Hendrickx Autruches
Hendrickx Autruches
Stan Hendrickx1
Summary
1
Les opinions présentées ici n’engagent que leur auteur. Je tiens à
remercier Gwenola Graff, Patrick F. Houlihan, Dirk Huyge, Luc
Limme, Angela Mc Donald et Wim Van Neer pour les
informations qu’ils m’ont fournies sur des sujets très divers. Alain
Anselin a bien voulu se charger de la correction du texte français.
21
Introduction
2
Baumgartel n’y a pas accordé beaucoup d’attention puisqu’elle
cherchait des éléments pour prouver l’influence mésopotamienne sur
l’Egypte, contexte dans lequel ni le flamant ni l’autruche se laissent
intégrer.
22
l’art pré- et protodynastique, note à propos d’un fragment
de palette décorée, que l'oiseau représenté est un “flamant
qui semble mal dessiné”(Asselberghs 1961: 213), alors qu'il
s’agit de toute évidence d’un oiseau différent, probablement
un jabiru du Sénégal. 3 Avant les années ’70, ce n’est que
occasionellement que les oiseaux sur les vases Decorated
ont été identifies comme des autruches (Lythgoe &
Dunham 1965: pass.)
Plus récemment, deux des plus importants spécialistes du
monde animal de l’Egypte, Houlihan (1986: 35-36) et
Boessneck (1988: 27-28) y ont aussi vu des flamants.
Boessneck (1987: 27) mentionne qu’on trouve également
des autruches à côté des flamants sur la céramique
Decorated, mais ne donne pas d'exemples et n’explique pas
non plus en quoi les représentations d’autruches seraient
différentes de flamants. Tojours récemment, certains
identifiaient l’oiseau comme autruche (Fattovich 1978;
Monnet Saleh 1983: 272; Needler 1984: 203; Behrens
1986a: col. 73; Adams 1988: 48; Hendrickx 1994: 29;
Friedman 1999: 635). D’autres continuaient d'y voir un
flamant (Brunner-Traut 1975: 53; George 1975: pass.;
Bourriau 1981: 26; Naguib 1987: 51; Midant-Reynes 1992:
180; Payne 1993: 101; Regner 1998: pass.), 4 en général sans
argumentation aprofondie. Pour toutes ces raisons, il
semble utile de revoir la question en réexaminant
méthodiquement et de manière exhaustive les données.
Remarquons d’abord qu’il est possible que ce type
d’oiseaux soit déjà attesté dès avant la période Naqada IIC.
Sur la céramique White Cross-lined, caractéristique du
Naqada IA-IIA, on trouve très exceptionellement aussi des
3
L’oiseau a aussi été identifié comme un autruche (Westendorf 1969:
68), ce qui ne semble pourtant pas être le cas à cause du bec assez
long.
4
Les références mentionnées n’ont pas la prétention d’être
exhaustives.
23
oiseaux. Malheureusement ils sont dessinés de façon très
schématique et donc difficile à identifier. Trois oiseaux sur
une coupe provenant d’Abydos ou de Gebelein,5
resemblent fortement aux oiseaux des vases Decorated. La
petite taille et le manque de détails, aussi bien que les
petites différences entre les oiseaux eux-mêmes, empêchent
de pencher pour l’autruche, le flamant ou un autre échassier.
Enfin, à ma connaissance, le seul autre exemple d’un oiseau
sur la vaisselle White Cross-lined figure sur l’extérieur
d’une coupe trouvée à Naqada et doit probablement être
identifié comme un héron en raison de la forme
caractéristique de la nuque.6
5
Le Caire, CG 2076 (Behrmann 1989: Dok. 25c, Hendrickx 1998: 211-
212).
6
Naqada 1828, Oxford, Ashmolean Museum 1895.488 (Payne 1993: n°
400).
7
D’après des renseignements fournis par Dirk Huyge, ce dessin se
trouve à environ 3 km au sud du village d’el-Hosh (Winkler 1938, site
35); les critères de style datent le dessin probablement de l’Ancien
Empire. Dans l’opinion de Huyge, les dessins des animaux, parmi
lesquels entre autres un éléphant et un rhinoceros, au dessus de
24
certitude sur un nombre d'objets prédynastiques, dont les
palettes décorées. Ce sont elles qui fournissent les
représentations les plus détaillées. Sur la Palette de la
Chasse,8 l’autruche figure dans une scène de chasse, ce qui
est eventuellement aussi le cas pour la palette de
Manchester.9 Sur la palette d’Hierakonpolis,10 on retrouve
l’autruche sur l’avers, en haut, entre les deux têtes de
serpopards,11 tandis que sur un fragment au British
Museum, on peut reconnaitre deux autruches partiellement
préservées, dont le contexte ne se laisse pas déterminer. 12 Il
est fort probable qu'on puisse aussi identifier des autruches
parmi les nombreuses palettes et amulettes en forme
d’oiseau. Mais à cause de leur exécution très schématisée, il
demeurera toujours des doutes, particulièrement pour les
palettes. Pourtant, on évoquer plusieurs exemples où
l’identification comme autruche de l'oiseau qui y est figuré
est difficile à contester.13 Par contre, des représentations de
(Abadiya B 102); pour les palettes, cf. Petrie 1921: LIII, 23 k; Lunsing
Scheurleer 1984: 105-106, n° 226.
14
Cf. Cialowicz 1992. On pourrait éventuellement reconnaître une
autruche sur un petit fragment d’une plaquette décorée en os provenant
d’Hiérakonpolis (Adams 1974: 62, pl. 39, n° 329, identifié comme
canard).
15
Un bel exemple est formé par la rangée d’oiseaux sur un vase en
calcite de provenance inconnue à Münich (ÄS 7162, Donadoni Roveri
& Tiradritti 1998: 214-215).
26
Pour la période pharaonique, l’autruche est regulièrement
attesté comme élément de décoration sur des objets diverses
(Houlihan 1986: 3-5; Behrens 1986a). Malgré le caractère
réaliste de certaines représentations, l’attention, a, à juste
titre, été attirée par le fait que le contexte dans lequel elles
figurent ne l’est pas (Houlihan 1986: 4).
16
Cervicek (1974: 189) mentionne la présence du flamant en Haute
Egypte au début du 19ième siècle, en citant von Minutoli (1824: 306)
qui pourtant dans cette section de son récit discute son retour du Caire à
Alexandrie. Il s’agit donc clairement de la Basse Egypte.
17
Des restes fossiles de flamant, dont l’identification ne semble pas
complètement assertée, provenant de la plain de Kom Ombo et datant
du Pleistocène tardif (Churcher 1972: 31) sortent hors du cadre de la
présente discussion.
27
très rares et leur identification est souvent discutable.18 Les
tombes thébaines,19 du Nouvel Empire offrent quelques
exemples de figuration réaliste, mais la situation est
différente pour l’Ancien Empire. Toute l'iconographie du
flamant pour cette période montre des particularités
indiquant que les artistes n’avaient pas l’habitude de
représenter cet oiseau. Même l’exemple le plus réaliste, un
hiéroglyphe dessiné en détail dans le mastaba de Rahotep à
Meidum (fig. 3a), 20 a un bec de forme atypique. L’ artiste a
marié dans les autres représentations les traits du flamant
avec des caractéristiques de l’ibis (fig. 3b, Houlihan 1986:
36).21 Cette même confusion s’observe déjà pour les
premières dynasties sur des empreintes de sceaux (fig. 4). 22
Il est évident que le flamant n’était pas un oiseau que les
artistes voyaient régulièrement,ce qui s’explique facilement
par le fait que sa présence était limitée au nord du Delta.
Le hiéroglyphe du mastaba de Rahotep est à l’origine de
l’identification par Gardiner du signe G 27 comme un
flamant (Gardiner 1963: 470). En cela, il suivait Griffith
(1898: 22, fig. 79) qui suppose l’existence du mot dšr,
“flamant” à partir de l’existance du hiéroglyphe
18
Des trois exemples présentés par Houlihan (1986: 35-36), Boessneck
(1988: 174, n.10) en renonce deux.
19
Comme le Nouvel Empire dépasse le cadre chronologique de cet
article, seuls les exemples mentionnés par Houlihan (1986: n.201) ont
été vérifiés. Il s’agit de flamants représentés dans les tombes de
Nebamun (n° 179) et Minnakht (n° 87).
20
4ème dynastie, Petrie 1892: frontisp. n° 6, pl. XI; Houlihan 1986: 35,
fig. 47.
21
A part l’exemple du mastaba de Mererouka mentionné par Houlihan
(1986: 35, fig. 49), il y a aussi les mastabas de Ti (Wild 1953: pl.
CXXVIII) et de Nianchchnum (Moussa & Altenmüller 1977: Tf. 8). Un
exemple très clair de cette confusion se retrouve dans le mastaba de
Kacherptah (Junker 1947: 121, Abb. 56; Smith 1946: pl. B).
22
Cf. Kahl 1994: 525, G 27. Des exemples évidents datent des règnes
de Khasekhemui (Kaplony 1968: Abb. 309, 765; Kahl 1994: Qu. 2954,
2969) et Djoser (Kaplony 1968: Abb. 318; Kahl 1994: Qu. 3161).
28
29
représentant l’oiseau et de son emploi comme determinatif
de mots à racine dšr exprimant l’idée de “rouge”. Ceci est
généralement accepté (Keimer 1933: 123-124; Meeks 1977:
439, 77.5094; Wolterman 1991-1992: 119), puisqu’il est
vrai que beaucoup de noms d’oiseaux sont dérivés de leur
couleur, le bruit qu’ils font ou d’autres caractéristiques
(Wolterman 1991-1992).
30
Decorated trouve précisement son origine, mais répétons-le
de celle des lacs des confins de la Méditerranée.
Les motifs des vases ne forment donc pas des entités
descriptives et ne figurent pas de paysage, mais associent
plus certainement des élements sur un plan symbolique et
sémiotique.23
Quelques exemples où l’oiseau est dessiné sur un arbre
ou arbustre ont aussi été utilisés pour éliminer l'idée de la
présence de l’autruche sur la céramique Decorated (e.g.
Brunner-Traut 1975: 53, n.40). Pourtant, le flamant n’a pas
non plus l’habitude de s’installer dans les arbres. De toute
évidence on ne peut pas regarder la décoration des vases
comme une imitation fidèle de la nature. La combinaison
[arbuste~oiseau] reçoit vraisemblablement aussi des
explications plus satisfaisantes du point de vue symbolique.
L’idée lancée par Keller (1913: 212) et reprise, avec des
réserves, par Boessneck (1988:27-28) selon laquelle les
traingles sur lesqueles semblent de temps en temps reposer
les oiseaux seraient des nids de boue de flamants, est
certainement à rejeter. Non seulement ces triangles ne
resemblent pas aux nids de flamants, mais chose plus
importante, ils sont représentés, en très grand nombre, dans
des contextes où les flamants ne figurent pas
habituellement. S'ils doivent recevoir une valeur
significative, ce qui semble bien les cas, ces triangles
représentent la montagne.
Tous ces oiseaux ne sont pas dessinés de manière
identique, et ne s'intègrent pas dans les mêmes
compositions. La grande majorité des compositions consiste
23
Le décor de la tombe peinte d’Hiérakonpolis est certainement la
représentation la plus élaborée connue pour la période Naqada IIC-D
dont datent les vases Decorated discutés ici. Malgré le problème de
l’interprétation générale, il est évident que ce décor ne peut pas être
interprété comme un grand paysage, mais que par exemple les petites
scènes en dessous des bateaux ont toutes leur propre signification et que
leur relation est a chercher au niveau symbolique et non au niveau
réaliste.
31
en rangées d’oiseaux formant des bandes. Bien qu'on puisse
relever une certaine hétérogenéité stylistique, il s’agit d’une
manière de représenation devenue conventionelle, comme
le prouve le fait que exceptionnellement on peut rencontrer
des rangées dans lesquelles le nombre des corps ne
correspond pas à celui des pattes.24
26
Cf. Keimer 1938: 258-260; 1942; Boessneck 1988: 30. Naqada 173,
Oxford, AM 1895.606 (Payne 1993: n° 858). Ce vase est un des très
rares exemples ou l’oiseau discuté est associé à autre type d’oiseau.
27
E.g. une série de statuettes provenant de Mamariya au musée de
Brooklyn (Ucko 1968: n° 69-73).
28
Les dessins publiés par Petrie, Brunton et autres ne sont en général
pas assez détaillés pour dire avec certitude si les transitions sont
angulaires ou arrondies. Des exemples certains sont: Naqa ed-Deir 7522
33
ce type, ce fait nous semble important. Les exemplaires les
plus détaillés de cette iconographie motrent des transitions
entre arrière du cou et tête toujours arrondies, conduisant à
considérer avec certitude les oiseaux discutés comme des
autruches (cf. infra). Il nous semble donc qu’il s’agit une
fois de plus d’un élément stylistique des représentations
prédynastiques sans rapport avec une imitation
intentionnelle de la réalité.29
Il existe aussi quelques cas exceptionneles où les têtes ne
sont pas courbées du tout, malgré le fait qu’il s’agit sans
doute de l’oiseau qui nous intéresse. 30 Sur les vases
concernés, on ne rencontre pas les rangées classiques, mais
les oiseaux y sont représentés plus en détail, isolés les uns
des autres. Ceci est encore un argument de plus pour mettre
en doute la nature réaliste des têtes en forme de crochet.
Pour les rangées d’oiseaux, les nuques sont en général
trop longues pour des autruches et trop droites pour des
flamants. Il paraît probable que cette longueur soit le
résultat de la stylisation,vraisemblablement en combinaison
avec le désir de remplir la totalité de la surface des poteries,
qui sont elles-mêmes presque toutes de forme allongée. On
remarque que les cous sont beaucoup moins longs si les
vases sont décorés sur plusieurs régistres et si les oiseaux
(Houlihan 1986: fig. 48); Naqada 10, 690; 1680; 1873 (bibliographie cf.
tab. pg. ???); Semaina H.8; Semaina tombes inconnues (Payne 1993: n°
861, n° 921).
29
On pourrait encore ajouter que dans la totalité de l’art prédynastique
les transitions angulaires sont rares, mais ceci demanderait une étude
séparée.
30
Abydos E.231, Bruxelles E.3195 (Naville 1914: pl. V); Armant 1575
(Mond & Myers 1937: pl. XXV); Mustagedda 11700 (Brunton 1937:
pl. XXXV); provenance inconnue, Stockholm Medelhavsmuseet MM
10974 (George 1974: 85, n° 142); provenance inconnue, London,
Univesity College UC.6297 (Bourriau 1981: 26, n° 30); provenance
inconnue, London, University College UC.6298 (Petrie 1920: pl. XXII;
1921: pl. XXXV, D 53 g).
34
35
s’inscrivent dans l'un d’entre eux (fig. 6). 31 On devrait alors
attacher plus d’importance à la forme qu’à la dimension des
nuques.
Les indications des queues varient considérablement.
Pour un grand nombre des représentations, le corps s’arrête
en pointe vers l’arrière et il n’y aucune indication de la
queue elle-même. Quand l’oiseau est rendu plus en détail,
la queue est généralement figurée par un triangle pointé
vers le bas, nettement distinct du corps. L’autruche a une
queue considérable qu’elle porte normalement dans le
prolongement du corps, un peu vers le bas, mais elle la
dresse quand elle se fâche. Le flamant par contre a une
queue assez courte, qui s’intègre presque complètement
dans la forme de son corps (Grzimek 1968: 99-107, 277-
282). Dans leur forme standardisée, les représentations qui
nous occupent ressemblent donc au flamant, tandis que la
queue caractéristique de l’autruche devient visible pour les
exemples dessinés plus en détail.
Les pattes des oiseaux sont le dernier élément qui peut
servir pour leur identification. Remarquons d’abord que les
oiseaux reposent toujours sur les deux pattes et que la pose
caractéristique des flamants sur une seule patte n’est jamais
attestée sur les vases Decorated ni dans la totalité de l’art
égyptien. La longueur des pattes par rapport au corps
correspond pour la majorité des exemples plûtot aux
proportions du flamant, mais comme pour la nuque, il faut
tenir compte de l’adaptation du dessin à la forme des vases.
La minceur des pattes, qui elle aussi semble renvoyer au
flamant, est simplement due au fait que les dessins sont
simplifiés jusqu'au trait. Il semble donc que ni la longeur
des pattes ni leur minceur ne forment des arguments
définitifs en faveur de l'identification de notre oiseau à un
flamant. L’endroit où les pattes se rattachent au corps peut
31
Voir par exemple des vases de Semaina (Payne 1993: n° 881) et
Mammariya (Needler 1984: 208-209, n° 56).
36
se situer aussi bien en avant, au milieu, que vers l’arrière du
corps. Les différentes positions peuvent même être figurées
dans la même rangée d’oiseaux. Ce n’était
vraisemblablement pas un élément auquel on attachait de
l’importance. Les pattes elles-mêmes sont toujours très
longues et le plus souvent légèrement pliés, ce qui est aussi
le cas pour les autruches représentés sur la palette de
Manchester et sur la Palette de la Chasse.32 Sur les vases,
les deux parties des pattes sont généralement de longueur
différente et il semble y avoir une tendance pour dessiner la
partie supérieure plus longue que la partie inférieure, mais
on trouve aussi l’inverse. Malgré le fait qu’on ne peut
probablement pas attacher trop d’importance à cette
différence en raison de leur graphisme stylisé, ceci les
rapproche plutôt de la physionomie des autruches, dont la
jambe supérieure est plus large, que de celle des flamants,
dont les deux parties de la jambe sont de longueur égales.
32
cf. notes 8-9.
33
Abadiya B 64, Victoria NGV 741a.2 (Hope 1982: 31, n° 19);
Hammamiya, Torino suppl. 4749 (Fattovich 1978); Hammamiya,
Torino suppl. 558 (Leospo 1989: 186, fig. 280); sans provenance,
Chicago, Oriental Institute Museum 10758 (Oriental Institute 1982: 20);
sans provenance, London, UC.6341 (Petrie 1920: pl. XX; 1921: pl.
XXXIV, D 43 c); sans provenance, Oxford, AM 1966.357 (Payne 1993:
n° 876); sans provenance, Stockholm, Medelhavsmuseet (George 1974:
100, n° 154).
37
représentation similaire se trouve gravée sur un oeuf
d’autruche.34
Quelques vases méritent une description plus détaillée.
Sur un vase provenant de la tombe 454 à Naqada (fig. 7),35
les représentations sont moins stylisés comparé à la grande
majorité des vases Decorated (cf. aussi Hendrickx 1998:
218-219). Les oiseaux sont tous du même type, mais
certaines têtes sont dessinées avec le crochet “classique”
tandis que des autres le sont d'un petit cercle. Une des têtes
du dernier groupe semble muni d’un bec droit, ce qui en
ferait avec certitude un autruche.36
Sur un tesson provenant de l’habitat d’Hiérakonpolis se
trouve une tête d’autruche à bec ouvert (Fairservis 1983:
27, fig. 6 [1]), mais malheureusement le corps de l’animal
n’a pas été préservé et ne peut de ce fait alimenter la
discussion.
Un vase Wavy handled décoré du musée de Turin, de
provenance inconnue, montre une série d’autruches avec les
ailes déployées. Certaines ont des têtes de forme recourbée,
pour des autres, la courbe est moins prononcée, voire
absente.37
Un vase provenant d’Abadiya (Hope 1982: 31, n° 19)
est décoré d’une série d’oiseaux dont certains ont des ailes
en haut du corps et des autres pas, tandis que les oiseaux
sont identiques dans tous leurs autres détails et qu’il s’agit
certainement des mêmes oiseaux. Ce vase et d'autres 38
34
Khozam (?), Berlin 22.393 (Scharff 1929: 85, n° 114).
35
Oxford, Ashmolean Museum 1895.584 (Payne 1993: n° 865).
36
Monnet Saleh (1983: 272) identifie deux details de ce vase comme
propres aux autruches avec la tête sous l’aile (derrier l’étandard-
éléphant sur un bateau et derrier l’autre bateau). Il nous semble pourtant
plus probable qu’il s’agit d’arbustes.
37
Torino suppl. 558 (Leospo 1989: 186, fig. 280).
38
New York (Metropolitan Museum 20210). Sur un vase de provenance
inconnue se trouve une rangée d’oiseaux “classiques” et une série
d’oiseaux avec les ailes en haut (Vandier 1952: 355)
38
démontrent qu’un seule type d’oiseau est représenté en
l'occurrence. Sur un vase provenant de Hammamiya (fig. 8)
39
démontrent qu’un seule type d’oiseau est représenté en
l'occurrence. Sur un vase provenant de Hammamiya (fig. 8)
une rangée d’oiseaux précédés d’une antilope (?) défile sur
le registre supérieur, et le registre inférieur, sur une échelle
plus grande, représente deux autruches dont l’identification
semble hors doute, également précédés d’une antilope.39 Ils
ont les ailes en haut du dos. Malgré quelques différences
dues au caractère moins conventionnel de la scène du
registre inférieur et les formats différents, il s’agit du même
type d’oiseau.
Finissons cet exposé par un vase provenant de el-
Mamariya sur lequel on reconnait une série d’oiseaux, dont
le dessin exprime vraisemblablement la course et indique
l'existence de plumes en arrière de la nuque.40 Bien que
Needler (1984: 206) les ait identifiés comme des “vulturine
guinea fowl”, il pourrait bien s’agir de jeunes autruches
dont la nuque est encore couverte de plumes. Le même vase
grave, à plus petite échelle, un oiseau “classique” au dessus
d’un bateau.
39
Torino suppl. 4749 (Fattovich 1978: 204; Leospo 1989: 189, fig.
285).
40
Brooklyn 07.447.402 (Needler 1984: 206-208, n° 59).
40
Il nous paraît en outre d'autant plus difficile de reconnaître
des flamants dans les oiseaux des vases Decorated que la
Haute Egypte où cette céramique a son origine, ne connaît
pas le flamant, dont le milieu se limite au nord du Delta, et
que ses artistes en ignoraient alors pratiquement le modèle.
Même à l’Ancien Empire, au moment ou l’unification de
l’Egypte était déjà depuis longtemps un fait accompli, les
artistes avaient des difficultés à rendre le flamant de façon
réaliste.
L’autruche par contre est souvent attestée, aussi bien par
l’archéozoologie que dans l’art égyptien.
Interprétation
43
Addendum
44
Liste des vases Decorated à provenance connue (ordre géographique du nord vers le sud)
45
el-Amra B 107 D 48 c Randall-McIver & Mace Bristol, H.604
1902: 19, pl. XIV,D49;
Grinsell 1972: fig. 7
el-Amra B 225 D 46 d Randall-McIver & Mace London, BM, 35502
1902: 23, pl.XIV,D46;
Aksamit 1992
Hiw U 128 D 54 Payne 1993: n° 879 Oxford, AM E.2824
Hiw U 177 D 53 b2 Payne 1993: n° 875 Oxford, AM E.3968
Hiw --- D 50 - Patch 1997: 206 Pennsylvania, E 4997
Abadiya B 64 D 50 - Hope 1982: 31, n° 19 Victoria, NGV 741a.2
Abadiya B --- D 45 b Payne 1993: n° 867 Oxford, AM E.2823
Semaina H8 D 55 b Payne 1993: n° 881 Oxford, AM E.2876
Semaina --- D 43 - Payne 1993: n° 861 Oxford, AM 1891.25
Semaina --- D 53 b Payne 1993: n° 877 Oxford, AM 1891.24
Semaina --- D 78 - Payne 1993: n° 921 Oxford, AM 1891.17
Gebel et-Tarif --- D 50 b Quibell 1905: CG 11.565 Le Caire, CG 11.565
Quft (?) --- F 67 - von Bissing 1913: CG 2147, Le Caire, CG 2147
pl. V
Ballas Q 100 inconnu Petrie 1896: pl. LXVI, 8
Naqada 173 D 43 -43 Payne 1993: n° 858 Oxford, AM 1895.606
Naqada 454 D 45 b Payne 1993: n° 865 Oxford, AM 1895.584
Naqada 690 D 50 Payne 1993: n° 872 Oxford, AM 1895.593
Naqada 1208 D 53 a Petrie 1921: pl. XXXV London, UC.4281
Naqada 1209 D 47 b Payne 1993: n° 869 Oxford, AM 1895.600
Naqada 1257 D 52 Payne 1993: n° 874 Oxford, AM 1895.581
Naqada 1268 D 40 t Payne 1993: n° 859 Oxford, AM 1895.595
Naqada 1680 D 45 b Payne 1993: n° 866 Oxford, AM 1895.578
Naqada 1693 D fragment Hendrickx 1986: 37 Bruxelles, E.1924
Naqada 1726 D 53 k Payne 1993: n° 878 Oxford, AM 1895.594
Naqada 1873 D 45 b Payne 1993: n° 864 Oxford, AM 1895.577
Naqada T3 D 43 c Payne 1987: 188 London, Institute
Archaeology
Naqada --- D 51 k Petrie 1896: pl. XXXIV, D
51
Naqada --- D 53 b Petrie 1896: pl. XXXIV, D
53 b
Naqada --- D 55 Petrie 1896: pl. XXXIV, D
55
Naqada / Toukh --- D 40 l Cleyet-Merle a.o. 1982: 144 St.-Germain-en-Laye,
77.718 e
Armant 1575 D 53 a1 Mond & Myers 1937: 31,
pl. XXV
Armant habitat D fragment Mond & Myers 1937: pl.
LIV,5 37/1,100
Armant habitat D fragment Mond & Myers 1937: pl.
LIV,5 38/1,100
Armant habitat D fragment Mond & Myers 1937: pl.
LIV,5 39/1,100
Gebelein --- D 41-47 MacGregor 1922: n° 1757
43
Baumgartel 1970: pl. VII, “as D 53 b”.
46
Gebelein --- D 51 k - Lortet & Gaillard 1909: 35, Lyon, Musée Guimet
fig. 31; Pierini 1990: 60 90000101
Gebelein (?) --- D 78 f Scharff 1931: 150, n° 337 Berlin, 15129
Adaïma --- D 50 Needler 1984: 205-207, n° Brooklyn, 09.889.400
58
Adaïma --- D fragment Needler 1984: 233, n° 105 Brooklyn, 07.447.408
Mammariya --- D 50 - Needler 1984: 206, n° 59 Brooklyn, 07.447.402
Mammariya --- D 53 b Needler 1984: 203-204, n° Brooklyn, 07.447.441
56
Hierakonpolis 68 F 59 t Adams 1987: 70; 1988: 26, Liverpool, E.3036
fig. 12
Hierakonpolis --- inconnu Adams 1987: 224 Liverpool, E.6111
Hierakonpolis Habitat D fragment Fairservis 1983: 27, fig. 6
(1)
Hierakonpolis Habitat D fragment Fairservis 1983: 27, fig. 6
(2)
Gebel Silsila --- D 50-5144 Legrain 1903: 219, fig. 5-6; Le Caire, CG 18805
von Bissing 1913: CG
18805, pl. V
Gebel Silsila --- D fragment Scharff 1931: 151, n° 339Berlin, 13952
Gebel Silsila --- D fragment Cleyet-Merle a.o. 1982: 139
St.-Germain-en-Laye,
77.719f
Gebel Silsila (?) --- D fragment Regner 1998: 105, n° 82 Bonn, BoS 70
Kubanieh-sud 21.h.2 D 40 l - Junker 1919: 53; Seipel Vienne, 7469
1983: 24, n° 3
Aswan --- D 47 f Payne 1993: n° 860 Oxford, AM 1948.17
Mediq, cim. 79 3 D 53 b Firth 1912: 127, fig. 99
Dakka, cim. 102 329 D 41 n Firth 1915: 76, fig. 57
44
Sur se vase un seul oiseau est représenté. Le dessin de cet oiseau
publié par Legrain 1903: 219, fig. 5-6, qui montre une forte
resemblance avec un flamant, n’est pas complètement fiable (cf. von
Bissing 1913: pl. V, 18804a). Probablement il ne s’agit ni d’un autruche
ni d’un flament mais d’un héron.
47
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