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Interaction

Ce document traite des interactions des particules avec la matière, en se concentrant sur le libre parcours moyen et les processus d'ionisation et d'excitation. Il présente des exemples de détection de particules, notamment les photons, les pions neutres et les neutrinos, ainsi que les formules de Bethe et Bloch pour la perte d'énergie des particules lourdes. Enfin, il aborde les différentes situations d'interaction en fonction de la masse des particules et de leur énergie.

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Ce document traite des interactions des particules avec la matière, en se concentrant sur le libre parcours moyen et les processus d'ionisation et d'excitation. Il présente des exemples de détection de particules, notamment les photons, les pions neutres et les neutrinos, ainsi que les formules de Bethe et Bloch pour la perte d'énergie des particules lourdes. Enfin, il aborde les différentes situations d'interaction en fonction de la masse des particules et de leur énergie.

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Johann Collot Cours de physique expérimentale des hautes énergies du DEA de Physique Théorique Rhône−Alpin

Année : 2001

Interaction des particules


avec la matière

Eu égard à la diversité des interactions et des caractéristiques des particules , on pourrait penser à
priori que la question traitée dans ce chapitre est complexe et requiert un exposé long . En réalité , un
examen rapide des libres parcours moyens dans le matière caractérisant chaque type d’interaction, va
permettre de simplifier grandement la suite .
Le libre parcours moyen exprime la distance moyenne parcourue par une particule entre deux
‘‘chocs’’ dus à un processus donné . Il correspond à :
1
λ=
σn
où :
 σ est la section efficace du ( ou des ) processus considérés ;
 n est le nombre de centres diffuseurs ( atomes, noyaux...) par unité de volume de matière
ρN
. Exemple : n= représente le nombre d’atomes ou de noyaux par unité de volume
M
pour un corps monoatomique ; N étant le nombre d’Avogadro et M la masse molaire .
On peut donner quelques valeurs typiques de λ pour les interactions connues :
 Électromagnétique : λ1 µ m ( particules chargées )
 Forte : λ1 cm ( neutrons , ....)
 Faible: λ 1015 m  0,1 année lumière (neutrinos)
Dun point de vue pratique , un signal exploitable pour la détection de particules ( nombre de chocs
100 } ne peut provenir que de l’interaction électromagnétique , donc de particules chargées . Cela ne
signifie pas pour autant que les particules neutres sont indétectables . Leur détection doit procéder par
étapes : 1) réaction primaire de conversion en particules chargées , 2) interaction des particules chargées
secondaires donnant lieu aux signaux dans les détecteurs . Voici quelques exemples choisis qui illustrent
bien ce principe :

détection de photons :

γ2
γ1
e−

γ3 e−

e+

1
Johann Collot Cours de physique expérimentale des hautes énergies du DEA de Physique Théorique Rhône−Alpin

Année : 2001

détection de pions neutres :


Un π0 se désintègre en 2 photons avec une vie moyenne de 8,4 10−17 s .

e+

γ1
e−
π0
e−
γ2
e+

détection de neutrinos :
Un réacteur nucléaire développant une puissance thermique de 2800 MW , émet environ 130 MW
sous la forme de neutrinos . Un détecteur d’environ 1 m3 placé à environ 20 m du coeur peut espérer
enregistrer jusqu’à 100 neutrinos par heure .

ν̄e
ν̄e Réacteur nucléaire Liquide scintillant ( CHx + 6Li )

ν̄e

ν̄e e
ν̄e p α
L6i
t
n
ν̄e
ν̄e
εν∼0

La réaction de détection est : ν̄e p→ n e , qui est rapidement ( 100 µs ) suivie de la capture du
neutron sur un noyau de L selon la réaction : nth L i → α t 4,8 MeV . Les particules chargées
6 6
i
produisent des impulsions de scintillation en coïncidence . La signature de détection d’un neutrino
correspond à l’enregistrement de deux impulsions lumineuses induites par le positon et la paire αt .

2
Johann Collot Cours de physique expérimentale des hautes énergies du DEA de Physique Théorique Rhône−Alpin

Année : 2001

1 Interaction des particules chargées avec la matière :


L’ionisation et l’excitation coulombienne d’atomes sont les processus dominants dans l’interaction de
particules chargées avec la matière . Un particule P d’état de charge Z peut provoquer les réactions
suivantes :
 P Z
atome → atome∗ P Z , suivie par atome∗→ atome γ : excitation
 atome → atome e P Z
Z
P : ionisation
 atome → atome∗ e P
Z Z
P : ionisation et excitation

1.1 Énergie cinétique maximale transférée à un électron d’ionisation :


Nous allons calculer l’énergie cinétique maximale qui peut être transférée par ionisation entre un
particule chargée incidente et un électron du cortège électronique :

m0 v me

p =γm0 v
atome
E Z

On fait l’hypothèse que la vitesse de la particule incidente est très supérieure à la vitesse orbitale des
électrons , c’est à dire : v » v e  Z α c pour l’orbite la plus profonde , où α est la constante de
structure fine ( α=1⁄137 ) . L’électron sera donc considéré au repos dans le choc .
Les règles de la cinématique relativiste permettent de trouver les quantités suivantes :
 E CM = m20 m 2e 2 m e E 1⁄ 2 : énergie disponible dans le centre de masse de la collision , c’est à
dire là où ∑ p= 0 ( en unités naturelles ħ =c=1 ) ;
me
 pCM
e
=p : quantité de mouvement de l’électron dans le centre de masse ;
E CM

me
 E CM
e
= E me : énergie totale de l’électron dans le le centre de masse ;
E CM

E me p
 γ CM= , β CM=
: facteurs de la transformation de Lorentz du repère du laboratoire
E CM E me
vers le centre de masse .
3
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Année : 2001

Sachant que la collision est élastique et que l’énergie maximale transférée à l’électron éjecté correspond à
la situation suivante dans le CM :

p 0
CM
p e
CM

p CM

d’où :
max
Ee γCM γCM β CM Ee
CM
=
pe γCM β CM γCM pe
CM

soit :
E me p2 me
E max
e
= me E me
E 2CM E 2CM

me
T max
e
=E max
e
me= 2
E 2m20 p 2
E CM

2 me β γ
2 2 2
2 me p
= =
E 2CM E CM ⁄ m 0 2

si m0 >> me et si l’énergie incidente est faible :


2
m0 m 2e 2 me E
E CM ⁄ m 0 = 1 , avec
2
On a alors : 2 2 2
E=γ m 0
m0 m0 m0

2 γ me
C’est à dire si la particule est autre chose qu’un électron et si la condition « 1 est satisfaite (
m0
pour un proton si E p<50 GeV , pour un muon si E µ < 500 MeV )
On obtient alors :
T max
e
=2 m e β2 γ2

si m0 = me :
En d’autres termes , la particule incidente est un électron , l’expression du carré de l’énergie du centre
de masse se réduit à :
E CM 2=2 m 2e 2 me E=2 me m e E ,
d’où :
E 2me 2
= = Eme
max
T e
.
me E

4
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Année : 2001

On voit apparaître deux situations : soit la particule incidente est beaucoup plus massive qu’un électron et
2 γ me
, sous l’hypothèse que l’énergie incidente est faible ( m0
« 1 ) , on peut appliquer la première formule
, soit la particule incidente est un électron et de ce fait l’énergie transférée maximale est beaucoup plus
grande . En pratique ces deux situations correspondent bien aux deux classes de particules chargées
rencontrées : électrons ( me) ou pions , muons , protons ....( mo >> me ) .

1.2 Perte d’énergie de particules lourdes par ionisation et excitation dans la


matière :
Ici nous traitons le cas des particules dont les masses sont très supérieures à celle d’un électron . Pour
ces particules , la perte d’énergie moyenne ( par unité de longueur ) , que l’on appelle également le
pouvoir d’arrêt ( stopping power ou average energy loss en anglais ) , est donné par la formule de Bethe
et Bloch ( voir référence 1 pour une démonstration ) :
dE 2 Z 1 1
2 m e β 2 γ2 T max δ Ce
 = 4π N r e me z β   ħ c=1 ) ,
2 e 2
ln ( avec
dx A β2 2 I2 2 Z

dans laquelle :
 m e est la masse de l’électron ;

 r e est le rayon classique de l’électron ( r e=α⁄ m e ) ;

 α est la constante de structure fine ( α=1⁄137 ) ;


 N est le nombre d’Avogadro ;
 z est l’état de charge de la particule incidente ;
 Z est le nombre atomique du milieu dans lequel la particule se propage ;
 A est la masse atomique de ce milieu ;
 β , γ sont les facteurs de Lorentz de la particule incidente ;
 T max
e
est l’énergie cinétique maximale qui peut être transférée à un électron d’ionisation;
 I est l’énergie moyenne d’excitation qui est une caractéristique du milieu . I peut être
approximée par : I = 16 Z0,9 eV pour Z > 1 , I = 15 eV pour de l’hydrogène gazeux , I =
19,2 eV pour de l’hélium gazeux et I = 21,8 eV pour de l’hydrogène liquide ;
 δ est un paramètre qui décrit l’écrantage du champ électrique de la particule incidente
dans le milieu à haute énergie . C’est un paramètre qui dépend de la densité du milieu ;
 C e ⁄ z est un terme de correction d’effet de couches atomiques qui tient compte du fait
qu’à basse énergie les particules incidentes ont peu de chance d’interagir avec les électrons
installés sur les orbites les plus profondes du cortège atomique ;
 dx est la densité surfacique du milieu , c’est à dire dx=ρ dl , où ρ est la masse
volumique du milieu et dl est l’élément infinitésimal de distance parcourue dans le
milieu .
dE
Dans le système d’unités ħ c=1 ,  a la dimension de l’inverse d’un carré d’une énergie .
dx
Pour revenir à un système d’unités plus conventionnelles, on utilise la formule suivante :

5
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dE MeV dE
 = c2 ħ c 2
,
g ⁄ cm 2
dx dx ħ c=1

avec : 26
c2 = 5,61 10 MeV/g et ħ c=197 1013 [Link] ,
MeV 3
c’est à dire : ħ c 2 c 2=2,1810 5 .
g ⁄ cm2
Une forme plus pratique de la formule de Bethe et Bloch est la suivante :
dE MeV 0,3071 z 2 Z 1 2 me β2 γ2 T max 2 δ
Ce
 = ln e
β   .
dx g ⁄ cm 2 A g β2 2 I2 2 Z

La figure qui suit présente le pouvoir d’arrêt pour plusieurs particules en fonction de leur quantité de
mouvement :

6
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Année : 2001

Remarques :
dE
 pour β γ<1 ,  ∝ β5⁄3 ;
dx
dE
 pour βγ 4 ,  atteint un minimum assez large . Une particule qui a une quantité de
dx
mouvement ( β γ= p⁄ m ) correspondant à cette région est appelée une particule au minimum
d’ionisation ( Minimum Ionizing Particule en anglais ou MIP ) . Pour les éléments légers , la
perte d’énergie des particules au minimum d’ionisation est approximativement :
dE MIP MeV
 2 .
dx g ⁄ cm2

 pour β γ>4 , on entre dans la région qui correspond à la remontée relativiste ( ∝ 2ln γ ).
Dans ce régime , le champ électrique de la particule incidente a une portée transverse de plus en
plus grande. Dans le milieu , cette portée est réduite par des effets de polarisation des électrons
atomiques. Ce mécanisme est pris en compte par le terme δ ⁄ 2 ( = ln γ ε⁄ 2 où ε
dépend du milieu ; pour des particules très énergétiques ) .
2 γ me
 à basse énergie , c’est à dire si « 1 , on a T max
e
=2 me β2 γ 2 et par conséquent :
m0

dE MeV 2
0,3071 z Z 2 me β 2 γ 2 2 δ
Ce
 = ⋅ ln β  
dx g ⁄ cm2 A g β2 I 2 Z
 la formule de Bethe et Bloch donnée dans ce cours est précise à quelques pour−cent . Aux
faibles vitesses ( v<α Z c ) , il faut prendre en compte d’autres corrections . Pour plus de
précision , il faut consulter la référence 2 .
 pour des ions très lourds dans des milieux à Z élevé , la condition v>α Z c est très rapidement
insatisfaite lorsque l’on va vers les basses énergies . Dans ce régime, les ions capturent des
électrons et réduisent ainsi leur état de charge . Le terme z 2 dans la formule de Bethe et Bloch
est remplacé par une charge effective qui tient compte ce cet effet ( z 2 → Q2 β , I ) ( voir
référence 3 )

1.3 Perte d’énergie des électrons et des positrons par ionisation et excitation
dans un milieu :
Pour les cas où les particules incidentes sont des électrons, le calcul doit tenir compte du fait que les
particules qui participent aux collisions sont de nature identique : transfert d’énergie plus important,
particules indiscernables dans la voie de sortie . La perte d’énergie s’exprime par :

dE MeV 0,3071 Z 1 T m e β 2 γ2 1 1 γ1


2
 = ⋅ ln 1 2 γ1 ln 2
dx g ⁄ cm2 A g β2 2 2 I2 2 γ2 16 γ

où T est l’énergie cinétique de l’électron incident : T = γ1 m e= E m e .


Lorsque les particules incidents sont des positons , on peut distinguer les produits dans la voie
de sortie :

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La perte d’énergie est alors donnée par :

dE MeV 0,3071 Z 1 T me β 2 γ 2 β 2 14 10 4
 = ⋅ 2 ln  23
dx g ⁄ cm 2
A g β 2 2I 2
24 γ 1 γ 1 2
γ 1 3

Cependant, si les positons perdent la totalité de leur énergie dans le milieu, ils s’annihilent ensuite suivant
:

Les positons peuvent également s’annihiler en vol avec la section efficace suivante :
z π r 2e γ 2 4 γ 1 γ 3
σ Z, E = ln γ γ 21 
γ 1 γ21 γ21

1.4 Perte d’énergie dans un milieu composé de plusieurs éléments :


Pour une particule se propageant dans un milieu composé , la perte d’énergie est donnée par
l’expression suivante :
dE dE
≈∑ f i |i ,
dx i dx

mi dE
où fi est le rapport massique de l’élément i (
m
f i= , ∑ mi=m | est la perte d’énergie
dx i
);
i
moyenne dans l’élément i . Cette formule ne tient pas compte d’effets moléculaires qui peuvent intervenir
à basse énergie .

1.5 Rayonnement de freinage : Bremsstrahlung :


Toute charge décélérée (ou accélérée ) émet du rayonnement électromagnétique :
La perte d’énergie occasionnée par ce phénomène pour une particule chargée à haute énergie dans le
champs électrique des noyaux ( le plus intense , donc le plus apte à freiner ) est donnée par la formule
suivante :
dE rad Z2 2 2 183
 = 4α N z r E ln 1⁄3 ,
dx A Z
dans laquelle :
N est le nombre d’Avogadro ;
Z et A sont respectivement le numéro et la masse atomique du milieu ;
α est la constante de structure fine ( 1/137 ) ;
r=α⁄ m est le rayon classique de la particule ;
z , m, E sont respectivement l’état de charge , la masse et l’énergie cinétique de la
particule incidente .
Cette expression peut être réécrite sous une forme plus exploitable :

8
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2
dE rad MeV 0,3071 α 2 2 m e E 183
 = Z z ln 1⁄ 3 .
dx g ⁄ cm 2
A g π m me Z

Pour des protons traversant du fer , on a :


dE rad MeV E 1 MeV
 =1,06⋅108 soit pour des protons de 50 TeV .
g ⁄ cm 2
dx me g ⁄ cm2
Pour des muons , toujours dans le fer , on a :
dE rad MeV E 1 MeV
 =8.43⋅107 soit pour des muons de 600 GeV .
g ⁄ cm 2
dx me g ⁄ cm2
On voit sur ces quelques valeurs numériques que ce processus va essentiellement affecter les particules
les plus légères qui sont effectivement plus sensibles au ralentissement. En pratique, ce sont les électrons
qui y seront les plus sensibles. La perte d’énergie par rayonnement de freinage d’une particule d’état de
charge z et de masse m peut être calculée à partir de celle d’un électron possédant la même énergie
cinétique incidente :
2
dE
rad me dE rad 
z,m = z2 e .
dx m dx
Dans la suite de ce paragraphe, nous nous restreindrons au cas des électrons. Pour obtenir une formule
plus exacte, il faut ajouter la contribution provenant du Bremsstrahlung sur les électrons du cortège
atomique . Ici , Z 2=1 , mais il y a Z centres qui contribuent par atome et par conséquent l’effet total
est proportionnel à Z . On obtient :
rad
dE Z Z 1 2 183
 e = 4α N r e E ln 1⁄ 3 , où re est le rayon classique de l’électron .
dx A Z
Cette équation peu être réduite sous la forme :
dE rad  E
 e = , où X0 est la longueur de radiation du milieu .
dx X0

L’énergie moyenne rayonnée par un électron sur un parcours x dans un milieu est donnée par :
 x⁄ X 0
E rad e =E 1e , dans laquelle x et X0 peuvent être exprimées en cm ou en g/cm2 .
De l’expression de la perte d’énergie par rayonnement, on tire que :
A g
X 0 g ⁄ cm2 =
183
4α N Z Z 1 r 2e ln
Z 1⁄ 3
Une formule plus rigoureuse pour le calcul de X0 est obtenue en prenant en compte l’effet d’écrantage du
champ électrique nucléaire introduit par les électrons atomiques :
716,4 A g
X 0 g ⁄ cm2 =
287
Z Z 1 ln 1⁄2
Z
Dans la littérature, les longueurs de radiation sont toujours données pour des électrons incidents.
Pour un milieu composé de N éléments, la longueur de radiation peut être approchée par l’expression
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Année : 2001

suivante :
1
fi
X o= ∑ i
, où fi et X0I sont respectivement la fraction de masse et la longueur de radiation de
i X 0

l’élément i .
À haute énergie, la perte d’énergie par rayonnement croît comme l’énergie ,alors que la perte d’énergie
par ionisation et excitation est proportionnelle au logarithme de E. On appelle énergie critique, la valeur
de l’énergie pour laquelle on a égalité entre les deux pertes d’énergie :
dE rad dE ionisation
Ec = Ec
dx dx
Une valeur approximative ( à 10% ) de Ec peut être calculée à l’aide des formules suivantes :
610 MeV
E c= pour les liquides et les solides
Z 1,24
710 MeV
E c= pour les gaz
Z 0,92

milieu Z A X0 (g/cm2) X0 (cm) EC (MeV)


hydrogène 1 1.01 63 700000 350
hélium 2 4 94 530000 250
lithium 3 6.94 83 156 180
carbone 6 12.01 43 18.8 90
azote 7 14.01 38 30500 85
oxygène 8 16 34 24000 75
aluminium 13 26.98 24 8.9 40
silicium 14 28.09 22 9.4 39
fer 26 55.85 13.9 1.76 20.7
cuivre 29 63.55 12.9 1.43 18.8
argent 47 109.9 9.3 0.89 11.9
tungstène 74 183.9 6.8 0.35 8
plomb 82 207.2 6.4 0.56 7.4
air 7.3 14.4 37 30000 84
silice ( SiO2) 11.2 21.7 27 12 57
eau 7.5 14.2 36 36 83

1.6 Production directe de paires électron−positon :


À très haute énergie, dans le champ électrique des noyaux, la production directe de paires électrons et
de positons peut devenir un processus quantitativement important.

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La perte d’énergie moyenne par production de paires e+e− est également proportionnelle à l’énergie de la
particule incidente :
dE paires
 =b paires Z,A,E E
dx
Le paramètre bpaires(Z,A,E) ne varie que très lentement avec E . Concernant les muons, ce processus
conduit à une perte d’énergie moyenne à haute énergie qui est plus importante que celle qui est due au
Bremsstrahlung.
Exemple : muons traversant du fer
paires
dE MeV
 |µFe =3⋅106 E
dx g ⁄ cm2

1.7 Perte d’énergie par interactions photo−nucléaires :


Par échanges de photons virtuels avec les noyaux, les particules chargées peuvent produire des
réactions inélastiques.
Exemple : électro−dissociation du deuton : e d → n p e
La perte d’énergie induite par ces processus suit une loi similaire à celle engendrée par la production
de paires e+e− :
dE γ nucl.
 =bγ nucl. Z,A,E E
dx
dE γ nucl. Fe MeV
Pour des muons de 100 GeV traversant du fer , on a :  |µ 100 GeV =0,04
dx g ⁄ cm2

1.8 Perte d’énergie totale :


La perte d’énergie totale est donnée par :
dE tot dE ionisation dE rad dE γ nucl.
paires
dE
=
dx dx dx dx dx
Contrairement aux pertes par ionisation, celles qui mettent en jeu le rayonnement de freinage, la
production de paires e+e− ou les réactions photo−nucléaires se caractérisent par de grands transferts
d’énergie et de larges fluctuations. La perte totale d’énergie peut également être exprimée sous la forme:
dE tot
 =a Z,A,E b Z,A,E E
dx
où : a(Z,A,E) est le terme correspondant aux pertes par ionisation et excitation ;
b(Z,A,E) correspond à la somme des contributions dues au Bremsstrahlung , à la production de
paires e+e− et aux réactions photo−nucléaires .

Pour les muons , les événements à larges transferts d’énergie provenant du rayonnement de freinage, de
la production de paires e+e− ou des réactions photo−nucléaires sont parfois appelées interactions
catastrophiques.

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1.9 Fluctuations angulaires dues aux diffusions multiples coulombiennes :


En traversant un milieu, une particule chargée va être sujette à de nombreuses interactions dans le
champ coulombien des noyaux et des électrons. À chaque choc, cette particule va être légèrement
défléchie par rapport à sa direction incidente ( principalement sur les noyaux ) :
La distribution de l’angle ϑ proj due à la diffusion coulombienne est décrite par la théorie de Molière.
C’est une distribution centrée sur 0 qui a une partie centrale ( 98% du total ) qui peut être approchée par
une Gaussienne. ϑ proj est la projection de l’angle ϑ espace sur un plan. Pour de petits angles, on a:

ϑ espace 2= ϑ xproj ϑ yproj 2=2 ϑ proj


2 2

1
ϑ proj = ϑ
espace

2
La distribution de l’angle projeté est donnée par :
1 ϑ
proj 2

1 2 ϑ0 13,6 MeV x x
P ϑ proj d ϑ proj= e d ϑ proj avec ϑ 0= z 1 0,038ln ;
2πϑ0 βp X0 X0

p étant la quantité de mouvement de la particule incidente ;


X0 la longueur de radiation du milieu ;
x l’épaisseur du milieu ;
z l’état de charge de a particule incidente .
La distribution de l’angle d’espace est obtenue par :
1 ϑ
espace 2

1 2 ϑ0
d Ω avec ϑ espace 2= ϑ xproj ϑ yproj et d Ω=d ϑ xproj d ϑ yproj
2 2
P ϑ espace d Ω= 2
e
2πϑ 0

Les grandes valeurs de ϑ sont plus probables que ce que prévoient les distributions gaussiennes ci−
dessus. On se rapproche d’une diffusion de Rutherford due aux noyaux.

1.10 Parcours des particules chargées :


Dans un milieu suffisamment épais, une particule chargée va perdre toute son énergie cinétique et va
s’arrêter. Puisque la perte d’énergie par ionisation a une dépendance en β5⁄ 3 à basse énergie, le profil
de perte d’énergie en fonction de la distance parcourue aura cette forme caractéristique :
D’une manière générale, le parcours d’une particule chargée peut être défini par l’expression suivante
( approximation de ralentissement continu ) :
To

R T 0 =∫
dT
dE ,
0
T
dx
où T0 est l’énergie cinétique de la particule incidente ( en pratique on stoppe l’intégration à 10 eV ) .
Cependant, R est sujet à de larges fluctuations causées par les interactions ou les chocs à grands
transferts d’énergie ( rayonnement de freinage ...) . On peut avoir recours à une autre définition de R, que
l’on appelle le parcours moyen : R . Le parcours moyen est défini comme étant la distance au bout
de laquelle le nombre initial de particules est réduit de moitié. Pour des énergies incidentes supérieures au

12
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MeV , on obtient par cette définition des valeurs comparables aux parcours calculés dans l’approximation
de ralentissement continu : R ≈R avec une très bonne précision .
Si pour le calcul de R(T0) on ne prend que la perte d’énergie par ionisation et excitation ( approximation
valable pour des particules lourdes avec T0 inférieure à quelques GeV ) , on obtient pour un milieu donné
( c’est à dire Z, A, I fixés ) :
dE ionisation 2
 ≈z f β =z 2 g T ⁄ M ,
dx
où M et z sont la masse et l’état de charge de la particule incidente .
T0 T 0⁄ M
d T ⁄M
R T0 = 2 ∫ ∫
M M dx M
= 2 = 2 h T o⁄ M ,
z 0 g T ⁄M z 0 g x z
pour laquelle h est une fonction ‘‘universelle’’ du milieu ( pour Z, A, I donnés ) . Ainsi, si on connaît le
parcours Ra d’une particule de masse Ma , de charge za , le parcours Rb d’une particule de masse Mb , de
charge zb et d’énergie cinétique Tb sera :
M b z 2a Ma
R b M b , zb , T b = Ra M a , za , T b .
M a z 2b Mb

On peut apporter à cette formule une légère correction C β b qui dépend de la vitesse de la particule b
et qui est en général proche de l’unité.
M b z 2a Ma
Rb M b , zb , T b = Ra M a , za , T b C βb .
M a z 2b Mb

R
Pour des particules possédant un état de charge de +/− 1 , la fonction h= . Cette fonction est
M
présentée pour quelques matériaux sur le graphique suivant :

exemple : muons portant une quantité de mouvement de 1 GeV dans du fer ,


R/M = 6000 g cm−2 GeV−1 , m µ = 0,105 GeV , R = 6 104 g cm−2 = 76 m .

2 Énergie déposée :
Il est crucial de noter la différence qui existe entre la perte d’énergie d’une particule et l’énergie
qu’elle dépose dans un milieu, par exemple dans une couche active d’un détecteur. Pour des particules
rapides, une fraction importante de l’énergie cinétique incidente est transférée à des particules
secondaires énergétiques qui peuvent ensuite sortir du milieu considéré sans avoir déposé la totalité de
leurs énergies.
Du fait de la complexité du phénomène, qui met en jeu des particules secondaires qui sont souvent de
nature différente du projectile incident, de son interdépendance avec la géométrie et les caractéristiques
des milieux ( des détecteurs ) , il n’existe pas de formule précise qui puisse être simplement utilisée pour
obtenir l’énergie déposée.
Pour traiter ce problème, on a maintenant recours à des calculs sur ordinateurs de type Monté−Carlo, qui
exécutent une simulation complète de l’histoire d’une particule dans un milieu : parcours, collisions,
génération de particules secondaires, énergie déposée. Le programme de ce type le plus connu est le code

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de simulation GEANT ( version 4 en C++ ou 3 en FORTRAN ) .

2.1 Fluctuation du dépôt d’énergie :


Celle−ci résulte de la nature stochastique des collisions des particules primaires ainsi que des produits
secondaires dans un milieu matériel. Jusqu’ici, les formules qui ont été indiquées pour les pertes
d’énergie ne donnent que les valeurs moyennes de ces grandeurs. La perte d’énergie par des processus
concurrentiels ( ionisation, rayonnement de freinage, ...) est un phénomène très fluctuant, avec des
amplitudes de fluctuations d’autant plus grandes que les transferts d’énergies considérés sont importants.
Pour des épaisseurs traversées fines ou intermédiaires ( nombre de collisions réduit ), on peut considérer
que la distribution de perte d’énergie est asymétrique et présente des queues à haute énergie assez
prononcées.
Une telle distribution est souvent désignée sous le nom de distribution de Landau, du fait que Landau fut
l’un des premiers physiciens à proposer un modèle analytique pour ce phénomène. Même si la théorie de
Landau a été par la suite améliorée, aucune des formules proposées ne reproduit les distributions
expérimentales avec suffisamment de précision pour être utilisée en pratique. Il est préférable d’avoir
recours à une simulation de type de Monté−Carlo.
Pour des épaisseurs traversées fortes, ou lorsque le nombre de collisions devient très grand, la distribution
de perte d’énergie tend vers une Gaussienne.
L’origine des queues à grande énergie des distributions de pertes d’énergie, réside dans les chocs
intermittents à grands transferts d’énergie.

2.2 Perte d’énergie par ionisation et excitation tronquée :


Dans les détecteurs qui utilisent des couches actives très fines, on observe fréquemment que le dépôt
d’énergie fluctue beaucoup moins que prévu. Les queues à grande énergie apparaissent moins peuplées.
Cela provient du fait que les électrons secondaires peuvent quitter les couches actives en ne déposant
qu’une fraction assez faible de leur énergie.
Pour tenir compte de cet effet dans le processus d’ionisation et d’excitation, on emploie la forme
tronquée de la formule de Bethe et Bloch en remplaçant T emax par T supe avec T supe< T emax . On
obtient :

dE ionisation MeV 0,3071 z 2 Z 1 2 me β2 γ2 T supe β2 T supe δ C


 = ln  1   e
dx supe g/cm 2
A (g) β 2 2
I 2
2 e
T max 2 Z

δ
Du fit de la présence du terme qui prend en compte les effets de polarisation à haute énergie, la
2
perte d’énergie tronquée tend vers un plateau ( plateau de Fermi ) à β γ élevé.

2.3 Électrons secondaires :


Les électrons créés par ionisation avec des énergies suffisamment grandes vont à leur tour pouvoir
ioniser le milieu. Ils se comportent alors comme des particules secondaires. On les appelle électrons (
parfois rayons ) delta ou électrons secondaires.
Leur distribution par unité d’énergie cinétique et par unité de longueur parcourue de la particule
primaire, est :
d 2 N 0,3071 z 2 Z F T
= ,
dT dx 2 A (g) β T (MeV)
2 2

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où :
 T est l’énergie cinétique de l’électron δ produit;
 z, β sont l’état de charge et la vitesse du projectile;
 A est la masse atomique du milieu;
 Z est le nombre atomique du milieu;
 F(T) est un facteur qui dépend du spin de la particule incidente:
 F T 1 si T « T emax ;

βT
 F T = 1 pour des particules incidentes de spin = 0 .
T emax
Cette formule est dérivée dans l’hypothèse où T »I ( énergie moyenne d’excitation ). Lorsque les
T emax
particules incidentes sont des électrons, T ne peut atteindre que du fait que les particules dans la
2
voie de sortie sont de natures identiques.

2.4 Création de paires d’électrons et d’ions par ionisation :


Lorsque le signal mesuré par un détecteur est un courant ou une charge d’électrons créés par
ionisation, il est utile de calculer le nombre moyen total de paires d’électrons et d’ions libérées par le
dépôt d’énergie :

 ion
∆ E déposée
ne = où W est l’énergie moyenne nécessaire pour créer une paire électron−ion
W
dans le milieu considéré.
En général, W >I ( énergie moyenne d’excitation ) car une fraction de l’énergie déposée est
absorbée par des excitations qui ne conduisent pas à la libération d’électrons.
Pour les gaz courants, W est voisin de 30 eV. Dans les détecteurs utilisant des semi−conducteurs en
tant que milieux actifs, W est beaucoup plus faible d’où leur intérêt : W=3,6 eV pour Si et 2,85 eV pour
Ge.

3 Interactions des photons dans un milieu :


Les photons sont détectés indirectement par création de particules chargées (majoritairement e−, e+)
dans le milieu où ils se propagent. La nature de leurs interactions diffère fondamentalement du processus
d’ionisation décrit jusqu’ici pour les particules chargées, car dans leurs interactions, les photons sont soit
totalement absorbés (effet photo−électrique, création de paires e+e−), soit diffusés (effet Compton) sous
des angles qui peuvent être assez larges.
Du fait de leur trajectoires chaotiques, il est impossible de définir un parcours moyen pour les photons.
On a recours à une loi d’atténuation qui s’exprime par :

I = I 0 eµ x

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I0 I(x)

où :
 I0 est le flux de photons incidents
 x l’épaisseur (en g/cm2) de la lame absorbante
 I(x) est le flux de photons qui émergent de la lame

 µ est le coefficient d’absorption massique (en cm2/g) , µ =


N
∑σ
A i i
 A est la masse atomique du milieu
 σ i est la section efficace du processus i par atome
 N est le nombre d’Avogadro .

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3.1 Effet photo−électrique :

γ
e−

atome

Ce processus est permis pour les électrons atomiques. Il est interdit pour les électrons libres. Pour les
photons suffisamment énergétiques, l’électron qui participe au processus est pris sur la couche K à cause
de sa proximité avec le noyau. Le site laissé vacant peut être repeuplé par des électrons des couches
externes donnant ainsi lieu à l’émission de rayons X ou d’électrons Auger lorsque ces rayons sont "auto−
absorbés".

Ee = EK − 2 EL e−
−EL

−EK Ex = EK − EL si Ex > EL

Réorganisation interne conduisant à l’émission d’un électron Auger

Il n’existe pas de forme simple de la section efficace sur tout le domaine en Z et en énergie du photon
incident.
Dans le domaine non−relativiste, mais suffisamment loin des seuils de couches (EK , EL ... ) , celle−ci
s’exprime par :
1
32
σ photo= α4 Z 5 σ Th
K e
2 (par atome)
ε 7

où :
 α est la constante de structure fine (1/137)
 Z est le numéro atomique du milieu
 ε=E γ ⁄ me

 σ eTh est la section efficace de diffusion élastique de Thomson d’un photon sur un
8 α
électron , σ Th = π r e avec r e =
e 2
, rayon classique de l’électron .
3 me
Au voisinage du seuil de la couche K ( ~ EL ) , la section efficace a un accident (dent de scie) de passage
à la couche L.

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α4
Pour des énergies plus grandes, c’est à dire pour ε>>1, on a plutôt : σ K
= 4π r Z 2
. 5
photo
εe

Dans les formules précédentes, la dépendance en Z a été approchée par Z5 . En fait l’exposant de Z varie
de 4 à 5 pour 0,1 MeV < Eγ < 5 MeV .
À basse énergie (Eγ < 100 keV), c’est l’effet photo−électrique qui domine dans la section efficace totale
d’interaction des photons .

3.2 Effet Compton :

Ee

Eγ θε

θγ
Eγ’

Ce processus est la diffusion élastique d’un photon sur un électron quasi−libre du cortège atomique .
La conservation de la norme des quadri−vecteurs permet d’obtenir :
E γ me=E e E’γ  p e E’ γ cos ϑ e ϑ γ .
D’autre part la conservation de la quantité de mouvement analysée sur la direction de propagation du
photon diffusé donne :
E γ cosϑ γ=E’ γ pe E’γ cos ϑ e ϑ γ .
En combinant ces deux relations on obtient :
Eγ ’ me
= avec E e = E γ meE γ’
Eγ E e  pe cos ϑ e ϑ γ
Eγ’ me
=
Eγ Eγ m eE γ ’E γ cosϑ γ E γ’
1 1 Eγ
= = avec ε =
Eγ 1 ε 1cosϑ γ me
1 1cosϑ γ
me

E γ ’ est maximale pour ϑ=π , c’est à dire dans le cas de la rétro−diffusion :

E ’γmax. 1
=
Eγ 1 2ε
L’angle de diffusion de l’électron peut être obtenu par l’équation suivante :
ϑγ
cotg ϑ e = 1 ε tg
2

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La section efficace totale est fournie par la formule de Klein−Nishina :


1 ε 2 1 ε 1 1 1 3ε
σ ec = 2 π r 2e  ln 1 2ε ln 1 2ε  ( par électron )
ε2 1 2ε ε 2ε 1 2ε 2
À basse énergie pour ε << 1 , l’expression se réduit à :
8
σ ec = σ eTh 12ε avec σ eTh = π r 2e
3
qui est la section efficace de Thomson ( formule classique de diffusion sur un électron ).
À haute énergie (ε >> 1), on obtient :
π r 2e 1
σ = e
ln 2ε
c
ε 2
La section efficace différentielle ( pour tous les régimes ) est donnée par :
1 cos 2 ϑ γ ε 1cosϑ γ
2 2
dσ 1 2
=r 2
1
dΩ 1 ε 1cosϑ γ
e
2 1 cos 2 ϑ γ 1 ε 1cosϑ γ
Pour obtenir la section efficace par atome, il faut multiplier les expressions précédentes par Z :
σ atom.
c
= Z σ ec

3.3 Production de paires e+e− :

Εγ Εγ e−
e−
e+
+
e
atome
atome

Dans le champ du noyau Dans le champ d’un électron


2 m 2e
E γ 2 m e E γ 4 me
mN
m N »m e & E γ 2 m e
La production de paires dans le champ électrique de l’électron est fortement supprimée (champ plus
faible que le champ nucléaire) .
1 7 105
Si 1« ε « & σ atom.
paire
= 4α r 2e Z 2 ln 2 ε
αZ 1⁄3
9 54
1 7 183 1
Si ε» & σ atom.
paire
= 4α r 2e Z 2 ln 1⁄3 
αZ 1⁄ 3
9 Z 54

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7 183
À haute énergie, si on néglige le petit terme 1/54, on obtient : σ paire 
atm.
4α r e Z 2 ln 1⁄3
2
, ou encore :
9 Z
7 A 1
σ paire 
atom.
où X0 est la longueur de radiation du milieu .
9 N X0

La production de paires sur les électrons atomiques et proportionnelle à Z, si bien que la section efficace
totale varie en Z(Z+1) . Ceci est inclus dans la définition de X0 .

3.4 Section efficace totale d’absorption :


Dans la diffusion Compton, le photon incident n’est pas totalement absorbé. On définit une section
efficace de diffusion en énergie par :
E’γ atom.
σ atom.
cs
= σ , où E’γ et Eγ sont respectivement les énergies des photons diffusés et incidents
Eγ c

De même, on peut définir une section efficace Compton d’absorption par : σ ca = σ c σ cs


atom. atom. atom.
.
Les différents coefficients massiques (en cm2/g) sont alors :
N atom. N atom.
µcs = σ cs ; µca = σ ca ; µc = µcs µca
A A
N
µ paire = σ atom.
paire
; µ photo = σ photo
A
µa = µ photo µ paire µca coefficient total d’absorption massique
µ = µ photo µ paire µ c coefficient total d’atténuation massique

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4 Interaction forte des hadrons :


L’interaction forte des hadrons joue un rôle important pour comprendre leur détection à haute énergie
dans les calorimètres hadroniques. À haute énergie, la section efficace totale de diffusion proton−proton
dépasse 50 mb. La section efficace totale est donnée par :
σ tot = σ élastique σ inélastique .

On définit la longueur d’absorption nucléaire λa par :


A
λa = g/cm2
N σ inélastique

λa est parfois désignée sous le nom de longueur d’interaction nucléaire de dans la littérature . De même on
trouve dans la littérature la longueur de collision nucléaire λΤ qui correspond à :
A
λ aT = g/cm2 .
N σ tot

Pour le calcul de λa et λΤ , on fait l’hypothèse que σ tot et σ inélastique ne dépendent ni de l’énergie incidente
ni de l’espèce des hadrons considérés . En toute rigueur, cela n’est pas tout à fait correct.
Pour Z  6 , λa et λΤ sont très nettement supérieures à la longueur de radiation. Pour une même
énergie incidente, il faudra beaucoup plus de matière pour stopper un hadron qu’un électron (vrai à haute
énergie).

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matériau Z A σtot (barn) σinel (barn) λT (g/cm2) λa (g/cm2)


hydrogène 1 1,01 0,0387 0,033 43,3 50,8
hélium 2 4,0 0,133 0,102 49,9 65,1
béryllium 4 9,01 0,268 0,199 55,8 75,2
carbone 6 12,01 0,331 0,231 60,2 86,3
azote 7 14,01 0,379 0,265 61,4 87,8
oxygène 8 16,0 0,420 0,292 63,2 91,0
aluminium 13 26,98 0,634 0,421 70,6 106,4
silicium 14 28,09 0,660 0,440 70,6 106,0
fer 26 55,85 1,120 0,703 82,8 131,9
cuivre 29 63,55 1,232 0,782 85,6 134,9
tungstène 74 183,85 2,767 1,65 110,3 185
plomb 82 207,19 2,960 1,77 116,2 194
uranium 92 238,03 3,378 1,98 117,0 199

5 Pour en savoir plus :


 [Référence 1] : Nuclei and particles , Émilio Segrè , W.A. Benjamin, inc.
 [Référence 2] : Stopping powers and ranges for protons and alpha particles (ICRU Report 49, 1993)
Library of Congress US−Cataloging−in−Publication Data
 [Référence 3] : GEANT − Detector description and simulation tool − CERN program library −
phys 431
 Particle Detectors , Claus Grupen , Cambridge monographs on particle physics
 Detectors for Particle radiation , Konrad Kleinknecht , Cambridge University Press
 Radiation detection and measurement, G.F. Knoll , J. Wiley & Sons
 Single Particle Detection and Measurement, R. Gilmore, Taylor & Francis

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