Modélisation du découpage des tôles
Modélisation du découpage des tôles
DOCUMENTATION
07/10/2008
Modélisation et simulation
du découpage des tôles
e travail des tôles est, après l’usinage, le procédé de fabrication le plus uti-
L lisé dans les industries mécaniques. Parmi tous les processus industriels de
mise en forme par déformation plastique, le découpage des tôles est une opé-
ration particulière car contrairement à l’emboutissage et au pliage par exemple
qui ont pour but de modifier plastiquement la forme de la tôle, le découpage
sollicite celle-ci jusqu’à la rupture finale. Durant l’opération, le matériau subit
des sollicitations complexes dont la modélisation est souvent non linéaire et
avant rupture finale, le matériau est soumis à des phénomènes d’endommage-
ment et de propagation de fissures. On conçoit ainsi toute la difficulté qu’il y a
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F Fissures
Poinçon Il a été établi que la qualité géométrique et mécanique des
pièces découpées dépendent des différents paramètres qui gou-
t p vernent l’opération à savoir (figure 3) :
Tôle
— le jeu entre le poinçon et la matrice j ;
— l’épaisseur de la tôle t ;
j — les caractéristiques mécaniques du matériau ;
— la géométrie de l’outillage ;
Matrice
— la vitesse du poinçon ;
— les phénomènes mécaniques et physiques à l’interface tels
Figure 1 – Opération de découpage des tôles que le frottement entre la tôle et l’outillage.
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Équipement Produit
Presse Géométrie
Vitesse Épaisseur
Outil
Matériau
Jeu poinçon/matrice
Caractéristiques
Serre-flan
Interface Rupture
Frottement Endommagement
Usure Fissuration
Figure 3 – Principaux paramètres
de l’opération de découpage
Il a été constaté dans diverses études expérimentales [3] [5] [9] ■ Nature du matériau
[16] [23] [24] [31] [32] que la forme du bord découpé dépendait Par l’observation du profil du bord découpé, différents auteurs,
principalement des paramètres suivants. parmi lesquels Hartley et al. [15], ont montré expérimentalement
qu’il changeait d’aspect en fonction du matériau utilisé. En règle
■ Jeu entre poinçon et matrice
générale :
Dans [23], Jana et Ong ont examiné par des essais expérimen- — plus le matériau est dur, plus la force de découpe est élevée ;
taux les effets de la variation du jeu sur la qualité géométrique du — plus le matériau est ductile, plus la zone cisaillée est grande
bord découpé en utilisant plusieurs matériaux. Ils ont constaté en et la bavure est importante.
particulier que l’aspect du bord découpé évolue quand le jeu varie
(figure 4). ■ Géométrie de l’outillage
Dans [16], il a été montré que le trajet de la fissure, et donc Osaki et al. [33] ont pu mettre en évidence la dépendance entre
l’aspect du bord découpé, dépendait fortement du jeu. On retien- le faciès de rupture et la géométrie du bord tranchant de
dra de ce travail qu’il existe un jeu optimal permettant d’avoir un l’outillage. En se basant sur une étude micrographique des pièces
bord découpé de bonne qualité géométrique. découpées, ils ont montré que les phénomènes liés à la naissance
La figure 5 illustre l’influence du jeu relatif sur l’évolution des et à la propagation des fissures, et par conséquent à l’aspect du
différentes hauteurs caractéristiques du bord découpé d’une tôle bord découpé dépendent, entre autre, de la géométrie du poinçon
en acier CC60. L’allure générale des courbes reste la même pour et de son bord tranchant qui évolue en fonction de l’usure. Cet
les alliages d’aluminium et de cuivre avec des amplitudes diffé- aspect sera développé au paragraphe 3.
rentes en fonction de chaque métal et chaque géométrie. ■ Épaisseur de la tôle
Pour découper une tôle à l’aide d’une presse, on cherche à créer Comme l’a montré Chang [7], l’épaisseur de la tôle est un des
des fissures s’initiant à partir des bords tranchants du poinçon et facteurs les plus importants conditionnant la géométrie du bord.
de la matrice et à faire en sorte qu’elles se propagent le plus Dans [26], Lange a constaté que pour des conditions opératoires
rapidement possible pour entraîner la rupture totale. données et pour une nuance de matériau donnée, le bord découpé
Le profil du bord découpé est conditionné par le trajet de la fis- change de profil en fonction de l’épaisseur de la tôle. Pour un
sure. Pour les tôles de grandes épaisseurs, des fissures secon- matériau donné, les rapports entre hauteurs caractéristiques (Hbb ,
daires peuvent apparaître (figure 6). Dans ce cas, le jeu optimal est Hl , Har , Hbv ) changent en fonction de l’épaisseur.
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12 50
Hauteur relative de
la zone bombée Hbb (%)
Hauteur relative de
la zone bombée Hl (%)
10 40
8
30
6
20
4
2 10
0 0
0 5 10 15 20 25 30 0 5 10 15 20 25 30
jeu relatif j (%) jeu relatif j (%)
a b
12
Hauteur relative de
la zone bombée Har (%)
Hauteur relative de
la bavure Hbv (%)
75 10
60 8
45 6
30 4
15 2
0 0
0 5 10 15 20 25 30 0 5 10 15 20 25
jeu relatif j (%) jeu relatif j (%)
Figure 5 – Influence du jeu relatif
c d sur les différentes hauteurs caractéristiques
du bord découpé
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1 2 3 4 εR
ƒ ( σ , ε eq ) d ε eq – C c = 0 (4)
Pénétration du poinçon 0
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Aire totale A
Déformation
des fibres
Aire des cavités AV
( 1 – D )E ν
Formation
des cavités
Croissance
des cavités Coalescence 1+ν e
(1 – 2ν)
e
σ ij = -------------------------- ε ij – ------------------------ ε ij δ ij
(9)
Contrainte
2
2
— les particules d’éléments d’addition dans les alliages ; ∂Ψ σ eq 2 σH
– Y = – ρ ----------- = ---------------------------------
- ------ ( 1 + ν ) + 3 ( 1 – 2 ν ) -----------
- (11)
— les empilements de dislocations ; ∂D 2E ( 1 – D ) 2 3 σ eq
— les joints de grains.
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Contrainte
σ H = ------ ( σ 11 + σ 22 + σ 33 ) (12)
3
3
σ eq = ------ S ij S ij (13)
2 E0 E1 En En = (l – D) E0
2 2 à un état de déformation plastique donné, à l’aide d’une jauge de
σH ------
Dc
dD = --------------------
εR – εD
2
------ ( 1 + ν ) + 3 ( 1 – 2 ν ) -----------
3 σ eq
- εeq n d εeq (22) déformation.
La mesure du dommage est locale. Elle se fait par des jauges de
avec ν coefficient de Poisson, déformation à grands allongements, sur des bases de mesure de
0,5 à 5 mm. Pour ces raisons, on utilise des éprouvettes de section
εD déformation seuil en deçà de laquelle l’endommage- variable qui « concentrent les effets » à mi-longueur (figure 12).
ment est nul ou négligeable,
εR déformation à rupture pour laquelle l’endommage- La technologie actuelle des jauges et les colles employées ne per-
ment est égal à sa valeur critique Dc. mettent de mesurer que des déformations de l’ordre de 10 à 20 %
maximum. Or pour certains matériaux, la déformation maximale à
L’identification d’une loi d’endommagement peut se faire par rupture peut dépasser 100 %. On est donc obligé de réaliser un col-
une série d’essais de traction [16] [18] [27]. lage successif de jauges sur la même éprouvette.
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Dans toute la suite de cette étude, on considère que le ■ Dans le cas de grandes déformations nécessitant une analyse
comportement élastoplastique endommageable peut être décrit en non linéaire, la formulation des équations constitutives doit vérifier
supposant un découplage entre les parties déviatoriques et sphé- le principe de l’indifférence matérielle dit principe d’objectivité [10]
riques des tenseurs des contraintes et des déformations. [16] [27]. Ce principe exprime que toute loi de comportement doit
satisfaire l’invariance vis-à-vis d’un mouvement de corps rigide.
Le problème d’évolution élastoplastique peut être traité comme
un problème à déformation contrôlée et les algorithmes de calcul En particulier, la contrainte vraie au temps t + ∆t s’obtient en
font partie d’un problème d’analyse convexe [10] [19] [20]. Du point appliquant la dérivée de Jaumann ou dérivée corotationnelle qui
de vue numérique, le problème consiste à projeter un point d’essai prend la forme suivante [A 249] :
T
σ n+1 (le symbole () T désigne le terme test) de l’espace des
contraintes sur la surface d’un convexe selon la plus petite distance σ = σ̇ + σΩ + Ω t σ (31)
entre le point et le convexe représentant la surface de charge [16] avec Ωt composantes du tenseur de rotation Ω à l’instant t.
[27].
Le schéma de principe de cette approche est donné par la
T
■ Dans le cas de la plasticité, le point d’essai σ n+1 est obtenu par figure 13.
une prédiction élastique à l’aide de la relation incrémentale : Les équations d’équilibre global sont résolues d’une façon itéra-
tive à l’aide de la méthode de Newton, citée comme la plus stable
σ n+1 = σ n + ∆ σ = ( 1 – D n ) [ C ] ( ε tot ) n+1 – (ε
T P
)n (24) [10] [16].
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r
K n+1 est la matrice des raideurs à l’incrément n + 1 et l’itération r
donnée par la relation : la rupture locale de l’élément fini considéré, on attribue à la
variable d’endommagement D la valeur DR proche de la valeur 1, ce
r
∂F
∂U ( )
K n+1 = --------
-
r
n+1
= Ω
t r
B J n+1 B d Ω (34)
qui se traduit par une chute de la raideur de l’élément. En ce qui
concerne la propagation de la fissure, on la simule par le dévelop-
pement dans le maillage d’une zone complètement endommagée
B est l’opérateur matriciel reliant la déformation au déplacement : comme l’illustre la figure 14.
r+1 r Bien que le principe soit assez simple, l’implantation numérique
∆ ε r+1 = B ( U n+1 – U n+1 ) (35) est complexe et pose beaucoup de problèmes. En particulier,
quand la valeur du dommage est proche de sa valeur numérique
r DR , l’algorithme a tendance à diverger. Ce problème doit être
J n+1 est le module tangent donné par :
résolu au cas par cas en fonction du code de calcul utilisé.
r
r
J n+1 = ---------
∂ε
∂σ
n+1
(36)
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Perte de masse
« Wear of Materials » et plus de 300 lois dénombrées depuis 1947),
C
très peu de travaux numériques par éléments finis ont été dédiés
à la prédiction de l’usure des outils.
L’élimination des dégradations de surface est très importante du B
A
point de vue de la fiabilité car elle augmente la durée de vie des
mécanismes en évitant les dysfonctionnements. Celle-ci nécessite
de pouvoir contrôler l’usure qui, comme de nombreuses autres
composantes de la tribologie, dépend des propriétés mécaniques, 0 Temps
physico-chimiques et de la rugosité des surfaces. De nombreux tra-
vaux expérimentaux ont été réalisés sur ce thème [21] [22] mais la
modélisation numérique de l’usure est encore peu développée. Figure 18 – Évolution de l’usure des outils
L’objectif de cette recherche est de développer une approche par
éléments finis permettant de prédire l’évolution de l’usure des
outils de presse.
L’équation (37) fait intervenir un seul coefficient qui caractérise
Le comportement du matériau à l’interface tôle/poinçon et l’interaction du couple outil-matière.
tôle/matrice est modélisé généralement par la loi de frottement de
Coulomb avec un coefficient de frottement µ de l’ordre de 0,05 Du point de vue éléments finis, en chaque nœud i appartenant à
à 0,2. On utilise pour le calcul des éléments d’interface entre les la ligne de contact, l’équation (37) peut se mettre sous la forme :
deux solides susceptibles d’entrer en contact. Un système de coor-
données locales est construit pour calculer la pression, la Vi = ( γ w )i ( FN )i si (38)
contrainte tangentielle et le glissement relatif lorsque les nœuds
appartenant aux outils entrent en contact avec la pièce. Le modèle d’usure (38) peut être rapporté à un élément de
volume élémentaire représentatif dV en écrivant :
Pour modéliser l’évolution de l’usure du poinçon, on peut déve-
lopper un algorithme de calcul mettant en œuvre la loi d’usure dV = γw dFN ds (39)
d’Archard [2] qui se met sous la forme suivante :
dV et dFN sont rapportés à une surface de contact élémentaire dΩ
V = γw F N s (37) sous la forme suivante :
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400
Force (kN)
350
300 D
– 9,35 · 10–6
250
200 + 1,07 · 10–1
150 + 2,15 · 10–1
100 + 3,22 · 10–1
50
+ 4,29 · 10–1
0
0 20 40 60 80 100 + 5,37 · 10–1
Pénétration relative du poinçon p /t (%) + 6,44 · 10–1
+ 7,51 · 10–1
expérience avec dommage sans dommage + 8,59 · 10–1
+ 9,66 · 10–1
Figure 21 – Courbes effort – pénétration du poinçon
Jauge de déformation
Poinçon
Tôle 1 2 3 45
Interface
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0
Déformation (en 10–5)
+0
– 1 000 + 2,53 · 10–2
+ 5,06 · 10–2
– 2 000 + 7,59 · 10–2
+ 1,01 · 10–3
+ 1,26 · 10–3 Élément n°
– 3 000
+ 1,52 · 10–3
+ 1,77 · 10–3
– 4 000
+ 2,02 · 10–3
– 5 000
1 500 MPa
0 10 20 30 40 50 60 70
Pénétration relative du poinçon (%)
a simulation
0
Déformation (en 10–5)
– 1 000
1,6 mm
– 2 000
a pression de contact
– 3 000
– 4 000
– 1,33
– 5 000
– 1,16
0 10 20 30 40 50 60 70 – 9,84 · 10–1
Pénétration relative du poinçon (%) – 8,10 · 10–1
– 6,36 · 10–1
b expérience – 4,63 · 10–1
– 2,89 · 10–1
Jauge 1 Jauge 2 Jauge 3 Jauge 4 Jauge 5 – 1,15 · 10–1
– 5,91 · 10–2
b distance de glissement
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12
Hauteur relative de
la bavure Hbv (%)
10
8
Rusp = 0,205 mm Expérience
6
Rusp = 0,225 mm 4
2
Simulation
0
a expérimental b prédiction numérique
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
Rusp rayon d'usure du poinçon Rayon d'usure du poinçon Rusp (mm)
6. Logiciel BLANKSOFT
d’optimisation
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(0)
1. Aciers
1. Limite élastique Re (MPa) 2. Alliages d’aluminium
2. Consistance K de la loi d’écrouissage (MPa) 3. Alliages de cuivre
3. Exposant n de la loi d’écrouissage
4. Allongement pour-cent A (%)
5. Contrainte à la rupture Rm (MPa) 6.3 Résultats obtenus
6. Module d’élasticité E (MPa)
7. Coefficient d’usure Kus : pour le calcul d’usure du poinçon Le logiciel permet de prédire les caractéristiques suivantes.
(0)
Avant de lancer le calcul, l’utilisateur doit définir s’il s’agit d’un Aspect géométrique du bord découpé en calculant les différentes
contour quelconque ou d’un contour circulaire. Pour cela, il suffit hauteurs caractéristiques (Har , Hl , Hbv , Hbb et β illustrées sur la
de sélectionner l’une ou l’autre de ces deux options. figure 32) en fonction du jeu et de l’état d’usure de l’outillage.
Ensuite, on doit préciser s’il s’agit d’une opération de découpage
(la pièce étant la partie séparée de la tôle) ou une opération de poin-
çonnage (la pièce étant la partie restante de la tôle). Dans ce cas, Jeu optimal permettant d’obtenir une zone arrachée sans forma-
l’utilisateur doit cliquer sur l’un des deux boutons présentés. Une tion de fissures secondaires jopt .
base de données matériaux permet à l’utilisateur de choisir une
nuance de matériau donnée. L’utilisateur peut également ajouter
d’autres matériaux dans la base des données. Pénétration du poinçon au moment de la rupture de la tôle.
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7. Validation expérimentale
Hauteur relative de
la zone arrachée (%)
75
La validation du logiciel a été faite en comparant les résultats
60 Expérience
qu’il fournit à des études expérimentales pour différents matériaux
et différentes géométries [16] [31]. 45
BLANKSOFT
Un exemple de validation est donné à partir du modèle de 30
découpage de la figure 19.
15
Sur la figure 33, on compare les évolutions de l’effort de
découpe prédite par le logiciel au résultat expérimental. 0
0 5 10 15 20 25 30
On y constate que les courbes prédite et expérimentale sont
assez proches et que les différentes phases de l’opération (la mon- Jeu relatif (%)
tée élastique, la plastification, l’endommagement de la tôle et la
propagation des fissures) sont bien décrites.
Figure 35 – Évolution de la hauteur de la zone arrachée Har
en fonction du jeu relatif
Hauteur relative de
la zone lisse (%)
relatif j. On peut remarquer qu’il existe une bonne correspondance
entre les résultats, ce qui valide la formulation. 25
BLANKSOFT
De même, l’évolution calculée de la hauteur de la zone arrachée 20
Har en fonction du jeu relatif est bien corrélée par l’expérience Expérience
15
(figure 35) y compris pour de faibles jeux relatifs.
10
5
0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
300 Rayon d'usure du poinçon (mm)
Force (kN)
BLANKSOFT
250
200 Figure 36 – Évolution de la hauteur de la zone lisse en fonction
150 de l’usure du poinçon
Expérience
100
50
0
0 20 40 60 80 100 90
Hauteur relative de
la zone arrachée (%)
Pénétration relative du poinçon (%) BLANKSOFT
75
60
Figure 33 – Courbes effort – pénétration du poinçon Expérience
(j = 10 % – Rusp = Rusm = 0,01 mm) 45
30
15
0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
60 Rayon d'usure du poinçon (mm)
Hauteur relative de
la zone lisse (%)
BLANKSOFT
50
40 Expérience Figure 37 – Évolution de la hauteur de la zone arrachée en fonction
de l’usure du poinçon
30
20
10
0
7.2 Influence de l’usure
0 5 10 15 20 25 30
Jeu relatif (%) Les figures 36 et 37 montrent l’évolution des hauteurs de la
zone lisse et de la zone arrachée en fonction de l’évolution de
l’usure du poinçon obtenue par le calcul et expérimentalement.
Figure 34 – Évolution de la hauteur de la zone lisse Hl en fonction On remarque qu’il y a un bon accord entre les deux courbes, le
du jeu relatif léger décalage entre elles ne dépasse pas 8 %.
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8. Conclusion
Poinçon usé
La simulation numérique du découpage des tôles sur presse est
un problème difficile à traiter en raison, d’une part, des approxima-
tions nécessaires, notamment lors de la prise en compte de
Rusp = 0,225 mm l’endommagement et du traitement de la propagation des fissures
Poinçon neuf et, d’autre part, de la complexité des calculs numériques qui doivent
être conduits dans le cadre d’une formulation en grands déplace-
ments et grandes déformations.
Rayon d'usure Rusp (mm)
Les algorithmes de calcul non linéaires qui doivent être dévelop-
Expérience 0,225 pés et les méthodes à mettre en œuvre ont montré qu’il est néces-
BLANKSOFT 0,235 saire de bien connaître les mécanismes qui gouvernent l’évolution
du dommage du matériau à découper.
Erreur (%) 4,44
Si on ne dispose pas de remaillage, il semble que la grande dis-
torsion de certains éléments du maillage situés dans le voisinage
du jeu entre le poinçon et la matrice n’influence pas la précision du
Figure 38 – Profil d’usure du poinçon après 140 000 coups de presse
calcul, dans la mesure où les éléments distordus sont ceux dont le
(d’après Maillard [31])
dommage a atteint la valeur critique de rupture et qu’ainsi, ils ne
participent plus au calcul.
De toute cette étude, nous pouvons dire que le modèle de calcul
par éléments finis est un outil industriel robuste et fiable permet-
tant de traiter d’une façon générale les problèmes de découpage
14
Hauteur relative de
la bavure (%)
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