Cours Cycle Ingenieur Ita 2
Cours Cycle Ingenieur Ita 2
LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
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Union – Discipline - Travail
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SOMMAIRE
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6. Mauvaises herbes des friches et jachères
7. Mauvaises herbes des milieux aquatiques
8. Espèces envahissantes
8.1. Causes du développement des espèces envahissantes
8.2. Impacts des espèces envahissantes
8.3. Quelques espèces envahissantes en Côte d’Ivoire
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CHAPITRE 1 : NOTIONS D’ADVENTICE OU MAUVAISE HERBE ET
MALHERBOLOGIE
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le même pied d’égalité dès lors qu’elles sont inventoriées sur un même territoire dont elles
constituent la flore.
D’ailleurs, ce jugement est d’autant plus relatif que même les repousses de riz que l’on
rencontrerait dans un champ de maïs dont la culture succède à celle de la première citée,
constituent autant de mauvaises herbes pour l’agronome. Et pourtant, le riz est une plante
alimentaire de première nécessité mondiale reconnue.
De plus, bon nombre de plantes ordinaires considérées comme adventices dans nos champs sont
reconnues comme autant de légumes de qualité. C’est le cas de Celosia argentea et Amaranthus
hibridus (Amaranthaceae), Corchorus olitorius (Tiliaceae), Solanum nigrum (Solanaceae),
Talinum triangulare (Portulacaceae), Spinacea oleracea (Chenopodiaceae) etc.
Tout cela démontre bien que le concept de mauvaise herbe ou adventice n’a pas encore fini de
susciter toutes formes de spéculation.
2. Malherbologie
De nos jours, l’expansion agricole a pris une importance telle que la gestion des mauvaises
herbes est devenue préoccupante. Ainsi, celle-ci a-t-elle généré une multitude de sciences avec
leurs spécialistes, aussi avec leurs célébrités. On citera entre autres disciplines alliées, la
systématique, la biologie, l’écologie, la physiologie, la génétique etc.
A l’analyse de tout ce qui précède, nous nous rendons compte que le malherbologue doit être
non seulement, un botaniste à part entière, mais surtout un botaniste généraliste car, ce
botaniste, tout en étant agronome au sens le plus large du terme, dès lors que son champ d’action
est constitué par des agro écosystèmes, doit être également un taxonomiste, un généticien, un
biologiste, un écologue, un physiologiste, un phytosociologue etc. C’est aussi en d’autres
termes, dire que la malherbologie est une science de synthèse et aussi une science
pluridisciplinaire. Et c’est certainement ce que le prof SAUVAGE a voulu résumer dans la
formule suivante :
« Le malherbologue doit être d’abord un excellent systématicien, non pas seulement rompu à
la connaissance des familles, genres et espèces des végétaux, spontanés ou non, mais espère à
les reconnaître à toutes les phases de leur développement depuis la graine et la germination de
celle-ci jusqu’à la floraison qui lui apportera la confirmation de sa diagnose ».
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l’avènement de l’agriculture qu’a commencé la domestication de certains animaux et de
certaines plantes. C’est ainsi qu’on estime qu’entre 10000 et 3000 ans avant Jésus Christ, les
animaux suivants cités dans l’ordre étaient déjà domestiqués : le chien, le mouton, la chèvre, le
dindon, la poule, le porc, l’âne, le cheval etc. Les traces de ce dernier ont été aperçues en
Mésopotamie à l’an 3000 avant Jésus Christ.
Quant aux plantes alimentaires, on peut citer les céréales dont certaines ont déjà été cultivées
en Egypte il y a déjà environ plus de 12000 ans. Mais on peut successivement citer le pois, la
fève, les haricots, le maïs, les courges etc. On pense que leur période de domestication se
situerait entre 6000 et 1000 ans avant Jésus Christ.
Puis la croissance démographique du globe aidée en cela par les progrès de la technique et de
la technologie devrait être soutenue par une agriculture de plus en plus performante et de plus
en plus exigeante tant pour les surfaces mises en valeur que pour la qualité et les quantités de
produits des récoltes. Si dans les pays en développement l’agriculture demeure en grande partie
du type traditionnel, donc itinérante et extensive, il en est tout autrement dans les pays
développés. Ici, l’on est passé de l’agriculture extensive à l’agriculture fortement intensive avec
tout ce qu’elle comporte en matière de méthodologie, de technique et de technologie. Dans les
conditions où on se trouve, il est devenu impérieux de prendre en compte un problème aussi
crucial que celui posé par les mauvaises herbes. D’abord manuelle, la lutte à engager contre les
mauvaises herbes est devenue mécanique, puis chimique. Cependant, comment lutter contre ces
mauvaises herbes si l’on ne les connait pas à plusieurs points de vus notamment lorsque les
moyens à mettre en jeu deviennent plus spécifiques. C’est donc ici que se résume toute la
problématique liée aux mauvaises herbes.
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CHAPITRE 2 : BIOLOGIE DES MAUVAISES HERBES
Pour combattre efficacement les mauvaises herbes, il importe de connaitre le mieux possible
leur biologie. Les plantes en général peuvent être décrites par rapport à leur cycle végétatif. Les
plantes annuelles entrent en sénescence après avoir produit des graines, généralement un an
après la germination, tandis que les plantes pérennes continuent à se développer après avoir
produit des graines, généralement pendant plusieurs années.
La lutte contre l’enherbement des cultures nécessite de pouvoir reconnaitre les espèces que l’on
doit éliminer et cela à tous les stades de leur développement. De cette parfaite identification
dépend la maîtrise de ces espèces indéniables, sans dommage pour la culture considérée.
Les premiers qui sont également proches de la surface du sol produisent directement de
nouveaux pieds fils et permettent la colonisation horizontale de l’habitat.
Quant aux rhizomes de profondeurs, ils se terminent chacun par un tubercule qui demeure
dormant pendant la saison sèche. Après la saison sèche, chaque tubercule peut se développer
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en un nouveau pied fils accroissant ainsi la colonisation du milieu. Des études ont pu montrer
qu’un tubercule initial peut produire 36 pieds fils et 339 tubercules fils en 16 semaines de
végétation.
Chez Cyperus rotundus, chaque plante généralement issue d’un tubercule initial (rarement
d’une graine), développe un réseau de rhizomes ramifiés le long desquels se forment des
chapelets de tubercules. Ces derniers restent dormants ou latents tant que persiste la dominance
apicale du pied mère et selon les conditions du milieu. La section du rhizome entraine la levée
de cette domination.
Quant à Panicum repens, elle garde son appareil végétatif durant toute l’année et notamment
en terrain hydromorphe. La partie hypogée est un rhizome qui est quelquefois puissamment
tubérisée. Cependant, la partie âgée de ce rhizome se détruit au fur et à mesure que fonctionne
le bourgeon apical producteur de tige aérienne. Les opérations de labour, en sectionnant les
rhizomes, favorisent la multiplication végétative de la plante notamment en période humide.
A ces trois espèces, on pourrait également ajouter Imperata cylindrica qui se comporte à peu
près de la même façon que Panicum repens, à la différence qu’elle ne produit pas de tubercule.
C’est aussi le cas de Kyllinga erecta var. erecta.
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Certains akènes d’Asteraceae sont dotés de pappus ou aigrettes favorisant le transport
anémochore. On citera le cas de Chromolaena odorata, Erigeron floribundus et Tridax
procumbens.
A côté de ceux-ci, il y a des cas d’autochorisme parmi lesquels on peut citer Euphorbia
heterophylla (Euphorbiaceae) qui peut projeter ses semences sur une distance de 1 mètre à partir
du pied mère.
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CHAPITRE 3 : ECOLOGIE DES MAUVAISES HERBES
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3. Influence des espèces cultivées
L’un des facteurs qui président au maintien et à l’expansion des mauvaises herbes est
incontestablement la lumière. Celle-ci est également au centre de la compétition que se livrent
adventices et espèces cultivées, au même titre que l’eau et les substances dissoutes. Aussi, les
adventices montrent-elles une particulière agressivité vis-à-vis des cultures tant qu’elles sont
toutes parfaitement exposées. Et comme les adventices sont dotées d’une plus grande aptitude
à la croissance, elles recouvrent très tôt les espèces cultivées qui se déprécient rapidement. Leur
rendement s’en ressent ; et cette situation est fréquente dans les cultures à cycle court telle que
les cultures de riz, maïs, arachide, etc.
Avec les espèces pérennes, tout se passe autrement. Au stade jeune, le travail d’entretien est
intense. Lorsque la croissance des arbres atteint un certain niveau de développement, les
fréquences d’entretien sont de moins en moins élevées. Cela est simplement dû au fait que les
feuillages de ces arbres, en créant un ombrage important, deviennent de plus en plus nuisant
pour les adventices héliophiles. C’est le cas d’espèces cultivées à architecture très recouvrante
comme le cacaoyer, le bananier, le palmier à huile etc.
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déjà 30 à 40 cm de hauteur, il s’en suit un mauvais enfouissement des herbes qui vont aussitôt
démarrer la reconstitution de la végétation initiale et une réinfestation rapide de la parcelle.
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CHAPITRE 4 : NOTION DE NUISIBILITE DES MAUVAISES HERBES
La nuisibilité des mauvaises herbes dans une culture en générale est liée à leurs effets négatifs
sur la croissance et le développement de la plante cultivée. En termes d’interaction biologique,
les effets mesurés traduisent les résultats de la concurrence entre les mauvaises herbes et la
plante cultivée. Ils sont posés par divers processus biologiques comme la compétition,
l’allélopathie ou tout autre processus d’exploitation. Appliqué aux mauvaises herbes, le concept
de nuisibilité englobe deux sortes d’effets.
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Exemples de nuisibilité agricole directe
- Deux espèces, Amaranthus spinosus et Amaranthus viridis, puisent et stockent les nitrates aux
dépends des cultures telles que la canne à sucre, ce qui provoque des carences importantes en
ces composés
- En début de cycle, les mauvaises herbes absorbent plus vite les nutriments que les cultures et
ont une croissance rapide et vigoureuse au détriment de la plante cultivée ;
- Des lianes qui se développement à partir de tiges minces finissent par couvrir une grande
surface des plantes cultivées. Par étalement, elles le privent de lumière et finissent par l’étouffer.
Cas de Centrosema pubescens.
- Certaines lianes comme Gallium aparine qui est volubile, étranglent les plantes cultivées,
occasionnant la verse des céréales.
- L’émission ou la libération de substances organiques par divers organes végétaux, vivants ou
morts, inhibant la croissance des plantes qui se développent au voisinage de ces organes ou qui
leur succèdent sur le même site.
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- les vertus médicinales
- l’apport d’humus au sol
- le recyclage des éléments nutritifs des couches profondes du sol
- la valeur esthétique
- le rôle d’hôtes vis à vis de nombreux insectes utiles,
- la fourniture de nectar aux abeilles
- l’équilibre écologique, la conservation du matériel génétique et la pérennité des ressources
naturelles végétales et animales sur la terre.
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CHAPITRE 5 : ESSAI DE CLASSIFICATION DES MAUVAISES HERBES
D’une manière globale et en s’inspirant des travaux de Caresche (1969) et ceux de Detroux
(1976), Deuse et Lavabre (1979) ont proposé une classification des plantes nuisibles aux
espèces végétales cultivées par l’homme. Il s’agit des :
- plantes parasites
- épiphytes
- mauvaises herbes
Parmi ces espèces nuisibles, les mauvaises herbes occupent une place particulièrement
importante en raison de l’influence ou des dommages qu’elles causent aux récoltes.
On les retrouve en réalité dans tous les systèmes de classification utilisés par les Ecologues et
les Phytosociologues d’Afrique occidentale. Parmi ces systèmes de classification, on peut citer
celui de Raunkiaer parlant des types biologiques, de Descoings parlant des types
morphologiques, et de Mangenot parlant d’état ligneux et herbacé. En nous inspirant de ce qui
existe déjà, nous présentons la classification ci-dessous.
1. Types biologiques
Ils ont été créés par Raunkiaer en 1905. Cet auteur a observé que pendant les mauvaises saisons,
certaines espèces végétales acquièrent des formes particulières. Pour lui, les végétaux étaient
organisés pour passer les mauvaises saisons. Pour ce faire, ils ont trouvé des moyens pour
protéger un point végétatif qui est le bourgeon terminal portant le méristème dont l’activité
conduit à la croissance et au développement de la plante. Pour établir sa classification, l’auteur
s’est appuyé sur la position de ces bourgeons par rapport au niveau du sol. Il a déterminé ainsi
6 principaux types biologiques qui sont :
Phanérophytes : Ce sont des plantes ligneuses dont les bourgeons sont situés plus haut que 50
cm au-dessus du sol.
Mégaphanérophytes (MP), arbres de taille supérieure à 30 m de hauteur ;
Mésophanérophytes (mP), arbres de taille comprise entre 8 m et 30 m de hauteur ;
Microphanérophytes (mp), arbustes de taille comprise entre 2 m et 8 m de hauteur ;
Nanophanérophytes (np), sous-arbustes de taille comprise entre 0,25 m et 2 m de
hauteur ;
Chaméphytes : Ce sont des plantes vivaces ligneuses ou herbacées, enracinées, dont les
bourgeons régénérateurs sont situés près du sol, au-dessous de 50 cm.
Hémicryptophytes : Ce sont des plantes enracinées dont le bourgeon est situé à la surface du
sol, et dont la partie aérienne meurt pendant la saison défavorable (froide ou sèche)
Thérophytes : Ce sont des plantes annuelles qui survivent sous forme de graines.
Géophytes : Ce sont des plantes dont les bourgeons sont souterrains (plantes dont les tiges
souterraines sont des rhizomes, des tubercules ou des bulbes).
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Hydrophytes : C’est un type de plante qui vit en partie ou totalement immergée dans l'eau (les
bourgeons dormants et les feuilles sont dans l'eau).
Hélophytes : C’est un type de plante dont les bourgeons dormants sont sous l'eau, avec les
feuilles émergées au moins en partie.
2. Adventices annuelles
En principe, le cycle se déroule dans une période d’une année. Les plantes passent la saison
défavorable sous la forme d'un embryon en vie latente protégé dans une graine. La germination
des graines intervient au cours de la bonne saison et la fin du cycle survient avec la mauvaise
saison. La plante toute entière meurt en laissant sur le sol des graines qui germeront à leur tour
dès le retour des conditions favorables. Le cycle tel que nous venons de décrire caractérise les
thérophytes annuels. D’autres thérophytes sont bisannuels.
En milieu tropical humide, le cycle des thérophytes n’est pas aussi figé que les cas théoriques
que nous venons de décrire. En effet, en région forestière, toutes les graines qui tombent sur un
substrat suffisamment humide peuvent immédiatement germer de sorte qu’une espèce ou un
individu placé en pareille condition peut développer plusieurs cycles au cours d’une même
année. Tout ceci concourt à l’expansion rapide de cette catégorie de plantes notamment dans
les régions tropicales humides.
3. Adventices vivaces
Pour Bourlard (1988), le mot vivace qualifie un végétal qui vit plus d’un an en perdurant par
son appareil végétatif. Celui-ci peut se maintenir par une partie aérienne (bouture), par une
partie souterraine (rejets de souche) ou par les deux simultanément. Lorsque l’organe pérenne
est souterrain, il peut s’agir aussi bien de tubercule, de bulbe ou rhizome. On notera enfin que
les adventices vivaces peuvent appartenir à des plantes stolonifères.
4. Adventices rudérales
Les adventices rudérales sont des plantes qui envahissent les décombres, les abords des villages,
des villes, des rues, en somme tout espace urbanisé ou artificiel.
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lorsqu’elles sont mélangées à d’autres plantes ou fourrage. Le déficit fourrager amène quelques
fois le bétail à brouter même les plantes toxiques, qui sont évitées dans des situations
alimentaires normales.
Comme espèces toxiques, nous avons :
Ricinus communis : Le ricin est une plante appréciée des jardiniers pour sa belle architecture
et coloration. Mais, elle cache en elle un poison mortel dans les feuilles et surtout les graines :
la ricine. Sa dangerosité est encore accrue par le fait que la graine de ricin a une saveur de
noisette très agréable.
Le colchique : Colchicum sp. (Liliaceae) pousse dans les prés et contient un alcaloïde fortement
actif : la colchicine. Son ingestion provoque la brûlure buccale, des vomissements, la chute de
la température corporelle pour finir par la mort.
8. Espèces envahissantes
Une espèce envahissante est une espèce vivante exotique (ou allochtone, non indigène, exogène
ou étrangère), qui devient un agent de perturbation nuisible à la
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biodiversité autochtone des écosystèmes naturels ou semi-naturels parmi lesquels elle s’est
établie. On la désigne également sous le terme d’espèce invasive.
Cette définition exclut l’espèce proliférante qui est une espèce qui présente
des pullulations dans une zone déterminée ; ces proliférations pouvant survenir pour des espèces
autochtones ou allochtones.
Les plantes envahissantes déjà présentes peuvent déstabiliser le milieu et favoriser
l’implantation d’autres végétaux étrangers. Au fur et à mesure que l’écosystème se dégrade à
cause des invasions biologiques, la réussite invasive des organismes suivants augmente.
8.1. Causes du développement des espèces envahissantes
L'appauvrissement des sols, la pollution, les changements climatiques et les perturbations
écologiques sont les facteurs qui favorisent le développement des espèces envahissantes. Elles
profitent souvent d'une instabilité du milieu naturel où elles arrivent, liée aux activités
humaines, pour s'y installer durablement. La présence de ces espèces semble être un signe
général de la perturbation et de changement du milieu.
8.2. Impacts des espèces envahissantes
- Sur les écosystèmes naturels
Après la déforestation et l'urbanisation galopante, le phénomène des plantes envahissantes est
le deuxième facteur contribuant à la diminution de la biodiversité. En effet, avec le
développement des échanges à travers le monde, nous importons et exportons des plantes tout
autour de la planète. Certaines plantes exotiques s'adaptent avec succès à leur nouvel
environnement, si bien que parfois elles le colonisent au détriment des espèces locales qui
disparaissent.
Les espèces envahissantes sont des agents de perturbation, nuisibles à la biodiversité autochtone
des écosystèmes naturels ou semi naturels parmi lesquels elles se sont établies. Cela s'explique
par le fait que les espèces envahissantes sont très rustiques et possèdent une grande capacité
d'adaptation.
- Sur l'élevage
Les espèces envahissantes se développent rapidement et envahissent les pâturages et les
parcours. Elles sont plus adaptées aux conditions climatiques et pédologiques que les espèces
fourragères. Lorsque l’élevage est essentiellement du type extensif, les animaux se nourrissent
du fourrage herbacé et ligneux rencontré. Les animaux seront alors mal nourris, d’où une
faiblesse des rendements du bétail et donc une perte économique considérable pour les éleveurs.
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8.3. Quelques espèces envahissantes de la Côte d’Ivoire
N Taxons Famille Ecologie Type Mode
d’introduction
1 Caladium bicolor Araceae Terrestre Invasion ornementale
(Aiton) Vent.
2 Chromolaena Asteraceae Terrestre Invasion accidentelle
odorata (L.)
R.M.King&H.Rob.
3 Croton hirtus L'Hér. Euphorbiaceae Terrestre Naturalisation Inconnu
4 Eichhornia crassipes Pontederiaceae A Invasion ornementale
(Mart.) Solms
5 Euphorbia Euphorbiaceae Terrestre Invasion ornementale
heterophylla L.
6 Lantana camara L. verbenaceae Terrestre Naturalisation ornementale
7 Pistia stratiotes L. Araceae Aquatique Invasion ornementale
8 Pueraria Fabaceae Terrestre Naturalisation Agroforesterie
phaseoloides (Roxb.)
Benth.
9 Solanum erianthum Solanaceae Terrestre Naturalisation Inconnu
D. Don
10 Stenotaphrum Poaceae Terrestre Invasion ornementale
secundatum (Walter)
Kuntze
11 Tithonia diversifolia Asteraceae Terrestre Invasion ornementale
(Hemsl.) A.Gray
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CHAPITRE 6 : SYSTEMATIQUE DES MAUVAISES HERBES
Nous allons voir dans cette étude quelques mauvaises herbes communes de l’Afrique de
l’Ouest. Celles-ci apparaissent les plus importantes dans cette zone, soit pour leur grande
fréquence, soit parce qu’elles peuvent atteindre des développements importants, soit encore
parce qu’elles forment des peuplements denses, même si le développement des individus qui
les composent reste relativement modéré. Bien que ne concernant uniquement l’Afrique de
l’Ouest, cette flore s’adresse également à toute la zone tropicale du globe. La majorité de ces
espèces sont ubiquistes. Le regroupement de ces mauvaises herbes est fait selon les classes et
familles botaniques.
Pistia stratiotes L.
Parfois appelée « laitue d'eau » du fait de ses feuilles disposées en rosette, Pistia stratiotes est
une espèce de plante aquatique pantropicale. On la trouve en Amérique, en Asie, en Afrique,
en Océanie et elle est introduite en Europe. P. stratiotes est une plante vivace aquatique, flottant
à la surface de l'eau, pourvue d'un réseau de fines racines, pendant dans l'eau et développant de
longs stolons en surface. La plante se reproduit très rapidement par multiplication végétative,
en développant autour d'elle des stolons au bout desquels apparaissent de nouvelles petites
plantes. Elle affectionne les canaux, les rivières à courant lent, les fossés, les rizières et les
étangs.
Autres espèces : Anchomanes difformis, Cyrtosperma senegalense
Commelina benghalensis L.
C’est une espèce annuelle qui a de fortes potentialités à la multiplication végétative par
enracinement au niveau des nœuds et par bouturage des fragments de rameaux sectionnés, très
résistants à la dessiccation. La multiplication sexuée est assurée par les graines aériennes et
souterraines, avec jusqu’à 1600 graines par plante. Les graines sont dormantes au moment de
leur émission et ne germent que l’année suivante. Pratiquement absente des jachères, cette
espèce apparait comme adventice après 3 à 4 ans de mise en culture. Après ce moment en
culture intensive, sa densité va croitre d’année en année jusqu’à parvenir à un envahissement
total des parcelles au bout de 10 à 15 ans.
Autres espèces : Commelina diffusa, Commelina forskalaei
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1.3. Famille des Cyperaceae
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1.5. Famille des Pontederiaceae
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de parcage du bétail ou sur les zones de rejet des déchets ménagers. C’est également une
adventice des cultures. Elle est très nitrophile et son développement est d’autant plus important
que le sol est riche en matière organique et en azote. Elle est très fréquente dans les champs de
case situés autour des villages et recevant les déchets ménagers.
Autres espèces : Amaranthus viridis, Celosia trigyna, Celosia argentea
Ageratum conyzoides L.
C’est une espèce annuelle qui se multiplie uniquement par graines. Un individu peut produire
jusqu’à 40 000 graines. La dispersion des akènes est assurée par le vent et par l’eau. La moitié
des graines est capable de germer juste après la dissémination. L’espèce est originaire
d’Amérique tropicale. Elle est actuellement très répandue dans toutes les régions tropicales et
sub tropicales entre 30 degrés de latitude nord et 30 degrés de latitude sud. A. conyzoides est
très ubiquiste. Elle se développe comme rudérale sur le bord des chemins et comme adventice
d’un très grand nombre de cultures annuelles et pérennes. Elle ne présente pas de préférence de
sol, pourvu que l’humidité soit suffisante. On la rencontre ponctuellement dans des zones plus
sèches, dans les bas-fonds humides et dans les parcelles en bordure de rivière, présentant une
nappe phréatique affleurante. Cette plante est capable de fleurir et de fructifier tout au long de
l’année si l’humidité est suffisante. Dans les régions à saison sèche marquée, son cycle de
développement est délimité par la saison des pluies ou par la hauteur de la nappe phréatique.
En culture pluviale, la germination débute avec les premières pluies. Après chaque opération
de travail du sol, de nouvelles germinations apparaissent. Cette espèce peut réaliser son cycle
de développement complet en moins de deux mois et produire des graines capables de germer
immédiatement en fin de cycle cultural. Elle dépérit naturellement au bout de 5 mois environ.
Autres espèces : Chromolaena odorata, Tithonia diversifolia, Tridax procumbens
Euphorbia forskalii L.
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Le port de la plante est complètement prostré. Celle-ci est très ramifiée, dès la première paire
de feuilles, ce qui donne un développement en tache. C’est une espèce annuelle qui se multiplie
uniquement par graines. C’est une espèce caractéristique des sols très argileux.
Euphorbia heterophylla L.
Originaire d’Amérique tropicale et subtropicale, E. heterophylla a été introduite en Afrique
comme plante d’ornement. Elle s’est ensuite disséminée dans toute l’Afrique équatoriale et
tropicale. C’est une espèce rudérale très nitrophile, peu sensible aux herbicides de pré-levée
dont répétées favorisent l’espèce. E. heterophylla est une espèce annuelle qui se reproduit par
graines. Les graines ne sont pas dormantes au moment de leur dispersion et peuvent germer
immédiatement si les conditions sont favorables. La germination n’est pas inhibée jusqu’à 10
cm de profondeur en dessous de la surface du sol.
Autres espèces : Euphorbia hirta, Phyllanthus amarus
Boerhavia diffusa L.
Cette espèce qui est commune dans toutes les régions tropicales, a un port décombant. C’est
une espèce annuelle pouvant être pérenne lorsque les conditions d’humidité du sol le
permettent. Elle se multiplie par graines ou par fragmentation du rhizome lors des opérations
culturales. B. diffusa, nitrophile est très héliophile et se développe dans les endroits dégagés.
Bien que facilement éliminée par les sarclages répétés, cette adventice est favorisée par un
travail du sol mécanisé, qui a pour effet de fractionner le rhizome.
Portulaca quadrifida L.
Le port de cette plante succulente est totalement prostré. La plante est abondamment ramifiée
dès la base et se développe en tache centrée sur la racine principale. Ces taches peuvent mesurer
60 cm de diamètre formant un tapis dense et ras. C’est une espèce annuelle, mais qui peut
persister tout au long de l’année dans les sols toujours humides. Elle se multiplie par les graines
qui sont dispersées principalement par le vent et l’eau. Cette espèce a également d’excellentes
capacités de bouturage et peut se développer à partir de fragments de tiges. Elle est répandue
dans toutes les régions tropicales.
Autre espèce : Portulaca oleracea
Physalis angulata L.
Le port est dressé. La plante forme un petit buisson abondamment ramifié, qui peut atteindre
90 cm de hauteur. C’est une plante dressée annuelle qui se multiplie uniquement par graines.
Originaire d’Amérique tropicale, cette espèce est actuellement répandue dans toutes les régions
tropicales du globe.
Autres espèces : Schwenckia americana, Solanum nigrum
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CHAPITRE 7 : METHODES DE LUTTE CONTRE LES MAUVAISES HERBES
Une plante ne prend le statut de mauvaise herbe que par rapport à une activité humaine. En
général, c’est dans l’agriculture que cette notion est très familière car elle influe
considérablement sur la productivité. Mais, en dehors de l’agriculture, on peut avoir à faire face
à des problèmes d’enherbement dans de nombreuses situations. C’est le cas de l’envahissement
par les mauvaises herbes, des voies ferrées, des parcs, des jardins, des trottoirs, des espaces
publics etc.
La lutte contre les mauvaises herbes consiste à créer des conditions propices aux plantes
désirables, tout en éliminant celles qui ne le sont pas et en assurant l’entretien de certains
milieux publics. Plusieurs méthodes sont utilisées pour contrôler ou réduire la nuisibilité de ces
mauvaises herbes. Ce sont la lutte préventive, la lutte chimique et la lutte non chimique.
1. Méthodes préventives
Les méthodes préventives de lutte contre les mauvaises herbes englobent toutes les mesures qui
empêchent l’introduction et la prolifération des mauvaises herbes. Il importe donc de connaître
les activités susceptibles de favoriser l’introduction des mauvaises herbes dans un champ et de
prendre toutes les précautions voulues pour empêcher que cela se produise. On minimisera ainsi
l’accumulation et la propagation des nouvelles espèces nuisibles.
Une méthode préventive de premier plan consiste à nettoyer le matériel agricole en passant d’un
champ à un autre champ. Cette mesure revêt une grande importance pour éviter de transporter
des graines et d’autres parties végétales de mauvaises herbes attachées aux instruments et à la
terre. Pour limiter la dissémination des graines dans un champ ou d’un champ à l’autre, on
évitera de passer avec l’équipement sur les surfaces densément peuplées de mauvaises herbes
durant les périodes de floraison et fructification.
On peut aussi empêcher la dissémination des mauvaises herbes en limitant la propagation des
semences lors de leur maturation. La destruction des mauvaises herbes dans les fossés, à la
lisière des champs et le long des routes peut diminuer les risques d’introduction de nouvelles
espèces indésirables. Les mauvaises herbes peuvent aussi être introduites dans les parcelles par
l’intermédiaire de graines présentes dans la paille utilisée pour le brûlage. Les semences
destinées au semi doivent être contrôlées. Les eaux devant servir à l’irrigation doivent être
filtrées. Il faut respecter les lois destinées à empêcher l’introduction dans un pays des semences
ou propagules de certaines plantes.
2. Lutte chimique
Elle se fait par l’utilisation de produits chimiques que sont les herbicides qui sont appelés
parfois désherbants. Ce sont des matières actives ou des produits formulés ayant la propriété de
détruire les végétaux.
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Modes d’action des herbicides
Les herbicides se distinguent par rapport à leur voie de pénétration dans les végétaux et à leur
déplacement dans la plante. Ainsi nous avons :
• herbicides à pénétration racinaire : appliqués sur le sol, ils pénètrent par les organes souterrains
des végétaux (racines, rhizomes etc.).
• herbicides à pénétration foliaire : appliqués sur le feuillage, ils pénètrent par les organes
aériens des végétaux (feuilles, tiges).
• herbicides de contact : herbicides qui agissent après pénétration plus ou moins profonde dans
les tissus, sans aucune migration d'un organe à un autre de la plante traitée ;
• herbicides systémiques : herbicides capables d'agir après pénétration et migration d'un organe
à un autre de la plante traitée.
Les herbicides agissent sur différents processus de croissance et de développement des plantes.
Ils perturbent le fonctionnement de :
• la physiologie de la plante : la photosynthèse ou la perméabilité membranaire ;
• la croissance : la division cellulaire, l’élongation, etc. ;
• la biosynthèse des constituants cellulaires : lipides, pigments caroténoïdes, acides aminés, etc.
L’application répétée d’un même herbicide aboutit à la réduction des espèces et biotypes
sensibles et à la prolifération de ceux qui sont résistants. Ces derniers finissent par prédominer.
Certaines espèces peuvent ne pas être sensibles à un herbicide dans une flore donnée de
mauvaises herbes. De même, au sein d’une espèce sensible, il peut y avoir un faible pourcentage
de biotypes résistants.
- soit l’espèce ne fait pas partie du spectre d’efficacité du produit et elle est qualifiée de tolérante
- soit la formulation est normalement active sur l’espèce, mais certains individus de cette espèce
ne sont simplement pas touchés au moment de l’application du produit. Ces individus vont alors
se développer et se multiplier, créant ainsi une nouvelle population qu’on qualifie de résistante
sélective car, elle résulte de facteurs tels : le mode d’application de l’herbicide, la dilution des
produits utilisés, le calendrier des traitements.
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3.1.2. Lutte mécanique
Le désherbage mécanique fait intervenir des outils attelés, tractés ou des engins. Elle est
généralement utilisée pour la destruction des vieilles plantations, l’enfouissement des détritus
et des adventices. Par rapport à la lutte manuelle, cette méthode permet l’exploitation de grandes
surfaces, et réduit le temps de travail. Les grandes exploitations industrielles et les grands
planteurs ont recours à cette méthode.
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3.3.2. Couverture du sol de paillis
Les paillis composés de films plastiques, de pailles, de résidus végétaux etc. sont sensés
prévenir l’émergence ou freiner la germination et le développement des mauvaises herbes en
formant une barrière physique et en limitant le flux de lumière. Dans les régions ensoleillées et
chaudes, les paillis de plastique peuvent aussi détruire les adventices par solarisation. Cas du
polyéthylène qui est couramment utilisé en cultures maraichères et fruitières comme l’ananas
par exemple. C’est un écran imperméable qui couvre le sol et ne laisse apparaitre que la tige de
la plante.
Exemple : le brûlage
Il consiste à détruire par le feu les herbes, la broussaille. Nous avons deux cas :
- Le brulage sélectif : dans ce cas, la culture doit être plus haute que les mauvaises herbes
ou protégées par des écrans. Cela nécessite une source de combustible et un équipement
approprié. Cas de la rampe thermique.
- Le brulage non sélectif : il est utilisé pour défricher et nettoyer des terrains non cultivés.
Il détruit les semences des mauvaises herbes, mais peut aussi stimuler la germination de
certaines autres. De même, cette technique peut favoriser la prédominance d’espèces
pérennes et aussi l’érosion dans les zones en pentes.
D’autres exemples sont l’utilisation de l’électricité, les radiations infrarouges, les micro-ondes,
l’eau chaude, la vapeur.
4. Lutte intégrée
La lutte intégrée ou gestion intégrée est un terme générique appliqué à un ensemble de stratégies
qui peuvent être combinées ou appliquées suivant différentes méthodes pour aboutir à une
Gestion Intégrée des adventices. Cette Gestion Intégrée implique des stratégies de lutte qui ne
soient pas uniquement basées sur l’utilisation d'herbicides, mais qui exploitent d’autres
solutions, non-chimiques, pour lutter contre les adventices. La Gestion Intégrée des adventices
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vise deux objectifs : réduire l’utilisation des herbicides et pallier au manque d’efficacité de
certains d’entre eux.
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