Rétention des talents par la formation
Rétention des talents par la formation
MÉMOIRE
PRÉSENTÉ
PAR
JULIEN DAINOTTO
NOVEMBRE 2011
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL
Service des bibliothèques
Avertissement
La diffusion de ce mémoire se fait dans le' respect des droits de son auteur, qui a signé
le formulaire Autorisation de repfoduire et de diffuser un travail de recherche de cycles
supérieurs (SDU-522 - Rév.01-2006). Cette autorisation stipule que «conformément à
l'article 11 du Règlement no 8 des études de cycles supérieurs, [l'auteur] concède à
l'Université du Québec à Montréal une licence non exclusive d'utilisation et de
publication oe la totalité ou d'une partie importante de [son] travail de recherche pour
'des fins pédagogiques et non commerciales. Plus précisément, [l'auteur] autorise
l'Université du Québec à Montréal à reproduire, diffuser, prêter, distribuer ou vendre des
copies de [son] travail de recherche à des fins non commerciales sur quelque support
que ce soit, y compris l'Internet. Cette licence et cette autorisation n'entraînent pas une
renonciation de [la] part [de l'auteur] à [ses] droits moraux ni à [ses] droits de propriété
intellectuelle. Sauf ententé contraire, [l'auteur] conserve la liberté de diffuser et de
commercialiser ou non ce travail dont [il] possède un exemplaire.»
REMERCIEMENTS
La réalisation de ce mémoire a été rendue possible par de nombreuses personnes qu'il m'est
indispensable de remercier. Tout d'abord, je tiens à remercier Lucie Morin, professeure de
l'École des Sciences de la Gestion de l'Université du Québec à Montréal. Un grand merci à
elle pour avoir été LA directrice de recherche idéale pour ce projet: disponibilité, écoute,
enthousiasme et professionnalisme ont été les maîtres-mots de sa collaboration.
Mes remerciements vont également à Denis Morin, lui aussi professeur de l'École des
Sciences de la Gestion de l'Université du Québec à Montréal. Effectivement, il a fait l'objet
de conseils précieux quant aux analyses statistiques de ce mémoire. Sa disponibilité et son
aide m'ont permis de pouvoir développer mes compétences en analyses statistiques et en
interprétation des données.
Ce mémoire a été effectué également grâce à l'appui de deux partenaires qui se sont rendus
indispensables dans ma motivation et ma réflexion: Julie Martin-Bigras et Jean-Luc Plante,
étudiants eux aussi à la maîtrise en sciences de la gestion (spécialisation ressources.
humaines). Un grand merci à Julie pour son dynamisme, sa bonne humeur et son esprit de
challenger. Un grand merci également à Jean-Luc pour sa capacité d'écoute, sa pédagogie et
son sérieux quotidien dès le premier jour de notre collaboration.
Si j'ai pu travailler au sein d'une équipe conviviale et professionnelle, c'est grâce à eux mais
également à Michel Seguin, professeur de l'École des Sciences de la Gestion de l'Université
du Québec à Montréal. En effet, il nous a très gracieusement prêté des locaux afin que l'on
puisse travailler tous ensemble. Je tiens ainsi à le remercier lui aussi, à la fois pour nous
avoir prêté ses locaux, mais également pour l'accueil qu'il nous a réservé lorsque nous avons
pris place dans ses bureaux.
et notamment mes parents et ma grand-mère, qui m'ont soutenu tout au long de mes études,
qui ont fait preuve d'une capacité d'écoute formidable dans mes décisions d'orientations et
qui ont toujours respecté mes choix. Merci à eux pour m'avoir constamment encouragé
durant ces mois de rédaction de mémoire mais également durant toute mon expatriation au
Québec. Enfin, je tiens à remercier particulièrement ma conjointe, Céline Fiorucci, étudiante
à la maîtrise en sciences de la gestion (spécialisation stratégie d'entreprise, responsabilité
sociale et environnementale). J'ai eu la chance de partager l'ensemble de cette maîtrise à ses
côtés et son soutien puis sa confiance en moi ont été des facteurs de motivation incroyable
pour la réussite de ce mémoire et de ce programme d'étude. Elle est également l'une des
raisons essentielles de la réussite de mon expatriation au Québec.
Figure Page
Tableau Page
À notre connaissance, aucune étude n'a tenté d'expliquer la rétention par la formation d'un
point de vue individuel. En effet, il est difficile à croire que seule la participation d'un
employé à une séance de formation l'incite à rester au sein de son organisation. Ne devrions
nous pas se concentrer plutôt sur la satisfaction de l'employé à l'égard des pratiques de
formation pour comprendre son intention de rester? Effectivement, la majorité des modèles
de rétention accordent à la satisfaction une place indétrônable dans l'explication du maintien
d'un employé dans son organisation, tout comme le soutien du superviseur. D'autre part,
rares sont les études expliquant le maintien d'un employé au sein de son organisation par les
pratiques de développement, pratiques pourtant fortement considérées par les employés. De
manière générale, à notre connaissance, la littérature actuelle présente ainsi une ouverture
qui n'a jamais été exploitée jusqu'à présent. En considérant cela, nous tentons d'expliquer
dans cette recherche quels sont les liens entre entre le soutien du superviseur, la satisfaction
à l'égard des pratiques de formation et développement et l'intention de rester des employés?
Afin de répondre à cette problématique, nous avons mené notre étude dans une organisation
œuvrant dans le secteur des hautes technologies. 276 travailleurs de ce secteur d'activité ont
répondu à notre questionnaire. Nos analyses de modélisation d'équations structurelles ont
permis de mettre à l'épreuve plusieurs hypothèses. Nos résultats indiquent qu'il n'existe pas
de lien positif, significatif, et direct entre le soutien du superviseur et l'intention de rester,
mais plutôt un lien indirect. En effet, la satisfaction à l'égard des pratiques de formation et
développement jouent tous deux un rôle médiateur dans cette relation. Néanmoins,
contrairement à la satisfaction à l'égard des pratiques de développement, la satisfaction à
l'égard des pratiques de formation fait l'objet d'aucun lien significatif avec l'intention de
rester. Les contributions et les limites des résultats de cette recherche sont multiples et sont
discutées dans ce mémoire.
Lundi 27 juin 2011, le cabinet d'audit et de conseil, Deloitte Touche Tohmatsu, met en ligne
un communiqué de presse: selon leur enquête mondiale, seulement un travailleur sur trois
souhaite rester avec son employeur actuel (Debienne, 20 Il). Cette étude, réalisée auprès de
356 salariés de grandes entreprises dans le monde (Amériques, Asie Pacifique, Europe et
Afrique), témoigne de l'enjeu mondial auquel font face les organisations et leur département
de gestion des ressources humaines: la rétention des employés. Effectivement, la
mondialisation pousse les organisations à évoluer dans un contexte de plus en plus
concurrentiel, dans lequel il semble exister une pénurie de main-d'œuvre qualifiée et
productive. Certains secteurs d'activités sont, bien entendu, plus touchés par ce phénomène.
Par exemple, nous pouvons citer le secteur de la haute technologie, notamment par les
compétences relativement rares de ses travailleurs et de la croissance exponentielle de ce
secteur. Ainsi, comme le mentionnent St-ange, Guerrero, Haines et Audet (2009), attirer les
meilleurs talents ne suffit plus, il faut savoir les garder, d'où l'utilisation toujours plus
fréquente de « guerre des talents ».
Au Québec, un récent article issu de La Presse Affaires indique pour sa part que deux
travailleurs sur trois souhaitent rester (Rodgers, 2011). Bien que ce résultat soit meilleur que
celui au niveau mondial, il est tout de même inquiétant dans la mesure où il représente une
augmentation de 26 % par rapport à l'année 2006. Néanmoins, de nombreuses organisations
sont conscientes du véritable défi que représente la rétention, d'autant plus que le marché de
l'emploi est composé de générations dont les besoins, les comportements et les attitudes sont
différentes. En effet, puisque la rétention s'illustre comme étant le garant du bon
fonctionnement d'une organisation (St-ange et al., 2009), certaines organisations décident
d'aller au-delà des pratiques de gestion traditionnelles et d'investir dans des pratiques
difficilement imitables et sources d'avantage concurrentiel, comme la formation.
Selon Dysvik et Kuvaas (2008), la formation est l'une des pratiques de gestion des
ressources humaines la plus étudiée. De nombreuses recherches comme celles de Benson,
2
Finegold et Mohrman (2004), de Mattox et Jinkerson (2005) ou encore de Sieben (2007) ont
tenté d'expliquer la rétention des employés par la formation. Néanmoins, comme le précise
Dysvik et Kuvaas (2008), la plupart des études portant sur la rétention des employés
s'intéressent aux pratiques de formation seulement en termes de présence ou de participation
des employés. De plus, peu d'études s'intéressent particulièrement aux pratiques de
développement pour expliquer la rétention du personnel. Pourtant, elles apparaissent comme
un critère incontournable dans les sondages permettant de désigner les meilleurs employeurs
de choix, sondages organisés par les grandes firmes telles que Hewitt & Associés ou les
grands magazines comme Fortune (St-ange et al. 2009).
Par ailleurs, dans la mesure où de nombreux modèles explicatifs de la rétention des employés
considèrent la satisfaction des employés d'une importance capitale dans leur maintien au
sein de leur organisation (Aquino, Griffeth, Allen, et Hom, 1997; Griffeth et Hom, 2001 ;
Priee, 2001), nous pouvons constater qu'à notre connaissance, aucune étude empirique
portant sur la rétention n'a mis en relation la satisfaction des employés et les pratiques de
formation et de développement. Ainsi, il semble pertinent de se poser la question suivante:
un employé qui a participé à diverses activités de formation et qui n'a pas été satisfait aura-t
il une moins grande intention de rester au sein de son organisation qu'un employé qui a été
satisfait? Est-ce la même situation pour les activités de développement?
À la lumière de ces constats, notre étude a pour objectif général de répondre à la question de
recherche suivante:
«Quels sont les liens entre le soutien du superviseur, la satisfaction à l'égard des pratiques
de formation et développement et l'intention de rester des employés? »
La réponse à cette question de recherche présente selon nous divers intérêts théoriques et
pratiques. Au niveau théorique, notre étude contribue tout d'abord à mieux comprendre le
processus de rétention des employés au niveau individuel. Effectivement, la majorité des
études portant sur la formation et la rétention ont été réalisées au niveau organisationnel.
Dans le cas de cette étude, nous allons au-delà de la simple présence de pratiques de
formation et développement dans le processus de rétention. En effet, nous nous intéressons à
un aspect individuel précis qu'est la satisfaction des employés à l'égard de ces pratiques. De
plus, notre étude contribue à comprendre les liens entre le soutien du superviseur et la
satisfaction à l'égard des pratiques de formation et développement dans le processus de
rétention. Elle contribue également à proposer deux déterminants distincts de la rétention
qui, à notre connaissance, n'ont jamais été étudiés dans le cadre d'une étude empirique, à
savoir la satisfaction à l'égard des pratiques de formation et développement. Au niveau
pratique, le grand intérêt de cette étude est de permettre aux gestionnaires de pouvoir mieux
prédire les intentions de départ des employés, et donc de réduire l'ensemble des coûts
importants relatifs au roulement du personnel, des coûts néfastes à la productivité et la
compétitivité des organisations.
Dans ce mémoire, afin d'atteindre l'objectif général cité précédemment, nous procédons par
étape. En effet, dans un premier temps, nous présentons le cadre conceptuel et théorique de
notre étude afin de comprendre précisément les différents aspects étudiés et leurs intérêts
théoriques dans le processus de rétention. Dans un deuxième temps, nous présentons le
modèle d'analyse de notre étude, ce qui permet d'apprécier davantage les relations testées
empiriquement dans ce mémoire. Dans un troisième temps, nous présentons le cadre
méthodologique dans lequel s'illustre cette recherche et ses différentes composantes, telles
que le type de recherche, le terrain et les participants, les données utilisées et les différents
4
instruments de mesure. De plus, nous présentons dans une section supplémentaire J'ensemble
des résultats liés aux analyses statistiques effectuées dans cette recherche. Enfin, nous
concluons ce mémoire en y en présentant une discussion en ce qui concerne ses apports
théoriques et pratiques, ses limites et nos différentes propositions de recherche future.
CHAPITRE 1
développements théoriques et empiriques qui entourent les quatre grandes variables de cette
un premier temps, nous définissons chacune de ces variables puis présentons leurs théories
sous-jacentes et leurs modèles théoriques dans le but de mieux les cerner. Dans un second
temps, nous recensons les grandes études empiriques ayant. fait un lien pertinent entre ces
variables et avec notre question de recherche, soit « Quels sont les liens entre le soutien du
la rétention sont utilisés par les chercheurs lorsqu'ils étudient cet enjeu organisationnel. En
bref, la majorité des études ont recours aux quatre termes suivants: rétention
Afin de saisir précisément ce qu'est l'intention de rester, intéressons-nous tout d'abord sur le
premier terme y faisant référence soit la rétention. Selon St-Onge et al. (2009), « la rétention
6
est le processus qui incite un employé à vouloir rester dans l'organisation où il travaille» (p.
83). Cette définition mentionne donc qu'il s'agit d'un processus qui est géré par une
organisation dans le but de développer chez son employé le désir de continuer à travailler au
sein de celle-ci. Hormis cette définition, nous retrouvons essentiellement les définitions des
termes cités précédemment, rendant ainsi le concept relativement complexe à cerner. Parmi
les différents termes utilisés, nous retrouvons fréquemment celui de roulement. Le
Dictionnaire canadien des relations du travail (Dion, 1986) le définit de la façon suivante:
De nombreux auteurs tels que Price (2001) utilisent également le terme de roulement dans
leur étude sur la rétention. Dans la même perspective que Dion (1986), Price (2001) définit
le roulement comme « the movement of members across the boundary of an organization »
(p. 600). En d'autres termes, l'auteur fait référence à « the entrance ofnew employees in the
organization and the departure of existing employees from the organization » (Priee, 1989,
p. 462). Les définitions de Price (1989, 2001) et de Dion (1986) témoignent d'ailleurs de la
tendance retrouvée dans la littérature par laquelle la rétention est opérationnalisée par la
mesure des départs au sein d'une organisation. Cette tendance explique ainsi l'intérêt de
nombreux chercheurs à l'égard de la distinction entre les différents types de départs, à savoir
les départs volontaires (l'employé prend la décision de partir) et involontaires (l'employé
part contre sa volonté) (Price, 2001 ; Wagar et Rondeau, 2006).
(1989). Certains auteurs utilisent ainsi le terme d'intention de quitter, tels que Zimmerman et
Nous constatons ainsi que le concept de rétention est défini selon deux perspectives. D'une
part, la rétention est définie en fonction des pratiques organisationnelles et donc de la
capacité des organisations de retenir leurs employés. D'autre part, la rétention est définie en
fonction de l'impact de ces pratiques sur les employés. La Figure 1.1 illustre cette séparation
entre l'organisation et l'individu:
. ORGANISATION INDIVIDU
PRATIQUES/ ROULEMENT
INTENTION DE
PROCESSUS VOLONTAIRE
RESTER
ORG.
Attitudes Comportements
Très souvent, les études empiriques portant sur le concept d'intention de rester
oeuvrent au niveau organisationnel. Ces études, telle que celle de Benson, Finegold et
Mohrman (2004), s'appuient fréquemment sur la théorie basée sur les ressources (Barney,
1991), ou encore la théorie du capital humain (Becker, 1993). Dans ce mémoire, parce que
notre intérêt se situe au niveau individuel et non pas au niveau organisationnel, les théories
sous-jacentes de la rétention à caractère organisationnel et économique n'ont pas été
retenues. Nous expliquons plutôt l'intention de rester en s'appuyant sur une théorie sous
jacente à caractère individuel soit, la théorie de l'action raisonnée (Fishbein et Azjen, 1975).
Selon nos recherches, cette théorie se démarque des autres dans la mesure où elle met en
relation les intentions d'un individu et ses comportements.
Les précurseurs de la théorie de l'action raisonnée (theory ofreasoned action) sont Fishbein
et Ajzen (1975). Dans leur ouvrage, ces auteurs ont proposé un modèle général, illustré dans
la Figure 1.2, afin d'expliquer les éléments nécessaires pour prédire les comportements de
tout individu:
.----------------------------------------------------------------------:
,
Beliefs about Attitude toward :
consequences of behavior X :
>-
behavior X Intention to i
perfoon I----~l Behavior X 1
Ce modèle conceptuel soutient que tout comportement d'un individu est déterminé par son
intention d'adopter ce comportement. Dans la majorité des études sur la rétention, le
comportement fait référence au roulement volontaire. D'un point de vue méthodologique,
9
Dans le cadre de cette étude, nous nous sommes intéressés aux principaux modèles
théoriques explicatifs du roulement volontaire individuel afin de comprendre l'action des
différents facteurs influençant cette variable. Selon notre analyse de la littérature sur la
rétention, nous pouvons constater que de nombreux modèles se concentrent essentiellement
sur les cognitions des individus alors que très peu incluent les pratiques organisationnelles
comme facteur explicatif.
Un premier modèle pertinent dans le cadre de ce mémoire est celui de Hom et Griffeth
(1995), représenté à la Figure 1.3, qui explique, à partir de la satisfaction d'un employé et de
son engagement à l'organisation, l'ensemble des antécédents cognitifs du roulement
volontaire individuel.
10
L:tbormarket :
• Unemployment
• Knowledge of
otheIjobs
Job-seekîng
• [Link] C'lsts
costs and
benefits ;
tuInover costs
and benefits
Evaluate
alternatives
Figure 1.3 : Modèle théorique abrégé du roulement volontaire individuel de Hom et Griffeth
(1995)
Note: Tiré de « Retaining valued employees» par Griffeth, R. W., et Hom, P. W. (2001),
Thousand Oaks : Sage Publications, p. 120.
Nous pouvons apercevoir dans ce modèle que le maintien d'un employé au sein de
l'organisation est le résultat d'un long processus cognitif. Selon ce modèle, un employé reste
dans son organisation tant qu'il y trouve plus d'avantages que d'inconvénients. Cette
réflexion prend aussi en considération l'état du marché de l'emploi mais surtout du niveau de
la satisfaction de l'employé. Dans ce modèle, nous pouvons constater que la satisfaction des
employés est influencée par septs composantes, parmi lesquelles nous retrouvons notamment
la relation entre le superviseur et le subordonné. Ainsi, plus un employé entretient de bonnes
relations avec son superviseur, plus il sera satisfait, et plus grandes seront les chances qu'il
reste au sein de l'organisation. L'avantage de ce modèle est qu'il permet de comprendre
l'ensemble des aspects individuels qui ont un impact sur le processus de rétention.
Le modèle de Price (2001) retient également notre attention car il est, à notre connaissance,
l'un des modèles les plus complets puisqu'il associe à la fois des variables cognitives du
processus de rétention, et également des variables relatives aux pratiques organisationnelles.
11
Ce modèle théorique proposé par Price (2001) et illustré à la Figure 1.4, établit des relations
nous permettant de comprendre plus précisément la relation entre les différentes variables de
notre étude, mais également de justifier la pertinence de les étudier dans un même modèle.
Ce modèle explicatif du roulement est composé de nombreuses variables, regroupées en trois
catégories:
- les variables environnementales: elles sont composées des variables opportunités d'emploi
(opportunity) et obligations parentales (kinship responsability).
- les variables individuelles: elles sont composées des variables formation générale (general
training), implication en emploi (job involvement), affectivité positive (positivity affectivity)
et affectivité négative (negative affectivity).
- les variables structurelles: elles réfèrent à l'autonomie (autonomy), la justice distributive
(distributive justice), le stress (stress), la rémunération (pay), les possibilités de promotion
(promotion changes), la routinisation (routinization) et le soutien social (social support).
, Kjn.b'll>~billtyl------f--------------------------.
+-.....,.-....... Job~,
...
• .. N~R..da... ,.,lp
'.Qnfy~~
,.. \n1M<:l ... job ~
_Ofll"l"llu_IX*,...........t
Panni l'ensemble des variables citées dans le précédent paragraphe, nous retrouvons le
soutien social, définit par Price (2001) comme étant tout simplement « [the] assistance with
job-related problems » (p. 607). Distinguant le soutien social en trois catégories, à savoir le
soutien du superviseur, le soutien des pairs et le soutien de la parenté, l'auteur propose que le
soutien du superviseur, en particulier, a un impact direct sur la satisfaction au travail et sur
l'engagement des employés, ces deux variables ayant à leur tour un impact sur l'intention de
rester. La relation entre le soutien du superviseur, la satisfaction au travail et l'intention de
rester d'un employé, telle qu'elle est présentée par Price (2001), signifie que plus un
employé perçoit du soutien de la part du superviseur, plus il se sentira satisfait dans son
travail, ce qui à son tour aura pour effet de développer son désir de rester au sein de
l'organisation. De plus, le modèle de Price (2001) valide nos propos antérieurs, qui
consistaient à affinner que l'intention est le plus proche détenninant du roulement
volontaire. Il valide également la pertinence du modèle développé par Griffeth et Hom
(2001) qui inclut la satisfaction de l'employé dans l'explication du roulement volontaire.
Il est néanmoins important de souligner que le modèle de Price (2001) est élaboré sur trois
suppositions. Tout d'abord, l'auteur suppose que les employés développent des attentes
envers leur milieu de travail. Si ces attentes sont satisfaites, les employés seront incités à
rester au sein de l'organisation. Cette supposition nous amènerait ainsi à penser que les
attentes jouent un rôle important dans la satisfaction des employés. Effectivement, un
individu n'ayant pas forcément d'attentes à l'égard de son travail sera probablement plus
facile à satisfaire par l'organisation qu'un individu ayant des attentes précises. L'auteur
suppose en deuxième lieu qu'en milieu de travail, un échange de bénéfice subsiste entre deux
parties, à savoir l'employeur et l'employé. Cet échange serait ainsi souligné par l'existence
des sept variables structurelles dans le modèle explicatif du roulement de Price (2001). Plus
une organisation offre du soutien social, plus elle espèrera que l'employé reste. Enfin, il
suppose également que tout employé est motivé à obtenir des bénéfices et éviter les coûts. Le
roulement volontaire serait ainsi le fruit d'un processus décisionnel élaborant un calcul
coûts-bénéfices.
13
Dans ce mémoire, notre intérêt porte sur la satisfaction à l'égard des pratiques de formation
et sur la satisfaction à l'égard des pratiques de développement. Dans la mesure où nos
recherches n'ont pu identifier une définition précise de ces deux variables, l'objectif de la
présente section est donc de mieux comprendre les différents concepts qui les composent.
Pour ce faire, il nous parait primordial de définir séparément la satisfaction, la formation et
le développement, afin de proposer une définition pertinente pour chacune de ces deux
variables.
Par ailleurs, comme le précise Tett et Meyer (1993), la satisfaction en emploi peut être
étudiée soit globalement soit sous différentes facettes. En effet, «Job satisfaction was
understood to be one 's affective attachment to the job viewed either in its entirety (global
satisfaction) or with regard to particular aspects (facet satisfaction; e.g., supervision)>>
(Tett et Meyer, 1993, p. 261). En lien, l'ouvrage de Fields (2002) recense les différents
instruments de mesure relatifs à la satisfaction en emploi. Son constat est le même que celui
de Tett et Meyer (1993) : il existe deux types de satisfaction en emploi. En effet, les auteurs
14
étudient et mesurent la satisfaction soit de façon globale (on fait alors référence aux
sentiments des employés à l'égard de l'ensemble de leur emploi), soit en regard de
différentes facettes (on fait alors référence aux sentiments des employés à l'égard de
différents aspects spécifiques d'un emploi). En lien, le Tableau 1.1 identifie les aspects les
plus souvent mesurés dans la littérature. De manière générale, nous pouvons constater que
les aspects de la satisfaction au travail qui reviennent majoritairement sont le salaire, la
supervision et les opportunités de promotion. De plus, il existe également des instruments de
mesure spécifiques à la satisfaction envers le salaire ou encore envers la supervision, comme
ceux de Heneman et Schwab (1985) et de Scarpello et Vandenberg (1987). Cependant, parmi
l'ensemble de ces instruments recensés par Fields (2002), aucun n'intègre la formation et le
développement. Ce constat est préocuppant si l'on considère que la formation et le
développement sont deux facettes très recherchées par les employés et qui contribuent au
succès des organisations. De plus, il apparait pertinent de mesurer la formation et le
développement considérant que nous sommes dans un contexte où plusieurs entreprises ont
aplati leur structure, limitant ainsi les possibilités de promotion.
15
Parmi les auteurs précédemment cités, certains vont plus loin dans leur définition du concept
de forma;tion. C'est le cas entre autres pour Saks et Haccoun (2009). Effectivement, il est
primordial, selon eux, de distinguer formation et développement. Selon ces derniers, le
développement s'inscrit dans une perspective de long terme, contrairement à la formation qui
s'inscrit plutôt dans une perspective à court terme. Leur définition du concept de
développement éclaircit cette distinction. Ainsi, pour Saks et Haccoun (2009), le
développement:
L'un des premiers auteurs ayant fait la distinction entre ces deux types de formation est
Becker (1975). Il précise que la formation pour l'efficacité dans l'emploi actuel (aussi
appelée formation spécifique) est non transférable aux autres entreprises, contrairement à la
formation pour le développement professionnel (aussi appelée formation générale ou
management development). Cette dernière est définie par Dragoni, Tesluk, Russel et Oh
(2009) comme « the process by which individuals [... ) learn the interrelated sets ofskills
and abilities (i.e., competencies) necessary for effectiveness» (p. 731). Considérées comme
une source d'innovation et de compétitivité par BattisteIl i, Lemoine et Odoardi (2007), les
pratiques de développement coûtent relativement chères, ce qui explique la réticence de
certaines organisations à y investir de l'argent (Forrier et Sels, 2003). Les méthodes sur
lesquelles repose le développement sont multiples. Les organisations utilisent entre autres le
coaching, le mentorat ou encore les assignations (Baron et Morin, 2010).
Il est donc intéressant de constater que, dans la littérature récente, de plus en plus d'auteurs
prêtent attention à cette distinction, et positionnent les pratiques de développement comme
18
une pratique à part entière, différente de la formation. C'est le cas de certains auteurs comme
Aguinis et Kraiger (2009) qui, dans leur recension des écrits sur la formation, font une place
distincte à la fois pour la formation classique et également pour le développement.
Tout comme le concept de rétention, nous pouvons constater que la littérature portant sur les
pratiques de formation et développement se situe également très souvent au niveau
organisationnel. Notre étude s'intéressant à l'intention de rester et à la satisfaction des
employés, les théories sous-jacentes qui ont retenu notre attention pour mieux cerner ce
concept sont donc des théories s'intéressant à l'individu, et plus précisément à son processus
de satisfaction. Les théories qui apparaissent fréquemment dans la littérature et qui
s'illustrent dans un point de vue organisationnel, telles que la théorie basée sur les ressources
(Barney, 1991) ou encore la théorie du capital humain (Becker, 1993), ont donc été écartées
dans cette étude. Deux principales théories s'illustrent dans la perspective de ce mémoire: la
théorie de l'action raisonnée (Fishbein et Azjen, 1975) et la théorie bi-factorielle de
Herzberg (1978). La première théorie permet de comprendre le processus cognitif d'un
individu qui illustre le lien entre la satisfaction à l'égard des pratiques de formation et
développement et l'intention de rester. La deuxième théorie, quant à elle, témoigne de la
pertinence d'étudier la satisfaction de l'individu par les pratiques de formation et
développement mais également de considérer le soutien du superviseur comme étant un
facteur déterminant de la satisfaction. De manière générale, ces théories identifient
clairement le besoin de développement comme un besoin essentiel.
Dans le modèle de Fischbein et Azjen (1975) présenté précédemment, l'intention de réal iser
un comportement chez l'individu est prédite par deux variables, à savoir l'attitude de
l'individu et les normes subjectives relatives au comportement. Selon cette théorie, des
variables externes influencent les comportements d'un individu par l'intermédiaire de
('attitude et des normes subjectives. Parmi ces variables externes, nous retrouvons d'ailleurs
les caractéristiques des tâches. Si les caractéristiques de tâches, qui sont liées aux
caractéristiques d'un emploi, influencent l'attitude et donc l'intention et le comportement
d'un individu, alors il est tout à· fait plausible de penser que les pratiques de formation et
développement, également caractéristiques d'un emploi, les influencent aussi. Ainsi, une
formation de qualité offerte par un employeur suscitera fort probablement une attitude
positive, laquelle à son tour suscitera une attitude favorable en regard de l'employeur et donc
20
une plus grande intention de rester au sein de l'organisation. Inversement, si une formation
ne satisfait pas un individu, une attitude négative pourrait être suscitée, laquelle à son tour
pourra influencer négativement le désir de rester au sein de l'organisation. La théorie de
l'action raisonnée soutient donc également l'importance d'étudier l'influence de la
satisfaction envers les pratiques de formation et développement sur l'intention de rester d'un
employé.
Pour sa part, la théorie bi-factorielle Herzberg (1968) consistue une approche différente des
autres théories abordant la satisfaction du travail. En effet, cette théorie distingue deux
catégories de facteurs liés à J'insatisfaction et à la satisfaction au travail: les facteurs
d'hygiène et les facteurs moteurs. Les facteurs d'hygiène correspondent à un ensemble de
facteurs extrinsèques relatifs à l'environnement de travail, à savoir la politique d'entreprise,
les conditions de travail, le salaire de base, etc. Ces facteurs sont considérés comme des
déterminants du degré d'insatisfaction des employés au travail. Les facteurs moteurs sont,
en revanche, des facteurs déterminants de la satisfaction des employés au travail. Ces
facteurs sont des facteurs relatifs à la nature même du travail. Herzberg (1968) en identifie
six: la réalisation de soi, la reconnaissance, le travail en lui-même, les responsabilités,
l'avancement et l'épanouissement.
que si un employeur comble les besoins d'un employé, ce dernier sera satisfait et donc
motivé à rester au sein de l'organisation. Dans cette logique, une organisation a ainsi tout
intérêt à agir sur ces facteurs moteurs pour améliorer la rétention de ses employés.
mémoire, nous retenons cette dernière définition, dans la mesure où nous pensons qu'elle
s'avère être relativement complète et précise.
Dans ce mémoire, nous avons considéré deux théories pour expliquer le lien entre le soutien
du superviseur et nos autres variables. Tout d'abord, la théorie de l'action planifiée d'Azjen
(1991) qui explique les liens entre les attitudes (ex: la satisfaction) et les comportements
(action de rester). Ensuite, la théorie de la norme de réciprocité (Gouldner, 1960) qui
soutient les liens entre la perception de soutien, la satisfaction et l'intention de rester. Le
texte qui suit détaille ces deux théories.
Le texte qui suit présente une étude menée par Taylor et Todd (1995) ayant testé cette
théorie afin de démontrer les différents antécédents de l'intention. Plus précisément, les
23
résultats portent à croire que le soutien du superviseur jouerait un rôle capital dans
l'intention de rester d'un employé.
Taylor et Todd (1995) ont tenté de comprendre l'usage des technologies de l'information en
testant le modèle de l'action planifiée. Leurs résultats ont permis d'identifier les antécédents
de l'attitude, des normes subjectives et de la perception du contrôle sur le comportement.
Pour la première variable, les trois antécédents recensés sont la perception d 'uti lité, la
perception de l'efficacité d'utilisation, et la comptabilité. Pour ce qui est des normes
subjectives, l'influence des pairs et des superviseurs serait les deux principaux antécédents.
Enfin, la perception du contrôle sur le comportement serait déterminée par l'auto-efficacité,
les conditions facilitateurs au niveau des ressources et de la technologie. La Figure 1.5 ci
dessous illustre ainsi le modèle proposé par Taylor et Todd (1995) :
uS'"
(,U)
Les résultats obtenus dans cette étude nous permettent de constater que de nombreux facteurs
ont une influence sur l'intention de réaliser un comportement. En considérant les deux
grandes dimensions recensées dans les définitions du soutien du superviseur (soutien lié au
travail et soutien lié au bien-être de l'individu), nous pouvons remarquer que, parmi les
facteurs présentés, plusieurs sont à la portée du superviseur, tels que la perception d'utilité,
l'auto-efficacité et les conditions facilitateurs au niveau des ressources. Comme nous l'avons
mentionné, la théorie de l'action planifiée soutient ainsi la pertinence de s'intéresser au
soutien du superviseur dans une étude mettant en relation la satisfaction d'un individu et son
intention de réaliser un comportement.
Pour ce qui est de la théorie de la norme de réciprocité, elle est l'une des plus révélatrices
dans la littérature faisant un lien entre le soutien et la rétention. La théorie de la norme de
réciprocité de Gouldner (1960) suggère que toute personne recevant une aide d'une autre
personne se sentira dans l'obligation de l'aider en retour. Par exemple, un superviseur
apportant un soutien favorable au développement d'un subordonné au sein de l'organisation
suscitera chez ce dernier le besoin de reciproquer en, par exemple, s'impliquant davantage
dans son travail. Ainsi, naturellement, le degré de satisfaction de l'employé sera favorable.
Rester membre d'une équipe et donc d'une organisation peut également être considéré
comme un geste de reciprocité de la part d'un subordonné. Effectivement, comme le
mentionne Rhoades et Eisenberger (2002), le superviseur agit en tant qu'agent
organisationnel, ce qui suscite chez le subordonné le sentiment d'être redevable au
superviseur et à l'organisation. Au regard de cette théorie, il est donc plausible de penser que
plus un individu a une perception positive du soutien du superviseur, plus il sera satisfait, et
plus il aura l'intention de rester au sein de l'organisation.
Au regard des informations issues de l'analyse des définitions, des théories sous-jacentes et
des modèles théoriques, nous avons choisi de comprendre de manière plus approfondie la
relation entre nos différentes variables en rapportant les études empiriques les plus
significatives pour ce mémoire. L'intention de rester faisant partie du processus de rétention,
25
nous avons effectué notre recherche en considérant les différents termes relatifs à ce
processus. Ainsi, nous avons inclus dans nos mots-clés les termes de rétention, roulement,
intention de quitter et intention de rester. Néanmoins, étant donné notre question de
recherche, nous n'avons sélectionné que les études au niveau individuel.
Les résultats présentés dans cette étude indiquent que l'hypothèse, décrite précédemment, a
été validée. Effectivement, la relation entre le soutien du superviseur, la satisfaction en
emploi et l'intention de quitter est plus forte et plus significative que la relation entre le
soutien des pairs, la satisfaction en emploi et l'intention de quitter. Il est néanmoins
26
important de préciser que, dans cette méta-analyse, les attitudes au travail font également
référence à l'engagement affectif. Dans les résultats, la satisfaction en emploi a exactement
le même impact que l'engagement affectif sur l'intention de quitter. Pourtant, Price (2001) et
Tett et Meyer (1993) soutiennent que l'engagement affectif est le plus proche déterminant de
l'intention de quitter. Ces résultats indiquent ainsi l'importance du rôle du superviseur dans
la satisfaction d'un individu, et également l'importance de cette satisfaction dans son
intention de quitter.
Ces différentes relations étudiées dans cette méta-analyse ont été soutenues par de nombreux
auteurs, dont notamment Griffeth, Hom et Gaertner (2000) et Griffin, Patterson et West
(2001). Effectivement, l'objectif de la méta-analyse de Griffeth, Hom et Gaertner (2000)
était de recenser les antécédents et les correlations statistiques avec le roulement volontaire
afin de pouvoir réaffirmer l'effet prédicteur de nombreuses variables, dont la satisfaction en
emploi. ~out comme Ng et Sorenson (2008), les auteurs ont utilisé la base de données
ABIlInform Global. En plus de celle-ci, la base de données Social Science Index a également
été sollicitée. Les auteurs ont recensé des articles publiés depuis 1990 et ayant porté sur les
déterminants du roulement volontaire. L'ensemble des résultats de cette méta-analyse,
combiné aux résultats de l'étude de Hom et Griffeth (1995), indique que la satisfaction en
emploi est un prédicateur significatif du roulement. Spécifiquement, les résultats démontrent
que la satisfaction est liée négativement et significativement au roulement.
D'autre part, l'étude de Griffin, Patterson et West (2001) confirme l'effet prédicteur. du
soutien du superviseur sur la satisfaction en emploi. Cette étude a été réalisée auprès de 48
entreprises manufacturières et 4708 employés (représentant un taux de réponse d'environ
52%). Dans cette étude, les auteurs émettent l'hypothèse que le soutien du superviseur a un
impact positif sur la satisfaction de l'employé. Par l'utilisation d'une analyse de régression,
les auteurs ont pu valider cette hypothèse. Les résultats ont donc démontré que le soutien du
superviseur est un déterminant significatif de la satisfaction.
un rôle encore plus important que n'importe quel autre type de soutien. Maintenant que nous
connaissons l'état de la relation entre ces différents concepts, intéressons-nous aux aspects
de la satisfaction en emploi que nous étudions dans ce mémoire, à savoir la formation et le
développement.
Dans cette section, nous nous intéressons à la manière dont les pratiques de formation et
développement sont influencées par le soutien du superviseur. Pour cela, nous avons retenu
deux études relativement pertinentes, celle de Tannenbaum (1997) et de Tharenou (2001).
En effet, selon nos recherches, la première aborde la satisfaction de l'individu, mais
précisément à l'égard des résultats des pratiques de formation, et également sa perception de
celles-ci. La deuxième étude, quant à elle, est celle qui est représentatrice de l'ensemble des
études faisant un lien entre le soutien du superviseur et les pratiques de formation et
développement, c'est-à-dire les études traitant de la motivation de l'individu.
L'étude de Tannenbaum (1997) a pour objectif général de comprendre dans quelle mesure
l'environnement de travail, et plus précisément l'environnement d'apprentissage, influence
le comportement des individus. Pour pouvoir répondre à cette question, l'auteur a procédé à
des entrevues structurées et a distribué des questionnaires dans sept organisations publiques
et privées. Au total, les auteurs ont obtenu des données de 520 répondants, représentant cinq
domaines variés: le secteur financier, médical, manufacturier, militaire et de J'assurance.
Tannenbaum (1997) a étudié de nombreuses variables dans cette étude. Parmi celles-ci, nous
retrouvons des variables clés faisant référence à la formation et au soutien du superviseur: la
perception d'opportunités d'apprentissage, la perception des politiques et pratiques relatives
à la formation, le soutien du superviseur à l'égard des pratiques de formation, la satisfaction
à l'égard du développement personnel et la perception de la formation.
Les résultats permettent de constater des relations intéressantes entre ces variables. En effet,
les résultats suggèrent que plus un individu perçoit son organisation comme créatrice
28
L'étude de Tharenou (2001), quant à elle, apporte une contribution différente de celle de
Tannenbaum (1997). L'objectif de cette étude était de comprendre dans queUes mesures la
motivation pré-fonnation est liée à la participation aux pratiques de formation et
développement. L'analyse de la littérature amène l'auteur à émettre trois hypothèses. Ainsi,
Tharenou (2001) suppose que (1) la motivation pré-formation et le soutien du superviseur
sont des prédicteurs de la participation d'un individu aux pratiques de fonnation et
développement, (2) la motivation pré-formation joue un rôle médiateur entre le soutien du
superviseur et la participation aux pratiques de fonnation et développement et (3) la
motivation pré-fonnation est un modérateur dans la relation entre le soutien du superviseur et
la participation d'un individu aux pratiques de fonnation et développement.
Afin de tester ces hypothèses, Tharenou (2001) a mené son étude auprès de plusieurs
entreprises privées et publiques australiennes. Les employés de ces organisations étaient
invités par courriel à répondre à un questionnaire électronique. Au total, il y a eu 1705
répondants.
29
Parmi les huits variables étudiées dans cette étude, les trois variables qui ont retenu notre
attention ont été mesurées de la manière suivante:
- la motivation pré-formation a été mesurée par deux variables, à savoir la motivation
d'apprentissage - mesurée par dix items inspirés de l'instrument de mesure développé par
Noe et Wilk (1993) - et la motivation attendue - mesurée par sept items inspirés de
l'instrument de mesure développé par Noe et Schmitt (1986).
- le soutien du superviseur a été mesuré par 14 items, inspirés de l'instrument de mesure
développé par Noe et Wilk (1993). Dans cette étude, il est important de noter que le soutien
du superviseur est une des variables appartenant à l'environnement de travail, tout comme
dans l'étude de Tannenbaum (1997).
- la participation aux pratiques de formation et développement a été mesurée par 23 items:
Il items pour les pratiques de formation et 12 items pour les pratiques de développement,
inspirés des définitions des pratiques de formation et développement données par Noe et
Wilk (1993) et Noe,Wilk, Mullen et Wanek (1997).
Suite à des analyses de régression, les résultats de l'étude de Tharenou (2001) indiquent que
la motivation pré-formation et le soutien du superviseur sont des prédicateurs significatifs de
la participation aux pratiques de formation et développement. De plus, les résultats
démontrent qu'en aucun cas la motivation pré-formation joue un rôle médiateur entre le
soutien du superviseur et la participation aux pratiques de formation et développement.
Enfin, la motivation pré-formation ne joue pas de rôle modérateur dans cette relation. Ces
résultats suggèrent que parmi toutes les variables relatives à l'environnement de travail, seul
le soutien du superviseur influence l'individu dans sa décision de participer soit aux
pratiques de formation soit aux pratiques de développement.
Comme nous pouvons le constater dans ces deux études, le soutien du superviseur a un
impact majeur dans la motivation d'un employé à participer à une formation, dans sa
perception et sa satisfaction à l'égard de celle-ci.
30
Dans le cadre de notre étude, il est de notre intérêt de mieux comprendre le rôle des pratiques
de formation et développement dans le processus de rétention. Les quatre études suivantes
nous le pennettent : celle de Benson, Finegold et Mohrman (2004), de Mattox et Jinkerson
(2005), de Sieben (2007) et de Dysvik et Kuvaas (2008).
L'étude de Benson, Finegold et Mohrman (2004) a pour objectif de comprendre dans quelle
mesure le développement des compétences, par l'intermédiaire du remboursement des frais
de scolarité, influence le roulement volontaire. L'étude de la littérature amène les auteurs à
émettre six hypothèses:
- hypothèse 1 : Les employés qui participent au programme de remboursement des frais de
scolarité sans l'obtention du diplôme quitteront moins l'organisation que ceux qui ne
participent pas au programme.
- hypothèse 2a: Les employés qui obtiennent leur diplôme suite au programme de
remboursement des frais de scolarité quitteront plus l'organisation que ceux qui participent
au programme sans l'avoir obtenu.
- hypothèse 2b: Les employés qui obtiennent leur diplôme suite au programme de
remboursement seront plus amenés à quitter volontairement l'organisation que ceux qui ne
participent pas au programme.
- hypothèse 3 : À salaire égal, les employés qui obtiennent leur diplôme suite au programme
de remboursement des frais de scolarité et qui sont, par la suite, promus, seront moins
amenés à quitter volontairement leur organisation qui ceux qui obtiennent leur diplôme suite
au programme et qui, ensuite, ne sont pas promus.
- hypothèse 4a : À salaire égal, l'effet de la promotion dans la réduction de la probabilité de
roulement volontaire sera plus important pour des employés qui obtiennent leur diplôme et
qui sont promus par la suite que pour ceux qui ne participent pas au programme de
remboursement de frais de scolarité et qui sont promus.
- hypothèse 4b : À salaire égal, l'effet de la promotion dans la réduction de la probabilité de
roulement volontaire sera plus important pour des employés qui obtiennent leur diplôme et
31
qui sont promus par la suite que pour ceux qui participent au programme de remboursement
de frais de scolarité sans obtenir le diplôme et qui sont promus.
Afin de tester ces hypothèses, les auteurs ont utilisé des données relatives à des employés
d'une organisation manufacturière américaine œuvrant dans le domaine de la haute
technologie. La collecte de données s'est effectuée par l'intermédiaire de la base de données
de l'employeur (année 1996). Ces données couvrent 9543 employés de l'organisation.
L'analyse s'est effectuée dans le cadre de la mise en place d'un programme de
remboursement des frais de scolarité par l'organisation. Cette pratique RH consiste à former
les employés et à les aider à obtenir un diplôme contre quelques heures de cours par semaine
(en dehors des heures de travail). L'objectif était ici de développer les compétences des
employés, mais également d'attirer et de retenir les talents, quelque soit leur spécialité.
L'étude de Mattox et Jinkerson (2005), quant à elle, a pour objectif de comprendre le rôle de
la formation dans la rétention des nouvelles recrues en organisation. En effet, l'étude de la
littérature amène les auteurs à constater que la majorité des études ayant fait un lien entre la
formation et la rétention portent sur les employés déjà en poste depuis plusieurs années. Peu
d'entres elles portent sur les nouveaux embauchés. Ainsi, dans cette étude, les auteurs
s'appuient sur l'existence d'une formation de début de contrat (appelée Transitions) d'une
durée de trois jours afin de constater l'impact de la participation à la formation sur la
rétention des nouveaux embauchés.
32
Dans leur étude, les auteurs fonnulent deux hypothèses. Panni ces deux hypothèses, une
retient particulièrement notre attention. En effet, Mattox et Jinkerson (2005) supposent que
les nouveaux employés qui participent volontairement à cette fonnation de trois jours au
début de leur contrat resteront plus longtemps que ceux qui n'y participent pas.
Afin de tester cette hypothèse, les auteurs ont utilisé des données communiquées par une
organisation multinationale. Plus précisément, les données ont été recueillies à partir de deux
bases de données: l'une était composée de l'ensemble des informations des nouveaux
embauchés (nom, identifiant, date d'embauche, etc.) et l'autre était composée d'un ensemble
d'infonnations relatives à la fonnation. Elles ont donc pennis d'identifier les employés ayant
participé à la fonnation et ceux qui n'y ont pas participé. Les données recueillies ont ainsi
recensé 3136 employés, tous embauchés entre janvier 1999 et novembre 2000.
Cette étude a ainsi mis en scène deux catégories d'employés dans le but de les comparer: les
embauchés ayant volontairement participé àla fonnation Transitions, et ceux n'y ayant pas
participé. Dans le cadre de l'hypothèse qui nous intéresse, deux mesures ont été utilisées: le
départ ou la présence de l'employé au sein de l'organisation et la durée du participant au sein
de l'organisation.
En privilégiant la technique d'analyse de survie, les auteurs ont validé leur hypothèse.
Effectivement, les nouveaux employés ayant participé volontairement à la formation
Transitions de trois jours au début de leur contrat sont plus nombreux à rester au sein de
l'organisation durant la première année que les nouveaux employés n'ayant pas participé à la
fonnation. Mattox et Jinkerson (2005) rélèvent ainsi une différence de 5% du taux de
rétention entre les deux catégories. Néanmoins, après un an dans l'organisation, il n'existe
aucune différence entre les deux groupes. Ces résultats soulignent ainsi l'influence positive
de la fonnation dans la rétention des nouveaux embauchés.
Pour sa part, J'étude de Sieben (2007) est l'une des rares à avoir étudié le roulement en
faisant la distinction entre les pratiques de fonnation et les pratiques de développement.
Cette étude a pour objectif de comprendre l'impact de la fonnation sur les comportements de
33
Dans son étude, Sieben (2007) confronte ces deux perspectives et compare les relations entre
la formation et les comportements de recherche d'emploi en étudiant plusieurs aspects de la
formation, parmi lesquelles nous retrouvons les pratiques de formation générale (dans
lesquelles nous retrouvons les pratiques de développement) et les pratiques de formation
spécifique (dans lesquelles nous retrouvons les pratiques de formation classique).
Dans cette étude, l'auteur formule six hypothèses, parmi lesquelles trois sont appuyées par
une théorie économique, et trois autres par une théorie psychologique. Parmi ces hypothèses,
deux retiennent particulièrement notre attention. En se basant sur la théorie du capital
humain, l'auteur suppose que la formation générale ne soit pas associée à des comportements
de recherche d'emploi, alors que la formation spécifique est associée à des faibles niveaux de
comportements de recherche d'emploi. En revanche, la théorie de l'engagement amène
l'auteur à supposer que la formation générale soit associée à des plus faibles niveaux de
comportements de recherche d'emploi que la formation spécifique.
Afin de tester cette hypothèse, les auteurs ont utilisé des données provenant d'une enquête
néerlandaise en éducation. Plus précisément, cette enquête recense 1279 gradués de collèges
et universités des Pays-Bas durant l'année académique 1990-1991, correspondant ainsi à un
taux de réponse de 45 %. Les participants ont été interrogés sept ans après leur entrée sur le
marché du travail.
En utilisant la technique d'analyse de régression, les auteurs ont validé peu de leurs
hypothèses de départ. De manière générale, les résultats suggèrent que peu importe le type de
34
formation auquel les hommes participent, ils ont une plus grande probabilité de chercher un
nouvel emploi que les hommes qui ne participent pas à de la formation. En revanche, pour
les femmes, cette probabilité n'est pas aussi significative. De plus, les femmes qui
participent à de la formation générale ont une moins grande probabilité de se chercher un
nouvel emploi que les femmes qui participent à de la formation spécifique. Pour les hommes,
cette probabilité n'est pas aussi significative. Ces résultats nous permettent ainsi de constater
que la relation entre les pratiques de formation et développement et les comportements de
recherche en emploi est influencée non seulement par le sexe, mais également par le type de
pratique. Nous pouvons tout d'abord remarquer que les hommes ont plus facilement
tendance à chercher un nouvel emploi que les femmes. D'autre part, on remarque que la
formation de type général a tendance à faire diminuer les comportements de recherche en
emploi chez les femmes, contrairement à la formation de type spécifique.
Enfin, l'étude de Dysvik et Kuvaas (2008) a pour objectif de comprendre la relation entre la
perception d'opportunités de formation des employés et leur intention de quitter. L'étude de
la littérature amène les auteurs à émettre six hypothèses. Parmi ces six hypothèses, trois
d'entre elles attirent principalement notre attention. Les auteurs supposent tout d'abord qu'il
existe une relation négative entre la perception d'opportunités de formation et l'intention de
quitter. De plus, selon eux, cette relation est partiellement médiée et également modérée par
la motivation intrinsèque.
Afin de tester ces hypothèses, Sieben (2007) a utilisé des données récoltées dans un grand
établissement de formation norvégien. La collecte de donnée s'est effectuée par
l'intermédiaire d'un questionnaire électronique, qui a été distribué à 965 employés ayant
participé aux activités de formation offertes par cet établissement. Trois-cent quarante-trois
d'entre eux ont répondu, donnant ainsi un taux de réponse approximatif de 36 %.
elle, mesurée par cinq items, inspirés également de l'instrument de mesure développé par
Kuvaas (2008).
Dans cette étude, deux techniques d'analyses ont été utilisées. Tout d'abord, l'auteur a opté
pour des analyses de régression. Par la suite, l'auteur a effectué des analyses structurelles.
Par ces analyses, l'auteur a validé seulement deux de trois hypothèses mentionnées
précédemment. En effet, les résultats indiquent un lien négatif direct entre la perception
d'opportunités de fonnation et l'intention de quitter. Ils indiquent également que la
motivation intrinsèque ne modère pas cette relation. Cependant, les résultats permettent de
constater que la relation entre la perception d'opportunités de fonnation et l'intention de
quitter est partiellement médiée par la motivation intrinsèque.
En conclusion de ces quatre études, nous pouvons constater que la relation entre les
pratiques de fonnation et développement et l'intention de rester a été étudiée essentiellement
par l'intention de quitter, mais également par des facteurs autres que la satisfaction d'un
individu. Effectivement, les études présentées ci-haut portent sur la participation des
employés à une formation et sur leur perception d'opportunités de fonnation. Néanmoins,
une relation positive est constatée dans toutes ces études.
Les relations étudiées entre le soutien du superviseur et la formation puis entre la formation
et l'intention de rester étant maintenant connues, il serait intéressant d'en savoir plus sur la
relation entre le soutien du superviseur et l'intention de rester. Pour cela, nous avons
sélectionné les trois études suivantes: celle de DeConinck et Johnson (2002), de Eisenberger
et al. (2002), puis de Maertz et al. (2007). Ces trois études ont été choisies dans la mesure où
elles pennettent de présenter deux perspectives divergeantes de la littérature sur le soutien du
superviseur.
Afin de tester ces hypothèses, les auteurs ont utilisé une enquête par questionnaire auprès de
vendeurs issus de différentes organisations. Les vendeurs ont été contactés grâce à l'achat
d'une liste de contacts auprès d'une organisation spécialisée dans l'envoi de courriels. Au
final, les chercheurs ont obtenu des données de 384 vendeurs.
En utilisant l'analyse de régression, les auteurs ont validé l'hypothèse d'une relation
indirecte entre le soutien du superviseur et l'intention de quitter. Effectivement, les résultats
démontrent que l'intention de quitter est prédite par l'engagement organisationnel, ce dernier
étant lui-même prédit par la perception du soutien du superviseur et par la performance de
l'individu.
L'étude d'Eisenberger et al. (2002), quant à elle, a pour objectif de comprendre les liens
entre le soutien du superviseur, le soutien organisationnel et le roulement volontaire. L'étude
de la littérature sur ces trois variables amène les auteurs à émettre trois hypothèses, toutes
testées par une étude différente. Dans le cas de ce mémoire, nous nous intéressons
principalement à la troisième hypothèse (et donc à la troisième étude), mettant en lien le
soutien du superviseur et le roulement volontaire. Plus précisément, Eisenberger et al. (2002)
supposent que la relation entre ces deux variables est médiée par le soutien organisationnel.
37
Afin de tester cette hypothèse, les auteurs ont utilisé les données récoltées à l'aide d'une
enquête par questionnaire auprès de 493 employés d'une chaine de magasin spécialisée dans
les appareils électroniques.
La perception du soutien du superviseur a été mesurée par huit items, inspirés de la mesure
de perception du soutien organisationnel qui figure dans l'instrument de mesure développé
par Eisenberger et al. (1986). En effet, les mêmes items de la mesure de perception de
soutien organisationnel ont été repris mais le terme «organisation» a été remplacé par
« superviseur». En revanche, les données relatives au roulement volontaire ont été fournies
par l'organisation dans laquelle l'étude a été réalisée.
En utilisant l'analyse de régression, les auteurs ont validé cette troisième hypothèse.
Effectivement, les résultats de l'étude indiquent que la perception du soutien organisationnel
joue un rôle de médiateur dans la relation entre la perception de soutien du superviseur et le
roulement volontairement. Comme le suggèrent les auteurs, ce résultat expliquerait ainsi que
le soutien du superviseur a un effet indirect sur le roulement volontaire, dans la mesure où il
contribue à la perception du soutien organisationnel, qui lui-même a un impact sur le
roulement volontaire.
Enfin, l'étude de Maertz et al. (2007) a trois principaux objectifs. Tout d'abord, elle a pour
objectif de contribuer à l'amélioration des modèles explicatifs du roulement volontaire
retrouvés dans la littérature sur la rétention des employés. Elle a également pour objectif de
développer une meilleure compréhension de l'influence du soutien du superviseur et du
soutien organisationnel sur l'intention de quitter et les comportements de roulement
volontaire. Enfin, cette étude a pour objectif de résoudre les contradictions dont fait l'objet la
littérature étudiant la relation entre le soutien du superviseur, le soutien organisationnel et
l'intention de quitter. Effectivement, comme précisé précédemment, deux grands courants de
littérature s'affrontent dans cette relation: la littérature sur le soutien organisationnel affirme
la relation indirecte du soutien du superviseur sur l'intention de quitter, tandis que la
littérature sur la relation superviseur-subordonné affirme en revanche la relation directe entre
ces deux variables.
38
Afin de répondre à ces objectifs, les auteurs testent trois hypothèses. Dans le cadre de ce
mémoire, nous nous intéressons particulièrement aux deux dernières hypothèses. Selon
Maertz et al. (2007), la perception du soutien organisationnel joue un rôle de médiateur
partiel dans la relation entre la perception du soutien du superviseur et l'intention de quitter.
De plus, ils supposent un effet modérateur pour le soutien du superviseur à savoir que le lien
négatif entre la perception du soutien organisationnel et l'intention de quitter est plus fort
pour ceux qui perçoivent un faible niveau de soutien de leur superviseur que pour ceux qui
perçoivent un fort niveau de soutien de leur superviseur.
Afin de tester ces deux hypothèses, les auteurs ont recueilli des données par le biais d'une
enquête par questionnaire auprès de travailleurs sociaux appartenant à quatre comtés de l'état
de Géorgie, aux États-Unis. Au total, 225 travailleurs ont répondu de manière volontaire,
donnant ainsi un taux de réponse approximatif de 60 %.
La perception du soutien du superviseur a été mesurée par trois items, inspirés de la mesure
de perception du soutien organisationnel développé par Eisenberger et al. (1986). L'intention
de quitter, quant à elle, a été mesurée par dix items inspirés de l'instrument de mesure
développé par Griffeth et Hom (2001).
En utilisant l'analyse de régression et d'équations structurelles, les auteurs ont validé ces
deux dernières hypothèses. Effectivement, les résultats de l'étude indiquent tout d'abord que
la relation entre la perception de soutien du superviseur et l'intention de quitter est
partiellement médiée par le soutien organisationnel. Cela sous-entend ainsi J'existence d'une
relation directe entre soutien du superviseur et l'intention de quitter. Ceci est renforcé par la
validation de la troisième hypothèse: le lien négatif entre la perception du soutien
organisationnel et l'intention de quitter est plus fort pour ceux qui perçoivent un faible
niveau de soutien que pour ceux qui perçoivent un fort niveau de soutien. Selon les auteurs,
cette relation s'expliquerait notamment par la distinction que les individus font entre le
soutien du superviseur et le soutien organisationnel, considérant ainsi le superviseur comme
un acteur indépendant, même si une grande majorité de la littérature le considère comme un
agent de l'organisation.
39
En conclusion, les résultats semblent indiquer que le soutien du superviseur soit lié
directement et indirectement à l'intention de rester d'un employé. Effectivement, alors que
certains résultats soutiennent l'existence d'une relation indirecte entre ces deux variables,
d'autres soutiennent plutôt l'existence d'une relation directe.
Dans nos recherches, nous avons identifié une seule étude tentant d'expliquer la relation
entre le soutien du superviseur, la formation et l'intention de rester. Nous avons jugé
pertinent de la présenter dans la mesure où elle est relativement récente et qu'elle permet
également d'en savoir plus sur la relation entre le soutien du superviseur et l'intention de
rester. Nous faisons ici référence à l'étude de Kuvaas et Dysvik (2010).
Cette étude a pour objectif de comprendre dans quelle mesure les superviseurs influencent la
relation entre la perception des pratiques RH et les conséquences attitudinales des employés.
Afin de répondre à cette problématique, les auteurs ont investigué la relation entre la
perception de soutien du superviseur, la perception d'investissement des organisations en
développement des employés, leurs attitudes (à savoir leur engagement affectif envers
l'organisation et leur intention de quitter) et leur performance en emploi (à savoir l'effort
dans le travail, la qualité du travail et les comportements de citoyenneté organisationnels).
L'étude de la littérature amène les auteurs à émettre trois hypothèses. Parmi ces trois
hypothèses, une d'entre eUes s'avère fortement intéressante, dans la mesure où elle est
intimement liée à notre étude. Selon Kuvaas et Dysvik (2010), la relation entre le soutien du
superviseur et l'intention de quitter est médiée par la perception des employés de
l'investissement de leur organisation dans leur développement.
Afin de tester cette hypothèse, les auteurs utilisent des données collectées auprès d'employés
d'une organisation norvégienne œuvrant dans J'industrie des télécommunications.
Spécifiquement, la collecte de donnée s'est effectuée par l'intermédiaire d'un questionnaire,
40
qui a été distribué à 633 employés en avril 2008. 331 d'entre eux ont répondu, donnant ainsi
un taux de réponse approximatif de 52 %.
En suivant la procédure de Baron et Kenny (1986), les auteurs ont validé leur hypothèse.
Ainsi, les résultats indiquent que la relation entre le soutien du superviseur et l'intention de
quitter est partiellement médiée par la perception des employés de l'investissement de leur
organisation dans leur développement. En d'autres mots, les résultats indiquent une relation
directe et indirecte entre le soutien du superviseur et l'intention de quitter. Cela suggère donc
que plus un employé reçoit du soutien du superviseur en matière de formation et
développement, plus sa perception de l'investissement de l'organisation en matière de
développement des employés sera positive, et donc plus son intention de rester sera
prononcée.
Les études recensées précédemment nous apportent des informations intéressantes. En effet,
les résultats de l'étude de Benson, Finegold et Mohrrnan (2004) indiquent que la
participation à de la formation a un impact négatif sur l'intention de quitter. De plus, les
résultats de l''étude de Mattox et Jinkerson (2005) démontrent que la participation à de la
formation en début de contrat pour les nouveaux embauchés a également un impact négatif
41
sur l'intention de quitter. Les résultats de ces deux premières études démontrent ainsi que la
formation a une influence négative sur l'intention de quitter, quelque soit l'ancienneté de
l'employé. Les résultats de l'étude de Sieben (2007), quant à eux, démontrent que le sexe et
le type de formation influencent l'intention de quitter. En effet, les résultats de cette étude
indiquent que, malgré que' la formation générale et spécifique aient une relation négative
avec J'intention de quitter, la relation entre la formation générale et l'intention de quitter est
moins significative que la relation entre la formation spécifique et l'intention de quitter.
L'étude de Dysvik et Kuvaas (2008), en revanche, étudie la formation sous un autre angle
que les autres, à savoir plus individuel. En effet, les auteurs s'intéressent particulièrement à
la perception des employés quant aux opportunités de formation et son influence sur
l'intention de quitter. Les résultats indiquent que la perception des employés quant aux
opportunités de formation a une influence négative sur l'intention de quitter, et que la
motivation intrinsèque joue un rôle médiateur dans cette relation.
Ces quatres études nous permettent d'établir le constat suivant: il existe une relation positive
et significative entre la formation et l'intention de rester. Néanmoins, seule une étude fait la
distinction entre les pratiques de formation et les pratiques de développement. Ceci est
étonnant dans la mesure où ces études sont relativement récentes et que, comme nous l'avons
constaté, de nos jours, les pratiques de développement sont tout autant considérées que les
pratiques de formation. De plus, aucune d'entre elle ne traite de la satisfaction à l'égard de
ces pratiques, alors que la méta-analyse de Ng et Sorenson (2008) et celle de Griffeth et al.
(2000) indiquent que la satisfaction d'un employé joue un rôle majeur dans son intention de
rester au sein de l'organisation. L'un des objectifs de ce mémoire est donc de palier à ce vide
dans la littérature scientifique.
Ainsi, à la lumière de toutes ces informations, il est possible de formuler les hypothèses
suivantes:
Pour ce qui est du soutien du superviseur, les études recensées nous amènent également à un
constat intéressant. Effectivement, tout d'abord, les résultats de l'étude de Tannenbaum
(1997) démontrent que plus un individu reçoit du soutien du superviseur, plus sa perception
de la formation sera positive. L'étude de Tharenou (2001), quant à elle, démontre que le
soutien du superviseur influence positivement la participation des employés aux pratiques de
formation et développement. Ces deux études nous permettent ainsi de croire que le soutien
du superviseur influence positivement la formation. En ce qui concerne la satisfaction de
l'individu, elle serait également prédite par le soutien du superviseur. Les résultats de l'étude
de Griffin et al. (2001) et la méta-analyse de Ng et Sorenson (2008) en témoigne.
D'autre part, hormis son influence sur la formation et sur la satisfaction de l'individu, la
littérature n'est pas unanime quant à l'effet du soutien du superviseur sur l'intention de
rester. En effet, l'étude de DeConinck et Johnson (2009) indique que l'intention de quitter
est prédite par l'engagement organisationnel, qui lui-même est prédit par le soutien du
superviseur. Cette étude démontre ainsi l'effet indirect du soutien du superviseur sur
l'intention de quitter. Eisenberger et al. (2002) sont également du même avis. Les résultats
de leur étude démontrent que la perception du soutien organisationnel médie complètement
la relation entre la perception du soutien du superviseur et Je roulement volontaire. Maertz et
al. (2007), en revanche, affirment, par leurs résultats, que la perception du soutien du
superviseur a un effet direct sur l'intention de quitter, dans la mesure où cette relation est
partiellement médiée par l'engagement organisationnel. Kuvaas et Dysvik (2010) abordent
également la médiation partielle. Effectivement, les résultats de leur étude indiquent que la
relation du soutien du superviseur et l'intention de quitter est partiellement médiée par la
perception de l'investissement de l'organisation dans le développement des employés.
43
MODÈLE D'ANALYSE
Ce deuxième chapitre est divisé en quatre sections. Premièrement, nous présentons le modèle
d'analyse qui soutient notre question de recherche. Ensuite, nous expliquons le choix de
notre variable dépendante et ses liens avec les autres variables à l'étude. Nous procédons de
la même manière pour la troisième section de ce chapitre portant sur les variables
indépendantes. Enfin, par souci de clarté, nous rappelons l'ensemble des hypothèses testées
dans ce mémoire.
Tel qu'illustré à la Figure 2.1, le modèle d'analyse que nous testons dans ce mémoire est
composé de quatre variables: le soutien du superviseur, la satisfaction à l'égard des
pratiques de fonnation, la satisfaction à l'égard des pratiques de développement et l'intention
de rester.
SATISFACTION A L'EGARD
DES PRATIQUES DE
FORMATION
SOl>-iŒNDU INTE."ITION DE
[Link] REnER
H2b
(IDe)
S.~TISFACTION AL 'EG.o\RD
DES PRATIQUES DE
~'''[Link]
+
IDa
Dans ce mémoire, notre variable dépendante est l'intention de rester. Comme précisé dans le
chapitre J, nous avons décidé de retenir la définition de l'intention de rester proposée par
Mueller et al. (1992), à savoir « the employee 's intention to remain a member of the
organization » (p. 214).
Nous avons choisi cette variable pour trois raisons principales. Tout d'abord, comme nous
avons pu le constater lors de la recension des écrits, cette variable est issue de la théorie de
l'action raisonnée de Fischbein et Azjen (1975), qui soutient que tout comportement d'un
individu est obligatoirement déterminé par son intention d'adopter ce comportement. De
plus, de nombreux modèles théoriques révèlent l'intention de rester comme un déterminant
très proximal du roulement volontaire. Parmi ces modèles, nous retrouvons entre autres celui
de Griffeth et Hom (2001) et celui de Price (2001), tous deux présentés dans le chapitre 1.
Enfin, malgré le fait qu'une majeure partie des études empiriques s'intéresse plutôt à
l'intention de quitter qu'à l'intention de rester, nous avons délibérément choisi de nous
intéresser à cette dernière dans la mesure où notre objectif est d'étudier la rétention des
travailleurs. Bien que la littérature scientifique semble avoir tendance à associer rétention et
roulement, nous croyons que ces deux concepts sont différents. Effectivement, il semblerait
que le roulement soit influencé à la fois par des forces internes et externes, tandis que la
rétention serait influencée seulement par des forces internes. En appui, Steel, Griffeth et
Hom (2002, p. 52) avancent que « the reasons people stay are not always the same as the
people leave ».
Comme nous pouvons le constater, le modèle d'analyse de notre étude propose tout d'abord
un lien positif (Hia et Hlb) entre la satisfaction à l'égard des pratiques de formation et
développement et l'intention de rester. Ces deux relations s'appuient sur l'ensemble des
résultats émanant des études faisant un lien entre la fonnation et l'intention de rester/quitter
(ex. : Benson et al., 2004; Mattox et Jinkerson, 2005; Sieben, 2007; Dysvik et Kuvaas,
2008) ainsi que celles faisant un lien entre la satisfaction et l'intention de rester/quitter (ex. :
Ng et Sorenson, 2008; Griffeth et al., 2000). De plus, en nous basant sur les résultats de
46
l'étude de Sieben (2007), nous proposons un lien positif plus fort (H 1c) entre la satisfaction
à l'égard des pratiques de développement et l'intention de rester qu'entre la satisfaction à
l'égard des pratiques de formation et l'intention de rester.
Toujours en lien avec notre variable dépendante, notre modèle propose ensuite un lien positif
direct (H3a) et indirect (H3b et H3c) entre le soutien du superviseur et l'intention de rester,
dans la mesure où la littérature sur le soutien du superviseur supporte ces deux associations.
Effectivement, d'une part, les résultats des études de DeConinck et Johnson (2009) puis
d'Eisenberger et al. (2002) démontrent l'effet indirect du soutien du superviseur sur
l'intention de quitter. D'autre part, les résultats des études de Maertz et al. (2007), Ng et
Sorenson (2008), Kuvaas et Dysvik (2010) indiquent que le soutien du superviseur a
également un effet direct sur l'intention de quitter.
Dans ce mémoire, deux de nos trois variables indépendantes ont trait à la satisfaction envers
la formation et le développement. Spécifiquement, en ce qui concerne la satisfaction à
l'égard des pratiques de formation, nous avons défini cette variable comme suit: la
satisfaction à l'égard des pratiques de formation réfère tout simplement à la façon dont les
employés se sentent par rapport aux activités de formation offertes par leur organisation dans
le cadre de leur emploi actuel. Précisément, elle se réfère à dans quelle mesure ils apprécient
ces activités de formation offertes dans le cadre de leur emploi actuel. Pour ce qui est de la
satisfaction à l'égard des pratiques de développement, nous avons proposé la définition
suivante: la satisfaction à l'égard des pratiques de développement réfère à la façon dont les
employés se sentent par rapport aux activités de développement offertes par leur organisation
dans le cadre de leur emploi actuel ou futur. Précisément, elle se réfère à dans quelle mesure
ils apprécient ces activités de développement offertes dans le cadre de leur emploi actuel ou
futur.
47
Nous avons choisi ces deux variables pour les trois raisons suivantes. Tout d'abord, comme
nous avons pu le constater dans le chapitre l, la satisfaction est une des variables les plus
étudiées dans la littérature portant sur la rétention, et ceci se constate dans la présence de
cette variable dans de nombreux modèles théoriques explicatifs de la rétention, comme ceux
présentés précédemment, à savoir celui de Griffeth et Hom (2001) ou encore de Price (2001).
D'autre part, de nombreux auteurs tels que St-Onge et Thériault (2006) précisent
qu'aujourd'hui, les organisations ne se basent plus seulement sur les pratiques traditionnelles
pour retenir leurs employés, mais plutôt sur des pratiques difficilement imitables et
pennettant d'en dégager un avantage concurrentiel. La fonnation et le développement en font
partie, et leur prise en compte dans les critères évalués dans les sondages détenninant les
meilleurs employeurs le prouve (St-Onge et al., 2009). Enfin, la théorie des besoins et des
motivations de Herzberg (1968) précise que la réalisation de soi est le seul facteur de
motivation chez un individu et que tout individu a pour objectif de satisfaire ses besoins.
Ainsi, par définition, nous pouvons constater que la formation et le développement répondent
à ce besoin.
Dans notre modèle d'analyse, en plus des deux liens déjà discutés ci-haut, nous proposons
également un lien positif (H2a et H2b) entre le soutien du superviseur et les deux variables
de satisfaction, ces liens s'appuyant sur les résultats issus des études présentées dans le
chapitre 1. Spécifiquement, les études de Tannenbaum (1997) et de Tharenou (2001)
démontrent un lien positif entre le soutien du superviseur et les pratiques de fonnation et
développement, et plus précisément la participation de l'individu à ces pratiques et sa
perception de celles-ci. De plus, la méta-analyse de Ng et Sorenson (2008) et de Griffin et al.
(2001) indiquent, quant à elles, un lien positif entre le soutien du superviseur et la
satisfaction.
beliefs employees hold regarding the extent to which supervisors [... ] provide instrumental
(work-related) and emotional assistance ».
Nous avons choisi cette variable pour deux raisons principales, raisons basées toutes les deux
sur un des modèles sur lequel nous nous inspirons pour ce mémoire, c'est-à-dire le modèle
explicatif du roulement volontaire de Price (2001). Tout d'abord, comme nous avons pu le
constater dans son modèle, Priee (2001) inclut le soutien du superviseur dans le soutien
social, et fait de cette variable l'une des sept variables structurelles qui auraient un impact
sur l'intention de rester. De plus, ce modèle mentionne un élément important à prendre en
considération: parmi les trois types de soutien qui composent la variable de soutien social, à
Tel que discuté précédemment, dans notre modèle, nous proposons un lien positif (H2a et
H2b) entre le soutien du superviseur et la satisfaction à l'égard des pratiques de formation et
développement. Nous proposons également un lien positif direct (H3a) et indirect (H3b et
H3c) entre le soutien du superviseur et l'intention de rester, dans la mesure où la littérature
sur le soutien du superviseur supporte ces deux effets.
2.4 HYPOTHÈSES
Avant d'entamer notre méthodologie, nous reprenons ICI, par SOUCI de clarté, toutes nos
hypothèses, à savoir:
CADRE MÉTHODOLOGIQUE
Ce troisième chapitre a pour objectif de présenter les aspects méthodologiques relatifs à cette
étude faisant un lien entre le soutien du superviseur, la satisfaction à l'égard des pratiques de
formation et développement et J'intention de rester. Dans un premier temps, nous présentons
le type de recherche de notre étude et dans un deuxième temps, notre terrain et nos
participants. Dans un troisième temps, nous présentons les données utilisées dans ce
mémoire. Enfin, nous concluons ce chapitre par la description de nos instruments de mesure.
La rétention du personnel devient un enjeu majeur pour les organisations oeuvrant au sein de
secteurs concurrentiels où la main-d'œuvre qualifiée se fait rare. La présente étude cherche à
mieux comprendre l'impact de certaines pratiques sur les intentions de cette main-d'œuvre
en matière de rétention. Cette compréhension a comme objectif final de mieux prédire ces
intentions et donc de contribuer à la réduction de l'ensemble des coûts relatifs au roulement
du personnel, qui s'avèrent être exorbitants pour les organisations. C'est donc pour cela que
notre étude s'est effectuée sur le terrain, auprès d'une organisation œuvrant dans le secteur
des hautes technologies. Notre étude peut ainsi être considérée comme une recherche
appliquée.
Notre recherche peut être également qualifiée d'hypothético-déductive. En effet, son objectif
est de prédire et d'expliquer l'intention de rester, notre variable dépendante. L'analyse des
théories, des modèles théoriques déjà existants et des résultats observés dans la littérature ont
généré des hypothèses que nous avons testées empiriquement. La confirmation ou
51
l'infirmation de ces hypothèses est établie par des analyses statistiques donnant des résultats
que nous expliquons plus loin dans ce mémoire. De manière générale, cette recherche vise à
expliquer un phénomène. Ainsi, notre recherche peut également être considérée comme
explicative.
De plus, le devis de cette recherche est un devis à coupe transversale. Effectivement, comme
le mentionnent Blais et Durand (2009), il s'agit d'un recherche où « le questionnaire est
administré qu'une seule fois» et qu'il sert « à décrire certaines caractéristiques d'une
population ou à examiner les relations entre certaines variables à un moment donné»
(pAS7). Dans ce type de devis, l'objectif n'est pas de déterminer s'il existe bel et bien un
lien de causalité entre différentes variables, mais plutôt de mesurer des liens.
Enfin, nous pouvons aussi qualifier notre recherche de quantitative. En effet, les données qui
y sont compilées sont uniquement de nature quantitative. Les résultats émanant de notre
collecte de données sont chiffrés et comme précisé dans le précédent paragraphe, des
analyses statistiques ont été utilisées pour décrire les relations obtenues.
Dans ce mémoire, notre population à l'étude est constituée de l'ensemble des travailleurs du
secteur de la haute technologie au Canada. Le choix de cette population s'avère très pertinent
lorsque l'on étudie la rétention. En effet, tout d'abord, il s'agit ici d'une population
relativement volatile dans le sens où les employés de ce secteur sont généralement éduqués,
aiment les défis et en conséquence, sont plus susceptibles de changer régulièrement
d'emploi. De plus, ce secteur est extrêmement concurrentiel et donc la chasse de talents y est
très active. En lien, Thatcher, Stepina et Boyle (2002), dans le cadre d'une étude sur la
rétention des travailleurs dans le secteur des technologies de l'information, précisent que
chaque année, plus de 20 % de ces travailleurs quittent leur emploi.
52
Cette population est aussi pertinente au niveau théorique car elle respecte les conditions
sous-jacentes au modèle explicatif du roulement volontaire de Price (2001). Effectivement,
selon cet auteur, son modèle est utile dans la mesure où une étude est menée dans un pays
capitaliste et démocratique et auprès d'employés travaillant à temps plein et rémunérés pour
leurs services.
Notre échantillon (n = 276) est un échantillon de convenance. En effet, nous avons contacté
tous les employés ayant été embauchés entre le 1e avril 2009 et le 30 septembre 2010 dans
une grande organisation du secteur de la haute technologie œuvrant au Canada et à l'échelle
mondiale. Notre échantillon se limitait aux employés de la division québécoise de cette
organisation. Le Tableau 3.1 donne plus de détails sur les caractéristiques
sociodémographiques de notre échantillon final. Tout d'abord, nous pouvons y constater
qu'en ce qui concerne le genre, la répartition d'hommes et de femmes n'est aucunement
égale. En effet, notre échantillon est composé d'une grande majorité d'hommes. Ensuite, en
ce qui a trait à l'âge, les résultats de la distribution nous permettent d'attester qu'il s'agit
d'un échantillon relativement jeune. Nous pouvons également constater qu'il n'existe pas de
grandes disparités entre les répondants en matière de niveau de scolarité. En revanche, ce
n'est pas le même constat pour la langue parlée. Effectivement, nous pouvons remarquer que
le français est la langue la plus nettement parlée au sein de notre échantillon. Enfin, la
répartition en fonction de l'ancienneté dans le secteur de la haute technologie nous permet de
constater qu'une majorité des répondants (environ 75 %) possèdent entre 0 et 4 ans années
d'expérience dans ce secteur. Ainsi, de manière générale, nous pouvons en conclure que
notre échantillon est principalement constitué de jeunes travailleurs relativement éduqués
parlant français.
53
Âge:
- 20 à 24 ans 5,8 16
- 25 à 29 ans 37,7 104
- 30 à 34 ans 30,8 85
- 35 à 39 ans 15,9 44
- 40 ans et plus 9,8 27
Niveau de scolarité:
Langue:
Les données utilisées dans cette étude sont des données secondaires, issues d'un projet de
recherche à plus grande envergure, subventionné par le Conseil de Recherche en Sciences
Humaines du Canada (CRSH), organisme du gouvernement fédéral canadien dont la mission
est d'appuyer la recherche menée par le milieu universitaire dans le domaine des sciences
humaines. Spécifiquement, ces données ont été collectées dans le cadre d'une recherche
longitudinale avec trois temps de mesure menée par Lucie Morin, chercheure à l'École des
Sciences de la Gestion de l'Université du Québec à Montréal (ESG UQAM), et par Stéphane
Renaud, chercheur à l'Université de Montréal (UdeM). L'objectif de cette recherche était de
mieux comprendre les liens entre diverses pratiques de gestion des ressources humaines
(ex. : rémunération et formation) et l'attraction et la rétention des employés.
Les données utilisées dans ce mémoire sont celles qui ont été collectées au deuxième temps
de mesure, c'est-à-dire lorsque les répondants avaient entre six et douze mois d'ancienneté
au sein de l'organisation. Nous croyons que le fait d'avoir utilisé le deuxième temps de
mesure au lieu du premier nous a permis d'obtenir de l'information plus valide en regard de
nos variables à l'étude. En effet, il est plausible depenser que les employés ont par exemple
une meilleure idée du soutien offert par leur superviseur après six mois en emploi
comparativement au moment de leur entrée en emploi (Jokisaari et Nurmi, 2009).
Ces données secondaires ont été recueillies grâce à une enquête par questionnaire. Plus
précisément, les participants ont été invités à répondre à un questionnaire électronique par
l'intermédiaire du site internet [Link]. un fournisseur de solutions de
sondage en ligne utilisé par de nombreuses universités et organisations. Cette méthode de
collecte est rapide, facile d'accès, et permet l'enregistrement de l'information instantanément
(Blais et Durand, 2009). Le questionnaire électronique a été disponible sur le serveur de
SurveyMonckey durant quatre semaines. Bien que le questionnaire comportait de nombreuses
sections, dans le cadre de ce mémoire, nous n'avons utilisé que les sections relatives à la
satisfaction, au soutien du superviseur et à l'intention de rester.
55
participation, deux courriels de rappel ont été envoyés, soit un à la fin de la deuxième
semaine et un à la fin de la troisième semaine. Un membre de l'équipe de recherche était
aussi sur place à plusieurs reprises, incitant les employés à participer via la messagerie
électronique interne. Cette présence au sein de l'organisation s'est avérée fort utile,
notamment pour rappeler l'objectif de la recherche et la confidentialité du processus de
collecte de données. Sur l'ensemble des 353 participants ayant répondu au premier sondage,
Lorsque le sondage a été fermé après quatre semaines, les réponses des répondants ont été
transférées par SurveyMonkey dans un fichier Microsoft Excel, lequel a été utilisé pour créer
notre base de données dans SPSS (Statistical Package for the Social Sciences), logiciel
spécialisé dans l'analyse statistique.
L'intention de rester a été mesurée par un item, inspiré de l'instrument de mesure Staying or
Leaving Index, développé par Bluedorn (1982). Spécifiquement, les participants devaient
répondre à la question suivante: «En utilisant une échelle de 0 à 100, quelle est la
probabilité que vous restiez au sein de votre organisation d'ici un an ? », 0 étant égal à
« extrêmement faible» et 100 étant égal à « extrêmement forte ».
Dans notre étude, la satisfaction à l'égard des pratiques de formation a été mesurée par six
items développés spécifiquement pour cette étude par les chercheurs Morin et Renaud en
2009. Ces chercheurs se sont inspirés des différentes mesures de satisfaction en emploi que
nous avons recensé dans le chapitre 1. Spécifiquement, les participants devaient répondre à
la question suivante: «Dans quelle mesure êtes-vous satisfait ou insatisfait des éléments
suivants dans votre organisation? », en utilisant une échelle de type Likert en 6 points allant
56
de 1 == Tout à fait insatisfait à 6 = Tout à fait satisfait. Des exemples d'items sont:
« Méthodes de fonnation basées sur les meilleures pratiques », «Remboursement des
fonnations suivies à l'externe liées à mon travail» ou encore « Nombreuses opportunités de
formation par année ». Pour ces six items, nous avons obtenu un alpha de Cronbach de ,88.
Toutefois, suite aux résultats des analyses du modèle de mesure réalisées avec AMOS et
présentées au chapitre suivant, nous n'avons retenu que trois items dans nos analyses
statistiques (descriptives et test des hypothèses). Pour ces trois items, nous avons obtenu un
alpha de Cronbach de ,89.
Cette variable a été mesurée par cinq items développés spécifiquement pour cette étude par
les chercheurs Morin et Renaud en 2009. Ces chercheurs ont procédé de la même manière
que pour mesurer la satisfaction à l'égard des pratiques de fonnation, c'est-à-dire en
s'inspirant des instruments de mesure recensés dans le chapitre 1. Des exemples d'items
sont: « Possibilité de développer mes compétences non techniques (ex. : communication) »,
« Possibilité de recevoir du coaching individuel» ou encore «Bonnes opportunités de
développement de carrière ». Tout comme pour la variable de satisfaction à l'égard des
pratiques de fonnation, les participants devaient répondre à la question suivante: « Dans
quelle mesure êtes-vous satisfait ou insatisfait des éléments suivants dans votre organisation
? », en utilisant une échelle de type Likert en 6 points allant de 1 = Tout à fait insatisfait à 6
= Tout à fait satisfait. Pour ces cinq items, nous avons obtenu un alpha de Cronbach de ,89.
Toutefois, suite aux résultats des analyses du modèle de mesure réalisées avec AMOS et
présentées au chapitre suivant, nous n'avons retenu que trois items dans nos analyses
statistiques (descriptives et test des hypothèses). Pour ces trois items, nous avons obtenu un
alpha de Cronbach de ,86.
secteur des technologies de l'information. Parmi ces pratiques, nous retrouvons notamment
celles relatives à la formation et au développement. Spécifiquement, les participants devaient
répondre à la question suivante: « Indiquez dans quelle mesure chacun des énoncés suivants
s'applique à votre situation de travail» en utilisant une échelle de type Likert en 6 points
allant de 1 = Jamais à 6 = Toujours. Des exemples d'items sont: « Mon manager direct me
donne de la reconnaissance », « Mon manager direct me donne en continu du feedback de
qualité », et «Mon manager direct évalue adéquatement ma performance ». Pour ces 12
items, nous avons obtenu un alpha de Cronbach de ,94. Toutefois, suite aux résultats des
analyses du modèle de mesure réalisées avec AMOS et présentées au chapitre suivant, nous
n'avons retenu que cinq items dans nos analyses statistiques (descriptives et test des
hypothèses). Pour ces cinq items, nous avons obtenu un alpha de Cronbach de ,91.
CHAPITREN
RÉSULTATS
Dans ce quatrième chapitre, nous présentons l'ensemble des résultats des analyses
statistiques effectuées dans le cadre de cette étude. Dans un premier temps, nous
présenterons l'ensemble des résultats issus de l'analyse descriptive. Dans un second temps,
nous présenterons l'ensemble des résultats relatifs aux tests de nos hypothèses.
Les statistiques descriptives que nous présentons dans cette section sont relatives aux quatre
variables à l'étude dans ce mémoire, à savoir le soutien du superviseur, la satisfaction des
pratiques de formation et développement et l'intention de rester.
Selon Baillargeon (2001, p. 8), l'analyse descriptive « permet de rendre plus intelligible une
série d'observations en permettant de dégager les caractéristiques essentielles [... ] qui se
dissimulent dans une masse de données ». Ainsi, ces statistiques descriptives présentent
différentes informations sur la tendance centrale de la distribution des scores et sur la
dipersion de ceux-ci. Spécifiquement, la moyenne (x), la médiane (Me) et le mode (Mo) nous
informe sur la tendance centrale alors que l'écart-type (s), le score minimum (Xmin), le score
maximum (xmax ), le degré d'asymétrie (Sk) et le degré d'aplatissement (a4) nous informe sur
la dipersion. De manière générale, on constate les caractéristiques de tendance centrale dans
le but de comprendre « l'ordre de grandeur des valeurs constituant la série» et leur position,
alors que l'on constate les caractéristiques de dipersion afin savoir « dans quelle mesure les
valeurs observées s'écartent les unes des autres ou s'écartent de leur valeur centrale»
(Baillargeon, 2001, p. 95). Le Tableau 4.1 définit les diverses statistiques descriptives
utilisées dans ce mémoire:
59
Le Tableau 4.2 ci-dessous présente ainsi les statistiques descriptives des variables à l'étude.
Il est important de noter ici que les données manquantes dans notre base de données ont été
remplacées par la moyenne de la variable. Cette imputation a été réalisée par une commande
automatisée du logiciel SPSS. Il s'agit ici d'une exigence du logiciel AMOS pour l'analyse
du modèle de mesure et du modèle structurel. Le texte qui suit discute en détail de ces
statistiques pour chacune des variables à l'étude:
Satisfaction à SatÎsfaction à
Soiltien du l'égard des l'éganldes Intention de
superviseur pratiques de pratiques de rester
formation développement
'Mode 4 5 5 100
Intention de rester
La Figure 4.1 présente la répartition des résultats individuels liés à l'intention de rester. La
moyenne des résultats enregistrés pour cette variable est de 84,59, ce qui nous pennet de
constater que la grande majorité des répondants démontrent une réelle intention de rester au
sein de leur organisation. Nous pouvons également remarquer une distribution des données
relativement nonnale dans la mesure où la médiane est proche de la moyenne (x= 84,59 ; Me
= 90). Néanmoins, cette distribution est essentiellement située à droite de l'échelle.
Effectivement, nous pouvons remarquer que les résultats qui émanent du Tableau 5.2
présentent pour cette variable un degré d'asymétrie de -1,784. Un degré d'asymétrie compris
entre -1 et 1 est considéré comme très bon et un degré d'asymétrie compris entre -2 et 2 est
considéré comme acceptable. Ainsi, nous pouvons considérer le notre comme acceptable. De
plus, les résultats du tableau nous pennettent de constater que le degré d'aplatissement est de
3,097. La courbe de cette figure est donc leptokurtique.
120
Moyenne =84,59
Ecart type =21 ,031
N =276
100
80
....
~
u
~ 60
W
40
20
o 30 60 90 120
Figure 4.1 : Courbe de distribution des scores individuels pour la mesure de l'intention de
rester
62
est proche de la moyenne (x= 4,33 ; Me = 4,51). Néanmoins, cette distribution est légèrement
située à droite de l'échelle. Effectivement, nous pouvons remarquer que les résultats qui
émanent du Tableau 5.2 présentent pour cette variable un degré d'asymétrie de -,985, ce que
nous pouvons considérer de très bon. De plus, le tableau nous pennet de constater que le
degré d'aplatissement est de ,867. La courbe de cette figure est donc platykurtique, à savoir
aplatie.
so
Moyenne =4,33
Ecart type =1 ,129
N =276
50
40
....•.i:i
u
QI
It: 30
W
20
10
Figure 4.2 : Courbe de distribution des scores individuels pour la mesure de satisfaction à
l'égard des pratiques de formation
63
Moyenne =4,37
Ecart type =1 ,048
N=276
1~ 2~ 3~ 4~ 5~ 6~ 7~
Figure 4.3 : Courbe de distribution des scores individuels pour la mesure de satisfaction à
l'égard des pratiques de développement
64
Soutien du superviseur
La Figure 4.4 présente la répartition des résultats individuels liés au soutien du superviseur.
La moyenne des résultats enregistrés pour cette variable est de 3,90, ce qui nous permet de
constater que, de manière générale, les participants rapportent une haute perception du
soutien du superviseur. Nous pouvons également remarquer une distribution des données
quasiment symétrique dans la mesure où la médiane est égale à au mode, et très proche de la
moyenne (x= 3,90 ; Me = 4 ; Mo = 4). Néanmoins, cette distribution est légèrement située à
droite de l'échelle. Effectivement, nous pouvons remarquer que les résultats qui émanent du
Tableau 5.2 présentent pour cette variable un degré d'asymétrie de -,075, ce que nous
pouvons considérer de très bon. De plus, le tableau nous permet de constater que le degré
d'aplatissement est de -,327. La courbe de cette figure est donc platykurtique, à savoir
aplatie.
MOYllMe .. 3,90
~dPe"0,998
Figure 4.4 : Courbe de distribution des scores individuels pour la mesure du soutien du
supervIseur
65
Afin de comprendre les liens entre le soutien du superviseur, la satisfaction à l'égard des
pratiques de formation et développement et l'intention de rester, nous avons eu recours à la
modélisation d'équations structurelles. Selon Byme (2001), «structural equation modeling
(SEM) is a statistical methodology that takes a confirmatory (i.e., hypothesis-testing)
approach to the analysis of a structural theory bearing that generate observations on
multiple variable» (p. 3). En d'autres termes, cette méthodologie statistique nous a permis
de tester notre modèle théorique et donc de tester nos hypothèses. Cette technique a été
rendue possible par le logiciel AMOS 17.0 (Analysis ofMoment Structures).
Comme l'a précisé Byme (2001) dans son ouvrage, «the general SEM model can be
decomposed into two submodels : a measurement model, and a structural model» (p.12).
Dans le cadre de ce mémoire, nous avons procédé de la même manière. Ainsi, dans le texte
qui suit, nous présentons tout d'abord les résultats issus de l'analyse du modèle de mesure.
Selon Byme (2001), «the measurement model defines relations between the observed and
unobserved variables. In other words, il provides the link between scores on a measuring
instrument (i.e., the observed indicator variables) and the underlying constructs they are
designed to measure (i.e., the unobserved latent variables) » (p.12). Spécifiquement,
l'analyse du modèle de mesure consistait à effectuer une analyse factorielle confirmatoire
(AFC), cette analyse répondant plus aux objectifs du modèle de mesure que l'analyse
factorielle exploratoire (AFE), qui consiste seulement à faire émerger une théorie. En second
lieu, nous présentons les résultants issus de J'analyse du modèle structurel. « The structural
model defines relation among the unobserved variables. Accordingly, it specifies the manner
by which particular latent variables directly or indirectly irifluences (i.e., "cause") changes
in the values ofcertain other latent variables in the model » (Byme, 200 l, p. 12).
66
Dans la mesure où les résultats de l'analyse du modèle structurel repose sur les mesures de
nos construits, il est primordial de vérifier les mesures d'ajustement de notre modèle. En
d'autres tennes, il est nécessaire de nous assurer de la validité de notre modèle de mesure.
Pour cela, l'analyse factorielle confinnatoire pennet de prendre connaissance de l'ensemble
de l'état de nos indicateurs. Le Tableau 4.3 qui suit présente ainsi les indices suivant pour
toutes nos variables à l'étude sauf pour l'intention de rester dans la mesure où il s'agit d'une
variable observée et non latente comme les autres variables : la saturation factorielle
standardisée (SfS), la corrélation multiple au carré (CMC), l'erreur de mesure (ER) ainsi
que le ratio critique (RC). Si l'indice SfS est inférieur à 0,7, ceci donne automatiquement
une corrélation multiple au carré inférieure à 0,5, et donc une erreur de mesure supérieure à
50 %. Ainsi, si l'indiCe SfS n'est pas bon, tous ces autres indices ne le seront pas non plus
car ils sont tous liés. L'indice RC l'est également puisque plus J'erreur de mesure est grande,
plus iJ sera faible.
Idéalement, l'indice SfS devrait donc être supérieur à 0,7, l'indice CMC supérieur à 0,5 et
l'indice ER inférieur à 0,5. Néanmoins, il est important de préciser qu'un indice ER inférieur
à 0,4 est préférable afin de pouvoir espérer une meilleure adéquation du modèle de mesure.
Enfin, l'indice RC devrait être au dessus de 1,96, ce qui signifierait une saturation factorielle
significativement différente de °
(p < 0,05).
67
Soutien du superviseur
(1) Mon manager direct m'est accessible et ,66 ,44 0,56 9,997
disponible
(2) Mon manager direct me fixe des objectifs clairs ,75 ,56 0,44 11,210
(4) Mon manager direct me fait confiance ,62 ,38 0,62 9,371
(6) Mon manager direct me donne en continu du ,83 ,69 0,31 12,171
feedback de qualité
(7) Mon manager direct me tient informé de ce qui ,72 ,53 0,47 10,846
se passe
(8) Mon manager me coache pour m'améliorer ,78 ,60 0,41 11,638
(9) Mon manager direct évalue adéquatement ma ,80 ,64 0,36 Il,840
performance
(10) Mon manager direct m'aide à performer au ,84 ,70 0,30 12,273
meilleur de mes habiletés
(Il) Mon manager direct facilite mon ,83 ,68 0,32 12,227
développement professionnel
(1) Emploi qui constitue un tremplin pour un futur ,76 ,57 0,43 12,146
emploi
Le Tableau 4.4 présente ainsi l'ensemble des items qui ont été utilisés pour notre analyse de
mesure et notre analyse structurelle:
Facteurs Items
- Mon manager direct me donne de la
reconnaissance.
- Mon manager direct me donne en continu
du feedback de qualité.
Soutien du superviseur - Mon manager direct évalue
adéquatement ma performance.
- Mon manager direct m'aide à performer
au meilleur de mes habiletés.
- Mon manager direct facilite mon
développement professionnel.
- Nombreuses opportunités de formation
par années.
Satisfaction à l'égard des pratiques de - Possibilités de développement de mes
formation compétences techniques.
- Nombreuses heures de formation.
- Expérience professionnelle qui aide à ma
carrière.
Satisfaction à l'égard des pratiques de - Bonnes opportunités de développement
développement de carrière.
- Soutien continu au développement de
mes compétences.
70
En ce qui concerne le soutien du superviseur, nous pouvons constater qu'il reste désormais
cinq items pour mesurer cette variable. Ceci nous parait suffisant dans la mesure où nous
pouvons constater que certains auteurs comme Maertz et al. (2007), DeConinck et Johnson
(2009) et Kuvaas et Dysvik (20 10) mesurent cette variable avec trois à quatre items, tous
réadaptés de l'instrument de mesure Survey of Perceived Organizational Support développé
par Eisenbergher et al. (1986). De plus, nous pouvons constater que les items restant semblent
refléter les deux aspects du soutien du superviseur mentionnés dans la définition de cette
variable donnée par Thoits (1985, dans Ng et Sorenson, 2008) : l'aspect du soutien lié à la
tâche et l'aspect lié à la personne.
Pour ce qui est de la satisfaction à l'égard des pratiques de formation et développement, nous
pouvons remarquer qu'il reste donc trois items pour chacune des deux variables. Ceci nous
parait également suffisant, surtout si l'on s'appuie indirectement sur les études d'Oshagbemi
(1999) et de Nagy (2002), auteurs qui démontrent la pertinence de mesurer la satisfaction
générale d'un individu avec un seul item.
Malgré la suppression de plusieurs items dans l'ensemble de nos variables, nous pouvons
néanmoins constater la bonne validité convergente de nos mesures. Effectivement, comme
nous avons pu le 'remarquer précédemment, le Tableau 5.3 contient des informations
relatives à l'indice Re. Tous les indices RC de ce tableau se situent au-dessus de 1,96, ce qui
signifie que la saturation factorielle est significativement différente de 0 (p < 0,05).
De plus, le Tableau 4.5 qui suit démontre que nos facteurs ont obtenu une variance expliquée
(VE) assez satisfaisante et que notre modèle de mesure a une bonne consistance interne. En
effet, si nous nous intéressons tout d'abord à la variance expliquée de nos facteurs, nous
pouvons constater qu'ils se situent tous au dessus de 0,6, en sachant que le seuil recommandé
est de plus de 0,5. Quant à la fiabilité de nos facteurs, mesurée grâce au Rbo de Joreskog
(mesure plus fiable que l'alpha de Cronbach puisqu'elle prend en considération l'erreur de
mesure), nous pouvons constater que les résultats se situent tous au-dessus de 0,8, ce qui est
très satisfaisant.
71
Afin d'apprécier davantage la validité de notre modèle de mesure, nous nous sommes
intéressés également à la validité discriminante, qui vérifie l'envers de la validité
convergente que nous avons abordée précédemment. En d'autres termes, il s'agit ici de
savoir dans quelle mesure un construit diffère de d'autres construits. Pour cela, nous avons
comparé la plus petite variance expliquée de deux facteurs et le coefficient de corrélation
élevé au carré (,-2) qu( unit ces variables. Le coefficient de corrélation élevé au carré a été
calculé grâce aux coefficients de corrélation (r) que nous avons calculés à la fois avec le
logiciel SPSS mais également avec le logiciel AMOS 17.0. En effet, nous avons reporté dans
le Tableau 4.6 et 4.7 les résultats émanant de ces deux logiciels afin de démontrer la
meilleure fiabilité qu'apporte le logiciel AMOS, dans la mesure où il présente les
corrélations en considérant l'erreur de mesure. Le Tableau 4.8, quant à lui, présente la
comparaison entre les coefficients de corrélation élevés au carré (r2) et les variances
expliquées.
72
Soutien du
3,90 1,04 (,91 ) - -
superviseur
Sato à l'égard
des pratiques de 4,33 1,13 ,37** (,89) -
formation
" ..
Sat.à l'égard
d~ pratiques d,e ' 4,37 1,05 ,60** ,68** (,86)
~. dey.
Intention de
84,59 21,03 ,43** ,39** ,58**
rester
Note: ** = La corrélation est significative au niveau 0,01 (bilatéral) .. () = Indice de fiabilité interne
(Rho de Joreskog).
73
Tableau 4.8 : Comparaison entre les coefficients de corrélation élevés au carré et les
variances expliquées
Minimum
Construits en relation r <,>,= des deux
VE
Soutien du superviseur et satisfaction à l'égard ,14 < ,68
des pratiques de fonnation
Soutien du superviseur et satisfaction à l'égard ,36 < ,68
des pratiques de développement
Satisfaction à l'égard des pratiques de formation ,15 < ,74
et intention de rester
Satisfaction à l'égard des pratiques de
,34 < ,68
développement et intention de rester
Satisfaction à l'égard des pratiques de fonnation
et satisfaction à l'égard des pratiques de ,46 < ,68
développement
Soutien du superviseur et intention de rester ,18 < ,68
Les coefficients de corrélations élevés au carré étant tous inférieurs au minimum des deux
variances expliquées, nous pouvons constater que notre modèle de mesure bénéficie d'une
bonne validité discriminante. De plus, nous pouvons remarquer que le Tableau 4.7 présente
des corrélations qui reflètent les résultats discutés dans la recension des écrits. Nous pouvons
donc également considérer que nos construits ont aussi une bonne validité nomologique.
Néanmoins, ce tableau présente une forte corrélation entre les deux variables médiatrices, à
savoir la satisfaction à l'égard des pratiques de fonnation et développement (r = ,68 ; p <
0,01). Nous avons ainsi procédé au test de différence du khi-deux (X2 ), test qui nous pennet
d'affinner l'indépendance de deux construits, et ceci malgré une forte corrélation entre ces
derniers.
Ce test fait appel à différents indices d'adéquations. Ils correspondent à deux des trois
catégories d'indices d'adéquation proposées par Byrne (2001), à savoir la catégorie des
indices absolus, indices qui pennettent d'avoir une appréciation de l'adéquation générale du
modèle, et celle des indices incrémentaux,. qui permettent d'apprécier l'ajustement du
74
modèle en fonction du modèle indépendant. Ces indices sont nombreux, néanmoins, certains
d'entre eux sont notamment recommandés.
En ce qui concerne les indices absolus, nous avons suivi les recommandations de Farkas et
Tetrick (1989) qui, dans le cadre d'une étude mettant en relation la satisfaction et l'intention
de quitter, recommandent l'utilisation du degré de liberté, du khi-deux, du GFI et du SRMR.
Le degré de liberté (ddl), dit également degree of freedom (d./), se définit comme « la
quantité d'infonnations mathématiques disponibles afin d'estimer les paramètres d'un
modèle» (Cadieux et Lévesque, 2011, p. 44). Le khi-deux (X2 ), quant à lui, « represents the
likelihood ratio test statistic » (Byrne, 2001, p. 79). Selon Cadieux et Lévesque (20 Il), cet
indice pennet d'apprécier l'ajustement du modèle par rapport aux données. Pour Byrne
(2001), « the Goodness-ofFit Index (GFI) is a measure of the relative amount ofvariance
and covariance in [the sampIe data] that is jointly explained by [the hypothesized mode/] »
(p. 82). Le SRMR (Standardized Root Mean square Residua/), en revanche, « represents the
average value across ail standardized residuals » (Byrne, 2001, p. 82). Il s'agit ici d'une
version standardisée du RMR « qui représente une appréciation moyenne de la différence
entre la matrice de variances-covariances des données et celle estimée sous l'hypothèse que
le modèle est correct» (Cadieux et Lévesque, 20 Il, p. 59). En plus de ces indices, Byrne
(2001) recommande également l'utilisation du RMSEA (Root Mean Square Error of
Approximation), qu'il qualifie comme « one of most informative criteria in covariance
structure modeling» (p. 84). Cet auteur rajoute également que « the RMSEA takes into
account the error of approximation in the population and asks the question, "How weil
would the model, with unknown but optimally chosen parameter values, fit the population
covariance matrix if il were avai/able? " » (p. 84).
Panni l'ensemble des indices incrémentaux existants, pour le test de différence du khi-deux,
nous avons retenu le CFI (Comparative Fit Index), qui « mesure la diminution relative du
manque d'ajustement du modèle par rapport au modèle indépendant» (Cadieux et Lévesque,
2011, p. 61).
75
L'ensemble des résultats relatifs à ce test sont ainsi présentés dans le Tableau 4.9. Les
deux démontre que le deuxième modèle, à savoir celui à deux facteurs, a une meilleure
adéquation que le premier modèle. Plus précisément, la différence du khi-deux est de 191,65
avec trois degrés de liberté, et la valeur critique est de 7,82 à p<0,05. De plus, les résultats
démontrent que tous les indices du deuxième modèle sont nettement meilleurs que ceux du
premier modèle. En effet, nous pouvons c~:mstater dans le deuxième modèle que le GFI est
supérieur à 0,9, que le SRMR est de 0,06 et que le CFI est supérieur à 0,9. Seule exception,
le RMSEA se situe à 0,09, en sachant que le seul recommandé est de 0,08. Néanmoins, ce
Tous ces indices ont également été utilisés pour mesurer l'adéquation de notre modèle de
mesure. Néanmoins, comme nous pouvons le remarquer dans le Tableau 5.1 ° qui suit, nous
en avons ajouté trois autres. En effet, sous recommandation de Farkas et Tetrick (1989), nous
76
avons fait appel à un indice absolu supplémentaire, à savoir l'AGFI. Pour Byrne (2001), «
the AGFI [Adjusted Goodness-of-Fit Index] differs from the GFI only in the fact that it
adjusts for the number of degrees of freedom in the specified mode!. As such, it also
addresses the issue ofparsimony by incorporating a penalty for the inclusion of additional
parameters » (p. 82). De plus, nous avons fait appel à un autre indice incrémentai, à savoir le
CFI (Comparative Fit Index), qui « mesure la diminution relative du manque d'ajustement du
modèle par rapport au modèle indépendant» (Cadieux et Lévesque, 2011, p. 61). Enfin, nous
avons retenu un indice issu de la troisième catégorie d'indice proposée par Byme (2001): le
khi-deux normé (t normé). Faisant partie des indices de parcimonie, « cet indice permet de
mesurer le degré de parcimonie absolu d'un modèle puisque qu'un intervalle de valeurs est
proposé, tout comme il peut servir à comparer des modèles entre eux» (Cadieux et
Lévesque, 2011, p. 62).
De manière générale, les résultats du Tableau 4.10 indiquent que notre modèle de mesure
avec corrélation présente une meilleure adéquation aux données empiriques que le modèle
sans corrélation. En effet, si nous comparons les deux modèles, nous pouvons remarquer que
l'ensemble des indices d'équation sont nettement meilleurs pour le modèle à deux facteurs.
Tout d'abord, nous pouvons remarquer que la différence de khi-deux entre les deux modèles
est de 314,62 avec 6 degrés de liberté, et que la valeur critique est de 12,59 à p<0,05. De
plus, le GFI du modèle avec corrélation est de 0,91, contre 0,75 pour le modèle sans
corrélation. Nous pouvons également constater que l'AGFI, bien qu'il n'atteigne le seuil
critique recommandé de 0,9, est de 0,86 contre 0,65 pour le premier modèle. Le RMSEA
n'atteint également pas le seuil critique recommandé de 0,08, mais il est nettement meilleur
dans le deuxième modèle. En effet, il se situe à 0,09 contre 0,17 pour le premier modèle. Le
SRMR du deuxième modèle est également nettement meilleur, à savoir 0,06 contre 0,32.
Enfin, le TU du modèle avec corrélation est supérieur à 0,90 tandis que celui du modèle sans
corrélation est très loin de ce seuil recommandé (0,77). Le CFI, quant à lui, atteint désormais
O~95, alors que celui du premier modèle se situe à 0,81. De plus, le khi-deux normé du
modèle avec corrélation se situe bien en-dessous de 5, alors que celui du modèle sans
corrélation est de 8,66 (Cadieux et Lévesque, 2011).
77
f t
Ir Modèles ddl 'l GFI AGFI RMSEA SRMR TU CFI ô-l ôddl
normé
~
1. Modèle
sans
corrélation 55 476,13 ,75 ,65 ,17 ,32 ,77 ,81 8,66
entre les
facteurs
314,62 6
2. Modèle
avec
corrélation 49 161,51 ,91 ,86 ,09 ,06 ,93 ,95 3,30
entre les
facteurs
Note: I1X l = Différence des valeurs Xl entre les modeles " à une difference de degre de Merté (l1ddl) de
6, la valeur critique à p < 0,05 est égale à = 12,59.
L'analyse du modèle de mesure nous a permis d'affirmer que nos variables ont été mesurées
correctement. Or, il est important de rappeler que notre objectif est d'étudier les liens entre
nos différentes variables, à savoir le soutien du superviseur, la satisfaction à l'égard des
pratiques de formation et développement et l'intention de rester, et ce dans le but de mieux
comprendre ce qui favorise la rétention. En raison du fait que l'analyse du modèle de mesure
ne permet pas d'étudier ces liens, nous avons effectué l'analyse du modèle structurel. En
bref, cette nouvelle analyse nous a permis de tester notre modèle en spécifiant les relations
causales sur lesquelles reposent nos hypothèses de recherche.
indiquent que la satisfaction à l'égard des pratiques de fonnation n'es~ pas liée à l'intention
de rester (~ = ,069, n.s.). Néanmoins, l'hypothèse HI b a été soutenue puisque les résultats
démontrent que la satisfaction à l'égard des pratiques de développement est positivement et
significativement liée à l'intention de rester (~= ,46, P < 0,001). À la lumière de ces deux
résultats, notre hypothèse HIc a conséquemment été soutenue, à savoir le lien entre la
satisfaction à l'égard des pratiques de fonnation et l'intention de rester est moins fort que le
lien entre la satisfaction à l'égard des pratiques de développement et l'intention de rester.
D'autre part, les résultats indiquent que le soutien du superviseur est li~ positivement et
significativement à la satisfaction à l'égard des pratiques de formation (~= ,339, p < 0,001).
Il en est de même pour le lien entre le soutien du superviseur et la satisfaction à l'égard des
pratiques de développement (~ = ,620, p < 0,001). Les hypothèses H2a et H2b ont donc été
toutes les deux soutenues. Néanmoins, les résultats du Tableau 4.11 indiquent qu'il n'existe
aucun lien positif et significatif direct entre le soutien du superviseur et l'intention de rester
(~ = ,128, n.s.). L'hypothèse H3a est donc rejetée.
Hla
Satisfaction à l'égard des pratiques de fonnation -+ ,069
intention de rester
H2b
Soutien du superviseur -+ Satisfaction à l'égard des ,620***
pratiques de développement
De manière générale, il est néanmoins important de noter qu'en raison d'un ajustement non
optimal de notre modèle, nos résultats sont à considérer avec prudence. Nous considérons
que notre modèle n'est pas totalement optimal en raison du fait que seul l'indice CFI atteint
le seuil recommandé. Ce n'est pas le cas pour les autres indices. En effet, trois indices
atteignent presque le seuil recommandé: l'indice GFf (0,88), l'indice AGFI (0,81) et l'indice
TU (0,88). En revanche, les indices RMSEA et SRMR, quant à eux, sont loin du seuil
recommandé de 0,08. En effet, l'indice RMSEA est à 0,12, et l'indice SRMR est à 0,13.
SATISFALTION A L'EGARD
DES PRATIQUES DE
,339*** ,069
FORMATION
SOUTIEN DU INTENTION DE
SUPERVISEUR RESTER
SATISFACTION À
,620*** ,46***
.L'ÉGARD DES PRATIQUES
DE DEVEWPPEMENT
,128
Outre ces résultats, il est intéressant pour nous de pouvoir apprécier le niveau d'explication
des variables par le modèle. Àinsi, le Tableau 4.12 présente les corrélations élevées au carré
(r) de l'ensemble de nos facteurs. En bref, les résultats indiquent que la satisfaction à
l'égard des pratiques de formation est expliquée à seulement 16 % par la modèle, tandis que
la satisfaction à l'égard des pratiques de développement l'est à 38 %. L'intention de rester,
quant à elle, est expliquée à 33 %.
80
Facteurs r
La satisfaction à l'égard des pratiques de ,16
formation
La satisfaction à l'égard des pratiques de ,38
développement
L'intention de rester ,33
En plus de l'apport de ces résultats, le logiciel AMOS 17.0 nous permet enfin de pouvoir
tester les hypothèses de médiation. Effectivement, comme nous l'avons précisé dans le
chapitre 1 et 2, nous supposons que la satisfaction à l'égard des pratiques de formation et
développement ont toutes les deux un rôle médiateur dans la relation entre le soutien du
superviseur et l'intention de rester. AMOS 17.0 s'appuie sur la technique du bootstrapping,
« that il enables to researcher to create multiple subsamples /rom an original data base»
(Byme, 2001, p. 269). Cette technique permet d'affirmer ou non l'existence de médiation
entre deux variables. Néanmoins, cette technique ne permet par de déterminer le type de
médiation entre elles. Or, ceci est rendu possible par la technique recommandée par Zhao,
Lynch et Chen (2010), qui sert à déterminer cinq types de médiation ou non-médiation:
- la médiation avec effet indirect (seulement si a x b est significatif et que c ne l'est pas) ;
- la non-médiation avec effet direct (seulement si a x b est non significatif et que c l'est) ;
- la non-médiation sans effet (seulement si a x b et c sont non significatif) ;
- la médiation complémentaire (a x b et c sont du même signe) ;
- la médiation compétitive (a x b et c sont de signes opposés).
Le Tableau 4.13 présente ainsi les résultats liés aux hypothèses de médiation.
81
... ~
." c -
Variable Variable 1
Vâ[Link]!e Effet de Effet de Effèt 1JI
Elfet [Link]è;OJ i Effet
Hypothèses Îhdép~ndaDte Médiatrice dé~ndante VI surM MsürVD Dîne!
« " ~
total
(n) (YM) (f/l)) (<<) (b) (c) 1
~(a ~b), " %IC'
Satisfaction à
Soutien du l'égard des Intention de
H3b ,364*** ,270*** ,327*** ,098*** (,054; ,163) ,425
superviseur pratiques de rester
formation
Satisfaction à
Soutien du l'égard des Intention de
H3c ,599*** ,504*** ,124 ,302*** (,21 1 ; ,407) ,426
superviseur pratiques de rester
développement
Note: *** = p < 0,001.
82
Dans le tableau précédent, les hypothèses 3b et 3c sont testées. Pour l'hypothèse 3b, nous
pouvons constater que les résultats indiquent que l'effet indirect (a x b) est significatif avec
un estimé de ,098 (p < 0,001) et un intervalle de confiance à 95% (95% lC) de ,054 à ,163.
Ainsi, nous pouvons constater l'existence d'un lien indirect significatif entre le soutien du
superviseur et l'intention de rester, et ceci par l'intermédiaire du rôle médiateur de la
satisfaction à l'égard des pratiques de formation. Notre hypothèse 3b est donc soutenue. La
technique de Zhao et al. (2010) nous permet également de remarquer que la multiplication
entre a et b donne un résultat significatif, mais que c ne l'est pas. L'hypothèse 3b fait donc
l'objet d'une médiation à effet indirect.
Comme nous pouvons le constater, la méthode utilisée pour tester cette hypothèse génère un
résultat différent que celui obtenu dans le test de liens directs. En effet, cette méthode
requiert des modèles alternatifs propres à chaque hypothèse, isolant donc des variables, et
créant ainsi un biais influencant le coefficient de regression. Comme le mentionne
Antonakis, Bandahan, Jacquart et Lalive (2010), il est important de considérer ce biais dans
ce type de test.
En ce qui concerne 1'hypothèse 3c, nous pouvons également constater que les résultats
indiquent que l'effet indirect (a x b) est significatif avec un estimé de ,302 (p < 0,001) et un
intervalle de confiance à 95% de ,211 à ,407. Ainsi, nous pouvons remarquer qu'il existe un
lien indirect significatif entre le soutien du superviseur et l'intention de rester, et ceci par la
médiation de la satisfaction à l'égard des pratiques de développement. Notre hypothèse 3c
est donc aussi soutenue. La technique de Zhao et al. (2010) nous permet de faire le même
constat que pour l'hypothèse précédente. En effet, la multiplication entre a, b et c donne un
résultat positif. L'hypothèse 3c fait donc aussi l'objet d'une médiation complémentaire.
CHAPITRE V
DISCUSSION
Ce dernier chapitre a pour but de discuter des résultats issus de nos analyses statistiques et ce
afin de montrer leurs différentes contributions. Ainsi, dans un premier temps, nous
aborderons les contributions théoriques de ce mémoire, lesquelles seront suivies de quelques
contributions pratiques. Enfin, nous discuterons des principales limites de notre étude avant
d'offrir quelques pistes pour la recherche future.
Cette étude portait sur les liens entre la satisfaction à l'égard de pratiques de formation et de
développement, le soutien du superviseur et l'intention de rester. En bref, nos résultats
indiquent que toutes nos variables sont significativement liées sauf pour ce qui est du lien
entre la satisfaction à l'égard des pratiques de formatiQn et ['intention de rester. Les
paragraphes qui suivent discutent de chacun de nos résultats.
Tout d'abord, notre résultat qui indique un lien positif et significatif entre la satisfaction à
l'égard des pratiques de développement et l'intention de rester est cohérent avec la littérature
existante. En effet, parmi les études ayant prouvé le lien positif et significatif entre la
formation et l'intention de rester, celle de Sieben (2007) fait la distinction entre les pratiques
de formation et les pratiques de développement et précise que ces dernières ont égaiement un
lien positif et significatifs avec l'intention de rester. De plus, tel que déjà précisé, la
satisfaction d'un individu au travail est positivement et significativement liée à son intention
de rester. Nos résultats soutiennent donc automatiquement notre hypothèse d'un lien entre la
satisfaction à l'égard des pratiques de développement et l'intention de rester plus fort que
celui entre la satisfaction à l'égard des pratiques de formation et l'intention de rester. Ceci
84
apporte une véritable contribution à la littérature existante dans la mesure où peu d'études
portant sur la rétention étudient les pratiques de développement comme facteur explicatif. De
plus, nos résultats liés à ces deux hypothèses nous permettent de constater la véritable
distinction entre les pratiques de formation et les pratiques de développement.
Nos résultats indiquent aussi que le soutien du superviseur est d'une importance majeure
dans la satisfaction des individus à l'égard de ces pratiques. Ce résultat est cohérent avec la
littérature existante puisque, comme nous avons pu le constater dans notre recension des
écrits, le soutien du superviseur est positivement et significativement lié à la formation, que
ce soit précisément par la perception de cette dernière par l'employé (Tannenbaum, (997) ou
sa participation à la formation (Tharenou, 2001). De plus, selon les études de Griffin et al.
(2000) et Ng et Sorenson (2008), la satisfaction d'un employé serait également prédite par le
soutien du superviseur. Notre résultat contribue ainsi à la littérature puisqu'en plus
d'influencer la formation et la satisfaction d'un individu au travail, le soutien du superviseur
influence également la satisfaction à l'égard des pratiques de formation. Or, à notre
connaissance, aucune étude n'avait encore prouvé ce lien. En d'autres termes, plus un
individu perçoit du soutien de son superviseur (propositions de formation, explication des
bénéfices de la formation proposée, etc.), plus il sera satisfait de ses pratiques de formation.
l'égard des pratiques de fonnation. Ceci contribue fortement à la littérature dans la mesure
où le soutien du superviseur a un impact plus grand sur la satisfaction d'un individu à l'égard
d'un type précis de pratiques RH. Nous pourrions penser que cela s'explique par l'aspect très
personnel lié au développement de l'individu et l'avantage de la relation de proximité qui
figure généralement entre un superviseur et son subordonné.
Par ailleurs, nos résultats reflètent exactement la confrontation entre les deux perspectives
divergentes de la littérature sur le soutien du superviseur. Nous avons constaté que nos
résultats ne soutiennent pas l'effet direct positif et significatif du soutien du superviseur sur
l'intention de rester, mais nous avons néanmoins remarqué qu'ils soutiennent l'effet indirect
entre ces deux variables. D'une part, nos résultats indiquent que la satisfaction à l'égard des
pratiques de fonnation joue un rôle de médiateur dans la relation entre le soutien du
superviseur et l'intention de rester. D'autre part, ils indiquent que la satisfaction à l'égard
des pratiques de développement joue également un rôle médiateur dans cette relation. Ces
résultats sont cohérents avec la littérature car d'une part, comme nous l'avons précisé dans le
paragraphe précédent, certaines études comme celles de DeConinck et Johnson (2009) ou
encore d'Eisenberger et al. (2002) ont prouvé l'effet indirect du soutien du superviseur sur
l'intention de rester. De plus, la littérature atteste que le soutien du superviseur est
86
Enfin, nos résultats indiquent qu'il n'existe pas de lien significatif entre la satisfaction à
l'égard des pratiques de formation et l'intention de rester. Ce résultat est surprenant dans la
mesure où les résultats des études de Benson et al. (2004), de Mattox et Jinkerson (2005), de
Sieben (2007) et de Dysvik et Kuvaas (2008) démontrent qu'il existe une relation positive
entre la formation et l'intention de rester, que ce soit par la participation d'un individu à une
formation ou sa perception d'opportunités de formation. De plus, les résultats de la méta
analyse de Ng et Sorenson (2008) et de Griffeth et al. (2000) indiquent que la satisfaction
d'un employé joue un rôle majeur dans son intention de rester au sein d'une organisation.
Nos résultats vont ainsi à l'encontre de la littérature déjà existante. Une explication possible
à ce résultat non significatif serait que la formation est considérée comme une pratique moins
importante aux yeux des employés, et ceci malgré le fait que les entreprises investissent
beaucoup d'argent dans cette pratique difficilement imitable et créatrice d'avantages
concurrentiels. Sachant que les travailleurs du secteur des TIC ont tendance à changer
régulièrement d'emploi, il est en effet possible d'avancer que les pratiques de formation sont
des pratiques liées à un emploi et non à la carrière. Ainsi, les employés auraient tendance à
s'intéresser particulièrement aux pratiques de développement, pratiques permettant de
développement de leur employabilité et de leurs compétences transférables. En appui, si nous
considérons la théorie des besoins et des motivations d'Herzberg (1968), les pratiques de
développement semblent répondre davantage au besoin de réalisation d'un individu que les
pratiques de formation.
87
Comme nous avons pu le constater dans le chapitre l, la rétention est un véritable enjeu pour
l'ensemble des organisations, et notaminent pour celles œuvrant dans un domaine
extrêmement concurrentiel et dans lequel la chasse de talents y est très active. Ainsi, outre
ses apports théoriques, notre étude contient également des apports pratiques dont l'objectif
final est de mieux prédire les intentions des employés, pennettant ainsi de contribuer à la
réduction de l'ensemble des coûts relatifs au roulement du personnel, coûts qui s'avèrent
souvent exorbitants pour les organisations.
Nos résultats ont démontré très clairement que le superviseur est une personne clé dans une
organisation dans la mesure où il joue un rôle majeur dans la satisfaction, et donc dans
l'intention de rester des employés. Le premier apport pratique de cette recherche constitue
ainsi à affirmer auprès des organisations la pertinence d'investir dans une sélection de
gestionnaires de qualité et de prendre conscience que gérer des employés ne consistue pas
seulement l'aspect administratif mais surtout l'aspect du soutien. Ainsi, il est dans l'intérêt
des organisations de sensibiliser les superviseurs sur leur rôle de soutien, et notamment celui
88
Cependant, il est important de noter qu'il s'agit de pratiques relativement coûteuses et que
c'est la raison pour laquelle certaines organisations sont réticentes à y investir de l'argent,
notamment par peur du départ de leur employé et donc de l'absence d'un retour sur
investissement. Les résultats de ce mémoire palient donc en partie à cette crainte: plus les
superviseurs s'assurent de la satisfaction des employés à l'égard des pratiques de
développement, plus ces derniers auront l'intention de rester au sein de leur organisation.
89
Nous identifions quatre limites principales à notre étude. Tout d'abord, la validité externe ou
généralisation de nos résultats est limitée. Effectivement, notre échantillon a été formé de
manière raisonnée et non aléatoire, et c'est pour cette raison que notre étude s'est effectuée
auprès des travailleurs œuvrant dans le secteur de la haute technologie et pour la même
organisation. Ainsi, les résultats que nous avons obtenu ne sont malheureusement pas
généralisables à d'autres domaines que celui des hautes technologies, d'autant plus que ce
secteur se distingue des autres par son intensité concurrentielle, par ses travailleurs
hautement qualifiés et donc très volatils.
La troisième limite de notre étude rejoint la limite précédente. En effet, les données utilisées
dans ce mémoire sont celles correspondantes au deuxième temps de mesure d'une collecte de
données alors que les répondants avaient entre six et douze mois d'ancienneté dans
l'organisation. Bien que cette ancienneté nous a probablement permis d'avoir des données
plus valides, il n'en demeure pas moins que ces répondants avaient répondu au même
questionnaire six mois plus tôt. Cook et Campbell (1979, dans Shadish, Cook et Campbell,
2002) ont identifié neufs menaces à la validité interne, menaces compromettant les
inférences en ce qui concerne la relation entre des variables. Parmi ces ménaces, nous
retrouvons celle de l'opérationnalisation de la mesure. En effet, selon ces auteurs, répéter
une mesure ou l'exposer plusieurs fois aux participants peut influencer les résultats. Il est
donc possible de penser que certains répondants ont répondu en étant influencés par leurs
90
réponses au premier questionnaire. Ainsi, dans ce mémoire, nous faisons face à ce type de
menace. Nous pouvons également parler de risque d'accoutumance.
Nous croyons qu'il existe des pistes relativement intéressantes pour les études qui traiteront
de rétention du personnel, de satisfaction à l'égard des pratiques de formation et
développement et de soutien du superviseur.
comportemental. Ainsi, la véritable piste pour les chercheurs serait, selon nous, de proposer
finalement une distinction claire de ces concepts et d'inciter les chercheurs à avoir une
réflexion profonde avant même de vouloir entamer une recherche: nous intéressons-nous à
mieux comprendre pourquoi les employés restent ou nous intéressons-nous plutôt à mieux
comprendre pourquoi ils quittent?
De plus, dans la mesure où notre étude examine les liens entre le soutien du superviseur, la
satisfaction à l'égard des pratiques de fomlation et développement et l'intention de rester
auprès d'une population de travailleurs ayant en moyenne la même ancienneté dans leur
domaine, il serait intéressant, selon nous, d'effectuer une étude de nature longitudinale
auprès d'employés ayant une variété d'ancienneté. En effet, cela permettrait de comparer les
résultats et voir si l'ancienneté y joue un rôle prépondérant dans la perception du soutien du
superviseur, dans le niveau de satisfaction de l'individu à l'égard de ces pratiques, et de son
intention de rester en organisation. Également, il serait pertinent d'effectuer cette étude en
remplaçant notre variable dépendante par la rétention. Effectivement, est-ce que l'impact du
soutien du superviseur et de la satisfaction à l'égard des pratiques de formation et
développement sur l'intention de rester serait-il semblable sur l'acte véritable du maintien en
organisation?
92
De manière générale, nous sommes convaincus que la satisfaction à l'égard des pratiques de
formation et développement contribue à augmenter l'intention de rester d'un travailleur au
sein de son organisation. Ainsi, à notre connaissance, puisque qu'aucune étude ne s'est
intéressée à cette relation jusqu'à présent, nous pensons que notre étude constitue un premier
pas dans ce domaine de recherche. Nous souhaitons ainsi que la réalisation de ce mémoire
aura permis de développer l'intérêt des chercheurs qui s'intéressent à la rétention du
personnel.
CONCLUSION
Ce mémoire s'illustre dans un contexte qui relève d'une réalité inquiétante: la difficulté pour
les organisations de retenir leurs employés. Comme nous l'avons constaté, la rétention des
employés est devenue une source importante de préoccupations pour les organisations au
Québec, notamment dans le secteur des hautes technologies. Ce secteur est particulièrement
touché par la problématique de rétention car tout en y exigeant de fortes compétences chez
les travailleurs, ce secteur est en pleine croissance. Ces deux caractéristiquesexpliquent fort
probablement l'utilisation de plus en plus fréquente du terme« guerre de talents ».
Notre étude s'est intéressée à des pratiques bien précises favorisant l'intention de rester des
employés. Elle présente à la fois des intérêts théoriques et pratiques dans la mesure où les
résultats obtenus permettent de soulever des relations qui n'avaient jamais été abordées
auparavant. En bref, nos résultats sont révélateurs des observations faites par les praticiens et
les chercheurs depuis ces dernières années: les pratiques de développement sont devenues
des pratiques incontournables pour les employés au point d'en influencer leur intention de
rester. Dans le cadre de notre étude, nous nous sommes ainsi rendu compte que la
satisfaction à l'égard de ces pratiques est un élément relativement pertinent pour comprendre
l'importance des pratiques de développement dans le processus de rétention de la main
d'oeuvre. Enfin, l'avantage de ces résultats est qu'ils permettent de prendre connaissance de
la pratique qui peut contribuer à la satisfaction des employés à l'égard des pratiques de
Par ces résultats, nous espérons que ce mémoire pUisse contribuer à faire avancer la
recherche portant sur la rétention et qu'il soit la source de réflexions stratégiques dans les
organisations désirant de mieux prédire les intentions de départ de leurs employés, et donc de
réduire de manière conséquente leurs coûs relatifs au roulement du personnel, des coûts qui
affectent à la fois leur productivité et leur compétitivité.
[Cette page a été laissée intentionnellement blanche]
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