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Agroforesterie 2020

Le document présente l'agroforesterie comme une science pluridisciplinaire visant à combiner des végétaux ligneux avec des cultures agricoles pour préserver les écosystèmes. Il aborde la classification et la typologie des systèmes agroforestiers, ainsi que leurs fonctions écologiques, économiques et sociales. Enfin, il souligne l'importance de repenser les pratiques agricoles pour faire face aux défis environnementaux actuels.

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Agroforesterie 2020

Le document présente l'agroforesterie comme une science pluridisciplinaire visant à combiner des végétaux ligneux avec des cultures agricoles pour préserver les écosystèmes. Il aborde la classification et la typologie des systèmes agroforestiers, ainsi que leurs fonctions écologiques, économiques et sociales. Enfin, il souligne l'importance de repenser les pratiques agricoles pour faire face aux défis environnementaux actuels.

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MINISTERE DE REPUBLIQUE DE CÔTE

L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR D’IVOIRE


ET DE LA RECHERCHE Union – Discipline – Travail
SCIENTIFIQUE

------------------------------------------------

INSTITUT PRIVE D’AGRICULTURE TROPICALE


------------------------------------------------------------------------------
INGENIEUR DES TECHNIQUES AGRICOLES
(ITA)

AGROFORESTERIE
Année universitaire : 2019-2020

Chargé DU COURS : GITTE AFESSI ALAIN


07589940/01781329
TABLE DES MATIERES
I-GENERALITE...................................................................................................3
1.1. Définition..................................................................................................3
1.2. Contexte et justification............................................................................3
1.2.1. Intérêts.............................................................................................5
1.2.2. Difficultés........................................................................................5
II- CLASSIFICATION ET TYPOLOGIE DES SYSTEMES AGROFESTIERS 6
2.1. Classification des systèmes agroforestiers..................................................6
2.2. Typologie des systèmes agroforestiers........................................................6
2.2.1. Système agro-sylvicole........................................................................6
2.2.1.1. Système faisant l’objet de rotation dans le temps.......................6
2.2.1.2. Système stable dans le temps.......................................................7
2.2.2. Système syvo-pastoraux......................................................................7
2.2.3. Système sylo-agro-pastoraux..............................................................8
III-FONCTIONS ET POTENTIALITES DES SYSTEMES
AGROFORESTIERS............................................................................................8
3.1. Fonction écologique....................................................................................8
3.2. Fonctions économiques...............................................................................9
3.3. Fonctions sociales.......................................................................................9
IV-SPECIFICITE ET CONDITION DE DEVELOPPEMENT DE
L’AGROFORESTERIE......................................................................................11
4.1. Spécificité de l’agroforesterie...................................................................11
4.2. Condition de développement de l’agroforesterie......................................12
4.2.1. Les partenaires d’un projet agroforestier...........................................12
4.2.2. L’exécution du projet........................................................................13
4.2.3. L’implantation d’un système agroforestier.......................................14

2
I-GENERALITE
1.1. Définition
L’agroforesterie est une science pluridisciplinaire qui étudie les méthodes
culturales qui consiste à combiner dans l’espace et dans le temps des végétaux
ligneux (arbres forestiers) avec des cultures agricoles et/ou avec élevage sur une
même parcelle de terre.

L’agroforesterie a pour objectif majeur la pratique de l’agriculture et/ou de


l’élevage en préservant les écosystèmes naturels et les facteurs de production (le
climat, le sol, l’homme).

1.2. Contexte et justification


Tableau I : justification de l’agroforesterie

Paramètres d’ Matrices environnementaux


évaluation Diversité de
Rendement
air eau sol production
Activités
 Risque de
contamination
Agriculture et/ou Risque de Unicité ou
 Pollution Dégradation Décroissant
élevage pollution peu varié
 Perte des
espèces aquatique
Propriétés
Propriétés physico-
Normal physico-
chimiques et
Agroforesterie (pur) chimiques et stable diversité
biologiques
biologiques
conservés
conservés

En plus de ce tableau comparatif il convient de comparer le potentiel et les


services écosystémiques offerts dans les temps anciens par la nature et ceux
d’aujourd’hui.

3
Dans les temps anciens, la nature était suffisamment riche et pourvoyeuse. Elle
se renouvelle vite pour satisfaire tous les besoins (fourrage, plantes médicinales,
bois, gibier) et ses risques. Les terres neuves ne manquaient pas autour des
villages. Elles servaient de capital pour l’agriculture. Les forêts abritaient toutes
sorte d’espèces végétales et animaux et fournissait des fruits comestibles et
autres richesses en quantité suffisante pour les hommes et les animaux. Dans un
tel contexte nos ancêtres n’avaient pas besoin de planter des arbres pour
satisfaire leur besoins. Aujourd’hui le constat n’est le plus le même. Il y a une
rareté des ressources face à une population de plus en plus croissante avec des
besoins illimités. Les Hommes passent plus de temps à chercher les bois morts
pour faire la cuisine. Dans certaines régions les produits de cueillette se font
rares et deviennent chers. Le gibier est en voie de disparition dans certaines
régions, des voyages d’une région à une autre s’imposent pour la récolte de
plantes médicinale. La fertilité diminue. Les vents sont de plus en plus
dévastateurs. Certaines rivières ont disparu à cause de l’ensablement de leur lit.
Tout ce constat parce la forêt est en voie de disparition ou est dans un état
dégradé. Il faut donc changer notre façon de penser et d’agir vis-à-vis de la
végétation.

Il faut se rendre à l’évidence la présence d’arbres autrefois en qualité et en


quantité suffisante empêchais se constat.

Aujourd’hui le processus de désertification à de nombreuses causes parmi


lesquelles on a :

o La diminution de la pluviométrie ;
o L’extrême irrégularité des pluies ;
o L’exploitation agricole extensive, source de dégradation des forêts et de la
déforestation.

4
Conséquent à ce qui précède, il convient donc de repenser nos pratiques
agricoles. D’où la nécessité de la pratique de l’agroforesterie afin de
conserver l’essentiel du potentiel végétal (sol, climat, biodiversité et
population).

1.2.1. Intérêts
L’agroforesterie est une source potentielle de solution à de nombreux
problèmes étroitement liés de production et de conservation dans les
systèmes d’utilisation du sol. Elle est adaptable à des situations très précises.
Les intérêts de l’agroforestier sont multiples :

 Recherche de système écologiquement stable, économiquement viable et


compatible avec les pratiques sociales et culturelles des populations ;
 Meilleur utilisation des surfaces disponible (mise en valeur des terres
marginales délaissées et création de zone mixes de protection entre les
zones agricoles et forestières) ;
 Meilleur utilisation des ressources disponibles (eau, éléments minéraux,
énergie lumineuse, matière organique, variétés végétales, niches
écologiques, etc.). Le potentiel ligneux procure nourriture, bois, fourrage,
protège les sols contre l’érosion et maintient voire améliore leur fertilité.
 La finalité du système est que la plante prioritaire produise autant qu’en
monoculture, et même mieux lorsque cela est rendu possible grâce aux
effets plantes associées (fixateur d’azote) ;
 La seconde finalité est de rentabilisé la niche ou les niches écologiques
vides et de les faire produire du bois, des fruits, de la viande, etc.

1.2.2. Difficultés
La pratique de l’agroforesterie exige une maitrise de la physiologie et de
l’anatomie des cultures à mettre en place. Cela implique la connaissance de leurs
besoins en eau, en éléments nutritifs et en lumière. Elle exige également la
connaissance de la tolérance (espèce sciaphile, espèce héliophile) des cultures

5
l’une en vers l’autre. Elle implique donc l’acceptation de la plante pérenne dans
les systèmes de culture jusqu’alors strictement herbacée le plus souvent et de
toutes les contraintes que cette introduction peut induire. Il faut toujours penser
au développement des systèmes racinaires des cultures à mettre en association. Il
en est de même pour le système collinaire (système aérien surtout le houppier
qui agit sur l’ombre).

La pratique de l’agroforesterie implique une coordination et une collaboration


entre les administrations (l’agriculture et les eaux et forêts) pour la prise de
décision à l’échelle nationale.

II- CLASSIFICATION ET TYPOLOGIE DES SYSTEMES AGROFESTIERS


2.1. Classification des systèmes agroforestiers
Selon la connaissance d’essences forestières avec des espèces végétales et/ou
animales pour l’occupation de l’espace, on définit les systèmes agroforestiers
suivant :

 La sylviculture : la culture des arbres ;


 L’agrosylviculture : l’association d’arbres forestières avec des cultures
pérennes ou vivrières ;
 La Sylvo-pastorale : c’est la conduite de l’élevage dans un sous-bois ou
un peuplement forestier (individu de même âge ; homogène) ;
 L’agro-sylvo-pastorale : c’est l’association des espèces forestières avec
des cultures pérennes ou vivrières et l’élevage.

2.2. Typologie des systèmes agroforestiers


Un système agroforestier peut faire l’objet d’une rotation dans le temps ou peut
être stable dans le temps.

2.2.1. Système agro-sylvicole


2.2.1.1. Système faisant l’objet de rotation dans le temps
Le système taungya est une pratique de l’agroforesterie pratiqué en Asie de l’Est
qui combine la culture d’espèces forestières à croissance rapide de pleine

6
lumières avec des cultures vivrières. Ce système fait l’objet de rotation dans le
temps. Cette technique peut s’appliquer à l’association Tectona grandis (teck)
avec des cultures vivrières (maïs, igname, riz,…) ; Terminalia superba (fraké) ;
Terminalia ivorensis (framiré) ; Gnelina arborea (bois d’alumette) ;
Triplochyton sclerexylon (samba) ; Cassia siamea. Cette technique permet de
réduire considérablement les travaux de préparation et désherbage. Elle permet
aux cultures de bénéficier d’un climat forestier et favorise une production
cyclique.

2.2.1.2. Système stable dans le temps


 Système à dominance ligneuse-pérenne

Il s’agit de l’association de cultures pérennes avec d’essences forestières soit en


milieu naturel aménagé ou dans un reboisement. Il s’agit notamment du cas du
cacaoyer avec des essences forestières en sous-bois et le cafier avec les
palmiers.

 Système intermédiaire

Il s’agit des systèmes qui présentent une combinaison d’espèces ligneuses à


cycle très variable (manguier, avocatier et autres arbres fruitiers) avec autres
cultures telles que le bananier, le taro, l’igname, agrumes, qui constitue en
général des jardins de case à proximité des habitations.

2.2.2. Système syvo-pastoraux


Il s’agit de la combinaison d’espèces forestières avec l’élevage dans des forêts
claires et savanes (pâturage de formation, végétation naturelle)

Il peut s’agit également de pâturage dans les plantations forestières sous


cocotier, palmier, hévéa.

Il peut s’agit aussi d’un espace arboré enrichit en essence de valeur, productrice
de fruits et fourrage pour l’alimentation du bétail.

7
2.2.3. Système sylo-agro-pastoraux
Ces systèmes combinent des essences forestières, le matériel végétal (culture de
rente ou vivrière) et élevage. Il demande beaucoup de prudence afin de ne pas
voir les efforts consentis s’annulés. Ce système peut se présenter par la présence
des animaux sous palmerais ceinturé par une haie vive d’essences forestières
(teck, …) avec une production de culture fourragère comme le panicum.

III-FONCTIONS ET POTENTIALITES DES SYSTEMES AGROFORESTIERS


3.1. Fonction écologique

PROBLEMES
FONCTIONS ET POTENTIALITES
ECOLOGIQUES
Effets combinés du couvert et barrière par les
Erosion du sol par l’eau essences forestières, fixation du sol par les
racines
Erosion du sol par le vent Protection par les haies vives et brises vents
Plantation d’espèces arborées permettant :
Le maintien de la capacité de rétention
en eau et de la fertilité du sol ;
Fixation d’azote ;
Déclin de la fertilité du sol
Fixation de CO2 et son transfert via la
(dégradation physique,
litière et les racines ;
chimique et biologique)
La création d’ombrage ;
Le recyclage des éléments minéraux et leur
utilisation par les différentes strates de la
végétation
Plantation d’essences appropriées dans les
Dégradation de la forêt plantations agricoles

8
Dégradation des pâturages Plantation d’arbres fourragés
Plantation d’arbres à racine profonde : pratique
Risque d’inondation agroforestière visant à améliorer le microclimat
et à conserver les microorganismes
Modification du débit des L’agroforesterie comme élément de protection
fleuves des basins versant
Combinaison d’arbres destinée à inhibé les
Invasion d’agents pathogènes agents pathogènes tel que le Neen (Azadirachta
indica)

3.2. Fonctions économiques


L’agroforesterie comme en monoculture est source génératrice de revenu par les
rendements obtenus ; mais mieux elle diversifie ses sources de revenus par
l’obtention d’une gamme de production variée avec des marchés diversifiés. De
ce fait elle permet de lutter efficacement contre la vulnérabilité des
communautés.

3.3. Fonctions sociales


Elles sont liées à la fourniture des services destinés à la collectivité (espèces
marquant les limites de propriété individuelle ou collective, espèces forestières
productrices de produits non ligneux comestibles (Ricinodendon heudototii :
Apki ; Irvingia gabonensis : kakou)) et qui sont gérés collectivement et dont la
présence favorise la cohésion sociale.

Remarque : les fonctions écologiques et sociales sont le plus souvent non


marchande. Elles sont toujours laissées à tort lorsqu’on évalue la productivité
d’une parcelle agroforestière. Il est donc important de mettre en place une
méthode d’évaluation multicritère intégrant les critères qualitatifs qui décrivent
les fonctions écologique et sociale des systèmes agroforestiers de même que la
production. Parmi ces critères on peut retenir ceux-ci :

9
La productivité ;
o satisfaction des besoins ou des objectifs primaires ;
o satisfaction des besoins ou des objectifs secondaires ;
o réduction des contraintes liées à la production (contrainte
principale) ; autres contraintes (amélioration de la gestion et
l’exploitation des ressources : facteurs limitant principale et autres
facteurs limitants)
La sécurité ;
o Régularité des productions principales
o Régularité des productions secondaires
o Degré de diversications des productions,
o Degré de diversications des débouchés
o risques phytosanitaires
o risques écologiques
La satisfaction des objectifs autre que l’amélioration de la productivité et
de la sécurité ;
o Intégration social : s’assurer si le projet est bien intégrer dans les
mœurs de la population cible, si non procédé à des réajustements ou
penser à de nouvelles orientations ;
o Autonomie financière
La reproductibilité du système agroforestier à long terme et maintien les
capacités productible du sol ;
o C’est la capacité du sol à produire de nouveau ;
Adoptabilité par les partenaires (groupement, entreprise et population) ;
o Emploi des ressources disponible ou facile d’accès ;
o Emploi de technologie connue ou facile à acquérir ;
o Délai d’entrer en production ;
o Adhésion ou non des différents catégories sociales ;

10
o Adhésion connue des partenaires
Adaptabilité du projet agroforestier dans le moyen et long terme aux
variations de l’environnement écologique.
o Economique
o Ecologique
o Sociale
o Démographique
o Technologique
o Compatibilité avec d’autres projets dans la zone

IV-SPECIFICITE ET CONDITION DE DEVELOPPEMENT DE


L’AGROFORESTERIE
4.1. Spécificité de l’agroforesterie
L’agroforesterie est au carrefour de connaissances agronomique et de plusieurs
sciences. Sa pratique exige des prérequis dans toutes ces disciplines. La
quintessence de la question est de savoir identifier et définir une agroforêt. Dans
une agroforêt, chaque plante est à la fois un élément structurel d’une forêt et un
élément producteur d’un système agricole.

L’obtention d’un système agroforestier peut s’obtenir de deux manières :

 A partir d’un sol nu ou de cultures annuelles par reconstitution d’un


couvert arboré plus ou moins continue et clairsemé
 A partir de la forêt par élimination d’espèces, d’individus ou strates
de végétation et/ou introduction d’espèces nouvelle.

Ces opérations nécessitent des connaissances agronomiques, des connaissances


dans le domaine forestier et des connaissances sur l’écologie du milieu (cycle et
modalité de la régénération des espèces, exigence écologique).

11
L’intervention de l’homme sur les écosystèmes naturels doit être opérer avec la
plus grande prudence. La mise en valeur d’un écosystème aussi complexe que la
forêt tropicale humide ne peut que s’appuyer sur des exemples de gestion
réussis, qu’elle soit proposée par les scientifiques ou qu’elle soit élaborer par les
population rural qui vivent en étroit contact avec leur environnement et qui
savent le mettre en valeur.

4.2. Condition de développement de l’agroforesterie


En raison des particularités des systèmes agroforestiers, certains aspects doivent
être également étudiés à savoir :

 Les partenaires concernés par un éventuel projet agroforestier et leurs


objectifs ;
 L’attitude des populations face aux plantes pérennes ;
 La localisation du projet agroforestier ;
 Les effets écologiques de l’implantation d’une agroforêt sur le milieu
naturel ;
 Les implications économiques ;
 Les implications sociales ;
 L’aménagement des parcelles agroforestières ;
 Les conditions techniques requises ;
 L’évaluation du projet par les partenaires concernés.

4.2.1. Les partenaires d’un projet agroforestier


C’est partenaires peuvent être :

Des individus, l’exploitant agricole ou forestier ;


Des groupes d’individus, famille d’exploitant ;
Une communauté paysanne ;
Une collectivité locale décidant de l’aménagement local, du mode de mise
en valeur du terroir ;
Une administration chargée des forêts, de l’agriculture ;

12
Des entreprise para ou privés ;
Des organismes de développement, multinationaux, des ONG, etc.

Ces partenaires peuvent être concernés à différents niveaux.

o Production agricole ou forestière ;


o Allocation des ressources nécessaires à la production ;
o Gestion à long terme des terres, des arbres d’un patrimoine collectif, des
ressources naturelles ;
o Aménagement du territoire ; protection des forêts ;
o Développement local ;
o Organisation pour la commercialisions du transport des produits agricoles
et forestiers.

Il s’agit de voir pour chaque partenaire identifier, les objectifs d’un éventuel
projet agroforestier (fonction souhaitable de l’agroforêt)

4.2.2. L’exécution du projet


L’espace rural agricole ou forestier reste les sites privilégié pour la mise en
valeur du système agroforestier. Les données écologiques et le mode
d’utilisation de cet espace doivent être connu et maitriser :

 L’identification des unités de paysage homogène (UPH) du point de vu


des conditions écologiques. Toutes les espèces inclus dans une même
unité de paysage homogène sont supposées réagir de façon identique à un
mode donné de mise en valeur d’aménagement agricole ou forestier.
Exemple : sommet de colline au sol lessivé, pente abrupte, bas-fond
inondé.
 L’établissement d’une mosaïque forestière précisant le degré de
hétérogénéité du milieu (délimité les unités de paysage de végétation
caractérisée par : le couvert de la végétation, la structure et la densité des

13
strates, l’inventaire spécifique et variétale) ; on peut utiliser pour cela la
méthode des profils architecturale

4.2.3. L’implantation d’un système agroforestier


L’implantation d’un système agroforestier se décompose en cinq phases :

 Choix du matériel végétal


 Phase de plantation
 Phase juvénile
 Phase mature et productive
 Phase de sénescence et de remplacement

Chacune de ces phases soulèvent des questions spécifiques d’ordre technique,


écologique, environnemental

 Choix du matériel végétal

Le choix est conditionné par les facteurs naturels (sol, climat, végétation),
sociaux (consommation ou tabou pour la population), économiques, la
disponibilité du matériel végétal et la capacité de propagation.

 Phase de plantation
o Condition écologique requise pour réussir la plantation : prévoir des
techniques particulières assurant la conservation de la fertilité des
sols, l’irrigation, l’ombrage, taille optimale du plant.
o Problème phytosanitaire et protection contre les animaux (bétail)
 Phase juvénile
o Réaction de la plante aux techniques de taille, à la conduite sur
tuteur ;
o Les besoins en eau, ombrage, fertilisant ;
o Maladies et prédation par les troupeaux ;
o Croissance de l’espèce et délai d’entrer en production ;

14
 Phase mature et productive
o Cycle de production, période de récolte ;
o Rendement ;
o Besoin d’entretiens, d’irrigation et de fertilisation ;
o Risque de maladies et de prédation sur la fleur et les fruits ;
 Phase de sénescence et de renouvellement
o Age de la sénescence, durée de la sénescence ;
o Technique d’enlèvement de l’arbre, de récolte du bois ;
o Maladies particulières au moment de la coupe ;
o Préparation du sol pour le remplacement de la plante
o Prévoir des techniques de protection des sols contre l’érosion
durant la phase de transition.

V-ETUDE DU TECK ET QUELQUES SPECULTIONS EN CÔTE D’IVOIRE


5.1. Teck (Tectona grandis)
a. Choix de l’essence
Il doit obéir à des critères économiques et écologiques du milieu. Il est important
d’opter pour une essence forestière qui résiste aux agressions pathogènes et
autres obstacles tels que le feu de brousse, qui bénéficie d’une sylviculture
maitrisée et prouvée, et ayant des exigences moindres (écologiques). Notre
choix sur le teck Tectona grandis se justifie par sa croissance rapide ; espèce
forestière héliophile qui s’adapte au climat tropical quel que soit la zone de
végétation (savane ou forêt) ; qui résiste au feu, avec un bois dur à terme, de
bonnes valeurs économiques sur le marché ; et enfin qui bénéficie d’une
expérience sylvicole prouvée (cultivé par la SODEFOR depuis 1966 en Côte
d’Ivoire. Cette structure spécialisée possède des vergers de semences, où l’on
peut avoir des graines de qualités et de quantités pour la mise en place de
pépinières.
L’on évitera de ramasser des graines ou des semences pêle-mêle dans la nature,
car le succès de la pépinière repose sur la qualité des semences

b. Les semences

15
La récolte de semence doit se faire nécessairement sous les beaux semenciers,
vigoureux, au fût régulier atteignant 10 à 15m.
Il faut éviter de ramasser des semences sous des arbres bas branchus ou
fourchus. Il existe des peuplements dit sélectionnés pour leurs qualités
technologiques. Ce sont les parcelles semencières, elles assurent une production
de graines de bonne qualité. L’on en trouve sur les sites de la SODEFOR en
Côte d’Ivoire.
c. Stockage et conservation des semences
Si les conditions de semi ne sont pas réunies juste après la récolte ou le
ramassage des graines, les graines devraient être conservées dans un endroit bien
aéré, à l’abri de l’humidité, des insectes, des rongeurs et champignons afin de
mieux garder leur pourvoir germinatif
d. Prétraitement des graines
Un prétraitement des graines avant semi est nécessaire pour les graines à
tégument durs tels que celui du teck, pour lever la dormance et assurer une
germination rapide et uniforme. Il existe plusieurs procédures. Dans le cas du
teck, l’on pratique souvent l’immersion des graines durant 10 jours à deux
semaines, puis séchées un jour durant et semées à la suite.
e. Le semi
Il peut se faire de deux (2) manières. Soit directement dans les sachets soit à
même le sol sur un germoir. Le semi en sachet est onéreux (coût du sachet, coût
de son remplissage) occasionne surtout le gaspillage du sachet car tous les
sachets ne donneront certainement pas une plantule. Pour cela, l’on introduit
deux à trois graines par sachet. En cas de germination de toutes ces graines, il
faut procéder au démariage des plantules.
Concernant le semi en germoir, les graines sont semées sur un espace de terre
aménagé à cet effet, appelé germoir. Il s’agit d’une couche de terre labourée et
ameublie, dégagée de tous les éléments grossiers, de dimensions variables selon
le pépiniériste (dimensions 1m x 5m pour 500 graines ou 1m x 10m pour 1000
graines). Les graines sont déposées sur cette couche de terre et refermée à une
profondeur correspondant deux à trois fois leur taille. Le germoir doit avoir une
texture perméable pour éviter l’inondation des graines. Cette dernière technique
est moins onéreuse par rapport au semi en sachet. Dans les deux cas, un arrosage
régulier et léger est nécessaire. De même, il faut une ombrière.

16
Par ailleurs, la terre utilisée doit être riche en humus et préalablement traitée au
carbofuran contre les termites et aux fongicides contre les champignons. Les
premières levées sont attendues entre 10 et 21 jours.
Les plants de teck en pépinière peuvent être conduits en plantation au bout de
trois (3) à quatre (4) mois.
f. la plantation
La mise en place définitive des plants sur le terrain à reboiser se fait en période
humide après des opérations de préparation de terrain (défrichement ou
ouverture de layon, abattage, endainage, brulis, piquetage, trouaison et planting).
Les densités pratiquées sont variables :
- densité serrée :
 2,5 m x 2,5 m soit 1 600 T/Ha
 2,5 m x 3 m soit 1 333 T/Ha
 3 m x 3 m soit 1 111 T/Ha
- Densité moyenne :
 4 m x 2,5 m soit 1 000 T/Ha (souvent pratiquée en milieu rural)
Dans tous les cas l’on devra éviter la plantation de teck en zone ombrophile. Il
se développe mieux en pleine lumière, et sa révolution peut être atteinte en une
vingtaine d’années avec une circonférence moyenne supérieure à 80 cm. l’arbre
de teck renferme un bois dur (le duramen) de couleur variable allant du jaune au
gris noirâtre selon le milieu de développement. Cet arbre comporte aussi une
couche mucilagineuse appelée aubier qui enveloppe le duramen. L’épaisseur de
cette couche est variable (de 3 à 7cm) selon l’âge de l’arbre.
5.2. Autres spéculations
5.2.1. Anacardier (Anacardium occidentale)

17
Anacardium occidentale L. (Anacardier, Noix de Cajou) Anacardiaceae

Taille

Petit arbre (5-6 m) originaire du nord-est du Brésil, tronc court, branches basses
et fort étalées. Le fruit est la noix de cajou. Le pédoncule est hypertrophié et
forme un faux fruit : la pomme cajou.

Écologie

Introduit dans les zones semi-arides et sub-humides d’Afrique. S’accommode


d’une grande variété de sols sans engorgement. La saison sèche doit être bien
marquée (4 mois) et la pluviométrie supérieure à 800 mm. Le houppier de
l’arbre doit être bien ensoleillé pour une bonne production fruitière. Le
harmattan provoque la coulure des fleurs du côté au vent.

Utilisations

o L’amande

18
L’amande du fruit est utilisée principalement comme amuse-gueule, dans la
pâtisserie et la chocolaterie... Pour une bonne qualité des amandes les fruits
doivent être ramassés au sol et non cueillis sur l’arbre.

o La coque

De la coque du fruit on extrait le baume cajou qui est une résine phénolique très
corrosive utilisée dans la fabrication d’éléments de friction devant résister à de
hautes températures, de caoutchoucs et revêtements spéciaux, d’isolants et de
matières plastique... Le baume est médicinal et insecticide.

o Marché de la noix

La noix fait l’objet d’un important commerce international dominé en Afrique


par les Indiens (prix FOB en Afrique de l’Ouest en septembre 2002 : 430 à 625
$ la tonne en coque).

o Le faux-fruit

Le faux-fruit riche en vitamine C est mangé et sert à la fabrication de jus ou


d’alcool.

o Les feuilles

Les jeunes feuilles et les jeunes rameaux se mangent cuits.

o L’écorce

L’écorce est médicinale (cancer et lèpre), toutes les parties sont bactéricides,
fongicides et vermifuges.

o Bois

Apprécié comme bois de feu.

o Haie-vive

19
L’arbre est utilisé en haies-vives pour la délimitation des terres. Il est planté en
bandes boisées pour servir de pare-feu vert.
Croissance
Croissance rapide, entre en production dès 3-4 ans.

Sylviculture
Semis direct de trois graines par poquet. Avec une densité de 80 à 100 arbres par
hectare on peut espérer récolter une tonne de fruits/ha/an vers 15 ans.

5.2.2. Neem (Azadirachta indica)


- Azadirachta indica A. Juss. (Neem, Margousier) Meliaceae

Taille

Arbre de 10-15 m (jusqu’à 20 m). Fût droit et court dépassant rarement 80 cm de


diamètre. Cime sphérique. Fruit : drupe. Fructifications abondantes.

20
Écologie
Introduit, originaire d’Inde. Tolère une grande variété de climats (arides à
subhumides voire humides et de 0 à 1 500 m d’altitude) et de sols (ne supporte
pas les sols salins ou à engorgement temporaire, le pH doit dépasser 5). Se
comporte mieux en étant isolé qu’en peuplement dense.

Utilisations

Arbre d’ombrage et d’alignement, brise-vent. Alimentation : fruits, feuilles,


rameaux jeunes. Fourrage : feuilles sèches. Écorce : 12 à 14 % de tanins. Huile
des graines (40 %) pour l’éclairage, comme lubrifiant, fabrication de savon, de
désinfectant, de produits pharmaceutiques et cosmétiques. Feuilles et fruits
contiennent de l’azadirachtine insecticide. Toutes les parties de l’arbre sauf le
bois sont utilisées en pharmacopée. Fleurs mellifères.

Bois

Densité 0,68 ; rouge à rouge brun, dur, odorant, huileux, belles veines ; facile à
travailler, résistant aux pourritures et aux insectes : sciages, construction,
ébénisterie, poteaux. Apprécié également comme bois de feu.

Croissance

Rapide surtout pour les arbres isolés. Dans les zones semi-arides, les arbres se
concurrencent mutuellement s’ils sont en peuplement et leur croissance se
ralentit fortement dès la troisième année. Se régénère abondamment sous les
houppiers des arbres ou sous les fils électriques (graines apportées par les
oiseaux et chauve-souris), risque de devenir envahissant.

Sylviculture

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4 000 graines/kg. A semer fraîches après dépulpage. Semis direct, plants en pots,
hautes tiges possibles. Rejette abondamment de souche mais les rejets sont
broutés par le bétail, il est donc préférable de tailler l’arbre en têtard.

5.2.3. Vitellaria paradoxa : karité


- Vitellaria paradoxa Gaertn. (Karité) Sapotaceae

Taille
Arbre trapu 10-15 m, parfois plus : 20-25 m notamment en forêt sèche ; fût
court, 80-100 cm de diamètre (fût de 4-6 m pour des sujets ayant poussé en
peuplement assez dense) ; cime subsphérique (forme variable selon la densité du
peuplement) ; latex.

Écologie

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Soudanien et soudano-guinéen. Maintenu dans les champs, rejets ou
régénération protégés en raison de son utilité. Forme des protovergers.

Préfère les sols sablo-argileux, argilo-sableux et les latérites détritiques ; craint


les sols argileux (basfonds). Héliophile.

Utilisations

Fruit : drupe ovoïde 4-5 cm à pulpe comestible, contenant 1 (parfois 2-3)


graine(s) de 3,5 x 2,5 cm à coque mince et amande blanchâtre, oléagineuse (55
% de lipides) utilisée pour la fabrication du beurre de karité employé localement
en cuisine, comme cosmétique et pour la fabrication de savon... ; exporté pour
l’industrie pharmaceutique, cosmétique, agro-alimentaire.

Produit de cueillette en raison de la variabilité importante de la fructification.


Est cependant un produit d’exportation important de pays comme le Mali et le
Burkina Faso.

Racines, écorce, feuilles et fruits mangés par les éléphants ; fruits appréciés des
singes, chauves-souris et petits mammifères

Pharmacopée : beurre cicatrisant, soigne les brûlures, protège des UV et


nombreux autres usages..., base de pommades.

Bois
Aubier 3 à 5 cm, parfois peu distinct, duramen rouge acajou foncé, grain fin,
bois lourd à très lourd, retrait moyen à très fort, moyennement à très nerveux,
dur, se polit bien ; potentiellement utilisable en menuiserie, ébénisterie. Les
arbres abattus doivent être débités rapidement car attaqués immédiatement par
des insectes foreurs (térébrants ?). Bonne durabilité naturelle une fois sec. Bois
de service, excellent bois de feu et donnant un charbon de bois de qualité
moyenne.

Croissance

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Lente à partir de plants éduqués en pépinière : 110 cm à 45 mois (Korhogo),
plus rapide à partir de rejets. Premières fructifications vers 25 ans à partir de
plants issus de semis mais pouvant être abondantes sur des rejets de 4 à 5 m âgés
de 7 à 8 ans.
Sylviculture

140 graines/kg, prétraitement non indispensable (90 % de plants sortis de terre


en 23 jours). Germination hypogée, croissance lente, production de fruits
tardive. A protéger des feux dans le jeune âge. Rejette bien de souche.

Graines dispersées par des animaux frugivores, très bonne germination mais
mortalité quasi totale au cours de la saison des pluies (abroutissement ?).

Usages potentiels
Espèce peu intéressante à installer en verger en raison d’une production
erratique sauf si possibilités d’identifier des clones à production constante à
multiplier par greffage (technique récemment mise au point) ou par culture in
vitro. En attendant, favoriser la régénération dans les champs ; élaguer en
hauteur (les graines se ramassent au sol) pour l’obtention de bois d’œuvre de
qualité et pour réduire la concurrence pour la lumière pour les cultures
associées. Gestion à conseiller : parc arboré à structure jardinée à révolution
longue.

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