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Cours Cycle Ingenieur Ita 2

Le document traite des mauvaises herbes, leur biologie, écologie, nuisibilité et méthodes de lutte. Il aborde la définition des adventices, leur impact sur l'agriculture, ainsi que leur classification et systématique. Enfin, il souligne l'importance de la connaissance des mauvaises herbes pour une gestion efficace de l'agriculture.

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Le document traite des mauvaises herbes, leur biologie, écologie, nuisibilité et méthodes de lutte. Il aborde la définition des adventices, leur impact sur l'agriculture, ainsi que leur classification et systématique. Enfin, il souligne l'importance de la connaissance des mauvaises herbes pour une gestion efficace de l'agriculture.

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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE

LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
-------------------------------
Union – Discipline - Travail
-------------------------------

Année Universitaire 2019- 2020

CYCLE INGENIEUR (ITA 2)

0
SOMMAIRE

CHAPITRE 1 : NOTIONS D’ADVENTICE OU MAUVAISE HERBE ET


MALHERBOLOGIE
1. Adventice ou mauvaise herbe
2. Malherbologie
3. Contexte et problématique des mauvaises herbes
3.1. Que nous apprend l’histoire ?
3.2. L’homme actuel et l’agriculture

CHAPITRE 2 : BIOLOGIE DES MAUVAISES HERBES


1. Caractère biologique d’ordre général
1.1. Tolérance aux variables environnementales
1.2. Aptitude à la reproduction végétative
1.2.1. Espèces à organes souterrains ou rampants
1.2.2. Espèces sans rhizome, ni tubercule, ni stolon
1.3. Aptitude à la propagation sur de longues et petites distances
2. Quelques caractères biologiques propres aux adventices annuelles

CHAPITRE 3 : ECOLOGIE DES MAUVAISES HERBES


1. Influence du gradient climatique
2. Influence de la topographie locale
3. Influence des espèces cultivées
4. Influence des façons culturales
5. Autres activités influençant l’enherbement
5.1. Le travail manuel superficiel
5.2. L’époque de réalisation du labour
5.3. Le nombre d’années de culture de la parcelle

CHAPITRE 4 : NUISIBILITE DES MAUVAISES HERBES EN CULTURES


1. La nuisibilité due à la flore potentielle
2. La nuisibilité due à la flore réelle
3. Quelques actions bénéfiques des mauvaises herbes

CHAPITRE 5 : ESSAI DE CLASSIFICATION DES MAUVAISES HERBES


1. Types biologiques
2. Adventices annuelles
3. Adventices vivaces
4. Adventices rudérales
5. Adventices des pâturages artificiels
5.1. Mauvaises herbes toxiques
5.2. Mauvaises herbes altérant les produits laitiers
5.3. Mauvaises herbes vulnérantes

1
6. Mauvaises herbes des friches et jachères
7. Mauvaises herbes des milieux aquatiques
8. Espèces envahissantes
8.1. Causes du développement des espèces envahissantes
8.2. Impacts des espèces envahissantes
8.3. Quelques espèces envahissantes en Côte d’Ivoire

CHAPITRE 6 : SYSTEMATIQUE DES MAUVAISES HERBES


1. Classe des Monocotylédones
1.1. Famille des Araceae
1.2. Famille des Commelinaceae
1.3. Famille des Cyperaceae
1.4. Famille des Poaceae
1.5. Famille des Pontederiaceae
2. Classe des Dicotylédones
2.1. Famille des Acanthaceae
2.2. Famille des Aizoaceae
2.3. Famille des Amaranthaceae
2.4. Famille des Compositae
2.5. Famille des Convolvulaceae
2.6. Famille des Euphorbiaceae
2.7. Famille des Nyctaginaceae
2.8. Famille des Portulacaceae
2.9. Famille des Solanaceae

CHAPITRE 7 : METHODES DE LUTTE CONTRE LES MAUVAISES HERBES


1. Méthodes préventives
2. Lutte chimique
3. Lutte non chimique
3.1. Lutte physique
3.1.1. Lutte manuelle
3.1.2. Lutte mécanique
3.2. Lutte biologique
3.3. Lutte agronomique
3.3.1. Utilisation de plantes de couverture
3.3.2. Couverture du sol de paillis
3.3.3. Semis à haute densité
3.3.4. Elimination par submersion
3.3.5. Méthodes des hautes températures ou lutte thermique
4. Lutte intégrée

2
CHAPITRE 1 : NOTIONS D’ADVENTICE OU MAUVAISE HERBE ET
MALHERBOLOGIE

1. Adventice ou mauvaise herbe


Au plan sémantique et par rapport au dictionnaire, le mot adventice vient d’un mot latin
‘’adventicius’’ qui signifie supplémentaire. Il s’agit d’un taxon supplémentaire de la flore d’une
contrée. Pour les anciens botanistes, le mot adventice se dit d’une plante originaire d’une autre
contrée qui colonise un territoire sans que l’on l’y ait introduite. Les graines d’une telle plante
ont éventuellement dû être mêlées à d’autres graines désirées que l’on a dû déplacer ou bien ces
graines ont été transportées d’un lieu à l’autre par divers agents chorologiques.
Pour l’agriculture, le mot adventice se dit d’une espèce végétale dont la présence est indésirable
dans un espace où a été cultivée une autre espèce souhaitée que celle-ci. Pour cette raison, la
première espèce porte le nom de mauvaise herbe et comme telle, elle doit être combattue.
De nombreux auteurs, spécialistes ou non en la matière, ont proposé d’autres définitions toutes
aussi significatives les unes que les autres.
Ainsi :
- On qualifie assez souvent d’adventices, de mauvaises herbes, toutes plantes qui par leur
présence à un endroit donné, à un moment donné n’ont pas été voulues et entrent en compétition
avec la ou les plantes cultivées : J. Deuse et E. M. Lavabre (1979)
- On qualifie de mauvaises herbes, ces plantes qui poussent de façon indésirable là où elles
n’ont pas été intentionnellement plantées : Okigbo (1978)
- Par adventice ou mauvaise herbe, on désigne toute espèce végétale indésirable dans une
culture : H. Merlier et J. Montégut (1982)
- ‘’Adventice’’ a un sens écologique et signifie plante introduite accidentellement dans des
milieux modifiés par l’homme, tandis que ‘’mauvaise herbe’’ a un sens malherbologique et
qualifie une plante indésirable là où elle se trouve : AFNOR (1977).
A travers toutes ces définitions, l’on aperçoit facilement l’état d’antagonisme, de concurrence
ou de compétition entre deux catégories de plantes, les unes désirées et plantées, les autres
spontanées dans les cultures et livrant une compétition avec les composantes de celles-ci pour
les mêmes besoins.
Le Professeur Sauvage dans une allocution a énoncé ceci :’’Alors que l’agriculteur a décidé de
cultiver une plante dans son champ, la nature y ajoute tout un cortège d’espèces compagnes
appartenant aux familles les plus variées dont beaucoup sont étrangères, introduites par
mégarde et, s’étant fait une place dans ces biotopes spéciaux qui sont les agrosystèmes, en font
voir de toutes les couleurs aux pauvres exploitants ‘’.
Voici en ligne une façon de définir une adventice ou une mauvaise herbe. Mais une question se
pose. Y a t-il des mauvaises herbes et des bonnes herbes ?
Pour essayer de répondre à cette question, notons que pour le botaniste, il n’y a aucune
différence entre une bonne herbe et une mauvaise herbe. Les qualificatifs que l’on attribue à
ces deux catégories de plantes ne relèvent que d’une simple vue de l’esprit de l’Homme qui
cultive le sol pour le mettre en valeur au plan de sa productivité agricole. Il ne s’agit pas
essentiellement que d’un jugement de valeur voulu par l’Homme. Dans tous les cas, nous
savons qu’au plan taxonomique, toutes ces plantes de l’une ou l’autre catégorie sont placées sur

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le même pied d’égalité dès lors qu’elles sont inventoriées sur un même territoire dont elles
constituent la flore.
D’ailleurs, ce jugement est d’autant plus relatif que même les repousses de riz que l’on
rencontrerait dans un champ de maïs dont la culture succède à celle de la première citée,
constituent autant de mauvaises herbes pour l’agronome. Et pourtant, le riz est une plante
alimentaire de première nécessité mondiale reconnue.
De plus, bon nombre de plantes ordinaires considérées comme adventices dans nos champs sont
reconnues comme autant de légumes de qualité. C’est le cas de Celosia argentea et Amaranthus
hibridus (Amaranthaceae), Corchorus olitorius (Tiliaceae), Solanum nigrum (Solanaceae),
Talinum triangulare (Portulacaceae), Spinacea oleracea (Chenopodiaceae) etc.
Tout cela démontre bien que le concept de mauvaise herbe ou adventice n’a pas encore fini de
susciter toutes formes de spéculation.

2. Malherbologie
De nos jours, l’expansion agricole a pris une importance telle que la gestion des mauvaises
herbes est devenue préoccupante. Ainsi, celle-ci a-t-elle généré une multitude de sciences avec
leurs spécialistes, aussi avec leurs célébrités. On citera entre autres disciplines alliées, la
systématique, la biologie, l’écologie, la physiologie, la génétique etc.
A l’analyse de tout ce qui précède, nous nous rendons compte que le malherbologue doit être
non seulement, un botaniste à part entière, mais surtout un botaniste généraliste car, ce
botaniste, tout en étant agronome au sens le plus large du terme, dès lors que son champ d’action
est constitué par des agro écosystèmes, doit être également un taxonomiste, un généticien, un
biologiste, un écologue, un physiologiste, un phytosociologue etc. C’est aussi en d’autres
termes, dire que la malherbologie est une science de synthèse et aussi une science
pluridisciplinaire. Et c’est certainement ce que le prof SAUVAGE a voulu résumer dans la
formule suivante :

« Le malherbologue doit être d’abord un excellent systématicien, non pas seulement rompu à
la connaissance des familles, genres et espèces des végétaux, spontanés ou non, mais espère à
les reconnaître à toutes les phases de leur développement depuis la graine et la germination de
celle-ci jusqu’à la floraison qui lui apportera la confirmation de sa diagnose ».

3. Contexte et problématique des mauvaises herbes

3.1. Que nous apprend l’histoire ?


Le régime alimentaire des premiers Hommes apparus il y a environ 3 millions d’années, était
lié aux activités de cueillette aussi bien pour les aliments végétaux que pour la pêche ou la
chasse.
L’agriculture aurait commencé il y a un peu plus de 12000 ans et elle s’est considérablement
développée avec l’apparition des outils en fer. En Asie mineure, en Chine et en Amérique
centrale, les premières traces d’une agriculture sur brulis ont été datées entre -7000 et -3000
ans. A cette époque, on estimait à peine à 5pc les surfaces totales occupées par l’agriculture par
rapport à l’espace disponible. La densité des populations humaines dans les milieux urbanisés
par la pratique de l’agriculture était estimée à environ 20 habitants au km2. C’est aussi avec

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l’avènement de l’agriculture qu’a commencé la domestication de certains animaux et de
certaines plantes. C’est ainsi qu’on estime qu’entre 10000 et 3000 ans avant Jésus Christ, les
animaux suivants cités dans l’ordre étaient déjà domestiqués : le chien, le mouton, la chèvre, le
dindon, la poule, le porc, l’âne, le cheval etc. Les traces de ce dernier ont été aperçues en
Mésopotamie à l’an 3000 avant Jésus Christ.
Quant aux plantes alimentaires, on peut citer les céréales dont certaines ont déjà été cultivées
en Egypte il y a déjà environ plus de 12000 ans. Mais on peut successivement citer le pois, la
fève, les haricots, le maïs, les courges etc. On pense que leur période de domestication se
situerait entre 6000 et 1000 ans avant Jésus Christ.

3.2. L’homme actuel et l’agriculture


Pour les écologues, la naissance de l’agriculture et de l’élevage constitue la véritable révolution
des relations entre l’Homme et la nature. Mais, en même temps que l’Homme cultive les
plantes, il lui a fallu combattre les mauvaises herbes. C’est dire qu’avant cela, il n’y avait pas
d’adventices dans la mesure où toutes les plantes vivaient dans leur biotope naturel et faisaient
partie de la végétation naturelle du milieu.
Lorsqu’il a commencé à combattre les mauvaises herbes, l’Homme ne disposait que de ses
mains et de ses outils aratoires plus ou moins rudimentaires. A cette époque, les surfaces
cultivées avoisinaient à peine ¼ d’hectare par famille.

Puis la croissance démographique du globe aidée en cela par les progrès de la technique et de
la technologie devrait être soutenue par une agriculture de plus en plus performante et de plus
en plus exigeante tant pour les surfaces mises en valeur que pour la qualité et les quantités de
produits des récoltes. Si dans les pays en développement l’agriculture demeure en grande partie
du type traditionnel, donc itinérante et extensive, il en est tout autrement dans les pays
développés. Ici, l’on est passé de l’agriculture extensive à l’agriculture fortement intensive avec
tout ce qu’elle comporte en matière de méthodologie, de technique et de technologie. Dans les
conditions où on se trouve, il est devenu impérieux de prendre en compte un problème aussi
crucial que celui posé par les mauvaises herbes. D’abord manuelle, la lutte à engager contre les
mauvaises herbes est devenue mécanique, puis chimique. Cependant, comment lutter contre ces
mauvaises herbes si l’on ne les connait pas à plusieurs points de vus notamment lorsque les
moyens à mettre en jeu deviennent plus spécifiques. C’est donc ici que se résume toute la
problématique liée aux mauvaises herbes.

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CHAPITRE 2 : BIOLOGIE DES MAUVAISES HERBES

Pour combattre efficacement les mauvaises herbes, il importe de connaitre le mieux possible
leur biologie. Les plantes en général peuvent être décrites par rapport à leur cycle végétatif. Les
plantes annuelles entrent en sénescence après avoir produit des graines, généralement un an
après la germination, tandis que les plantes pérennes continuent à se développer après avoir
produit des graines, généralement pendant plusieurs années.

La lutte contre l’enherbement des cultures nécessite de pouvoir reconnaitre les espèces que l’on
doit éliminer et cela à tous les stades de leur développement. De cette parfaite identification
dépend la maîtrise de ces espèces indéniables, sans dommage pour la culture considérée.

1. Caractère biologique d’ordre général

1.1.Tolérance aux variables environnementales


Si l’effet combiné de la chaleur et de l’humidité dû aux pluies favorise le développement des
adventices, il n’en demeure pas moins que ces plantes tolèrent des variables environnementales,
parfois inhabituelles. Ainsi, certaines espèces sont présentes aussi bien pendant les saisons
relativement sèches qu’en saisons très humides.
Du point de vue de l’habitat, elles se comportent presque de la même façon, en milieu bien
drainé, passablement drainé ou mal drainé, en haut de pente, en milieu de pente ou dans les bas-
fonds. Il n’y a donc pas de milieu privilégié pour le développement des adventices. La seule qui
contrarie ce que l’on pourrait noter, se trouve dans les écarts des densités relatives. En effet, il
est évident qu’une espèce de forêt humide sera plus dense en saison de pluie qu’en saison sèche.
De même, sur une toposéquence, les espèces hydrophiles seront abondantes dans les bas-fonds
et non loin de ceux-ci, qu’en haut de pente.

1.2. Aptitude à la reproduction végétative


Nous observons deux catégories d’adventices.

1.2.1. Espèces à organes souterrains ou rampants


L’aptitude à la reproduction par voie végétative est ici rattachée aux espèces possédant des
tubercules, des stolons ou des rhizomes. Cas de Cyperus esculentus, Cyperus rotundus et
Panicum repens.
Ce sont des adventices vivaces par leurs tubercules, même si les deux Cyperaceae perdent
globalement leur apparence végétative pendant la saison sèche.
Pour Cyperus esculentus, il existe deux types de rhizomes :
- les rhizomes horizontaux
- les rhizomes de profondeurs.

Les premiers qui sont également proches de la surface du sol produisent directement de
nouveaux pieds fils et permettent la colonisation horizontale de l’habitat.
Quant aux rhizomes de profondeurs, ils se terminent chacun par un tubercule qui demeure
dormant pendant la saison sèche. Après la saison sèche, chaque tubercule peut se développer

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en un nouveau pied fils accroissant ainsi la colonisation du milieu. Des études ont pu montrer
qu’un tubercule initial peut produire 36 pieds fils et 339 tubercules fils en 16 semaines de
végétation.
Chez Cyperus rotundus, chaque plante généralement issue d’un tubercule initial (rarement
d’une graine), développe un réseau de rhizomes ramifiés le long desquels se forment des
chapelets de tubercules. Ces derniers restent dormants ou latents tant que persiste la dominance
apicale du pied mère et selon les conditions du milieu. La section du rhizome entraine la levée
de cette domination.
Quant à Panicum repens, elle garde son appareil végétatif durant toute l’année et notamment
en terrain hydromorphe. La partie hypogée est un rhizome qui est quelquefois puissamment
tubérisée. Cependant, la partie âgée de ce rhizome se détruit au fur et à mesure que fonctionne
le bourgeon apical producteur de tige aérienne. Les opérations de labour, en sectionnant les
rhizomes, favorisent la multiplication végétative de la plante notamment en période humide.
A ces trois espèces, on pourrait également ajouter Imperata cylindrica qui se comporte à peu
près de la même façon que Panicum repens, à la différence qu’elle ne produit pas de tubercule.
C’est aussi le cas de Kyllinga erecta var. erecta.

1.2.2. Espèces sans rhizome, ni tubercule, ni stolon


Ici, deux situations peuvent se présenter :
- le bouturage direct
- la régénération de souche
L’exemple typique est celui de Chromolaena odorata (Asteraceae). Cette adventice pérenne
bien connue, devenue une véritable calamité en Afrique de l’Ouest forestière, envahit tous les
écosystèmes disponibles avec ou sans culture. Lors de l’entretien des parcelles cultivées par
fauchage manuel, les rameaux de tiges qui s’implantent directement dans le sol peuvent prendre
facilement et régénérer la plante. Après le défrichement accompagné ou non de brûlis, la plante
peut facilement se reconstituer à partir de la souche. Même les racines restées en terre peuvent
survivre pour régénérer les individus, pourvue que l’humidité du sol soit acceptable. Cette
plante est également grande productrice de semences à taux de germination très élevé.

1.3. Aptitude à la propagation sur de longues et petites distances


Ce phénomène concerne les fruits et les graines. Plusieurs espèces adventices possèdent des
semences dotées d’organes de transport sur de grandes distances. On citera le cas de Boerhavia
diffusa et B. coccinea (Nyctaginaceae). Leurs fruits sont des capsules recouvertes de poils
glanduleux. Ces fruits se collent facilement au pelage et au plumage des animaux ainsi qu’aux
vêtements des Hommes. Leur transport par exozoochorisme est ainsi facilité. Les graines
peuvent ainsi parcourir de grandes distances surtout avec les oiseaux (qui peuvent être
migrateurs).
D’autres espèces ont leurs fruits ou leurs graines dotés de poils à crochets facilitant les
transports à distance. Ce sont par exemple Cyathula prostrata (Amaranthaceae), Desmodium
spp. (Fabaceae), Cenchrus biflorus (Poaceae), Bidens pilosa (Asteraceae), Chrysopogon
aciculatus (Poaceae) etc.

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Certains akènes d’Asteraceae sont dotés de pappus ou aigrettes favorisant le transport
anémochore. On citera le cas de Chromolaena odorata, Erigeron floribundus et Tridax
procumbens.
A côté de ceux-ci, il y a des cas d’autochorisme parmi lesquels on peut citer Euphorbia
heterophylla (Euphorbiaceae) qui peut projeter ses semences sur une distance de 1 mètre à partir
du pied mère.

2. Quelques caractères biologiques propres aux adventices annuelles


Ces plantes ont une très forte capacité de production de graines de sorte qu’à un certain moment
de leur développement optimal, toute la plante se transforme en une véritable inflorescence ou
en une fructification. De plus, cette production de graines se produit après un cycle végétatif de
courte durée et cela à cause de la croissance rapide de ces plantes.
Les graines produites sont aussitôt aptes à germer si les conditions adéquates sont réunies. C’est
d’ailleurs ce qui se passe en milieu tropical humide. Mais, cela n’exclut pas leur grande
longévité à la surface du sol ou lorsqu’elles y sont enfouies à des profondeurs variables. Tout
ceci favorise la colonisation et le développement rapide des plantules qui constituent dès lors
une flore potentielle dont les effets ultérieurs ne peuvent pas être négligés.

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CHAPITRE 3 : ECOLOGIE DES MAUVAISES HERBES

Là où l’homme crée un environnement artificiel pour la production des cultures, l’apparition


des adventices est inévitable. Mais, à part le rôle négatif qu’elles jouent dans un agro
écosystème, les adventices ne jouent pas moins un rôle vital dans l’alimentation des habitants
et dans la restitution des sols contre l’érosion. En effet, elles constituent les premiers éléments
de la strate de végétation qui s’installe dans des zones déséquilibrées par l’action de l’homme,
par leur présence et par leur degré d’infestation.
L’existence des mauvaises herbes et leur contrôle dépendent d’un grand nombre de facteurs
aussi bien naturels qu’induits. Parmi ces facteurs, le climat, la latitude, la topographie du milieu,
l’espèce cultivée, les façons culturales etc. apparaissent comme les plus prépondérants.

1. Influence du gradient climatique


Ce gradient climatique est en rapport plus ou moins direct avec la latitude. En effet, si nous
prenons le cas de l’Afrique de l’Ouest, nous constatons que de la côte au désert du Sahara, un
transect Sud-Nord couvre un gradient climatique comportant des saisons de pluie de plus en
plus courtes et au contraire des saisons sèches de plus en plus en longues. Une des conséquences
immédiates de cette situation est la distribution ordonnée des grands types de végétation. On
passe ainsi progressivement de la côte avec ses mangroves humides, aux forêts denses
sempervirentes et semis décidues, puis aux savanes de transition dont celle du V Baoulé en Côte
d’Ivoire, aux savanes Guinéennes, aux savanes Soudaniennes, au Sahel et enfin au désert.
Il s’en suit à chaque niveau où l’on se situe que ce gradient latitudinal, tout en affectant les
climats et surtout les formations végétales climatiques, joue également un rôle prépondérant
dans la distribution des adventices. Ainsi, si en milieu forestier, dominent les adventices
Dicotylédones, en savane, ce sont les Monocotylédones qui dominent. Et au fur et à mesure que
l’on progresse en latitude, ce sont les adventices à larges feuilles qui réduisent leur effectif.
Mais, une des caractéristiques communes à de nombreuses adventices, est leur aptitude à
s’adapter à une vaste gamme de conditions climatiques.

2. Influence de la topographie du milieu


Si l’on considère une topo séquence constituée d’un plateau, d’une pente et d’un bas fond, on
constate qu’il y a une diversification des adventices liés à un gradient hydrologique allant du
plateau au bas-fond saisonnièrement inondé en passant par la pente à écoulement hydrique et
par les sols hydromorphes.
Ainsi, certaines adventices qui sont prédominantes dans les zones de plateau peuvent être
inexistantes dans les bas-fonds. Mais souvent, on rencontre aussi en zone hydromorphe des
adventices qui poussent soit sur des plateaux drainés, soit sur des bas-fonds. Ceci indique que
de nombreuses adventices peuvent se rencontrer à travers toute une région même si elles
occupent différentes positions sur la toposéquence.
C’est ainsi que deux espèces comme Ageratum conyzoides (Asteraceae) et Panicum laxum
(Poaceae) que l’on rencontre ordinairement dans les zones de plateau drainé en milieu forestier
de la Côte d’Ivoire se retrouvent aussi dans les zones hydromorphes en saison sèche dans le
nord du pays.

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3. Influence des espèces cultivées
L’un des facteurs qui président au maintien et à l’expansion des mauvaises herbes est
incontestablement la lumière. Celle-ci est également au centre de la compétition que se livrent
adventices et espèces cultivées, au même titre que l’eau et les substances dissoutes. Aussi, les
adventices montrent-elles une particulière agressivité vis-à-vis des cultures tant qu’elles sont
toutes parfaitement exposées. Et comme les adventices sont dotées d’une plus grande aptitude
à la croissance, elles recouvrent très tôt les espèces cultivées qui se déprécient rapidement. Leur
rendement s’en ressent ; et cette situation est fréquente dans les cultures à cycle court telle que
les cultures de riz, maïs, arachide, etc.
Avec les espèces pérennes, tout se passe autrement. Au stade jeune, le travail d’entretien est
intense. Lorsque la croissance des arbres atteint un certain niveau de développement, les
fréquences d’entretien sont de moins en moins élevées. Cela est simplement dû au fait que les
feuillages de ces arbres, en créant un ombrage important, deviennent de plus en plus nuisant
pour les adventices héliophiles. C’est le cas d’espèces cultivées à architecture très recouvrante
comme le cacaoyer, le bananier, le palmier à huile etc.

4. Influence des façons culturales


Ceci concerne particulièrement la préparation du sol à mettre en culture. Ainsi, le retournement
du sol enfouit à des profondeurs variables les graines qui se trouvent en surface. Certaines sont
alors placées dans des conditions d’oxygénation ou d’éclairement momentanément ou
définitivement incompatibles avec leur germination. Dans le même temps, des semences plus
anciennes sont remontées en surface et celles qui ont conservé leur vitalité trouvent des
conditions plus favorables à leur germination. Les espèces annuelles déjà levées lors du labour
sont éliminées par enfouissement des parties aériennes.
Mais, pour être efficace, le labour doit être profond de même que doit l’être l’enfouissement
des herbes et leurs graines. Dans le cas des espèces à multiplication végétative importante
comme Imperata cylindrica, Cynodon dactylon ou Cyperus rotundus, un labour à la charrue
en condition sèche a un effet nettoyant à cause de l’enfouissement des parties aériennes et du
dessèchement en surface des parties souterraines. En revanche, un travail réalisé en période
humide avec un outil coupant, comme les disques, a un effet de dissémination par
sectionnement des organes de multiplication végétative comme les rhizomes, les stolons et les
tubercules.

5. Autres activités influençant l’enherbement

5.1. Travail manuel superficiel


Cette pratique affecte les 3 à 5 premiers cm du sol. Il n’a pas d’action d’enfouissement en
profondeur des semences qui sont au contraire placées dans d’excellentes conditions de
germination.

5.2. Epoque de réalisation du labour


L’époque joue un rôle majeur dans la qualité du travail à exécuter. Cette qualité dépend de
l’humidité du sol et du niveau d’enherbement de la parcelle. Si un labour est effectué trop
tardivement après le début de la saison des pluies sur des parcelles dont l’enherbement atteint

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déjà 30 à 40 cm de hauteur, il s’en suit un mauvais enfouissement des herbes qui vont aussitôt
démarrer la reconstitution de la végétation initiale et une réinfestation rapide de la parcelle.

5.3. Nombre d’années de culture de la parcelle


La flore des adventices évolue fortement en fonction de l’âge de la parcelle. Au cours des
premières années de culture, les espèces issues du milieu naturel sont remplacées par des
espèces mieux adaptées aux milieux cultivés. Mais, ce remplacement se fait de manière
progressive. On peut alors assister à la disparition progressive des espèces qui ne peuvent plus
supporter le travail du sol. Après environ 10 ans de cultures consécutives, la flore se spécialise
en fonction des pratiques culturales. Dans ces conditions, ce sont les espèces vivaces dont la
multiplication végétative est favorisée par les façons culturales qui deviennent rapidement
dominantes.

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CHAPITRE 4 : NOTION DE NUISIBILITE DES MAUVAISES HERBES

La nuisibilité des mauvaises herbes dans une culture en générale est liée à leurs effets négatifs
sur la croissance et le développement de la plante cultivée. En termes d’interaction biologique,
les effets mesurés traduisent les résultats de la concurrence entre les mauvaises herbes et la
plante cultivée. Ils sont posés par divers processus biologiques comme la compétition,
l’allélopathie ou tout autre processus d’exploitation. Appliqué aux mauvaises herbes, le concept
de nuisibilité englobe deux sortes d’effets.

1. Nuisibilité due à la flore potentielle


Ce type de nuisibilité est pris en compte lorsque l’on considère que chaque espèce adventice,
chacun de ses organes de croissance conservés dans le sol à l’état de repos végétatif (semence,
bulbe, tubercule, rhizome, stolon, etc.), donnait un individu à la levée. Des études ont montré
qu’avec un potentiel semencier de l’ordre de 4000 semences/m² et si l’on admet que les levées
aux champs représentent entre 5 et 10 (%) pc du nombre de semences enfouies dans le sol, les
infections prévisibles d’une culture représentent 200 à 400 adventices/m². Le sol est réellement
une banque de stock de semences. Ce stock semencier constitue la flore potentielle dont la
levée probable peut être dommageable pour les espèces cultivées.

2. Nuisibilité due à la flore réelle


Il s’agit des plantes adventices qui lèvent réellement au cours du cycle de la culture. En réalité,
chaque espèce adventice possède sa propre nuisibilité. On l’appelle la nuisibilité spécifique.
Celle-ci contribue à la nuisibilité globale du peuplement dans les conditions qu’offre
l’environnement considéré.
Lorsque la nuisibilité due à la flore adventice réelle est prise en compte, on ne considère que
les effets indésirables sur le produit récolté. Cette nuisibilité est considérée comme une
nuisibilité primaire. On considère que les mauvaises herbes en exerçant des effets directes sur
la culture entrainent une diminution quantitative de la production de celle-ci. On parle alors de
nuisibilité directe.
Si les dommages dus à l’action conjuguée de la flore réelle et de la flore potentielle s’étendent
aussi à la capacité ultérieure de production, soit au niveau de la parcelle par accroissement du
potentiel semencier du sol notamment, soit au niveau de l’exploitation agricole par la création
ou la croissance des foyers d’infestation, par contamination du sol ou du matériel végétal,
nuisance et pollution etc. la nuisibilité est qualifiée de secondaire. Tous les autres effets
indésirables des mauvaises herbes sur l’évolution du coût de la production de l’espèce cultivée
sont regroupés sous le nom de nuisibilité indirecte.
Elle peut s’exercer notamment sur :
- la qualité et par la suite sur la valeur commerciale de la récolte.
- la vigueur de l’espèce cultivée (son état sanitaire)
- l’augmentation du coût des travaux culturaux avant, pendant ou après récolte
- l’élévation des risques de nuisance des adventices (toxicité sur les êtres vivants, gène pour
les activités humaines ou dangers pour l’environnement).

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Exemples de nuisibilité agricole directe
- Deux espèces, Amaranthus spinosus et Amaranthus viridis, puisent et stockent les nitrates aux
dépends des cultures telles que la canne à sucre, ce qui provoque des carences importantes en
ces composés
- En début de cycle, les mauvaises herbes absorbent plus vite les nutriments que les cultures et
ont une croissance rapide et vigoureuse au détriment de la plante cultivée ;
- Des lianes qui se développement à partir de tiges minces finissent par couvrir une grande
surface des plantes cultivées. Par étalement, elles le privent de lumière et finissent par l’étouffer.
Cas de Centrosema pubescens.
- Certaines lianes comme Gallium aparine qui est volubile, étranglent les plantes cultivées,
occasionnant la verse des céréales.
- L’émission ou la libération de substances organiques par divers organes végétaux, vivants ou
morts, inhibant la croissance des plantes qui se développent au voisinage de ces organes ou qui
leur succèdent sur le même site.

Exemples de nuisibilité agricole indirecte


- Adventices hôtes secondaires des ennemis des cultures qui participent à la multiplication et à
la dissémination de certains parasites et déprédateurs des espèces cultivées. Cas de
Pectinophora gossypiella qui vit sur certaines Malvaceae sauvages et qui s’attaque au cotonnier
- Dépréciation et perte de la valeur commerciale des récoltes dues à un mélange des semences
des adventices avec celles des plantes cultivées : cas de la présence des graines de Rottboellia
cochinchinensis dans une récolte de maïs ou de riz entraînant une réduction de son prix, voire
son rejet.
- Cas de la présence de débris de mauvaises herbes dans les fibres de coton dénaturant leur
qualité.
- Cas des graines de Agrostemma githago (niellé des blés), dont les graines contiennent une
substance toxique, l’agrostamine qui occasionne des irritations des muqueuses et des troubles
gastriques lorsque les graines sont mélangées à de la farine consommée par l’homme.

Exemples de nuisibilité non agricole des mauvaises herbes


- Interruption de la scolarité des enfants pour désherber les cultures dans certains villages en
Afrique
- Réduction de la visibilité le long des routes due à l’envahissement des abords de la chaussée
- Atteinte à la santé humaine par les blessures, démangeaisons ou brûlures dues aux plantes
épineuses et urticantes
- Baisse de la valeur foncière
- Perturbation des activités récréatives sur terre et dans l’eau.

3. Quelques actions bénéfiques des mauvaises herbes


Il existe quelques qualités de ces plantes considérées comme mauvaises herbes. Selon la FAO
(1988), les adventices jouent un rôle important dans :
- la lutte contre l’érosion
- la fourniture de fourrage et de litière au bétail,
- l’alimentation humaine

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- les vertus médicinales
- l’apport d’humus au sol
- le recyclage des éléments nutritifs des couches profondes du sol
- la valeur esthétique
- le rôle d’hôtes vis à vis de nombreux insectes utiles,
- la fourniture de nectar aux abeilles
- l’équilibre écologique, la conservation du matériel génétique et la pérennité des ressources
naturelles végétales et animales sur la terre.

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CHAPITRE 5 : ESSAI DE CLASSIFICATION DES MAUVAISES HERBES

D’une manière globale et en s’inspirant des travaux de Caresche (1969) et ceux de Detroux
(1976), Deuse et Lavabre (1979) ont proposé une classification des plantes nuisibles aux
espèces végétales cultivées par l’homme. Il s’agit des :
- plantes parasites
- épiphytes
- mauvaises herbes
Parmi ces espèces nuisibles, les mauvaises herbes occupent une place particulièrement
importante en raison de l’influence ou des dommages qu’elles causent aux récoltes.
On les retrouve en réalité dans tous les systèmes de classification utilisés par les Ecologues et
les Phytosociologues d’Afrique occidentale. Parmi ces systèmes de classification, on peut citer
celui de Raunkiaer parlant des types biologiques, de Descoings parlant des types
morphologiques, et de Mangenot parlant d’état ligneux et herbacé. En nous inspirant de ce qui
existe déjà, nous présentons la classification ci-dessous.
1. Types biologiques
Ils ont été créés par Raunkiaer en 1905. Cet auteur a observé que pendant les mauvaises saisons,
certaines espèces végétales acquièrent des formes particulières. Pour lui, les végétaux étaient
organisés pour passer les mauvaises saisons. Pour ce faire, ils ont trouvé des moyens pour
protéger un point végétatif qui est le bourgeon terminal portant le méristème dont l’activité
conduit à la croissance et au développement de la plante. Pour établir sa classification, l’auteur
s’est appuyé sur la position de ces bourgeons par rapport au niveau du sol. Il a déterminé ainsi
6 principaux types biologiques qui sont :
Phanérophytes : Ce sont des plantes ligneuses dont les bourgeons sont situés plus haut que 50
cm au-dessus du sol.
Mégaphanérophytes (MP), arbres de taille supérieure à 30 m de hauteur ;
Mésophanérophytes (mP), arbres de taille comprise entre 8 m et 30 m de hauteur ;
Microphanérophytes (mp), arbustes de taille comprise entre 2 m et 8 m de hauteur ;
Nanophanérophytes (np), sous-arbustes de taille comprise entre 0,25 m et 2 m de
hauteur ;
Chaméphytes : Ce sont des plantes vivaces ligneuses ou herbacées, enracinées, dont les
bourgeons régénérateurs sont situés près du sol, au-dessous de 50 cm.
Hémicryptophytes : Ce sont des plantes enracinées dont le bourgeon est situé à la surface du
sol, et dont la partie aérienne meurt pendant la saison défavorable (froide ou sèche)
Thérophytes : Ce sont des plantes annuelles qui survivent sous forme de graines.
Géophytes : Ce sont des plantes dont les bourgeons sont souterrains (plantes dont les tiges
souterraines sont des rhizomes, des tubercules ou des bulbes).

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Hydrophytes : C’est un type de plante qui vit en partie ou totalement immergée dans l'eau (les
bourgeons dormants et les feuilles sont dans l'eau).
Hélophytes : C’est un type de plante dont les bourgeons dormants sont sous l'eau, avec les
feuilles émergées au moins en partie.
2. Adventices annuelles
En principe, le cycle se déroule dans une période d’une année. Les plantes passent la saison
défavorable sous la forme d'un embryon en vie latente protégé dans une graine. La germination
des graines intervient au cours de la bonne saison et la fin du cycle survient avec la mauvaise
saison. La plante toute entière meurt en laissant sur le sol des graines qui germeront à leur tour
dès le retour des conditions favorables. Le cycle tel que nous venons de décrire caractérise les
thérophytes annuels. D’autres thérophytes sont bisannuels.
En milieu tropical humide, le cycle des thérophytes n’est pas aussi figé que les cas théoriques
que nous venons de décrire. En effet, en région forestière, toutes les graines qui tombent sur un
substrat suffisamment humide peuvent immédiatement germer de sorte qu’une espèce ou un
individu placé en pareille condition peut développer plusieurs cycles au cours d’une même
année. Tout ceci concourt à l’expansion rapide de cette catégorie de plantes notamment dans
les régions tropicales humides.

3. Adventices vivaces
Pour Bourlard (1988), le mot vivace qualifie un végétal qui vit plus d’un an en perdurant par
son appareil végétatif. Celui-ci peut se maintenir par une partie aérienne (bouture), par une
partie souterraine (rejets de souche) ou par les deux simultanément. Lorsque l’organe pérenne
est souterrain, il peut s’agir aussi bien de tubercule, de bulbe ou rhizome. On notera enfin que
les adventices vivaces peuvent appartenir à des plantes stolonifères.

4. Adventices rudérales
Les adventices rudérales sont des plantes qui envahissent les décombres, les abords des villages,
des villes, des rues, en somme tout espace urbanisé ou artificiel.

5. Adventices des pâturages artificiels


Un pâturage artificiel peut être considéré comme la culture d’une ou de plusieurs espèces
fourragères sur un même espace. Il est plus fréquent de voir des pâturages artificiels semés avec
des graminées ou des légumineuses (Fabaceae le plus souvent), ou même les deux groupes
taxonomiques ensemble en raison de leur productivité, de leur valeur pastorale ou fourragère,
de leur tolérance aux variables environnementales etc. Sont considérées comme mauvaises
herbes des pâturages artificiels, les groupes suivants :

5.1. Mauvaises herbes toxiques


Ce sont des plantes dont l’appareil végétatif ou reproductif aérien en totalité ou au moins dans
certaines parties de ses organes contiennent des substances toxiques pour les animaux. Ces
plantes sont d’autant plus dangereuses qu’elles sont souvent envahissantes pour le pâturage et
qu’en plus, elles ne sont pas refusées par le bétail. Le plus souvent, elles sont consommées

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lorsqu’elles sont mélangées à d’autres plantes ou fourrage. Le déficit fourrager amène quelques
fois le bétail à brouter même les plantes toxiques, qui sont évitées dans des situations
alimentaires normales.
Comme espèces toxiques, nous avons :
Ricinus communis : Le ricin est une plante appréciée des jardiniers pour sa belle architecture
et coloration. Mais, elle cache en elle un poison mortel dans les feuilles et surtout les graines :
la ricine. Sa dangerosité est encore accrue par le fait que la graine de ricin a une saveur de
noisette très agréable.
Le colchique : Colchicum sp. (Liliaceae) pousse dans les prés et contient un alcaloïde fortement
actif : la colchicine. Son ingestion provoque la brûlure buccale, des vomissements, la chute de
la température corporelle pour finir par la mort.

5.2. Mauvaises herbes altérant les produits laitiers


Dans les pâturages, peuvent également se rencontrer des plantes qui, une fois broutées par les
vaches laitières en particulier, peuvent communiquer au lait et à ses dérivées, un goût ou une
odeur désagréable.

5.3. Mauvaises herbes vulnérantes


Il s’agit des plantes dont les fruits, involucres, épillets, graines etc. sont non seulement gênants
pour l’Homme, mais aussi pour les animaux d’élevage. Ces organes végétaux peuvent en
s’accrochant en abondance, altérer et déprécier les toisons. Parfois même ils peuvent causer des
démangeaisons ou des plaies ouvertes en pénétrant dans la peau des animaux, dépréciant le cuir.
Enfin, ingérés, ces organes peuvent aussi provoquer des ulcères des tubes digestifs de ces
animaux.

6. Mauvaises herbes des friches et jachères


Après le défrichement d’une parcelle de forêt ou de savane, apparait une flore globalement
spontanée dans laquelle des espèces réputées mauvaises herbes des cultures occupent une place
prépondérante.

7. Mauvaises herbes des milieux aquatiques


L’aménagement des points d’eaux en vue de créer des retenues d’eau ou des barrages
d’irrigation agricole et des pâturages, favorise le développement des hydrophytes. Il en est ainsi
des piscicoles. On distingue trois catégories d’adventices des plans d’eau aménagés.
- les plantes envahissant les plans d’eau, les canaux d’irrigation etc. C’est le cas de Eichhornia
crassipes (jacinthe d’eau) et de Pistia stratiotes (salade d’eau).
- les plantes aquatiques enracinées dans la vase. Cas de Nymphae lotus (Nénuphar)
- les plantes envahissant les cultures irriguées (les rizières en particulier). Cas de Typha
australis, Echinochloa pyramidalis, Ipomoea aquatica.

8. Espèces envahissantes
Une espèce envahissante est une espèce vivante exotique (ou allochtone, non indigène, exogène
ou étrangère), qui devient un agent de perturbation nuisible à la

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biodiversité autochtone des écosystèmes naturels ou semi-naturels parmi lesquels elle s’est
établie. On la désigne également sous le terme d’espèce invasive.
Cette définition exclut l’espèce proliférante qui est une espèce qui présente
des pullulations dans une zone déterminée ; ces proliférations pouvant survenir pour des espèces
autochtones ou allochtones.
Les plantes envahissantes déjà présentes peuvent déstabiliser le milieu et favoriser
l’implantation d’autres végétaux étrangers. Au fur et à mesure que l’écosystème se dégrade à
cause des invasions biologiques, la réussite invasive des organismes suivants augmente.
8.1. Causes du développement des espèces envahissantes
L'appauvrissement des sols, la pollution, les changements climatiques et les perturbations
écologiques sont les facteurs qui favorisent le développement des espèces envahissantes. Elles
profitent souvent d'une instabilité du milieu naturel où elles arrivent, liée aux activités
humaines, pour s'y installer durablement. La présence de ces espèces semble être un signe
général de la perturbation et de changement du milieu.
8.2. Impacts des espèces envahissantes
- Sur les écosystèmes naturels
Après la déforestation et l'urbanisation galopante, le phénomène des plantes envahissantes est
le deuxième facteur contribuant à la diminution de la biodiversité. En effet, avec le
développement des échanges à travers le monde, nous importons et exportons des plantes tout
autour de la planète. Certaines plantes exotiques s'adaptent avec succès à leur nouvel
environnement, si bien que parfois elles le colonisent au détriment des espèces locales qui
disparaissent.
Les espèces envahissantes sont des agents de perturbation, nuisibles à la biodiversité autochtone
des écosystèmes naturels ou semi naturels parmi lesquels elles se sont établies. Cela s'explique
par le fait que les espèces envahissantes sont très rustiques et possèdent une grande capacité
d'adaptation.
- Sur l'élevage
Les espèces envahissantes se développent rapidement et envahissent les pâturages et les
parcours. Elles sont plus adaptées aux conditions climatiques et pédologiques que les espèces
fourragères. Lorsque l’élevage est essentiellement du type extensif, les animaux se nourrissent
du fourrage herbacé et ligneux rencontré. Les animaux seront alors mal nourris, d’où une
faiblesse des rendements du bétail et donc une perte économique considérable pour les éleveurs.

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8.3. Quelques espèces envahissantes de la Côte d’Ivoire
N Taxons Famille Ecologie Type Mode
d’introduction
1 Caladium bicolor Araceae Terrestre Invasion ornementale
(Aiton) Vent.
2 Chromolaena Asteraceae Terrestre Invasion accidentelle
odorata (L.)
R.M.King&H.Rob.
3 Croton hirtus L'Hér. Euphorbiaceae Terrestre Naturalisation Inconnu
4 Eichhornia crassipes Pontederiaceae A Invasion ornementale
(Mart.) Solms
5 Euphorbia Euphorbiaceae Terrestre Invasion ornementale
heterophylla L.
6 Lantana camara L. verbenaceae Terrestre Naturalisation ornementale
7 Pistia stratiotes L. Araceae Aquatique Invasion ornementale
8 Pueraria Fabaceae Terrestre Naturalisation Agroforesterie
phaseoloides (Roxb.)
Benth.
9 Solanum erianthum Solanaceae Terrestre Naturalisation Inconnu
D. Don
10 Stenotaphrum Poaceae Terrestre Invasion ornementale
secundatum (Walter)
Kuntze
11 Tithonia diversifolia Asteraceae Terrestre Invasion ornementale
(Hemsl.) A.Gray

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CHAPITRE 6 : SYSTEMATIQUE DES MAUVAISES HERBES

Nous allons voir dans cette étude quelques mauvaises herbes communes de l’Afrique de
l’Ouest. Celles-ci apparaissent les plus importantes dans cette zone, soit pour leur grande
fréquence, soit parce qu’elles peuvent atteindre des développements importants, soit encore
parce qu’elles forment des peuplements denses, même si le développement des individus qui
les composent reste relativement modéré. Bien que ne concernant uniquement l’Afrique de
l’Ouest, cette flore s’adresse également à toute la zone tropicale du globe. La majorité de ces
espèces sont ubiquistes. Le regroupement de ces mauvaises herbes est fait selon les classes et
familles botaniques.

1. Classe des Monocotylédones

1.1. Famille des Araceae

Pistia stratiotes L.
Parfois appelée « laitue d'eau » du fait de ses feuilles disposées en rosette, Pistia stratiotes est
une espèce de plante aquatique pantropicale. On la trouve en Amérique, en Asie, en Afrique,
en Océanie et elle est introduite en Europe. P. stratiotes est une plante vivace aquatique, flottant
à la surface de l'eau, pourvue d'un réseau de fines racines, pendant dans l'eau et développant de
longs stolons en surface. La plante se reproduit très rapidement par multiplication végétative,
en développant autour d'elle des stolons au bout desquels apparaissent de nouvelles petites
plantes. Elle affectionne les canaux, les rivières à courant lent, les fossés, les rizières et les
étangs.
Autres espèces : Anchomanes difformis, Cyrtosperma senegalense

1.2. Famille des Commelinaceae

Commelina benghalensis L.
C’est une espèce annuelle qui a de fortes potentialités à la multiplication végétative par
enracinement au niveau des nœuds et par bouturage des fragments de rameaux sectionnés, très
résistants à la dessiccation. La multiplication sexuée est assurée par les graines aériennes et
souterraines, avec jusqu’à 1600 graines par plante. Les graines sont dormantes au moment de
leur émission et ne germent que l’année suivante. Pratiquement absente des jachères, cette
espèce apparait comme adventice après 3 à 4 ans de mise en culture. Après ce moment en
culture intensive, sa densité va croitre d’année en année jusqu’à parvenir à un envahissement
total des parcelles au bout de 10 à 15 ans.
Autres espèces : Commelina diffusa, Commelina forskalaei

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1.3. Famille des Cyperaceae

Bulbostylis barbata (Rottboell) C B Clarke


C’est une espèce annuelle qui se multiplie uniquement par graines. Elle est très répandue dans
toute l’Afrique tropicale et l’Asie. C’est une adventice des systèmes de culture traditionnels ne
recevant pas d’intrant (engrais, herbicide).
Cyperus esculentus L.
C’est une espèce vivace qui se développe en petite touffe, à un seul axe florifère, mais reliée à
de nombreux pieds fils par des rhizomes. A la base d’un pied mère se trouve un tubercule mère
sphérique et noir. Au stade végétatif, un pied adulte émet des rhizomes ne comprenant qu’un
unique tubercule terminal, sphérique, au goût sucré. C. esculentus est une espèce vivace dont
l’essentiel de la multiplication est assuré de façon végétative. Cette espèce se multiplie aussi
par graines. Elle est très commune dans toutes les régions chaudes du globe et commence à se
développer en zone tempérée. C. esculentus est insensible aux herbicides de pré-levée et peu
sensible aux herbicides de post- levée de contact ou systémiques. Du fait de sa capacité de
multiplication végétative tout au long de la période de végétation, cette espèce devient très vite
envahissante. Elle est cultivée toutefois pour ses tubercules utilisés en alimentation humaine
(souchet comestible).
Autres espèces : Cyperus rotundus, Cyperus sphacelatus, Fimbrystylis ferruginea, Kyllinga
erecta, Mariscus cylindristachyus

1.4. Famille des Poaceae

Cenchrus biflorus Roxburgh


C’est une espèce annuelle qui se multiplie uniquement par graines. L’organe de dissémination
est l’involucre qui est transporté sur de longues distances par les animaux dans les poils
desquels il s’accroche. L’espèce est répandue dans toute l’Afrique tropicale. C’est une espèce
héliophile, rudérale, fréquente en bordure de chemin et dans les terrains vagues. Elle peut
constituer d’importantes populations dans les jachères.

Digitaria horizontalis willdenow


C’est une espèce annuelle qui se reproduit par graines. Le port est en touffe étalée avec les tiges
qui sont souvent prostrées à la base (ce qui permet un enracinement au niveau des nœuds), puis
dressées. Elle a un potentiel semencier estimé à 12 000 graines par plante, dormantes pendant
la dispersion et germant préférentiellement en surface. Pendant la saison des pluies, elle peut se
multiplier par bouturage à partir de fragments de tiges qui s’enracinent au niveau des nœuds.
C’est une espèce très répandue dans toutes les régions tropicales africaines et américaines. C’est
une espèce rudérale et une adventice très commune.
Autres espèces : Dactyloctenium aegyptium, Echinochloa colona, Eleusine indica, Eragrostis
ciliaris, Imperata cylindrica, Melinis repens, Panicum laxum, Panicum maximum, Pennisetum
polystachion, Rottboellia cochinchinensis, Sporobolus indicus

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1.5. Famille des Pontederiaceae

Eichhornia crassipes (Mart.) Solms


Egalement appelé Jacinthe d'eau c’est une plante aquatique des rivières, canaux et lacs des
régions tropicales. C’est un macrophyte aquatique dont les tiges forment des tapis flottants
denses. En l'absence de ses consommateurs naturels (notamment le lamantin), la jacinthe d'eau
devient facilement hors de contrôle. La jacinthe d'eau est devenue l'un des fléaux les plus
importants pour les étendues d'eau douce, rivières et lacs des tropiques. Dans les régions où elle
a été introduite, elle menace la biodiversité. Peu d'espèces végétales peuvent résister à la
croissance rapide de E. crassipes. Cette dernière finit par étouffer les espèces natives en formant
de denses tapis monospécifiques qui bloquent la lumière aux strates inférieures. La jacinthe
d'eau menace non seulement la biodiversité végétale, mais aussi celle de la faune.
Autre espèce : Heteranthera callifolia

2. Classe des Dicotylédones

2.1. Famille des Acanthaceae

Nelsonia canescens ((Lamarck) Sprengel


C’est une espèce à port prostré, annuelle et à multiplication uniquement par graines. N.
canescens est une espèce caractéristique des sols argilo-limoneux humides que l’on rencontre
dans les bas-fonds ou en bordure des cours d’eau. Elle peut croitre en région à climat sec à
condition que l’humidité du sol soit maintenue par une nappe phréatique sous-jacente. C’est
une adventice commune des cultures annuelles intensifiées recevant de forts apports d’engrais
et dont le travail du sol est mécanique. Elle est également fréquente en culture maraichère où
elle peut devenir abondante si elle n’est pas maitrisée par des sarclages répétés.
Autres espèces : Asystasia gangetica, Justicia flava,

2.2. Famille des Aizoaceae

Mollugo nudicaulis Lamarck


C’est l’une des très rares espèces tropicales ayant un port en rosette. Elle est annuelle et à
multiplication uniquement par graines. Cette espèce est répandue dans toute l’Afrique tropicale
et en Asie et elle est favorisée par la mécanisation du travail du sol.

2.3. Famille des Amaranthaceae


Amaranthus spinosus L.
A. spinosus est une espèce annuelle qui se reproduit uniquement par graines. La production de
graines peut être très importante ; certains écotypes sont connus pour produire jusqu’à 235 000
graines par plant. Celles-ci ont une longue viabilité. Elles sont disséminées par l’eau et le vent.
Leur niveau de dormance est très variable. Originaire de l’Amérique centrale, cette espèce
maintenant largement répandue dans toutes les régions du monde comprises entre 30 degrés de
latitude sud et 30 degrés de latitude nord. A. spinosus est une espèce rudérale qui se développe
sur les bords de chemin, à proximité des villages, et plus particulièrement en bordure des zones

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de parcage du bétail ou sur les zones de rejet des déchets ménagers. C’est également une
adventice des cultures. Elle est très nitrophile et son développement est d’autant plus important
que le sol est riche en matière organique et en azote. Elle est très fréquente dans les champs de
case situés autour des villages et recevant les déchets ménagers.
Autres espèces : Amaranthus viridis, Celosia trigyna, Celosia argentea

2.4. Famille des Compositae

Ageratum conyzoides L.
C’est une espèce annuelle qui se multiplie uniquement par graines. Un individu peut produire
jusqu’à 40 000 graines. La dispersion des akènes est assurée par le vent et par l’eau. La moitié
des graines est capable de germer juste après la dissémination. L’espèce est originaire
d’Amérique tropicale. Elle est actuellement très répandue dans toutes les régions tropicales et
sub tropicales entre 30 degrés de latitude nord et 30 degrés de latitude sud. A. conyzoides est
très ubiquiste. Elle se développe comme rudérale sur le bord des chemins et comme adventice
d’un très grand nombre de cultures annuelles et pérennes. Elle ne présente pas de préférence de
sol, pourvu que l’humidité soit suffisante. On la rencontre ponctuellement dans des zones plus
sèches, dans les bas-fonds humides et dans les parcelles en bordure de rivière, présentant une
nappe phréatique affleurante. Cette plante est capable de fleurir et de fructifier tout au long de
l’année si l’humidité est suffisante. Dans les régions à saison sèche marquée, son cycle de
développement est délimité par la saison des pluies ou par la hauteur de la nappe phréatique.
En culture pluviale, la germination débute avec les premières pluies. Après chaque opération
de travail du sol, de nouvelles germinations apparaissent. Cette espèce peut réaliser son cycle
de développement complet en moins de deux mois et produire des graines capables de germer
immédiatement en fin de cycle cultural. Elle dépérit naturellement au bout de 5 mois environ.
Autres espèces : Chromolaena odorata, Tithonia diversifolia, Tridax procumbens

2.5. Famille des Convolvulaceae

Ipomoea aquatica Forsskal


C’est une espèce principalement vivace dont la multiplication végétative est très importante par
bouturage des tiges qui s’enracinent aux nœuds et par les stolons. Elle se multiplie également
par graines, notamment en début de saison sèche lorsqu’elle se développe sur des terrains
temporairement inondés. Elle peut alors se comporter en espèce annuelle lorsque le
dessèchement du sol ne permet pas le maintien de la plante. Elle est répandue dans toutes les
régions tropicales du globe. C’est une espèce aquatique qui se développe dans les petites
rivières et les mares permanentes ou dans les bas-fonds très humides, voire temporairement
inondés. C’est une adventice fréquente dans les rizières ou dans les parcelles cultivées en
bordure de zone inondée.
Autres espèces : Ipomoea mauritania, Merremia tridentata

2.6. Famille des Euphorbiaceae

Euphorbia forskalii L.

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Le port de la plante est complètement prostré. Celle-ci est très ramifiée, dès la première paire
de feuilles, ce qui donne un développement en tache. C’est une espèce annuelle qui se multiplie
uniquement par graines. C’est une espèce caractéristique des sols très argileux.
Euphorbia heterophylla L.
Originaire d’Amérique tropicale et subtropicale, E. heterophylla a été introduite en Afrique
comme plante d’ornement. Elle s’est ensuite disséminée dans toute l’Afrique équatoriale et
tropicale. C’est une espèce rudérale très nitrophile, peu sensible aux herbicides de pré-levée
dont répétées favorisent l’espèce. E. heterophylla est une espèce annuelle qui se reproduit par
graines. Les graines ne sont pas dormantes au moment de leur dispersion et peuvent germer
immédiatement si les conditions sont favorables. La germination n’est pas inhibée jusqu’à 10
cm de profondeur en dessous de la surface du sol.
Autres espèces : Euphorbia hirta, Phyllanthus amarus

2.7. Famille des Nyctaginaceae

Boerhavia diffusa L.
Cette espèce qui est commune dans toutes les régions tropicales, a un port décombant. C’est
une espèce annuelle pouvant être pérenne lorsque les conditions d’humidité du sol le
permettent. Elle se multiplie par graines ou par fragmentation du rhizome lors des opérations
culturales. B. diffusa, nitrophile est très héliophile et se développe dans les endroits dégagés.
Bien que facilement éliminée par les sarclages répétés, cette adventice est favorisée par un
travail du sol mécanisé, qui a pour effet de fractionner le rhizome.

2.8. Famille des Portulacaceae

Portulaca quadrifida L.
Le port de cette plante succulente est totalement prostré. La plante est abondamment ramifiée
dès la base et se développe en tache centrée sur la racine principale. Ces taches peuvent mesurer
60 cm de diamètre formant un tapis dense et ras. C’est une espèce annuelle, mais qui peut
persister tout au long de l’année dans les sols toujours humides. Elle se multiplie par les graines
qui sont dispersées principalement par le vent et l’eau. Cette espèce a également d’excellentes
capacités de bouturage et peut se développer à partir de fragments de tiges. Elle est répandue
dans toutes les régions tropicales.
Autre espèce : Portulaca oleracea

2.9. Famille des Solanaceae

Physalis angulata L.
Le port est dressé. La plante forme un petit buisson abondamment ramifié, qui peut atteindre
90 cm de hauteur. C’est une plante dressée annuelle qui se multiplie uniquement par graines.
Originaire d’Amérique tropicale, cette espèce est actuellement répandue dans toutes les régions
tropicales du globe.
Autres espèces : Schwenckia americana, Solanum nigrum

24
CHAPITRE 7 : METHODES DE LUTTE CONTRE LES MAUVAISES HERBES

Une plante ne prend le statut de mauvaise herbe que par rapport à une activité humaine. En
général, c’est dans l’agriculture que cette notion est très familière car elle influe
considérablement sur la productivité. Mais, en dehors de l’agriculture, on peut avoir à faire face
à des problèmes d’enherbement dans de nombreuses situations. C’est le cas de l’envahissement
par les mauvaises herbes, des voies ferrées, des parcs, des jardins, des trottoirs, des espaces
publics etc.
La lutte contre les mauvaises herbes consiste à créer des conditions propices aux plantes
désirables, tout en éliminant celles qui ne le sont pas et en assurant l’entretien de certains
milieux publics. Plusieurs méthodes sont utilisées pour contrôler ou réduire la nuisibilité de ces
mauvaises herbes. Ce sont la lutte préventive, la lutte chimique et la lutte non chimique.

1. Méthodes préventives

Les méthodes préventives de lutte contre les mauvaises herbes englobent toutes les mesures qui
empêchent l’introduction et la prolifération des mauvaises herbes. Il importe donc de connaître
les activités susceptibles de favoriser l’introduction des mauvaises herbes dans un champ et de
prendre toutes les précautions voulues pour empêcher que cela se produise. On minimisera ainsi
l’accumulation et la propagation des nouvelles espèces nuisibles.
Une méthode préventive de premier plan consiste à nettoyer le matériel agricole en passant d’un
champ à un autre champ. Cette mesure revêt une grande importance pour éviter de transporter
des graines et d’autres parties végétales de mauvaises herbes attachées aux instruments et à la
terre. Pour limiter la dissémination des graines dans un champ ou d’un champ à l’autre, on
évitera de passer avec l’équipement sur les surfaces densément peuplées de mauvaises herbes
durant les périodes de floraison et fructification.
On peut aussi empêcher la dissémination des mauvaises herbes en limitant la propagation des
semences lors de leur maturation. La destruction des mauvaises herbes dans les fossés, à la
lisière des champs et le long des routes peut diminuer les risques d’introduction de nouvelles
espèces indésirables. Les mauvaises herbes peuvent aussi être introduites dans les parcelles par
l’intermédiaire de graines présentes dans la paille utilisée pour le brûlage. Les semences
destinées au semi doivent être contrôlées. Les eaux devant servir à l’irrigation doivent être
filtrées. Il faut respecter les lois destinées à empêcher l’introduction dans un pays des semences
ou propagules de certaines plantes.
2. Lutte chimique

Elle se fait par l’utilisation de produits chimiques que sont les herbicides qui sont appelés
parfois désherbants. Ce sont des matières actives ou des produits formulés ayant la propriété de
détruire les végétaux.

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Modes d’action des herbicides

Les herbicides se distinguent par rapport à leur voie de pénétration dans les végétaux et à leur
déplacement dans la plante. Ainsi nous avons :
• herbicides à pénétration racinaire : appliqués sur le sol, ils pénètrent par les organes souterrains
des végétaux (racines, rhizomes etc.).
• herbicides à pénétration foliaire : appliqués sur le feuillage, ils pénètrent par les organes
aériens des végétaux (feuilles, tiges).
• herbicides de contact : herbicides qui agissent après pénétration plus ou moins profonde dans
les tissus, sans aucune migration d'un organe à un autre de la plante traitée ;
• herbicides systémiques : herbicides capables d'agir après pénétration et migration d'un organe
à un autre de la plante traitée.
Les herbicides agissent sur différents processus de croissance et de développement des plantes.
Ils perturbent le fonctionnement de :
• la physiologie de la plante : la photosynthèse ou la perméabilité membranaire ;
• la croissance : la division cellulaire, l’élongation, etc. ;
• la biosynthèse des constituants cellulaires : lipides, pigments caroténoïdes, acides aminés, etc.

L’application répétée d’un même herbicide aboutit à la réduction des espèces et biotypes
sensibles et à la prolifération de ceux qui sont résistants. Ces derniers finissent par prédominer.
Certaines espèces peuvent ne pas être sensibles à un herbicide dans une flore donnée de
mauvaises herbes. De même, au sein d’une espèce sensible, il peut y avoir un faible pourcentage
de biotypes résistants.
- soit l’espèce ne fait pas partie du spectre d’efficacité du produit et elle est qualifiée de tolérante
- soit la formulation est normalement active sur l’espèce, mais certains individus de cette espèce
ne sont simplement pas touchés au moment de l’application du produit. Ces individus vont alors
se développer et se multiplier, créant ainsi une nouvelle population qu’on qualifie de résistante
sélective car, elle résulte de facteurs tels : le mode d’application de l’herbicide, la dilution des
produits utilisés, le calendrier des traitements.

3- Lutte non chimique


Cette méthode comprend les luttes, physique, biologique et agronomique.

3.1. Lutte physique

3.1.1. Lutte manuelle


Il s’agit du sarclage, binage ou désherbage manuel. C’est la méthode d’entretien des parcelles
la plus pratiquée dans les pays en voie de développement. Elle est pratiquée à la main, à la
machette, à la houe etc. Cette action est pénible et longue. Elle est pratiquée par les petits
agriculteurs ayant peu de ressources ou disposant d’une main d’œuvre abondante. Le temps
consacré à cette opération varie en fonction du type de culture, de l’âge de la parcelle, du terrain,
du degré d’enherbement et du nombre d’entretiens déjà effectués.

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3.1.2. Lutte mécanique
Le désherbage mécanique fait intervenir des outils attelés, tractés ou des engins. Elle est
généralement utilisée pour la destruction des vieilles plantations, l’enfouissement des détritus
et des adventices. Par rapport à la lutte manuelle, cette méthode permet l’exploitation de grandes
surfaces, et réduit le temps de travail. Les grandes exploitations industrielles et les grands
planteurs ont recours à cette méthode.

3.2. Lutte biologique


C’est un mode de contrôle de l’enherbement par l’action d’organismes vivants. L’action des
insectes, des acariens, des agents pathogènes des végétaux et de divers organismes sur la
croissance de la végétation, est un processus naturel qui remonte à l’origine des plantes. Pendant
des siècles, la croissance des mauvaises herbes a été maîtrisée par l’action des animaux
domestiques (chèvres, moutons, bovins etc.).
L’utilisation rationnelle de ces agents dans la lutte biologique est toutefois assez récente. Le
souci majeur dans cette pratique, est la crainte que l’agent utilisé ne se nourrisse d’espèces utiles
en cas de privation prolongée de l’espèce à contrôler.
Des cas de lutte biologique réussie peuvent être cités :
- le complexe entomologique contenant Cactoblastis cactorum a réduit considérablement le
figuier de Barbarie (Opuntia sp.) qui infestait 25 millions d’hectares en Australie ;
- le coléoptère Chrysolina quadrigemina s’est révélé efficace contre Hypericum perforatum L.
(Clusiaceae) qui infestait de nombreux hectares de parcours en Californie du Nord ;
Dans cette forme de lutte, l’élimination n’est jamais complète, mais seulement cyclique. Les
avantages dans cette méthode de lutte sont :
- l’absence de résidus chimiques dans les produits de récolte et de risque de toxicité dans le
milieu de culture ;
- la spécificité de l'hôte ;
- l'assurance d'une lutte continue ;
- le risque quasi nul d'apparition de résistance chez la mauvaise herbe ;
- l'économie en main d'œuvre ;
- l'extension de l'efficacité du procédé à des zones peu accessibles.

Cette lutte présente cependant des inconvénients. L’on peut citer :


- le risque de changement de comportement de l’agent de lutte ;
- l'action en général lente et incomplète sur un terrain en culture ;
- l’action généralement limitée à une seule espèce d’adventice ;
- l'irréversibilité du processus une fois l’agent introduit.

3.3. Lutte agronomique


Elle implique toutes les techniques culturales qui permettent d’éliminer les adventices. Ce sont :

3.3.1. Culture de plantes de couverture


L’association de plantes à port rampant et feuilles étalées telles que certaines légumineuses, aux
cultures à tiges érigées, réduit généralement l’envahissement par les adventices.

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3.3.2. Couverture du sol de paillis
Les paillis composés de films plastiques, de pailles, de résidus végétaux etc. sont sensés
prévenir l’émergence ou freiner la germination et le développement des mauvaises herbes en
formant une barrière physique et en limitant le flux de lumière. Dans les régions ensoleillées et
chaudes, les paillis de plastique peuvent aussi détruire les adventices par solarisation. Cas du
polyéthylène qui est couramment utilisé en cultures maraichères et fruitières comme l’ananas
par exemple. C’est un écran imperméable qui couvre le sol et ne laisse apparaitre que la tige de
la plante.

3.3.3. Semis à haute densité :


En général, ils réduisent la pression des mauvaises herbes sur les cultures car les levées des
plantes cultivées ne laissent pas assez d’espace aux mauvaises herbes et leur croissance crée un
ombrage au sol qui empêche la croissance des adventices héliophiles.

3.3.4. Elimination par submersion


Elle se pratique dans les zones où l’eau est disponible et peut être endiguée. Cette technique est
pratiquée surtout en riziculture, et dans certains cas particuliers pour combattre des mauvaises
herbes en dehors de la période de culture.

3.3.5. Méthodes des hautes températures ou lutte thermique


Elles regroupent toutes les méthodes de contrôle des parasites (mauvaises herbes ou insectes)
dont on élève ou abaisse rapidement la température dans le but de provoquer des blessures
suffisamment sérieuses pour les détruire ou en perturber le développement de façon importante.

Exemple : le brûlage
Il consiste à détruire par le feu les herbes, la broussaille. Nous avons deux cas :
- Le brulage sélectif : dans ce cas, la culture doit être plus haute que les mauvaises herbes
ou protégées par des écrans. Cela nécessite une source de combustible et un équipement
approprié. Cas de la rampe thermique.
- Le brulage non sélectif : il est utilisé pour défricher et nettoyer des terrains non cultivés.
Il détruit les semences des mauvaises herbes, mais peut aussi stimuler la germination de
certaines autres. De même, cette technique peut favoriser la prédominance d’espèces
pérennes et aussi l’érosion dans les zones en pentes.

D’autres exemples sont l’utilisation de l’électricité, les radiations infrarouges, les micro-ondes,
l’eau chaude, la vapeur.

4. Lutte intégrée
La lutte intégrée ou gestion intégrée est un terme générique appliqué à un ensemble de stratégies
qui peuvent être combinées ou appliquées suivant différentes méthodes pour aboutir à une
Gestion Intégrée des adventices. Cette Gestion Intégrée implique des stratégies de lutte qui ne
soient pas uniquement basées sur l’utilisation d'herbicides, mais qui exploitent d’autres
solutions, non-chimiques, pour lutter contre les adventices. La Gestion Intégrée des adventices

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vise deux objectifs : réduire l’utilisation des herbicides et pallier au manque d’efficacité de
certains d’entre eux.

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