Poly Finance Options
Poly Finance Options
A. EYRAUD-LOISEL
2
Table des matières
3
5 Parité call-put avec dividendes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
V Exercices du chapitre 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4
1 Rappel sur les changements de probabilités . . . . . . . . . . . 95
2 Probabilité risque neutre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
3 Portefeuilles autofinançants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
4 Duplication d’un produit dérivé : EDP de Black et Scholes . . 99
5 Formule de Black et Scholes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
6 Volatilité implicite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
III Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
IV Une approximation numérique de la fonction de répartition de la loi
normale centrée réduite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
5
6
Première partie
7
Chapitre 1
Ce cours sera centré principalement sur la théorie des options, moteur de l’évolu-
tion des modèles en mathématiques financières, et exemple le plus flagrant de l’utilité
de la modélisation stochastique en finance.
Nous allons aborder dans ce premier chapitre des notions essentielles à l’appré-
hension et à la modélisation des marchés financiers. Un certain nombre de questions
apparaissent rapidement lorsque l’on commence à étudier les marchés financiers, et
plus particulièrement les marchés de produits dérivés.
– Qu’est-ce qu’une opportunité d’arbitrage ?
– Comment utilise-t-on les arbitrages en finance ?
– Qu’est-ce qu’un portefeuille de réplication ?
– Qu’est-ce qu’un marché complet ?
– Que signifie : étudier les options ?
C’est à ces questions, entre autres, que nous tenterons d’apporter une réponse dans
ce chapitre, et plus généralement tout au long de ce cours.
Les deux problématiques essentielles de l’étude des produits dérivés sont l’éva-
luation d’une part et la couverture d’autre part. Nous présenterons ces deux problé-
matiques dans ce chapitre introductif, puis nous nous intéresserons dans la deuxième
partie du cours, aux différents modèles d’évaluation d’options.
9
I Exemples d’Opportunités d’Arbitrage
1 Opportunités d’arbitrage sur le marché obligataire
On dit qu’un marché présente une opportunité d’arbitrage lorsqu’on peut mettre
en oeuvre une stratégie d’achat et de vente de différents titres qui ne coûte rien, et
rapporte un gain strictement positif (aujourd’hui ou à une date future).
Définition 1.1 On appelle souvent arbitrage de type 1 une stratégie où l’on n’in-
vestit aucun argent à la date 0 et où on a un gain strictement positif à la date
finale.
Définition 1.2 On appelle arbitrage de type 2 une stratégie qui rapporte à la date
0 une somme d’argent strictement positive, avec des flux futurs nuls.
a. Exemple 1
Si sur un marché coexistaient, au même prix de 99=C
– un zéro-coupon CHER à 6 mois, de nominal 100=C
– un autre zéro-coupon PASCHER à 6 mois également, de nominal 110=C
Alors il est clair que l’on pourrait s’enrichir facilement en mettant en oeuvre la
stratégie d’arbitrage suivante :
10
banques beaucoup d’arbitragistes, cette hypothèse apparaı̂t cohérente sur les mar-
chés, du point de vue d’un petit investisseur.
C’est cette hypothèse qui permet d’entreprendre des raisonnements par arbitrage
(semblables à des raisonnements par l’absurde en mathématiques). C’est ce qui va
permettre d’évaluer (pricer) les produits sur le marché (obligations, produits dérivés).
b. Exemple 2
On considère 2 obligations émises par l’Etat français, de maturité 2 ans, de même
nominal 1000=C . L’obligation 𝐴 verse un coupon de 100=C chaque année, alors que
l’obligation 𝐵 verse un seul coupon de 1000=C au bout de la première année. On
suppose que ces 2 obligations ont un prix de 1000 et 1735=C respectivement. Laquelle
vaut-il mieux acheter ? On suppose également qu’il existe 2 zéro-coupons 𝐶 et 𝐷 de
maturité 1 et 2 ans, de prix 95=C et 80=C pour 100=C de nominal. Le tableau des cash
flows est le suivant :
Produit Prix (t=0) t=1 t=2
A 1000 100 1100
B 1735 1000 1000
C 95 100 0
D 80 0 100
10 × 95 + 10 × 80 = 1750=C
L’obligation 𝐵 est donc sous-cotée sur le marché. Elle est donc intéressante à ache-
ter.
Il existe donc des opportunités d’arbitrage sur ce marché.
Exercice : les expliciter.
La présence de zéro-coupons sur le marché fournit un moyen de savoir si les obli-
gations sont sur- ou sous-cotées. A l’inverse, si on fait l’hypothèse d’AOA, on a un
moyen de valoriser les emprunts obligataires. C’est ce qu’on appelle le principe de
valorisation par arbitrage.
11
( ) 𝑇1
1 𝑁
et le taux annuel équivalent : 𝑧(𝑇 ) = (1 + 𝑟𝑇 ) − 1 = 𝑇 −1
𝑃𝑇
Si l’on dispose de suffisamment de zéro-coupons sur le marché, on peut construire
la courbe de 𝑧 en fonction de leur échéance 𝑇 , appelée courbe des zéro-coupons par
terme ou courbe des taux purs (yield curve ou zero-rate curve).
On distingue 3 cas :
– la courbe est constante : cela revient à supposer qu’il existe un taux d’intérêt
constant dans le temps, très peu courant en pratique.
– la courbe est croissante : c’est le cas le plus courant. En effet, plus l’échéance
est éloignée, plus le risque de taux est important, donc plus le marché exige
une rentabilité élevée.
– la courbe est décroissante : on observe ce phénomène lorsque le marché anticipe
une baisse des taux.
𝑛
∑ 𝐹𝑡𝑖
𝑃𝐴𝑂𝐴 =
𝑖=1
(1 + 𝑧(𝑡𝑖 ))𝑡𝑖
1
𝑃𝑌 =
(1 + 𝑧(2))2
Supposons que
𝑛
∑ 𝐹𝑡𝑖
𝑃𝐴 >
𝑖=1
(1 + 𝑧(𝑡𝑖 ))𝑡𝑖
12
Opération t=0 t=1 t=2 t=3
1
Acheter 𝐹1 titres 𝑋 −𝐹1 × 1+𝑧(1) +𝐹1 0 0
1
Acheter 𝐹2 titres 𝑌 −𝐹2 × (1+𝑧(2))2 0 +𝐹2 0
1
Acheter 𝐹3 titres 𝑍 −𝐹3 × (1+𝑧(1))3 0 0 +𝐹3
Vendre 𝐴 +𝑃𝐴 −𝐹1 −𝐹2 −𝐹3
Total >0 0 0 0
Ainsi, on construit une opportunité d’arbitrage, ce qui est absurde compte tenu de
l’hypothèse d’AOA sur le marché.
De même on montre que si 𝑃𝐴 < 𝑃𝐴𝑂𝐴 , on peut construire une opportunité d’arbi-
trage (en faisant les opérations inverses des précédentes.
En conclusion, 𝑃𝐴 = 𝑃𝐴𝑂𝐴 .
D’où l’importance, pour valoriser les obligations, de
– l’hypothèse d’AOA
– la présence de ”suffisamment” de zéro-coupons sur le marché, pour pouvoir
”répliquer” les produits à valoriser
Cette dernière propriété est ce que l’on appelle la complétude du marché (nous le
verrons un peu plus loin). Elle est liée en partie à la liquidité du marché, c’est-à-dire à
la grande disponibilité des produits financiers échangeables sur le marché. Attention
à ne pas confondre ces deux notions : liquidité et complétude sont liées mais ne sont
pas équivalentes.
Actif A B
𝜔1 : état hausse 80 80
𝜔2 : état baisse 35 35
Imaginons que le prix actuel de 𝐴 est de 50=C , et celui de 𝐵 est de 57=C . Comment
peut-on construire une stratégie qui nous fasse gagner de l’argent en 𝑡 = 0 sans en
perdre en 𝑡 = 1 ?
13
Le vendeur s’engage à livrer le titre ou le contrat à une certaine échéance sans les
posséder. Il devra, pour tenir son engagement, se les procurer en les achetant sur le
marché au jour de l’échéance sauf s’il décide de déboucler sa position plus tôt.
Une des conséquences majeures de l’absence d’opportunité d’arbitrage sur les mar-
chés financiers est la loi du prix unique (law of one price) :
Proposition 1.2 (Loi du prix unique) Sous l’hypothèse d’AOA, 2 actifs qui ont
exactement les mêmes payoffs ont le même prix.
C’est cette loi qui est la base de l’évaluation des produits financiers. En effet, un
corollaire de la loi précédente est :
Corollaire 1.1 Pour évaluer un actif, on peut utiliser une combinaison d’actifs
existants, qui donnerait exactement les mêmes payoffs que notre actif. Une telle
combinaison est appelée portefeuille de réplication (replicating portfolio).
b. Exemple 2
Considérons 3 actifs 𝐶, 𝐷 et 𝐸 de flux futurs à 𝑡 = 1 :
Actif 𝐶 𝐷 𝐸
State up 60 75 105
State down 20 40 50
Le prix de marché de 𝐶 et 𝐷 est respectivement 36=C et 50=C . Quel est le prix de
E?
14
II Formalisation des marchés financiers
1 Hypothèses sur le marché
– Les actifs sont divisibles à l’infini
– Le marché est liquide : on peut acheter ou vendre à tout instant
– On autorise les ventes à découvert
– Les échanges ont lieu sans coût de transaction
– On autorise les emprunts et les prêts illimités pour tous les agents au même
taux constant 𝑟 (accès à l’actif sans risque)
On suppose qu’il y a 𝑑 + 1 actifs financiers, dont les prix à l’instant 𝑡 sont donnés par
des variables aléatoires 𝑆𝑡 = (𝑆𝑡0 , 𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑑 ) à valeurs strictement positives, mesu-
rables par rapport à la tribu ℱ𝑡 (les investisseurs ont connaissance des cours actuels
et passés, mais pas des cours futurs).
Le vecteur 𝑆𝑡 = (𝑆𝑡0 , 𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑑 ) est le vecteur des prix à la date 𝑡. Les actifs numérotés
de 1 à 𝑑 sont les actifs risqués. L’actif 0 est le placement sans risque, de taux 𝑟.
– Cas discret : 𝑆00 = 1, et 𝑆𝑛0 = (1 + 𝑟)𝑛 (𝑟 est le taux discret sur la période de
base considérée).
Ainsi, 𝛽𝑛 = 𝑆10 = (1+𝑟) 1
𝑛 est le coefficient d’actualisation (de la date 𝑛 à la
𝑛
date 0) : c’est la somme d’argent qu’il faut investir en 0 pour avoir 1 en 𝑛 sans
risque.
– Cas continu : 𝑆𝑡0 = 𝑒𝑟𝑡 et 𝛽𝑡 = 𝑒−𝑟𝑡 .
15
– Dans le cas continu, on considérera des modèles continus (filtration brow-
nienne, continuité des trajectoires). Dans ce cas précis, tout processus adapté
(et continu, ce qui est le cas) est prévisible. Dans un cas général (modèle à
sauts par exemple),∪il faut bien définir des processus de portefeuilles prévi-
sibles : 𝜙𝑡 ∈ ℱ𝑡− = 𝑠<𝑡 ℱ𝑠 .
Signification : les variations de la valeur du portefeuille sur une période ne sont dues
qu’aux variations des prix des actifs sur le marché, et le réajustement se fait avec la
même valeur globale de portefeuille sur la période suivante.
- Cas discret
𝜙𝑛 .𝑆𝑛 = 𝜙𝑛+1 .𝑆𝑛
Cette relation est équivalente à
ou encore à
𝑉𝑛+1 (𝜙) − 𝑉𝑛 (𝜙) = 𝜙𝑛+1 .(𝑆𝑛+1 − 𝑆𝑛 )
- Cas continu (pour simplifier on prend 𝑑 = 1) : si on note 𝜙 = (𝜙0𝑡 , 𝜙1𝑡 ), 𝑉𝑡 (𝜙) =
𝜙0𝑡 𝑆𝑡0 + 𝜙1𝑡 𝑆𝑡 . Alors la condition d’autofinancement devient :
16
3 Formalisation de la notion d’arbitrage
Définition 1.7 Une stratégie est dite admissible si elle est autofinancée et si ∀𝑡 ≥
0, 𝑉𝑡 (𝜙) ≥ 0.
Remarque : 𝜙0𝑡 < 0 signifie un emprunt, et 𝜙𝑖𝑡 < 0 signifie une vente à découvert
(short selling).
Les emprunts et ventes à découvert sont donc permis, mais on impose à la valeur
du portefeuille d’être positive à tout instant : l’investisseur doit être en mesure de
rembourser ses emprunts à tout instant.
La notion d’arbitrage (réalisation de profit sans prendre de risque) est alors forma-
lisée de la façon suivante :
Définition 1.8 Une stratégie d’arbitrage est une stratégie admissible de valeur
initiale nulle et de valeur finale non nulle avec une probabilité strictement positive.
𝑋0 = 0, 𝑋𝑇 ≥ 0 et IP(𝑋𝑇 > 0) > 0
Cette hypothèse signifie simplement que si ma richesse aujourd’hui est nulle, elle ne
peut devenir positive et non identiquement nulle, ou encore qu’on ne peut gagner de
l’argent sans capital initial.
4 Comparaison de portefeuilles
Proposition 1.3 En AOA, si deux portefeuilles autofinancés 𝑋 et 𝑌 ont même
valeur en 𝑇 , ils ont même valeur en 0.
𝑋𝑇 = 𝑌𝑇 =⇒ 𝑋0 = 𝑌0
17
Proposition 1.4 En AOA, si deux portefeuilles autofinançants 𝑋 et 𝑌 ont même
valeur en 𝑇 , ils ont presque sûrement même valeur en tout instant 𝑡 ≤ 𝑇 .
𝑋𝑇 = 𝑌𝑇 =⇒ ∀𝑡 ≤ 𝑇 𝑋𝑡 = 𝑌𝑡 , IP-p.s.
en 𝑡 en 𝑇
Sur {𝑋𝑡 > 𝑌𝑡 } Achat de 𝑌 en 𝑡 𝑌𝑡 𝑌𝑇
Vente de 𝑋 e, 𝑡 −𝑋𝑡 −𝑋𝑇
Placement du gain à la banque 𝑋𝑡 − 𝑌𝑡 > 0 (𝑋𝑡 − 𝑌𝑡 )𝑒𝑟(𝑇 −𝑡) > 0
Valeur 0 >0
Sur {𝑋𝑡 ≤ 𝑌𝑡 } Valeur 0 0
5 marchés complets
On définit une option européenne d’échéance 𝑇 par la donnée d’une variable aléa-
toire ℎ ≥ 0, ℱ𝑇 -mesurable, représentant le profit que permet l’exercice de l’option.
18
Définition 1.9 On dit que ℎ est réplicable (ou simulable, atteignable), attainable
en anglais, si il existe une stratégie admissible dont la valeur finale à l’instant 𝑇 est
égale à ℎ.
Définition 1.10 On dit qu’un marché est complet si tout actif contingent est répli-
cable. On dit qu’il est incomplet sinon.
Théorème 1.2 Un marché avec AOA est complet si et seulement si il existe une
unique probabilité risque-neutre.
Ce résultat n’est plus vrai dans le cas des modèles continus. L’existence d’une
probabilité risque-neutre entraı̂ne toujours l’absence d’opportunité d’ar-
bitrage mais la réciproque est fausse. Il faut renforcer l’hypothèse d’absence
d’opportunité d’arbitrage pour parvenir à construire une probabilité risque neutre.
On peut se référer pour cela aux travaux de F. Delbaen et W. Schachermayer, ou
à l’article de 1981 de Harrison et Pliska. En effet, ils montrent que dans des mo-
dèles continus, on n’est pas sûrs de l’existence d’une probabilité neutre au
risque. Il faut en général supposer qu’il en existe une (et donc que l’ensemble des
mesures martingales n’est pas vide) pour pouvoir travailler. Dans le cas particulier
du modèle de Black et Scholes, on en exhibe une, ce qui montre l’existence d’une
probabilité neutre au risque. Mais dans le cas de modèles plus complexes, on ne sait
pas montrer en général l’existence d’une probabilité neutre au risque.
19
III Exercices
Exercice 1.1 On considère un marché monopériodique avec 3 états de la nature
possibles : up, down and stable.
2 actions 𝐴, 𝐵 sont échangées sur le marché. Leurs prix à l’instant 0 sont respecti-
vement 12= C et 21=C . A l’instant 𝑡 = 1 voici les payoffs des actions selon les états
possibles de la nature :
Etat 𝑡=1
Prix de 𝐴 Prix de 𝐵
𝜔1 = 𝑢 15 25
𝜔2 = 𝑠 12 20
𝜔3 = 𝑑 9 16
On considère maintenant un actif dérivé 𝐷, dont les payoffs dans les divers états de
la nature possibles à 𝑡 = 1 sont :
Etat prix de 𝐷 à 𝑡 = 1
𝜔1 = 𝑢 120
𝜔2 = 𝑠 100
𝜔3 = 𝑑 80
Exercice 1.2 La matrice suivante représente les payoffs de 3 actifs dans un marché
à 4 états de la nature : ⎡ ⎤
1 3 1
⎢ 3 0 1⎥
𝐴=⎢ ⎣−1 3 1⎦
⎥
1 1 1
où les lignes représentent les valeurs des 3 actifs à un état donné, et les colonnes
représentent les valeurs d’un actif dans les 4 états de la nature possible.
1. Suppose que le prix de chaque actif est 1. Y a-t-il une opportunité d’arbitrage
sur ce marché ? Si oui, donner le composition d’un portefeuille d’arbitrage.
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2. On suppose que le prix du premier actif est 2, alors que le prix des 2 autres
est toujours 1.
On ajoute un actif qui vaut 0 dans tous les états de la nature, sauf l’état 1, où
il vaut 1.
Remarque : : cet actif est appelé l’actif d’Arrow-Debreu correspondant à l’état
1.
Cet actif est-il déjà disponible sur le marché ? (c’est-à-dire est-il déjà réplicable
par un portefeuille formés d’actifs de ce marché ?)
Le marché obtenu est-il complet ?
Exercice 1.3 La matrice des payoffs de 4 actifs dans un marché avec 4 états de la
nature est donnée par : ⎛ ⎞
2 13 7 22
⎜4 12 8 24⎟
𝐴=⎜ ⎝1 11 6 18⎠
⎟
5 15 6 26
où les lignes représentent la valeur des 4 actifs dans un état donné, et les colonnes
représentent la valeur des payoffs de l’actif correspondant dans es 4 états.
1. Ce marché est-il complet ? Pourquoi ? (trouver un actif redondant et en donner
un portefeuille répliquant).
2. On rajoute l’actif d’Arrow-Debreu correspondant à l’état 1 : l’actif dont la
valeur est 1 dans l’état 1 et 0 ailleurs. Est-il disponible (=atteignable) dans
ce marché ? Si oui donner son portefeuille de réplicaction, et si non, dire si le
marché obtenu en rajoutant cet actif est complet ou non.
21
1 Solutions
Solution 1.1 1. Nous obtenons à résoudre un système de 3 équations à 2 incon-
nues, linéairement indépendantes, il n’y a donc pas de solution ! Si on suppose
que notre portefeuille répliquant possède 𝑛𝐴 actifs 𝐴 et 𝑛𝐵 actifs 𝐵, on obtient
le système à résoudre :
15𝑛𝐴 + 25𝑛𝐵 = 120
12𝑛𝐴 + 20𝑛𝐵 = 100
9𝑛𝐴 + 16𝑛𝐵 = 80
Ce système n’a pas de solution : cela signifie que l’actif 𝐷 n’est pas réplicable
sur le marché formé des actifs 𝐴 et 𝐵. Ce marché n’est donc pas complet.
Solution 1.2 1. La portefeuille 𝜙 = (1, 1, −2) investi dans les 3 actifs, qui a
pour prix 0 à l’instant 0, est une opportunité d’arbitrage. Pour le vérifier, il
suffit de calculer le payoff de cette stratégie dans les 4 états de la nature :
⎛ ⎞
2
1⎟
𝐴.𝜙′ = ⎜
⎜
⎟
⎝0⎠
0
Ces payoffs sont strictement positifs dans 2 états de la nature. C’est donc une
opportunité d’arbitrage.
Remarque : : Trouver une opportunité d’arbitrage revient donc à trouver un
portefeuille 𝜙 tel que 𝜙.𝑃 = 0 où 𝑃 est le vecteur des prix des divers actifs, et
𝐴.𝜙′ ≥ 0 avec l’un au moins de ses composants qui est > 0.
22
2. On peut vérifier alors qu’il n’existe plus d’opportunité d’arbitrage.
Le marché ainsi obtenu est complet. Le vecteur (1, 0, 0, 0) est linéairement in-
dépendant des autres vecteurs actifs, il n’est donc pas atteignable sur le marché
de départ, et la matrice des prix ainsi formée est inversible : tout actif sera
réplicable.
Il n’y a pas de solution : cet actif n’est pas atteignable. Il complète donc le
marché : si on le rajoute au marché, celui-ci devient complet. La matrice formée
des actifs 1,2,3 et de ce dernier actif est inversible.
23
24
Chapitre 2
Les produits dérivés ne datent pas du 𝑋𝑋 𝑒𝑚𝑒 siècle. L’exemple historique ma-
jeure est la Hollande du 𝑋𝑉 𝐼𝐼 𝑒𝑚𝑒 qui proposait un marché d’options sur la tulipe.
En effet, un hiver rigoureux impliquait une récolte moyenne et une hausse des cours
et inversement. Voulant se prémunir contre une baisse des cours et voulant stabiliser
leurs revenus, les producteurs ont cherché une solution financière. A l’inverse, les
négociants désireux de s’enrichir, proposèrent aux producteurs des options qui leur
conféraient le droit de vendre leurs productions de bulbes à des prix prédéterminés.
Cette expérience innovante n’allait cependant pas durer...
Après un hiver particulièrement doux, le cours du bulbe s’effondra. Les producteurs
usèrent massivement de leurs options, et les négociants ne purent pas faire face.
Une analyse postérieure a montré que la faillite de ce marché s’explique par la sous-
estimation de la prime de l’option. En fait, il fallut attendre 1973, pour que deux
américains, Black et Scholes (et Merton) proposent un modèle mathématiques pour
l’évaluation des options.
Nous faisons d’abord une présentation des notions fondamentales liées aux op-
tions (définition, exemples, caractéristiques...), puis nous étudierons les bornes à
l’intérieur desquelles doivent se situer les valeurs des options pour éviter les oppor-
tunités d’arbitrage.
25
I Définitions
1 Produits dérivés
Qu’appelle-t-on produits dérivés ?
26
2 Qu’est-ce qu’une option ?
Définition 2.2 Une option financière est un produit dérivé qui donne le droit (et
non l’obligation) d’acheter (option d’achat, ou call) ou de vendre (option de vente,
ou put) une quantité donnée d’un actif financier (action, obligation, indice boursier,
devise, matière première, autre produit dérivé, etc...), appelé actif sous-jacent à un
prix précisé à l’avance (prix d’exercice), à une date d’échéance donnée, appelée date
d’exercice (option européenne) ou à une période donnée, appelée période d’exercice
(option américaine).
Le gain final du détenteur de l’option est appelé payoff de l’option.
Remarque : Les options européennes peuvent donc être exercées uniquement à une
date donnée, la date d’exercice, tandis que les options américaines peuvent être exer-
cées à tout moment, pendant une période donnée, en général toute la période entre
l’instant 0 et 𝑇 la date d’échéance de l’option. En anglais, on parle de european
option, american option ou US-style option.
L’option est négociable si elle est échangée sur un marché organisé, et de gré à gré
ou OTC (Over The Counter) dans le cas contraire.
Dans les marchés organisés, les contrats d’options sont standardisés. Un contrat de
base est défini par les 4 paramètres suivants : le titre sous-jacent, la date d’échéance,
le prix d’exercice, et la nature (call ou put) de l’option. C’est ce que l’on appelle une
série.
Exemple : la série ELF/Décembre03/80/Put sur le MONEP.
Les options peuvent être utilisées soit en couverture de risque de baisse ou de hausse,
soit pour spéculer à la baisse ou à la hausse. Nous en verrons des exemples.
27
Il y a 4 positions de base : l’achat du call, celui du put, la vente du call et celle
du put. Ces positions seront étudiées plus loin, ainsi que leurs combinaisons les plus
courantes.
Les titres (actifs) supports (sous-jacents) sont très variés : actions, contrats à terme,
devises, taux d’intérêt, indices boursiers, marchandises, métaux, indices de tempé-
rature ou même options...
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3 Exemples d’options
Les options décrites jusqu’ici (européenne, américaine) sont dites vanille (ou plain
vanilla options), car ce sont les premières apparues, les plus répandues et les plus
simples. Elles sont échangées sur des marchés organisés. Toute option qui n’est pas
vanille (c’est-à-dire ni européenne ni américaine) est appelée option exotique. En
voici une liste (non exhaustive) d’exemples :
𝑋 = 𝐶1l𝑆𝑇 ≥𝐾
Ces options sont relativement chères, car le payoff est toujours positif (sou-
vent strictement, sauf si le maximum ou le minimum est précisément atteint à
l’échéance).
D’autres options sur minimum ou maximum offrent comme payoff la différence
entre le prix d’exercice 𝐾 et la valeur du minimum, ou du maximum sur la
29
période [0; 𝑇 ]. L’acheteur de l’option est sûr d’avoir le meilleur prix pour lui
pendant toute la durée de vue de l’option.
– Les options à barrière (barrier option) sont des call ou des put standards,
mais dont l’exercice n’est autorisé que si le cours du sous-jacent franchit (knock
in, ou option à barrière activante) (ou au contraire ne franchit pas, knock out,
ou option à barrière désactivante) un seuil (appelé barrière).
Ces options peuvent être activées ou désactivées (c’est-à-dire créées ou annu-
lées) par le passage du sous-jacent au dessus ou en dessous de la valeur limite
(la barrière).
Ceci permet de réduire le risque du vendeur et donc le prix pour l’acheteur
puisqu’elle ne produit ses effets que dans un nombre plus limité de situation. Il
existe 8 types d’options à barrière selon qu’elle soit d’achat ou de vente, avec
activation ou désactivation, par franchissement à la hausse ou à la baisse de la
barrière.
Les options parisiennes sont des options à barrière avec une clause particu-
lière sur la durée de franchissement de la barrière. Une option parisienne est
un option qui n’est activée (devient effective) ou désactivée (cesse d’exister)
que si l’actif sous-jacent passe en dessous ou au dessus d’une barrière sans la
refranchir dans le sens inverse pendant une certaine durée déterminée par le
contrat.
L’exigence d’une durée minimum de franchissement de la barrière est une pro-
tection contre le risque de manipulation des marchés qui est toujours possible
pour les options à barrière qui n’a pas cette contrainte.
– Les options quanto sont des call ou des put standards, sur des titres étran-
gers, mais payés dans la devise locale. Ces options doivent alors prendre en
compte le taux de change.
– Les options cliquet permettent à l’acheteur de bloquer ses gains réalisés sur
le sous-jacent au cours d’intervalles déterminés pendant la durée de l’option,
de sorte que ces gains lui restent acquis même en cas de mouvement inverse
ultérieur.
On parle aussi d’options lock-in, ou reset.
– Les Options sur panier sont des options, vanilles en générale, dont l’actif
30
sous-jacent est une combinaison linéaire d’actifs (panier de devises ou panier
d’actions).
31
– les obligations convertibles : des obligations classiques qui peuvent être conver-
ties en actions à certaines dates dans le futur à des ratios de conversion pré-
déterminés
Remarque : On parle d’options même en dehors des marchés financiers :
– Les options en assurance :
Certains contrats d’assurance (vie) comportent des options : de nombreuses
clauses contractuelles peuvent être interprétées comme des options (par exemple
les clauses de rachat anticipé).
Exemple : Dans les contrats d’épargne par exemple, il existe des clauses qui
permettent au détenteur du contrat de racheter son contrat avant l’échéance
(souvent échéance correspondant à un avantage de défiscalisation). Ces clauses
peuvent être évaluées comme des options cachées ou hidden options.
– Les options dite ”réelles” :
Par analogie aux options financières, on appelle option réelle sur une activité
nouvelle, le fait qu’une entreprise fasse un premier investissement d’essai dans
cette activité dont on elle ne sait pas si elle vaudra la peine d’investir plus
avant.
Par analogie avec l’option du financier, on parle donc d’option réelle pour
caractériser la position d’un industriel qui bénéficie d’une certaine flexibilité
dans la gestion d’un projet d’investissement. Il est en effet possible de limiter
ou d’accroı̂tre le montant de l’investissement compte tenu de l’évolution des
perspectives de rentabilité, tout comme un financier peut exercer ou non son
option sur un sous-jacent. Cette flexibilité détient une valeur qui est tout sim-
plement la valeur de l’option réelle.
Une méthode de valorisation d’actifs de production est de les considérer comme
des options réelles ayant pour sous-jacent le bien qu’ils produisent. Les projets
d’investissement contiennent souvent des options,
– option d’abandon du projet, peut être vue comme un put américain sur la
valeur du projet
– option d’extention du projet, peut être vue comme un call américain sur la
valeur du projet
Exemple : Les options réelles sont utilisées pour les forages pétroliers.
32
II Valeur des options
1 Facteurs influençant la valeur des options
Plusieurs facteurs peuvent influencer la valeur d’une option sur action,
– Le cours du sous-jacent (de l’action) à la date d’évaluation (𝑆0 ) : quand 𝑆
augmente, la valeur 𝐶 du call augmente, et la valeur 𝑃 du put diminue, à prix
d’exercice 𝐾 fixé.
– Le prix d’exercice, ou strike, 𝐾 : plus ce dernier est élevé, plus le call est
bon marché, et plus le put est cher, puisque, en cas d’exercice, 𝐾 sera payé
par le détenteur du call, et encaissé par le détenteur du put.
33
– La volatilité du prix du sous-jacent 𝜎 : celle-ci est mesurée par l’écart-type
de la distribution du taux de rentabilité du support. Plus le cours du titre est
volatile, plus il a de chances, au terme d’une période donnée, de s’élever au
dessus du prix d’exercice (ce qui est favorable au call), et plus il a de chances
de descendre en dessous de celui-ci (cas favorable au put). Ceci implique que le
call et le put son d’autant plus chers que la volatilité du sous-jacent est forte.
34
des options, sauf éventuellement dans le cas du put européen.
– Le taux d’intérêt sans risque 𝑟 : En tant que coût d’opportunité d’un place-
ment alternatif, le loyer de l’argent influence la valeur des options. Les argu-
ments précédents expliquent pourquoi les calls sont d’autant plus chers et les
puts d’autant moins chers que les taux d’intérêt sont élevés.
35
Pour un put européen, le payoff est
𝑃 (𝑇 ) = 𝑚𝑎𝑥(0; 𝐾 − 𝑆𝑇 ) = (𝐾 − 𝑆𝑇 )+
36
3 Effet de levier des options
C’est le nom que porte la démultiplication des taux de rentabilité et de risque
permise par les opérations sur les options. L’acheteur du call ou du put bénéficie
d’un effet de levier potentiellement très important si son option n’expire pas sans
valeur.
Exemple : Supposons par exemple qu’il ait acheté 4, 8 un call à six mois, de prix
d’exercice 100=C , sur un support qui valait 98=C . Au terme des six mois, le support
vaut 107=C .
Un investissement dans le support aurait rapporté
(107 − 98)/98 = 9, 2%
Le taux de rentabilité de l’actif est multiplié par presque 5 pour avoir le taux de
rentabilité de l’option. C’est ce que l’on appelle l’effet de levier des options.
Bien entendu, si le support ne vaut que 100=C , le détenteur de ce dernier a gagné
2, 04% et l’acheteur du call a perdu 100% de son investissement : l’effet de levier
joue dans les deux sens, mis à part le fait que la perte potentielle est limitée à 100%.
37
– un call de prix d’exercice 𝐾 = 3150 valait 168,86 points, et le put 118,98
– un call de prix d’exercice 𝐾 = 3200 valait 140,41 points, et le put 140,41
– un call de prix d’exercice 𝐾 = 3250 valait 115,17 points, et le put 1465,06
– un call de prix d’exercice 𝐾 = 3300 valait 93,26 points, et le put 193,03
Le valeur intrinsèque de l’option est la différence (positive ou nulle) entre le cours
du support, et le prix d’exercice. La différence entre le cours de l’option et sa valeur
intrinsèque est ce que l’on appelle la valeur temps.
Une option dite dans la monnaie (in-the-money) engendrerait un flux positif si elle
était exercée immédiatement. Un call est dans la monnaie si et seulement si 𝑆 > 𝐾.
Une option dite à la monnaie (at-the-money) engendrerait un flux nul si elle était
exercée immédiatement. Un call est dans la monnaie si et seulement si 𝑆 = 𝐾.
Une option dite en dehors de la monnaie (out-of-the money) engendrerait un flux né-
gatif si elle était exercée immédiatement. Un call est dans la monnaie si et seulement
si 𝑆 < 𝐾.
Exemple : Considérons à une date 𝑡 l’indice CAC 40 cotant 3195,02 points, et consi-
dérons les options suivantes,
– un call de prix d’exercice K = 3150 est à la monnaie,
– un call de prix d’exercice K = 3200 est dans la monnaie,
– un call de prix d’exercice K = 3250 est en dehors de la monnaie.
Remarque : La valeur temps est faible pour les options très in, et très out-of-the-
money. Pour les call, elle tend vers 0 quand le cours 𝑆𝑡 tend vers 0, et vers 𝐾(1 −
𝑒−𝑟(𝑇 −𝑡) ) lorsque 𝑆𝑡 tend vers l’infini (c’est une conséquence de la relation de parité
call-put, cf ci après). La valeur temps est maximale, toutes choses étant égales par
ailleurs, pour les options at-the-money.
La position de la courbe représentative de la valeur du call ou du put dépend, à 𝑆𝑡
et 𝐾 donnés, des paramètres de volatilité, de taux d’intérêt et de la date d’échéance.
38
III Stratégies statiques élémentaires
En combinant entre eux des calls et des puts de prix d’exercice différents, on
peut définir des stratégies, dites statiques, car ne nécessitant aucune révision avant
l’échéance des options.
1 Les straddles
a. Straddle
Le straddle ou stellage est une stratégie boursière consistant à acheter ou à vendre
le même nombre de puts ou de calls sur la même valeur sous-jacente, avec les mêmes
dates et prix d’exercice.
L’acheteur d’un straddle anticipe une forte variation du cours sans toutefois en
connaı̂tre le sens. Cette variation doit être suffisamment importante pour lui per-
mettre de couvrir le montant des deux primes.
39
b. Les strips et les straps
Un strip consiste en une position longue sur un call, et sur 2 puts de prix d’exer-
cice et de dates d’échéances identiques.
Un strap est une position longue sur deux calls et sur un put de mêmes prix d’exer-
cice et de mêmes dates d’échéances.
Dans un strip, l’investisseur parie sur une forte variation du cours de l’action, mais
estime qu’elles est plus probable à la baisse qu’à la hausse.
c. Strangle
40
2 Ecart haussier/baissier (spread)
Une stratégie de spread implique de prendre une position sur deux options au
moins, du même type (c’est-à-dire deux options d’achat ou deux options de vente,
ou davantage).
a. Bear Spread
L’écart (ou tunnel) baissier (ou bear spread) consiste en l’achat d’un call avec
prix d’exercice 𝐾2 et la vente d’un call avec prix d’exercice 𝐾1 , où 𝐾2 > 𝐾1 .
On peut également construire un écart baissier en combinant l’achat d’un put de
prix d’exercice 𝐾1 avec la vente d’un put de prix d’exercice 𝐾1 , où 𝐾1 < 𝐾2 .
C’est la stratégie privilégiée face à une anticipation de baisse (modérée) du titre.
Revenus d’une stratégie de Bear Spread
Valeur Revenus de la position Revenus de la position Revenus
de l’action longue sur le call courte sur le call totaux
𝑆 𝑇 ≥ 𝐾2 𝑆 𝑇 − 𝐾2 𝐾1 − 𝑆 𝑇 −(𝐾2 − 𝐾1 )
𝐾1 < 𝑆 𝑇 < 𝐾2 0 𝐾1 − 𝑆 𝑇 −(𝑆𝑇 − 𝐾1 )
𝑆 𝑇 ≤ 𝐾1 0 0 0
b. Bull Spread
L’écart (ou tunnel) haussier (ou bull spread) consiste en l’achat d’un call de prix
d’exercice 𝐾1 et la vente d’un call de prix d’exercice 𝐾2 , où 𝐾2 > 𝐾1 .
On peut également construire cette stratégie en combinant l’achat d’un put de prix
d’exercice 𝐾2 avec la vente d’un pu de prix d’exercice 𝐾1 , où 𝐾2 > 𝐾1 .
C’est la stratégie privilégiée face à une anticipation de hausse (modérée) du titre.
Une stratégie de bull spread limite pour l’investisseur aussi bien les avantages en cas
de hausse que les risques en cas de baisse.
On parle de bull spread agressif lorsque l’on achète 2 call en dehors de la monnaie
(faible coût de mise en oeuvre, mais faible probabilité de fournir un gain élevé, limité
à 𝐾2 − 𝐾1 ). Si l’un des calls, ou les 2 sont dans la monnaie, le bull spread est dit
défensif.
41
Revenus d’une stratégie de Bull Spread
Valeur Revenus de la position Revenus de la position Revenus
de l’action longue sur l’option d’achat courte sur l’option d’achat totaux
𝑆 𝑇 ≥ 𝐾2 𝑆 𝑇 − 𝐾1 𝐾2 − 𝑆 𝑇 𝐾2 − 𝐾1
𝐾1 < 𝑆 𝑇 < 𝐾2 𝑆 𝑇 − 𝐾1 0 𝑆 𝑇 − 𝐾1
𝑆 𝑇 ≤ 𝐾1 0 0 0
c. Box Spread
Un box spread est la combinaison d’un bull spread fondé sur des calls de prix
d’exercice 𝐾1 et 𝐾2 , et d’un bear spread fondé sur des puts de même prix exercice
que les calls. Voici le tableau récapitulatif des flux terminaux engendrés par cette
stratégie. Ils sont toujours égaux à 𝐾2 − 𝐾1 . La valeur initiale d’un box spread
est donc toujours égale à la valeur actuelle de la différence 𝐾2 − 𝐾1 , sinon cela
révélerait des stratégies d’arbitrage. Si par exemple son prix est plus faible, il faut
acheter cette stratégie. Cela revient à acheter un call de prix d’exercice 𝐾1 , acheter
un put de prix d’exercice 𝐾2 , vendre un call de prix d’exercice 𝐾2 et vendre un put
de prix d’exercice 𝐾1 .
42
3 Butterfly Spread
Un butterfly spread, ou spread papillon, implique des positions sur des options
de 3 prix d’exercice différents.
Il consiste par exemple en l’achat de 2 calls (ou 2 puts) de prix d’exercice 𝐾1 et 𝐾3 ,
et de la vente de 2 autres calls (ou puts) de prix d’exercice 𝐾2 , avec 𝐾1 > 𝐾2 > 𝐾3 .
Généralement, 𝐾2 est proche du cours actuel. Un acheteur de papillon anticipe de
faibles fluctuations, de sens inconnu, et permet de s’assurer des pertes limitées.
4 Condor
Un condor consiste en l’achat de 2 calls (ou put) de prix d’exercice 𝐾1 et 𝐾4
simultanément à la vente de 2 calls (ou puts) de prix d’exercice 𝐾2 et 𝐾3 , avec
𝐾1 < 𝐾2 < 𝐾3 < 𝐾4 .
Un vendeur de condor anticipe de fortes fluctuations, de sens inconnu, et permet de
s’assurer des pertes et des pertes limitées.
5 Calendar Spread
Jusqu’à présent, on a supposé que les options composant les spreads arrivaient
toutes à échéance à la même date. Les calendar spread ou spread calendaires sont
des stratégies dans lesquelles les options ont le même prix d’exercice mais des dates
d’échéance différentes.
43
Un calendar spread peut par exemple être réalisé en vendant un call de prix d’exercice
donné et en achetant un call de même prix d’exercice maid dont la date d’échéance
est plus éloignée. Plus la durée de vie de l’option est longue, plus son prix est en
général élevé. On représente en général le profil de gain d’un calendar spread à la date
d’échéance de la première option, en supposant que la seconde option est revendue
à cette date.
44
IV Relations d’arbitrage
1 Bornes sur les prix d’options
Les bornes sont des outils précieux, qui peuvent servir pour vérifier qu’un algo-
rithme de valorisation est bien implémenté par exemple.
– Une option d’achat ne peut jamais valoir plus que l’action sous-jacente 𝑆0 , que
l’option soit européenne ou américaine. Aussi, 𝐶 ≤ 𝑆0 (sinon une opportunité
d’arbitrage serait possible en achetant l’action, et en vendant le call).
– De même, une option de vente ne peut jamais valoir plus que que le strike 𝐾,
en particulier, à maturité. On peut en déduire que sa valeur aujourd’hui ne
peut pas dépasser la valeur actualisée du strike, i.e. 𝑃 ≤ 𝐾𝑒−𝑟𝑇 .
– Une option d’achat ne peut jamais valoir moins que 𝑆0 − 𝐾𝑒−𝑟𝑇 (valeur actua-
lisée de son payoff), aussi on en déduit que
– Une option de vente ne peut jamais valoir moins que 𝐾𝑒−𝑟𝑇 − 𝑆0 , aussi on en
déduit que
𝑃 ≥ 𝑚𝑎𝑥{𝐾𝑒−𝑟𝑇 − 𝑆0 ; 0}.
Proposition 2.1 Alors, en AOA, les prix des calls et des puts en 𝑡 sont reliés par
la relation de parité call-put standard :
𝐶𝑡 − 𝑃𝑡 = 𝑆𝑡 − 𝐾𝐵(𝑡, 𝑇 )
en 0 en 𝑡 en 𝑇
Port. 1 Achat d’un Put européen en 𝑡 𝑃𝑡 (𝐾 − 𝑆𝑇 )+
Achat d’un actif risqué en 𝑡 𝑆𝑡 𝑆𝑇
Valeur 𝑃 𝑡 + 𝑆𝑡 (𝐾 − 𝑆𝑇 )+ + 𝑆𝑇
Port. 2 Achat d’un Call européen en 𝑡 𝐶𝑡 (𝑆𝑇 − 𝐾)+
Achat de 𝐾 actifs sans risque en 𝑡 𝐾𝐵(𝑡, 𝑇 ) K
Valeur 𝐶𝑡 + 𝐾𝐵(𝑡, 𝑇 ) (𝑆𝑇 − 𝐾)+ + 𝐾
45
On peut remarquer que l’on a
(𝐾 − 𝑆𝑇 )+ + 𝑆𝑇 = 𝐾1l{𝑆𝑇 ≤𝐾} + 𝑆𝑇 1l{𝐾≤𝑆𝑇 } = (𝑆𝑇 − 𝐾)+ + 𝐾
Donc, les deux portefeuilles ont des flux finaux égaux, et donc en AOA des valeurs
égales a tout instant 𝑡 ≤ 𝑇 . Ceci nous donne la relation de parité Call-Put attendue.
Remarque : Cette relation est intrinsèque a l’absence d’opportunité d’arbitrage sur
le marché et ne dépend en rien du modèle d’évolution imposé aux actifs.
On peut déduire le même genre de résultat pour le cas des options américaines.
Toutes ces propriétés peuvent se résumer dans la proposition suivante :
Proposition 2.2 Dans le cas d’options européennes, si 𝐶𝑡 et 𝑃𝑡 désignent les prix
du call et du put à la date 𝑡,
𝑚𝑎𝑥{𝑆0 − 𝐾𝑒−𝑟𝑇 , 0} ≤ 𝐶0 ≤ 𝑆0 ,
𝑚𝑎𝑥{𝐾𝑒−𝑟𝑇 − 𝑆0 , 0} ≤ 𝑃0 ≤ 𝐾𝑒−𝑟𝑇 .
On a de plus la formule de parité
𝐶𝑡 − 𝑃𝑡 = 𝑆𝑡 − 𝐾𝑒−𝑟(𝑇 −𝑡)
La relation de parité call-put a la signification économique importante suivante :
sur les quatre instruments financiers que sont le titre support, le call, le put et l’ac-
tif sans risque, l’un quelconque est redondant, c’est-à-dire qu’on peut le répliquer
à l’aide des 3 autres. Par exemple, l’achat du call est identique à l’achat du put
correspondant et du titre support, financé par un emprunt sur le marché monétaire.
C’est la raison pour laquelle on peut créer des call, des puts, des supports et des
instruments de taux d’intérêts synthétiques.
Naturellement, la parité et donc cette redondance ne sont pas absolues dans la réalité,
du fait de l’existence de coûts de transaction.
46
Preuve : Dans le seul cas standard (sans dividende), le call américain ne vaut
pas plus cher que son homologue européen. En effet, si on note 𝐶ˆ le prix du call
américain, on a de manière claire 𝐶ˆ ≥ 𝐶 puisque le call américain procure plus de
droits que son homologue européen. Grâce à la relation de parité call-put, on a
𝐶ˆ ≥ 𝐶 = 𝑃 + 𝑆 − 𝐾𝑒−𝑟𝑇 ≥ 𝑆 − 𝐾𝑒−𝑟𝑇 > 𝑆 − 𝐾
D’où 𝐶ˆ > 𝑆 − 𝐾.
La valeur temps du call étant toujours strictement positive, il ne faut jamais l’exer-
cer avant l’échéance 𝑇 . Par conséquent, le caractère américain du call ne présente
ici aucun avantage et 𝐶ˆ = 𝐶.
Le cas du call est, en pratique, très important, car les modèles d’évaluation sup-
posent souvent que l’option est européenne, alors qu’elle est plus souvent américaine.
Dans ce cas standard, et pour le seul call, ces modèles sont strictement équivalents.
ˆ 2 ) ≥ 𝐶(𝑇
Proposition 2.5 si 𝑇2 > 𝑇1 , alors 𝐶(𝑇 ˆ 1 ) et 𝑃ˆ (𝑇2 ) ≥ 𝑃ˆ (𝑇1 ).
en 0 en 𝑇
Portefeuille 1 Achat de l’actif 𝑆0 en 0 𝑆0 𝑆𝑇
Vente de 𝐹 (0, 𝑇 ) zéros coupons en 0 −𝐹 (0, 𝑇 )𝐵(0, 𝑇 ) −𝐹 (0, 𝑇 )
Valeur 𝑆0 − 𝐹 (0, 𝑇 )𝐵(0, 𝑇 ) 𝑆𝑇 − 𝐹 (0, 𝑇 )
Portefeuille 2 Achat du contrat Forward en 0 0 𝑆𝑇 − 𝐹 (0, 𝑇 )
Donc en AOA, on a
𝑆0
𝐹 (0, 𝑇 ) = .
𝐵(0, 𝑇 )
Exemple : Montrer que de manière plus générale, on obtient :
𝑆𝑡
𝐹 (𝑡, 𝑇 ) = .
𝐵(𝑡, 𝑇 )
47
5 Parité call-put avec dividendes
Proposition 2.6 – Si le titre support au comptant détache un dividende certain
𝐷 à une date future certaine 𝑡 ≤ 𝑇 , la relation de parité call-put devient :
𝐶 − 𝑃 = 𝑆 − 𝐾𝑒−𝑟𝑇 − 𝐷𝑒−𝑟𝑡
𝐶 − 𝑃 = 𝑆𝑒−𝑑𝑇 − 𝐾𝑒−𝑟𝑇
C’est le cas, en particulier, sur les devises, 𝑑 dénotant alors le taux d’intérêt
étranger, et 𝑟 le taux d’intérêt domestique.
Dans la plupart des cas, il peut être optimal d’exercer une option américaine
in-the-money avant sa date d’échéance. Voici l’un des cas possibles :
Preuve :
48
V Exercices du chapitre 2
Exercice 2.1 Tracer le graphe des stratégies suivantes :
1. Call couvert ou covered call : Position longue (achat) sur une action, et position
courte (vente) sur une option d’achat sur la même action.
2. Position courte sur une action et position longue sur une option d’achat.
3. Protective Put : Position longue sur une option de vente, et position longue
sur une action.
4. Position courte sur une option de vente, et position courte sur une action.
Ces graphes vous rappellent-t-ils des stratégies connues ? Expliquer ces similitudes à
l’aide de la relation de parité call-put.
Exercice 2.2 Un box spread est la combinaison d’un bull spread fondé sur des calls
de prix d’exercices 𝐾1 et 𝐾2 , et d’un bear spread fondé sur des puts de mêmes prix
d’exercices.
1. Dresser le tableau des payoffs possibles d’une telle stratégie selon les valeurs
de 𝑆𝑇 .
2. Supposons qu’une action cote 50= C avec une volatilité de 30%, aucun dividende
n’est attendu, et le taux sans risque est de 8%. Un trader vous offre l’opportu-
nité de vendre sur le MONEP un box spread à 2 mois, au prix de 5, 1= C avec
des prix d’exercice de 55=C et 60=C . Profitez-vous de cette occasion ?
3. Qu’en est-il si vous découvrez que le produit proposé à la vente par le trader
avait un caractère américain ? Etait-ce aussi alléchant qu’il y paraissait ?
Les données des prix d’options sur le marché sont les suivants :
Type Prix Option Option
d’option d’exercice européenne américaine
Call 60 0,26 0,26
Call 55 0,96 0,96
Put 60 9,46 10,00
Put 55 5,23 5,44
Exercice 2.3 Trois options de vente sur une action ont la même date d’échéance
et des prix d’exercice de 55=C , 60=C , 65= C . Leurs prix sont respectivement de 3= C,
5=C et 8=C .Expliquez de quelle manière réaliser un butterfly spread. Construisez un
tableau présentant les bénéfices d’une telle stratégie. Pour quelles valeurs de l’action
le butterfly spread entraı̂ne-t-il une perte ?
Exercice 2.4 Construire un graphique représentant les variations des gains et pertes
d’un investisseur en fonction de la valeur de l’action à l’échéance pour les porte-
feuilles suivants :
1. Une action et une position courte sur un call
2. 2 actions et une position courte sur 2 calls
3. 1 action et une position courte sur 2 calls
4. Une action et une position courte sur 4 calls
Dans chaque cas vous supposerez que le call a un prix d’exercice égal à la valeur de
l’action au moment de la prise de position.
49
Solution 2.1 Graphes Cf Hull p. 222
1. = Position courte sur une option de vente (=vente d’un put)
2. = Position longue sur une option de vente (=achat d’un put)
3. = Position longue sur une option d’achat (=achat d’un call)
4. = Position courte sur une option d’achat (=vente d’un call)
La relation de parité call-put donne une explication à cette ressemblance : cette re-
lation s’écrit :
𝑝 + 𝑠0 = 𝑐 + 𝐾𝑒−𝑟𝑇 + 𝐷
où 𝑝 est le prix du put européen, 𝑆0 le cours actuel de l’action, 𝑐 la valeur du call
européen, 𝐾 le prix d’exercice des deux options, 𝑟 le taux d’intérêt sans risque, 𝑇
le temps à parcourir jusqu’à l’échéance des deux options, et 𝐷 la valeur actuelle des
dividendes éventuellement versés durant la vie de l’option.
Cette équation montre qu’une position longue sur un put, combiné avec une posi-
tion longue sur une action est l’équivalent d’une position longue, combinée avec des
liquidités d’un montant égal à 𝐾𝑒−𝑟𝑇 + 𝐷. Cela explique pourquoi le profil de gain
du protective put est identique à celui qui découle d’une position longue sur un call.
Idem pour le cas N˚4, qui est la position symétrique, donc identique à une position
courte sur un call.
De même on peut réécrire la relation de parité call-put comme :
𝑆0 − 𝑐 = 𝐾𝑒−𝑟𝑇 + 𝐷 − 𝑝
Et donc une position longue sur une action combinée avec une position courte sur un
call est équivalente à une position courte sur un put, plus un montant de liquidités
égal à 𝐾𝑒−𝑟𝑇 (cas n˚2). Et le cas n˚1 est donc similaire à une position longue sur
un put.
Solution 2.2 Cette transaction est attractive puisque la valeur terminale est à coup
sûr 5=
C dans 2 mois. Vous encaissez donc 5, 1= C immédiatement, et vous les placez
au taux sans risque, ce qui vous permettra sans difficulté de payer les 5=C dans 2
mois. En fait, la valeur théorique du box spread devrait être égale à :
5 × 𝑒−0,08×2/12 = 4, 93=
C
50
Deuxième partie
51
Chapitre 3
Le modèle binomial est très pratique pour les calculs, et la plus grande partie des
résultats se généralise aux modèles en temps continu, comme nous le verrons dans
l’étude du modèle de Black et Scholes.
I Exemple introductif
Supposons que nous cherchions à évaluer un call européen d’échéance 3 mois, et
de prix d’exercice 21=C . Le cours de l’action est actuellement de 20=C . Pour simpli-
fier, supposons que, dans 3 mois, le cours de l’action ne peut prendre que 2 valeurs :
22=C et 18=C . L’option n’a alors que 2 valeurs possibles à la fin des 3 mois : 1=C si
l’action atteint 22=C , et 0=C si il tombe à 18=C .
Un raisonnement simple peut alors être utilisé pour évaluer l’option. La seule
hypothèse nécessaire est l’absence d’opportunité d’arbitrage. Il suffit de construire
un portefeuille comprenant l’action et l’option, de manière q u’il n’y ait aucune
incertitude sur la valeur de celui-ci à la fin des trois mois. Si le portefeuille est sans
risque, sa rentabilité est forcément égale au taux sans risque (ie la valeur initiale
est forcément égale à la valeur actualisée de la valeur certaine du portefeuille ainsi
constitué). On peut donc en déduire le coût de constitution du portefeuille, et donc
par conséquent, le prix de l’option.
53
Soit un portefeuille constitué de Δ actions achetées et d’un call vendu. La valeur
de Δ est choisie de façon à ce que le portefeuille choisi soit sans risque. Si le cours
progresse de 20=C à 22=C , la valeur des actions est alors 22=C et le call vaut 1=C . La
valeur du portefeuille est donc 22Δ − 1. Si l’action baisse de 20=C à 18=C , la valeur
du portefeuille est 18Δ. Le portefeuille ainsi constitué est sans risque si
22Δ − 1 = 18Δ
Soit
Δ = 0, 25
Un portefeuille sans risque est donc constitué de
– achat de 0, 25 actions
– vente d’une option
Si le cours atteint 22=C , la valeur du portefeuille est
22 × 0, 25 − 1 = 4, 5=C
18 × 0, 25 = 0, 45=C
20 × 0, 25 − 𝑓 = 5 − 𝑓 = 4, 367=C
D’où
𝑓 = 0, 633=C
En l’absence d’opportunité d’arbitrage, la valeur de l’option doit être 0, 633=C . Si
elle était supérieurs, le portefeuille coûterait moins de 4,367=C à sa création et rap-
porterait donc + que le taux sans risque, d’où opportunité d’arbitrage, et si c’est
l’inverse, une position courte sur le portefeuille équivaudrait à un emprunt à un taux
inférieur au taux sans risque.
54
II Le modèle binomial à une période
1 le modèle
Nous présentons ici une première approche des arbres binomiaux, et leur relation
avec le principe connu sous le nom d’évaluation risque-neutre. Ce modèle est aussi
appelé modèle de Cox-Ross-Rubinstein (article pionnier datant de 1979).
Le raisonnement de l’exemple ci-dessus peut être généralisé en considérant une ac-
tion de prix 𝑆0 et une action sur cette action dont la valeur est 𝑓 .
Considérons un marche à deux dates : 𝑡 = 0 et 𝑡 = 1, et deux actifs.
Ω est l’ensemble des états du monde : 2 états possibles selon la valeur de l’actif
risqué en 𝑡 = 1, état ”haut” 𝜔𝑢 ou ”bas” 𝜔𝑑 . Ω = {𝜔𝑢 , 𝜔𝑑 }.
ℱ0 = {∅, Ω}
Cette tribu représente l’ensemble des parties de Ω dont je puisse dire à l’instant
𝑡 = 1 si elles sont réalisées ou non. Evidemment, ℱ0 ⊂ ℱ1 , en effet plus on avance
dans le temps plus on acquiert de l’information.
Remarque : Une va est ℱ1 mesurable ssi elle est connue avec l’information donnée
par 𝐹1 , ie déterminée à l’instant 1. ℱ1 est la tribu engendrée par 𝑆1 .
55
Définition 3.1 Un produit dérivé (ou actif contingent) est une va ℱ1 -mesurable.
Définition 3.2 Ici, une stratégie de portefeuille simple consiste en une stratégie
(𝑥, Δ) où 𝑥 désigne le capital initial, et Δ la quantité d’actif risqué.
Le portefeuille ne subit aucune rentrée ou sortie d’argent entre 0 et 1 (il n’y a qu’une
période). La stratégie de portefeuille simple consiste en l’achat à la date 0 de Δ actifs
risqués, et de 𝑥 − Δ𝑆0 actifs sans risque. La valeur du portefeuille à la date 0 est
donc 𝑋0 = 𝑥. Sa valeur à la date 1 est
On l’appelle stratégie de portefeuille simple car elle ne comporte que des actifs de
base du marché : l’actif sans risque et l’actif risqué.
Théorème 3.1 Tout produit dérivé 𝐶 est duplicable par une stratégie de portefeuille
simple (𝑥, Δ). Le marché est complet.
56
Corollaire 3.1 Le prix du produit dérivé 𝐶 donnant des flux 𝐶1𝑢 et 𝐶1𝑑 dans les
états ”up” et ”down” est donc :
( )
1 𝑅−𝑑 𝑢 𝑢−𝑅 𝑑
𝐶0 = 𝐶 + 𝐶
𝑅 𝑢−𝑑 1 𝑢−𝑑 1
𝑆0 𝑢Δ − 𝐶1𝑢
𝑆0 𝑑Δ − 𝐶1𝑑
𝑆0 𝑢Δ − 𝐶1𝑢 = 𝑆0 𝑑Δ − 𝐶1𝑑
D’où
𝐶1𝑢 − 𝐶1𝑑
Δ=
𝑢𝑆0 − 𝑑𝑆0
l’hypothèse d’AOA nous assure que la rémunération d’un tel portefeuille sans risque
doit être le taux sans risque. Donc la valeur actuelle du portefeuille doit être
1
(𝑆0 𝑢Δ − 𝐶1𝑢 )
𝑅
Et son coût de constitution est
𝑆0 Δ − 𝐶 0
où 𝐶0 est le prix de l’option à l’instant initial. D’où l’égalité entre le coût de consti-
tution et la valeur actuelle du portefeuille :
1
𝑆0 Δ − 𝐶 0 = (𝑆0 𝑢Δ − 𝐶1𝑢 )
𝑅
D’où ( 𝑢 ) 𝐶1𝑢
𝐶 0 = 𝑆0 Δ 1 − +
𝑅 𝑅
Et en remplaçant Δ par son expression :
( )
1 𝑅−𝑑 𝑢 𝑢−𝑅 𝑑
𝐶0 = 𝐶 + 𝐶
𝑅 𝑢−𝑑 1 𝑢−𝑑 1
On retrouve bien la formule recherchée.
Remarque : On remarque que l’espérance de rentabilité de l’action n’intervient pas
dans l’évaluation. En effet la formule précédente ne fait pas intervenir les probabilités
de variation du cours de l’action à la hausse ou à la baisse. Cela semble surprenant et
57
contre-intuitif. On penserait plutôt intuitivement que plus la probabilité de hausse
de l’action est élevée, plus la valeur du call augmente, et la valeur du put diminue. En
réalité, cette probabilité de hausse ou de baisse est une information ”déjà contenue”
ou incorporée dans le cours initial de l’action, et dans le taux sans risque (si on fixe
les valeurs terminales et que l’on change les probabilités de hausse ou de baisse, la
valeur initiale de l’action augmente, ce qui change 𝑢 et 𝑑 et donc le prix de l’option).
De plus il ne faut pas oublier que l’on évalue l’option en constituant un portefeuille
formé d’actions, donc la probabilité de hausse ou de baisse intervient dans l’évolution
du portefeuille de couverture.
𝑅−𝑑
𝑞=
𝑢−𝑑
L’expression
𝑞𝐶1𝑢 + (1 − 𝑞)𝐶1𝑑
est alors le payoff espéré de l’option. Grâce à cette interprétation de 𝑞, l’équation
d’évaluation établit que la valeur de l’option, à la date d’aujourd’hui, est l’espérance,
sous cette probabilité, de sa valeur future, actualisée au taux sans risque.
C’est cette probabilité (qui ne dépend pas de 𝐶), sous laquelle le prix actuel de 𝐶
est l’espérance de sa valeur future actualisée, qu’on appelle probabilité neutre au
risque.
58
Remarque : Pour créer un arbitrage, on a de nouveau acheté celui qui rapporte le plus
et vendu celui qui rapporte le moins. Finalement, si l’une des inégalités 𝑑 < 𝑅 < 𝑢
n’était pas vérifiée, un des actifs rapporterait toujours plus que l’autre, et l’hypothèse
d’AOA ne serait plus vérifiée.
Définition 3.3 On appelle probabilité neutre au risque toute probabilité équi-
valente à IP qui rende martingale toute stratégie autofinançante simple actualisée,
ie telle que :
˜ 1 ou de manière équivalente 𝑋0 = 1 IEℚ [𝑋1 ] .
[ ] [ ]
𝑋˜ 0 = IEℚ 𝑋˜ 1 ∣ℱ0 = IEℚ 𝑋
𝑅
Remarque : Deux probabilités sont dites équivalentes lorsqu’elles ont les mêmes
ensembles négligeables, ie qu’elles chargent les mêmes états du monde (ie qu’elles
ont une densité de Radon-Nikodym l’une par rapport à l’autre). Ici, cela signifie
simplement que ℚ(𝜔𝑑 ) > 0 et ℚ(𝜔𝑢 ) > 0.
Remarque : Ici, sur une seule période, être une martingale signifie simplement que
IEℚ (𝑋1 ) = 𝑋0 : l’espérance des valeurs futures est égale à la valeur initiale, autrement
dit le portefeuille est équilibré.
Proposition 3.2 Si 𝑑 < 𝑅 < 𝑢, alors il existe une probabilité neutre au risque ℚ,
qui est donnée par
𝑅−𝑑
𝑞 = ℚ(𝜔𝑢 ) = (3.1)
𝑢−𝑑
59
Démonstration : Soit Δ ∈ ℝ tel que le portefeuille simple de valeur initiale nulle
associé vérifie 𝑋1 ≥ 0. Comme ℚ est une probabilité risque neutre, on a :
et 𝑋1 est une variable aléatoire positive d’espérance nulle, donc est nulle ℚ-p.s. et
comme IP et ℚ sont équivalentes (elles ont les mêmes négligeables), IP(𝑋1 > 0) = 0.
Théorème 3.2 AOA ⇔ 𝑑 < 𝑅 < 𝑢 ⇔ il existe une proba neutre au risque
Proposition 3.4 Le portefeuille de couverture de l’option est donné par une valeur
initiale égale à la valeur initiale de l’option, et un investissement dans Δ actifs
risqués, où la quantité d’actifs risqués est donné par :
Proposition 3.5 Comme le marché est complet (tout actif est réplicable par une
stratégie de portefeuille simple), il y a unicité de la probabilité risque neutre.
60
Démonstration : En effet, prenons deux probabilités risque neutre ℚ1 et ℚ2 .
Pour tout ℬ ∈ ℱ1 , 1lℬ est un produit dérivé car il est ℱ1 -mesurable, donc il est
duplicable par un portefeuille autofinançant (𝑥, Δ) et l’on a
61
Notons 𝑞 la probabilité de hausse du cours de l’action dans l’univers risque-neutre.
Elle est calculée à partir de l’équation 3.1 :
𝑅−𝑑
𝑞=
𝑢−𝑑
où ici 𝑅 = 𝑒0,12×3/12 . Ce qui nous donne 𝑞 = 0, 6523. (il suffit d’utiliser 𝑑 = 18/20 et
𝑢 = 22/20).
Pour calculer la probabilité risque-neutre, on peut aussi résoudre tout simplement
l’équation correspondante au raisonnement suivant : l’espérance de rentabilité de
l’action dans l’univers risque-neutre est égale au taux sans risque, soit 12%. La
probabilité 𝑞 doit donc satisfaire :
Et on retrouve 𝑞 = 0, 6523.
A l’issu des 3 mois, l’option d’achat a une probabilité 𝑞 = 0, 6523 de valoir 1=C
et une probabilité 1 − 𝑞 = 0, 3477 de valoir 0. Ainsi, sa valeur espérée à l’échéance
est donc :
0, 6523 × 1 + 0, 3477 × 0 = 0, 6523
Dans l’univers risque-neutre, cette valeur espérée doit être actualisée au taux sans
risque, donc la valeur aujourd’hui est :
0, 6523𝑒0,12×3/12 = 0, 633=C
L’espérance de payoff de l’option dans l’univers réel est donc égal à 𝑝+(1−𝑝)×0 =
0, 7041. Malheureusement, on ne sait pas quel taux d’actualisation appliquer au
payoff de l’option dans l’univers réel. Une position sur une option d’achat est plus
risquée qu’une position dans une action. Par conséquent, le taux d’actualisation à
appliquer au payoff d’un call est bien supérieur à 16%. Sans connaı̂tre la valeur de
l’option, nous ne pouvons pas savoir de combien ce taux doit être supérieur à 16%.
62
L’évaluation risque-neutre résout le problème : dans l’univers risque-neutre, l’espé-
rance de rentabilité de tous les actifs, et donc le taux d’actualisation à utiliser pour
tous les payoffs espérés, est le t aux sans risque.
Remarque : : Puisqu’ici la valeur de l’option est 0,633, on peut en déduire le taux
d’actualisation du payoff de l’option, qui vaut 42, 58%, puisque 0, 633 = 0, 7041𝑒0,4258×3/12 .
𝑝𝑆0 𝑢 + (1 − 𝑝)𝑆0 𝑑
𝑒𝜇Δ𝑡 (𝑢 + 𝑑) − 𝑢𝑑 − 𝑒2𝜇Δ𝑡 = 𝜎 2 Δ𝑡
63
Lorsque les termes en Δ𝑡3/2 ou d’ordre supérieur sont négligés, une solution à cette
équation est
√
𝑢 = 𝑒𝜎 Δ𝑡
(3.3)
√
−𝜎 Δ𝑡
𝑑 = 𝑒
Ce sont les valeurs proposées par Cox, Ross et Rubinstein (1979) pour ajuster 𝑢 et 𝑑.
L’analyse menée dans ce chapitre montre que l’on peut remplacer l’arbre du
graphique précédent par celui-ci dans l’univers neutre au risque :
𝑞 𝑢.𝑆0
𝑆0
1 − 𝑞 𝑑.𝑆0
Dans cet univers risque-neutre, la rentabilité espérée est cette fois égale à 𝑟, la
probabilité associée est
𝑒𝑟Δ𝑡 − 𝑑
𝑞=
𝑢−𝑑
Et un calcul rapide de la variance nous donne :
Ceci montre que lorsque l’on passe de l’univers réel à l’univers neutre au risque,
l’espérance du taux de rentabilité de l’action change, mais la volatilité reste la même
(du moins lorsque le pas de temps tend vers 0). C’est une illustration du théorème
de Girsanov (souvenez-vous : passer d’un univers à l’autre change le drift mais pas
la dérive...).
64
V Modèle à 2 périodes
L’analyse précédente peut être étendue à un arbre binomial à deux périodes, tel
qu’il est présenté sur le graphique suivant.
1 Exemple
Ici, on présente un exemple où le cours initial de l’action est 20=C , et à chacune
des périodes, il peut augmenter ou baisser de 10%. Nous supposons dans l’exemple
que chaque période dure 3 mois et que le taux sans risque est de 12% par an. Comme
dans l’exemple précédent, le prix d’exercice de l’option est supposé égal à 21=C .
65
Au noeud 𝐶, la valeur de l’option est nulle, car elle conduit à 2 noeuds possibles
pour lesquels la valeur de l’option est nulle.
La valeur de l’option au noeud 𝐵 est calculée en prenant appui sur la partie de
l’arbre représentée ci-après. On a donc un modèle binomial à une période, 𝑢 = 1, 1,
𝑑 = 0, 9, 𝑟 = 0, 12, et 𝑇 = 3 mois.
Remarque : : Il faut noter que cet exemple est construit avec des paramètres 𝑢 et
𝑑 (qui sont les rentabilités de l’action à la hausse et à la baisse) indépendants de la
date et du noeud considéré. De plus, les périodes ont même durée. Par conséquent, la
probabilité risque-neutre, 𝑞, est la même à chaque noeud. On peut bien entendu faire
la même chose avec des probabilités risque-neutre différentes, en faisant attention à
les recalculer à chaque noeud. Cela nous donne le graphique suivant :
66
2 Cas général
On peut généraliser ce raisonnement. Prenons le cas d’une action dont le cours
initial est 𝑆0 , et durant chaque période, le cours est multiplié par 𝑢 ou 𝑑. La notation
de la valeur de l’option est 𝑓𝑖𝑗 où 𝑖 désigne l’évolution sur la première période et 𝑗
sur la deuxième (par exemple après 2 hausses successives, l’option vaut 𝑓𝑢𝑢 ). Le taux
d’intérêt sans risque est noté 𝑟 et chaque période dur Δ𝑡 années.
Graphique 3.7 : Variations du cours de l’action
𝑆0 𝑢𝑢
𝑆0 𝑢
𝑆0 𝑢𝑑
𝑆0
𝑆0 𝑑𝑢
𝑆0 𝑑
𝑆0 𝑑𝑑
Variations de la valeur de l’option
𝑓𝑢𝑢
𝑓𝑢
𝑓𝑢𝑑
𝑓
𝑓𝑑𝑢
𝑓𝑑
𝑓𝑑𝑑
Les équations relatives à l’évaluation sur chaque sous-période s’écrivent, en notant
𝑞 la probabilité risque neutre égale à
𝑒𝑟Δ𝑡 − 𝑑 𝑅−𝑑
𝑞= = (3.4)
𝑢−𝑑 𝑢−𝑑
𝑟Δ𝑡
en notant 𝑅 = 𝑒 le facteur de capitalisation sur une période.
1
𝑓𝑢 = [𝑞𝑓𝑢𝑢 + (1 − 𝑞)𝑓𝑢𝑑 ] évaluation au noeud 𝐵 (3.5)
𝑅
1
𝑓𝑑 = [𝑞𝑓𝑑𝑢 + (1 − 𝑞)𝑓𝑑𝑑 ] évaluation au noeud 𝐶
𝑅
1
𝑓 = [𝑞𝑓𝑢 + (1 − 𝑞)𝑓𝑑 ] évaluation au noeud 𝐴
𝑅
67
3 Un exemple avec une option de vente
Les procédures décrites dans ce chapitre sont applicables à l’évaluation de n’im-
porte quel produit dérivé tant que le prix de l’actif sous-jacent varie de façon bino-
miale.
Considérons un put européen à 2 ans, de prix d’exercice 52=C sur une action cotée
actuellement 50=C . La durée de vie de l’option est divisée en 2 périodes d’un an
chacune, et à chaque période, le cours de l’action augmente de 20% ou baisse de
20%. Le taux sans risque est supposé égal à 5%.
L’arbre de cette situation est représenté sur le graphique suivant
𝑒0,05×1 − 0, 8
𝑞= = 0, 6282
1, 2 − 0, 8
Les valeurs finales possibles de l’action sont 72=C , 48=C et 32=C . Dans ce cas, 𝑓𝑢𝑢 = 0,
𝑓𝑢𝑑 = 𝑓𝑑𝑢 = 4, et 𝑓𝑑𝑑 = 20. On déduit de l’équation 3.6
La valeur du put est donc 4,1923= C . Ce résultat peut également être obtenu en
utilisant l’équation 3.2 et en calculant les valeurs de l’option à chaque noeud, et à
chaque date, en débutant par la fin (ce procédé est appelé induction arrière). Le
graphique suivant donne les valeurs intermédiaires de l’option ainsi calculées :
68
4 Les options américaines
Jusqu’à présent, toutes les options considérées étaient de type européen. Nous
allons maintenant aborder succinctement la façon de traiter les options de type amé-
ricain à l’aide d’arbres binomiaux.
Reprenons l’exemple précédent en supposant que l’option de vente est a présent une
option américaine.
La procédure consiste à calculer la valeur sur chaque noeud de l’arbre, par induc-
tion arrière, c’est-à-dire en partant de l’échéance et en revenant vers la date initiale,
tout en testant à chaque noeud s’il est optimal ou non d’exercer prématurément
l’option. La valeur de l’option sur les noeuds terminaux (à la date d’échéance) est
la même que celle des options européennes, puisque à cette date il n’y a plus de
différence entre ces 2 types d’options. Par contre, sur les noeuds intermédiaires, la
valeur de l’option est le maximum entre
– La valeur donnée par l’équation 3.2
– Le payoff procuré par l’exercice anticipé de l’option
Le graphique suivant montre de quelle manière le graphique précédent est modifié
si c’est une option américaine et non une option européenne qui est évaluée.
et le payoff d’un exercice anticipé est égal à 2. Dans ce cas, comme pour le noeud 𝐵,
il n’est pas optimal d’exercer prématurément l’option et sa valeur est bien 5, 0894.
69
VI Le delta
A ce stade, nous faisons une première présentation du delta, paramètre essentiel
de la gestion et la couverture des options.
Définition 3.4 Le delta d’une option se définit comme la variation de la valeur de
l’option rapportée à la variation de prix de l’action sous-jacente.
Il représente le nombre d’unités d’action à détenir pour chaque option vendue,
afin de créer un portefeuille sans risque. Il est identique au Δ introduit au début de
ce chapitre (exemple introductif).
La construction d’une telle couverture est parfois appelée ”couverture delta-neutre”
ou delta hedging. Le delta d’un call est positif, alors que le delta d’un put est négatif,
puisque le prix d’un call est une fonction croissante du prix de l’action sous-jacente,
et le prix du put une fonction décroissante.
Sur les graphiques 3.3 et 3.6, le delta correspondant aux variations du cours de
l’action pour la première période est
2, 0257 − 0
Δ1 = = 0, 5064
22 − 18
Celui correspondant à la seconde période en cas de hausse :
3, 2 − 0
Δ2 = = 0, 7273
24, 2 − 19, 8
Et celui correspondant à la seconde période en cas de baisse :
0−0
Δ′2 = = 0, 7273
19, 8 − 16, 2
Ces quantités correspondent aux quantités d’actions qu’il est nécessaire de posséder
sur la période correspondante pour couvrir l’option. Cet exemple à deux périodes
montrent que le delta change à chaque date, pour la période suivante. C’est une
couverture dite ”dynamique” (à opposer aux stratégies dites ”statiques”). Dans ce
cas, le delta à la date 𝑡 = 1 passe de 0,5064 à 0,7273 ou à 0. Dans le but de
maintenir une couverture sans risque, il faut ajuster le nombre d’actions détenues
en portefeuille à chaque période.
Une stratégie de couverture de l’option consiste donc à acheter 0,5064 actions à
l’instant initial, sur la première période, puis sur la 2ème période réajuster sa position
soit en rachetant 0,2209 actions supplémentaires afin d’en détenir 0,7273 en cas de
hausse de l’action, soit en revendant toutes les actions en cas de baisse (l’option n’a
plus aucune valeur, inutile donc de la couvrir).
70
Exercice 3.1 Trouver la stratégie de delta hedging du put européen décrit dans la
section 3 (graphiques 3.8 et 3.9).
Solution 3.1 Le delta du put sur la première période est donné par
1, 4147 − 9, 4636
Δ1 = = −0, 4024
60 − 40
Pour la seconde période, il vaut
0−4
Δ2 = = −0, 1667 en cas de hausse (3.7)
72 − 48
4 − 20
Δ′2 = = −1 en cas de baisse
48 − 32
Il faut donc vendre à découvert 0,4024 actions sur la première période pour couvrir
l’option de vente, puis réajuster sa position soit en rachetant 0,2357 actions afin de
n’en détenir que -0,1667 en cas de hausse de l’action, soit en revendant à découvert
encore 0,5976 actions en cas de baisse, afin d’en détenir -1 au total sur la 2ème
période.
De sorte que
𝑒(𝑟−𝑣)Δ𝑡 − 𝑑
𝑞=
𝑢−𝑑
c’est la probabilité risque neutre pour l’évaluation d’options avec dividende.
Comme dans le cas des actions √ ne versant pas de √dividendes, on tient compte de la
𝜎 Δ𝑡
volatilité en retenant 𝑢 = 𝑒 et 𝑑 = 1/𝑢 = 𝑒−𝜎 Δ𝑡 .
71
Solution 3.2 Dans ce cas, on a :
De la même manière, une devise peut être vue comme un actif payant un taux
de dividende égal au taux sans risque étranger, 𝑟𝑓 . Par analogie avec ce qui vient
d’être fait pou les options sur indices, on peut évaluer les options sur devises à l’aide
des équations précédentes, en posant 𝑅 = 𝑒(𝑟−𝑟𝑓 )Δ𝑡
72
Graphique : Variations de la valeur de la devise
0, 677
0, 654
0, 632
0, 632
0, 632
0, 610
0, 589
0, 610
0, 632
0, 610
0, 589
0, 589
0, 589
0, 569
0, 550
Graphique : Variations de la valeur de l’option
0, 077
0, 054
0, 032
0, 033
0, 015
0, 019
0
0, 007
0
0
On obtient une valeur d’option de 0,019.
Les options sur contrat futures Cela ne coûte rien de rendre une position
longue sur un contrat futures. Il s’ensuit que, dans l’univers risque-neutre, le taux
de croissance espéré de la valeur d’un tel contrat est nul. Comme précédemment,si
on note 𝐹0 le prix future initial, le prix futur espéré est toujours le même, 𝐹0 . On en
déduit :
𝑞𝑢𝐹0 + (1 − 𝑞)𝑑𝐹0 = 𝐹0
ou encore
1−𝑑
𝑞=
𝑢−𝑑
Et on peut à nouveau utiliser l’évaluation risque neutre du modèle binomial pour
évaluer une option sur un tel contrat.
Exercice 3.4 Un prix future est aujourd’hui à 31 et a une volatilité de 30%. Le
taux sans risque est de 5% annuel. Evaluer le prix d’un put américain à 9 mois sur
ce contrat avec un arbre à 3 périodes et un prix d’exercice de 30.
73
Solution 3.4 Dans ce cas, on a
31
31
26, 68
26, 68
22, 97
19, 77
Graphique : Variations de la valeur de l’option
0
0
0
0, 93
1, 76
2, 84
3, 32
4, 54
7, 03
10, 23
74
VIII Exercices
Exercice 3.5 Option sur indices
Soit un indice d’actions qui vaut aujourd’hui 810 points, ayant une volatilité de 20%
et un taux de dividende de 2%. Le taux sans risque est de 5% annuel. Evaluer un
call à 6 mois sur cet indice au prix d’exercice de 800 à l’aide d’un arbre à 2 périodes.
Exercice 3.8 Une action vaut aujourd’hui 25=C . Dans 2 mois, elle sera cotée soit
23= C , soit 27=C . Le taux d’intérêt sans risque est de 10% par an. Soit 𝑆𝑇 le cours de
l’action dans 2 mois. Quelle est la valeur d’un produit dérivé qui offrirait un payoff
égal à 𝑆𝑇2 à cette date ?
Exercice 3.10
75
IX Modèle à n périodes
1 Modélisation du marché
On reprend la même modélisation que dans le chapitre précédent, mais dans un
monde à 𝑛 périodes. On considère un intervalle de temps [0, 𝑇 ] divisé en 𝑛 périodes
0 = 𝑡0 < 𝑡1 < ... < 𝑡𝑛 = 𝑇 .
Le marché est composé de 2 actifs,
– un actif sans risque 𝑆𝑡0 :
1 → (1 + 𝑟) → (1 + 𝑟)2 → (1 + 𝑟)3 → ... → (1 + 𝑟)𝑛
– et un actif risqué 𝑆𝑡 :
𝑢 𝑛 𝑆0
↗
𝑛−1
𝑢 𝑆0
.
.. ↘
2
𝑢 𝑆0 𝑑𝑢𝑛−1 𝑆0
..
↗ .
..
𝑢𝑆0 .
↗ ↘
..
𝑆0 𝑢𝑑𝑆0 .
↘ ↗
𝑑𝑆0
.
↘ .. 𝑑𝑛−1 𝑢𝑆0
2
𝑑 𝑆0
..
. ↗
𝑛−1
𝑑 𝑆0
↘
𝑑 𝑛 𝑆0
L’arbre est recombinant : à l’instant 𝑡, l’actif peut prendre 𝑖 + 1 valeurs différentes.
Ensemble des états du monde : Ω est l’ensemble des trajectoires possibles pour
l’actif risqué. C’est l’ensemble des 𝑛-uplets (𝜔1 , ..., 𝜔𝑛 ) tels que chaque 𝜔𝑖 prenne
deux valeurs possibles, 𝜔𝑖𝑑 ou 𝜔𝑖𝑢 .
Ω = {(𝜔1 , ..., 𝜔𝑛 ), ∀𝑖 ≤ 𝑛, 𝜔𝑖 = 𝜔𝑖𝑑 ou 𝜔𝑖 = 𝜔𝑖𝑢 }
On se donne une probabilité historique IP de survenance de chacun des états
du monde et on suppose que la probabilité de monter et de descendre est la
même dans tout noeud de l’arbre, i.e. pout tout 𝑖 :
IP(𝜔𝑖 = 𝜔𝑖𝑢 ) = 𝑝 et IP(𝜔𝑖 = 𝜔𝑖𝑑 ) = 1 − 𝑝
Hypothèse Cruciale
𝑆𝑡𝑖
Les rendements 𝑌𝑖 = sont indépendants.
𝑆𝑡𝑖−1
76
Par indépendance des tirages, on en déduit donc :
𝑢 𝑑
IP(𝜔1 , ..., 𝜔𝑛 ) = 𝑝♯{𝑗,𝜔𝑗 =𝜔𝑗 } .(1 − 𝑝)♯{𝑗,𝜔𝑗 =𝜔𝑗 }
avec les 𝑌𝑘 des variables aléatoires indépendantes sur Ω qui prennent la valeur 𝑢
avec une probabilité 𝑝 et la valeur 𝑑 avec une probabilité 1 − 𝑝. Alors on a bien sûr :
Une variable aléatoire ℱ𝑡𝑖 -mesurable est donc naturellement une variable donnée
par toute l’information accumulée jusqu’au temps 𝑡𝑖 . Elle s’écrit comme fonction de
(𝑆𝑡1 , 𝑆𝑡2 , ..., 𝑆𝑡𝑖 ), ou de manière équivalente comme fonction de (𝑌1 , 𝑌2 , ..., 𝑌𝑛 ).
Définition 3.5 Un produit dérivé (ou actif contingent) 𝐶𝑇 est une variable aléa-
toire ℱ𝑇 -mesurable et s’écrit donc, avec 𝜙 une application borélienne, sous la forme :
2 Stratégie de portefeuille
Définition 3.6 Une stratégie de portefeuille simple 𝑋 (𝑥,Δ) est la donnée d’un
capital initial 𝑥 et d’un processus discret (Δ0 , ..., Δ𝑛−1 ) qui est ℱ -adapté.
(𝑋𝑡𝑥,Δ − Δ𝑖 𝑆𝑡𝑖 )
𝑋𝑡𝑥,Δ = Δ𝑖 Sti + 𝑖
(1 + r)i
𝑖
(1 + 𝑟)𝑖
77
Or, sur chaque intervalle [𝑡𝑖 , 𝑡𝑖+1 [, le portefeuille ne bénéficie d’aucune entrée ou
sortie d’argent, donc :
(𝑋𝑡𝑥,Δ − Δ𝑖 𝑆𝑡𝑖 )
𝑋𝑡𝑥,Δ == Δ𝑖 Sti+1 + 𝑖
𝑖
(1 + r)i+1
𝑖+1 (1 + 𝑟)
˜ 𝑋𝑡𝑥,Δ 𝑆𝑡𝑖
𝑥,Δ
𝑋𝑡𝑖 = 𝑖
𝑖
et 𝑆˜𝑡𝑖 =
(1 + 𝑟) (1 + 𝑟)𝑖
˜ 𝑡𝑥,Δ = Δ𝑖 S˜t + (𝑋
𝑋 ˜ 𝑡𝑥,Δ − Δ𝑖 𝑆˜𝑡 )1, et 𝑋
˜ 𝑡𝑥,Δ = Δ𝑖 𝑆𝑡˜ + (𝑋
˜ 𝑡𝑥,Δ − Δ𝑖 𝑆˜𝑡 )
𝑖 i 𝑖 𝑖 𝑖+1 𝑖+1 𝑖 𝑖
˜ 𝑡𝑥,Δ − 𝑋
𝑋 ˜ 𝑡𝑥,Δ = Δ𝑖 (𝑆˜𝑡 − 𝑆˜𝑡 )
𝑖+1 𝑖 𝑖+1 𝑖
𝑖
˜ 𝑡𝑥,Δ = 𝑥 + Δ𝑘 (𝑆˜𝑡𝑘+1 − 𝑆˜𝑡𝑘 ).
∑
𝑋 𝑖+1
𝑘=0
78
Preuve : Supposons par exemple 1 + 𝑟 ≤ 𝑑 et considérons la stratégie de porte-
feuille (0, Δ), où Δ0 = 1 et Δ𝑖 = 0 pour 𝑖 ≥ 1 : on achète l’actif risqué en 𝑡0 , on le
revend en 𝑡1 et on place le gain dans l’actif sans risque. Cette stratégie est ℱ -adaptée
car déterministe et la valeur du portefeuille en 𝑇 = 𝑡𝑛 est donnée par :
𝑖
Δ𝑘 (𝑆˜𝑡𝑘+1 − 𝑆˜𝑡𝑘 ) = 𝑆˜𝑡1 − 𝑆˜𝑡0
∑
𝑋𝑇0,Δ = 0+
𝑘=0
Preuve : Par contraposée, s’il existe une stratégie d’arbitrage sur un sous-arbre,
il faut considérer la stratégie globale qui ne fait rien si elle ne croise pas le noeud de
départ du sous-arbre, et qui utilise la stratégie d’arbitrage gagnante jusqu’à la fin
du sous-arbre, puis place les gains dans l’actif sans risque sur les périodes restantes.
Comme la probabilité de passer par un noeud est strictement positive, cette stratégie
est un arbitrage.
Définition 3.8 On introduit la probabilité ℚ sur Ω, en s’inspirant du modèle à
une période, qui sera identique sur chaque sous-arbre à celle obtenue dans l’étude
du modèle à une période. On définit donc la probabilité ℚ comme :
𝑢 𝑑 (1 + 𝑟) − 𝑑
ℚ(𝜔1 , ..., 𝜔𝑛 ) = 𝑞 ♯{𝑗,𝜔𝑗 =𝜔𝑗 } (1 − 𝑞)♯{𝑗,𝜔𝑗 =𝜔𝑗 } , avec 𝑞 =
𝑢−𝑑
Proposition 3.8 On a alors les relations suivantes :
ℚ(𝑆𝑡𝑖 = 𝑢𝑆𝑡𝑖−1 ) = ℚ(𝑌𝑖 = 𝑢) = 𝑞 et ℚ(𝑆𝑡𝑖 = 𝑑𝑆𝑡𝑖−1 ) = ℚ(𝑌𝑖 = 𝑑) = 1 − 𝑞
Rappel :
Définition 3.9 Une probabilité risque neutre est une probabilité équivalente à la
probabilité historique IP sous laquelle toute stratégie de portefeuille simple actualisée
est une martingale.
Théorème 3.3 Si 𝑑 < 1 + 𝑟 < 𝑢, alors ℚ ainsi définie est bien une probabilité
risque neutre (autrement dit il existe bien une probabilité risque neutre).
Commençons par montrer que
Proposition 3.9 𝑆˜ est une ℱ -martingale sous ℚ.
79
Preuve : 𝑆˜ est intégrable et ℱ -adapté, et
[ ] 1 ( ˜ )
IEℚ 𝑆˜𝑡𝑘+1 ∣ℱ𝑡𝑘 = 𝑞𝑢𝑆𝑡𝑘 + (1 − 𝑞)𝑑𝑆˜𝑡𝑘 (3.11)
1+𝑟
1
= () 𝑆˜𝑡𝑘
1+𝑟
= 𝑆˜𝑡𝑘 (3.12)
Remarque : Cela signifie que si les actifs de base actualisés sont des martingales
sous une certaine probabilité, les stratégies de portefeuille simples le sont aussi. Ceci
est du à la condition d’autofinancement, mais surtout au fait que la quantité d’actif
risqué entre 𝑡𝑘 et 𝑡𝑘+1 est ℱ𝑡𝑘 -mesurable.
Autrement dit, tout actif de base actualisé est une martingale sous une probabilité
ℚ ssi toute stratégie de portefeuille simple actualisée est une martingale sous ℚ.
Montrons enfin que si 𝑑 < 1 + 𝑟 < 𝑢, ℚ est bien une probabilité risque-neutre.
Nous venons de construire ℚ et de montrer que elle rendait toute stratégie de porte-
feuille actualisée une martingale. De plus, c’est bien une probabilité équivalente à IP.
En effet, comme 𝑑 < 𝑅 < 𝑢, 𝑞 et 1 − 𝑞 sont dans ]0, 1[, et donc chaque ℚ(𝜔1 , ..., 𝜔𝑛 )
est dans ]0, 1[, et tous les états du monde ont une probabilité strictement positive
d’arriver, donc IP et ℚ ont les mêmes ensembles négligeables.
80
Preuve : Exactement comme dans le modèle à une période,
Tout produit dérivé 𝐶 est duplicable par une stratégie de portefeuille simple (𝑥, Δ)
1
𝑥= IEℚ [𝜙(𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑛 ]
(1 + 𝑟)𝑛
[ ]
1 𝑥,Δ
On remarque que (1+𝑟)𝑛−𝑘 IEℚ 𝑋𝑇 ∣ℱ𝑡𝑘 est une variable aléatoire ℱ𝑡𝑘 -mesurable.
Elle s’écrit donc 𝑉𝑘 (𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑘 ) où 𝑉𝑘 est une fonction déterministe (non aléatoire).
On pose donc :
1 [
𝑥,Δ
]
𝑉𝑘 (𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑘 ) = IEℚ 𝑋𝑇 ∣ℱ𝑡𝑘
(1 + 𝑟)𝑛−𝑘
Dans le modèle à une période, on avait construit le portefeuille de couverture (delta-
hedging) avec une quantité d’actif risqué égal à la variation de la valeur du produit
dérivé sur la variation du sous-jacent. On propose donc la même chose :
𝑉𝑘+1 (𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑘 , 𝑢𝑆𝑡𝑘 ) − 𝑉𝑘+1 (𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑘 , 𝑑𝑆𝑡𝑘 )
Δ𝑘 =
𝑢𝑆𝑡𝑘 − 𝑑𝑆𝑡𝑘
L’investissement initial 𝑥 est déterministe, et Δ𝑘 est bien ℱ𝑡𝑘 -mesurable en tant que
fonction de (𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑘 ). Donc Δ est bien ℱ -adaptée et (𝑥, Δ) définit une stratégie
de portefeuille simple.
81
On peut vérifier que cette stratégie duplique bien notre produit dérivé 𝑋𝑇𝑥,Δ =
𝜙(𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑛 ) = 𝑉𝑛 (𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑛 ). Il faut donc vérifier, par récurrence sur 𝑘, qu’à
chaque instant
𝑋𝑡𝑥,Δ
𝑘
= 𝑉𝑘 (𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑛 )
Par construction, la relation est vraie pour 𝑘 = 0. Montrons que si elle est vraie pour
𝑘, elle l’est aussi pour 𝑘 + 1.
On commence par établir que
𝑋𝑡𝑥,Δ
𝑘
= 𝑉𝑘 (𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑘 )
1
= IEℚ [𝜙(𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑛 )∣ℱ𝑡𝑘 ]
(1 + 𝑟)𝑛−𝑘
[ [ ] ]
1 1
= IEℚ IEℚ 𝜙(𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑛 ) ℱ𝑡𝑘+1 ℱ𝑡𝑘
1+𝑟 (1 + 𝑟)𝑛−(𝑘+1)
1
= IEℚ [𝑉𝑘+1 (𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑘+1 )∣ℱ𝑡𝑘 ]
1+𝑟
1
= IEℚ [𝑉𝑘+1 (𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑘 , 𝑢𝑆𝑡𝑘 )1l{𝑌𝑘+1 =𝑢} + 𝑉𝑘+1 (𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑘 , 𝑑𝑆𝑡𝑘 )1l{𝑌𝑘+1 =𝑑} ∣ℱ𝑡𝑘 ]
1+𝑟
1
= [ℚ(𝑌𝑘+1 = 𝑢)𝑉𝑘+1 (𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑘 , 𝑢𝑆𝑡𝑘 ) + ℚ(𝑌𝑘+1 = 𝑑)𝑉𝑘+1 (𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑘 , 𝑑𝑆𝑡𝑘 )]
1+𝑟
1
= [𝑞𝑉𝑘+1(𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑘 , 𝑢𝑆𝑡𝑘 ) + (1 − 𝑞)𝑉𝑘+1 (𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑘 , 𝑑𝑆𝑡𝑘 )]
1+𝑟
La condition d’autofinancement du portefeuille s’écrit :
˜ 𝑡𝑥,Δ = 𝑋
𝑋 ˜ 𝑡𝑥,Δ + Δ(𝑆˜𝑡 − 𝑆˜𝑡 )
𝑘+1 𝑘 𝑘+1 𝑘
˜ 𝑡𝑥,Δ = 𝑉𝑘+1 (𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡 , 𝑢𝑆𝑡 ) 𝑌𝑘+1 − 𝑑 + 𝑉𝑘+1 (𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡 , 𝑑𝑆𝑡 ) 𝑢 − 𝑌𝑘+1
𝑋 𝑘+1 𝑘 𝑘
𝑢−𝑑 𝑘 𝑘
𝑢−𝑑
Et enfin, comme 𝑌𝑘+1 ne prend que les valeurs 𝑑 ou 𝑢, on vérifie alors :
˜ 𝑡𝑥,Δ = 𝑉𝑘+1 (𝑆𝑡 , ..., 𝑆𝑡 , 𝑌𝑘+1𝑆𝑡 ) = 𝑉𝑘+1 (𝑆𝑡 , ..., 𝑆𝑡 , 𝑆𝑡 )
𝑋 𝑘+1 1 𝑘 𝑘 1 𝑘 𝑘+1
1
𝐶𝑡𝑘 = IEℚ [𝜙(𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑛 )∣ℱ𝑡𝑘 ]
(1 + 𝑟)𝑛−𝑘
82
et en particulier son prix en 0 est donné par
1
𝐶0 = IEℚ [𝜙(𝑆𝑡1 , ..., 𝑆𝑡𝑛 )]
(1 + 𝑟)𝑛
5 Formule générale
Généralisation de la formule obtenue pour 2 périodes.
Il suffit de pondérer les valeurs futures possibles de l’actif contingent par les probas
𝑛!
de survenance, qui sont 𝑗!(𝑛−𝑗)! 𝑞 𝑗 (1 − 𝑞)𝑛−𝑗 puisque la valeur finale ne dépend que du
nombre de montées et de descentes, et que la proba 𝑞 est la même à chaque période.
𝑛!
Chaque chemin a une probabilité 𝑞 𝑗 (1 − 𝑞)𝑛−𝑗 de survenir, et il y a 𝑗!(𝑛−𝑗)! chemin
possibles.
Ainsi, on obtient :
( 𝑛 )
1 ∑ 𝑛!
𝑞 𝑗 (1 − 𝑞)𝑛−𝑗 max 0, 𝑢𝑗 𝑑𝑛−𝑗 𝑆0 − 𝐾
[ ]
𝐶= 𝑛
𝑅 𝑗=0
𝑗!(𝑛 − 𝑗)!
Cette formule permet d’obtenir directement le prix du call, mais seulement dans
le cas d’un arbre recombinant.
Un inconvénient peut être la grosseur du terme en factoriels, alourdissant les calculs.
Pour des valeurs de 𝑛 très grandes, souvent on préfèrera pour l’implémentation une
implémentation du principe d’inférence arrière de CRR.
83
6 Conclusions
Remarque : Comme dans le modèle à une période, le prix de l’actif ne dépend que
de la forme du payoff, de 𝑢, 𝑟 et 𝑑, mais pas de la probabilité réelle qu’a le prix de
monter ou de descendre : le prix ne dépend pas de la probabilité historique.
A RETENIR :
– Le prix de l’actif s’écrit toujours comme l’espérance actualisée de sa
valeur finale sous la probabilité risque neutre ℚ.
– La probabilité risque neutre rend les actifs réactualisés des martin-
gales et de manière équivalente les stratégies de portefeuille simple
réactualisées sont des martingales aussi.
84
X Résolution par procédure numérique - algorithme
de CRR
1 TP sous Excel/VBA
2 Convergence du modèle de CRR
Si l’on fait tendre le nombre 𝑛 de périodes vers l’infini, et pour un choix judicieux
de la forme de 𝑢 et 𝑑, ce modèle converge vers un modèle en temps continu appelé
modèle de Black-Scholes (cf chapitre suivant).
Afin de manipuler des objets similaires en temps continu, il nous faut utiliser la
théorie des processus en temps continu que l’on appelle calcul stochastique, avec
l’intégrale stochastique !
85
XI Modèles dérivés
Il existe de multiples variantes de cette approche par arbre de l’évaluation d’ac-
tifs financiers, qui sont des modèles améliorés du modèle de Cox Ross et Rubinstein.
1 Arbre trinomial
Si on généralise cette approche par arbres en supposant qu’il y a plusieurs pos-
sibilités d’augmentation ou de diminution à chaque période. On obtient plus géné-
ralement ce que l’on appelle arbre multinomial, dont le premier exemple est l’arbre
trinomial (possibilité pour le prix de rester stable, c’est-à-dire de prendre 3 valeurs).
arbre recombinant
√
𝑢 = 𝑒𝜎 2𝑡 (3.13)
𝑚 = 1 √
𝑑 = 𝑒−𝜎 2𝑡
𝑆𝑢 = 𝑆.𝑢 , 𝑆𝑚 = 𝑆 , 𝑆𝑑 = 𝑆.𝑑
( 𝑌 𝑡/2 )2
𝑒 −𝑑
𝑝𝑢 =
𝑢−𝑑
)2
𝑢 − 𝑒𝑌 𝑡/2
(
𝑝𝑑 =
𝑢−𝑑
𝑝𝑚 = 1 − 𝑝𝑢 − 𝑝𝑑
où 𝑌 est le rendement du sous-jacent (pour une action sous la probabilité risque
neutre 𝑌 = 𝑟 (taux d’intérêt), futures 𝑌 = 0, devises 𝑌 = (𝑑𝑜𝑚𝑒𝑠𝑡𝑖𝑐𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑒𝑠𝑡𝑟𝑎𝑡𝑒 −
𝑓 𝑜𝑟𝑒𝑖𝑔𝑛𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑒𝑠𝑡𝑟𝑎𝑡𝑒)).
2 Jarrow et Rudd
Le modèle de Jarrow et Rudd, datant de 1983, est un modèle binomial avec un
autre choix de paramètres : la probabilité de monter et de descendre est fixée égale
à 1/2 (proba risque-neutre). C’est une condition autre que 𝑢 = 1/𝑑 qui permet de
86
fiwer d’autres paramètres. Ainsi, 𝑢 et 𝑑 se trouvent être modifiés en conséquence.
1 2 )𝛿𝑡+𝜎
√
𝑢 = 𝑒(𝑌 − 2 𝜎 𝛿𝑡
(3.14)
√
− 12 𝜎2 )𝛿𝑡−𝜎
𝑑 = 𝑒(𝑌 𝛿𝑡
𝑆𝑢 = 𝑆.𝑢
𝑆𝑑 = 𝑆.𝑑
1
𝑝𝑢 = 𝑝𝑑 =
2
où 𝑌 est le rendement du sous-jacent (pour une action sous la probabilité risque
neutre 𝑌 = 𝑟 (taux d’intérêt), futures 𝑌 = 0, devises 𝑌 = (𝑑𝑜𝑚𝑒𝑠𝑡𝑖𝑐𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑒𝑠𝑡𝑟𝑎𝑡𝑒 −
𝑓 𝑜𝑟𝑒𝑖𝑔𝑛𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑒𝑠𝑡𝑟𝑎𝑡𝑒)).
(3.15)
87
103=C hausse du marché
?
106=C baisse du marché
On cherche le prix auquel il faut proposer ce produit d’assurance.
On peut résoudre ce problème en faisant une approche financière du problème. Il suf-
fit de considérer 𝐶 comme un produit dérivé, et d’utiliser l’évaluation risque-neutre.
Sous la probabilité risque-neutre ℚ, tous les actifs ont le même rendement moyen.
La probabilité 𝑞 de hausse sous ℚ est donc :
Le prix de l’actif 𝐶 est alors donné par l’espérance sous ℚ du payoff actualisé :
88
Chapitre 4
89
2 L’hypothèse fondamentale des rendements lognormaux
L’incertain est modélisé à travers les trajectoires futures du titre risqué, vues
comme des scenarii possibles d’évolution. En général, on suppose que ce sont des
fonctions continues (𝜔𝑡 ), définies sur ℝ+ . Afin de prendre en compte le caractère très
erratique des cours des actifs financiers, Bachelier les modélise à l’aide d’un mouve-
ment Brownien avec tendance. Une telle modélisation conduit à des prix qui peuvent
être négatifs. Aussi, Samuelson (1960) propose de retenir cette modélisation pour les
rendements, plutôt que pour les cours eux-mêmes. C’est ce type de modélisation que
choisiront Black, Scholes et Merton.
90
Lemme 4.1 La transformée de Laplace d’une v.a. gaussienne 𝑈 de moyenne 𝑚 et
de variance 𝛾 2 est donnée par
( )
1 2 2
IE[𝑒𝑥𝑝(𝜆𝑈)] = exp 𝜆𝑚 + 𝛾 𝜆
2
Grâce à ce lemme (cf cours sur les vecteurs gaussiens et le mouvement Brownien),
on obtient facilement :
𝑉 𝑎𝑟(𝑆𝑡 ) = 𝑥2 exp(2𝜇𝑡)(exp(𝜎 2 𝑡) − 1)
En particulier, le ratio de Sharpe, qui rapporte le gain moyen à la variabilité du
titre :
IE[𝑆𝑡 ] − 𝑥
𝑆ℎ𝑎𝑟𝑝𝑒𝑅𝑎𝑡𝑖𝑜 = √
𝑉 𝑎𝑟(𝑆𝑡 )
est indépendant de la valeur initiale 𝑥.
De plus, la densité de la loi de 𝑆𝑡 partant de 𝑥 est la fonction 𝑙(𝑡, 𝑥, 𝑦) donnée par :
( )
1 1 𝜇𝑡 2
𝑙(𝑡, 𝑥, 𝑦) = √ exp − 𝑑0 (𝑡, 𝑥𝑒 , 𝑦)
𝜎𝑦 2𝜋𝑡 2
1 𝑥 1 √
𝑑0 (𝑡, 𝑥, 𝑦) = √ 𝐿𝑜𝑔 − 𝜎 𝑡 (4.1)
𝜎2𝑡 𝑦 2
91
– Lorsque le titre est risqué, 𝜇 représente le rendement annualisé du titre espéré
par unité de temps. Le marché le compare en général à celui d’un placement
sans risque. Le paramètre 𝜇 − 𝑟 est donc en général un paramètre de référence.
– Le ratio de Sharpe par unité de temps des excès de rendements par rapport au
cash prend en compte la volatilité du titre. Il est considéré comme la prime
de risque 𝜆 que le marché affecte à la source de risque 𝑊 puisque
[ ]
1
𝑑𝑡
IE 𝑑𝑆𝑆𝑡
𝑡
−𝑟 𝜇 − 𝑟 𝑑𝑆𝑡
prime de risque = 𝜆 = √ ( )= 𝜎 𝑆
1 𝑡
𝑑𝑡
𝑉 𝑎𝑟 𝑑𝑆𝑆𝑡
𝑡
b. Limites de la modélisation
– Dans le monde de Black et Scholes, tous les paramètres sont supposés constants.
Il est clair que ce n’est pas très réaliste, dans aucun marché. En fait, on pourra
sans grande modification dans ce qui suit supposer les paramètres détermi-
nistes. Mais cela pose évidemment des problèmes d’identification des para-
mètres (calibration dans le vocabulaire de la finance) importants.
En pratique : on observe en général un smile/skew de volatilité, elle est non
constante. En effet, la volatilité implicite aux options fortement hors de la
monnaie ou largement dans la monnaie est plus élevée que la volatilité impli-
cite recalculée à partir des options à la monnaie. On appelle ce phénomène
”smile de volatilité” (le graphe de la volatilité en fonction du prix d’exercice
est en forme de sourire). Pour un prix d’exercice donné, la différence entre
la volatilité implicite observée et celle à la monnaie qui s’appelle le skew.
La surface de volatilité d’un sous-jacent évolue également dans le temps. Les
acteurs du marché la réévaluent sans cesse, modifiant leur anticipation de la
probabilité, pour chaque prix d’exercice et maturité, qu’une option ne finisse
dans la monnaie. La volatilité en pratique n’est donc pas constante.
Il existe des modèles plus poussés qui supposent les paramètres du modèle
aléatoires/stochastiques (modèles à volatilité stochastique). Nous les citerons
à la fin de ce cours, et vous les verrez l’an prochain, en particulier pour les
modèles de taux d’intérêt.
– Notons par ailleurs que dans leur papier de 1973, Black et Scholes ne cherchent
pas tant à modéliser avec exactitude la dynamique du sous-jacent qu’ils consi-
dèrent qu’à essayer de voir si le point de vue très nouveau qu’ils proposent
dans le domaine des options est prometteur, quitte à revenir sur les questions
de modélisation dans la suite. A cette époque, Mandelbrot (1963) avait dejà
92
montré que les rendements des actifs financiers à un jour, ou une semaine
n’étaient clairement pas statistiquement gaussiens, en particulier que la pro-
babilité de grands mouvements de ces rendements était plus grande que celle
que le monde gaussien quantifiait. Cette question ”des queues épaisses” des
distributions des rendements et de son implication dans la mesure des risques
et la couverture des produits financiers est au coeur de la recherche actuelle.
Mais comme nous le verrons, bien qu’imparfait le modèle de Black et Scholes
est encore très efficace et très utilisé dans toutes les salles de marché.
– Un des grands messages de la finance mathématique est que la prime de risque
n’est pas spécifique du titre mais de la source de bruit 𝑊𝑡 . C’est une carac-
téristique du marché au même titre que le taux d’intérêt, du moins dans un
monde sans arbitrage et très liquide. Cela sert beaucoup lors de l’étude des
multi-sous-jacents. Cette hypothèse joue en particulier un rôle déterminant
dans les marchés de taux.
93
Preuve : La solution proposée vérifie bien l’EDS, en appliquant la formule d’Itô
(cf partie précédente).
Donc 𝑆, processus ℱ -adapté est bien solution de l’EDS 4.2. Le caractère Lipschitz
des coefficients de l’EDS nous assure l’unicité de la solution, mais, dans notre cas,
nous pouvons également la démontrer : soit 𝑌 un processus solution de l’EDS 4.2.
Remarquons que 𝑆𝑡 ne s’annule jamais si bien que l’on peut appliquer la formule
d’Ito pour déterminer la dynamique de 𝑆1𝑡 :
( )
1 1 1 2
𝑑 = − 2
𝑑𝑆𝑡 + 𝑑⟨𝑆⟩𝑡
𝑆𝑡 𝑆𝑡 2 𝑆𝑡3
1 1
= − (𝜇𝑑𝑡 + 𝜎𝑑𝑊𝑡 ) + 𝜎 2 𝑑𝑡
𝑆𝑡 𝑆𝑡
𝑌𝑡
Donc la formule d’intégration par partie donne la dynamique de 𝑆𝑡
:
( ) ( )
𝑌𝑡 1 1 1
𝑑 = 𝑌𝑡 𝑑 𝑑𝑌𝑡 + 𝑑⟨ , 𝑌 ⟩𝑡
+
𝑆𝑡 𝑆𝑡 𝑆𝑡 𝑆
𝑌𝑡 𝑌𝑡 𝜎
= ((𝜎 2 − 𝜇)𝑑𝑡 − 𝜎𝑑𝑊𝑡 ) + (𝜇𝑑𝑡 + 𝜎𝑑𝑊𝑡 ) − 𝜎𝑌𝑡 𝑑𝑡
𝑆𝑡 𝑆𝑡 𝑆𝑡
= 0 (4.3)
Donc les processus 𝑌 et 𝑆 sont égaux presque sûrement et l’EDS admet une unique
solution.
ℱ𝑡 = 𝜎(𝑆𝑟 , 𝑟 ≤ 𝑡) = 𝜎(𝑊𝑟 , 𝑟 ≤ 𝑡)
Définition 4.1 Un produit dérivé (ou actif contingent) est une v.a. ℱ𝑇 -mesurable.
Comme dans le cas du modèle discret, nous allons chercher à donner un prix en
𝑡 à un produit dérivé connu en 𝑇 et trouver une manière pour dupliquer exactement
ce produit dérivé.
94
– On va vérifier que toute stratégie de portefeuille simple autofinançante réac-
tualisée reste martingale sous la probabilité risque neutre.
– On en déduira l’absence d’opportunités d’arbitrage entre stratégies de porte-
feuille simple (AOA’).
– Nous allons chercher à dupliquer tout produit dérivé par une stratégie de por-
tefeuille simple.
– On en déduira que la définition économique naturelle du prix de l’option en
𝑡 s’écrit à un facteur d’actualisation près comme l’espérance sous cette proba
risque neutre du flux final.
– Le portefeuille de duplication nous donnera la stratégie de couverture de l’op-
tion.
Autrement dit :
ˆ
IEIP (1l𝐴 ) = IEIP (𝑍𝑇 1l𝐴 )
ˆ et IP sont équivalentes revient à dire qu’elles chargent les mêmes en-
Dire que IP
sembles et donc que 𝑍𝑇 ne s’annule jamais, i.e. 𝑍𝑇 > 0. Alors la densité de Radon-
Nikodym de IP par rapport ) IP ˆ est 1 .
𝑍𝑇
ˆ ˆ soit toujours une
Pour que (Ω, ℱ𝑇 , IP) soit toujours un espace probablisé (ie que IP
mesure de probabilités, il faut que
ˆ
IP(Ω) = IEIP [𝑍𝑇 ] = 1
La formule de Bayes nous assure que pour toute v.a. 𝑋𝑇 , ℱ𝑇 -mesurable, on a :
ˆ
IEIP (𝑋𝑇 ) = IEIP (𝑍𝑇 𝑋𝑇 )
On associe naturellement à la v.a. 𝑍𝑇 le processus martingale (𝑍𝑡 )0≤𝑡≤𝑇 défini par
𝑍𝑡 = IEIP [𝑍𝑇 ∣ℱ𝑡 ]
Alors, pour tout 𝑡 et toute variable aléatoire 𝑋𝑡 ℱ𝑡 -mesurable, on a :
ˆ
IEIP [𝑋𝑡 ] = IEIP [𝑍𝑇 𝑋𝑡 ] = IEIP [IEIP [𝑍𝑇 𝑋𝑡 ∣ℱ𝑡 ]] = IEIP [𝑍𝑡 𝑋𝑡 ]
En fait, 𝑍𝑡 est la densité de Radon Nikodym (définie à une modification p.s. près)
ˆ restreint à ℱ𝑡 par rapport à IP restreint à ℱ𝑡 . On note :
de IP
ˆ
𝑑IP
𝑍𝑡 =
𝑑IP
ℱ𝑡
95
Si l’on considère un processus 𝑋 ℱ -adapté, la formule de Bayes généralisée s’écrit :
[ ]
ˆ
IP IP 𝑍𝑇 1
IE [𝑋𝑇 ∣ℱ𝑡 ] = IE 𝑋𝑇 ℱ𝑡 = IEIP [𝑍𝑇 𝑋𝑇 ∣ℱ𝑡 ]
𝑍𝑡 𝑍𝑡
En effet, pour toute variable aléatoire 𝑌𝑡 ℱ𝑡 -mesurable bornée, on a :
[ ]
ˆ
IP IP IP IP ˆ
IP 1 IP
IE [𝑋𝑇 𝑌𝑡 ] = 𝑒 [𝑍𝑇 𝑋𝑇 𝑌𝑡 ] = IE [IE [𝑍𝑇 𝑋𝑇 ∣ℱ𝑡 ]𝑌𝑡 ] = IE IE [𝑍𝑇 𝑋𝑇 ∣ℱ𝑡 ]𝑌𝑡
𝑍𝑡
96
Preuve : cf cours de proc stoch ! la réécrire, cf poly ELIE pp 61-62
Maintenant que nous avons un candidat pour notre probabilité risque neutre,
regardons si elle rend les portefeuilles autofinançants réactualisés des martingales.
3 Portefeuilles autofinançants
Après avoir modélisé la dynamique du sous-jacent, nous avons à formaliser ma-
thématiquement l’évolution de la valeur liquidative d’un portefeuille géré dynami-
quement de manière autofinançante, c’est à dire sans modification de la valeur du
portefeuille aux dates de renégociation.
97
Preuve : Appliquons la formule d’intégration par parties aux processus 𝑋 𝑥,𝜙 et
𝑈 := 𝑌1 :
˜ 𝑡𝑥,𝜙 sous la
et donc la dynamique de la valeur réactualisée de mon portefeuille 𝑋
ˆ est
probabilité IP
˜ 𝑡𝑥,𝜙 = 𝜙𝑡 𝑑𝑆˜𝑡 = 𝜎𝜙𝑡 𝑆˜𝑡 𝑑𝑊
𝑑𝑋 ˆ𝑡
ce qui justifie d’une part la forme que l’on a donnée a notre condition d’intégrabilité
pour rendre 𝑋 ˜ martingale, et d’autre part le fait que la probabilité IP
ˆ rend bien le
prix actualisé de tout portefeuille autofinançant une martingale, et est donc bien
une probabilité risque neutre.
98
Proposition 4.2 La probabilité IP ˆ construite précédemment est une probabilité risque
neutre.
La valeur en 𝑡 de toute stratégie autofinançante (𝑥, 𝜙) de flux final 𝑋𝑇𝑥,𝜙 = ℎ𝑇 est :
ˆ
𝑋𝑡𝑥,𝜙 = 𝑒−𝑟(𝑇 −𝑡) IEIP [ℎ𝑇 ∣ℱ𝑡 ]
𝑑𝑆˜𝑡 = 𝜎 𝑆˜𝑡 𝑑𝑊
ˆ 𝑡 ⇒ 𝑑𝑋
˜ 𝑡𝑥,𝜙 = 𝜙𝑡 𝑑𝑆˜𝑡 = 𝜎𝜙𝑡 𝑆˜𝑡 𝑑𝑊
ˆ𝑡
Donc grâce aux conditions d’intégrabilité de 𝜙, 𝑋˜ 𝑥,𝜙 est une martingale sous IP
ˆ et
donc :
[ ] [ ]
𝑟𝑡 ˜ 𝑥,𝜙 ˆ ˆ ˆ
𝑥,𝜙 ˜ 𝑥,𝜙 𝑥,𝜙
𝑋𝑡 = 𝑒 𝑋𝑡 = 𝑒 IE 𝑋𝑇 ∣ℱ𝑡 = 𝑒 IE 𝑒 𝑋𝑇 ∣ℱ𝑡 = 𝑒−𝑟(𝑇 −𝑡) IEIP [ℎ𝑇 ∣ℱ𝑡 ] .
𝑟𝑡 IP 𝑟𝑡 IP −𝑟𝑇
ˆ
Preuve : Si 𝑋𝑇0,𝜙 ≥ 0, comme IEIP [𝑋𝑇0,𝜙 ] = 𝑒𝑟𝑇 .0, on a donc 𝑋𝑇0,𝜙 = 0 sauf sur un
ˆ qui est également un ensemble de mesure nulle
ensemble de mesure nulle pour IP,
pour IP.
Nous venons donc de voir que l’hypothèse d’absence d’opportunités d’arbitrage
est bien vérifiée dans le cadre du modèle de Black-Scholes.
La valeur en 𝑡 de toute stratégie de portefeuille simple s’écrit comme l’espérance
sous la proba risque neutre IP ˆ de son flux terminal actualisé, donc, si un produit
dérivé est duplicable, pour éviter les arbitrages, on définit économiquement son prix
comme l’espérance sous IP ˆ de son flux terminal actualisé.
Il est important de bien visualiser la dynamique de l’actif risqué réactualisé ou
non sous les différentes probabilités :
Probabilité historique IP ˆ
Probabilité risque neutre IP
Actif risqué 𝑑𝑆𝑡 = 𝜇𝑆𝑡 𝑑𝑡 + 𝜎𝑆𝑡 𝑑𝑊𝑡 𝑑𝑆𝑡 = 𝑟𝑆𝑡 𝑑𝑡 + 𝜎𝑆𝑡 𝑑𝑊 ˆ𝑡
Actif risqué réactualisé 𝑑𝑆𝑡 = (𝜇 − 𝑟)𝑆˜𝑡 𝑑𝑡 + 𝜎 𝑆˜𝑡 𝑑𝑊𝑡
˜ 𝑑𝑆˜𝑡 = 𝜎 𝑆˜𝑡 𝑑𝑊
ˆ𝑡
99
Preuve : Dans le modèle de Black Scholes, la valeur du sous-jacent en 𝑡 est :
2
( )
𝑟− 𝜎2 𝑡−𝜎𝑊𝑡
𝑆𝑡 = 𝑆0 𝑒
On en déduit ( 2
)
𝑟− 𝜎2 (𝑇 −𝑡)−𝜎(𝑊𝑇 −𝑊𝑡 )
𝑆𝑇 = 𝑆𝑡 𝑒
Donc l’espérance conditionnelle se réécrit :
[ ( ( 2) ) ]
ˆ 𝜎
−𝑟(𝑇 −𝑡) IP −𝑟(𝑇 −𝑡) ˆ ℎ 𝑆𝑡 𝑒 𝑟− (𝑇 −𝑡)−𝜎(𝑊 𝑇 −𝑊 𝑡 )
𝑒 IE [ℎ(𝑆𝑇 )∣ℱ𝑡 ] = 𝑒 IEIP 2
ℱ𝑡
100
Alors 𝑢 ∈ 𝐶 1,2 ([0, 𝑇 ] × ℝ+ ) et la formule d’Itô nous donne :
1
𝑑𝑈𝑡 = 𝑢𝑥 (𝑡, 𝑆˜𝑡 + 𝑢𝑡 (𝑡, 𝑆˜𝑡 )𝑑𝑡 + 𝑢𝑥𝑥 (𝑡, 𝑆˜𝑡 )𝑑⟨𝑆⟩
˜𝑡 (4.5)
2
𝜎 2 ˜2
( )
˜ ˜ ˆ ˜ ˜
= 𝜎 𝑆𝑡 𝑢𝑥 (𝑡, 𝑆𝑡 )𝑑𝑊𝑡 + 𝑢𝑡 (𝑡, 𝑆𝑡 ) + 𝑆𝑡 𝑢𝑥𝑥 (𝑡, 𝑆𝑡 ) 𝑑𝑡
2
Etant donné qu’on a déjà établi que 𝑈𝑡 était une martingale, sa partie en 𝑑𝑡 est nulle,
et on obtient
– D’une part la partie en 𝑑𝑡 est nulle et égale à
𝜎2
𝑢𝑡 (𝑡, 𝑆˜𝑡 ) + 𝑆˜𝑡2 𝑢𝑥𝑥 (𝑡, 𝑆˜𝑡 ) = 0
2
Or par définition de 𝑢, on a les relations suivantes :
𝑢𝑡 (𝑡, 𝑥) = −𝑟𝑒−𝑟𝑡 𝑣(𝑡, 𝑒𝑟𝑡 𝑥) + 𝑒−𝑟𝑡 𝑣𝑡 (𝑡, 𝑒𝑟𝑡 𝑥) + 𝑟𝑥𝑣𝑥 (𝑡, 𝑒𝑟𝑡 𝑥)
et 𝑢𝑥𝑥 (𝑡, 𝑥) = 𝑒𝑟𝑡 𝑣𝑥𝑥 (𝑡, 𝑒𝑟𝑡 𝑥) (4.6)
Donc l’EDP précédente en 𝑢 se réécrit en 𝑣 de la manière suivante (en rempla-
çant et en simplifiant par 𝑒−𝑟𝑡 ) :
1 2 2
𝜎 𝑆𝑡 𝑣𝑥𝑥 (𝑡, 𝑆𝑡 ) + 𝑟𝑆𝑡 𝑣𝑥 (𝑡, 𝑆𝑡 ) − 𝑟𝑣(𝑡, 𝑆𝑡 ) = 0
2
avec la condition terminale 𝑣(𝑇, 𝑆𝑇 ) = ℎ(𝑆𝑇 ). L’idée pour obtenir l’EDP en
tout 𝑥 est que le mouvement Brownien 𝑊𝑡 diffuse sur tout ℝ, donc 𝑆𝑡 diffuse
sur tout ℝ+ , et par conséquent, 𝑣 est solution sur ℝ+ de :
1 2 2
𝜎 𝑥 𝑣𝑥𝑥 (𝑡, 𝑥) + 𝑟𝑥𝑣𝑥 (𝑡, 𝑥) + 𝑣𝑡 (𝑡, 𝑥) − 𝑟𝑣(𝑡, 𝑥) = 0 et 𝑣(𝑇, 𝑥) = ℎ(𝑥)
2
– Et d’autre part une solution de cette forme résoud également le problème de
duplication. En effet, la propriété de martingale de 𝑈𝑡 avec le terme en 𝑑𝑡 qui
s’annule nous donne finalement l’expression de 𝑈𝑡 :
∫ 𝑡
𝑈𝑡 = 𝑈0 + 𝑢𝑥 (𝑟, 𝑆˜𝑟 )𝑑𝑆˜𝑟
0
101
Réciproquement, si on prend une fonction 𝑣 qui vérifie l’EDP précédente, on peut
introduire le processus
𝑈𝑡∗ := 𝑒−𝑟𝑡 𝑣 ∗ (𝑡, 𝑆𝑡 )
et 𝑢∗ la fonction associée. Alors il est assez facile de montrer que la dynamique de
𝑈 ∗ est donnée par :
( )
1
𝑑𝑈𝑡 = 𝜎 𝑆˜𝑡 𝑢𝑥 (𝑡, 𝑆˜𝑡 )𝑑𝑊
∗ ∗ ˆ 𝑡 + 𝑢 (𝑡, 𝑆˜𝑡 ) + 𝜎 𝑆˜ 𝑢 (𝑡, 𝑆˜𝑡 ) 𝑑𝑡
∗
𝑡
2 2 ∗
𝑡 𝑥𝑥
2
Comme 𝑣 ∗ est solution de l’EDP, le terme en 𝑑𝑡 est nul, on obtient donc que 𝑈 ∗ est
une martingale (la dérivée 𝑣 ∗ bornée assure de bonne conditions d’intégrabilité), et
∫ 𝑡
𝑈𝑡∗ = 𝑈0 + 𝑢∗𝑥 (𝑟, 𝑆˜𝑟 )𝑑𝑆˜𝑟
0
Remarque 1 : Supposer que 𝑣 ∈ 𝐶 1,2 ([0, 𝑇 ]×ℝ+) n’est pas restrictif. On pourrait
penser qu’il est nécessaire que la fonction de payoff ℎ soit régulière, mais en fait,
grâce à des intégrations par parties, on peut renvoyer l’opérateur de dérivation sur
la densité du sous-jacent qui est suffisamment régulière.
Remarque 4 : Tout produit dérivé est bien duplicable. Ceci est du au fait que
la dimension du Brownien est égale à celle de l’actif risqué : il y a autant d’aléa sur
le marché que d’actifs possibles pour le couvrir.
102
Preuve : Pour la même raison qu’auparavant, la complétude du marché (ie tout
actif est réplicable) implique que la proba risque neutre est unique. Par définition, la
probabilité risque neutre rend tout portefeuille autofinançant réactualisé une mar-
tingale. Supposons que l’on ait deux probabilités risques neutres IP ˆ 1 et IP
ˆ 2 . Pour
tout 𝐵 élément de ℱ𝑇 , 1l𝐵 est une va ℱ𝑇 -mesurable, donc elle est duplicable par une
ˆ 1 et IP
stratégie de portefeuille (𝑥, 𝜙) qui est martingale sous IP ˆ 2 , et l’on a :
ˆ
𝑣(𝑡, 𝑆8𝑡) = 𝑒−𝑟(𝑇 −𝑡) IEIP [ℎ(𝑆𝑇 )∣ℱ𝑡 ]
1 2 2
𝜎 𝑥 𝑣𝑥𝑥 (𝑡, 𝑥) + 𝑟𝑥𝑣𝑥 (𝑡, 𝑥) + 𝑣𝑡 (𝑡, 𝑥) − 𝑟𝑣(𝑡, 𝑥) = 0 et 𝑣(𝑇, 𝑥) = ℎ(𝑥)
2
avec 𝒩 la fonction de répartition d’une loi normale 𝒩 (0, 1), 𝑑1 et 𝑑2 donnés par :
( )
𝜎2
( 𝑆𝑡 )
𝑙𝑛 𝐾
+ 𝑟+ (𝑇 − 𝑡)
2 √
𝑑1 := √ et 𝑑2 := 𝑑1 − 𝜎 𝑇 − 𝑡
𝜎 𝑇 −𝑡
𝐶𝑡 − 𝑃𝑡 = 𝑆𝑡 − 𝐾𝑒−𝑟(𝑇 −𝑡)
103
Preuve : Nous allons ici nous placer en 0, sachant qu’un raisonnement équivalent
peut être fait en 𝑡.
ˆ les prix
Prix du Call : On a montré que sous la probabilité risque neutre IP,
actualisés sont des martingales, donc le prix du call en 0 est :
ˆ (
𝐶(0, 𝑇 ) = IEIP 𝑒−𝑟𝑇 (𝑆𝑇 − 𝐾)1l𝑆𝑇 ≥𝐾
)
ˆ ˆ 𝑇 ≥ 𝐾)
= 𝑒−𝑟𝑇 IEIP (𝑆𝑇 1l𝑆𝑇 ≥𝐾 ) − 𝐾𝑒−𝑟𝑇 IP(𝑆 (4.7)
𝜎2
(( ) ( ))
ˆ ˆ 𝐾
= IP 𝑟− 𝑇 + 𝜎 𝑊𝑇 ≥ 𝑙𝑛
2 𝑆0
⎛ ( ( ) )⎞
𝑆0 𝜎2
ˆ𝑇
𝑊 𝑙𝑛 𝐾 + 𝑟 − 2 𝑇
= IP ˆ ⎝− √ ≤ √ ⎠
𝑇 𝜎 𝑇
ˆ
ˆ −𝑊
Or, sous IP, √ 𝑇 ∼ 𝒩 (0, 1).
𝑇
2
( ( ) )
𝑆0
𝑙𝑛 + 𝑟− 𝜎2 𝑇
ˆ 𝑇 ≥ 𝐾) = 𝒩 (𝑑2), où 𝑑2 =
Donc IP(𝑆 𝐾
√ .
𝜎 𝑇
𝑑IP∗ 𝜎2 ˆ𝑡
𝑡+𝜎𝑊
=𝑒 2
ˆ
𝑑IP ℱ𝑡
Or on a vu que
1l𝑆𝑇 ≥𝐾 = 1l ˆ
𝑊
− √𝑇 ≤𝑑2
𝑇
= 1l ˆ −𝜎𝑇 )
(𝑊𝑇√
√
− ≤𝑑2 +𝜎 𝑇
𝑇
= 1l 𝑊∗ (4.8)
− √ 𝑇 ≤𝑑1
𝑇
104
𝑊∗
Or − √𝑇𝑇 ∼ 𝒩 (0, 1), puisque c’est un mouvement Brownien sous IP∗ .
ˆ
Donc IEIP (𝑆𝑇 1l𝑆𝑇 ≥𝐾 ) = 𝑆0 𝑒𝑟𝑇 𝒩 (𝑑1).
D’où on tire bien
𝐶(0, 𝑇 ) = 𝑆0 𝒩 (𝑑1) − 𝐾𝑒𝑟𝑇 𝒩 (𝑑2 )
Prix du Put : Il suffit d’appliquer la formule de parité Call Put et de remarquer
que par symétrie, 𝒩 (𝑥) + 𝒩 (−𝑥) = 1.
6 Volatilité implicite
remarques sur la vol implicite : absence de 𝜇 dans le résultat (idem modèle
binomial), donc le prix ne dépend que de 𝜎, et donc si on connait le prix, on peut
en déduire la vol implicite. Cela consiste à inverser la formule de BS, ie à trouver la
vol qui donne ces prix dans le modèle de BS. Elle ne correspond généralement pas à
la vol historique ! Grosse question financière depuis des années.
105
III Exercices
Exemple : 𝐾 = 100=C , 𝑆 = 100=C , 𝑇 = 6 mois, la volatilité 𝜎 = 17%, et le taux
d’intérêt 𝑟 = 10%. Déterminez le prix du call.
106
IV Une approximation numérique de la fonction
de répartition de la loi normale centrée réduite
Il est possible d’estimer facilement la fonction de répartition de la loi normale
centrée réduite (cumulative standard normal distribution function) par la formule
d’approximation suivante (Musiela et Rutkowski, 1997 ; Hull, 2000, Appendix 11A) :
[ ]
1 − 1 𝑑2 2 3 4 5
𝒩 (𝑑) = 1 − √ 𝑒 2 (𝑏1 𝑥 + 𝑏2 𝑥 + 𝑏3 𝑥 + 𝑏4 𝑥 + 𝑏5 𝑥 )
2𝜋
Avec :
1
𝑥 =
1 + 0, 2316419 × 𝑑
𝑏1 = 0, 319381530
𝑏2 = −0, 356563782
𝑏3 = 1, 781477937
𝑏4 = −1, 821255978
𝑏5 = 1, 330274429
107
108
Chapitre 5
109
I Définitions
En reprenant les notations du modèle Black et Scholes et en notant 𝑃 la prime
de l’option, on a les dérivées suivantes :
1 Le delta
Définition 5.1 Le Delta représente la variation de l’option lorsque le sous-jacent
varie d’une unité monétaire.
∂𝑃
Δ=
∂𝑆
Il fournit une information sur la variabilité de l’option mais aussi sur la probabilité
d’exercer l’option.
Enfin, il nous donne le nombre d’actions à utiliser pour couvrir une option. Il suffira
de multiplier ce Delta par la quotité pour obtenir la position globale de couverture.
Il est le premier des indicateurs pris en compte par le trader. Il traduit la sensibi-
lité de l’option aux variations du prix du sous-jacent (de combien le prix de l’option
varie-t-il quand le prix du sous-jacent varie de une unité). Il est noté 𝛿 ou Δ.
Le delta d’une option mesure la sensibilité de son prix par rapport à une variation
donnée du cours du sous-jacent.
Pour un call, 1 ≥ 𝛿 ≥ 0. Pour le call, le delta est nécessairement positif (au pire
nul) : une option d’achat vaut d’autant plus cher que le cours du sous-jacent est
élevé. Par ailleurs, le delta du call est nécessairement compris entre 0 et 1. Prenons
en effet le cas extrême d’un call à prix d’exercice nul : il vaut en tout temps C = S,
et par conséquent 𝐷𝑒𝑙𝑡𝑎 = 1. Si 𝐾 n’est pas nul et qu’il est au contraire très élevé
(𝐾 > 𝑆), le call sera moins sensible aux fluctuations du cours de l’action.
Pour un put, −1 ≤ 𝛿 ≤ 0. Pour le put, le delta est nécessairement négatif (au
pire nul) : une option de vente à un prix fixe vaut d’autant plus cher que le cours du
sous-jascent est bas. Par un raisonnement symétrique au précédent on peut montrer
que le delta du put est strictement compris entre -1 et 0.
Dans le modèle de Black et Scholes, on peut calculer plus précisément le Δ.
Pour une option d’achat :
∂𝐶
Δ𝐶 = = 𝐶𝑆 = 𝒩 (𝑑1)
∂𝑆
∂𝑃
Δ𝑃 = = 𝑃𝑆 = 𝒩 (𝑑1) − 1
∂𝑆
110
Notons également que le delta global par rapport au sous-jacent 𝑆 d’un porte-
feuille Π composé de 𝑛 actifs différents (𝜋𝑖 la quantité d’actif 𝑖) s’écrit de la manière
suivante en fonction des différents delta des actifs détenus :
𝑛
∂Π ∑
= 𝜋𝑖 Δ𝑖
∂𝑆 𝑖=1
111
neutre). Il constitue un portefeuille d’action. Sur un certain nombre d’actions il
respecte toujours deux conditions :
– acheter Δ actions par call vendu ;
– gérer en continu (à cause de l’instabilité du Δ).
Exemple 1 : Soit Δ = 0, 3. Pour couvrir la vente d’une option d’achat, l’investis-
seur achète 0,3 actions par option vendue (pour une action). S’il vend 100 options
d’achat (pour une quotité de 10). La position acheteur (longue) est de 300 actions
et la position vendeur (courte) est de 100 options. Le delta global d’une position
est défini par le gain ou la perte réalisé par cette position lorsque le cours de l’ac-
tion augmente d’une unité monétaire. Le delta d’une action est égal à un. Dans
l’exemple :
– Δ de la position courte pour 100 options : 0, 3 × 10 × (−100) = −300
– Δ de la position longue pour 300 actions : 1 × 300 = 300
Le Δ global vaut donc 0, d’où le nom de stratégie ”Delta-neutre”.
112
2 Le gamma
Définition 5.2 Le Gamma représente la variation du delta d’une option d’achat ou
d’une option de vente lorsque l’actif sous-jacent varie d’une unité monétaire.
∂2𝑃
𝛾=
∂𝑆 2
Il est identique pour l’option d’achat et l’option de vente (il suffit de dériver 2 fois
la relation de parité Call-Put pour s’en apercevoir).
∂2𝐶 1
Γ= = 𝐶 𝑆𝑆 = 𝑓 (𝑑 1 ) √ >0
∂𝑆 2 𝑆𝜎 𝜏
où 𝑓 est la fonction de densité de la loi normale centrée réduite, qui s’écrit 𝑓 (𝑥) =
2
𝑒𝑥𝑝(− 𝑥2 )
√
2𝜋
.
”at the money”, le Δ est instable que ce soit pour l’option d’achat ou pour l’option
de vente (Γ élevé). A l’inverse, loin de cette position, le Δ est stable (Γ faible).
L’évolution du Γ en fonction du sous-jacent est illustré sur la figure suivante :
113
𝛾peut être vu comme une estimation de la fréquence de rebalancement d’un
portefeuille delta-neutre. En effet, un 𝛾 élevé implique une forte sensibilité du 𝛿
par rapport au prix du sous-jacent. Le trader qui adopte une couverture dynamique
delta-neutre sera donc amené à modifier sa position sur le sous-jacent de façon
très fréquente, ce qui peut-être prohibitif si les coûts de transaction sont élevés. À
l’inverse, si le gamma de l’option est nul, le trader peut conserver une position fixe
tout au long de la durée de vie de l’option.
La connaissance du Γ est très importante dans une stratégie delta-neutre. Si le Γ est
élevé, les stratégies de rééquilibrage seront nombreuses parce qu’il y aura une forte
instabilité de la couverture. Idéalement, la position globale devra avoir un delta nul
mais également un Γ proche de 0.
114
3 Le Thêta Θ
Définition 5.3 Le Thêta donne la sensibilité de l’option par rapport au temps.
∂𝑃 ∂𝑃
𝜃= =−
∂𝑡 ∂𝜏
La valeur d’une option diminue avec le temps (tous autres paramètres égaux par
ailleurs). Le Thêta est donc toujours négatif.
Le thêta est le coût du temps qui passe sur un portefeuille d’options. Il évalue
combien le passage du temps influe sur la valeur d’une option. Une position longue
d’options (gamma positive) sera thêta negative. Le trader devra veiller tous les
jours à payer son thêta journalier en profitant de sa position longue en gamma.
On préfèrera donc être long d’une option qui soit suffisamment volatile, ainsi en
rebalancant la position, on pourra payer le temps qui passe en tradant le gamma.
Dans le modèle de Black et Scholes, pour une option d’achat, il vaut :
[ ]
∂𝐶 ∂𝐶 𝑆𝜎 −𝑟𝜏
Θ= =− = − √ 𝑓 (𝑑1 ) + 𝑟𝐾𝑒 𝒩 (𝑑2 ) < 0
∂𝑡 ∂𝜏 2 𝜏
Proposition 5.1 Dans le modèle de Black et Scholes, dans le cas d’une option
d’achat, une relation lie les grecques Δ, Γ et Θ :
1
Θ + 𝑟𝑆Δ + 𝜎 2 𝑆 2 Γ = 𝑟𝐶
2
C’est l’EDP de Black-Scholes !
115
4 Le véga
Définition 5.4 Le Véga, mesure de la sensibilité du prix de l’option par rapport
aux variations de la volatilité du sous-jacent.
∂𝑃
𝒱=
∂𝜎
Représenté par la lettre nu minuscule 𝒱. Le nom « véga » n’est pas lui-même un
nom de lettre grecque.
Comme 𝒱𝑐𝑎𝑙𝑙 ≥ 0𝑒𝑡𝒱𝑝𝑢𝑡 ≥ 0, on dit qu’un acheteur de call ou de put sera long de
véga, ou que son portefeuille sera véga positif, et qu’un vendeur sera court (short)
de véga, ou véga négatif.
Contrairement au gamma et au thêta, le véga est une fonction croissante de
la maturité. Ainsi une augmentation parallèle de la volatilité aura-t-elle plus d’im-
pact sur les options dont la date d’échéance est éloignée que sur celles dont elle
est proche. En effet, une volatilité forte augmente les chances d’exercer l’option et
augmente donc son prix. Une position généralement appreciée des traders et des
market makers est alors d’avoir une position globalement gamma positive (sensible
aux grands mouvements de marché) et véga négative, qui consiste à acheter des
options courtes et à vendre des options longues.
Pour l’option d’achat et l’option de vente, dans le modèle de Black et Scholes :
∂𝐶 √
𝒱= = 𝐶𝜎 = 𝑆 𝜏 𝑓 (𝑑1 ) > 0
∂𝜎
Dans le cas du mod‘ele de Black and Scholes cette quantité présente cependant peu
d’intérêt car la volatilité 𝜎 est supposée constante. Il sera plus logique de calculer
cette quantité dans le cas d’un modèle où la volatilité est supposée aléatoire (Hull
et White, 1987).
116
5 Le Rhô
Définition 5.5 Le Rho mesure la sensibilité du prix de l’option par rapport au taux
d’intérêt continu 𝑟. C’est le taux de variation de la valeur du portefeuille en fonction
du taux d’intérêt.
∂𝑃
𝜌=
∂𝑅
Il permet de mesurer les risques des options liés à l’évolution des taux d’intérêt
à court terme. Ce paramètre est peu utilisé car les taux d’intérêt sont supposés
constants dans le modèle de Black et Scholes et car ils varient peu en pratique sur
la durée de vie de l’option.
Dans le modèle de Black et Scholes, la valeur du Rho est donnée par :
Pour l’option d’achat :
∂𝐶
𝜌𝐶 = = 𝜏 𝐾𝑒−𝑟𝜏 𝒩 (𝑑2 ) > 0
∂𝑟
Pour l’option de vente :
∂𝑃
𝜌𝑃 = = −𝜏 𝐾𝑒−𝑟𝜏 𝒩 (−𝑑2 ) < 0
∂𝑟
∂𝐶
= 𝐶𝐾 = −𝑒−𝑟𝜏 𝒩 (𝑑2) < 0
∂𝐾
Pour l’option de vente :
𝑃𝐾 = 𝐶𝐾 + 𝑒−𝑟𝜏 > 0
II Récapitulatif
Lettre grecque Définition valeur pour un call
dans le modèle de B& S
∂𝐶
Δ ∂𝑆
𝒩 (𝑑1 ) ∈ [0, 1]
∂2𝐶
Γ ∂𝑆 2
𝑓 (𝑑1 ) 𝑆𝜎1√𝜏 > 0
[ ]
∂𝑃
Θ ∂𝑡
= − ∂𝑃
∂𝜏
− 2𝑆𝜎
√ 𝑓 (𝑑1 ) + 𝑟𝐾𝑒−𝑟𝜏 𝒩 (𝑑2 ) < 0
𝜏
∂𝐶 √
𝒱 ∂𝜎
𝐶𝜎 = 𝑆 𝜏 𝑓 (𝑑1) > 0
∂𝐶
𝜌 ∂𝑟
𝜏 𝐾𝑒−𝑟𝜏 𝒩 (𝑑2) > 0
117
III Utilisation
Les grecques sont avant tout des indicateurs des risques pris par celui qui a acheté
ou vendu des options. Elles détaillent ces risques par origine : le prix du sous-jacent,
la volatilité implicite, le temps et le taux d’intérêt.
Elles vont donc permettre de gérer chacun de ces paramètres finement, que ce
soit au niveau du trading, ou au niveau des services de contrôle des risques dans les
structures où ils existent.
Elles sont des outils de gestion pour le trader.
La stratégie de gestion d’options la plus courante est appelée gestion en delta neutre.
Elle consiste à éliminer à chaque instant le risque lié au prix du sous-jacent.
Prenons l’exemple d’un trader qui vend à l’instant 𝑡0 𝑛 calls identiques, de delta
𝛿0 . Le delta de son portefeuille est alors de 𝑛 × 𝛿0 . Voulant immuniser son portefeuille
contre les variations de prix du sous-jacent, il va annuler ce delta. La solution en
général la plus simple est alors de vendre (car dans le cas d’un call, 𝛿𝑐𝑎𝑙𝑙 ≥ 0) une
quantité 𝑛 × 𝛿0 de sous-jacent. En effet, par définition, le delta du sous-jacent est
égal à 1.
Seulement, au cours de la vie de cette option, son delta va évoluer, notamment
parce que le prix du sous-jacent aura changé. À l’instant 𝑡1 , le delta 𝛿1 sera différent
de 𝛿0 et donc la couverture du portefeuille ne sera plus optimale : le trader devra
ajuster celle-ci en rachetant ou en vendant un peu plus de sous-jacent.
Prendre en compte le gamma permet d’optimiser cette gestion. Lorsque le gamma
est positif, le delta augmente quand le prix du sous-jacent monte. Situation confor-
table pour l’opérateur qui doit vendre du sous-jacent lors des hausses marché, et
en racheter lors des baisses. Ces allers-retours sur le sous-jacent sont utilisés pour
regagner le coût du passage du temps (on dit souvent : payer le thêta). En revanche,
si le gamma est négatif, il doit mener les opérations inverses, et les allers-retours
doivent perdre moins que ce que fait gagner le thêta.
En outre, plus le gamma est important, plus les interventions pour neutraliser le
delta seront fréquentes, ce qui peut poser un problème dans un environnement où
les coûts de transaction sont élevés. À l’inverse, si le gamma de l’option est nul, le
trader peut conserver une position fixe tout au long de la durée de vie de l’option.
Une gestion en delta neutre peut être un moyen de parier sur la volatilité : le
portefeuille étant théoriquement immunisé contre les variations de prix du sous-
jacent, sa valeur va principalement évolué en fonction de la volatilité implicite.
118
IV Exercices
Exemple : Calculez les cinq paramètres (lettres grecques) pour le call et le put avec
les données suivantes : 𝐾 = 100, 𝑆 = 100, 𝜏 = 6 mois, 𝜎 = 17%, 𝑅 = 10%.
Exemple : Listez les six facteurs qui influencent le prix
1. d’une option d’achat
2. d’une option de vente.
Précisez le sens de ces variations.
Exemple : Utilisez la relation de parité call-put pour déduire la relation entre (pour
une action sans paiement de dividende) :
1. le Delta d’une option européenne d’achat et le Delta d’une option européenne
de vente ;
2. le gamma d’une option européenne d’achat et le gamma d’une option euro-
péenne de vente.
Exemple : Le Delta d’une option d’achat est de 0,37. Déterminer les stratégies en
Delta-neutre qui couvrent (quotité égale à 1) :
1. la vente de 1500 options d’achat ;
2. l’achat de 2000 options d’achat ;
3. la vente de 800 options de vente (même sous-jacent sans dividende, même
échéance et même prix d’exercice).
119
120
Chapitre 6
1 Enoncé du problème
Pour fixer les idées, intéressons-nous à des options ”dollar contre euro”. Par
exemple, un cal européen, d’échéance 𝑇 sur un dollar, au prix d’exercice 𝐾, est
le droit d’acheter, à la date 𝑇 un dollar pour 𝐾 euros.
1. Notons 𝑆𝑡 le cours du dollar à l’instant 𝑡, c’est-à-dire le nombre d’euros néces-
saires à l’achat d’un dollar. On suppose que l’évolution de 𝑆𝑡 est modélisée par
l’équation différentielle stochastique suivante :
𝑑𝑆𝑡
= 𝜇𝑑𝑡 + 𝜎𝑑𝐵𝑡
𝑆𝑡
Où (𝐵𝑡 )𝑡∈[0,𝑇 ] est un mouvement Brownien sur (Ω, ℱ , IP), et où 𝜇 et 𝜎 sont des
réels donnés.
(a) Décrire l’évolution du cours du dollar en avenir certain, c’est-à-dire en
supposant 𝜎 = 0
(b) On suppose dorénavant que 𝜎 > 0. Expliciter 𝑆𝑡 en fonction de 𝑆0 , 𝑡 et
𝐵𝑡 .
(c) Calculer l’espérance IE(𝑆𝑡 ). En déduire que si 𝜇 > 0, 𝑆𝑡 ne peut pas être
une martingale.
(d) Montrer que dans ce cas (si 𝜇 > 0), 𝑆𝑡 est une sous-martingale.
121
(e) Soit 𝑈𝑡 = 1/𝑆𝑡 le taux de conversion des euros en dollars. Montrer que 𝑈𝑡
vérifie l’EDS suivante :
𝑑𝑈𝑡
= (𝜎 2 − 𝜇)𝑑𝑡 − 𝜎𝑑𝐵𝑡
𝑈𝑡
(f) En déduire que si 0 < 𝜇 < 𝜎 2 , les processus 𝑆𝑡 et 𝑈𝑡 sont l’un et l’autre
des sous-martingales. En quoi cela peut-il sembler paradoxal ?
2. On se propose d’évaluer et de couvrir un call européen d’échéance 𝑇 sur un
dollar au prix d’exercice 𝐾, par une démarche analogue à celle du modèle de
Black et Scholes. Le vendeur de l’option, à partir de la richesse initiale que
représente la prime, va construire une stratégie, définissant à chaque instant
𝑡 un portefeuille contenant 𝐻𝑡𝑒 euros et 𝐻𝑡𝑑 dollars, de façons à produire, à la
date 𝑇 , une richesse égale (en euros) à (𝑆𝑇 − 𝐾)+ . A la date 𝑡, la valeur en
euros de ce portefeuille de couverture est évidemment :
𝑉𝑡 = 𝐻𝑡𝑒 + 𝐻𝑡𝑑 𝑆𝑡
On supposera que les euros sont placés (ou empruntés) au taux 𝑟 𝑒 , et les dollars
au taux 𝑟 𝑑 .
(a) Expliquer pourquoi les deux processus adaptés (𝐻𝑡𝑒 ) et (𝐻𝑡𝑑 ), qui défi-
nissent la stratégie autofinancée, vérifient la relation suivante :
∂𝑣
𝐻𝑡𝑑 = (𝑡, 𝑆𝑡 )
∂𝑆
et que 𝑣(𝑡, 𝑆) est solution de l’équation aux dérivées partielles
∂𝑣 1 ∂2𝑣 ∂𝑣
(𝑡, 𝑆) + 𝜎 2 𝑆 2 2 (𝑡, 𝑆) + (𝑟 𝑒 − 𝑟 𝑑 )𝑆 (𝑡, 𝑆) − 𝑟 𝑒 𝑣(𝑡, 𝑆) = 0
∂𝑡 2 ∂𝑆 ∂𝑆
122
où
1 √
( )
1 𝑆𝑡 (𝑟𝑒 −𝑟𝑑 )(𝑇 −𝑡)
𝑑1,2 = √ log 𝑒 ± 𝜎 𝑇 −𝑡
𝜎 𝑇 −𝑡 𝐾 2
Cette formule est même adaptable si les taux domestiques et étrangers varient en
fonction du temps :
∫𝑇 ∫𝑇
𝑟𝑠𝑑 𝑑𝑠 𝑟𝑠𝑒 𝑑𝑠
𝐶𝑎𝑙𝑙(𝑡, 𝑆𝑡 , 𝑇, 𝐾) = 𝑒− 𝑡 𝑆𝑡 𝑁(𝑑1 ) − 𝑒− 𝑡 𝐾𝑁(𝑑2 )
∫𝑇 ∫𝑇
𝑟𝑠𝑒 𝑑𝑠 𝑟𝑠𝑑 𝑑𝑠
𝑃 𝑢𝑡(𝑡, 𝑆𝑡, 𝑇, 𝐾) = 𝑒− 𝑡 𝐾𝑁(−𝑑2 ) − 𝑒− 𝑡 𝑆𝑡 𝑁(−𝑑1 )
où
1 √
( )
1 𝑆𝑡 ∫ 𝑇 (𝑟𝑠𝑒 −𝑟𝑠𝑑 )𝑑𝑠
𝑑1,2 = √ log 𝑒𝑡 ± 𝜎 𝑇 −𝑡
𝜎 𝑇 −𝑡 𝐾 2
Exercice : calculer le delta de l’option dans le modèle de Garman et Kohlhagen.
1 √
( )
∫𝑇 𝑑
𝑟 𝑑𝑡 1 𝑆 0
∫𝑇 𝑒 𝑑
(𝑟 −𝑟 )𝑑𝑡
𝐷𝑒𝑙𝑡𝑎 = 𝑒 0 𝑡 𝑁(𝑑1 ), 𝑑1 = √ log 𝑒0 + 𝜎 𝑇
𝜎 𝑇 𝐾 2
𝑞𝑆𝑡 𝑑𝑡
où maintenant :
𝐹 = 𝑒(𝑟−𝑞)(𝑇 −𝑡) 𝑆𝑡
est le prix modifié qui apparaı̂t dans les termes 𝑑1 and 𝑑2 .
Autrement dit :
1 √
( )
1 𝑆𝑡 (𝑟−𝑞)(𝑇 −𝑡)
𝑑1,2 = √ log 𝑒 ± 𝜎 𝑇 −𝑡
𝜎 𝑇 −𝑡 𝐾 2
123
Finalement, généralisation de la formule de Black et Scholes :
Avec
- Options américaines
- Autres (options sur énergie, dérivées climatiques...)
Lamberton-Lapeyre ?
124
Chapitre 7
Glossaire Financier
125
126
Bibliographie
127