0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
57 vues23 pages

Gestion des déchets et économie circulaire au Maroc

Le document traite de la gestion des déchets au Maroc et de l'évolution vers une économie circulaire durable. Il aborde les défis, les types de déchets produits, ainsi que les initiatives et politiques mises en place pour améliorer la gestion des déchets et promouvoir le recyclage. La nécessité d'une approche collaborative entre les acteurs publics et privés est soulignée pour atteindre des solutions durables.

Transféré par

Oumaima Elmouhah
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
57 vues23 pages

Gestion des déchets et économie circulaire au Maroc

Le document traite de la gestion des déchets au Maroc et de l'évolution vers une économie circulaire durable. Il aborde les défis, les types de déchets produits, ainsi que les initiatives et politiques mises en place pour améliorer la gestion des déchets et promouvoir le recyclage. La nécessité d'une approche collaborative entre les acteurs publics et privés est soulignée pour atteindre des solutions durables.

Transféré par

Oumaima Elmouhah
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Département de Chimie

MASTER SCIENCE ANALYTIQUE ET


INSTRUMENTATIONS

Intitulé :

Gestion des déchets au Maroc évolution vers une économie


circulaire durable

Par : Chaimae ASSATA Oumaima


ELMOUHAH

Année universitaire : 2023/2024


Liste de figure

Figure 1 : gestion des déchets

Figure 2 : les déchets ménagers

Figure 3 : les déchets médicaux

Figure 4 : les déchets dangereux

Figure 5 : les déchets agricoles

Figure 6 : les déchets industriels

Figure 7 : les déchets radioactifs

Figure 8 : schéma de l’économie circulaire

Figure 9 : économie circulaire : 3 domaines, 7 piliers

Figure 10 : défis et obstacles à la mise en œuvre d’une économie circulaire

Liste de tableau

Tableau 1 : Répartition du gisement des déchets par type (Source: étude relative à la mise en
place d’un écosystème vert)

Tableau 2 : Répartition du gisement des déchets dans chaque région (Source: étude relative à
la mise en place d’un écosystème vert)
Table de matière

Liste de figure

Liste de tableau

Introduction

I. Problématique de la gestion des déchets au Maroc

1.1. Généralité

1.2. État des lieux : types et quantités de déchets produits

1.3. Impact environnemental, social et économique des déchets

II. Vers une économie circulaire : enjeux et opportunités

2.1. Concept et principes de l'économie circulaire

2.2. Avantages de l'adoption d'une approche circulaire dans la gestion des déchets

III. Défis et obstacles à la transition vers une économie circulaire

3.1. Contraintes et obstacles

3.2. Besoins en technologies adaptées à l'économie circulaire

3.3. Financement et investissement dans les solutions circulaires

IV. Conclusion

V. Référence Bibliographie
INTRODUCTION

Au Maroc, pays témoignant d’une transition sur tous les plans en la matière, la gestion des
déchets s’impose comme un défi colossal que les parties compétentes sont appelées à relever
au profit de l’intérêt général et du bien-vivre de tous. En effet, la responsabilité de la gestion
des déchets au Maroc, qui est une activité très récente au royaume nord-africaine, incombe
aux collectivités territoriales. C’est le cas, par exemple, de la gestion des déchets ménagers,
qui relève de la compétence des collectivités territoriales, lesquels sont appelées à s’engager
dans l’instauration des décharges contrôlées, qui se sont imposées comme un nouveau
standard depuis 2002. Les décharges contrôlées sont toujours un savoir-faire non acquis par
un ensemble d’autres communes, ce qui entraîne des impacts néfastes sur la santé publique et
l’environnement. Dans ce sillage, et face à un paysage en mutation rapide, la gestion des
déchets au Maroc s’avère d’une urgence poignante. Dans les quatre coins du Royaume, les
décharges s’amplifient de plus en plus et deviennent grands facteurs de pollution. Pour
atteindre cette finalité, les responsabilités ont donc été partagées. Dorénavant, la gestion des
déchets au Maroc relève de facto du ressort des collectivités territoriales. Les Marocains
géraient leurs déchets par le biais de leurs propres moyens. Ce n’est qu’en 2002 qu’ils ont
assisté à l’installation de la première décharge conformément aux normes environnementales.
De ce fait, la gestion des déchets est une affaire récente au Maroc. Il n’est donc pas étonnant
qu’un manque d’expérience et de savoir-faire soit observé à l’échelle de la gestion publique
de la chose. La majorité écrasante des déchets est toujours placée dans des zones non
contrôlées et choisies arbitrairement, lesquelles zones sont dites « décharges sauvages ». Ces
zones abritant des décharges ménagères ou autres, se trouvent aux alentours de douars
peuplés, entrainant fatalement un impact néfaste sur la santé publique des populations locales.
Cette situation alarmante a interpelé plusieurs communes au Maroc, dont l’initiative portée
consiste à affecter la tâche de collecte de déchets à une entreprise privée et prévoir
d’expérimenter un tri professionnel. Une telle démarche ambitionne, en fine, d’ériger des éco-
villes. Bien qu’elle soit en état embryonnaire, la gestion des déchets industriels au Maroc
commence à gagner du terrain. Une démarche à la fois économique et environnementale qui
s’impose en tant que nécessité dans un Maroc qui bouge et qui produit. Néanmoins, le Maroc
a entrepris des initiatives importantes pour promouvoir l'économie circulaire et améliorer la
gestion des déchets. Des politiques et des réglementations ont été adoptées pour encourager le
recyclage, la réutilisation et la valorisation des déchets, tandis que des projets pilotes ont été
lancés pour développer des filières de recyclage et des infrastructures de traitement des
déchets.

De plus, des partenariats public-privé sont encouragés pour mobiliser les investissements et
favoriser l'innovation dans ce domaine.

I. Problématique de la gestion des déchets au Maroc

1.1. Généralité

La gestion des déchets est un pilier essentiel du développement durable, visant à gérer
efficacement les matériaux résiduels produits par les activités humaines afin de réduire leur
impact sur l'environnement et la santé publique. Ce domaine englobe un ensemble de
processus et de stratégies visant à collecter, traiter, transformer et éliminer les déchets de
manière responsable et efficiente.

Figure 1 : gestion de déchets

De la collecte initiale à la réduction à la source en passant par le recyclage et la valorisation


énergétique, chaque étape de la gestion des déchets contribue à minimiser leur impact sur
l'environnement et à promouvoir un développement durable.

Les collecteurs de déchets :

Les collecteurs de déchets {1} au Maroc sont ceux qui assurent la collecte directe sur le
terrain. Cette activité est souvent réalisée de manière informelle, sans autorisation des
autorités locales. Au Maroc, l'obtention d'une autorisation pour le recyclage des déchets est
soumise à des règles strictes. Les entreprises impliquées dans cette activité doivent respecter
des normes sanitaires et environnementales rigoureuses, souvent comparables à celles en
vigueur dans les pays européens. Cela signifie que seule une fraction des déchets industriels
est officiellement collectée en vue de leur recyclage. Les collecteurs informels travaillent soit
de manière individuelle en tant que collecteurs indépendants, soit en formant des micro-
entreprises de collecte. Leur mode opératoire peut varier. Dans un premier cas, ils
interviennent dans les quartiers non couverts par les services municipaux. Des petits
collecteurs de quartiers s'installent alors pour ramasser une partie des déchets. Il arrive parfois
qu'ils concluent des accords tacites avec les habitants. En général, ces collecteurs se
concentrent sur la récupération des déchets recyclables tels que les plastiques, les verres, les
métaux, etc. Ils les nettoient, les trient puis les revendent. Les déchets non recyclables sont
souvent brûlés ou jetés dans des espaces non aménagés tels que des friches, des cours d'eau,
des fossés, etc. La seconde façon d’intervenir pour les recycleurs est de circuler dans les
quartiers de classes moyennes et aisées où la collecte municipale est bien effectuée. Il s’agit
des recycleurs de rue. Ils agissent généralement la nuit, afin de fouiller les poubelles déposées
dans la rue et de collecter uniquement les déchets recyclables avant le passage des camions
municipaux (ou des entreprises prestataires de service). Les recycleurs circulent à pied,
parfois à l’aide d’une petite charrette ou d’un vélo, et récupèrent les déchets dont la valeur
ajoutée est la plus importante. Leur activité est totalement illégale ; elle est cependant la
plupart du temps tolérée. Certains districts de la ville sont plus sévères que d’autres. Les
polices municipales laissent en général les collecteurs agir librement la nuit, puisqu’ils ne
dérangent pas la circulation et altèrent moins l’image de marque du quartier. Dans les
quartiers les plus aisés, les autorités cherchent souvent à faire disparaître les collecteurs,
perçus comme étant associés à la pauvreté, à l’insalubrité, voire même à la dangerosité {2}.

Les trieurs et le stockage des déchets :

La seconde catégorie de recycleurs correspond à des micro-entreprises, toujours informelles,


de taille plus importante que celle des collecteurs : les micro-entreprises de tri et de stock.
Elles rachètent aux collecteurs les déchets recyclables déjà pré-triés. Le prix du kg de déchet
plastique, métallique, verre ou autre, est fixé en fonction du cours du marché local des
matières premières. Certains trieurs rachètent parfois directement leurs déchets aux éboueurs
des municipalités. Sur la route des décharges contrôlées, les camions des municipalités
s’arrêtent en effet directement chez les micro-entreprises de tri et de stock pour vendre le fruit
de leur collecte. Il existe plusieurs types de trieurs, en fonction de leur taille et de leur
localisation dans la ville. Une grande partie d’entre eux est située dans les quartiers du
péricentre, des principales zones de marchés et de commerces, ainsi que des quartiers
modernes. Il s’agit des quartiers faisant office de récepteur de déchets, et ce, depuis la
fondation de la ville. Ces quartiers se sont aujourd’hui spécialisés dans le stockage temporaire
des déchets, qui sont ensuite expédiés vers les périphéries de la ville ou revendus à des
industries. Les recycleurs travaillent alors dans un local familial, servant également de
logement. La concentration de recycleurs y est très importante. Ils effectuent généralement un
tri précis des déchets (différenciant les types de plastiques par exemple), les nettoient et les
stockent, jusqu’à en avoir une quantité suffisante pour les revendre à un commerçant de
déchet grossiste ou directement à l’industrie qui la transformera en une nouvelle matière
première. D’autres trieurs sont situés dans les périphéries extrêmes de la ville, dans les
quartiers les plus récents, pas encore consolidés, souvent à proximité des cours d’eau. Il s’agit
d’entreprises travaillant sur un vaste terrain familial attenant au logement, pouvant donc
stocker des quantités de déchets plus grandes. Ils sont généralement situés sur le trajet des
décharges contrôlées, afin d’intercepter les déchets sur leur chemin. Les micro-entreprises
travaillant dans une décharge sauvage ont des caractéristiques très similaires. Elles travaillent
cependant sur un terrain encore plus grand, avec des flux de déchets bien plus importants.
D’autres acteurs du recyclage évoluent dans la même catégorie du tri : les éleveurs de bétail.
Dans tous les quartiers populaires, un certain nombre d’habitants élèvent du bétail, qu’ils
nourrissent avec les déchets organiques (restes alimentaires) de la population. Cette technique
permet de réutiliser une grande partie des déchets. Les conditions d’élevage et de réutilisation
des déchets font cependant peser un très grand risque sanitaire sur les éleveurs et sur les
consommateurs de bétail. Les autorités locales sont donc bien plus sévères avec ce type de
recyclage, pourtant encore très répandu parmi les familles les plus pauvres.

Commercialisation et transformation des déchets :

Suite à la collecte et au tri des déchets, viennent les étapes de la commercialisation et de la


transformation. Il s’agit du rachat des déchets par des grossistes, généralement spécialisés
dans un seul type de déchet. Les micro-entreprises de tri et de stock effectuent parfois cette
tâche de commercialisation. Dans d’autres cas il s’agit d’entreprises spécifiques. C’est à partir
de cet échelon que les entreprises formelles se font de plus en plus nombreuses, du fait de la
taille plus imposante de telles structures. Les entreprises de commercialisation, formelles ou
non, revendent ensuite leurs déchets à des industries effectuant la transformation en matières
premières secondaires. Les entreprises légales ont souvent uniquement l’autorisation de
travailler les déchets industriels. Dans les faits, la différenciation avec les déchets ménagers
est plus complexe.

Les différentes étapes de la gestion des déchets, sont essentielles pour minimiser leur impact
sur l'environnement et la santé publique. En adoptant des pratiques telles que la réduction à la
source, le recyclage et la valorisation énergétique, nous pouvons maximiser la récupération
des ressources tout en réduisant la quantité de déchets envoyés en décharge. Cela nécessite
une approche holistique et la collaboration de tous les acteurs, des individus aux
gouvernements et aux entreprises, pour créer un avenir durable où les déchets sont gérés de
manière efficace et responsable.

1.2. État des lieux : types et quantités de déchets produits

Les déchets peuvent être définis comme des matériaux résiduels issus des activités humaines,
qui n'ont plus d'utilité directe pour ceux qui les ont produits {3}. Il est important de noter qu'il
n'existe pas un seul type de déchet, mais plutôt une diversité de catégories en fonction de leur
origine, de leur composition et de leur potentiel de traitement , et chaque type de déchet
présente des caractéristiques distinctes qui influencent les méthodes de gestion et de
traitement qui leur sont appliquées. En effet, les déchets peuvent être classés en plusieurs
catégories.

Déchets assimilés aux déchets ménagers :

Figure 2 : les déchets ménagers


Tout déchet provenant des activités économiques, commerciales ou artisanales et qui par leur
nature, leur composition et leurs caractéristiques, sont similaires aux déchets ménagers ; Les
déchets assimilés sont de même composition que les ordures ménagères. Les éléments que
l’on y retrouve sont donc par exemple : les papiers, les cartons, les plastiques, le bois, les
métaux, le verre, les matières organiques, végétales ou animales, résultant de l’utilisation
d’emballages, de rebuts ou de chutes de fabrication.

On rencontre également :

* Les déchets de la collectivité :

* Déchets du nettoiement ;

* Déchets des espaces verts des collectivités territoriales ;

* Déchets de l’assainissement collectif (boues de stations d’épuration).

* Les déchets banals des artisans, commerçants et administrations collectés par les services
des ordures ménagères. Ces déchets font partie des déchets ménagers et assimilés.

Déchets médicaux et pharmaceutiques :

Figure 3 : déchets médicaux

Tout déchet issu des activités de diagnostic, de suivi et de traitement préventif, palliatif ou
curatif dans les domaines de la médecine humaine ou vétérinaire et tous les déchets résultant
des activités des hôpitaux publics, des cliniques, des établissements de la recherche
scientifique, des laboratoires d’analyses opérant dans ces domaines et de tous établissements
similaires .

Déchets dangereux :

Figure 4 : Déchets dangereux

Toutes formes de déchets qui, par leur nature dangereuse, toxique, réactive, explosive,
inflammable, biologique ou bactérienne, constituent un danger pour l’équilibre écologique.

Déchets agricoles :
Figure 5 : Déchets agricoles

Tout déchet organique généré directement par des activités agricoles ou par des activités
d’élevage ou de jardinage.

Déchets industriels :

Figure 6 : Déchets industriels

Tout déchet résultant d’une activité industrielle, agro-industrielle, artisanale ou d’une activité
similaire :

1. Inerte: ne représentant aucun risque de pollution des sols ni des eaux.

2. Banal: assimilable à des ordures ménagères et justifiable du même type de traitement.

3. Spécial: présentant un danger ou un inconvénient potentiel demandant contrôles et actions


spécifiques pour assurer une élimination correcte vis-à-vis de l’environnement.

Déchets radioactifs :
Figure 7 : Déchets radioactifs

Au Maroc, la gestion des déchets radioactifs est à la charge de deux organismes :

* L’organisme réglementaire à savoir le Ministère de la santé publique,

* Le Centre National de Radioprotection dont l’organisme opérationnel est le Centre National


de l’Energie, des Sciences et des Techniques Nucléaires.

* Le traitement des déchets radioactifs est assuré par:

L’évaporation statique en ce qui concerne les déchets liquides.

Le conditionnement dans une matrice de ciment pour les déchets solides.

Au Maroc, le gisement des déchets est estimé à 26 millions de tonnes. Réparti entre déchets
ménagers, industriels et de construction, ce volume devrait atteindre 39 millions de tonnes en
2030 {4}. Selon une étude relative à la mise en place d’un écosystème vert, commanditée par
le ministère de l’Industrie, le gisement total des déchets au Maroc, qui a atteint 26 millions de
tonnes, est réparti entre 7,4 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés, à raison de
5,9 millions de tonnes dans le milieu urbain et 1,5 million de tonnes dans le milieu rural
(DMA, 28% du gisement total), 5,4 millions de tonnes de déchets industriels (DI, 20% du
gisement total) et 14 millions de tonnes de déchets de construction et de démolition (DCD,
plus de la moitié du gisement total) {5}. Cette diversité pose des défis uniques en termes de
collecte et de traitement, exacerbés par la répartition géographique inégale des déchets. Ces
volumes évolueront à 39 millions de tonnes en 2030, selon les prévisions. Ce gisement sera
alors composé de 11,8 millions de tonnes de DMA (30% du gisement total), 12 millions de
tonnes de DI (près de 30% du volume total) et 15,6 millions de tonnes de DCD (40% du
gisement total). Voici, en chiffres, leur répartition :
Tableau 1 : Répartition du gisement des déchets par type (Source: étude relative à la mise en
place d’un écosystème vert)

D’après les chiffres fournis par cette même étude, près des trois quarts des DMA et DCD
produits sont concentrés au niveau de cinq régions. Il s’agit de Casablanca-Settat, Rabat-Salé-
Kenitra, Fès-Meknès, Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Marrakech-Safi. En parallèle, trois
quarts des DI sont concentrés dans seulement deux régions, à savoir Casablanca-Settat (60%)
et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (12%).
Tableau 2 : Répartition du gisement des déchets dans chaque région (Source: étude relative à
la mise en place d’un écosystème vert)

Seulement 5% des déchets ménagers sont valorisés. Malheureusement, la gestion actuelle des
déchets au Maroc laisse à désirer. Près de 95% des DMA finissent enfouis ou dispersés dans
la nature, en raison du manque de tri à la source et de l’utilisation de décharges non adaptées.
Ainsi, seulement 5% de ces matières sont valorisées, collectées principalement par des
délégataires et des chineurs. La situation n’est guère meilleure pour les DI, dont moins de
15% du volume est valorisé. De leur côté, les déchets dangereux, qui représentent entre 10%
et 20% du gisement des DI, sont souvent triés dans les décharges publiques ou les centres de
tri.

1.3. Impact environnemental, social et économique des déchets

Exemple : La collecte de déchets en décharges «sauvages »

Cette approche réduite visant uniquement la propreté des quartiers à travers le ramassage et la
collecte des déchets pour ensuite s’en débarrasser, sans aucun traitement, dans des zones
périphériques telles des bassins et lits d’oueds secs (cas de Mohammedia) ou d’anciennes
carrières (cas de Mediouna), ou encore de forêts (cas d’Essaouira), loin de la vue des
habitants, a eu pour conséquence la multiplication de décharges «sauvages » non contrôlées
dans différentes régions du Maroc {6}. Elles avoisinent aujourd’hui les 300 dont les impacts
négatifs sont flagrants sur :

* L’environnement : Ces décharges « sauvages » non contrôlées polluent par la libération de


lixiviats (vu leur fort taux d’humidité) qui s’infiltrent par gravitation dans les sols induisant
des effets négatifs multiples sur les milieux naturels avoisinants.

* La santé : Les gaz toxiques émanant des déchets brulés dans les décharges ou au niveau des
centres d’incinération induisent nombre de maladies notamment respiratoires (asthme et
mauvaise oxygénation des cellules nerveuses essentiellement). L’infiltration de lixiviats vers
les eaux de la nappe phréatique et en eaux de surface causent beaucoup d’intoxications, de
parasitisme et d’épidémies mais sont aussi à l’origine de nombreux cas de maladies lourdes de
conséquences telles le saturnisme ou le cancer en raison de la présence de métaux lourds.

À Casablanca seule, les troupeaux d’ovins et bovins qui parcourent et pâturent dans les
décharges atteignent parfois 10.000 têtes dont une grande partie est vouée à l’abattage
alimentaire sans possibilité de traçabilité.
* Le social : Plus de 7000 citoyens et citoyennes trouvent dans ces décharges une source de
revenus quotidiens en fouillant et triant péniblement nos déchets dans des conditions
insalubres, indignes et mettant en danger leur santé et celle de leur famille (60 % de ces
citoyens vivent dans les décharges dont 26 % d’enfants et 14 % de femmes). Ajoutons à cela
que ces déchets constituent un danger pour toute la société (source potentielle de maladie,
voire d’épidémie, pollution visuelle et olfactive…) privant ainsi nos citoyens du droit
constitutionnel de pouvoir jouir d’un cadre de vie digne et salubre.

* L’économie : Le secteur de la gestion des déchets est un secteur budgétivore : il engouffre à


lui seul 25 % du budget des collectivités territoriales.

II. Vers une économie circulaire : enjeux et opportunités

2.1. Concept et principes de l'économie circulaire

Une économie circulaire{7}est une alternative à une économie linéaire traditionnelle


(fabrication, utilisation, élimination) dans laquelle nous maintenons les ressources en service
aussi longtemps que possible, en en tirant le maximum de valeur lors de leur utilisation, puis
en récupérant et réutilisant les produits et matériaux. La célèbre maxime « rien ne se perd,
rien ne se crée, tout se transforme », attribuée à Lavoisier, est souvent évoquée comme la
meilleure synthèse du paradigme de l’économie circulaire. Cette dernière est une économie où
la valeur des produits, des matériaux et des ressources sont maintenues dans l'économie le
plus longtemps possible et où la production de déchets est minimisée.

Dans le contexte du Maroc, des initiatives similaires à celle de la Fondation MASCIR ont
émergé, chacune proposant sa propre définition de l'économie circulaire. Par exemple, au
Maroc, {8} l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie pourrait la
conceptualiser comme "un système économique d'échange et de production qui, à tous les
stades du cycle de vie des produits (biens et services), vise à augmenter l'efficacité de
l'utilisation des ressources et à diminuer l'impact sur l'environnement tout en développant le
bien-être des individus». Ce nouveau concept, conciliant croissance économique et protection
écologique, s'appuierait sur un ensemble de sept points clés, notamment les 3E et les 4R. Les
3E pourraient inclure l'écoconception, l'écologie industrielle et l'économie de la fonctionnalité
:

L'écoconception pourrait être définie comme une démarche visant à prendre en compte
l'impact environnemental d'un produit sur l'ensemble de son cycle de vie dès sa conception.
L'écologie industrielle {9} (parfois appelée symbiose industrielle) pourrait impliquer un
rapprochement entre l'économie industrielle et l'écologie, intégrant la question
environnementale dans les nouveaux domaines de l'économie industrielle, avec une attention
particulière aux aspects pratiques liés à la pollution et aux impacts sur les choix des
industriels.

L'économie de la fonctionnalité pourrait être comprise comme la substitution de la vente de


l'usage d'un bien à la vente du bien lui-même.

Figure 8 : Schéma de l’économie circulaire

Les 4R sont le réemploi, la réparation des produits, la réutilisation et le recyclage :

Le réemploi désigne le procédé de reconditionnement d’un produit afin d’être revendu ou


réutilisé directement par un autre client.

La réparation des produits vise à donner une seconde vie au produit en panne ou défectueux
afin de prolonger sa durée de vie. Le phénomène le plus récent, sont des ateliers de réparation
ouverts au public, souvent mis de l’avant par des passionnés de technologie.

La réutilisation désigne toute opération par laquelle des substances matières ou produits qui
sont devenus des déchets sont utilisés de nouveau.
Le recyclage est le retraitement dans un processus de production des matières contenues dans
les déchets, aux mêmes fins qu’à l’origine ou à d’autres fins, mais à l’exclusion de la
valorisation énergétique.

Figure 9 : Économie circulaire : 3 domaines, 7 piliers.

2.2. Avantages de l'adoption d'une approche circulaire dans la gestion des déchets

L’économie circulaire est un mécanisme qui présente des multitudes d’avantages que ça soit
pour les chefs d’entreprises, et aussi bien pour l’Etat.

Pour les chefs d’entreprises :

- Développer de nouveaux marchés : le choix de ce mode qualifié comme novateur,


protégeant les ressources et l’environnement est un argument sérieux permettant aux
entreprises de bien se positionner sur le marché, de gagner de nouveaux parts de marché par
rapport à ceux qui suivent l’ancien modèle.

- Réduire les coûts : l’économie circulaire est un système qui se base sur la réutilisation des
ressources, ceci dit une réduction des couts de production et de revient, et par conséquent
avoir de nouveau débouchés.

Pour l’Etat :

- Améliorer l’attractivité du pays : Le fait de s’intéresser à l’économie circulaire améliore


davantage l’attractivité du pays en termes d’investissement direct étranger, les entreprises
étrangères vont chercher à s’installer dans ce dernier afin de mieux investir dans un pays
sociétal, cela aura automatiquement par conséquence l’amélioration du classement de l’indice
de Doing Business du pays en question.

- Concrétisation du développement durable : La meilleure stratégie de concrétisation d’un bon


modèle de développement durable est d’opter pour l’économie circulaire comme mode et base
de production puisqu’elle permet d’élargir la durée de vie des ressources en maximisant leurs
utilités, durabilité et efficacité.

III. Défis et obstacles à la transition vers une économie circulaire

3.1. Contraintes et obstacles

La transition vers une économie circulaire {10} est une étape essentielle vers la durabilité et
une planète prospère. Cependant, la mise en œuvre de ce système ne va pas sans défis et
obstacles. La transition vers une économie circulaire nécessite un changement significatif de
mentalité, de politiques et de modèles économiques. Dans cette section, nous aborderons
certains des défis et obstacles qui entravent la mise en œuvre d’une économie circulaire.

Figure 10 : Défis et obstacles à la mise en œuvre d’une économie circulaire

1. Manque de sensibilisation et de compréhension :

L’un des plus grands défis est le manque de sensibilisation et de compréhension de ce qu’est
une économie circulaire et de ses avantages. De nombreux particuliers, entreprises et
décideurs politiques ignorent encore ce concept et son potentiel. Ce manque de
compréhension conduit souvent à une résistance au changement, ce qui rend difficile la mise
en œuvre de l’économie circulaire. Des campagnes d’éducation et de sensibilisation sont
nécessaires pour promouvoir la compréhension de l’économie circulaire et de ses avantages.

2. Infrastructure et technologie limitées :

Un autre défi lié à la mise en œuvre de l’économie circulaire réside dans le caractère limité
des infrastructures et des technologies nécessaires à son soutien. L’économie circulaire
nécessite une infrastructure solide pour recycler, réparer et réutiliser les matériaux et les
produits. Dans certains cas, la technologie nécessaire au soutien de l’économie circulaire est
encore en développement. Le manque d’infrastructures et de technologies rend difficile la
mise en œuvre efficace de l’économie circulaire.

3. Obstacles réglementaires :

Les réglementations et les politiques entravent souvent la mise en œuvre de l’économie


circulaire. Les réglementations et politiques existantes favorisent souvent les modèles
linéaires, ce qui rend difficile la mise en œuvre de modèles circulaires par les entreprises. Par
exemple, les réglementations qui obligent les entreprises à jeter leurs déchets dans des
décharges peuvent entraver le développement d’une économie circulaire. Les gouvernements
doivent réviser leurs politiques et réglementations pour soutenir l’économie circulaire.

4. Résistance au changement :

Enfin, la résistance au changement peut constituer un obstacle important à la mise en œuvre


de l’économie circulaire. De nombreuses entreprises et particuliers sont réticents au
changement, préférant s’en tenir au statu quo. Cependant, l’économie circulaire nécessite un
changement significatif de mentalité et de modèles économiques. Les entreprises doivent
adopter l’économie circulaire et être prêtes à modifier leurs pratiques pour la soutenir.

La transition vers une économie circulaire est essentielle pour un avenir durable. Cependant,
plusieurs défis et obstacles entravent sa mise en œuvre. Ces défis incluent le manque de
sensibilisation et de compréhension, les infrastructures et technologies limitées, le coût de
mise en œuvre, les obstacles réglementaires et la résistance au changement. Les
gouvernements, les entreprises et les particuliers doivent travailler ensemble pour surmonter
ces obstacles et adopter l’économie circulaire.

3.2. Financement et investissement dans les solutions circulaires


Mettre en œuvre l’innovation au sein d’une organisation n’est pas une mince affaire. Si le
potentiel de retour sur investissement grâce à l’innovation est indéniable, de nombreux défis
et obstacles peuvent entraver sa mise en œuvre réussie. Dans cette section, nous explorerons
certains défis courants auxquels sont confrontées les entreprises et fournirons des conseils et
des études de cas sur la manière de surmonter ces obstacles {11}.

1. Manque de ressources :

Des ressources limitées, tant financières qu'humaines, peuvent constituer un obstacle


important à la mise en œuvre de l'innovation. Investir dans la recherche et le développement,
embaucher des talents qualifiés et allouer des budgets suffisants sont essentiels pour une
innovation réussie. Cependant, toutes les entreprises n’ont pas le luxe de disposer de
ressources abondantes. Dans de tels cas, il est crucial de donner la priorité aux initiatives
d’innovation, de rechercher des partenariats ou des collaborations externes et d’exploiter de
manière créative les ressources existantes {12}.

2. Le coût de mise en œuvre

La transition vers une économie circulaire nécessite des investissements importants dans de
nouvelles technologies, infrastructures et modèles économiques. Le coût de mise en œuvre
constitue souvent un obstacle important pour les entreprises et les décideurs politiques.
Cependant, le coût de la non mise en œuvre de l’économie circulaire est bien plus élevé en
termes de dommages environnementaux et de pertes économiques. Les gouvernements et les
entreprises doivent trouver des moyens innovants pour financer la transition vers une
économie circulaire.

3. Aversion au risque :

La peur de l'échec est un autre défi courant auquel les organisations sont confrontées en
matière d'innovation. Essayer de nouvelles idées comporte toujours un certain niveau de
risque, mais sans prendre de risques, il est impossible de réaliser une innovation de rupture.
Encourager une culture qui considère l’échec comme une opportunité d’apprentissage et
récompense les risques calculés peut aider à surmonter l’aversion au risque.

Même si la mise en œuvre de l'innovation pour le retour sur investissement peut comporter
son lot de défis, il est crucial pour les organisations de surmonter ces obstacles pour rester
compétitives dans le paysage commercial actuel en évolution rapide. En luttant contre la
résistance au changement, en allouant efficacement les ressources, en acceptant les risques et
en garantissant l’alignement sur la stratégie globale, les entreprises peuvent ouvrir la voie à
une innovation réussie et rentable.

IV. Conclusion

L'évolution de la gestion des déchets au Maroc vers une économie circulaire mondiale
représente une opportunité transformative pour le pays. En adoptant des pratiques durables et
en plaçant l'économie circulaire au cœur de son agenda de développement, le Maroc peut non
seulement améliorer sa compétitivité économique, mais aussi contribuer de manière
significative à la préservation de l'environnement et à la lutte contre le changement
climatique. À travers des investissements dans les infrastructures appropriées, la promotion de
l'innovation et la sensibilisation des citoyens, le Maroc peut établir une base solide pour une
croissance économique inclusive et durable. En travaillant en collaboration avec les acteurs
nationaux et internationaux, le Maroc peut devenir un leader régional dans la transition vers
une économie circulaire, tout en inspirant d'autres nations à suivre cet exemple. Ainsi, la
gestion des déchets au Maroc ne se limite pas à une question locale, mais s'inscrit dans un
contexte mondial d'engagement envers un avenir plus durable et résilient. En embrassant cette
évolution vers une économie circulaire mondiale, le Maroc peut ouvrir la voie à une
prospérité partagée et à un environnement préservé pour les générations futures.

V. Référence Bibliographie

-AFILAL M.E. 2013. " Potentiel des déchets organiques et valorisation énergétique au

Maroc". Bulletin d’Information de l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques, n°14.

- ADEME. (2014). Économie circulaire : notions, Fiche technique.

- Association Zero Zbel. (2018). Analyse des déchets sur les plages marocaines, Étude.

- Le Roy, F, Robert, M. & Giuliani, P. (2013), « L’innovation managériale. Généalogie, défis


et perspectives », Revue Française de Gestion, 6(235), Lavoisier.

-Morocho, F. R. A. (2018). L'économie circulaire comme facteur de développement durable


du secteur productif. INNOVAResearchJournal.
- Normandin D., Raufflet E., (2021), « Dossier économie circulaire : l’heure des choix une
transition nécessaire »

-Vélez, R. M. (1981). Crise et croissance accélérée. Notes on the case of Mexico", enquête
économique, 40(158).

-Ministère de l’économie et des finances et de réforme de l’administration : Note circulaire n°

2138 E en date du 26 mars 2020.

-Benjilali et Zenasni. (2021) L'économie circulaire des déchets plastiques au Maroc: Défis et
perspectives, Revue AME Vol 3, No 1 (Janvier, 2021) 394-408.

- Bourg, D et Buclet, N. (2005) « L'économie de fonctionnalité. Changer la consommation


dans le sens du développement durable », Revue Futuribles, No.313.

- Chahboune M. (2020), « L’économie circulaire : état des lieux et perspectives ».

- Lanoie P., Normandin D, (2015), Gestion 2015/3 (Vol. 40).

Vous aimerez peut-être aussi