Synergies Chine n°9 - 2014 p.
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L’écriture romanesque de Jean Echenoz - entre
continuité et discontinuité GERFLINT
AN Wei
Directeur : LUO Peng
Année : 2014
Type : Thèse de doctorat
Université : Université de Pékin
Discipline : Langue et littérature française
Mots-clés : Echenoz, discontinuité, continuité, roman français, postmoderne
Résumé
Jean Echenoz (1947- ) est l’un des écrivains français contemporains les plus
marquants suite au déclin du Nouveau Roman. Etudiée de plus en plus dans les universités
françaises, son œuvre suscite des intérêts divers et se trouve au cœur des réflexions sur
le roman français d’aujourd’hui et son avenir. Cette présente thèse étudie son œuvre
romanesque, à partir d’un double concept : continuité et discontinuité, en s’appuyant
sur les approches narratologique, sémiotique, esthétique, auxquelles s’ajoutent des
emprunts aux doctrines de géo-sociologie et de poststructuralisme, dans le but de
définir la singularité foncière de l’écriture romanesque de Echenoz, qui réfracte en
quelque sorte la nouvelle tendance du roman français contemporain.
La caractéristique de l’œuvre de Jean Echenoz tient aux tensions qu’elle lance
constamment entre la continuité et la discontinuité à des niveaux différents, de
manières multiples, tantôt penchée davantage vers le discontinu, tantôt vers le continu.
L’apparence d’une forme décousue dissimule en effet une écriture continue excellant
à inventer des liaisons et des liages de toutes sortes pour conférer au texte sa cohésion
et sa cohérence. Le retour au récit, à ses ingrédients traditionnels, souligne en réalité
une volonté de déstabiliser le texte, de le détourner des idées reçues. Ainsi, l’origi-
nalité de l’œuvre échenozienne ne réside pas seulement dans le premier choix entre
la discontinuité et la continuité, mais dans le double jeu de l’écrivain, qui consiste à
y glisser habilement une dimension inverse de deuxième degré (parfois de troisième
degré) pour faire entendre une voix synthétique, soit une discontinuité continue,
soit une continuité discontinue. Il convient de noter qu’elle n’est pas un simple état
indéterminé, encore moins celui de l’hésitation. L’inclinaison n’est jamais gratuite,
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mais étroitement liée avec le procès anamnestique de l’écrivain envers l’héritage
littéraire. Si la postmodernité peut être définie comme « l’anamnèse critique » de
la modernité, Jean Echenoz, en tant qu’écrivain contemporain irrémédiablement
imprégné dans le contexte postmoderne, est obligé de tracer une voie intermédiaire
entre différentes sources de l’héritage littéraire, pour se débarrasser des limites et des
excès de la modernité et, affirmer sa propre écriture.
Cette thèse de 347 pages se compose de 3 parties :
La première partie : « Déliaison liée : la discontinuité continue dans la confluence
des codes narratifs et stylistiques » comprend deux chapitres :
Chapitre 1 : Les blancs du récit et un récit ordonné ;
Chapitre 2 : L’art de la digression.
La deuxième partie: « Liaison déliée : la continuité discontinue dans le retour et le
détour du récit» se subdivise en trois chapitres :
Chapitre 1 : La réécriture des genres mineurs;
Chapitre 2 : Le système des personnages ou la représentation du sujet inconsistant;
Chapitre 3 : Le narrateur-constructeur et la poétique « méta-»
La troisième partie: « Le chronotope de l’œuvre échenozienne» comprend deux
chapitres :
Chapitre 1: L’écriture géographique ;
Chapitre 2 : La configuration du temps dans l’œuvre échenozienne.
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