1e2 : Livret de textes pour l’oral blanc
Février 2025
Séquence I : La littérature d’idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle
Œuvre intégrale : Rabelais, Gargantua
Parcours associé : Rire et savoir
Texte n°1 : Rabelais, Gargantua, Prologue, « La substantifique moëlle »
Mais n'avez-vous jamais vu un chien rencontrant quelque os à moelle ? C'est, comme le dit
Platon au Livre II de La République, la bête la plus philosophe du monde. Si vous en avez vu
un, vous avez pu remarquer avec quelle sollicitude il guette son os, avec quel soin il le garde,
avec quelle ferveur il le tient, avec quelles précautions il l'entame, avec quelle passion il le
brise, avec quelle diligence il le suce. Quel instinct le pousse ? Qu'espère-t-il de son travail, à
quel fruit prétend-il ? À rien de plus qu'à un peu de moelle. Il est vrai que ce peu est plus
délicieux que le beaucoup de toute autre nourriture, parce que la moelle est un aliment élaboré
jusqu'à sa perfection naturelle, selon Galien au livre III des Facultés naturelles et au livre XI
de L'Usage des parties du corps.
À l'exemple de ce chien, il vous convient d'avoir, légers à la poursuite et hardis à l'attaque,
le discernement de humer, sentir et apprécier ces beaux livres de haute graisse; puis, par une
lecture attentive et une réflexion assidue, rompre l'os et sucer la substantifique moelle (c'est-à-
dire ce que je comprends par ces symboles pythagoriques) avec le ferme espoir de devenir
avisés et vertueux grâce à cette lecture : vous y trouverez un goût plus subtil et une philosophie
cachée qui vous révélera de très hauts arcanes et d'horrifiques mystères, en ce qui concerne tant
notre religion que, aussi, la situation politique et la gestion des affaires.
1
Séquence I : La littérature d’idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle
Œuvre intégrale : Rabelais, Gargantua
Parcours associé : Rire et savoir
Texte n°2 : Rabelais, Gargantua, chapitre XXI, « L’éducation sophiste de Gargantua »
Après avoir déjeuné bien comme il faut, il allait à l'église et on lui apportait dans un grand
panier un gros bréviaire emmitouflé, pesant tant en graisse qu'en fermoirs et parchemins, onze
quintaux six livres, à peu de chose près. Là, il entendait vingt-six ou trente messes. À ce
moment-là, venait son diseur d'heures en titre, encapuchonné comme une huppe, ayant bien
immunisé son haleine à coups de sirop de vigne. Il marmonnait avec lui toutes ces kyrielles et
les épluchait si soigneusement que pas un seul grain n'en tombait à terre.
Au sortir de l'église, on lui apportait sur un fardier à boeufs un tas de chapelets de Saint-
Claude, dont chaque grain était gros comme le moule d'un bonnet ; et en se promenant à travers
les cloîtres, les galeries et le jardin, il en disait plus que seize ermites.
Puis il étudiait pendant une méchante demi-heure, les yeux assis sur le livre mais, comme dit
le Comique, son âme était à la cuisine.
Pissant donc un plein urinoir, il s'asseyait à table et, parce qu'il était d'une nature flegmatique,
commençait son repas par quelques douzaines de jambons, de langues de boeuf fumées, de
boutargues, d'andouilles et d'autres avant-coureurs de vin.
Pendant ce temps, quatre de ses gens, l'un après l'autre, lui jetaient dans la bouche, sans
interruption, de la moutarde à pleines pelletées. Puis il buvait un horrifique trait de vin blanc
pour se soulager les rognons. Après, il mangeait selon la saison des plats à la mesure de son
appétit et cessait de manger quand le ventre lui tirait.
2
Séquence I : La littérature d’idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle
Œuvre intégrale : Rabelais, Gargantua
Parcours associé : Rire et savoir
Texte n°3 : Rabelais, Gargantua, chapitre XXVII, « Frère Jean défend l’abbaye de
Seuilly »
Ce disant, il mit bas son grand habit et se saisit du bâton de la croix, qui était en coeur de
cormier, long comme une lance, remplissant bien la main et quelque peu semé de fleurs de lys,
presque toutes effacées. Il sortit ainsi, en beau sarrau, mit son froc en écharpe et, avec son bâton
de croix, frappa si brutalement sur les ennemis qui vendangeaient à travers le clos, sans ordre,
sans enseigne, sans trompette ni tambour : car les porte-drapeau et les porte-enseigne avaient
laissé leurs drapeaux et leurs enseignes le long des murs, les tambours avaient défoncé leurs
caisses d'un côté pour les emplir de raisins, les trompettes étaient chargés de pampres, c'était la
débandade; il les cogna donc si roidement, sans crier gare, qu'il les culbutait comme porcs, en
frappant à tort et à travers, comme les anciens s'escrimaient.
Aux uns, il écrabouillait la cervelle, à d'autres, il brisait bras et jambes, à d'autres, il démettait
les vertèbres du cou, à d'autres, il disloquait les reins, effondrait le nez, pochait les yeux, fendait
les mâchoires, enfonçait les dents dans la gueule, défonçait les omoplates, meurtrissait les
jambes, déboitait les fémurs, débezillait les fauciles.1
Si l'un d'eux cherchait à se cacher au plus épais des ceps, il lui froissait toute l'arête du dos et
lui cassait les reins comme à un chien.
Si un autre cherchait son salut en fuyant, il lui faisait voler la tête en morceaux en le frappant
à la suture occipito-pariétale.
Si un autre grimpait à un arbre, croyant y être en sécurité, avec son bâton, il l'empalait par le
fondement.
Si quelque ancienne connaissance lui criait : « Ah ! Frère Jean, mon ami, Frère Jean, je me
rends !
- Tu y es, disait-il, bien forcé, mais tu rendras du même coup ton âme à tous les diables ! »
Et sans attendre, il lui assenait une volée. Et si quelqu'un se trouvait suffisamment flambant
de témérité pour vouloir lui résister en face, c'est alors qu'il montrait la force de ses muscles,
car il lui transperçait la poitrine à travers le médiastin et le coeur. À d'autres, qu'il frappait au
défaut des côtes, il retournait l'estomac et ils en mouraient sur-le-champ. À d'autres, il crevait
si violemment le nombril, qu'il leur en faisait sortir les tripes. À d'autres, il perçait le boyau du
cul entre les couilles. Croyez bien que c'était le plus horrible spectacle qu'on ait jamais vu.
1. Débezillait les fauciles : Mettaient en petits morceaux les os longs des quatre membres
3
Séquence I : La littérature d’idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle
Œuvre intégrale : Rabelais, Gargantua
Parcours associé : Rire et savoir
Texte n°4 : Voltaire, Candide ou l’optimisme, chapitre VI « L’autodafé », 1759
COMMENT ON FIT UN BEL AUTO-DA-FÉ POUR EMPÊCHER LES TREMBLEMENTS DE TERRE,
ET COMMENT CANDIDE FUT FESSÉ.
Après le tremblement de terre qui avait détruit les trois quarts de Lisbonne, les sages du
pays n’avaient pas trouvé un moyen plus efficace pour prévenir une ruine totale que de donner
au peuple un bel auto-da-fé ; il était décidé par l’université de Coïmbre que le spectacle de
quelques personnes brûlées à petit feu, en grande cérémonie, est un secret infaillible pour
empêcher la terre de trembler.
On avait en conséquence saisi un Biscayen convaincu d’avoir épousé sa commère, et deux
Portugais qui en mangeant un poulet en avaient arraché le lard : on vint lier après le dîner le
docteur Pangloss et son disciple Candide, l’un pour avoir parlé, et l’autre pour l’avoir écouté
avec un air d’approbation : tous deux furent menés séparément dans des appartements d’une
extrême fraîcheur, dans lesquels on n’était jamais incommodé du soleil : huit jours après ils
furent tous deux revêtus d’un san-benito, et on orna leurs têtes de mitres de papier : la mitre et
le san-benito de Candide étaient peints de flammes renversées, et de diables qui n’avaient ni
queues ni griffes ; mais les diables de Pangloss portaient griffes et queues, et les flammes étaient
droites. Ils marchèrent en procession ainsi vêtus, et entendirent un sermon très-pathétique, suivi
d’une belle musique en faux-bourdon. Candide fut fessé en cadence, pendant qu’on chantait ;
le Biscayen et les deux hommes qui n’avaient point voulu manger de lard furent brûlés, et
Pangloss fut pendu, quoique ce ne soit pas la coutume. Le même jour la terre trembla de
nouveau avec un fracas épouvantable.
4
Séquence II : Le roman et le récit du Moyen-Age au XXIe siècle
Œuvre intégrale : Balzac, La Peau de Chagrin, 1831
Parcours associé : « Les romans de l’énergie : création et destruction »
Texte n°5 : 1ère partie, Le Talisman, « Chez l’antiquaire »
— Eh bien, oui, je veux vivre avec excès, dit l’inconnu en saisissant la Peau de chagrin.
— Jeune homme, prenez garde, s’écria le vieillard avec une incroyable vivacité.
— J’avais résolu ma vie par l’étude et par la pensée ; mais elles ne m’ont même pas nourri,
répliqua l’inconnu. Je ne veux être la dupe ni d’une prédication digne de Swedenborg, ni de
votre amulette orientale, ni des charitables efforts que vous faites, monsieur, pour me retenir
dans un monde où mon existence est désormais impossible. Voyons ! ajouta-t-il en serrant le
talisman d’une main convulsive et regardant le vieillard. Je veux un dîner royalement splendide,
quelque bacchanale digne du siècle où tout s’est, dit-on, perfectionné ! Que mes convives soient
jeunes, spirituels et sans préjugés, joyeux jusqu’à la folie ! Que les vins se succèdent toujours
plus incisifs, plus pétillants, et soient de force à nous enivrer pour trois jours ! Que la nuit soit
parée de femmes ardentes ! Je veux que la Débauche en délire et rugissante nous emporte dans
son char à quatre chevaux, par-delà les bornes du monde, pour nous verser sur des plages
inconnues : que les âmes montent dans les cieux ou se plongent dans la boue, je ne sais si alors
elles s’élèvent ou s’abaissent ; peu m’importe ! Donc je commande à ce pouvoir sinistre de me
fondre toutes les joies dans une joie. Oui, j’ai besoin d’embrasser les plaisirs du ciel et de la
terre dans une dernière étreinte pour en mourir. Aussi souhaité-je et des priapées antiques après
boire, et des chants à réveiller les morts, et de triples baisers, des baisers sans fin dont le bruit
passe sur Paris comme un craquement d’incendie, y réveille les époux et leur inspire une ardeur
cuisante qui rajeunisse même les septuagénaires !
Un éclat de rire, parti de la bouche du petit vieillard, retentit dans les oreilles du jeune
fou comme un bruissement de l’enfer, et l’interdit si despotiquement qu’il se tut.
5
Séquence II : Le roman et le récit du Moyen-Age au XXIe siècle
Œuvre intégrale : Balzac, La Peau de Chagrin, 1831
Parcours associé : « Les romans de l’énergie : création et destruction »
Texte n°6 : 2e partie, Une femme sans cœur, « Dans la mansarde »
Je vécus dans ce sépulcre aérien pendant près de trois ans, travaillant nuit et jour sans
relâche, avec tant de plaisir, que l’étude me semblait être le plus beau thème, la plus heureuse
solution de la vie humaine. Le calme et le silence nécessaires au savant ont je ne sais quoi de
doux, d’enivrant comme l’amour. L’exercice de la pensée, la recherche des idées, les
contemplations tranquilles de la science nous prodiguent d’ineffables délices, indescriptibles
comme tout ce qui participe de l’intelligence, dont les phénomènes sont invisibles à nos sens
extérieurs. Aussi sommes-nous toujours forcés d’expliquer les mystères de l’esprit par des
comparaisons matérielles. Le plaisir de nager dans un lac d’eau pure, au milieu des rochers, des
bois et des fleurs, seul et caressé par une brise tiède, donnerait aux ignorants une bien faible
image du bonheur que j’éprouvais quand mon âme était baignée dans les lueurs de je ne sais
quelle lumière, quand j’écoutais les voix terribles et confuses de l’inspiration, quand d’une
source inconnue les images ruisselaient dans mon cerveau palpitant. Voir une idée qui pointe
dans le champ des abstractions humaines comme le lever du soleil au matin et s’élève comme
lui, qui, mieux encore, grandit comme un enfant, arrive à la puberté, se fait lentement virile, est
une joie supérieure aux autres joies terrestres, ou plutôt c’est un divin plaisir. L’étude prête une
sorte de magie à tout ce qui nous environne. Le bureau chétif sur lequel j’écrivais, et la basane
brune qui le couvrait, mon piano, mon lit, mon fauteuil, les bizarreries de mon papier de tenture,
mes meubles, toutes ces choses s’animèrent, et devinrent pour moi d’humbles amis, les
complices silencieux de mon avenir. Combien de fois ne leur ai-je pas communiqué mon âme,
en les regardant ? Souvent, en laissant voyager mes yeux sur une moulure déjetée, je rencontrais
des développements nouveaux, une preuve frappante de mon système ou des mots que je
croyais heureux pour rendre des pensées presque intraduisibles.
6
Séquence II : Le roman et le récit du Moyen-Age au XXIe siècle
Œuvre intégrale : Balzac, La Peau de Chagrin, 1831
Parcours associé : « Les romans de l’énergie : création et destruction »
Texte n°7 : 2e partie, Une femme sans cœur, « Portrait de Pauline »
Pour avoir les façons d’une princesse, une femme doit être riche. En présence de mes
romanesques fantaisies, qu’était Pauline ? Pouvait-elle me vendre des nuits qui coûtent la vie,
un amour qui tue et met en jeu toutes les facultés humaines ? Nous ne mourons guère pour de
pauvres filles qui se donnent ! Je n’ai jamais pu détruire ces sentiments ni ces rêveries de poète.
J’étais né pour l’amour impossible, et le hasard a voulu que je fusse servi par delà mes souhaits.
Combien de fois n’ai-je pas vêtu de satin les pieds mignons de Pauline, emprisonné sa taille
svelte comme un jeune peuplier dans une robe de gaze, jeté sur son sein une légère écharpe en
lui faisant fouler les tapis de son hôtel et la conduisant à une voiture élégante. Je l’eusse adorée
ainsi. Je lui donnais une fierté qu’elle n’avait pas, je la dépouillais de toutes ses vertus, de ses
grâces naïves, de son délicieux naturel, de son sourire ingénu, pour la plonger dans le Styx de
nos vices et lui rendre le cœur invulnérable, pour la farder de nos crimes, pour en faire la poupée
fantasque de nos salons, une femme fluette qui se couche au matin pour renaître le soir, à
l’aurore des bougies. Elle était tout sentiment, tout fraîcheur, je la voulais sèche et froide. Dans
les derniers jours de ma folie, le souvenir m’a montré Pauline, comme il nous peint les scènes
de notre enfance. Plus d’une fois, je suis resté attendri, songeant à de délicieux moments : soit
que je la revisse assise près de ma table, occupée à coudre, paisible, silencieuse, recueillie et
faiblement éclairée par le jour qui, descendant de ma lucarne, dessinait de légers reflets argentés
sur sa belle chevelure noire ; soit que j’entendisse son rire jeune, ou sa voix au timbre riche
chanter les gracieuses cantilènes qu’elle composait sans efforts. Souvent elle s’exaltait en
faisant de la musique : sa figure ressemblait alors d’une manière frappante à la noble tête par
laquelle Carlo Dolci a voulu représenter l’Italie. Ma cruelle mémoire me jetait cette jeune fille
à travers les excès de mon existence comme un remords, comme une image de la vertu ! Mais
laissons la pauvre enfant à sa destinée ! Quelque malheureuse qu’elle puisse être, au moins
l’aurai-je mise à l’abri d’un effroyable orage, en évitant de la traîner dans mon enfer.
7
Séquence II : Le roman et le récit du Moyen-Age au XXIe siècle
Œuvre intégrale : Balzac, La Peau de Chagrin, 1831
Parcours associé : « Les romans de l’énergie : création et destruction »
Texte n°8 : Zola, L’Oeuvre, chapitre IX, « Claude, Christine et le tableau »
Sa passion de la chair s’était reportée dans son œuvre, sur les amantes peintes qu’il se
donnait. Elles faisaient seules battre son sang, celles dont chaque membre naissait d’un de ses
efforts. Là-bas, à la campagne, lors de son grand amour, s’il avait cru tenir le bonheur, en en
possédant une enfin, vivante, à pleins bras, ce n’était encore que l’éternelle illusion, puisqu’ils
étaient restés quand même étrangers ; et il préférait l’illusion de son art, cette poursuite de la
beauté jamais atteinte, ce désir fou que rien ne contenait. Ah ! les vouloir toutes, les créer selon
son rêve, des gorges de satin, des hanches couleur d’ambre, des ventres douillets de vierges, et
ne les aimer que pour les beaux tons, et les sentir qui fuyaient, sans pouvoir les étreindre !
Christine était la réalité, le but que la main atteignait, et Claude en avait eu le dégoût en une
saison, lui le soldat de l’incréé, ainsi que Sandoz l’appelait parfois en riant.
Pendant des mois, la pose fut ainsi pour elle une torture. La bonne vie à deux avait cessé,
un ménage à trois semblait se faire, comme s’il eût introduit dans la maison une maîtresse, cette
femme qu’il peignait d’après elle. Le tableau immense se dressait entre eux, les séparait d’une
muraille infranchissable ; et c’était au-delà qu’il vivait, avec l’autre. Elle en devenait folle,
jalouse de ce dédoublement de sa personne, comprenant la misère d’une telle souffrance,
n’osant avouer son mal dont il l’aurait plaisantée. Et pourtant elle ne se trompait pas, elle sentait
bien qu’il préférait sa copie à elle-même, que cette copie était l’adorée, la préoccupation unique,
la tendresse de toutes les heures. Il la tuait à la pose pour embellir l’autre, il ne tenait plus que
de l’autre sa joie ou sa tristesse, selon qu’il la voyait vivre ou languir sous son pinceau. N’était-
ce donc pas de l’amour, cela ? et quelle souffrance de prêter sa chair, pour que l’autre naquît,
pour que le cauchemar de cette rivale les hantât, fût toujours entre eux, plus puissant que le réel,
dans l’atelier, à table, au lit, partout ! Une poussière, un rien, de la couleur sur de la toile, une
simple apparence qui rompait tout leur bonheur, lui, silencieux, indifférent, brutal parfois, elle,
torturée de son abandon, désespérée de ne pouvoir chasser de son ménage cette concubine, si
envahissante et si terrible dans son immobilité d’image !