OUiAGINEUX, CORPS GRAS, LIPIDES
Marché international du soja : des flux en
profonde recomposition
Oléagineux, Corps Gras, Lipides. Volume 8, Numéro 3, 191-8, Mai - Juin 2001, La filière
I.Résumé Summary
Auteur(s) : Marie-Hélène DABAT, Xiande LI, Frédéric LANCON, Cirad CA-Calim, TA 70/16,
73, rue J.-F. Breton, 34398 Montpellier Cedex 5, France.
Résumé : Le soja est le principal oléo-protéagineux produit et échangé au monde. Les flux sont
polarisés autour de trois grands ensembles géographiques : l'Amérique (États-Unis, Argentine,
Brésil), l'Europe occidentale et les pays asiatiques (Chine, Inde, Japon et NPI). La production et la
transformation du soja ont fortement crû dans les années 90 sous l'effet de la poussée des pays
américains. Le commerce des graines a tendance depuis peu à augmenter plus que celui des
principaux produits transformés (tourteau, huile), tiré par les achats asiatiques. Malgré les qualités
reconnues au soja (diversité des produits, qualités nutritionnelles, protection écologique), les
perspectives d'avenir de son marché et la recomposition des échanges internationaux sont largement
dépendantes de l'émergence de nouveaux pays fortement producteurs ou consommateurs, de
l'évolution de l'utilisation des OGM et des farines animales et des conséquences de l'entrée de la
Chine dans l'OMC.
Mots-clés : oléagineux, soja, tourteau, huile, commerce international.
Illustrations
ARTICLE
Le marché international du soja, principal oléoprotéagineux cultivé et échangé dans le monde
même si l'essentiel des récoltes reste dans les pays producteurs, est à la croisée des chemins. Loué à
la fois pour ses qualités nutritionnelles (fort contenu en protéines et acides aminés) et son impact
écologique (faible besoin en engrais et produits phytosanitaires), le soja est largement diabolisé en
tant que principal produit agricole génétiquement modifié. L'évolution à venir du marché
international du soja apparaît aujourd'hui d'autant plus incertaine qu'il est actuellement concentré
entre un nombre réduit de pays, parmi lesquels des puissances économiques telles que les États-
Unis, la Chine et l'Union européenne.
Caractéristiques structurelles du marché du soja
Premier oléagineux dans les échanges mondiaux malgré une très forte utilisation locale
Le soja représente plus de la moitié de la production mondiale de graines oléagineuses. Il domine
aussi le commerce international de ces graines en constituant plus des deux tiers des volumes
exportés (figure 1). Il pourvoit aux deux tiers de la production mondiale de tourteaux et à plus de
68 % des exportations (figure 2). Le soja fournit enfin 28 % du volume de la production mondiale
d'huile et représente 21 % du volume des exportations (figure 3). Si sa position centrale sur le
marché des tourteaux est incontestable, le soja doit affronter, sur le marché de l'huile, la
concurrence de l'huile de palme et de colza (respectivement 22 et 14 % de la production mondiale).
Malgré son importance au niveau international, seulement 29 % de la production de graines de soja
est vendue sur le marché mondial, soit 46 millions de tonnes (Mt) pour la campagne 1999/2000. Si
l'on considère la part respective de chacun des produits dérivés (huile et tourteau) et des graines
dans les échanges du « complexe soja », on peut estimer qu'en équivalent graines (sur la base de
0,18 kg d'huile et 0,80 kg de tourteau pour 1 kg de graine), le tourteau représente actuellement 36
% des échanges, alors que les commerces des graines et de l'huile représentent respectivement 34 et
30 %. Le commerce du tourteau a tendance à diminuer tandis que celui des graines augmente
proportionnellement aux autres produits issus du soja.
Grande diversité des produits alimentaires à base de soja
Les produits joints, huile et tourteau, représentent le débouché majeur du soja (environ 90 % de la
production mondiale est destinée à la trituration). Les produits dérivés de l'huile et du tourteau
entrent dans la fabrication d'une large gamme de produits alimentaires et chimiques (alimentation
animale, huile raffinée, acide gras, stérol, lécithine, farine, etc.).
L'utilisation de la graine entière (après broyage et filtration) pour l'alimentation humaine reste
essentiellement concentrée dans les pays asiatiques (Chine, Japon, Corée, Indonésie) où elle entre
dans la fabrication de sauces, de fromages à base de lait de soja et de produits fermentés. Depuis
une quinzaine d'années, la fabrication de produits à base de soja se développe dans l'industrie agro-
alimentaire des pays industrialisés (Canada, Suède, France) du fait notamment de la bonne image
que véhicule le soja auprès du consommateur occidental (santé). Bien qu'en très forte croissance, ce
marché ne représente qu'une part infime des utilisations totales.
Des marges plutôt réduites dans la trituration du soja ont conduit récemment l'industrie des huiles à
rechercher des possibilités de meilleure rentabilisation de leurs équipements. Une des voies
explorées est celle de la fabrication de concentrés de protéines de soja pour la consommation
humaine et autres usages industriels, notamment la nourriture animale. Plus de 75 % des concentrés
de protéines de soja sont valorisés pour l'alimentation humaine, le reste étant utilisé pour les
animaux domestiques et en remplacement du lait pour les jeunes veaux et cochons.
La demande de concentrés de soja se développe en Europe de l'Est et dans les pays en
développement à la place ou en substitution des produits à base de viande. Ce marché devrait
atteindre 500 000 tonnes par an d'ici une décennie. Il augmente de plus de 15 % par an. Son
extension dépendra de plusieurs facteurs : la disponibilité des savoir-faire et des technologies de
transformation, le développement de l'industrie agro-alimentaire, les politiques nationales des pays
producteurs, l'acceptation par les consommateurs de tels produits et la disponibilité locale de
protéines alternatives.
Il faut noter enfin le développement de procédés fondés sur une cuisson rapide des graines pour en
retirer tous les éléments anti-nutritionnels et, ainsi, les utiliser directement pour l'alimentation
animale (Full Fat Soybean).
Polarisation des échanges entre une poignée de pays
Les échanges mondiaux de grain, de tourteau et d'huile de soja sont polarisés autour de trois grands
ensembles géographiques (figures 4 et 5) :
- un groupe comprenant les États-Unis, l'Argentine et le Brésil ;
- un autre constitué par l'Europe occidentale ;
- un troisième comprenant la Chine, l'Inde, le Japon, et les pays asiatiques nouvellement
industrialisés ou en voie d'industrialisation rapide.
Les États-Unis produisent un peu moins de la moitié (72 Mt en 2000) de la production mondiale
(159 Mt). Le Brésil (33 Mt) et l'Argentine (21 Mt) constituent le deuxième groupe de producteurs.
La Chine reste un producteur important avec une production annuelle qui varie entre 13 et 16 Mt
(voir dossier) dont une infime partie est exportée sur le marché asiatique (figure 6).
Les États-Unis dominent les échanges de graines même si leur part est en diminution (57 % des
exportations mondiales) devant le Brésil (24 %), alors que l'offre d'huile et de tourteaux est
beaucoup plus diversifiée géographiquement compte tenu de la répartition des capacités de
trituration. L'Argentine, le Brésil, l'Union européenne et les États-Unis sont les principaux
fournisseurs d'huile à l'échelle mondiale. Les mêmes pays sont également les principaux vendeurs
de tourteaux auxquels vient s'ajouter l'Inde qui joue un rôle très actif sur le marché asiatique en
forte croissance.
L'Union européenne (Pays-Bas, Allemagne, Espagne, etc.) a perdu sa place de principal acheteur de
graines de soja sur le marché mondial en 1998 (environ 16 Mt par an actuellement), cédant cette
place à l'Asie qui représente désormais le premier marché avec un volume qui dépasse les 22 Mt en
2000, en raison de la forte progression de la demande dans les pays nouvellement industrialisés et
dans les marchés émergents (Japon, Taïwan, Corée du Sud, Indonésie) et plus récemment en Chine.
L'utilisation des tourteaux est concentrée elle sur trois pôles que sont les États-Unis, l'Union
européenne et les pays asiatiques (environ 27 Mt pour chacun de ces pôles). La consommation
asiatique a beaucoup augmenté depuis le début des années 90. Le marché de l'huile a été marqué
par la croissance des importations chinoises qui ont plus que triplé depuis le début de la décennie
puis sont retombées en dessous de 1 Mt à partir de 1998-1999 (voir dossier).
Tendances récentes des échanges mondiaux
Croissance accélérée de la production mondiale dans les années 90
Mise à part une mauvaise récolte en 1995, la production de soja est en progression continue sur la
décennie 90 (tableau 1). Les prévisions les plus récentes estiment que la production de la campagne
2000/2001 devrait atteindre un nouveau record avec une récolte avoisinant les 169 Mt.
Cette forte croissance de la production est due à une augmentation des superficies ensemencées en
soja aux États-Unis et en Argentine et à des rendements élevés au Brésil et en Argentine relatifs à
des conditions agro-climatologiques très favorables. Les productions chinoise et indienne, élevées,
ne font que se maintenir.
Marché des grains : reprise des exportations des États-Unis et boom des importations chinoises
Le marché des grains a presque doublé au cours de la dernière décennie, passant de 25 Mt à plus de
47 Mt, soit une progression supérieure à celle de la production (+ 55 % sur la même période)
(tableaux 2 et 3).
Après un ralentissement de la compétitivité du soja nord-américain dans les années 1998-1999, dû
à la bonne tenue des exportations latino-américaines liée notamment à la dévaluation de la monnaie
brésilienne, les États-Unis devraient atteindre cette année un volume d'exportation jamais atteint
par ce leader mondial. Les deux tiers du soja cultivé aux États-Unis sont exportés. Les ventes des
États-Unis se dirigent à 31 % vers le Mexique (malgré les concurrence brésilienne, argentine et
canadienne), à 8 % vers les pays asiatiques et à 6 % vers l'Union européenne.
Le Mexique est devenu au cours des deux dernières années un important importateur de soja
américain car son économie se développe et le pays bénéficie d'une réduction substantielle de tarif
liée à l'accord NAFTA avec les États-Unis. Le Mexique tirant environ un tiers de ses revenus du
pétrole et les prix du brut ayant presque triplé récemment, le pays a investi dans ses autres
industries et notamment dans l'industrie porcine et celle de la trituration, ce qui a stimulé les achats
de matières premières agricoles aux États-Unis voisins.
En revanche, les exportations des États-Unis vers l'Union européenne ne progressent pas du fait de
plusieurs facteurs valables pour l'ensemble des fournisseurs des pays européens : substitution du
colza au soja dans ces pays (en partie produit localement : bonnes récoltes en 1998 et 1999),
substitution de céréales moins onéreuses au soja dans la composition des nourritures animales
(surtout à partir de 2000), affaiblissement de l'euro.
La reprise des économies asiatiques, liée notamment à la dévaluation de leurs monnaies, a accéléré
l'élevage de volailles (marché intérieur et exportation) et les importations de soja pour les nourrir.
Mais au niveau des importations de grains, la tendance marquante de ces dernières années est la
forte progression des achats chinois (plus de 10 Mt en 1999/2000), qui s'est faite au détriment des
achats de tourteau (division par 7 de 1997 à 2000) et d'huile (division par 4). Cette évolution est
due à un revirement politique du Gouvernement chinois qui cherche à protéger l'industrie de
trituration nationale des importations : mise en place d'une TVA de 13 % sur le tourteau de soja
importé mi-1999 et contingentement des importations d'huile de soja. Sur le marché chinois, le soja
subit aussi la concurrence du colza puisque la Chine aurait importé 3,7 Mt de ce produit en 1999-
2000 (essentiellement d'Australie et du Canada). Les importations de grains en Chine devraient se
maintenir en 2000/2001. L'augmentation des importations chinoises de grains bénéficie
essentiellement aux États-Unis au détriment du Brésil et de l'Argentine plus traditionnellement
exportateurs de tourteau et d'huile de soja.
Les exportations américaines sont facilitées par deux programmes qui offrent des facilités de
paiement aux pays acheteurs : l'Export Credit Guarantee Program (GSM-102), qui couvre des
crédits jusqu'à 3 ans, et l'Intermediate Export Credit Guarantee Program (GSM-103), qui propose
ses services de crédit jusqu'à 10 ans. Elles sont encouragées également par le biais de subventions à
la production, qui n'existent pas dans d'autres pays et qui tirent les prix internationaux à la baisse.
Marché des tourteaux : tassement des échanges lié à l'augmentation des capacités locales de
trituration
L'amélioration de la production agricole et l'accroissement rapide des capacités techniques (mise en
production de nouvelles unités industrielles, modernisation d'installations plus anciennes) ont
permis au Brésil et surtout à l'Argentine d'augmenter le volume de soja réservé à la trituration et à
l'exportation dans la deuxième moitié des années 90 (tableau 4).
L'Argentine, déjà premier exportateur d'huile de soja, est devenue également le premier fournisseur
mondial de tourteaux en dépassant le Brésil en 1997 (tableau 5), du fait de la rapide expansion des
superficies cultivées et du doublement de ses capacités de trituration en une décennie, mais aussi
d'une demande intérieure limitée et d'une politique fiscale qui favorise les exportations de produits
transformés. Dernier facteur et non des moindres, l'Argentine bénéficie d'un avantage comparatif
par rapport au Brésil qui est la distance réduite entre les zones de culture du soja, la localisation des
usines de trituration et les ports d'exportation, ce qui limite les coûts de transport à la fois du soja et
des produits transformés.
L'accroissement de l'activité de trituration en Chine est beaucoup plus récente. On note dans ce
pays un secteur de la trituration à deux vitesses : d'anciennes entreprises publiques obsolètes et
déficitaires, d'une part, et un sous-secteur récent et performant localisé près des ports, d'autre part.
Ces dernières entreprises utilisent du soja importé qu'elles triturent essentiellement pour le marché
intérieur (voir autre article).
Le bon niveau des exportations de tourteaux d'Argentine et du Brésil permet à ce marché de se
maintenir malgré la stagnation des exportations en provenance des États-Unis et d'Europe et la
réorientation de la production chinoise vers le marché intérieur.
L'Inde connaît des variations de son niveau d'exportation liées à l'insuffisante qualité du produit
offert. Les fournisseurs indiens ont cependant fait des efforts commerciaux d'amélioration de la
qualité du soja national à partir de 1998, après la mise à l'écart par certains acheteurs exigeants,
notamment sud-coréens.
Du côté de la demande, la baisse drastique des importations chinoises, à laquelle les experts ne
s'attendaient pas, a été compensée par le bon niveau des importations européennes, tirées par
l'Espagne, et la hausse modérée mais continue des achats de pays d'Afrique du Nord et du Moyen-
Orient (tableau 6).
On note un ralentissement de la consommation de tourteau dans les années 1998-1999, dû à
plusieurs facteurs qui s'atténuent cependant (tableau 7). En Europe, le marché de la viande s'est
ralenti du fait de différents incidents sanitaires. De plus, la baisse du prix des céréales rend moins
attrayant l'élargissement de l'utilisation du soja dans la formulation des aliments comme source de
calorie. Il revient à sa fonction première de pourvoyeur de protéines. En Asie, la récession
économique des années 1996-1998 a entraîné un ralentissement de la croissance, une baisse de la
consommation de protéines animales et, partant, des besoins en aliment pour l'élevage.
Mais ce ralentissement général de la demande de tourteau a été atténué par la baisse tendancielle de
son prix qui en fait une source de protéines intéressante sur le marché face à des alternatives de plus
en plus coûteuses (farine de poisson) ou déconsidérées (farines animales). On peut s'attendre à un
accroissement des importations de soja dans l'Union européenne lié à la découverte de l'ESB
(encéphalopathie spongiforme bovine), par substitution partielle de soja aux 2,5 Mt de farines
animales utilisées jusqu'ici (ce qui représente un équivalent de 2,9 Mt de tourteau de soja). Mais les
importations de soja (grain et tourteau) ne seront pas seules à se substituer aux farines animales
décriées. On s'attend à une progression de l'utilisation de tourteaux locaux et importés de colza et
de tournesol, de céréales locales, de gluten de maïs importé, enfin de pois et haricots locaux et
importés. Cette compétition entre sources d'approvisionnement pour la nourriture animale devrait
de plus avoir lieu dans un contexte d'inflexion des prix du tourteau de soja et de fragilité de la
demande de bœuf par les consommateurs européens.
Côté asiatique, la stagnation des ventes de tourteaux devrait être enrayée en 2001 par
l'augmentation de la consommation, en particulier en Chine, liée à la croissance de la production de
protéines animales.
Marché des huiles : concurrence des autres oléagineux mais bonne tenue du marché
L'évolution de l'offre d'huile est intrinsèquement liée à celle des tourteaux (tableau 8). Au niveau
de la demande, on note une stabilité des achats des principaux importateurs (Iran, Maroc, Pakistan),
une réduction des importations chinoises (voir dossier) et une progression des achats de l'Inde
(multiplication par 3 des importations entre 1997 et 2000) qui a augmenté aussi sa propre
production face à des besoins qui progressent vite (tableau 9), faisant de ce pays le quatrième
utilisateur mondial d'huile de soja derrière les États-Unis, le Brésil et la Chine (tableau 10).
Le Pakistan voit lui aussi ses besoins en huile augmenter très vite. Il prévoit, pour stimuler
l'accroissement de sa capacité de trituration, de favoriser la production agricole de grains à fort
contenu en huile comme le tournesol et de faire varier ses droits de douane de façon à décourager
l'importation directe d'huile (de palme et de soja) et encourager celle de grains.
Sur une plus longue période, la consommation d'huiles comestibles, en particulier de soja, est en
augmentation régulière sous l'effet de la croissance démographique de plusieurs pays, de
l'amélioration des niveaux de vie et de la modification des modes de consommation, ce que ne
reflète pas forcément la stabilité des importations. La consommation d'huiles et de graisses est
passée en Chine de 5-6 kg par an dans les années 80 à environ 10 kg actuellement dont 8 kg de
produits végétaux.
Baisse des prix du soja et de l'huile, appréciation des tourteaux
Une des particularités du soja est le caractère lié des produits dérivés que sont le tourteau et l'huile.
La production de chacun de ces produits est inhérente à la fabrication de l'autre. De ce fait, le calcul
de la marge totale du triturateur va dépendre de l'état des prix de ces deux produits joints sur leurs
marchés respectifs.
La baisse de la production d'huile de palme pendant deux années, notamment en Indonésie sous
l'effet d'aléas climatiques et d'une politique commerciale restrictive, a entraîné une hausse générale
des cours des huiles végétales, substituables entre elles, en 1998 (figure 7). Le prix des huiles a
ensuite brutalement chuté de 100 US$ environ par tonne en 1999 (soja, coton, tournesol, colza) et a
continué sa baisse par la suite du fait de l'accroissement des productions d'huile de palme
(Indonésie) et de colza (Union européenne).
Le prix du tourteau de soja s'était lui stabilisé à 150 $ la tonne en 1999 et 2000 après avoir avoisiné
les 250 $ en 1996/1997. Son prix devrait remonter à presque 200 $ en 2001 sous l'effet de la reprise
du marché de l'aliment pour bétail en Asie mais aussi en Europe où la demande de protéines et de
graisses végétales est stimulée du fait des problèmes récents de qualité des farines animales.
Paradoxalement, l'accroissement de la demande de tourteau de soja en Europe a actuellement un
effet très négatif sur le marché des huiles végétales, toutes origines confondues (soja, palme, coco,
etc.). L'excédent déjà important de ce marché ne peut que s'accroître et les cours de ces huiles
dégringoler encore. Les conséquences sont moins graves pour les triturateurs de soja - qui peuvent
se rattraper sur le tourteau - que pour les producteurs d'huile de palme (Malaisie, Thaïlande,
Indonésie) - qui ne peuvent eux compenser cette perte.
Concernant le grain de soja, son faible niveau de prix se maintient. Ceci peut être attribué à la
dévaluation de la monnaie brésilienne début 1999, qui a rendu les exportations de ce pays très
compétitives au sein d'un marché ouvert, et à un meilleur approvisionnement du marché du fait de
l'accroissement des superficies plantées en soja. Ce prix plancher peut s'expliquer aussi par une
mise sur le marché de plus grandes quantités de tourteau indien à un prix très intéressant, qui oblige
d'ailleurs les exportateurs à réduire leurs marges de façon importante.
De manière générale, les activités de trituration du soja se portent plutôt bien et montrent un retour
à l'équilibre en 2000/2001 en comparaison à la saison précédente. Les experts constatent cependant
une érosion des marges de cette activité liée à la baisse du prix de l'huile de soja.
Grands débats et perspectives d'avenir
Apparition du soja génétiquement modifié dans les flux mondiaux
Le débat sur les OGM ajoute un élément de concurrence entre pays selon qu'ils sont utilisateurs ou
non de semences génétiquement modifiées. Le soja représente actuellement la part la plus
importante de la production mondiale d'OGM, soit 54 % contre 28 % pour le maïs et 9 % pour le
coton ou le colza. Moins de 10 % de la production brésilienne de soja serait actuellement GM, par
opposition avec l'Argentine où environ 80-90 % des semences utilisées le seraient sans pour autant
rencontrer des difficultés de commercialisation. Aux États-Unis, on évalue le soja GM à 65 % des
récoltes.
Au Brésil, la résistance aux OGM s'explique par la prise de conscience du refus des consommateurs
européens (Pays-Bas, Italie, France, Espagne, Royaume-Uni, etc.) et japonais d'acheter des produits
GM. Alors que les acheteurs de soja réfractaires organisent leur protection (nouvelle loi du
Parlement européen sur les produits GM en février 2001, nouvelles lois sur la labellisation en Corée
du Sud et au Japon entrées en application respectivement le 1er avril et le 1er mars 2001), la position
des autorités brésiliennes n'est pas consensuelle à ce sujet. Un des États en pointe dans ce combat
contre les OGM est le Rio Grande do Sul (l'un des trois grands États producteurs) ; il y voit là un
argument commercial de taille (à la fois en faveur du soja mais aussi de la volaille exportés) malgré
la faible adhésion des agriculteurs. En effet, des chaînes de grandes surfaces européennes
(Carrefour, Asda, etc.) et des importateurs du Sud-Est asiatique (Corée du Sud) orientent leur
approvisionnement vers le Brésil qui présente la garantie la plus sérieuse d'obtenir du soja non GM
par rapport aux autres pays. Pourtant, le ministère de l'Agriculture brésilien avait donné au groupe
Monsanto l'autorisation de distribuer des semences résistantes à l'herbicide Roundup Ready pour
une superficie de 400 000 ha. Mais l'action menée par Greenpeace, le ministère de l'Environnement
et plusieurs associations de consommateurs a provoqué l'interruption de l'opération en attendant
que la preuve soit apportée que les semences GM n'ont aucun effet sur l'environnement. Un
moratorium de 5 années pour la non-utilisation des OGM est également à l'étude par le Parlement
brésilien.
Malgré leur caractère illégal, 800 000 à 1 million d'ha auraient été plantés avec du soja GM dans les
États du Rio Grande do Sul, Parana et Mato Grosso do Sul en 2000, ce qui représenterait une
production de plus de 3 Mt. Les semences utilisées auraient été importées illégalement d'Argentine
et du Paraguay où les cultures GM sont autorisées depuis plusieurs années. Les agriculteurs
brésiliens résistent difficilement aux avantages des semences GM (moins d'herbicide nécessaire,
coûts de production réduits de 15-20 %), surtout en période de contraction des prix de vente du
soja. Soixante-dix pour cent des agriculteurs brésiliens seraient favorables aux semences GM. Dans
son effort de persuasion de ne pas planter de soja GM, l'État du Rio Grande do Sul a proposé à ses
paysans fin 1999 d'échanger gratuitement leurs semences GM contre des semences traditionnelles.
Cette opération n'a pas eu l'effet escompté car elle est intervenue trop tardivement, le semis ayant
déjà démarré. Les contraintes à la stratégie non OGM du Brésil sont de plusieurs natures : il n'y a
pas de prime à la qualité (même prix pour le soja GM et le soja non GM) alors que les coûts de
production diffèrent, il n'est pas possible actuellement de garantir le caractère non GM du soja
commercialisé ou de distinguer comme aux États-Unis les deux types de soja (nombre d'inspecteurs
insuffisant, procédures inexistantes, complexité de la filière de production : le produit change de
main une douzaine de fois en moyenne, coût du contrôle).
De l'autre côte de l'océan, la Chine n'est pas défavorable elle à la production de soja GM bien
qu'elle en récolte très peu. Du fait de la taille de sa population, d'une ressource foncière limitée et
d'une demande croissante en produits agricoles, la Chine recherche tous les moyens d'augmenter les
rendements de ses cultures. Les travaux de recherche sur les variétés GM sont avancés. Le soja GM
n'a pas atteint cependant l'étape de la production commerciale. Actuellement, la Chine importe
librement des produits agricoles GM, en particulier des États-Unis et du Canada. Une
réglementation devrait prochainement être mise en place de façon à maîtriser et à contrôler les flux
de produits GM.
Enfin, le débat sur les OGM a aussi un effet sur la concurrence entre produits oléagineux. Un
nombre croissant d'entreprises agro-alimentaires européennes, notamment anglaises, ont cessé
d'utiliser le soja au bénéfice du colza, pour lequel l'isolement des grains GM paraît mieux garanti,
afin de satisfaire les détaillants qui réclament des produits alimentaires sans OGM.
Alors que la mise au point des premières variétés de soja GM avait pour but de réduire les coûts de
production et de simplifier les techniques culturales, une nouvelle vague de travaux portent sur la
mise au point de semences GM en vue d'utilisations industrielles spécifiques. Cette nouvelle
orientation tournée vers l'utilisation finale est sans doute une des réponses possibles à la question de
la traçabilité, au cœur du débat sur le soja GM en Europe. Ce nouveau champ d'innovation pourrait
contribuer à répondre aux contraintes qui obèrent la hausse des rendements en milieu tropical
humide.
Conséquences sur le commerce mondial de l'entrée de la Chine dans l'OMC
Les perspectives du commerce mondial du soja dépendent en partie des conséquences de l'entrée de
la Chine dans l'OMC. L'intégration de cette grande puissance économique devrait favoriser
l'ajustement des marchés et la restructuration de ses modes de production aussi bien agricoles
qu'industriels au niveau mondial. Pour l'instant, le pays n'a fait que signer en novembre 1999 un
accord bilatéral avec les États-Unis, examen de passage pour susciter l'avis favorable à son entrée
dans l'OMC des autres membres de l'organisation.
Concernant les grains et les tourteaux de soja, l'arrivée de la Chine à l'OMC ne devrait pas avoir un
impact important sur la production locale et les échanges mondiaux de ces produits. Les droits de
douane pour les grains et les tourteaux sont passés respectivement à 3 et 5 % sans restriction
quantitative d'importation bien avant la signature de l'accord avec les États-Unis et ne devraient pas
être modifiés avec l'intégration de la Chine. Le commerce des grains est libéralisé depuis plusieurs
années en Chine, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. Il n'existe pas de quota à
l'importation ni d'intervention publique au niveau de la production et des échanges. Le seul effet lié
à l'OMC dans ce domaine est indirect, il pourrait venir de la libéralisation progressive du quota sur
le maïs. En effet, des achats de plus en plus massifs de maïs à l'étranger pourraient avoir pour
conséquence économique d'abaisser le prix intérieur du maïs et d'inciter les agriculteurs à
augmenter les superficies en soja. Concernant le tourteau de soja, l'évolution des importations
dépendra plus du maintien ou de la suppression de la TVA de 13 % sur le tourteau acheté à
l'étranger que des effets tarifaires proprement dits de l'intégration de la Chine à l'OMC.
Il en va autrement de l'impact de l'OMC sur les échanges d'huile de soja. Dans l'accord avec les
États-Unis, dont l'essentiel devrait être incorporé dans l'accord OMC, la Chine s'est engagée à
ouvrir progressivement son marché en mettant en place un système de quotas (TRQ's) pour le blé,
le riz, le maïs, le coton et l'huile de soja, avec élargissement graduel des quotas sur une période de 5
ans. Elle accepte notamment d'importer de l'huile de soja taxée seulement à 9 % - au lieu des 13 %
actuels - jusqu'à un quota de 1,7 Mt (amené progressivement à 3,3 Mt en 2005). Les marchandises
au-delà de ce quota seront importées librement mais taxées plus fortement (74 % en 2000 en
diminution jusqu'à 9 % en 2006). Les importateurs privés d'huile devraient prendre une part de plus
en plus importante à ce quota (50 % en 2000 en progression jusqu'à 90 % en 2005). Le système
devrait être aboli en 2006 et transformé en un tarif unique de 9 % pour des quantités illimitées
d'huile de soja. La Chine se prépare à cette situation en accroissant et modernisant depuis plusieurs
années son potentiel de trituration pour le rendre compétitif (voir dossier). Si cette restructuration
n'était pas efficace, les pays exportateurs (États-Unis, Argentine, Brésil, etc.) et les importateurs
chinois s'en trouveraient favorisés quand le pays aura officiellement rejoint l'OMC et au fur et à
mesure que les droits de douane diminueront dans les 3-4 années à venir.
CONCLUSION
L'économie mondiale du soja évolue rapidement, entraînant une profonde recomposition des
échanges internationaux de ce produit : croissance des capacités d'offre de tourteau et d'huile en
Amérique latine, émergence de nouveaux pays producteurs ou triturateurs (Inde, Nigeria, etc.),
augmentation des besoins de protéines pour l'alimentation animale en Asie, recherche de produits
de substitution aux farines carnées dans l'alimentation animale en Europe, renforcement de
l'exigence des consommateurs des pays développés. Mais plus que tout, les contours à venir du
marché mondial du soja (grain, tourteau, huile) dans un contexte de libéralisation des échanges
internationaux dépendront de l'évolution des modes alimentaires et de la compétitivité de la filière
en Chine. Ce pays est en effet à la fois un producteur non négligeable et le principal consommateur
de soja au monde.
REFERENCES
AgExporter, décembre 2000.
Agricultural Outlook, March 2000 and September 2000.
DABAT MH, LANÇON F. Fiche produit du CIRAD 1999 : marché international du soja.
Oils & Fats International, May 2000.
Public Ledger, plusieurs numéros.
USDA, Oilseeds : World Markets and Trade, January 2000 to December 2000.
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
OlEAGINEUX, CORPS GRAS, lIPIDES
Marché international du soja : des flux en
profonde recomposition
Oléagineux, Corps Gras, Lipides. Volume 8, Numéro 3, 191-8, Mai - Juin 2001, La filière
I.Résumé = Summary~
Auteur(s) : Marie-Hélène DABAT, Xiande LI, Frédéric LANCON, Cirad CA-Calim, TA 70/16,
73, rue J.-F. Breton, 34398 Montpellier Cedex 5, France.
Résumé : Le soja est le principal oléo-protéagineux produit et échangé au monde. Les flux sont
polarisés autour de trois grands ensembles géographiques : l'Amérique (États-Unis, Argentine,
Brésil), l'Europe occidentale et les pays asiatiques (Chine, Inde, Japon et NPI). La production et
la transformation du soja ont fortement crû dans les années 90 sous l'effet de la poussée des
pays américains. Le commerce des graines a tendance depuis peu à augmenter plus que celui
des principaux produits transformés (tourteau, huile), tiré par les achats asiatiques. Malgré les
qualités reconnues au soja (diversité des produits, qualités nutritionnelles, protection écologique),
les perspectives d'avenir de son marché et la recomposition des échanges internationaux sont
largement dépendantes de l'émergence de nouveaux pays fortement producteurs ou
consommateurs, de l'évolution de l'utilisation des OGM et des farines animales et des
conséquences de l'entrée de la Chine dans l'OMC.
Mots-clés : oléagineux, soja, tourteau, huile, commerce international.
Illustrations
200,...--==----------------------,
D E:q:ortation glain
150
D FluJ corocm m~
100
50
£::'ja Coon Alachide Tourn=1 CoIza Coplah Falme
Figure 1.
100
D Ex: portatio n to urta:l.u
D FrOO. corocmm~
75
50
25
£::,ja Coon Alachde Tourne;ol Colza Coplah Falme AJisson
Figure 2.
25 - r - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ,
D EXfXlrtation hu ile
20 D [Link]. ccmom me,
15
10
O+-L.-....L-..-'--........---'------I.----,...L.----'---r-L.-....L-..-'--........---'------I.----,-==---f
Eoja Coon Arac hde Tou rne;ol Colza Copra h Fal me FbisOCln
Figures 1, 2 et 3. Place du soja parmi les oléagineux en
1998/1999, en millions de tonnes = Mt (d'après FAS-USDA).
Remarque : les échelles des graphiques sont différentes.
Autre:; Ex 1'0 rtation
5%
Bre,i I
24% Etats-U nis
57 %
Figure 4. Répartition des flux de soja entre principaux
pays en 2000 à l'exportation (d'après FAS-USDA).
Autre:; IfllIortatio n
19% Union europeenne
Coree 34%
3%
Taiwan
5%
Mexique
8%
Figure 5. Répartition des flux de soja entre
principaux pays en 2000 à l'importation (d'après
FAS-USDA).
Paraguay Autre> Production
2% 6%
Etats-U nis
46%
Argentine
13 %
Breoi I
21 %
Figure 6. Répartition des flux de soja entre principaux pays
en 2000 à la production (d'après FAS-USDA).
700.------------------------,
-+- Huile
--- Graine
- . - Tour'eau
500
4CO
300
200
100
O+-----.---.------,,------.---.-------r---.------l
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 ~
• prhisions
Figure 7. Évolution des prix du soja : prix de la tonne en $
US à Rotterdam ; CAF pour la graine ; FOB pour l'huile et le
tourteau (d'après FAS-USDA)
Ta bl ea u 1. Evc fution de la pro [Link] de 50ja dam le5 prindpaux ptJ'f5 (mi/~er de' t).
1991 1994 19'JS 1'" 1997 1998
Mon de dont: 108430 136420 126 810 130520 143400 158 330 1:58 6:50 168540
[Link]-U nis 52420 68500 59240 64770 73 180 75 030 72 220 75380
Bresi"1 19 890 24910 25650 2J 560 26430 31 360 33 2KlO 35500
Argentine 10700 11 72 0 12130 12450 11 000 18 720 21 2KlO 24000
Chin e 11 ~1 0 16 010 13510 1J 230 14740 15 150 14290 15400
Inde 2600 3930 4990 521111 5350 6 1oIII 5 2~O 550111
~araguay 1 800 1 800 2210 .240~ 2670 .2 86~ 2 9110 J 1O~
~ Previ son.
Sourt:e : FA(I/FAS-USOA.
Tablea u 2. Evolltion de5 exporta~ioru de soja ties prindpaux umm;sseul'5 (mil~er de t).
1939/1991 1991/1998 1998/1999 1999/111' 21 1/1111"
m'yelle
Mon de dont: 25 .560 38 640 38670 46290 47770
ttats-U nl5 16 090 .23 690 .21 ~OO 26490 16130
Bresil 3570 8 7.50 8930 11 160 1.2 000
Argentine .2 lOO 3 no 3.230 4130 5000
Pdrd9uay 1180 2 390 2300 2200 2400
~ P~vi son,
Sourt:e : FAO/FAS-USOA,
Ta bl ea u 3. Evo /ution de5 imp:Htatioru de s(Jja cJf!5 pr./nopaux ache~eul'5 (milCier de t).
191911991 1997/1998 1998/1999 1999/211' 21'1/2111 ill'
m'yelle
Mon de dont : 25510 39 94~ 40430 47430 47510
Un ion eu ropeenn e 12800 16 88~ 16 770 15750 16650
Chin e .2 94~ 3 850 10 100 10 2alO
Japon 44JU 4 ~/IJ 4 ~'I U 49UU 4 I~U
Mexique 1 170 J 480 3 760 3950 4250
Ta'iwan .2 39~ 2 150 2300 2350
Coree 1 al40 1 34~ 1 400 1 550 1 7alO
* PrPvi ~hn.
Source: FAO/FA5-USOA,
Ta bl ea u 4. Evo fution de la trituration dans les prindpaux pays (mir/rer ae t).
1"2/1"3 1"1/1"8 1"8/'''' 1"'/211' 21 '/2111'"
Mon de dont : 96 75Gl 126 96ij 135 810 136 820 143580
ttats-U ni s 34 81 al 43 46~ 43.260 4.2 970 43270
Bre~i'l 15 550 19 90IJ 11 010 21 .2~0 12 000
Argentine 849Ql 13000 17510 17300 18250
Un ion eu ropeenn e 14 09Ql 16340 16230 15 160 16 060
Chin e 449Ql 10730 12 610 14870 17290
Inde 4770 5400 4400 4750
Mexique 3600 3950 4100 4300
japon 3 79Gl J 72!!l 3700 3730 3720
Ta'iw'an 2 3.2Ql 1070 1 900 1 9~0 .2 050
~ P~vi son,
Sou rt:e : FMI/FAS- US [lA,
Tiblei uS, l~lJtion dtJ o:portatiollJ tit tourtoou tit wja tin pmapwx klum;lltull (milftr de V.
1",9/1991 .",./199' 199'/1999 1999/21" U •• /2 ..1·
m.'.....
[Link]; 26 690 36 930 39 060 38 820 3' 890
Argentine ,280 10 230 1J 400 13 7,0 14400
Brtlil 8 720 9 8'i0 10 1'i0 9 'i20 10 100
Etitl-<Jnll 4730 8 460 6460 66'i0 ~ 3'i0
Union O\Hopernnc 3 760 ~ ~60 .5 010 .5 130 .5 130
Inde 1 100 2600 2 BOO 2 JlO 2 ,00
, "'"";,
","~e:
...
FAOIFAS-Ll'iD.\.,
Tiblei u 6. l~lJtion dtJ importatiollJ dt tourttOZl dt loja de ~oopoUl( achdftJll (militr tit I).
1994/1"5 19\17/1'" 19\1'/1999 1""/2'" U •• /2 ..1·
Mu" d" d""l: l1 410 l6 940 J9 270 19260 19 820
Union l'Uropeenne 1~ 800 16460 19 9'i0 19 770 20 120
AlriqueNord el Moym·Orimt J 01 0 3460 H40 3920 4 01 0
Amerique I,tine 2))0 J 500 3580 J 700 3840
0,., " 4200
;0 1 ""00
"" '""
, P"'>isbn,
","~e : FAS-Ll'iDA
Tiblei u 7. tl<llJuon dt la CllIIJMmltion dt tourttQIJ dt loja Cllll le {tiOOJXlIlK !ii1~atftJll (militr tit t).
11194/11195 11197/1119'1119'/1119' 1119'/2'" U .. /2 ... •
[Link]: 87470 101 090 107 040 109640 114480
Alie el Oa!inie 24 620 26 OlO 27910 30280
- dont Chine 5730 12 760 11 41 0 12430 14 220
Etitl-<Jnil 24 080 26 210 27 810 27560 28 300
Union l'Uro~l'Ime 24 740 27 660 26 8./:0 27 870
Am'riquel,tine 1l 340 14 460 1 S liO 1S , lO
- dont Brtlil 5 380 5900 6 6S0 7200 7 ""00
Alriq ue Nord el [Link] mt 4 460 4 8S0 5270 5530
• P"";,bo,
"'"~. : FAS-Ll'iOA
Tablea u 8. Evolltion de5 exporta~ioru d'tutile de soja des prinopoox fO!Jmisseul'5 (mi/~er de t).
1919/1 991 1997/199.8 1998}1999 1999/2.. I 21.112 In"
Mon de dont : 3701ll 6980 8210 722!ll 7390
Argentine 1 0211 2170 3140 3 04Q 3 180
Un Ion eu ropeenn e 1 1811 1 590 1 700 1 66Q 1 660
Bresil 730 1 180 1 380 1 13@ 1 21110
ttats-U ni 5 570 1 400 1 080 620 590
~ Pll!!vi son,
Sourt:e : FAO/FAS-USOA,
TIl bl ell U 9, Em Miofl dej imp:utatiom d'lmile de 50ja dei prifldpaw: aclietelJl'5 (miltier de U,
1994/1 995 199 7/199.8 1998 }1999 1999/2" I 2It I /2 In"
Mon de dont : 6780 7940 7 02~ 7 2~0
Asie 2880 3460 2 71 ~ 2730
Ame rique lati ne 1 360 1 840 1 77~ 1 920
Afriq ue Nord et Moyen -Orient 1 230 1 330 1 34~ 1 390
~ P~vi son,
Source: FAO/FAS-USOA,
Ta bl ea u 1 o. Ew f11tiofl de la (om ommation d'[Link] des oja des prindp:mx uti,s ateul'5 (miiiier de t).
19'J4/1995 1997/199' 1998}1999 1999/2..1 21.1/21n ""
Mon de dont : 19460 22 850 24580 24 3911 25800
ttats-U nls 5 8611 6920 7100 728Q 7440
Asle 6270 7750 723Q 8 010
- uunl Chin~ 2 .s3~ 3220 3 080 2 84~ 3360
- dont Inde 1 100 1 810 1 58!!i 1 660
Ame rique latl ne 4650 4930 5 14a 5380
- do nt Bresll 2750 2850 3 ooa 3130
Afriq ue Nord et Moyen -Orient 1 460 1 830 1 95a 2110
Un Ion eu ropeenn e 1 800 1 830 1 64~ 1 760
* Pll!!vi son,
Soulte : FAO/FA5-USOA,
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés