Kannansou Simon Ludovic ASSOGBA
Thème : Catéchèse et kérygme : quelle articulation ?
PROBLEMATIQUE :
Il est patent, de nos jours, de constater que les chrétiens vivent dans une tiédeur spirituelle
qui inquiète. Après des années de catéchisme, la conversion tant attendue n’est toujours pas une
réalité chez bon nombre de personnes. Une vie chrétienne de plus en plus beignée dans le
syncrétisme s’observe un peu partout. Cet amère constat fait naître en nous des interrogations
auxquelles il urge de répondre : l’enseignement de la catéchèse, tel que c’est organiser, permet-il
aux chrétiens de rencontrer le Christ ? La méthode catéchétique est-elle efficace pour conduire le
croyant vers la personne du Christ ? Comment rester attacher à l’enseignement de quelqu’un sans
connaître ce dernier ? Allons-nous continuer à catéchiser comme nous le faisons aujourd’hui sur
nos paroisses ? N’y a-t-il pas une autre méthode ? La catéchèse, nous le savons, est « l’une des
quatre formes essentielles de la parole de Dieu au sein de la communauté chrétienne sur la foi.
Les autres formes sont le kérygme (ou l’annonce brève du message chrétien), l’homélie (la
prédication a cours de la liturgie) et la théologie (une explication documentée, rigoureuse et
argumentée de la foi chrétienne) »1. Elle a pour but de transmettre le contenu de la foi chrétienne
aux hommes. C’est un enseignement sur la foi chrétienne dans son ensemble. Elle « assure la
triple fonction d’éveil, d’initiation et d’approfondissement2 ».
Or depuis les années 1960, le « mouvement kérygmatique centra ses efforts sur l’histoire
du salut lue au travers de la Bible 3 ». En effet, « la théologie kérygmatique est un courant apparu
dans la théologie protestante avec Martin Luther et illustré par Karl Barth, puis repris dans la
théologie catholique au XXe siècle et plus particulièrement mis en lumière au Concile Vatican II 4
». Le kérygme (du grec ancien kήῥῠγµᾳ ; proclamation à voix haute) désigne « le contenu
essentiel de la foi en Jésus-Christ annoncée et transmise aux non-croyants par les premiers
chrétiens. Ce terme continue d’être employé aujourd’hui pour évoquer le partage de l’essentiel de
la foi chrétienne. C’est la proclamation ou « l’annonce de la résurrection du Christ par ses
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[Link] [Consulté le 07 février 2025 à 10 h 41]
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Ibidem
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Ibidem
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Ibidem
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disciples : en d’autres termes, l’annonce de l’Evangile ou bonne nouvelle 5 ». L’Eglise, à notre
avis, a besoin d’un retour aux sources pour conquérir des cœurs pour Jésus. C’est-à-dire une
« nouvelle évangélisation » comme l’a recommandée le saint pape Jean-Paul II. En effet,
l’évangélisation a trois attributs à savoir : l’« évangélisation prophétique » qui renferme deux
éléments ou « deux moments » intimément liés, interdépendants mais aussi distincts (le kérygme
et la catéchèse) ; l’ « évangélisation sacerdotale » (la liturgie dans son ensemble, la Parole
célébrée) et l’ « évangélisation royale » (la Parole vécue, l’instauration du Royaume de Dieu dans
le monde). Ce qui nous préoccupe, ici, est l’« évangélisation prophétique qui annonce, avec des
Paroles efficaces et avec le témoignage de la vie, l’œuvre du salut réalisée par le Christ Jésus 6 ».
Puisse que pour nous, la catéchèse, qui est « l’enseignement progressif de la foi7 », doit venir
après la proclamation kérygmatique (la première annonce du message chrétien). Car la catéchèse
« présuppose le kérygme ». Si la vie chrétienne était une construction, la proclamation
kérygmatique permet de poser la fondation (la rencontre personnelle avec le Christ Jésus) qu’est
JESUS (le roc, la pierre angulaire) et la catéchèse vient par la suite, ainsi que les autres éléments
nécessaires (Dogmes, morale, pastorale, engagement, l’enseignement, etc..). La proclamation
kérygmatique et la catéchèse dans cet ordre (le kérygme avant la catéchèse) conduisent à une vie
chrétienne authentique. « Le fondement irremplaçable du christianisme est le Christ. On
commence par la rencontre avec Lui et on continue cette relation personnelle moyennant la foi et
la conversion. Sans ce point de départ, tout ce que l’on bâtit dessus, que ce soit la catéchèse, la
morale, la théologie ou n’importe quel engagement apostolique ou social, sera construit comme
sur le sable8 ». Si l’apôtre Pierre a pu convertir plus de 3000 personnes par la seule annonce à la
pentecôte, comment s’explique le fait qu’après trois ans de catéchèse plusieurs baptisés ne sont
pas convertis. C’est là se trouve toute notre préoccupation. L’erreur serait que « dans la pastorale
de l’évangélisation nous catholicisons d’abord avant de christianiser ». L’important, pour nous,
est de « Christianiser » avant de « catholiciser ». Il se pose un véritable problème d’ordre
méthodologique. Qu’est-ce donc la catéchèse ? Qu’est-ce que le kérygme ou la proclamation
kérygmatique ? Dans quel ordre devrait-on les placer pour une expérience chrétienne plus
authentique et plus fructueuse ? Quelle articulation pouvons-nous établir entre la catéchèse et le
kérygme ?
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[Link] [Consulté le 07 février 2025 à 10 h 41]
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