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Joseph Mosneron-Dupin, armateur négrier nantais né en 1748, embarque à 15 ans sur le navire Le Prudent pour une campagne de traite. Après un long voyage, il arrive à Bissau en janvier 1764, où il traite pour environ 140 esclaves malgré des conditions difficiles et des avaries sur le navire. De retour à Nantes en décembre 1765, il devient un négociant prospère et fonde une société de traite des Noirs en 1786.

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Joseph Mosneron-Dupin, armateur négrier nantais né en 1748, embarque à 15 ans sur le navire Le Prudent pour une campagne de traite. Après un long voyage, il arrive à Bissau en janvier 1764, où il traite pour environ 140 esclaves malgré des conditions difficiles et des avaries sur le navire. De retour à Nantes en décembre 1765, il devient un négociant prospère et fonde une société de traite des Noirs en 1786.

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Joseph Mosneron-Dupin, armateur négrier nantais, naît en 1748.

Suivant les souhaits de son père, capitaine de navire, il complète


sa formation scolaire par un premier voyage à bord d’un navire négrier,
Le Prudent.
L’année de ses quinze ans, Joseph embarque sur Le Prudent
comme pilotin (élève officier non diplômé).
Il raconte dans ses mémoires cette campagne particulièrement longue.

Il écrit : « Je me rendis dans la journée à Paimbœuf


à bord du navire Le Prudent. […]
Le navire avançait en charge et fut tellement encombré
par les marchandises et les vivres qu’il ne restait dans
la grand’chambre que l’espace nécessaire pour le jeu de la barre.
[…] Le navire chargé, l’équipage étant rassemblé, nous attendîmes
les vents favorables pour notre départ qui arriva le 13 septembre 1763. […]
L’équipage était composé de 34 hommes tout compris. Le capitaine James était un homme d’environ 34
ans […]. Le second, nommé Virdet, avait près de 48 ans. […] Le lieutenant nommé Dutreau était un
homme de 30 ans. Il y avait en outre trois enseignes dont le premier, La Sonde, âgé de 27 ans, était
celui qui avait le plus de connaissances théoriques du bâtiment. Les deux autres, dont l’un se nommait
Guérineau, étaient de vraies machines. Nous étions aussi trois pilotins : Cornet de Nantes âgé de 17
ans, Dupé de Couëron âgé de 19 ans, et moi qui en avais quinze. Nous voyions la mer pour la première
fois. Deux chirurgiens faisaient aussi partie de l’arrière. […] Le reste de l’équipage était composé de
beaucoup de novices et de peu de matelots. Quant à la forme du bâtiment, elle n’était ni belle ni bonne.
C’était dans le principe une construction hollandaise qu’on avait rehaussée d’un entrepont de près de
quatre pieds et demi, et, par-dessus, une dunette et un gaillard d’avant […]. »

Le 13 septembre 1763, le navire quitte Paimbœuf.


Au début du mois de décembre, il fait escale aux îles du Cap-Vert.
Il arrive à Bissau en janvier 1764.
La suite du récit… sur les côtes d’Afrique.

« À notre arrivée à Bissau nous vîmes plusieurs bâtiments portugais


et anglais qui étaient en traite, ainsi que le Phœnix de Nantes,
capitaine Mary, qui était depuis un mois quoiqu’il fut parti
de la rivière cinquante jours après nous. […]
Ce pays est habité par des peuplades appelées Papels et gouvernées par un roi qui me parut avoir plus
de puissance sur les Européens pour leur faire payer les coutumes et les tributs que sur ses propres
sujets.[…]
Nous arrivâmes donc à Bissau dans le mois de janvier 1764. Le capitaine paya les coutumes et ouvrit la
traite. Il s’attendait aux brillants succès qu’il s’imaginait être le fruit de ses talents et de ses combinaisons
[…].
Après les palabres d’usage pour le paiement des coutumes, ce qui entraîna quelques jours, on
s’occupa de sortir les marchandises des caisses et futailles. Ce travail ne fut satisfaisant pour personne
car on trouva beaucoup d’avaries, principalement sur les armes qui étaient dans l’état le plus déplorable.
Il n’y avait point d’armurier à bord et cependant il fallait réparer les fusils, pistolets et sabres. Ils étaient
tellement incrustés de rouille qu’il devenait indispensable de l’enlever pour faire passer ces armes en
traite.[…]
Environ cinq mois après notre arrivée à Bissau, nous tombâmes
dans la saison de l’hivernage […]. Plus nous prolongions notre séjour
dans ces misérables contrées et plus nos provisions de France
se trouvaient épuisées. […] Le capitaine, dans cette position critique, se décida à surpayer les Noirs et
traita en totalité environ 140 esclaves. »

En avril 1765, le navire quitte Bissau à destination de Fort-Royal,


où il arrive au mois de juin.
La suite du récit… en Martinique.
La traite ne s’est pas déroulée comme prévu sur les côtes de Bissau.
Joseph Mosneron-Dupin et les autres membres de l’équipage sont affaiblis quand le navire négrier quitte
l’Afrique pour la Martinique.
Si Joseph évoque à de nombreuses reprises ses relations avec
les Africains, il ne dit mot des esclaves et ne remet jamais en question
un commerce qui se pratique alors dans la plus grande indifférence.

« Nous fîmes voile dans le mois d’avril 1765. […] Quand nous fûmes
en mer, les vents ne cessèrent de nous servir avantageusement.
Le scorbut dévorait les blancs et les Noirs, nos provisions de bouche étaient à bout, nos voiles et notre
gréement ne tenaient pas,
et par dessus tout cela le bâtiment avait peine à se soutenir sur l’eau.
[…] après notre arrivée dans la baie du Fort-Royal, on fit sortir
notre cargaison de Noirs pour les déposer à terre dans des magasins
afin de les soigner et de les rafraîchir.
« Ils furent vendus tant bien que mal. Le capitaine seul s’en était réservé le soin et personne (d’) autre
de l’équipage ne s’en inquiéta.
On passa ensuite le bâtiment dans le port afin d’y faire les travaux
de charpentage et de calfeutrage les plus urgents. »

Le Prudent quitte la Martinique à la fin du mois d’octobre 1765.


Il arrive à Paimbœuf le 25 décembre.
Joseph reste muet sur les suites économiques de la campagne. La vente des esclaves ne l’intéresse
pas. Il évoque rapidement un retour difficile à Nantes et ses retrouvailles familiales. Son journal s’attache
ensuite au récit de ses deux autres voyages et aux prémices de sa réussite.
Devenu un négociant riche, avisé, reconnu par ses pairs, il fonde
en 1786 une société spécialisée dans la traite des Noirs
qui n’est dissoute qu’en 1836, trois ans après sa mort

PETRE GRENOUILLEAU O., texte présenté par, Moi, Joseph Mosneron armateur négrier nantais(1748-
1833), éd. Apogée,1995, p 49-91.

Un dispositif interactif dans la salle 13 permet à partir du récit de Joseph Mosneron Dupin de
suivre en images la campagne de traite du négrier Le Prudent.

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