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Évolution des systèmes d'élevage mondial

Le document explore l'évolution des systèmes d'élevage à travers le monde, mettant en lumière la diversité des pratiques influencées par des facteurs historiques, culturels et environnementaux. Il aborde l'intensification et la spécialisation de l'élevage, ainsi que les défis contemporains rencontrés par les éleveurs dans différentes régions, notamment en Afrique et en Amérique latine. Enfin, il souligne l'importance des animaux sauvages et leur rôle dans les écosystèmes, tout en discutant des opportunités d'exploitation de la faune sauvage.

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Évolution des systèmes d'élevage mondial

Le document explore l'évolution des systèmes d'élevage à travers le monde, mettant en lumière la diversité des pratiques influencées par des facteurs historiques, culturels et environnementaux. Il aborde l'intensification et la spécialisation de l'élevage, ainsi que les défis contemporains rencontrés par les éleveurs dans différentes régions, notamment en Afrique et en Amérique latine. Enfin, il souligne l'importance des animaux sauvages et leur rôle dans les écosystèmes, tout en discutant des opportunités d'exploitation de la faune sauvage.

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Introduction..........................................................................................................................................

1
Chapitre I : Concepts et Définition.......................................................................................................2
Chapitre II : Brève histoire de l’élevage dans le monde......................................................................2
I- Des évolutions variées..................................................................................................................3
1.1. De la polyculture-élevage à l’élevage hors-sol, histoire d’une intensification en zone
tempérées..........................................................................................................................................3
VI. Quelques systèmes d’élevage..................................................................................................18
1. Les ranches d’Afrique.................................................................................................................18
1.1. La gestion des pâturages..........................................................................................................18
2. Système agropastoral..................................................................................................................19

1
Introduction
Les dynamiques d’évolution de l’élevage en régions chaudes amènent à observer une grande
diversité de systèmes d’élevage. Comme en agriculture, ces transformations sont dues notamment à
la croissance démographique rapide et à l’urbanisation qui ont entraîné une évolution importante de
la demande en produits alimentaires. Les prospectives économiques prévoient un fort accroissement
de la demande en produits animaux dans les pays en développement, avec une forte tendance à
produire de plus en plus dans les pays (ou les régions) consommateurs. Ces changements induisent
souvent une intensification de l’élevage et de l’agriculture, et parfois une meilleure intégration de
ces activités. Dans d’autres cas, c’est la spécialisation des élevages qui apporte des réponses à ces
enjeux.
Intensification et spécialisation marquent donc fortement le paysage des productions animales,
notamment pour les espèces à cycles courts (aviculture, aquaculture, élevage de porcs...), pour
certains systèmes de production péri-urbains (lait, embouche...) et pour certaines formes
d’intégration de l’agriculture et de l’élevage. Les systèmes pastoraux plus extensifs fondés sur la
valorisation des parcours par des herbivores gardent néanmoins leur place, en raison non seulement
des valeurs sociales et culturelles qui leur sont attachées, mais aussi de leur aptitude à valoriser des
ressources renouvelables de faible potentialité (parcours des zones arides et semi-arides par
exemple.
L’objectif

Chapitre I : Concepts et Définition


Le concept du système d’élevage est un outil d’où les finalités est d’établir un diagnostic permettant
de proposer des axes et des moyens d’intervention pour le développement de l’élevage (CHERADI,
1997). Pour LHOSTE (1997), un système d’élevage est « l’ensemble de techniques et de pratiques
mises en œuvre par une communauté pour exploiter, dans un espace donné des ressources végétales
par des animaux, dans des conditions compatibles avec ses objectifs et avec les contraintes du
milieu. ». LANDAIS (1992), le définit comme un ensemble d’éléments en interaction dynamique,
organisé par l’homme en vue de valoriser des ressources par l’intermédiaire d’animaux domestiques
pour en obtenir une ou plusieurs productions animales (Fig.1). Les éléments d’un système d’élevage
peuvent être classés en trois catégories :

 Les hommes
 Les ressources

 Les animaux

2
L’homme intervient en tant que décideur et acteur à travers ses pratiques, c’est un centre de
décision (YAKHLEF, 2001). L’animal constitue l’élément central et caractéristique du système
d’élevage (MOUDOUD. 2000).

Chapitre II : Brève histoire de l’élevage dans le


monde
L'élevage est une activité universelle, et pourtant très variée d'une région à une autre. Ce chapitre
d'introduction a pour buts :
 de décrire l'évolution des systèmes d'élevage au cours des temps pour montrer que la
diversité actuelle des systèmes d'élevage dans le monde découle d'histoires radicalement
différentes ;
 de fournir des éléments permettant d'apprécier les aptitudes des principales espèces
d'élevage, et de mieux comprendre les choix effectués par les éleveurs ;

 de montrer que, si l'élevage est la principale forme d'exploitation des animaux par l'homme,
Il en existe d'autres, que nous ne pourrons détailler dans cet cours, mais qu'il ne faut pas
oublier.

I- Des évolutions variées


1.1. De la polyculture-élevage à l’élevage hors-sol, histoire
d’une intensification en zone tempérées
Les premiers systèmes agraires européens reposaient sur la culture sur brûlis et l'élevage sur
parcours ou en forêt. C'étaient des modes d'exploitation de la nature essentiellement prédateurs :
l'homme se contentait de prélever pendant quelques années des aliments dans la nature, laissant le
soin à la forêt de reconstituer la fertilité des sols pendant des jachères très longues (30 ans et plus).
Peu à peu ces modes d'exploitation détruisirent la forêt, et ne suffirent plus à nourrir une population
sans cesse croissante.

L'introduction de la jachère labourée, dès la fin de l'Empire Romain en Europe, aux VI et VII
siècles, permit d'améliorer la productivité des terres : après une culture, les terres, au lieu d'être
totalement abandonnées, sont simplement laissées enherbées pendant un an ou deux, avant d'être à
nouveau cultivées.

3
L'association de l'agriculture et de l'élevage, à la fin du Moyen-Age (XI et XII siècles), permit une
première hausse spectaculaire des rendements agricoles, et constitua ce que l'on appelle parfois la
première révolution agraire.
 L'introduction de la culture attelée améliora ; efficacité du travail du sol, et permit d'étendre au
maximum les surfaces cultivées : les terres défrichées et cultivées en France à cette époque
atteignirent des limites que l'on ne retrouvera pas avant le milieu du XIX siècle.
 Les animaux, qui ont désormais libre accès aux parcelles non cultivées (c'est le droit de vaine
pâture1 sur les communaux), ainsi qu'aux parcours et à la forêt, concentrent dans des étables le
fumier, qui est ensuite réparti sur les champs cultivés. Les rendements augmentent sensible
ment.
 Les agriculteurs, en distribuant des fourrages complémentaires au bétail (résidus de culture,
herbes fauchées le long des chemins et des canaux, feuilles d'arbres ...) voient les productions
animales s'accroître.
L'association agriculture-élevage fut la clé de l'essor de la société française à la fin du Moyen-Age.
L'avènement de la polyculture-élevage constitua la deuxième révolution agraire, aux XVII" et
XVIII siècles :
 La jachère, au lieu d'être laissée en friche, est désormais cultivée : on y sème des prairies à base
de légumineuses, qui enrichissent le sol, et fournissent des fourrages plus abondants et de
meilleure qualité pour les animaux ;
 le bétail, mieux nourri, produit plus de viande, de lait, de fumier, d'où une progression
spectaculaire des rendements agricoles et animaux.

La révolution industrielle du XIX siècle a eu de nombreuses répercussions sur le monde agricole :


 la motorisation de l'agriculture a permis d'augmenter les surfaces cultivées par agriculteur ;
 l'utilisation des engrais chimiques, fabriqués en partie à partir du pétrole, s'est généralisée.
Les systèmes agraires en seront profondément bouleversés : les agriculteurs auront tendance à se
spécialiser, et à abandonner la polyculture-élevage. Certains deviendront des céréaliers, d'autres des
éleveurs qui seront amenés à acheter de plus en plus d'aliments pour le bétail.

I.1. Le pastoralisme africain : une origine millénaire


En Afrique, l’élevage pastoral est une tradition liée à l’ethnie. On distingue très schématiquement
deux grands groupes sociaux :
 des agriculteurs sédentaires, qui vivent essentiellement des produits de la terre, généralement
dans les zones les plus humides ;

1
Droit d'usage qui permet de faire paître gratuitement son bétail en dehors de ses terres, dans les bords des chemins, etc.

4
 des pasteurs nomades dont la vie est entièrement organisée autour du troupeau qui subvient à
leurs besoins, généralement dans les zones plus arides.
Cette "spécialisation ethnique" remonte à plus de 2000 ans. Dans de nombreuses régions, les deux
groupes se partagent l'utilisation des terres. La faible densité démographique a longtemps permis ce
type d'élevage très extensif, même dans des régions favorables à l'agriculture.
Le pastoralisme africain est caractérisé par sa stabilité historique. Les nomades mènent une
existence apparemment instable :
 ils se déplacent en permanence ;

 ils avaient dans le passé une réputation de guerriers, ou de pillards ;

 ils sont eux-mêmes sous la perpétuelle menace de sécheresses ou d'épidémies qui peuvent à
tout moment décimer des troupeaux entiers ;
Pourtant, ces systèmes d'élevage se sont remarquablement maintenus au fil des siècles ;

 malgré d'importants déplacements, et parfois des changements de milieu, les nomades ont
toujours conservé le même mode de vie, et vécu des productions de leur troupeau ;
 les pasteurs forcés de changer de mode de vie après la disparition de leur troupeau tentent de
reprendre leur vie nomade, après avoir reconstitué leur cheptel.
Les déplacements des nomades, loin d'être un signe d’instabilité, sont au contraire la marque d'une
grande adaptation à un milieu difficile.
L’évolution progressive des sociétés africaines, caractérisée par l’établissement des frontières, le
développement des transports, le progrès vétérinaire, affecte les systèmes pastoraux.
Et surtout, le développement important des zones cultivées, lié à l'accroissement démographique
depuis la dernière guerre mondiale a considérablement réduit l'espace autrefois utilisé par les
éleveurs.
Les conditions du pastoralisme ont donc beaucoup changé en Afrique depuis le début du 20 ème
siècle. Les sociétés traditionnelles sont bouleversées : les dernières sécheresses en Afrique ont eu de
graves conséquences.

I.2. Les élevages latino-américains : quelques aspects


Le bétail (les vaches, les chevaux, les moutons) a été introduit en Amérique à partir du 16 ème siècle
par les conquistadores, qui les amenaient d'Europe avec eux. L'élevage s'est alors développé
rapidement, profitant de conditions relativement favorables, et il a souvent pris des formes
originales, dont voici quelques exemples.
Au Brésil, les bovins servaient à transporter la canne à sucre sur la côte, très défavorable à l'élevage
à cause des maladies. Les animaux étaient lâchés en liberté dans les prairies de l'intérieur, et réunis

5
lors de rodéos annuels. Par la suite, lors de l'ouverture de mines dans le centre du pays, une
véritable filière s'est établie.
Parallèlement, d'immenses propriétés d'élevage se sont formées dans les prairies, pratiquant surtout
l'élevage bovin d'abord pour le cuir (la viande était parfois abandonnée sur place faute de
possibilités de stockage) puis pour la viande.
Il s'agissait plus de l’exploitation d'une "mine" naturelle de bétail, que de l'élevage proprement dit.
Les ranches ont ensuite évolué vers un type d'élevage plus rationnel et plus organisé, et se sont
progressivement équipés en parcs, en abattoirs, en bains détiqueurs.

L'histoire de l'élevage varie énormément d'une région à l'autre. Les situations que l'on rencontre
aujourd'hui, leurs problèmes, ne peuvent se comprendre que si l'on connait bien le passé de chaque
région. Ce passé marque encore profondément en filigrane les systèmes d'élevage actuels. Il faut
s'en souvenir en permanence. Il existe plusieurs voies d'amélioration, chacune adaptée à la situation
actuelle des systèmes d'élevage : les éleveurs européens cherchent à mieux rentabiliser les
investissements énormes qu'ils ont fait, à rendre chaque animal encore plus productif, pour
augmenter leur profit et leur autonomie, alors que le pasteur africain cherche à gérer de façon
collective les ressources naturelles d'un milieu fragile, pour assurer sa survie et celle de son
troupeau.

II. Les animaux sauvages jouent encore un rôle important

Bien avant d'être domestiqués et élevés, les animaux ont été chassés par l'homme, comme l'attestent
de nombreuses gravures et peintures rupestres. Aujourd'hui encore, la faune joue un rôle important
et diversifié suivant les régions.

II.1. Les principaux rôles des animaux sauvages

La chasse est une source de protéine. C'est est une activité universellement répandue : petits
rongeurs, primates, oiseaux, ruminants sauvages etc., procurent aux populations locales de la viande
à moindre coût. La viande de gibier peut, souvent, être préférée à celle du bétail : les indonésiens de
Sulawesi apprécient beaucoup l'anoa (Bubalus depressicornis), et les béninois l'aulacode, dont la
viande est vendue 4 fois plus cher au kg que celle du bœuf, à Cotonou.
Le gibier fournit des produits précieux tels que le cuir, la fourrure, l’ivoire, le cornage, etc.
Certaines espèces, très recherchées, sont désormais menacées d'extinction: l'éléphant, le rhinocéros
en Afrique, le tigre du Bengale en Asie, etc.

6
Le tourisme est également une importante source de revenus pour certains pays, dont les réserves
naturelles accueillent chaque année des milliers de personnes attirées par leur faune sauvage. La
diminution de la grande faune menace ce secteur d'activité très lucratif dans de nombreux pays
d'Afrique.

II.2. La biologie des animaux sauvages présente de nombreux avantages sur celle des
animaux domestiques
La faune est parfaitement adaptée au milieu dans lequel elle vit : ses besoins en eau sont réduits en
zone semi-aride, elle résiste à de nombreuses maladies endémiques, et continue à grossir quand les
espèces domestiques perdent du poids.
De ce fait, dans les régions où l'élevage de ruminants domestiques est difficile, la faune sauvage est
souvent beaucoup plus productive que les animaux domestiques : fécondité élevée, production de
viande au km² plus importante.
.
II.3. Quelques essais d'exploitation de la faune sauvage
En Afrique, deux schémas d'exploitation de la faune ont été testés avec quelques bons résultats :
 la "chasse organisée", ou "game cropping" dans les réserves naturelles n'a pas eu beaucoup de
succès, à cause du prix de revient de la viande : il s'agit plus d'une source de revenus
touristiques (organisation de safari) que d’une production de viande ;
Les ranches à gibier2 ("game ranching") permettent une exploitation plus rationnelle,
l'aménagement de parcs facilitant sa gestion et sa capture.
Cependant, en région favorable aux bovins ou aux ovins, l'élevage d'animaux sauvages est moins
rentable que celui du bétail les clôtures doivent être plus hautes, les animaux sont moins dociles.
L’élevage de cerf dans certains pays occidentaux (en France, en Allemagne) peut atteindre des
effectifs de 50 000 individus. Les élevages produisent des animaux à des fins commerciales pour le
marché de la venaison, c'est à dire pour la consommation alimentaire les Cerfs produisent une
viande tendre, digeste, riche en protéines et faible en graisse.
En Afrique de l’Ouest, des tentatives d’élevage de l’aulacode ont été développées. L'aulacode est un
petit rongeur des savanes humides dont la viande est très recherchée, mais son élevage en captivité
n'est pas encore bien maîtrisé, malgré de nombreux essais, notamment au Bénin.

III. Les principaux animaux d’élevages


Très tôt dans la préhistoire, les hommes ont domestiqué toutes les espèces actuellement élevées. La
domestication a modifié les performances, les cycles biologiques, le comportement, l'apparence
extérieure des animaux. Il y a une grande différence entre les aurochs des peintures rupestres
2
Le ranch de Gibier de Nazinga au Burkina Faso

7
préhistoriques, aujourd'hui disparus, et les bovins actuels. Le nombre des espèces effectivement
élevées est très réduit: environ 25, y compris l'éléphant (en Asie).
Les herbivores domestiques se nourrissent de produits végétaux, et valorisent ainsi des ressources
que l'homme ne pourrait consommer directement. La plupart sont des ruminants (camélidés, bovins,
caprins, ovins), mais il y a aussi des non ruminants, comme le lapin ou le cheval, sans oublier le
porc, omnivore, et les volailles granivores.

III.1. Les Bovidés, animaux polyvalents

La famille des bovidés comprend de nombreuses espèces domestiques et sauvages. Tous sont des
animaux à plusieurs fins (viande, lait, cuir, travail, fumier, laine), même si leurs aptitudes
génétiques, souvent sélectionnées par l'homme, les prédisposent parfois à l'une ou à l'autre de ces
productions. Ce sont de gros animaux, à la croissance assez lente, et aux performances de
reproduction assez médiocres, du fait de leur maturité sexuelle tardive, d'une faible prolificité (les
naissances multiples sont rares), et d'une gestation longue. Deux espèces domestiques dominent
dans les régions chaudes : les bovins et les buffles. Les deux grands types de bovins, les taurins
(Bos taurus) et les zébus (Bos indicus) sont issus d'un ancêtre commun, l'auroch, aujourd'hui
disparu, originaire probablement du Proche-Orient.
 Les Taurins dominent en zone tempérée et ils supportent mal les conditions climatiques des
régions chaudes (aridité et chaleur excessives qui perturbes leur physiologie) et sont sensibles
aux maladies et parasites des régions humides.
 Les Zébus sont plus répandus sous les tropiques. Ce sont des animaux bien adaptés aux climats
chauds et arides: leur régulation thermique est assurée essentiellement par la transpiration, et ils
perdent moins 'eau que les taurins, qui évacuent la chaleur en excès par le halètement. En
revanche, ils supportent mal les atmosphères humides, et sont très sensibles aux tiques et aux
maladies qu'ils transmettent, ainsi qu'aux trypanosomes.
 De nombreuses races métisses, appelées « Sanga » en Afrique de l'Est, issues du croisement
entre des zébus et les taurins, peuplent les zones de contact entre les deux types en Afrique :
Afrikander en Afrique du Sud, Ankole au Rwanda, Djakore au Sénégal.

Les buffles domestiques sont présents essentiellement en Asie. Ce sont des animaux lourds,
résistant très bien à des températures très élevées, supérieures à 42 °C, à condition de pouvoir se
baigner aux heures les plus chaudes de la journée. La bufflonne produit un lait d'excellente qualité,
très riche en matières grasses, faisant d'excellents fromages, moins abondant que celui de la vache.
Les buffles sont très utilisés pour la traction animale dans les zones marécageuses, les rizières, dans

8
la vallée du Nil en Egypte ... Leur croissance est lente. Le buffle d'Afrique, une espèce différente du
buffle d'Asie, n'a pas été domestiqué.

III.2. Les chèvres et les moutons, richesse des pays pauvres


Les ovins et les caprins appartiennent à la même sous-famille : les capridés. La plus grande part de
la population mondiale vit dans les régions chaudes, plutôt sèches.
Les ovins sont principalement destinés à la production de viande et de laine. Ils valorisent souvent
des pâturages pauvres, qu'ils coupent au ras du sol. Cette espèce s'est implantée dans des milieux
très variables : moutons à queue grasse des zones arides, moutons nains trypanotolérants de type
Djallonké en Afrique humide. Les races à laine peuvent produire jusqu'à 3 à 4 kg de laine par an.
Les caprins sont de précieux fournisseurs de viande. Les caractéristiques des chèvres ressemblent
beaucoup à celles des moutons: poids voisin, prolificité légèrement plus élevée. Elles sont encore
plus rustiques que les moutons, se nourrissant de préférence de feuilles d'arbustes, d'écorces
d'arbres, d'épineux ; Elles peuvent accéder à des parcours très pentus, inaccessibles aux bovins et
aux ovins.

III.3. Les équidés de précieux tracteurs


Le cheval est depuis toujours très apprécié : on l'a qualifié de « meilleur ami de l'homme». Il est
associé aux grandes conquêtes guerrières et à de nombreux épisodes de la vie domestique. C'est un
animal très rapide et intelligent :
 il est traditionnellement utilisé comme monture ;
 la possession d'un cheval est souvent une source de prestige et de fierté ;
 il est beaucoup plus apprécié que les bovins pour les transports, à cause de sa vélocité :
 il est également utilisé pour les travaux culturaux. Sa viande et son lait sont généralement
peu consommés.
Pourtant la viande de cheval est particulièrement riche en minéraux. Comme tous les équidés, le
cheval est sensible à de nombreuses maladies tropicales, en particulier en régions humides.
L'âne est un remarquable animal de bât ou de trait, très sobre :
 il peut porter des charges importantes, comparées à son poids relativement faible :
 il résiste mieux à la privation d'eau que la plupart des autres espèces, à l'exception des
chameaux ;
 rustique, il se contente de rations pauvres.
Les ânes jouent un rôle très important dans les régions chaudes, et en particulier dans les zones
sèches pour le transport des denrées, de l'eau, et des biens des éleveurs (transhumance,

9
nomadisme), pour les travaux culturaux, l’exhaure de l’eau. Il existe de nombreuses races
tropicales, dont les performances et les aptitudes sont souvent mal connues.

III.4. Les porcs, usines de viande domestique


Le porc est, avec le bœuf et le mouton, l'espèce domestique la plus répandue dans le monde, grâce à
ses nombreux avantages :
 sa viande grasse est très appréciée (sauf en cas d’interdits religieux) ;
 omnivore, il valorise de nombreux sous-produits, qui seraient autrement perdus ;
 les femelles sont très prolifiques, avec des portées de 8 à 10 porcelets, parfois plus ;
 sa croissance est très rapide, et il pèse plus de 100 kg à l’état adulte.

III.5. Les volailles et les animaux de basse-cour


Dans ce groupe d’animaux, on trouve :
 les poules et les poulets qui sont les plus répandus et qui font l’objet de nombreux petits
élevages familiaux et d’élevages industriels péri-urbains ;
 les canards sont présents surtout dans les régions humides, en particulier dans le sud-est
asiatique, où l'on trouve beaucoup de grands troupeaux, et des élevages industriels ;
 les oies qui sont élevées pour leur viande, leur graisse, leur foie et leurs plumes. On les
utilise aussi pour Désherber les rizières et les champs en Asie ;
 les dindes sont originaires d'Amérique, où elles furent domestiquées par les indiens. On y
trouve aujourd’hui deux espèces sauvages, une tempérée et une tropicale ;
 la pintade ("poule de Guinée") qui est originaire d'Afrique. C'est certainement la seule
espèce à avoir été domestiquée dans ce continent.
 Les lapins font également partie de la basse-cour. Originaire de l'ouest du bassin
méditerranéen, il est élevé surtout pour sa viande, et accessoirement pour sa peau, sauf le
lapin angora, dont la fourrure est très recherchée.

Chapitre III : Les multiples productions et rôles des animaux d'élevage


Le bétail est source de produits destinés à l'alimentation humaine. Des produits qui sont de
précieuses ressources protéiques et des matières premières pour l'artisanat. Ces productions peuvent
subvenir aux besoins de l’éleveur ou lui assurer un revenu monétaire.
L'animal est également facteur de production, car il permet d'abord de valoriser des ressources
végétales inutilisables par l'homme, et de tirer profit de parcours ayant une faible valeur agricole. Il
permet aussi d'améliorer des systèmes de culture par ses déjections et son travail.

10
Il joue également un rôle important dans l'économie des exploitations agricoles : c'est souvent la
seule forme de patrimoine (individuel ou collectif) des sociétés agricoles. C'est aussi un gage de
sécurité qui permet de faire face aux mauvaises années, et le compte-courant des exploitations en
temps normal. Enfin l'animal est une richesse sociale, source incontestable de prestige, objet de
maints rites et sacrifices, Permettant et symbolisant l'accès à un certain statut social, notamment au
mariage.

I. Le bétail, outil de production


I.1. Le bétail, fournisseur de produits diversifiés
Les paysans tirent des animaux qu'ils élèvent une gamme très étendue de produits, que l’on peut
classer en deux catégories :
 les produits renouvelables, fournis par l'animal au long de sa vie : le lait, la laine, les œufs ;
 les produits terminaux, dont l'obtention impose la mort de l'animal : la viande, le cuir, la
fourrure.
Il faut noter que les jeunes veaux, dont les produits sont terminaux (viande, cuir, etc.) peuvent être
considérés à l'échelle du troupeau comme des produits renouvelables de la mère, qui est souvent la
seule prise en compte par les éleveurs.
Ces produits ont de nombreux usages :
 l’alimentation humaine. Les produits animaux, et en particulier le lait et les œufs,
contribuent à équilibrer les rations journalières ;
 l'artisanat : le cuir, les peaux, la laine, sont des matières premières très utiles pour faire des
vêtements, des tentes, des ustensiles variés ;
 le combustible : les bouses séchées sont brûlées dans beaucoup de pays pour cuire les repas ;
 le fertilisant: les déjections constituent des amendements et engrais de grande valeur pour
les cultures ;
 des usages divers : certains produits (cervelle, urine, os, abats) ont des propriétés
thérapeutiques et sont utilisés dans la préparation de liqueurs ou onguents médicinaux.

I.2. Les produits consommés très variés


 Le lait est un produit biologique capable de subir de nombreuses transformations. Il peut
être consommé en l'état, ou après transformation en beurre, fromage, yaourt, lait caillé,
pâtisserie.
 La viande des petits animaux (chèvre, mouton, porc, volailles, etc.) est plus souvent
consommée sur place que celle des gros animaux (bovins, chevaux, chameaux, etc.) : ils se

11
reproduisent plus vite, leur format est plus adapté à une consommation familiale ou
villageoise, leur prix est plus abordable. Les goûts sont très variables : les paysans du Sertao
(Nord-Est du Brésil) apprécient la viande de chèvre, les gauchos d'Amérique latine le bœuf,
les musulmans le mouton, les chinois le porc.
 Les abats sont souvent très appréciés. la graisse a de nombreux usages en cuisine, d'où
l'intérêt des paysans pour le porc dans les régions non musulmanes. A Haïti, le saindoux 3
est payé plus cher que le jambon. La graisse sert aussi à fabriquer des savons. Les tripes sont
très recherchées en Thaïlande et au Laos, où elles constituent des plats de choix.
 Les œufs sont une source incomparable de protéines.


I.3. Les produits non alimentaires
 La production de cuir et de peaux est l'objectif principal de certains élevages. En Afrique,
les chèvres de race Maradi et Mubende sont réputées pour la qualité de leur peau ; en
Indonésie les crocodiles sont élevés pour leur cuir. La qualité d'une peau dépend de l’état de
l’animal. Les parasites dermiques et une mauvaise alimentation la déprécient.
 A l'échelle villageoise, les abats sont fréquemment utilisés : les tendons forment des liens
très solides, on fait des sacs avec les boyaux, des outres avec les vessies de porc, des blagues
à tabac avec les vessies de bœuf.
 Dans les abattoirs industriels, les abats sont triés et transformés : les graisses et les cartilages
en colle, le sang en engrais ou en aliments pour le bétail, les os en engrais azotés
particulièrement riches en phosphates.

II. Le bétail : banque d’économie paysanne


II.1. Les rôles économiques du troupeau
Le troupeau joue un rôle important dans de nombreuses économies paysannes :
 le revenu qu'il procure par la vente de produits ou de services reste souvent secondaire. Le
but principal de l'élevage est rarement de produire de l'argent.
 le bétail constitue la réserve financière que le paysan utilise pour effectuer les achats
courants: semences, outils, nourriture, vêtements.. C'est surtout le rôle des petits animaux.
 C'est une assurance que l'on amasse petit à petit pendant les années fastes pour faire face aux
années de pénurie : les animaux sont alors vendus pour pouvoir se procurer des céréales.

II.2. Bétail, monnaie courante

3
Aliment obtenu en faisant fondre de la graisse de porc sans viande. Il est de couleur blanche.

12
L'élevage assure un revenu monétaire. La vente de produits animaux, ou les prestations de services
(portage, location d'un attelage de labour) procurent de l'argent à l'éleveur.
 Par exemple, Les ruminants sont à la base des revenus pastoraux des nomades du Sahel qui
les vendent régulièrement sur les marchés de Côte d'ivoire, du Burkina Faso, du Cameroun.
 Le propriétaire d'un attelage dressé à la culture attelée peut louer ses services à des
agriculteurs pour labourer leurs champs. A Haïti par exemple, Il faut 7 à 8 jours pour
labourer un carreau (1,29 ha).

III. L’animal valorise l’espace rural


III.1. Le bétail est l’instrument privilégié de la fertilisation
Il existe de multiples façons de fertiliser des champs avec les déjections des animaux.
 La culture sur d'anciens parcs déplacés tous les 2 ou 3 ans, couramment pratiquée par les
agropasteurs sédentaires Ouest-africains ;
 Le parcage nocturne des animaux sur les champs après la récolte, ce qui permet de
concentrer les déjections à l'endroit désiré ;
 Le pâturage des résidus de récolte, qui permet une légère fertilisation grâce à l'apport des
déjections sur le champ ;
 L’installation des parcs en haut de pente, les champs en contrebas étant fertilisés par
ruissellement au cours des pluies, technique parfois pratiquée en Côte d'ivoire ;
 L’apport aux champs de fumier ou de poudrettes produits dans les parcs ou les étables.

III.2. L’animal valorise les déchets et les résidus de culture


Les déchets ménagers ou les résidus de culture sont rarement perdus et servent à nourrir toutes
sortes d'animaux, selon les réglons et les saisons :
 En Chine, en Haïti, chaque maison élève traditionnellement un porc, nourri avec tous les
déchets de cuisine, les résidus de récoltes (son, spathes de maïs, cannes de sorgho ou de mil,
grains avariés). On leur apporte également en affourragement des feuilles d'arbres.
 En Afrique de l'Ouest, ce sont des moutons de case qui sont élevés ainsi.
 Les chèvres, célèbres par leur voracité, contribuent à débarrasser les alentours des
habitations de toute trace de déchets organiques.
 Dans les systèmes agro-pastoraux, la contribution des résidus de culture à l'alimentation du
bétail est considérable. Ces résidus sont le plus souvent consommés sur place par les
troupeaux, après la récolte.
III.3. L’animal une source d’énergie renouvelable
La culture attelée permet de mieux valoriser les cultures en réduisant l'effort humain.

13
 En améliorant les façons culturales, la charrue attelée permet un labour plus profond que la
houe, ce qui favorise la reconstitution des réserves en eau du sol et la pénétration des racines
en profondeur.
 En facilitant le déroulement du calendrier cultural. La réussite d'une culture dépend souvent
de la rapidité que met l'agriculteur à exécuter les façons culturales, car la saison des pluies
est d'une durée très limitée. Un certain nombre d'opérations (labour et semis, sarclage)
constituent un goulot d'étranglement limitant la capacité de production de l'agriculteur par le
travail qu'elles exigent de lui. La culture attelée lui permet de labourer et de semer dans de
meilleurs délais, de sarcler à temps, et parfois d'effectuer un sarclage supplémentaire.
Le transport animal. L'animal peut porter des charges sur un bât, ou les tirer. En Inde, les 80
millions d'animaux de trait employés fournissent davantage d'énergie (30.000 mégawatts) que le
pétrole, le gaz et l'électricité.
Les animaux les plus variés sont utilisés pour le transport : chameaux, ânes, chevaux, bœufs, mais
aussi chèvres et parfois moutons, éléphants ou lamas.

Chapitre IV : La diversité des systèmes d’élevage


I. Les critères de différenciation des systèmes d’élevage
Pour différencier les systèmes d’élevage, divers critères sont utilisés seuls ou combinés. Les plus
classiquement utilisés sont les suivants :
 la mobilité des animaux dans l’espace, qui permet de distinguer des systèmes d’élevage
sédentaires, transhumants ou nomades. Cet aspect, souvent privilégié par les géographes en
Afrique notamment, est discriminant dans certaines situations (au Sahel, par exemple) ;
 des critères techniques, parmi lesquels l’intégration à l’agriculture a souvent été privilégiée
ce qui a conduit à distinguer des systèmes pastoraux, agro-pastoraux et agricoles ;
 des critères d’intensification, séparant des systèmes intensifs, semi-intensifs, semiextensifs
ou extensifs; les limites d’un tel classement apparaissent cependant rapidement ;
 des critères agro-écologiques sont souvent utilisés en combinaison avec des critères
techniques ;
 des critères économiques ou alimentaires permettent enfin d’affiner des classifications. Il
s’agit d’indicateurs tels que, par exemple, la part des revenus ou celle de l’alimentation de la
famille provenant des productions animales.
Les critères de classification des systèmes d’élevage sont souvent combinés en fonction des
objectifs et sont adaptés aux spécificités d’une situation donnée. Les systèmes d’élevage qui seront
décrits sont ceux des régions chaudes, sans ambition d’exhaustivité et en insistant sur leurs

14
avantages et contraintes. Cette sélection permet de donner une idée de la gamme des différents
systèmes que l’on peut rencontrer en Afrique notamment, de l’extensif pastoral à l’intensif hors-sol.

II. Les systèmes pastoraux


II.1. Leurs caractéristiques
Les systèmes pastoraux se caractérisent par un recours important (sinon exclusif) aux parcours
naturels comme source d’alimentation des animaux. Ils concernent essentiellement les herbivores
domestiques (bovins, ovins, caprins). On trouve aussi, à la marge, des animaux utilisés le plus
souvent comme monture ou pour le transport de marchandises : ânes, chevaux et dromadaires. Ces
trois dernières espèces sont aussi parfois utilisées pour la culture et le transport attelés. En effet, les
sociétés pastorales, tout en restant fidèles à leurs traditions et à leurs pratiques d’élevage extensif,
sont souvent amenées à cultiver de petites parcelles de cultures vivrières. Ces systèmes ont parfois
été caractérisés par la mobilité des troupeaux, mais ce critère ne nous paraît pas suffisant pour les
décrire car si les systèmes transhumants et nomades sont typiquement pastoraux, il existe également
des systèmes sédentaires de type pastoral. La part du revenu de la famille qui provient des animaux
est importante dans ces systèmes et souvent une proportion élevée de produits animaux (viande, lait,
sang) est autoconsommée par la famille. Enfin, ces systèmes sont pratiqués dans des sociétés où les
valeurs sociales et culturelles traditionnelles restent très présentes.

II.2. Les atouts


Ce sont essentiellement :
 un coût minime de l’alimentation sur parcours ;
 une opportunité de valoriser les ressources renouvelables de zones défavorables pour la
culture, enclavées ou marginales : zones arides et subarides, sols pauvres, terrains
accidentés...

 une aptitude des animaux à se déplacer et donc à se rapprocher, à faible coût, des marchés
ou des zones de consommation.
Pour les cultures, l’importance du troupeau permet en regard des surfaces cultivées (souvent
limitées) un transfert significatif de fertilité, notamment par le parcage des animaux.

II.3. Leurs contraintes et leurs limites


Ces systèmes pastoraux utilisent le plus souvent des «communs», c’est-à-dire des ressources
collectives ce qui pose parfois des problèmes importants liés à l’augmentation des effectifs et donc
des charges animales dans un contexte climatique aléatoire. La pression sur la ressource pâturée due

15
à la charge animale est souvent aggravée par la compétition pour l’espace avec les agriculteurs. La
négociation pour une meilleure Gestion collective s’impose alors. Ces systèmes sont aussi
confrontés à des difficultés politiques, liées à leur enclavement et à l’irrédentisme 4 traditionnel de
ces sociétés pastorales par rapport aux pouvoirs centraux des Etats.
Il est donc difficile de faire évoluer ces systèmes pastoraux, non seulement en raison de leur fort
ancrage social, culturel et historique, mais aussi en raison de leur enclavement dans des zones
souvent peu équipées et difficiles d’accès.

III. Les systèmes mixtes agriculture-élevage


III.1. L’intégration progressive des activités agricoles et pastorales
L’augmentation de la population se traduit par une pression accrue sur les ressources, en premier
lieu sur la terre, et induit de nouvelles pratiques agricoles et d’élevage. De la spécialisation relative
des activités d’élevage et de culture, permise par une faible densité humaine, on passe
progressivement à une association voire une intégration de l’agriculture et de l’élevage. Quand la
contrainte foncière s’accroît fortement, deux mécanismes sont observés :
 les agriculteurs intègrent de plus en plus de productions animales dans leur exploitation, à
commencer par des animaux de trait pour le travail du sol et le transport. Le rôle
économique des productions animales devient plus important, grâce à l’investissement des
revenus des cultures dans l’élevage. Il s’agit d’un placement productif qui dépasse le simple
rôle de «caisse d’épargne» ou d’assurance, stigmatisé par certains observateurs ;
 les éleveurs, souvent en difficulté économique en raison de la diminution de l’effectif de
leur cheptel, de problèmes climatiques ou d’accès aux ressources, sont amenés à sécuriser
leur situation en cultivant de plus en plus. La production des cultures vivrières, rarement
suffisante, est complétée par des achats alimentaires financés par les produits de l’élevage.

III.2. Les atouts


Les interactions sont importantes et positives dans ces systèmes mixtes :
 les animaux fournissent aux systèmes de culture, énergie (traction animale) et éléments
fertilisants (déjections, fumier...) ;
 les animaux bénéficient d’apports alimentaires de l’espace cultivé : résidus de culture,
adventices, sous-produits des produits vivriers (son de céréales, épluchures de tubercules
etc.), végétation des jachères. À un stade d’intensification supérieur, les cultures fourragères

4
Qualifie le nationalisme défendant le rattachement à un État de certains territoires devant, à ses yeux, légitimement
l'être

16
peuvent rentrer dans l’assolement, apportant aux animaux des compléments alimentaires de
qualité ;
 à ces flux énergétiques (travail) ou de matière organique (fourrages, fumier), il faut ajouter
les complémentarités économiques essentielles entre culture et élevage. Le produit financier
de la culture est souvent la source de financement des animaux, mais ces derniers peuvent se
reproduire et dégager de nouveaux revenus ; ils seront exploités en fonction des besoins de
la famille soit pour de l’autoconsommation soit par la vente. La diversité des espèces
animales (animaux de basse-cour, petits ruminants, animaux de trait, bovins d’embouche ou
d’élevage) confère une réelle souplesse à ce système.

III.3. Leurs contraintes et leurs limites


Les dynamiques d’intégration de l’agriculture et de l’élevage sont encore très variables d’une région
à l’autre et souvent limitées. La traction animale elle-même a souvent été utilisée d’abord comme
un facteur d’extension des surfaces plutôt que comme un facteur d’intensification : les effets pervers
de telles pratiques peuvent être importants et nuire à la durabilité des systèmes mixtes. La
valorisation de la fumure animale est souvent loin d’être optimisée. Les problèmes de transport se
posent fréquemment avec acuité, limitant l’introduction de certaines innovations techniques.

IV. Les systèmes péri-urbains


Les systèmes d’élevage «péri-urbains» se sont développés récemment pour répondre partiellement à
l’augmentation rapide de la demande des villes en produits animaux. Ils concernent souvent les
espèces à cycle court (volailles, porcs), mais aussi des formes intensifiées d’élevages de ruminants
(lait et embouche en particulier). Nous en donnons deux exemples.

IV.1. Les systèmes bovins laitiers péri-urbains


En plein développement dans de nombreux pays, les élevages péri-urbains laitiers posent aussi
divers problèmes liés à cet environnement particulier. La logique d’intensification de l’élevage
laitier péri-urbain (bovin en général mais il peut y avoir du lait de petits ruminants au Sahel ou de
dromadaire en zone aride) est fondée sur les atouts suivants :
 une demande urbaine de proximité (filière courte), forte et non satisfaite, dans la majorité
des cas, par la production locale ;
 des avantages comparatifs par rapport aux importations et des cours assez favorables dans
de nombreuses grandes villes ;

17
 la proximité des troupeaux bovins (ou d’autres espèces), c’est-à-dire une complémentarité
avec l’élevage régional ;
 l’intérêt porté par de nombreux citadins (fonctionnaires, commerçants, etc.) à ce type
d’activité, à la base d’apports financiers et d’un dynamisme indiscutables.
Les contraintes rencontrées sont de natures diverses :
 la faible technicité des éleveurs, qui sont pour beaucoup des éleveurs débutants ;
 les problèmes sanitaires, qui se traduisent souvent par des problèmes de qualité des produits
et de sécurité alimentaire pour les consommateurs ;
 des problèmes liés au confinement des animaux dans un espace parfois très limité et à la
pollution que cela peut entraîner dans l’environnement péri-urbain.

IV.2. L’embouche de petits ruminants


L’embouche de petits ruminants en vue notamment d’abattages rituels à l’occasion de fêtes
religieuses (Tabaski ou fête du mouton pour les musulmans par exemple), est une activité
importante et assez traditionnelle dans de nombreuses villes d’Afrique. Elle peut être très
rémunératrice car les cours des petits ruminants sont souvent très élevés au moment de ces fêtes.
Le coût élevé des rations alimentaires pratiquées, souvent très intensives et pas toujours optimisées,
est un problème récurrent. Ces rations ne sont bien rentabilisées que si le prix de vente est
effectivement favorable, ce qui n’est pas toujours le cas, la surproduction étant parfois difficile à
éviter.

V. Les élevages hors-sol


Ce seront parfois des élevages péri-urbains. Leurs principales caractéristiques sont :
 le niveau élevé d’intensification ;
 l’alimentation en majorité non produite dans l’unité de production ;
 la forte charge animale (nombre d’animaux par unité de surface).
Ils constituent parfois un atelier d’une unité de production polyvalente ; en cela ces élevages sont
très différents des élevages pastoraux abordés ci-dessus.
Ces élevages hors-sol représentent une forme d’intensification et de spécialisation qui s’est
beaucoup développée dans les pays industrialisés et qui pose de gros problèmes de pollution, de
bien-être animal, etc. Ces élevages peuvent parfois concerner des ruminants mais les plus
caractéristiques sont les ateliers avicoles (poulets de chair ou poules pondeuses par exemple),
porcins ou aquacoles.

18
Il faut signaler que ces systèmes exigeants en aliments concentrés (céréales par exemple) peuvent
entrer en compétition avec l’alimentation humaine en termes d’allocation des ressources
alimentaires. Ils sont aussi parfois en concurrence sur les marchés de consommation avec les
systèmes d’élevage traditionnels du pays.

VI. Quelques systèmes d’élevage

1. Les ranches d’Afrique


Le système pastoral africain sous forme de la raréfaction des surfaces pastorales disponibles, sous
l’effet de l’explosion démographique et du développement des zones cultivées, les ranches en
Afrique ont eu des objectifs divers :
- La sélection et la multiplication du bétail ;
- La production de viande ;
- La valorisation d’espace sous utilisé ;

1.1. La gestion des pâturages


La gestion rationnelle des pâturages suppose des équipements adaptés pose de clôture,
aménagement de par feu et de nouveau point d’eau (marge d’eau agrandi ou puits). Un réseau de
piste est également aménagé.
1.2. Deux types de production
- Ranche d’élevage ou ranche naisseur
Il pratique en générale à la fois la production de jeune veau et leur engraissement.
- Ranche d’embouche
Ils sont consacrés exclusivement au ré-élevage de jeunes animaux achetés à l’extérieur. Ils sont en
générale situé à proximité de grand agglomération et bénéficie de la présence de résidu agro-
industriels.

2. Système agropastoral
2.1. Le porc chinois : moteur d’un système très performant pour de recyclage de la matière
organique
La chine qu’est le pays le plus peuplé du monde, assure son approvisionnement alimentaire en
adoptant des méthodes agricoles très intensives valorisant toutes les ressources disponibles. Ainsi,
que chaque famille élève traditionnellement 1 à 3 porcs en permanence enfermé dans une porcherie
enduit attenant à la maison : c’est un abri vouté comprenant une fosse profonde dans laquelle on
apporte des débris végétaux pour fabriquer du fumier à partir du lisier. Les porcs sont nourris avec
tous les résidus disponibles. Il s’agit de déchet de culture, de déchets domestiques (reste d’aliment,
épluchure), d’herbe de basse côte, de route, d’herbe de Guinée, plantes aquatiques, etc.

2.2. Le porc une fabrique d’engrais

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Chaque porc produit 3 tonnes de lisier par an avec lequel les paysans fabriquent du fumier en la
mélangeant à des litières de débris végétaux et en le compostant. Une tonne lisier mélangé avec 7.5
tonnes de limon pluvial, 150 kg de paille de riz 750 de plantes aquatiques 20 kg de super
phosphate ; après compostage on obtient 8 tonnes d’un excellent amendement organique.

2.3. Le porc une centrale énergétique

- De plus en plus les paysans chinois installent un digesteur méthanique à proximité de la


porcherie. Le lisier y est déversé, dilué dans l’eau en mélange avec de la paille dans ses
digesteurs souterrain d’une dizaine de mètre cube une fermentation microbienne anaérobie
dégage un mélange de méthane et de CO 2 à pouvoir calorifique. 1 kg de ce gaz est égal à 1
kg de charbon.

- Les digesteurs de biogaz ont d’autres intérêts

 Assainissement

Les latrine familiales sont branchés sur les digesteurs qui éliminent les germes pathogènes
tout en convertissant les excréments humains en engrais.

 Association aquaculture-porc

Les excréments des porcs servent de nourriture aux poisons.

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