternance de lamines de fibres
peu allongées et de fibres très allongées, atteignant plusieurs
centimètres.
LE DOMAINE MARIN

On y distingue essentiellement un milieu de plate-forme et un milieu de


bassin séparés par un talus. La différenciation de ces termes est
morphologique, mais en gros, d'un point de vue bathymétrique, on peut
dire que la profondeur varie de 0 à environ 200 m sur la plate-forme ; le
bassin étant caractérisé par des profondeurs plus importantes.

La morphologie des plate-formes est sujette à variation, de même que la


nature et la géométrie des corps sédimentaires qui s'y déposent. Une nette
distinction sédimentologique peut être effectuée entre plate-formes
carbonatées tropicales et plate-formes carbonatées tempérées.
LA SEDIMENTATION LITTORALE
CARBONATEE

CARACTERES GENERAUX

Les sédiments littoraux des régions de basses latitudes sont à dominance


carbonatée. La raison en est le faible apport silico-clastique venant du
continent, dû aux conditions topographiques et climatiques, et surtout
l'intensité de la production de carbonates d'origine biologique.

Sous ces latitudes, les organismes marins côtiers prolifèrent et précipitent


l'ion calcium prélevé de l'eau de mer sous forme de carbonate qui s'accumule
puisque moins soluble dans les eaux chaudes. Le bilan du calcium en
solution dans l'eau de mer reste plus ou moins équilibré : les fleuves
apportent des ions calcium issus de l'altération continentale, une partie des
carbonates marins est dissoute en eau froide.
La précipitation biologique de carbonate de calcium se fait de diverses
façons :

* Des animaux fixent le calcium dans leur squelette et édifient des


constructions carbonatées (bioconstructions) : c'est le cas des coraux
(cœlentérés), des bryozoaires, de certaines éponges ;

Les polypiers : colonies de coraux constructeurs de récifs

Quelquesoit l’époque géologique, on s’aperçoit que les calcaires à polypiers


se forment dans des bassins marins peu profonds, où l’eau est claire, chaude
et agitée. Cette agitation du milieu est nécessaire pour que les colonies de
polypiers puissent se développer en milieu oxygéné. Ce sont ces conditions
qui sont réunis de nos jours dans les atolls.
Qu’est ce qu’un récif de corail ?

Les récifs coralliens sont des structures résistantes, bâties à partir des
débris des petits organismes marins. La majeure partie d’un récif
corallien est composée d’un bloc calcaire provenant du squelette et
des fragments de coquilles des animaux morts ayant vécu sur le récif.

La formation des récifs

Les organismes bâtisseurs de récifs sont les coraux durs. Les


constructeurs de récifs sécrètent un squelette sous forme d’aragonite,
minéral contenant 98%à 99% de carbonate de calcium.

Le jeune polype produit une base calcaire, sorte de calice servant de


fondation. Les coraux forment, en s’accumulant, de vastes
ensembles : les récifs.
* des animaux benthiques fabriquent des coquilles ou tests calcaires qui
sont transportés, brisés et accumulés après leur mort, par exemple :
mollusques littoraux (gastéropodes, bivalves), oursins, foraminifères
benthiques ;
* des micro-organismes et organismes planctoniques accumulent le
carbonate de calcium dans leur test ou leur coquille qui tombent sur le
fond après la mort : exemple des foraminifères planctoniques, des
coccolithophoridés (à l'origine de la craie), des ptéropodes
(gastéropodes pélagiques). Leur contribution devient prépondérante en
haute mer ;
Il existe également une précipitation purement chimique du carbonate
autour de particules en suspension, quoique l'intervention de micro-
organismes ne peut pas être exclue (formation des oolites).

Enfin, les sédiments carbonatés peuvent provenir du remaniement par


les vagues de roches calcaires préexistantes : sur les côtes atlantiques
marocaines, les conditions actuelles sont plutôt favorables à la
sédimentation silico-clastiques mais les vagues remanient des dépôts
quaternaires carbonatés et les mélangent aux éléments détritiques
siliceux : les sédiments sont de composition mixte.
Les sédiments calcaires littoraux comprennent donc des constructions
autochtones massives (récifs) ou réduites (stromatolithes), des
accumulations d'éléments brisés provenant de restes d'organismes ou
de roches calcaires érodées, des vases calcaires formées des particules
fines d'origine détritique, chimique ou biochimique, des précipitations
carbonatées localisées autour de particules quelconques (oolites).

Le carbonate de calcium est sous forme d'aragonite, de calcite, de


calcite magnésienne (contenant une quantité variable de MgCO3) et
de dolomite (Ca,Mg) CO3.
Structures des roches carbonatées

Les sédiments carbonatés contiennent des grains et de la boue carbonatée


qui sont ensuite liés par un (ou plusieurs) ciment.

Les grains

Ce sont des fragments carbonatés d'organismes (grains squelettiques ou


bioclastes) ou des grains d'autre origine (grains non squelettiques). Les
grains squelettiques sont fournis par de nombreuses espèces qui varient
selon les conditions des milieux et la période géologique.

Les grains non squelettiques comprennent les ooïdes, les péloïdes, les
agrégats et les intraclastes.
Les ooïdes sont des grains sphériques millimétriques composés d'une
ou plusieurs couches autour d'un nucleus central.
Les oolites ont des lamelles concentriques, les pisolites sont
des oolites plus grosses de taille centimétrique.

Les grains revêtus (coated grains) n'ont qu'une couche


autour du nucléus. Les ooïdes à structure radiaires
s'appellent encore sphérulites.
Les péloïdes sont des grains arrondis ou allongés, parfois anguleux,
formés de carbonate microcristallin (micrite). Beaucoup sont des
déjections d'êtres vivants, comme les gastéropodes, les crustacés : ce sont
alors des pellets. D'autres péloïdes proviennent de la transformation des
bioclastes en micrite.
Les intraclastes sont des fragments de sédiment carbonaté partiellement
lithifié. Les agrégats sont des particules agglomérées par un ciment
micritique ou organique.
Deux sections dans des coraux tabulés (formes branchues). Lumière naturelle
(petit côté des microphotos~2,5 mm et ~1 mm).
A: alvéolines. B: nummulites. Lumière naturelle (petit côté des microphotos~2,5
mm).
La boue carbonatée

Dans les roches calcaires, les grains sont souvent entourés par une
phase calcaire microcristalline, la micrite, qui correspond à une boue
déposée en même temps que les grains. Cette boue est généralement
produite par la désintégration des algues fixant le calcaire, l'érosion
des bioconstructions par les organismes perforants et l'usure
mécaniques des grains par l'agitation des algues.
La MATRICE est donc la boue microcristalline existant au moment du
dépôt qui précipite entre les grains. Cette boue microcristalline est appelée
MICRITE. Par la suite, après le dépôt et durant la diagenèse, la micrite
peut recristalliser avec augmentation de la taille des cristaux : on obtient du
MICROSPAR ou du PSEUDOSPAR.
Classification de la matrice suivant Tucker (1981)

MICRITE < 4 µm
MICROSPAR 4-10 µm
PSEUDOSPAR 10-50 µm

A: microspar (mudstone). B: micrite (également un mudstone). Lames minces, lumière naturelle


Classification des roches calcaires
Plusieurs classifications sont employées :

a) Classification de "type détritique" : elle repose sur la taille des grains :


calcirudites (> 2mm), calcarénites (entre 2 mm et 62 µm) et calcilutites
(inf. 62 µm) ;

b) Classification de Folk, reposant sur la nature des grains, de la matrice


et du ciment.

c) Classification de Dunham, répartissant les roches d'après leur texture,


c'est à dire la disposition respective de grains et la quantité de matrice
ou ciment.
Classification de Folk
Classification de Dunham
En ce qui concerne l'équilibre des carbonates, le degré de saturation de la
calcite est inversement proportionnel à la profondeur, quel que soit le
type d'océan concerné. L'augmentation de la pression et l'abaissement de
la température augmentent le taux de solubilité du CaCO3, d'où une
tendance à la décalcification générale des sédiments à partir d'une
profondeur critique appelée "lysocline" (on note une très brusque
diminution du CaCO3 vers -4000 à -5000 m).

Dans les sédiments, la lysocline peut être définie par le passage d'un
faciès à organismes carbonatés bien préservés à un faciès à organismes
partiellement dissous. Inversement, le contenu en SiO2 et phosphates
augmente progressivement avec la profondeur. Des concentrations en Fe
et Mn, sous l'influence de mécanismes bactériens, sont également
possibles.
En conséquence, les sédiments océaniques profonds ne peuvent être
constitués de boues carbonatées qu'au-dessus de la lysocline. Il s'agit
alors essentiellement de débris d'organismes planctoniques :
coccolithes, foraminifères (globigérines), etc.

Au-dessous ou à des latitudes non favorables, s'observent des boues


siliceuses à radiolaires et diatomées et des boues argileuses et
métallifères. Il semble qu'un autre facteur important de la formation
de carbonates profonds soit la précipitation de ciments (calcite Mg
et surtout calcite) dans des zones à sédimentation très ralentie.
profondeur de la CCD dans l'océan mondial et relation entre lysocline et CCD
LA SEDIMENTATION EVAPORITIQUE

GENERALITES

Les évaporites sont des sédiments résultant de l'évaporation de l'eau et de


la précipitation des sels qui y sont dissous.

Lorsque l'eau s'évapore, elle dépose ses particules détritiques et les ions
qu'elle contient précipitent sous forme de sels. Les matériaux déposés
constituent une séquence évaporitique. L'ordre de précipitation des sels
est le suivant :

CaCO3 - CaSO4 - Na Cl - MgSO4 - sels de Br et K


masse de sels précipitée dans une saumure en cours d'évaporation

Les évaporites ont une grande importance économique. En particulier, elles


forment le toit imperméable de certains des plus grands gisements
pétroliers du monde. Au point de vue sédimentologique, leur
reconnaissance est essentielle puisqu'elles sont de bons marqueurs
climatiques (climat aride, où l'évaporation excède de loin les précipitations,
c.-à-d. dans la ceinture tropicale, entre 10° et 30° de latitude).
D'autres minéraux, quoique moins fréquents, peuvent être des constituants
importants de certains dépôts salins :

minéraux des minéraux des


évaporites évaporites non
marines marines

halite NaCl halite, gypse, anhydrite

sylvite KCl epsomite MgSO4.7H2O


carnallite KMgCl3.6H2O trona Na2CO3.NaHCO3.2H2O
kainite KMgClSO4.3H2O mirabilite Na2SO4.10H2O
anhydrite CaSO4 thenardite NaSO4
gypse CaSO4.2H2O bloedite Na2SO4.MgSO4.4H2O
polyhalite K2MgCa2(SO4)4.2H2O gaylussite Na2CO3. CaCO3.5H2O
kieserite MgSO4.H2O glauberite CaSO4.Na2SO4

principaux constituants des évaporites


Pour comprendre la genèse et la constitution des dépôts évaporitiques, il est
nécessaire de revenir à la composition chimique des eaux de mer et de rivière

eau de rivière moyenne eau de mer moyenne


(% du résidu solide) (% du résidu solide)
HCO3- et
48,6 0,4
CO3=
Ca++ 12,4 1,2
H4SiO4 10,8 <0,01
SO4= 9,3 7,7
Cl- 6,5 55
Na+ 5,2 30,6
Mg++ 3,4 3,7
K+ 1,9 1,1
Fe++ et Fe+++ 0,6 <0,01
Al(OH)4- 0,2 <0,01
NO3- 0,8 <0,01
total 99,7 99,7
salinité 121 ppm 35.000 ppm
On voit rapidement que si les rivières contiennent principalement HCO3- et

CO3=, avec une proportion moindre de Ca++, H4SiO4, SO4=, Cl-, Na+,

Mg++ et K+, les océans contiennent en grande quantité de SO4=, Cl-, Na+

et K+. Ces différences reflètent en fait la manière dont les sels dissous sont

extraits de l'eau de mer et incorporés dans les sédiments.


Temps de résidence des principaux ions de l'eau de mer (temps de résidence en
années = masse totale d'un ion dans les océans / apport annuel des rivières).

temps de résidence (années) principaux types de sédiments


Cl- ¥ évaporites
Na+ 260.000.000 évaporites
Mg++ 12.000.000 évaporites, dolomite
K+ 11.000.000 argiles, évaporites
SO4= 11.000.000 évaporites
Ca++ 1.000.000 carbonates
HCO3- et CO3= 110.000 carbonates
H4SiO4 8000 cherts, dépôts siliceux
Mn++ 7000 nodules
Fe++ et Fe+++ 140 sédiments riches en Fe
Al(OH)4- 100 argiles
Le sodium et le chlore sont très abondants dans l'eau de mer car d'une
part, ils ne sont pas utilisés par les organismes et incorporés au
sédiment sous la forme de tests comme le calcium, la silice, les
carbonates et d'autre part, ils n'entrent pas dans le réseau des argiles
au cours de la diagenèse comme l'aluminium et le fer. Seule
l'évaporation de l'eau de mer, dans des circonstances forcément
exceptionnelles, permet leur extraction des océans.
On distingue 2 types d'évaporites actuelles :

* les évaporites d'eau libre, provenant de l'évaporation d'un corps d'eau ;


* les évaporites capillaires provenant de la précipitation des sels d'une
saumure interstitielle dans les pores d'un sédiment.

La formation des évaporites est favorisée par le climat aride et le


confinement du milieu. Néanmoins, des régions littorales tempérées
mais très ventées sont également le siège d'une forte évaporation.
Dans les marais salants actuels, le confinement du corps d'eau est
accompagné d'une intense activité biologique : larves d'insectes, algues,
bactéries. Des voiles algaires, constitués de cyanobactéries et de bactéries
photosynthétiques, se développent dans une saumure dont la concentration
atteint 200 g/l tandis que le sulfate de Ca précipite à l'état de gypse. La
biomasse est importante ; la production de matière organique est estimée à
10 kg/an pour 1 m2 de surface de marais salant. La matière organique est
bien conservée dans ces milieux confinés offrant des conditions d'anoxie
sur le fond.
LES MILIEUX EVAPORITIQUES ACTUELS

Domaines intracontinentaux

Lacs temporaires

C'est le cas des bassins continentaux fermés (bassins endoréiques) sous


climat aride à semi-aride. Ces lacs salés s'appellent selon les lieux sebkha
continentale, chott, playa...

Les sédiments contiennent beaucoup de matériaux détritiques et relativement


peu de carbonates de Ca et Mg. Les sels différents de ceux provenant de l'eau
de mer ; il précipite en particulier du carbonate de Na, du sulfate de Na ...
Lacs permanents sursalés

La Mer Morte en offre un bel exemple. C'est un lac alimenté par une
rivière, le Jourdain, mais soumis à une forte évaporation : la densité de
l'eau atteint 1,33, ce qui correspond à une salinité de 325 g/l, à 350 m de
profondeur. Les eaux sont stratifiées en fonction de la salinité croissante ;
les eaux profondes sursalées sont anoxiques. Depuis 1983, le sel (halite)
précipite sur le fond.
Stratification des eaux dans la Mer Morte
Les anciens dépôts de la Mer Morte, aujourd’hui à quelques centaines de mètres
au-dessous du niveau de la mer.

La Mer Morte en train de mourir


Avec une évaporation de 1500 mm par an et une utilisation de 90% du Jourdain,
le manque d’eau fait baisser le niveau de la mer.
Les 400 dernières années, le système variaient de -385 et -405 mètres, mais
depuis les années 60, la variation semble être déconnectée du cycle naturel. Le
niveau a chuté d’une vitesse d’environ 1 m par an.
Evaporites marines peu profondes

Ces évaporites comprennent les dépôts inter- et supratidaux

comparables à ceux qui se forment actuellement le long du Golfe

Persique, de certaines zones de la côte d'Afrique du Nord, etc. et les

dépôts subtidaux de plate-forme.


Sebkhas côtières
Ce sont des plaines côtières (supratidales) envahies épisodiquement par la mer et
siège d'une intense évaporation sous climat aride.

(A) la "Côte des Pirates" au sud du Golfe Persique. (B) détail : la lagune et la sebkha
d'Abu Dhabi
Outre les évaporites, les sédiments
de sebkha comportent des éléments
détritiques provenant du continent
(amenés par les vents, les cours
d'eau) et des sables et boues
provenant de la plate-forme,
transportés lors de tempêtes. Au
point de vue hydrologique, les
sebkhas sont des systèmes assez
complexes avec une recharge due
aux inondations marines
périodiques, mais aussi aux apports
souterrains à partir de la nappe
phréatique marine.
Bras de mer sursalés

Il s'agit de fonds de golfes, estuaires


ou lacs reliés à la mer libre par un
chenal étroit et soumis à une forte
évaporation. Cette disposition est
connue le long des côtes du Pérou,
dans les Emirats Arabes Unis. Le Lac
Assal (Djibouti) est un cas particulier.
Il est alimenté principalement par des
circulations d'eau de mer le long de
failles d'extension qui affectent cette
région du Rift Africain.

Le Lac Assal. L'eau de mer circule le long des


fissures depuis le golfe marin
LES GRANDES SERIES EVAPORITIQUES

A certaines périodes se sont déposées des séries évaporitiques énormes


par leur puissance et leur étendue.

Le Zechstein d'Europe du nord

Le Permien d'Allemagne et la Mer du Nord est sous forme d'un faciès


évaporitique renfermant surtout de la halite et appelé Zeichstein. Ce
faciès a une puissance supérieure à 2000 m et couvre une superficie de
près de 1 million de Km2. La quantité de sel contenue équivaut à 10 % du
sel dissous dans l'eau des océans actuels. Sous l'effet de la charge des
sédiments sus-jacents et de la fracturation, le sel du Zeichstein remonte en
diapir et contribue à former des structures favorables à l'accumulation
d'hydrocarbures. La base de la série est constituée de black shales
minéralisées en cuivre, les Kupferschiefer.
Le Keuper d'Europe et d'Afrique du Nord

Au Trias moyen et supérieur, des couches rouges argileuses riches en


gypse et sel se sont déposées dans d'immenses lagunes annonçant la
transgression du Jurassique. Les évaporites triasiques forment
également des diapirs reconnus notamment dans la région sous-
pyrénéenne et dans la marge passive atlantique au large du Maroc. Les
argiles du Keuper servent de niveau de décollement pour la couverture
dans les Alpes, le Jura et le Rif. Des minéralisations en Pb et Zn leur
sont localement associées (Cévennes).
Les évaporites du Messinien

Le fond de la Méditerranée et ses pourtours sont recouverts d'une épaisse


série évaporitique d'âge miocène supérieur (Messinien). Ces évaporites ont
suscité de nombreuses controverses. On a supposé qu'à cette époque l'eau
de la mer s'était complètement évaporée et qu'une immense dépression
couverte de sel gisait à une altitude inférieure au niveau moyen des mers,
de l'Atlantique en particulier.
Répartition des évaporites
du Messinien
L'HYPOTHESE DES EVAPORITES D'EAU PROFONDES

Il est difficile d'expliquer la genèse des grandes séries évaporitiques


anciennes à partir des modèles actuels. Les milieux évaporitiques de nos
jours sont d'extension réduite et la puissance des sels accumulés ne
dépasse guère la dizaine de mètres. Des auteurs ont supposé que des sels
pouvaient précipiter au fond de corps d'eau soumis à forte évaporation
mais en communication restreinte avec la mer libre et donc constamment
réalimentés. Une forte épaisseur d'évaporites pourrait précipiter sans
pour cela faire intervenir la subsidence.
On ne connait pas de modèle actuel. Néanmoins, on observe dans les
marais salants que les cristaux de sels se forment près de la surface de
l'eau puis tombent au fond. D'autre part, la stratification des eaux peut
entraîner une sursalure dans les couches profondes (comme dans la
Mer Morte). Enfin, la teneur en brome de certaines évaporites
triasiques est celle rencontrée en profondeur et non en surface.
Formation d'évaporites d'eau profonde ; l'eau se stratifie, sur le fond
s'accumulent des sédiments anoxiques qui donneront plus tard des
black shales ; la couche superficielle de l'eau s'évapore et se concentre
malgré l'apport latéral d'eau, les cristaux de gypse et de sel se forment
et tombent au fond
Les séries évaporitiques sont fréquemment caractérisées par l’existence de
cycles sédimentaires répétés, d’ordre métrique, qui traduisent notamment la
succession d’épisodes secs et plus humides :

+ alternances de gypse, marnes et sables qui reflètent la succession d’épisodes


chimiques et détritiques ;

+ alternances dolomites, anhydrite et argile, ou argile, dolomite, anhydrite et


halite, qui sont attribuables à des variations climatiques saisonnières ; d’autre
part des alternances halite, sylvite et carnallite déterminées par une évaporation
croissante périodiquement interrompues.
LES ROCHES SILICEUSES NON DETRITIQUES

Les américains utilisent le mot "chert" comme terme générique pour


qualifier l'ensemble des roches siliceuses massives à cassure
conchoïdale, constituées de calcédoine fibreuse, d'opale amorphe ou
de quartz microcristallin.

En Europe, ce terme s'applique aux concrétions, nodules et lits


siliceux intercalés dans les calcaires ante-Crétacé. En Belgique, on
l'utilise uniquement pour les accidents siliceux des roches
paléozoïques.

Le mot "silex" est réservé aux accidents siliceux de la craie


mésozoïque. "Porcelanite" se rapporte à des roches siliceuses à grain
fin, de texture comparable à celle de la porcelaine non vernie.

On pourrait utiliser comme terme général englobant toutes les roches siliceuses
le mot "silicite"
Les silicites (ou cherts au sens large) sont généralement subdivisées en deux
grandes catégories:

les silicites nodulaires et les silicites litées. Ces dernières sont généralement considérées
comme primaires et seraient les équivalents des boues océaniques actuelles à diatomées
et radiolaires.

Les silicites nodulaires, fréquentes dans les calcaires et, dans une moindre mesure,
les shales et les évaporites, seraient elles d'origine diagénétique. Les sédiments
siliceux s'observent en milieu marin aussi bien que lacustre.
GEOCHIMIE

La solubilité des différentes formes de silice est variable. La silice


biogénique est très peu stable et possède une solubilité de 50 à 80 ppm à
0°C, atteignant 100 à 140 ppm à 25°C. La forme la plus stable, le
quartz, est aussi la moins soluble des formes de silice : 6 à 14 ppm. Les
calcédoines sont intermédiaires entre la silice biogénique et le quartz,
mais plus proches du quartz. L'opale a une solubilité variable,
supérieure aux calcédoines et inférieure à la silice biogénique dès qu'une
organisation cristalline apparaît.
L'eau de mer est très nettement sous-saturée par rapport à la silice
(environ 1 ppm). La silice amenée par les eaux fluviales (altération
continentale des feldspaths), fournie par l'altération sous-marine des
basaltes et injectée directement par l'hydrothermalisme est
immédiatement utilisée par les organismes. Ceci se marque
notamment dans la variation de la concentration de la silice dans
l'océan en fonction de la profondeur : moins de 1 ppm dans la zone
photique, jusqu'à 11 ppm au-delà de 2 km de profondeur.
La silice demeure sous forme dissoute sous des conditions normales
de température et de composition chimique, tant que sa teneur dans
les eaux n’atteint pas 120 ppm. Il en résulte que la précipitation
chimique directe de la silice n’intervient qu’exceptionnellement dans
les milieux naturels superficiels. L’essentiel de la silice dissoute est
fixé par les organismes à test siliceux, qui constituent une étape
obligatoire dans la genèse des roches siliceuses.

Des sédiments siliceux d’origine strictement chimique s’observent


dans certains lacs des régions chaudes où le ph des eaux dépasse 9
par suite d’une photosynthèse phytoplanctonique très élevée ; le
quartz et certaines argiles sont partiellement dissous, la silice ainsi
libérée dans les eaux atteint des teneurs élevées et peut précipiter en
un gel de cristobalite (Ex. Lacs temporaires d’Australie). De même
l’évaporation dans les lacs est-africains sous climat aride conduit à
des eaux très alcalines et riches en silice (jusqu’à 2500 ppm) où
précipite un silicate de sodium hydraté (la magadéïte).
Les organismes responsables de l’extraction de la silice dissoute dans les conditions
naturelles comprennent principalement les Diatomées et les Radiolaires.

Diatomées : algues unicellulaires surtout marines et planctoniques (Jurassique – Actuel)


Radiolaires : protozoaires exclusivement planctoniques et marins (Paléozoïque – Actuel)
C’est parce que ces organismes se développent surtout dans le plancton superficiel que la
teneur en silice dissoute est particulièrement basse dans les eaux marines de surface.
Dissolution de la silice dans les eaux superficielles

La silice fixée par les organismes est généralement peu stable. La sous-saturation des
eaux superficielles entraîne, après la mort, une dissolution intense des tests, ce qui
libère de l’acide « silicique » dans les eaux :

SiO2 + H20 H4SiO4

La plus grande partie de la silice biogène est donc rapidement dissoute dans
les eaux superficielles, où elle peut nourrir de nouvelles croissances de
Diatomées et de Radiolaires.
Comme les eaux profondes sont moins sous-saturées en silice dissoute
que les eaux de superficielles (moins d’organismes extracteurs de silice),
et que la solubilité de la silice décroit lorsque la température diminue et
que la profondeur augmente, la condition nécessaire à la fossilisation des
tests siliceux réside dans leur transit jusqu’à des profondeurs d’eau au
moins supérieures à 1000 m.

Radiolaire
0
Zone de dissolution intense
1
3
4
Peu de dissolution en transit
5
6

Dissolution croissante
Cette condition est réalisée lorsque la productivité de tests siliceux
excède la dissolution dans les couches d’eau superficielles. Les tests
siliceux parvenus à grande profondeur sont relativement bien conservés
(absence de lysocline ou de niveau de compensation de la silice). Ainsi,
les dépôts siliceux sont d’autant plus favorisés que la productivité est
élevée et la profondeur d’eau importante ; c’est-à-dire dans les zones à
upwelling où les apports en nitrates, phosphates, silice (éléments
biolimitants) permet de stimuler l’activité biologique ; dans les zones
profondes, loin des côtes où la productivité calcaire l’emporte.
Classification
Les roches siliceuses biochimiques sont issues de l’activité des organismes à test siliceux.
Elles sont formées en grande partie par l’accumulation primaire de microorganismes à test
siliceux comme les radiolaires, les diatomées, les éponges siliceuses.

Les Diatomites

Ce sont des roches blanches, grises, verdâtres ou jaunâtres, légères (d = 1), à


porosité très élevée, tendre (les seules roches rayables à l’ongle), au toucher
rugueux désagréable. Elles sont formées essentiellement par l’accumulation de
tests (frustules de Diatomées (algues unicellulaires siliceuses).

Les Diatomées vivent aussi bien dans les eaux douces que salées ; il existe à
la fois des Diatomites lacustres et marines. Actuellement des boues à
diatomées se déposent dans toutes les mers, mais particulièrement dans les
mers froides et au fond des grands fonds océaniques.
Diatomite
Les Radiolarites

Ce sont des roches dans lesquelles la silice a été rapportée par les
tests de Radiolaires. On retrouve la trace de ces organismes en lame
mince, parfois bien conservés noyés dans un ciment de calcédoine ou
de quartz microcristallin. Ce sont des roches compactes à cassure
conchoïdale ; il en existe 3 types :
Jaspes : sont rouges, sombres et à éclat cireux ; la couleur rouge est due à
des oxydes de fer. Les Radiolaires sont bien conservés dans ce type de ce
roche. Le terme Jaspilite désigne des roches présentant des lits alternés de
jaspe et d’hématite (appelées aussi BIQ ou BIF caractérisant le
Précambrien), constituant les gisements de fer du lac supérieur au Canada
et en Mauritanie (atmosphère appauvrie en oxygène)

Lydiennes : ce sont des radiolarites entièrement noires ; leur matrice


quartzeuse microcristalline est obscurcie par un pigment graphiteux. Les
vestiges de radiolaires sont difficiles à identifier.

Phtanites : ce sont des radiolarites fortement recristallisées en quartz,


souvent colorées en vert pâle par de la chlorite.
Jaspe poli
Jaspilites
Jaspilites
Lydienne
LA MATIERE ORGANIQUE
La matière organique est un constituant fréquent des sédiments ; elle
est le plus souvent présente en faible quantité : moins de 0,25 % de
carbone organique en moyenne dans des dépôts du Pacifique ; de 0,25
à 0,5 % dans les divers bassins atlantiques ; de 0,5 à 1 % en
Méditerranée.

Pour s’accumuler en abondance et conduire à de véritables sédiments


organiques, il faut :

1) une productivité organique élevée (plancton et apports terrigènes)

2) une bonne conservation de la matière organique, ou encore une


soustraction rapide à l’oxydation grâce à l’enfouissement (vitesse
élevée du dépôt)
Dans les séries anciennes, des roches organiques s’observent à
diverses époques :

+ Shales paléozoïques à graptolites ou goniatites d’Europe occidentale +


Maroc et Mauritanie ;

+ le Houiller ;
+ les schistes bitumineux (Permien) d’Amérique du nord ;

+ les black shales crétacés du domaine atlantique… etc.

Des éléments chimiques sont parfois piégés par la matière organique :


Cu et Zn dans les « Kupferschiefer » du Permien, affleurant de la
Pologne à l’Angleterre.
La conservation de la matière organique dans les mers et les grands
lacs est due à l’appauvrissement des masses d’eau en oxygène. Elle
correspond à deux situations principales :

1) Stratification des eaux :


Dans les bassins isolés ou de communication difficile avec la mer ouverte, les
échanges entre masses d’eau de différentes profondeur s’effectuent mal. Il en
résulte une stratification des couches d’eau et une relative stagnation. Ainsi,
les eaux et sédiments superficiels, oxygénés passent rapidement en
profondeur à des milieux anaérobies riches en H2S, où s’accumule la matière
organique.

Exemple : Mer noire


2) Couche à minimum d’oxygène

Dans certains bassins où l’activité planctonique élevée détermine une forte


consommation d’oxygène, le renouvellement n’est normalement assuré que
dans les couches superficielles, brassées par le vent et les courants.

En dessous s’instaure une couche d’eau mal renouvelée, et donc déficitaire


en oxygène, au contact de laquelle les sédiments sont réduits. Plus
profondément encore, l’interface eau-sédiment redevient oxydante car
l’activité planctonique est insuffisante pour que la consommation d’oxygène
excède le renouvellement.

Il résulte que des dépôts d’eau profonde peuvent être plus oxydés que les
dépôts d’eau intermédiaire, et que les sédiments réducteurs peuvent se
développer dans la zone de la couche à minimum d’oxygène (Exemple :
Océan Indien Nord).
Les phosphates sédimentaires
Abondance du phosphore dans le monde vivant

Le phosphore est un constituant essentiel de toutes les cellules


vivantes dans lesquelles il se présente sous forme minérale ou
organique.

Dans les tissus osseux, le phosphore est présent sous forme minérale :
phosphate calcique et pour 2 à 2,5 % de phosphate magnésien.
% Pondéral OS Email d’une dent

P2O5 28.58 39.00


CaO 37.56 50.93
MgO 0.72 0.35
Na2O 0.99 0.94
K2O 0.07 0.037
SiO2 0.04 0.01
CO2 3.48 2.08
F 0.07
Cl 0.08 0.32
Perte à 68°C 2.12
Perte à 500°C 2.80

Analyse partielle d’un os de bovin dégraissé et de l’émail d’une dent humaine


On le trouve aussi dans les tissus avec une teneur comprise entre
quelques mg et plus d’un gramme de phosphate par kilogramme.

Parmi les nombreuses formes organiques du phosphore présentes dans


les cellules, il faut citer en premier lieu les acides nucléiques (unités
élémentaires de la vie qui s’assemblent pour former les gènes et les
chromosomes).
N’ayant pas de besoins comparables pour leur squelette, les plantes
sont moins riches en phosphore ; elles en contiennent toutefois des
quantités notables, jusqu’à 2% P2O5 de leur poids sec.

Les végétaux marins ont des teneurs en P2O5 comparables ou


supérieures dans le cas du phytoplancton. Les teneurs obtenues
pour les cyanophycées varient ainsi de 0,5 à 1,12 % de la matière
sèche, atteignant même 3,7 %.

Des teneurs de 0,7 à 3 % ont été obtenues pour les diatomées et les
dinoflagellés. Les bactéries ont une teneur moyenne sur matière
sèche voisine de 7 %.
Le phosphore dans l’écorce terrestre

La teneur moyenne de l’écorce terrestre est estimée à 0,23 % P2O5. Elle


est fortement influencée par celle des roches magmatiques les plus
abondantes, dont la teneur moyenne varie de 0,16 à 0,42 %.

Pour les roches sédimentaires diverses sources donnent les teneurs


moyennes suivantes en P2O5 :

Grès : 0,08 à 0 ,16 %


Shales : 0,11 à 0,17 %
Roches carbonatées : 0,03 à 0,07 %
Dépôts des grands fonds :
Carbonatés : 0,08 à 0,18 %
Argileux : 0,14 à 0,33 %
Siliceux : 0,13 à 0,27 %

Parmi ces teneurs moyennes, les gisements sont des exceptions marquées
car ils présentent des teneurs souvent comprises entre 100 et 150 fois la
teneur moyenne de l’écorce terrestre.
Trois types de gisement sont exploités actuellement :
Les gisements sédimentaires sont les plus importants en nombre et volume.
Les teneurs en place sont souvent supérieures à 20 et même 30 % P2O5.
Les teneurs des gisements sédimentaires montrent ainsi des facteurs de
concentration dépassant souvent 200 à 300 fois les teneurs moyennes des
grès et des roches carbonatées.
Les gisements d’origine magmatique sont associés à des complexes
intrusifs alcalins dans lesquels les roches les plus fréquentes sont les
syénites néphéliniques, les carbonatites, les ijolites et les pyroxénites.

Ces gisements sont moins nombreux et souvent moins riches et moins gros
que les gisements sédimentaires. Certains sont toutefois très importants
comme celui de Khibiny (Russie), lié à un complexe annulaire à syénite
néphéliniques, qui contient 1600 millions de tonnes de minerai à teneur
moyenne de 18 % P2O5. Le gisement de Palabora en Afrique du sud, à teneur
moyenne plus faible, montre des réserves non moins importantes d’apatite
associée à une intrusion de carbonatite dans une pyroxénite.
Les guanos présentent des réserves plus faibles, mais loin d’être
négligeables. Les gisements les plus importants sont dus à des oiseaux de
mer dont les déjections qui contiennent environ 4 % P2O5 réagissent
avec la roche qui leur sert de support. Lorsque cette roche est calcaire, le
phosphate de calcium qui se forme, comparable aux phosphates
sédimentaires, peut être suffisamment riche et abondant pour donner des
gisements exploitables : l’île Nauru de l’océan Pacifique avec 90
millions de réserves de minerai à 39 %, l’île Christmas, dans l’océan
Indien avec 200 millions de tonnes à 23 – 27 % P2O5.

Par un mécanisme semblable, les déjections de chauve-souris peuvent aussi


être la source d’accumulations de phosphates à fortes teneurs dans les
grottes. Les réserves de minerai ainsi formées sont toutefois beaucoup
moins élevées (quelques dizaines de milliers de tonnes de minerai à teneurs
comprises entre 15 et 40 % P2O5.
Pétrographie des phosphates sédimentaires

Les phosphates sédimentaires présentent des aspects très variés qui les
rendent souvent difficiles à reconnaitre macroscopiquement. Ils peuvent
être formés de grains de différentes tailles, de nodules, de coprolithes, de
débris d’os, de dents ou de fossiles divers plus ou moins complètement
épigénisés en phosphate, etc.
Nomenclature

On appelle phosphorites, une roche sédimentaire composée en majorité


de minéraux phosphatés.

Dans ces conditions, on ne peut utiliser le terme phosphorite que pour


les roches à teneur en P2O5 supérieure ou égale à 18 %. Si la teneur est
inférieure à 18 %, la nomenclature pétrographique à utiliser en premier
lieu est celle qui concerne la fraction non phosphatée( par exemple :
grès phosphaté, argile phosphatée ou encore calcaire phosphaté, etc.).

Dans une phosphorite, la phase non phosphatée est appelée


traditionnellement endogangue lorsqu’elle est située à l’intérieur des
grains, nodules ou autres éléments figurés phosphatés, et exogangue
lorsqu’elle est située à l’extérieur.
Dans la très grande majorité des cas, le phosphate se présente dans les
gisements sous forme d’éléments figurés de la taille des arénites. La
plupart des minerais sont donc des roches à éléments phosphatés de la
taille des arénites. Ces grains sont généralement arrondis ; ils montrent
une grande variété de présentation par les différences de texture de leur
fraction phosphatée et de la nature de leur endogangue.
Minéralogie des phosphates sédimentaires

Les phosphates naturels comprennent plus de 200 espèces minéralogiques.


Mais les plus abondamment répandus appartiennent à la famille de l’apatite.

Dans les roches magmatiques, l’apatite la plus fréquente est la fluorapatite


de formule Ca10 (PO4)6 F2 dans laquelle le fluor peut être remplacée
partiellement par OH ou par Cl qui peut éventuellement dominer pour
former la chlorapatite.

Les phosphates des dépôts sédimentaires sont cryptocristallins. Les


minéraux phosphatés correspondants sont également voisins de la
fluorapatite mais ils diffèrent dans la plupart des cas par tout un ensemble
de substitutions isomorphiques partielles.
Substitutions principales des apatites

La substitution la plus marquée dans les apatites sédimentaires est celle


de PO4 par CO3. L’introduction d’ions de fluor supplémentaires contribue
à préserver la neutralité électrique du cristal. Le minéral le plus fréquent
est ainsi la carbonate-fluorapatite, ou francolite, dont la formule
structurale simplifiée est :

Ca10 [(PO4)6-x (CO3) x] F2+ε

Une autre substitution fréquente dans les apatites sédimentaires est celle
de Ca2+ par Na+ et Mg2+. Le remplacement partiel de F par OH est
assez fréquent aussi dans les apatites sédimentaires. Son importance est
variable ; lorsque la teneur en F est < 1 %, l’apatite est appelée Dahllite,
ou carbonate hydroxylapatite dont la formule structurale peut s’écrire :

Ca10 [(PO4)6-x (CO3, OH) x] ( F , OH )2

Elle constitue la fraction minérale des os et des dents


Autres substitutions possibles

Le réseau des apatites sédimentaires permet encore de nombreuses autres


substitutions, généralement plus discrètes que les précédentes. Ainsi :

Ca peut être remplacé par Na, Ma, Sr, K, U, Th, Terres rares, etc.

PO4 par CO3, SO4, SiO4, VO4, etc.

F par Cl, OH
Un des caractères essentiels des gisements de phosphates est qu’ils ne
sont pas répartis au hasard, aussi bien dans l’espace que dans le temps.

Mio-Pliocène Pérou, Chili, Namibie (phosphates actuels)

Eocène
Méditerrannée - Atlantique
Crétacé. Sup

Permien Phosphoria formation (Rocheuses)

Cambrien Russie, Mongolie, Chine du S, Vietnam, Australie

Pré.Cambrien Inde, chine du N, Haute volta, Nigéria

10 11 tonnes P205

Les phosphates apparaissent, en grandes quantités, à certaines époques et à


chacune de ces époques dans les mêmes zones géographiques, où ce sont
réunies des conditions favorables (paléogéographiques, géochimiques, etc.).
Phosphates en Afrique mésogéenne

Ils s’étalent du Turonien au Lutétien : Apparaissent d’abord en Turquie


au Turonien et plus tardivement au Togo-Bénin au Lutétien.

Au Maroc, les premiers niveaux de phosphates sont apparus au Maastrichtien,


alors qu’ils sont apparus un peu plus tôt en Tunisie et au Moyen Orient et plus
tard au Sénégal.

Tous ces gisements présentent des caractères semblables :


paléogéographiques, géochimiques, minéralogiques, pétrographiques, etc.
Un des caractères essentiels de ces gisements, c’est qu’ils se soient formés
dans des golfes marins peu profonds, s’avançant loin dans les continents ;
il s’agit en fait de continents plats

Les séries phosphatées sont condensées (réduites du point de vue épaisseur).


La série phosphatée marocaine a une épaisseur moyenne de 40 m ; et elle s’est
déposée sur une période de plus de 25 millions d’années.

Du point de vue lithologique, les séries phosphatées sont des séries alternées
dans lesquelles se succèdent des phosphorites, des carbonates (calcaires et
surtout dolomies, des cherts (roches siliceuses diverses).

Il n’ ya pratiquement pas de roches détritiques. Ceci est en


accord avec l’absence de reliefs (continent plat). Ce qui témoigne aussi
de l’aridité de l’arrière pays (pas de ruissellement et donc pas d’apports
détritiques.
Tous ces gisements sont formés du même minéral : Carbonate fluorapatite.
Le minéral le plus commun contient 4 % de fluor, de 4 à 6 % de CO2.

Les phosphates sont généralement des roches noires (sombres) à cause de la


présence de la matière organique. A l’affleurement, la matière organique est
détruite et les roches deviennent claires. Les teneurs en carbone organique
varient de 2 - 3 % à parfois environ 10 % .

On note aussi la présence de microorganismes dans un très bon état de


conservation. Il s’agit essentiellement de kystes de dinoflagellés. D’autres
organismes tels que les diatomées sont présents mais en mauvais état de
conservation. On note aussi la présence de de traces d’organismes de faible
profondeur : poissons, tortues, crocodiles, etc.
En étudiant la matière organique des phosphates, on a constaté qu’elle a un
potentiel pétroligène très élevé (rapports C/H élevé et O/C faible). Elle a les
mêmes caractéristiques que celles des roches mères pétrolières. Mais cette
matière organique est encore immature ; elle n’a pas connu de diagenèse
d’enfouissement.

Ceci témoigne d’une relation certaine entre la matière organique et les


phosphates d’un côté, et sur l’origine diagénétique précoce du phosphate
de l’autre.
Du point de vue géochimique, on trouve toujours l’association entre les
éléments V, Ni, Cr et Zn dans tous les gisements de phosphate ; même
dans les gisements altérés où toute la matière organique est détruite.

Ces 4 éléments sont constants et communs dans la matière organique


sédimentaire (éléments organophiles). Cette association témoigne donc
du rôle joué par la matière organique dans ce type de dépôt.
Elaboration d’un modèle génétique permettant
d’expliquer les phénomènes observés

Les gisements de phosphate sont généralement des gisements de marge


continentale stable, se formant dans des golfes marins peu profonds. Le
climat est semi-aride. L’arrière pays est plat et il n’ya pratiquement pas de
ruissellement.

Les reconstitutions paléogéographiques des gisements de phosphate de


différentes époques géologiques ont montré que ces gisements se sont
formés à des latitudes faibles ( < 40° ).

Sous ces latitudes, les upwelling sont actifs et permettent le développement


d’une intense activité biologique grâce à l’apport du phosphore apporté des
profondeurs océaniques. L’existence de ces upwelling expliquerait aussi
l’aridité de l’arrière pays.
L’intense activité biologique permet le dépôt de niveaux riches en matière
organique où le phosphore est piégé. Lorsque la matière organique est
détruite, le phosphore est remis en solution.

Dans la genèse des phosphorites, plusieurs choses à considérer :

1- Apport et piégeage du phosphore

Dans les eaux naturelles, les teneurs en phosphore sont faibles, au


même titre que la silice, puisque ces éléments sont des biolimitants.
Ainsi, on ne peut pas précipiter l’apatite par voie purement chimique.
Le meilleur moyen qu’on connaît pour piéger le phosphore, est
l’activité biologique. Il faut donc une intense activité biologique
pour piéger les énormes quantités de phosphore nécessaires à la
formation des gisements, d’où la nécessité de l’apport du phosphore
apporté des profondeurs océaniques par les courants ascendants.

Ainsi, d’énormes quantités de phosphore se trouvent piégées dans les


dépôts riches en matière organique formés dans ces zones.

2- Genèse de l’apatite

Elle ne peut se faire que par destruction de la matière organique qui


provoque la libération du phosphore, qui va s’associer au calcium pour
former l’apatite.
C’est donc au cours de la diagenèse précoce (synsédimentaire), dans le
dépôt organique où les eaux interstitielles sont riches en phosphore, que
l’apatite prend naissance.

3- Genèse du gisement

Il s’agit de concentrer l’apatite formée dans la vase riche en matière


organique, au sein de niveaux riches en phosphate.

Cette concentration, généralement mécanique, se fait par tout un système


de vannage qui va entrainer un tri minéralogique qui va dans des cas
provoquer un classement granulométrique. Ceci va donc conduire à une
zone de concentration de phosphate.

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