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Évaluation Environnementale Secteur Minier

Le document présente une évaluation stratégique environnementale et sociale du secteur minier au Cameroun, incluant des éléments de mise en œuvre et de suivi des mesures d'atténuation. Il propose des outils de gestion pour les entreprises minières, ainsi que des guides pour l'élaboration de plans de gestion environnementale et sociale. Cette étude, réalisée par Adam Smith International et JMN Consultant, vise à améliorer la planification sectorielle et à renforcer les capacités du secteur minier.

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Évaluation Environnementale Secteur Minier

Le document présente une évaluation stratégique environnementale et sociale du secteur minier au Cameroun, incluant des éléments de mise en œuvre et de suivi des mesures d'atténuation. Il propose des outils de gestion pour les entreprises minières, ainsi que des guides pour l'élaboration de plans de gestion environnementale et sociale. Cette étude, réalisée par Adam Smith International et JMN Consultant, vise à améliorer la planification sectorielle et à renforcer les capacités du secteur minier.

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Evaluation Stratégique

Environnementale et Sociale
du Secteur Minier
au Cameroun
Document Annexe au Rapport – Janvier 2016
Table des Matières

1. Eléments du cahier des charges 6


1.1. Mise en œuvre et suivi des mesures d’atténuation environnementales et sociales et des indicateurs 6
1.2. Propositions de clauses de cahiers des charges environnementales et sociales 6
1.3. Système de Management Environnemental et Social (SMES) des entreprises industrielles 12
1.4. Les PGES de projets 13
1.5. Les Plans de Gestion Environnementale Spécifiques (PGEs) 15
1.6. Les plans de gestion socio-économique spécifiques (PGSs) 16
2. Canevas des outils de gestion pour les entreprises minières 18
2.1. Listes de contrôle environnemental et social 18
2.2. Abrégé complémentaire du Guide de réalisation et d’évaluation des EIES en milieu minier 20
2.3. Impact sur l’air 21
2.4. Impact sur les eaux 21
2.5. Impact sur les sols 22
2.6. Impact sur le biotope 22
2.7. Gestion des ressources naturelles et conservation de la biodiversité 22
2.8. Aspects socio-économiques 23
2.9. Impact sur le cadre de vie 23
2.10. Impact sur le patrimoine culturel et les infrastructures 24
2.11. Engagement des parties prenantes 24
2.12. Guide de réalisation d’une Notice d’Impact Environnemental (NIE), spécifique aux mines artisanales 26
2.13. GUIDE D’ELABORATION D’UN PLAN DE GESTION ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALE (PGES) - PROJETS
MINIERS 29
2.14. GUIDE D’ELABORATION D’UN CADRE DE GESTION ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALE (CGES) 30
2.15. MANUEL DE GESTION ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALE A L’INTENTION DES ENTREPRISES
MINIERES (MGES 32
2.16. Plan de Gestion des Matières Résiduelles et Dangereuses (PGMRD) 37
2.17. GUIDE D’ELABORATION D’UN PLAN DE GESTION DES BRUITS ET DES VIBRATIONS (PGBV) PROJETS
MINIERS 39
2.18. Guide pour l’Elaboration du Plan de Délocalisation/Relocalisation pour le secteur minier au Cameroun 40
2.19. Guide d’Elaboration du Plan d’action pour les Peuples Autochtones (secteur minier au Cameroun) 46
2.20. Gestion des conflits externes 49
2.21. Canevas de conduite du processsus CLIP 54
2.22. Guide d’élaboration du volet contenu local dans le secteur minier 57
2.23. GUIDE D’ELABORATION D’UN PLAN D’URGENCE (PU)-PROJETS MINIERS 61
3. Ebauche d’une Directive de consultation des parties prenantes dans le secteur minier 64

Etude conduite par Adam Smith International en partenariat de sous-traitance avec le cabinet JMN Consultant.

Remerciements:
L’équipe du consultant remercie tout particulièrement le coordonnateur du PRECASEM et son équipe, et le Ministère
des Mines et de l’Industrie, pour la confiance accordée et la franche et cordiale collaboration qui ont prévalues tout au
long de la conduite du processus d’évaluation stratégique environnementale du Programme PRECASEM et du secteur
minier du Cameroun. Le consultant remercie les membres du Comité de Pilotage pour leur implication et la collaboration
avec les membres de l’équipe d’experts. Il remercie l’équipe de la Banque Mondiale pour la confiance qui leur a été
accordée et l’opportunité donnée de réaliser pour le PRECASEM la première évaluation de ce type au Cameroun,
ouvrant la voie sur une nouvelle manière de faire de la planification sectorielle. Enfin, le consultant remercie
chaleureusement toutes les parties prenantes publiques, privées et société civile qui se sont impliquées et ont acceptées
de travailler avec ses experts et assistants tant sur le terrain que lors des ateliers nationaux, lors des enquêtes, des
focus groups, des travaux spécifiques, etc. Que tout le monde trouve ici l’expression de notre gratitude.

ESES I
Acronymes/Abréviations
ABN Autorité du Bassin du Niger
ACES Audit de Conformité Environnementale et Sociale
AEA Autorisation d’Exploitation Artisanale
AES Audit Environnemental et Social
AP Aire Protégée
APV-FLEGT Accord de Partenariat Volontaire - Forest Law Enforcement Governance and Trade
ASI Adam Smith International
BBL Baril (pétrole)
BDES Base de Documentation Environnementale et Sociale (de l’entreprise)
BIP Budget d’Investissement Public
BM Banque Mondiale
BNCAM Brigade Nationale de Contrôle des Activités Minières
BRGM Bureau de Recherche Géologique et Minière
BTP Bâtiments et Travaux Publics
CAC Comité Administratif de Coordination
CADHP Convention Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples
CAMINEX CAmeroon MINeral Exploration
CAPAM Cadre d’Appui et de Promotion de l’Artisanat Minier
CARPA Conseil d’Appui à la Réalisation des Partenariats Public-Privé
CAWFHI Comité scientifique et technique et comité pilotage projet Transfrontalier Trinational Dja-Odzala-
Minkebe (TRIDOM)
CBLT Commission du Bassin du Lac Tchad
CC Cahier des Charges
CCNUCC Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique
CCSPM Cercle de Concertation de la Société civile partenaire du MINFOF/MINEP
CDB Convention sur la Diversité Biologique
CED Centre pour l’Environnement et le Développement
CEEAC Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale
CEFDHAC Conférence des Ecosystèmes de Forêts Denses et Humides d’Afrique Centrale
CEMAC Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale
CFC Chloro Fluoro Carbures
CGES Cadre de Gestion Environnemental et Social
CICOS Commission Internationale du bassin Congo-Oubangui-Sangha
CIME Comité InterMinistériel de l'Environnement
CITES Convention on International Trade in Endangered Species (Convention sur le commerce international
des espèces sauvages menacées d'extinction)
C&K Mining Cameroon and Korea Mining
CLCD Convention sur la Lutte Contre la Désertification
CLIP Consentement Libre, Informé et Préalable
CM Code Minier
CNCEDD Commission Consultative pour l’Environnement et le Développement Durable
CNPS Centre National de Prévoyance Sociale
CO2 Gaz carbonique
COGERMABO COmité de GEstion de Redevance Minière Artisanale de Betare-Oya
COMIFAC Conférence des Ministres en charge des Forêts d’Afrique Centrale
CPAR Corrective Preventive Action Request
CPPA Cadre de planification pour les peuples autochtones
COREP Commission Régionale des Pêches du Golfe de Guinée
COTCO Cameroon Oil Transportation Company
CPCIE Cahier des Procédures de Communications Internes et Externes
CTSF Comité Technique de Suivi du Forum (PRECASEM)
DB Diversité Biologique
DG Direction de la Géologie
DI Direction de l’Industrie
DFID Department For International Development (UK)
DMA Drainage Minier Acide
DMG Direction des Mines et de la Géologie (MINMIDT)
DSCE Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (2010-2020)

ESES II
DSO Direct Shipping Ore (minerai directement exportable en l’état)
DSRP Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté
ECOFAC ECOsystèmes Forestiers d’Afrique Centrale
EF Etude de Faisabilité
EFIR Exploitation Forestière à Impacts Réduits
EIES Etude d’Impact Environnemental et Social
EPF Etude de PréFaisabilité
EPI Equipement de Protection Individuelle
ERAIFT Ecole Régionale d’Aménagement Intégré des Forêts Tropicales
ESES Etude Stratégique Environnementale et Sociale
FDH Forêt Dense Humide
FDL Fonds de Développement Local
FEICOM Fonds spécial d’Equipement et d’Intervention interCOMmunale
FGF Facilité pour la Gouvernance Forestière
FLEGT Forest Law Enforcement Governance and Trade
FMI Fonds Monétaire International
FNUF Forum des Nations Unies sur les Forêts
FSC Forest Stewardship Council
GAF Organisme allemand specialise dans la cartograhie et le suivi du couvert forestier
GEF Global Environmental Fund
GES Gaz à Effet de Serre
GFBC Groupement de la Filière Bois du Cameroun
GICAMINES Groupe d’Initiative Commune des Artisans des MINES
GIEC Groupe Intergouvernemental des Experts sur le Climat
GRN Gestion des Ressources Naturelles
GSAf Geological Society of Africa
GSEAF Groupe de Spécialistes de l'Eléphant d'AFrique
HEVECAM HEVEa du CAMeroun
SHST Service Hygiène et Sécurité au Travail
ICPE Installation Classée pour la Protection de l'Environnement (France)
IDH Indice de Développement Humain
INS Institut National de la Statistique
IRGM Institut de Recherche Géologique et Minière
IRAD Institut de Recherche Agricole pour le Développement
IST/VIH-SIDA Maladies Sexuellement Transmissibles et VIH-SIDA
ITIE Initiative pour la Transparence des Industries Extractives
JMN Cabinet JMN Consultant
KPDC Kribi Power Development Company (Centrale thermique à gaz de Kribi)
LAGA Last Great Ape Organization
LCES Liste de Contrôle Environnementale et Sociale
LCD Lutte Contre la Désertification
LPM Lettre de Politique Minière
MCO Mesures de Contrôles Opérationnelles
MDP Mécanisme de Développement Propre
MGES Manuel de Gestion Environnementale et Sociale
MINADER Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural
MINAS Ministère des Affaires Sociales
MINATD Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation
MINDCAF Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières
MINEE Ministère de l’Eau et de l’Énergie
MINEPAT Ministère de l’économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire
MINEPDED Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable
MINFI Ministère des Finances
MINFOF Ministère des Forêts et de la Faune
MINMIDT Ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique
MINTP Ministère des Travaux Publics
MNV Mesure, Notification et Vérification
NAMA (MANA) Nationaly Appropriate Mitigation Actions/ (Mesures d’Atténuations Nationales Appropriées)
NEPAD Nouveau Programme Economique pour le Développement de l'Afrique
NIES Notice d’Impact Environnemental et Social
OAB Organisation Africaine du Bois
OCFSA Organisation pour la Conservation de la Faune Sauvage d’Afrique

ESES III
OSOES Organigramme de la Structure Opérationnelle Environnementale et Sociale (de l’entreprise)
OFAC Observatoire des Forêts d’Afrique Centrale
OI Observateur Indépendant
OIT Organisation Internationale du Travail
OLB Origine et Légalité des Bois
OMS Organisation Mondiale de la Santé
ONACC Observatoire National sur les Changements Climatiques
ONG Organisation Non Gouvernementale
OP Operational Policies (Politiques Opérationnelles) (BM)
OSC Organisation de la Société Civile
PA Peuple autochtone
PAFN Programme d’Action Forestier National
PAFT Plan d’Action Forestier Tropical
PANA-CC Plan d’Action National d’Adaptation au Changement Climatique
PANERP Plan d’Action National Energie pour la Réduction de la Pauvreté
PAN-LCD Programme d’Action National de Lutte Contre la Désertification
PAR Plan d’Atténuation et de Réhabilitation
PARAC Plan d’Action Régional pour l’Afrique Centrale
PASR Plan d’Acquistion de Terres et de Compensation
PAU-FTH Plan d’Action d’Urgence de la Forêt Tropicale Humide
PCI Principes Critères et Indicateurs
PDC Plan de Développement Communautaire
PDCA Plan, Do, Check, Act (méthode d’élaboration de SGES)
PDR Plan de Développement Routier
PEBO Permis d’Exploitation du Bois d’Œuvre
PERENCO Société de production de gaz naturel
PFNL Produit Forestier Non Ligneux
PGB Plan de Gestion du Bruit
PGDB Plan de Gestion des Déchets Biomédicaux
PGEA Plan de Gestion des Emissions Atmosphériques
PGES Plan de Gestion Environnemental spécifique
PGEs Plan de Gestion Environnemental et Social
PGEU Plan de Gestion des Eaux Usées
PGHU Plan de Gestion des Huiles Usagées
PGMRD Plan de Gestion des Matières Résiduelles et Dangereuses
PGRL Plan de Gestion des Rejets de Laboratoires
PGSs Plan de Gestion Social spécifique
PGV Plan de Gestion des Vibrations
PIB Produit Intérieur Brut
PIFS Programme Intégré de Formation et de Sensibilisation (de l’entreprise)
PK Processus de Kimberley
PME Petite et Moyenne Entreprise
PNAE Programme National d’Action Environnementale
PNDP Programme National de Développement Participatif
PNGE Plan National de Gestion de l’Environnement
PNVRA Programme National de Vulgarisation et de Recherche Agricole
PPAV Plan pour les Peuples Autochtones Vulnérables
PPDP Pygmy Peoples Development Plan
PPES Plan de Protection Environnemental du Site
PPP Partenariat Public-Privé
PRECASEM Projet de REnforcement des CApacités du SEcteur Minier
PSFE Programme Sectoriel Forêts et Environnement
PTF Partenaire Technique et Financier
PUE Plan d’Urgence Environnementale (de l’entreprise)
RAAE-ES Rapport d’Activité Annuel de l’Entreprise sur le plan Environnemental et Social
RAFM Réseau Africain de Forêts Modèles
RAMSAR Convention relative aux zones humides d'importance internationale
RAPAC Réseau des Aires Protégées d’Afrique Centrale
RCA République CentrAfricaine
RDPC Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais
REDD+ Réduction des Emissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des forêts (+ : avec inclusion de la
Gestion Durable des Forêts, la conservation de la biodiversité et l’accroissement des stocks de carbone).

ESES IV
RELUFA REseau de LUtte contre la FAim au Cameroun
REPAR REseau des PARlementaires pour la gestion durable des écosystèmes forestiers d'Afrique
Centrale
RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat
RNB Revenu National Brut
RSE Responsabilité Sociétale/Sociale des Entreprises
SDSR Stratégie de Développement du Secteur Rural
SGES Système de Gestion Environnementale et Sociale
SIF Stratégie Intégrée de Financement
SIG Système d’Information Géographique
SMES Système de Management Environnemental et Social
SNATDD Schéma National d’Aménagement du Territoire et du Développement Durable
SNH Société Nationale des Hydrocarbures
SNOM Schéma National d’Orientation Minière
SINOSTEEL Société chinoise d’exploration minière
SOCAPALM SOCiété Agroindustrielle de production de PALMier à huile
SPE Secrétariat Permanent à l'Environnement
SSM Stratégie du Secteur Minier
TdR Termes de Référence
TNS Tri-National de la Sangha
TRIDOM (conservation de la biodiversité) TRansfrontalière dans l’Interzone de Dja-Odzala-Minkébé (Cameroun,
Congo et Gabon)
UFA Unité Forestière d’Aménagement
UICN Union Internationale pour la Conservation de la Nature
CNUCED Conférence des Nations Unies sur le Commerce Et le Développement (UNCTAD United Nations
Conference on Trade and Development)
WCS Wildlife Conservation Society
WWF Fonds Mondial pour la Nature
WRI World Resources Institute

Equipe du consultant de l’ESES secteur minier Cameroun:


1. Dr Jean-Marie NOIRAUD, chef de mission, planification, réformes sectorielles, développement;
2. Dr Lois HOOGE, gouvernance du secteur minier, spécialiste en développement social;
3. Dr Dave PHILLIPS remplacé par M. Patrice MAURANGES, géographe environnementaliste,
spécialiste ESES/EIES;
4. M. Richard EVERETT, spécialiste des politiques minières et ESES secteur minier;
5. M. Yves MOUKORY, juriste spécialiste en droit du secteur des industries extractives;
6. Dr Peter TATAH, sociologue, spécialiste des EIES et ESES au Cameroun;
7. M. Valéry DJOMOU, ingénieur forestier et cartographe;
8. Mme Catherine OGDEN, directrice du projet, spécialiste en gouvernance du secteur minier;
9. M. Aimé-Franck GOMBA, assistant permanent au projet ESES, gouvernance minière ;
10. Equipe JMN d’enquêteurs et assistants techniques et administratifs

ESES V
1. Eléments du cahier des charges

1.1. Mise en œuvre et suivi des mesures d’atténuation environnementales et


sociales et des indicateurs
La dimension stratégique de l’évaluation du PRECASEM et du secteur minier lui confère un rôle de
choix d’orientation dans la conception et la planification (au même titre que les choix économiques et
sociaux) et non pas un rôle directement opérationnel.
C’est pourquoi, la mise en œuvre des mesures d’atténuation et des indicateurs de l’ESES devra se
faire de manière indirecte, c’est à dire via les mesures d’atténuation et les indicateurs des EIES/PGES
mises en œuvre par les projets miniers directement sur site.
A ce titre, pour les mesures d’atténuation comme pour les indicateurs, l’ESES propose un cadre de
gestion environnementale et sociale (CGES) du secteur minier, auquel devront se référer les
recommandations des futures EIES et PGES de projets.
Ce cadre peut être complété, dans les différents secteurs économiques concernés (agriculture,
industrie, transports...), par des dispositions plus techniques d’introduction du développement durable,
telles que :
bonnes pratiques environnementales ;
suivi du cycle des produits, de leur fabrication à leurs déchets (intermédiaires et ultimes) ;
observatoires de l’environnement ;
paiements pour services environnementaux, etc...
Il peut être également complété par une optimisation ou des réformes juridiques, organisationnelles,
visant une plus grande synergie entre institutions, telle que :
affirmation du rôle transversal et d’appui du ministère en charge de l’environnement ;
responsabilisation et valorisation des ministères sectoriels sur les approches environnementales
techniques à conduire au niveau du pilotage des filières ;
comité de pilotage interministériel de suivi pour l’application et le contrôle des orientations
préconisées par l’ESES, dans les projets ;
etc…
Ces mesures seront à mettre en œuvre via les projets institutionnels sur le secteur minier, à
commencer par le PRECASEM.

1.2. Propositions de clauses de cahiers des charges environnementales et


sociales
Pour garantir leur réputation mondiale et préserver leur part de marché, les entreprises industrielles
minières de niveau international, sollicitées pour l’exploitation minière au Cameroun, seront
certainement les premières à demander des outils structurés et de visibilité sur leur responsabilité
environnementale et sociale. C’est pourquoi, l’ESES propose ci-dessous (livrable 5 des TdRs),
certains points à prendre en compte et à insérer dans leurs cahiers des charges, comme éléments
1
contractuels de leur convention minière avec l’Etat camerounais .

1
Il reste à arbitrer ce qui doit être pris en compte par le secteur minier mécanisé.

ESES 6
[Link] d’élaboration des PGES de sites miniers
Les projets miniers industriels et mécanisés, doivent s’engager sur le plan environnemental et social,
dans les différentes phases de la vie du projet, à savoir (7 phases) :
1. phase de préparation : sondages, faisabilité, acquisition, convention, infrastructures d’accès et
d’énergie…;
2. phase de chantier : installation du carreau de mine, des infrastructures connexes, des villages des
employés… ;
3. phase d’exploitation : extraction transformation, conditionnement, exportation… du minerai ;
gestion des flux de main d’œuvre, d’intrants, d’énergie, d’effluents et de déchets… ; mise en
œuvre et suivi des mesures de sauvegarde ;
4. phase d’agrandissement (le cas échéant) : extension du carreau de mine, augmentation de
capacité des unités industrielles, installation d’usines de 2e ou 3e transformation… ;
5. phase de fermeture : arrêt, remblaiement, végétalisation, mise aux normes, suivi des espaces
fermés, abandonnés… ;
6. phase de post-fermeture : suivi des sites fermés et réhabilités, et de leurs installations connexes.
7. phase de réouverture (le cas échéant) : cf. phases 1, 2, 3, ci-dessus.
8. … pour développer leur Plan de gestion environnementale et sociale (PGES) dont le but est :
de respecter le cadre réglementaire applicable au projet, notamment le CM2 ;
d’atténuer les impacts négatifs du projet sur le milieu biophysique et le milieu humain, notamment
en référence aux différents PGE et PGS spécifiques (PGEs et PGSs) ;
d’assurer la surveillance des activités et le suivi des impacts du projet, notamment via du
personnel spécifique en charge de ces tâches ;
d’apporter des correctifs ou des améliorations nécessaires selon le cas, dans une approche
vertueuse d’amélioration constante ;
de maximiser les retombées positives du projet, notamment au profit de l’environnement et des
aspects sociaux et économiques locaux.
Les PGES d’entreprises permettront ainsi de s’assurer de la mise en œuvre des bonnes pratiques
utilisées dans le secteur minier pour atténuer les impacts du projet ou les bonifier. De cette façon, le
PGES devient un outil intégrateur des aspects environnementaux et socio-économiques liés au projet
pendant son existence, tout en minimisant leurs impacts. Au mieux, les PGES doivent viser le respect
de la norme ISO 14 001 reconnue internationalement, relative notamment :
aux mesures d’atténuation, exigences, plans spécifiques de gestion environnementale et
procédures à mettre en œuvre ;
aux indicateurs et mesures de contrôle et de suivi ;
aux rôles et responsabilités des différents intervenants en matière de gestion environnementale
et sociale.
Idéalement, les projets miniers de grande envergure sont appelés à se conformer à la Norme
ISO 26000, qui intègre dans le fait les critères de la norme ISO 14001, mais aussi les questions
sociales et sociétales de manière plus large.

2
CM : Code minier

ESES 7
1.2.2. Récapitulatif des thèmes, documents et plans à prendre en compte, dans les clauses des cahiers des charges des entreprises
candidates aux conventions minières
Le contenu et les sigles du tableau sont précisés pages suivantes.

CLAUSES 1) ENTREPRISES 2) ENTREPRISES 3) ENTREPRISES OBSERVATIONS


PAR MILIEU / CIBLE INDUSTRIELLES ARTISANALES ARTISANALES
et PETITE MINE SEMI-MECANISEES
ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX :
1. Au niveau stratégique : PRECASEM et des projets d’encadrement du secteur minier :
Thèmes environnementaux et LCES LCES LCES Cf. point 2, dans le tableau
sociaux stratégiques : ci-dessous.
Documents de cadrage : LPM, SSM, SNOM, CM, LPM, SSM, SNOM, CM, LPM, SSM, SNOM, Disponibles sur le site Web
CGES, SMES, PAN/LCD, CGES CM du MINMIDT et du
SSFF, PNSEE MINEPDED.
Documents types pour les PGES, MGES, PPES… et EIES Sommaire, PGES, NIE Disponibles sur le site Web
porteurs de projets : documents mentionnés ci- MGES, PPES… et du MINMIDT et du
dessous. documents mentionnés ci- MINEPDED.
dessous.
2. Au niveau local : sites miniers :
Eau : OSOES, PIFS, BDES, CPCIE, OSOES, PIFS, CPCIE, Application de la Pour les entreprises du type
PPES, PGMRD, MCO, PUE PPES, MCO, PUE, ACES. réglementation, 1) et 2) : chapitres
ACES contrôlée par spécifiques du PGES rendus
l’Administration ; accessibles sur le Web.
NIE
Air : Idem + PGEA, PGB, PGV Idem (avec chapitre Idem. Idem.
« Air »).
Sols : Idem + PGMRD Idem (avec chapitre Idem. Idem.
« Sols »).

8 ESES
CLAUSES 1) ENTREPRISES 2) ENTREPRISES 3) ENTREPRISES OBSERVATIONS
PAR MILIEU / CIBLE INDUSTRIELLES ARTISANALES ARTISANALES
et PETITE MINE SEMI-MECANISEES
Végétation, Habitats, Faune, Idem + PGE Idem (avec chapitre Idem. Idem.
Biodiversité : « Végétation …»).

CLAUSES 1) ENTREPRISES 2) ENTREPRISES 3) ENTREPRISES OBSERVATIONS


PAR MILIEU / CIBLE INDUSTRIELLES ARTISANALES ARTISANALES
et PETITE MINE SEMI-MECANISEES
ASPECTS SOCIAUX :
1 Au niveau stratégique : PRECASEM et des projets d’encadrement du secteur minier :

Documents de cadrage : SSS, LCES SSS, LCES LCES Disponibles sur le site du MINAS, du
MINEPDED et du MINMIDT
Documents types pour les PGES, MGES, PPES PGES, MGES, PPES NIE
porteurs de projets :
2. Au niveau local : sites miniers :

Déplacements : OSOES, BDES, CPIE, PIFS, CLIP, DUP, PRR Application de la Pour les entreprises du type 1) et 2) :
PUS, MCO, réglementation, chapitres spécifiques du PGES rendus
CLIP, DUP, PRR, ACES contrôlée par accessibles sur le Web.
l’Administration ; NIE
Sécurité : Normes sécurité et santé Port des EPI ; PU, Port des EPI, NIE, Pour les entreprises du type 1) et 2) :
spécifiques aux mines (inclus Normes OIT Normes OIT3 chapitres spécifiques du PU rendus
EPI) ; PU ; Normes OIT accessibles sur le Web.
Conflits : CPIE, PIFS, OSOES, BDES, CPIE, PIFS, BDES, Application de la Pour les entreprises de type 1) et 2)
MCO, ACES, ACES réglementation, anticiper les risques de conflits internes et
contrôlée par externes

3
OIT : Organisation Internationale du Travail

9 ESES
CLAUSES 1) ENTREPRISES 2) ENTREPRISES 3) ENTREPRISES OBSERVATIONS
PAR MILIEU / CIBLE INDUSTRIELLES ARTISANALES ARTISANALES
et PETITE MINE SEMI-MECANISEES
l’Administration
Santé : Couverture Maladie et Couverture accident ; Boite à pharmacie Pour les entreprises de type 1) et 2)
Accident ; Infirmerie sur site Infirmerie à proximité ; d’urgence ; Appui anticiper l’accroissement des risques
fonctionnelle ; Normes OIT Boite à pharmacie CAPAM sanitaires et de la population
d’urgence ; Normes OIT
Education : PIFS ; PIFS Sans objet Pour les entreprises de type 1) et 2)
anticiper les besoins de formation et
d’éducation
Mœurs et coutumes : PPA, PPAV, Convention PPA, convention Application de la Pour les entreprises de types 1) et 2)
UNESCO UNESCO réglementation préserver les coutumes traditionnelles
Sites culturels : Convention UNESCO, Convention UNESCO Application de la idem
règlementation
Groupes vulnérables : PPA, PPAV PPAV, Sans objet Pour les entreprises de type 1) et 2)
développer des mesures appropriées
pour les peuples vulnérables
ASPECTS ECONOMIQUES :
1. Au niveau stratégique : PRECASEM et des projets d’encadrement du secteur minier :
Documents de cadrage : Vision 2035, DSCE, SSM, Vision 2035, DSCE, Vision 2035, DSCE, Disponibles sur le site du PM, du
SNATDD, PAN/LCD, SSFF, SSM, SNATDD SSM, SNATDD MINEPDED, du MINADER, du MINFOF,
SSDR du MINEPAT et du MINMIDT
Documents types pour les PGES, PRR, PA,, EF, DUP, PGES, PRR, PA, EF, NIE Disponible sur les sites internet des
porteurs de projets : PPA, PPAV, PCL PPA, PCL entreprises de type 1) et 2)
2. Au niveau local : sites miniers :
Aménagement du territoire : SRATDD, PDC, PDL, PDI, SRATDD, PDC, PDL PDL Prendre en compte les plans existants au
PMI niveau de l’entreprise minière
Agriculture : PSA, PDAP PSA Application de la Pour les entreprises de type 1) et 2)
règlementation anticiper l’augmentation de la demande

10 ESES
CLAUSES 1) ENTREPRISES 2) ENTREPRISES 3) ENTREPRISES OBSERVATIONS
PAR MILIEU / CIBLE INDUSTRIELLES ARTISANALES ARTISANALES
et PETITE MINE SEMI-MECANISEES
alimentaire
Filière forêt : PRDR PR Application de la Pour les entreprises de type 1) et 2)
réglementation, NIE compenser les déboisements et les
émissions de GES
Développement urbain : SRATDD, PDC, PDL SRATDD, PDL Sans objet Pour les entreprises de type 1) et 2),
anticiper la croissance démographique
locale et ses besoins
Energie : SRATDD, EF, PDI EF, PDI Sans objet Pour les entreprises de type 1) et 2) :
renforcer le réseau électrique local
Transport : SRATDD, EF, PDI EF, PDI Sans objet Pour les entreprises de type 1) et 2) :
renforcer le réseau routier local
Finance : SRATDD, PDC, PDL, PDI PDL, PDI Sans objet Pour les entreprises du type 1) et 2) :
appuyer la création d’IMF et/ou Agence
bancaire
MISE EN ŒUVRE :
Prise en charge financière : Compagnies minières. Sociétés minières + Subventions de l’Etat Pour 1) et 2) : définie précisément dans
Subventions de l’Etat. avec appui du CAPAM les CC4.
Montage institutionnel : Compagnies minières. Sociétés minières Avec appui du CAPAM Pour 1) et 2) : défini précisément dans les
CC
Suivi environnemental et social : Compagnies minières + Compagnies minières + MINMIDT/ MINEPDED Pour 1) et 2) : défini précisément dans les
MINMIDT/ MINEPDED MINMIDT/ MINEPDED + CAPAM CC
+ CAPAM
Suivi de mise en œuvre et Compagnies minières + Compagnies minières + MINMIDT/ MINEPDED Pour 1) et 2) : défini précisément dans les
contrôles : MINMIDT/ MINEPDED / MINMIDT/ MINEPDED / / CAPAM + FEICOM + CC
MINEPAT + FEICOM CAPAM + FEICOM Commune

4
CC : Cahier des Charges

11 ESES
1.3. Système de Management Environnemental et Social (SMES) des
entreprises industrielles
Pour les entreprises industrielles seulement (dans un premier temps), lesquelles ont l’obligation de
relever des normes internationales du secteur, un système de management environnemental et social
(SMES) doit être mis en place pour gérer les aspects environnementaux durant toutes les phases du
cycle d’existence de la mine. Il s’agit d’un outil de gestion structuré, articulé au PGES, lui permettant
de s’organiser de manière à réduire ses impacts sur l’environnement et les aspects sociaux. La norme
internationale ISO 14 0015 prescrit ainsi les exigences relatives à un SMES, permettant à une
entreprise de formuler une politique et des objectifs prenant en compte les exigences législatives
locales et internationales, ainsi que les informations relatives aux impacts environnementaux
significatifs.
L’élaboration de la politique environnementale et sociale interne à l’entreprise est donc un acquis
préalable indispensable pour sous-tendre concrètement sa responsabilité sociétale (RSE) et permettre
la mise en œuvre et l’amélioration de son SMES. A cet égard, elle doit refléter l’engagement de
l’entreprise à se conformer aux exigences légales applicables, à s’engager dans la prévention de la
pollution et dans l’amélioration continue de son SMES. Après la mise en service de la mine et ce,
pendant une durée suffisante pour évaluer l’efficacité du SMES, l’entreprise peut éventuellement
envisager de demander la certification ISO 14001 pour le projet.
La mise en œuvre du SMES se base sur la méthode du PDCA (Plan-Do-Check-Act)6 préconisée par
la norme ISO 14 001 et regroupe ainsi la planification (Plan) des objectifs et des processus
nécessaires à l’implantation du SMES, la mise en œuvre (Do) de ces processus, le contrôle et
l’évaluation (Check) de ces processus, et la mise en place d’actions correctives et complémentaires
(Act), permettant d’améliorer de manière continue la performance environnementale et sociale de
l’entreprise par l’entremise de son SMES :
Planification (« Plan ») :
L’élément de planification du SMES doit couvrir les quatre aspects suivants :
l’identification des aspects environnementaux significatifs liés au projet ;
l’identification des exigences réglementaires applicables ;
la détermination d’objectifs et de cibles quantifiables visant à réduire les impacts significatifs ;
le développement de programmes environnementaux et sociaux décrivant les ressources
nécessaires, le personnel responsable de la mise en œuvre de ces programmes et un
échéancier de réalisation.
Mise en œuvre (Do ») :
La mise en place du SMES doit permettre de suivre et de valider les impacts environnementaux qui
auront été évalués dans le cadre de l’EIES du projet. De plus, son application doit assurer le contrôle
et la maîtrise des impacts dans le respect du cadre réglementaire applicable et des bonnes pratiques.
Finalement, le suivi des impacts permettra une amélioration continue des pratiques et, ainsi, une
réduction conséquente des impacts environnementaux. La mise en application du SMES nécessite
donc plusieurs éléments, dont :
la vérification de la disponibilité des ressources (humaines, financières, infrastructures, etc.) ;
une structure organisationnelle (OSOES) qui précise les rôles et les responsabilités de chacun à
l’intérieur des programmes environnementaux ;
un programme intégré de formation et de sensibilisation (PIFS) ;

5
[Link]
6
[Link]

ESES 12
un cahier des procédures de communications internes et externes (CPCIE) ;
un base de documentation environnementale et sociale opérationnelle (BDES) ;
des mesures de contrôle opérationnelles (MCO) ;
un plan d’urgence environnementale (PUE).
Contrôle et évaluation (« Check ») :
Le contrôle et l’évaluation du SMES doivent être encadrés par :
la surveillance et la mesure des activités et des opérations qui peuvent avoir un impact
environnemental et social (MCO) ;
l’établissement des responsabilités quant à la gestion des non-conformités, des actions
correctives et préventives (OSOES) ;
le maintien d’une base de données regroupant des enregistrements liés au SMES (BDES) ;
la mise en place d’un programme interne de vérification du SMES (MCO).
Actions (« Act ») :
La revue périodique du SMES doit être réalisée par la direction de l’entreprise, afin de permettre son
amélioration continue, par la revue :
de la politique environnementale et des engagements correspondants ;
de sa performance à l’égard des objectifs environnementaux ;
des conclusions et plans d’action résultant des vérifications et auto-évaluations périodiques ;
de l’applicabilité du système de gestion (selon les pressions du marché, les exigences
réglementaires nationales et internationales qui peuvent évoluer, les structures administratives et
l’organisation, les processus et procédures de fonctionnement du site, les technologies en cours
de développement, les attentes des parties intéressées et des parties prenantes impliquées dans
le projet, les recommandations et plans d’actions correctifs élaborés à partir des enquêtes
relatives aux accidents et incidents survenus, l’adéquation des ressources pour atteindre les
objectifs et buts fixés, les exigences de compte-rendu et de communication…).
Les aspects environnementaux et légaux ainsi que les processus, objectifs, cibles, rôles et
responsabilités, figurant dans le SMES, doivent être revus et modifiés, si cela est nécessaire, afin
d’intégrer les améliorations requises, suite à la tenue des audits de conformité.
Les résultats relatifs à la performance du SMES seront régulièrement communiqués aux employés, à
l’équipe de gestion, aux fournisseurs et aux parties prenantes des communautés locales, pour leurs
permettre de mesurer leur impact environnemental et social.

1.4. Les PGES de projets


Les PGES d’entreprises industrielles ou mécanisées minières, visent à décrire l’ensemble des
mesures à prendre par les entreprises sur leurs sites d’exploitation, afin de maîtriser leurs impacts
environnementaux et sociaux, de se conformer aux règlements, d’assurer le suivi de leurs activités de
gestion environnementale et d’atteindre les cibles et objectifs environnementaux et sociaux prévus.
Les PGES de projets doivent être conformes au CGES proposé dans la présente ESES et privilégier
le recours aux meilleures technologies disponibles et économiquement applicables, ainsi que
l’amélioration continue de la performance environnementale et sociale. Des plans de gestion
spécifiques (OSOES, PIFS, BDES, CPCIE, PPES, PMRD, MCO, PUE…, et autres selon les besoins,
cf. tableaux ci-dessus) devront être élaborés pour réduire au minimum les impacts résiduels
significatifs identifiés lors de l’EIES, ainsi que pour respecter les exigences environnementales et
sociales de l’entreprise et les exigences réglementaires nationales et internationales. Les PGES
doivent aborder toutes les phases du projet, de sa construction, à sa fermeture et à sa réhabilitation.

ESES 13
Trois phases doivent être prévues pour la réalisation du PGES de projet : la planification, la mise en
œuvre et le contrôle et le suivi.

Phase 1 : planification :
o Analyse environnementale et sociale :
Les EIES réalisées dans le cadre de la réglementation nationale sur l’étude d’impact, doivent
permettre d’établir les principaux enjeux environnementaux et sociaux associés au projet, des
exigences légales et réglementaires applicables, des meilleures pratiques environnementales dans le
domaine, les réponses aux situations d’urgences survenues dans des contextes similaires. Ce type
d’analyse constitue la base documentaire des PGES.
o Politique environnementale :
Les entreprises industrielles minières doivent avoir rédigé leur politique environnementale propre,
laquelle sera un des éléments guide pour formuler leur PGES. Cette politique devra spécifier que
l’entreprise adhère bien aux principes du développement durable, en considérant les aspects socio-
économiques, environnementaux et économiques de ses opérations (et en particulier, par exemple, le
travail avec les communautés locales pour maximiser les retombées positives de ses activités), son
engagement à minimiser ses impacts sur l’environnement et à protéger la santé et la sécurité de ses
employés et des citoyens, tout en bâtissant un projet économiquement viable.

Phase 2 : mise en œuvre :


o Définition des rôles et responsabilités des ressources :
Pour que le PGES soit efficace, il est important que les rôles et responsabilités soient bien définis
dans un OSOES et communiqués à toutes les personnes qui interviendront dans le projet (cadres,
employés, entrepreneurs, fournisseurs, etc.), afin que ces dernières soient conscientes des
responsabilités qui leurs incombent.
o Manuel de gestion environnementale et sociale :
Pour faciliter le transfert de connaissances et la diffusion du plan de gestion, les entreprises doivent
produire un Manuel de Gestion Environnementale et Sociale (MGES). Ce manuel intègrera tous les
éléments déjà mentionnés ci-dessus (politique environnementale, objectifs, cibles, programmes, rôles
et responsabilités, enjeux environnementaux, exigences légales et autres règlements et plan de
mesures d’urgences avec registre des risques anticipés), de même que les procédures de mise à jour
des données environnementales et les procédures pour la formation du personnel.
o Formation :
Pour chacune des phases du projet (construction, exploitation, fermeture), des séances de formation
(PIFS) doivent être dispensées aux employés, afin de les former au PGES, et des formations
spécifiques doivent également être dispensées auprès des responsables du PGES, afin de les guider
dans la réalisation de leurs tâches. Chaque nouvel employé devra également être formé tout au long
de l’exploitation des installations. Les sous-traitants qui travailleront pour le projet devront aussi être
sensibilisés et se conformer par contrat, au PGES de l’entreprise responsable de l’exploitation.

Phase 3 : contrôle et suivi :


o Audits de conformité :
Sur une base annuelle, les entreprises doivent réaliser un audit interne de conformité
environnementale et sociale (ACES) de leur PGES du site minier, afin de s’assurer que les
procédures environnementales et sociales soient bien suivies et que les cibles visées soient atteintes
dans le respect des objectifs fixés dans leur PGES. Un rapport de conformité sera ainsi remis

ESES 14
annuellement à la direction de l’entreprise, pour indiquer le niveau de conformité et les éléments à
améliorer le cas échéant.
o Revue de PGES et amélioration :
De façon périodique, les entreprises doivent également revoir leurs PGES, afin d’en assurer une
amélioration continue. À cette étape, les aspects environnementaux, sociaux et légaux, ainsi que les
processus, objectifs, cibles, rôles et responsabilités, figurant dans le MGES (indicateurs
environnementaux et sociaux) seront revus et modifiés, si nécessaire, afin d’intégrer les améliorations
requises suite à la tenue des ACES.

1.5. Les Plans de Gestion Environnementale Spécifiques (PGEs)


Pour chaque projet minier de type industriel ou mécanisé (et comme cela doit se faire aussi pour les
PGSs), des mesures spécifiques aux grandes problématiques environnementales, doivent être
contenues dans des PGEs et mises en œuvre afin de prévenir, d’éviter ou d’atténuer les impacts
pouvant survenir durant les sept phases du cycle d’existence du projet (cf. ci-dessus). Chaque PGEs
ou plan spécifique (OSOES, PIFS, BDES, CPCIE, PPES, PMRD, MCO, PUE, ACES, etc…) doit être
développé selon les exigences réglementaires, les autorisations, les critères environnementaux et les
directives… correspondant à son cas spécifique.
Tout en se basant sur le SMES établi préalablement, les PGEs doivent décrire les mesures de gestion
particulières à chaque composante spécifique du projet, pour éviter, réduire au minimum ou atténuer
les impacts négatifs potentiels. Des contrôles environnementaux doivent être spécifiquement élaborés
pour chaque composante spécifique du projet, afin de surveiller les émissions et rejets liés au projet.
Chaque PGEs doit se présenter sous forme de documents ayant une même structure, afin d’assurer
une gestion cohérente de la performance environnementale. Ces plans doivent comprendre au
minimum les éléments suivants :
7
les exigences de la politique sectorielle , du CM et de la réglementation environnementale, y
compris un résumé des autorisations requises durant les différentes phases du projet, ainsi que
les éléments pertinents des décrets d’exploitation et des objectifs découlant des critères
environnementaux du projet;
les mesures générales de prévention et de gestion des impacts, y compris les contrôles
environnementaux généraux permettant de prévenir et de gérer les impacts environnementaux,
ainsi que les mesures générales d’atténuation identifiées dans ce rapport (PPES, PGB, PGV,
PMRD…) ;
les fonctions et responsabilités de l’équipe de gestion, des employés et des sous-traitants, dans
le cadre de la mise en œuvre et du maintien du plan considéré (OSOES) ;
la vérification, le contrôle et les rapports de suivi à l’égard des exigences réglementaires
spécifiques, des autorisations et des critères environnementaux du projet (MCO).
Les PGEs doivent ainsi être élaborés avec des procédures, des entrainements périodiques sur les
alertes prévisibles, notamment sur les points suivants :
la gestion des émissions atmosphériques (PGEA) ;
la gestion du bruit (PGB) ;
la gestion des vibrations (PGV) ;
la prévention de la pollution (PPES) ;
la gestion des matières résiduelles et dangereuses (PGMRD) ;
le plan d'intégration et d'insertion sociale (PPIS, PPAV).

7
Lorsque les documents de LPM et de SSM seront élaborés par le pays

ESES 15
Les PGEs doivent être réévalués et révisés périodiquement, au besoin, pour les phases de fermeture
et de post-fermeture de projet.

1.6. Les plans de gestion socio-économique spécifiques (PGSs)


L’entreprise minière industrielle ou semi-mécanisée doit prendre en compte les planifications
existantes, élaborées tant au niveau national, qu’au niveau régional et local, à savoir (et entre autres) :
le Document de Statégie de Croissance et d’Emploi (DSCE) ;
la Stratégie Nationale d’Aménagement du Territoire et du Développement Durable (SNATDD) ;
8
la Stratégie Régionale d’Aménagement du Territoire et du Développement Durable (SRATDD) ;
le Plan de Développement Communal (PDC) ;
le Plan de Développement Local (PDL).
le Plan d’Action National de Lutte contre la Désertification (PAN/LCD) ;
la Stratégie Sectorielle de Développement Rural (SSDR) et son plan d’action agricole ;
la Stratégie Sectorielle Forêt et Faune (SSFF) ;
la Stratégie Sectorielle de l’Environnement et du Développement Durable (SSEDD) ;
Ces plans, préparés à plusieurs niveaux, sont eux mêmes soumis à des révisions périodiques, et
l’entreprise minière doit participer au processus afin de pouvoir anticiper les interactions futures et
contribuer positivement aux effets, et non simplement en subir les obligations.
Au niveau de l’entreprise, il peut être nécessaire, le cas échéant, de traduire ces orientations
nationales, régionales et locales, dans une série de documents internes de planification qui vont
orienter les budgets annuels et les actions, en allant plus loin que le PGES et les autres plans déjà
cités, à savoir :
le Plan d’Aménagement du site minier (PA) ;
l’Etude de Faisabilité du projet minier (EF) ;
le Plan de Développement des Infrastructures (PDI) au niveau de l’entreprise, qui puisse
s’intégrer de façon complémentaire aux systèmes régionaux.
le Plan de Réinstallation et Relocalisation (PRR) sur la base du CLIP (Consentement Libre
Informé et Préalable) et d’une Déclaration d’Utilité Publique (DUP) s’il y a lieu ;
le Plan pour les Peuples Autochtones (PPA) et le Plan pour les Peuples Autochtones Vulnérables
(PPAV) ;
le Plan pour la constitution du Fonds de Développement Local (FDL)
le Plan de Sécurisation Alimentaire (PSA) pour anticiper sur l’augmentation de la demande locale
en nourriture ;
le Plan de Maîtrise de l’Inflation (PMI) pour juguler en amont la flambée des prix des denrées,
loyers, services, etc. dans la zone d’influence du projet minier ;
le Plan de Réduction de la Déforestation et de Reboisement (PRDR) afin de contenir les effets
néfastes de l’augmentation brutale de la demande locale en bois de chauffe et de service ;
Néanmoins, les documents obligatoires à produire avant le démarrage de l’exploitation, pour les
entreprises minières dotées de concessions, sont les suivants :
Par exemple :

8
Quand elle sera disponible pour la région considérée

ESES 16
Plan de Réinstallation et Relocalisation (PRR) ;
Plan de Gestion des Parties Prenantes ;
Plan de Développement Communautaire ;
Plan Contenu Local ;
Plan pour les Peuples Autochtones ;
Plan d'Acquisition des Terres et de Compensation ;
Plan de Gestion des Site Archéologiques et du Patrimoine culturel;
Plan d’Hygiène ;
Plan de Sûreté et de Sécurité Communautaire ;
Plans en matière de sécurité, santé, éducation, formation, sensibilisation.
Rapport environnemental et social de l’entreprise dans son rapport annuel (indicateurs) ;
Principes de participation des communautés locales aux processus de décision et pour faciliter la
participation de la société civile, non seulement à l’ITIE, mais aussi à la revue des EIES et aux
consultations et des enquêtes publiques réalisées dans le processus d’allocation des permis ;
Principes présidant au partage des bénéfices et mécanisme de redistribution de revenus
sectoriels au niveau national (fonds minier…);
Idem au niveau décentralisé (fonds de développement local – FDL, fonds communautaires), avec
modalités de gestion locale de ces fonds ;

Plus, éventuellement :
Définition des modalités de la valeur ajoutée minière sur le territoire et les mesures éventuelles
pour maximiser l’emploi et le développement d’une chaîne d’approvisionnement local ;
Plan de contribution au développement durable des communautés les plus touchées par
l’implantation de la mine et ses usines et infrastructures ;
autres programmes volontaires de développement durable comprenant des plans de
développement des communautés, de conservation de la biodiversité et de soutien aux
populations autochtones…

ESES 17
2. Canevas des outils de gestion pour les
entreprises minières

2.1. Listes de contrôle environnemental et social


Selon que l’on soit en catégorie 1 “exploitation industrielle (et petite mine semi-industrielle ou
industrielle)”, en catégorie 2 “exploitation artisanale semi-mécanisée” ou en catégorie 3 “exploitation
artisanale (traditionnelle)”, les exigences environnementales et plus spécialement les exigences de
documentation environnementale et sociale varient.

[Link] de contrôle Mine Industrielle (et Petite Mine)

Plusieurs des plans présentés dans la liste de contrôle ci-dessous sont des annexes de l’étude EIES

N° Libellé Fait Pas En


fait cours
1 Etude d’impact environnemental et social (EIES)
2 Plan de gestion environnementale et sociale (PGES)
3 Manuel de Gestion Environnemental et Social (MGES)
4 Plan de Développement des Infrastructures (PDI)
5 Plan de Gestion des Parties Prenantes (PGPP)
6 Plan de Développement Communautaire (PDC)
7 Plan d’Acquisition et de Compensation (PAC)
8 Plan Contenu Local
9 Plan de gestion des émissions atmosphérique (PGEA)
10 Plan de réinstallation/relocalisation (PRR)
11 Plan de gestion des matières résiduelles et dangereuses (PGMRD)
12 Plan de gestion des bruits et des vibrations (PGBV)
13 Plan pour les peuples autochtones (PPA/PPAV)
14 Plan pour les peuples autochtones vulnérables (PPAV)
15 Plan d’urgence environnementale et sociale (PUES
16 Plan de Sureté et de Sécurité Communautaire (PSSC)
17 Plan de Protection Environnementale du Site (PPES)
18 Plan d’Intégration et d’Insertion Sociale (PPIS)
19 Cahier des Procédures de Communication Internes et Externes
(CPCIE)
20 Plan de Gestion des Sites Archéologiques et du Patrimoine (PGSAP)
21 Plan d’Hygiène (PH)
22 Plan Intégré de Formation et de Sensibilisation (PIFS)
23 Manuel de Contrôle Opérationnel (MCO)
24 Organigramme de la Structure Opérationnelle Environnementale et
Sociale de l’entreprise (OSOES)
elle-même, ou constituent la base documentaire pour organiser le travail de l’entreprise afin de se
conformer aux exigences environnementales et sociales.

ESES 18
[Link] de contrôle pour l’exploitation artisanale semi-mécanisée
Concernant les mines artisanales semi-mécanisées, la principale différence avec la catégorie
industrielle réside dans le fait qu’il s’agit d’une EIES Sommaire, ce qui limite quelque peu les
obligations règlementaires. Toutefois, l’EIES sommaire devra comporter en annexe les éléments de
planification et les outils de gestion environnementale et sociale suivants, sauf à démontrer leur
inutilité (par ex si absence de peuples autochtones, ou absence de villages à proximité, etc.) :

N° Libellé Fait Pas En


fait cours
1 Etude d’impact environnemenatl et social Sommaire (EIESs)
2 Plan de gestion environnementale et sociale (PGES)
3 Manuel de Gestion Environnemental et Social (MGES)
4 Plan de Développement Communautaire (PDC)
5 Plan d’Acquisition et de Compensation (PAC)
6 Plan de réinstallation/relocalisation (PRR)
7 Plan pour les peuples autochtones (PPA/PPAV)
8 Plan d’urgence environnementale et sociale (PUES)
9 Plan de Sureté et de Sécurité Communautaire (PSSC)
10 Plan de Protection Environnementale du Site (PPES)
11 Cahier des Procédures de Communication Internes et Externes
(CPCIE)
12 Plan de Gestion des Sites Archéologiques et du Patrimoine
cuturel (PGSAP)
13 Plan Intégré de Formation et de Sensibilisation (PIFS)
14 Manuel de Contrôle Opérationnel (MCO)

[Link] artisanale (exploitation traditionnelle manuelle)


Les exigences pour la mine artisanale exploitée de manière traditionnelle (manuelle) sont réduites à
l’application stricte de la réglementation en vigueur et à la production d’une Notice d’Impact
Environnementale et Sociale dont la validation puis le contrôle de mise en œuvre relève des
collectivités territoriales décentralisées (Commune).

N° Libellé Fait Pas fait En cours


1 Notice d’Impact Environnemental et Social (NIE)

ESES 19
2.2. Abrégé complémentaire du Guide de réalisation et d’évaluation des EIES
en milieu minier
Le MINEPDED dispose d’un Guide de réalisation et d’évaluation des EIES qui date de 2008. Ce guide
est général et n’entre pas spécifiquement dans les détails concernant le secteur minier. Or les projets
miniers, et notamment les projets industriels, engendrent des impacts qui sont souvent importants, de
longue durée et irréversibles. Il s’agit donc de prendre toutes les précautions qui s’imposent pour
limiter autant que possible les effets négatifs et optimiser les effets positifs.

2.2.1. Spécificités des projets miniers industriels


Les projets miniers peuvent être résumés en un cycle de quatre étapes principales, que sont:
l’Exploration, l’Aménagement de la mine (construction), l’Exploitation minière (extraction et
traitement du minerai) et la Fermeture de la mine.

1. Première étape du cycle minier : l’Exploration


Elle mène rarement à l’ouverture d’une mine et a généralement pour objet la découverte de nouvelles
sources de métaux ou de minéraux exploitables. Son incidence sur l’environnement découle des
études géologique, sismique, hydrogéologique, de la création des voies d’accès aux sites
d’exploration, de la réalisation des forages et des tranchées de prospection, de la construction de la
base vie, des laboratoires et de ses activités connexes.

2. Deuxième étape du cycle minier : l’Aménagement


Cette étape est importante car elle consiste à déterminer la valeur potentielle d’un gîte minéral et à
construire la mine avec tous les aménagements connexes.
Son incidence sur l’environnement découle de la construction des infrastructures de base (bâtiments,
infrastructures d’extraction de la mine et infrastructures routières), déboisement, défrichage,
dynamitage, détournement des cours d’eau, déplacement des populations, implantation des
infrastructures hydrauliques, énergétiques et de transport des équipements et des hommes,
implantation des infrastructures de traitement des effluents et déchets.

3. Troisième étape du cycle minier : l’Exploitation


Elle consiste à produire du minerai ayant une valeur économique, au profit secteurs industriels
consommateurs et au profit de la société minière concessionnaire Le travail d’exploitation consiste à
retirer du sol la roche, après décapage de la terre, afin d’en extraire le minerai qui sera concentré
dans une usine de traitement. Il existe deux types d’exploitation : la mine souterraine et la mine à ciel
[Link]épendamment du type d’exploitation, l’incidence de cette étape sur l’environnement
découle:
de la mise à nu du gisement, par enlèvement des terres et roches de recouvrement - ou morts-
terrains (déblais) -, pour permettre l’excavation du minerai ;
des travaux d’excavation, qui consistent à extraire la roche contenant le minerai ;
des travaux de traitement, qui consiste à séparer la roche contenant le minerai, de sa gangue
inexploitable (stériles). Le traitement des minerais est effectué en plusieurs étapes (concentration
et lavage), au moyen de divers procédés choisis selon le minerai extrait ;
des installations de confinement des déchets contenant les stériles (terrils) et les matériaux
rejetés par l’usine de traitement (résidus) ;

ESES 20
des rejets des services auxiliaires tels que les ateliers de mécanique, les laboratoires d’analyse
du minerai, les vestiaires et sanitaires, les quartiers d’habitation, les entrepôts et les bureaux.

4. Quatrième et dernière étape du cycle minier : La fermeture


L’exploitation d’un gisement a une durée de vie limitée, en raison de la quantité disponible de cette
ressource et des prix du marché qui rendent son extraction rentable ou pas. Certains gisements sont
très grands ou très rentables, et leur exploitation peut durer plusieurs décennies, tandis que d’autres
ne demeurent en exploitation que quelques années.
Il faut considérer à la fois, la phase de fermeture et celle de post-fermeture, avec éventuellement la
possibilité d’une phase de réouverture du site, notamment lorsque les technologies ayant évolué, son
exploitation se trouve de nouveau rentable.

[Link] impacts résultant d’un projet minier à étudier


Lors de la conduite de l’EIES, l’équipe du consultant devra s’intéresser notamment aux points suivants
et vérifier pour chacun d’eux ce qui a été prévu dans le cadre de l’étude de faisabilité du projet minier
lui-même pour y faire face et prévoir ainsi les mesures d’atténuation appropriées dans le PGES :

2.3. Impact sur l’air


Détérioration de la qualité atmosphérique et de la visibilité dues aux particules en suspension
dans l’air (travaux aux explosifs, circulation routière, érosion éolienne) ;
Dégradation de la qualité atmosphérique causée par les émissions que dégagent les moteurs
diesel (engins de chantier, véhicules de transport chaudières et autres équipements de la mine
qui utilisent les carburants) ;
Différents facteurs d’émission des gaz (gaz à effet de serre) ;
Dégradation de la qualité atmosphérique due aux émissions engendrées par les opérations de
traitement;

2.4. Impact sur les eaux


Dégradation des eaux de surface par l’érosion des sols perturbés, les terrils et les matériaux
stockés ;
Pollution des eaux de surface et des eaux souterraines peu profondes (aquifères) par les eaux
usées provenant du drainage des mines, des équipements de service et des eaux usées ;
Perturbation, pollution ou modification des caractéristiques des aquifères par les trous de forage
d’exploration et les excavations ;
Diminution des ressources en eau locale ;
Modification ou perturbation des eaux de surface dues aux activités de dragage ;
Perturbation du régime des cours d’eau, le rabattement de la nappe souterraine et la diminution
de la ressource en eau due à un prélèvement excessif d’eau pour les opérations de traitement
des minerais ;
Modification du réseau de drainage et perturbation sur l’écoulement et le comportement
hydrologique des cours d’eau dans la région du projet minier ;
Amenuisement de la capacité des bassins de retenue ou des étangs dû à l’envasement ;

ESES 21
2.5. Impact sur les sols
Modification ou destruction du profil du sol, de la végétation et des systèmes de drainage en
surface pendant les activités d’exploration, d’exploitation et de construction ;
Pollution des sols par les roches minéralisées ou toxiques ;
Affaissement des sols (mines souterraines) ;
Occupation conflictuelle des sols ;
Modification des caractéristiques physiques et chimiques des sols ;
L’ampleur des surfaces compactées et imperméabilisées (limite les infiltrations et l’alimentation
des nappes souterraines), etc.

2.6. Impact sur le biotope


Le déboisement, le défrichage, le dynamitage, le détournement des cours d’eaux, la construction des
routes, des bâtiments, des infrastructures hydrauliques et l’excavation des minerais provoquent sur le
milieu biologique :
L’enlèvement ou l’absence de la protection végétale du sol;
La destruction et la modification de la flore;
La fragilisation par morcellement de la couverture végétale;
La disparition de certaines espèces floristiques;
La perturbation de l’équilibre écologique dans les zones sensibles environnantes ;
La dégradation des écosystèmes aquatiques et terrestres dans les zones d’exploitation ;
La perturbation du comportement des animaux dans les zones d’exploitation ou dans les aires
protégés environnantes ;
La disparition ou le déplacement d’une population faunique dans les zones d’exploitations ou les
aires protégées avoisinantes et ;
L’envasement et ensablement des cours d’eau par les eaux de ruissellement remplies
d’alluvions,
Le recul de la reproduction et de la population de la faune et de la flore causé par la modification
et la disparition des habitats ;
Les animaux sauvages tués par la circulation routière et les opérations minières à ciel ouvert ;
La dégradation ou dépérissement de la végétation (et de la fertilité des sols) dû aux rejets d’eaux
polluées ;
La modification de la végétation et introduction d’espèces exogènes ;
Le défrichement d’emprises linéaires pour les pipelines, les services, les routes et les
installations de traitement ;
La perte d’oiseaux et d’animaux dans les bassins de réception des résidus de lixiviats ;

2.7. Gestion des ressources naturelles et conservation de la biodiversité


Promotion d’une utilisation durable des ressources (bois issu du déboisement, terres arables,
l’énergie, l’eau, etc.);
Prévention de la pollution (déchets, gestion des matières dangereuses, utilisation et gestion des
pesticides, etc.);
Conservation de la biodiversité ;

ESES 22
Disparition d’espèces sauvages dues aux activités de braconnage ;
Voisinage des aires protégées (chevauchement des limites, etc.) ;

2.8. Aspects socio-économiques


Détérioration ou destruction des biens culturels et des sites historiques ;
Accroissement de la demande pour les services publics et les équipements collectifs des
communautés locales, conflits sociaux et culturels, danger de voir la communauté se déstabiliser,
Rapports conflictuels avec les cultures locales, les traditions et les styles de vie ;
Problèmes causés par la croissance d’une population secondaire et les effets qui y sont liés ;
Déplacement des personnes, pertes économiques, répercussions d’ordre sociologique et
culturelle (transfert des zones d’habitation, aménagement de nouvelles voies de transport et de
communication, pertes de lieux de culte, des structures tribales traditionnelles, restriction à
l’utilisation des terres, réinstallation involontaire, acquisition, engagement des communautés,
déplacement physique, etc.),
Conflits d’intérêt quant à l’occupation des sols lorsque le site fait déjà l’objet d’une mise en valeur
agricole ou forestière entre autres ;
Perturbation des activités économiques traditionnelles (abandon des activités agropastorales,
pêche, cueillettes…) et l’abandon scolaire pour les plus jeunes au profit de la mine ;
Evaluation des politiques et procédures de ressources humaines et de conditions de
travail (conditions de travail et gestion de la relation de travail ; protection de la main d’œuvre,
hygiène et sécurité du travail) adaptées aux activités d’exploitation minière ;
Montée de la prostitution, du proxénétisme, de l’alcoolisme, de la toxicomanie, le banditisme les
IST/SIDA et les accidents de travails sont fréquents ;
Incidence de l’expansion des maladies respiratoires et les maladies d’origine hydrique au-delà de
la zone du projet ;
Phénomène de colonisation spontanée du site du projet lors de la mise en place des
équipements nécessaires à l’exploitation minière ;
Création des emplois et développement des activités économiques;
Régression du revenu des populations à la fermeture de la mine;
Démographie locale ; etc.
Populations autochtones (accès équitable aux avantages du projet, consentement libre et éclairé
des populations autochtones, déplacement, patrimoine culturel, opportunités de développement,
etc.)

2.9. Impact sur le cadre de vie


Détérioration des routes, accidents, et retards de la circulation causés par le passage accru des
camions sur les routes locales;
Désagréments visuels que représentent la présence de puits, d’excavation à ciel ouvert,
d’installations minières et des tours d’extraction (mine souterraine) ;
Nuisances sonores infligées aux populations humaines et à la faune provoquées par les
équipements d’exploitation, les travaux aux explosifs et les installations de traitement ;
Endommagement des structures et perturbation des habitants des localités, causés par les
vibrations que créent les travaux aux explosifs ;
Odeurs émises au niveau des stations d’épuration des eaux et des zones de stockage des
déchets ;

ESES 23
Dégradation de la qualité esthétique du paysage (dépôt des poussières et la destruction de la
morphologie du relief par l’excavation des minerais) ;
Dégradation des régions éloignées en raison de ses facilités d’accès et de son développement
accru ;
Santé, sécurité et sûreté des communautés (exposition des communautés aux maladies, gestion
des matières dangereuses et sécurité, etc.) ;
Evaluation, gestion et surveillance des risques et des impacts socio-environnementaux tout au
long du cycle de vie de la mine, etc.

2.10. Impact sur le patrimoine culturel et les infrastructures


Détérioration ou destruction des biens culturels, des sites historiques (sites et objets
archéologiques, structures historiques, etc.) et des lieux sacrés ;
Rapports conflictuels avec les cultures locales, les traditions et les styles de vie;
Actes de vandalisme pouvant être perpétrés sur les biens culturels et les sites historiques;
Perturbation du mode de vie des habitants de la localité;
Pression sur le réseau routier et électrique, les structures hospitalières et les écoles ;

2.11. Engagement des parties prenantes


Identifier et consulter les parties prenantes ;
Plan d’engagement des parties prenantes
Règlement des plaintes ;
Capacités et engagement organisationnels, etc.
S’assurer que ces impacts sont évalués et des mesures d’atténuation appropriées et efficaces sont
prises pour conserver autant que possible l’identité culturelle des populations locales, compenser les
biens matériels, immobiliers et les infrastructures communautaires impactées par le projet.

2.11.1. Les plans à préparer


En annexe au plan de gestion environnemental proprement dit, le consultant aura à préparer les
différents plans de gestion environnementaux et sociaux spécifiques en fonction des problématiques
identifiées.

ESES 24
Exigence
Superficie/ environnementale
Type
N° Caractéristique du Document exigé (Source : Projet de
d’exploitation
terrain loi portant code
minier)
Exploitation minière Quadrilatère dont les Autorisation Notice d’Impact
1 artisanale/permis de côtés ne dépassent pas d’exploitation artisanale Environnemental (NIE)
recherche 100 m de longueur

Exploitation artisanale
semi- mécanisée des Autorisation
≤ 30 ha et constituée d’un
substances d’exploitation artisanale
seul bloc en forme Notice d’Impact
2 précieuses et semi- semi- mécanisée des
polygonale Environnemental (NIE)
précieuses/permis de substances précieuses
recherche et semi-précieuses

≤1000 km2, soit 100 000 Permis de -


3 Petite mine et mine
ha et constituée d’un seul reconnaissance
industrielle
bloc en forme polygonale

4 Petite mine et mine ≤ 500 km2, soit 50 000 Permis de recherche Notice d’Impact
industrielle ha et formé d’un seul bloc Environnemental (NIE)

Permis d'exploitation de Etude d’Impact


5 Petite mine la petite mine Environnemental et
Social Sommaire
≤ 500 km2, soit 50 000
ha et formé d’un seul bloc
Etude d’Impact
6 Permis d’exploitation de
Mine industrielle Environnemental et
la mine industrielle
Social détaillée

carrière artisanale,
profondeur maximale de
NIE
réalisation des travaux :
10 m
Autorisation
carrière d’intérêt public d’exploitation NIE

7 Substances de
carrière artisanale semi-
carrières
mécanisée, superficie ≤1 EIES sommaire
ha

carrières industrielles Permis d’exploitation EIES détaillée

Carrières à des fins


Déclaration -
domestiques

2.11.2. Résumé des obligations légales

ESES 25
2.12. Guide de réalisation d’une Notice d’Impact Environnemental (NIE),
spécifique aux mines artisanales

La Notice d’Impact Environnemental (NIE) concerne les projets miniers de faible ampleur, n’exigeant
pas forcément des études aussi approfondies que l’étude d’impact environnementale et sociale telle
que demandée pour un projet industriel, et une aire d’étude limitée.
Le présent guide propose une démarche globale et une méthodologie de mise en œuvre des
évaluations environnementales adaptées aux projets miniers artisanaux (manuels). Il complète les
outils existants, en particulier le Guide de réalisation et d’évaluation des études d’impact
environnemental au Cameroun (MINEPDED, 2008). Il comprend quatre (4) parties, à savoir:
1. Nature et objectifs de la Notice d’Impact Environnemental (NIE);
2. Contenu de l’Etude de la NIE;
3. Procédure globale de la NIE;
4. Plan type du rapport de la NIE.

2.12.1. Nature et objectif de la Notice d’Impact Environnemental (NIE)


La notice d’impact environnemental est une étude d’impact simplifiée mais répondant aux mêmes
préoccupations que l’étude d’impact sur l’environnement. Elle détermine de façon succincte les enjeux
socio-environnementaux dans le cycle de vie des projets miniers de taille relativement petite, propose
des mesures d’atténuation et de bonification ou le cas échéant de compensation des impacts. Elle
aide le promoteur à concevoir un projet respectueux de l’environnement sans remettre en cause sa
faisabilité technique et économique.
La Notice d’Impact Environnemental (NIE) doit constituer la pièce maîtresse du dossier de demande
de permis d’implantation/exploitation d’une entreprise minière artisanale. Elle doit permettre:
 de concevoir un meilleur projet : pour le promoteur d’un projet, elle constitue le moyen de
(dé)montrer comment il prend en compte les préoccupations socio-environnementales ;
 d’éclairer l’autorité administrative sur la décision à prendre: la NIE doit contribuer
respectivement à informer l’autorité administrative compétente pour autoriser les travaux, à
guider cette dernière pour définir les conditions dans lesquelles cette autorisation est donnée,
et à définir les conditions de respect des engagements pris par le promoteur ;
 d’informer le public et de le faire participer à la prise de décision: la participation active et
continue du public est essentielle notamment à la définition des alternatives et des variantes
du projet étudié, ainsi qu’à la détermination des mesures socio-environnementales.
La NIE sera rédigée dans le respect de la réglementation environnementale en vigueur, sous la
responsabilité du promoteur, initiateur du projet et demandeur de l’autorisation. S’il ne dispose pas
des compétences en interne, il lui est recommandé de faire appel à des consultants spécialisés, dont
les noms doivent être explicitement mentionnés dans la NIE.

2.12.2. Contenu et structure du rapport de la NIE

[Link]. Contenu
Une Notice d’Impact Environnemental doit comporter obligatoirement les parties suivantes:
- Une analyse de l'état initial du site et de son environnement, portant notamment sur les
richesses naturelles et les espaces naturels agricoles, forestiers, maritimes ou de loisirs,
affectés par les activités du projet;

ESES 26
- Une analyse des impacts directs et indirects, temporaires et permanents du projet sur
l'environnement, et en particulier sur la faune et la flore, les sites et paysages, le sol, l'eau, l'air,
le climat, les milieux naturels et les équilibres biologiques, sur la protection des biens et du
patrimoine culturel et, le cas échéant, sur la commodité du voisinage (bruits, vibrations, odeurs,
émissions lumineuses) ou sur l'hygiène, la santé, la sécurité et la salubrité publique;

- Les mesures envisagées par le promoteur pour supprimer, réduire et, si possible, compenser
les conséquences dommageables du projet sur l'environnement et la santé, ainsi que
l'estimation des dépenses correspondantes;

- Une analyse des méthodes utilisées pour évaluer les impacts du projet sur l'environnement
mentionnant les difficultés éventuelles de nature technique ou scientifique rencontrées pour
établir cette évaluation;

[Link]. Structure type d’une notice d’impact environnemental


La structure type d’une Notice d’Impact Environnemental (NIE) pourra se présenter comme suit:
5. Un résumé non technique;
6. Introduction (contexte, les objectifs, présentation du promoteur, présentation du bureau ayant
réalisé l’étude, etc.);
7. Description de l’état initial de l’environnement;
8. Description du projet;
9. Identification et évaluation des alternatives;
10. Description du cadre juridique et institutionnel lié aux activités du projet;
11. Identification et évaluation des impacts du projet;
12. Définition des mesures de réduction, de suppression ou de compensation des impacts,
regroupées sous le terme «mesures réductrices»;
13. Définition du programme de gestion et de suivi des impacts des activités minières sur
l’environnement, le démantèlement et la remise en état du site.
14. Conclusion
› Revue bibliographique
› Annexes

[Link]. Démarche générale de réalisation d’une Notice d’Impact


Environnemental (NIE)
La prise en compte des impacts socio-environnementaux doit intervenir dès les études préalables au
projet minier artisanal. Cette prise en compte permettra de minimiser les impacts socio-
environnementaux sur l’environnement. La démarche doit être la suivante:
15. Projet public ou privé;
16. Tri préliminaire
17. Type de projet (Projet d’exploitation artisanale);
18. Préparation des TDR et dépôt du dossier à la Collectivité Territoriale Décentralisée (CTD) du lieu
d’implantation du projet. Le dossier de demande d’approbation des TDR doit comprendre: une
demande de réalisation de la NIE, les TDR de l’étude et le mémoire descriptif et détaillé du projet.
NB : La validation des TDR par les services de la commune (CTD) pour une NIE est
gratuite;
19. Réalisation de la Notice d’Impact Environnemental (NIE), la NIE est réalisée par un bureau
d’étude agréé par le MINEPDED; information et consultation des principales parties prenantes,
identification et évaluation des impacts, définition des mesures d’atténuation, etc.

ESES 27
20. Dépôt de la Notice d’Impact Environnemental à la CTD en 12 exemplaires. Avec la quittance de
versement des frais d’examen (montant des frais non encore fixé)
21. Délivrance de l’attestation de conformité environnementale par la CTD.
22. Surveillance et suivi-environnemental, assuré par le MINEPDED et la CTD.

[Link]. Schéma de la démarche de réalisation de la Notice d’Impact


Environnemental

PROJET MINIER PUBLIC OU PRIVE

Poursuivre la procédure
recommandée pour les TRI PRELIMINAIRE
EIES Taille du projet et sensibilité environnemenatle
Type d’exploitation
Type de minerai et de traitement

Projet non assujetti à une NIE Projet assujetti à une NIE


Le projet entre dans la catégorie de Exigence de réaliser une notice
projet soumis à la réalisation d’une EIE d’impact environnemental

Préparation des TDR et dépôt du dossier à la CTD


- Une demande de réalisation de la NIE,
- Les TDR de l’étude;
Rejet des - Le mémoire descriptif et détaillé du projet
TDR

Approbation des TDR par le CTD, assisté par le responsable des services
déconcentré du MINEPDED

Réalisation de la NIE
- NIE est réalisée par un bureau d’étude agrée par le MINEPDED;
- Information et consultation des principales parties prenantes,
- Identification et évaluation des impacts,
- Définition des mesures réductrices
- Définition du programme de gestion et de suivi des impacts des activités minières sur
l’environnement, le démantèlement et la remise en état du site, etc.

Dépôt de la Notice d’Impact Environnemental à la CTD


- 12 exemplaires de la NIE, une version électronique sur CD-Rom
- Quittance de versement des frais d’examen, frais d’examen à déterminer

Attestation de conformité environnementale


Surveillance et suivi-environnemental

ESES 28
2.13. GUIDE D’ELABORATION D’UN PLAN DE GESTION
ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALE (PGES) - PROJETS MINIERS

Le Plan de Gestion Environnementale et Sociale (PGES) d’un projet minier, doit comprendre au
minimum les informations suivantes:
Les mesures proposées aussi bien en termes d’actions qu’en termes de procédures et/ou de
modalités pour la gestion des impacts du projet ;
Les mesures de suivi et de surveillance environnementale pendant toutes les phases du projet;
Les rôles et les responsabilités dans l'organisation institutionnelle et la mise en œuvre des
mesures;
L’évaluation des coûts nécessaires à l’application des mesures proposées;
Les mesures de gestion des impacts non identifiés au cours de la réalisation de l’EIES;
Les mesures d’urgence à dérouler en cas de survenu de sinistre pendant la mise en œuvre des
différentes phases du projet;
Les mécanismes et modalités de suivi et de surveillance, ainsi que les obligations en matière de
communication et de consultations des parties prenantes au projet;
La description des moyens et des mécanismes prévus pour prendre les décisions et les mesures
qui s’imposent en cas de problème durant les différentes phases de mise en œuvre du projet;
Le chronogramme établissant l’application des différentes mesures proposées;
La description des moyens techniques, des équipements, des installations, des technologies et
des modalités nécessaires;
La proposition des différents responsables des questions environnementales que le promoteur
devrait désigner si la planification initiale du projet ne le prévoyait pas;
Le plan de surveillance doit comprendre: La liste des exigences et des obligations légales et
réglementaires de prise en compte de l’environnement pour la réalisation du projet; La
description de l’ensemble des mesures et moyens destinés à protéger l’environnement; Les
engagements pris par le promoteur pour l’application des mesures d’atténuation et de
compensation des impacts négatifs du projet ; Le chronogramme ou l’échéancier de mise en
œuvre de ces mesures ;
Le plan de suivi environnemental doit comporter entre autres: L’identification des actions et
composantes devant faire l’objet d’un suivi; La description des activités et moyens prévus pour
suivre les effets réels du projet sur les composantes de l’environnement les plus sensibles; Les
méthodes d’échantillonnage et d’analyse requises ; Le chronogramme de mise en œuvre des
mesures de suivi ; L’ensemble des mesures et moyens pour faire face aux circonstances
imprévues et apporter les changements appropriés ; Les responsables, mécanismes et la
fréquence d’exécution et de diffusion des résultats du plan de suivi environnemental.

ESES 29
GUIDE D’ELABORATION D’UN CADRE DE GESTION ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALE
(CGES)
Ce guide est établi pour le secteur de la mine industrielle. Il a pour but d’indiquer les objectifs et le
contenu type du CGES à élaborer dans le cadre du développement d’un Projet minier.
Le CGES se veut un instrument d’identification et d’évaluation des impacts socio-environnementaux
des sous-projets relevant d’un Projet d’exploitation industrielle des minerais. A cet effet, il doit indiquer
les politiques générales, les directives, les codes de pratique et les procédures pour la gestion des
problèmes socio-environnementaux devant être intégrés dans la mise en œuvre des sous-projets.

2.13.1. Objectifs du CGES


Un bon Cadre de Gestion Environnementale et Sociale (CGES) doit au minimum répondre aux
objectifs suivants:
Etablir des procédures et des méthodologies claires pour le tri socio-environnemental ;
Elaborer des PGES, l'approbation et la mise en œuvre de sous projets devant être financés dans
le cadre du Projet principal;
Spécifier les rôles et responsabilités appropriées, et esquisser les procédures de reportage
nécessaires, pour la gestion et l'interception des problèmes de sauvegardes environnementales
et sociales liés aux sous projets;
Déterminer les besoins de formation et de renforcement de capacité nécessaires à la mise en
œuvre réussie des provisions du CGES;
Identifier les activités qui doivent être financées dans le cadre de la mise en œuvre du CGES;
Déterminer les besoins en ressources matérielles et humaines, et les pratiques nécessaires pour
l’exécution du CGES;
Promouvoir un code de bonnes pratiques en matière d’Hygiène, de Santé, de Sécurité et
d’Environnement (HSSE) dans la mise en œuvre d’un sous-projet;
Empêcher la dégradation environnementale résultant de chacun des sous-projets ou leurs effets
cumulatifs;
Garantir la conformité avec le cadre légal et réglementaire en vigueur dans le pays et les
politiques de sauvegarde des potentiels bailleurs de fonds;
Empêcher ou compenser toute perte de biens et de sources essentielles de revenus;
Harmoniser les relations de la communauté avec les activités du Projet;
Accroitre les effets environnementaux et sociaux positifs.

2.13.2. Contenu du CGES

Outre le résumé exécutif et l’introduction qui décrit la finalité et les objectifs du CGES, ainsi
que la méthodologie qui sera adoptée pour sa réalisation, le Cadre de Gestion
Environnementale et Sociale (CGES) doit comprendre au minimum les informations
suivantes:
Brève description du projet et des sites potentiels du projet incluant la méthodologie qui sera
appliquée pour la préparation, l’approbation et l’exécution des sous-projets;
Description de la situation de l’environnement biophysique, humain et socio-économique des
différents sites du projet;
Description du cadre politique, administratif et juridique en matière environnementale et sociale ;

ESES 30
Description des procédures d’analyse et de tri des sous-projets incluant les critères de
détermination du niveau d’analyse environnementale et sociale requis pour chaque micro-projet ;
Identification et l’évaluation des impacts socio-environnementaux potentiels des sous-projets
susceptibles d’être financés dans le cadre du Projet;
Description des mesures d’atténuation et de suivi applicables aux types de sous-projets
susceptibles d’être financés dans le cadre du Projet;
Proposition de plan de gestion environnementale et sociale;
Evaluation socio-environnementale et description des instruments de gestion en vue de la
préparation et de l’approbation des sous-projets;
Description de la méthodologie de consultation du public pour la préparation de l’évaluation des
impacts environnementaux et sociaux des sous-projets;
Définition des modalités institutionnelles de mise en œuvre et de suivi du CGES;
Résumé des consultations publiques du CGES;
Elaboration du budget récapitulatif de mise en œuvre et de suivi du CGES.

Outre les termes de référence de l’étude et les références bibliographiques utilisées dans le texte, les
annexes thématiques devront au minimum comprendre:
Le formulaire de sélection des sous-projets;
La grille de contrôle socio-environnemental;
Les détails des consultations publiques avec la liste des parties prenantes et personnes
ressources enquêtées et la synthèse des entretiens réalisés par groupe d’acteurs;
Les termes de référence pour les activités nécessitant une étude d’impact environnemental et
social (EIES);
Les directives environnementales à l’attention des entreprises chargées des travaux et autres
prestations à caractère technique.

ESES 31
2.14. MANUEL DE GESTION ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALE A
L’INTENTION DES ENTREPRISES MINIERES (MGES
Ce document, appelé « Manuel de Gestion Environnementale et Sociale (MGES) », fixe les
dispositions applicables en matière de gestion environnementale et sociale, pour une exploitation
minière écologiquement et socialement durable au Cameroun. Toutes les procédures citées dans le
présent MGES sont inspirées de la norme ISO 14001 qui reste la référence internationale appropriée
et que les Gouvernements sont incités à utiliser pour harmoniser les règles nationales s’appliquant sur
leur territoire.

2.14.1. Objet et domaine d’application


I.1. Objet
Le MGES décrit les exigences à respecter par une entreprise minière pour améliorer de façon
continue ses performances socio-environnementales globales.
I .2. Domaine d’application
Le MGES s’applique à l’ensemble des activités d’une entreprise minière:
permanentes ou provisoires;
effectuée par le personnel du site ou des personnes effectuant des activités occasionnelles
(visiteurs, transporteurs, sous-traitants, travailleurs en régie...).

2.14.2. Gestion du MGES


II.1. Rédaction
Le MGES sera rédigé et tenu à jour par l’entreprise, ensuite validé et approuvé par la Direction
générale de l’établissement.
[Link]
Le MGES sera ensuite diffusé aux différentes parties prenantes [Administrations (MINMIDT,
MINEPDED,…), aux services de l’entreprise (Direction Générale, Direction Techniques, Personnel,
etc.)]. Chaque destinataire principal du présent manuel aura pour responsabilité d’assurer la mise à
disposition de ce dernier auprès du personnel dépendant de son autorité.
Le MGES pourra être remis à des personnes extérieures (Sous-traitant,…) à l’entreprise, à titre
confidentiel et avec l’accord de la Direction.
II.3. Révision
Le MGES sera mis à jour au moins une fois par an. Cette mise à jour sera à chaque fois déclenchée
par l’entreprise, qui jugera elle-même de la meilleure période de l’année pour sa réalisation. Chaque
mise à jour fera l’objet d’une nouvelle diffusion auprès des parties prenantes concernées, les parties
modifiées étant signalées par un indice de mise à jour.

2.14.3. Représentation du site


III.1 Plan du site
Il est question ici, de produire à différentes échelles (1/200, 1/10000, 1/50 000), les cartes qui
présentent l’entreprise minière, ses différentes installations et équipements, son système de drainage
des eaux de surface et des eaux souterraines, l’occupation du sol, etc.
III.2. Activités exercées sur le site
Il s’agit pour l’entreprise minière de faire une:

ESES 32
description du site, des installations et équipements, des technologies,…qui seront utilisés dans
le cadre des différentes activités de l’entreprise ;
description des matières premières utilisées et des différents produits obtenus par l’entreprise;
description des principaux processus de production utilisés sur le site.

2.14.4. Exigences MGES


Le présent MGES donne quelques orientations/indications en matière de SMES à développer au sein
de l’entreprise minière pour une gestion écologiquement et socialement durable du secteur minier.
IV.1. Exigences générales
Le SME sera élaboré, documenté, mis à jour et améliorer de façon continue par l’entreprise. Son
périmètre d’application devra être clairement défini et documenté.
IV.2. Politique environnementale
L’entreprise définira clairement sa politique socio-environnementale pour signifier son engagement au
SME. Cette politique sera cohérente, claire, non démagogique, comprise et appliquée par tous les
employés. Avant toute chose, l’entreprise doit savoir pourquoi elle met en place un tel système. C’est
au chef d’entreprise de bien appréhender les enjeux, de bien identifier les raisons qui justifient une
telle démarche qui, en tout état de cause, va demander un investissement, une participation et une
adhésion totale du personnel de l’entreprise.
La direction de l’entreprise, à son plus haut niveau, doit donc être convaincue et convaincante sur ce
point ; elle doit traduire cette attitude au travers d’une politique cohérente, claire, non démagogique,
comprise et appliquée par tous les employés.

2.14.5. Planification
IV.3.1 Aspects environnementaux
L’entreprise fera une analyse environnementale afin d’identifier et d’évaluer les effets
environnementaux de ses activités sur le site. Cette étude portera au minimum sur les points suivants:
l’historique du site;
les aspects légaux et réglementaires;
la sensibilité du milieu;
l’étude d’impact et les mesures (air, eau, bruit, sol, circulation, Stationnement, déchets, les
vibrations, les énergies, les processus, les flux entrants...) ;
les effets chroniques sur l’environnement dans les conditions normales de fonctionnement;
les effets risquant de résulter d’incidents, d’accidents, de situations d’urgence potentielles ou de
conditions anormales de fonctionnement,
l’étude des déchets,
la conception et le cycle de vie de la mine.
Une mise à jour annuelle de l’analyse environnementale sera assurée par le Responsable
Environnement de l’entreprise: Référence AE (classeur Analyse environnementale)
La réalisation et la mise à jour de l’analyse environnementale du site ainsi que la hiérarchisation des
aspects environnementaux sont explicités dans la procédure SME n° 01.
IV.3.2 Exigences légales et autres
L’ensemble des textes réglementaires applicables au site et à ses activités sera rassemblé et tenu à
jour en permanence par le service documentation de l’entreprise.

ESES 33
Ces documents sont reçus, analysés, classés et éventuellement diffusés auprès des personnes
concernées par le responsable environnement de l’entreprise. Le responsable environnement est
également chargé de tenir à jour le recueil des arrêtés préfectoraux ou municipaux en lien avec les
activités d’exploitation des minerais. Les modalités d’accession à ces textes et leur gestion feront
l’objet de la procédure SME n°02.
IV.3.3 Objectifs et cibles
Les objectifs et cibles relatifs aux aspects environnementaux, à tous les niveaux concernés, seront
fixés et révisés annuellement par la Direction de l’entreprise. L’établissement et la révision de ces
objectifs et cibles, prendront en compte l’ensemble des exigences légales et réglementaires en
vigueur, les aspects environnementaux, les exigences technologiques, financières, d’exploitation,
commerciales, ainsi que les avis des parties intéressées (les organismes exerçant un pouvoir de
contrôle environnemental réglementaire sur l’entreprise, les assureurs, les associations de défense
relatives à l’environnement, les riverains, les clients...).
Les objectifs et cibles retenus tiennent compte des aspects environnementaux significatifs identifiés
dans l’analyse environnementale du site.
IV.3.4 Programme environnemental
Le programme environnemental doit être révisé annuellement et approuvé au cours de la revue de
Direction. Ce programme doit décrire comment les cibles définies seront atteintes, en indiquant le
calendrier, les personnes responsables, les moyens et les dépenses engagées. Il comporte
systématiquement une analyse environnementale pour chaque modification ou création d’activité, de
produit ou service. Son élaboration devra être conforme à la procédure SME n° 03.
IV.3.5. Formation - sensibilisation – compétences
L’entreprise minière doit développer des activités de formation, de sensibilisation et de renforcement
des compétences des parties prenantes en lien avec les problématiques sociaux-environnementaux
développés par les activités d’exploitation minière. A cet effet, elle devra sa référer à la procédure
SME n°04, Formation - sensibilisation – compétence.

2.14.6. Mise en œuvre et fonctionnement


V.4.1 Structure et responsabilités
a. Structure générale
À cet emplacement, on devra retrouver l’organigramme détaillé de l’entreprise.
b. Responsabilités
Il est question dans cette rubrique de définir le rôle des différents éléments de la chaine de
fonctionnement. Il faudra se référer à la procédure SME n°05 pour son élaboration.
V.4.3 Maîtrise de la documentation
a. Structure documentaire du site
Présenter la documentation sous forme de schéma illustrant une structure classique
comprenant divers types de manuels (qualité, laboratoire, environnement...).Chaque manuel
fait références à des procédures, des modes opératoires et instructions, et des
enregistrements.
b. Gestion des documents
La gestion des documents environnement est animée par le responsable environnement ; par
délégation elle peut être confiée à d’autres responsables selon la procédure SME n° 06.
V.4.4 Procédures de maîtrise pour les opérations courantes
Pour une bonne maitrise des opérations courante, l’entreprise développera un règlement
environnemental interne dont le respect/mise en œuvre sera exigé à toutes entreprises ou personnes

ESES 34
extérieures devant intervenir au sein de l’établissement. Les procédures d’assurance qualité
concernant les achats, les spécifications particulières d’approvisionnement et les cahiers des charges
de sous-traitance prendront en compte les critères environnementaux et permettront d’assurer que les
exigences fixées par la politique environnementale sont bien respectées. Afin de mesurer en
permanence les performances du système, des indicateurs devront être mis en place sur : la
consommation de l’eau ; la consommation d’électricité ; la consommation de produits dangereux ; la
pollution équivalente brute des déchets ; les incidents ; les réclamations, etc.
La maîtrise des procédés identités comme pouvant avoir des effets négatifs sur l’environnement fait
l’objet de modes opératoires ou de consignes spécifiques.
L’organisation générale de l’entreprise en matière des procédés est décrite dans les procédures SME
n°07.
V.4.5 Prévention des situations d’urgence
L’ensemble des situations à risque en lien avec les activités envisagées doit être identifié, les effets
des situations à risques sur l’environnement ont été évalués et les actions préventives et correctives
sont décrites dans la procédure SME n°08.
Les procédures d’urgence sont affichées aux endroits appropriés avec les noms et les numéros de
téléphone des personnes à contacter en cas de survenu de sinistre.

2.14.7. Contrôle et actions correctives


V.5.1 Surveillance et mesurage
Les équipements utilisés pour ces contrôles seront étalonnés et entretenus suivant la procédure
d’assurance qualité. La conformité à la réglementation sera évaluée grâce à la procédure SME n°09.
Les autres conditions de surveillance et de mesurage mises en œuvre sur le site sont décrites dans la
procédure SME n°10.
V.5.2 Non-conformité. Actions correctrices et préventives
La procédure SME n° 11 décrit comment et sous quelles responsabilités sont :
traitées les non-conformités ;
identifiées les causes de non-conformités ;
mises en œuvre et contrôlées les actions correctives et préventives ;
enregistrés les changements éventuels dans les procédures écrites suite à l’action corrective.
V.5.3 Enregistrements
La gestion des enregistrements est décrite dans la procédure SME n°12. La liste des
enregistrements relatifs à l’environnement est tenue à jour par le responsable environnement.
V.5.4 Audit du système de management environnemental
Les audits environnementaux devront couvrir l’ensemble des activités/installations de l’entreprise avec
une fréquence annuelle, ils seront conduits selon la procédure SME n° 13. Le programme fera l’objet
de validation à la fin de chaque année lors de la revue de Direction.

2.14.8. Revue de direction


Une revue annuelle de Direction est organisée afin de:
 Examiner :
les performances atteintes par rapport aux objectifs et aux cibles définis ;
les résultats d’audits effectués ;
les non-conformités éventuelles constatées ;

ESES 35
les résultats des actions correctives et préventives engagées.
 Approuver :
Le programme environnemental ;
Le plan d’audits environnementaux ;
Le plan de formation environnementale ;
Les ressources et le budget environnemental.
Cette revue de direction est conduite selon la procédure SME n°14.

2.14.9. Liste des procédures


Procédure SME n° 01 : Identification des aspects environnementaux
Procédure SME n° 02 : Exigences légales et autres
Procédure SME n°03 : Planification
Procédure SME n° 04 : Formation - sensibilisation – compétences
Procédure SME n° 05 : Communication
Procédure SME n° 06 : Maîtrise de la documentation
Procédure SME n° 07 : Maîtrise des procédés
› Procédure SME n° 07.6 : Gestion et suivi de la consommation d’eau
› Procédure SME n° 07.7 : Gestion et suivi des consommations d’énergie
› Procédure SME n° 07.8 : Gestion des matières premières
› Procédure SME n° 07.9 : Maîtrise des investissements
› Procédure SME n° 07.10 : Gestion des procédés et activités ayant un impact significatif
sur l’environnement
Procédure SME n°08 : Situations d’urgence
Procédure SME n°09 : Surveillance et mesurage
Procédure SME n°10 : Conformité à la réglementation
Procédure SME n°11 : Non-conformité. Actions correctives et préventives
Procédure SME n°12 : Enregistrement Procédure
SME n°13 : Audit interne
Procédure SME n°14 : Revue de direction

ESES 36
2.15. Plan de Gestion des Matières Résiduelles et Dangereuses (PGMRD)
L’exploitation minière génère des rejets et des déchets qui peuvent nuire à l’environnement et à la
sécurité publique. La composition et les caractéristiques des rejets et déchets sont fonctions du
contexte géologique, du type d’exploitation et/ou du procédé retenu. Face aux problèmes socio-
environnementaux posés par ces déchets et rejets, il est important que les parties prenantes soient
dotées d’un document de référence. C’est dans ce sens qu’un Plan de Gestion des Matières
Résiduelles et Dangereuses (PGMRD) des activités minières doit être proposé.

2.15.1. Objet
Le PGMRD aura comme objectif la réduction, le traitement, la valorisation et l'élimination des déchets
et rejets générés dans le cadre des activités d’exploitation minière. Il sera essentiellement fondé sur la
connaissance et la caractérisation de ces déchets et rejets produits.

2.15.2. Programme de gestion


Il faut définir le programme de gestion des déchets et rejets qui devra comprendra au minimum les
informations suivantes: les objectifs de prévention, les Indicateurs relatifs aux mesures de prévention
des rejets et déchets, les priorités pour atteindre les objectifs fixés, les mesures retenues aussi bien
pour les rejets inertes et non inertes, les déchets dangereux ou non, etc.
Il faudra à chaque fois envisager la révision du PGMRD à la suite: d’un changement d’exploitant,
d’une modification notable (du mode d’extraction, du mode d’exploitation, des procédés utilisés, du
plan du site et des installations/équipements, etc.), d’un sinistre/dégâts majeurs, d’une modification de
la législation/réglementation, etc.

2.15.3. Mode de traitement


Le mode de traitement des rejets et déchets envisagé par l’entreprise devra dépendre de la nature
des substances chimiques rencontrées dans les déchets et rejets des filières de traitement possibles.
Généralement le rapport entre rejets et déchets est de l’ordre de 95 à 99% pour les rejets alors que
les déchets ne représentent que 1% à au plus quelques 5%.
Pour les produits inertes, on pourra procéder soit par la mise en place d’une installation de stockage
de déchets et/ou rejets inertes, soit par valorisation (remblayage des zones d’emprunt, utilisation
comme éco-matériaux, renforcement des talus, des chemins d’exploitation ou d’utilisation comme
merlons périphériques, etc.).
Pour les déchets non inertes (dangereux/toxiques), on pourra procéder par stockage selon la
procédure réglementaire recommandée pour déchets dangereux, soit par traitement et/ou valorisation
selon les procédés physico-chimiques, etc.

2.15.4. Installation de stockage


Une installation de stockage est un «endroit choisi pour y déposer des déchets et/ou des rejets
d'extraction solides ou liquides, en solution ou en suspension, pendant une période supérieure à trois
ans, à la condition que cet endroit soit équipé d'une digue, d'une structure de retenue, de confinement
ou de toute autre structure utile, ces installations comprennent également les terrils, les verses et les
bassins». Le promoteur d’un projet minier privilégiera deux types de stockage:
Stockage des inertes et terres non polluées (installation simple sans étanchéité particulière);
Stockage des déchets pollués ou ayant un caractère pollué (installations pour déchets dangereux
et ou toxiques avec des dispositifs d’étanchéité particuliers);

Règles sur la gestion d’une Installation de Stockage de Déchets (ISD)

ESES 37
Le choix et la localisation du site doit être:
compatible avec les plans d’urbanismes [Plan d’Occupation des Sols (POS), Plan Local
d’Urbanisation (PLU)] ;
ne doit pas générer de nuisances non maitrisées ;
doit tenir compte des risques naturels et industriels

Aménagement du centre de stockage


Accès aux zones de stockage;
Interdiction d’accès;
Mise en place de panneaux de signalisation;
Mise en place d’un dispositif de récupération des eaux de ruissellement.
En tout état de cause, se conformer aux normes internationales en matière d’installation de centre de
stockage des déchets et des rejets.

ESES 38
2.16. GUIDE D’ELABORATION D’UN PLAN DE GESTION DES BRUITS ET DES
VIBRATIONS (PGBV) PROJETS MINIERS

Le présent guide est un document d'aide à l'élaboration d’un PGBV à destination des promoteurs des
projets miniers au Cameroun. Il concerne principalement les promoteurs des grands projets miniers et
à composantes multiples. L’élaboration d’un Plan de Gestion des Bruits et des Vibrations dans le
cadre de la mise en œuvre d’un projet minier consistera à :

1. Etat de référence en matière de bruits


Le promoteur doit établir l’état de référence en matière d’émission de bruits dans la zone
d’implantation/exploitation de la mine. Cet état de référence se fera avant la mise en œuvre des
activités du projet. A cet effet, il devra:
Décrire la situation existante par une identification de toutes les sources des bruits existants
(zones à forte production de bruit, zones à forte sensibilité de bruit, zones calmes, zones de
conflits potentiels, etc.) et une évaluation quantitative du niveau de bruits émis avant la mise en
œuvre du projet;
Décrire les installations/infrastructures et équipements/technologies du projet source de bruits y
compris les motifs ayant présidé au choix de ces technologies.

2. Monitoring des bruits et vibrations sur le site du projet


Le Monitoring des bruits et des vibrations se fera durant toute la durée de vie du projet minier. A cet
effet, le promoteur réalisera:
Une évaluation des bruits et des vibrations sur les postes bruyants et dans les zones riveraines
au site du projet, dans la perspective de comparer les données enregistrées et de dégager la part
de bruit résultant des activités du promoteur. Cette évaluation devra aboutir à la réalisation d’une
carte des niveaux des bruits enregistrés sur le site et dans le périmètre immédiat du projet;
L’évaluation des bruits et des vibrations se fera tous les six (06) mois et chaque fois qu’un
procédé sera modifié/ajouté;
Une consultation des personnes/populations/communautés dont l’analyse a montré qu’elles sont
exposées aux niveaux sonores élevés;
Une description des objectifs de réduction du bruit dans les zones exposées à un bruit dépassant
les valeurs limites, suivi d’une estimation de la diminution du nombre de
personnes/populations/communautés exposées au bruit à l’issue de la mise en œuvre des
mesures prévues;
Un Plan de Gestion des Bruits et des Vibrations (PGBV) qui comprend: la liste des exigences et
des obligations légales et réglementaires en matière de bruit/vibration, les mesures de suivi et de
surveillance des bruits/vibrations, le chronogramme de mise en œuvre des mesures de gestion
des bruits, les responsables de mise en œuvre, etc.

ESES 39
2.17. Guide pour l’Elaboration du Plan de Délocalisation/Relocalisation pour le secteur minier au Cameroun
1. Introduction 1.1. Décrire brièvement le projet.
1.2. Énumérer ses composantes, y compris les installations connexes (s’il y a lieu)
1.3. Indiquer les composantes impliquant des acquisitions de terrains et dresser des estimations globales des unes et
des autres.
2. Minimiser les 2.1. Décrire les efforts entrepris pour minimiser les déplacements de populations
réinstallations
2.2. Décrire les résultats de ces efforts.
2.3. Décrire les mécanismes utilisés pour minimiser les déplacements de populations en cours de mise en œuvre.
3. Recensement et 3.1. Fournir les résultats du recensement, des inventaires de biens, des évaluations des ressources naturelles et des
études études socioéconomiques.
socioéconomiques
3.2. Identifier toutes les catégories d’impacts et les personnes affectées.
3.3. Résumer les consultations effectuées au sujet des résultats des diverses enquêtes auprès des personnes
affectées.
3.4. Indiquer dans quelle mesure le recensement, les inventaires de biens, les évaluations de ressources et les études
socioéconomiques devront être mis à jour, le cas échéant, dans le cadre du processus de suivi et d’évaluation du PRR.
4. Cadre juridique 4.1 Décrire l’ensemble des lois et coutumes locales applicables en matière de réinstallation.
4.2. Identifier les décalages existant entre ces dispositions et les politiques suivies par le Groupe de la Banque
mondiale, et décrire les mécanismes prévus dans le cadre du projet pour y remédier.
4.3. Décrire les politiques établies en matière de droits à prestations pour chaque catégorie d’impact, en précisant que
la réinstallation sera mise en œuvre sur la base des dispositions spécifiques du plan d’action convenu entre toutes les
parties.
4.4. Décrire la méthode d’évaluation utilisée pour les structures, terres, arbres et autres biens en cause.
Préparer une matrice des droits à prestations.
5. Sites de 5.1. Le projet nécessite-t-il des sites pour la relocalisation des communautés ? Les personnes affectées sont-elles été

40 ESES
réinstallation associées à un processus participatif pour l’identification de ces sites, l’évaluation de leurs avantages et inconvénients
respectifs et le choix des sites préférables ?
5.2. Les personnes affectées sont-elles participé à l’élaboration d’une stratégie acceptable en termes de remplacement
des logements ? De nouveaux logements seront-ils construits/attribués ?
5.3. Le projet implique-t-il l’attribution de terres agricoles ou encore de pâturages ou des nouveaux sites éventuels et
ont-ils explicitement accepté ceux qui ont été retenus ?
5.4. Décrire le processus spécifiquement suivi pour associer les populations affectées à l’identification des éventuels
sites de logement, à l’évaluation de leurs avantages et inconvénients et au choix des sites.
5.5. Décrire les études de faisabilité réalisées pour déterminer le caractère approprié des sites proposés, qu’il s’agisse
des évaluations des ressources naturelles (sols et possibilités d’exploitation, végétation et capacité de charge, enquêtes
sur les ressources en eau) ou des études d’impact environnemental et social des sites. Démontrer que les sols en
question sont d’une qualité et d’une étendue adéquate pour pouvoir être alloués à l’ensemble des personnes ayant
droit à l’attribution de terrains agricoles. Fournir les données relatives à ces terrains, en termes de qualité et de
capacité, de potentiel de production et de volumes.
5.6. Fournir les calculs établis au sujet des sites, en termes de spécifications et de disponibilité.
5.7. Décrire les mécanismes employés pour : 1) l’acquisition, 2) l’aménagement et 3) l’attribution des sites de
réinstallation, y compris l’octroi des titres de propriété ou
5.8. Décrire en détail les mesures prises pour viabiliser les terrains destinés à la réinstallation
5.9. Indiquer si les communautés hôtes ont été consultées au sujet du projet de relocalisation :
- Si elles ont pris part au processus d’identification des impacts probables à leur niveau, des mesures
d’atténuation appropriées et de préparation du PRR proprement dit ; et
- Si une partie des prestations de réinstallation leur revient.
6. Rétablissement 6.1. Indiquer si les droits à indemnisation sont suffisants pour rétablir les flux de revenus par rapport à chaque catégorie
des revenus d’impact.
Préciser les mesures additionnelles de réadaptation économique qui s’imposent.
6.2. Définir brièvement les stratégies de rétablissement prévues pour chaque catégorie d’impact et en décrire les

41 ESES
aspects institutionnels, financiers et techniques.
6.3. Décrire le processus de consultation auprès des populations concernées et la façon dont est assurée leur
participation à l’établissement définitif des stratégies de rétablissement des revenus.
6.4. Indiquer en quoi ces stratégies varient selon le domaine d’impact considéré.
6.5. Indiquer si le rétablissement des revenus nécessite des changements des modes de subsistance, le
développement d’autres terres agricoles ou toute autre activité mettant en jeu un niveau substantiel de formation et des
délais de préparation et de mise en œuvre conséquents.
6.6. Indiquer les mesures prévues pour faire face aux risques d’appauvrissement.
6.7. Définir les principaux risques, d’ordre institutionnel et autre, auxquels peut se heurter le bon déroulement des
activités de réinstallation ?
6.8. Décrire le processus suivi pour contrôler l’efficacité des mesures de rétablissement des revenus.
6.9. Décrire les éventuels programmes de développement communautaire ou social en cours dans la zone du projet ou
à proximité.
- S’il y en a effectivement, indiquer si ces programmes répondent aux priorités de développement des
communautés visées,
- S’il y a moyen pour le promoteur du projet de soutenir de nouveaux programmes ou d’élargir les programmes
existants afin de répondre aux priorités de développement des communautés situées dans la zone du projet.
7. Modalités 7.1. Décrire l’entité ou les entités responsables de chaque composante ou activité entrant dans le cadre de la politique
institutionnelles de prestations, de la mise en œuvre des programmes de rétablissement des revenus, et de la coordination des
activités liées au plan d’action et décrites dans ce plan.
7.2. Indiquer les mesures prévues pour faire aux questions de coordination qui se posent dans les cas où la
réinstallation s’étend sur le territoire de différentes juridictions ou doit être mise en œuvre par étapes sur une période
prolongée.
7.3. Identifier l’organisme chargé de la coordination entre tous les organes d’exécution, et indiquer s’il a le mandat et les
ressources voulues pour cela.
7.4. Décrire les entités extérieures (au projet) qui prennent part au processus de rétablissement des revenus

42 ESES
(aménagement des terrains, affectation des parcelles, crédit, formation) et les mécanismes prévus pour veiller à ce
qu’elles remplissent leurs fonctions d’une manière adéquate.
7.5. Passer en revue les capacités institutionnelles en place pour le programme
7.6. Décrire les mécanismes prévus pour assurer d’une manière indépendante le suivi, l’évaluation et l’audit financier du
PRR et faire en sorte que des mesures correctives soient prises en temps voulu.
8. Calendrier 8.1. Énumérer par ordre chronologique les étapes de mise en œuvre du PRR, en indiquant pour chacune les
d’exécution organismes responsables et en fournissant une brève explication de chaque activité.
8.2. Préparer (sous forme de graphique de Gantt, par exemple) un calendrier d’exécution présentant, mois par mois, les
activités à entreprendre au titre de la réinstallation.
8.3. Faire ressortir la corrélation entre le processus de réinstallation et le lancement de travaux de génie civil pour
chaque composante du projet.
9. Participation et 9.1. Décrire les diverses parties prenantes.
consultation
9.2. Décrire le processus suivi pour promouvoir la consultation/participation des populations affectées et autres parties
intéressées dans le cadre de la préparation et de la planification de la réinstallation.
9.3. Décrire le processus suivi pour associer les populations affectées et autres parties intéressées au travail de mise
en œuvre et de suivi.
9.4. Décrire les mesures prévues pour diffuser l’information relative au PRR auprès des populations affectées et autres
parties intéressées, en ce qui concerne notamment l’indemnisation au titre de la perte de biens, les droits à indemnités,
l’aide à la réinstallation et le règlement des plaintes.
10. Règlement des 10.1. Décrire, étape par étape, le processus d’enregistrement et de traitement des plaintes, en fournissant des détails
plaintes sur ce qui est prévu pour assurer l’enregistrement gratuit des plaintes, les délais de réponse et les modes de
communication.
10.2. Décrire le mécanisme de recours prévu.
10.3. Décrire les dispositions prévues pour la saisine des tribunaux civils si les autres options n’aboutissent pas.
11. Suivi et évaluation 11.1. Décrire le processus de contrôle interne/contrôle des performances.

43 ESES
11.2. Définir les principaux indicateurs de suivi tirés de l’enquête de référence. - Fournir la liste des indicateurs de suivi
qui seront utilisés pour le contrôle interne.
11.3. Décrire les modalités institutionnelles (y compris financières). - Indiquer la fréquence des rapports à établir, ainsi
que leur contenu, pour le contrôle interne.
11.4. Décrire le processus prévu pour intégrer les informations ressortant du contrôle interne dans la mise en œuvre du
plan d’action.
11.5. Définir la méthodologie prévue pour le contrôle externe.
11.6. Définir les indicateurs clés utilisés pour le contrôle externe.
11.7. Indiquer la fréquence des rapports à établir, ainsi que leur contenu, pour le contrôle externe.
11.8. Décrire le processus prévu pour intégrer les informations ressortant du contrôle externe dans la mise en œuvre du
plan d’action.
11.9. Décrire les dispositions prévues pour l’évaluation externe finale.
12. Coûts et budgets 12.1. Indiquer clairement où se situent les pouvoirs et responsabilités sur le plan financier.
12.2. Énumérer les sources de fonds pour la réinstallation, et décrire les flux de financement.
12.3. Veiller à ce que le budget prévu pour la réinstallation soit suffisant et inclus dans le budget global du projet.
12.4. Identifier les coûts de réinstallation devant être financés, le cas échéant, par le gouvernement, et indiquer les
mécanismes prévus pour faire en sorte que les décaissements correspondants soient coordonnés par rapport au PRR
et au calendrier du projet.
12.5. Établir un budget estimatif, ventilé par dépense et par poste, pour l’ensemble des dépenses de réinstallation —
planification et mise en œuvre, gestion et administration, suivi et évaluation, et imprévus.
12.6. Décrire les mécanismes spécifiquement prévus pour ajuster les estimations de coûts et les paiements
d’indemnités afin de tenir compte de l’inflation et des fluctuations monétaires.
12.7. Indiquer les montants provisionnés au titre des aléas techniques et financiers.
12.8. Décrire les dispositions financières prévues pour le contrôle et l’évaluation externes, notamment le processus
d’attribution et de gestion des contrats correspondants pendant toute la durée de la réinstallation.

44 ESES
13 Annexes 13.1. Exemplaires des instruments utilisés pour le recensement et les études, des formulaires d’entretiens et de tous
autres outils de recherche.
13.2. Informations relatives à l’ensemble du processus de consultation du public, y compris les avis et calendriers de
réunions publiques, les procès-verbaux des réunions et les listes de participants.
13.3. Exemples de modèles de présentation à utiliser pour le travail de suivi et d’établissement de rapports dans le
cadre de la mise en œuvre du PAR.

45 ESES
2.18. Guide d’Elaboration du Plan d’action pour les Peuples Autochtones (secteur minier
au Cameroun)
Le Plan pour les Peuples autochtones (PPA) devrait être flexible et opérationnel, avec
1.1 une approche spécifique et des niveaux de détails propres à chaque projet ainsi qu’à la
nature des effets occasionnés
1.2 Résumé de l’évaluation sociale :
Les analyses doivent prouver que les Peuples autochtones sont présents, ou ont un
attachement collectif à la zone du projet :

Le but de l’évaluation sociale est de:


1.2.1. Evaluer le potentiel positif et les effets néfastes du projet sur les Peuples
autochtones;
1.2.2. Examiner les alternatives du projet là où les effets néfastes peuvent être
significatifs. L’étendue, la profondeur et le type d’évaluation sont proportionnelles
à la nature et à l’échelle des effets potentiels du projet sur les Peuples
autochtones, autant que les effets sont positifs ou négatifs.

1.3 Résumé des résultats du Consentement Libre, Informé et Préalable des peuples
autochtones affectés qui est exécuté durant la préparation du projet:

1.3.1. Il est obligatoire de mettre en place une plateforme genre et intergénérationnel


inclusive adéquate, qui prévoit des opportunités de consultation, à chaque étape
de préparation et de mise en œuvre du projet, impliquant les communautés de
Peuples autochtones affectés, les Organisations des Peuples autochtones s’il y
en a, et les autres Organisations de la Société Civile (OSC) identifié par les
communautés affectées ;
1.3.2. Utiliser des méthodes de consultation adaptées aux valeurs sociales et
culturelles des communautés de Peuples autochtones affectées ainsi que leur
conditions locales et, en élaborant cette méthode, accorder une attention
particulière aux difficultés des femmes, jeunes et enfants autochtones à accéder
aux opportunités et bénéfice du développement ; et
1.3.3. Fournir aux Peuples autochtones affectés, toutes les informations pertinentes
sur le projet (incluant une évaluation des effets négatifs potentiels du projet sur
les Peuples autochtones affectés) sous une formulation culturellement
appropriée à chaque étape de la préparation et de la mise en œuvre du projet.

1.4 Construction d’une Consultation continue basée sur le Consentement Libre,


informé et préalable (CLIP) des Communautés des Peuples autochtones pour la
mise en œuvre du projet:

La présentation d’un rapport détaillé fait ressortir:


1.4.1. Les conclusions de l’évaluation sociale;
1.4.2. Le processus de consultation CLIP mené auprès/avec les Peuples autochtones ;
1.4.3. Les mesures additionnelles, incluant la modification de la conception du projet,
qui peut être adaptée pour prévenir les effets négatifs sur les Peuples
autochtones et les rassurer raisonnablement sur les bénéfices du projet à leur
égard;
1.4.4. Recommandations pour un CLIP avec une participation des communautés de
Peuples autochtones durant la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation du projet ;

ESES 46
1.4.5. Quelques accords formels conclus avec les communautés de Peuples
autochtones et/ou Organisation des Peuples autochtones. Cela certifie que les
communautés de Peuples autochtones ont approuvé le principe d’appuyer le
projet.
1.5 Un plan d’action de mesures garantissant d’une manière culturelle appropriée
que les Peuples autochtones reçoivent les bénéfices sociaux et économiques :

Sur la base de l’étude sociale et de la consultation avec les communautés de Peuples


autochtones affectés, un plan d’action des Peuples autochtones est préparé pour
disposer de mesures garantissant que:
1.5.1. Les Peuples autochtones affectés par le projet reçoivent les bénéfices sociaux et
économiques
1.5.2. Les effets négatifs potentiels sur les Peuples autochtones sont identifiés, évités,
minimisés, atténués ou compensés.

1.6 Elaboration des coûts estimatifs et du plan de financement pour la mise en œuvre du
Plan d’action pour les Peuples autochtones

1.7 Elaboration de procédures adaptées de gestion des plaintes et doléances des


Peuples autochtones pouvant survenir durant la mise en œuvre du projet:

L’élaboration des procédures de gestion de conflits, devrait contenir:


1.7.1. La disponibilité de recours à la justice, et
1.7.2. Mécanisme de règlement des différends d’ordre coutumiers entre Peuples
autochtones.

1.8 Elaborer des mécanismes et références appropriés au projet pour le suivi, évaluation et
reporting sur la mise en œuvre du Plan d’action pour les Peuples autochtones. Les
mécanismes de Suivi & évaluation devraient inclure la procédure suivre de consultation
CLIP avec les Communautés de Peuples autochtones affectés.

1.9 Les considérations spéciales ci-dessus devraient être considérées en lien avec :

a) Terres et ressources naturelles connexes:


Une attention particulière devrait tenir compte des:
1.9.1. Droits coutumiers des Peuples autochtones, individuel comme collectif, afférant
aux terres ou territoires qu’ils possèdent traditionnellement, à usage ou
occupation coutumière, et où l’accès aux ressources naturelles est vital à la
pérennité de leur culture et de leur subsistance;
1.9.2. Le besoin de sécuriser de tels espaces et ressources contre les intrusions et
empiètements illégaux ;
1.9.3. Les valeurs culturelles et spirituelles que les Peuples autochtones assignent à de
tels terres et ressources ;
1.9.4. Les pratiques de gestion des ressources naturelles des Peuples autochtones et
la durabilité à long terme de ces pratiques ;
1.9.5. Si le projet implique (a) des activités qui sont liées à l’établissement des droits de
propriété traditionnelle, d’usage ou d’occupation des Peuples autochtones
légalement reconnus (tel projet de titrisation), ou (b) d’acquisition de ces terres,
le Plan pour les Peuples autochtones met en avant un plan d’action pour la
reconnaissance légale de ces propriétés, occupation, ou usages.

ESES 47
1.9.6. La pleine reconnaissance légale de l’existence des tenures foncières
coutumières de Peuples autochtones; ou la conversion des droits d’usage
coutumier à un droit de propriété individuelle et/ou collective;

b) Occupation des terres que les Peuples autochtones possèdent à titre


traditionnel, ou sur lesquelles ils détiennent un droit d’usage ou
d’occupation

Ce qui devrait être considéré:


1.9.7. Leurs droits (projets) ne devraient pas primer sur la loi statutaire ou coutumière ;
1.9.8. Le domaine et la nature du développement proposé et les parties intéressées ou
impliquées dans ce développement;
1.9.9. Les effets potentiels de ce développement sur la mode de subsistance, l’habitat
et l’usage de ces ressources sur les Peuples autochtones.

1.10 Relocalisation des Peuples autochtones:

Si une réinstallation doit être envisagée, on devrait considérer la:


1.10.1. Compatibilité avec les préférences culturelles des peuples autochtones, et
prévoir une stratégie d’implantation des bases-vies
1.10.2. Documenter des résultats du processus avec les Peuples autochtones;
1.10.3. Où c’est possible, le plan de relocalisation/réinstallation devrait permettre aux
Peuples autochtones de retourner sur leurs terres et de recouvrer leurs droits
de propriété traditionnelle ou d’usage ou d’occupation coutumière, dès que les
raisons de leur délocalisation vient à cesser.

1.11 Considération spéciale pour le développement :

1.11.1. Intégrer des perspectives pour les Peuples autochtones dans l’élaboration des
stratégies de développement et de reduction de la pauvreté
1.11.2. Appuyer les priorités de développement des Peuples autochtones dans les
programmes de développement (à l’exemple des Plans de développement
communal et le Fonds local de gestion sociale)
1.11.3. Aborder les aspects genre et intergénérationnel incluant les besoins prioritaires
des femmes, des jeunes et des enfants autochtones ;
1.11.4. Renforcer les capacités des communautés et organisations de Peuples
autochtones dans la préparation, la mise en œuvre et le suivi du PPA ;
1.11.5. Renforcer les capacités des administrations chargées de promouvoir des
services de développement dédiés aux Peuples autochtones.

ESES 48
2.19. Gestion des conflits externes
Nom de l’entreprise
Réf. : S-SE-P-01
et ou logo

Manuel procédures
Gestion des conflits Version : 01

Social Externe externes Date : ../…/2015


R/V/A :

Cette procédure définit les étapes nécessaires à suivre pour la


Objectif : résolution des conflits à partir de leur constatation (plaintes) jusqu’à
leur résolution.
Domaine d’application : Tous les services du site
- Chef de site (CSite)
- Responsable social (RS);
- Cellule sociale (CS) ;
Intervenants : - Chef de service (CSer) ;
- Personnel/ travailleur (Pers) ;
- Parties prenantes – Pp (communautés, administrations, autorités
coutumières et religieuses, ONG).

Date de Mise en
Le / / .
application :
- Chef de site (RSite/RCCh) ;
- Responsable HSE
Diffusion : - Responsable cellule sociale (RCS) ;
- Responsable environnement (RE)
- Parties prenantes (communautés, administration).
- Politique sociale entreprise,
Doc. de référence : - Conventions avec les communautés,
- Plan de gestion sociale.
- Plaintes (verbales et/ou écrites),
Documents/outils - Registre des plaintes,
utilisés: - Bases de données de suivi des plaintes/conflits
- Rapports d’activités (mensuel et annuel)

Exigences Internes : Structurer la gestion des conflits externes.


Exigences Externes : Répondre aux exigences légales et/ou des certificats de l’entreprise

ESES 49
Signification des formes utilisées dans le logigramme

Début Fin Marque le début et la fin de la procédure.

x
x
Renvoi de suite de procédure (début et fin de page).

Passage d’une opération à une autre.

Entrée/sortie d’un document.

Passage d’une activité à une autre.

x Personne concernée.

Opération à réaliser.

X = Responsable de l’opération.

1 2
1 = expéditeur.
2 = destinataire.

Procédure.

Fiche d’instruction.

Document interne. Document externe.

Liasse ou plusieurs Liasse ou plusieurs


documents internes. documents externes.

Choix à effectuer.

Texte Commentaire.

ESES 50
Nom de l’entreprise
Réf. : S-SE-P-01
et ou logo
Gestion des conflits Version : 01
Manuel procédures
Social Externe externes Date : ../../2015
R/V/A :

Description de l’activité

Source de
vérification Intervenants/responsa
Etapes Activités
(documents/outils bles
)
Recevoir la plainte ou constater/Identifier un
problème
- Registre des - Personnel
Commentaire : la plainte peut être verbale
plaintes - Chef de site
ou écrite (enregistrer la plainte).
1 - Base de données - Responsables de
- Enregistrement des plaintes
de suivi des service
- Analyse de la typologie du conflit
plaintes - Cellule sociale
- Identification des parties plaignantes et ou
prenantes
Informer la hiérarchie
- Copie de la
- Responsable social
2 Commentaire : plainte
- Chef de site
- Transmettre une copie de la plainte - Mail d’information
- Analyse du problème/situation
Descendre sur le terrain pour
- Procès-verbal
échanger/auditer (recueillir les avis) des
(PV) concertation
parties plaignantes
- Compte-rendu de - Responsable social
3
la mission - Cellule sociale
Commentaire :
- Liste de présence
- Collecte des données
(signatures)
- Analyse du problème/situation
Identifier/rechercher les voies et moyens de
résolution du problème/conflit
- Responsable social
4 Commentaire : PV de réunion
- Chef de site
- Définir, analyser le problème (scénarii de
solutions) et transmettre le rapport à la
hiérarchie pour validation
Consulter (concertation) les parties
prenantes (Plaignants, hiérarchie, Autorité
Administratives, ONG, si nécessaire)
concernées pour la recherche et validation
des solutions possibles
- PV concertation - Responsable social
Commentaire :
- Chef de site
5 Cette phase peut nécessiter une ou - Plan concerté de
- Autorité administrative
plusieurs rencontres des différentes parties
résolution du conflit (si nécessaire)
prenantes, soit individuellement, soit
simultanément selon les nécessités. A
l’issue de cette concertation, un procès
verbal doit être dressé et signé par les
parties.
- Responsable social
6 Formuler et transmettre le chronogramme - Courrier (signé - Chef de site

ESES 51
de résolution du conflit aux parties par la - Autorité administrative,
plaignantes. hiérarchie) ONG (si nécessaire)
- Validation du plan
de gestion du
conflit
Sensibiliser/informer le personnel impliqué - Débriefing interne
- Cellule sociale
7 (sur le plan et le chronogramme de (liste de
- Chef de site
résolution) présence)
Décharge (par les - Responsable social
parties - Chef de site
Ordonner et mettre en œuvre les solutions
8 plaignantes) des - Cellule sociale
validées
justificatifs de mise - Autorité administrative,
en œuvre ONG (si nécessaire)
- Fiche de suivi des
Suivi/évaluation de la mise en œuvre des indicateurs - Responsable social
9
actions de résolution du conflit - Rapport - Cellule sociale
d’activités
- Registre plaintes - Responsable social
Enregistrer les conclusions des plaintes - Dossier conflit - Cellule sociale
10
dans le registre (conserver tous les
éléments)
Archiver le dossier des plaintes et mettre à - Responsable social
11 BD actualisée - Cellule sociale
jour la Base de données

ESES 52
Logigramme

Début

Pers CSite
CS RS CS RS Plainte verbale (à formaliser) ou écrite
- Enregistrer la plainte;
1 - Recevoir la plainte ou constater/
- Analyser la plainte (typologie du conflit/problème);
identifier un problème et l’enregistrer
- Identifier les parties plaignantes et ou prenantes
Plainte écrite concernées.
Registre de plaintes et base
de données informatique
Registre de plaintes et base
renseignés
de données informatique
renseignés

CS RS CSite

- Transmettre une copie de la plainte ou un mail


2 – Informer la hiérarchie
- Analyse du problème/situation

CS RS
3 - Descendre sur le terrain
- Collecter des données/informations ;
pour échanger avec les parties
- Analyse du problème/situation.
plaignantes

oui
La concertation a-t-elle permis
de résoudre le problème Procès verbal de concertation (liste
de présence jointe)

CSite non
CS RS - Acteurs,
- Sources/causes,
4 - Identifier/rechercher les voies et
- Enjeux,
moyens de résolution du problème/
- Conséquences immédiates,
conflit
- Conséquences futures,
- Ebauche plan concerté de résolution

Cette phase peut nécessiter une ou plusieurs


CS RS rencontres des différentes parties plaignantes et
5 - Consulter (concertation) les parties prenantes (administration et société civile) si
prenantes concernées pour la nécessaire, soit individuellement, soit
résolution du problème simultanément selon les nécessités. A l’issue de
cette concertation, un procès verbal doit être
dressé et signé par les parties.

CSite - Procès verbal de concertation


- Plan de résolution du conflit
CS RS
6 - Formuler et transmettre le
chronogramme de résolution du conflit
aux parties plaignantes.

Courrier (plan et chronogramme de


résolution annexés)
CSite CS Pers
7 – Sensibiliser/informer le personnel
impliqué (sur le plan et le
chronogramme de résolution)
Liste de présence
CS Pers

8 - Ordonner et mettre en œuvre les Les justificatifs de mise en œuvre sont transmis aux
solutions validées Parties plaignantes contre décharges

CS RS

9 – Suivre et évaluation la mise en


œuvre des actions de résolution

- Fiche suivi indicateurs


CS RS - Rapport d’activités

10 - Enregistrer les conclusions des


plaintes dans le registre
- Registre plaintes
- Dossier conflit
CS RS
11 - Archiver le dossier de plainte/
conflit et mettre à jour la Base de
données
Base de données
(informatique) actualisée

- CSite (Chef Site),


- CS (Cellule Sociale),
- RS (Responsable Social), Fin
- Pers (Personnel/travailleur),
- CSer (Chef de service),

ESES 53
2.20. Canevas de conduite du processsus CLIP

Elaboration d’un Processus CLIP


(Consentement-Libre-Informé-Préalable)

Etape 0
Localisation géographique/Attribution du permis par l’Etat
 Revue documentaire au niveau de l’administration : cartes, images, démographie,
monographies nationales et régionales
 EIES/ PGES (approuvés ou en cours d’approbation)
 Plans d’aménagement/ programme de construction (approuvé ou en cours)

Etape 1
Identification des communautés concernées
 Méthodologie d’identification des communautés (appui de l’administration locale)

Etape 2
Dimensionnement de l’équipe sociale
 Composition et renforcement de l’équipe en fonction de la taille du projet
 Multi-représentativité de l’équipe (genre, maîtrise des langues locales, etc.)

Etape 3
Présentation du Projet
 Entreprise ; activité, équipe
 Planning du projet
 Impacts positifs et Impacts négatifs
 Affiner ou peaufiner les études socio-économiques
 Proposer une méthodologie de choix/ vote des représentants des communautés/ villages ;
expliquer les rôles des représentants
 Etapes suivantes

*Est-ce qu’on continue ? Oui ou Non/ OK ou pas OK*

Si OUI

ESES 54
Etape 4
Identification des représentants par les communautés
 Proposition de la méthode à suivre : *ce qui ne faudrait pas faire !* Avec l’accompagnement
d’un médiateur/ facilitateur (tiers)
 Processus de vote des communautés
 Scissions/préoccupations/ analyses
 Choix et présentation des représentants par les communautés
*Est-ce qu’on continue ? Oui ou Non/ OK ou pas OK*

Si OUI

Etape 5
Etablissement des règles de collaboration/ Renforcement des Capacités (RC)
 impliquer des Organisations de la Société Civile
 Présentation des outils de travail par l’Equipe sociale (communication et RC) et discussion
 Procédure de gestion des plaintes (analyse, tri, regroupement des plaintes)
 Communication et définition des rôles de chaque partie
 Formalisation d’un Protocole de collaboration

Etape 6
Cartographie Sociale Participative (CSP)
 Diagnostic social peaufiné
 Précisions sur les impacts spécifiques qui toucheront les communautés (ne pas éviter les
impacts négatifs)
 Processus de CSP : Indentification des points de repère : infrastructures sociales, points
d’eau routes, pistes, ouvrages d’art ; sites culturels/ sacrés ; zones de cueillette des PFNL ;
limites des terroirs (limites naturelles et bornages) ; réserves foncières ; répartition sociale ;
etc.
 Précision sur les zones à exploiter ou pas
*La carte est-elle validée par les ou la communauté ?* Liste de présence et signature

Si OUI

Etape 7
Négociation et signature de l’accord
 Procédure d’indemnisation ou de compensation
 Définition et discussion sur les droits et devoirs des parties (sous l’accompagnement d’un
observateur)
 Assistance aux communautés (mise à disposition d’un juriste/ spécialiste des contrats fonciers)
 Signature et ritualisation de l’accord
 Gel de tout mouvement foncier (décret ou arrêté)

ESES 55
 Cartographie finale
 Développement des associations villageoises de gestion des projets communautaires
 Les réalisations planifiées (chronogramme d’activité)
 La ritualisation de l’accord (dépend des communautés)

*Est-ce qu’on est d’accord ? Oui ou Non/ OK ou pas OK*

Si OUI

Etape 8
Application des mesures de compensations individuelles
 Matérialisation des parcelles et comptages des plans
 Gel de tout mouvement foncier (décret ou arrêté)
 Compensations individuelles (en espèce et/ou en nature/ préférable sous forme de projet
communautaire)

*Est-ce qu’on est d’accord ? Oui ou Non/ OK ou pas OK*

Si OUI

Etape 9
Suivi & Evaluation des mesures contenues dans l’accord
 Développement d’indicateurs de réalisation (performances/ impacts)
 Analyse de l’évolution des conditions de vie

Consultation continue avec les communautés

ESES 56
2.21. Guide d’élaboration du volet contenu local dans le secteur minier
1. Définition et 1.1. Définition
objectif Le contenu local est la valeur ajoutée apportée par les activités
extractives (spécialement pour les zones régionales et locales) dans
un pays hôte.
1.2. Domaines ciblés
L’approche peut être mesurée et mise en œuvre à travers le :
1.2.1. Développement de la main-d’œuvre locale (au sens national et
régional) :
 Emploi de la main-d’œuvre ;
 Formation de la main-d’œuvre :
1.2.2. Mise en place d’une politique claire de promotion et de recrutement
des groupes spécifiques :
 Les femmes,
 Les jeunes,
 les personnes issues de groupes autochtones et,
 Les travailleurs des zones issus des zones géographiques
ou d’origines spécifiques ;
1.2.3. Investissement dans le développement de la sous-traitance locale :
 Développer des prestations de services locales;
 Procurer des fournitures, biens et services localement.
2. Les prérequis 2.1. Contexte local:
pour une
stratégie de 2.1.1. Les objectifs de la stratégie de contenu local doivent être fondés sur
contenu local une compréhension approfondie du contexte local. Cette
réussie connaissance permet de définir des plans d’actions viables.
2.1.2. La capacité réelle d’offre locale face aux exigences de la demande
(qualité et quantité) est souvent une entrave à la participation au
développement local.
2.2. Exigences réglementaires
Les exigences réglementaires aident à cadrer les objectifs explicites
ou les objectifs favorisant le développement de contenu local par :
 l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique et
règlementation gouvernementale concernant le contenu
local pour les entreprises minières ;
 l’application de ce type de règlementation exigeant des
achats de contenu local pour les entreprises en exploitation
et pour les entreprises en phase d'exploration

2.3. Opportunité d’affaires


Les entreprises ont des raisons stratégiques et commerciales pour
souhaiter la réussite du processus de contenu local.
En les identifiant, dans chaque cas, les entreprises peuvent
justifier la mobilisation des ressources et les efforts de gestion à
faire, et identifier simultanément les fonctions et les domaines de
l'entreprise qui doivent être impliqués.
3. Avantages pour  Réduction des coûts opérationnels en recrutant un staff de
les entreprises personnels locaux plutôt que des expatriés ;
 Fluidité améliorée dans la fourniture de biens et services ;

ESES 57
 Encadrement du développement des compétences, des capacités
et de la compétitivité des entreprises locales ;
 Réduction de taux de chômage au sein de la communauté locale ;
 Stimulation de la croissance économique locale à travers la
fourniture de services de base tels que les produits agricoles et
certaines tâches à forte intensité de main-d'œuvre peu qualifiée,
etc.
4. Analyse des  Alignement des activités de contenu local avec les priorités de
priorités de développement de la société minières et celles de la communauté
développement hôte ;
national  Identification des priorités à travers les plans de développement
formel ou les consultations des acteurs locaux.
5. Evaluation des  Examen des capacités existantes et potentielles si l'entreprise est
capacités/ en cours d'installation dans une nouvelle zone ;
potentialités  Evaluation devant s’appuyer sur des enquêtes de marché et
locales l'expertise locales, impliquant le gouvernement et d'autres
intervenants pour des résultats crédibles et fiables ;
 Évaluation des capacités de santé et de sécurité des travailleurs
locaux et des normes techniques et opérationnelles telles que
requises par les normes internationales.
6. Analyse et  Effectuer ces processus pour permettre aux entreprises d'identifier
cartographie de les possibilités de participation locale,
la chaine de  Examiner les implications de la participation au contenu local dans
valeur des approches de conception et d’approvisionnement, avec une
insistance particulière sur la conception.
7. Evaluation des  Attacher une attention particulière dans l’accompagnement des
risques entrepreneurs locaux à se conformer aux normes internationales
environnementau en matière SSE (Santé, Sécurité et Environnement), et
x et sociaux  appuyer ceux n’ayant pas d’expérience en matière d’engagement
et de respect des aspects sociaux et culturels.
8. Analyse des  Effectuer une analyse des différents niveaux de bénéfices, coûts et
Coûts-bénéfices risques en rapport avec les différentes options en termes d’emploi
et d’approvisionnement local ; Il est nécessaire de tabler sur des
bénéfices potentiels sur le long-terme.
9. Analyse des  Effectuer des analyses d’obstacles au contenu local pour identifier
barrières/ les interventions requises. Cet exercice peut aussi aider à
entraves développer le séquencement approprié des interventions.
10. Accès aux  Vérifier l’accès à un financement abordable car c’est un facteur
services influant pour la survie et la croissance des entreprises locales, en
financiers et particulier les petites et moyennes entreprises (PME). Sans cet
commerciaux accès, les entreprises locales sont très limitées dans leur capacité
à investir dans des biens d'équipement et à répondre aux normes
requises par les institutions financières qui perçoivent souvent les
prêts aux PME comme plus risqués et moins attrayants du fait de
coûts de transaction élevés. Par conséquent, lorsque le
financement est disponible, il peut venir avec des effets collatéraux
importants avec des exigences de taux d'intérêt très élevés ;
 Examiner les moyens d’accompagnement et de facilitation des
procédures pour les PME, car elles manquent souvent de
références et de capacités pour préparer des plans d'affaires et
des propositions de prêts attractives.
11. Analyse  Évaluer les besoins en infrastructures existants, car cela est
infrastructurelle directement lié à la participation des entreprises locales. Un
manque d'infrastructures peut être un obstacle à la prestation de

ESES 58
services locaux, et augmenter les coûts de transactions
commerciaux. Par exemple fournisseurs d'énergie fiables…
12. Formation des 12.1. Aspects que cette formation peut inclure:
populations
locales pour 11.1.1. Education dans les capacités de base en comptabilité et
répondre à des alphabétisation fonctionnelle. Les résultats de l'éducation de base
tâches permettent une amélioration durable dans la vie de la population locale.
spécifiques 11.1.2 La formation linguistique. C’est un atout dans les cas où la langue
de fonctionnement n’est pas largement parlée par les employés potentiels
(français et/ou anglais)
12.2. Usage de méthodes de formation localement adaptées:
Les activités de formation doivent répondre aux besoins
d'apprentissage des participants en termes de compétences
linguistiques, de niveau d'éducation et de style d'apprentissage.
12.3. Le programme se doit d’être très flexible:
Les périodes de formation pour les individus devraient être
déterminées en rapport avec leurs capacités de progression et
leurs activités courantes.
12.4. La prestation de programmes de bourses:
L'octroi de bourses demeure le seul moyen efficace pour attirer les
jeunes talentueux dans l'industrie, cela constitue une activité
d'investissement social valable.
13. Promotion et 13.1. Nomination d'un lauréat interne;
stimulation au Quelqu'un doit être désigné avec la capacité nécessaire pour agir
Contenu local comme un facteur clé pour les programmes de contenu local.
13.2. Intégration dans les systèmes de l’entreprise:
Pour que le contenu local soit un succès, ses activités devraient être
intégrées dans les systèmes existants de l'entreprise. C’est par ce
moyen que des résultats visibles sont possibles.
13.3. Incitation de performance:
Pour éviter la modification du contenu local par certains membres
du personnel, les entreprises devraient inclure le contenu local
dans les objectifs de performance du personnel.
13.4. Flux d'informations:
Les besoins d'information des parties prenantes clés doivent être
compris et respectés. Le personnel a besoin de comprendre les
capacités des fournisseurs locaux et comment les atteindre ; les
fournisseurs locaux ont besoin de comprendre quand et où les
possibilités seront disponibles.
13.5. Infrastructure de l'entreprise:
Afin de reconnaître le contenu local comme un enjeu stratégique,
les entreprises doivent mettre en place des systèmes et des
positions au niveau des entreprises pour développer et mettre en
œuvre des normes d’entreprises facilitant la communication entre
les différentes unités d'affaires au niveau international.

ESES 59
13.6. Implication des ONG et des associations communautaires:
Il est recommandé, d’une part, de travailler avec des ONG et des
associations locales crédibles et, d’autre part, de s’engager dans le
développement du contenu local en privilégiant les activités
compatibles avec les attentes et les possibilités des communautés
locales.

ESES 60
2.22. GUIDE D’ELABORATION D’UN PLAN D’URGENCE (PU)-PROJETS MINIERS
Le présent guide donne les orientations en matière de réalisation d’un Plan d’Urgence dans le cadre de la mise en
œuvre d’un projet minier.

2.22.1. Objectifs d’un PU


Le PU est un dispositif opérationnel interne mis en place par l’exploitant, avec des moyens propres ou mixtes
(industriels et secours publics), afin de lutter contre les sinistres. Sans être exhaustif, un PU doit:
Définir l’organisation des secours et les interventions en cas d’accident,
Viser la protection du personnel, des populations et l’environnement immédiat,
Permettre d’éviter qu’un événement interne ne dérive en accident susceptible de menacer les populations ou les
installations voisines.
Le PU est établit par l’exploitant et sous sa responsabilité à partir des scénarii d’accidents analysés dans le cadre de la
réalisation de l’étude des dangers. La réglementation sur les établissements prévoit sa validation par le ministère en
charge des établissements classés.

2.22.2. Forme et contenu du PU


Sans être limitatif, le forme et le contenu d’un Plan d’Urgence dans le cadre de la mise en œuvre d’un projet minier doit
contenir au moins les informations suivantes:
 Forme
La première de couverture du Plan d’Urgence doit contenir au moins les informations suivantes:
Le titre du document,
La raison sociale et l’adresse de l’établissement,
Le nombre de pages du document,
Le nom du responsable du document, le service;
La date de la dernière mise à jour;
Chaque page du document doit être numérotée, référencée avec la date de sa dernière mise à jour;
Préciser comment et par qui a été établi le PU et rappeler la nécessiter de mis à jour en temps opportun;
Préciser son mode d’utilisation et prévoir un tableau des mises à jour;
Donner la liste des destinataires, leur rôle prévu dans le PU et le nombre d’exemplaires distribués;
Chaque exemplaire doit être numéroté.

 Contenu
Rappeler le but du Plan d’Urgence;
Présenter la démarche d’alerte (élaborer le schéma d’alerte en cas de sinistre, fiche d’alerte des pompiers,
Gendarmerie, Directeurs de secours, etc.);
Situation géographique.
Le PU doit donner une présentation détaillée de la situation géographique des installations de la future mine.
Il s’agit entre autres de:
Plan de situation,
Voies d’accès,

ESES 61
Plan de l’environnement immédiat du site du projet (Hydrographie, voies de circulation, risques environnants, rose
des vents et des populations, etc.) ;
Plan de masse-entrées de l’établissement (entrées principales et secondaires, points d’accueil, points de repli,
poste de commandement, circuits d’évacuation, etc.) ;
Plan de répartition interne des réseaux (réseaux d’eaux, effluents, gaz, électricité, produits dangereux, réseau de
téléphone, etc.), etc.

Évaluation des risques et répartition par zones de risques


Le PU doit évaluer les risques de l’ensemble du site du projet et ressortir et décrire les risques majeurs retenus. Décrire
ensuite pour chaque risque majeur, le scénario d’intervention en cas de survenue dudit risque, les moyens de lutte et de
secours nécessaires pour faire face à sa survenu.
Elaborer le plan d’ensemble des zones à risques (plan de zone, risques de la zone, scénario du risque retenu,
moyens de lutte et de secours nécessaires), etc.

Recensement des moyens d’intervention


Il est question en fonction de l’activité, de prévoir des mesures de protection et d’intervention adaptées.
Lutte incendie (extinction par eau, extinction par mousse physique, vêtements spéciaux, détection/analyse, etc.) ;
Lutte toxique (protection individuelle, matériels et produits, détection/analyse, etc.) ;
Secours aux blessés (couvertures, brancards, ambulances, infirmeries/hôpitaux, centre antipoison, centre brûlés,
sapeurs-pompiers, etc.) ;
Levage/génie civil (Grue, nacelle, bras de levage/camion, chargeur pelleteur, camion benne, pelle à chenille, etc.) ;
Transfert/transport de produits (citernes routières ou ferroviaires, tracteurs, chariots automoteurs, pompes
antidéflagrantes,
Transport du personnel (cars, véhicules,
Transmission (téléphone, talkie-walkie, sonnerie, etc.);
Matériels divers (éclairage, découpage, dynamitage, ventilation, etc.) ;
Ravitaillement [Personnel (repas, boisson, etc.), Matériel (fioul, gaz, essence, etc.)].

Organisation des secours


L’entreprise doit décrire clairement au regard des risques évalués, comment il compte s’organiser en interne et avec les
services d’intervention pour une stratégie efficace d’intervention en cas de survenu de sinistre sur son site. Sans être
limitatif, le PU devra fournir les informations ci-dessous pour une meilleure organisation des scénarios d’intervention.
Organigramme sécurité-fonctions;
Missions des fonctions (affectation du personnel aux fonctions);
Fiche reflexe Directeur des secours,
Fiche reflexe fonctions exploitation, intervention, transmission, logistique, relations extérieures, observation;
Annuaires téléphoniques interne et externe;
Guide pour le directeur des secours,
Schéma général d’alerte,
Prévoir un plusieurs Poste de Commandement (PC) suivant l’importance de l’établissement qu’on localisera en
fonction de: l’accessibilité et des équipements du PC, des scénarii retenus, la rose des vents, les moyens pour son
fonctionnement, etc.

ESES 62
Établir un rapport d’accident qui comprenne les informations suivantes: les données générales sur l’accident, le
type d’accident, la description des circonstances de l’accident, les causes de l’accident, les mesures d’urgence,
type et importance du dommage;
faire un compte rendu de la situation en temps réel, etc.

Information
Il est question de définir les modalités d’information des médias, des populations, des autorités, pour éviter des
phénomènes de panique éventuels et expliquer les diverses mesures prises par l’entreprise en matière de prévention
des risques.
Dispositif d’alerte et d’information des populations (information préventive, information au moment du sinistre, etc.);
Communiqué de presse (origine du sinistre, les produits à quoi servent-ils ?, nature du risque, blessés, ampleur du
sinistre, impact sur l’environnement, maitrise du sinistre, personne à prévenir, etc.).

Exercices d’entrainement
Prévoir les exercices d’entrainement nécessaires au bon déroulement des scénarii d’intervention en cas de survenu de
sinistre sur le site du projet.
Schéma d’alerte efficacité-délai;
Elaborer les fiches d’exercice établissant les différentes phases de l’exercice et cherchant à répondre aux
questions: quoi? Qui? Où? Quand? Comment? Résultat.
Faire un compte rendu de l’exercice;
Etc.
Les exercices d’entrainement permettront de vérifier la disponibilité effective et le bon fonctionnement des moyens
recensés ainsi que leur adéquation avec les risques identifiés.

ESES 63
3. Ebauche d’une Directive de consultation des
parties prenantes dans le secteur minier

La Consultation des parties prenantes est la cheville ouvrière du processus continue de l’ESES. Elaborer une directive y
relative, renforce et pérennise ainsi la promotion et la mise en œuvre de la participation inclusive et durable des
différents acteurs impliqués au développement du secteur (acteurs institutionnels et acteurs locaux).
La mise en œuvre concrète de l’ESES exige donc un cadre à la fois juridique et opérationnel. Les dispositions à prendre
en compte doivent intégrer les nouvelles thématiques liées au Développement durable et à la gouvernance des
ressources naturelles, notamment : L’ITIE, la REDD+, la RSE et le Contenu local.
Un ensemble d’approches et d’outils doivent ainsi alimenter cette directive. Il s’agit entre autres de:
23. La Stratégie d’information et de communication des parties prenantes;
24. La Note d’indentification de projets associée au Plan de consultation préalable des populations et
communautés impactés par un projet minier ;
25. La feuille de route de la consultation avec les parties prenantes (activités à mettre en œuvre dans le temps et
dans l’espace) ;
26. L’obtention du CLIP (Consentement Libre, Informé et Préalable) des communautés en phase avec la DUP
(Déclaration d’Utilité Publique ;
27. Le renforcement des capacités des parties prenantes (droits, obligations et responsabilités) ;
28. Les principes de transmissions de l’information (Equité, transparence, impacts positifs et négatifs) ;
29. Le processus de Négociation avec les parties prenantes (appuyé par un facilitateur)
30. Le processus d’Evaluation participative (pertes, gains, risques et avantages) ;
31. L’identification et la mise en place consensuelle d’un Plan de compensation ;
32. Le processus de Décision et de formalisation des accords ;
33. Le monitoring et le suivi (respect des engagements et exercice des droits et obligations par chaque partie).

La Directive se doit de couvrir à la fois un ensemble de considérations ou de préoccupations d’ordre Social,


Environnemental, Culturel, Economique et Politique.
Chaque Consultation des parties prenantes est dirigée par un Comité de pilotage censé statuer sur les tenants et les
aboutissants des différents exercices.
Enfin, pour une meilleure opérationnalisation du processus de consultation des parties prenantes, la directive doit se
munir d’un Référentiel. Celui-ci doit être constitué en Principes et Critères qui se déclinent à chaque fois en indicateurs
accompagnés de directives spécifiques.

Principes

Critères

Indicateurs • Directives
spécifiques

ESES 64
[Link]

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